Planète Web Sémantique

February 02, 2022

Karl Dubost

Tada Hokuu

figue sur le bord d'un mur. Tsujido, Japon, 28 décembre 2021

Les grands rêveurs d'enfance sont attirés par cet au-delà la naissance.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

Il y a quelques jours, je mentionnais la tombe art déco du cimetière de Somei. Sur la photographie, on peut y lire le nom de famille : 多田ta da. En cherchant un peu, je découvre finalement le nom complet 多田 北烏ta da ho kuu. L'article de wikipedia mentionne qu'il est né dans la préfecture de Nagano. Il est venu vivre à Tokyo à l'age de 13 ans. Après des études artistiques, il a travaillé au département Design de Toppan. Il fût plus tard le directeur de l'institut du design de Tokyo. Il a concentré sa carrière sur la création publicitaire.

Il a fondé Sun Studio, un atelier pour artistes.

Personnes dans une cour autour de grandes affiches

Il a aussi réalisé des affiches de propagande pendant la seconde guerre mondiale.

sur le bord du chemin

  • Add a Service Worker to your site. Je me demande souvent la pertinence pour un site comme le mien (à part l'expérimentation). La seule partie redondante entre les pages ? La feuille de style. Son poid 2745 octets. Le poids du service worker probablement serai plus que ma feuille de style. Les images sont toutes uniques à chaque page.
  • Je remarque souvent dans les articles de journaux, les blogs du continent nord américain la remarque à propos des systèmes canadiens, français, etc. de santé qui sont gratuits. C'est une erreur. Tout comme au Japon, ces systèmes de santé ne sont pas gratuits, ils sont universels. C'est à dire que chaque citoyen du pays a accès au système de santé (avec des nuances et des variations selon les pays). Nous payons des impôts pour les financer. Ce trait est remarquable car il place la solidarité, la participation collective au cœur du système de santé. Les personnels soignants, les hôpitaux, tout cela a un coût. Le financer collectivement élève la société entière. Il ne faut surtout pas effacer cet effort en disant que le système est gratuit. Bien sûr, l'éthique individualiste d'une frange de la population individualiste des États-Unis est contraire à ce principe.

February 02, 2022 11:45 AM

January 19, 2022

David Larlet

Négatif

Les générations qui sont nées après 1973, celles qui ont grandi à l’ère de « la crise » perpétuelle, ont intériorisé, l’une après l’autre, l’idée que chacune vivrait globalement moins bien que la précédente. Elles ont réappris à avoir peur. Un retournement historique qui pourrait aussi se lire comme une sorte de psychothérapie de groupe, une rééducation de masse à la « tolérance à la frustration ».

La société ingouvernable, Grégoire Chamayou

Cela fait bientôt deux années que le monde (occidental) aspire à être négatif. À passer entre les gouttes. À fuir son prochain. Ça laisse des traces. Profondes.

Il y a la peur. Celle de faire une forme grave ou longue. Celle de la transmettre aux personnes, forcément proches. Celle de croiser le mauvais mutant, celui de trop. Celle de se déshumaniser.

Il y a les travailleurs — et surtout travailleuses — essentiel·les qui sont en panne d’essence. De sens aussi. J’en manque de même, de plus en plus, à relayer des doctrines et protocoles tous plus abscons les uns que les autres.

Quel est le niveau d’indécence lorsqu’on essaye de faire de bons mots sur les grands maux de notre époque ?

Il n’y aura pas de ré-solutions cette année, ni même d’in-tensions. Car toutes les solutions ne font qu’aviver les tensions. Peut-être qu’ils finiront seuls et vaincus, mais à quel prix ? Quoi qu’il en coûte mais il faudra tout de même apprendre à vivre avec. Tout était dit.

En revanche, je vais essayer de trouver le bon révélateur pour transformer ce négatif. Passer par l’image pour couper le son d’une anxiété continue, non contenue. Dévier le flux. Stopper le mien. Arpenter d’autres espaces.

Loin…


Du bord de la rivière

❤️ La donnée, répondais-je, c’est la mesure de ce qui nous tient à cœur, de ce qui nous importe.

Par amour du mauvais jeu de mot, j’aurais pu dire: la mesure de ce qui compte.

Ce qui compte (cache)

🧑‍🔬 In the so-called modern day it’s like everyone — except a few — has dropped their brain on the floor. They keep inventing “revolutionary new ways” of doing the same thing that could be done in a dozen ways already. And they do that by coating more and more and more unnecessary complexity on top of existing technology stacks.

Is the madness ever going to end? (cache)

🐺 The term alpha wolf is not widely used by wolf researchers today. But it is still well established in our consciousness, Zimmermann said. In the middle of a sentence, she corrects herself.

“Alpha animals… I mean the leader animals or the adults,” she said. “As you can see, it’s still in there. But that’s completely wrong.”

Wolf packs don’t actually have alpha males and alpha females, the idea is based on a misunderstanding (cache)

⏳ This time-based ULID system continues to give us all the advantages of a UUID system—it can be distributed, because there’s no single sequence authority, the IDs can be merged into a single dataset later, and there’s an even lower chance of global collision, because collisions are only possible inside the same millisecond.

Understanding UUIDs, ULIDs and String Representations (cache)

🚮 The real-life impact of our technical decisions really hit home to me once again: my Mom had trouble volunteering and participating in her local community because somebody shipped the optional chaining operator in their production JavaScript.

The Optional Chaining Operator, “Modern” Browsers, and My Mom (cache)

✍️ Établir une réflexion en sciences humaines et sociales aujourd’hui signifie comprendre et manipuler des outils d’écriture numérique. Il est nécessaire de proposer des formations dans les institutions de savoir pour former les chercheur·e·s en sciences humaines aux théories et pratiques numériques.

Débugue tes humanités

🏡 Peut-on donc imaginer une manière d’habiter sans posséder ? Je ne parle pas ici de devenir locataire, ce qui induit une autre forme de dépendance, mais bien d’habiter sans posséder ni se soumettre ; en somme, de redéfinir droit de propriété et droit d’usage, à l’aune du travail colossal réalisé sur les communs, l’autogestion et la solidarité.

C’est la tâche à laquelle s’attelle depuis trois ans la foncière Antidote, en cherchant à neutraliser la partie la plus nocive de la propriété, l’abusus. Concrètement, si l’on prend l’exemple d’un arbre, l’usus donne le droit de dormir sous son feuillage, le fructus celui de manger ses fruits, et l’abusus le droit de le couper. Appliqué à un lieu collectif, neutraliser l’abusus revient donc à le sortir du marché afin qu’il ne puisse être vendu.

Habiter sans posséder, tel est l’antidote (cache)


Réagir ?

January 19, 2022 11:00 AM

January 13, 2022

Christian Fauré

La femme, cette scientifique

Lecture du Chapitre 6 de “Au commencement était ….” de David Graeber et David Wengrow, Les Liens qui Libèrent, 2021.

Il s’agit dans ce chapitre de déboulonner un certain nombre de préjugés qui donnent du crédit à la “révolution agricole” du croissant fertile.

Les premiers indices sur l’absence d’une révolution qui se serait répandue comme une traînée de poudre ont été retrouvé sur les sites du néolithique ; même s’il est possible que pendant cette période le passage à l’agriculture ait été une réalité, toujours est-il que l’art et les rituels – pendant au moins un millénaire – ne font pas référence à l’agriculture, et la vie culturelle reste obstinément tournée vers la chasse et la cueillette. Ainsi, les statues de femmes aux formes généreuses qu’on appelle les vénus, ne sont pas des symboles de fertilité dans un contexte agricole.

Vénus de Willendorf, vers 24 000 / 22 000 avant le présent (culture gravettienne; paléolithique supérieur), calcaire oolithique, H: 11 cm. Musée d’histoire naturelle de Vienne (Autriche). Date de découverte : 1908. Lieu de découverte : Aggsbach (Willendorf, Autriche). Source : https://paragone.hypotheses.org/5991

On sait que le passage à l’agriculture peut être vérifié à partir des graines de plantes qui ont été domestiquées. Une plante domestiquée a sa génétique modifiée et elle ne peut se développer seule, elle est totalement dépendante des bons soins des agriculteurs. Yuval Harari, dans Sapiens, a des envolées lyriques sur le fait qu’avec l’agriculture, c’est aussi la plante qui domestique l’homme.

C’est le moment où les auteurs font leur coming-out : ce livre est quand même un anti-Sapiens :

“Si le récit de Harari est si séduisant, ce n’est pas parce qu’il est solidement étayé par des preuves, mais parce qu’on nous l’a déjà répété mille fois – même si le casting change.”

Au commencement… p.294.

Des études ont montré que la mutation génétique des plantes pouvait être obtenue en un laps de temps réduit, entre 20 ans et 200 ans au maximum. Ce qui ne justifie donc pas la période d’au moins mille ans que l’on constate. Alors pourquoi l’agriculture du néolithique a-t-elle été si lente à se développer ? Un début de réponse est proposé par les auteurs :

“Les populations humaines du Moyen-Orient ont commencé à se fixer dans des villages permanents bien avant que les céréales ne deviennent une composante essentielle de leur alimentation. Au cours de cette période, elles ont découvert que les tiges d’herbes sauvages avaient de multiples usages.”

Ibid. p.296

Parmi les usages citons :

  • comme petit combustible
  • comme adjuvant à la boue qui servait à bâtir des murs
  • comme élément pour la confection de paniers, vêtements, nattes, chaume.
Source : http://familleringeval.canalblog.com/archives/2008/06/30/9763090.html

Cette période de cultivation des plantes pour les tiges et pas pour la nourriture crée une proximité avec les plantes qui serait la condition de possibilité d’une lente domestication en passant par un savoir botanique avant de basculer dans des pratiques agricoles. Le fait que cette phase ait pu s’étendre durant trois mille ans, montre qu’il n’y a pas eu de “révolution agricole”. Il s’agit :

“d’une phase à part entière de l’histoire de l’humanité au cours de laquelle des populations de cueilleurs ont pratiqué l’agriculture par intermittence, sans jamais devenir esclaves de leurs plantes ni de leurs troupeaux.”

Ibid. p.298.

Bref, on a plus à faire à des techniques de gestion de l’environnement où la culture de certaines plantes se faisait surtout sous forme d’agriculture de décrue où on laisse la nature faire le travail que d’agriculture avec le labeur qu’on peut y associer communément. Dans cette activité de techniques de gestion de l’environnement, avec les connaissances botaniques que cela requiert, il faut ici souligner le rôle essentiel des femmes :

“Presque partout dans le monde, ce sont elles qui récoltent les plantes sauvages et les transforment”.

Ibid. p.301

Et comme cette culture de plantes comestibles s’accompagnait presque toujours d’activités de vannerie dont le tressage et l’entremêlement ont dû être à l’origine des premières connaissances mathématiques et géométriques, on peut déplorer que de nombreux développement qui seraient à mettre au crédit des femmes aient été largement passé sous silence.

Aucune trace d’inégalité flagrante en tout cas dans ces sociétés cultivatrices, et même entre les différents peuples du levant qui avaient un rapport plus ou moins dépendant à cette forme d’agriculture, il semble que les  plus dépendantes à cette forme d’agriculture sont les plus épargnées à la stratification sociales et à la violence. Si l’introduction de l’agriculture au néolithique n’est pas l’événement qui marque l’apparition de formes de dominations sociales, qu’est-ce qui a bien pu aller de travers ?

by Christian at January 13, 2022 10:25 AM

January 10, 2022

Christian Fauré

Se méfier du primat de la production en anthropologie et en économie

Lecture du Chapitre 5 de “Au commencement était ….” de David Graeber et David Wengrow, Les Liens qui Libèrent, 2021.

Rappelons que juste après la fin de la dernière glaciation, on assiste à une fragmentation en “aires culturelles” diversifiées. Ce chapitre tente d’identifier “la force motrice de ces subdivisions culturelles” en s’appuyant sur la comparaison entre les indiens du nord-ouest de d’Amérique et ceux de la Californie.

Les tribus des “rois pécheurs” du nord et les “cueilleurs protestants” du sud partagent le fait d’avoir rejeté l’agriculture mais :

  • au nord-ouest les indiens se caractérisent par une économie de chasse, la pratique de l’esclavage, et l’importance des fameux Potlatchs, moments festifs s’accompagnant de dons somptuaires.
  • au sud, du côté de la Californie, on a des activités essentiellement de cueillette de glands, avec une mentalité que l’on peut rapprocher de celle décrit par Max Weber dans l’ “Ethique protestante du capitalisme” : les populations valorisent la frugalité, cherchent volontiers à s’enrichir et, en revanche, ne pratiquent pas l’esclavagisme.

Pour Graeber et Wengrow, si l’esclavage c’est répandu sur la côte nord-ouest c’est :

“parce que l’aristocratie ambitieuse qui dominait ces sociétés n’arrivait pas à contraindre à travailler pour elle les sujets libres qui n’en avaient pas envie.”

Au commencement était … p.266.

Ces différences peuvent également être éclairées par l’approche schismogénétique de Bateson, car si l’on essaye de lire les différences avec des analyses économiques focalisées sur la productivité – notamment via le ratio effort énergétique / apport énergétique que prônent la théorie de la stratégie optimale de recherche de la nourriture – on voit que les conclusions ne sont pas confirmées par la réalité. Par exemple, les indiens du sud auraient eu intérêt à copier certaines activités, comme par exemple un style de pêche, mais ils ne l’ont pas fait, comme par opposition volontaire à ce qui se faisait au Nord. Le sujet était déjà abordé par Mauss qui écrivait que “les sociétés vivent d’emprunts :[Mais] elles se définissent plutôt par le refus d’emprunt que la possibilité d’emprunts”.

On peut donc toujours analyser les différences comme étant la résultante d’une logique de production, mais les auteurs penchent clairement en faveur du primat d’un choix culturel conscient pour expliquer les divergences sur des sujets aussi importants que : le travail, le régime alimentaire et la richesse matérielle.

Ce qui pour moi fait écho à la thèse de Dusan Kazic, “Quand les plantes n’en font qu’à leur tête” (Janvier 2022) qui remet en cause le primat productiviste au fondement des discours économiques, notamment dans l’agriculture. On peut ainsi lire en quatrième de couverture :

” Dans l’héritage de Pierre Clastres, James Scott et Donna Haraway, l’auteur propose de rompre avec le paradigme de la production issu du savoir économique, qui mène à la destruction des paysans et de cette Terre, pour concevoir une agriculture et plus largement un monde sans production et sans économie”

by Christian at January 10, 2022 04:32 PM

January 06, 2022

Christian Fauré

L’esprit des lieux et l’esprit des lois

Lecture du chapitre 4 du livre “Au commencement était” de David Graeber et David Wengrow, Les liens qui Libèrent, 2021.

Si des configurations de formes sociales souples et changeantes (voir la saisonnalité évoquée au chapitre 3) semblent avoir caractérisées le paléolithique supérieur, avec une mobilité et des échanges sur de vastes territoires, ce n’est que dans la période qui va précéder l’apparition de l’agriculture qu’on note des cloisonnements et une segmentation plus marquée entre des zones culturelles qui tendent à se différencier.

“Au cosmopolitisme du paléolithique supérieur a succédé, douze mille ans avant notre ère, une phase compliquée longue de plusieurs milliers d’années. C’est de là que datent les tout premiers indices dessinant les contours de “cultures” séparées”. p.163.

Au commencement était … Graeber & Wengrow, LLL, 2021.

L’évolution aidant, et les techniques se développant, on aurait pu penser que le brassage et l’abolition des frontières allait en s’accélérant, c’est le contraire qui semble s’être passé : “Observé sur le temps long, le rayon de déploiement des relations sociales se rétrécit plus qu’il ne s’étend”. Modes de vie, pratiques culinaires, jusqu’aux systèmes de valeurs, tout semble se diversifier et procéder à des distinctions et des différences entre différentes zones géographique, même proches entres-elles. Peut-on y voir les prémices de la mise en place de liens de subordination et d’inégalité parmi les hommes ?


On cherche à présent à savoir si le rôle de la propriété a évolué durant cette période pour commencer à induire des relations de pouvoir et de subordination. Nous disons “évolué’, parce que rien ne permet de dire que la notion de propriété n’existait pas lors des millénaires précédents : mais quelle forme pouvait-elle avoir ?

Il semble que les objets sacrés sont la seule véritable propriété exclusive autorisée dans les sociétés qu’imaginent Graeger et Wengrow comme étant des “sociétés libres”, c’est à dire où l’autonomie individuelle est la plus haute valeur :

“Dès lors se dessine un trait commun fondamental entre la notion de propriété privée et celle de sacré : toutes deux sont prioritairement des structures d’exclusion.”

Ibid. p.206

En effet, le sociologue Emile Durkheim rappelait déjà que le mot “sacré” désigne ce qui est “mis à part”, séparé du monde et mis sur un piédestal, raison de son lien avec des forces supérieures. Ainsi le mot “tabu” en polynésien, signifiant “ce qui ne doit pas être touché” , est-il une expression claire de ce qu’est le sacré.

Ne peut-on donc pas dire que ces sociétés – via le sacré – étaient déjà sous l’emprise des diverses formes de la propriété et donc avec les conséquences sur les inégalités sociales qui peuvent aller avec ?Apparemment non, car tout d’abord ce qui pouvait exister au sein du régime de propriété avait nécessairement à voir avec le sacré où à ce que nous appellerions aujourd’hui la propriété intellectuelle ou le droit d’auteur, des propriétés immatérielles ou incorporelles telles que :

“formules magiques, contes, connaissances médicales, droit d’exécuter telle ou telle danse, de coudre tel ou tel motif sur sa cape …”.

Ibid. p.207

Par ailleurs, s’il n’y avait pas de propriétés des terres, c’était aussi parce que de nombreuses sociétés estimaient que les véritables propriétaires étaient les dieux et les esprits des lieux. Et qui plus est, “la notion de propriété comporte toujours une double dimension de soin”, ainsi les clans qui prenaient le nom d’un animal : ours, aigles, etc., s’appropriaient l’animal avec certaines contraintes comme celle de ne pas le chasser, le blesser ou de le consommer.

“Être propriétaire” signifie donc aussi “prendre soin”. Ce qui tranche avec les bases du droit romain dont nous sommes les héritiers, puisque selon lui la propriété repose sur trois droits élémentaires et indissociables :

  • l’usus, le droit d’user et d’utiliser
  • le fructus, le droit de jouir des produits d’un bien (exemple : les fruits de l’arbre)
  • et l’abusus, le droit de disposer, c’est à dire d’endommager, voire de détruire.

Entre le droit de détruire et l’obligation de prendre soin, on peut mesurer le grand écart qui existe entre un droit favorisant les inégalités et celui qui favorise la liberté.

by Christian at January 06, 2022 04:03 PM

January 02, 2022

Christian Fauré

Excentricité et saisonnalité dans les formes d’organisations politiques

Lecture du chapitre 3 du livre “Au commencement était” de David Graeber et David Wengrow, Les liens qui Libèrent, 2021.

Ce chapitre vise à déconstruire les lieux communs concernant l’évolution supposée de l’humanité et des stades de développement social qui se présentent sous la forme séquentielle : cellules familiales, cueilleurs-chasseurs, agriculteurs, empires administratifs ; ce qui correspond également à la séquence qui va des clans aux tribus, des tribus au chefferies, et des chefferie à l’Etat.

