Planète Web Sémantique

July 29, 2010

Gautier Poupeau

Quel événement !? Ou comment contextualiser le triplet

L'absence de contextualisation est le principal reproche adressé à RDF par ses adversaires et il est vrai qu'au premier abord cela constitue son principal défaut. En effet, le modèle du triplet à la base de RDF ne permet pas a priori d'exprimer des informations sur le contexte d'application de l'assertion, au contraire d'autres mécanismes de modélisation des connaissances qui offrent nativement des systèmes pour préciser la portée d'une assertion, à l'image, par exemple, des Topic Maps avec l'élément "scope". Ce défaut semble renforcé par deux postulats de base de RDF : chaque assertion exprimée est vraie et chaque triplet est indépendant.

<!--break-->

Nature(s) du contexte

Les informations sur le contexte peuvent être de différentes natures :

  • le contexte objectif de l'assertion, comme sa portée temporelle ou géographique, par exemple, l'assertion « Louis XIV est roi de France » n'est vraie que dans un espace temporel (en l'occurence entre 1643 et 1715) ;
  • la provenance de l'assertion : l'ensemble de données dont fait partie l'assertion, son auteur, son contexte de production, la date de création...
  • le degré de confiance qu'on peut lui accorder afin de déterminer si l'assertion peut être utilisée avec confiance dans son propre système de connaissances ;
  • le point de vue sur une assertion, les tenants du web socio-sémantique soutiennent (non sans raison dans certains cas) qu'une assertion n'est vraie que dans un contexte social et/ou pour un groupe de personnes, c'est pourquoi le modèle Hypertopic qu'ils promeuvent permet, par exemple, d'exprimer plusieurs points de vue sur un même item (si j'ai bien compris).

Qui dit limitation, dit recherche et celle-ci ne déroge pas à la règle.

POWDER est une recommandation du W3C assez méconnu qui permet d'exprimer des métadonnées exploitables par une machine sur un ensemble de ressources. Ce protocole permet ainsi d'exprimer les caractéristiques techniques nécessaires à la consultation d'un ensemble de ressources, de restreindre l'accès à un site Web en fonction du visiteur, d'exprimer des métadonnées de provenance sur un ensemble de ressources...

La question de la provenance est au cœur d'un groupe de travail du W3C : W3C Provenance Incubator Group. Les réflexions de ce groupe ont donné lieu à un rapport datant d'avril 2010, Requirements for provenance on the Web et à une communication lors de la journée d'études dédiée à l'avenir de RDF, Provenance Requirements for the Next Version of RDF.

Par ailleurs, une ontologie pour exprimer la provenance dont la dernière version date de juillet 2010 a été mis au point par Olaf Hartig et Jun Zhao qui proposent aussi une série d'outils pour qualifier la confiance dans le Web de données.

Enfin, la notion de confiance fait l'objet, depuis deux ans, d'une conférence annuelle dont les communications en ligne vous donneront une bonne idée de l'état des recherches : SPOT: Trust and Privacy on the Social and Semantic Web.

Par ailleurs, certains mécanismes déjà présents dans les technologies du Web sémantique permettent de limiter ce problème voire de le dépasser.

La réification
La réification consiste à faire d'un triplet une ressource (donc une URI est attribué au triplet) sur laquelle des assertions peuvent être exprimées. Présent dans la spécification de RDF, ce mécanisme n'est pour autant pas recommandé, car il complique le parcours de graphe et les inférences sur le triplet d'origine et le triplet réifié. Par ailleurs, il pose de nombreux problèmes en termes de logique de description.

Le graphe nommé
Le graphe nommé est un mécanisme mis au point dès 2004 qui permet de rassembler un ensemble de triplets sous une même URI. Il ne s'agit alors plus de triplet, mais de quadruplet (quad en anglais) : <Sujet> <Prédicat> <Objet> <Graphe>.

Les usages du graphe nommé sont nombreux :

Intégrée à SPARQL, cette notion ne fait pas encore partie officiellement de la sémantique de RDF, mais, comme elle a été plébiscitée lors du « RDF Next workshop », un large consensus semble se dégager pour son intégration dans la prochaine version.

Portées géographiques et temporelles : problèmes et solutions

Mais, c'est plutôt à la portée temporelle et géographique que je voudrais m'intéresser. J'ai déjà donné l'exemple du règne de Louis XIV. On pourrait multiplier les exemples sur le rôle qu'une personne joue dans le temps : un mandat électoral et le rôle qu'il confère sont limités, un métier ne caractérise pas une personne tout au long de sa vie... D'autres problèmes se posent pour décrire une personne, par exemple, l'assertion "Jacky Bouvier est l'épouse de John Fitzgerald Kennedy" n'est pas toujours vraie, Jacky Bouvier a aussi été l'épouse d'Aristote Onassis.

D'autres domaines présentent les mêmes difficultés de modélisation, par exemple, une compétition sportive : la France est championne du monde de football en 1998 et non en 2010 (...), un tableau ou une sculpture ont été créés dans un contexte complexe (un créateur, un ou plusieurs commanditaires, un lieu d'exposition, plusieurs étapes d'élaboration...), passent de main en main au cours du temps ou sont restaurés à plusieurs reprises...

Vous l'avez compris, la contextualisation géographique et/ou temporelle est cruciale pour la modélisation de nombreux domaines. Pour dépasser cette limitation, les solutions évoquées précédemment ne semblent pas complètement adéquates, à commencer par le graphe nommé qui semblerait la solution la plus logique. Mais, un graphe nommé est commun à un ensemble de triplets, alors que la portée s'applique à un seul triplet. l'usage du graphe nommé est alors détourné et l'assimilerait à un mécanisme de réification avec les problèmes déjà évoqués.

La solution réside dans la modélisation. Il faut « retourner » le problème, c'est-à-dire à dépasser la simple information d'une date, d'un rôle, d'une relation, à aborder la modélisation dans une perspective temporelle et non en centrant la réflexion sur l'entité décrite. En effet, quelle est la caractéristique commune d'un règne, d'une présidence, d'un métier ? Une période, quelle est la caractéristique commune d'une naissance, un décès, une compétition sportive, une publication ? Une date. Si les aspects temporels sont à la fois le problème et la caractéristique commune, pourquoi ne seraient-ils pas aussi la solution ?

Or, que caractérisent une période ou une date ? Ou, pour le dire autrement, quel est le type d'entités dont la caractéristique principale est une période ou une date ? Un Événement. Une naissance, un décès, une mandature, une compétition sportive, une publication, toutes ces entités sont des types d'événements dans lesquels sont impliqués des personnes, des équipes, des objets...

Modélisation orientée 'entité'
Représentation graphique de la modélisation orientée "entité"

Modélisation orientée 'événement'
Représentation graphique de la modélisation orientée "événement"

Cette solution présente plusieurs avantages :

  • l'ensemble des informations concernant l'événement (date, lieu, autres entités impliquées, lien avec d'autres événements) sont reliées à une ressource distincte, à l'inverse de la modélisation orientée « entité » dans laquelle on peut trouver plusieurs triplets indépendants pour qualifier la même ressource. Ainsi, dans Dbpedia, il existe une propriété <http://dbpedia.org/ontology/birthDate>, une propriété <http://dbpedia.org/ontology/birthPlace>, une propriété <http://dbpedia.org/ontology/deathDate>, une propriété <http://dbpedia.org/ontology/deathPlace> reliés à la même entité personne.
  • les différentes propriétés utilisés pour désigner la date, le lieu, les agents impliqués sont les mêmes quelque soit le type d'événement. Cela permet d'optimiser et de faciliter les recherches et le croisement de données.
  • la modélisation est plus proche de notre réalité, moins caricaturale ;

En revanche, cette solution a tendance à compliquer la modélisation à l'excès au point d'alourdir inutilement le modèle. Il faut donc parfois savoir peser le pour et le contre avant d'adopter cette méthode. Par exemple, Dbpedia, cherchant à rester le plus proche possible de Wikipedia, n'a pas adopté ce principe et cherche la simplicité dans le mapping et dans le modèle.

Les ontologies pour décrire un événement

Modéliser le temps est certainement un des exercices de modélisation les plus complexes, car sa perception dépend de nombreux facteurs physiques et sociologiques, comme le rappelait Karl récemment. De plus, les enjeux de la modélisation d'événements sont très nombreux. Outre celui déjà mis en lumière, la modélisation orientée "événement" est aussi au cœur de la description des images fixes et animées qui constitue un des défis les plus prometteurs de la recherche d'informations dans les prochaines années. Il n'est donc pas étonnant de trouver plusieurs ontologies qui permettent de décrire les événements :

Je ne vais pas m'amuser à les comparer, ce serait trop long, je ne suis pas sûr d'en avoir les compétences et d'autres ont déjà fait cela mieux que je ne le ferais (en particulier slides 18 à 25).

A titre personnel, j'utilise les deux premières ontologies citées, car elles sont liées de manière étroite à d'autres ontologies très utilisées comme FOAF, Time Ontology, Dublin Core, GEO. LODE présente l'avantage, de par sa nouveauté, d'être alignée avec toutes les autres ontologies, ce qui permet de gérer l'interopérabilité via des mécanismes d'inférence.

Event Ontology'
Représentation graphique de l'Event Ontology

Une dernière ontologie occupe une place à part. Elle n'est pas spécifiquement dédiée à la description d'événements, mais elle étend le concept à la description d'une biographie : BIO vocabulary mise au point par Ian Davis. Elle permet ainsi de résoudre les différents problèmes évoqués dans les exemples précédents. Chaque type d'événement (naissance, mariage, décès, divorce...) est une sous-classe d'une classe unique bio:event, elle-même sous-classe des classes "Event" présentes dans la plupart des différents vocabulaires listés précédemment. Par ailleurs, Ian Davis a ajouté différents types de relations entre les événements : événement précédent, événement suivant, événement "concluant" très utiles pour déterminer une suite d'événements et leurs conséquences, par un exemple : un événement de type "Marriage" a pour événement concluant un événement de type "Death"...

Transformer des assertions de Dbpedia en événement

Même si la modélisation de Dbpedia n'est pas orientée "Événement", il est toujours possible d'extraire et de transformer ces données pour les présenter sous une forme plus facile à exploiter.

Le mot-clé CONSTRUCT en sparql

Pour ce faire, aucun code informatique n'est nécessaire, une requête SPARQL suffit pour effectuer ces deux actions. Mais, en lieu et place du SELECT utilisé le plus couramment, nous allons utiliser le mot-clé CONSTRUCT. Moins connu que SELECT, CONSTRUCT est pourtant essentiel pour tous les développeurs qui souhaitent manipuler du RDF. Il permet, en effet, à partir d'un ensemble de triplets de construire un autre ensemble de triplets. Il est ainsi utilisé pour récupérer un ensemble de triplets afin de manipuler localement, transformer un ensemble de triplets, un peu dans le même esprit que XSLT pour du XML, créer de nouveaux triplets en mixant deux sources de données, effectuer des inférences. Bref, CONSTRUCT est l'outil indispensable du couteau suisse du développeur RDF.

Une requête CONSTRUCT est composée de deux parties :

  • le patron des triplets à obtenir ;
  • la requête en elle-même ;

Par exemple, si je souhaite récupérer l'ensemble des triplets d'un ensemble de données depuis un SPARQL endpoint, j'effectuerai la requête suivante :

CONSTRUCT {
	?s ?p ?o
}
WHERE {
	?s ?p ?o
}

Si je souhaite effectuer un mapping pour changer une propriété par une autre propriété, j'effectuerai la requête suivante :

PREFIX dc: <http://purl.org/dc/elements/1.1/>
PREFIX dcterms: <http://purl.org/dc/terms/>
CONSTRUCT {
	?s dc:date ?o
}
WHERE {
	?s dcterms:dateSubmitted ?o
}

CONSTRUCT pour extraire les événements de dbpedia

Dans le cas qui nous intéresse, je souhaite construire des événements à partir des informations sur la naissance et le décès des rois de France, j'effectue donc la requête CONSTRUCT suivante

PREFIX event: <http://linkedevents.org/ontology/>
PREFIX bio: <http://purl.org/vocab/bio/0.1/>
CONSTRUCT {
 `iri (bif:concat ("http://example.org/",str(?king),"/naissance"))` 
             a bio:Birth;
   dc:date ?date;
   dc:description `str (bif:concat ("Birth of ", str (?label)))`;
   bio:principal ?king;
   bio:parent ?mother;
   bio:parent ?father;
   bio:place ?place;
   a event:Event;
   event:atPlace ?place;
  event:atTime [ <http://www.w3.org/2006/time#inXSDDateTime> ?date];
   event:involvedAgent ?king;
   event:involvedAgent ?mother;
   event:involvedAgent ?father.
}
WHERE {
 ?king a <http://dbpedia.org/ontology/Person>; 
   rdfs:label ?label.
   {{?king a <http://dbpedia.org/class/yago/FrenchMonarchs>} 
     UNION {?king a <http://dbpedia.org/class/yago/KingsOfFrance>}}
   ?king <http://dbpedia.org/ontology/birthDate> ?date.
 OPTIONAL {?king <http://dbpedia.org/ontology/birthPlace> ?place.}
   OPTIONAL {?king <http://dbpedia.org/ontology/father> ?father.}
   OPTIONAL {?king <http://dbpedia.org/ontology/mother> ?mother.}
   FILTER (lang(?label)="en")
}

Plusieurs remarques s'imposent :

  • j'ai utilisé certaines fonctions propres à Virtuoso, le triple store utilisé par Dbpedia, pour construire de nouvelles URI à la volée à mes ressources à partir des URIs de dbpedia et construire une description (sur ce coup-là, j'ai un peu triché, j'avoue...) ;
  • les triplets obtenus utilisent l'ontologie LODE et l'ontologie BIO ;
  • certaines assertions sont optionnelles, le sparql endpoint ne renverra un triplet que si la donnée existe vraiment.

Il suffit ensuite de faire varier les propriétés dans la requête pour disposer des informations de décès, de couronnement ou de mariage.

Résultat

A l'issue de cette extraction de Dbpedia, j'ai retravaillé dans un triple store localement les données en utilisant de la même façon des requêtes SPARQL CONSTRUCT pour obtenir ce résultat avec l'ontologie LODE sérialisé avec la syntaxe turtle :

@prefix rdf: <http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#> .
@prefix rdfs: <http://www.w3.org/2000/01/rdf-schema#> .
@prefix dc: <http://purl.org/dc/terms/> .
@prefix event: <http://linkedevents.org/ontology/>
@prefix dbpedia: <http://dbpedia.org/resource/>
@prefix time: <http://www.w3.org/2006/time#>

<!-- Événement correspondant à la naissance de Louis XIV -->
<http://linkedevents.org/Louis_XIV_of_France/Birth>
    event:atPlace dbpedia:Ch%C3%A2teau_de_Saint-Germain-en-Laye ;
    event:atTime [
        a time:DateTimeInterval ;
        time:hasDateTimeDescription [
            a time:DateTimeDescription ;
            time:day "5" ;
            time:month "9" ;
            time:unitType time:unitDay> ;
            time:year "1638"
        ]
    ];
    event:involvedAgent dbpedia:Anne_of_Austria, dbpedia:Louis_XIII_of_France, 
                                          dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    dc:description "Birth of Louis XIV of France" ;
    dc:source <http://dbpedia.org> ;
    a event:Event ;
    rdfs:label "Birth of Louis XIV of France" .

<!-- Événement correspondant au couronnement de Louis XIV -->
<http://linkedevents.org/resource/Louis_XIV_of_France/Coronation>
    event:atTime [
        a time:DateTimeInterval ;
        time:hasDateTimeDescription [
            a time:DateTimeDescription ;
            time:day "7" ;
            time:month "6" ;
            time:unitType time:unitDay> ;
            time:year "1654"
        ]
    ] ;
    event:involvedAgent dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    dc:description "Coronation of Louis XIV of France" ;
    dc:source <http://dbpedia.org> ;
    a event:Event ;
    rdfs:label "Coronation of Louis XIV of France" .

<!-- Événement correspondant au décès de Louis XIV -->
<http://linkedevents.org/resource/Louis_XIV_of_France/Death>
    event:atPlace dbpedia:Palace_of_Versailles ;
    event:atTime [
        a time:DateTimeInterval ;
        time:hasDateTimeDescription [
            a time:DateTimeDescription ;
            time:day "1" ;
            time:month "9" ;
            time:unitType time:unitDay> ;
            time:year "1715"
        ]
    ] ;
    event:involvedAgent dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    dc:description "Death of Louis XIV of France" ;
    dc:source <http://dbpedia.org> ;
    a event:Event ;
    rdfs:label "Death of Louis XIV of France" .

La modélisation orientée "événement" permet donc de donner plus de détails : le lieu, décomposition de la date, les personnes impliquées, la source des informations, une description human readable. En revanche, cette ontologie n'étant pas spécifiquement dédiée à la description biographique, il manque certains niveaux de détails, comme, par exemple, le rôle joué par chaque "agent" dans l'événement "naissance", un typage plus fin des événements. Dans ce cas, l'ontologie BIO est beaucoup plus fine :

@prefix foaf: <http://xmlns.com/foaf/0.1/> .
@prefix bio: <http://purl.org/vocab/bio/0.1/> .
@prefix dbpedia: <http://dbpedia.org/resource/>
@prefix linkedevent: linkedevent:>

dbpedia:Louis_XIV_of_France
    foaf:name "Louis XIV de France"@fr ;
    bio:child dbpedia:Fran%C3%A7oise-Marie_de_Bourbon,
      dbpedia:Louis%2C_Count_of_Vermandois,
      dbpedia:Louis%2C_Dauphin_of_France_%281661%E2%80%931711%2,
      dbpedia:Louis_C%C3%A9sar%2C_Count_of_Vexin,
      dbpedia:Louis_Fran%C3%A7ois%2C_Duke_of_Anjou,
      dbpedia:Louise-Fran%C3%A7oise_de_Bourbon,
      dbpedia:Louise_Marie_Anne_de_Bourbon,
      dbpedia:Marie_Anne_de_Bourbon,
      dbpedia:Philippe_Charles%2C_Duke_of_Anjou,
      dbpedia:Princess_Anne_%C3%89lisabeth_of_France,
      dbpedia:Princess_Marie_Anne_of_France,
      dbpedia:Princess_Marie_Th%C3%A9r%C3%A8se_of_France_%281667%E2%80%931672%29 ;
    bio:event linkedevent:Louis_XIV_of_France/Birth,
      linkedevent:Louis_XIV_of_France/Coronation,
      linkedevent:Louis_XIV_of_France/Marriage1,
      linkedevent:Louis_XIV_of_France/Marriage2,
      linkedevent:Louis_XIV_of_France/Death,
      linkedevent:Louis_XIV_of_France/Burial.

<!-- événement correspondant à la naissance de Louis XIV -->
linkedevent:Louis_XIV_of_France/Birth
    dc:description "Birth of Louis XIV of France" ;
    bio:date "1638-09-05"^^<http://www.w3.org/2001/XMLSchema#date> ;
    bio:parent dbpedia:Anne_of_Austria, dbpedia:Louis_XIII_of_France ;
    bio:place dbpedia:Ch%C3%A2teau_de_Saint-Germain-en-Laye ;
    bio:principal dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    a bio:Birth .

<!-- événement correspondant au couronnement de Louis XIV -->
linkedevent:Louis_XIV_of_France/Coronation
    dc:description "Coronation of Louis XIV of France" ;
    bio:date "1654-06-07"^^<http://www.w3.org/2001/XMLSchema#date> ;
    bio:principal dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    a bio:Coronation .

<!-- événement correspondant au premier mariage de Louis XIV -->
linkedevent:Louis_XIV_of_France/Marriage1
    dc:description "Marriage of Louis XIV of France and
                                 Maria Theresa of Spain" ;
    bio:partner dbpedia:Louis_XIV_of_France, dbpedia:Maria_Theresa_of_Spain ;
    a bio:Marriage .

<!-- événement correspondant au second mariage de Louis XIV -->
linkedevent:Louis_XIV_of_France/Marriage2
    dc:description "Marriage of Louis XIV of France and
                        Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon"
    bio:partner dbpedia:Fran%C3%A7oise_d%27Aubign%C3%A9%2C_marquise_de_Maintenon,
      dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    a bio:Marriage .

<!-- événement correspondant au décès de Louis XIV -->
linkedevent:Louis_XIV_of_France/Death
    dc:description "Death of Louis XIV of France" ;
    bio:date "1715-09-01"^^<http://www.w3.org/2001/XMLSchema#date> ;
    bio:place dbpedia:Palace_of_Versailles ;
    bio:principal dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    a bio:Death .

<!-- événement correspondant à l'enterrement de Louis XIV -->
linkedevent:Louis_XIV_of_France/Burial
    dc:description "Burial of Louis XIV of France" ;
    bio:place dbpedia:Saint_Denis_Basilica ;
    bio:principal dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    a bio:Burial .

Même si, dans ce cas, les données sont plus précises, elles pourraient encore gagner en précision (date des deux mariages, lien vers les événements qui mettent fin au mariage, lien entre les événements), mais elles sont, en l'état, tributaires des données de Dbpedia et montrent précisément les problèmes que pose une modélisation orientée "entité". Pour autant, grâce à cette modélisation, il est beaucoup plus facile d'enrichir et d'améliorer les données sans avoir besoin de multiplier les propriétés ad hoc.

by got at July 29, 2010 02:18 PM under WebSemantique

July 28, 2010

Christian Fauré

Marketing et bêtise

Be stupid

“Be Stupid”, voici le slogan de la marque de vêtements DIESEL depuis début 2010. Slogan que l’on retrouve imprimé directement sur les t-shirts :

Et qui se décline également dans une campagne d’affichage, opposant les “intellos” aux “idiots”. Les premiers ont un cerveau, font des plans, et critiquent alors que les seconds ont des couilles, improvisent et créent :


Evidemment, DIESEL est résolument du côté des “idiots” :


Il s’agit bien sûr d’une campagne qui ne doit être prise qu’au second degré, une nouvelle manière d’être “cool”, de ne pas se “prendre la tête”. Je vais toutefois la prendre au mot pour tenter d’expliciter la relation qu’il y a entre le marketing et la bêtise.

Premier constat : la publicité de DIESEL utilise le terme de “stupid”, et l’on traduit généralement le “stupid” anglais par l’ “idiot” français. Parle-t-on pour autant de la même chose quand on évoque l’idiotie, la stupidité ou la bêtise ?

Idiotie, stupidité et bêtise

Idiotie, stupidité et bêtise sont souvent amalgamées et les termes semblent interchangeables, mais ils ont pourtant des différences.

L’idiot est celui qui comprend après coup, il a toujours un temps de retard, c’est ce qui l’amène à faire des gaffes. Ainsi le personnage de Lagaffe, celui de la bande dessinée, est un idiot. Un lointain descendant d’Epiméthée, qui est la figure de l’idiot dans la mythologie grecque (en grec ancien Ἐπιμηθεύς / Epimêtheús, « qui réfléchit après coup »)

Le stupide est celui qui ne comprend pas, même après coup. Il est borné et n’apprend pas de ses erreurs et, tel l’eau qui stagne, il est condamné à croupir (dans mon sud-ouest natal, on appelle le stupide un “étau”). C’est la raison pour laquelle on ne traduira pas le “stupid” de DIESEL par “stupide” mais plutôt par “idiot”.

Celui qui est bête est celui qui se roule dans les lieux communs tout en se croyant pertinent, il provoque généralement la fatigue et la lassitude. Dès lors, on pourrait dire que celui qui porte un t-shirt “Be Stupid” n’est ni stupide ni idiot mais bête : tour de force du marketing de DIESEL, des bêtes se prennent pour des idiots tout en se croyant malin.

Bêtise et lieux communs

Sur la bêtise donc, je me tournerai volontiers vers la conception qu’en propose Deleuze. Celle-ci elle est faite de bassesse et de paresse et n’aspire qu’à se couler dans le moule des opinions toutes faites. La bêtise se définit comme une pensée désincarnée et fantomatique. Avec elle, la pensée “tourne à vide” sur le boulevard des lieux communs. Anne Sauvagnargues, dans son “Deleuze. L’empirisme transcendantal” écrit :

“Être bête, ce n’est pas penser mal, mais ne pas user du tout de la pensée, que l’on cantonne aux retrouvailles et aux confirmations, au lieu de la confronter à l’impensable dans une aventureuse exploration de possibles [...] Pour la qualifier d’un mot que Bergson affectionne, elle est la pensée toute faite, et non la pensée se faisant.” p.20

C’est depuis les topoi grecs, ces lieux communs, que la bêtise règne. Et jusqu’à Heidegger, qui écrivait que l’homme du coin de la rue ne pense pas, on retrouve cette idée que la pensée est une force créatrice et singulière qui doit s’arracher du flux ambiant de la bêtise qui ne véhicule que du “prêt à penser”. La bêtise est l’ombre de la pensée, peut-être la même ombre que voyaient les prisonniers de la caverne de Platon, lui qui exhortait les jeunes Athéniens à penser par eux-mêmes.

La bêtise est nécessaire

Pourtant, on a besoin de la bêtise et nous portons tous en nous, aussi brillant que nous croyons être, notre lot de bêtise. La lumière a besoin de l’ombre pour exister. Seul Lucky Luke tire plus vite que son ombre, c’est d’ailleurs ce qui le signifie comme au-dessus de la bêtise, voire de la stupidité ambiante des personnages de la bande dessinée, d’Averell à Rantanplan qui, soit dit en passant, pourraient très bien être des personnages de la publicité de DIESEL.


On a besoin de la bêtise car on besoin de lieux communs en tant que lieux de partage et de synchronicité. A ce titre, vouloir éradiquer la bêtise serait certainement la volonté la plus bête qui soit. Mais c’est quand la bêtise devient hégémonique, où quand on en vient à oublier la part de bêtise qui nous habite tous, que la situation devient critique.

Bêtise et prolétarisation

La bêtise s’installe donc là où la pensée tourne à vide, là où l’esprit critique a cessé d’opérer. Quand Platon condamne les sophistes, c’est parce qu’il juge que leur enseignement rend bête la jeunesse athénienne et ne développe pas leur esprit critique en ne leur proposant que du “prêt à penser”.
Ce “prêt à penser” est en même temps une perte de connaissance qui n’est autre qu’un processus de prolétarisation. Or, prolétarisé, privé de connaissance, on ne peut plus penser, on devient condamné à la bêtise, c’est-à-dire à croire que l’on a encore des idées, que se sont les nôtres, que personne ne nous oblige à acheter ceci ou cela, que nous sommes souverains dans nos choix, etc.
Il ne faut pas croire que la bêtise génère de l’inculte comme le ferait la stupidité, d’ailleurs la bêtise se donne souvent en spectacle dans des jeux télévisés tels “Question pour un champion”. La bêtise forge une conception de la connaissance basée sur l’accumulation, conception en vertu de laquelle plus on connaîtrait de choses, plus on serait intelligent. C’est ainsi, par exemple, que le système scolaire de la Corée du sud se base sur l’ingurgitation des informations et des connaissances, mais nombre de voix s’élèvent contre ce système qui tend à produire des enfants incapables d’une pensée critique, incapable de penser par eux-même.

C’est comme si le bachotage permanent, tel du javel, avait détruit tout l’environnement nécessaire à la pensée. Un système scolaire, par ailleurs bien intentionné, peut donc produire des perroquets savants : des enfants prolétarisés qui s’installent dans le règne de la bêtise, le tout orchestré par une importante économie de cours privés en marge de l’école (les Hagwon).

Mais redisons-le, la bêtise est nécessaire : ainsi dictionnaires et encyclopédies sont des produits de la bêtise. Il sont indispensables pour la connaissance mais ne disent jamais comment penser, ni ce qu’est la pensée. Imaginez un monde ou les seuls livres seraient des dictionnaires et des encyclopédies : plus d’essais, de poésies ou de romans, et vous aurez un aperçu de ce que pourrait être un monde dans lequel règne la bêtise.

Or, si la connaissance et la pensée n’étaient qu’accumulation d’information, chacun d’entre-nous ne serait plus une singularité mais une particularité, caractérisée par un certain degré d’accumulation, mesurable et comparable aux autres.

La bêtise comme terreau du marketing

Il y a un lien tout particulier et primordial entre la bêtise et le marketing. Le marketing, dans sa composante “relation publique” et publicitaire, compte en permanence sur la bêtise, c’est son terreau naturel de prédilection. Le succès d’une campagne de communication réside bien souvent dans la capacité à faire circuler des idées qui vont devenir des lieux communs capables de modifier les comportements.

Or, si vous voulez changer le comportement d’une ou de quelques personnes, vous argumenterez. Si, en revanche, vous devez changer le comportement de milliers ou de millions de personnes, il faudra employer d’autres techniques de persuasion qui misent généralement sur la bêtise (l’individu est particulier et non singulier). Car la bêtise est ce qui nous fait agir sans interroger le pourquoi d’une telle motivation : on agit sans trop savoir, notamment parce que d’autres le font aussi, c’est là le comportement grégaire qui est l’autre visage de la bêtise.

A vrai dire, on va dans le sens qui nous est indiqué, ou suggéré, pour ne pas être “à découvert”, pour ne pas réellement attirer l’attention, pour ne pas être en décalage. Ainsi, celui qui est bête a une principale crainte qui est celle de ne pas être dans le coup, d’être un “has been”. Je donne deux exemples, que j’avais présenté dans la note sur le bon sens paysan :

  • après que les américains aient mis sur le marché un maïs hybride, l’INRA n’a pas résisté à la pression marketing et s’est engouffré dans cette activité qui est à l’origine de l’agriculture intensive et destructrice en France. Un des dirigeants de l’INRA de l’époque avoua plusieurs années plus tard qu’il avait promu et développé la culture de maïs hybride pour “faire comme les américains” et par peur d’être dépassé.
  • dans le monde des systèmes d’informations c’est également la même chose : quand j’avais demandé à un ancien directeur des systèmes d’information d’une grande entreprise pourquoi il avait lancé un grand chantier SAP, il m’avait répondu que “à l’époque, si tu n’avais pas de chantier SAP tu étais un has been”. Dans l’informatique on a par la suite connu la même chose avec la SOA et maintenant avec le Cloud Computing (ce faisant, je ne dis pas qu’il ne faut pas en faire, mais qu’il faut savoir pourquoi et comment on en fait).

Dans chacun des cas : le marketing de l’industrie agro-chimique, puis celui de l’industrie logicielle, a imposé sa solution grâce à la bêtise des directeurs et des responsables en place : ne comprenant pas se qui se jouait, et pris dans un engrenage de signaux insistants, ils ont fait acte de mimétisme en mettant leur responsabilité en sourdine de peur de “louper le coche”, d’être un “has been”. La peur du ridicule est le catalyseur de la bêtise que cherche a activer systématiquement les techniques marketing.

La bêtise rend incapable de prendre des décisions, surtout lorsqu’il s’agit de situations de crise. (Domenech nous a donné un bel exemple de bêtise cet été). Or, c’est précisément ce que recherche le marketing, dont l’objectif reste de vendre, et rien de mieux pour cela que de s’adresser à des personnes qui ne sont pas ou plus capables de prendre des décisions.

Les champions de la bêtise

Dans le monde du marketing des technologies de l’information pour l’entreprise, IBM est le champion dans l’utilisation de la bêtise de ses clients et prospects. Combien de fois ai-je entendu que le choix s’était porté sur les solutions ou les services d’IBM “parce que c’est IBM” (sous-entendu “personne ne pourra me reprocher d’avoir choisi IBM”). Le marketing d’IBM ne cesse d’utiliser la peur de se tromper et la peur du ridicule en pariant sur la bêtise des clients pour gagner des parts de marché. La publicité ci-après pourrait ainsi faire l’objet d’une psychanalyse : qui voudrait vivre le cauchemar de ce gros has been du département informatique qui fait intervenir le FBI pensant qu’on a volé tous les serveurs de la DSI ?

Dans le secteur de l’informatique grand public, c’est Apple qui a la palme en soulignant de manière sérielle, tout au long de dizaines de spots publicitaires, le ridicule du personnage représentant le PC face au personnage représentant le Mac.

La peur du ridicule nous fait nous jeter dans le boulevard de la bêtise où là, à découvert, le marketing peut nous tirer comme des lapins. Si chacun cultivait sa singularité, il y aurait beaucoup moins de marché de masse et de positions dominantes et monopolistiques dans chacune des industries.

Inception

Dans Inception, le dernier film de Christopher Nolan, il est question d’inoculer une idée dans l’esprit d’une personne pendant son sommeil. Le film lui-même est une déception, sauf pour Guillaume Loisin de Chronicart (et “spécialiste du cinéma pour le magazine Gala”) qui, tout en reconnaissant le caractère mystificateur du réalisateur, y voit un grand film “oscarisable”. Pourquoi un grand film ? Le critique ne le dit pas, il ne joue plus son rôle de critique, il a peur de passer à côté de quelque chose, peur d’être ridicule en ne reconnaissant pas la valeur cinématographique du film (pensez-donc, un film oscarisable !), alors il dépose son cerveau pour se vautrer dans la bêtise.
Si  je fais allusion à ce film c’est parce que la bêtise est le terreau idéal pour inoculer des idées qui vont générer des comportements. Et le plus important, comme le souligne le scénario d’Inception, c’est que la personne ne doit pas avoir conscience de ce qui se passe. Dans le film, le dormeur ne doit pas se rendre compte qu’il rêve, sans quoi toute l’opération échoue. La où le film Dune martelait “Le dormeur doit se réveiller”, Inception lui fait écho en insistant sur le fait que “le dormeur ne doit surtout pas se réveiller”.

C’est à l’inconscient des gens qu’il faut s’adresser

Comme le souligne le documentaire d’Adam Curtis, The Century of the Self, Bernays fait partie de ces personnes qui ne croient pas que le peuple puisse lui-même décider de son destin. Le peuple a besoin qu’on lui dise ce qu’il faut faire, qu’on lui indique la bonne politique à mener. Dit autrement, cette conception revient à reconnaître que le peuple est bête (plus que le peuple, c’est surtout les masses et les foules qui intéressent toutefois les marketeurs). Ce qui, pour des gens comme Bernays,  ne serait pas antinomique avec une certaine conception de la Démocratie : “j’aime la Démocratie, j’aime mon peuple, mais comme il est incapable de prendre une décision, je vais l’aider et lui dire ce qu’il doit penser”.

Mais pour le lui dire, rien ne sert de s’adresser à la conscience et à la rationalité des individus. C’est ce qu’Edward Bernays avait bien compris de l’enseignement de son oncle Freud en inventant les relations publiques, ancêtres du marketing : ce n’est pas à la conscience des gens qu’il faut s’adresser, mais à leur inconscient si vous voulez modifier massivement leurs comportements.
Cela tombe bien car l’industrie de masse commence à cette époque a avoir besoin de faire passer des messages pour dire également, non plus au citoyen mais au consommateur, comment il doit se comporter et ce qu’il doit acheter dans un contexte de crise du à la surproduction.
Or, que se soit pour des raisons politiques ou commerciales, le recours à l‘inconscient pour modifier les comportement, favorise systématiquement la propagation de la bêtise. Si la propagande en temps de guerre laisse place aux relations publiques en temps de paix, il y a quelque chose qui ne change pas, c’est le présupposé selon lequel la bêtise est le premier vecteur, et le plus efficient, pour propager des idées et influer sur des comportements.

