Planète Web Sémantique

September 02, 2010

Karl Dubost

Espace public, une espèce menacée

affichage
Montréal, Canada, 25 août 2010

Scène urbaine du quotidien : Depuis la cité du multimédia, je marche à travers le Vieux-Montréal en discutant avec un autre des enjeux de la journée. Nous croisons de nombreuses personnes. J'ai déjà oublié tous les visages. Proche de l'arrêt de bus, dans mon champ de vision, je vois le charme d'une personne que je reconnais. Je salue de loin. Sourires échangés. Je continue ma conversation. Elle disparaît. Le bus arrive. L'espace urbain offre cette ambiguïté. La ville est ce lieu où l'anonymat et la sécurité signifient être physiquement proche des autres.

Les espaces publics peuvent être accaparés par des personnes privées (Le professeur Y vient chaque après-midi s'assoir sur ce banc du jardin public et l'occupe durant trois heures environ) ou partagés collectivement (le trottoir de cette avenue reçoit de nombreux piétons entre telle heure et telle autre heure), ou bien encore accueillir du public alors même qu'ils appartiennent à centre commercial, un musée ou une enclave résidentielle sécurisée, de droit privé. Ces espaces publics — dont la responsabilité juridique varie d'un cas à un autre, et dont les usages sont incroyablement versatiles — mettent en relation, du moins potentiellement, des gens, qui s'y croisent, s'évitent, se frottent, se saluent, conversent, font connaissance, se quittent, s'ignorent, se heurtent, s'agressent, etc. Ils remplissent une fonction essentielle de la vie collective : la communication. Ils facilitent l'urbanité élémentaire et reçoivent, comme un don anonyme et sans réciprocité attendue, l'altérité. C'est dans les espaces publics que le soi éprouve l'autre. C'est dans les espaces dits publics que chacun perçoit dans l'étrangeté de l'autre la garantie de sa propre différence.

Paquot, Thierry, L'espace public, p. 7, La Découverte, 2009.

Au moment où j'écris ces lignes une conversation à la table d'à côté dans le café se glisse. Une jeune femme discute avec un ami : — Elle m'a dit qu'elle était sur MSN ce soir, parce qu'elle manquait de sexe. J'ai envie de coucher avec un gars ce soir. Je retourne à mon propos ou plutôt je le vis pleinement.

Le livre de Thierry Paquot dévoile à travers de nombreuses références historiques et philosophiques la notion d'espace public et d'espaces publics. C'est une lecture passionnante et qui comme toujours dans ce genre d'ouvrage donne envie d'aller explorer un peu plus loin, de poursuivre la lecture des références. J'y ai relevé de si nombreux passages passant d'un sujet à un autre les mélangeant à mes propres préoccupations ou amusements.

message dans la rue
Montréal, Canada, 21 août 2010

Une section se consacre à l'espace public en tant que lieu de fabrique des opinions et de sa définition par Jürgen Habermas suite à l'étude de l'espace public aux XVIII et XIXe siècles.

Lorsque la presse devient entièrement dépendante de la réclame, elle ne peut plus jouer ce rôle et c'est la fin d'un certain espace public.

Paquot, Thierry, L'espace public, p. 10, La Découverte, 2009.

Si dans un organe de presse, nous limitons notre expression car nous pourrions mettre en péril les intérêts économiques du propriétaire, il y a en effet une disparition du droit d'expression. L'enjeu des communications assistées par la technologie va un peu plus loin que celle de la presse. Nos conversations semi-privées sont de plus en plus capturées. J'ai une conversation avec un ami dans la rue, dans un café. Une personne présente à côté de moi pourra entendre cette conversation dépendant de son opacité. Cette conversation cependant reste libre. Mais voilà, il suffit qu'un auteur la fasse sienne dans un livre et y appose un droit d'auteur pour que cette conversation devienne limitée. Pis ; dans nos communications électroniques par messagerie, par twitter, … nous acceptons de façon explicite la privatisation de nos conversations. Et pourtant…

L'espace public correspond à la publicité d'une conviction privée qui vient alimenter le débat collectif et participer à l'élaboration d'une opinion publique.

Paquot, Thierry, L'espace public, p. 32, La Découverte, 2009.

Mais voilà, « l'espace public » peut se faire menaçant. Pendant la terreur la guillotine, en URSS le KGB, en Allemagne la Gestapo, chaque période de l'histoire offre un moment où les pouvoirs publiques représentent une menace pour les individus dépendants de cet espace public. Un mot de trop et le couperet tombe. Aujourd'hui, l'environnement est plus pernicieux. Tous les modes de communications sont favorisés à travers des canaux prédéterminés et contrôlés afin d'en capturer l'essence et de l'exploiter. Nous ne sommes pas loin de Soleil Vert.

It's people. Soylent Green is made out of people.

C'est en partie le propos de bibliomancienne face au marketing envahissant dans les bibliothèques. La logique de marché se glisse pernicieusement et transforme l'objet du lieu. L'amélioration et la qualité d'un service est certe importante. Mais une démarche tayloriste, qui optimise ses interactions en fonction du marché (c'est à dire le marketing), détruit l'objectif même de la bibliothèque :

Suivant cette approche, la sphère publique s’érode car la logique est alors celle de la rentabilité. Et le risque de cette approche, ce n’est pas seulement que ce soit la logique de la rentabilité qui justifie les actions et les décisions de l’organisation. C’est aussi qu’une vision économique des bibliothèques ne fournit pas de raisons pour lesquelles on devrait supporter fiscalement une institution qui ne maximise pas son utilité. Autrement dit, on disqualifie les raisons justifiant que l’on paie avec l’argent des contribuables pour une organisation non-rentable. Alors que le modèle démocratique fournit de telles raisons car la bibliothèque est alors vue comme une entité contribuant au bien public.

Bibliomancienne, Marketing des bibliothèques : à quel prix ?

Cette logique prend prise sur tout l'espace. Je prenais des photos du détail d'une sculpture faite de bocaux en vert dans les couloirs de la Bibliothèque Nationale du Québec lorsqu'un gardien vient m'interdire la prise de photographies. La raison ? C'est interdit. Autant les œuvres d'art exposées que le bâtiment lui-même. Là encore, la marchandisation, la capitalisation vient capturer l'expression et la participation à l'opinion publique.

bocaux
Montréal, Canada, 31 août 2010

Je finirais par ce passage de Thierry Paquot qui rejoint la notion de bidouillabilité de Tristan Nitot, c'est à dire la possibilité d'une médiation récriproque.

Or, le lieu est commun ou urbain, si et seulement si l'altérité s'y déploie.

Paquot, Thierry, L'espace public, p. 104, La Découverte, 2009.

September 02, 2010 10:50 AM under ville

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September 01, 2010

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Semantic Copyright

Ontologie OWL pour décrire les licences et les attribuer à une ressource

by Got at September 01, 2010 07:58 PM under WebSemantique

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August 31, 2010

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Linked Data & Médias | Blog actuvisu

Que les données ne soient plus cachées dans des bases de données côté serveur mais interrogeables de manière standardisée par tout un chacun, voici le vieux rêve de Tim Berners-Lee. Le chemin est encore long, mais il faudrait être bien aveugle pour ne pas voir ce changement de paradigme. A l’exception des API offrant leurs données au format XML ou JSON, les données que nous pouvons obtenir aujourd’hui sur le web, sont sous la forme de pages web, de documents HTML liés entre eux par des hyperliens. Le mouvement Linked Data (données liées) travaille à stocker ces données dans un format lisible par l’ordinateur et à les lier entre elles en autorisant la description de leurs relations via les URI (Uniform Ressource Identifier). Cet essor permit par les technologies du web sémantique (RDF, OWL, SIOC…) amènera petit à petit vers un web des données, « web of data », promettant ainsi d’ouvrir un nouveau champ des possibles.

by yhugo at August 31, 2010 02:22 AM under WebSemantique

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Data Data Data II | Blog actuvisu

Quelques concepts de Scott Brinker, « marketing technologist », sont exprimés ici. Pour bien les comprendre, j’ai décidé d’écrire cet article et faire ce travail de synthèse, mais pas que. Un billet à ma sauce en somme. Beaucoup d’entre nous utilisent des données pour leur travail, cela nous aide à prendre des décisions et à persuader nos interlocuteurs.

by yhugo at August 31, 2010 12:56 AM under WebSemantique

August 29, 2010

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Semantic Lab

Nous sommes un regroupement d'experts compétents dans les différents domaines de la gestion des connaissances. Semantic Lab possède une expertise de pointe dans les différentes technologies du Web sémantique.

by yhugo at August 29, 2010 06:51 PM under WebSemantique

Gautier Poupeau

XML vs RDF : logique structurelle contre logique des données

XML et RDF sont deux modèles différents d'encodage de l'information et, pourtant, ils sont souvent confondus. Le dernier exemple en date est la mise à disposition par la British Library de 14 millions de notices bibliographiques au format, je cite, « RDF/DC ». La confusion est patente de par l'absence d'URI pour identifier les ressources décrites. Or, en tant que lecteur régulier de ce blog, vous savez que l'URI est un des fondements du modèle RDF.

Il est vrai que la distinction n'est pas forcément évidente à appréhender au premier abord et la syntaxe RDF/XML n'arrange pas les choses. J'ai à plusieurs reprises sur ce blog expliqué ce qui différencie les deux modèles : le modèle de l'arbre ou de l'arborescence pour l'un et le modèle de graphes pour l'autre. Mais, ainsi dit, cela n'est peut-être pas clair. Je vous propose donc d'aborder la distinction sous l'angle de la validation des informations pour faire suite à un commentaire sur le Figoblog et la réponse de Manue.

<!--break-->

On dit d'un flux XML qu'il est bien-formé s'il respecte la logique d'imbrication des balises (à la « poupée russe »), qu'il possède un élément racine et quelques règles primitives de XML. Ce même flux est valide s'il respecte un schéma (définie selon différentes syntaxes : DTD, XML schema ou Relax NG), c'est-à-dire que les noms des éléments et des attributs et leurs imbrications respectent les règles déterminées par le schéma. Dans ce cas, il s'agit de valider la structure d'un ensemble fini dont les bornes sont déterminées par l'élément racine. Ainsi, XML permet d'encoder des portions d'informations selon une logique contextuelle à un ensemble fini.

Reprenons l'exemple donnée par Manue, soit la phrase : « Socrate est un chat ». Si j'encode cette phrase en XHTML, cela donnera :

<html>
  <head>
    <title>Description de Socrate</title>
  </head>
  <body>
    <p>Socrate est un chat</p>
  </body>
</html>

Cet exemple est valide du point de vue du schéma XHTML, mais je n'ai pas validé l'assertion « Socrate est un chat », simplement le fait que, dans le contexte de mon exemple en XHTML, l'assertion forme un paragraphe. Même si je change l'encodage XML voire que j'utilise un autre schéma, je continuerai de valider la logique structurelle de l'ensemble du flux et non la logique des données, par exemple, en TEI :

<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0">
   <teiHeader>
      <fileDesc>
         <titleStmt>
            <title>Description de Socrate</title>
         </titleStmt>
         <publicationStmt>
            <p>Manue, 2010.</p>
         </publicationStmt>
         <sourceDesc>
            <p>Exemple tiré du Figoblog</p>
         </sourceDesc>
      </fileDesc>
   </teiHeader>
   <text>
      <body>
         <p>
            <s>
               <phr type="sujet">Socrate</phr>
               <phr type="verbe">est</phr>
               <phr type="attributDuSujet">un chat</phr>
               <pc type="point">.</pc>
            </s>
         </p>
      </body>
   </text>
</TEI>

Dans ce cas, le schéma me permet de valider que je peux avoir un élément XML « s » dans un élément « p » et qu'il peut lui-même contenir des éléments « phr » ou « pc ».

En RDF, la logique structurelle est toujours la même, puisqu'elle est intrinsèque au modèle : <Sujet> <Prédicat> <Objet>. La validation « structurelle » de RDF se situe donc au niveau de l'assertion ou de la donnée à la différence de XML dont la validation est documentaire. En réalité, RDF ne s'intéresse pas à l'encodage d'une structure, mais plutôt à celui de la logique des données. C'est là que rentrent en jeu les ontologies.

Une ontologie, décrite en OWL ou en RDFS, ne permet pas à proprement parler de valider les données encodées en RDF comme c'est le cas avec un schéma XML. En premier lieu, une ontologie définit un cadre logique et sémantique d'un domaine de connaissances. Par exemple, FOAF permet de décrire, en premier lieu, des personnes, Dublin Core les métadonnées d'un document, SKOS un vocabulaire contrôlé, Good relations des produits...

Pour ce faire, une ontologie décrit :

  • des classes, c'est-à-dire la nature des choses, un type : une personne, un document, un concept, un produit, une société...
  • des propriétés, c'est-à-dire les caractéristiques des classes : le nom d'une personne, les différentes relations qui unissent différentes personnes, les relations entre des concepts, le fait qu'un produit est créé par une société...
  • des contraintes, c'est-à-dire la logique associée aux classes et/ou aux propriétés : une personne est différent d'un chien ou d'un chat, une relation "connaît" qui unit deux personnes est symétrique, une personne a forcément une propriété "nom"...

Reprenons notre exemple et voyons dans quelle circonstance cette assertion est vraie et dans quelle circonstance elle est fausse. Pour ce faire, je vais définir une ontologie :

  • les classes :
    • Personne ;
    • Philosophe ;
    • Chat ;
  • les propriétés :
    • nom d'une personne ;
    • le propriétaire d'un chat ;
  • les contraintes :
    • une même ressource ne peut être à la fois une personne et un chat, on dit alors de ces deux classes qu'elles sont disjointes ;
    • La classe philosophe est une sous-classe de personne, donc une ressource de type "Philosophe" est aussi de type "personne" de par les mécanismes d'héritage définis par OWL et RDFS ;
    • une personne se définit forcément par le fait qu'elle a un nom ;
    • un chat se définit forcément par le fait qu'il a un propriétaire ;

A présent, instancions l'ontologie pour deux ressources Socrate 1 et Socrate 2 :

  • Socrate 1 est un philosophe ;
  • Socrate 1 a pour nom de personne "Socrate" ;
  • Socrate 2 a pour propriétaire John Doe ;

Maintenant, évaluons l'assertion « Socrate 1 est un chat » :

  • Puisque Socrate 1 est philosophe et qu'un triplet utilise la propriété "Nom de personne", Socrate 1 est un homme ;
  • Or, la classe homme est disjointe de la classe chat ;
  • Par conséquent, Socrate 1 ne peut pas être un chat, cette assertion n'est pas valide par rapport à l'ontologie, on dit que l'assertion est incohérente ;

Puis, évaluons l'assertion « Socrate 2 est un chat » :

  • Puisque Socrate 2 a un propriétaire, Socrate 2 ne peut être qu'un chat suivant mon ontologie ;
  • Aucune autre assertion ne vient compléter voire contredire cette déduction, on parle aussi d'inférence ;
  • Par conséquent, cette assertion est valide ou cohérente ;

Si vous déclarez correctement votre ontologie de manière formelle avec un langage comme OWL ou RDFS, l'évaluation que nous avons menée ici peut être effectuée automatiquement par la machine avec un logiciel qu'on appelle "raisonneur". A partir d'un ensemble d'assertions, celui-ci peut non seulement déduire de nouvelles assertions par inférence mais aussi valider les assertions elles-même (ce qui revient en fait à effectuer des inférences). Dans ce cas, vous conviendrez que c'est bien la logique même de la donnée que nous avons validée grâce à l'ontologie.