Cette séquence convient aussi bien aux hobbesiens qu’aux rousseauistes : elle peut aussi bien expliquer comment la liberté se perd un peu plus à chaque passage à un stade nouveau, tout comme rendre compte de la sortie progressive de la sauvagerie des temps primitifs. Que les dizaines de milliers d’années du paléolithique supérieur soit constitué par des communautés de chasseur-cueilleurs ne semble pas faire de doute, mais il ne faudrait pas en conclure pour autant qu’un seul système politique s’appliquerait à toutes les communautés, à plus forte raison si c’est pour y déceler une origine des inégalités sociales. Refuser donc le déterminisme selon lequel un mode de vie chasseur cueilleur impliquerait forcément toujours une même forme d’organisation politique.

Ce qui compte pour Graeber et Wengrow, c’est de défendre leur hypothèse que ces peuples avaient un libre arbitre et qu’ils étaient des acteurs politiques conscients. L’objectif n’est pas tant de changer l’ordre de cette séquence évolutive que de considérer qu’un même peuple peut avoir différents régimes d’économie politique en même temps, ou plus précisément selon une certaine saisonnalité : l’été une organisation et des activités de type cueilleur-chasseur avec de petits groupes dispersés, puis l’hiver une vaste communauté concentrée sur une surface géographique restreinte qui ressemble plus à une organisation administrative et centralisée, capable de construire des architectures somptuaires, qu’à une bande de sauvages en goguette.

Quoiqu’il en soit, demeure cette idée-force que les humains des ces temps là pouvaient mélanger de manière délibérée des formes d’organisations diverse en alternance avec le changement des saisons :

” …marqués par de forts contrastes saisonniers, nos lointains ancêtres, (…) apparemment guidés par le sentiment qu’aucun ordre social n’est jamais définitivement fixé ni immuable, ne cessaient d’en changer, bâtissaient des monuments qu’ils finissaient par abandonner, laissaient se développer des structures autoritaires à certaines périodes de l’année pour mieux les démanteler à d’autres. Un même individu pouvait donc vivre alternativement dans une société clanique, une société tribale et ce que nous identifions aujourd’hui comme un embryon d’état.”

“Au commencement…”, p. 149.


Si la saisonnalité rythme aussi les organisation politique, alors :

“Dans un très grand nombre de sociétés, le calendrier des festivités annuelles pouvait être lu comme une véritable encyclopédie des formes politiques.”

Ibid. p.156.

Que nous reste-t-il de la saisonnalité aujourd’hui ? Peut-être pas grand chose pour les citadins occidentaux ; il y a bien les périodes de vacances, les périodes de fêtes de fin d’année, quelques carnavals mais qui n’ont plus la force de perversion qu’ils pouvaient avoir à la fin du moyen-âge. En tout cas, ils ne sont plus des moments ou l’on peut éprouver des modes alternatif de formes politiques.

*

Qu’en était-il de la liberté dans cette humanité du paléolithique supérieur ? N’y avait-il pas des logiques de subordination avec leur lot de chefs pour entraver la liberté des autres ?

La découverte de sépultures richement ornées tend à montrer que tels profils existaient. Mais à y regarder de plus près, nombreuses des sépultures contenaient des corps d’enfants, ou de personnes ayant souffert de difformités ou d’anormalité au sens général : nains, personnes victimes de maladie génétique, infirmes, etc. sans compter les anormalités psychiques que nos techniques d’analyses ne peuvent pas déceler. Toujours est-il que cela semble montrer que ce n’était pas tant des chefs qui bénéficiaient de ces inhumations exceptionnelles mais plutôt des marginaux, physiques et psychiques. Ce qui change radicalement l’interprétation qu’on peut faire de ces découvertes archéologiques.

“Les individus inhumés étaient des êtres extraordinaires, “extrêmes”.” p.137.

Ibid. p.137.


Paul Radin, anthropologue américain, jugeait que le trait le plus saillant des sociétés “primitives” était leur tolérance à l’égard de l’excentricité, ce qui permet à Graeber et Wengrow d’écrire cette phrase qui pourrait être un programme de recherche à part entière :

” Toutes les sociétés humaines ont leurs sceptiques et leurs anticonformistes ; c’est à travers la façon dont elles les traitent qu’elles se distinguent”

Ibid. p.129.

Qui sont ces sceptiques et anticonformistes ? On l’a vu, cela peut être aussi bien les infirmes, handicapés et victimes de pathologies, tout comme des esprits contestataires, des marginaux ou des illuminés qui peuvent avoir des fonctions de chamans, ou des sociopathes qui préfèrent aller vivre dans le désert ou au fond d’une grotte. Bref, tous ces profils dont la marginalité se retrouvait au centre de l’attention politique lors des fêtes et cérémonies qui rythmaient la calendarité des saisons mais aussi des organisations politiques. De nos jours, on les retrouvera plutôt en prison, en asile psychiatrique, sous traitement médical ou en maisons spécialisées.

by Christian at January 02, 2022 04:18 PM

January 01, 2022

Christian Fauré

Les lumières européennes doivent plus à l’éclairage des indiens d’Amérique qu’à leur propre discernement

Lecture du Chapitre 2 de “Au commencement était ….” de David Graeber et David Wengrow, Les Liens qui Libèrent, 2021.

Il semblerait que les lumières européennes doivent plus à l’éclairage des indiens d’Amérique qu’à leur propre discernement. Lors de la colonisation de l’Amérique, il y eu de nombreux échanges “intellectuels” entre les colons (représentants des rois d’Europes et de l’Eglise) avec les populations autochtones (représentants de tribus et chefs spirituels). Mais que faut-il entendre exactement par “intellectuel” ? Tout simplement des regards croisés sur les moeurs et coutumes de chacun – les amérindiens et les européens – qui se découvraient mutuellement en se comparant.


Toute une littérature rendant compte des ces échanges était publié en Europe et constituait un fond intellectuel qu’aucun penseur du vieux continent ne pouvait ignorer. C’est dans ce contexte que deux polarités antagonistes vont émerger quant à la vision de l’homme originel :

  • d’un côté la vision rousseauiste de l’homme qui est bon par nature mais que la civilisation va corrompre en créant des inégalités et des injustices ;
  • de l’autre la vision hobbesienne selon laquelle l’homme est un loup pour l’homme à l’état naturel, mais que la civilisation va adoucir en proposant des contraintes salvatrices pour son épanouissement.

Ces différents points de vue fictionnels étaient donc largement suscités par la rencontre avec ces peuples dits “primitifs” d’Amérique qui étaient regardés comme étant une image du passé de l’humanité. Sans ce vis-à-vis avec le nouveau monde (Grégory Bateson parla de “Schismogèse” pour décrire la manière dont nous définissons les uns par rapport aux autres) il est fort probable que toute la littérature autour de l’égalité et de l’inégalité entre les hommes du XVII siècle n’aurait jamais vu le jour :

” Les mots “égalité” et “inégalité” ne sont devenus d’usage courant qu’au début du XVII siècle sous l’influence de la théorie du droit naturel, laquelle est essentiellement développée dans le sillage de débats sur les conséquences morales et juridiques des découvertes européennes dans le Nouveau Monde.”

“Au commencement…”, p.51.

Kondiaronk, chef spirituel des Wendats (nation parlant le Iroquois, installée notamment dans la vallée du Saint-Laurent) , fit l’objet de la publication de “Dialogues avec un sauvage” par Lahontan en 1703.

Provenance : Lien (BY-NC) 

Il représente une des figures les plus élaborées du regard que les peuples du nouveau monde portaient sur les Français, alors force colonisatrice. Il était d’ailleurs fréquemment invité à la table du gouverneur général de ce qui est aujourd’hui le Canada, et son intelligence et sa sagesse étaient louées de tous :

“Selon tous ceux qui l’avaient rencontré, amis comme ennemis , c’était un être vraiment remarquable – un guerrier courageux, un brillant orateur, et un politicien d’une habileté exceptionnelle.”

Ibid. p.72.

On est donc loin de l’image d’Epinal de l’indien qui serait primitif dans ses capacités de dialogue et d’échange intellectuel. Mais, pour en revenir à la nature de ces discussions entre autochtones et colonisateurs européens : de quoi parlaient-ils ? De pratiques religieuses, sexuelles, d’organisation politique, du rôle de la propriété, de l’égalité, etc. Or, selon Graeber & Wengrow, ce qui revenait le plus dans les dires des indiens était le défaut manifeste de liberté des européens, toujours à obéir aux ordres – religieux ou séculiers- et à se soumettre à l’autorité de quelqu’un d’autre dans leur comportement :

“Les multiples récriminations des Amérindiens à l’endroit des Français portaient plutôt sur leur esprit de compétition, leur égoïsme et , par-dessus tout, leur haine de la liberté.”

Ibid. p.61

Les amérindiens n’avaient-ils pas aussi leurs chefs ? N’avaient-ils pas eux aussi de relations de subordinations ? Apparemment pas au sens nous le concevons, le rôle d’un chef était très relatif, et il était aussi circonstanciel. Selon l’activité et la période de l’année, les pouvoirs et les prérogatives d’un chef variaient grandement, et il était toujours possible à quiconque de ne pas obéir si l’envie lui en prenait. Il y avait certes des forces de rappels sociales, mais rarement l’autorité d’une personne ne s’exerçait de manière absolue et inconditionnelle .Cette question du regard amérindien sur la civilisation européenne est importante dans la mesure où elle est à l’origine des débats sur l’économie politique, et y compris sur la genèse de la distinction politique entre la droite et la gauche :

En combinant la critique indigène et la doctrine du progrès initialement développée pour la combattre, Rousseau a effectivement posé les jalons de la gauche en tant que projet intellectuel.

Idib. p.95.

On comprend que Graeber et Wengrow aient consacré un des premiers chapitres de leur livre à ce regard amérindien qui n’avait absolument rien à voir avec celui de “stupides sauvages”. Et même si Rousseau dissertait sur l’Origine des inégalités parmi les hommes à l’occasion d’un concours proposé par l’académie de Dijon en 1754, les auteurs soulignent que cette question des inégalités n’est que secondaire par rapport à cette autre question : pourquoi diable les hommes ont-ils sacrifié leur liberté en obéissant à d’autres ? Surtout si, comme tendent à le monter les amérindiens avec leurs formes de vie ressemblant le plus aux modes de vie de nos lointains ancêtres, la liberté est ce qu’ils semblent chérir le plus.

A quel moment le vers est-il rentré dans le fruit ?

by Christian at January 01, 2022 08:09 PM

Karl Dubost

2022

Soupe ozoni. Tsujido, Japon, 1 janvier 2022

Par bonheur, un sage instinct me poussa à ce qu'il y avait de plus raisonnable : c'est à dire à ne rien faire. Je ne traçais pas de plan, je me donnai carte blanche, j'écartai de moi tout objectif, tout désir et j'abandonnais mon itinéraire à la roue de la fortune, je me laissais emporter par le courant de la rue, indolent quand il suit la rive brillante des boutiques, et impétueux dans les rapides qui franchissent la chaussée.
— Révélation inattendue d'un métier, Stefan Zweig, urn:isbn:2-253-13265-9

Cette année 2022 sera-t-elle une année du changement ? Un faisceau de circonstances me donne envie de bousculer un peu la poussière ou les habitudes.

Une question aussi, garder la même forme pour l'écriture ici semble occuper beaucoup trop d'espace mental.

Quelle est l'information essentielle d'un billet de carnet ? Non pas pour être minimaliste, mais beaucoup plus pour éviter trop de travail. Je tente de catégoriser ce que j'imagine être essentiel et le reste

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sur le bord du chemin

January 01, 2022 02:59 PM

December 31, 2021

Karl Dubost

Rien de prévu

Ingrédients coupés pour préparer la soupe. Tsujido, Japon, 31 décembre 2021

Autre délice de cette matinée bénie : tout juste débarqué, je n'avais pas de rendez-vous avant une heure avancée de l'après-midi.
— Révélation inattendue d'un métier, Stefan Zweig, urn:isbn:2-253-13265-9

Nous découpons les carottes, les racines de grande bardane, le paté de poisson, le taro, le konjac. Demain matin, nous pourrons manger le matin la soupe Ozoni.


Une unique feuille d'arbre bouge dans le vent. Le dernier jour de l'année 2021, et pourtant il ne s'agit que d'une marque arbitraire. Pourquoi la nouvelle année n'est pas fixée sur un solstice ou équinoxe, je trouverais cela plus « naturel. »


Le délice d'une journée sans contraintes où nous laissons s'égoutter les pensées de l'année passée.

sur le bord du chemin

December 31, 2021 02:59 PM

December 30, 2021

Karl Dubost

Les vies de Shonan

Graffiti sur le mur d'un immeuble. Tsujido, Japon, 30 décembre 2021

Il était délicieux l'air de cette singulière matinée d'avril 1931, encore tout chargé de pluie et déjà tout ensoleillé. Il avait la saveur d'un fondant doux, frais, humide et brillant : un pur printemps, un ozone sans mélange.
— Révélation inattendue d'un métier, Stefan Zweig, urn:isbn:2-253-13265-9

Sur le mur d'un immeuble abandonné, des graffitis ont été ajoutés. L'endroit n'est plus habité depuis plus de dix ans. Au Japon, les graffitis sont relativement rares, encore plus dans un lieu comme Tsujido. Leurs rébellion sages me donnent un peu d'espoir à propos de la jeunesse locale.

Un peu plus tard, encore un champs de Tsujido qui se transforme en aire de construction pour maisons individuelles. Petit à petit, chaque lieu d'agriculture se transforme en projets immobiliers. Un des styles promus par les promoteurs : architecture californienne.

Image publicitaire d'une maison. Tsujido, Japon, 30 décembre 2021

Le rêve hippie d'une maison patchwork vendue sur les côtes du Japon qui n'aura rien de hippie. Elle en coûtera entre 450 000 et 600 000 euros. Son allure sera bien propre. Le surfeur éventuel ira travailler tous les matins à shimbashi à Tokyo en prenant le train pendant 1h30. Ainsi va la vie, en attendant le tsunami.


Le vent fort dans le visage, nous décidons de nous retourner afin que le vent nous pousse dans le dos vers la direction opposée, celle d'un thé indien au lait bien chaud, tout en regardent les vagues de la rivière à Katase-Enoshima en ébullition.

sur le bord du chemin

  • Generate changelog
    Automatically generate change log from your tags, issues, labels and pull requests on GitHub, using github-changelog-generator's Docker image.
  • Using Github Actions to Automate Our Release Process
    I found Github Actions to be simple enough to set up and get started. The part that convinced me to use Github Actions was the amount of existing Github Actions that you can leverage really easily by just using the uses tag. For instance, finding actions that deal with CHANGELOG.md files, creating PRs and copying files, really helped ease the process of creating these new automations easier.
  • Testing in the Twenties
    I can’t remember when precisely I became infected, but I can testify: Once you are, you’re never going to be comfortable in the presence of untested code.

December 30, 2021 02:59 PM

David Larlet

Battements

Dans tes bras
Mon cœur s’apaise
Ne se demande plus pour quoi
Se battre
Ni pourquoi
Battre
Mais pour qui

Pour toi
Pour vous

Au premier plan, des champs chauds baignés de soleil. En arrière plan, un plateau enneigé. Sédimentation.

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December 30, 2021 11:00 AM

December 28, 2021

Karl Dubost

tsujido en patch

craquements sur un mur. Tsujido, Japon, 28 décembre 2021

celui qui est à nous, en nous, tout prêt à engloutir l'avant-nous ! Quand on rêve à fond, on n'en a jamais fini de commencer.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

Une grande partie du sud en face de la gare de Tsujido va probablement bientôt tomber. La plupart des magasins ont fermé. La ville se transforme sous la pression de son succès. Les champs disparaissent. Elle est régulièrement classée numéro un dans le grand Tokyo comme espace idéal à vivre.

magasin avec rideau peint. Tsujido, Japon, 28 décembre 2021

Je ne pourrais probablement pas documenter ce moment.

sur le bord du chemin

  • Boogie.
  • Eddie Huang: Filmmaker Was on His List of Things to Do Even Before Chef
    I always wanted to be a director, but I had professors that told me, no one’s going to make a film with an Asian lead, an Asian story. I was told that by my former agency even after “Fresh Off the Boat” came out. The reason I sold sandwiches (at his restaurant Baohaus), the reason I went to books and hosted shows is because the door to film was not open to me. I had to basically create a cult of personality and create leverage within Hollywood so that people believed in me to make this film.

December 28, 2021 02:59 PM

David Larlet

Densité

Je ressens une émotion étrange depuis que je suis en France, il s’agit de ce que j’appellerais une sorte de densité oppressive. Ce n’est pas de l’agoraphobie mais une forme de mal être lié à la densité (en temps de pandémie). Sur l’autoroute, dans le train, dans les magasins, dans le RER, le sentiment qu’il y a trop de connexions possibles, de contaminations potentielles.

Des chardons givrés avec des montagnes floues au fond. Seuls, piquants, peinards.

Réagir ?

December 28, 2021 11:00 AM

December 27, 2021

Karl Dubost

Patch

Patches d'éléments de sol. Tsujido, Japon, 27 december 2021

Une « nuit des temps » est en nous.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

Pour revenir sur les mots d'hier, une des qualités premières de l'opensource est la possibilité du patch. Il en est de même du remix dans la musique. Réinvestir les territoires de l'imagination tout en les modelant différemment, c'est une proposition essentielle et dynamique. Je retrouve cette qualité quand je peux replanter la graine d'un fruit ou d'un légume que j'ai mangé.

sur le bord du chemin

  • Refonte : exposer les métadonnées

    L’intérêt pour moi d’exposer ces données de façon organisée et méthodique est un moyen d’appliquer des bonnes pratiques pour un simple site web comme ce carnet, tout en explorant les possibilités pour d’autres projets éditoriaux.

    Nos blogs, ces prototypes d'autres projets.

  • La marche, un plaisir de blancs riches ?

    Walking is also the focus of a growing story about the politics of diversity, and what still needs to happen to make it a genuinely popular pursuit. Just before Christmas, I had a half-hour conversation with Cherelle Harding, a youth worker who lives in Coventry and has recently founded an organisation called Steppers UK, which aims to help “black, Asian and ethnic minority communities to build positive relationships with the outdoors”. For some years, she told me, she was a smitten rural walker, but she reached a point where “I was a bit annoyed that I didn’t see more black people out hiking”. She talked about “systemic and generational barriers” – among them the absence from images of the great outdoors of black and brown people, and the fact that her parents and grandparents’ generation “had come to a very hostile country – going to places like the countryside just isn’t something they would have done”.

  • How to Build a Note Taking Command Line Application With Rust: Part 1, Part 2

  • Software Agnosticism

    There is no lock-in. The end product of the file is plain text files. You can use any text editor you want to access and create these text files. Doesn't have to be The Archive. You are not dependent on The Archive for the continued access to your files. You can move on to another solution if that appears to be the best decision. This lets the user be in control of her destiny and not dependent on the vagaries of the software marketplace. If tomorrow something happens to The Archive or the developers do something to the product which makes it incompatible to my goals, I can take the collection of text files to any other program which fits my needs better without any friction.

December 27, 2021 02:59 PM

David Larlet

Choix

Lorsque chaque rencontre est une potentielle introduction de la Covid dans le cercle familial avec toutes ses conséquences (isolement, retour reporté, mise en danger de personnes vulnérables), il y a des choix extrêmement difficiles à faire.

Chacune de ces décisions me fait douter de mon humanité. Et n’est potentiellement qu’une répétition de ce que l’on est en train de générer.

Va-t-il falloir s’adapter à la brutalité de ces choix ?

Une personne regarde à l’horizon au-dessus d’une mer de nuage une crête qui se dessine. Sortir du nuage.

Réagir ?

December 27, 2021 11:00 AM

December 26, 2021

Karl Dubost

open source, pour ?