*

Miser sur la bêtise n’est pas une fatalité quand on fait du marketing, c’est juste la solution la plus simple, la moins chère et la plus efficiente à court terme. Mais, à fricoter ainsi avec elle, on en devient bête soit-même : produire de la bêtise rend bête. Il faudra bien sauver le marketing lui-même de la bêtise, notamment grâce aux gens du marketing qui ne sont pas tous bêtes et qui ne misent pas exclusivement sur la bêtise pour atteindre leurs objectifs.

Signaler sur Twitter

No related posts.

by Christian at July 28, 2010 10:03 AM under Défaut

Karl Dubost

Vide Grenier : Hypermedia, la femme et le Japon, Lomochrome

Femmes
Ushigome-Kagurazaka, Japon, 23 décembre 2005

J'ai perdu le regret du mal passé les ans.

Desnos, Robert, Corps et Biens, Éditions Gallimard, 1930, p. 133

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Hypermedia

Développer une API qui est RESTful est à la fois simple et compliquée. De nombreuses personnes concentrent leur attention sur les verbes HTTP et la sémantique des URIs. C'est utile mais pas suffisant pour créer une application qui est RESTful. Les formats comme HTML et Atom sont des formats hypertextes. C'est à dire qu'ils contiennent dans leur format la possibilité de lier une autre ressource et donc d'agir sur l'étape suivante par l'intermédiaire d'HTTP.

Une API RESTful est piloté par l'hypertexte.

À lire dans un billet de Roy Fielding ainsi que les commentaires (surtout les commentaires). Amundsen poursuit la démarche de Roy en donnant 3 étapes simples pour concevoir une API Restful.

JSON, XML ne sont pas des formats hypermédias. Ce sont juste des grammaires pour créer des formats. Soyez prudent sur vos façons de concevoir les formats dans vos applications REST.

la femme et le Japon

Fiona Graham est devenue la première femme occidentale à devenir Geisha. De 1920 à nos jours, le nombre de Geisha est tombé de 80,000 à 2,000. Une pénurie certes mais qui à mon avis n'embarasse pas plus que cela. Une Geisha coûte cher à entretenir. Les compagnies privées consacrent leur budget à d'autres endroits plus commerciaux et populaires.

Cet article est à mettre en parallèle avec la nouvelle révolution économique du Japon : les femmes au travail. 67.4% des femmes entre 25 et 54 ans ont un job contre 93% des hommes. Cela est 15% de moins que les pays scandinaves. En fait, j'aurais aimé voir les statistiques pour les femmes de plus de 30 ans, soit après le premier enfant.

Je lis en ce moment Goodbye Madame Butterfly écrit par Sumie Kawakami à propos du sexe, du mariage et de la femme japonaise. C'est un plongeon dans un autre univers.

Femmes
Shinjuku, Japon, 18 décembre 2005

Lomochrome

La pellicule Kodachrome a vécu. Les usines s'arrêtent. Ce film n'est plus produit du tout. Il évoque les photos de mon enfance où le film était envoyé par la poste dans une enveloppe spéciale. Quelques semaines plus tard, toujours par la poste, arrivait une boîte avec les diapositives.

Steve McCurry a pris les photos du dernier rouleau sorti de l'usine. Elles seront publiées dans le cadre d'un documentaire.

Kodak

Je trouve assez grandiose l'unique commentaire sous ce billet qui promeut L'opération commerciale Lomo de films hypersaturés et d'appareils photos de mauvaise qualité contre l'histoire de Kodachrome.

Kodak

July 28, 2010 02:41 AM under vide grenier

July 27, 2010

Karl Dubost

Biens privés, utilisation commune

Ruban et baton
Penang, Malaisie, 28 mai 2008

Nous sommes les pensées arborescentes qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux.

Desnos, Robert, P'OASIS, Éditions Gallimard, 1930, p. 83

Electricité et le public

L'électricité en tant que bien public partagé est encore un point de friction de nos interactions sociales. Au Japon, l'utilisation des prises de courant dans des lieux privés mais de passage est fortement découragée. La motivation de cette interdiction n'est pas évidente et semble être difficile à justifier économiquement. Nombre de ces lieux restent allumés la nuit alors qu'il n'y a personne. L'électricité est utilisée pour illuminer des vitrines, des publicités, etc.

Akky Akimoto a noté sous les routes d'un pont en béton la présence d'un sans-abris et utilisant sont laptop. Il se pose la question de savoir comment il trouve de l'électricité.

Comme le dit Andrew dans les commentaires :

You develop a habit here of quickly being able to hunt down power sockets for emergency computing situations

En milieu urbain avec un ordinateur, le choix de la place est en partie motivée par le désir de trouver celle qui a un point d'alimentation. De plus en plus les aéroports créent des bornes particulières pour permettre aux individus d'obtenir du courant. Le courant est « gratuit » mais le wifi est payant. Dans un café, c'est une des premières choses que je cherche lorsque j'ai mon ordinateur : la table, le siège près d'une prise électrique. On peut difficilement concevoir une librairie sans prises électriques.

Stratégie de blocage

La stratégie s'inverse même pour certains endroits où l'accès va être rendu difficile en changeant par exemple le format de prises électriques. Un format très peu commun bloquera l'accès et empêchera l'utilisation.

Ruban et baton
Sapporo, Japon, 28 juillet 2008

Et l'eau ?

Bien sûr, il n'y a pas que l'électricité. L'eau peut être vue comme une commodité qu'elle soit fournie par des services publiques ou privés. En Malaisie, un évier a été installé dans la rue près du trottoir afin de permettre aux clients du restaurant indien de se laver les mains avant et après manger. Des plats comme le « roti canai » étant mangés avec les mains directement, il est nécessaire d'avoir un point d'eau. L'accès à l'eau dans de nombreux endroits n'est plus une question. Nous l'utilisons tous.

Homme et Restaurant
Kuala Lumpur, Malaisie, 26 mai 2008

Les services des espaces avec public

  • Comment conçoit-on les espaces commerciaux et publics afin qu'ils répondent aux besoins de la population ?
  • Quels sont les frais associés à ces choix de conception ?
  • Quelles sont les modifications des interactions sociales provoquées par ces choix ?
  • À partir de quand une installation passe d'un élément rare que l'on recherche à un élément urbain commun auquel on ne pense même pas ?

July 27, 2010 02:53 AM under électricité

Karl Dubost

Vide Grenier : Archi sans fard, Recherche Images, Stabilité et flux

Palissade et dessin de femme
Ikejiriohashi, Japon, 8 octobre 2006

Ail de ton œil,
je t'aime à cause de cela.

Desnos, Robert, Corps et Biens, Éditions Gallimard, 1930, p. 60

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Archi sans fard

Un billet avec des photographies très ordinaires de l'architecture de l'exposition universelle de Shanghai vient réconforter mon idée de la futilité de l'exposition universelle. On voit apparaître des bâtiments dans un espace clos ressemblant à un parc d'attraction ou un super marché : la civilisation de la consommation.

In July 2007, however, Yang Xiong, a vice mayor of Shanghai, acknowledged at a press conference that the city had relocated 18,000 families and 272 factories to make way for the Expo.

It is hard to guess what this piece of the city will be like, post-Expo, but it has undoubtedly cleared the way for a well-situated district of high-end apartments and businesses, with riverfront views, abundant parkland and ample Metro connections.

Recherche Images

J'ai vraiment beaucoup de plaisir à utiliser la nouvelle présentation des résultats de recherche de Google Images. L'expérience est beaucoup plus fluide. De la pagination avec des URLs uniques, nous passons à un chargement automatique. Qu'est-ce que cela me dit sur la mise en signet, sur la fluidité d'une expérience usager ?

Rouen Small

Stabilité et flux

Comment créer un équilibre entre l'un et l'autre dans un processus de design ? Qu'est-ce qui est alors le plus bénéfique à l'élaboration du futur ? Quelles sont les différences entre architecture urbaine et architecture de l'information ?

Un extrait de Roger Sherman’s “Counting (on) Change” dans le billet de Rob Holmes.

Cities today develop at a rate that outpaces architects’ and planners’ efforts to shape them. Political and economic circumstances change so rapidly that by the time a plan is realized, it is already obsolete; a mere election or market downturn can radically alter the assumptions and objectives of a project or master plan. In this milieu, the path of least resistance for urban development calls for action rather than reaction–to develop not in comprehensive wholes, but in realizable chunks or increments, placing an emphasis more on augmentation than on organization. For architects, the time has come to recognize, finally, that contemporary urbanism is better rethought around conceptions of progress and potential — via design strategies for unfolding the future — rather than another utopian horizon…

July 27, 2010 02:48 AM under vide grenier

July 26, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier : Berlin, Heinz von Perckhammer, cinéma vermeil, Moustache, Miel à Rouen

Vélo et poubelle
Shibuya, Japon, 25 juin 2006

Dans bien longtemps je suis passé par le château des feuilles
Elles jaunissaient lentement dans la mousse

Desnos, Robert, Corps et Biens, Éditions Gallimard, 1930, p. 159

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Berlin

J'ai vu Berlin en novembre 1988. Un voyage scolaire. Au milieu de la ville se dressait un mur. Un point de passage, Checkpoint Charlie. De l'autre côté de grandes avenues calmes. Nous ne resterons qu'une demi-journée. Immuable, indestructible. Du côté est le No Mans Land, du côté ouest les immeubles coupés. Et puis, un an plus tard presque jour pour jour, l'impensable se produit. Le mur tombe. Je ne suis jamais retourné à Berlin depuis novembre 1988. Il y a donc pour moi quelque chose de très étrange dans cette application mobile qui reconstruit visuellement le mur de Berlin.

Mur de Berlin

cinéma vermeil

Hollywood répond à son marché. Il s'agit de produire des images et des histoires dans lesquelles le consommateur peut s'identifier. Ainsi, Hollywood fabrique des produits pour les vieux. Lovely, Still en est un exemple. Tout comme Hollywood a produit dans le passé des films pour les jeunes. Ce n'est pas la première fois bien sûr, mais cela devrait s'accentuer avec la tendance démographique actuelle. Et pour terminer sur une note positive… un excellent film pour tous les ages : Ikiru de Kurosawa.

Ikiru

Moustache

La moustache typographique a de l'avenir.

Heinz von Perckhammer

Découverte du photographe Heinz von Perckhammer et plus particulièrement de ses photos en Chine. Cela me remémore la photographie de l'école des Beaux-Arts de Shanghai en 1935.

Nu Perckhammer

Miel à Rouen

La banque du miel est une installation à Rouen du 10 juin au 6 septembre 2010, hébergeant des milliers d'abeilles. La réintroduction d'animaux au cœur des villes, symbolique dans ce cas, est-elle une étape à un meilleur équilibre ? Je suis toujours déçu lorsque la voirie nettoie les feuilles mortes qui tombent sur le sol. J'aimerai tant au fil des années voir la boue se créer, puis l'humus, les insectes et les fleurs prendrent naissance dans ce nouvel écosystème. Malheureusement, il n'y a pas que les feuilles mortes qui tombent sur les trottoirs mais également les millions de micro-déchets quotidiens (plastique en tout genre, métal, verre, etc.)

July 26, 2010 03:36 AM under vide grenier

July 24, 2010

del.icio.us

Etude : Twitter, baromètre du moral d'un pays ?

Cette vidéo est sacrement surprenante. #Etude des sentiments sur Twitter http://ow.ly/2fZh4 #WebSemantique #Tonalite – Fadhila BRAHIMI (fbrahimi) http://twitter.com/fbrahimi/statuses/19412023008

by Gorbo at July 24, 2010 11:56 AM under WebSemantique

Christian Fauré

American metamorphosis

Une récente affaire d’espionnage entre les US et la Russie a été très médiatisé : dix agents russes vivants sous une double identité sur le territoire américainont  été démasqué par le FBI. Ce qui en un temps eut été un signe de haute tension internationale, comme le soulignait récemment François Noudelmann dans Macadam Philo du 23 Juillet 2010, est devenu une comédie médiatique.

Pas grand chose en effet à se mettre sous la dent en matière d’espionnage, car ce qui  a été reproché à la dizaine de personnes, qui ont plaidé coupable, était d’avoir une double identité, sans qu’aucun délit manifeste d’espionnage ne leur soit vraiment reproché. La fameuse “Anna Chapman” remporte le pompon , sa présence active dans Facebook et quelques photos aguicheuses font passer l’histoire d’espionnage pour une comédie hollywoodienne.

Mais, au-delà de la tournure qu’a pris cette histoire, pourquoi le FBI a-t-il lui-même médiatisé cette affaire ? On pense bien sûr aux attentats du 11 Septembre et à la hantise américaine de l’espion dormant, qui peut se réveiller au moindre signal. En rendant publique l’affaire, l’administration américaine souhaitait certainement rassurer l’opinion américaine sur le fait qu’elle veillait activement à la sécurité du pays. Mais cette crainte d’avoir dans sa population des agents doubles n’est-elle pas toutefois surestimée ?

Il faut comprendre qu’il y a une spécificité américaine de « la double vie« . Le mythe américain du selfmade-man repose sur cette notion, sur cette possibilité de devenir autre : le pauvre peut devenir riche, l’inconnu célèbre, etc. Les US se comprennent d’ailleurs comme le pays où tout est possible, c’est-à-dire où chacun peut recommencer sa vie et avoir une nouvelle chance et se révéler d’une manière radicalement nouvelle.

Les super-héros américains sont également des visages de ce dédoublement et de la conception métamorphosique de l’existence américaine. Ces super-héros ont, pour la plupart, une double vie et une double identité : celle d’un américain moyen qui va pouvoir, dans des situations de crise, endosser une nouvelle identité, extraordinaire et supra-naturelle cette fois-ci.

Une part non négligeable du rêve américain repose sur cette idée que l’on peut devenir autre chose que ce que l’on est : même sans diplôme, sans références et sans argent, tout serait encore possible. L’Amérique doit entretenir cet espoir qui sert de régulateur social , car on ne peut être au fond du trou et dans la misère la plus totale, comme le sont des millions d’américains, sans avoir cet espoir qu’un jour, tout peu changer.

J’ai l’impression que cette vision n’est pas partagée en France : bien sûr, chacun de nous a une identité multiple, et le chemin d’une vie peut apporter des changements. Mais cette idée d’une double vie corrélée à celle d’une métamorphose spectaculaire n’est pas ancrée dans nos comportements. A nos yeux, la métamorphose est un leurre. Aussi, pour tenir le coup on préférera consommer des anxiolytiques à défaut de se prendre pour Superman.

Signaler sur Twitter

Related posts:

  1. Le Grand Moyen-Orient
  2. Concentration dans les moteurs de recherche
  3. Politique de civilisation ?

by Christian at July 24, 2010 10:09 AM under Défaut

July 23, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier : Ordre de couleurs, Persographie, Paysages mythologiques

Boite aux lettres
Shimokitazawa, Japon, 17 mars 2007

En 1969, j'ai choisi, dans Paris, 12 lieux (des rues, des places, des carrefours, un passage), ou bien dans lesquels j'avais vécu, ou bien auxquels me rattachaient des souvenirs particuliers.

J'ai entrepris de faire, chaque mois, la description de deux de ces lieux. L'une de ces descriptions se fait sur le lieu même et se veut la plus neutre possible : assis dans un café, ou marchant dans la rue, un carnet et un stylo à la main, je m'efforce de décrire les maisons, les magasins, les gens que je rencontre, les affiches, et, d'une manière générale, tous les détails qui attirent mon regard.

Perec, George, Espèces d'espaces, galilée, 1974.

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Ordre de couleurs

Récemment, je voulais savoir si les photographies avaient une tonalité particulière, un spectre et si ce spectre variait en fonction du pays, du climat ou même de mon humeur. J'ai obtenu quelques résultats mais pas exactement ce que je recherchais. J'ai obtenu une distribution du spectre, mais pas tout à fait un spectre plus limité sur par exemple une dizaine de couleurs ou sur la représentation en treemap. Dans Sorting colors, Chris Mueller hésite également avec le choix du tri pertinent des couleurs dans une image. Il y a de nombreuses options possibles, cependant tout comme moi, il dit :

Our goal was to find a sorting mechanism that looked pleasing to the eye, but of course the results are completely subjective.

Tri de couleurs

Persographie

Mike Kuniavsky essaie de représenter le monde qui lui est directement sensible. Nous oublions nos espaces car bien que proche ils sont définis par la collectivité. Il y a des cartes, des signes, des directions, des barrières qui construisent notre périmètre de compréhension. L'espace de notre compréhension est réduit à son minimum. L'appropriation est plus difficile. Dessiner l'espace que l'on comprend, dont on se souvient nous permet de comprendre le non dit de nos déambulations, la persographie intime de l'environnement.

cartographie Airportainia 0.2

Et cela touche directement à un billet très intéressant de Greg J. Smith, (Thoughts on) Writing Within the Map, qui suit une lecture approfondie du billet de Jeremy Hight, Writing Within The Map, à propos de l'écriture de la carte. Greg dit :

the map is moving towards becoming a wiki-space, what new modes of representation will emerge?

Une fois que les cartes sont définies par des individus auto-sélectionnés, les règles du jeu sont modifiées. Je m'abstiens du raisonnement erroné de la révolution du réseau social, de la destruction des autorités et toutes les mythologies qui l'accompagnent. Les nouveaux outils et les nouvelles structures génèrent de nouveau comportement et de nouvelle réorganisation. Plus ces communautés s'élargissent, plus elles se stabilisent, créent des vocabulaires communs et ont donc recrées une infrastructure propre au milieu. La géographie n'y échappe pas. De OpenStreetMap où les personnes éditaient à l'envie (mais quand même dirigées par certaines fonctions définies) le site se structure de plus en plus, définit des guides d'éditions, des outils plus à même d'orienter les débutants et donc se solidifie.

Wikipedia, OpenStreetMap donnent une réponse qui se dirige vers de plus en plus d'uniformisation. C'est normal. Ce que je trouve plus intéressant est la cartographie intime des lieux qui s'établit dans de petites communautés (une personne, une famille, un village) et qui donne un regard sur la culture locale.

Paysages mythologiques

Du réel à la fiction, il n'y a que très peu de différents, le monde physique possède suffisamment d'éléments étranges comme les dolines de Guatemala City ou la chute d'eau sanguine du Lake Bonney dans l'Antarctique.

Blood Falls

Cela devient d'autant plus intéressant lorsque l'on compare ces paysages à cette illustration de Tsunehisa Kimura où New-York se transforme en chute d'eau.

Ny Waterfall Tsunehisa Kimura 2

Ou encore cette image de Tokyo envahit par l'herbe. Tokyo Gensou ? (東京幻想)

Tokyo Invaded Grass

Mais cela vaudra surement un billet un peu plus fourni sur les utopies (ou dystopies) urbaines. Les zones non urbaines ont également leur lot de mythologies héritées du passée. Celles des villes sont en pleine construction.

July 23, 2010 02:46 AM under vide grenier

July 22, 2010

Nicolas Cynober

2 standards qui me manquent

Par standard je n’entends pas forcement un document du W3C mais plutôt une norme ou une “bonne pratique” que j’aimerai voir plus souvent sur le web.

1 - L’accès à d’autres modes de visualisation pour un même contenu

Je ne vais pas revenir sur les concepts derrière dataviewer. Mais c’est décidément une problématique que l’on rencontre et que l’on rencontrera de plus en plus. Multiplication des terminaux dans un web de donnée, bla, bla, bla, vous pouvez toujours relire l’article ;)

Donc, ce que j’aimerai petit papa noël, c’est que des initiatives tel que oEmbed se généralisent. oEmbed c’est quoi ? C’est une petite API à qui tu donnes une URL et qui te retourne le code d’embed correspondant, c’est à dire l’élément principal de la page. Et oui un peu comme dataviewer, tu donnes une URL et on te retourne une visualisation différente pour cette donnée.

2 - La généralisation du rel=”canonical”

C’est quoi ça ? C’est un petit standard Google, utilisé en SEO, qui permet de spécifier l’URL originale d’une page web (parfois connu sous le nom de permalink). Car là est le drame, derrière chaque page web il existe en réalité des centaines d’URLs différentes… En effet quand vous atterrissez sur une page web en provenance d’un flux RSS, votre URL va contenir des informations sur votre provenance et donc devenir différente. Après une recherche, elle peut aussi contenir vos derniers mots clés, ou bien encore des informations techniques (ID de session). Bref, mon ami Dédé et moi on pense que c’est le bordel.

Alors pour un web plus propre et pour augmenter votre SEO (voir même pour arrêter le réchauffement climatique), si vous avez un site web, affichez la source d’une de vos pages et vérifiez la présence de la mention rel=”canonical”.

by Nicolas at July 22, 2010 09:20 AM under Uncategorized

Karl Dubost

Les pièges du marketing

Ruban et baton
Tsujido, Kanagawa, Japon, 21 juillet 2010

… car nous cherchions par tous les symboles, par tous les pièges, à t'entraîner, sous les apparences, dans ce fond des mers où nous appelait notre inquiétude.

de Saint-Exupéry, Antoine 1929. Courrier Sud Éditions Gallimard, p. 42

Il n'y a pas de « bon marketing. » Je prends cette poistion volontairement. Quelque soit l'idéologie philosophique ou commerciale qui est le moteur des campagnes, le marketing est un piège dont le but est de convertir l'action d'une personne. Que ce soit pour le W3C, Mozilla, Apple ou BP (je ratisse large). Il s'agit de propagande s'appuyant sur de nombreuses recettes et faiblesses humaines pour augmenter le taux de conversion.

Depuis que je travaille dans une agence Web dont une partie de ses activités est le marketing, je commence à bien comprendre les discours et techniques qui entourent le milieu. Je suis également plus attentif aux pièges du marketing autour de moi.

Une réduction ordinaire

Pendant mon voyage au Japon en avril 2010, j'ai eu l'occasion de remarquer de très nombreux exemples. Certains sont ludiques, d'autres réalisés avec beaucoup d'humour, d'autres très simples.

SUICA (Pastèque en japonais) était le système de carte magnétique permettant de payer les trajets de train de la plus grande compagnie de trains au Japon : JR. Très simplement, vous allez aux machines distributrices de JR, glissez la carte, rechargez avec le montant de votre choix. Vous badgez à l'entrée et à la sortie de votre trajet. La somme est automatiquement débitée de la carte. Si vous n'avez pas assez sur la carte, il y a des machines pour recharger juste avant les portes de sortie. Le système, il y a quelques années s'est étendu au métro, et puis aux machines distributrices de boissons, aux distributeurs de cigarettes, et puis finalement aux magasins. La carte est devenue un porte monnaie électronique. Pour bénéficier de certains avantages, il est préférable de prendre une carte SUICA identifiée avec vos coordonnées et nom. Ce n'est pas obligatoire. Ma carte SUICA est anonyme si ce n'est le numéro ID unique.

Et c'est là que le piège se resserre petit à petit. D'une simple carte de trains, cette carte est devenue un moyen de paiements électroniques tellement pratiques et sans frictions que les gens peuvent l'utiliser partout. Comme généralement, les personnes mettent relativement peu d'argent dessus à la fois, elle sert pour de petits achats. Les marketeurs qui travaillent avec les systèmes bancaires VISA, Mastercard, etc. ont une bonne idée des grosses dépenses des individus, mais très peu de ce qui tient au micro-paiement. Toutes ces petites dépenses inférieures à 10 euros et qui se passent la plupart du temps en liquide.

C'est de moins en moins vrai au Japon. Voici un système de paiement disponible pour tous, sans frais, plus facile d'utilisation que de l'argent liquide, éliminant toute culpabilité de l'échange de valeurs matérielles et palpables (pièces de monnaie et billets). Un système qui enlève de la présence physique la réalité de l'argent pour la transformer en validation d'une acquisition, tout comme le passage du train. Pour tous ceux qui ont une carte identifiée, un profil complet des habitudes de consommation, donc de vie se dresse au fur et à mesure de l'utilisation.

Cela va même plus loin par la création d'incitatifs pour ceux qui hésiteraient encore à utiliser le système. Nous sommes allés au cinéma un soir. Le cinéma proposait 100 Yens (1 euro) de réduction sur le prix de la nourriture si nous payions avec la carte SUICA. Dans notre cas, sur un achat de 550 Yens (5 euros), la réduction de 100 Yens représentait 20% de la somme totale.

Ruban et baton
Yokohama, Japon, 11 avril 2010

Services utiles contre profils

Dans quelle mesure sommes nous prêt à abandonner une partie de notre liberté d'action en l'échange d'une promesse de consommation. Les départements marketing collectent l'information afin de mieux vendre, afin de mieux cibler le consommateur et d'éliminer le plus possible la friction qui s'intercale entre le désir et l'acte d'achat.

Un service utile ? Un meilleur service ? Une économie ? Mais à quel prix et dans quelle mesure cela améliore notre qualité de vie ? Accepter est obligatoirement participer au système, parfois le système ne laisse pas d'alternatives.

July 22, 2010 01:37 AM under marketing

July 21, 2010

Christian Fauré

Le bon sens paysan

Entendre et lire André Pochon m’a été très utile pour comprendre la situation paysanne et agricole en Europe et surtout en France. Bien connu dans le monde de l’écologie et de l’agriculture, ce paysan aujourd’hui retraité n’est pourtant pas connu du grand public, surtout si l’on quitte le milieu agricole et paysan.

André Pochon s’est surtout fait connaître lors de la publication de son livre La prairie temporaire à base de trèfle blanc, 1996 (4° Ed. épuisé) et a donné son nom à la “méthode Pochon” qui fut souligné en son temps (en 1981) par Maurice Le Lannou, membre de l’Institut  et de l’Académie des sciences politiques et morales qui écrivit :

“ J’ai trouvé dans ce petit ouvrage, mais transposé à la moderne, toute l’éthique rurale qui faisait le fonds des vieilles Géorgiques.”

Cette méthode est un condensé de bon sens et d’application des règles élémentaires de l’agronomie puisqu’elle consiste à construire un équilibre entre les ressources naturelles présentes sur le territoire : d’une part en minimisant l’apport de ressources externes et d’autre part en minimisant la pollution des ressources environnementales.

Ainsi le trèfle blanc est utilisé comme moyen naturel d’apport de d’azote à la prairie, sans avoir à ajouter d’engrais azoté. Les vaches qui paissent sur ces prairies naturelles et riches produisent viande et lait de qualité. Le lait, quant à lui, est utilisé pour nourrir les porcs (“le porc pendu au pis de la vache”) en veillant à ce que ceux-ci soient élevés sur de la paille car cela donnera du fumier (et non du lisier) qui sera lui-même réutilisé comme engrais naturel.

Cette économie agricole a clairement démontré, chiffres à l’appuie, quelle était tout à la fois respectueuse de l’environnement, qu’elle demandait moins d’effort et de travail et qu’elle était financièrement plus avantageuse pour l’exploitant.

Alors pourquoi cette approche de l’agriculture n’est-elle pas plus développée en France ?

Ici comme dans beaucoup d’autres domaines on retrouve les mêmes tendances :

  • la mise en place d’une industrie qui dissocie l’existant : le signal de départ sera le maïs hybride américain des années 70 qui peut dès lors pousser au nord de la Loire. On commence alors à faire pousser des cultures qui ne sont pas associées de manière natives au territoire qu’elles intègrent et qui deviennent également la base de tout un système agricole. Par la suite, c’est toute la logique de la culture hors sol, le comble du modèle dissocié, qui va se développer de manière frénétique : les semences, les engrais et les pesticides qui doivent être achetés aux industries agro-chimiques, les animaux qui sont élevés en batteries sans voir la lumière du jour, notamment dans les porcheries industrielles bretonnes. De plus, la nécessité de s’approvisionner en maïs et soja américain, et non plus à partir de la production fourragère locale, met toute l’agriculture française dans une dépendance critique vis-à-vis de la production américaine.
  • un marketing qui fait tourner les têtes : cela a commencé avec le mais hybride américain, repris par l’INRA qui n’a pas résisté à la pression marketing qui a fait dire à l’un des dirigeants de l’époque qu’il promouvait et développait la culture de maïs hybride pour “faire comme les américains”. (Dans le monde des systèmes d’informations c’est également la même chose : quand j’avais demandé à un ancien DSI pourquoi il avait lancé un grand chantier SAP, il m’avait répondu que “à l’époque, si tu n’avais pas de chantier SAP tu étais un has been.”)

Mais pourtant, cette agriculture intensive et contre-nature devient manifestement insupportable : vache folle, pollution de l’air et des eaux, algues vertes, appauvrissement et érosion des sols qui favorisent inondations et glissements de terrain, farines animales, nombre de cancers en explosion, etc.

Comment ce système peut-il perdurer ?

Essentiellement parce qu’il y a des rentes de situation et des lobbies importants :

  • des rentes de situations dont bénéficie l’industrie agro-chimique qui fera tout pour gagner un maximum d’argent et ce quelques soient les externalités négatives que leur modèle d’affaire induit sur les populations et les territoires.
  • des lobbies importants, qui n’ont cessé de faire pression sur les élus et au niveau de Bruxelles pour freiner l’adoption de mesures en faveur de l’agriculture durable, notamment dans le cadre des différentes réformes de la PAC. Au premier rang de ces groupes de pression se trouve la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire qui défend bec et ongles l’intérêt des agriculteurs productivistes qui développent le modèle d’agriculture dissocié. On a là à faire à une véritable mafia corporatiste française qui devra un jour être tenue responsable de la destruction massive du territoire et des problèmes de santé qui en découlent.

Mais, fondamentalement, cette situation n’est devenue possible et tenable que parce qu’il y a une prolétarisation, une perte de savoir, aussi bien des paysans agriculteurs que des consommateurs.

  • une prolétarisation des paysans, parce que la quasi totalité des enseignements agricoles en France ne font que promouvoir l’agriculture intensive sans même présenter les alternatives aux jeunes agriculteurs en formation. Aucun esprit critique n’est inculqué au niveau de l’enseignement et de la formation. Une fois lancés dans le cercle vicieux du productivisme dissocié, pris à la gorge par l’endettement, il n’ont plus la possibilité de faire marche arrière. De plus, la plupart des paysans ne sont plus maître à bord de leur exploitation, leur production et leur mode de production sont dictés par les dérives de la PAC qui en a fait des esclaves qui ne peuvent que cautionner le système qui pourtant les mène à leur perte.
  • une prolétarisation des consommateurs eux-mêmes, savamment orchestrée et entretenue par l’industrie agro-chimique, qui ne connaissent pas ou mal la situation de la paysannerie française, et ne savent pas ce qu’ils mangent et ce qu’ils achètent.

Il ne s’agit pas ici de condamner le maïs hybride ni même les OGM en soi, mais plutôt le système industriel qui s’est développé sans retenue, sans porter conséquence au phénomène de passage aux limites insoutenable dans lequel il nous a placé.

Le seul moyen de faire tomber ces industries de rentes qui ne vivent essentiellement que des externalités négatives que chacun d’entre nous doit payer quotidiennement par notre santé et par notre porte-feuille (rien que 450 € par foyer et par an pour la PAC) passe par des logiques de dé-prolétarisation : le consommateur doit reprendre goût et connaissance de ce qu’il mange et du territoire dans lequel il vit, tout comme les paysans doivent être sensibilisés à la situation dans laquelle ils se sont mis, trop souvent malgré eux.

Signaler sur Twitter

No related posts.

by Christian at July 21, 2010 01:53 PM under Défaut

del.icio.us

July 20, 2010

del.icio.us

July 19, 2010

del.icio.us

del.icio.us

July 18, 2010

del.icio.us

RDFa Developer

This firefox add-on lets you visualize all the RDFa data included in a web page, shows a list with errors and warnings found while parsing the document, and allows to execute SPARQL queries on the RDFa content.

by yhugo at July 18, 2010 11:24 AM under WebSemantique

Karl Dubost

Vide Grenier : Maison mobile, View source, Design ?

Ampoule et autres objets
Shimokitazawa, Japon, 11 août 2007

Vers quel verre, œil vert, diriges-tu tes regards chaussés de vair ?

Desnos, Robert, Corps et Bien

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Maison mobile

La mobilité s'accompagne de la légèreté. C'est pour cela que je suis toujours intéressé par les micro-maisons et d'autant plus lorsqu'elles sont mobiles.

Supertramp Exterior

View source

On devrait inventer des darwins du développement Web. Sur le site de l'architecte Vincent Callebaut, voici ce que l'on peut trouver dans le code source.

<SCRIPT LANGUAGE="JavaScript">
<!--
function noclick() {
   if (event.button==2) {
      alert("Alors, on pirate?");
   }
}
document.onmousedown=noclick
//-->
</SCRIPT>

Dans les autres stupidités, une musique de fond que l'on ne peut pas couper.

Design?

L'idée qu'une culture, un groupe de personnes se font d'un autre domaine sans percevoir sa propre richesse ou les artefacts réelles d'une pratique. Barbara Halves a enseigné au Mozambique et se retrouve face à une question et réponse intéressante sur le design.

It’s interesting to see that although people appreciate their very rich culture, they do not connect its traditions to contemporary knowledge and practices. For example, students in the graphic design course I taught at ENAV asked me to give them lessons in color, insisting they knew nothing about it. This really surprised me. My immediate answer was, “But you should teach me! You’re surrounded by color and use it in such powerful ways in every aspect of daily life. I admire you for it!” Their response was to laugh and say, “But Teacher! That’s not design! We need to use design colors.” From talking to my students and people in the cultural sector, I got the impression that design was this distant, quite artificial, field they had to adapt to. Their main concern is learning software. Still a lot has to be done in understanding the value of design thinking. Design is not thought of in terms of concepts, processes or ideas connected to daily life.

Une des solutions qu'elle utilise pour ouvrir leurs yeux est d'être moins dépendant des références académiques et d'utiliser ce qui se passe aujourd'hui. Cela tient à mon avis de ce que Deleuze dit à propos de la jurisprudence. Le code de loi n'est pas très intéressant. C'est la jurisprudence qui donne l'image de ce que la société vit.

One thing I did, and I know other teachers are doing, was introducing people to social networks to establish international connections. I encouraged them to use search engines to be less dependent on bad libraries and expensive books, and to create blogs and publish and discuss their ideas, life and work. Maybe this will shorten the distance people feel to other educational systems and cultures.

On voit cela également dans de nombreux milieux économiques vieillissant qui n'arrivent pas à s'adapter aux nouvelles pratiques, à une nouvelle culture.

July 18, 2010 10:22 AM under vide grenier

July 17, 2010

Karl Dubost

Utilisation des villes fantômes

signe dans la rue
Atami, Japon, 23 avril 2010

So, let us try a creative experiment: suppose that the worst has happened. Human extinction is a fait accompli.

Picture a world from which we all suddenly vanished. Tomorrow.