La distinction entre XML et RDF, entre Schéma XML et ontologie RDF est-elle ainsi plus claire ? Si c'est le cas, rendez-vous au prochain numéro pour étudier en détail le langage d'ontologie OWL 2...

by got at August 29, 2010 06:09 AM under WebSemantique

August 25, 2010

del.icio.us

Le Web nous comprendra mieux

Via l’émergence du Web sémantique, les moteurs de recherche s’apprêtent à répondre aux questions complexes des internautes. Quelle est la voiture – modèle cabriolet – la moins chère émettant moins de 130 g de CO2 au kilomètre? Quel est le restaurant avec la plus belle terrasse à Lausanne servant des plats végétariens? Aujourd’hui, même la puissance d’un Google ne parvient pas à répondre à ces requêtes. Mais les choses changent. De manière invisible, les moteurs de recherche se préparent au «Web sémantique». Un Internet du savoir, dans lequel Google et ses concurrents seront capables de rechercher des informations, de leur donner un sens et de les présenter à l’internaute de manière structurée et précise. Bref, la fin des fameux dix liens proposés en vrac lors d’une recherche.

by yhugo at August 25, 2010 10:53 PM under WebSemantique

del.icio.us

Tim Berners-Lee : "Comment le Web va se transformer"

Entretien. Selon le père du Web, Tim Berners-Lee, le Web sémantique est sur les rails. Grâce à lui, nous pourrons tout lire, tout apprendre, et presque tout partager. Mais plusieurs pièces manquent encore.

by yhugo at August 25, 2010 11:19 AM under WebSemantique

Karl Dubost

Michiko Maeda

panneau deux enfants
Nagoya, Japon, 24 avril 2010

J'entre dans le jardin gris et mouillé. Gris. Je ne l'avais jamais vu chanter dans cette tonalité qui semble froide, et cependant... Les asters, les cosmos aiment la douceur de ce gris, qui rend plus éclatant le blanc, plus délicats, plus nuancés le bleu, le mauve pâle, savamment déclinés en touffes de fraîcheur jusqu'au crépi rosé de la maison, à ses volets vert sombre.

Delerm, Philippe, Les chemins nous inventent, p.113, 1999, Éditions Stock.

Chaque nation aura donc son icône sexuelle. Le Japon n'y échappe pas. Je lisais ce soir la section cinéma de Japan Times. Un article décrit la carrière succinte de Michiko Maeda, la première (semble-t-il) femme nue dans un film japonais.

Elle travaillait dans un café de Ginza (en contradiction avec la page wikipedia) lorsqu'elle fût découverte en 1955 à l'age de 21 ans. Après quelques films, elle apparaît nue à l'écran dans La vengeance de la Reine des Perles. Un remake, Tokyo-jima, est sorti au cinéma au Japon. Le navet est une qualité internationale.

sequence de film reine des perles

Michiko Maeda a joué le rôle d'une Ama dans la terreur de Ama (海女の戦慄 ). il me faudra au moins trouver celui-ci.

Maeda

À travers tous les pays du monde, je me pose la question qu'elles fûrent les premières icônes sexuelles cinématographiques (les premières scènes de nu) ? Et surtout quand apparurent les premiers hommes nus à l'écran à travers le monde ?

August 25, 2010 03:43 AM under cinéma

August 24, 2010

del.icio.us

AKSW : Projects / Onto Wiki

A tool providing support for agile, distributed knowledge engineering scenarios.

by tatanka at August 24, 2010 12:52 PM under WebSemantique

Karl Dubost

Vide grenier : Cartographie, jardins, Japon ouvert

pommes
Montréal, Canada, 4 août 2010

J'entre dans le jardin gris et mouillé. Gris. Je ne l'avais jamais vu chanter dans cette tonalité qui semble froide, et cependant... Les asters, les cosmos aiment la douceur de ce gris, qui rend plus éclatant le blanc, plus délicats, plus nuancés le bleu, le mauve pâle, savamment déclinés en touffes de fraîcheur jusqu'au crépi rosé de la maison, à ses volets vert sombre.

Delerm, Philippe, Les chemins nous inventent, p.113, 1999, Éditions Stock.

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Cartographie

Jeffrey Warren a publié sa thèse à propos de Grassroots Mapping: tools for participatory and activist cartography sous licence [CreativeCommons]. Le Japon est un lieu où de nombreuses cartes existent en dehors de tout institut formel de géographie, il y existe une démarche participative de la cartographie. On oublie bien souvent que nos outils numériques révèlent ou exacerbent des pratiques parfois anciennes. L'ensemble de ces données numériques disponibles et la conjonction de la circulation de l'information donnent l'opportunité de nouvelles représentations. La carte prend un envol différent, elle se grandit dans la hauteur ainsi que dans le temps, jusqu'à modifier le sens du lieu.

Jardin
Montréal, Canada, 21 août 2010

Jardins

Dans l'optique où nous sommes de plus en plus amenés à ne pas résister à l'environnement urbain et à être de plus en plus distants avec un milieu rural, nous redéfinissions le lieu de la ville comme un endroit où la nature à sa place sous la forme de jardins. Des installations diverses éclosent comme le Mobile Ethnic Garden. Bien sûr, il faut pour pouvoir planter avoir suffisamment d'espaces entre les maisons urbaines. Vivrons nous vraiment dans le centre des villes ou dans de grandes zones de banlieues préformattées.

Perhaps we need to consider another approach. As unfashionable as it might sound, what if we thought less about the benefits of urban density and more about the many possibilities for proliferating more human-scaled urban centers; what if healthy growth turns out to be best achieved through dispersion, not concentration? Instead of overcrowded cities rimmed by hellish new slums, imagine a world filled with vibrant smaller cities, suburbs, and towns: Which do you think is likelier to produce a higher quality of life, a cleaner environment, and a lifestyle conducive to creative thinking?

Je suis impatient de voir l'exposition au CCA qui ouvrira ses portes le 19 octobre 2010 : Trajets: comment la mobilité des fruits, des idées et des architectures recompose notre environnement.

L’exposition est constituée de quinze récits à partir desquels on est appelé à discuter et débattre de questions soulevées par l’augmentation de la mobilité dans le monde. Quelle est aujourd’hui la signification culturelle d’une frontière ? En quoi le tracé d’une carte change-t-il la réalité sur le terrain ? Qu’advient-il des citoyens et de leurs maisons si, pour des raisons environnementales, ou à la suite d’une intervention gouvernementale, des villes entières sont déplacées ? Comment des approches culturelles différentes de l’utilisation de l’espace public définissent-elles une ville ? Nous faut-il préserver notre paysage régional ou national, ou pouvons-nous accepter et incorporer des changements provenant d’autres parties du monde ? Comment pouvons-nous modifier les projets architecturaux pour permettre l’émergence d’usages et besoins culturels nouveaux et multiples ?

La ville est parfois géante, monstrueuse, mais souvent la densité provoque le chaos, et le chaos la chance d'un parcours. Sous le béton, il y a la circulation.

Quel sera le développement sur le long terme une fois l'amusement passé ? Un jardin de légumes, c'est tout d'abord un engagement. Les initiatives d'agriculture à la ville auront été nombreuses en 2010. Les jardins urbains sont déjà populaires depuis de nombreuses années.

porte et roses
Londres, Grande-Bretagne, 11 juillet 2010

Japon ouvert

Le Japon tend à se refermer ou au moins c'est ce que nous en disent les médias. J'ai souvent lu et entendu que de moins en moins d'étudiants acceptaient de se rendre à l'étranger, de découvrir d'autres pays et d'autres langues et se concentraient sur leur vie au sein du Japon. Moins de moyens économiques ? Un sens des priorités différentes ? Ou juste une illusion. Alors que le nombre d'étudiants japonais partant à l'étranger a vu son pic en 1997 avec 75,156 persoones, il y a de nombreux étrangers qui viennent étudier au Japon (118,498 en 2007). Et pourtant parmi les japonais qui quittent leur pays d'origine l'ouverture est grande comme ces statistiques au Canada :

In terms of minority groups, Japanese people are most likely to marry or form partnerships outside their group, the agency says, with about 75 per cent of Japanese in Canada pairing with a non-Japanese person.

jardin
Montréal, Canada, 26 juin 2010

August 24, 2010 03:04 AM under vide grenier

August 22, 2010

Christian Fauré

Thé et Dasein

Anne Fagot-Largeault, dans son cours de 2007 au Collège de France, retrace une filiation surprenante entre un des textes majeurs de la tradition philosophique occidentale et la pensée orientale.

*

Pour Tomonubu Imamichi, philosophe japonais atypique, la grande affaire de la philosophie occidentale est la représentation du monde. Et la meilleure place pour se représenter le monde, c’est de se mettre en surplomb, c’est à dire à la place de Dieu. Le Das-Im-Der-Gott-Sein, le fait d’être en Dieu, est le point de perspective de la philosophie occidentale.

Le philosophe oriental ne cherche pas tant à se représenter le monde qu’à l’exprimer, dit Imamichi. L’inspiration vient d’en bas et non d’en haut. Le sujet connaissant est dedans, immergé dans son monde. Son souci est de s’occuper de son mode proche (« to deal with »). C’est ce que souligne Okakura Kakuzo, en 1898, dans son désormais célèbre « Livre du thé » (écrit en anglais), ouvrage destiné à faire connaître la philosophie orientale à l’occident à partir de la cérémonie du thé. Le souci de la philosophie orientale est d’être dans le monde, et non de conquérir une perspective d’ensemble sur le cosmos.

Selon Imamichi, depuis un siècle (notamment depuis la publication du « Livre du thé ») on voit des auteurs occidentaux passer de la posture du Das Im dem Gott Sein (être en Dieu) au Das Im der welt Sein (être dans le monde) et, inversement, des penseurs orientaux du Das im der welt Sein au Das Im dem Gott Sein.

Imamichi raconte ainsi qu’un de ses professeurs, Ito Kichinosuke (1885- 1961), avait fait une année d’étude en Allemagne en 1918, à la fin de la première guerre mondiale. Cherchant un tuteur allemand, il avait fini par choisir le jeune Heidegger qu’il payait pour que se dernier lui donne des cours de philosophie. L’année suivante, de retour au Japon, le jeune Kichinosuke, avait envoyé un exemplaire du Livre du thé, récemment traduit en Allemand, à Heidegger. Lorsque Kichinosuke lu Sein und Zeit lors de sa publication en 1927, il reconnût aussitôt le concept d’être-au-monde présent dans le Livre du Thé, qui prenait la forme du Dasein sous la plume de Heidegger. Ce que Okakura avait présenté comme être-au-monde dans le Livre du Thé, reprenant la pensée du philosophie Zhuangzi, devenait ainsi le Dasein Heideggerien.

Zhuangzi

D’après Imamichi, son maître Kichinosuke avait été très choqué qu’Heidegger n’ait pas mentionné sa source, à savoir le Livre du thé. Puis, lorsqu’en 1968 Imamichi fut invité en Allemagne par Gadamer, élève chéri de Heidegger, à faire une série de conférence à Heidelberg, il a peut-être prononcé le mot de « plagiat » à propos des thèses de Heidegger dans Sein und Zeit. Gadamer et Imamichi sont alors resté brouillé pendant 4 ans.

Sein und Zeit serait-il né de la lecture par Heidegger du Livre du Thé ? On pourrait également essayer de faire un parallèle entre le chashitsu, la petite pièce/maison dédiée à la cérémonie du thé, et la « hutte » Heideggerienne.

Heidegger serait donc plus oriental qu’on aurait cru.
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by Christian at August 22, 2010 01:57 PM under Défaut

August 19, 2010

Karl Dubost

Fenêtre sur cour

Fenêtre
Montréal, Canada, 16 août 2010

Le départ, le voyage et l'arrivée : ce sont les trois moments constitutifs du déplacement.

Mayaud, Christian, Déplacement, Mission Photographique, le voyage p.1, 2008.

Comme d'habitude, j'expérimente. Depuis quelques semaines je me demandais s'il serait difficile de créer une icône représentative de la page du jour. Peut-être une image recadrée de la première photographie afin que les personnes aient un repère visuel.

PIL possède une fonction (expérimentale) permettant de recadrer les images.

from PIL import Image
from PIL import ImageOps

Nous définissons une variable WIDTH et HEIGHT dans le code. Pour nous, les deux prendront la valeur 250px.

def cropImage(imagefile, WIDTH, HEIGHT):
    """lire une image et la recadrer"""
    im = Image.open(imagefile)
    return ImageOps.fit(im,(WIDTH,HEIGHT))

Il suffit d'appeler la fonction et de sauvergarder l'image du nom de votre choix outfile en étant sur que vous n'écrasez pas l'image d'origine.

cropped = cropImage(imagefile, WIDTH, HEIGHT)
cropped.show() # vérifier visuellement que vous avez le bon crop
if outfile != imagefile:
    try:
        cropped.save(outfile, "JPEG")
    except IOError:
        print "cannot convert", cropped

Quelques règles CSS pour ajouter cette image en fond de l'entrée sur la page d'accueil. Je ne suis pas satisfait d'être obligé d'utiliser des unités en pixels, mais je ne suis pas sûr de pouvoir faire autrement. C'est juste une expérience.

Il y a encore beaucoup trop d'opérations manuelles. Je dois joindre les petits bouts ici et là. sourire.

August 19, 2010 02:53 AM under css

August 17, 2010

del.icio.us

Any23 - Anything to Triples -

Anything To Triples (any23) is a library, a web service and a command line tool that extracts structured data in RDF format from a variety of Web documents.

by tatanka at August 17, 2010 09:07 AM under WebSemantique

Karl Dubost

Vide grenier : Penser vers, Mon poteau, Sauvegarde réseau, Linux pourquoi

Chaise
Montréal, Canada, 12 août 2010

All emotional relationships between persons rest on their individuality, whereas intellectual relationships deal with persons as with numbers, that is, as with elements which, in themselves, are indifferent, but which are of interest only insofar as they offer something objectively perceivable.

Simmel, Georg, The Metropolis and Mental Life, 1903.

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Penser vers

Les Pormpuraaw, une communauté aborigène, qui se salue en donnant la direction.

To say hello in Pormpuraaw, one asks, “Where are you going?”, and an appropriate response might be, “A long way to the south-southwest. How about you?” If you don't know which way is which, you literally can't get past hello.

Mon poteau

La ville de Montréal veut interdire l'affichage sur les poteaux. Quel est l'intérêt ? Quel est le problème à résoudre ? Plus on réduit la flexibilité de l'espace urbain et plus on limite les possibilités d'évolution du tissu urbain.

Sauvegarde réseau

Afin de créer son propre Time Machine en réseau, une recette. Pas testé encore.

Linux, pourquoi ?

Tristan se pose la question de l'avenir de Linux sur l'ordinateur et se demande s'il faut se concentrer sur le mobile. Je ne suis pas sûr de la pertinence de la question ou au moins Tristan ne donne pas assez de contexte pour répondre. À ma lecture, peut-être erronée de son billet, j'ai l'impression que la question n'est pas la bonne. La mienne serait plutôt : Linux, pourquoi ? Adopter un système propriétaire ou opensource sans savoir pourquoi on en a besoin pour résoudre un problème est généralement pas la bonne façon de procéder.

D'autre part, le linux sur les mobiles (à ce jour) me pose beaucoup de problèmes. Nombre d'entre eux ne semblent pas être utilisables dès que démuni de tous les hacks propriétaires pour parler matériel. D'autre part ces interfaces sont souvent des points d'interactions mais très peu de conservation. Une fois des données entrées dans une application Web, il devient parfois très difficile de les extraire.

Et si on se tient à une « victoire » de l'opensource sur le mobile, n'est-ce pas parce que 1) les systèmes embarqués sous linux existe depuis très longtemps 2) les interactions sont tellement minimales que le besoin de UI graphique est moins pressant. Que l'ipad soit une plateforme fermée ne peut dérange pas tant que cela. Je trouve cela très con de la part d'Apple, mais cela ne réduit pas ma liberté si le choix est disponible ailleurs : Nokia par exemple.

Au final, l'opensource gagnera toujours, c'est dans son ADN. Et ça, c'est bien.

August 17, 2010 03:09 AM under vide grenier

Karl Dubost

Les couleurs de ma vie

Mont Saint Michel
Mont Saint-Michel, France, 28 octobre 2008

Aux lueurs colorées que laissent filtrer les vitraux, toute cette magnificence de conte oriental chatoie, miroite, étincelle dans la pénombre.

Loti, Pierre, Jérusalem, p.94, 1894.

En janvier 2009, j'avais évoqué les pochoirs de ma vie et je me suis demandé si les lieux de mon existence avait une couleur à travers mes photographies. Aaron, bâtisseurs de cathédrales numériques, nous donne les couleurs de nos lieux.

Rouen

Montreal

Paris

Valbonne

Tokyo

August 17, 2010 12:51 AM under ville

August 16, 2010

Karl Dubost

La ville, cette fiction

Ombre Mont Saint Michel
Mont Saint-Michel, France, 28 octobre 2008

Cette ville n'existe pas disent nos instincts nous disent nos yeux malgré ce que l'on voit malgré ces gens malgré ce ciel malgré ces visages distingués et les panneaux dans des langues inconnues inventées (ce peut être) malgré les noms des rues que l'on pense avoir lu ici ou là ce devait être dans des sortes de rêves de ceux où l'on marche sans fin dans une ville de toutes pièces créée une ville qui n'existe pas.

Bourrion, Daniel, Cette ville n'existe pas, p.6, Éditions publie.net, 2010.