Salon de beauté fermé avec un vélo garé devant. Tsujido, Japon, 26 décembre 2021

Et d'un rêve à l'autre, le labyrinthe change.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

Dans l'article The Asymmetry of Open Source

Ultimately, project developers do not need users in order to write code and put it on the Internet.

Et c'est une des qualités du code et de toute production artistique, sportive, etc. L'autre n'est pas nécessaire. Cela commence souvent par une projection de soi dans un espace clos, même lorsque publié sur Internet.

Open source work comes in different flavors. On one spectrum, it's either your hobby or your job. As a hobby, open source is less about funding and more about personal interest. Donations or sponsorships are nice encouragement to keep going, but the money isn't for the nights and weekends, it's for the warm fuzzies. It's a nice feeling to have your lunch paid for, or to receive a thank-you note with a donation. (I might add, too, that "warm fuzzies" do matter and are valid rewards in volunteer open source efforts. There's nothing wrong with inviting donations to stay motivated.) But your livelihood is sustained through a separate day job. Volunteer open source has given us the majority of all open source projects, including some fairly popular ones like restic and gogs.

Il en va de même de toutes les activités de passion, que ce soit l'implication dans une association, une organisation ou quelqu'un qui écrit un carnet Web.

Open source is not entitled to funding.

La liste des limites saines à la gestion d'un projet open source est très bonne :

Healthy boundaries for maintainers and project owners might be:

  • I'm doing this project for me.
  • I don't implement features or incorporate changes I don't want.
  • I reject changes that I think are not a good fit for the project.
  • Donations are not contractual.
  • I only help when I can or want to.
  • There's no hurry for me to get around to issues or PRs.
  • Users can help each other; I don't have to do it all.
  • I only give help privately if I'm being paid or sponsored.
  • I don't accept donations or sponsorships.
    • To avoid feeling pressure (it's normal to feel pressure even if it's not warranted)
    • Or any other reason! (or no reason at all; it's okay)

sur le bord du chemin

December 26, 2021 02:59 PM

December 25, 2021

Karl Dubost

années en boucles

boucles d'un tuyau d'arrosage. Sugamo, Japon, 24 décembre 2021

Un rêveur de mots ne peut manquer d'être sensible à la douceur de parole qui met lueurs et limbes sous l'empire de deux labiées. Avec la lueur, il y a de l'eau dans la lumière et les Limbes sont aquatiques.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

Incessamment répétons le rythme de … Ne pas oublier de sortir du … et laisser les rêveries tranquilles nous pousser vers le roulement d'une feuille quand le train passe.

sur le bord du chemin

December 25, 2021 02:59 PM

December 24, 2021

Karl Dubost

clic-clic-clic

téléphone à pièce rose beige. Sugamo, Japon, 24 décembre 2021

Et lorsque le poète invente ces grandes images qui révèlent l'intimité du monde, ne se souvient-il pas ?
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

À la sortie du supermarché, il y a le téléphone, mais personne ne le regarde. J'ai envie de tourner le cadran. Juste pour me souvenir du mouvement, juste pour une enfance, juste pour un rythme.

sur le bord du chemin

  • CSSexisme

    This is why I feel uncomfortable about the “CSS is awesome” meme because I also see the sexism in that statement, too. But it’s doubly annoying because CSS is genuinely awesome so the snark doesn’t really make much sense. Likewise, the whole “wow how do I center something in CSS? Heheheh this is not a real language unless it’s compiled” stuff, that’s the same kind of thing really. It’s the boring, sexist bullshit only in a different form.

    Il y a de nombreux memes dans l'industrie qui me rendent inconfortables, mais qui sont souvent relatifs aux groupes de mâles. Ces hommes qui ensemble en cercle se définissent par leur langage et leur maniérisme. Les groupes de mecs, j'ai vu cela dans le sport, je le vois dans les écoles et à la sortie de l'école.

    CSS est formidable, HTML aussi et ont leurs propres domaines d'expertise.

December 24, 2021 02:59 PM

December 23, 2021

Karl Dubost

coriandre

Plants de coriandre. Komagome, Japon, 23 décembre 2021

Comme la vie est grande quand on médite sur ses commencements !
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

Je ne sais pas si je suis le plus ému des plants de coriandre qui poussent ou de voir son plaisir jubilant des graines que nous avons plantées ensemble il y a quelques semaines.

sur le bord du chemin

December 23, 2021 02:59 PM

December 22, 2021

Karl Dubost

blockjob

Mur et porte. Ueno, Japon, 23 décembre 2021

La cosmicité de notre enfance demeure en nous. Elle réapparaît en nos rêveries dans la solitude.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

J'ai besoin d'ajouter une règle pour les recruteurs à côté de celles de l'industrie de la publicité, des armes, du nucléaire : ne pas me contacter si c'est pour du blockchain, bitcoin, etc.

sur le bord du chemin

December 22, 2021 02:59 PM

December 21, 2021

Karl Dubost

sans attendre

Passants dans la rue. Ikebukuro, Japon, 21 décembre 2021

En ses solitudes heureuses, l'enfant rêveur connaît la rêverie cosmique, celle qui nous unit au monde.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

Pendant l'attente, je n'ai pas le temps d'attendre. Mon regard est absorbé par le monde.

sur le bord du chemin

  • Une relation sans hiérarchie.

    Naturally, it's one thing to use neutral, non-authoritarian terminology, and perhaps quite another to foster an egalitarian relationship or environment between two people when one of them might be considered more knowledgeable or experienced.

    Le terme que les services de ressources humaines des entreprises américaines utilisent ces jours pour éviter la notion de manager dans les équipes est « leader ». Ce terme est tout autant abhorrant que les autres définissant une hiérarchie. Certe les mots façonnent notre idée de la relation. Les pratiques d'incitation à la productivité, à l'implication plus grande sont toutes déterminées par la recherche d'une position de plus grande emprise sur le système. La promotion, le bonus sont conditionnés à la mise en place de cet effort de hiérarchisation, mais si elle a été définie comme un travail d'aide ou d'entraide.

December 21, 2021 02:59 PM

December 20, 2021

Karl Dubost

IRC

Sacs poubelle et cannettes de café. Ikebukuro, Japon, 15 décembre 2021

La rêverie déplace des globes de pensées sans grand souci de suivre le fil d'une aventure, bien différente en cela du rêve qui veut toujours nous conter une histoire.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

IRC. Je suis toujours sur IRC. La « communauté » freenode a explosé avec la prise en main hostile d'une personne. Une autre communauté a été créée : Libera.chat.

  • A maximum of 51 728 users connected at one time
  • A bit more than 21 000 channels opened
  • Around 64 000 NickServ accounts
  • Roughly 18 000 channels registered with ChanServ

Quand je vois ces nombres que l'on compare avec les entreprises de réseaux sociaux comme twitter et facebook ou Slack, on peut tout de suite remarquer que nous sommes dans le domaine de la micro-communauté. Cela explique aussi pourquoi il y a si peu de développements logiciels du côté IRC. Peu de gens veulent investir dans le développement d'un client IRC sans communauté qui pourrait acheter ce produit.

sur le bord du chemin

December 20, 2021 02:59 PM

December 19, 2021

Karl Dubost

renne

Un quadrupède fait avec un bouchon et une punaise. Komagome, Japon, 19 décembre 2021

Les poètes nous convainquent que toutes nos rêveries d'enfant méritent d'être recommencées.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

J'ai fait un quadrupède. Il me dit c'est un renne parce qu'il a le nez rouge. Mettons donc ce nouveau renne près du sapin.

sur le bord du chemin

  • Horaires
    À cela vient s’intégrer, de manière transverse, la pénibilité de la tâche en elle-même. Comment facturer au temps lorsque cette durée n’est pas fatigante de manière équivalente d’une heure sur l’autre ? Quid de l’implication émotionnelle ? De ce bug que l’on amène courir avec soi ? De ce commentaire qui va longtemps rester en travers ?

December 19, 2021 02:59 PM

David Larlet

Soulagement

Nul n’est plus chanceux que celui qui croit en sa chance.

Proverbe allemand, papillote Révillon

Finalement, avec une semaine de recul, tout ce stress accumulé s’est dénoué. Le Pass Sanitaire est arrivé l’avant-veille du départ, la visite médicale a pu miraculeusement s’effectuer la veille. Les tests ont été négatifs pour tou·tes et on a même réussi à avoir notre correspondance TGV malgré la demi-heure de retard de l’avion au décollage. C’était une looongue journée et porter un masque plus de 17 h d’affilées fait mal aux oreilles.

Des petites voitures, des maisons en pierres, du bon pain, des chênes, des ronds-points, des montagnes, du fromage ! Je me sens comme un touriste et je savoure ce nouvel exotisme en essayant de faire abstraction de tout le reste.

Une grand-mère et son petit fils. Quoi qu’il en coûte.
Une grand-mère et son petit fils. Quoi qu’il en coûte (bis).

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December 19, 2021 11:00 AM

December 18, 2021

Karl Dubost

un livre

mur avec air conditionné et fenêtre en transparence. Minato, Japon, 18 décembre 2021

C'est seulement quand l'âme et l'esprit sont unis dans une rêverie par la rêverie que nous bénéficions de l'union de l'imagination et de la mémoire.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

Cette semaine j'ai écrit un livre. Le titre ? Peut-être « La routine » ? Il n'y a que 5 chapitres identiques et différents. Ce qui caractérise les répétitions de nos jours, ce sont les milliers de différences qui les façonnent.

Pourquoi ? Parce qu'un carnet Web est un espace de plaisir et d'explorations. C'est une ébauche perpétuelle. Comme j'ébauche depuis plus de 20 ans. Pourquoi pas ?

sur le bord du chemin

  • TypeScript for Pythonistas
    As a longtime Python engineer, JavaScript’s permissiveness has always felt strange to me. However, I think it ultimately reflects a difference in the runtime environment: if you’re running a Python app (not distributing a package), you generally understand and control the runtime — which version of Python is running, what hardware it’s running on, etc. By contrast, if you’re the author of a web app, you virtually never control the runtime, since it’s governed by your users’ browsers. It’s reasonable that TypeScript models and builds on the permissiveness of JavaScript.
  • Understanding Thwaites Glacier - Dr. Anna Crawford

December 18, 2021 02:59 PM

December 17, 2021

Karl Dubost

Chapitre 5 - le sommeil

wagon de métro surchargé. Kita, Japon, 17 décembre 2021

Ah ! Comme nous serions solides en nous-mêmes si nous pouvions vivre, revivre, sans nostalgie, en toute ardeur, dans notre monde primitif.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

La pluie tambourine. Il est encore tôt, j'ai réchauffé le café et je suis allé vérifier les mails de la nuit. J'attends un email important. Il s'est réveillé. Il a ouvert la porte du bureau et me fais un calin. Je lui demande ce qu'il veut à manger. Il prépare tout seul. Des mochis grillés avec des noris et du shoyu. Je lui dis que l'on ne prend pas le vélo ce matin. Il pleut.

Il a mis son manteau, son masque, sa cape jaune, ses chaussettes, ses bottes de pluie bleues, son sac sur le dos. J'ai mis ma polaire, mon coupe vent, mon écharpe, mon masque, mon bonnet, mes gants. J'ai pris mon parapluie que je mets dans ma poche. Nous avons descendu les deux étages. Nous regardons nos reflets dans les flaques d'eau en nous dirigeant vers le métro. Il me tire la main en courrant pour ne pas être en retard. Nous courrons ensemble en riant.

Je rentre de l'école. Le métro est bondé. Je ne monte pas. J'attends. La prochaine rame est tout aussi occupée. J'attends encore. Je prends la troisième. On peut y respirer sans apnée anti-virale. Je remonte les deux étages. J'ouvre la porte du 3eme étage. Elle me demande si je ne suis pas trop mouillé. Tout va bien. Mes chaussettes, je les enlève. Elles sont détrempées. Je prépare un autre café pour me réchauffer. Je vais m'enfermer dans mon bureau pour aller travailler.

Je ne prépare pas le repas ce soir. Elle cuisine. Je discute un peu avec lui. Il me montre ces prouesses d'apnée dans le bain chaud. Il me demande de compter. Il se sèche et met son pyjama. Nous mangeons ensemble.

C'est le moment difficile du soir. Il prend du temps pour aller se coucher. Nous allons dans sa chambre. Il choisit un livre et je lis. Après le livre, il y en a un deuxième mais l'horloge commence à tourner. Il faut dormir. Je l'embrasse. Je vais faire la vaisselle. Je retourne dans le bureau. Un peu de temps pour soi… Je ne vais pas au lit. Je prend du temps pour aller me coucher. Est-ce génétique ?

Fin.

sur le bord du chemin

December 17, 2021 02:59 PM

December 16, 2021

Karl Dubost

Chapitre 4 - le diner

Faitout avec un tagine en cours de cuisson. Komagome, Japon, 16 décembre 2021

Le monde de la rêverie d'enfance est aussi grand, plus grand que le monde offert à la rêverie d'aujourd'hui.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

Les yeux à peine ouvert, je pense que je dois prévoir d'aller faire quelques courses à midi pour préparer un tagine. Le couloir est moins long, je pense aux ingrédients. Pendant que mon café chauffe, je prépare les ingrédients déjà disponible. En mangeant une tartine, je mets sur une liste les ingrédients à acheter. Il s'est réveillé, je lui demande ce qu'il veut à manger. Cela change souvent. Parfois, il prépare tout seul.

Il a mis son manteau, son masque, son casque, ses chaussettes, ses chaussures, son sac sur le dos. J'ai mis ma polaire, mon coupe vent, mon écharpe, mon masque, mon bonnet, mes gants. J'ai pris mes gants. Nous avons descendu les deux étages et la poubelle. Nous disons bonjour au matin, aux feuilles, au soleil. Je remonte la selle. Et nous partons vers sa nouvelle aventure quotidienne. Chaque jour, une nouvelle idée.

Je rentre de l'école. Je remonte les deux étages. J'ouvre la porte du 3eme étage. Elle me demande comment cela s'est passé. Je lui donne des détails de ce que j'ai vu le matin, des autres parents, des enfants, des rues ensoleillées. Je vais m'enfermer dans mon bureau pour aller travailler. Je ne sors que quelquefois pour aller chercher un café, manger le midi, prendre un verre d'eau. Je vais faire les courses. Je travaille trop, mais je prend une pause.

Je prépare un tagine végétarien. De la cannelle, des carottes, des patates douces, du bouillon de légumes, de la pâte de tomates, des courgettes, des pruneaux, des raisins secs, du gingembre, de l'aïl, de l'oignon, de la coriandre. Je sors le couscous. J'en prépare un peu plus que d'habitude pour pouvoir le congeler et le réchauffer si nous faisons un pique-nique un jour de cet hiver. Au moment du repas, nous excitons nos papilles.

sur le bord du chemin

  • Tailwind and the Femininity of CSS
    So when it comes down to the root of the problem, perhaps it isn’t CSS itself but our unwillingness to examine our sexist ideas of what is worthy in web development.

December 16, 2021 02:59 PM

David Larlet

Mood

Browse by Emotional State

Guide for Healthy Minds

Cette simple suggestion de navigation a remis quelques pièces dans mon jukebox. Les étiquettes présentent le côté oppressant d’être rapidement trop nombreuses pour pouvoir s’y retrouver. C’est un peu la version fainéante pour pouvoir évoluer dans des contenus. On propose une navigation plate mais il n’y a pas de parti pris, d’angle proposé, d’invitation à découvrir selon un contexte par exemple.

Quelles portes d’entrées proposer qui reflètent un état émotionnel ? Est-ce qu’il serait pertinent d’avoir une navigation saisonnière ? Ou qui s’adapte au rythme de la journée ? Est-ce fou d’adapter l’exploration en fonction du choix de thème clair ou foncé ? Quelles portes de sorties soigner aussi ?

Tellement d’expériences possibles.


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December 16, 2021 11:00 AM

December 15, 2021

Karl Dubost

Chapitre 3 - travailler

Photo d'hippopotame sur le mur. Ueno, Japon, 15 décembre 2021

Cette beauté est en nous, à fond de mémoire.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

Le soleil éclabousse le visage. Déja les pieds en mouvement. Dans la cuisine, le son du grille-pain me donne le rythme, je suis en tapotant du pied. Pendant ce temps je prends dans le frigo le lait. Café et lait pour dilater les pupilles. Discussions à trois.

La rotation des jours enlassée dans nos indécisions. Ils sont déjà habillés, je me presse. Elle lui a mis son casque sur la tête. Il a mis son sac à dos. Ils sont déjà en bas pendant que je fermais la porte. Nous nous dirigeons deux vélos ensemble vers l'école. Aujourd'hui, ils vont courir ensemble.

D'habitude, je rentre. D'habitude, je remonte les deux étages. D'habitude j'ouvre la porte du 3eme étage, le 1er étage est au rez-de-chaussée au Japon. D'habitude, elle me demande comment cela s'est passé. D'habitude je lui donne des détails de ce que j'ai vu le matin, des autres parents, des enfants, des rues ensoleillées. D'habitude, je vais m'enfermer dans mon bureau pour aller travailler. D'habitude je ne sors que quelquefois pour aller chercher un café, manger le midi, prendre un verre d'eau. D'habitude, mais aujourd'hui, c'est une journée légère, et les mardis sont des journées longues de 6 heures du matin jusqu'à minuit. D'habitude, je n'irais pas les accompagner au zoo de Ueno. D'habitude je ne serais pas triste de voir les animaux en cage, mais heureux de voir son regard émerveillé sur les animaux. D'habitude, je travaillerai trop.

Photo d'hippopotame sur le mur. Ueno, Japon, 15 décembre 2021

sur le bord du chemin

  • 3. Finding meaning in what one does
    Work is one of the most common sources of meaning for adults around the world: A median of 25% across the 17 publics mention their job, career or profession. In 12 of the 17 publics surveyed, work is among the top three most mentioned topics – and in Spain, it ranks even higher than family and children.
  • A visual introduction to machine learning

December 15, 2021 02:59 PM

David Larlet

Externaliser

If I could transform these handwritten words into pixel words, then it wouldn’t be too hard to convert that into the HTML code for a website.

I took a photo of the page with my phone, and eagerly fed the image into some software that could recognise handwriting.

[…]

I also built a basic editor that let me add links, images and headings to make the website more interesting.

Can you build a website from a piece of paper? It seemed like it.

Was it practical to use paper for a real website though? No idea.

I blew $720 on 100 notebooks from Alibaba and started a Paper Website business (cache)

C’est la même personne qui avait déjà partagé une autre expérience chouette (cache). J’aime bien le fait que ça soit moins technique que ce que proposait Karl (cache). Et moins il y a de technique… moins ça gèle :-).

En consignant une idée, j’ai un moyen de m’en rappeler et je m’en libère à la fois. J’ai besoin (cache) de l’externaliser pour pouvoir y échapper.

Assez contre-intuitif, j’en conviens.


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December 15, 2021 11:00 AM

December 14, 2021

Karl Dubost

Chapitre 2 - Le vélo

Reflet d'une ligne électrique dans une flaque d'eau recouvrant un peu un passage piéton. , Japon, 14 december 2021

L'enfant sait bien que la lune, ce grand oiseau blond, a son nid quelque part dans la forêt.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

Le vent m'extirpe du sommeil. La tête est fraîche. Le futon est douloureusement chaud. La nécessité donne le frisson et la contraction. Le couloir me tire vers la cuisine. Et déjà, la main sur la porte du frigo. Le caoutchouc de joint de la porte fait un léger bruit de sucion. Le café comme tous les matins.