Look around you at today's world. Your house, your city, the surrounding land, the pavement underneath, and the soil hidden below that. Leave it all in place, but extract the human beings. Wipe us out, and see what's left. How would the rest of nature respond if it were suddenly relieved of the relentless pressures we heap on it and our fellow organisms? How soon would, or could, the climate return to where it was before we fired up all our engines?

How long would it take to recover lost ground and restore Eden to the way it must have gleamed and smelled the day before Adam, or Homo habilis, appeared? Could nature ever obliterate all our traces?

Weisman, Alan, The World Without Us, p.3, St. Martin's Press

Utilisation des villes fantômes

Dans un essai à propos de Detroit, Jerry Herron dit

But it’s not a city, not when the sun comes up and you can see the place. It was a city once, that’s clear, or at least Detroit seems to have been a city, given the physical evidence left behind in maybe the most moved-out-of metropolis ever settled and then evacuated by Americans — houses and factories, theaters and schools, streets and whole neighborhoods now walked away from on so spectacular a scale that you can’t fault other people when they register amazement.

Il donne un passage d'un article de Rebeca Solnit, Detroit arcadia: Exploring the post-American landscape, dans Harper's :

This continent has not seen a transformation like Detroit’s since the last days of the Maya. The city, once the fourth largest in the country, is now so depopulated that some stretches resemble the outlying farmland and others are altogether wild… Between the half-erased neighborhoods are ruined factories, boarded-up warehouses, rows of storefronts bearing the traces of failed enterprise, and occasional solid blocks of new town houses that look as though they had been dropped in by helicopter.

En 2004, dans un billet, je faisais référence à un article Dead Zone qui parlait de Tchernobyl, autre ville fantôme. Dans le cas de Tchernobyl tout comme Detroit, il s'agit de désertification brutale due à une catastrophe industrielle : accident nucléaire, extinction d'une industrie automobile. Dans Construire une ruine, j'écrivais 

Imaginez le jour où il faudra détruire toutes les tours de Dubaï. Elles ont toutes été construites en même temps. Dubaï deviendra-t-elle une ville fantôme ou la destruction sera-t-elle massive ?

Il est probable qu'elles ne seront pas détruites mais qu'elles se détruiront par elles-même. Une catastrophe économique quelconque, un nouvel Eldorado et la ville sera abandonnée. J'entrevois la possibilité que ces restes de villes abandonnées servent à des expérimentations grandeur nature : attaque militaires (test de bombe, camp d'entraînement en milieu urbain, etc.), modélisation urbaine, regénération écologique des zones abandonnées, expérience de revitalisation sociale, etc.

Pour l'instant, Detroit abandonnée est revitalisée par les marginaux, les artistes, toutes les personnes en marge de la société qui peuvent bénéficier d'un territoire à prendre, à investir et à créer. Une nouvelle conquête de l'ouest ?

July 17, 2010 01:36 PM under ville fantôme

July 16, 2010

Karl Dubost

Un événement, qu'est-ce que c'est ?

Ruban et baton
Montréal, Canada, 3 mai 2010

Et c'est ainsi que les arbres de la berge vivent dans deux dimensions. L'ombre de leur tronc augmente la profondeur de l'étang. On ne rêve pas près de l'eau sans formuler une dialectique du reflet et de la profondeur. Il semble que, du fond des eaux, on ne sait quelle matière vienne nourrir le reflet. Le limon est un tain de miroir qui travaille. Il unit une ténèbre de matière à toutes les ombres qui lui sont offertes. Le fond de la rivière a aussi, pour le peintre, de subtiles surprises.

Bachelard, Gaston, Le droit de rêver

J'ai commencé cette note pour un vide grenier pour me donner quelques pistes de compréhension des ontologies de temps et la dimension du lieu. L'article s'allonge cependant alors je le publie sous la forme d'un billet unique.

Pour décrire un événement quelconque, il faut quelques informations :

  • le sujet de l'événement : un concert, un rendez-vous, une photographie, etc.
  • un temps
  • un lieu

Le temps

Le temps semble être un concept simple, mais il recouvre différentes natures sociologiques et physiques : le temps passé, le temps présent, le temps futur, la durée.

Si je dis « rendez-vous à 15h » et que nous avons une compréhension commune du jour, nous savons que nous devons nous rencontrer à 15h00m00.000000000. Bien sûr, à cause de la nécessité sociale et selon les individus, nous avons une tolérance plus ou moins grande sur l'heure exacte : 14h57, 15h03, 15h20.

Plus l'échelle de temps augmente, plus notre tolérance s'ajuste. « On se voit le 16 mars » ou « on va prendre un verre dans une semaine. » Plus également notre compréhension le « quand exactement » de ce moment varie.

Ces événements sont des temps futurs dont nous définissons une date de début plus ou moins imprécise et dont nous ne connaissons pas la durée réelle exacte. La durée réelle de l'événement ne pourra être déterminée qu'une fois l'événement terminé.

Le temps présent est plus difficile à décrire. Il implique que nous nous situons dans l'éxécution de l'événement entre une date de début (connue ou pas) et une date de fin (connue ou pas). Maintenant, cette semaine, aujourd'hui, etc. accompagnée d'une phrase nous situant dans l'action. « En ce moment même, j'écris cet article qui était prévu comme un vide grenier rapide mais qui s'allonge. »

Le temps passé donne une affirmation plus ou moins précise sur un événement. L'année dernière, de 15h à 16h, à 15h24m33s. On ne réalise pas souvent que presque tous les événements ont des durées comme par exemple la prise de vue d'une photographie qui comprend souvent la date à laquelle elle a été prise mais également la durée de cette prise de vue (1/500s). Cela ne veut pas dire que dans le cadre de place l'image dans le temps, la durée est pertinente. Tout dépend de la durée de l'exposition.

Le temps peut aussi s'inscrire dans une séquence tel que « après ceci » ou « avant cela. »

Le lieu

Le lieu d'un événement a également de nombreuses dimensions. Bien souvent, nous associons un événement à un espace géographique. Mais de la même façon que le temps, ce lieu peut avoir plusieurs dimensions sociologiques et physiques.

Nous pouvons associer l'événement a un système de coordonnées géographiques précis tels que latitude et longitude. Cependant, dans certaines circonstances, ces coordonnées ne sont pas suffisantes. Parfois l'altitude (atteindre un sommet) ou la profondeur (puits de pétrole qui fuit) peuvent devenir un élément significatif d'un événement.

La détermination d'un lieu est également floue en fonction de la précision qu'on veuille bien lui accorder. « Je suis à Londres » permet de situer l'événement géographiquement et approximativement mais ne définit pas l'ensemble de l'espace que j'ai parcouru à Londres. Il y a donc une imprécision qui est utile.

Le lieu pour un événement donné peut s'inscrire dans une surface. Un match de sport se déroule dans l'aire du terrain de jeu.

Le lieu peut également se définir par une dénomination personnelle telle que « le champ de l'étable » qui n'est pas attachée à une dénomination officielle, c'est ce que j'appelle les taxonomies intimes, un ensemble de dénominations qui ne font du sens que pour un groupe social particulier, parfois un individu.

Tout comme la durée est un écoulement dans le temps, le déplacement est un écoulement dans l'espace. Et donc pendant un événement il est possible de définir une trajectoire. Nous pourrions considérer que la trajectoire est juste une succession d'événements géolocalisés de façon précise mais nous pourrions tout aussi bien la définir comme une liste de points attachés à une durée globale.

Finalement, le lieu peut-être un espace en mouvement. Un train ou un avion sont typiquement des lieux que je peux identifier mais qui ne sont pas fixes dans l'espace. Le vol de Londres à Montréal se déroule le 14 juillet dans l'avion d'Air Canada.

Alors cet événement ?

Pour décrire un événement, il faut donc faire le choix de ce que nous allons décrire avec quelle précision afin de réduire l'espace des possibles. Il y a différents outils pour réaliser ce genre de description dans le domaine du Web sémantique.

Je tenterai prochainement de donner des exemples concrets.

July 16, 2010 01:36 AM under WebSemantique

July 14, 2010

Nicolas Cynober

Data Publica: L’annuaire des APIs et des meta données

La diffusion et l’accès aux données brutes. Voila deux problématiques majeures pour le web des données que le projet Data Publica souhaite résoudre. Très différent du projet DataLift, qui améliore le potentiel de données existantes, et aussi très différent du projet de l’APIE, qui aide l’administration à mettre en ligne ses données, le projet Data Publica se positionne comme l’annuaire de toutes les données françaises. François Bancilhon nous parle de ce projet ambitieux:

NC: Salut François, est-ce que tu peux nous présenter Data Publica en quelques mots ainsi que ton rôle dans le projet ?

FB: Data Publica est un projet conduit en collaboration par 3 start ups : Araok, Nexedi et Talend. Il est partiellement financé dans le cadre de l’appel à projet « Web 2 Innovant » lancé par le Secrétariat d’Etat à l’Economie Numérique en 2009. Le projet se déroule sur 12 mois (janvier à décembre 2010) et doit déboucher sur une « place de marché » où se rencontrent ceux qui publient des données (organismes publics et privés) et ceux qui les utilisent (développeurs d’application).

Nous avons un comité de pilotage avec un représentant de Talend (Cedric Carbone, CTO), un représentant de Nexedi (Jean-Paul Smets, CEO), un représentant d’Araok (François Ziserman, CEO), un avocat spécialiste du domaine (Alan Walter) et moi qui tiens le rôle de chef de projet. Des équipes de développement venant des trois partenaires développent la plateforme et nous avons récemment recruté quelqu’un en charge de la collection de données.

NC: Comment l’idée vous est venu et quel est le rôle respectif des 3 sociétés fondatrices ?

FB: Deux sources pour l’idée originelle:

  1. L’intérêt général pour tout ce qui est « ouverture de données » (je ne suis pas très fana du latino-anglicisme « open data »).
  2. Le travail conduit avec l’INRIA sur un consortium, l’Initiative Services Mobiles, pour dynamiser l’écosystème du développement des applications pour smartphones. A la question « que faire pour aider les développeurs ? » une des réponses évidentes est « leur donner des données », d’où l’idée du projet.

Après ça, on a mis en place le consortium pour couvrir les différents aspects à traiter : Araok assure la conduite de projet et le conseil en ergonomie d’interface, Nexedi travaille sur la mise en place de l’annuaire des données publiques, Talend sur les outils pour données structurées.

Nous sommes en outre en discussion avec des équipes de l’INRIA qui voudraient rejoindre le projet et contribuer techniquement à certains des aspects (indexation, moteurs de recherche, etc.).

NC: Quels sont les grandes étapes à venir pour Data Publica, une vocation internationale ?

FB: Nous avons aujourd’hui une première version du système, suffisante pour y collecter des données et nous menons en parallèle le développement de la plateforme et son alimentation en données. En septembre, nous mettrons en ligne une version alpha de la plateforme. Cette version devrait contenir déjà un bon corpus de données. En décembre, nous ferons le lancement officiel de la beta.

Sur le sujet de l’internationalisation, nous commençons par la France, et restons très focalisés. La techno est bien sûr indépendante du corpus de données, mais la recherche des données ne l’est pas.

NC: A ton avis, quel sera votre ratio entre données publiques et données privées ?

FB: Trop tôt pour dire. Nous sommes focalisés aujourd’hui sur le public, donc initialement nous aurons plus de données publiques. Cela devrait évoluer par la suite.

NC: Que dirais-tu aux administrations publiques ou aux entreprises pour les inciter à mettre leurs données en ligne ?

FB: Nous allons leur montrer qu’en publiant ses données on a des retombées positives en terme d’image et d’écosystème, si on est proactif et qu’on met en place les mécanismes pour en bénéficier. Nous voulons aussi créer une certaine émulation entre les différentes organisations. Nous leur montrerons enfin que si elles ne publient pas d’elles mêmes, leurs données se retrouvent quand même utilisées sans qu’elles en profitent.

NC: Comment attirer des dévelopeurs de mashup ? A quelles incitations avez-vous pensé ?

FB: Nous comptons d’abord sur la complétude de notre jeu de données, ensuite sur les outils que nous pourrons fournir.

NC: Comment est-ce que le projet se positionne par rapport aux solutions existantes comme Infochimps ?

FB: La différenciation est sur la technologie (qualité des outils comme les moteurs de recherche) et sur le domaine couvert (nous sommes focalisés sur les données du marché français).

NC: Merci François, bonne continuation, on attend septembre pour le lancement !

J’ai donc revu le pearltree ci-dessus pour différencier les “data publishers” (ceux qui publient) et des “data directories” (ceux qui référencent). Autre pearltree que vous pouvez aussi (re)récouvrir: “cities”, avec une très bonne présentation de la ville de Rennes sur l’ouverture des données.

by Nicolas at July 14, 2010 08:40 PM under Uncategorized

Christian Fauré

L’arrière saison

Le titre et la couverture de ce roman n’avaient pourtant rien qui puisse m’attirer. Tout laissait transparaître un romanesque autrichien « fleur bleue » que je ne goûte guère. On m’avait même dit, en me conseillant l’ouvrage, « qu’il ne s’y passait rien » mais, pourtant, que sa lecture était envoûtante et prenante.

Comme la personne qui me le conseilla était toutefois digne de confiance, j’achetai le livre il y a maintenant plus d’un an. Depuis, il était resté dans mon bureau et, chaque fois que mon regard croisait la couverture, je le prenais en main en le retournant pour lire une fois de plus la quatrième de couverture qui précisait qu’il s’agissait là d’un chef d’oeuvre inégalé aux yeux de Nietzsche. Aux réticences que j’éprouve vis-à-vis de la littérature romanesque s’ajoutaient l’épaisseur de l’ouvrage avec ses 650 pages.

A quoi tient qu’un jour, à un moment donné, parfois tout simplement parce que rien ne nous y oblige, et peut-être parce que le livre avait déjà purgé sa longue quarantaine, je le pris pour, cette fois, lire les premières pages. Le charme opéra immédiatement : le style, la richesse des conjugaisons et du vocabulaire, tout ce qui peut par ailleurs être perçu comme désuet ou précieux me fit immédiatement l’effet d’une bouffée d’oxygène.

Je commençai dès lors à respirer et à caler mon souffle sur une prose et une narration qui, pourtant, me rappelait à chaque instant, comme par contraste, ma propre médiocrité. Mais ce ne fut pas pour autant le sentiment de culpabilité qui prédomina, bien au contraire.

J’étais comme sur un nuage. Et, durant toute l’oeuvre, je n’ai cessé d’avancer avec la crainte de devoir en redescendre. Avec la peur que tout l’édifice de cristal n’éclate sous la pression de la réalité. Mais dans cette oeuvre, si l’orage gronde et menace, ce n’est que pour rapprocher les âmes qui veulent s’abriter en profitant de l’hospitalité. Car, au petit matin, on s’apercevra qu’aucune goutte n’est tombée.

L’oeuvre elle-même s’inscrit dans la lignée des « romans d’éducation » dont Goethe était pour moi la seule référence mais, contrairement à la lecture des oeuvres de ce dernier, l’Arrière saison m’a fait entrevoir à quel point les techniques-de-soi sont nécessairement entrelacées avec les techniques-du-nous dont la courtoisie, la politesse, l’hospitalité et l’éloquence sont certainement les toutes premières figures, comme les fondations, de l’éducation.

Comme à chaque fois qu’une oeuvre nous bouleverse, elle nous apparaît comme incommensurable. En parler devient presque douloureux tant les sentiments qu’elle a suscité en nous sont inscrits dans l’écrin d’une intimité que la pudeur nous interdit de formuler. Peut-être devrais-je me contenter à mon tour de recommander l’oeuvre en précisant qu’il ne s’y passe rien, c’est à dire rien de dicible tant l’idéal esthétique et moral qui s’y exprime a de quoi couper le souffle. Aussi faut-il rendre hommage au travail effectué par la traductrice, Martine Keyser, qui nous permet de goûter cette œuvre majeure de la littérature de langue allemande.

Signaler sur Twitter

No related posts.

by Christian at July 14, 2010 01:45 PM under Défaut

July 13, 2010

Christian Fauré

Palette de noyers

Il y a beaucoup de noyers en Dordogne et, vus du ciel, avec leur rondeur bien caractéristique, ils font penser aux palettes de style des logiciels de dessins et de retouche d’images.

Signaler sur Twitter

Related posts:

  1. Paradoxe du Web 2.0
  2. Le profilage collaboratif sur Twitter
  3. Ars Industrialis sur Twitter

by Christian at July 13, 2010 01:06 PM under Défaut

del.icio.us

Quality Indicators for Linked Data Datasets - Semantic Overflow

"There's an increasing variety of data available as Linked Data coming from a range of different sources. I'm wondering what indicators we might use to judge the "quality" of a dataset. Clearly quality is a subjective thing, but I'd be interested to know...

by nitramf at July 13, 2010 09:29 AM under WebSemantique

July 12, 2010

del.icio.us

July 09, 2010

del.icio.us

Semantic Overflow

Poser des questions sur le web sémantique et recevoir des réponses par la communauté.

by tatanka at July 09, 2010 01:22 PM under WebSemantique

Karl Dubost

La vie des objets

Objets sur une étagère
Yoyogi, Tokyo, Japon, 2 avril 2006

Plus simple est leur objet, plus grandes sont les rêveries.

Bachelard, Gaston, La flamme d'une chandelle, p.57, Quadrige/PUF n°52

Le conteneur de la BBC

Pendant un peu plus d'une année, la BBC a suivi la vie d'un conteneur autour du monde, de ceux que l'on trouve empilés dans les ports, sur les trains ou sur les bateaux traversant le monde. Les conteneurs me fascinent depuis très longtemps. Suivre le conteneur a permis de comprendre les dérapages économiques du monde, de comprendre le mouvement international des marchandises, d'y définir une humanité propre de cet objet.

boite en plastique bleue et bouteilles
Yoyogi, Tokyo, Japon, 2 avril 2006

Un sac à dos au Sénégal

Nous avons tous chez nous des objets que nous apprécions avec lesquels nous avons vécu des moments exceptionnels, des moments intimes. J'ai un sac à dos par exemple, que j'ai depuis l'âge de 16 ans et qui m'a suivi dans beaucoup d'endroits dans le monde. Ce sac a 25 ans. Si je cherche dans les interstices de ces coutures, je peux toujours y trouver du sable de la tempête de sable du Fouta que j'avais traversée en prenant le minibus de Saint-Louis à Matam, puis Amadi-Ounaré.

La société itizen vous permet d'associer les histoires à vos objets. Ils proposent d'attacher un tag à nos objets avec un code QR. Mais tagger un objet demande un effort que la mémoire n'a pas besoin. Il faut trouver un autre système. Stickybits propose quelque chose de très similaire à Itizen.

Embrasser l'ambiguité

Il y a souvent une tendance lorsque l'on identifie le monde autour de nous à mal gérer l'ambiguité. Nos systèmes de classification ont été construit sur la généralisation des objets imparfaits et tous uniques. Nous avons créé des bulles aux frontières floues et nous y avons attaché une catégorie. Chaque être vivant est unique, chaque objet aussi, cela ne nous empêche pas d'utiliser une catégorie floue pour les désigner. Nous avons la possibilité d'identifier chaque chose uniquement maintenant, mais il ne faudrait pas oublier cette ambiguité. Elle est pratique et utile. C'est ce qu'a su faire Yahoo! avec WOEID.

hommes écrivant papier
Shinjuku, Tokyo, Japon, 8 avril 2006

Identification = Traçabilité

Une fois identifiés, les objets sont traçables. Les livres dans une bibliothèque et leur prêt, les humains dans les administrations, nous pouvons analyser, comprendre, observer les tendances. MADE BY permet de suivre les vêtements. Ils donnent de l'information où le vêtement a été fait et par qui. Ils ajoutent une information pour choisir ce que nous voulons acheter, de nous « connecter » un peu plus avec l'histoire de ce vêtement et donc de se l'approprier. Ce n'est plus seulement un vêtement, c'est une histoire qui l'habite.

De même, A Box Life permet de mettre un collant sur les boîtes de carton et permet donc de savoir ce que cette boîte a vécu comme parcours dans le monde. Une fois cette boîte identifiée, elle possède un « nom » qui encourage à la réutilisation. C'est ce que je proposais dans le projet le nom d'un arbre.

Il y a d'autres projets de ce type qui reprend des identifiants uniques déjà existants tels que les billets anglais ou les billets en euros. Les projets de traçabilité des billets sont assez nombreux.

Un objet identifié et donc traçable construit une histoire dans le temps et l'espace.

stickers
Shinjuku, Tokyo, Japon, 8 avril 2006

Identifier pour partager

Les sceptiques de l'identification des objets posent souvent une question très simple : « Oui, mais quel est l'intérêt ? » Et en effet, on doit se demander quel est l'intérêt d'identifier les objets. J'ai donné quelques pistes.

  • L'identification pour permettre la traçabilité
  • L'identification pour construire l'histoire
  • L'identification pour mieux gérer
  • L'identification pour pouvoir s'approprier l'objet

Mais tout cela ne prend vraiment son sens dans un contexte précis : le partage. La traçabilité devient beaucoup plus intéressante si nous partageons les objets, si nous les laissons vivre entre nous. Nous pouvons même aller un peu plus loin l'identification favorise le partage. Dans un vide grenier, je mentionnais ces livres inutilisés sur mes étagères. Si ceux-ci avait un code unique invitant les gens à écrire leur histoire, je serais surement plus à même de les laisser partir. Imaginez une page Web pour chacun de vos livres et de temps en temps avoir une notification donnant des informations : votre livre a été lu par une femme entre Oslo et Tokyo, elle a également laissé un commentaire sur sa lecture avant de donner le livre à un homme sénégalais en direction du Mali.

Bien sûr vos livres auront sûrement une vie bien moins aventureuse que cela, mais donner cette possibilité ouvre un champ large d'imagination, de découverte et de construction d'une intimité objective.

Statue lisant en marchant
Yoyogi, Tokyo, Japon, 2 avril 2006

July 09, 2010 02:04 AM under objet

Karl Dubost

Vide Grenier : Découvrir la ville, Firefox 4b1, Vie privée et publicité, OpenData

Plante
Montréal, Canada, 27 juin 2010

Le monde veut être vu : avant qu'il y eût des yeux pour voir, l'œil de l'eau, le grand œil des eaux tranquilles regardait les fleurs s'épanouir. Et c'est dans ce reflet — qui dira le contraire! — que le monde a pris la première conscience de sa beauté. De même, depuis que Claude Monet a regardé les nymphéas, les nymphéas de l'Ile-de-France sont plus beaux, plus grands. Ils flottent sur nos rivières avec plus de feuilles, plus tranquillement, sages comme des images de Lotus-enfants.

Bachelard, Gaston, Le droit de rêver

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Découvrir la ville

La BBC publie un article à propos des éléments d'architecture de Londres et invite à sortir des sentiers battus. Voici les 4 recommandations pour une meilleure découverte :

  • Make a point of taking the back streets and explore the alleys and passageways
  • Take care, but don't be timid - ask people about the buildings they work in
  • If you have a small camera, always carry it with you
  • Keep looking up, down and around

Firefox 4 b1

Pas encore la solution pour mes tabs trop nombreux. Pendant 30 minutes d'utilisations avec 97 tabs ouverts top -c a -o cpu :

  • firefox 3.6.6 - 47.1% CPU
  • firefox 4b1 - 42.4% CPU

Vie privée et Publicité

Selon une étude récente, les personnes sont plus dérangées par les publicités que par les enjeux de vie privée sur le Web. C'est assez ironique. En effet, l'étude accentue certains éléments et ne permet pas de déterminer exactement les enjeux.

Révéler des informations personnelles à un réseau social signifie révéler des informations personnelles à une entité commerciale. Vous connaissez beaucoup d'endroits (café, clubs, restaurants, etc.) où vous révélez l'ensemble de vos informations personnelles et où le propriétaire les enregistre dans un carnet ?

OpenData

La ville de Rennes ouvre ses données et créé une présentation claire et intelligente. La diapo 25 me tient à cœur car elle met l'emphase sur le fait de travailler avec les données plutôt que de travailler pour les données. Il est parfois difficile de convaincre les individus de travailler avec le Web plutôt que d'utiliser le Web.

July 09, 2010 12:40 AM under vide grenier

July 08, 2010

Gautier Poupeau

Une nouvelle aventure sous le signe du Web sémantique

Comme je l'ai annoncé sur Twitter, j'ai quitté Atos Origin fin juin. Après deux années marquées par la réalisation de beaux projets au sein de cette société et trois ans en SSII qui m'ont permis d'apprendre un métier et les processus qui lui sont attachés, le moment m'a paru opportun pour changer de perspectives et éviter la prochaine réorganisation... Il est donc temps de lever le voile vers ma nouvelle destination : je rejoins la société Antidot, éditeur du moteur de recherche AFS depuis 10 ans. Vous allez me dire « Un moteur ! Quelle drôle d'idée ? ».

Pas tant que cela, en fait, quand on connaît le positionnement de ce moteur et son évolution depuis quelques années, cette nouvelle collaboration est même une suite logique. Nos routes se sont croisées à plusieurs reprises, nous partageons une vision commune du traitement, de l'accès et de la recherche d'information dans laquelle se conjuguent respect des standards, Web et souci constant de la qualité des données. Mais, c'est évidemment autour de l'utilisation des technologies du Web sémantique que nos routes se sont rejointes, Antidot a fait ce pari depuis plusieurs années, à commencer par SKOS qu'ils ont été les premiers à implémenter en tant que format pour l'utilisation des référentiels au sein du moteur jusqu'à devenir aujourd'hui un des enjeux principaux de la société et se concrétiser par la réalisation de plusieurs projets.

C'est donc en tant que consultant spécialisé dans les technologies du Web sémantique que j'intègre la société. A cette occasion, nous ouvrirons une agence à Paris, la société étant jusqu'à maintenant installée à Lyon, Lambesc et la cellule R&D en région parisienne. C'est une décision importante dans l'optique du développement de la société. Mon rôle sera d'aider à poursuivre l'intégration des technologies du Web sémantique au sein d'AFS et d'accompagner les clients d'Antidot dans leurs utilisations et leurs déploiements, mais cela ne s'arrêtera pas là. En effet, Antidot souhaite participer au développement du Web de données et des technologies du Web sémantique en France et, à ce titre, j'étendrai mon activité d'évangélisation menée sur ce blog à mon environnement professionnel avec plus de temps et plus de perspectives. Dans le même ordre d'idée, il me sera possible de mener des missions de conseil et d'assistance qui ne font pas intervenir le produit. Joli programme en vue !

Cette nouvelle aventure n'aura pas été possible sans Christian Fauré (oui, je sais, c'est toujours lui que je remercie mais que voulez-vous, comme il le dit lui-même, certains managers laissent plus de traces que d'autres) qui m'a fait découvrir et rencontrer Antidot. Je ne sais pas si j'ai compris pourquoi il disait que je pouvais apporter quelque chose aux éditeurs de moteur de recherche, mais j'ai une occasion en or de trouver les réponses. Il me faut aussi remercier Fabrice Lacroix, PDG d'Antidot, pour la confiance dont il m'honore et le défi qu'il me propose et, bien-sûr, Manue pour sa patience au cours de ces derniers mois qui n'ont pas été simples.

Dernière chose : la ligne éditoriale de ce blog ne bougera pas d'un iota : veille et réflexion. Je n'ai jamais parlé d'une société plus qu'une autre, de même pour un produit et ça ne va pas commencer aujourd'hui. Antidot possède déjà un blog et j'aurai certainement l'occasion d'y mettre mon grain de sel, tout en continuant à faire vivre cet espace personnel.

<!--break-->

by got at July 08, 2010 04:44 AM under WebSemantique

July 07, 2010

Nicolas Cynober

DataLift: Un catalyseur pour le web de données

Malgré mon optimisme naturel, la polémique monte sur la capacité de l’APIE à développer l’accès aux données gouvernementales en tant que service public. Robin Berjon a récemment mis en garde contre un modèle cherchant à en monétiser l’accès. Cela rajouterait en effet une barrière considérable à l’innovation nécessaire dans l’exploitation de ces données. Dans ce contexte, il est intéressant de noter le développement de projets parallèles sur le territoire français. Je pense au déjà connu Regards Citoyens, à Data Publica, dont je parlerais bientôt plus en détail, et également au tout jeune projet DataLift, dont François Scharffe a accepté de nous parler:

NC: Salut François, est-ce que tu peux nous présenter DataLift en quelques mots ainsi que ton rôle dans le projet ?

FS: Datalift est un projet visant à créer une plateforme permettant à des éditeurs de données de publier leurs données sur le web de données. Le projet est découpé en tâches correspondant à des problèmes à résoudre le long de la chaîne de publication. Il faut tout d’abord sélectionner les ontologies qui permettront de décrire les données brutes. Ensuite il faut convertir les données dans le format du web sémantique, RDF. Puis il faut publier ces données selon les principes du web de données, ce qui suppose en parallèle d’interconnecter ces données avec d’autres jeux de données existant.

La plateforme d’outils qui sera construite au sein du projet a un caractère expérimental. C’est-à-dire que d’une part il y a dans Datalift une composante de recherche: nous allons développer de nouvelles techniques permettant d’automatiser le processus de publication. D’autre part nous allons expérimenter ces techniques pour effectivement publier des jeux de données. Le projet vient d’être retenu par l’ANR au sein de l’appel CONTINT et commencera en octobre. Je suis le coordinateur scientifique du projet.

NC: Que signifie “interconnecter les données”, à quoi cela sert-il ?

FS: Lorsque l’on publie un jeu de données, un principe du web de données est qu’il faut interconnecter ce jeu de données à d’autres jeux existant. Cela revient à identifier les ressources déjà publiées sur le web de données qui correspondent à des ressources dans le jeu de données à publier. Par exemple si l’IGN publie un jeu de données sur les localités en France, il sera utile d’indiquer les équivalences entre ces localités et les ressources leur correspondant dans DBPedia. Interconnecter les jeux de données est une étape cruciale. C’est une tâche ardue, mais sans laquelle il n’y aurait pas de web de données. Ce serait un peu comme avoir le web sans liens entre les pages.

NC: Peux tu nous parler un peu plus de vos fournisseurs de données, qu’attends tu de l’APIE ?

FS: Nous commençons le projet avec deux importants partenaires fournisseurs de données: l’IGN et l’INSEE. Ce seront donc les premiers à bénéficier des services de la plateforme. A coté de cela nous avons contacté un certain nombre d’institutions, associations et entreprises qui souhaitent rejoindre le projet et expérimenter la plateforme Datalift. Parmi eux je peux citer l’association Regards citoyens, le projet Data Publica, la DILA, la fédération des parcs régionaux de France. La plateforme est ouverte et j’invite les lecteurs à me contacter s’ils sont intéressés à nous rejoindre.

Nous sommes aussi en contact avec l’APIE qui souhaite développer un portail de données gouvernementales. L’APIE effectue un travail de sensibilisation auprès des ministères pour obtenir l’ouverture de leurs données. Les données que l’APIE pourra rassembler pourront être enrichies par la plateforme Datalift. La discussion reste aujourd’hui ouverte sur la manière dont l’APIE construira son portail.

NC: Comment va se passer l’interconnexion de données ayant des licences très hétérogènes ?

FS: C’est une très bonne question. Au sein de Datalift, l’équipe Edelweiss de l’INRIA va étendre les langages de représentation et les mécanismes d’interrogation des données afin de prendre en compte les licences et les informations de provenance attachées aux données. Des techniques vont donc être développées afin que rien n’empêche un fournisseur de données ayant un modèle de revenus basé sur une consultation payante de publier ses données, mais aussi d’attacher des information de qualité et de confiance aux données publiées afin que les consommateurs de données s’y retrouvent.

NC: DataLift est un projet de recherche, des points communs avec le projet du Tetherless World ?

FS: Oui plusieurs. Tout d’abord nous sommes issus de la même communauté de recherche autour du web sémantique et croisons régulièrement Jim Hendler lors de la conférence internationale ISWC. Cela dit, les américains ont la chance de pouvoir s’appuyer sur un catalogue de données gouvernementales déjà constitué. Nous devons directement contacter les institutions en attendant l’émergence d’un éventuel données.gouv.fr. Je pense que nous allons aussi plus loin en proposant une plateforme permettant à chaque fournisseur de données de publier ses données sur un serveur interne de façon décentralisée. Nous allons travailler afin que la plateforme devienne une référence mondiale en matière d’outils de publication de données.

NC: A ton avis, quand pourrons-nous voir les premiers mashup basés sur les données de DataLift ?

FS: Les premiers jeux de données publiés sont prévus à six mois et la première version de la plateforme est prévue à un an du début du projet. A coté du développement technique sur la plateforme, sous sommes content d’avoir à bord la FING avec laquelle nous allons constituer une communauté de développeurs autour des données de la plateforme. Plusieurs évènements sont prévus mais je préfère garder le suspense de ce coté-là. A coté de cela, la société Atos Origin va travailler à une interface de programmation web de données pour smartphones. Tout cela devrait permettre l’émergence d’applications innovantes autour de la plateforme. Nous encourageons les propositions de projets et communiquerons bientôt sur le sujet.

NC: Le projet a été financé pour 3 ans par l’Agence Nationale de la Recherche, peux-tu nous parler un peu de vos ressources et de ton équipe  ?

FS: Le projet est actuellement constitué de sept partenaires: les équipes EXMO et Edelweiss de l’INRIA, Eurecom, la société Mondeca, Atos Origin Integration, l’IGN, L’INSEE, et la FING. Un huitième partenaire, l’équipe Tatoo du LIRMM va nous rejoindre sous peu. La plateforme est ouverte et nous accueillerons de nouveaux partenaires notamment fournisseurs de données. Le projet est assez gros pour un projet ANR et son budget total dépasse les trois millions d’Euros. C’est beaucoup d’argent et nous remercions l’ANR de nous faire confiance et de porter un projet sur ce thème. Nous devons maintenant montrer que cet argent sera utilisé à bon escient. Les subventions accordées vont notamment nous permettre de recruter des étudiants, chercheurs et ingénieurs. Avis aux amateurs, des positions sont ouvertes chez les divers partenaires.

L’équipe EXMO est située à l’INRIA Grenoble Rhône-Alpes, elle est dirigée par Jérôme Euzenat. Nous travaillons sur le web sémantique et en particulier sur l’alignement d’ontologies. Quand à moi je vais m’en aller vers Montpellier à partir de la rentrée comme maître de conférence au LIRMM. Je resterai tout de même rattaché à EXMO, on ne quitte pas une si bonne équipe comme ça !

NC: Merci François, bonne continuation à toi et ton équipe !

Et bien, la publication de données “made in france” commence à ressembler à quelque chose…

by Nicolas at July 07, 2010 09:04 AM under WebSemantique

July 05, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier : Visibilité URL, Data et affaires, Opacité du pouvoir, URL et string, Nos livres

Plante
Montréal, Canada, 27 juin 2010

Any aesthetic quality is usually enhanced by the presence of a counterpoint.