La ville est un objet écrit, dessiné, inventé, imaginé. Elle l'œuvre d'une narration collective. Elle n'existe pas et pourtant elle est aussi complexe que le Web. Des portes, des chemins, des allées, des lieux de passage d'un domaine à l'autre révèlent l'hypertextualité urbaine. Tout est le lieu de l'interprétation et de l'imagination.

Najac
Najac, France, 27 octobre 2008

Tout comme les romans sont écrits, portés au cinéma, en pièce de théâtre, les villes sont réécrites, réinterprétées. Les décors sont posés, colorés et cloués. L'artifice est élaboré, il s'agit d'éblouir. Les genres s'affirment afin d'atteindre la nostalgie de public varié. Le Japon, tout comme de nombreux pays, est friand de cette réécriture.

Et puis un jour, le roman est oublié. L'histoire sombre. La ville se décompose. La réalité prend place. La végétation reprend l'espace. Le village hollandais perdu entre deux pages de basho s'efface.

La ville n'existait pas.

planche de bd
La ville qui n'existait pas, Dargaud, 1977.

August 16, 2010 11:58 PM under ville

del.icio.us

ontology-browser - Project Hosting on Google Code

The ontology browser allows you to navigate around your ontologies in the same familiar environment, but produces the pages dynamically and is available for direct use with a web front-end.

by tatanka at August 16, 2010 11:33 PM under WebSemantique

del.icio.us

del.icio.us

Tabulator: Generic data browser

The Tabulator project is a generic data browser and editor.

by tatanka at August 16, 2010 11:23 PM under WebSemantique

del.icio.us

Disco Hyperdata Browser

The Disco - Hyperdata Browser is a simple browser for navigating the Semantic Web as an unbound set of data sources

by tatanka at August 16, 2010 11:23 PM under WebSemantique

del.icio.us

Home | OpenCalais

Calais is a rapidly growing toolkit of capabilities that allow you to readily incorporate state-of-the-art semantic functionality within your blog, content management system, website or application.

by padlapie at August 16, 2010 05:30 PM under WebSemantique

del.icio.us

Web Sémantique:PagePrincipale

On y trouve la définition de différents termes en lien avec le Web sémantique

by padlapie at August 16, 2010 12:33 PM under WebSemantique

del.icio.us

Karl Dubost

Un rêve de tricycle

Tricycle
Taichung, Taiwan, 16 janvier 2005

Until the 19th century, the only other forms of land transport used animal force to draw heavy loads (carts, donkeys, horses, etc.) or to give wealthy people the advantage of greater speed and comfort using animal energy (wagons, carriages) or human energy (sedan chairs, rickshaws). Nowadays, there are practically no human settlements where travel is exclusively pedestrian.

Lefèvre, Benoit, Urban Transport Energy Consumption: Determinants and Strategies for its Reduction , 2009.

Je ne sais pas très bien comment cela a débuté. C'était peut-être à mon premier voyage en Malaisie en 1986, les yeux grands ouverts sur les rickshaws de Penang ou les échoppes mobiles de cuisine. Je les rencontré dans de nombreux pays et j'ai une fascination, pas une obsession, pour les tricycles.

Tricycle
Barreto, Philippines, 27 mars 2005

Qu'ils soient taxi, utilitaire, personnel, commercial, je rêve de les conduire. Ils représentent peut-être à la fois une forme de liberté et de sécurité, une impression de maison sur trois roues. Dans de nombreux pays, ils ont des couleurs vives et pétaradent bruyamment. Parfois ils sont si petits et motorisés qu'ils ne peuvent contenir qu'une enfant et sa poupée.

Tricycle
Pékin, Chine, 20 mai 2006

ou si grands et non motorisés qu'ils contiennent bien plus de peine qu'il n'est acceptable.

Tricycle
Pékin, Chine, 20 mai 2006

Bien sûr, même sans moteur, et peut-être parce qu'il n'y a pas de moteur, le propriétaire peut ressentir un sentiment de grandeur, de puissance. La route est à moi sur mon tricycle. Rien ne peut m'arrêter.

Tricycle
Pékin, Chine, 26 mai 2006

Comme vous aurez pu le deviner la Chine est un des paradis du tricycle sous toutes ses formes, même les plus dénuées. Il est parfois tentant de se demander quel est le propriétaire de ce moyen de transport, que fait-il dans la vie, ou va-t-il tous les jours, que transporte-t-il ?

Tricycle
Pékin, Chine, 28 mai 2006

À chaque fois que je suis retourné en Malaisie, j'y ai retrouvé le tricycle.

Tricycle
Pénang, Malaisie, 27 mai 2008

Tricycle à vendre

Et pourquoi j'en parle aujourd'hui ? J'ai découvert une usine chinoise de tricycle ce week-end et je venais à me demander si ils livraient au Canada (malgré les restrictions). Et je nous voyais déjà ensemble, tous les deux sur notre tricycle vendant des onigiris. Nous l'aurions baptisé Gonigiri. J'ai donc recherché des sites de tricycles à vendre, il en existe de très nombreux.

Tricycle

August 16, 2010 03:50 AM under tricycle

Karl Dubost

Un bus amical

bus
Montréal, Canada, 25 avril 2009

Souvent un grand désir de choses inconnues,
D'enlever mon essor aussi haut que les nues,
De ressaisir dans l'air des sons évanouis,
D'entendre, de chanter mille chants inouïs,
Me prend à mon réveil ; et voilà ma pensée
Qui, soudain rejetant l'étude commencée,
Et du grave travail, la veille interrompu,
Détournant le regard comme un enfant repu,
Caresse avec transport sa belle fantaisie
Et veut partir, voguer en pleine poésie.

Sainte-Beuve, Charles, Le calme

Récemment Olivier Théreaux a écrit un billet sur les difficultés que le bus représente dans les villes pour les utilisateurs. Il liste quatre raisons principales :

  1. Le système de bus est inconsistant d'un lieu à l'autre.
  2. Le système de paiement est compliqué et se réalise dans l'urgence.
  3. La grille de bus est rarement cartographiée.
  4. (Ne pas) savoir où ou quand descendre est stressant.

À ce billet, Adam Greenfield ajoute son propre commentaire en l'orientant sur l'hostilité de certains environnements urbains y compris le bus.

Des villes à géométrie variable, cas Montréal

Je ne suis pas aussi systématique qu'Olivier sur le système du bus. Il y a des villes où certains moyens de transports sont plus adaptés que l'autre. Ma hiérarchie de transport dans une ville suit la priorité suivante :

  1. Mes jambes (Je marche des distances incroyables jusqu'à ne plus sentir mes jambes et mes pieds)
  2. Le bus
  3. (Le tramway)
  4. Le métro et le train
  5. Le taxi
  6. La voiture

Mais tout cela dépend de la ville. À Montréal, le métro, ainsi que le train de banlieue, n'existent pas. Le train de banlieue fonctionne le matin vers le centre ville et le soir vers la banlieue. Le week-end, le train est inexistant. Ce n'est pas utilisable. Le métro quant à lui ne possède que trop peu de lignes pour être réellement utilisable et élargir la découverte de l'île de Montréal ou favoriser l'émergence de poches urbaines actives. Laurent a publié un article sur l'évolution du métro de Montréal. Le plan de 1982 ne fût jamais réalisé.

Metro de Montréal
Carte du métro de Montréal telle que planifiée en 1982, Marc Dufour.

Le moyen de transport le plus adéquat de Montréal est donc le bus (lorsque l'on ne possède pas de voiture).

Bus à Montréal

Le système de bus à Montréal est-il dysfonctionnel et si c'est le cas comment le corriger ?

Titre de transport

L'an dernier a été introduit un nouveau système pour le transport en commun à Montréal : la carte Opus. En voulant améliorer le système, la STM a en partie détérioré l'expérience utilisateur. Avant, il était possible d'acheter des bandes de 6 tickets de bus dans les dépanneurs et pharmacie ou une carte mensuelle (carton, puis plastique). L'achat d'un titre de transport était donc accessible à travers toute la ville. Ce n'est plus le cas, il est nécessaire pour recharger sa carte de passer nécessairement par une station de métro. Nous avons vu que le métro de Montréal est inexistant. Ainsi si votre carte est vide et que vous vivez loin d'un métro, vous devez avoir le compte juste en monnaie pour payer votre titre dans le bus.

Solution : Placer des bornes de chargement chez tous les dépanneurs et pharmacie ou créer un sabot qui peut être mis sur le comptoir des ces dépanneurs et pharmacie. Également placer des bornes d'achats de tickets aux arrêts de bus.

velos
Montréal, Canada, 25 avril 2009

Une carte OPUS efficace

La carte Opus est lente, horriblement lente ou plutôt les lecteurs ont beaucoup de mal à les lire. Le choix du fournisseur pour le système OPUS est une erreur. Les cartes se démagnétisent en permanence. Cela occasionne des retards à la montée du bus en permanence. Il y aura une ou deux personnes pour avoir une carte démagnétisée ou avec un ticket manquant. J'ai vécu à Tokyo où l'on peut passer au petit trôt sa carte et mieux où l'on peut laisser sa carte à l'intérieur de son portefeuille ou son sac et le passage sera détecté.

J'éviterais de parler du système de tarification qui n'est pas non plus pratique. Il copie l'ancien système papier alors qu'il y avait une opportunité de changer.

Solution : Amélioration des systèmes de détection. Cependant j'ai l'impression que cela ne pourra pas se faire sans changer de fournisseurs. Trop coûteux.

Annonces des arrêts de bus

L'angoisse de rater son bus vient souvent du fait que l'on ne connaît pas la ville ou le quartier.

Solution : Tous les bus devraient posséder une annonce sonore des arrêts de bus qui s'en viennent ainsi que l'affichage des arrêts.

Numéro et ligne de bus

Les bus sont souvent identifiés par un numéro de bus et une destination pour la ligne. Montréal n'est pas trop mal là dessus. Le système peut cependant être amélioré. Une fois monté dans le bus, les utilisateurs sont perdus. Ai-je pris le bon bus ?

Solutions : Afficher le numéro du bus à l'intérieur du bus. Mettre une carte linéaire des arrêts de bus à l'intérieur du bus à plusieurs endroits. Bonus : Mettre une diode qui montre les arrêts de bus déjà passés. Bonus 2 : Un système de carte linéaire qui affiche les rues à venir entre les deux arrêts de bus et les correspondances.

Signalisation

Où est l'arrêt de bus ? Il est très difficile parfois de repérer l'arrêt de bus. Une signalétique claire peut aider à s'orienter.

Solutions : Un signal du type panneau clair. Une couleur par ligne de bus pour le mobilier urbain. Des panneaux de direction dans les rues périphériques pour aider les personnes à retrouver le bon arrêt de bus. Bonus : des informations peintes sur les trottoirs (problème pour Montréal : la neige). Et surtout une signalisation cohérente

velos
Montréal, Canada, 25 avril 2009

Régularité de l'arrêt du bus

Dois-je demander l'arrêt ou pas ? Je ne suis pas sûr. Et si je demande l'arrêt et que je me suis trompé. Tout le monde va me regarder. Le chauffeur va penser que je suis un emmerdeur. Le métro rassure car il s'arrête systématiquement à tous les arrêts. On ne peut pas les manquer.

Solution : Les bus pourraient systématiquement s'arrêter comme le font certains tramways.

Prochain bus ?

Les arrêts de bus ont tous des horaires qui sont rarement respectés. C'est normal. Les conditions de trafic, les accidents imprévus déstabilisent l'horaire planifié. Lorsque le système est plus ou moins aléatoire, il faut accompagner ce système par une information pertinente : Typiquement quand est le prochain bus ? Les bus sont équipables de système de géolicalisations, chaque station de bus peut avoir des bornes relais.

Solution : Mettre des panneaux d'affichage donnant l'heure approximative du prochain bus en minutes. Le prochain bus arrivera dans 5 minutes.

August 16, 2010 12:51 AM under ville

August 15, 2010

del.icio.us

Regards Citoyens

Le collectif RegardsCitoyens.org est une association constituée de citoyens de tous âges et régions qui se sont rencontrés sur Internet dans un désir commun de proposer un accès simplifié au fonctionnement de nos institutions démocratiques.

by tatanka at August 15, 2010 07:30 PM under WebSemantique

del.icio.us

Data Publica

L’objectif du projet et de mettre en place et opérer une place de marché sur laquelle ceux qui possèdent des données viendront publier leurs méta-données ou leurs API ainsi que la ou les licences sous lesquelles elles peuvent être utilisées, et ceux qui développent des applications viendront prendre ces méta-données pour développer des applications au modèles économiques compatible avec la licence d’utilisation.

by tatanka at August 15, 2010 07:20 PM under WebSemantique

del.icio.us

DataLift - un ascenseur pour vos données

Le Datalift porte les données brutes structurées venant de plusieurs formats (bases de données, CSV, XML) vers des données sémantiques interconnectées sur le Web de données.

by tatanka at August 15, 2010 06:32 PM under WebSemantique

August 13, 2010

del.icio.us

Karl Dubost

Le vélo et un modèle de société

velos
Pékin, Chine, 25 avril 2008

Je t'aime et je crains
De m'égarer
Et je sème des grains
De pavot sur les pavés
De l'anamour

Gainsbour, Serge, L'anamour'

Le grand retour de la pédale présente plus d'un tour dans son sac. Il y a une certaine forme d'ironie dans tous ces programmes de partage de vélos qui explosent à travers le monde. Changement de société ou éco-capitalisme ?

L'Arnaque

Prenons le système BIXI qui s'est répandu en Amérique du Nord : Montréal, Ottawa, Melbourne, Minneapolis, Boston, Washington, Toronto, et maintenant Londres. Nous voyons l'émergence d'un système très organisé avec surement du lobbying dans les mairies de ce monde, avec la protection d'un marché (recherche de brevets).

Un vélo BIXI coûte environ 500 CAD. Le coût de l'infrastructure BIXI a été autour de 15 millions de dollars canadiens. Il y a environ 5,000 vélos. Tel que découvert dans un document PDF de Washington.

The capital cost is a per bicycle cost of $3700, which includes initial system set-up, such as bicycles, bike racks, and card-readers. Each bike is also assumed to require replacement every 6 years for a cost of $500 per bike. This is also the cost for a new bike after the initial set-up year.

The operating cost is a per bicycle cost of $1400, which includes an 8% theft and vandalism rate. Both the capital and operating costs are based on the Bixi system in Montreal.

L'Arnachie, le mouvement Provo

velos

Le système de vélos en libre service est loin d'être original. Je me souviens d'un parc aux Pays-Bas où il était possible de prendre un vélo à l'entrée et de l'abandonner à une autre entrée. En 1965, le groupe anarchiste Provo, sous l'impulsion de Luud Schimmelpennink, distribua des bicyclettes blanches gratuites. Le plan proposait de fermer le centre ville d'Amsterdam à tout trafic motorisé et que la municipalité achète 20,000 vélos par an appartenant au domaine public et libre d'utilisation. Les autorités municipales n'ont pas suivi le plan. Ils ont décidé d'aller de l'avant avec une cinquantaine de vélos. La police les retira de la circulation, car il était interdit de laisser un vélo sans canedas. Ils les équipèrent de canedas en marquant la combinaison sur le cadre du vélo. Les vélos furent finalement volés ou vandalisés.

le festival international d'art visuel de Glasgow 2010 réitère l'expérience PROVO.

L'anamour et le parapluie

Au Japon, le parapluie est présent partout. Chaque personne en a plusieurs chez soi. Ils s'achètent pour 100 ¥ à 300 ¥ dans tous les combinis (dépanneurs), soit environ 1 à 3 dollars canadiens. Les gens sortent du travail, n'ont pas de parapluie, passent au combini et en achètent un. Ils vont prendre un verre avec les collègues. La pluie a cessé, ils l'oublient ou sont trop ivres pour reprendre leur parapluie. Une autre personne de toutes façons l'a soit déjà volé ou le prendra plus tard.

Abondance et coût très bas transforment le parapluie en commodité collective de consommation courante.

Un vélo au premier prix en Chine coûte environ 20 CAD, ce qui représente 125,000 vélos potentiels dans la ville. Montréal possède 1,667,700 habitants. Cela représenterait un vélo pour 13 habitants. En économisant sur le prix des stations, je suis sûr que l'on peut faire baisser le ratio. Si le marché était saturé par des vélos à bas prix. Le vol ne poserait pas tant de problèmes que cela. Et surtout tout le monde aurait un vélo à utiliser en permanence.

velos
Pékin, Chine, 28 avril 2008

August 13, 2010 04:05 AM under vélo

August 10, 2010

Karl Dubost

Hiroshima

couverture livre
Montréal, Canada, 8 août 2010

A hundred thousand people were killed by the atomic bomb, and these six were among the survivors. They still wonder why they lived when so many others died. Each of them counts many small items of chance or volition–a step taken in time, a decision to go indoors, catching one streetcar instead of the next–that spared him. And now each knows that in the act of survival he lived a dozen lives and saw more death then he ever thought he would see. At the time, none of them knew anything.