Les événements s'enchaînent, mécaniquement. Je me suis habillé. J'ai placé son casque sur la tête. Nous descendons ensemble les deux étages. Il ne veut pas que j'aille plus vite, mais la pente nous avale. Je remonte la selle du vélo. Elle l'a descendue hier soir. J'ajuste sa ceinture. Et je lui demande pour quelle planète ?

sur le bord du chemin

  • Quelque chose de très humain dans ce projet
    I built a VR setup for rodents from scratch and trained three rats in an automated fashion, without manual intervention, to traverse a corridor rendered in the DOOM II engine. Although I did implement the mechanisms to further train rats to shoot monsters in-game, I lacked the time to actually reinforce the behavior.
  • Competition & Privacy: It's Both Or Nothing
    we should pursue strong context silos whenever possible so as to avoid the structural issues that stem from cross-context sharing. One simple policy prescription is to ban third-party data controllers (with perhaps a tiny set of very narrow and strictly enforced exemptions). There is little business benefit to them and they produce great privacy harm.
  • Et c'est reparti
    There’s now enough data to estimate the reproductive number (i.e. contagiousness) in the United States. And it’s not looking good: R(t)=3. With this high level of transmissibility, cases are doubling every ~3-4 days, so Omicron will easily be the dominant variant in coming weeks.

December 14, 2021 02:59 PM

David Larlet

Stress

Cette semaine, il faut jongler avec les doctrines de deux pays pour savoir quand faire un test et où afin de pouvoir faire ce vol trans-atlantique. On ne trouve rien à moins de 300$CAD mais les résultats sont garantis dans la demi-journée. Tout un business.

Il faut accepter que l’enfant soit malade à deux jours du départ (pas la Covid mais grosse toux) et qu’il fasse une quarantaine de 14 jours au retour… ce qui est toute une organisation. On va pouvoir profiter de la neige.

Il faut pester contre Immigration Canada qui, non content de ne pas traiter notre demande de visas en cours car il·les ont pris du retard sur leur retard, nous demande de faire une visite médicale avec un·e médecin certifié·e sous 30 jours sous peine d’être recalés (on attend depuis plus de 2 ans ce jour !). Pour la modique somme de 600$CAD sans taxes, immigration choisie nous voilà.

Il faut enrager contre France Diplomatie qui non content de m’avoir refusé une première équivalence de Pass Sanitaire le 25 octobre car la doctrine avait changée entre temps, n’a toujours pas répondu à ma seconde tentative du 23 novembre… et je dois prendre le TGV à l’atterrissage. Expatriation souhaitée, me voici.

Oh et sans compter qu’il faudrait anticiper le fait de ne pas pouvoir trouver de cadeaux une fois en France pour cause de confinement éventuel et/ou ne pas pouvoir retrouver toutes les personnes que j’espère croiser pendant ce séjour pour raisons sanitaires. Joie.

Et ce soir je découvre qu’il y a une grève de cheminots sur la ligne de TGV que je dois prendre à l’arrivée après une nuit probablement blanche.

Problèmes de riche mais ça fait bien lourd pour un seul dos.


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December 14, 2021 11:00 AM

December 13, 2021

Karl Dubost

Chapitre 1 - Le réveil

Motif bois, céramiques et pierre. Kita, Japon, 13 décembre 2021

Quand il rêvait dans sa solitude, l'enfant connaissait une existence sans limite. Sa rêverie n'était pas simplement une rêverie de fuite. C'était une rêverie d'essor.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

L'enveloppe fraîche des nuages m'extirpe du sommeil. Le futon est douloureusement chaud. La nécessité donne le frisson et la contraction. Le couloir me tire vers la cuisine. Et déjà, je ne peux résister au son du lait qui se verse dans la tasse de café. La vue du pain serre mon estomac. Je me soumets. Une tranche est coupée et posée dans le grille pain.

Intérieur d'une boutique d'artisan. Kita, Japon, 13 décembre 2021

sur le bord du chemin

  • Boule à neige 101

  • Notes on Notes.app

  • ‘Warehouses in their backyards’: when Amazon expands, these communities pay the price.

    The 680,000 sqft Amazon warehouse went up around the corner two years ago. Now, Kolde’s 11-year-old son keeps the TV on all night to drown out the constant growl of engines on the street. Kolde and his wife leave a portable AC unit running in their room for the same reason. “For a while, we would all be four peas in a pod, all in one bed together, because the kids would get scared of the noise,” he says. “Now they’re getting more used to it.”

    pollution de l'infrastructure immobilière et de son activité économique.

  • La grande démission ou la recherche de meilleures conditions.

    But that’s what’s happening in the broader economy. The increase in quits is mostly about low-wage workers switching to better jobs in industries that are raising wages to grab new employees as fast as possible. From the quitter’s perspective, that’s a job hop.

  • The Making of Colophon Cards

December 13, 2021 02:59 PM

David Larlet

Cyborgs

Des universitaires comme Anne Balsamo, Mary Anne Doane, Mark Dery, Andreas Huyssen et Cynthia Fuchs ont remarqué que, en dépit du fait que la machine et l’industrie sont typiquement associées à la masculinité, les représentations imaginaires de machines anthropomorphisées ont été communément dépeintes à travers l’histoire comme des femmes et, qui plus est, des femmes sexualisées. Ce motif récurrent reflète le fait que les hommes ont toujours perçu la technologie comme dotée du potentiel de servir une large variété de fantasmes masculins. Selon Huyssen, ces représentations artistiques ont commencé à montrer des machines féminines dangereuses et hors de contrôle à partir du XIXe siècle, en même temps que les véritables machines, telles que celles présentes dans les usines et l’industrie ferroviaire, étaient peu à peu reconnues source de danger pour les hommes qui travaillaient à leur côté. En théorie, les femmes et les machines constituaient des menaces similaires de bouleversement et de destruction si elles échappaient au contrôle des hommes. Huyssen soutient que la misogynie sous-tendant habituellement les représentations mécaniques de femmes provient de l’anxiété masculine envers la technologie, qui demande à être tempérée par la domination et le contrôle. Le fait qu’il y ait à travers l’histoire un motif de correspondance entre les poussées de progrès technologique et un accroissement dans la fréquence de ces images négatives de femmes constitue un cas convaincant de causalité.

Femmes du futur : genre, technologie et cyborgs, Carrie Lynn Evans dans Dune : Exploration scientifique et culturelle d’une planète-univers

Décidément, cet ouvrage est plein de (bonnes) surprises qui m’apportent plus que la relecture récente de l’œuvre et dépassent ce cadre là. Je me rends compte que je suis passé à côté de pas mal d’angles de lecture possibles et ça me donne une idée de mes biais et de mes œillères.

Ce chapitre — sur le Bene Gesserit envisagé comme une forme d’ordre de cyborgs — est fascinant dans sa justesse autour de cet imaginaire, celui de l’homme (petit h) contre la machine… lorsque les machines trop évoluées deviennent interdites. J’ai toujours considéré que l’existence de cette force au sein de cet univers était plutôt pro-féminine (notamment car les derniers livres sont centrés dessus) mais je me suis probablement complètement trompé.

En tout cas, on peut facilement retourner cet argumentaire.


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December 13, 2021 11:00 AM

December 12, 2021

Karl Dubost

marcher la nuit

Homme et femme à travers la vitre d'un commerce. Minato, Japon, 12 décembre 2021

Un excès d'enfance est un germe de poème.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

La nuit, les rues sont propices aux éclats de rire, aux yeux brillants et à la joie des lumières pétillantes de noël. Il écrit ses souvenirs en brisant les habitudes trop raisonnables. Ce soir il vît le gonflement de joie des heures tardives, des fatigues d'une longue journée, de la ville turbulente et illuminées.

Rue sombre. Minato, Japon, 12 décembre 2021

sur le bord du chemin

  • classeurs verticaux. Information et infrastructure matérielles. Modèle de pensées et technologies.
    Other factors playing into the success of this new office technology included the proliferation of steel filing cabinets; these were durable — resistant to damage, bugs, the elements — as well as strong, able to carry up to 100 pounds per drawer without buckling under the weight. Such rigid vertical storage units were also naturally compared with other impressive steel creations of the Modern era: skyscrapers.

December 12, 2021 02:59 PM

December 11, 2021

Karl Dubost

le gyoza est un cosmos

Main avec peau de gyoza et farce au milieu. Komagome, Japon, 11 décembre 2021

L'enfant se sent le fils du cosmos quand le monde humain lui laisse la paix.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

Ce soir nous préparons des gyozas. Nous cultivons chacun des styles différents.

Main posant un gyoza prêt à cuire sur un plateau. Komagome, Japon, 11 décembre 2021
gyozas pliés en différentes formes. Komagome, Japon, 11 décembre 2021
Deux plats de gyozas : frits et bouillis. Komagome, Japon, 11 décembre 2021

sur le bord du chemin

  • open source is broken, le salaire de la peur.
    TL;DR: If you want me to make you useful software, pay me. If you use software made by others in their spare time and find it useful, pay them. This should not be a controversial opinion. This should not be a new thing. This should already be the state of the world and it is amazingly horrible for us to have the people that make the things that make our software work at all starve and beg for donations.

December 11, 2021 02:59 PM

David Larlet

Lettre

Et c’est là une de tes plus grandes futures victoires. C’est que si c’est dur aujourd’hui, si tu ne comprends rien, si tu n’arrives pas à saisir ce qui ne colle pas, c’est parce que tu n’es pas dans le bon contexte pour toi. Un contexte qui te permette d’être totalement toi-même, sans avoir à créer de carapace ou de tenir une posture qui serait « suffisamment professionnelle » par exemple.

Ces personnes-là vont t’accepter toi tout entière, que tu ailles bien ou non, que tu sois sûre de ce que tu dis ou que tu tâtonnes, que tu sois vulnérable ou confiante.

Et c’est ça, ça qui va tout changer.

Lettre à la moi du passé (cache)

On entre dans une autre dimension (pas que temporelle) avec l’intervention de Maïtané dans 24joursdeweb.

Je suis tellement content d’avoir modestement accompagné cette transformation… qui a participé à la mienne ! Lorsqu’on cherche tou·tes un sens, on finit parfois par faire un bout de chemin ensemble dans la même direction. Et c’est chouette.


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December 11, 2021 11:00 AM

December 10, 2021

Karl Dubost

rambutan

Rambutan dans la paume de la main. Komagome, Japon, 10 décembre 2021

Quand, dans la solitude, rêvant un peu longuement, nous allons loin du présent, revivre les temps de la première vie, plusieurs visages d'enfants viennent à notre rencontre.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

J'ai trouvé des rambutans. Nous les avons mangés ensemble en admirant leur aspect grotesque. Il a souris à mes histoires. À Penang, quand j'avais 17 ans, dans le jardin derrière la maison, il y avait un arbre à rambutans. Les singes aimaient beaucoup le fruit. Moi aussi. Il me fallait agiter des bras pour les faire partir avant que je puisse grimper à l'arbre pour en manger moi-même.

J'aimerais avoir un arbre à rambutan dans le jardin.

sur le bord du chemin

December 10, 2021 02:59 PM

December 09, 2021

Karl Dubost

marcher seul

Feuilles mortes de Ginkgo. Shibuya, Japon, 9 décembre 2021

Je suis seul donc je rêve à l'être qui avait guéri ma solitude, qui aurait guéri mes solitudes.
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

Lorsque je marche dans la ville non accompagné, je suis souvent en conversation avec les intimes relations de ma vie. Je marche. Ils sont là en conversations silencieuses et indéfinies.

Tunnels avec de nombreux vélos garés. Shibuya, Japon, 9 décembre 2021

sur le bord du chemin

  • Un adieu à Hua Lamphong à Bangkok. Nous avions pris le train pour aller en direction du Cambodge.
    Bang Sue Grand Station, the Thai capital's new State Railway passenger hub built 8 kilometers to the north, will replace Hua Lamphong as the terminus for all long-distance services from Bangkok.
    Siriphong Preutthipan, deputy governor of the State Railway of Thailand, said last month that the station will cease operating on Dec. 23, though the Transport Ministry has since said some train services will be retained past the date to avoid disruption during the transition.

December 09, 2021 02:59 PM

David Larlet

Popularité

Ces 30 derniers jours, un·e français·e sur 25 est venu·e sur MesConseilsCovid. Après AMO qui est hors catégorie, c’est le site le plus visité auquel j’ai participé. (Il faut peut-être aussi que je mette de côté l’intégration de skyrock.com mais on va dire qu’il y a prescription, avoir connu les skyblogs ça ne rajeunit pas !)

Je pourrais me réjouir de cette popularité. C’est une ode à la frugalité relative et au fait que l’on peut avoir un impact avec des moyens plutôt restreints. C’est la tentative de faire un petit truc qui marche bien et qui est à jour. Les retours sont de manière générale très positifs en ce qui concerne l’accessibilité et la pertinence des informations (après pour ce qui est des doctrines successives, j’aurais tellement à redire aussi…).

Mais bon, est-ce que je peux vraiment me réjouir que ce site soit encore utile sachant qu’il est nécessaire en raison d’une certaine incurie de l’État ? Quand ta popularité se construit en surfant sur les vagues successives, es-tu plus proche de Kelly Slater ou de Brice de Nice ? (Ouais, j’ai des références de vieux si je veux.) Quand l’occident crée à la fois les conditions de la mutation et ne cesse de courir après sa protection, à quoi cela rime-t-il ? Quand tu réponds à une anxiété que tu as toi-même causée, es-tu le poison ou le remède ?


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December 09, 2021 11:00 AM

December 08, 2021

Karl Dubost

physiquement autonome

signe du métro désignant la prochaine station. Sugamo, Japon, 8 décembre 2021

Comme la vie est grande quand on médite sur ses commencements ! Méditer sur une origine, n'est-ce pas rêver ?
— La poétique de la rêverie, Gaston Bachelard, urn:isbn:2-13-045669-3

Les jours de pluie nous prenons le métro. À chaque fois, je le place en décision de choisir la direction. Je le prépare à être seul dans le métro et à faire le trajet sans accompagnateur. L'indépendance et l'autonomie se déterminent longtemps à l'avance.

Les disques vinyl reprennent du poil de la bête. Nous nous plongeons souvent dans l'ère numérique sans parfois réaliser un post-mortem des objets physiques.

Les objets physiques possèdent certaines propriétés qui sont plus difficiles à répliquer dans le monde numérique. Il existe un type d'intimité et d'autonomie associé à la physicalité.

En pensant à un enfant, un livre est très facile à partager, à offrir, à donner. Un enfant peut le toucher, le posséder, et le regarder à son gré sans l'intervention de quiconque. Le livre est venu du monde extérieur et a été amené dans l'espace inoffensif de son environnement immédiat. Nous apportons une chose dans l'univers de l'enfant. Dès que l'on introduit un ordinateur avec un accès internet, on renverse la situation. On se retrouve dans la physicalité du monde extérieur, où on doit accompagner l'enfant pour interpréter et protéger. Cela devient un plus compliqué et plus aléatoire.

La musique sur vinyl introduit le même type de liberté. Il devient plus facile de se concentrer sur le sujet de la musique elle-même plutôt que sur le contrôle ou l'abus de l'usage créé par l'abondance. L'échange est alors plus serein.

La physicalité apporte ce domaine fragile (objet physique), mais sûr, où l'on devient plus libre d'explorer tout en échangeant.

sur le bord du chemin

  • Peritext
    we present Peritext, an algorithm for rich-text collaboration that provides greater flexibility: it allows users to edit independent copies of a document, and it provides a mechanism for automatically merging those versions back together in a way that preserves the users’ intent as much as possible. Once the versions are merged, the algorithm guarantees that all users converge towards the same merged result.

December 08, 2021 02:59 PM

David Larlet

Stream

I do sometimes ask myself if it’s time to change. I often wonder if I should merge my Stream and Articles into one main channel? I wonder that because, to a certain extent, the Stream has met its purpose; it’s taught me to think differently about what I write and share, made me feel that I can share more, and given me the confidence to do what I want on my site, and to do that as much or as little as necessary. It’s my playground, and there are no rules.

Stream on (cache)

En fin d’année, j’ai toujours cette prise de recul sur ce que je pourrais inventer pour l’année suivante en terme de publication. J’ai inlassablement cet appel à publier moins mais mieux et plus long. Et en parallèle cette crainte qu’une rupture dans la régularité fasse sécher l’encre — toute numérique soit-elle — pour longtemps. Je crois que je préfère la pression diluée de la publication quotidienne pour l’instant.

Le court, le long, le profond, le superficiel, tout cela est très relatif. Il suffit parfois de la bonne phrase au bon moment pour (faire) tirer un nouveau fil d’idées ou pour générer un nouveau ricochet ailleurs. L’autre jour, Stéphane m’invitait indirectement à relire une vieille entrée et j’étais rétrospectivement content d’avoir pris le temps, à l’époque, de rédiger cela.

Note : un intérêt des interventions publiques était de me forcer à un instant donné à creuser un sujet ou une intuition un peu plus en profondeur. Quelle équivalence aujourd’hui ?

Après avoir fait du quotidien en 2018, de l’hebdomadaire en 2019, puis en 2020 et être revenu à du quotidien en 2021, peut-être que je suis suffisamment en confiance pour envisager un rythme plus chaotique ?

Ou pas.

En attendant de faire ce choix, je me nourris des réflexions des autres à ce sujet. Et j’ai toujours cette idée de produit qui tourne en tâche de fond. Mes récentes tentatives d’utiliser ActivityStream se sont encore une fois soldées par des échecs cuisants. Je crois qu’il vaudrait mieux que je commence par expérimenter l’usage en partant d’une publication statique que je maîtrise. Mine de rien, avec l’ajout des étiquettes, je m’en approche pas mal sur cet espace.

Tagging = curating

My favourite feature is tagging, which works incredibly well because the entire post is visible (no clicking through to read the whole thing). In some cases, tags create a multi-part article or diary, sometimes more of a photo essay or research thread. For example, the tag garden project neatly documents last year’s evolving garden renovation.

Ibid.


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December 08, 2021 11:00 AM

December 07, 2021

Karl Dubost

la dernière fois

Fenêtre avec motifs de fleurs et cadre de bois. Yokohama, Japon, 7 décembre 2019

Fatal oracle d'Epidaure,
Tu m'as dit : " Les feuilles des bois
"A tes yeux jauniront encore ;
"Mais c'est pour la dernière fois.
— La chute des feuilles, Charles-Hubert MILLEVOYE

La dernière fois que nous avons vu son arrière-grand-mère était le 7 décembre 2019. Nos calendriers ces deux dernières années se sont définis par les événements passés, la dernière que j'ai pris l'avion, la dernière fois que je suis allé au restaurant, la dernière fois que…

Ce n'est pas tant qu'il n'y a plus de premières fois, mais la rupture avec le passé fût inattendue et rapide.

Notre nouvelle normalité est absente de certaines continuités.

sur le bord du chemin

December 07, 2021 02:59 PM

David Larlet

Natif

For myself, this is just very annoying. Imagine the same situation if you were blind. The standard form inputs work everywhere, and are designed with accessibility in mind, so you’re used to them and can easily fill in forms which use the standard browser controls. But, when you hit a JavaScript-powered organic cage-free non-GMO text box, you’re screwed.

There are hundreds of little nuances that users learn to use their computers efficiently. The exact features a user relies on will vary between operating systems, browsers, hardware, natural languages, physical ability, and personal preferences and experience. There are dozens of tiny workflows that people depend on every day that have never even occurred to you.

Making a custom form control with JavaScript is going to make life worse for a lot of people. Just don’t do it. The browser’s built-in controls are quite sufficient.

You can’t capture the nuance of my form fields (cache)

Il y a une notion de refus de parvenir à explorer dans le Web. Ce n’est pas parce que l’on peut que l’on doit. Chaque « adaptation » de la norme apporte son lot d’inconnues et d’incapacités futures. Chaque tentative de sur-technicisation apporte son lot de traits hypertéliques qui requièrent une adaptation non négligeable.