Frederick, Matthew, 101 Things I learned in Architecture School

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Visibilité URL

On confond souvent visibilité et lisibilité des identifiants. Nous sommes entourés de très nombreux identifiants qui n'ont pas tous le même niveau d'accès. Dans les discussions autour de la visibilité des URLs, il y a bien souvent confusion dans le débat. Je fais la différence entre

  • visibilité : la présence d'un identifiant visible. Exemple au dos de la couverture du livre de la mission iwakura, il y a deux identifiants : ISBN 978-0-521-73516-2 et 9 780521 735162 sous le code barre.
  • lisibilité : sur la couverture du livre, l'identifiant lisible est Japan Rising, the Iwakura Embassy to the USA and Europe et sur la tranche Kume Kunitake, ainsi qu'au dos Cambridge University Press.

Au Japon, les barres d'URL ne sont pas forcément visibles notamment dans l'univers mobile. Le moteur de recherche par défaut est souvent Yahoo! alors qu'en Europe et aux États-Unis, c'est souvent Google. Les publicités du Japon affichent souvent une boîte de recherche avec un mot ou un code clé. L'URL n'est pas important et ce n'est pas un problème. Il y a encore quelques années dans leur carnet d'adresses papier, les personnes avaient les numéros de téléphones des personnes. Maintenant dans les téléphones cellulaires, le carnet d'adresse donne le nom de la personne. Le numéro de téléphone est un détail technique pour les machines. L'URL est un détail technique pour naviguer sur le Web. Bien sûr, sa lisibilité sémantique va perdurer encore très longtemps car notre infrastructure sociale a été construite dans bien des cas autour des cette lisibilité.

Data et affaires

De nombreuses entreprises dont le cœur d'activités est la vente de services (cinéma, voyages, etc.), comme la SNCF, dépensent d'énormes budget marketing pour réaliser des sites Web inutiles. Souvent dirigé par le département Marketing, ces sites Web mettent en valeurs les promotions autour de voyages particuliers, construisent des opérations à propos de packages. Typiquement toute la démarche de communications sur le Web consiste à mettre beaucoup d'efforts sur la propriété de la marque. Il faut donc déjà être présent sur le site pour les voir et souvent ne répondent pas forcément à mon besoin direct.

J'aimerai que les sociétés de services pensent à partager leurs données plutôt que la présentation de ces données, car au final l'important pour ces marques, c'est qu'une personne achète le service. Laissez le soin aux autres d'exploiter vos données au travers d'API bien conçues : Les horaires de train, les descriptions des gares, la liste des tarifs, etc. Les interfaces sur le Web devraient être minimales pour permettre aux voyageurs de finaliser l'achat.

Je suis même sur qu'un service comme la SNCF aurait une bien meilleure interface si elle se concentrait beaucoup plus sur le partage des données que sur la promotion et l'esthétique de son site Web.

Opacité du pouvoir

LittleSis is an involuntary facebook of powerful Americans, collaboratively edited by people like you.

Un outil collaboratif pour révéler les relations entre les gens de pouvoir aux États-Unis.

  1. Le service peut être très utile afin de révéler les interactions qui ont des conséquences importantes sur l'infrastructure sociale d'une communauté.
  2. Le service peut être très néfaste à la vie de ces personnes (phénomène paparrazzi).
  3. Le service est inutile car les relations de gens de pouvoir sont trans-continentales et trans-nationales.

Il est toujours difficile de trouver le bon équilibre entre la divulgation du parcours d'une personne et les conséquences de cette divulgation. Nos vies sont composées de frontières floues non concentriques (opacité) fortement dépendantes du contexte social.

URL et strings

Une URL n'est pas une chaîne de caractère au sens HTTP du terme. Voici trois chaînes de caractères qui sont différentes :

http://example.org
http://example.org/
http://example.org:80/

Mais lorsqu'elles sont traitées comme des URLs sont complètement équivalentes pour un serveur Web example.org opérant sur le port 80. C'est important pour le design de vos applications Web d'utiliser les bons algorithmes de comparaison des URI.

Nos livres

Une initiative très intéressante de récupération de vieilles boites à journaux pour en faire un espace de partage de livres.

Je me demande dans quelle mesure cela peut devenir courant à Montréal. Également dans le métro de Montréal, d'avoir des espaces de partage de livres.

July 05, 2010 11:23 AM under vide grenier

July 04, 2010

Christian Fauré

Les relations de soin

La question du soin est au centre des discussions contemporaines, que ce soit sous l’aspect du «care» anglo-saxon ou de la pharmacologie de Stiegler . Elle déborde de son périmètre originaire, parental et médical, pour envahir la plupart des champs disciplinaires : politique, économique, philosophique, scientifique et technologique. Frédéric Worms, dans «Le moment du soin», revient fort à propos sur la question en proposant une analyse très stimulante, et importante, pour pouvoir aborder dans de bonnes conditions la question des technologies relationnelles et des réseaux sociaux.

Pourtant, tout le monde n’apporte pas le même crédit à la question du «soin». Ainsi Jacques Rancière est peut-être un cas emblématique de ceux qui refusent de prendre cette question du soin au sérieux : «Les procédures de la critique sociale ont en effet pour fin de soigner les incapables […] Et les médecins ont besoin de ces malades à soigner. Pour soigner les incapables, ils ont besoin de les reproduire indéfiniment», écrit-il sur un ton acerbe (Le spectateur émancipé p.54) en même temps qu’il dénigre les «docteurs médecins» qui se plaisent à faire des diagnostics sur le grand corps malade de la société contemporaine.

Chez Rancière, seul le soin médical est abordé, pour être balayé immédiatement. Ce qui lui permet au passage de filer l’analogie  avec les médecins décriés par Molière. Mais du soin parental, jamais il n’en est question. Chez lui, tout le monde est majeur et vacciné ; les malades, les naïfs et les innocents, les estropiés, les enfants et les nouveaux-nés, tout cela n’existe pas.
Mais quittons le relativisme de Rancière et revenons aux enjeux contemporains qui se dessinent autour du «soin». Celui-ci, à vrai dire, ne s’enracine pas dans la « relation parentale », comme on le fait généralement (Worms utilise également ce vocabulaire), mais plutôt dans la relation générationnelle. Quand Bernard Stiegler donne à «Prendre soin» le sous-titre «De la jeunesse et des générations», je crois qu’on ne pouvait pas trouver plus heureux choix. La relation générationnelle s’exprime dans toute attention et toute technique de soin que l’on exerce envers le nouveau né, et par extension, à toute figure de la vulnérabilité. Si la relation n’était que parentale, personne se s’émouvrait de l’abandon d’un nouveau né sur la voie publique.
Il faut bien comprendre, comme le souligne Frédéric Worms dans «Le moment du soin», que cette relation là, la relation de soin, est bien particulière. Il ne s’agit pas d’un rapport entre deux entités qui pré-existeraient, mais d’une relation dans laquelle, et depuis laquelle, les entités deviennent. Une relation où les individus ne pré-existent pas à la relation puisque, bien au contraire, elle les trans-porte et les génère. On retrouve là les caractéristique de la transduction et de l’individuation psychique et collective de Simondon.
Plus généralement, il s’agit là d’une rhétorique du «réalisme relationnel». Thèse en vertu de laquelle c’est la relation parentale qui produit des «parents» et des «enfants», et non l’inverse. De même que c’est la relation médicale qui produit des «docteurs» et des «patients».

«Un bébé, cela n’existe pas ; ce qui existe c’est l’unité primitive du bébé et des soins maternels» (Winnicott, De la pédiatrie à la psychanalyse, Payot, 1969, p.240 ), cité par Worms (ibid. p. 28).

Worms distingue le soin relationnel ou «thérapique», du soin «thérapeutique» en écrivant que le premier est «global et intégratif» alors que le second est «partiel et dissociatif, il consiste d’abord à isoler «le mal»». Ce qui lui permet de poursuivre :

«Si le soin relationnel était fondé sur un lien expressif entre les corps et les individus, il le sera ici sur un lien cognitif ou technique, sur une compétence. Soigne ici celui qui non seulement veut, mais qui peut et qui sait. La mère elle-même ou la figure d’attachement jouera, on l’a dit, ce rôle : elle «apprendra» à nourrir, langer, traiter telle ou telle affection, de manière correcte et comme on dit «avec soin».  (ibid. P.30)

Les technologies relationnelles relèvent dès lors, non pas du soin relationnel et thérapique, mais du soin thérapeutique. Au bout du tunnel, une question se posera inévitablement : quels soins thérapeutiques les services de réseaux sociaux (qui n’épuisent pas le champ des technologies relationnelles) peuvent-ils apporter ?
Cette mise en scène autour ce qui est successivement appelé le «soin parental», la «soin thérapique» ou le «soin relationnel» est très intéressante, mais elle ne serait pourtant rien sans son corollaire : la violation des relations. Ces relations étant constituantes des termes qu’elles lient, la violation d’une relation de soin, qu’elle soit «soin parental» ou «soin médical», peut figer, stopper et court-circuiter les liens qui œuvraient à l’individuation des deux termes de la relation. Ainsi la trahison, comme violation de la relation amicale, «brise une relation humaine de l’intérieur de cette relation même et de manière irrémédiable», révélant du même coup, et rétrospectivement, la force relationnelle qui s’y exprimait :

«Toute violation et toute trahison viennent interrompre une innocente, le cours paisible, temporel et individuel, d’une relation vivante entre les hommes» (ibid. P. 71).

De fait, il y a une forme d’ontologie négative dans l’exposition que fait Worms : la violation révèle l’ampleur des liens comme soins relationnels. Et le sentiment de violation commence toujours par une exclamation qui interroge le sentiment de justice : «Ah ! Pourquoi m’as tu fait çà ?» L’éthique, la morale et la politique naissent à ce moment là, c’est le sentiment de violation qui génère en retour les questions morales et politiques :

«Ce n’est pas de l’extérieur de lui-même que le sentiment de violation conduit celui qui le ressent au problème moral, ne serait-ce qu’à travers la question «pourquoi ?», dès qu’elle surgit, et elle surgit aussitôt, donc à travers la question de la justification.» (Ibid. P. 74)

Approche qui permet à l’auteur de définir la tragédie, celle de Sophocle ou celle de Shakespeare, depuis «la violation des liens de la «tendresse humaine», amour , amitiés, liens fraternels ou familiaux.» (Ibid. P. 75)

*

L’ouvrage de Frédéric Worms, qui articule un certain nombre de textes publiés ces dix dernières années, est vraiment une lecture nécessaire. Elle peut judicieusement servir de propédeutique à la question des technologies relationnelles. Par la force des choses, et si tant est que l’on accepte de constater la vulnérabilité de nos existences, depuis la figure du nouveau né jusqu’à celle des systèmes financiers et en passant par les systèmes éducatifs et économiques, ce travail, qui place donc notre vulnérabilité au coeur de la question et qui s’articule autour du soin relationnel et de ses violations, nous permet de nous demander, finalement, «A quoi tenons-nous ?», et quels sont les liens dont nous avons besoin, qu’il nous faut à la fois défendre, protéger et mais aussi cultiver et développer ?

Il faudra donc être capable faire des liens entre d’une part ces considérations conceptuelles et d’autre part les toutes dernières innovations technologiques pour mener a bien le travail d’une pharmacologie des réseaux sociaux et, plus généralement, des technologies relationnelles.

Signaler sur Twitter

Related posts:

  1. Prendre soin des données
  2. Meilleurs voeux 2007
  3. Capter l’attention, ce n’est pas « mal »

by Christian at July 04, 2010 07:24 PM under Défaut

July 03, 2010

Karl Dubost

La mission Iwakura, les symboles du pouvoir aux États-Unis

Drapeaux
Washington, D.C., USA, 2 avril 2001

À travers mon carnet, je regarde les notes et je tente de rattraper mon retard sur la mission qui elle progresse vers l'est. Ils sont déjà en Angleterre et ici nous sommes toujours aux États-Unis.

Un ouvrage tel que celui de la mission Iwakura pourrait permettre de donner des vues différentes du parcours. Tous les moyens de transport utilisés et leurs photos et dessins respectifs, tous les hôtels par lesquels ils sont passés, toutes les industries qu'ils ont visitées.

Voir le chapitre précédent

Hôtel de Pittsburgh

Une fois arrivé à la station de train de Pittsburgh, les voyageurs sont allés manger à l'hôtel près de la station de train. Malheureusement je n'ai pas trouvé de photos de l'hôtel en question.

February 28, 1872. Fine.

[…]

The hotel by the station, where we had dinner, was magnificent; the dining-room on the top floor could seat several hundred people. All the floors of the building were of white stone and were so similar that even though we were at the very top of the building we felt as if we were at the ground level.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.52, Cambridge University Press, 2009.

1872 Pittsburg
Pittsburgh, 1872, W. Roberts

La conquête de l'ouest

Big Horn City
Big Horn City

Dans la même page le narrateur revient sur la conquête de l'ouest et la façon dont le prix des terrains était défini. Les zones isolées, loin de toutes voies de communications, étaient données gratuitement (bien sûr sans prendre en considération que certaines de ces terres étaient utilisées par d'autres sans notions essentielles de propriété respectée par les occidentaux).

In Sacramento, California, we had asked a representative of the state government about the procedures for the allocation and registration of land claims in the state. He told us that land located near a railroad or transportation centre is generally sold for $1.50 per acre. Land farther away from the railroad and less conveniently situated is $1.00 per acre. Remote land is given away for nothing to those who willing to settle and develop it.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.52, Cambridge University Press, 2009.

Mais le plus intéressant est cette partie…

All land is re-surveyed every ten years, and if there is no evidence of any improvement or production being undertaken, it is re-possessed by the Land Claim Bureau.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.53, Cambridge University Press, 2009.

Les terrains accordés, il y a plus de 10 ans sont inspectés et repassent dans le domaine gouvernemental s'ils n'ont pas été exploités. Imaginez un système du même type pour les brevets, les droits d'auteurs, etc. Si vous n'en faites rien, cela passe dans le domaine publique. Cela éviterait la thésaurisation des œuvres intellectuelles.

La loi a évolué bien sûr. D'une situation chaotique initiale, elle s'est stabilisée par ajustement en 1862. Les tous premiers lots étaient en vente à 1 dollar l'âcre mais pas moins de 640 âcres.

Freeman Application
Premier migrant sous la loi de distribution, Freeman

La construction d'un pays

Découvrant les infrastructures sociales, Kunitake s'intéresse à l'histoire qui a permis de construire le pays tout en s'approchant de son siège, Washington dans le district de Columbia. Il décrit la création d'un territoire dédié pour organiser le pouvoir et hors des États proprement dits.

The federal government is thus the locus of the Constitution and of the laws of the land. It governs the land and the people of all the states. There is no absolute need for the central government to possess land or people of its own. However, for the government to have to reside on a temprary basis in one of the states would be inappropriate. Having agreed upon a federal government, the states eventually added decided to allot land on which to locate their government. The district of Columbia was created after the government had been established, just as West Point was founded after the system of military academies had been set up.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.55, Cambridge University Press, 2009.

Pendant la bataille entre l'Angleterre et les États-Unis naissantes, le 25 août 1814 décide de se changer des incursions américaines à Toronto (autrefois Fort York) en 1813 et brûle l'ensemble de la ville, ainsi que tous les bâtiments officiels. La reconstruction commencée en 1815 sera terminée en 15 ans.

Washington Congress Small
George Munger, U.S. Capitol après le passage des Britanniques en 1814.

J'ai noté un petit détail amusant dans la description de Washington par Kunitake. Nous utilisons normalement tous nos référents culturels pour décrire notre environnement. Notre grille de lecture et de communications de nos impressions sont motivés par notre propre façon d'envisager le monde. De même ce que je note des réflexions de Kunitake révèle ma propre grille de lecture de cet ouvrage.

The capitol lies at the centre of the city streets, which are laid out around it like the lines on a go board.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.56, Cambridge University Press, 2009.

Washington Map Small
ville de Washington, Johnson et Ward, 1862

La Maison Blanche

La Maison Blanche était en accès libre semble-t-il. L'ironie est que la description de Kunitake semble totalement surréaliste à la lumière de l'attitude politique d'aujourd'hui. Un jeune pays (une jeune communauté) sans trop d'histoire et donc sans dangers évidents ne comprend que très rarement les processus et lois des institutions plus anciennes jusqu'à ce qu'elles deviennent elles-même anciennes. (Toute ressemblance avec des infrastructures du monde des normes Web est complètement fortuite)

March 4, 1872. Fine

[…]

The grounds of the White House are an extremely neat and beautiful area in the capital. The laws of the United States are very relaxed, especially so in Washington. Even foreign visitors are permitted easy access to the White House and allowed to go sightseeing freely, unhindered by guards. Americans smile rather scornfully about European palaces and other sites where soldiers guard the premises and forbid entry to the common people. They think this is a very antiquated, undemocratic custom.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.58, Cambridge University Press, 2009.

Liberté, oui mais pas trop…

Kunitake évoque les débats très animés du parlement et parfois avec des mots amers et il compare avec l'Europe. Encore une fois, la situation du Japon revient au galop. Une république semble difficile à avaler pour un représentant de l'empereur (descendant direct des dieux).

March 6, 1872. Fine

[…]

The citizens of European monarchies, hearing of such wars of words among the American people in peacetime, tend to smile, thankful that they not live in a republic. Of course, no man-made constitution will be perfect, and if power is given to the people, the power of the government will be reduced. The more one promotes liberty, the laxer the laws will become.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.60, Cambridge University Press, 2009.

Empereur du Japon, President des états Unis
Empereur (1867–1912) Mutsuhito (Meiji), Président (1869–1877) Ulysses S. Grant

July 03, 2010 10:52 PM under mission iwakura

Karl Dubost

Vide Grenier : Nord du nord, Granularité d'une technologie, Version numérique

Chantier immobilier
Tokyo, Japon, 12 août 2007

J'existe, c'est moi qui l'entretiens. Moi. Le corps, ça vit tout seul, une fois que ça a commencé. Mais la pensée, c'est moi qui la continue, qui la déroule. J'existe. Je pense que j'existe.

Sartre, Jean-Paul, La Nausée

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Nord du nord

Maciej est en vacances (?) en Norvège dans un endroit totalement isolé. L'image du début du billet est envoutante. Se réveiller le matin avec une vue est un élément de bien être pour la santé mentale.

Granularité d'une technologie

Daniel Glazman a donné un statut à propos de CSS 2.1. Dans les commentaires, il mentionne que le groupe de travail pense à publier des parties de CSS 3 plus rapidement en étant plus proche des éléments individuels de la spécification. Nous pourrions imaginer le même exercice pour HTML5, il existe déjà certaines parties de la spécification qui sont disponibles dans tous les navigateurs et qui fonctionnent exactement de la même façon. Quels sont les enjeux en termes de fragmentation ? Entre granularité (flexibilité) et fragmentation (enjeux), il est difficile de trouver le bon équilibre.

Version numérique

François Bon dans un message simple à propos de son édition papier du Littré.

oh, mon vieux Littré 8 tomes édition Pauvert - mais je peux quoi en faire ? pas ouvert depuis au moins 1998 qu'ai version num…

C'est une de mes frustrations. J'ai autour de moi quelques centaines de livres, certains documents de référence que je trouve très beaux mais que je n'utilise que très rarement. Je me sens plus l'avare de Molière reposant sur sa cassette que d'avoir quelque chose de vraiment utile autour de moi. Si tous ces textes et photographies étaient au format numérique, je pourrais

  • déménager facilement
  • mettre plus souvent en valeur leur contenu en les partageant
  • me cultiver plus spontanément (combien de toutes ces pages n'ont jamais été lues)

Je suis toujours un peu triste ou en colère lorsque les versions récentes d'ouvrage ne sont pas disponibles au format numérique et encore un peu plus lorsque les versions épuisées des livres ne sont pas mises à disposition au format numérique.

July 03, 2010 12:54 PM under vide grenier

Karl Dubost

La mission Iwakura, la technologie de l'est

Train
Montréal, Canada, 26 juin 2010

Cela fait bien longtemps que j'ai mentionné la mission Iwakura. Je suis occupé avec d'autres choses. Le travail, l'organisation de mon voyage à Londres pour l'atelier du W3C sur les APIs et vie privée où je parlerai d'opacité et surtout des pistes à explorer pour améliorer la situation techniquement et surtout surtout surtout, elle est revenue du Japon.

Voir le chapitre précédent

La force de travail d'une nouvelle communauté

Dans leur grande traversée en train d'ouest en est, la mission découvre de nombreuses choses.

February 25, 1872. Fine.

[…]

When we look at our own country of Japan, its 'great treasure' of population is about the same in number as America's, but our country is one hundred times older. Its size is less than three-hundredths that of America, but there are profits lying fallow in its fields and unexploited treasures in its mountains. Why is it then that the Japanese of both the upper and the lower classes remain poor and miserable?

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.46, Cambridge University Press, 2009.

Kunitake se pose la question pourquoi les ressources de son pays sont inexploitées alors que les tailles de la population sont équivalentes. Pourquoi les gens sont-ils pauvres au Japon, même dans les classes nobles ? Il en donne cette explication :

It is because uneducated people are hard to employ, untrained people are useless and enterprise without organisation is ineffective. Even though manpower is abundant in Japan, if we want to show how productive our population can be, it is not enough to sit back and indulge in wishful thinking.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.46, Cambridge University Press, 2009.

famille et chariot
1886, Loup Valley, Nebraska, archives photographiques de l'ouest américain

Il place le manque de réussite du Japon sur le manque d'éducation et de formation des japonais. Ceci est peut-être vrai mais je ne crois pas que ce soit le seul facteur de la réussite des États-Unis. De nombreuses personnes qui sont venues s'installer du continent européen avaient peu d'éducation également. Les différences sont plus nombreuses que cela :

  • Un territoire sans propriété initiale
  • Un vaste territoire en général plat (Le Japon est principalement une montagne)
  • Une situation de non retour. Tous les migrants avaient un billet de voyage aller-simple.
  • Des initiatives largement financées par l'Europe.
  • Un modèle de société à inventer et non contraints par l'histoire, avec même le désir d'échapper à l'histoire européenne.

C'est le principe de toutes les nouvelles communautés.

American Progress
Le progrès américain, John Gast, 1872

Le maïs

Indian Corn
lamelles d'Abraham Flatters (1848-1929)

Kunitake parle de l'origine du maïs dans la culture des indiens avant qu'elle se répande à travers le monde.

The rich, moist loam of the Mississippi and Missouri basin is very suitable for growing Indian corn, the common grain grown in the most fertile regions of these states. Corn is said to have first been the staple crop of the native Indians of this area, hence the name 'Indian corn', and the practice then spread around the world.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.47, Cambridge University Press, 2009.

Je me demande souvent, ce qui est le déclencheur de l'adoption d'une tradition, une habitude culinaire, un produit d'une autre culture. Pourquoi nous abandonons certains produits et embrassons d'autres pleinement.

Indian Corn Garden
Brief and True Report of the New Found Land of Virginia, 1585

Le progrès à l'est

Pendant la traversée du Mississippi, Kunitake note de plus en plus les avancées technologiques. Ils parlent de pont construit en métal, de navigation fluviale, ainsi que des champs de riz et de leur système d'irrigation qui diffère de celui au Japon. Très nombreux de ces commentaires sont axés sur la technologie. Ils arrivent à Chicago et sont enfin rassurés par le bouillonnement urbain après avoir vécus quelques semaines à travers les plaines plus sauvages de l'ouest américain.

Chicago

ruines
Le magasin Marshall Field construit en 1868 et détruit en 1871

À Chicago, Kunitake est emmené dans le quartier du grand incendie de Chicago. La catastrophe a détruit 20000 maisons avec des pertes de 500 millions de dollars.

February 27, 1872. Fine.

[…]

On the night of October 9th last year, a fire started which quickly roared into a huge conflagration. Over twenty thousand buildings in the most flourishing sections were reduced to ashes. The fire continued to burn for more than two whole days, and the loss of property was estimated at $500,000,000.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.49, Cambridge University Press, 2009.

La catastrophe a motivé la création un système de pompe sous pression pour lutter contre les futurs incendies. Nos catastrophes nous font créer des systèmes technologiques et des infrastructures sociales permettant de gérer la peur des catastrophes futures (qu'elles soient probables ou pas).

On the shore of the lake, a fire-extinguisher recently invented in the city was on display. We were given a demonstration of this device, called the Babcock Extinguisher. Chemicals are mixed with water in two copper drums which contain 150 gallons. Each container is attached to a rubber hose twenty or thirty feet long, with a heavy brass nozzle fitted at the end. The firemen grasp these hoses to direct the jets of water.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.50, Cambridge University Press, 2009.

pompiers
Le grand incendie, 1871

July 03, 2010 04:20 AM under mission iwakura

July 02, 2010

del.icio.us

July 01, 2010

Nicolas Cynober

APIE: mais où en est le data.gov français ?

Petit rappel. L’APIE est l’agence du patrimoine immatériel de l’Etat. Ils développent actuellement un portail d’accès aux données publics. Des données que nous, contribuables, finançons avec nos impôts et qui devraient être accessibles en temps que service public - en tout cas c’est ce que font les anglais et je partage l’approche.

Mais où en est le “donnee.gouv.fr” ? C’est la question que l’on peut se poser suite à la conférence organisée la semaine dernière par l’APIE. N’ayant pas été de la partie, je me suis fait un petit pearltree avec les meilleurs tweets de la matiné …

A en juger les réactions, tout ça ne se présente pas bien du tout. Est-ce que vous auriez un compte rendu positif sur cette conférence ? Car si l’on s’en tient aux réactions twitters ou ne voit émerger ni vision, ni pragmatisme. Cela serait vraiment dommage, car en France, comme à l’étranger, l’ouverture des données publics est pleine de promesses…

by Nicolas at July 01, 2010 09:51 PM under Uncategorized

June 30, 2010

del.icio.us

Christian Fauré

Quelle filière industrielle pour la numérisation du patrimoine ?

Le contexte de la consultation sur le Grand Emprunt

La cacophonie et la mécompéhension autour du grand emprunt, et plus précisément sur le volet numérisation, font qu’on est actuellement dans une situation de crise, au sens propre du terme : quelque chose va se décider.

Au départ, c’étaient 150 millions qui devaient être alloués aux institutions pour qu’elles puisse poursuivre et accélérer les projets de numérisation ; au final ce ne sont plus que des montants de prêts (donc remboursable avec intérêts) pour favoriser la mise en place d’une filière industrielle du numérique, basée sur des partenariats publics/privés.

On sait que l’actualité de la crise économique de ces derniers mois a certainement beaucoup favorisé la formulation très libérale de la consultation publique (le développement du « machin numérique ») lancée par le secrétariat de la prospective et du développement de l’économie numérique. De plus, dans le cadre d’une période d’austérité et de restrictions budgétaires importantes dans les dépenses de l’état, le grand emprunt devient un dossier beaucoup particulièrement épineux pour le gouvernement : difficile de dire « on fait les valises et on rentre » après avoir fait de la relance par l’innovation un axe important de la stratégie française.

Deux tentations s’opposent donc entre celle du ministère de la culture et celle du ministère des finances : le premier veut continuer à croire à la nécessité d’une politique culturelle tandis que le second tente de radicaliser les choix qui devront être faits sur la base exclusive du principe de rentabilité. Il n’y a donc plus de consensus au sein même du gouvernement sur l’avenir du grand emprunt, et les différentes institutions qui doivent participer à la solution (BnF, Bibliothèques Municipales, INA, IRCAM, Cinémathèque, Cité des Sciences, Archives, Musées, etc.) ne comprennent plus la règle du jeu, qui semble par ailleurs changer chaque jour en ce moment.

La vision qui est présentée ici est une tentative de réponse à la consultation publique sur le volet numérique. Elle a l’ambition de sortir par le haut des apories dans lesquelles la question de la numérisation du patrimoine dans le cadre du grand emprunt se retrouve aujourd’hui.

La publicité est-elle la solution ?

L’activité industrielle autour de la numérisation de contenus culturels et patrimoniaux est l’activité de numérisation qui est aujourd’hui la moins rentable si on la compare aux archives, cadastres et autres documents administratifs (littérature grise). D’autre part, on sait que Google a beaucoup investi sur cette activité avec sa plate-forme Google Books dont on commence à peine à entrevoir l’ampleur. Quel industriel voudrait, dans ces conditions, prendre le risque d’investir sur un secteur d’activité à faible potentiel rémunérateur tout en ayant la machine de guerre de Google en embuscade ? Soyons clairs : personne. Il faut donc poser le problème différemment.

Commençons pour cela par évacuer toutes les fausses bonnes idées que l’on peut entendre sur le modèle d’affaire qui pourrait rendre cette filière numérique rentable. Pour cela il faut d’abord savoir que la numérisation d’un ouvrage n’est, en moyenne,  rentabilisée qu’au bout de 20 ans, uniquement en ce basant sur le service de reproduction que propose la BnF. C’est une moyenne car, bien évidemment, certains ouvrages ne font l’objet d’aucune demande de reproduction. Quand se pose la question de savoir comment ce seuil peut être abaissé ne serait-ce que sur 10 années, la réponse que j’entends systématiquement est : la publicité.

La publicité est généralement le joker que l’on avance quand on est à court d’idées. Et c’est assurément le modèle d’affaire le plus simple à proposer : il me manque 100 million ? Qu’à cela ne tienne, la pub fera le reste. Comment et sur quelles bases ? La réponse est généralement plus évasive. Faut-il monter un mécanisme et une régie publicitaire en propre ? Faut-il s’appuyer sur les solutions clés en mains proposées par Google ? Cette dernière réponse serait pour le moins ironique puisque Google aurait une part importante du bénéfice publicitaire sans avoir investi dans la numérisation. Faire sans Google c’est à l’inverse prendre le risque de se retrouver dans le collimateur d’un industriel du web qui s’y connaît et qui a les moyens de ses ambitions.

On préférera donc essayer de composer avec Google plutôt que de le concurrencer sur son propre terrain en faisant « Cocorico ! ». Les arguments basés sur la valorisation via un modèle d’affaire fondé sur la publicité ne tiennent pas la route, encore moins quand l’on sait que la valeur publicitaire sur le web, comme l’avait écrit Tim O’Reilly dès 2007, tend à se diluer très fortement. C’est la raison pour laquelle Google doit indexer toujours plus de contenus, nativement numériques ou à numériser,  pour amortir la baisse tendancielle de la valeur unitaire et nominale de la publicité.

Que vaut le numérique ?

Retour à la case départ : comment valoriser la numérisation du patrimoine ? Songeons y un instant, si l’on se donne tant de mal pour imaginer un modèle d’affaire viable pour une filière industrielle de numérisation, c’est peut-être parce que le numérique, de manière tendancielle, ne vaut rien. Le numérique a un coût, surtout lorsqu’on doit numériser, mais, une fois l’investissement réalisé, financièrement et en tant que tel, il ne vaut plus rien. Soyons plus précis : un fichier numérique ne vaut rien. Et c’est bien la raison pour laquelle le monde de l’édition freine des quatre fers lorsqu’il s’agit de faire circuler un fichier numérique existant (même pour en donner une copie pour archive à une institution, la plupart refusent). Un fichier numérique en circulation, c’est de la nitroglycérine pour celui qui en attend une source de revenu.

Acceptons donc cette thèse, qui est aussi une hypothèse de travail, que le fichier numérique ne vaut rien. Et vérifions cette proposition :

  • pour les institutions, c’est généralement le service de reproduction qui est la principale source de revenu, c’est à dire le retour à l’impression papier.
  • pour les plate-formes de diffusion de contenus numériques, on sait bien que ce n’est pas le fichier numérique que l’on paye mais un écosystème technologique (format de fichiers propriétaires, logiciels verrouillés, périphériques spécifiques, fonctionnalités d’achat rapide brevetées, etc.)
  • pour d’autres initiatives plus confidentielles mais notables (par exemple PublieNet), c’est la qualité d’une présence sur le web et la sensibilité de la communauté des lecteurs / clients qui fait la différence : entre l’éditeur numérique et les lecteurs/acheteurs, il y a un crédit et une confiance.

La valeur d’un fichier numérique a donc besoin d’un service autre que la simple diffusion pour pouvoir avoir une valeur financière.

Le service de reproduction doit devenir le premier industriel d’impression à la demande

Loin d’enterrer les poussiéreux services de reproduction, il faut les muscler. Ces services, qui aujourd’hui nous semblent d’un autre âge, doivent se doter d’un service d’impression à la demande digne des autres acteurs leaders sur ce créneau. L’économie d’échelle qu’ils peuvent avoir, qui plus est sur la base d’oeuvres particulièrement attrayantes ne peut qu’être profitable. Cette re-fondation peut ramener dix ans, au lieu des vingt actuels, le délai d’amortissement d’une numérisation.

La chose n’est pas gagnée d’avance pour autant : il faut une plate-forme web en self-service qui demande du travail, il faudra être très rapide et avoir une logistique aussi affûtée que celle d’Amazon, a minima sur le territoire français. L’objectif est clairement de livrer au domicile d’un client l’impression d’un ouvrage relié de qualité en moins de 48h, et à peine plus s’il y a une demande d’impression personnalisée.

Sur cette voie, il va y avoir des frictions avec les plate-formes de distribution des éditeurs de la chaîne du livre. Mais pas dans l’immédiat puisque les modèles sont actuellement différents (pas d’impression à la demande, pas de self-service et pas de livraison au particulier), mais si la plate-forme d’impression à la demande est un succès, elle pourra proposer ses services différenciants aux éditeurs (traditionnels, mais aussi numériques) : par exemple proposer des « templates » de formats variés et personnalisables. N’oublions pas que près des trois quarts du coût d’un livre représentent les coûts d’impression, de distribution, de diffusion et de points de vente.

Le cas Gallica

La filière de numérisation peut donc trouver un premier modèle économique dans l’impression. Pour où l’on voit que la valorisation de la numérisation se fait d’abord sur … l’impression. Mais se pose toujours la question de la diffusion sous format numérique et en ligne. Premier constat : c’est la vocation de Gallica. On comprendra dès lors que la filière numérique qui est appelée de ses vœux par le gouvernement aura du mal à accepter de faire le travail de numérisation pour que le fruit de son investissement se retrouve diffusé en ligne gratuitement sur Gallica.

Gallica devra être repensée, et pour commencer il faut que la bibliothèque numérique quitte le giron exclusif de la BnF. Cela veut dire que Gallica aura le statut d’un établissement public-privé dans lequel l’ensemble de plate-forme technologique sera possédée et gérée par le consortium privé investissant dans la filière numérique.

Statutairement, la BnF doit garder le contrôle et la maîtrise de la politique culturelle que porte Gallica. Mais cette maîtrise ne sera plus exclusive, elle devra être partagée car si cette bibliothèque en ligne se nourrit des ouvrages numérisés, et il faudra bien un modus vivendi et des droits de quotas pour chacun : la BnF peut vouloir numériser en premier des ouvrages qui ne sont pas jugés commercialement opportun pour le partenaire privé. Un système de quotas, qui devra évoluer dans le temps, doit être mise en place. Par exemple, sur les cinq premières années, sur dix ouvrages numérisés, le partenaire privé pourra en choisir cinq, tout comme la BnF. Par la suite, les résultats de la filière numérique serviront de référent pour faire évoluer les quotas : si la filière est sur le chemin de la rentabilité le ratio peut s’infléchir en faveur de la BnF, ou l’inverse si la rentabilité tarde à se faire jour. L’essentiel est de ne pas figer la formule et d’y introduire une variable dépendant de la rentabilité, sans quoi tout l’édifice s’effondre.