Hersey, John, Hiroshima, p.4, Alfred A Knopf, Inc., 1946.

Hiroshima. 8h15. Le 6 août 1945 2010. Le flash. Aucun bruit. Juste le flash.

Un an plus tard, en 1946, John Hersey écrit un texte qui prendra la totalité du magazine New-Yorker afin de décrire l'histoire de Toshiko Sasaki, Masakazu Fujii, Hatsuyo Nakamura, Wilhem Kleinsorge, Terufumi Sasaki et Kiyoshi Tanimoto dans les heures qui ont suivi l'avion de 8h15.

Cette dernière année, j'ai vu le film Hiroshima, mon amour, j'ai lu le Madame Chrysanthème qui se déroule à Hiroshima. Il y a quelques jours, je découvre un article à propos de John Hersey par Steven Heller dans lequel je remarque une erreur sur la date de rédaction de l'article.

Samedi matin, je regarde son étagère de livres. Je vois Hiroshima sur la tranche d'un vieux livre. L'auteur… John Hersey. Elle l'avait acheté il y a quelques mois à la librairie d'occasion Milton. Certains lieux, sujets semblent vous poursuivre pendant une période de votre vie. J'ai commencé la lecture.

Hiroshima

Then a tremendous flash of light cut across the sky.

Hersey, John, Hiroshima, p.8, Alfred A Knopf, Inc., 1946.

Hiroshima

As Mrs. Nakamura stood watching her neighbor, everything flashed whiter than any white she had ever seen.

Hersey, John, Hiroshima, p.12, Alfred A Knopf, Inc., 1946.

Hiroshima

To him–faced away from the center and looking at his paper–it seemed a brilliant yellow.

Hersey, John, Hiroshima, p.15, Alfred A Knopf, Inc., 1946.

Hiroshima

After the terrible flash–which, Father Kleinsorge later realized, reminded him of something he had read as a boy about a large meteor colliding with the earth–he had time (since he was 1,400 yards from the center) for one thought: A bom has fallen directly on us.

Hersey, John, Hiroshima, p.18, Alfred A Knopf, Inc., 1946.

Hiroshima

He was one step beyond an open window when the light of the bomb was reflected, like a gigantic flash, in the corridor.

Hersey, John, Hiroshima, p.20, Alfred A Knopf, Inc., 1946.

Hiroshima

Just as she turned her head away from the windows, the room was filled with a blinding light.

Hersey, John, Hiroshima, p.23, Alfred A Knopf, Inc., 1946.

Hiroshima

August 10, 2010 02:51 AM under Hiroshima

Karl Dubost

L'été… simplement

coussin
Montréal, Canada, 8 août 2010

Notre vie est pour une grande part composée de rêves. Il faut les rattacher à l´action.

Nin, Anaïs,

La fatigue, le stress, peu de sommeil et le choc. Le corps ne résiste pas, il dit non. Il y a 12 jours, les urgences de l'hôpital. Le carnet papier vide, l'envie d'écrire réduite au minimum, l'envie de communiquer absente. Les jours s'étirent. Du fond de ma coquille, je regarde le monde. Quelques détails simples, quelques couleurs et doucement, je remonte à la surface du monde, sur l'enveloppe de sa forme.

sel et poivre
Montréal, Canada, 8 août 2010

Prendre un brunch dans un petit café de Montréal aux couleurs vives. Se délier la langue et dessiner un sourire sur ses lèvres. Un couple a laissé un graffiti. Des fleurs saupoudrées sur la salade et nous discutons de voyages, de destinations lointaines, l'Inde, les Açores, la Thaïlande, le Sénégal. Il y a cet homme parti de Saint-Malo avec son âne et qui est parti vers le sud, vers le Sénégal. En chemin, il lit des passages de livres. Il recrée des histoires en mettant bout à bout des passages. Car créer c'est aussi donner à réver.

brunch
Montréal, Canada, 8 août 2010

Nos sourires et nos rires ricochent dans la rue. Nous marchons sans destination. Nous n'avons que la trajectoire et que celle-ci est belle. Au hasard d'une rue, nous découvrons une ruelle… une ruelle verte. Quelle magie. Nous voudrions que toutes les ruelles de Montréal coulent ainsi de verdure. Que les animaux doivent y être heureux : insectes, oiseaux, chats, écureuils, vers de terre et escargots. Se rouler dans l'herbe tendre.

Plus de maux. C'est l'été… simplement.

brunch
Montréal, Canada, 8 août 2010

August 10, 2010 01:22 AM under été

August 08, 2010

del.icio.us

del.icio.us

del.icio.us

URI Debugger

Interface en ligne pour vérifier la conformité du déréférencement d'une URI selon les règles du Linked Data

by Got at August 08, 2010 08:06 PM under WebSemantique

August 07, 2010

del.icio.us

Semantic Django - Tools for semantic stuff in Django

Here is a collection of semantic resources in order to ease the implementation of semantic Django web apps. Why? Just because data is more important than code and if you store, manipulate, give access to your data in a standard way you'll be able to interact with other website as part of the Giant Global Graph. Isn't it fun?

by yhugo at August 07, 2010 11:27 PM under WebSemantique

August 05, 2010

del.icio.us

Technologie: Le Web de l'avenir, être ou ne pas être sémantique | Le Devoir

Depuis que Tim Berners-Lee a jeté les bases du Web que nous connaissons aujourd'hui, celui-ci a fort peu évolué. Bien qu'en apparence les humains que nous sommes y voient de nombreuses améliorations, pour les machines — les ordinateurs — qui sont nos intermédiaires, bien peu de progrès y a été apporté depuis 12 ans. Prenons Google, le moteur de recherche que tous connaissent et que l'on pourrait décrire comme le premier utilisateur aveugle du Web. Celui-ci parcourt aveuglément (c'est le cas de le dire) les moindres coins cachés du Web à la recherche d'informations à indexer et intégrer à sa base de données. Malgré toutes les améliorations apportées à ses algorithmes, Google fait preuve de bien peu d'intelligence à restituer l'information que nous lui demandons.

by yhugo at August 05, 2010 11:20 PM under WebSemantique

Karl Dubost

Vide Grenier : Signature et opacité, Ici Londres, Le cours du bit, Message-ID

lanternes
Kyoto, Japon, 11 septembre 2004

Se glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit.
Suivre tes pas, ton ombre à la fenêtre,
Cette ombre à la fenêtre c'est toi, ce n'est pas une autre c'est toi.
N'ouvre pas cette fenêtre derrière les rideaux de laquelle tu bouges.
Ferme les yeux.
Je voudrais les fermer avec mes lèvres.
Mais la fenêtre s'ouvre et le vent, le vent qui balance bizarrement la flamme et le drapeau entoure ma fuite de son manteau.
La fenêtre s'ouvre: ce n'est pas toi.
Je le savais bien.

Desnos, Robert, Corps et Biens, Éditions Gallimard, 1930, p. 122

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Signature et opacité

Certains petits gestes anodins peuvent avoir des conséquences importantes. Nous posons tous les jours des actions sans nécessairement analyser le risque de ces actions. C'est normal. Je regardais cette page simple d'un collectif de designers à propos d'un petit projet. Ils ont scanné la lettre de réponse de la personne en y laissant la signature. Quel est l'impact pour cette personne de cette signature disponible en public ? Le risque est minime, mais l'opacité a été diminuée.

Pas facile.

Ici Londres

Une carte papier des radio pirates de Londres. L'électricité est conduite par le graphite sur la feuille de papier. Nous voici avec un circuit imprimé sur une feuille.

Combien de fois aimerions nous juste dessiner l'action pour la créer dans le monde physique ?

Le cours du bit

Billet magnifique de François Bon sur le prix du livre numérique. Afin de remettre les pendules à l'heure, la situation du monde du livre en France.

(1,5% des titres représentant 50,6% des ventes) et une production artisanale de plus en plus livrée à l’auto-diffusion (1200 éditeurs se partagent 1% des ventes) : […] la durée moyenne d’un livre en librairie est de 5 semaines

Et en effet le prix unique du livre ne changera rien à la donne, car le commentaire le plus censé dans le thread tient toute la substance de l'enjeu.

La comparaison est claire. Prix unique ou pas, le produit commercial est clairement inférieur à son homologue illégal, ou aux livres non commerciaux.

L'important pour les auteurs et/ou éditeurs est d'inventer, de créer, d'utiliser les possibilités du numérique afin de donner aux lecteurs des œuvres atractives. Le papier a gagné sur la cire, la pierre et le papyrus car ces qualités techniques offraient beaucoup plus à l'utilisateur.

Pour ma part, je n'ai pas encore investi dans une liseuse à part mes essais sur ipod car je n'ai pas encore trouvé de système qui me convienne. Je lis sur mon laptop et dans des livres papier.

Message-ID

Il y a de nombreux formats de message-Id.

  • Mail.app : B843D5E8-3003-4B19-8B84-7745452081F9@example.com
  • Outlook : 007501cb3415$2ac4cfd0$804e6f70$@org
  • Thunderbird : 1280954295.23643.310.toto@martin-opt780

Ce qui créé un bug dans les archives de Mailman pour le threading sur les installations Debian. Les mails envoyés par Mail.app cassent les threads. Un patch existe. La solution.

August 05, 2010 03:26 AM under vide grenier

August 04, 2010

Christian Fauré

August 03, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier : Ordures menaçantes, Courir, Conflit d'intérêts, Citation du jour, Les chiffres

lanternes
Taito, Tokyo, Japon, 3 août 2007

Cent hiers ont fléchi sur l'herbe des sentiers qu'ont foulés cent aimées en secret de nos êtres

Desnos, Robert, Corps et Biens, Éditions Gallimard, 1930, p. 58

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Ordures menaçantes

J'aime beaucoup le titre du journal Le Monde Le barrage chinois des Trois-Gorges menacé par des tonnes d'ordures

Plus de 150 millions de personnes vivent en amont du barrage et, dans certaines localités, les ordures ménagères sont directement jetées dans le Yangtsé faute de système adéquat, selon le journal. Environ 10 millions de yuans (1,1 million d'euros) sont dépensés chaque année dans les opérations de nettoyage.

La construction du plus grand barrage collecteur d'ordures du monde pour 22 milliards de dollars permet enfin de stopper un tas d'immondices qui se jetait dans l'océan. Et en plus les autorités doivent assumer le coût de la collecte. La vie est belle ! non ? OK. On ne sait pas ce qu'ils font des déchets collectés.

Leçon : Chaque nouveau système révèle certaines des données cachées du système précédent.

Courir

À bout de souffle ? courir

Conflit d'intérêts

Microsoft aurait éliminer une option de IE permettant aux utilisateurs de mieux contrôler l'utilisation de leurs données personnelles. Microsoft a de nombreux intérêts qui débordent depuis très longtemps la création d'OS. L'argent se trouve dans la publicité (ahaha !). Fabriquer un produit qui ne leur permet pas d'optimiser leurs revenus publicitaires est idiot. Ils ne sont pas les seuls dans ce cas : Google avec Chrome et probablement Apple avec Safari (et produits dérivés) de plus en plus.

Citation du jour

Being the lone genius is an anti-pattern, when it comes to protocol design. Very clever people, working alone, make very clever mistakes.

Lire le mail au complet. No Comments.

Les chiffres

Ah les chiffres, ces satanés chiffres. On peut tout leur faire dire.

Julian Reschke dit :

The WhatWG is a group of people who happen to work for browser vendors.

Ian Hickson répond :

The WHATWG is a group of currently over 1500 people. I don't think all the browser vendors put together employ that many people. The vast majority of people on the WHATWG list have no relationship to browser vendors.

À moi de jouer avec les chiffres ;) En effet et ils sont pour la plupart silencieux ou contributeurs très occasionnels. Le palmarès des 20 premiers contributeurs du WHATWG de avril 2004 à juillet 2010, soit 27201 mails. Je vous laisse jouer à retrouver les compagnies derrière.

  • 4736 Ian Hickson
  • 706 Anne van Kesteren
  • 680 Henri Sivonen
  • 582 Jonas Sicking
  • 547 Matthew Raymond
  • 514 Jim Ley
  • 473 Lachlan Hunt
  • 444 Anne van Kesteren
  • 443 Simon Pieters
  • 428 Maciej Stachowiak
  • 403 Tab Atkins Jr.
  • 394 Robert O'Callahan
  • 346 Boris Zbarsky
  • 272 James Graham
  • 266 Alexey Feldgendler
  • 250 Kristof Zelechovski
  • 241 Aryeh Gregor
  • 232 Silvia Pfeiffer
  • 218 fantasai
  • 203 Benjamin Hawkes-Lewis

Mon programme n'est pas parfait car il y a quelques doublons à cause de format d'adresses emails. Les chiffres sont à prendre avec précaution mais ils donnent une bonne idée de la communauté. Cela est la mesure totale sans prendre en compte les départs et les arrivées. Quelques statistiques de plus.

  • 890 contributeurs de   1 à   10 messages
  • 304 contributeurs de  11 à  100 messages
  •  51 contributeurs de 101 à 1000 messages

Si vous désirez améliorez le programme, faites vous plaisir.

August 03, 2010 03:08 AM under vide grenier

July 29, 2010

Gautier Poupeau

Quel événement !? Ou comment contextualiser le triplet

L'absence de contextualisation est le principal reproche adressé à RDF par ses adversaires et il est vrai qu'au premier abord cela constitue son principal défaut. En effet, le modèle du triplet à la base de RDF ne permet pas a priori d'exprimer des informations sur le contexte d'application de l'assertion, au contraire d'autres mécanismes de modélisation des connaissances qui offrent nativement des systèmes pour préciser la portée d'une assertion, à l'image, par exemple, des Topic Maps avec l'élément "scope". Ce défaut semble renforcé par deux postulats de base de RDF : chaque assertion exprimée est vraie et chaque triplet est indépendant.

<!--break-->

Nature(s) du contexte

Les informations sur le contexte peuvent être de différentes natures :

  • le contexte objectif de l'assertion, comme sa portée temporelle ou géographique, par exemple, l'assertion « Louis XIV est roi de France » n'est vraie que dans un espace temporel (en l'occurence entre 1643 et 1715) ;
  • la provenance de l'assertion : l'ensemble de données dont fait partie l'assertion, son auteur, son contexte de production, la date de création...
  • le degré de confiance qu'on peut lui accorder afin de déterminer si l'assertion peut être utilisée avec confiance dans son propre système de connaissances ;
  • le point de vue sur une assertion, les tenants du web socio-sémantique soutiennent (non sans raison dans certains cas) qu'une assertion n'est vraie que dans un contexte social et/ou pour un groupe de personnes, c'est pourquoi le modèle Hypertopic qu'ils promeuvent permet, par exemple, d'exprimer plusieurs points de vue sur un même item (si j'ai bien compris).

Qui dit limitation, dit recherche et celle-ci ne déroge pas à la règle.

POWDER est une recommandation du W3C assez méconnu qui permet d'exprimer des métadonnées exploitables par une machine sur un ensemble de ressources. Ce protocole permet ainsi d'exprimer les caractéristiques techniques nécessaires à la consultation d'un ensemble de ressources, de restreindre l'accès à un site Web en fonction du visiteur, d'exprimer des métadonnées de provenance sur un ensemble de ressources...

La question de la provenance est au cœur d'un groupe de travail du W3C : W3C Provenance Incubator Group. Les réflexions de ce groupe ont donné lieu à un rapport datant d'avril 2010, Requirements for provenance on the Web et à une communication lors de la journée d'études dédiée à l'avenir de RDF, Provenance Requirements for the Next Version of RDF.

Par ailleurs, une ontologie pour exprimer la provenance dont la dernière version date de juillet 2010 a été mis au point par Olaf Hartig et Jun Zhao qui proposent aussi une série d'outils pour qualifier la confiance dans le Web de données.

Enfin, la notion de confiance fait l'objet, depuis deux ans, d'une conférence annuelle dont les communications en ligne vous donneront une bonne idée de l'état des recherches : SPOT: Trust and Privacy on the Social and Semantic Web.