Bien trop souvent négligée.

Ironiquement, au moment de publier, je suis en train d’explorer des choses avec le moins de code possible. Et c’est vraiment plaisant de pouvoir prototyper avec de petits outils robustes.


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December 07, 2021 11:00 AM

December 06, 2021

Karl Dubost

forêt tropicale

Emblème or sur fond de bois. Samukawa, Japon, 4 décembre 2021

Je n'ai plus de passé, j'ai seulement l'avenir de ma fille.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Chaque hiver quand le froid s'insinue entre la peau et les os, j'imagine partir vivre en Asie du Sud-Est. Ce n'est pas tant le soleil qui me manque que l'humide chaleur de la forêt tropicale. Il nous faudra attendre encore un peu que les courbes s'applanissent vraiment, que les voyages s'ouvrent de nouveau, si ils s'ouvrent. Notre nouvelle normalité est ancrée au Japon. Traverser une frontière est maintenant devenue « pénible » pour les priviligiés des pays industrialisés. Les autres n'ont jamais eu ce privilège.

La végétale exhubérance me manque beaucoup.

sur le bord du chemin

December 06, 2021 02:59 PM

David Larlet

Winter body

Au début, c’était une blague. Mais en fait ça m’est super utile d’adapter la couche de graisse qui recouvre mon corps en fonction de la saison. Notamment car au Québec, il n’est pas rare d’avoir des +35 °C en été et des -25 °C en hiver… L’équipement pour encaisser une tel écart de températures fait une grosse différence mais c’est moins lourd à porter quand c’est bien réparti. Et en cas de coup dur, on l’a toujours avec soi !

J’y vois aussi une part d’adaptation au milieu, de mimétisme avec les autres espèces. Sans aller jusqu’à une hivernation, il y a une adaptation importante en parallèle au rythme circadien pour une acclimatation réussie. Une forme d’économie généralisée pour participer au silence de la ville/forêt enneigée.

Tout cela vient alimenter aussi mes réflexions sur les horaires. Avoir conscience de sa « productivité » saisonnière ?

P.S.: et ça reste un bon alibi pour un Mont-d’Or au four.


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December 06, 2021 11:00 AM

December 05, 2021

Karl Dubost

spartacus turque

couverture de livres, carte de visite et dessin. Tsujido, Japon, 5 décembre 2021

Je pense sans mélancolie au pays que j'ai quitté.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Dans un vieux tas de mes livres à lire, je récupère « L'anarchisme aujourd'hui » que j'avais probablement acheté chez un bouquiniste à Montréal, il y a bien longtemps. Je feuillette le livre, probablement pour la première fois. Je découvre une carte de visite ainsi que le visage d'une femme. J'ai cherché l'adresse de la carte de visite. La rue existe encore, mais rien de significatif sur le nom. Beyoğlu est un quartier de Istanbul. La rue Halas Sok 1 semble être une rue commerçante, des hôtels (de passe ?), des restaurants, des boutiques.

Je ne peux m'empêcher de dévisager cette femme. Qui est elle ?

visage de femme en dessin au stylo. Tsujido, Japon, 5 décembre 2021

sur le bord du chemin

December 05, 2021 02:59 PM

David Larlet

Mise à jour

What that moment revealed to me was Netflix’s ability to program cultural discourse in a relatively direct way: You realize that a certain topic or event starts coming up frequently in conversations and social media posts—Fyre Festival, the ‘90s Chicago Bulls, chess—and then find out that topic is the subject of a Netflix blockbuster, living rent free in the hive mind (actually, getting paid to live there). Even now, but especially during the pandemic, there are only a few primary sources of large-scale collective experience, upstream of Twitter and TikTok, and Netflix has emerged as one of the most potent.

#173: Experimental Jet Set (cache)

C’est affreusement vrai. Je le vois de manière assez franche avec l’engouement pour le Championnat du Monde ou d’autres évènements ou même la popularité soudaine des youtubers dans ce domaine là. C’était déjà le cas pour des séries antérieures mais la pandémie a eu un impact franc sur cette capacité à modeler les centres d’intérêts des riches.

Ce qu’il y a d’affreux c’est d’en faire partie et de difficilement pouvoir y résister. C’est au moins une chose d’en prendre conscience de manière franche pour pouvoir s’adapter et trouver des formes de conversion de cette attention.

Imaginez être en capacité d’orienter la consommation de millions de clients. Le terme de programmation prend alors tout son sens.

Je n’en peux plus des faux dieux de l’Occident toujours à l’affût comme des araignées, qui nous mangent le foie, nous sucent la moelle. Et je porte plainte contre le Monde Moderne, c’est lui, le Monstre. Il détruit notre terre, il piétine l’âme des hommes.
— C’est pourtant grâce à notre Monde Moderne que tu as un bon bateau avec des winches, des voiles en tergal, une coque métallique qui te laisse en paix, soudée, étanche et solide.
— C’est vrai, mais c’est à cause du Monde Moderne, à cause de sa prétendue « Civilisation », à cause de ses prétendus « Progrès » que je me tire avec mon beau bateau.
— Et bien tu es libre de te « tirer », personne ne t’en empêche, tout le monde est libre, ici, tant que ça ne gêne pas les autres.
— Libre pour le moment… mais un jour plus personne ne le sera si les choses continuent sur la même pente. Elles sont déjà inhumaines. Alors, il y a ceux qui partent sur les mers, ou sur les routes, pour chercher la vérité perdue. Et ceux qui ne peuvent pas, ou qui ne veulent plus, qui ont perdu jusqu’à l’espoir. La « Civilisation occidentale » devenue presque entièrement technocratique n’est plus une civilisation.

La longue route, Bernard Moitessier


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December 05, 2021 11:00 AM

December 04, 2021

Karl Dubost

les transitions

Tombes sous les arbres. Cimetière de Somei, Japon, 18 octobre 2021

il se servit une tasse de thé, retourna s'installer sur le canapé, et son regard, un instant resté dans le vague, se posa sur le livre.
— Le clou, Zhang Yueran, urn:isbn:978-2-84304-870-8

Pourquoi remarquons-nous la première nuit un peu froide ?

La plante umbellata depuis deux semaines commencent à perdre ses feuilles. Je ne sais jamais si je l'arrose trop ou pas assez. Elle aime être dehors. Chaque début de printemps quand je la sors, elle explose de bonheur. Et puis pendant l'hiver elle s'abandonne à la chute. Elle se repose peut-être.

Heureusement, il y a le cimetière de Somei, le matin sur le chemin de l'école. La crispation tombe. Les ombres, la chaleur, les mousses et lychens, un creuset pour les rêveries après les nuits froides. Les apnées s'oublient.

Il est temps de fermer le clou, encore une dernière page.

sur le bord du chemin

  • Air conditionné 1, machine à laver 0
    Là-bas s’étalent des dizaines de réfrigérateurs, machines à laver, télévisions et condensateurs d’air conditionné qui ont été récupérés, réparés et nettoyés, et qui attendent désormais une nouvelle maison.

December 04, 2021 11:00 PM

vestiges de voyages

Arbre chargé d'agrumes. Tsujido, Japon, 4 décembre 2021

J'ai erré dans mes palais de mémoire, j'ai oublié de vivre, moi qui n'oublie rien.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Les carnets de voyage dans la maison au bord de l'océan ressemble à ces os de dinosaures, vestiges d'une époque qui semble révolue. Pourrons-nous voyager encore ? Avons-nous vécu là un moment privilégié de notre humanité entre les années 1970 et 2020, une cinquantaine d'années au voyage plus accessible.

La combinaison du réchauffement climatique et de la pandémie actuelle réduit considérablement la possibilité du voyage de masse. Comme si celui-ci n'avait été en fait qu'un passage ponctuel dans nos habitudes humaines.

Livres de voyages. Tsujido, Japon, 4 décembre 2021

sur le bord du chemin

December 04, 2021 02:59 PM

le retard

Bonbons multicouleurs et canard au milieu de fleurs colorées. Sugamo, Japon, 17 octobre 2021

J'aime bien l'odeur de cuisson des gâteaux dans la maison.
— Le clou, Zhang Yueran, urn:isbn:978-2-84304-870-8

Le retard dans l'écriture est une respiration. La lecture est lente. La relecture est paresseuse. La mise en page est oubliée. Et les jours passent lentement entre deux respirations.

La rue de Sugamo est tout aussi lente et froide aujourd'hui. J'ai envie de manger un taiyaki. Il est chaud en bouche. Mon corps cocon se détend. Je suis sur le boulevard de Verdun à Rouen quand la foire se faisait encore là bas dans la continuité de la place du Boulingrin. Je mange des chouquettes. Les lumières colorées des ménages sur les lèvres froides.

Homme préparant des tai-yaki et un tai-yaki en gros plan. Sugamo, Japon, 17 octobre 2021

sur le bord du chemin

December 04, 2021 01:29 PM

David Larlet

Colophon

My goal with Colophon Cards is to create a web-based note-taking app for bookmarking and reading websites, ebooks, and documents. It needs to find a balance between ease-of-use and advanced features. It should have a user-subjective sharing model built in from the start where data is shared while the organisation is specific to each. Finally, it needs to provide straightforward tools for turning notes into documents for sharing with others.

The Making of Colophon Cards (cache)

Baldur Bjarnason parle encore davantage de la démarche et du contexte (cache) sur son blog.

C’est fascinant à quel point c’est proche de mes préoccupations actuelles et le fait que ce soit documenté de manière ouverte m’apporte beaucoup, notamment en ce qui concerne le design général (cache) mais aussi les explorations côté interactions (cache).


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December 04, 2021 11:00 AM

December 03, 2021

Karl Dubost

pollution d'automne

Ciel bleu avec une couche grise sur l'horizon. Kita, Japon, 4 décembre 2021

Après deux semaines de monochromie sur cette mer, je me dope avec les réminiscences de ces couleurs et de cette odeur d'humus putréfié, l'odeur des forêts très profondes.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Le ciel froid d'automne, ni vent, ni pluie, et déjà nous pouvons voir au loin la chappe de pollution de la ville. Nous sommes ici. Nous respirons et filtrons cette masse.

sur le bord du chemin

December 03, 2021 02:59 PM

David Larlet

Record

Mais sous les hautes latitudes, si l’homme est écrasé par le sentiment de sa petitesse, il est porté aussi, protégé, par celui de sa grandeur. C’est là, dans l’immensité désert de l’océan Austral, que je sens pleinement à quel point l’homme est à la fois un atome et un dieu.

Et quand je monte sur le pont à l’aube, il m’arrive de hurler ma joie de vivre en regardant le ciel blanchir sur les longues traînées d’écume de cette mer colossale de force et de beauté, qui parfois cherche à tuer. Je vis, de tout mon être. Ce qui s’appelle vivre. Et peut-être faut-il aller plus loin encore en regardant la mer.

La longue route, Bernard Moitessier

J’ai passé plusieurs heures à regarder en direct le match le plus long de l’histoire des championnats du monde d’échecs. Magnus Carlsen contre Ian Nepomniachtchi, sixième confrontation dans un match qui en compte 14. C’est une petite révolution car ils venaient de faire 5 parties nulles (ce qui n’est pas inintéressant du tout vu la pertinence des échanges mais un peu frustrant tout de même).

Après presque 8 heures de réflexion intense et plus de 130 coups, il a suffit d’une simple erreur qui était très difficile à voir venir pour que le match bascule alors que tous les commentateur·ices s’accordaient pour un nouvelle partie nulle (mais longue !).

J’avais déjà été content d’assister en direct il y a quelques semaines à son sacrifice de dame contre Anish Giri mais alors là c’était vraiment épique (une vidéo de récapitulatif).

Je ne sais pas trop comment est-ce qu’ils vont réussir à enchaîner après ça, c’était beau à voir. Merci les artistes.


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December 03, 2021 11:00 AM

December 02, 2021

Karl Dubost

kitsune

Statue de renard d'un sanctuaire avec un masque en papier. Kita, Japon, 20 novembre 2021

Dans un compartiment de mon palais des Voyages, le même chemin s'ornait dix ans plus tôt d'orchidées et de plantes carnivores qui déroulaient leur langue de couleuvre ; personne ne les cueillait, la splendeur était notre ordinaire. Mon pays des merveilles était bondé de feuilles si grasses et volumineuses qu'aucune presse d'herbier n'était de taille à les aplatir.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Au sanctuaire, même les renards se protègent. Je me demande si dans les églises en Europe, les prêtes des lieux ont placé des masques sur les anges ou Marie. Mais le renard a le génie des transmutations. Polymorphe, il s'adapte à toutes les situations. Celui-ci semble être plutôt zenko, enfin c'est que je veux croire, juste pour la rêverie du moment. Je me suis demandé longtemps s'il allait prendre forme humaine, peut-être faut-il venir la nuit.

sur le bord du chemin

  • 100 years of whatever this will be
    We have, in Western society, managed to simultaneously botch the dreams of democracy, capitalism, social coherence, and techno-utopianism, all at once. It's embarrassing actually. I am embarrassed. You should be embarrassed.

December 02, 2021 02:59 PM

David Larlet

Tags

For some reason, when we moved our workflows into the digital realm, we began to lose respect for this way of taking notes, of simply adding new information to an ever-growing log of our thoughts. Instead, we built tools that encourage us to keep only the most current version of reality. […]

Incremental notes is my push against this trend of note-taking tools that only live in the present and deny the reality of learning and living through time. We don’t remember things by modifying our past memories – we simply accumulate more, as if adding entries to a log or a journal. We search through them by traversing time, looking for links between ideas and experiences.

Incremental note-taking (cache)

Depuis une semaine, vous devriez avoir vu apparaître une nouvelle dimension d’exploration sur cet espace avec l’apparition d’étiquettes qui fait suite à de précédentes réflexions. Une petite révolution.

Je me suis mis à ajouter des tags à chacune des 300 entrées de cette année. C’est long mais je vois un intérêt à l’avoir fait en une fois (en vrai, trois soirs) : le corpus est relativement cohérent en me limitant à en apposer un à trois par entrée. J’ai aussi pu réfléchir aux étiquettes qui n’apparaissaient qu’une seule fois, de l’avantage de travailler du contenu existant. À l’inverse, j’ai essayé d’éviter les mot-clés « introspection » ou « blog » que j’avais envie de mettre à trop d’endroits. J’ai remarqué aussi certaines associations comme « pandémie » et « incompétence » inévitables… Lorsque je lis la liste des étiquettes, je ne trouve pas mes écrits très réjouissants aussi.

Le plus difficile aura été de choisir d’avoir des étiquettes annuelles, ce qui me permettra de faire évoluer les centres d’intérêts. J’étais aussi à deux doigts de faire un nuage de tags sur la page d’accueil. Heureusement que ma CSS actuelle me contraint à ne pas tomber dans la nostalgie.

If we were to build a medium for better thinking on top of the web browser, it’s reckless to expect the average user to manually connect, organize, and annotate the information they come across. Just as the early World Wide Web started out manually-curated and eventually became curated by algorithms and communities, I think we’ll see a shift in how individual personal landscapes of information are curated, from manual organization to mostly machine-driven organization. Humans will leave connections and highlights as a trail of their thinking, rather than as their primary way of exploring their knowledge and memory.

The web browser as a tool of thought (cache)


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December 02, 2021 11:00 AM

December 01, 2021

Karl Dubost

pensées en fuite

goutte d'eau sur un mur. Komagome, Japon, 1er décembre 2021

En me penchant, je peux voir le sommet de la forêt qui a poussé sous l'eau.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Parfois les murs pleurent aussi. Une longue pluie hier, il aura fallu attendre toute une journée avant que la pluie ne s'infiltre à travers les murs pour s'écouler sur une étagère. Chaque nouveau lieu recèle sa poésie, son charme, ses traits de caractères qui les rendent différent de tout autre.

Dans le temps de la fissure, nous découvrons l'intimité des lieux. Nous rencontrons les autres. Nous développons des liens.

J'écoute les gouttes, l'onde mécanique de la chute, la disparition des ondes, le flot des veines et les profondeurs de l'eau. Finalement, cet appartement vît.

sur le bord du chemin

December 01, 2021 02:59 PM

David Larlet

Inquiétude

Worry time is the act of setting aside time each day to let yourself worry about the things that are making you anxious.

For those of us who are prone to worrying and ruminating over and above what’s helpful to us, it serves 2 purposes:

  1. It allows us to postpone our worries throughout the day, safe in the knowledge that we’ll get a chance to think about them at the designated time.
  2. It can help us to worry more “productively”, recognising what we can and can’t control and planning to take appropriate action.

Worry time (cache)

De la productivité même dans son anxiété. En première lecture, j’étais horrifié mais peut-être que ça n’est pas si délirant au final. J’aurais presque envie de tester pour me prouver qu’il faut laisser un peu de temps à une idée.

Et le simple fait d’énoncer cela introduit un biais impossible à rattraper 😅.

Un autre article de la même personne :

I don’t know where we go from here, with this latest pandemic setback, but I do know that things will keep moving.

And if you feel bad today, feel bad. Feel sad or angry or scared or whatever it is you need to feel. Give yourself to yourself as you are.

Things will keep changing. Life will keep unfolding. We will keep going.

Best laid plans (cache)


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December 01, 2021 11:00 AM

November 30, 2021

Karl Dubost

désordre

Intérieur désordonné d'un magasin. Sugamo, Japon, 23 novembre 2021

On mange bien avec M. Quan. Il a ouvert un bocal et on a mangé du porc en saumure roulé dans des galettes de riz avec des feuilles de salade et de menthe, c'est la meilleure chose au monde.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Les lieux de commerce, les bureaux d'usine, ainsi que nos maisons commencent tous avec une vision idéaliste de l'espace. Nos humanités sont bien différentes de celles imaginées par les concepteurs d'interfaces. Un architecte conçoit des interfaces d'espace. Mais le fouillis des occupants, des utilisateurs de cet espace est la partie probablement la plus intéressante.

sur le bord du chemin

November 30, 2021 02:59 PM

David Larlet

Salaires

Il ne s’agit plus de quémander un emploi pour avoir le droit de valoriser du capital, et de payer des impôts pour en déléguer la gestion à un personnel politique et une aristocratie de grandes et grands fonctionnaires. Il s’agit de décider ensemble du niveau de salaire et de ce qui doit être produit, et surtout comment ça devrait l’être.

Citoyenneté autre (cache)

Au sein de Scopyleft, nous sommes passé·es d’un salaire à la contrainte (cruel manque de trésorerie les premiers mois !) à un salaire égalitaire (pendant un temps) pour être depuis quelques années maintenant à un salaire au besoin. Notre revenu n’est pas corrélé à ce que l’on rapporte ou à notre ancienneté ou à notre activité ou à notre expérience. Encore moins à notre performance…

Sous réserve que le pot commun ne se retrouve pas vide, chacun·e est libre de choisir le montant qu’iel souhaite.

Cette pratique vient avec son lot de non-dits et de culpabilités, de la même façon que ce qui peut se produire avec les vacances. Parfois ne pas avoir à donner de justifications peut être la pire des tortures pour un groupe de personnes qui s’estiment et se respectent :

  • est-ce que je ne suis pas égoïste vis-à-vis des autres en m’accordant autant ?
  • est-ce que je peux comparer mes besoins à ceux des autres dans une société de (sur)consommation ?
  • est-ce que j’ai besoin d’une symétrie de revenus avec mon ou ma conjoint·e pour être libre ?
  • est-ce que les enfants entrent en compte alors que c’est un choix délibéré d’en avoir ou pas ?
  • est-ce que je peux être payé·e autant alors que je suis jeune/en reconversion/sans mission/etc ?
  • est-ce que ça ne participe pas à la définition de mon futur salaire dans une autre structure ?
  • est-ce que pouvoir présenter ces fiches de paye à mon banquier/propriétaire fait partie d’un besoin ?
  • est-ce que la pression sociale m’enclin à sous-évaluer ma valeur/mes besoins car je suis une femme ?
  • est-ce que ma vision de la sobriété/frugalité est partagée au sein du groupe ?
  • est-ce que mon comportement actuel endommage la trésorerie future de la coopérative ?