Cette réorganisation du statut juridique de Gallica devra nécessairement initier une refonte de la politique de gestion des droits des oeuvres qui n’est pas opérationnelle en l’état actuel (une licence sur mesure que ne peuvent pas exploiter les robots, et que d’ailleurs personne ne comprend vraiment).

Bien évidemment, d’un point de vue technologique, la plate-forme de service d’impression évoquée précédemment sera nativement intégrée à Gallica, on peut même forcer le trait en disant que Gallica ne sera qu’un module de la plate-forme d’impression.

Les métadonnées : clés de voûte de la nouvelle filière industrielle

Aussi étonnant que cela puisse paraître, dans cette consultation publique sur « le développement de l’économie numérique », il n’y est jamais question de métadonnées. Le mot n’y apparaît même pas une seule fois le long des trente neuf pages du document. C’est proprement sidérant. Et ça l’est d’autant plus que la politique industrielle qui va être mise en place devra placer la question des métadonnées au cœur de tout le dispositif industriel.

Si l’impression à la demande était le volet diffusion papier et Gallica le volet diffusion numérique, ces deux activités passent à une niveau supérieur grâce à la politique sur les métadonnées. La richesse numérique de notre patrimoine est directement proportionnelle aux métadonnées qui le décrivent. Le trésor des institutions patrimoniales réside aussi et surtout dans leurs catalogues et leurs thesauri : tout comme on ne peut gérer un patrimoine physique sans métadonnées la question devient encore plus urgente quand l’oeuvre est numérisée : une politique numérique sans politique des métadonnées n’est qu’une chimère, un délire, une schwarmerei comme disait Kant.

Plutôt que de me répéter, je vous renvoie ici à ma note sur Les enjeux d’une bibliothèque sur le web où il était question des orages sémantiques mais aussi d’étendre la pratique de gestion d’un catalogue d’oeuvres à une pratique de gestion d’un catalogue des discussions et des polémiques relatives à ces oeuvres. Ainsi, fort de ce nouveau positionnement, et sur la base de sa nouvelle plate-forme technologique, la nouvelle filière industrielle du numérique pourra proposer des outils avancés à l’éducation nationale pour doter l’enseignement d’un outil d’annotation et de contribution qui dépasse la vision simpliste et fade des « like », et donne enfin le pouvoir aux enseignants d’enseigner.

Chaque plate-forme de diffusion des oeuvres numériques rencontre très vite sa limite dans les faiblesses de sa politique des métadonnées. Le cas d’iTunes est représentatif : c’est une panique monstre pour faire des découvertes dans le catalogue, c’est pourtant paradoxal quand on sait que, même sur iTunes, les métadonnées (titre, auteur, artistes, jaquette, etc.) sont la vraie valeur des fichiers numériques (Cf. Quand les métadonnées ont plus de valeur que les données).

Pour les oeuvres qui sont du ressort de la BnF, le travail de bascule de l’ensemble des catalogues au format du web sémantique avec leur diffusion sur le web a déjà été initié : cette démarche est la clé de voûte, à la fois technologique et économique, de tout le système. Pour les oeuvres audios et vidéos (des oeuvres de flux), les outils d’annotation contributives (avec des métadonnées BottomUp et TopDown) doivent être développés en complément des catalogues descriptifs existants.

Le catalogage des orages sémantique permet également d’obtenir tout un appareil critique issu des informations collectées via le dispositif des orages sémantiques Si celui-ci est géré par la BnF, on peut réussir à mener une politique industrielle des technologies numérique dont le coeur du dispositif s’appuie, et trouve son crédit, dans la politique culturelle. Une logique économique exclusivement consumériste n’est pas une fatalité, loin s’en faut, car ce qui est brièvement décrit ici est un chemin vers une économie de la contribution financièrement rentable.

*

On peut donc sortir de l’alternance destructrice entre :

  • d’un côté une logique libérable de la privatisation adossée à une vision exclusive sur les retours sur investissement à court terme, grâce au dieu de la publicité;
  • de l’autre une politique culturelle maintenue sous perfusion publique, mais à perte (la logique de la réserve d’indiens).

Que le grand emprunt accouche de quelque chose ou non, nous n’échapperons pas à cette lancinante question : quelle politique industrielle pour les technologies de l’esprit ? La seule réponse crédible passe par le positionnement de la politique culturelle au cœur de l’outil industriel, pas à côté. « Trade follows film » disait le sénateur américain McBride en 1912 : on va peut-être arriver à le comprendre cent ans plus tard en France, notamment pour donner au commerce et à l’économie un autre visage que le consumérisme américain.

Enfin, par pitié, arrêtons de parler systématiquement de e-Tourisme dès qu’il est question des territoires. Les territoires sont autre chose que des destinations touristiques, et les régions n’hivernent pas toute l’année pour se réveiller quand les parisiens et les étrangers prennent leur vacances. Ces modèles d’affaire sur le e-Tourisme sont dangereux et méprisants.

Signaler sur Twitter

Related posts:

  1. Je pressens un grand vide dans la force
  2. Grand emprunt : développement du « machin numérique »
  3. Le numérique dans l’économie et la cognition de l’attention

by Christian at June 30, 2010 08:47 AM under WebSemantique

June 29, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier : Web en agences, Déménagement éco, Origine du Web

Train
Montréal, Canada, 26 juin 2010

Les jours s'en vont je demeure

Apollinaire, Guillaume, Le Pont Mirabeau

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Web en agences

Travailler avec le Web est un des plus gros enjeux pour une entreprise. La plupart des personnes travaillant dans les agences Web ne comprennent pas le Web. Quels sont les enjeux que cela créé pour le Web et son architecture ?

La principale cible à évangéliser : les UX, designers, et concepteurs. Ils sont à la source de la logique d'interactions, c'est à dire HTTP + URI.

Déménagement éco

Vu sur Rachel ce week-end, deux personnes transportant des meubles à vélo : Déménagement Myette.

Origine du Web

En cherchant quelques références à propos de FIG, OBJECT, EMBED, etc. je suis tombé sur la spécification HTTP originale, la spécification des URLs (appelé W3 naming schemes) y compris relative naming, ainsi que la spécification html en partant de ce mail envoyé par Tim Berners-Lee.

June 29, 2010 03:52 AM under vide grenier

June 28, 2010

del.icio.us

June 27, 2010

del.icio.us

RDFa 1.1 Profile for GoodRelations, FOAF, VCard, DC, DCTERMS, XSD, RDF, RDFS, OWL, Yahoo Media, Yahoo Commerce, Yahoo Product, GEO, Review, and SIOC Prefixes

The latest W3C Working Draft on RDFa Core 1.1 allows importing prefix definitions from an external Web resource. This document contains such prefix definitions for popular vocabulary namespaces, which simplifies RDFa rich mark-up, in particular if multiple...

by yhugo at June 27, 2010 08:17 PM under WebSemantique

Karl Dubost

Ergonomie du quotidien

haricots blancs
Montréal, Canada, 27 juin 2010

We now see the visual world very plainly and begin to realize that other cultures, native and oriental, have been developed on quite different sensory plans, for not only is each sense an unique world, but it offers unique pleasures and pains.

McLuhan, Marshall, Fiore, Quentin, War and Piece in the global village, p.16, Gingko Press, 2001.

Constat du quotidien

Récemment, Olivier remarquait avec envie la finesse du regard de Jan Chipchase sur son environnement (je crois me souvenir que c'est ce billet qui a déclenché le commentaire). Tout d'abord, c'est le métier de Jan que d'observer son environnement. Il travaillait précédemment chez Nokia et maintenant il travaillera pour Frog Design à partir du 1er juillet 2010. Cependant, sans vouloir diminuer la finesse du regard de Jan, je répondais à Olivier qu'il fallait uniquement avoir un sens de l'observation de son quotidien et de le mettre en pratique réflexive. C'est à dire prendre une photographie, noter un commentaire simple, et se poser la question des enjeux et/ou des implications possibles. Tout ceci en gardant une forme brève. C'est pour cela que le carnet Web de Jan Chipchase fonctionne, il donne à voir la partie émergée de l'iceberg, tout en cachant le vrai travail de fond que cela demanderait pour explorer en profondeur.

Un bon café et son couvercle

Un simple couvercle pour un café à emporter peut générer de nombreuses observations.

couvercle plastique de café
Montréal, Canada, 25 juin 2010

  • Il y a un trou large et un petit trou placés en opposition, l'un pour boire, et l'autre pour laisser pénétrer l'air. Petit détail anodin que nous ne remarquons plus car il fait partie des évidences. Et cependant le petit trou se doit d'être petit pour ne pas se verser le café sur les mains. Alors que le grand trou est prévu dans le design initial, le petit trou est rajouté par la suite. À partir de quand dans un processus de fabrication introduit une fonction nouvelle ?
  • Les marques sur le dessus du couvercle permettent de donner une information sur le type de café à l'intérieur : Decaf, Crème ou Sans sucre. Ce système d'information n'est utile que dans un seul cas, celui d'une personne qui vient commander des cafés à emporter pour plus de deux personnes et qui doit donc se souvenir du contenu. Les chances de ne plus savoir quel est le contenu de chaque tasse commande une visualisation explicite du contenu. Le couvercle a été adapté et conçu afin de remplir une fonction utile que pour une partie de la population qui l'utilisera. À partir de quel moment introduit on un système pour un groupe d'utilisateurs même si celui-ci est inutile pour les autres ? Comment gère-t-on la pollution d'informations et visuelle générée par ce design ?
  • Le système de café à emporter comprend un gobelet en carton ainsi qu'un couvercle en plastique. Le café sera consommé en 10 minutes et le contenant jeté dans une poubelle. Certaines de nos actions quotidiennes sont hautement polluantes pour un temps utile très court. Le réflexe naturel serait d'avoir sa propre tasse. Mais cela entraîne d'avoir un objet de plus à porter avec soi. Comment modifions-nous le design de nos objets ainsi que nos habitudes pour éviter cette consommation rapide sans se transformer en soldat en campagne ?
  • Le couvercle en plastique possède le code LMD-8H. Cette information semble plutôt inutile. À partir de quel instant, nous plaçons une information, un identifiant sur un objet et à quel besoin nous répondons ?

Bien sûr l'important dans ce genre de commentaires est de rester le plus concis possible et de n'en choisir qu'un sur les dizaines possibles. Il s'agit d'une des techniques de Jan Chipchase. Une autre technique que j'apprécie beaucoup est celle des personnes de Lift Lab. Les billets ont le même format une photographie, un commentaire et surtout un « Pourquoi j'en parle » permettant de donner un contexte sur l'observation. Cette simple petite phrase est très importante et peut vous décider à partager ou non une information. « En effet, j'ai remarqué cela… mais pourquoi dois-je en parler, qu'est-ce qui m'a attiré. » Cela donne une clé supplémentaire pour le lecteur, permet une plus grande participation.

June 27, 2010 01:57 PM under UX

Karl Dubost

Vide Grenier : Le parc ouvrier, analyser une BD, たそがれ

Mer et rochers
Okinawa, Japon, 16 mars 2008

Qu'advienne l'écriture positive, et non plus interrogative.

Onfray, Michel, Théorie du corps amoureux, p.244, Grasset, 2000.

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Le parc ouvrier

Le retour à la nature est de plus en plus considéré comme une attraction touristique. Il y a également des stages pour apprendre à planter ses légumes comme dans une ferme. Dans Le Park de Bruce Bégout, il s’agit d’un parc d’attractions avec le monde ouvrier comme thème. (pas lu, découvert chez François).

A l’entrée, dans un immense vestiaire de style soviétique, les visiteurs pouvaient revêtir un bleu de travail et, avec l’aide d’animateurs qualifiés, s’amuser à fraiser une pièce, conduire une machine, fondre de l’acier, assembler un moteur. cela a amusé le plus grand nombre, et le succès a rapidement été au rendez-vous.

Scénario probable.

Analyser une BD

Urbain, trop urbain analyse Shanghai à travers le lotus bleu. Un découpage successif en taxonomies variées. Les mêmes images réutilisées avec comme point de concentration différent à chaque fois.

たそがれ

Megane

Megane

June 27, 2010 02:58 AM under vide grenier

June 26, 2010

del.icio.us

APML: End Users: Overview

APML allows users to share their own personal Attention Profile in much the same way that OPML allows the exchange of reading lists between News Readers.

by vox86 at June 26, 2010 10:25 AM under WebSemantique

del.icio.us

del.icio.us

del.icio.us

Karl Dubost

Vide Grenier : China Blue, Société et Identités, Geolocation API et Design Japonais

Rayon de soleil sur un immeuble
Montréal, Canada, 20 juin 2010

Tout portrait se situe au confluent d'un rêve et d'une réalité.

Perec, George, La vie mode d'emploi'

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

China Blue

  • 1.0 fl. oz. of Blue Curacao
  • 1.0 fl. oz. of Lychee Liqueur
  • 1.0 fl. oz. of Grapefruit Juice
  • Ice

09 China Blue

Société et identités

L’article peut laisser croire à la nécessité pour la société d’accepter ses erreurs de jeunesse. C’est le discours autour de Facebook. « Soyez prudent sur ce que vous placez en ligne, car cela viendra vous hanter dans le futur. » Ce raisonnement appelle à la culpabilité et au droit à l’erreur. Mais ce n’est pas ce qu’elle défend. Elle prend position pour la possibilité d’identité multiple, dans son cas, ancien stripper et maintenant enseignante. Mais là encore, il y a une opposition placée dans le temps. Elle appelle plutôt au fait qu’une personne peut être une enseignante de talent et une prostituée.

Geolocation API

Enfin une personne trouve une utilisation utile de l’API de geolocalisation. Je me souviens d’un projet que j’avais envie de réaliser quand je vivais à Paris de peindre les noms de rue sur les trottoirs au coin des rues afin de pouvoir mieux se repérer. À Paris, les noms de rues sont souvent difficiles à trouver.

Design japonais et compacité

Cookpad

Il y a un élément admirable du design japonais pour les magazines et les sites Web qui est un avantage certain pour les petits espaces : la compacité du langage. Comme on peut le voir sur le site de recettes cookpad où les photos carrées sont accompagnées d’un texte explicatif.

Ce type de design est impossible à réaliser en langue latine.

June 26, 2010 02:09 AM under vide grenier

June 23, 2010

Christian Fauré

Shots that changed my life (30)

The Goat – Buster Keaton – USA (1921)

Le surnom de « Buster », nous rappelle son biographe David Robinson,  lui fut donné par le grand magicien Houdini, qui a ses débuts travaillait avec la famille Keaton dans les spectacles. En voyant le petit Joseph dégringoler les escaliers un jour, et s’en relever miraculeusement indemne, Houdini s’était exclamé : « That’s some buster! » (« Çà, c’est de la chute ! »). Le surnom resta.

A ce surnom est venu s’en accoler un autre : « l’homme qui ne rit jamais ». C’est que, selon l’aveu même de Keaton :

« plus je devenais sérieux, plus je faisais rire les gens. Et donc quand je suis passé au cinéma, c’était devenu automatique, je ne m’en rendais même plus compte ».

Une autre caractéristique que l’on associe Keaton est son goût pour les machines, et plus précisément les locomotives, que l’on retrouve dans le titre de son chef d’oeuvre « Le mécano de la Général » (1927). Il était par ailleurs un  grand amateur de  la question et, encore aujourd’hui, sa reconstitution de la Général à partir de trois veille locomotives est saluée. Lui-même reconnaissait le plaisir qu’il avait de marier humour et locomotive :

« Si vous me donnez une locomotive et des choses comme çà pour jouer avec, en général,  je trouverai toujours une façon de les utiliser pour faire rire. »

The Goat est un court métrage qui n’est pas le meilleur de Keaton, ni non plus le plus connu. Seulement voilà, il y a un plan qui est proprement sidérant, on a beau le voir et le revoir : c’est toujours le même stupéfaction qui nous saisit. On a là un concentré de Keaton en quelques secondes :

  • c’est du cinéma. Avec un plan unique qui fait écho à l’entrée en gare de la Ciotat.
  • il y a une locomotive
  • Keaton apparaît de nulle part, et pourtant il était déjà là, depuis le début de la scène, avec son visage de marbre.

C’est un humour sidérant.

Signaler sur Twitter

Related posts:

  1. Shots that changed my life (15)
  2. Shots that changed my life (17)
  3. Shots that changed my life (6)

by Christian at June 23, 2010 07:53 PM under Défaut

June 22, 2010

Alexandre Passant

Ph.D. Position in Enterprise 2.0, Data integration and the Semantic Web @ DERI

Here is another Ph.D. position available in DERI. Deadline is next monday, and if you're in SemTech and have any questions, please email / tweet me to discuss it face to face.

As part of the "Social Semantic Enterprise" project, and in collaboration with Cisco Systems and the IRCSET (Irish Research Council for Science, Engineering and Technology), the Digital Enterprise Research Institute is currently seeking a Ph.D. candidate on the topic of Social Software, Enterprise data integration, information quality and privacy. This research project is part funded by Cisco Research Center in response to the collaboration RFP category.

The successful candidate will study how to integrate public data from the Social Web (Tweets, linkedIn profile, Facebook updates, etc.) in the Enterprise, while at the same time respecting privacy of employees and ensuring that only relevant and accurate data is shared in the enterprise. This integration will provide a better integration of Social Web platforms both inside and outside the workspace, leveraging both with common semantics for an integrated social knowledge management experience.

Candidates should have at least a M.Sc. degree in computer science, science or engineering with excellent results, have the pre-requisites for Ph.D. studies at NUI Galway, and must be fluent in english. The Ph.D. position covers academic fees, a generous monthly stipend and a research travel allowance for a three year period, as well as the use of DERI's facilities for experimentations and research.

The following criteria are expected from the student:

  • Interest with Semantic Web technologies (RDF(S)/OWL, SPARQL, etc.) and Linked Data
  • Interest and familiarity with social software (blogs, wikis, microblogging, etc.)
  • Interest in Enterprise information systems and data integration
  • Interest for standardisation processes
  • Good programming skills
  • Good english writing skills

The successful candidate will work with Dr. Alexandre Passant in DERI, NUI Galway, within the Social Software Unit. There will be extensive opportunities for collaboration with other researchers and research units and projects in DERI and in Europe, as well as in other world-wide institutes with whom DERI collaborates, including opportunities for a long-term visit during the Ph.D. timeframe. The Digital Enterprise Research Institute, Galway (DERI) is one of the largest semantic research organization in the world. DERI's mission is to enable networked knowledge, globally interlinking information from the Web and the physical world. DERI is based in Galway is one of the most beautiful Irish cities shaped by artistic communities, active student life, innovative industry and leading edge research. Galway is located at the beautiful west coast of Ireland within the Galway Bay, 'between' Europe and the U.S., making it an ideal hub for national, European and international research.

The application must be send by June 28th, 2010 to Dr. Alexandre Passant in either (X)HTML, pdf or plain text and must contain the following:

  • a CV
  • a one page statement explaining the candidate's interest in and compatibility with the objectives of the position
  • a list of (minimum two) referees
  • additionally, publications, software and other artifacts that the student may be consider relevant - ideally as links to resources available online
  • copies of M.Sc. results and transcripts

Applications that do not follow the previous format will not be considered. Requests for information should be addressed to the same person.

by Alex. at June 22, 2010 11:49 PM under WebSemantique

Karl Dubost

Vide Grenier

Bain bleu
Shibuya, Tokyo, 9 avril 2004

One of the peculiarities of an electric technology is that it speeds up this process of transformation. Instant and total rehearsal of all pasts and all processes enables us to perceive the function of such perpetual returns as one of purgation and purification, translating the entire world into a work of art.

McLuhan, Marshall, Fiore, Quentin, War and Piece in the global village, p.183, Gingko Press, 2001.

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

La mousse sur le bureau

Une idée magnifique de mousse sur l'espace du bureau, un peu de sous-bois pour accompagner cet univers de brutes. Bien sûr de la mousse à l'arbre, il n'y a qu'un pas que je franchis allégrement.

Clergue 8

Lucien Clergue

Territoire de la lutte

Je suis toujours étonné du territoire de lutte que représentent certains lieux de travail. Est-ce le territoire devenu trop petit et les espèces se battant pour les (trop) maigres ressources ? Est-ce le désir mécanique de pouvoir et d'argent qui remplace le manque d'investissement philosophique ? Je n'en sais à vrai dire rien. J'en suis toujours l'observateur médusé.

In doing so, it risks running afoul of what I will call the co-optation theory: faith in the revolutionary potential of “authentic” counterculture combined with the notion that business mimics and mass-produces fake counterculture in order to cash in on a particular demographic and to subvert the great threat that “real” counterculture represents.

The Conquest of Cool, Business Culture, Counterculture, and the Rise of Hip Consumerism by Thomas Frank

Un îlot de verdure

Et maintenant, si vous le permettez, un peu de rêve

Chine Maison

Utilisateurs ? Non pas vraiment

Bien souvent, les professions réduisent les personnes à un élément comptable qui rentrent dans leur processus. Évacuer les humains pour n'y gérer qu'une unité. Le milieu hospitalier parlera du patient de la 12, le marketeur mentionnera le consommateur à la fin de chaque phrase, et l'information abusera abondamment de l'utilisateur. Seulement voilà ces termes valises cachent bien souvent une réalité plus complexe.

However, when you invoke a hypothetical user for use in debate (often someone’s mother), you can pretty much project whatever you want onto that hypothetical user in an attempt to win an argument. Stereotype and instinct make interface design seem arbitrary and subjective, they lack precision.

Couleurs de visualisation

Je n'aime pas le foot mais j'aime les teintes de cette visualisation de données.

Theroadtosouthafrica

URL et fichiers

Tombé sur ce petit script en python assez révélateur qui propose le tri, je cite, d'une liste d'URL par nom de fichiers. Une URL n'est pas un fichier, même sa partie finale. Une URL est un identifiant dans un espace d'information que l'on peut associer à n'importe quoi.

Introduction à Cassandra

47 diapos pour expliquer Cassandra de ses origines à ses principes de fonctionnement. Cassandra est un de ses systèmes NoSQL de base de données tels que BigTable ou MongoDB.

June 22, 2010 03:30 AM under vide grenier

June 21, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier

Balais
Shibuya, Tokyo, 11 février 2006

L'utopie est la mise en forme de l'idée que l'être humain est entièrement social, qu'il n'a de réalité ni surnaturelle ni individuelle, même si l'ordre social est souvent conçu comme faisant partie d'un ordre naturel plus vaste. L'utopie est un plaidoyer pour une société créatrice d'elle-même, imposant liberté ou servitude à ses membres, écartant d'elle-même tout principe non social de légitimité de l'ordre social. Le monde utopique repose toujours sur l'égalité, jamais sur la liberté, pas davantage sur la justice.

Touraine, Alain, La société comme utopie, Fayard, Bibliothèque Nationale de France, 2000.

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Autour des données ouvertes

Une présentation intéressante autour des données ouvertes et surtout de leur utilisation ainsi qu'un article sur la valeur des données ouvertes.

QR codes = platform for action

Les données ouvertes permettent une transparence et ainsi renforcent la confiance. L'interprétation et l'utilisation permettent de construire les actions citoyennes nous constituant en groupe, en société. Dans un groupe social déterminé, il s'agit de déterminer quel niveau de transparence et d'opacité pour chaque type de données. C'est un choix difficile à faire. Dans le monde du travail, les données sont vécues comme une zone de pouvoir. Les donnés ouvertes permettent bien souvent d'économiser le temps de tout le monde. Partager l'information est essentielle pour une meilleure productivité sur toute la chaîne de travail.

On ne peut jamais suspecter des utilisations des données réalisées par les autres, les laisser ouverters permet ces utilisations créatives. Les donnés ouvertes permettent également à certains individus de démarrer des entreprises et de la richesse. Les instances publiques dans le passé ont mis à disposition les routes qui ont permis à des entreprises de créer de la valeur ; avec similarité, les infrastructures de données ouvertes permettent à d'autres entreprises de se créer.

Une licence ouverte sur les données et qui garde l'ouverture de ces données permet de conserver la possibilité pour tous d'exploiter ces données et de s'enrichir des modifications mises en œuvre par les autres. Exemple dans le cadre d'un mashup qui doit être publié avec la même licence que la licence originale.

FOAF et système de filtre positif

Il y a principalement deux types de filtrage :

  • interdire juste ce qui nous embête (blacklisting)
  • autoriser tout ce que l'on veut (whitelisting)

Les deux ont leur avantages et inconvénients. Dans un monde où il y a peu de choses à interdire et la masse des interactions est positive le blacklisting est très adapté. Dans un monde où la majorité de l'information est négative, une stratégie de whitelisting est plus appropriée. L'enjeu principal du whitelisting est qu'il empêche la sérendipité (le hasard de la rencontre). Il est nécessaire d'avoir un référent pour permettre l'ajout dans la liste autorisée.

Je pense très sérieusement pour le courrier à passer à un système de whitelisting.

L'enjeu des systèmes de whitelisting dans une communauté est de permettre aux gens d'être indépendant face au système pour enlever ou ajouter une adresse email. Ceci afin de pouvoir garantir la vie privée des gens quant à leur carnet d'adresses.

Dan Brickley dans le passé a fait du FOAF whitelisting.

Le temps et la culture

La société a changé et nous devons éduquer nos clients à réfléchir différemment aux enjeux qu'ils ont. Pouvoir réellement changer ses clients demande à la compagnie, elle-même, de changer ses pratiques de travail ou au moins de comprendre la culture de ses éléments. Cela rejoint un CreaLunch que j'avais donné à propos de travailler (vivre) avec le Web et non pas travailler pour le Web.

Être l'acteur de son propre changement.

Existence par le groupe

Tous ensemble, nous prenons corps et nous existons. Prochaine étape des humains reproduisant cette vidéo. Les premiers modèles sont un peu cher. 20,000 CAD mais programmable en python.

La création en liberté

Un service Web qui pourrait être utile afin de redécouvrir la culture et les artistes d'une époque donnée. Le travail d'un auteur est promu au domaine public 70 ans (approximativement) après la mort de cet auteur (quelques subtilités pour les années de guerre à prendre en compte). Nous sommes le 20 juin 2010, les auteurs morts avant le 20 juin 1940 ont leurs travaux atteignant enfin le domaine public.

Les créations libres pourrait être détaillées chaque jour. Il serait même possible de créer une maison d'édition qui récolte ces textes et les publie sur une plate-forme d'impressions à la demande et en format électronique. Le site Web aurait un blog pour raconter un peu la vie de ses auteurs avec des photographies, etc.

Pour déterminer les personnes décédées, wikipedia peut être utilisé. Le travail de Maxime Gorki est passé dans le domaine public il y a 4 ans. Il est mort le 18 juin 1936 et le travail de l'écrivain Dubose Heyward il y a 4 jours, mort le 16 juin 1940.

Urban decay

Tokyo Genso Nakano

Un site qui collectionne les images de villes abandonnées. Comme les images de Tokyo Gensou (東京幻想) qui a malheureusement vidé son site de ses images. L'érosion a frappé là aussi.

Réthorique de liberté pour l'armée

Freedom Has A New Sound

L'armée mélangeant la sémantique de surveillance et de liberté afin de mieux justifier sa présence. S'ils sont là, c'est pour notre bien.

June 21, 2010 10:44 AM under WebSemantique

Nicolas Cynober

10 mythes sur l’entrepreneuriat (pour les geeks et pas que…)

Parmi les différentes études que nous avons menées au début de pearltrees,  nous avions effectué une petite recherche sur les équipes fondatrices des startups à succès. La conclusion avait été: il n’y a pas un profil type d’entrepreneur, il n’y a pas un profil type d’équipe. Ingénieur seul dans son garage, étudiant fraichement sorti d’école de commerce, équipes de 2, 3, 5 co-fondateurs, tous les formats peuvent mener au succès, mais il est certain que l’expertise que vous pouvez apporter à votre projet dépendra beaucoup de votre background et de la nature de votre équipe.

Dans le cas ou vous êtes un ingé, il vous faudra faire tomber un certain nombre de mythes si vous souhaitez entreprendre dans le web. Rondam Ramblings (Venture Capitalist) a ainsi listé 10 clichés plus ou moins communs et tous particulièrement pertinents si vous souhaitez vous lancer (et vous devriez !). Même si sa liste s’adresse principalement aux geeks, on peut l’étendre à d’autres types de profil d’entrepreneur. Ci-dessous les 10 points de Rondam Ramblings et mes humbles commentaires:

Mythe #1: Une idée géniale va vous rendre riche

J’irai même plus loin que Ramblings: une idée ne vaut rien, seul l’exécution compte. Je sais, je suis un peu extrémiste sur ce point. Mais à moins que vous vouliez faire un très gros coup, l’idée n’est pas un élément critique pour faire une société à succès (nb : les “copy-cat” peuvent parfois faire mieux que la société ayant eu l’idée originale).

Mythe #2: Si vous réalisez votre produit, ils viendront

Et non le produit n’est pas tout. Le marketing et le commercial existent pour une bonne raison dans notre bas monde. Et même si on peut parfois se demander de l’utilité de ces gens sur notre planète (lol, pas taper, pas taper), il vous faudra compter sur eux pour vendre votre idée et votre produit.

Mythe #3: Quelqu’un va voler votre idée si vous ne la protégez pas

Protéger son idée, ne pas communiquer, ne pas échanger: grosse perte de temps et d’énergie. Sortez vite votre produit et itérez.

Mythe #4: Votre avis est important

Votre avis est à prendre avec des pincettes ! Ce qui est vraiment important, c’est ce que vos utilisateurs pensent. Maintenant il est vrai que si vous arrivez sur un marché avec une idée vraiment “disruptive”, il est possible que vous soyez parfois incompris (accrochez vous ;).

Mythe #5: Les modèles financiers sont du vent

Rondam Ramblings apporte une très bonne réponse dans son article: les modèles financiers (au tout début) ne sont pas la pour être précis au centime près, ils donnent des ordres de grandeur sur les investissements que vous devez réaliser pour construire votre produit et toucher votre cible.

Mythe #6: Ce que vous savez est plus important que qui vous connaissez

Un autre point lié à l’ouverture, ne vous limitez pas à votre savoir, allez chercher l’expertise autour de vous, soyez à l’écoute (toujours).

Mythe #7: Un doctorat (Ph.D.) est important

Pas vraiment de commentaire sur ce point, le système universitaire américain étant très différent. A mon avis il y a un rapprochement à faire avec les grandes écoles françaises: “Est-ce que le diplôme d’une grande école est important ?”. Je vous laisse donner votre avis en commentaire, mais j’ai envie de dire: si vous avez les moyens, embauchez des têtes.

Mythe #8: J’ai besoin de 5 millions d’€ pour démarrer

Lié au Mythe #5, tout dépend de vos besoins.

Mythe #9: L’idée est la partie la plus important du business plan

Redondant avec le Mythe #1, mais je ne suis pas contre répéter ce point deux fois.

Mythe #10: Ne pas avoir de compétition est une bonne chose

Quand vous positionnez votre produit et que vous n’avez de compétiteur (de manière prolongée) cela signifie qu’il n’y a pas de marché. D’où l’importance de soigner l’étude de votre environnement concurrentiel et de la tenir à jour.

Mon mythe #bonus: Je dois encaisser mon premier chèque dans les 6 mois.

C’est le mythe du business model qui permet de générer de l’argent dans les 6 mois et d’être rentable au bout d’un an. Ca n’a aucun sens: tout dépend de votre secteur d’activité. Un site e-commerce n’a pas le même cycle qu’une startup qui développe un médicament. D’un côté le cash arrive dès l’ouverture, de l’autre il faut 10 ans pour rentabiliser les investissements effectués.

Mythe #bonus de Rondam Rambling: Après l’introduction en bourse, je serai heureux.

Peut être le mythe le plus important de tous, alors posez vous la question: pourquoi voulez vous entreprendre ?

by Nicolas at June 21, 2010 09:36 AM under Uncategorized

June 20, 2010

del.icio.us

Personal Information Model (PIMO)

Ontologie mise au point dans le cadre de Nepomuk pour encoder les informations des PIM (Outlook, Evolution, Kmail...)

by Got at June 20, 2010 07:44 PM under WebSemantique

del.icio.us

Frequently Observed Problems | Pedantic Web Group

Cet article de Richard Cyganiak et Aidan Hogan liste les problèmes fréquemment observés dans les données mis à disposition en RDF sur le Web. Cinq points sont abordés : accessibilité d'un document (mime type, problème de négociation de contenu, problème dans le Header de réponse), problème de parsing et de syntaxe (URI ambiguë, différence entre rdf:ID, rdf:nodeID, rdf:about et rdf:resource), problème de nommage et de déréférencement, problème de types de données et problème de cohérence pour le raisonnement.

by Got at June 20, 2010 11:20 AM under WebSemantique

del.icio.us

Christian Fauré

Éducation et formation de l’attention

Enregistrement de la conférence Education et formation de l’attention, prononcée par Bernard Stiegler le 5 juin 2010 au Musée Ecole d’Epineuil le Fleuriel :

Signaler sur Twitter

Related posts:

  1. Nouveaux enregistrements de Bernard Stiegler
  2. Nouveaux enregistrements de Bernard Stiegler
  3. Agenda ARS INDUSTRIALIS Février / Mars 2007

by Christian at June 20, 2010 09:39 AM under Défaut

del.icio.us

Ontology for Media Resource 1.0

Ontologie mise au point au W3C pour décrire les ressources multimédias. L'explication comprend un alignement complet avec METS, MPEG7, DC, XML, EXIF...

by Got at June 20, 2010 06:51 AM under WebSemantique

Karl Dubost

Vide Grenier

boutiques la nuit
Hong-Kong, Chine, 12 octobre 2007

Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait

Bouvier, Nicolas, L'usage du monde, Payot, 2001.

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Aux mobiles ! citoyens…

En Chine, les mouvements sociaux dans une entreprise sont largement relayés par les technologies du moment. Mise à part, l’étonnement du journaliste qui est de même nature que les articles internet et pédophilie, il y a 15 ans, la compréhension du temps et la mise en réseau rapide permet des actions plus rapides. Les infrastructures traditionnelles étant réactives pour l’instant… pour l’instant.

Comment se nomme-t-on ?

I have never seen a computer system which handles names properly and doubt one exists, anywhere.

L’auteur donne une quarantaine d’exemples d’enjeux relatifs aux programmes informatifs gérant les noms de personne. C’est un système très complexe. Il est très facile de penser que certains cas ne s’appliquent pas. Comme par exemple un prénom qui ferait moins de 3 caractères : 陽子 yoko en japonais… 2 caractères.