Par ailleurs, certains mécanismes déjà présents dans les technologies du Web sémantique permettent de limiter ce problème voire de le dépasser.

La réification
La réification consiste à faire d'un triplet une ressource (donc une URI est attribué au triplet) sur laquelle des assertions peuvent être exprimées. Présent dans la spécification de RDF, ce mécanisme n'est pour autant pas recommandé, car il complique le parcours de graphe et les inférences sur le triplet d'origine et le triplet réifié. Par ailleurs, il pose de nombreux problèmes en termes de logique de description.

Le graphe nommé
Le graphe nommé est un mécanisme mis au point dès 2004 qui permet de rassembler un ensemble de triplets sous une même URI. Il ne s'agit alors plus de triplet, mais de quadruplet (quad en anglais) : <Sujet> <Prédicat> <Objet> <Graphe>.

Les usages du graphe nommé sont nombreux :

Intégrée à SPARQL, cette notion ne fait pas encore partie officiellement de la sémantique de RDF, mais, comme elle a été plébiscitée lors du « RDF Next workshop », un large consensus semble se dégager pour son intégration dans la prochaine version.

Portées géographiques et temporelles : problèmes et solutions

Mais, c'est plutôt à la portée temporelle et géographique que je voudrais m'intéresser. J'ai déjà donné l'exemple du règne de Louis XIV. On pourrait multiplier les exemples sur le rôle qu'une personne joue dans le temps : un mandat électoral et le rôle qu'il confère sont limités, un métier ne caractérise pas une personne tout au long de sa vie... D'autres problèmes se posent pour décrire une personne, par exemple, l'assertion "Jacky Bouvier est l'épouse de John Fitzgerald Kennedy" n'est pas toujours vraie, Jacky Bouvier a aussi été l'épouse d'Aristote Onassis.

D'autres domaines présentent les mêmes difficultés de modélisation, par exemple, une compétition sportive : la France est championne du monde de football en 1998 et non en 2010 (...), un tableau ou une sculpture ont été créés dans un contexte complexe (un créateur, un ou plusieurs commanditaires, un lieu d'exposition, plusieurs étapes d'élaboration...), passent de main en main au cours du temps ou sont restaurés à plusieurs reprises...

Vous l'avez compris, la contextualisation géographique et/ou temporelle est cruciale pour la modélisation de nombreux domaines. Pour dépasser cette limitation, les solutions évoquées précédemment ne semblent pas complètement adéquates, à commencer par le graphe nommé qui semblerait la solution la plus logique. Mais, un graphe nommé est commun à un ensemble de triplets, alors que la portée s'applique à un seul triplet. l'usage du graphe nommé est alors détourné et l'assimilerait à un mécanisme de réification avec les problèmes déjà évoqués.

La solution réside dans la modélisation. Il faut « retourner » le problème, c'est-à-dire dépasser la simple information d'une date, d'un rôle, d'une relation, à aborder la modélisation dans une perspective temporelle et non en centrant la réflexion sur l'entité décrite. En effet, quelle est la caractéristique commune d'un règne, d'une présidence, d'un métier ? Une période, quelle est la caractéristique commune d'une naissance, un décès, une compétition sportive, une publication ? Une date. Si les aspects temporels sont à la fois le problème et la caractéristique commune, pourquoi ne seraient-ils pas aussi la solution ?

Or, que caractérisent une période ou une date ? Ou, pour le dire autrement, quel est le type d'entités dont la caractéristique principale est une période ou une date ? Un Événement. Une naissance, un décès, un mandat, une compétition sportive, une publication, toutes ces entités sont des types d'événements dans lesquels sont impliqués des personnes, des équipes, des objets...

Modélisation orientée 'entité'
Représentation graphique de la modélisation orientée "entité"

Modélisation orientée 'événement'
Représentation graphique de la modélisation orientée "événement"

Cette solution présente plusieurs avantages :

  • l'ensemble des informations concernant l'événement (date, lieu, autres entités impliquées, lien avec d'autres événements) sont reliées à une ressource distincte, à l'inverse de la modélisation orientée « entité » dans laquelle on peut trouver plusieurs triplets indépendants pour qualifier la même ressource. Ainsi, dans Dbpedia, il existe une propriété <http://dbpedia.org/ontology/birthDate>, une propriété <http://dbpedia.org/ontology/birthPlace>, une propriété <http://dbpedia.org/ontology/deathDate>, une propriété <http://dbpedia.org/ontology/deathPlace> reliés à la même entité personne.
  • les différentes propriétés utilisés pour désigner la date, le lieu, les agents impliqués sont les mêmes quelque soit le type d'événement. Cela permet d'optimiser et de faciliter les recherches et le croisement de données.
  • la modélisation est plus proche de notre réalité, moins caricaturale ;

En revanche, cette solution a tendance à compliquer la modélisation à l'excès au point d'alourdir inutilement le modèle. Il faut donc parfois savoir peser le pour et le contre avant d'adopter cette méthode. Par exemple, Dbpedia, cherchant à rester le plus proche possible de Wikipedia, n'a pas adopté ce principe et cherche la simplicité dans le mapping et dans le modèle.

Les ontologies pour décrire un événement

Modéliser le temps est certainement un des exercices de modélisation les plus complexes, car sa perception dépend de nombreux facteurs physiques et sociologiques, comme le rappelait Karl récemment. De plus, les enjeux de la modélisation d'événements sont très nombreux. Outre celui déjà mis en lumière, la modélisation orientée "événement" est aussi au cœur de la description des images fixes et animées qui constitue un des défis les plus prometteurs de la recherche d'informations dans les prochaines années. Il n'est donc pas étonnant de trouver plusieurs ontologies qui permettent de décrire les événements :

Je ne vais pas m'amuser à les comparer, ce serait trop long, je ne suis pas sûr d'en avoir les compétences et d'autres ont déjà fait cela mieux que je ne le ferais (en particulier slides 18 à 25).

A titre personnel, j'utilise les deux premières ontologies citées, car elles sont liées de manière étroite à d'autres ontologies très utilisées comme FOAF, Time Ontology, Dublin Core, GEO. LODE présente l'avantage, de par sa nouveauté, d'être alignée avec toutes les autres ontologies, ce qui permet de gérer l'interopérabilité via des mécanismes d'inférence.

Event Ontology'
Représentation graphique de l'Event Ontology

Une dernière ontologie occupe une place à part. Elle n'est pas spécifiquement dédiée à la description d'événements, mais elle étend le concept à la description d'une biographie : BIO vocabulary mise au point par Ian Davis. Elle permet ainsi de résoudre les différents problèmes évoqués dans les exemples précédents. Chaque type d'événement (naissance, mariage, décès, divorce...) est une sous-classe d'une classe unique bio:event, elle-même sous-classe des classes "Event" présentes dans la plupart des différents vocabulaires listés précédemment. Par ailleurs, Ian Davis a ajouté différents types de relations entre les événements : événement précédent, événement suivant, événement "concluant" très utiles pour déterminer une suite d'événements et leurs conséquences, par un exemple : un événement de type "Marriage" a pour événement concluant un événement de type "Death"...

Transformer des assertions de Dbpedia en événement

Même si la modélisation de Dbpedia n'est pas orientée "Événement", il est toujours possible d'extraire et de transformer ces données pour les présenter sous une forme plus facile à exploiter.

Le mot-clé CONSTRUCT en sparql

Pour ce faire, aucun code informatique n'est nécessaire, une requête SPARQL suffit pour effectuer ces deux actions. Mais, en lieu et place du SELECT utilisé le plus couramment, nous allons utiliser le mot-clé CONSTRUCT. Moins connu que SELECT, CONSTRUCT est pourtant essentiel pour tous les développeurs qui souhaitent manipuler du RDF. Il permet, en effet, à partir d'un ensemble de triplets de construire un autre ensemble de triplets. Il est ainsi utilisé pour récupérer un ensemble de triplets afin de manipuler localement, transformer un ensemble de triplets, un peu dans le même esprit que XSLT pour du XML, créer de nouveaux triplets en mixant deux sources de données, effectuer des inférences. Bref, CONSTRUCT est l'outil indispensable du couteau suisse du développeur RDF.

Une requête CONSTRUCT est composée de deux parties :

  • le patron des triplets à obtenir ;
  • la requête en elle-même ;

Par exemple, si je souhaite récupérer l'ensemble des triplets d'un ensemble de données depuis un SPARQL endpoint, j'effectuerai la requête suivante :

CONSTRUCT {
	?s ?p ?o
}
WHERE {
	?s ?p ?o
}

Si je souhaite effectuer un mapping pour changer une propriété par une autre propriété, j'effectuerai la requête suivante :

PREFIX dc: <http://purl.org/dc/elements/1.1/>
PREFIX dcterms: <http://purl.org/dc/terms/>
CONSTRUCT {
	?s dc:date ?o
}
WHERE {
	?s dcterms:dateSubmitted ?o
}

CONSTRUCT pour extraire les événements de dbpedia

Dans le cas qui nous intéresse, je souhaite construire des événements à partir des informations sur la naissance et le décès des rois de France, j'effectue donc la requête CONSTRUCT suivante

PREFIX event: <http://linkedevents.org/ontology/>
PREFIX bio: <http://purl.org/vocab/bio/0.1/>
CONSTRUCT {
 `iri (bif:concat ("http://example.org/",str(?king),"/naissance"))` 
             a bio:Birth;
   dc:date ?date;
   dc:description `str (bif:concat ("Birth of ", str (?label)))`;
   bio:principal ?king;
   bio:parent ?mother;
   bio:parent ?father;
   bio:place ?place;
   a event:Event;
   event:atPlace ?place;
  event:atTime [ <http://www.w3.org/2006/time#inXSDDateTime> ?date];
   event:involvedAgent ?king;
   event:involvedAgent ?mother;
   event:involvedAgent ?father.
}
WHERE {
 ?king a <http://dbpedia.org/ontology/Person>; 
   rdfs:label ?label.
   {{?king a <http://dbpedia.org/class/yago/FrenchMonarchs>} 
     UNION {?king a <http://dbpedia.org/class/yago/KingsOfFrance>}}
   ?king <http://dbpedia.org/ontology/birthDate> ?date.
 OPTIONAL {?king <http://dbpedia.org/ontology/birthPlace> ?place.}
   OPTIONAL {?king <http://dbpedia.org/ontology/father> ?father.}
   OPTIONAL {?king <http://dbpedia.org/ontology/mother> ?mother.}
   FILTER (lang(?label)="en")
}

Plusieurs remarques s'imposent :

  • j'ai utilisé certaines fonctions propres à Virtuoso, le triple store utilisé par Dbpedia, pour construire de nouvelles URI à la volée à mes ressources à partir des URIs de dbpedia et construire une description (sur ce coup-là, j'ai un peu triché, j'avoue...) ;
  • les triplets obtenus utilisent l'ontologie LODE et l'ontologie BIO ;
  • certaines assertions sont optionnelles, le sparql endpoint ne renverra un triplet que si la donnée existe vraiment.

Il suffit ensuite de faire varier les propriétés dans la requête pour disposer des informations de décès, de couronnement ou de mariage.

Résultat

A l'issue de cette extraction de Dbpedia, j'ai retravaillé dans un triple store localement les données en utilisant de la même façon des requêtes SPARQL CONSTRUCT pour obtenir ce résultat avec l'ontologie LODE sérialisé avec la syntaxe turtle :

@prefix rdf: <http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#> .
@prefix rdfs: <http://www.w3.org/2000/01/rdf-schema#> .
@prefix dc: <http://purl.org/dc/terms/> .
@prefix event: <http://linkedevents.org/ontology/>
@prefix dbpedia: <http://dbpedia.org/resource/>
@prefix time: <http://www.w3.org/2006/time#>

<!-- Événement correspondant à la naissance de Louis XIV -->
<http://linkedevents.org/Louis_XIV_of_France/Birth>
    event:atPlace dbpedia:Ch%C3%A2teau_de_Saint-Germain-en-Laye ;
    event:atTime [
        a time:DateTimeInterval ;
        time:hasDateTimeDescription [
            a time:DateTimeDescription ;
            time:day "5" ;
            time:month "9" ;
            time:unitType time:unitDay> ;
            time:year "1638"
        ]
    ];
    event:involvedAgent dbpedia:Anne_of_Austria, dbpedia:Louis_XIII_of_France, 
                                          dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    dc:description "Birth of Louis XIV of France" ;
    dc:source <http://dbpedia.org> ;
    a event:Event ;
    rdfs:label "Birth of Louis XIV of France" .

<!-- Événement correspondant au couronnement de Louis XIV -->
<http://linkedevents.org/resource/Louis_XIV_of_France/Coronation>
    event:atTime [
        a time:DateTimeInterval ;
        time:hasDateTimeDescription [
            a time:DateTimeDescription ;
            time:day "7" ;
            time:month "6" ;
            time:unitType time:unitDay> ;
            time:year "1654"
        ]
    ] ;
    event:involvedAgent dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    dc:description "Coronation of Louis XIV of France" ;
    dc:source <http://dbpedia.org> ;
    a event:Event ;
    rdfs:label "Coronation of Louis XIV of France" .

<!-- Événement correspondant au décès de Louis XIV -->
<http://linkedevents.org/resource/Louis_XIV_of_France/Death>
    event:atPlace dbpedia:Palace_of_Versailles ;
    event:atTime [
        a time:DateTimeInterval ;
        time:hasDateTimeDescription [
            a time:DateTimeDescription ;
            time:day "1" ;
            time:month "9" ;
            time:unitType time:unitDay> ;
            time:year "1715"
        ]
    ] ;
    event:involvedAgent dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    dc:description "Death of Louis XIV of France" ;
    dc:source <http://dbpedia.org> ;
    a event:Event ;
    rdfs:label "Death of Louis XIV of France" .

La modélisation orientée "événement" permet donc de donner plus de détails : le lieu, décomposition de la date, les personnes impliquées, la source des informations, une description human readable. En revanche, cette ontologie n'étant pas spécifiquement dédiée à la description biographique, il manque certains niveaux de détails, comme, par exemple, le rôle joué par chaque "agent" dans l'événement "naissance", un typage plus fin des événements. Dans ce cas, l'ontologie BIO est beaucoup plus fine :

@prefix foaf: <http://xmlns.com/foaf/0.1/> .
@prefix bio: <http://purl.org/vocab/bio/0.1/> .
@prefix dbpedia: <http://dbpedia.org/resource/>
@prefix linkedevent: linkedevent:>

dbpedia:Louis_XIV_of_France
    foaf:name "Louis XIV de France"@fr ;
    bio:child dbpedia:Fran%C3%A7oise-Marie_de_Bourbon,
      dbpedia:Louis%2C_Count_of_Vermandois,
      dbpedia:Louis%2C_Dauphin_of_France_%281661%E2%80%931711%2,
      dbpedia:Louis_C%C3%A9sar%2C_Count_of_Vexin,
      dbpedia:Louis_Fran%C3%A7ois%2C_Duke_of_Anjou,
      dbpedia:Louise-Fran%C3%A7oise_de_Bourbon,
      dbpedia:Louise_Marie_Anne_de_Bourbon,
      dbpedia:Marie_Anne_de_Bourbon,
      dbpedia:Philippe_Charles%2C_Duke_of_Anjou,
      dbpedia:Princess_Anne_%C3%89lisabeth_of_France,
      dbpedia:Princess_Marie_Anne_of_France,
      dbpedia:Princess_Marie_Th%C3%A9r%C3%A8se_of_France_%281667%E2%80%931672%29 ;
    bio:event linkedevent:Louis_XIV_of_France/Birth,
      linkedevent:Louis_XIV_of_France/Coronation,
      linkedevent:Louis_XIV_of_France/Marriage1,
      linkedevent:Louis_XIV_of_France/Marriage2,
      linkedevent:Louis_XIV_of_France/Death,
      linkedevent:Louis_XIV_of_France/Burial.

<!-- événement correspondant à la naissance de Louis XIV -->
linkedevent:Louis_XIV_of_France/Birth
    dc:description "Birth of Louis XIV of France" ;
    bio:date "1638-09-05"^^<http://www.w3.org/2001/XMLSchema#date> ;
    bio:parent dbpedia:Anne_of_Austria, dbpedia:Louis_XIII_of_France ;
    bio:place dbpedia:Ch%C3%A2teau_de_Saint-Germain-en-Laye ;
    bio:principal dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    a bio:Birth .

<!-- événement correspondant au couronnement de Louis XIV -->
linkedevent:Louis_XIV_of_France/Coronation
    dc:description "Coronation of Louis XIV of France" ;
    bio:date "1654-06-07"^^<http://www.w3.org/2001/XMLSchema#date> ;
    bio:principal dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    a bio:Coronation .