Toutes ces questions sont légitimes et saines. Et le fait que ces discussions aient lieues à un moment où il y a un peu plus de diversité n’est pas anodin. Elles permettent de se remettre en question et génèrent des échanges qui permettent d’apprendre à se connaître (et à s’apprécier).

Du salaire à vie au salaire en vie, il y a matière à travailler. Ensemble.

Rappel : nous sommes une coopérative, ce qui signifie que ce qui n’est pas attribué en salaire au cours de l’année est transformé en réserve (pour la structure), puis en part travail (répartie équitablement entre les salarié·es) à la fin de l’année. C’est aussi cela être propriétaire de son cadre de travail, que l’on essaye de pérenniser.

Il a fait le tour du monde… mais qu’est-ce que le tour du monde puisque l’horizon est éternel ? Le tour du monde va plus loin que le bout du monde, aussi loin que la vie, plus loin encore peut-être. Quand on entrevoit ça, on a un peu le vertige, on a un peu peur. Et en même temps ce qu’on entrevoit là est tellement…

Tellement quoi ? Je ne sais pas. Plus loin que le bout du monde…

La longue route, Bernard Moitessier


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November 30, 2021 11:00 AM

November 29, 2021

Karl Dubost

spirale de goût

spirale du chou fleur. Komagome, Japon, 29 novembre 2021

Mes palais de mémoie sont une anthologie insécable, une enclave de scènes indestructibles qui constituent mon fond de bibliothèque.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Avant de cuire les légumes, je détaille leurs formes, leurs imperfections, leurs régularités, l'esthétique mathématiques des uns, la liberté sauvage des autres. Il ne faut pas oublier de regarder ce que l'on mange. L'estomac y est plus beau nourri des pensées avant le repas.

sur le bord du chemin

  • Sya, rap de Malaisie.
    “Now I’m not discriminating against all men, but when you’re challenging the status quo that’s built on the basis of the patriarchy and toxic masculinity, especially in the Asian region, it gets hard sometimes for women,” she said.
    […]
    Sya, on the other hand, said her race and beliefs were not something that can be negotiated with when it comes to her creative expression, because they are different things. “The matters of the heart can’t be determined by just a mere view of a person’s dressing,” she asserts.
    The singer wonders why male artists are not approached with the same bias. “Regardless of what creative venture we take on, most of the time a woman’s physical or spiritual identity is often used as the first reason for questioning their work, whereas men rarely get questioned on that aspect,” she told the Post.
  • 7 jours mais pourquoi ?
    The week as we know it—a repeating cycle that has seven distinct days and divides work from rest—has been around for about 2,000 years, since ancient Roman times. The Roman week itself blended two separate precedents: One was the Jewish (and later, Christian) Sabbath, which occurred every seven days. The other was a rotation of seven days tracked by timekeepers in the Mediterranean; each day was associated with one of seven celestial bodies (the sun, the moon, and five planets).

November 29, 2021 02:59 PM

David Larlet

Sens

In software, participatory sense-making means developing a shared mental model of what the software is, what it’s going to be, and how it works. We need to understand what we’re building deeply, with a clear language to talk about it. It needs to make sense to each of us, and to all of us. We construct this model together: that means there’s more of us to work at making it real in the world. It also means the model is richer, fits with more of the real world, and more rigorous. This comes from our many perspectives participating.

Software development pushes us to get better as people (cache)

Cet article m’a rappelé que je deviens une meilleure personne grâce aux personnes avec lesquelles j’évolue ces dernières années. Prendre soin ensemble c’est aller bien au-delà de son propre confort. C’est ce cheminement là qui permet d’apporter de la valeur à ce qui est produit… et à ce qui est vécu.


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November 29, 2021 11:00 AM

November 28, 2021

Karl Dubost

tokyo inépuisé

Lion en bas relief or sur une porte de sanctuaire. Kita, Japon, 20 novembre 2021

Après c'était de plus en plus vide dans la maison et de plus en plus beau parce qu'on voit mieux les fleurs des carreaux du sol.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Nous allons à vélo vers une pépinerie un peu loin. Mais pendant le chemin, je réalise que les détours entre les rues usées, le visage glacée, et les rêveries sont bien plus importantes que l'objet du voyage. Nos longues dérives dans le labyrinthe de Tokyo sont incommensurables de bonheur.

sur le bord du chemin

November 28, 2021 02:59 PM

November 27, 2021

Karl Dubost

inanition

Panneau en bois vert d'affichage muninicipal vide. Sugamo, Japon, 27 novembre 2021

Sur la pancarte d'une rue prestigieuse que la Révolution a rebaptisée rue de l'Insurrection-Générale en hommage à un soulèvement qui n'a jamais eu lieu, un plaisantin a remplacé surrec par ani, ce qui donne : rue de l'Inanition-Générale.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Nous parcourons le matin ensemble, sa petite main froide dans la mienne, pour lui trouver un grand bouquet de fleurs. Mais au Japon, il y a très peu de commerces ouverts de bonne heure. Alors, nous marchons longtemps. Et nous espérons que la ville morte s'éveille.

sur le bord du chemin

  • Cette phrase dans le billet de David est une belle leçon de vie.
    Je fais un long périple en acceptant le côté glissant de mon pas
  • One Database Transaction Too Many
  • HTTP/3 From A To Z: Core Concepts (Part 1). Part 2. Part 3
  • Broadening the understanding and measurement of urban poverty
    So poverty may be exacerbated by the denial of rights, coupled with limited access to essential public services, which leads to the suppression of low-income groups’ agency. On the other hand, there are measurements of poverty that focus only on income. This includes measurements that set global poverty lines on the assumption that the income needed to avoid poverty was the same everywhere, both within and between nations. Both global and national figures often suggest much lower levels of urban poverty than local assessments.

November 27, 2021 02:59 PM

David Larlet

Haïku

Première neige
Derniers vols de bernaches
Journée père-fils


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November 27, 2021 11:00 AM

November 26, 2021

Karl Dubost

art grave

Tombe au motif art deco. Cimetière de Somei, Japon, 23 novembre 2021

Proche de l'encre, on est noir, proche de la lampe, on brille !
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Dans le cimetière de Somei, une tombe présente des motifs art déco. J'aimerais rencontrer cette personne.

J'aimerais aussi parcourir chaque allée et comprendre leurs histoires. Je pense au « grave art. » Solennelles, mes dyslexies multi-lingues.

sur le bord du chemin

November 26, 2021 02:59 PM

David Larlet

Incompétence

The magic of programming is largely just things you don’t know yet. Once you learn those things, it stops being magic in the sense of “I have no idea how it did that or why it works“ and starts being magic in the sense of “I can make the computer do exactly what I ask it to do!”. The point is to become the wizard, not the bedazzled member of the audience.

This does not happen overnight, and we need to have the confidence to accept that our profession has depth, even as we celebrate the ease with which someone can get started (and welcome them onto the journey of becoming a wizard)!

It also doesn’t happen across all the domains of programming. You can’t become an expert at everything, and it’s fine to accept your boundaries. But it’s not fine to think you shouldn’t be on some paths towards mastery, if you intend to make programming your career.

Programmers should stop celebrating incompetence (cache)

C’est marrant, j’ai de plus en plus envie de célébrer cette incompétence justement. Pas pour s’y complaire mais pour rendre cet espace plus accueillant. C’était un peu l’objectif de ma démarche avec le billet d’hier. Il est possible d’assumer d’être incompétent·e sur certains points et tout de même arriver à faire des choses chouettes dans le web. Cette toile de connaissance est justement là pour externaliser une partie de sa mémoire et de ses expériences. Lernen durch Lehren généralisé !

Pour chaque magicien auto-proclamé, il y a de potentielles nouvelles recrues qui sont démotivées par l’ampleur d’une tâche qui est devenue un mythe. Celui créé par une élite qui en profite allègrement.

J’aimerais participer à son piétinement.


Lu depuis :

But knowing how to research, how to look things up? Knowing how to parse good information from junk, and make effective decisions based on what you’ve learned? That’s a critical skill for modern developers.

That’s not “copy-pasta.” That’s being good at your job.

Big surprise! That guy who made a third of his company quit has no idea what he’s talking about. (cache)


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November 26, 2021 11:00 AM

November 25, 2021

Karl Dubost

Un site Web sur papier

tubes de métal colorés. Kishimachi, Japon, 20 novembre 2021

Dans les livres, j'ai connu la brûlure de l'art.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Faire un site Web de papier est une excellente idée. Cependant, le site à l'heure actuelle a trop de dépendances. Avoir un système plus indépendant du site de hosting serait très bien.

À noter que le système d'OCR de iOS 15 fonctionne aussi pour scanner du texte. Peut-être je peux reprendre l'écriture sur carnet. À essayer avec une page plus complète.

OCR sur iPhone avec iOS 15

Mise à jour (2021-12-29) : David en parle récemment dans un billet. Et je suis d'accord que c'est une bien plus belle idée qu'un stylo électronique.

sur le bord du chemin

  • Crise de confiance
    But trust is less quantifiable than other forms of capital. Its decline is vaguely felt before it’s plainly seen. As companies have gone virtual during the coronavirus pandemic, supervisors wonder whether their remote workers are in fact working. New colleagues arrive and leave without ever having met. Direct reports ask if they could have that casual understanding put down in writing. No one knows whether the boss’s cryptic closing remark was ironic or hostile.
  • Sculpture de galets
  • correlation analysis in python

November 25, 2021 02:59 PM

David Larlet

Git

Rant time: You’ve heard it before, git is powerful, but what good is that power when everything is so damn hard to do? Interactive rebasing requires you to edit a goddamn TODO file in your editor? Are you kidding me? To stage part of a file you need to use a command line program to step through each hunk and if a hunk can’t be split down any further but contains code you don’t want to stage, you have to edit an arcane patch file by hand? Are you KIDDING me?! Sometimes you get asked to stash your changes when switching branches only to realise that after you switch and unstash that there weren’t even any conflicts and it would have been fine to just checkout the branch directly? YOU HAVE GOT TO BE KIDDING ME!

LazyGit

Je profite de la découverte de cet outil pour une confidence qui n’en est pas vraiment une : j’utilise un client graphique pour tout ce qui a trait à git (et je n’en ai pas honte).

J’ai longtemps utilisé mercurial à la main car je trouvais les commandes relativement intuitives mais en passant à git il y a une dizaine d’années, je me suis retrouvé la moitié du temps à aller chercher des commandes sur StackOverflow, puis à faire des alias car c’était impossible à retenir, puis à perdre du code, etc. Au final, quitte à lancer des commandes que je comprends à peine (il parait que c’est moins cryptique aujourd’hui) autant utiliser celles qui ont été éprouvées par d’autres.

Tower sait faire tout ce dont j’ai besoin à mon niveau. Et vu le temps que ça me fait gagner à répétition, c’est largement rentable. Peut-être même de plusieurs ordres de grandeur… considérant que je contribue quotidiennement à une dizaine de dépôts.

Ce témoignage pour peut-être déculpabiliser des personnes qui pensent qu’il faut être un·e virtuose de la ligne de commande et de ses outils pour pouvoir développer. C’est un plus indéniable dans certaines situations d’être en capacité de descendre aussi bas niveau et d’avoir quelques notions de ce qu’il se passe mais il est tout à fait possible d’emprunter (et de créer !) d’autres voies.


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November 25, 2021 11:00 AM

November 24, 2021

Karl Dubost

accrocher la lune

Lune et grue sur fond de ciel bleu. Nishi-Sugamo, Japon, 24 novembre 2021

Plus haut, le palais lui-même est un labyrinthe de plantes éphémères, renouvelé chaque été.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Sur le chemin de l'école, nous avons tenté d'accrocher la lune avec une grue. Nous pensions que nous pouvions la descendre du ciel.

sur le bord du chemin

  • Why I wrote my own SQL query builder (in Python). Coder pour apprendre à mieux concevoir.
    It is a hobby and learning project, and I can only spend a limited amount of time on it, sometimes quite far in between. It's not necessarily about learning technologies; rather, it is about library design, writing code that's maintainable long-term, and showing restraint – if I were to make the best library I could, what would it look like?
  • Code Generator for HTTP Requests
    Generate ”ready to run“ code snippets for making HTTP requests with Google Apps Script, JavaScript, Node.js and cURL commands.
  • Why does Black insist on reformatting my entire project?. Je suis toujours hésitant. J'ai plutôt tendance à préférer le reformatage progressif sur les projets. Les reformatages massifs dans la pratique cassent toujours un peu la fonction du « blame. » Mais je comprends la proposition de l'auteur aussi.
    When you make this single reformatting commit, everything that comes after is semantic changes so your commit history is clean in the sense that it actually shows what changed in terms of meaning, not style.
  • The state of Web Workers in 2021

November 24, 2021 02:59 PM

David Larlet

Souveraineté

  1. Recevoir une notification sur Google Mail.
  2. Qui redirige vers un build cassé dans Microsoft Github.
  3. Car il y a un bug dans ce composant Facebook React.
  4. Ouvrir son éditeur Microsoft VSCode.
  5. Faire une recherche sur Google Search.
  6. Trouver une solution sur Google web.dev.
  7. Tester le rendu dans Google Chrome.
  8. Tester le responsive sur Apple Safari mobile.
  9. Pousser le code sur Microsoft Github.
  10. Faire tourner les tests sur Amazon Web Services.
  11. Déployer la pré-production sur Amazon Web Services.
  12. Tester avec son Apple iPhone.
  13. Se féliciter que la production tourne chez OVH 🇫🇷.
  14. Acheter des Google Adwords pour faire connaître le service.
  15. Faire de la publicité ciblée sur Facebook (Instagram).
  16. Enregistrer les retours utilisateur·ices dans une Google Sheet.
  17. Les contacter en utilisant Amazon Simple Email Service
  18. Leur proposer des interviews sur Google Hangouts.
  19. Se demander s’il y a des améliorations à faire pour prendre en compte la nouvelle barre d’URL basse dans Apple Safari mobile.
  20. Etc etc.

La liste est une (auto-)critique caricaturale mais pas tant que ça et elle pourrait facilement s’allonger. Il y a un moment où l’hypocrisie de ce processus vis-à-vis de la production de nos capta et tracka me pèse plus que d’autres. À quelle souveraineté peut-on prétendre lorsque toute notre chaîne de production est pieds et doigts liée aux GAFAM ?

Je salue chaque initiative qui essaye de s’en extraire et de montrer que d’autres voies sont possibles :

Comme le montre cette liste, Etalab s’est tôt engagé dans le fait de recourir à des logiciels libres : c’est d’abord cet engagement qui a décidé le pôle logiciels libres à utiliser SourceHut pour publier une partie de ses codes sources. C’est aussi pour montrer qu’il existe d’autres forges que celles envisagées par défaut ou par habitude, et ainsi encourager chaque administration à bien motiver ses choix d’hébergement de code.

Pourquoi le pôle logiciels libres d’Etalab utilise SourceHut (cache)


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November 24, 2021 11:00 AM

November 23, 2021

Karl Dubost

être seul avec les autres

Vieil homme assis sur un banc lisant un journal. , Japon, 23 novembre 2021

Les plantes qui poussent sous la mer on les voit pas.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Il lit son journal seul sur un banc. Interdit d'être serrés les uns contre les autres, la ville ne sait pas qu'elle permet une délicate attention favorisant la tranquilité des introvertis après le bain de foule d'un train bondé. Les logiques sanitaires de la crise du covid prennent des formes totalement différentes en fonction du régime juridique du lieu : municipal, privé, écoles. Tous ont leurs règles différentes. Ici on prend la température à l'entrée, là il y a un distributeur d'alcool. Les cafés espacent les personnes dans la file d'attente pour la commande. Les tables sont collées les unes aux autres. Tout le monde porte le masque dans la rue et le fait tomber entre deux bouchées dans les restaurants.

Toujours la même continuité pour moi : ne pas aller dans les restaurants, ni les cafés sauf si en terrasse tout seul, mes deux vaccinations dans le bras navigant au-dessus d'un océan de delta invisible. Aucune envie de me tasser dans des espaces fermés tels que les cinémas, théâtres. Je recommence à goûter aux expositions qui ne sont pas populaires. Un peu comme le voyage, la stratégie est d'éviter là où tout le monde va. L'école est peut-être ma plus grande inquiétude. La promiscuité y est abondante et incontrôlable. L'enfance est un territoire social important qu'il est difficile de concilier avec les autres contraintes. Nos imperfections nous guident.

sur le bord du chemin

November 23, 2021 02:59 PM

David Larlet

Horaires

Autrement dit et pour résumer ces transformations, on peut parfaitement envisager dès maintenant une réduction massive du temps de travail. Ce n’est pas du tout « utopique » ou imaginaire de réclamer deux heures de travail par jour, du moins dans les secteurs susceptibles de l’automatisation-informatisation. D’ailleurs, compte tenu du fait que l’usure nerveuse est beaucoup plus grave et moins réparable que la fatigue musculaire, il est devenu indispensable dans ces métiers d’abréger les séquences de travail continu et de réduire déjà sérieusement la durée de la journée de travail. Mais ceci pourrait aller beaucoup plus loin. Or, il semble que ni dans le monde capitaliste ni dans le monde socialiste on ne soit décider à entrer dans cette voie. Il y a comme un blocage qui s’est effectué, et l’on choisit délibérément de ne pas appliquer les moyens techniques que l’on a à sa disposition pour maintenir l’ancienne structure à dominante industrielle. On introduit seulement de façon incoordonnée, à dose homéopathique, tel ou tel procédé. On automatise ici une chaîne de montage. On met en place une banque de données. On introduit un ordinateur etc. Mais il y a en réalité répugnance à changer le système.

Ceci provient d’un certain nombre de difficultés qu’il ne faut pas méconnaître : une inadaptation idéologique évidente. Il y a une répugnance à abandonner « l’idéologie du travail », une angoisse à l’idée de tellement de temps « libre ». On ne sait pas ce que deviendrait la vie humaine si elle n’était pas remplie par le travail. On soupçonne que cela supposerait un changement radical, total de société, de ses orientations, de ses objectifs, de ses structures, mais on n’est pas mûr pour tenter une pareille expérience.

Pour qui, pour quoi travaillons-nous ?, Jacques Ellul, Foi & Vie, n°4, juillet 1980

Facturation à la journée, à l’heure, parfois sur des créneaux un peu hybrides. Pas facile de trouver la granularité qui soit la plus pertinente en ce moment. À la fois pour mon énergie, et pour les produits, et pour les équipes.

À cela vient s’intégrer, de manière transverse, la pénibilité de la tâche en elle-même. Comment facturer au temps lorsque cette durée n’est pas fatigante de manière équivalente d’une heure sur l’autre ? Quid de l’implication émotionnelle ? De ce bug que l’on amène courir avec soi ? De ce commentaire qui va longtemps rester en travers ?

Je ne sais pas si la solution est la semaine (cache) de 4 jours (cache) ou celle de 168 heures, il y a du vrai dans chacune de ces approches et des ressentis différents vis-à-vis du travail. De ces activités ayant créées des professions (cache) très lucratives et dont je bénéficie si facilement.

Je payerais cher pour savoir ce que penserait Jacques Ellul d’une telle situation.