Géolocalisation des articles de Wikipedia

Bjoern Openlayers Wikipedia

Bjoern Hoehrmann est encore sur une trajectoire interstellaire. Il a récemment fait un exercice de géolocalisation des articles de Wikipedia en fonction de leur contenu et de leurs systèmes de références. Il a également créé les outils et les représentations associées à cette visualisation.

June 20, 2010 04:16 AM under vide grenier

Karl Dubost

Grammaires et motifs urbains

signes
Hong-Kong, Chine, 12 octobre 2007

A mon avis, la réflexion sur l'écriture et sur ses origines a marché le long ces deux chemins divergents, en suivant un différent destin. D'un côté, de l'écriture on a perçu tout son 'poids', sa vraie raison d'être en tant que turning point significatif le long toute l'histoire de l'humanité. Elle représentait une sorte de barrière temporelle et spatiale entre préhistoire et histoire, entre 'peuples sans écriture' et peuples ayant franchi cette barrière-là: avec tout cela on a pu expliquer l'impression et le sentiment de crainte à l'égard de qui sait bien manier le 'pinceau d'écriture' et en gérer toute la puissance symbolique (comme en témoigne le 'jeune artiste' joycien, fort conscient du pouvoir de toute écriture).

Ceglia, Simonetta, La déconstruction du signe: la poésie japonaise classique du MAN'YO'SHÛ, Juillet 2000, Online Magazine of the Visual Narrative.

Tout élément structuré possède une grammaire et un ensemble de motifs qui l'accompagne. Les villes n'y échappent pas. L'exploration de cette structure, sa réorganisation donne l'occasion de projets permettant de mieux comprendre la ville ou au moins d'en donner une vue poétique et artistique différente.

Les pochoirs de vie

motifs urbains

Dans les pochoirs de vie, je reprenais l'idée de Michael Surtees et l'appliquais à mes propres environnements urbains. En prenant soin de garder une échelle constante, il est possible de dégager le motif de la ville, son rythme, sa régularité. Cela permet également de comprendre partiellement l'attraction et l'influence que la ville peut avoir sur le moral, sur la lecture de l'environnement. Il serait même possible lorsque vient le temps de déménager afin de choisir un quartier plutôt qu'un autre de dresser cette carte contrastée. Elle donne à voir la densité des rues et ainsi que la régularité. Préférez-vous voir la rue s'étendre de tout son long ou êtes vous attiré par les dédales de rues irrégulières ?

Les rues d'une ville

motifs urbains

Imaginez que l'unique élément signifiant d'une ville en soient les rues. C'est ce que propose Neil Freeman en prenant le tracé des rues des villes et en les recentrant horizontalement et verticalement. Selon la ville, nous obtenons un motif légèrement différemment. Une concentration au centre car toutes les rues y passent et les rues courtes y intensifient la densité. Il a réalisé cette visualisation uniquement pour Los Angeles, New York et Chicago, 3 villes nord-américaines et donc avec une suspicion de régularité. Malgré cela New-York montre un motif bien plus intéressant que les deux autres. J'aimerai voir cette visualisation pour des villes d'Asie et d'Europe.

Cette image de ville stellaire n'est pas la seule création de Neil Freeman. Son site est une ode à la visualisation des grammaires de ville. On peut y découvrir entre autres l'étendue des métros dans le monde, une déclinaison colorée des rues sans noms mais avec numéros (comme la 5eme avenue à New-York) .

Les anagrammes graphiques d'une ville

motifs urbains

Aujourd'hui, en lisant l'article de Matthieu Duperrex, j'ai découvert les anagrammes graphiques de villes par Armelle Caron. L'artiste découpe les éléments de la ville qui sont entre les rues et en constitue des blocs qu'elles ordonnent sur une ligne. La ville devient une longue phrase de motifs. Il y a quelque chose de très similaire à Michael Surtees mais en poussant l'idée de décomposition une étape plus loin. Ces anagrammes me rapproche de la décontextualisation que Google pratique avec les textes sur le Web. Google indexe les pages en prenant pour unité le mot. Une recherche retourne une liste de pages Web (un alignement) selon un ordre déterminé par l'algorithme de Google.

Je retrouve également dans ce travail l'idéologie de la ville japonaise. Très peu de rues ont des noms au Japon. L'unité lexicale de la ville est le bloc. Le numéro des maisons dans ce bloc étant alors organisé en fonction de l'année de construction initiale de la maison dans le bloc.

Pour ceux qui sont sur Paris, Armelle Caron expose à la galerie 64 bis (64 bis avenue de New York, 75016 Paris) jusqu'au 16 juillet.

Autres motifs

Je l'avais déjà mentionné dans le passé, Le projet cartoon particles de Markus Hofko décompose la structure des personnages de Disney en formes simples de couleurs et les réarrangent les unes à côté des autres. Ils existent de nombreuses possibilités pour déconstruire le signe de la ville et le réarranger avec une méthode. Car bien qu'Armelle Caron veuille échapper à un système, par l'ordre choisie selon la ligne, elle applique une méthode et donc réécrit la ville. Ces réécritures sont également proposées par Aaron Straup Cope dans ses représentations interprétant le lieu comme élément purement social. On oublie souvent que la géographie d'une ville bien que calcifiée dans une carte, dans un annuaire a une existence différente auprès des individus. Ce que WOEID de Yahoo! montre n'est plus ni moins la représentation géographique démocratique des lieux (la victoire du plus grand nombre). Cette géographie évolue alors plus facilement dans le temps car elle est créé dynamiquement en fonction de l'activité sociale et des noms que les personnes donnent aux choses. Il y a tout de même à mon avis un défaut dans le système. Le système WOEID est la première génération de cette écriture sociale du lieu. Mais il est justement un système écrit, une grammaire officialisée, qui sera maintenant utilisée par d'autres outils. Elle devient taxonomie de référence et en cela solidifie une pratique. C'est pour cela que je m'écarte de Clay Shirky. D'autres systèmes bien sûr seront créés plus tard.

Je pense que tout système d'expression qui s'inscrit dans le temps, par exemple, par l'intermédiaire de l'écrit, et qui dépasse l'échelle de temps humaine solidifie la dénomination et devient un outil de référence. Les dictionnaires et les encyclopédies ont solidifié la pensée du temps des Lumières, que l'on commence tout juste à remettre en cause par nos nouvelles pratiques.

June 20, 2010 03:31 AM under motif

June 19, 2010

Christian Fauré

Les techniques de soi : séance publique d’Ars Industrialis du 19 Juin 2010

Voici les vidéos de la séance sur les techniques de soi d’aujourd’hui.

Hélas, j’ai eu un petit souci avec mon caméscope de poche et je n’ai pu enregistrer l’intervention du comédien Robin Renucci, membre de l’association, qui fut vraiment remarquable. Mais heureusement une autre vidéo sera disponible très bientôt sur le site d’Ars Industrialis.

L’introduction et l’intervention d’Alain Giffard, grand éclaireur dans l’archéologie et la généalogie des techniques de soi :

L’intervention de Marc Valleur (avec quelques bons moments d’humour) :


Enfin, la synthèse et la conclusion de Julien Gautier :

Signaler sur Twitter

Related posts:

  1. Vidéos de la séance Ars Industrialis du 6 Mars 2010
  2. Vidéos du débat Ars Industrialis sur l’économie de la contribution et les projets locaux de développement
  3. Réunion Ars Industrialis du 17 Mai 2008

by Christian at June 19, 2010 08:53 PM under Défaut

Karl Dubost

Vide Grenier

Chateau de Nagoya
Kuala-Lumpur, Malaisie, 25 mai 2008

On entr'ouvre la fenêtre :
Je sens mon coeur palpiter.
Elle veut savoir peut-être
Si je suis à guetter.

de Musset, Alfred, Le rideau de ma voisine

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Vérification du XML bien formé du validateur

Vérifier le fait que le XML soit bien formé uniquement lorsque le document est servi en application/xhtml+xml

À propos des commentaires sur un carnet Web

Derek et Hicks ont décidé de ne pas avoir de commentaires pour se créer un contexte qui permet une publication plus sereine. Je les comprends et je trouve cela une sage décision. Les commentaires ne sont ni une nécessité, ni un droit des lecteurs. Chaque personne doit pouvoir gérer les conditions de son écriture. De la même façon que certains auteurs préférraient écrire dans la foule, dans un café, dans une maison dans la montagne, etc. J’ai toujours adopté la volonté de ne pas avoir de commentaires. L’une des raisons est pour favoriser à ce que les gens écrivent sur un espace à eux, sur le Web. Le reste étant le Web composé de liens et c’est cela la richesse.

Gestion des réunions

Si une personne organise une réunion sans ordre du jour, sans être clair dans ses attentes et sans avoir énoncé ses attentes, la frustration des personnes s’accompagnera des mauvaises décisions. Une réunion n’est pas faite pour informer les gens, mais pour gérer une discussion suite à des questions, des enjeux.

  1. Le modérateur (chair) envoie toutes les informations possibles un jour ou deux en amont de la réunion.
  2. Le modérateur donne du contexte sur les informations manquantes, sur la signification de certaines des informations.
  3. Le modérateur invite à poser des questions sur le contenu en question, à exprimer les enjeux et les inquiétudes.
  4. Le modérateur doit avoir un agenda précis souvent préparé à partir des questions récoltées.
  5. Le modérateur nomme un secrétaire (scribe) idéalement en amont de la réunion.
  6. Le secrétaire prend des notes de la réunion et surtout les actions concrètes et les résolutions.
  7. Le modérateur anime la discussion, prend les tours de parole, contrôle le temps passé sur chacune des questions.
  8. Le modérateur invite à prendre des actions concrètes en s’assurant d’enregistrer le nom de la personne, du bon libellé de l’action ainsi que de la date du livrable.
  9. À la fin de la réunion, le modérateur fait un rapide résumé et lève la réunion.
  10. Le secrétaire envoie les notes de la réunion dans les 24h à toutes les personnes de la réunion et idéalement archive le mail dans un endroit visible du groupe.

Lorsque l’on pratique ainsi, on élimine la plus grande partie des frustrations, mais cela les gens ont dû mal à le comprendre.

textutil, pour convertir des documents

J’ai découvert textutil qui permet de convertir des documents entre différents formats assez aisément. Pour convertir un document html en rtf, il suffit de taper

textutil -convert html monfichier.rtf

Les formats supportés sont : txt, html, rtf, rtfd, doc, docx, wordml, odt, ou webarchive. Très pratique pour traiter automatiquement et archiver des documents au format word en format html.

140,000 miles de routes africaines

Il a fallu un été et quatre personnes pour cartographier 140,000 miles de routes africaines sur Open Street Map. Et pendant ce temps, les allées de Montréal ne sont toujours pas cartographiées. Que faisons-nous pour résoudre cela ? Peut-être une coopération avec bixi pourrait aider. Les vélos sont équipés d’émetteur de géolocalisation semble-t-il (à confirmer un commentaire dit le contraire, ce serait peut-être en rfid). Les personnes doivent certainement empruntés les allées de Montréal avec leur bixi. En collectant les tracés et en les chargeant sur Open Street Map, nous pourrions créer un bon complément de la carte de Montréal.

L’autre solution est de développer une petite application de tracés spécifiquement pour télécharger les données sur Open Street Map.

June 19, 2010 03:45 AM under vide grenier

Karl Dubost

Semons des graines de fleurs et de légumes

mousse contre un mur
Kuala-Lumpur, Malaisie, 21 janvier 2005

« La crise » a le goût du fruit qui abdiquera ta revanche et le noir parfum de la graine d’où poussera la ronce qui te rongera.

Séné, Joachim, La crise, p.12, publie.net, 5 février 2010

Il y a une idée qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Elle revient avec le vent, avec chaque moment de déambulations poétiques dans la ville. J'ai envie d'acheter des sachets de graines de légumes et de fleurs et les semer à tout vent. Tout seul, j'ai des doutes que cela fonctionne. Mais si nous le faisions tous… une fois par semaine. Peut-être que sur le lot, les légumes commenceront à pousser dans les villes.

Un sachet de graine doit être autour de 5 euros, 5 CAD, 500 Yens.

June 19, 2010 03:31 AM under plante

June 18, 2010

Karl Dubost

La mission Iwakura, des Rocheuses à Chicago

How West Train
Film : How The West Was Won, 1962

On parle très souvent ces jours ci de réalité sans prendre en considération toutes les expériences sensorielles que nous vivons au quotidien, par les livres, les chansons, les photographies. Une carte papier est elle même une réalité augmentée. Ainsi la lecture modifiant notre expérience du monde nous offre une réalité augmentée. Je ne suis jamais allé à Chicago. Que cela ne tienne, la mission Iwakura nous y emmène mais avant les plaines, elle traverse les montagnes enneigées du Nevada.

Voir le chapitre précédent

How West Nevada
Film : How The West Was Won, 1962

Huttes indiennes

Ils sont dans le train par la fenêtre, Kinutake voit des constructions de terre avec un dome. Il demande ce qu'elles sont et on lui communique que sont les huttes d'hiver des indiens.

February 3rd, 1872. Fine.

This is an area inhabited by American Indians. From the train windows we sometimes caught sight of their winter dwellings, which are dugouts among the rough sagebrush, with roof thatched with bundles of grass in the shape of a small dome. Wondering what such house was like inside, we asked somebody who is familiar with Indian customs. He told us that it is spherical, with half the sphere above the ground and half below it. Having journeyed through a realm of civilisation and enlightment, we were now crossing a very ancient, uncivilised wilderness.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.35, Cambridge University Press, 2009.

Ce passage m'a intrigué je ne savais pas que les indiens avaient construits des huttes de terre au toit rond. J'ai donc commencé à chercher des informations. Avec difficulté, j'ai trouvé quelques pages et schémas. Je ne suis pas sûr quelle est la ou les tribus que Kunitake a pu observer depuis la fenêtre de son train. Mais elles existaient bien. On peut en trouver encore des traces.

Pithouse
Hutte de terre semi enfouie, Parc Canada.

La hutte était creusée à moitié dans le sol, et puis avec quelques branches pour la charpente, elles était recouvertes de terres et d'herbes. Un des bénéfices direct de ce mode de construction est que la hutte possède un équilibre thermale quelque soit la saison, chaud en hiver, frais en été.

Pithouse
Hutte de terre semi enfouie

Ces huttes me font sourire car elle me remémore le désir d'un enfant de creuser une cabane dans la forêt. La mission Iwakura prend le train tout juste deux ans après la complétion de la ligne. Il doit exister des westerns sur le thème de la conquète de l'Ouest et du train qui accompagne cette conquête. J'ai ainsi trouvé le film How The West Was Won. Un film en cinérama de 1962 dirigé par quatre réalisateurs : John Ford, Henry Hathaway, George Marshall, Richard Thorpe et avec une gallerie d'acteurs connus impressionnantes. J'y ai découvert les fameuses huttes d'indiens dans une séquence de quelques secondes.

How West Pithouse
Film : How The West Was Won, 1962

Un autre détail amusant est que la population de la période Jomon du Japon, vivant il y a quelques dizaines de milliers d'années avant utilisait également des huttes semi-enfouies.

De la lecture, je suis passé à l'imaginaire. de l'imaginaire au Web, aux images, et du Web au cinéma. Quel étrange voyage.

How West Desert
Film : How The West Was Won, 1962

June 18, 2010 11:00 PM under mission iwakura

Karl Dubost

Vide Grenier

Chateau de Nagoya
Montréal, Canada, 4 avril 2010

Sur notre banc ami, tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer,
Nous aurons une joie attendrie et très douce,
La phrase finissant toujours par un baiser.
Combien de fois jadis j'ai pu dire " Je t'aime " ?
Alors avec grand soin nous le recompterons.
Nous nous ressouviendrons de mille choses, même
De petits riens exquis dont nous radoterons.
Un rayon descendra, d'une caresse douce,
Parmi nos cheveux blancs, tout rose, se poser,
Quand sur notre vieux banc tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer.

Gérard, Rosemonde, L'éternelle chanson

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Cours Web Sémantique au MIT

Tim Berners-Lee and Group of Boston Web Gurus Leading New MIT Class to Get Linked Data to Market. Ils ont créé dans ce cadre openchart. Peut-être que le cours sera publié au final sur OpenCourseware.

It allows you to explore the large amount of quantitative information found in the Semantic Web. Rather than linking documents together through links, the semantic web works by linking together ideas. Not only can you view information already out on the internet, but you will be able to publish your own information using openCHART!

Immigration Canada et résidence permanente

J’ai dû mal à expliquer à mes proches et amis la règle du Canada qui interdit d’être absent du pays plus de 3 ans sur une période de 5 ans glissante. En fait, pour bien le comprendre, il ne faut pas raisonner en années mais en jours. Un résident permanent n’a pas le droit d’être absent plus de 1095 jours sur les 1825 jours derniers. Il faut que je crée un dessin pour expliquer.

Carnet de voyage à Calcutta

J’ai toujours eu un faible pour les carnets de voyage et encore plus ceux illustrés avec des aquarelles, des photos ou des dessins au crayons. François Clouard propose son carnet de voyage à Calcutta, les Sundarbans et les iles Andamans.

Partir en Inde… jamais fait. Toujours à l’état d’envie. Il faudra bien qu’un jour je passe à l’acte. Aurais-je envie d’y rester ? C’est toujours le problème (?) avec moi, l’envie de s’imprégner, de se fondre jusqu’à ce que l’ennui surgisse pour mieux comprendre le pays.

Golfe du Mexique… un trou béant.

Le désastre écologique du golfe du Mexique apporte son lot de scénario catastrophe. En dehors du cauchemard qui se déroule en ce moment même, certains spéculent. La fuite ne pourraît pas être colmatée, ce qui signifierait environ 2 millions de barils de pétrole dans le Golfe. La seconde hypothèse est que le fond de l’océan s’effondrerait dans le même mouvement. Bien sûr dans ces moments, les scénarios les plus fous se font jour. Ils participent d’une certaine mythologie colllective comme le passage d’une comète et l’annonce de la fin du monde.

Cependant, si ce n’est au moins, que pour retenir le scénario comme exercice de film hollywoodien, je trouve cela intéressant. Imaginons que le fond de l’océan s’écroule entraîne un mouvement massif de l’océan avec des répercussions dans toute la région et au-delà. Plus beau que le film le monde coûle sauf le Japon (un très mauvais film), la Floride disparaît emportant dans son flot le parc d’attractions Disney World.

Cela me rappelle également les deux trous de 2007 et 2010 à Guatemala city. Ils semblent que les dolines du Guatemala n’en soient pas. La cause serait le système vétuste d’égouts de la ville. Les canalisations fuient et érodent très fortement les sols sablonneux. En 2007, les géologues avaient déjà averti le gouvernement que cela se reproduirait sans limite. Faudra-t-il évacuer 3 millions de personnes ? Autre scénario catastrophe.

Audience des spécifications du W3C

Les spécifications du W3C ont des audiences différentes. Ces audiences sont de plus en plus éloignées car le fossé technologique s’agrandit de plus en plus pour différentes raisons.

  • Le niveau technologique d’un navigateur est bien plus évolué que dans le passé
  • Les types d’applications développées sont très différents de l’ère du document
  • Les spécifications doivent donner des instructions de plus en plus précises pour permettre un minimum d’interopérabilité.

Un seul document ne répond plus au besoin des différentes audiences suceptibles d’implémenter et d’utiliser la technologie. Il y a peut-être besoin d’une Developer Edition et d’une Public Edition pour les spécifications du W3C.

  • Developer Edition: Version mise à jour en permanence avec des versions « Milestones »
  • Public Edition: Version stable du document et plus simplifiée.

June 18, 2010 04:35 AM under WebSemantique

June 17, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier

Chateau de Nagoya
Nagoya, Japon, 25 avril 2010

Le mouvement de l'eau, des cités, des poèmes,
Comble paisiblement un silence infécond.
Le redoutable hiver se retrouve en lui-même :
La mémoire est encor un grenier plus profond.

Périer, Odilon-Jean, Le voyageur prévoyant

Je tente une nouvelle chose. Je prends des notes de mes lectures et je verrais si je les publie le soir. C'est comme cela que ce document à commencer, un fichier texte avec la syntaxe markdown. Et puis j'ai continué. Ce sont souvent des notes rapides. Un vidage du grenier qui me sert de tête pendant la journée. À la fin de la journée, je publie ce qui m'est passé par la tête et que j'ai pris le temps de noter.

Uniformité des villes

City planners urged to stop building look-alike cities with "identical faces" "Many Chinese cities used to be different, but they are monotonous in looks nowadays. More efforts should be made to protect their unique characteristics," said Sha Zukang, head of the United Nations Department of Economic and Social Affairs. […] They built reproductions of architect in Ming or Qing dynasties to attract tourists, but those were just "fake relics", he said.

"I often heard sayings that old buildings were destroyed during the Cultural Revolution (1966-1976), but it was not true according to my own experiences," he said.

"The Cultural Revolution mainly destroyed relics in the form of objects. Dismantling buildings is something happening today," he said.

Préserver n'est pas une action positive. Une culture existe souvent dans un développement actif et dans son isolation locale par rapport à l'environnement. La solidification de pratiques qui sont différentes de celles qui existent ailleurs. L'ambiguité réside là. Dans ce conflit entre l'ouverture et le choix de l'isolation.

Daily Paper

Un service Web s'arrime à votre compte tweet et créé un tabloid de vos tweets et des gens que vous suivez arrangés par thèmes. Cela donne une vue augmenté des liens et de ce qui est échangé en allant chercher le début d'un texte, une photographie. Cela ressemble en partie à ma lecture de la mission iwakura.

Actions, not intentions

Je participe depuis la semaine dernière à la nouvelle Task Force du W3C afin de rendre le travail du W3C plus flexible et afin de diminuer les barrières à la participation. Les barrières sont souvent très connues. Les frustrations sont exprimées depuis longtemps. L'enjeu le plus important est bien souvent que les personnes qui reprochent quelque chose ne proposent que très rarement des pistes de solutions et encore moins des actions concrètes. Ce dont a besoin le W3C sont des personnes créatives pour aider à résoudre les enjeux, le pointage du doigt ne permet malheureusement pas de faire avancer les choses. Vlad Alexander participe de cette dynamique cela va mal et peu voici quelques suggestions pour améliorer.

Laideur comme barrière de participation

Un des enjeux que le W3C a avec certaines communautés comme les designers Web est la laideur de certains outils ou des documents accessibles. Il devient alors difficile pour certaines personnes de faire une contribution positive si la première réponse émotionnelle est déjà un rejet. L'effort est plus grand. Résoudre cet enjeu demande un travail sur le design et l'ergonomie et donc des personnes spécialisées dans le domaine. Il est rare d'obtenir un travail pro bono de la part des designers. Il serait intéressant d'identifier pourquoi ? La tâche est peut-être trop longue, trop complexe pour pouvoir y participer.

Une nouvelle Task Force

mission of making W3C the place for new Web standards.

Une nouvelle Task Force (je ne sais pas comment le traduire en français) a été créée la semaine dernière pour tenter de réformer le W3C et de le permettre de prendre le nouveau virage de la participation. J'ai été invité sur cette Task Force afin d'aider à avancer avec d'autres des idées. Cette Task Force fait partie d'une initiative globale. La présentation initiale de Ian Jacobs (twitter)

Nous avons eu déjà deux téléconférences dont le compte rendu est en ligne : 7 juin 2010, 16 juin 2010. Nous travaillons sur une liste de discussions archivées publiquement.

Web ouvert et iPad

Chez Laurent un petit débat sur le Web ouvert et l'iPad. Laurent fait une analyse assez juste tout en argumentant la position de Tristan sur le Web ouvert. Est-ce que l'iPad est un problème pour le Web. Pour ma part, je ne pense pas, car l'infrastructure est toujours là et distribuée. Est-ce que cela pourrait le devenir ? Peut-être, mais je pense qu'il y a beaucoup plus à craindre d'autres phénomènes sur le Web.

Phénomène plus amusant, je me rendais au travail ce midi, lorsque j'aperçois une grande affiche iPad. Deux secondes plus tard, je réalise que cela n'a rien à voir avec l'iPad, c'est juste une affiche avec une bordure noire et du contenu à l'intérieur. Mon cerveau est déjà manipulé.

element input en dehors d'un élément form

J'attrape au vol une discussion sur le canal IRC du whatwg

<GPHemsley> Am I right in interpreting that <input> and other form elements do not actually require a <form> parent?

Et je me demandais s'il y avait une quelconque utilité à un élément input sans parent et en effet, lorsque l'élément input est utilisé comme interface d'applications résidentes sur le client seulement (javascript).

On clôt le vidage de grenier. Ah oui de quoi à l'air ce document de prise de notes ?

June 17, 2010 01:52 AM under vide grenier

June 16, 2010

del.icio.us

Le web des données « Bibliothèques [reloaded]

explication très claire du web de données = web sémantique, l'organisation des triplets ressource/lien/ressource

by prieurdom at June 16, 2010 09:38 PM under WebSemantique

del.icio.us

Karl Dubost

Vers le Pacifique

Tori
Manazuru, Kanagawa, Japon, 11 février 2008

Puis, en juillet, la mer était montée comme d'habitude à l'assaut de la plaine. Les barrages n'étaient pas assez puissants. Ils avaient été rongés par les crabes nains des rizières. En une nuit, ils s'effondrèrent.

Duras, Marguerite, Un barrage contre le Pacifique

L'océan tout entier. Un mur.

June 16, 2010 04:05 AM under carnet

June 15, 2010

Karl Dubost

La technologie n'est pas du cinéma

Affiche dans le métro
Séoul, Corée du Sud, 5 mai 2007

Il y a quelques jours, j'ai participé au projet Columbus organisé par l'INIS. Une journée consacrée au « transmedia » avec quelques conférenciers et un panel de 3 heures dont je faisais partie. Un panel de trois heures est une véritable aventure. Dans la salle, il y a des personnes du milieu du cinéma et de la télévision, des réalisateurs, des producteurs, des scénaristes, des commerciaux, etc. Des personnes là pour comprendre ce que veut dire le Web et autres nouvelles technologies dans leurs pratiques professionnelles. Je ne pense pas que nous ayons réussi à passer entièrement le message… s'il y avait un message à passer.

La conférence et le réseau

La conférence n'est plus vraiment le lieu de la participation. Elle impose un placement physique qui met en opposition, plutôt qu'en position d'échanges. L'exercice devient d'autant plus futile lorsque notre discussion est principalement orientée sur ce que change le réseau dans la participation. Nous voilà 5 personnes sur un panel faisant face à la foule de 100 personnes. À nous la parole, à eux l'écoute. Finalement, le barrage a en partie craqué. La foule s'est rebellée et a décidé de prendre la parole contre les règles posées par l'animateur. Ce fût pour moi, le moment le plus riche. Le basculement dans la participation. Ce n'est malheureusement pas allé assez loin.

Ces personnes avaient payé pour être là, pas moi. J'étais là pour parler. Je l'ai fait. Mais par leurs commentaires, j'ai beaucoup appris. J'aurais dû payer aussi ? La participation repose sur un échange réciproque. Quand on se place sur la scène, on ne se met pas en danger. Tout au contraire, on se protège dans un rôle, celui de l'orateur.

J'ai eu des commentaires positifs et on m'a rapporté que nous avions été arrogants. Ce que je veux bien croire. Qui étions nous pour venir discuter, bouleverser le modèle économique et culturel dans lequel ces professionnels travaillent depuis des années.

Le choc culturel

Ce midi, je parlais de cette journée avec deux collègues et de la difficulté qu'il y a de parler aux personnes d'un domaine en bouleversement. Le monde de la musique, de l'édition ainsi que du cinéma sont en mutation profonde. Cela prendra quelques années, peut-être plusieurs dizaines d'années, mais radicalement le réseau accompagné de la technologie numérique a créé une infrastructure qui favorise certains éléments et en fait disparaître d'autres. Peu importe la façon dont nous portons le message par des faits, des chiffres, des observations, les personnes réagissent fortement. Nous touchons là au cœur de ce qui les fait vivre. Une personne peut prendre conscience, mais changer une infrastructure est un enjeu différent. Le message inacceptable et jamais vraiment dit est simple : « Votre industrie, votre métier va mourir. » Qui veut entendre cela ? Personne.

Alors les personnes se protègent :

  • « Ils se trompent, l'histoire le montrera. » Ce à quoi je ne peux répondre que oui, car ce que je peux imaginer sera sûrement différent de la réalité. Cependant cela a mon avis ne change rien.
  • « Quel est le modèle d'affaires de ce nouveau milieu ? » Mauvaise question. Il faut vivre dans ce milieu pour pouvoir répondre à des besoins propres à ce milieu et faire des « affaires. » Certains expérimentent et trouveront peut-être de nouvelles façons.
  • « Après moi le déluge. » Pour ceux qui ne veulent pas changer de vie, c'est presque l'attitude la plus saine. Tenir jusqu'à la retraite.

Du cinéma muet au cinéma parlant

« That's Entertainment! » est un film documentaire sur les grands music-halls hollywoodiens. Enfant, ce documentaire m'a fait rire, rêvé, transporté de joie. Je l'ai regardé de nouveau, il y a quelques semaines. Le début du documentaire est consacré au passage du cinéma muet vers le cinéma parlant.

Imaginez cela. Un jour, la technologie évolue et révèle la voix des comédiens. C'est un bouleversement. Des comédiens qui avaient des talents immenses de jeu de scène ont vu leurs carrières disparaître car… leur voix était insupportable. Ces comédiens là n'ont pas pu changer leur voix. De nouvelles qualités étaient requises. Les studios de cinéma sont allés recruter des comédiens de théâtre et de Broadway. Un univers s'est effondré pour certains et un autre a émergé.

Il n'y a pas de nouveaux modèles d'affaires si vous n'êtes pas prêts à abandonner ce qui est partie des traits de votre modèle actuel. C'est dur. C'est ingrat. Malheureusement, je n'ai pas l'impression qu'il y ait d'autres alternatives. Pensez aux diligences face au train, au pony express face au télégraphe, aux paquebots face aux avions, au livreur de lait face aux emballages carton, … et des milliers d'autres exemples.

Lors d'une discussion avec une personne du monde du cinéma, il y a deux semaines, j'ai mentionné que j'étais un amoureux du cinéma. Elle m'a demandé –Vous allez en salle ou vous téléchargez ? Je lui ai répondu –les deux.

Affiche
Séoul, Corée du Sud, 4 mai 2007

June 15, 2010 10:49 PM under cinéma

Karl Dubost

La technologie n'est pas du cinéma

Affiche dans le métro
Séoul, Corée du Sud, 5 mai 2007

Il y a quelques jours, j'ai participé au projet Columbus organisé par l'INIS. Une journée consacrée au « transmedia » avec quelques conférenciers et un panel de 3 heures dont je faisais partie. Un panel de trois heures est une véritable aventure. Dans la salle, il y a des personnes du milieu du cinéma et de la télévision, des réalisateurs, des producteurs, des scénaristes, des commerciaux, etc. Des personnes là pour comprendre ce que veut dire le Web et autres nouvelles technologies dans leurs pratiques professionnelles. Je ne pense pas que nous ayons réussi à passer entièrement le message… s'il y avait un message à passer.

La conférence et le réseau

La conférence n'est plus vraiment le lieu de la participation. Elle impose un placement physique qui met en opposition, plutôt qu'en position d'échanges. L'exercice devient d'autant plus futile lorsque notre discussion est principalement orientée sur ce que change le réseau dans la participation. Nous voilà 5 personnes sur un panel faisant face à la foule de 100 personnes. À nous la parole, à eux l'écoute. Finalement, le barrage a en partie craqué. La foule s'est rebellée et a décidé de prendre la parole contre les règles posées par l'animateur. Ce fût pour moi, le moment le plus riche. Le basculement dans la participation. Ce n'est malheureusement pas allé assez loin.

Ces personnes avaient payé pour être là, pas moi. J'étais là pour parler. Je l'ai fait. Mais par leurs commentaires, j'ai beaucoup appris. J'aurais dû payé aussi ? La participation repose sur un échange réciproque. Quand on se place sur la scène, on ne se met pas en danger. Tout au contraire, on se protège dans un rôle, celui de l'orateur.

J'ai eu des commentaires positifs et on m'a rapporté que nous avions été arrogants. Ce que je veux bien croire. Qui étions nous pour venir discuter, bouleverser le modèle économique et culturel dans lequel ces professionnels travaillent depuis des années.

Le choc culturel

Ce midi, je parlais de cette journée avec deux collègues et de la difficulté qu'il y a de parler aux personnes d'un domaine en bouleversement. Le monde de la musique, de l'édition ainsi que du cinéma sont en mutation profonde. Cela prendra quelques années, peut-être plusieurs dizaines d'années, mais radicalement le réseau accompagné de la technologie numérique a créé une infrastructure qui favorise certains éléments et en fait disparaître d'autres. Peu importe la façon dont nous portons le message par des faits, des chiffres, des observations, les personnes réagissent fortement. Nous touchons là au cœur de ce qui les fait vivre. Une personne peut prendre conscience, mais changer une infrastructure est un enjeu différent. Le message inacceptable et jamais vraiment dit est simple : « Votre industrie, votre métier va mourir. » Qui veut entendre cela ? Personne.

Alors les personnes se protègent :

  • « Ils se trompent, l'histoire le montrera. » Ce à quoi je ne peux répondre que oui, car ce que je peux imaginer sera sûrement différent de la réalité. Cependant cela a mon avis ne change rien.
  • « Quel est le modèle d'affaires de ce nouveau milieu ? » Mauvaise question. Il faut vivre dans ce milieu pour pouvoir répondre à des besoins propres à ce milieu et faire des « affaires. » Certains expérimentent et trouveront peut-être de nouvelles façons.
  • « Après moi le déluge. » Pour ceux qui ne veulent pas changer de vie, c'est presque l'attitude la plus saine. Tenir jusqu'à la retraite.

Du cinéma muet au cinéma parlant

« That's Entertainment! » est un film documentaire sur les grands music-halls hollywoodiens. Enfant, ce documentaire m'a fait rire, rêvé, transporté de joie. Je l'ai regardé de nouveau, il y a quelques semaines. Le début du documentaire est consacré au passage du cinéma muet vers le cinéma parlant.

Imaginez cela. Un jour, la technologie évolue et révèle la voix des comédiens. C'est un bouleversement. Des comédiens qui avaient des talents immenses de jeu de scène ont vu leurs carrières disparaître car… leur voix était insupportable. Ces comédiens là n'ont pas pu changé leur voix. De nouvelles qualités étaient requises. Les studios de cinéma sont allés recrutés des comédiens de théâtre et de Broadway. Un univers s'est effondré pour certains et un autre a émergé.

Il n'y a pas de nouveaux modèles d'affaires si vous n'êtes pas prêts à abandonner ce qui est partie des traits de votre modèle actuel. C'est dur. C'est ingrat. Malheureusement, je n'ai pas l'impression qu'il y ait d'autres alternatives. Pensez aux diligences face au train, au pony express face au télégraphe, aux paquebots face aux avions, au livreur de lait face aux emballages carton, … et des milliers d'autres exemples.

Lors d'une discussion avec une personne du monde du cinéma, il y a deux semaines, j'ai mentionné que j'étais un amoureux du cinéma. Elle m'a demandé –Vous allez en salle ou vous téléchargez ? Je lui ai répondu –les deux.