<!-- événement correspondant au premier mariage de Louis XIV -->
linkedevent:Louis_XIV_of_France/Marriage1
    dc:description "Marriage of Louis XIV of France and
                                 Maria Theresa of Spain" ;
    bio:partner dbpedia:Louis_XIV_of_France, dbpedia:Maria_Theresa_of_Spain ;
    a bio:Marriage .

<!-- événement correspondant au second mariage de Louis XIV -->
linkedevent:Louis_XIV_of_France/Marriage2
    dc:description "Marriage of Louis XIV of France and
                        Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon"
    bio:partner dbpedia:Fran%C3%A7oise_d%27Aubign%C3%A9%2C_marquise_de_Maintenon,
      dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    a bio:Marriage .

<!-- événement correspondant au décès de Louis XIV -->
linkedevent:Louis_XIV_of_France/Death
    dc:description "Death of Louis XIV of France" ;
    bio:date "1715-09-01"^^<http://www.w3.org/2001/XMLSchema#date> ;
    bio:place dbpedia:Palace_of_Versailles ;
    bio:principal dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    a bio:Death .

<!-- événement correspondant à l'enterrement de Louis XIV -->
linkedevent:Louis_XIV_of_France/Burial
    dc:description "Burial of Louis XIV of France" ;
    bio:place dbpedia:Saint_Denis_Basilica ;
    bio:principal dbpedia:Louis_XIV_of_France ;
    a bio:Burial .

Même si, dans ce cas, les données sont plus précises, elles pourraient encore gagner en précision (date des deux mariages, lien vers les événements qui mettent fin au mariage, lien entre les événements), mais elles sont, en l'état, tributaires des données de Dbpedia et montrent précisément les problèmes que pose une modélisation orientée "entité". Pour autant, grâce à cette modélisation, il est beaucoup plus facile d'enrichir et d'améliorer les données sans avoir besoin de multiplier les propriétés ad hoc.

by got at July 29, 2010 02:18 PM under WebSemantique

July 28, 2010

Christian Fauré

Marketing et bêtise

Be stupid

“Be Stupid”, voici le slogan de la marque de vêtements DIESEL depuis début 2010. Slogan que l’on retrouve imprimé directement sur les t-shirts :

Et qui se décline également dans une campagne d’affichage, opposant les “intellos” aux “idiots”. Les premiers ont un cerveau, font des plans, et critiquent alors que les seconds ont des couilles, improvisent et créent :


Evidemment, DIESEL est résolument du côté des “idiots” :


Il s’agit bien sûr d’une campagne qui ne doit être prise qu’au second degré, une nouvelle manière d’être “cool”, de ne pas se “prendre la tête”. Je vais toutefois la prendre au mot pour tenter d’expliciter la relation qu’il y a entre le marketing et la bêtise.

Premier constat : la publicité de DIESEL utilise le terme de “stupid”, et l’on traduit généralement le “stupid” anglais par l’ “idiot” français. Parle-t-on pour autant de la même chose quand on évoque l’idiotie, la stupidité ou la bêtise ?

Idiotie, stupidité et bêtise

Idiotie, stupidité et bêtise sont souvent amalgamées et les termes semblent interchangeables, mais ils ont pourtant des différences.

L’idiot est celui qui comprend après coup, il a toujours un temps de retard, c’est ce qui l’amène à faire des gaffes. Ainsi le personnage de Lagaffe, celui de la bande dessinée, est un idiot. Un lointain descendant d’Epiméthée, qui est la figure de l’idiot dans la mythologie grecque (en grec ancien Ἐπιμηθεύς / Epimêtheús, « qui réfléchit après coup »)

Le stupide est celui qui ne comprend pas, même après coup. Il est borné et n’apprend pas de ses erreurs et, tel l’eau qui stagne, il est condamné à croupir (dans mon sud-ouest natal, on appelle le stupide un “étau”). C’est la raison pour laquelle on ne traduira pas le “stupid” de DIESEL par “stupide” mais plutôt par “idiot”.

Celui qui est bête est celui qui se roule dans les lieux communs tout en se croyant pertinent, il provoque généralement la fatigue et la lassitude. Dès lors, on pourrait dire que celui qui porte un t-shirt “Be Stupid” n’est ni stupide ni idiot mais bête : tour de force du marketing de DIESEL, des bêtes se prennent pour des idiots tout en se croyant malin.

Bêtise et lieux communs

Sur la bêtise donc, je me tournerai volontiers vers la conception qu’en propose Deleuze. Celle-ci elle est faite de bassesse et de paresse et n’aspire qu’à se couler dans le moule des opinions toutes faites. La bêtise se définit comme une pensée désincarnée et fantomatique. Avec elle, la pensée “tourne à vide” sur le boulevard des lieux communs. Anne Sauvagnargues, dans son “Deleuze. L’empirisme transcendantal” écrit :

“Être bête, ce n’est pas penser mal, mais ne pas user du tout de la pensée, que l’on cantonne aux retrouvailles et aux confirmations, au lieu de la confronter à l’impensable dans une aventureuse exploration de possibles [...] Pour la qualifier d’un mot que Bergson affectionne, elle est la pensée toute faite, et non la pensée se faisant.” p.20

C’est depuis les topoi grecs, ces lieux communs, que la bêtise règne. Et jusqu’à Heidegger, qui écrivait que l’homme du coin de la rue ne pense pas, on retrouve cette idée que la pensée est une force créatrice et singulière qui doit s’arracher du flux ambiant de la bêtise qui ne véhicule que du “prêt à penser”. La bêtise est l’ombre de la pensée, peut-être la même ombre que voyaient les prisonniers de la caverne de Platon, lui qui exhortait les jeunes Athéniens à penser par eux-mêmes.

La bêtise est nécessaire

Pourtant, on a besoin de la bêtise et nous portons tous en nous, aussi brillant que nous croyons être, notre lot de bêtise. La lumière a besoin de l’ombre pour exister. Seul Lucky Luke tire plus vite que son ombre, c’est d’ailleurs ce qui le signifie comme au-dessus de la bêtise, voire de la stupidité ambiante des personnages de la bande dessinée, d’Averell à Rantanplan qui, soit dit en passant, pourraient très bien être des personnages de la publicité de DIESEL.


On a besoin de la bêtise car on besoin de lieux communs en tant que lieux de partage et de synchronicité. A ce titre, vouloir éradiquer la bêtise serait certainement la volonté la plus bête qui soit. Mais c’est quand la bêtise devient hégémonique, où quand on en vient à oublier la part de bêtise qui nous habite tous, que la situation devient critique.

Bêtise et prolétarisation

La bêtise s’installe donc là où la pensée tourne à vide, là où l’esprit critique a cessé d’opérer. Quand Platon condamne les sophistes, c’est parce qu’il juge que leur enseignement rend bête la jeunesse athénienne et ne développe pas leur esprit critique en ne leur proposant que du “prêt à penser”.
Ce “prêt à penser” est en même temps une perte de connaissance qui n’est autre qu’un processus de prolétarisation. Or, prolétarisé, privé de connaissance, on ne peut plus penser, on devient condamné à la bêtise, c’est-à-dire à croire que l’on a encore des idées, que se sont les nôtres, que personne ne nous oblige à acheter ceci ou cela, que nous sommes souverains dans nos choix, etc.
Il ne faut pas croire que la bêtise génère de l’inculte comme le ferait la stupidité, d’ailleurs la bêtise se donne souvent en spectacle dans des jeux télévisés tels “Question pour un champion”. La bêtise forge une conception de la connaissance basée sur l’accumulation, conception en vertu de laquelle plus on connaîtrait de choses, plus on serait intelligent. C’est ainsi, par exemple, que le système scolaire de la Corée du sud se base sur l’ingurgitation des informations et des connaissances, mais nombre de voix s’élèvent contre ce système qui tend à produire des enfants incapables d’une pensée critique, incapable de penser par eux-même.

C’est comme si le bachotage permanent, tel du javel, avait détruit tout l’environnement nécessaire à la pensée. Un système scolaire, par ailleurs bien intentionné, peut donc produire des perroquets savants : des enfants prolétarisés qui s’installent dans le règne de la bêtise, le tout orchestré par une importante économie de cours privés en marge de l’école (les Hagwon).

Mais redisons-le, la bêtise est nécessaire : ainsi dictionnaires et encyclopédies sont des produits de la bêtise. Il sont indispensables pour la connaissance mais ne disent jamais comment penser, ni ce qu’est la pensée. Imaginez un monde ou les seuls livres seraient des dictionnaires et des encyclopédies : plus d’essais, de poésies ou de romans, et vous aurez un aperçu de ce que pourrait être un monde dans lequel règne la bêtise.

Or, si la connaissance et la pensée n’étaient qu’accumulation d’information, chacun d’entre-nous ne serait plus une singularité mais une particularité, caractérisée par un certain degré d’accumulation, mesurable et comparable aux autres.

La bêtise comme terreau du marketing

Il y a un lien tout particulier et primordial entre la bêtise et le marketing. Le marketing, dans sa composante “relation publique” et publicitaire, compte en permanence sur la bêtise, c’est son terreau naturel de prédilection. Le succès d’une campagne de communication réside bien souvent dans la capacité à faire circuler des idées qui vont devenir des lieux communs capables de modifier les comportements.

Or, si vous voulez changer le comportement d’une ou de quelques personnes, vous argumenterez. Si, en revanche, vous devez changer le comportement de milliers ou de millions de personnes, il faudra employer d’autres techniques de persuasion qui misent généralement sur la bêtise (l’individu est particulier et non singulier). Car la bêtise est ce qui nous fait agir sans interroger le pourquoi d’une telle motivation : on agit sans trop savoir, notamment parce que d’autres le font aussi, c’est là le comportement grégaire qui est l’autre visage de la bêtise.

A vrai dire, on va dans le sens qui nous est indiqué, ou suggéré, pour ne pas être “à découvert”, pour ne pas réellement attirer l’attention, pour ne pas être en décalage. Ainsi, celui qui est bête a une principale crainte qui est celle de ne pas être dans le coup, d’être un “has been”. Je donne deux exemples, que j’avais présenté dans la note sur le bon sens paysan :

  • après que les américains aient mis sur le marché un maïs hybride, l’INRA n’a pas résisté à la pression marketing et s’est engouffré dans cette activité qui est à l’origine de l’agriculture intensive et destructrice en France. Un des dirigeants de l’INRA de l’époque avoua plusieurs années plus tard qu’il avait promu et développé la culture de maïs hybride pour “faire comme les américains” et par peur d’être dépassé.
  • dans le monde des systèmes d’informations c’est également la même chose : quand j’avais demandé à un ancien directeur des systèmes d’information d’une grande entreprise pourquoi il avait lancé un grand chantier SAP, il m’avait répondu que “à l’époque, si tu n’avais pas de chantier SAP tu étais un has been”. Dans l’informatique on a par la suite connu la même chose avec la SOA et maintenant avec le Cloud Computing (ce faisant, je ne dis pas qu’il ne faut pas en faire, mais qu’il faut savoir pourquoi et comment on en fait).

Dans chacun des cas : le marketing de l’industrie agro-chimique, puis celui de l’industrie logicielle, a imposé sa solution grâce à la bêtise des directeurs et des responsables en place : ne comprenant pas se qui se jouait, et pris dans un engrenage de signaux insistants, ils ont fait acte de mimétisme en mettant leur responsabilité en sourdine de peur de “louper le coche”, d’être un “has been”. La peur du ridicule est le catalyseur de la bêtise que cherche a activer systématiquement les techniques marketing.

La bêtise rend incapable de prendre des décisions, surtout lorsqu’il s’agit de situations de crise. (Domenech nous a donné un bel exemple de bêtise cet été). Or, c’est précisément ce que recherche le marketing, dont l’objectif reste de vendre, et rien de mieux pour cela que de s’adresser à des personnes qui ne sont pas ou plus capables de prendre des décisions.

Les champions de la bêtise

Dans le monde du marketing des technologies de l’information pour l’entreprise, IBM est le champion dans l’utilisation de la bêtise de ses clients et prospects. Combien de fois ai-je entendu que le choix s’était porté sur les solutions ou les services d’IBM “parce que c’est IBM” (sous-entendu “personne ne pourra me reprocher d’avoir choisi IBM”). Le marketing d’IBM ne cesse d’utiliser la peur de se tromper et la peur du ridicule en pariant sur la bêtise des clients pour gagner des parts de marché. La publicité ci-après pourrait ainsi faire l’objet d’une psychanalyse : qui voudrait vivre le cauchemar de ce gros has been du département informatique qui fait intervenir le FBI pensant qu’on a volé tous les serveurs de la DSI ?

Dans le secteur de l’informatique grand public, c’est Apple qui a la palme en soulignant de manière sérielle, tout au long de dizaines de spots publicitaires, le ridicule du personnage représentant le PC face au personnage représentant le Mac.

La peur du ridicule nous fait nous jeter dans le boulevard de la bêtise où là, à découvert, le marketing peut nous tirer comme des lapins. Si chacun cultivait sa singularité, il y aurait beaucoup moins de marché de masse et de positions dominantes et monopolistiques dans chacune des industries.

Inception

Dans Inception, le dernier film de Christopher Nolan, il est question d’inoculer une idée dans l’esprit d’une personne pendant son sommeil. Le film lui-même est une déception, sauf pour Guillaume Loisin de Chronicart (et “spécialiste du cinéma pour le magazine Gala”) qui, tout en reconnaissant le caractère mystificateur du réalisateur, y voit un grand film “oscarisable”. Pourquoi un grand film ? Le critique ne le dit pas, il ne joue plus son rôle de critique, il a peur de passer à côté de quelque chose, peur d’être ridicule en ne reconnaissant pas la valeur cinématographique du film (pensez-donc, un film oscarisable !), alors il dépose son cerveau pour se vautrer dans la bêtise.
Si  je fais allusion à ce film c’est parce que la bêtise est le terreau idéal pour inoculer des idées qui vont générer des comportements. Et le plus important, comme le souligne le scénario d’Inception, c’est que la personne ne doit pas avoir conscience de ce qui se passe. Dans le film, le dormeur ne doit pas se rendre compte qu’il rêve, sans quoi toute l’opération échoue. La où le film Dune martelait “Le dormeur doit se réveiller”, Inception lui fait écho en insistant sur le fait que “le dormeur ne doit surtout pas se réveiller”.

C’est à l’inconscient des gens qu’il faut s’adresser

Comme le souligne le documentaire d’Adam Curtis, The Century of the Self, Bernays fait partie de ces personnes qui ne croient pas que le peuple puisse lui-même décider de son destin. Le peuple a besoin qu’on lui dise ce qu’il faut faire, qu’on lui indique la bonne politique à mener. Dit autrement, cette conception revient à reconnaître que le peuple est bête (plus que le peuple, c’est surtout les masses et les foules qui intéressent toutefois les marketeurs). Ce qui, pour des gens comme Bernays,  ne serait pas antinomique avec une certaine conception de la Démocratie : “j’aime la Démocratie, j’aime mon peuple, mais comme il est incapable de prendre une décision, je vais l’aider et lui dire ce qu’il doit penser”.

Mais pour le lui dire, rien ne sert de s’adresser à la conscience et à la rationalité des individus. C’est ce qu’Edward Bernays avait bien compris de l’enseignement de son oncle Freud en inventant les relations publiques, ancêtres du marketing : ce n’est pas à la conscience des gens qu’il faut s’adresser, mais à leur inconscient si vous voulez modifier massivement leurs comportements.
Cela tombe bien car l’industrie de masse commence à cette époque a avoir besoin de faire passer des messages pour dire également, non plus au citoyen mais au consommateur, comment il doit se comporter et ce qu’il doit acheter dans un contexte de crise du à la surproduction.
Or, que se soit pour des raisons politiques ou commerciales, le recours à l‘inconscient pour modifier les comportement, favorise systématiquement la propagation de la bêtise. Si la propagande en temps de guerre laisse place aux relations publiques en temps de paix, il y a quelque chose qui ne change pas, c’est le présupposé selon lequel la bêtise est le premier vecteur, et le plus efficient, pour propager des idées et influer sur des comportements.

*

Miser sur la bêtise n’est pas une fatalité quand on fait du marketing, c’est juste la solution la plus simple, la moins chère et la plus efficiente à court terme. Mais, à fricoter ainsi avec elle, on en devient bête soit-même : produire de la bêtise rend bête. Il faudra bien sauver le marketing lui-même de la bêtise, notamment grâce aux gens du marketing qui ne sont pas tous bêtes et qui ne misent pas exclusivement sur la bêtise pour atteindre leurs objectifs.