Lu depuis :

Mais il faudrait déjà que l’on se parle
Malgré les bouchons d’oreille les machines qui martèlent nos silences à la pause pourquoi se dire et quoi se dire d’ailleurs
Que l’on en chie
Que l’on peine à trouver le sommeil le week-end
Mais que l’on fait
Comme si
Tout allait bien
On a un boulot
Même si de merde
Même si l’on ne se repose pas
On gagne des sous
Et l’usine nous bouffera
Et nous bouffe déjà

À la ligne, Joseph Ponthus

De quoi remettre en perspective mes questionnements de privilégié.


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November 23, 2021 11:00 AM

November 22, 2021

Karl Dubost

ovale

Vase blanc en céramique avec un motif de plante. Takinogawa, Japon, 22 novembre 2021

Il n'y avait pas d'images sur mes photos, seulement des couleurs. J'ai photographié des verts (feuilles), des noirs (chataîgnes d'eau, galets, goudron, dents laquées, gousses de kapokier), des jaunes (curcuma, bananes, lingots), des rouges (chique de bétel, hibiscus, riz pas décortiqué), presque pas de bleu dans la nature à part le ciel. Sur ,es polaroids, le ciel veut pas s'imprimer, la photo est blanche.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Aujourd'hui, je découvrais l'ovalité de mes allées et venues entre deux lieux. Le long de l'orbite, je pratique des corrections infimes afin de perturber l'ordre monotone. La fragilité du monde se perçoit mieux dans le soupir que dans la tempête.

Kabocha sur une planche en bois. Komagome, Japon, 22 novembre 2021

sur le bord du chemin

November 22, 2021 02:59 PM

David Larlet

Jour 2

Le vrai journal est écrit dans la mer et dans le ciel, on ne peut pas le photographier pour le donner aux autres. Il est né peu à peu de tout ce qui nous entoure depuis des mois, les bruits de l’eau sur la carène, les bruits du vent qui glisse sur les voiles, les silences pleins de choses secrètes entre mon bateau et moi, comme lorsque j’écoutais parler la forêt quand j’étais gosse.

La longue route, Bernard Moitessier

Je me suis réveillé 5 fois dans la nuit. Ce n’était pas pour vérifier le pilote automatique du voilier mais pour remettre une bûche dans le poêle. À chaque milieu ses contraintes… et son manque de sommeil. Cela m’a permis de dormir en t-shirt, la prochaine fois je m’abstiendrai de porter un duvet pour ce refuge dont le poêle est surdimensionné… mais qu’il faut tout de même alimenter en continu pour éviter qu’il ne s’éteigne !

J’attends que la pleige (sorte de neige très liquide) s’arrête pour quitter le refuge. Je démarre sous le soleil et la grêle. #Canada

Un chemin, sous la neige. Pas de meilleure motivation que le soleil pour arriver en haut d’une crête !

J’ai prévu de faire une longue crête et je me rappelle aussi qu’il me restait à explorer un lac en contrebas, de l’autre côté, où j’espère trouver un emplacement pour de nouvelles aventures. Mes efforts sont récompensés car il y a effectivement de quoi mettre une tente et/ou un hamac. Il y a même une sorte de cuvette aménagée pour pouvoir faire trempette sur le petit cours d’eau à côté. Limite du glamping. Je suis joie.

Lac braque, gelé avec son barrage de castor au premier plan. Pour le moment, il faut creuser si on veut pouvoir se baigner.

Je remonte sur la crête et avec le vent ça commence à crouter sévère. Le soleil se voile et la température chute, je dois absolument redescendre de l’autre côté avant que ça devienne ingérable. Je prends un raccourci. Le ruisseau aussi et j’ai rapidement les pieds trempés. Heureusement qu’il ne fait que -5°C mais ce n’est pas le moment de se faire mal. Je rejoins une piste de ski de fond qui me permet d’augmenter la cadence et de me réchauffer.

Point de vue depuis la crête. J’espère dormir un jour sur cet à plat en contrebas. #YouDidNotSleepThere

J’arrive à un abri où j’envisageais initialement de passer la nuit. Je me fais une soupe miso pour me réchauffer de l’intérieur, il faudrait que je change au moins de chaussettes. Je suis rejoins par deux personnes qui vont y dormir cette nuit, ce seront mes seules rencontres ce jour. Elles ont l’air contentes d’être là, moi aussi.

Assis sur la chaise du poste de pilotage intérieur, je regarde l’eau phosphorescente à travers les hublots de la coupole qui protège des déferlantes et m’en rapproche. Je suis presque arrivé au tournant de ma route. Je sais, depuis l’océan Indien, que je ne veux plus rentrer là-bas.

[…]

Et jusqu’au Horn, ne pas regarder autre chose que mon bateau, petite planète rouge et blanc faite d’espace, d’air pur, d’étoiles, de nuages et de liberté dans son sens le plus profond, le plus naturel. Et oublier totalement la Terre, ses villes impitoyables, ses foules sans regard et sa soif d’un rythme d’existence dénué de sens. Là-bas… si un marchant pouvait éteindre les étoiles pour que ses panneaux publicitaires se voient mieux dans la nuit, peut-être le ferait-il ! Oublier tout ça.

Ne vivre qu’avec la mer et mon bateau, pour la mer et pour mon bateau.

Ibid.


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November 22, 2021 11:00 AM

November 21, 2021

Karl Dubost

glands

Tas de glands dans la paume. Kishimachi, Japon, 20 novembre 2021

Tout le monde appelle pas les choses par le même nom parce que les gens voient autrement.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Les glands de chêne sont petits et nombreux au creux de ma main. Ils sont lisses. Certains ont perdu leur bonnet. Je m'inquiète pour eux. L'hiver est juste dans un mois.

Il en prend aussi dans sa main, un grand tas qui s'écoule de sa paume au son de la chute d'eau du parc Nanushi-no-Taki. Un grand seau de métal au loin, nous exerçons notre habileté. C'est ainsi que les glands voyagent, quand les grands et petits enfants jouent.

sur le bord du chemin

November 21, 2021 02:59 PM

David Larlet

Jour 1

Je commence à comprendre que c’est moi qu’il faudrait aussi protéger de cette caméra.

Au début, je croyais qu’il suffisait d’appuyer sur le déclencheur après avoir réglé l’objectif. Ce n’est pas du tout ça. Il faut y mettre quelque chose d’autre, dans cette caméra. Elle essaye maintenant de me bouffer les tripes.

La longue route, Bernard Moitessier

Cette sortie a été plusieurs fois décalée, aussi j’essaye d’assurer le coup en me tenant éloigné des chasseurs. Je retourne dans un refuge que je connais bien en passant par de nouveaux chemins. Et je laisse la caméra à la maison.

Dès les premiers mètres, je sais déjà que je n’ai pas les chaussures appropriées : ça glisse et c’est très humide, j’ai des chaussures basses, plutôt lisses et pas super étanche. J’ai déjà été dans cette situation, il faut croire qu’il est difficile d’apprendre de ses erreurs. Je persévère et je suis récompensé, passés les premiers kilomètres plus populaires je me retrouve dans une trace fraîche qui est beaucoup plus praticable.

Ce n’est pas la première fois que je remarque que l’hiver ce sont les infrastructures et les activités humaines qui rendent la forêt plus dangereuse (glissades, décrochages, infrastructures, machines, etc).

Le lac corbeau, gelé. Je suis surpris que les lacs soient déjà gelés, ça va encore être galère de trouver de l’eau liquide…

Je fais un long périple en acceptant le côté glissant de mon pas, me revoilà sur Arrakice avec sa démarche bien particulière pour ne pas attirer l’hiver… (rires). À force de trop glisser en descente, j’ai la malléole qui tape un tronc et ça pique pas mal, sans compter les adducteurs qui commencent à souffrir. Je ne suis pas mécontent d’arriver au refuge après une quinzaine de kilomètres.

Le lac corbeau, vu de haut. C’est bien la peine d’avoir pris une bonne suée !

Je n’ai croisé personne mais j’ai eu beaucoup de notifications qui sont venues étirer mes pensées. Je me mets en mode avion et je monte à bord du Joshua. J’ai l’impression de partager une partie de cette (longue) route avec la neige qui fouette les vitres telle des embruns et des préoccupations autour de la récupération de l’eau potable.

Pourtant, c’est une carte bien lourde à porter, ce besoin de rassurer la famille et les amis, de leur donner des nouvelles, des images, de la vie, de leur transmettre ce quelque chose d’infiniment précieux, cette petite plante invisible qui s’appelle l’espoir. La raison me crie de jouer seul, seul, sans m’encombrer des autres. […]

Mais une autre voix insiste depuis plusieurs jours : « Tu es seul, pourtant tu n’es pas seul, les autres ont besoin de toi et tu as besoin d’eux. Sans eux, tu n’arriverais nulle part et rien ne serait vrai. »

Ibid.


J’ai beaucoup de gratitude pour Isabelle Attard qui cite cet ouvrage dans son livre et qui m’a motivé pour l’emprunter à la bibliothèque ainsi que pour Thomas qui m’a indirectement incité à amener de la lecture en forêt.

Il y a des poids qui allègent.


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November 21, 2021 11:00 AM

November 20, 2021

Karl Dubost

intime espace

Futon dehors en cours de séchage sur un vélo. Oji-Honcho, Japon, 20 novembre 2021

Je compte sur l'indifférence de l'océan pour ne pas entraver mes efforts à trier les bons et les mauvais souvenirs.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Une ville se dessine dans toutes ses intimités. Dans chaque vague coin de cette géométrie crêpitante existent les singularités de nos respirations, de nos baisers, de nos oublis.

Panorama de Tokyo. Oji, Japon, 20 novembre 2021

sur le bord du chemin

November 20, 2021 02:59 PM

David Larlet

Hypertélie

Il est assez courant qu’une innovation consiste à réutiliser un objet technique plus ancien, en particulier quand les générations récentes d’une lignée technique ont évolué vers ce que Simondon appelle « l’hypertélie », c’est-à-dire quand le fonctionnement de l’objet a été suradapté à une fonction précise et à un milieu donné. Ses performances sont inégalables dans cette configuration, mais il ne peut plus être employé pour remplir d’autres fonctions qu’il assurait auparavant et il se dérègle ou tombe en panne dès que le milieu varie. Il a perdu en « généricité ». Alors, il faut revenir à la génération précédente avant d’envisager un progrès majeur, c’est-à-dire une réorganisation globale de l’objet qui le rende plus synergique.

Penser l’innovation sur Arrakis, Vincent Bontems dans Dune : exploration scientifique et culturelle d’une planète-univers

J’ai maintenant un mot/concept/caractère pour décrire ce qu’il s’est passé dans le Web ces cinq dernières années. J’ai l’impression que c’est en train de se réorganiser pour créer des synergies entre les différentes parties.

C’est marrant de le retrouver dans un livre sur Dune qui cite Simondon dans Du mode d’existence des objets techniques.

En fait, les traits hypertéliques ou exubérants résultent de l’action de la sélection sexuelle et du conflit sexuel entre les partenaires.

Caractère hypertélique

Oh non, rien.


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November 20, 2021 11:00 AM

November 19, 2021

Karl Dubost

passages

Porte basse dans le mur d'enceinte d'une maison. Sugamo, Japon, 18 novembre 2021

Le vacuum environnant m'incite à entomber le passé encombrant, mais pour l'athlète de mémoire que je suis, il est plus difficile d'oublier que de se souvenir.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Je voudrais tant que cette porte mène à Oslo.

sur le bord du chemin

November 19, 2021 02:59 PM

David Larlet

Capteurs

La qualité de l’air dans les écoles est une préoccupation du réseau scolaire depuis de nombreuses années, et ce, bien avant la pandémie de COVID-19. Récemment, le ministère de l’Éducation (MEQ) a fait l’acquisition de 90 000 lecteurs de dioxyde de carbone (CO2). Ces outils permettront aux directions d’établissement de prendre des actions pour assurer le maintien d’une bonne qualité de l’air dans les classes de leur école.

Les lecteurs de CO2 seront installés par le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) dans toutes les classes.

Installation des lecteurs de CO2 (cache)

La bonne nouvelle de la journée.

On pourra toujours discuter des seuils plus tard, pour l’instant : installons et mesurons.


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November 19, 2021 11:00 AM

November 18, 2021

Karl Dubost

seul au monde

Homme seul dans la rue avec une cigarette à la main et sa canne. Takinogawa, Japon, 18 november 2021

Le seul panorama vivant est celui de ma vie passée. Je m'apprête à faire confluer tous mes palais de mémoire et à les examiner un à un.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Il était seul l'homme à la canne. Sa cigarette fumait ses dernières respirations. Immobile, il ne parlait pas. Il ne bougeait pas non plus, juste un très léger tremblement de la tête. Je suis passé derrière lui. Il ne m'a pas vu et je ne sais pas s'il m'a entendu. Je me suis demandé longtemps après s'il était toujours là. Les certitudes sont notre oubli. Et pourtant, si seulement, il était encore là au milieu de la rue. Peut-être demain.

sur le bord du chemin

  • Vietnam’s Robusta Bean Is The Key To Our Sustainable Coffee Future
    Part of this is because the gatekeepers of the coffee industry have a vested interest in keeping robusta down. It’s likely that you’ve had coffee made with robusta beans before, but didn’t know it. It’s often used for instant coffee or included in espresso blends without being labeled; with the top three importers of Vietnamese coffee being Germany, the U.S., and Italy, there’s a good chance your common brews include robusta. By keeping robusta invisible and making the market believe it’s an inferior product, companies are able to continue buying it at the low cost they’re used to.

November 18, 2021 02:59 PM

David Larlet

Oligarchie

Selon vous, les énergies fossiles ont notamment permis l’émergence de la classe moyenne. La fin de l’énergie abondante la condamne-t-elle ?

A terme, ça la remet en question de façon évidente. Avec l’énergie, on a vu l’émergence du confort matériel chez tous, du pouvoir d’achat pour tous. Et la modification du type d’activité avec le développement du secteur tertiaire. Est-ce que la décrue énergétique va permettre de conserver ce genre de travail, de services ? A terme, pas dans les mêmes volumes. La société va devoir se structurer différemment.

Une interview dans Le Un en novembre 2021 (cache)

Tout l’enjeu climatique est là. Les personnes en capacité d’enrayer cette débauche d’énergies sont les mêmes qui vont constituer cette future oligarchie de riches à l’abri des conditions qu’elles auront créées.

À partir de ce postulat, il faut :

  • soit essayer de faire partie de ces 5 % en fermant les yeux sur le reste de la population (c’est ce que font les 25 % actuels sans prendre conscience qu’il n’y aura pas autant de places à la fin) ;
  • soit redonner le contrôle à davantage de personnes pour influer sur le sort de l’humanité (ça fait pompeux mais on en est malheureusement là…) ;
  • soit accepter de terminer sa vie dans les 15 prochaines années (et après moi le déluge #OhWait).

J’aimerais tant être surpris.

Sauf à avoir un visionnaire à la tête de l’Etat. Mais ça, ça demande une période de crise. Et nous n’y sommes pas encore suffisamment enfoncés.

Ibid.


Au passage, aller vivre dans un éco-hameau (ou ses déclinaisons) ça s’assimile de plus en plus pour moi à du survivalisme-doux-qui-fait-l’autruche sur une situation généralisée. C’est peut-être rassurant et nécessaire à la santé mentale de quelques privilégié·es mais ça ne permettra pas de tenir bien longtemps sans prise de conscience et d’action globale.


Découvert depuis : Mao-spontex.

Lu depuis :

Mais puisqu’on évoque une pragmatique de la réception, je crains juste que « écosocialisme » ait par trop les airs d’une catégorie interne à la grammaire capitaliste et ne sonne que comme la énième proposition de l’« infléchir ». On pourrait dire que c’est habile, que ça permet d’avancer masqué et de tromper son monde — je n’aurais rien contre ce genre d’habileté. On peut dire aussi, symétriquement, que ça prépare à toutes les neutralisations. Au total, j’en reviens à un argument assez rustique : « communisme » est ce qui se déduit dans l’ordre de l’affirmation positive d’une prémisse sans équivoque anticapitaliste.

[…]

Andreas Malm a fait litière de cet absurde « Anthropocène » dont le nom même n’est qu’un évi­te­ment : un de ces stra­ta­gèmes géla­ti­neux typiques de l’idéalisme mora­liste, qui fait tou­jours tout pour igno­rer les forces maté­rielles et les forces sociales, les hégé­mo­nies et les conflits, les rap­ports sociaux et les rap­ports de force, et qui fina­le­ment nous laisse quoi comme pos­si­bi­li­té ? Réformer l’Homme ? On sait déjà com­ment ça se finit : par le tri des déchets et l’apologie des « petits gestes » qui « per­met­tront de tout chan­ger ». Or voi­là : les petits gestes pour tout chan­ger sont pré­ci­sé­ment des béquilles pour tout recon­duire, donc pour ne rien chan­ger.

« La multitude mobilisée en masse est l’unique solution » (cache)


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November 18, 2021 11:00 AM

November 17, 2021

Karl Dubost

inlassablement

Limite entre deux maisons collées. Sugamo, Japon, 17 novembre 2021

C'est parfois dans les plus petits interstices que les grandes choses se révèlent. Sur le bateau, malgré l'infini paysage, je suis prisonnier, mais pas un prisonnier qui scrute par le trou de la serrure un échantillon concentré du monde et voit un arbre là où il y a une branche ; un bouquet de fleurs à la place d'un bourgeon. Sur l'océan, rien n'est petit, le paysage tout entier est un musée d'abstractions. Il n'y a rien à extrapoler.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Tous les matins, inlassablement, les employés du cimetière de Somei balaient les feuilles des cerisiers tombées pendant la journée précédente.

Tas de feuilles de cerisier. Cimetière de Somei, Japon, 17 novembre 2021

Toutes les jours, sans la moindre fatigue, les cerisiers s'effeuillent et les camélias s'effleurent en attendant le tendre hiver.

Pétales de camélias tombés sur le sol. Sugamo, Japon, 17 novembre 2021

Je veux écouter le thème de Yumeji par Shigeru Umebayashi.

sur le bord du chemin

November 17, 2021 02:59 PM

David Larlet

Apprentissages

Ça fait pas mal de temps que je trouve inspirant ce qu’a fait Simon Willison avec ses TIL. Une façon de partager des frictions techniques quotidiennes pour documenter — et potentiellement aider d’autres personnes.

Ce serait une bonne occasion d’essayer datasette aussi mais c’est peut-être un peu trop dynamique à mon goût. Idéalement, ce serait déposer des bouts de code sur sourcehut et les déployer automatiquement là-bas aussi, sur mon propre sous-domaine.

Je vais laisser cette idée mâturer un peu, ça pourrait faire l’objet d’un cru 2022.


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November 17, 2021 11:00 AM

November 16, 2021

Karl Dubost

il devance mon regard

Immeubles avec un mur orangé et des balcons rouges en métal. Nishi-Asakusa, Japon, 13 novembre 2021

J'ai été sur terre, comme Quan l'est sur l'océan, exempté des dieux et du cortège encombrant des bâtons d'encens, des cierges et de rosaires sur les autels, dans les fissures des arbres ou au fond des besaces.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

L'enfant m'observe. Le regard vers le haut, il sait ce que je vais penser avant que je ne le sache moi-même.