Affiche
Séoul, Corée du Sud, 4 mai 2007

June 15, 2010 01:54 AM under cinéma

June 14, 2010

Christian Fauré

Grand emprunt : développement du « machin numérique »

La semaine dernière, le « secrétariat d’état chargé de la prospective et de l’économie numérique » a publié une consultation publique qui s’inscrit dans le cadre du grand emprunt, décidé par le président de la république. Il s’agit d’une consultation qui s’adresse à tout le monde (on peut télécharger la consultation sur le site ministériel de la prospective), et même le simple citoyen peut y répondre.

Maintenant que l’état a annoncé qu’il souhaitait investir plusieurs milliards sur l’économie numérique, ne reste donc plus qu’à connaître les modalités de cet investissement. On sait qu’environ 75% des budgets investis par l’état le seront sous forme de prêts (remboursement avec intérêt à la clé) et 25% sous forme d’avance remboursable ou de subvention. De plus, les structures de partenariat public-privé sont de mise pour constituer des « filières industrielles » dans l’économie du numérique.

Filières industrielles, grand emprunt, partenariats public-privé, modèles d’affaire à inventer, structures juridiques et montages financier à imaginer, etc. Si certains pensaient que le grand emprunt serait simple, je crois qu’ils vont être douchés. On a à faire à ce que De Gaulle appelait un « machin » (expression qui aurait été utilisé en septembre 1960 à propos de l’ONU), un « machin numérique » en l’occurrence.

En lui-même, le texte de la consultation véhicule une vision très libérale de l’économie numérique dans laquelle l’état est souvent présenté comme un « investisseur avisé » qui fera ses choix en ayant un regard attentif au retour sur investissement des modèles d’affaires que proposeront les consortiums qui co-investiront avec le secteur public dans ces nouvelles filières économiques. Il n’y est peu question d’économie politique et il n’y a que de lacunaires allusions à la politique culturelle, même quand il s’agit de sujets comme la numérisation du patrimoine. Par voie de conséquence, à chaque fois que le terme de « valorisation » est utilisé, je l’ai surtout compris dans le sens de  « valorisation financière ».

En ce qui concerne le volet numérisation du patrimoine, quand on n’a aucune idée du modèle d’affaire et qu’on ignore tout de l’économie politique, on s’empresse de croire que c’est la publicité qui financera l’affaire. C’est ce que j’ai pu constater dans les discussions que j’ai pu avoir avec les organisations privés qui essayent de se positionner sur le sujet.

Du coup, contrairement au document de la consultation, je m’inquiète de la question du « public » qui sera un des destinataires de ce patrimoine numérique. En effet, selon la politique culturelle que l’on mène, les publics ne seront pas les mêmes. Et on sait que, dans le cas des musées, on assiste à un devenir touriste et consommateur du public des musés. Figure qui n’est pas du tout celle de l’amateur comme courroie de transmission vers une économie de la contribution. On a ainsi la sensation que l’économie numérique dans laquelle l’état souhaite faire des investissements est fortement marqué par une vision consumériste de la question.

En conséquence, les logiques financières qui vont être proposées dans les prochains mois vont immanquablement proposer des « business plans » avec des indicateurs et des méthodes d’évaluation financiers très restreints. La question des externalités, ou encore le développement des capabilités pour rejoindre les thèses d’Amartya Sen, de même que l’opportunité de mettre en place des méthodologies d’évaluation inspirées des travaux d’Esther Duflo, etc. Tout cela a fort peu de chance d’avoir droit au chapitre.

Plus nous avançons, plus le dossier se complexifie. Plus personne ne sait sur quel pied danser et chacun se demande s’il a bien compris la règle du jeu. Au final, nous sommes tous comme des poules devant une paire de ciseaux face à ce machin numérique. Seul ceux qui avaient une stratégie industrielle pré-existante dans leurs cartons ont à présent la possibilité d’avancer sur le sujet car ils ne posent pas de questions métaphysiques : ils déroulent leurs plans initiaux dans le cadre du grand emprunt.

Ma crainte est que, dans cette configuration, ce soit les versants « économie politique » et « politique culturelle » (ce qu’Ars Industrialis désigne par l’expression « politique industrielle des technologies de l’esprit ») qui passent à la trappe, avec une forme de privatisation de l’accès au patrimoine numérique. On pourra bien répondre qu’il y a un cahier des charges à respecter et que les institutions en charge des différents fonds patrimoniaux seront toujours en mesure de mener leur politique culturelle : mais ont a déjà connu situation légèrement similaire avec la privatisation de TF1. Le groupe Bouygues devait certes respecter un cahier des charges, mais il a subi sérieuses et nombreuses entorses, jusqu’au jour où Le Lay a lâché le morceau en avouant que le métier de TF1 était de vendre du temps de cerveau disponible.

Mais enfin, la démarche ne fait que commencer, et il ne faut pas préjuger de son succès. Espérons juste que les différentes parties prenantes ne vont pas se décourager.

Signaler sur Twitter

Related posts:

  1. Le numérique dans l’économie et la cognition de l’attention
  2. Je pressens un grand vide dans la force
  3. Le châtiment de la castration numérique

by Christian at June 14, 2010 05:27 PM under Défaut

del.icio.us

June 12, 2010

Karl Dubost

La mission Iwakura et la traversée de la Sierra Nevada

Train et neige
Train dans Blue Canyon

La discussion autour de la lecture augmentée continue. Hubert Guillaud partage ses propres réflexions sur le métalivre : le livre que nous reconstruisons. Voir le chapitre précédent

Carte Baie de San Francisco
De San Francisco à Sacramento, 1901 Grand format..

La mission Iwakura est sur le départ. Ils sont partis de San Francisco pour passer une partie de la nuit à Sacramento, où ils ne se coucheront que très tard. Une fête avec les notables de la ville a été organisée en leur honneur. Il faut poursuivre vers l'est pour continuer ce tour du monde. Ils prennent le train de la Central Pacific Railroad Company à 3h le matin du 2 février 1872 depuis la gare de Sacramento. Ils se dirigent vers la Sierra Nevada, le territoire désertique de l'Utah et les montagnes rocheuses.

Train Sacramento
Gare de Sacramento, 1870 Vue générale..

Cape Horn, American River

La ligne de train vient d'être achevée quelques années auparavant, ils vont passer Cape Horn à 9h15, Gold Run à 10h10, Dutch Flat, Alta, Shady Run un peu après 13h30, China Ranch, West Boulder, Summit. Kunitake décrit la vue :

At a quarter past nine we approached the very steep section of track known as Cape Horn. The railroad wound upwards alongside the canyon walls, high above the steep banks of the American River. […]

How can I describe the scenery of Cape Horn? Behind, grandly aloof, towered steep, craggy walls dotted with pine-trees. Below, the valley was so deep that the roar of the river at the bottom of it was faint.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.32, Cambridge University Press, 2009.

Cape Horn
Vue du Cape Horn au dessus de American River Source..

Cape Horn
Autour du Cape Horn en train dans les années 1870 Source..

La ruée vers l'or

Une fois atteint le village de Gold Run, Kunitake commence à apercevoir les installations des chercheurs d'or.

At ten minutes past ten in the morning we passed Gold Run village. We began to see sluice-boxes used for hydraulic mining. Streams of water are fed from the mountain valleys into these wooden flumes, which are set up to sieve out the gold-dust.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.32, Cambridge University Press, 2009.

Chercheur d'or
Mineurs. Photo Jackson..

La grande période de la ruée vers l'or en Californie a commencé en 1848 et a attiré 300 000 personnes en près de 6 ans de tous les horizons. Entre 1847 et 1870, la population de San Francisco est passée de 500 à 150 000 personnes. Tout a été épuisé très rapidement. En 1850, les mineurs commencent à chasser les étrangers et les amérindiens font les frais de cette immigration massive. Les mineurs ont adopté alors des techniques hydrauliques violentes (qui seront interdites en janvier 1884 par décret) et s'enfouir un peu plus à l'intérieur des montagnes. Entre 1865 et 1878, Gold Run produisit $6,125,000 d'or. Les mines cessent en 1882. Kunitake passe dans la région en février 1872. Les années 70 représentent le pic d'activité de la région pour les mines d'or.

Il y a une certaine ironie dans l'histoire où chaque période amène son exploitation sauvage aux conséquences désastreuses pour l'environnement.

excavation hydraulique de l'or
Mineurs, Dutch Flat, Bibliothèque de Denver.

Les tunnels contre la neige

Kunitake est impressionné par les longs tunnel à neige qui sont là pour protéger la voie de chemin de fer.

From here the train began to pass through what are called 'snow-sheds'. These are strong roofs built over the track to keep it clear of snow. They are contsructed of tall timbers, each of a foot square , with boards nailed across them to make solid buttresses semi-octagonal in shape. The overlapping boards on the roofs form a pattern resembling that on a turtle-shell. The snow-sheds run for two to three milesand in som places up to fifteen or sixteen miles. When our train passes through one of these sheds, the carriage interiors grew dark, just as when passing through a tunnel. Only occasionally could we see, through the gaps between the timbers, flashes of light reflected from the snow beside the sheds.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.33-34, Cambridge University Press, 2009.

tunnel pour protéger de la neige
Tunnel à neige, 1872, Guide de tourisme Crofutt.

tunnel pour protéger de la neige
Tunnel à neige, 1872, 36-Day Transcontinental Rail Journey.

Détail amusant, Walter Scott Fitz voyageait exactement dans le sens inverse sur la même ligne de train, alors que la mission fût bloquée pendant quelques jours à Salt Lake City (Station Ogden) du 4 février au 22 février 1872 à cause de la tempête de neige. Walter Scott Fitz du 31 janvier 1872 au 17 février avance à petit pas pour rejoindre la station Ogden pour avoir le train de San Francisco. Deux journaux s'écrivent les mêmes jours sur cette ligne de train qui traverse les États-Unis. Tout comme Kunitake il mentionne que sur les parties très inclinées de la voie, trois locomotives sont mises ensemble pour tirer les wagons.

tunnel pour protéger de la neige
Neige sur la voie, Harper's Weekly, 19 mars 1870.

June 12, 2010 09:27 PM under mission iwakura

Christian Fauré

Mille-feuilles Japonais

Au XIII° siècle, souligne Edwin O.Reischauer dans le premier tome de son Histoire du Japon et des Japonais, la vie politique japonaise avait de quoi dérouter :

« l’empereur se trouvait sous la dépendance d’un ancien empereur retiré et sous celle des Fujiwara qui contrôlaient en sous-main un cabinet fantoche manipulé de l’extérieur par le shogun qui n’était lui-même que l’homme de paille d’un régent Hojo …! » p.68

Et Reischauer poursuit :

 » La conduite des affaires paraissait confiée à une série de doublure dont aucune ne détenait la réalité du pouvoir. L’observateur le plus perspicace aurait pu se représenter la vie politique japonaise comme un jeu de paravents ou comme un interminable emboîtement de personnages gigognes. »

Encore aujourd’hui, cette spécificité dans la gestion du pouvoir japonais perdure. Derrière la figure du premier ministre Yukio Hatoyama (Parti Démocrate) qui vient de démissioner après seulement quelques mois au pouvoir, il y a celle d’Ichiro Ozawa. Celui-ci, n°2 du PDJ, est souvent présenté comme l’homme qui détenait le pouvoir dans l’ombre. Sur Wikipedia, on peut lire qu’il lui fut reproché de reprendre les « vieilles méthodes » du PLD (Parti Libéral Démocrate, qui fut au pouvoir depuis 50 ans, dont il fut membre jusqu’en 1993, avant de devenir son principal opposant), à savoir :

« la négociation en coulisse des décisions importantes en communiquant le moins possible et, comparé à ce que fut Kakuei Tanaka dans les années 1970 et 1980, il est surnommé pour cette raison le « Shogun de l’ombre » (影の将軍, Kage no shōgun). »

Akira Kurosawa a également repris cette tradition du « représentant fantôme » dans son film « Kagemusha, l’ombre du guerrier » ( 影武者, Kagemusha), où l’on voit un sosie jouer le rôle du chef de clan décédé.

On pourrait penser que cette fracture entre le pouvoir symbolique et le pouvoir réel se traduit par un délaissement de toute forme symbolique puisque celle-ci n’est d’apparence. En fait pas du tout, l’histoire du japon montre que ce peuple est très friand de titres ronflant et de distinctions. Aussi, toutes les logiques de l’apparat et de la représentation ont-elles atteint un degré de subtilité et de sophistication sans égal, et cela s’incarne entre autres dans l’art des cérémonies. Loin d’être délaissé, le symbolique est sublimé ou, plutôt, est le lieu de la sublimation.

*

Dans la même veine, l’histoire de l’influence de la chine sur le japon montre  l’introduction de structures organisationnelles et symboliques très subtiles qui, de fait, n’auront d’autre  réalité que fantômatique. Deux exemples :

  • le japon ( surtout au VIII° siècle) a reproduit avec une grande fidélité les règlements et les structures administratives mises en place en Chine par la dynastie des T’ang, mais leur fonctionnement n’a jamais vraiment pris sur l’île. Nombre de personnages se voyaient ainsi gratifiés de titres et de responsabilités qu’ils n’exerçaient pas de fait ;
  • dans un autre registre, la langue écrite japonaise elle-même s’est constituée à partir des idéogrammes chinois. Pourtant, ces idéogrammes chinois étaient totalement abstraits de leur signification originaire. Une écriture fantôme en quelque sorte.

Ce que Sylvain Auroux nomme en occident la « révolution technologique de la grammatisation » a un tout autre visage au japon où le processus de transcription de la langue orale commence ainsi au IX et X siècle (l’utilisation du chinois par les « lettrés » japonais commence au V° siècle) avec l’utilisation des caractères chinois simplifiés comme de simples symboles phonétiques dépourvus de toute signification propre et où chaque idéogramme chinois représente le plus souvent arbitrairement une syllabe japonaise. On a ainsi à faire à une syllabaire plus qu’à un alphabet. Par la suite, la succession de règles arbitraires qui se développent en d’infinies déclinaisons et flexions avec le temps fait dire à Reischauer que :

« …le japonais moderne pose au lecteur une série d’énigmes et d’épineux problèmes de déchiffrement et d’interprétation. La complexité du système d’écriture japonais n’a aucun équivalent au monde. » Ibid. p 52.

Ce qui fait pleinement écho à la complexité de son système politique.

On peut « délirer le Japon », comme je le fais ici en employant le concept Deleuzien de délire, et le voir comme un kaléidoscope de plusieurs nations : on l’a longtemps comparé à la Grande Bretagne, mais il y a aussi de l’italien, de l’allemand, du français, de l’américain, du chinois et du coréen bien sûr. Mais, derrière toutes ces facettes, il y a toujours, dans l’ombre, la figure du guerrier à cheval comme chef de clan et le shintoïsme comme inconscients protohistoriques qui ne se sont jamais laissée dissoudre précisément parce qu’ils proviennent du temps d’avant l’écriture.

Signaler sur Twitter

Related posts:

  1. Erotisme japonais
  2. Bravitude
  3. Robot : un lamen !

by Christian at June 12, 2010 03:29 PM under Défaut

June 10, 2010

Karl Dubost

Construire une ruine

Le travail d'architecture consiste à définir les espaces et leurs articulations afin de permettre aux individus d'y vivre. À part sur de grands projets, le site est rarement imaginé à l'état de vieillissement avancé ou même de ruine. Quand un bâtiment est inauguré, il n'est jamais donné combien de temps celui ci doit durer. Est-ce 50 ans, 1 siècle ou 2 siècles ou même plus ?

Et pourtant cette réflexion pourrait être saine au moment même de la conception du bâtiment. De nombreuses fois, nous croisons des bâtiments abandonnés ou des ruines qui sont dans un état esthétique douteux. Les bâtiments sont également très rarement pensés en fonction de leur destruction future. Imaginez le jour où il faudra détruire toutes les tours de Dubaï. Elles ont toutes été construites en même temps. Dubaï deviendra-t-elle une ville fantôme ou la destruction sera-t-elle massive ?

Jack Self dans un billet à propos de la signification d'une ruine mentionne John Soane ayant imaginé la banque d'Angleterre comme une ruine avant même de l'avoir construite.

Perhaps the real question is: can it be left as a ruin at all? The British architect John Soane imagined his own Bank of England as a ruin even before it had been built, depicting a parasoled public strolling about the broken arches and partial columns as they might the Diocletian baths.

Ruines de banque John Soane
Ruines, John Soane

L'auteur poursuit en demandant si nous devrions concevoir la ville différemment en tenant en compte la possibilité des ruines.

In reality, the city doesn't really design dilapidation, it just happens. Ruins are the result of negligence, not intent. Could that, or should that, change? Will the architects and landscapers of the future be more like geologists, learning to read every depression and protrusion of these forgotten territories?

Je pense qu'en effet, il est nécessaire de penser à sa ville de façon durable. Tout ce que nous construisons a une durée de vie limitée et a donc un jour la possibilité de devenir une ruine. Ceci devient particulièrement intéressant lorsque l'on compare avec le Japon où les bâtiments sont souvent construits seulement pour 40 ans si ce n'est moins. L'idée que les bâtiments seront changés fait partie du processus.

À ce titre, le grand temple de Ise est étonnant. Le temple symbolise le cœur du culte Shinto au Japon, c'est à dire l'endroit le plus sacré. La forêt y est magnifique ainsi que les bâtiments. Dans la forêt, il y a deux terrains côte à côte de taille égale, l'un avec le temple, l'autre sans. Tous les 20 ans, le bâtiment est reconstruit à l'identique sur le rectangle voisin. Dans ce cas les bâtiments ne peuvent devenir ruine, car ils sont démontés avant de péricliter. Le renouvellement est programmé et préparé en amont.

Temple
Ise-jingū, Ise, 27 avril 2010

June 10, 2010 03:18 AM under Ise

June 09, 2010

del.icio.us

Mondeca

thomasfrancart

Voici quelques notes prises lors de la conférence plénière qui s’est tenue le 9 juin 2010 sur le salon iExpo / KMforum, sur le thème « Quelle société de l’information ? entre génie individuel et intelligence collective ». Disclaimer : ce sont des notes à peine mises en forme, donc TRES parcellaires, et beaucoup de l’articulation des [...]

by Thomas Francart at June 09, 2010 06:10 PM under Blogosphère

Karl Dubost

Le train train du sushi

Sushi
Shimokitazawa, Japon, 14 avril 2010

Un des éléments qui me manquent du Japon quand je suis à Montréal est la qualité du poisson. De nombreuses fois, à Shimokitazawa, je suis allé manger dans un « kaiten sushi » que j'appelle avec humour « Densha Sushi » soit le train sushi.

Sushi
Shimokitazawa, Japon, 14 avril 2010

Il s'agit d'un système tout comme un traitement de texte est un système pour créer des textes avec des fonctionnalités à disposition, tout comme votre assiette, fourchette et couteau, verre, sel et poivre sont un système de votre repas. Le système n'empêche en rien d'avoir du plaisir. C'est juste une commodité.

Dans ce système (photo ci-dessous) il y a dans la boite rouge à gauche des sachets de thé vert. On en place dans un gobelet que l'on pousse ensuite contre le rond noir qui actionne la fontaine d'eau chaude sortant du col du signe. Dans la boîte juste à côté avec le bout de pince métallique qui sort, il y a le gingembre vinaigré que l'on place dans une coupelle. Ensuite il y a le shoyu que l'on met également dans une coupelle. Sur le menu, il y a la variété de sushi disponible. Si un sushi ne passe pas sur le tapis roulant, il est possible de le commander et un des cuisiniers placés au milieu le servira. On se sert autant d'assiettes que l'on veut. Dans ce restaurant, les assiettes ont un prix unique. C'est la quantité de sushis qui varient, de un à trois. Dans la boîte longue rectangulaire, il y a les baguettes. Une fois que l'on a fini le repas et donc que l'on se retrouve avec une pile d'assiette. Un des employés pose le gobelet près des assiettes. Car une hauteur de gobelets est équivalent à un nombre d'assiettes. Il peut ainsi déterminer plus rapidement le prix que de compter individuellement les assiettes. Le repas ne dure pas longtemps, bien que l'on ne soit pas obligé de manger rapidement.

Généralement, j'en sors heureux. Profondément heureux.

Sushi
Shimokitazawa, Japon, 14 avril 2010

June 09, 2010 02:51 AM under sushi

June 08, 2010

Christian Fauré

Les enjeux d’une bibliothèque sur le web

La plupart des débats sur le rôle et la présence des bibliothèques sur web s’est jusqu’à présent concentré fortement sur les enjeux de numérisation des fonds et sur son corolaire de diffusion des oeuvres numériques. Autre thème, mais dans une moindre mesure (surtout à l’échelle du grand public) : la mise en ligne des catalogues et la disponibilité des métadonnées des institutions qui les gèrent. Ces questions sont importantes, mais j’aimerais en proposer une troisième, qui s’appuie sur l’exposition des métadonnées, et constitue à mes yeux la clé de voute pour une stratégie des bibliothèques sur le web.

1. Avoir des ressources facilement identifiables et consultables sur le web

Chacun aura remarqué qu’il n’est pas facile de faire un lien vers l’URL d’un livre qui pointe vers les catalogues en ligne que proposent les bibliothèques. Moi-même, quand je parle d’oeuvres ou d’auteurs, je privilégie un lien vers la page associée chez Amazon ou Wikipedia, c’est tellement plus rapide. Mais, à part amener du trafic à ces sites, ce geste de faire un lien n’est pas valorisé en lui-même. Une bibliothèque doit donc commencer par augmenter la visibilité de ses ressources pour ensuite pouvoir donner de la valeur à mon lien.

L’exposition des métadonnées passe par la mise à disposition d’URLs pérennes pour l’ensemble des ressources signifiantes. Ces URLs doivent donc être pérennes (je vous renvoie chez figoblog pour la littérature et les réflexions associées), mais aussi  facilement identifiable (voire inférençable : par exemple, je peux déduire l’URL d’un auteur à partir de celle d’un autre), ainsi que déréfençables (cf. Qu’est-ce qu’une URI déréférençable ?). Point d’autre salut dans cette démarche que d’embrasser les standards du web sémantique et d’emboîter le pas à l’initiative Linked Data.

2. Exploiter la vie de ces ressources sur le web.

On n’envoie plus un satellite dans l’espace pour pouvoir dire « je sais le faire », mais pour exécuter une mission bien précise qui repose sur la collecte et la récupération de données. Par analogie, c’est cet objectif qui manque souvent aux stratégies d’ouverture et d’exposition des données. Je suis le premier à dire qu’il faut mettre à disposition les données sur le web, tout comme je suis le premier à dire qu’il faut du très haut débit. Mais si ces initiatives sont nécessaires, elles n’en sont pas pour autant suffisantes, car elles ne sont que les prémices d’une politique, il manque encore quelque chose. C’est notamment la raison pour laquelle je terminais mon texte dans « Pour en finir avec la mécroissance » en écrivant :

« Pire peut-être, ces politiques se limitent à favoriser l’accès à internet et à offrir des débits de connexion toujours plus important, mais pour quoi faire ? » p. 278.

Je crois qu’il faut partir de là : accéder à des contenus ou des données sur le web, d’accord, mais « pour quoi faire ? ». Je balaye ici d’un revers de main toute la rhétorique qui consiste à dire : « ouvrez vos données et vous verrez ce sera formidable ». Oui, je crois effectivement que ce sera formidable, mais ce discours ne favorise pas la prise de décision pour celui qui doit faire l’effort : il faut donc trouver d’autres motivations.

La logique et la stratégie de l’accès orientent trop souvent les débats autour d’une stratégie de diffusion. C’est très bien de diffuser, surtout quand il s’agit de ressources culturelles comme celles que gèrent les bibliothèques, mais je pense que ce n’est pas là que les choses se jouent. La plupart des bibliothécaires ne peuvent pas se satisfaire de concevoir le web comme un simple outil de communication et de diffusion. Le métier de bibliothécaire croule tellement sous la charge de travail que représente de la politique d’acquisition, de conservation, de gestion des catalogues, d’archivages, plus tous les aspects fonctionnels d’accueil du public, de relation avec les chercheurs etc. que la perspective du web comme nouvel outil de diffusion ne représente à leur yeux qu’une contrainte de plus qui va surtout donner lieu à une énième refonte du système informatique.

Faire tous ces efforts simplement parce que cela semble inéluctable n’est pas la meilleure des motivations qui soit. On revient donc à notre question « pour quoi faire? », car si la réponse est « parce que c’est nécessaire », on peut être sûr que c’est l’inertie qui va s’installer (pourquoi faire des efforts si la situation est tellement inéluctable ?).

Il faut donner une motivation aux bibliothèques : pénétrer dans l’économie générale du web, cela ne doit pas représenter uniquement un surplus de travail et d’effort, même si la diffusion et la valorisation sont des missions essentielles d’une bibliothèque.

Concernant les bibliothèques, ma proposition sera donc la suivante : il faut développer les « orages sémantiques ». Par cette expression on entend l’ensemble des discussions, polémiques, argumentations autour d’une ressource (auteur, oeuvre, thème, etc.). Dans cette perspective, il faut considérer que chaque ressource disponible en ligne est un paratonnerre dont le but est de capter les polémiques et les discussions dont elle fait l’objet.

Avec cette approche, l’activité de catalogage s’étend au-delà du catalogage des oeuvres puisqu’il couvre le catalogage de des débats sur autour des ressources sur le web. Grâce à ce catalogage des « orages sémantiques », une bibliothèque peut commencer à fournir de nouveaux services, comme par exemple une sorte de « Zeitgeist », un esprit du temps.

Aujourd’hui la Library of Congress archive, plus qu’elle ne catalogue, les messages plubliés sur la plateforme de Twitter. La question qui est posée aux biblitohèques est la suivante : souhaitez vous être condamnées à négocier avec des acteurs privés le catalogage des orages sémantiques via leur plateforme commerciale, ou souhaitez-vous développer vous-même ces dispositifs ? C’est à dire être pro-actif dans la conception de ces dispositifs pour réinventer le catalogage et les services d’une bibliothèque sur le Web. Voulez-vous n’être que des archivistes sous-traitants des plateformes commerciale ou des promoteurs d’une politique économico-culturelle de la contribution ?

Parlant de contribution, je me dois ici de préciser que je ne parle pas de crowdsourcing, de site participatifs ou autres espaces personnalisés de contribution dont pourrait se doter un site web de bibliothèque. Il ne s’agit pas de ici de rajouter des fonctions de tags ou des folksonomies car le squelette de la démarche repose sur l’autorité des métadonnées de la bibliothèque. Le dispositif de captation des orages sémantiques doit reposer sur les acquis des catalogues et des notices d’autorités pour faire la révolution copernicienne du catalogage : elle ne se fait pas en marge de lui ou contre lui mais avec lui, avec ce trésor des métadonnées.

Ne cherchez pas l’outil magique pour faire cela, je crois qu’il n’existe pas, et il reste à faire. Il y a en fait deux dispositifs qui peuvent répondre à cet enjeu des orages sémantiques :

  1. Le premier est un dispositif indirect basé sur l’analyse traces, celui dont je parle ici.
  2. Le deuxième est un dispositif direct basé sur des outils critiques offrant des fonctionnalités d’annotation et de traçabilité des polémiques (le modèle que j’ai en tête étant les outils de gestion des sources dans les projets de développement informatique). De celui ci je ne parle pas dans cette note.

La démarche indirecte doit se construire à partir de plusieurs briques fonctionnelles :

  • du « web analytic » au travers de l’ensemble des services qui permettent d’analyser des traffic de sites web ;
  • du text-mining pour dégager des métadonnées des sources qui pointent vers les ressources exposées de la bibliothèque ;
  • du data-mining
  • des technologies d’indexation
  • bien sûr, si l’effort a été fait d’avoir les données structurées en RDF, la granularité des informations de consultations et de requêtes n’en sera que plus fine et plus facilement exploitable.

Il s’agit donc bien d’un panaché de technologies pour ne pas avoir en sortie un simple hit parade ou un moteur de recommandation à la Amazon. De plus, les expérimentations de publication des statistiques brutes de consultations ont montré que c’est « Mein Kempf » ou le « Kamasutra » qui vont trôner en haut des classements. Je précise également qu’il ne s’agit pas uniquement d’utiliser des informations de consultations, mais surtout des informations provenant de la source des liens qui pointent vers ce lieu de référence qu’est une bibliothèque (pensez ici à BackRub, l’ancêtre de google).

Un petit résumé de ce qui change avec cette approche des orages sémantiques :

  • Les bibliothécaires et conservateurs en « back office » ont un feed-back de ce qui se passe sur le web autour des ressources dont ils ont la gestion. Retour appréciable, me semble-t-il, quand on doit gérer l’évolution de son catalogue : les orages sémantiques placent le bibliothécaire au coeur de son temps, des polémiques et de ce qui fait débat ;
  • La bibliothèque peut ajouter des services innovants sur son site web. Par exemple, je n’irais pas spontanément sur la page d’un auteur sur le site web d’une bibliothèque mais plutôt sur wikipedia à cause de la richesse des informations. Mais si la page en question me donne une « météo culturelle » de cet auteur, alors cela peut changer mes pratiques ;
  • enfin, au delà du ZeitGeist, c’est une extension de la pratique de catalogage qui révolutionne l’activité d’une bibliothèque en la plaçant au coeur de l’économie générale du web.

Je termine par un dernier point car, les bibliothèques, en ces temps budgétaires difficiles, cherchent à augmenter leurs fonds propres, or je serai le premier à acheter une oeuvre (papier ou numérique) qui comprenne un appareil critique issu des informations collectées via le dispositif des orages sémantiques géré par une institution publique telle qu’une bibliothèque. Cela changerait à coup sûr les rapports entre les bibliothèques et les éditeurs, ces derniers ayant beaucoup trop tendance à les mépriser. C’est d’ailleurs quelque chose qui m’a frappé en m’intéressant à la chaîne du livre : l’indifférence et le mépris règne entre les acteurs ce milieu tandis que de nouvelles industries arrivent et raflent la mise, le sourire en coin.

J’espère que les bibliothécaires me pardonneront mon ingérence dans leur domaine de compétence.

Signaler sur Twitter

Related posts:

  1. Le web sémantique pour les petits
  2. Pas de processus sur le Web
  3. Puissance des bibliothécaires

by Christian at June 08, 2010 06:42 PM under WebSemantique

Karl Dubost

La mission Iwakura et le grand quai de Oakland

Vue sur San Francisco
San Francisco, États-Unis, 12 juin 2004

Étrange impression que celle de lire trop vite, je partage mes émotions, mes rêveries, le monde nouveau qui s'ouvre à moi. Je tisse les pensées d'un autre qui avec un peu de chance, plus tard permettront à d'autres d'explorer. Thérèse a travaillé dans une filature comme rentrayeuse. Mais c'est sur l'ouvrage de sa famille qui a rempli sa vie. Comme toute Madeleine (prénom de l'autre grand mère) se sont les souvenirs involontaires qui habitent mes pensées vagabondes. Je lis le livre, il prend corps, il transforme mon regard. Voir le chapitre précédent

La mission Iwakura séjourne à San Francisco du 15 janvier au 2 février 1872. Ils prennent de nombreuses fois le bateau pour aller à Oakland de l'autre côté de la baie. Reprenons un détail de la carte.

January 22nd, 1872. Cloudy.

At nine o'clock in the morning, at the invitation of the Central Pacific Railroad Company, we went with Minister Delong to the pasenger wharf for Oakland, where we boarded the steamship El Capitán and were ferried across to the long pier at Oakland, known as 'the Long Bridge'.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.18, Cambridge University Press, 2009.

Carte Baie de San Francisco
Carte Baie de San Francisco Grand format 1900..

La Central Pacific Railroad est une jeune compagnie de chemin de fer, créée en 1861 et qui a permis de construire la première ligne transcontinentale aux États-Unis. Quant à Charles E. DeLong, il était représentant pour les États-Unis au Japon et lui même avait un journal personnel. Nous poursuivons l'abîme. La mission Iwakura traversera la baie sur ce petit bateau à vapeur pour atteindre le grand quai de Oakland.

El Capitán
Carte El Cápitan Image originale 1900..

CPRR Oakland Long Wharf Detail
Quai de Oakland Image originale 1885..

Mais c'est à ce moment que l'histoire devient poétique… Kunitake décrit le long quai et la compétition entre le train et les bateaux pour acheminer les passagers et il enchaîne :

At the head of the pier, rising above the water, is a larger building which serves as the station for passengers to transfer to the train. When the steamer arrived at the station we thought we had landed on an island. Then, boarding the train, everybody was astonished that the railroad ran along the pier. Racing forward with the whistle screeching, we seemed to be soaring over the bay.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.18, Cambridge University Press, 2009.

Et en image ? Un train surgit de nulle part, un train sur un monde flottant, une légende marine. Je m'imagine dans l'un des vagons et volant au dessus de l'eau.

Train sur le quai
Train sur le quai de Oakland, 1870? Grand format

Ils ont visité la fabrique de train de la Central Pacific où les wagons étaient fabriqués par Kimball. Et les jours suivants ? À suivre…

June 08, 2010 04:53 AM under mission iwakura

Karl Dubost

La mission Iwakura et la lecture comme appel à la création

Pétales
Ebisu, Japon, 1er mai 2010

Depuis quelques jours, j'ai commencé la lecture d'un journal (édité) de la mission Iwakura. La lecture est passionnante. Elle me plonge dans le quotidien de cette mission et soulève tant d'interrogations, tant d'appels à la découverte.

Partage de la lecture

Sur mon ordinateur au fur et à mesure de la lecture, le collectionne les images, les textes complémentaires. Je ne lis pas que le livre. Je lis et découvre tout l'univers de ce livre. Je vais partager au fur et à mesure certaines des choses que je découvre. Je me dis que je devrais mettre tout cela sur un wiki. Wikipedia ? Pourquoi pas ? Mais les éditeurs zélés de Wikipedia sont parfois bien pointilleux et laissent trop peu de boues, de terreaux, pour que cela me convienne toujours. On verra.

La mission s'est déroulée en 1872. Cela permet de ne pas se soucier du droit d'auteur. Mais voilà imaginez pour un sujet plus récent, tous les enjeux légaux à vouloir partager de nombreux documents ici et là. Bien sûr, il y a le droit de citation pour les textes mais pour les images, les sons, c'est déjà beaucoup plus délicat. Et entre partager au monde, créer de la beauté, et restreindre le système, vous préferrez quoi ? Je ne veux pas croire qu'un créateur ne puisse appuyer un système restrictif. Il n'y a que les marchands pour penser comme cela.

Un tour du monde en 1872

Leur tour du monde débute le 21 décembre 1871 et se déroulera tout au long de l'année 1872 jusqu'au… 13 septembre 1873. Presque deux ans. Mais ce qui est amusant est la coïncidence avec l'autre tour du monde. En effet, Jules Verne écrit, le voyage autour du monde en 80 jours pendant toute l'année 1872. Il est d'abord publié en feuilleton dans le journal Le Temps du 6 novembre 1872 au 22 décembre 1872. Finalement le livre sera publié en 1873. Il y a bien sûr d'autres voyages épiques qui se déroulent au même moment tel que celui de Thomas Cook.