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by Christian at July 28, 2010 10:03 AM under Défaut

Karl Dubost

Vide Grenier : Hypermedia, la femme et le Japon, Lomochrome

Femmes
Ushigome-Kagurazaka, Japon, 23 décembre 2005

J'ai perdu le regret du mal passé les ans.

Desnos, Robert, Corps et Biens, Éditions Gallimard, 1930, p. 133

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Hypermedia

Développer une API qui est RESTful est à la fois simple et compliquée. De nombreuses personnes concentrent leur attention sur les verbes HTTP et la sémantique des URIs. C'est utile mais pas suffisant pour créer une application qui est RESTful. Les formats comme HTML et Atom sont des formats hypertextes. C'est à dire qu'ils contiennent dans leur format la possibilité de lier une autre ressource et donc d'agir sur l'étape suivante par l'intermédiaire d'HTTP.

Une API RESTful est piloté par l'hypertexte.

À lire dans un billet de Roy Fielding ainsi que les commentaires (surtout les commentaires). Amundsen poursuit la démarche de Roy en donnant 3 étapes simples pour concevoir une API Restful.

JSON, XML ne sont pas des formats hypermédias. Ce sont juste des grammaires pour créer des formats. Soyez prudent sur vos façons de concevoir les formats dans vos applications REST.

la femme et le Japon

Fiona Graham est devenue la première femme occidentale à devenir Geisha. De 1920 à nos jours, le nombre de Geisha est tombé de 80,000 à 2,000. Une pénurie certes mais qui à mon avis n'embarasse pas plus que cela. Une Geisha coûte cher à entretenir. Les compagnies privées consacrent leur budget à d'autres endroits plus commerciaux et populaires.

Cet article est à mettre en parallèle avec la nouvelle révolution économique du Japon : les femmes au travail. 67.4% des femmes entre 25 et 54 ans ont un job contre 93% des hommes. Cela est 15% de moins que les pays scandinaves. En fait, j'aurais aimé voir les statistiques pour les femmes de plus de 30 ans, soit après le premier enfant.

Je lis en ce moment Goodbye Madame Butterfly écrit par Sumie Kawakami à propos du sexe, du mariage et de la femme japonaise. C'est un plongeon dans un autre univers.

Femmes
Shinjuku, Japon, 18 décembre 2005

Lomochrome

La pellicule Kodachrome a vécu. Les usines s'arrêtent. Ce film n'est plus produit du tout. Il évoque les photos de mon enfance où le film était envoyé par la poste dans une enveloppe spéciale. Quelques semaines plus tard, toujours par la poste, arrivait une boîte avec les diapositives.

Steve McCurry a pris les photos du dernier rouleau sorti de l'usine. Elles seront publiées dans le cadre d'un documentaire.

Kodak

Je trouve assez grandiose l'unique commentaire sous ce billet qui promeut L'opération commerciale Lomo de films hypersaturés et d'appareils photos de mauvaise qualité contre l'histoire de Kodachrome.

Kodak

July 28, 2010 02:41 AM under vide grenier

July 27, 2010

Karl Dubost

Biens privés, utilisation commune

Ruban et baton
Penang, Malaisie, 28 mai 2008

Nous sommes les pensées arborescentes qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux.

Desnos, Robert, P'OASIS, Éditions Gallimard, 1930, p. 83

Electricité et le public

L'électricité en tant que bien public partagé est encore un point de friction de nos interactions sociales. Au Japon, l'utilisation des prises de courant dans des lieux privés mais de passage est fortement découragée. La motivation de cette interdiction n'est pas évidente et semble être difficile à justifier économiquement. Nombre de ces lieux restent allumés la nuit alors qu'il n'y a personne. L'électricité est utilisée pour illuminer des vitrines, des publicités, etc.

Akky Akimoto a noté sous les routes d'un pont en béton la présence d'un sans-abris et utilisant sont laptop. Il se pose la question de savoir comment il trouve de l'électricité.

Comme le dit Andrew dans les commentaires :

You develop a habit here of quickly being able to hunt down power sockets for emergency computing situations

En milieu urbain avec un ordinateur, le choix de la place est en partie motivée par le désir de trouver celle qui a un point d'alimentation. De plus en plus les aéroports créent des bornes particulières pour permettre aux individus d'obtenir du courant. Le courant est « gratuit » mais le wifi est payant. Dans un café, c'est une des premières choses que je cherche lorsque j'ai mon ordinateur : la table, le siège près d'une prise électrique. On peut difficilement concevoir une librairie sans prises électriques.

Stratégie de blocage

La stratégie s'inverse même pour certains endroits où l'accès va être rendu difficile en changeant par exemple le format de prises électriques. Un format très peu commun bloquera l'accès et empêchera l'utilisation.

Ruban et baton
Sapporo, Japon, 28 juillet 2008

Et l'eau ?

Bien sûr, il n'y a pas que l'électricité. L'eau peut être vue comme une commodité qu'elle soit fournie par des services publiques ou privés. En Malaisie, un évier a été installé dans la rue près du trottoir afin de permettre aux clients du restaurant indien de se laver les mains avant et après manger. Des plats comme le « roti canai » étant mangés avec les mains directement, il est nécessaire d'avoir un point d'eau. L'accès à l'eau dans de nombreux endroits n'est plus une question. Nous l'utilisons tous.

Homme et Restaurant
Kuala Lumpur, Malaisie, 26 mai 2008

Les services des espaces avec public

  • Comment conçoit-on les espaces commerciaux et publics afin qu'ils répondent aux besoins de la population ?
  • Quels sont les frais associés à ces choix de conception ?
  • Quelles sont les modifications des interactions sociales provoquées par ces choix ?
  • À partir de quand une installation passe d'un élément rare que l'on recherche à un élément urbain commun auquel on ne pense même pas ?

July 27, 2010 02:53 AM under électricité

Karl Dubost

Vide Grenier : Archi sans fard, Recherche Images, Stabilité et flux

Palissade et dessin de femme
Ikejiriohashi, Japon, 8 octobre 2006

Ail de ton œil,
je t'aime à cause de cela.

Desnos, Robert, Corps et Biens, Éditions Gallimard, 1930, p. 60

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Archi sans fard

Un billet avec des photographies très ordinaires de l'architecture de l'exposition universelle de Shanghai vient réconforter mon idée de la futilité de l'exposition universelle. On voit apparaître des bâtiments dans un espace clos ressemblant à un parc d'attraction ou un super marché : la civilisation de la consommation.

In July 2007, however, Yang Xiong, a vice mayor of Shanghai, acknowledged at a press conference that the city had relocated 18,000 families and 272 factories to make way for the Expo.

It is hard to guess what this piece of the city will be like, post-Expo, but it has undoubtedly cleared the way for a well-situated district of high-end apartments and businesses, with riverfront views, abundant parkland and ample Metro connections.

Recherche Images

J'ai vraiment beaucoup de plaisir à utiliser la nouvelle présentation des résultats de recherche de Google Images. L'expérience est beaucoup plus fluide. De la pagination avec des URLs uniques, nous passons à un chargement automatique. Qu'est-ce que cela me dit sur la mise en signet, sur la fluidité d'une expérience usager ?

Rouen Small

Stabilité et flux

Comment créer un équilibre entre l'un et l'autre dans un processus de design ? Qu'est-ce qui est alors le plus bénéfique à l'élaboration du futur ? Quelles sont les différences entre architecture urbaine et architecture de l'information ?

Un extrait de Roger Sherman’s “Counting (on) Change” dans le billet de Rob Holmes.

Cities today develop at a rate that outpaces architects’ and planners’ efforts to shape them. Political and economic circumstances change so rapidly that by the time a plan is realized, it is already obsolete; a mere election or market downturn can radically alter the assumptions and objectives of a project or master plan. In this milieu, the path of least resistance for urban development calls for action rather than reaction–to develop not in comprehensive wholes, but in realizable chunks or increments, placing an emphasis more on augmentation than on organization. For architects, the time has come to recognize, finally, that contemporary urbanism is better rethought around conceptions of progress and potential — via design strategies for unfolding the future — rather than another utopian horizon…

July 27, 2010 02:48 AM under vide grenier

July 26, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier : Berlin, Heinz von Perckhammer, cinéma vermeil, Moustache, Miel à Rouen

Vélo et poubelle
Shibuya, Japon, 25 juin 2006

Dans bien longtemps je suis passé par le château des feuilles
Elles jaunissaient lentement dans la mousse

Desnos, Robert, Corps et Biens, Éditions Gallimard, 1930, p. 159

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Berlin

J'ai vu Berlin en novembre 1988. Un voyage scolaire. Au milieu de la ville se dressait un mur. Un point de passage, Checkpoint Charlie. De l'autre côté de grandes avenues calmes. Nous ne resterons qu'une demi-journée. Immuable, indestructible. Du côté est le No Mans Land, du côté ouest les immeubles coupés. Et puis, un an plus tard presque jour pour jour, l'impensable se produit. Le mur tombe. Je ne suis jamais retourné à Berlin depuis novembre 1988. Il y a donc pour moi quelque chose de très étrange dans cette application mobile qui reconstruit visuellement le mur de Berlin.

Mur de Berlin

cinéma vermeil

Hollywood répond à son marché. Il s'agit de produire des images et des histoires dans lesquelles le consommateur peut s'identifier. Ainsi, Hollywood fabrique des produits pour les vieux. Lovely, Still en est un exemple. Tout comme Hollywood a produit dans le passé des films pour les jeunes. Ce n'est pas la première fois bien sûr, mais cela devrait s'accentuer avec la tendance démographique actuelle. Et pour terminer sur une note positive… un excellent film pour tous les ages : Ikiru de Kurosawa.

Ikiru

Moustache

La moustache typographique a de l'avenir.

Heinz von Perckhammer

Découverte du photographe Heinz von Perckhammer et plus particulièrement de ses photos en Chine. Cela me remémore la photographie de l'école des Beaux-Arts de Shanghai en 1935.

Nu Perckhammer

Miel à Rouen

La banque du miel est une installation à Rouen du 10 juin au 6 septembre 2010, hébergeant des milliers d'abeilles. La réintroduction d'animaux au cœur des villes, symbolique dans ce cas, est-elle une étape à un meilleur équilibre ? Je suis toujours déçu lorsque la voirie nettoie les feuilles mortes qui tombent sur le sol. J'aimerai tant au fil des années voir la boue se créer, puis l'humus, les insectes et les fleurs prendrent naissance dans ce nouvel écosystème. Malheureusement, il n'y a pas que les feuilles mortes qui tombent sur les trottoirs mais également les millions de micro-déchets quotidiens (plastique en tout genre, métal, verre, etc.)

July 26, 2010 03:36 AM under vide grenier

July 24, 2010

Christian Fauré

American metamorphosis

Une récente affaire d’espionnage entre les US et la Russie a été très médiatisé : dix agents russes vivants sous une double identité sur le territoire américainont  été démasqué par le FBI. Ce qui en un temps eut été un signe de haute tension internationale, comme le soulignait récemment François Noudelmann dans Macadam Philo du 23 Juillet 2010, est devenu une comédie médiatique.

Pas grand chose en effet à se mettre sous la dent en matière d’espionnage, car ce qui  a été reproché à la dizaine de personnes, qui ont plaidé coupable, était d’avoir une double identité, sans qu’aucun délit manifeste d’espionnage ne leur soit vraiment reproché. La fameuse “Anna Chapman” remporte le pompon , sa présence active dans Facebook et quelques photos aguicheuses font passer l’histoire d’espionnage pour une comédie hollywoodienne.

Mais, au-delà de la tournure qu’a pris cette histoire, pourquoi le FBI a-t-il lui-même médiatisé cette affaire ? On pense bien sûr aux attentats du 11 Septembre et à la hantise américaine de l’espion dormant, qui peut se réveiller au moindre signal. En rendant publique l’affaire, l’administration américaine souhaitait certainement rassurer l’opinion américaine sur le fait qu’elle veillait activement à la sécurité du pays. Mais cette crainte d’avoir dans sa population des agents doubles n’est-elle pas toutefois surestimée ?

Il faut comprendre qu’il y a une spécificité américaine de « la double vie« . Le mythe américain du selfmade-man repose sur cette notion, sur cette possibilité de devenir autre : le pauvre peut devenir riche, l’inconnu célèbre, etc. Les US se comprennent d’ailleurs comme le pays où tout est possible, c’est-à-dire où chacun peut recommencer sa vie et avoir une nouvelle chance et se révéler d’une manière radicalement nouvelle.

Les super-héros américains sont également des visages de ce dédoublement et de la conception métamorphosique de l’existence américaine. Ces super-héros ont, pour la plupart, une double vie et une double identité : celle d’un américain moyen qui va pouvoir, dans des situations de crise, endosser une nouvelle identité, extraordinaire et supra-naturelle cette fois-ci.

Une part non négligeable du rêve américain repose sur cette idée que l’on peut devenir autre chose que ce que l’on est : même sans diplôme, sans références et sans argent, tout serait encore possible. L’Amérique doit entretenir cet espoir qui sert de régulateur social , car on ne peut être au fond du trou et dans la misère la plus totale, comme le sont des millions d’américains, sans avoir cet espoir qu’un jour, tout peu changer.

J’ai l’impression que cette vision n’est pas partagée en France : bien sûr, chacun de nous a une identité multiple, et le chemin d’une vie peut apporter des changements. Mais cette idée d’une double vie corrélée à celle d’une métamorphose spectaculaire n’est pas ancrée dans nos comportements. A nos yeux, la métamorphose est un leurre. Aussi, pour tenir le coup on préférera consommer des anxiolytiques à défaut de se prendre pour Superman.

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by Christian at July 24, 2010 10:09 AM under Défaut

July 23, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier : Ordre de couleurs, Persographie, Paysages mythologiques

Boite aux lettres
Shimokitazawa, Japon, 17 mars 2007

En 1969, j'ai choisi, dans Paris, 12 lieux (des rues, des places, des carrefours, un passage), ou bien dans lesquels j'avais vécu, ou bien auxquels me rattachaient des souvenirs particuliers.

J'ai entrepris de faire, chaque mois, la description de deux de ces lieux. L'une de ces descriptions se fait sur le lieu même et se veut la plus neutre possible : assis dans un café, ou marchant dans la rue, un carnet et un stylo à la main, je m'efforce de décrire les maisons, les magasins, les gens que je rencontre, les affiches, et, d'une manière générale, tous les détails qui attirent mon regard.

Perec, George, Espèces d'espaces, galilée, 1974.

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Ordre de couleurs

Récemment, je voulais savoir si les photographies avaient une tonalité particulière, un spectre et si ce spectre variait en fonction du pays, du climat ou même de mon humeur. J'ai obtenu quelques résultats mais pas exactement ce que je recherchais. J'ai obtenu une distribution du spectre, mais pas tout à fait un spectre plus limité sur par exemple une dizaine de couleurs ou sur la représentation en treemap. Dans Sorting colors, Chris Mueller hésite également avec le choix du tri pertinent des couleurs dans une image. Il y a de nombreuses options possibles, cependant tout comme moi, il dit :

Our goal was to find a sorting mechanism that looked pleasing to the eye, but of course the results are completely subjective.

Tri de couleurs

Persographie

Mike Kuniavsky essaie de représenter le monde qui lui est directement sensible. Nous oublions nos espaces car bien que proche ils sont définis par la collectivité. Il y a des cartes, des signes, des directions, des barrières qui construisent notre périmètre de compréhension. L'espace de notre compréhension est réduit à son minimum. L'appropriation est plus difficile. Dessiner l'espace que l'on comprend, dont on se souvient nous permet de comprendre le non dit de nos déambulations, la persographie intime de l'environnement.

cartographie Airportainia 0.2

Et cela touche directement à un billet très intéressant de Greg J. Smith, (Thoughts on) Writing Within the Map, qui suit une lecture approfondie du billet de Jeremy Hight, Writing Within The Map, à propos de l'écriture de la carte. Greg dit :

the map is moving towards becoming a wiki-space, what new modes of representation will emerge?