Il pointe du doigt un immeuble que je n'avais pas encore vu. Il me dit « Tu aimes cet immeuble ? » avec le ton d'une affirmation mélangée d'une question. Il prolonge par « tu vas prendre une photo… »

« Oui, j'aime beaucoup ! » et je prends la photo.

sur le bord du chemin

November 16, 2021 02:59 PM

November 15, 2021

Karl Dubost

2 To

Toris. Otsuka, Japon, 12 novembre 2021

Pour le stockage des mémoires à transmettre à mon enfant, je constituais un palais des Enfants avec les cabanes qu'elle habitait dans les arbres à travers les forêts de son invention.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

J'ai acheté un nouveau disque de backup. À chaque fois, je suis certain que la technologie s'est améliorée, mais cela ne m'empêche pas d'être subjugé par le progrès de la compacité. Quand je travaillais en 1994, j'avais un disque dur de 500 Mo avec un OS et mes dossiers de façon à pouvoir transporter mon travail et mes outils quelque soit l'endroit où j'allais. La boîte du disque était grosse et lourde. Il fallait faire attention à ne pas le déplacer pendant qu'il tournait (partie mécanique mobile).

Aujourd'hui, j'ai reçu mon dernier disque de 2 To (SSD) qui tient dans la paume de ma main.

Disque dur dans une paume. Komagome, Japon, 15 novembre 2021

sur le bord du chemin

November 15, 2021 02:59 PM

David Larlet

SourceHut

This suite of open source tools is the software development platform you’ve been waiting for. We’ve taken the wisdom of the most successful open-source communities and turned it into a platform of efficient engineering tools.

Ce soir, je (re?)découvre SourceHut et je suis impressionné. C’est rapide et leurs petits outils satellites sont bien pensés. Ça semble être une alternative crédible à Microsoft Github Pages et Microsoft Gists pour les petits bouts de codes.

Pour ce qui est des dépôts en eux-mêmes, cela me demanderait de revoir mon workflow (cache) pour passer davantage par les courriels, ce qui est potentiellement une meilleure pratique (cache), davantage décentralisée. Je me demande à quel point ça devient moins accessible à la contribution cela dit, ce qui pourrait être le point le plus bloquant. Je vois bien qu’en ayant ma propre forge, cela réduit les contributions à néant… et je n’ai pas de moyen de comparer avec une présence de ces sources sur Microsoft Github.

Cerise sur le gâteau, niveau culture ça a l’air bien pensé aussi :

Think of SourceHut’s engineering culture as a dynamic, mutual collaboration between equals, who aim to support each other in achieving our shared ambitions in free software. We have essentially attempted to reproduce the FOSS community’s collaboration environment, and to some extent, governance model, in the context of a business.

Introduction to SourceHut culture (cache)


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November 15, 2021 11:00 AM

November 14, 2021

Karl Dubost

propreté sale

Poubelles et vélos en face d'un magasin fermé. Nishi-Asakusa, Japon, 13 novembre 2021

Surprise est entre nous un code.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Je suis toujours ébloui par la persistance des vieux objets sales et parfaitement organisés. Ce n'est pas tant que les environnements soient réparés, ni complètement nettoyés, mais ils sont organisés.

sur le bord du chemin

  • Mohamed Bourouissa’s staged dramas in Paris’ banlieues
    In Périphérique (2005-08), his breakthrough series of photographs, the Deutsche Börse award-winner Mohamed Bourouissa staged scenes with his friends and acquaintances in the Paris banlieues where they used to hang out. Bourouissa’s high drama in the outskirts of Paris attempted to give a place in French history to individuals usually neglected and overlooked in contemporary society.
  • Le riz

November 14, 2021 02:59 PM

David Larlet

Captées

Plutôt que de data, il nous faudrait plutôt parler de capta :

  1. les data ne sont pas données comme l’espace et le temps, elles doivent être produites ;
  2. les data sont toujours construites d’une manière particulière, d’après une vision du monde ;
  3. pour être connues, les data doivent être captées ; il a y donc un choix entre le type d’information qui a été retenu et ce qui a été ignoré ;
  4. les data seraient donc beaucoup moins objectives qu’elles ne le paraissent à première vue.

Les données ne sont pas données (cache)

Distinction importante rapportée par Louis-Olivier Brassard. J’accorde beaucoup d’importance à cette distinction sémantique, surtout avec le double sens de « données » en français qui prête d’autant plus à confusion…

Peut-être faudrait-il même évoquer (cache) des tracka ? Auquel cas l’ambiguïté est davantage acceptable, souhaitable ? 😇


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November 14, 2021 11:00 AM

November 13, 2021

Karl Dubost

kappabashi

Devanture d'une maison avec des grandes plantes vertes dans la rue. Nishi-Asakusa, Japon, 13 novembre 2021

Ils ont senti ma peau de citadin, mon tabac étranger du marché noir, le savon importé de même provenance, la senteur goyave de la petite sur mon dos.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Le quartier de kappabashi est un ensemble de rues dédiées au monde de la restauration et de la cuisine. Des faux plats, des assiettes, des ustensiles, des équipements de cuisine. Tout. Il y a tout à kappabashi pour se lancer dans la restauration ou trouvant l'élément manquant de votre cuisine.

Machine à menu prête à vendre. Nishi-Asakusa, Japon, 13 novembre 2021

Entre les machines de ticket pour les restaurants de ramen, aux moules à gâteaux, aux magasins de couteaux, j'aimerais rester des heures dans ce dédale. Mais la fatigue alourdit ses petites jambes, il nous faut penser à rentrer.

Moules à gâteaux. Nishi-Asakusa, Japon, 13 novembre 2021

La poésie des fourneaux vibrent à tous les étages des boutiques, certaines très anciennes. Dans l'une d'elles, je trouve un pot en céramique bleue pour une plante et au moment de payer, je peux apercevoir l'arrière boutique traditionnelle. Une pièce de vie juste devant la cuisine avec le kotatsu et la télé qui fonctionne.

Arrière boutique avec table basse et tatamis. Nishi-Asakusa, Japon, 13 novembre 2021

sur le bord du chemin

November 13, 2021 02:59 PM

David Larlet

Frustration

When you look a bit more closely to what meditation is about, the main concept is to shut down any distraction (like smartphones, smart watches, and even counting mosquito bites) to put full focus on yourself. Once you’re in the focus, the goal is to find relief, self-confidence, health and happiness in the world. It’s a great and weird mixture of extreme selfishness and embracing a social, helpful society. Meditation is a great technique to calm down, to get into a more self-reflecting mode.

It’s time for a healthy tech approach (cache)

C’est la seconde fois consécutive que j’annule une sortie en forêt. La première fois car la pluie autour de 0°C ce n’est pas super enthousiasmant. La seconde car j’ai fini par récupérer le rhume de l’enfant la veille de partir.

Derrière cette frustration, il y a le manque de cette méditation dans l’action qui m’apporte tant durant ces journées en forêt. Cela signifie que la prochaine sortie sera forcément blanche… et fraîche.

Once we start building things for people, we not only make others happier and healthier, we will be happier as well. There’s nothing as long-lasting and uplifting as someone else who is grateful for what you have done for them. Our own happiness will make us calmer and more healthy.

Ibid.


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November 13, 2021 11:00 AM

November 12, 2021

Karl Dubost

un coup de pédales

Coin de rue avec vieille maison sous les arbres. Zhoshigaya, Japon, 12 novembre 2021

Et le rivage toujours si calme attend.
— Douze palais de mémoire, Anna Moï, urn:isbn:978-2-07-288794-9

Une journée de promenade dans Tokyo. À vélo. Un jour « offert » par Mozilla à tous les employés.

Tous les services relations humaines des entreprises « modernes » nord-américaines se gargarisent des jours offerts en cadeau aux employés pour leur bien être mental. Le sentiment d'un retour au paternalisme de la révolution industrielle où le patron fournissait des services aux ouvrriers de son usine. On en est pas loin, si ce n'est à la différence que cette fois-ci, il s'agit là de prendre soin de cette nouvelle bourgeoisie du secteur technologique. Bien sûr, ces « welness days » ne sont ni inscrits dans une convention collective, encore moins dans un cadre national et son délivrés au bon vouloir discrétionnaire de l'entreprise chérie qui doit être aimée en retour. L'entreprise n'est pas votre amie.

Restaurant de ramen ouvert sur la rue. Zhoshigaya, Japon, 12 novembre 2021

Mais revenons en à nos moutons, ou plutôt à nos détours dans les rues de Tokyo. Sans réelle planification, je déambule à travers les rues. Et je me rends compte que mes déambulations pédestres à Tokyo quand je vivais à Shimokitazawa m'avaient permis de couvrir beaucoup de terrain. Je « redécouvre » des endroits et des lieux que je connaissais déjà. Une maison particulière, une rue étrange qui dégringole la colline, un parc, un café sous les arbres, certains lieux me sont familiers, même si je ne les avais vus qu'une seule fois auparavant.

Je fais une pause au café 125 de l'université Waseda. Une feuille de Ginkgo tombe sur mon jean. Je sens que c'est une invitation. L'arbre me dit que c'est une belle journée d'automne. Qu'il est temps de continuer à rêver les fesses brûlantes sur la selle de cuir du vélo.

Feuille de ginkgo sur du tissu. Waseda, Japon, 12 novembre 2021

J'ai poursuivi mon chemin tout au long de la journée sans vraiment de destinations. Le restaurant de banh mi que j'aimais à fermer alors j'en ai trouvé un autre, pas si mal. Un des clients regarde mon vélo intensément. Mon sandwich dans le sac à dos, je cherche un parc où je pourrais enlever mon masque et me rafraîchir le visage.

J'ai traversé Shin-Okubo (ville coréenne de Tokyo), cité des femmes, encore plus prononcé que les habituelles zones commerçantes de Tokyo. Les boys band et les séries TV attirent tous les âges dans des memes de la culture coréennes.

Je passe Shinjuku. On prend moins de photos lorsque l'on est à vélo. La lenteur de la marche est nécessaire afin que l'argent de la rétine s'éblouisse du quotidien.

Puis finalement au Watarium museum pour aller voir une expo et je suis rentré par Ikebukuro avant de rentrer vers Sugamo.

Et tout cela facilement juste en appuyant sur les pédales.

avion dans le ciel sur fond de ville. Ikebukuro, Japon, 12 novembre 2021

sur le bord du chemin

  • Le mauvais côté de la résilience
  • Pédagogie
    Sans compter le paradoxe entre le système éducatif et la société, ce couple tension/incompréhension dont on a peut-être besoin. Ce bouc-émissaire nécessaire pour que l’on accepte de laisser son enfant dans un environnement que l’on ne contrôle pas.
  • wikipedia portable
  • Dépendances
    J’ai déjà beaucoup trop parlé du sujet et en même temps cela a été et pourrait encore être mon quotidien si je n’avais pas choisi une certaine forme d’ascétisme technologique (n’ayons pas peur des mots, ataraxie numérique (cache) si on veut être vraiment pédant). Évaluer chaque outil pour son usage actuel et futur, sa maintenance, sa migration, ses drama (coucou Hotwire), son abandon pour la dernière mode.

November 12, 2021 02:59 PM

David Larlet

Étiquettes

In hierarchical file systems, the path to a file tells us how to retrieve it, not what is inside the file. For example, “/home/john/diary.txt” tells the computer to start from the root, go into the directory named “home”, go into the subdirectory named “john”, and follow the link named “diary.txt” to access the file. It doesn’t necessarily tell us anything about what the file contains – for all we know, it could be an actual diary or a downloaded movie. To make matters worse, the meaning of the path is relative to which computer system we’re working on. The same path “/home/john/diary.txt” might exist on a distant server, but possess completely different file content.

Designing better file organization around tags, not hierarchies (cache)

Un long article un peu technique sur le passage d’un stockage hiérarchique à une structure complètement plate en passant par des tags.

Ceci m’intéresse à double titre. Ce qui m’interpelle cette fois-ci, c’est qu’une fois la hiérarchie établie par un·e précurseur·euse, les autres doivent suivre et se retrouvent avec moins de libertés. Une approche par étiquettes permet potentiellement de privilégier une structure permettant une évolution plus fluide.

Peut-être que la façon dont on nous a appris à ranger nos affaires numériques en dit plus que ce que l’on pense. Et je ne parle même pas des URLs. Comme une envie de revisiter des choses par ici.


[Lisant le titre d’un livre posé dans le salon : « Les lois naturelles de l’enfant »]
— Nous, on n’a pas de lois.

🤗


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November 12, 2021 11:00 AM

November 11, 2021

Karl Dubost

sento de Takinogawa

Cheminées de sento. Takinogawa, Japon, 9 novembre 2021

On se serait inspiré du génie de la haie. Elle séparait sans emmurer, délimitait sans opacifier, protégeait sans repousser. L'air y passait, l'oiseau y nichait, le fruit y poussait. On pouvait la franchir mais elle arrêtait le glissement de terrain. À son ombre fleurissait la vie, dans ses entrelacs prospéraient des mondes, derrière sa dentelle se déployaient des parcelles. La méduse du récent globalisme absorbait les bocages.
— Sur les chemins noirs, Sylvain Tesson, urn:isbn:978-2-07-014637-6

À Takinogawa, sur la trajectoire du matin, il y a une grande cheminée qui ne dépasse pas l'autoroute. Elle appartient à un sento. Je dois passer à la mauvaise heure ou les mauvais jours car je ne vois jamais de fumée, ni ne sens le parfum du bois brûlé. La combinaison de la promiscuité du sento et de la pandémie me pincent.

Oui, c'est cela, la cheminée n'est active que de 16 heures à minuit. L'intérieur et son décor balnéaire me font sourire. Nous, les humains, créons toujours nos opiums d'évasion dans la lecture, l'art et le quotidien.

Intérieur du sento. Takinogawa, Japon

Quand je regarde les cartes de la période Edo, tout ici n'était que vallées et collines ponctuées de quelques villages sur l'horizon ou près des rivières. Le paysage du sento est sous quelques étages de béton, lui même enveloppé d'immeubles d'une vingtaine d'étages et d'une autoroute circulant à hauteur du neuvième.

sur le bord du chemin

November 11, 2021 02:59 PM

David Larlet

Écoute

Attention : notre écoute peut paraître paternaliste si nous insistons pour que des femmes parlent dans une réunion mixte, par exemple. Il importe donc de bien exposer les motifs de cette préoccupation, et il est sans doute préférable d’indiquer que les hommes parlent trop, plutôt que de souligner que les femmes ne parlent pas.

Petit guide de « disempowerment » pour hommes proféministes (cache)

Je suis de plus en plus attentif à la répartition de la parole dans un groupe mixte, considérant que ce temps d’attention est un facteur majeur de déséquilibre. Cette simple (dé)mesure est trop souvent édifiante.

Note : j’ai encore du travail à faire de mon côté.


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November 11, 2021 11:00 AM

November 10, 2021

Karl Dubost

ce que nous sommes

fractures dans un mur et fenêtre avec quelques pots et une plante. Sugamo, Japon, 10 novembre 2021

Les jours se répétaient, le paysage changeait imperceptiblement.
— Sur les chemins noirs, Sylvain Tesson, urn:isbn:978-2-07-014637-6

Il y a ce que les gens réparent, il y a ce qu'ils jettent, il y a ce qu'ils abandonnent, il y a ce qu'ils exposent.

Et moi ? Je me questionne.

Futons attachés prêts à être jetés. Sugamo, Japon, 10 novembre 2021
Pots de plantes le long d'un mur. Sugamo, Japon, 10 novembre 2021
Torchis visible sous un essantage. Sugamo, Japon, 10 novembre 2021

sur le bord du chemin

  • Des nouvelles de Li Ziqi
  • 19eme siècle Hi-Tech. Quand les « nouvelles économies » ressemblent de plus en plus aux vielles recettes du capitalisme industrielle du 18ème et 19ème siècles.
    Platform work is precarious by nature. Even though more than half of all gig workers rely on it for most of their income, 40% of them make less than minimum wage. But it’s not just about the money. It’s about fragility and insecurity. Day to day, gig workers worry about their health, their safety, and whether or not they’ll make enough to cover their costs. More than 60% want to quit within a year. Gig work is worse for women, who earn less on the platforms than men. Meanwhile, even though the biggest gig platforms are disrupting the global workforce, few of these companies have shown they can sustainably make a profit, relying instead on investors to fuel their growth.

November 10, 2021 02:59 PM

David Larlet

Éducation

L’éducation, c’est surtout de la pacification des jeunes foules. […] Les futurs dominants se bardent de diplômes pour s’innocenter de l’exploitation qu’ils feront subir. S’ils se retrouvent au sommet, c’est parce qu’ils ont bataillé pour recevoir l’onction méritocratique. Mais déjà, pour une salle des profs lambda, l’idée que l’écoledelarépublique puisse trier socialement les enfants au lieu d’en faire des citoyens illuminés par la connaissance, c’est dur à avaler.

« Je veux plus aller à l’école » (cache)

Il y a des jours où je me demande pourquoi est-ce que je l’amène à l’école. Et puis il n’y en a pas d’autres.


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November 10, 2021 11:00 AM

November 09, 2021

Karl Dubost

automne

Herbes désséchées dans le cimetière. Cimetière de Somei, Japon, 9 november 2021

Les chemins noirs avaient cette vertu : ils sinuaient entre les verrues des plans d'occupation des sols.
— Sur les chemins noirs, Sylvain Tesson, urn:isbn:978-2-07-014637-6

Le cimetière de Somei commence à décliner ses couleurs d'automne. Les cerisiers sont or et rouges, les herbes sèches, la mousse humide et froide. Et j'envisage déjà ce court moment du printemps où il sera possible de lire, celui entre les averses et les moustiques sous un rayon de soleil et les feuilles nouvelles.

sur le bord du chemin

  • Decaying but beloved, Tokyo’s Capsule Tower faces uncertain future

  • Es Devlin creates indoor forest as venue for COP26 events. Ambiguités. Bien que je trouve cela en effet très beau et appaisant. Cette installation artistique pour les discussions sur le climat me dérange un peu également. Cela vient toucher deux sentiments à la fois.

    Trees and plants have been positioned around a low-lit clearing filled with second-hand wooden school chairs for the audience. […]
    As with the Somerset House installation, the flora making up Conference of the Trees will be replanted once COP26 has concluded with native species chosen to suit their destination at a community garden in Glasgow.

    Et même si les arbres seront replantés. Et pourtant nous faisons cela aussi avec nos jardins et nos plantes d'intérieur.

November 09, 2021 02:59 PM

David Larlet

Junior

Pour diminuer ces risques, les entreprises devraient accepter de renoncer à une part de rentabilité immédiate au profit d’une forme d’investissement durable reposant sur le recrutement de davantage de juniors. En comprenant que ces juniors sortant de formations courtes – qui sont, notamment, des femmes – auraient pu être ingénieurs ou ingénieures si ils ou elles n’avaient pas rencontré dès l’enfance toute une série de barrières socio-culturelles, l’industrie miserait sur son propre avenir.

« Le manoir de verre » : comment la tech traite-t-elle les femmes développeuses ou data scientists ? (cache)

Il y a des jours où je suis bien content de voir l’évolution de scopyleft sur ce plan là. Cette dernière année, nous sommes devenu·es paritaires en réduisant notre moyenne d’âge de 5 ans. Ce qui se joue en interne va bien au-delà de ces chiffres et je vais avoir besoin de davantage de recul pour en parler.

Jusqu’ici c’est très chouette :-).

We end up in a situation where the demand for senior developers far outweighs the capacity and willingness of the companies to train juniors. Up until recently it wasn’t that bad though, we were in kind of an stable situation - the number of developers needed was growing steadily, the attrition was stable, companies were offering some internships and entry-level positions, universities and bootcamps provided streams of candidates. It wasn’t very easy to get the first job in the industry, but with enough effort and determination it was possible even for someone who has just started programming.

And then came the pandemic.

Why nobody hires junior developers anymore (cache)

PS : niveau salaires par contre, c’est très inégal et ce sera l’opportunité d’un futur billet.


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November 09, 2021 11:00 AM