Les cinq femmes

La mission comprenait cinq jeunes femmes. Malheureusement, je n'avais pas trouvé de photographies de ces femmes, jusqu'à aujourd'hui. Il n'y a pas que Kume Kunitake qui a écrit à propos de ce voyage, mais de nombreuses autres personnes. Charles Lanman a écrit un ouvrage intitulé Japonais en Amérique

Femmes de la mission Iwakura
Femmes japonaises de la mission Iwakura par Charles Lanman.

Il reste tant de questions autour de ces jeunes femmes.

San Francisco et Oakland

Ils arrivent le 15 janvier 1872 à San Francisco. Je n'ai toujours pas trouvé la photographie ou l'illustration du navire S.S. America de la Pacific Mail Steamship. Cependant j'ai beaucoup découvert sur son histoire que j'ai décidée de mettre sur wikipedia. Mais à quoi ressemblait San Francisco et Oakland en 1872 ? Une carte des lieux ?

Carte Baie de San Francisco
Carte Baie de San Francisco Grand format 1900..

Ils séjournent au Grand Hôtel de San Francisco. (Avis aux amateurs, la page n'existe pas sur wikipedia français et anglais)

January 15th, 1872. Fine.

[…]

The Grand Hotel is a five-storeyed building spanning two blocks on both sides of a street leading off Montgomery Street. The two wings of the hotel are joined by an overhead bridge. With its ornate construction, it is not the kind of large building one often sees in this city.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.15, Cambridge University Press, 2009.

Grand Hotel
Grand Hôtel par Robert Dennis 1865?-1880?..

Pendant leur séjour à San Francisco, ils visitent des usines.

January 18th, 1872. Fine.

Guides from the city took us to the following factories. The Kimball Carriage Factory in Bryant Street, the largest such factory in the state produces some 500 large and 1,200 small carriages each year. One hundred and fifty workers are employed here every day. The Mission Woolen Mill specialises in weaving blankets and carpets. The factory utilises 1,200,000 pounds of wool each year, worth $1,000,000. There were 100 white workers, 240 Chinese, and 2 Japanese. The mill gave us a collation of wine and fruit.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.16, Cambridge University Press, 2009.

Mission Woolen Mill 1862
Mission Woolen Mill, 1862..

Ils resteront bloqués à San Francisco plus longtemps que prévu à cause des chutes de neige sur la voie ferrée en direction des Montagnes Rocheuses.

January 26th, 1872. Fine.

We received a telegraph saying that heavy snows in the Rocky Mountains had made the Union Pacific Railroad tracks impassable, and we therefore postponed our departure. […] Normally there is not much snow in the Rocky Mountains, and people say that such a heavy snowstorm occurs only once every ten years or more.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.21, Cambridge University Press, 2009.

Et en effet d'autres personnes en parlent. En janvier 1872, Susan B. Anthony est bloquée pendant plusieurs jours dans le train. « 2 Janvier. Toujours stationné. La compagnie de chemin de fer a fourni aux passagers des poissons séchés et des biscuits. Mademoiselle Sargent et moi avons préparé du tea et l'avons porté à travers le train aux femmes allaitant. C'est le maximum que l'on peut faire. Cinq jours depuis Ogden ! »

Exploration à poursuivre

Bien sûr, cela ralentit énormément ma lecture, mais quel plaisir immense de découvrir tous ces endroits d'y ajouter un peu plus de contexte, d'aller fouiller dans les archives des journaux. (J'ai trouvé des choses magnifiques dans les archives du New-York Times pour la suite).

Et vous voudriez que nous ne puissions pas faire cela, que nous ne puissions pas partager tout cela, explorer, mélanger, réinterpréter, copier, modifier.

Non merci, je préfère largement la possibilité d'un bourgeon à celui d'un cadenas.

Poursuivre…

Chez François Bon, de la lecture comme création.

June 08, 2010 03:13 AM under web

June 07, 2010

Karl Dubost

La mission Iwakura et le S.S. America

Pétales
Port de Yokohama, Japon, 10 avril 2010

Chapitre précédent

Voilà ce que dit Kunitake du navire qu'ils prennent pour quitter le Japon depuis Yokohama et se rendre à San Francisco.

December 23rd, 1871. Fine.

[…]

Our ship called the America. Reputed to be the most elegant vessel in the Pacific Mail Steamship Company fleet, the America was 363 feet long, 57 feet wide and 23 feet deep, with 8 feet above the deck.[…] Its displacement was 4,554 tons. There were 30 first-class cabins and 16 second-class ones - 46 in all. The vessel could carry 92 passengers. Under Captain Doane were 24 officers and 79 sailors and stewards, making a complement of 103. The ship was powered by a balance-wheel steam-engine driving external paddle-wheels.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.8, Cambridge University Press, 2009.

Depuis je recherche une photographie ou une gravure du navire. Ceci m'a amené à explorer, à comprendre, à accumuler le contexte autour de ce navire. J'ai voyagé dans des dizaines d'archives du New-York Times. J'ai réussi à comprendre des homonymes de la famille Steers qui sont de père en fils depuis des générations des constructeurs de bateaux. J'ai découvert de nombreux bateaux, moi qui n'y connaissait pas grand chose.

J'ai donc créé la page du S.S. America (1869), appartenant à la compagnie Pacific Mail Steamship, que j'ai mis à jour. Bien sûr, j'en ai profité pour ajouter un lien vers le navire dans la page à propos de la mission Iwakura. Il a également semblé logique de créer la page sur les chantiers Steers qui ont construit le navire et en ajoutant des navires à la liste des chantiers, de créer la page à propos de S.S. Great Republic n'existait pas (enfin pas la bonne). Et puis comme ces navires utilisaient la ligne China de la créer mais en provisoire car je n'ai pas assez d'infos dessus. Toujours en cherchant la photo miraculeuse, je suis amené à lire de nombreux articles à propos des Steers et de se rendre compte qu'il y a plusieurs générations. Je crée donc James Rich Steers, le frère de Georges Steers. Tous deux, fils de Henry Steers venu d'Angleterre, qui n'est pas le même Henry Steers qui cette fois ci est le fils de James et le neveu de Georges et qui a créé l'America ! J'ai donc bien sûr créé la page aussi.

Sincèrement n'importe quoi. Je n'y connais pas grand chose en bateau mais je sais lire. Et puis ce qui est bien avec wikipedia, c'est que les amateurs chevronnés corrigeront les pages que j'ai créées. Oui le week-end était pluvieux. Il y en a qui regarde les séries-télé. J'édite wikipedia. C'est pareil non ? Bon passons… et la photo ? Nil… zéro… nada.

Dans toutes mes lectures, j'ai découvert le site de Stephen J. and Jeremy W. Potash qui a une page sur la Pacific Mail Steam Ship. Sur leur site, il y a une lithogravure du S.S. China (Je n'ai pas créé la page. À vous de jouer.) qui suivait la même ligne. Ce bateau est de la même génération et sort des même chantiers.

Pms China Steamship
Lithogravure de 1867 du S.S. China

Mais toujours pas d'images du America. Je remarque le commentaire de Steve dans le bas de la page : One of the goals of this site is to stimulate dialogue and exchange of new information in the field. Stimulons le dialogue. J'envoie un mail. Steve Potash m'a répondu en me confirmant que les images du America sont très rares et qu'il va chercher. Et ce soir, Steve me renvoie un message avec la lithogravure ci-dessous. Une fois de plus j'aime le Web. Merci Steve !

Pmss America Yokohama Burning
Lithogravure de 1872 du S.S. America en feu à Yokohama.
Pacific Mail Steamship Co. collection de Stephen J. and Jeremy W. Potash

Car voilà je ne vous l'ai pas dit au début mais le navire a eu une très courte carrière (de 1869 à 1872) alors qu'il était équipé de système anti-feu et que le capitaine Seth Doane venait tout juste de finir l'inspection. Il y aurait eu environ une cinquantaine de morts. Mais les chiffres varient selon les sources. Je laisse le mot de la fin à Kunitake.

December 24th, 1871. Morning fine; strong wind.

[…]

Crossing an ocean, there is little to see all day. You realise the ship is advancing only by the sound of the paddle-wheels. All you can hear are the rumble of the engines and the churning of the paddle-wheels as the ship lumbers forward.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.8, Cambridge University Press, 2009.

June 07, 2010 03:14 AM under bâteau

June 06, 2010

Christian Fauré

Écrans multiples

Je viens de faire l’acquisition d’un écran supplémentaire pour travailler avec deux écrans grâce au système du bureau étendu. Mais les choses ne sont pas aussi simple que je l’avais imaginé.

Dans un premier temps, j’ai affiché sur l’écran supplémentaire tout ce qui était « message communicationnel » : réseaux sociaux, messagerie électronique, instant messaging. Cette configuration, que j’appelle la configuration du « veilleur de nuit », place le dispositif des écrans dans une configuration de surveillance. Mais c’est un mode relativement passif qui peut rapidement devenir abrutissant tant il se rapproche d’un mode télévisuel.

Finalement, je me suis dit que les systèmes de notifications dans l’écran principal convenaient très bien et qu’il n’y avait pas lieu de réserver mon deuxième écran à cela. Restait donc à trouver un nouvel usage pour ce deuxième écran.

AL Gore dans son bureau avec 3 écrans. Manifestement, il fait de la surveillance

Après plusieurs essais, je me suis rendu compte  que, pour avoir un bon usage du deuxième écran, il fallait que le travail effectué nécessite la consultation simultanée de plusieurs documents (avoir un environnement de programmation sur plusieurs écrans est le cas de figure le plus valorisant pour l’utilisation d’écran multiples). Dans mon cas, cette utilisation n’est pas si fréquente que ce que j’avais cru, aussi le temps que je passe à vraiment travailler avec les deux écrans est au final très réduit.

Je me permets ici un aparté en précisant que j’ai été attentif à prendre un moniteur DELL (les moniteurs Apple sont beaucoup trop fermés avec leurs connectiques limitées et/ou propriétaires) qui soit compatible avec la PS3.  Là, j’ai fait rentrer le loup dans la bergerie, car je m’aperçois que le temps d’utilisation du deuxième écran est largement consacré à la PS3.

Bref, je me retrouve avec un temps d’utilisation du deuxième écran avec l’ordinateur qui est plutôt faible. Mais, ce qui m’a encore le plus surpris c’est que je me suis aperçu que, lorsque j’étais concentré sur l’écran principal, la présence d’un deuxième écran lumineux sur le côté devenait rapidement insupportable. Ce qui m’oblige à passer mon temps à allumer et éteindre le deuxième écran.

Le bilan est donc très mitigé pour moi après une dizaine de jours d’utilisation, mais peut-être que vous avez trouvé un meilleur dispositif et un meilleur usage des écrans multiples ? De plus, j’imagine qu’avec trois écrans, la complexité pour trouver un bon équilibre doit être encore plus grande.

Signaler sur Twitter

Related posts:

  1. Le penseur est un lecteur
  2. La beauté du travail

by Christian at June 06, 2010 03:09 PM under Défaut

June 05, 2010

Karl Dubost

Vivre avec la rizière

Elle et la rizière
Ebina, Japon, 4 août 2007

緑田に
心と体
女が 天空

La chaleur de l'été dilue les envies dans une épaisseur ouatée. De la station de train jusqu'à la rivière, la route est longue et droite. Tout autour l'horizon s'appuie sur le vert. Les rizières. Elle.

La rizière est eau, rafraîchissante, équilibre, végétale ; le contentement des repas à venir. La rizière est un volume, d'opacité et de consistances diverses. Le bouillon tendre de la sérénité y demeure.

La rizière
En train de Tokyo à Nagoya, Japon, 24 avril 2010

Par la fenêtre du train, en avril dernier, le paysage se déroule. Les rizières sont en transition. Certaines inondées, d'autres encore sèches. Les paysans sont dans leur champs. J'immobilise les images perçues. J'incorpore mon émotion, ma fascination. J'ajoute de la permanence sur l'objet fugace et saisonnier.

La rizière
En train de Nagoya à Ise, Japon, 26 avril 2010

Plus je m'approche de son essence et plus elle s'humanise. Je ne sais plus si ce sont les personnes qui ont élu domicile près de la rizière ou si c'est la rizière qui est venue là pour trouver la main habituée et volontaire des hommes. Une main travaillée, flétrie, les ongles épais, le bout des doigts gonflé, une main de la fluidité qui s'enfance dans la terre ivre.

La rizière
En train de Nagoya à Ise, Japon, 26 avril 2010

L'émerveillement devient obsession. La rizière me gagne petit à petit. Elle m'enivre à son tour. Je flotte sur sa profondeur. J'ai oublié.

La rizière
En train de Nagoya à Ise, Japon, 26 avril 2010

La rizière
En train de Nagoya à Ise, Japon, 26 avril 2010

Et puis… je réalise. La rizière est l'espace, l'horizon, le ciel et la terre. Elle flotte sur la rizière comme ces maisons échouées sur les hauts fonds. Les cultivateurs ne sont que des Robinson.

La rizière
En train de Ise à Toba, Japon, 27 avril 2010

June 05, 2010 08:33 PM under rizière

June 04, 2010

del.icio.us

del.icio.us

Karl Dubost

Refonte, et après ? Bonnes pratiques de l'appel d'offres

Etagères
Atami, Japon, 23 avril 2010

Oui, les premiers baisers, oui, les premiers serments
Que deux êtres mortels échangèrent sur terre,
Ce fut au pied d'un arbre effeuillé par les vents,
Sur un roc en poussière.

de Musset, Alfred, Souvenir.

Nous abandonnons des objets autour de nous. Sur nos étagères s'accumulent des morceaux de souvenirs. Nous les oublions, nous les rangeons dans des boites à chaussures. Ils se couvrent de poussières. Et pourtant, ils participent de notre environnement, à ce que nous sommes et à notre confort. Inconsciemment. Ils deviennent parfois encombrants et nous faisons un grand ménage.

Je vois paraître dans de nombreux appels d'offres de réalisation de sites Web, le mot « refonte. » J'ai commencé à construire une désafection de ce mot. Il est bien souvent employé sans aucune compréhension de l'espace d'information, du développement durable du site Web.

Dans la création d'un site Web, il faut comprendre la nature de ce que l'on créé. Il est possible d'apprendre à gérer pour le futur, le passé qui s'accumulera sur le site. Il existe des techniques pour cela. Ainsi, il n'est pas nécessaire de pratiquer la « terre brûlée » comme le font de nombreuses personnes et d'agences, y compris celle pour laquelle je travaille. (Je tente de changer l'inertie du navire cependant). Cela rejoint en partie l'article de Sébastien Provencher sur un développement Web durable mais abordé d'un autre angle.

Bonnes pratiques de l'appel d'offres

Quand il y a un problème, plutôt que de se plaindre, construisons l'outil qui permettra de nous soustraire aux ennuis. Je me pose donc la question d'un petit guide de bonnes pratiques pour rédiger un appel d'offres Web. Opquast gère (admirablement bien) le pendant et l'après. Je veux m'occuper des préliminaires. J'ai quelques idées mais si vous en avez d'autres, écrivez moi.

Quelques idées

Dans les éléments récurrents manquants dans les appels d'offres :

  • Absence des KPIs (indicateurs de performance)
  • Avoir des KPIs testables (Une meilleure image n'est pas testable, une augmentation de la fréquentation de x% est testable)
  • Avoir un appel d'offres qui se découpent en deux phases (analyse, stratégie et ensuite évaluation des coûts de production)
  • Explication détaillée des enjeux rencontrés à ce jour
  • Description de votre marché (utilisateurs, partenaires, compétiteurs, etc.)
  • Les descriptions techniques de votre système courant
  • Les ressources humaines qui gèrent votre site aujourd'hui et leur workflow
  • La carte du site actuel

Il y en a de nombreux autres. Est-ce déjà existant ?

Etagères
Atami, Japon, 23 avril 2010

June 04, 2010 04:12 AM under web

June 03, 2010

del.icio.us

del.icio.us

del.icio.us

An organization ontology

Ontologie pour décrire les organisations afin d'aider à la publication des informations dans le Linked Data. Elle permet d'exprimer les membres d'une organisation et leurs rôles, la structure d'une organisation, son activité, son implantation... Simple, claire et efficace

by Got at June 03, 2010 07:08 AM under WebSemantique

Alexandre Passant

Ph.D. Position in Modeling Linked Sensor Data and Incorporating Social Feedback and Community Sharing @ DERI

Interested in the Semantic Web and in Social Software ? Want to work on the exciting field of their integration with sensor data ? Want to join DERI ? Here's an current open (and fully-funded) Ph.D. position in DERI for the new EU project SPITFITRE, starting soon. If any questions, feel free to contact me at my @deri email. Edit: In addition, there is a second position open for the same project, essentially focused on querying and mining sensor data. You can check both on the jobs section of the DERI website.

The Digital Enterprise Research Institute (DERI) at the National University of Ireland Galway is seeking applications for a fully-funded Ph.D. position in Modeling Sensor Data and incorporating Social Feedback and Community Sharing. The successful candidate will join the EU-funded FP7 SPITFIRE project team in DERI at NUI Galway: Semantic-Service Provisioning for the Internet of Things using Future Internet Research by Experimentation.

The Digital Enterprise Research Institute, Galway (DERI) is one of the largest semantic research organization in the world. DERI's mission is to enable networked knowledge, globally interlinking information from the Web and the physical world. DERI is based in Galway is one of the most beautiful Irish cities shaped by artistic communities, active student life, innovative industry and leading edge research. Galway is located at the beautiful west coast of Ireland within the Galway Bay, 'between' Europe and the U.S., making it an ideal hub for national, European and international research.

SPITFIRE is an international project funded by the European Union working towards the realisation of a stronger connection between the natural and the digital worlds. The goal of this project is to investigate unified concepts, methods and software infrastructures that facilitate the efficient development of applications that span and integrate the Internet and the embedded (i.e., sensor) world, and make use of state-of-the-art Web and Semantic Web technologies to achieve this goal. SPITFIRE will drastically lower the effort required for developing robust, interoperable and scalable applications in the Internet of Things. This will facilitate new kinds of applications and services that are not possible to date and thus have an impact on research, industry and private households. The project consortium consists of academic and industrial partners from Ireland, Germany, Greece and Belgium. It is coordinated by DERI, NUI Galway.

The successful candidate is expected to work towards (1) the modeling of sensor data as Linked Data, (2) the incorporation of user-feedback for validating sensor description and (3) collaborative methods for sharing sensor description and related queries at Web scale. This will provide new methods and techniques for enabling sensor data description being available on the Web, being able to share these description within communities of interest. Use-cases where such methods could be deployed include Ambient Intelligence and Reality Mining. Ambient Intelligence is focused around personal applications, varying dependent on context, user’s goals, user roles, relations and entities. Reality Mining deals with the investigation and modelling of principles underlying the evolution and interactions in large social, communication and collaborative networks derived from individual sensors and their data.

The work will be achieved in close cooperation with other units and projects in DERI, as well as with the other partners from the SPITFIRE consortium. The FIRE initiative and its large-scale experimental facilities provide the unique opportunity to evaluate the developed methods and algorithms at large scale and in a realistic environment.

Areas of interest include - but are not limited to:

  • Modelling Sensor data as Linked Open Data and using ontology engineering best practices
  • Incorporating user-feedback in output of mined sensor description
  • Designing social software and community sharing applications for sensor data
  • Querying sensor data and sharing queries description in online communities

The successful candidate should have at least a Bachelor’s degree in computer science, science or engineering (M.Sc. is a plus), have the pre-requisites for Ph.D. studies at NUI Galway, and must be fluent in english. The Ph.D. position covers academic fees, a generous monthly stipend and a research travel allowance for a three year period, as well as the use of DERI's facilities for experimentations and research. The Ph.D. position is initially funded for a 3-years duration, with subject to extension to 4-years.

The following criteria are expected from the student:

  • Interest with Semantic Web technologies (RDF(S)/OWL, SPARQL, etc.) and Linked Data
  • Interest and familiarity with social software (blogs, wikis, microblogging, etc.)
  • Interest for standardisation processes
  • Good programming skills
  • Good english writing skills

The successful candidate will work with the DERI Principle Investigator Prof. Manfred Hauswirth and Dr. Alexandre Passant in DERI, NUI Galway. There will be extensive opportunities for collaboration with other researchers and with other research groups and projects in DERI and in Europe, as well as in other world-wide institutes with whom DERI collaborates, including opportunities for a long-term visit during the Ph.D. timeframe.

The application must be send by Jun 30th, 2010 to Dr. Alexandre Passant in either (X)HTML, pdf or plain text and must contain the following:

  • a CV
  • a one page statement explaining the candidate's interest in and compatibility with the objectives of the position
  • a list of (minimum two) referees
  • additionally, publications, software and other artifacts that the student may be consider relevant - ideally as links to resources available online

Applications that do not follow the previous format will not be considered. Requests for information should be addressed to the same person.

by Alex. at June 03, 2010 06:44 AM under WebSemantique

June 02, 2010

Karl Dubost

La ville fantôme

Immeubles
Atami, Japon, 23 avril 2010

Nous avons pris le train depuis Tokyo. Par la fenêtre, la pluie fine commence à tomber. Les nuages gris couvrent le Mont Fuji que nous ne pourrons pas voir. Il est là surement caché. Il envahit peut-être tout l'espace de la fenêtre. On ne peut qu'imaginer dans le voile. La ville oubliée de Atami émerge grise, mouillée, le béton des hôtels des années 50 s'ennuie sur les hauteurs.

Pour descendre vers notre hôtel, nous empruntons un chemin humide. Des escaliers recouverts de feuilles mortes et d'épines, des toiles d'araignées perlées à l'entrée des maisons nous guident vers l'entrailles de la mer invisible. Se laisser accompagner par l'invisible, tout au bout, sans jamais regarder vers le haut, nous descendons vers l'inconnu. Battements de cœur.

chemin à Azami
Atami, Japon, 23 avril 2010

La ville a commencé à se dissoudre. Les sources chaudes ont bu les murs, les plafonds, le sulfure du Volcan peut-être. Certains murmurent les crises économiques, d'autres le changement de génération. Je crois plutôt que c'est l'eau, la mousse et les arbres. Le monde, sans nous, reprend de l'ampleur, de l'espace.

ruines à Azami
Atami, Japon, 23 avril 2010

Il doit bien rester quelques humains derrière ces murs. Il doit bien subsister un souffle, un regard sombre dans l'ombre. Je crois apercevoir un visage à une fenêtre. Je m'approche. La fenêtre se ferme. Était-ce vraiment un humain ? Je ne le saurais pas. Il pleut.

fenêtres à Azami
Atami, Japon, 23 avril 2010

Il fait froid. La pluie malgré le parapluie pénètre dans mon cou entre mon manteau noir et mes cheveux. Je souris. Je ris. Je suis dans le quartier qui borde la mer, le quartier chaud de la ville. Des bars tous fermés, des immeubles de soap land éteints et silencieux. Aucune femme ne lavant avec leurs corps nus les hommes de leur journée de labeur et d'ivresse.

escalier à Azami
Atami, Japon, 23 avril 2010

La ville fantôme est le témoignage de notre insignifiance sur Terre. L'œuvre sombre et mélancolique de notre passé. Vides les rues de Los Angeles. Abandonnées, les mines de Matsuo. Désertée, la ville ouvrière de Qingshuihe en Mongolie intérieure, Chine.

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.

Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.

Même j'ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,
- Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.

Verlaine, Paul, Après trois ans, Poèmes Saturniens.

June 02, 2010 12:24 PM under japon

David Larlet

Société, informatique et agilité

Je suis en train de lire Éloge de la fuite de Henri Laborit qui traite des rapports de dominance et de l'importance de l'imagination (entre autres) à la lumière de la biologie. C'est un livre passionnant et je me suis arrêté aujourd'hui sur le passage suivant :

Comment parler d'une société idéale alors que notre déité est limitée à notre expérience présente. Depuis quelques années, on ne parle plus de programmation, mais de prospective. Sans doute il y a là un progrès. On a compris qu'il n'est plus possible de prévoir l'avenir en poursuivant l'expérience du passé. Mais on n'a pas encore compris que l'on ne peut aussi imaginer prospectivement l'avenir qu'à partir des éléments de notre présent, ce qui veut dire que ces éléments seront toujours incomplets et que seule la marche en avant nous permettra d'en découvrir d'autres. Or, ces éléments-là changeront complètement la vue prospective élaborée dans un moment déjà révolu. Il nous est interdit de faire de la prospective. Nous devons nous contenter d'une « proximospective » pour échapper à la rétrospective. Notre rôle est limité : il ne consiste pas à imaginer une société idéale, il ne consistera jamais, pour les générations qui nous succèderont, à imaginer une société idéale, pour la simple raison que notre désir ne peut être qu'à la dimension de notre connaissance.

Si l'on remplace société par projet informatique dans ce paragraphe, on s'approche d'une bonne définition de l'agilité informatique. Pas mal pour un texte écrit en 1976 :-).

Logo biologeek Société, informatique et agilité a été rédigé par David Larlet pour biologeek.com et a été originellement posté le 02 juin 2010. À part exceptions, c'est ©2004-2009 David Larlet et sous licence (presque) libre autorisant la reproduction, la distribution et la modification sous certaines conditions. Veuillez les respecter.

by David Larlet at June 02, 2010 10:56 AM

June 01, 2010

Alexandre Passant

sparqlPuSH at the Semantic Web Scripting Challenge

ESWC2010 is starting today, but some workshops and tutorials have already been held on sunday and monday. Besides the SPOT2010 workshop, I'm happy to announce that sparqlPuSH won the Semantic Web Scripting Challenge prize ! Here are the slides of the presentation.

SFSW2010 was actually the last edition of the SFSW workshop series. As shown in the closing session, lots of things happened in the community since 2005, when there was almost no API for managing RDF data on the Web, scalable RDF store, UI nor mash-ups. I believe that these SFSW workshops played an important role in that move, building a pragmatic vision of the Semantic Web landscape. Thank you guys for that !

Besides that, the conference is ongoing for the next three days and I'm presenting our demo paper on dbrec today, and in the demo session tonight (dbrec is also participating in the AI mashup challenge, so your votes are highly welcome :-). Slides will be uploaded after the presentation, and here's some teasing, since I'll avoid the usual bullet-points approach for these ones. Edit : here are the slides of the short presentation.

by Alex. at June 01, 2010 07:33 AM under WebSemantique

May 29, 2010

Mondeca

thomasfrancart

J’ai découvert récemment le nouveau site semanticoverflow.com; c’est un site de questions/réponses dédié aux technologies sémantiques, basé sur le même modèle que stackoverflow.com. Ca me plait bien car cela donne des questions très concrètes et très orientées « mise en oeuvre » des technos (bref, ca doit plaire à des ingénieurs, quoi). Si vous avez des questions [...]

by Thomas Francart at May 29, 2010 01:48 PM under WebSemantique

May 28, 2010

Alexandre Passant

CfP: Real-time and Ubiquitous Social Semantics

Fabien Gandon (INRIA), Harith Alani (KMI) and myself are co-editing a special issue on "Real-time and Ubiquitous Social Semantics" for new the Semantic Web Journal. The call for paper and important dates are as follow, and available here as a pdf file. We're looking forward for many interesting submissions on the topic !

In the past few years, the Web has increasingly shifted from its initial document and librarian paradigm to an ecology of socially-generated data and services. Websites such as Twitter, Facebook, FourSquare, etc. emphasise the huge popularity of sharing information in real-time. In addition, the wealth and breadth of applications that exploit open social networking APIs to provide new services and functionalities are growing rapidly, enabling new ways to interact and browse this user-generated content.

At the same time, the deployment of network-enabled mobile devices, RFID and sensors, is realising the ubiquitous nature of social networks. More objects of our everyday life are getting connected to the Internet to become part of its applications, including the Web and social networking services. We are only starting to contemplate the potential of a wide Internet of things, but it is certain that in that new augmentation of our reality, the Semantic Web will be one of the cornerstones of interoperability.

Advances in the Semantic Web and Linked Data realms offer new capabilities for such paradigms, ranging from data integration to knowledge representation for such social data, objects, and service descriptions. However, many challenges remain to be addressed such as scalability, reasoning in dynamic contexts, quality and provenance, privacy and security, multi-modal accesses, context capture and awareness, etc. Nevertheless, Semantic Web frameworks provide the means to support the architecture of such real-time social and ubiquitous platforms.

In this special issue, we seek contributions that tackle the issues of real-time and ubiquitous Social Semantics. In particular, we expect contributions addressing the following topics:

  • From raw social data to semantic data
    • semantic grounding of raw social data
    • generation and aggregation of social semantics
    • ontologies and data models for social data representation and analysis
    • real-time semantic mining and analysis of social data
    • trends and dynamics in social semantic web
    • capturing and representing context in social networking
  • Ubiquitous Web and social semantics
    • integration of virtual and physical worlds
    • integration tools, technologies, and platforms
    • privacy, ethics, and confidentiality
    • presence tracking and semantic augmentation
    • semantic sensors and RFID
    • social semantics on mobile devices
  • Real-time querying frameworks and languages for social data
    • stream querying and reasoning on social data
    • location or time based reasoning, context based reasoning
    • querying volatile, moving and dynamic networks and data sources
    • dynamics, changesets and push-based notifications
    • scalability, approximate reasoning and querying in social applications
    • provenance and quality for querying social data


We solicit high-quality contributions addressing one or more of the aforementioned topics. Submissions should clearly address how they relate to the topic of this special issue (more than "potential" use-cases) and how the contribution enhances the state of the art in its particular domain. We especially welcome papers dealing with real data, description of deployed systems, and discussions on related experiments and methodology.

Papers must be submitted using the journal guidelines available at http://www.semantic-web-journal.net/authors. Upon submission on mstracker, the authors should mention "Social Semantics Special Issue" in the cover letter of their article. In addition, authors must keep in mind that the journal relies on an open and transparent review process and that their paper(s) will be available online during the review process. We suggest the authors to carefully check details of the review process at http://www.semantic-web-journal.net/reviewers#review.

Important dates

Submissions:
12th of September
Reviews due:
31st of October
Camera-ready version:
28th of November
Online Publication:
February 2011
Printed Publication:
March 2011

by Alex. at May 28, 2010 04:58 PM under WebSemantique

Christian Fauré

Impossible absence

Extrait d’un entretien avec Bernard Stiegler. Où l’on parle de l’impossible absence de l’art et de la culture dans la refondation d’une économie politique, en écho à la pétition Impossible absence et en prépartion de la réunion du lundi 31 Mai 2010 au théâtre Gérard Philippe de Saint Denis.

Signaler sur Twitter

Related posts:

  1. Réunion Ars Industrialis du 15 Décembre 2007
  2. Ars Industrialis sur Twitter
  3. C’est clair, non ?

by Christian at May 28, 2010 02:17 PM under Défaut

Karl Dubost

La brèche et le brin…

ville imaginaire
Le monde pieuvre par heri irawan

L'asphalte était gris autour de moi, le soleil écrasait la poussière et les envies au sol. J'étais là, je ne sais plus très bien pourquoi, sur le trottoir de béton quand je l'ai aperçue. Je ne m'y attendais pas. Je ne l'ai même pas entendue. Où peut-être ai-je découvert le son du vide qu'elle créa ? Au milieu du ciment, la brèche. Une fracture dans le plan urbain, dans les plans, dans l'organisation consensuelle. Qu'elle était belle cette brêche, elle finissait par remplir tout l'espace de ma conscience.

ville imaginaire par luc schuiten
La ville végétale par Luc Schuiten

Un brin d'herbe au milieu de cette brèche, fier, jeune et bombant le torse, provocateur et pourtant si sûr de lui. Le monde n'a pas de frontières, car il n'a pas conscience des barrières. Ce qui ne se conçoit pas, n'existe pas. Il grandit, il s'étale, il écarte un peu plus la fente et la fait ouverture. Il se multiplie et pousse vers le ciel la surface. Il créé de nouvelles brèches, il est multiple et envahit tout.

High Line, New York
New-York, États-Unis, 25 juin 2009

Je regarde autour de moi… l'herbe a envahit le trottoir, des fleurs ont poussé. Le lierre grimpe sur les gouttière et les poteaux téléphoniques. Certaines rues se liquéfient et prennent le sens de la pente… des torrents, des rivières tranquilles. De toit en toit, des passerelles de bois se construisent pour enjamber les rues. Je retire mes chaussures. Je veux sentir la végétation sous mes pieds.

Une brèche, c'est toujours le début de mon rêve urbain.

AU KDDI Smart Sports - Green Road Project

Idée de la brèche

Et c'est bien cette idée de la brèche que l'on retrouve à de nombreux endroits comme cette campagne à Hong-Kong (explications) utilisant de la peinture et un arbre qui se construit avec le pas des piétons. Des feuilles émergent du pas lent comme un printemps. Les Champs-Élysées à Paris se couvrent d'un jardin pendant… 2 jours. Pourquoi seulement deux jours ? Pourquoi ne pas transformer de façon permanente la ville en grand jardin.

paris de l'espace
Paris, Soichi Noguchi, International Space Station, 23 mai 2010

L'idée de Gad Weil et Laurence Médioni pour installer les 8 000 parcelles comprenant 150 essences agricoles et forestières, […] 150 000 jeunes plants (50 cms), 11 000 baliveaux (2m), 610 grands arbres (de 4 à 7 mètres) semblent être une débauche de moyens orgiaques, 4,2 millions d’euros. Il a fallu 500 personnes. Des chiffres, des quantités, et peu de long termes, dans quelques semaines, tous ces chiffres seront remplacés par d'autres, ceux de la coupe du monde de football. Je suis à peu près sûr que le nom de domaine ne fera pas long feu non plus.

paris imaginaire
Champs Élysées par Gad Weil et Laurence Médioni

En rien, cette initiative ne permettra d'atteindre les objectifs du protocole de Kyoto. On aime le marketing écologique bien plus que la réalité bien plus terre à terre de la réduction des émissions polluantes. La biodiversité est pour les musées et les expositions universelles comme le pavillon anglais à Shanghai cette année. 55% des espèces animales et végétales sont menacées d'extinction. Pendant ce temps, nous plantons nos villes d'essence unique, d'un seul genre afin de ne pas avoir trop de matériels végétaux sur nos trottoirs, mais en faisant cela nous augmentons peut-être les risques d'asthmes dus aux allergies aux pollens.

Et pourtant la ville est une fiction. Des îles surpeuplées, concentrées, où nous vivons la fiction d'une autonomie. Unplugged. Imaginez un instant. Plus de courant électrique. Que faisons-nous ? Comment survivons nous à cette soudaine catastrophe ?

Mekong
Paul Stewart/Mouth to Source (Catalogue)

Les sources se tarient… un jour ou l'autre. Les rivières retenues pour l'électricité, l'eau ne vient plus, et toutes les économies d'aval périssent comme sur le Mékong.

May 28, 2010 11:00 AM under brèche