Une fois que les cartes sont définies par des individus auto-sélectionnés, les règles du jeu sont modifiées. Je m'abstiens du raisonnement erroné de la révolution du réseau social, de la destruction des autorités et toutes les mythologies qui l'accompagnent. Les nouveaux outils et les nouvelles structures génèrent de nouveau comportement et de nouvelle réorganisation. Plus ces communautés s'élargissent, plus elles se stabilisent, créent des vocabulaires communs et ont donc recrées une infrastructure propre au milieu. La géographie n'y échappe pas. De OpenStreetMap où les personnes éditaient à l'envie (mais quand même dirigées par certaines fonctions définies) le site se structure de plus en plus, définit des guides d'éditions, des outils plus à même d'orienter les débutants et donc se solidifie.

Wikipedia, OpenStreetMap donnent une réponse qui se dirige vers de plus en plus d'uniformisation. C'est normal. Ce que je trouve plus intéressant est la cartographie intime des lieux qui s'établit dans de petites communautés (une personne, une famille, un village) et qui donne un regard sur la culture locale.

Paysages mythologiques

Du réel à la fiction, il n'y a que très peu de différents, le monde physique possède suffisamment d'éléments étranges comme les dolines de Guatemala City ou la chute d'eau sanguine du Lake Bonney dans l'Antarctique.

Blood Falls

Cela devient d'autant plus intéressant lorsque l'on compare ces paysages à cette illustration de Tsunehisa Kimura où New-York se transforme en chute d'eau.

Ny Waterfall Tsunehisa Kimura 2

Ou encore cette image de Tokyo envahit par l'herbe. Tokyo Gensou ? (東京幻想)

Tokyo Invaded Grass

Mais cela vaudra surement un billet un peu plus fourni sur les utopies (ou dystopies) urbaines. Les zones non urbaines ont également leur lot de mythologies héritées du passée. Celles des villes sont en pleine construction.

July 23, 2010 02:46 AM under vide grenier

July 22, 2010

Nicolas Cynober

2 standards qui me manquent

Par standard je n’entends pas forcement un document du W3C mais plutôt une norme ou une “bonne pratique” que j’aimerai voir plus souvent sur le web.

1 - L’accès à d’autres modes de visualisation pour un même contenu

Je ne vais pas revenir sur les concepts derrière dataviewer. Mais c’est décidément une problématique que l’on rencontre et que l’on rencontrera de plus en plus. Multiplication des terminaux dans un web de donnée, bla, bla, bla, vous pouvez toujours relire l’article ;)

Donc, ce que j’aimerai petit papa noël, c’est que des initiatives tel que oEmbed se généralisent. oEmbed c’est quoi ? C’est une petite API à qui tu donnes une URL et qui te retourne le code d’embed correspondant, c’est à dire l’élément principal de la page. Et oui un peu comme dataviewer, tu donnes une URL et on te retourne une visualisation différente pour cette donnée.

2 - La généralisation du rel=”canonical”

C’est quoi ça ? C’est un petit standard Google, utilisé en SEO, qui permet de spécifier l’URL originale d’une page web (parfois connu sous le nom de permalink). Car là est le drame, derrière chaque page web il existe en réalité des centaines d’URLs différentes… En effet quand vous atterrissez sur une page web en provenance d’un flux RSS, votre URL va contenir des informations sur votre provenance et donc devenir différente. Après une recherche, elle peut aussi contenir vos derniers mots clés, ou bien encore des informations techniques (ID de session). Bref, mon ami Dédé et moi on pense que c’est le bordel.

Alors pour un web plus propre et pour augmenter votre SEO (voir même pour arrêter le réchauffement climatique), si vous avez un site web, affichez la source d’une de vos pages et vérifiez la présence de la mention rel=”canonical”.

by Nicolas at July 22, 2010 09:20 AM under Uncategorized

Karl Dubost

Les pièges du marketing

Ruban et baton
Tsujido, Kanagawa, Japon, 21 juillet 2010

… car nous cherchions par tous les symboles, par tous les pièges, à t'entraîner, sous les apparences, dans ce fond des mers où nous appelait notre inquiétude.

de Saint-Exupéry, Antoine 1929. Courrier Sud Éditions Gallimard, p. 42

Il n'y a pas de « bon marketing. » Je prends cette poistion volontairement. Quelque soit l'idéologie philosophique ou commerciale qui est le moteur des campagnes, le marketing est un piège dont le but est de convertir l'action d'une personne. Que ce soit pour le W3C, Mozilla, Apple ou BP (je ratisse large). Il s'agit de propagande s'appuyant sur de nombreuses recettes et faiblesses humaines pour augmenter le taux de conversion.

Depuis que je travaille dans une agence Web dont une partie de ses activités est le marketing, je commence à bien comprendre les discours et techniques qui entourent le milieu. Je suis également plus attentif aux pièges du marketing autour de moi.

Une réduction ordinaire

Pendant mon voyage au Japon en avril 2010, j'ai eu l'occasion de remarquer de très nombreux exemples. Certains sont ludiques, d'autres réalisés avec beaucoup d'humour, d'autres très simples.

SUICA (Pastèque en japonais) était le système de carte magnétique permettant de payer les trajets de train de la plus grande compagnie de trains au Japon : JR. Très simplement, vous allez aux machines distributrices de JR, glissez la carte, rechargez avec le montant de votre choix. Vous badgez à l'entrée et à la sortie de votre trajet. La somme est automatiquement débitée de la carte. Si vous n'avez pas assez sur la carte, il y a des machines pour recharger juste avant les portes de sortie. Le système, il y a quelques années s'est étendu au métro, et puis aux machines distributrices de boissons, aux distributeurs de cigarettes, et puis finalement aux magasins. La carte est devenue un porte monnaie électronique. Pour bénéficier de certains avantages, il est préférable de prendre une carte SUICA identifiée avec vos coordonnées et nom. Ce n'est pas obligatoire. Ma carte SUICA est anonyme si ce n'est le numéro ID unique.

Et c'est là que le piège se resserre petit à petit. D'une simple carte de trains, cette carte est devenue un moyen de paiements électroniques tellement pratiques et sans frictions que les gens peuvent l'utiliser partout. Comme généralement, les personnes mettent relativement peu d'argent dessus à la fois, elle sert pour de petits achats. Les marketeurs qui travaillent avec les systèmes bancaires VISA, Mastercard, etc. ont une bonne idée des grosses dépenses des individus, mais très peu de ce qui tient au micro-paiement. Toutes ces petites dépenses inférieures à 10 euros et qui se passent la plupart du temps en liquide.

C'est de moins en moins vrai au Japon. Voici un système de paiement disponible pour tous, sans frais, plus facile d'utilisation que de l'argent liquide, éliminant toute culpabilité de l'échange de valeurs matérielles et palpables (pièces de monnaie et billets). Un système qui enlève de la présence physique la réalité de l'argent pour la transformer en validation d'une acquisition, tout comme le passage du train. Pour tous ceux qui ont une carte identifiée, un profil complet des habitudes de consommation, donc de vie se dresse au fur et à mesure de l'utilisation.

Cela va même plus loin par la création d'incitatifs pour ceux qui hésiteraient encore à utiliser le système. Nous sommes allés au cinéma un soir. Le cinéma proposait 100 Yens (1 euro) de réduction sur le prix de la nourriture si nous payions avec la carte SUICA. Dans notre cas, sur un achat de 550 Yens (5 euros), la réduction de 100 Yens représentait 20% de la somme totale.

Ruban et baton
Yokohama, Japon, 11 avril 2010

Services utiles contre profils

Dans quelle mesure sommes nous prêt à abandonner une partie de notre liberté d'action en l'échange d'une promesse de consommation. Les départements marketing collectent l'information afin de mieux vendre, afin de mieux cibler le consommateur et d'éliminer le plus possible la friction qui s'intercale entre le désir et l'acte d'achat.

Un service utile ? Un meilleur service ? Une économie ? Mais à quel prix et dans quelle mesure cela améliore notre qualité de vie ? Accepter est obligatoirement participer au système, parfois le système ne laisse pas d'alternatives.

July 22, 2010 01:37 AM under marketing

July 21, 2010

Christian Fauré

Le bon sens paysan

Entendre et lire André Pochon m’a été très utile pour comprendre la situation paysanne et agricole en Europe et surtout en France. Bien connu dans le monde de l’écologie et de l’agriculture, ce paysan aujourd’hui retraité n’est pourtant pas connu du grand public, surtout si l’on quitte le milieu agricole et paysan.

André Pochon s’est surtout fait connaître lors de la publication de son livre La prairie temporaire à base de trèfle blanc, 1996 (4° Ed. épuisé) et a donné son nom à la “méthode Pochon” qui fut souligné en son temps (en 1981) par Maurice Le Lannou, membre de l’Institut  et de l’Académie des sciences politiques et morales qui écrivit :

“ J’ai trouvé dans ce petit ouvrage, mais transposé à la moderne, toute l’éthique rurale qui faisait le fonds des vieilles Géorgiques.”

Cette méthode est un condensé de bon sens et d’application des règles élémentaires de l’agronomie puisqu’elle consiste à construire un équilibre entre les ressources naturelles présentes sur le territoire : d’une part en minimisant l’apport de ressources externes et d’autre part en minimisant la pollution des ressources environnementales.

Ainsi le trèfle blanc est utilisé comme moyen naturel d’apport de d’azote à la prairie, sans avoir à ajouter d’engrais azoté. Les vaches qui paissent sur ces prairies naturelles et riches produisent viande et lait de qualité. Le lait, quant à lui, est utilisé pour nourrir les porcs (“le porc pendu au pis de la vache”) en veillant à ce que ceux-ci soient élevés sur de la paille car cela donnera du fumier (et non du lisier) qui sera lui-même réutilisé comme engrais naturel.

Cette économie agricole a clairement démontré, chiffres à l’appuie, quelle était tout à la fois respectueuse de l’environnement, qu’elle demandait moins d’effort et de travail et qu’elle était financièrement plus avantageuse pour l’exploitant.

Alors pourquoi cette approche de l’agriculture n’est-elle pas plus développée en France ?

Ici comme dans beaucoup d’autres domaines on retrouve les mêmes tendances :

  • la mise en place d’une industrie qui dissocie l’existant : le signal de départ sera le maïs hybride américain des années 70 qui peut dès lors pousser au nord de la Loire. On commence alors à faire pousser des cultures qui ne sont pas associées de manière natives au territoire qu’elles intègrent et qui deviennent également la base de tout un système agricole. Par la suite, c’est toute la logique de la culture hors sol, le comble du modèle dissocié, qui va se développer de manière frénétique : les semences, les engrais et les pesticides qui doivent être achetés aux industries agro-chimiques, les animaux qui sont élevés en batteries sans voir la lumière du jour, notamment dans les porcheries industrielles bretonnes. De plus, la nécessité de s’approvisionner en maïs et soja américain, et non plus à partir de la production fourragère locale, met toute l’agriculture française dans une dépendance critique vis-à-vis de la production américaine.
  • un marketing qui fait tourner les têtes : cela a commencé avec le mais hybride américain, repris par l’INRA qui n’a pas résisté à la pression marketing qui a fait dire à l’un des dirigeants de l’époque qu’il promouvait et développait la culture de maïs hybride pour “faire comme les américains”. (Dans le monde des systèmes d’informations c’est également la même chose : quand j’avais demandé à un ancien DSI pourquoi il avait lancé un grand chantier SAP, il m’avait répondu que “à l’époque, si tu n’avais pas de chantier SAP tu étais un has been.”)

Mais pourtant, cette agriculture intensive et contre-nature devient manifestement insupportable : vache folle, pollution de l’air et des eaux, algues vertes, appauvrissement et érosion des sols qui favorisent inondations et glissements de terrain, farines animales, nombre de cancers en explosion, etc.

Comment ce système peut-il perdurer ?

Essentiellement parce qu’il y a des rentes de situation et des lobbies importants :

  • des rentes de situations dont bénéficie l’industrie agro-chimique qui fera tout pour gagner un maximum d’argent et ce quelques soient les externalités négatives que leur modèle d’affaire induit sur les populations et les territoires.
  • des lobbies importants, qui n’ont cessé de faire pression sur les élus et au niveau de Bruxelles pour freiner l’adoption de mesures en faveur de l’agriculture durable, notamment dans le cadre des différentes réformes de la PAC. Au premier rang de ces groupes de pression se trouve la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire qui défend bec et ongles l’intérêt des agriculteurs productivistes qui développent le modèle d’agriculture dissocié. On a là à faire à une véritable mafia corporatiste française qui devra un jour être tenue responsable de la destruction massive du territoire et des problèmes de santé qui en découlent.

Mais, fondamentalement, cette situation n’est devenue possible et tenable que parce qu’il y a une prolétarisation, une perte de savoir, aussi bien des paysans agriculteurs que des consommateurs.

  • une prolétarisation des paysans, parce que la quasi totalité des enseignements agricoles en France ne font que promouvoir l’agriculture intensive sans même présenter les alternatives aux jeunes agriculteurs en formation. Aucun esprit critique n’est inculqué au niveau de l’enseignement et de la formation. Une fois lancés dans le cercle vicieux du productivisme dissocié, pris à la gorge par l’endettement, il n’ont plus la possibilité de faire marche arrière. De plus, la plupart des paysans ne sont plus maître à bord de leur exploitation, leur production et leur mode de production sont dictés par les dérives de la PAC qui en a fait des esclaves qui ne peuvent que cautionner le système qui pourtant les mène à leur perte.
  • une prolétarisation des consommateurs eux-mêmes, savamment orchestrée et entretenue par l’industrie agro-chimique, qui ne connaissent pas ou mal la situation de la paysannerie française, et ne savent pas ce qu’ils mangent et ce qu’ils achètent.

Il ne s’agit pas ici de condamner le maïs hybride ni même les OGM en soi, mais plutôt le système industriel qui s’est développé sans retenue, sans porter conséquence au phénomène de passage aux limites insoutenable dans lequel il nous a placé.

Le seul moyen de faire tomber ces industries de rentes qui ne vivent essentiellement que des externalités négatives que chacun d’entre nous doit payer quotidiennement par notre santé et par notre porte-feuille (rien que 450 € par foyer et par an pour la PAC) passe par des logiques de dé-prolétarisation : le consommateur doit reprendre goût et connaissance de ce qu’il mange et du territoire dans lequel il vit, tout comme les paysans doivent être sensibilisés à la situation dans laquelle ils se sont mis, trop souvent malgré eux.

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by Christian at July 21, 2010 01:53 PM under Défaut

July 18, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier : Maison mobile, View source, Design ?

Ampoule et autres objets
Shimokitazawa, Japon, 11 août 2007

Vers quel verre, œil vert, diriges-tu tes regards chaussés de vair ?

Desnos, Robert, Corps et Bien

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Maison mobile

La mobilité s'accompagne de la légèreté. C'est pour cela que je suis toujours intéressé par les micro-maisons et d'autant plus lorsqu'elles sont mobiles.

Supertramp Exterior

View source

On devrait inventer des darwins du développement Web. Sur le site de l'architecte Vincent Callebaut, voici ce que l'on peut trouver dans le code source.

<SCRIPT LANGUAGE="JavaScript">
<!--
function noclick() {
   if (event.button==2) {
      alert("Alors, on pirate?");
   }
}
document.onmousedown=noclick
//-->
</SCRIPT>

Dans les autres stupidités, une musique de fond que l'on ne peut pas couper.

Design?

L'idée qu'une culture, un groupe de personnes se font d'un autre domaine sans percevoir sa propre richesse ou les artefacts réelles d'une pratique. Barbara Halves a enseigné au Mozambique et se retrouve face à une question et réponse intéressante sur le design.

It’s interesting to see that although people appreciate their very rich culture, they do not connect its traditions to contemporary knowledge and practices. For example, students in the graphic design course I taught at ENAV asked me to give them lessons in color, insisting they knew nothing about it. This really surprised me. My immediate answer was, “But you should teach me! You’re surrounded by color and use it in such powerful ways in every aspect of daily life. I admire you for it!” Their response was to laugh and say, “But Teacher! That’s not design! We need to use design colors.” From talking to my students and people in the cultural sector, I got the impression that design was this distant, quite artificial, field they had to adapt to. Their main concern is learning software. Still a lot has to be done in understanding the value of design thinking. Design is not thought of in terms of concepts, processes or ideas connected to daily life.

Une des solutions qu'elle utilise pour ouvrir leurs yeux est d'être moins dépendant des références académiques et d'utiliser ce qui se passe aujourd'hui. Cela tient à mon avis de ce que Deleuze dit à propos de la jurisprudence. Le code de loi n'est pas très intéressant. C'est la jurisprudence qui donne l'image de ce que la société vit.

One thing I did, and I know other teachers are doing, was introducing people to social networks to establish international connections. I encouraged them to use search engines to be less dependent on bad libraries and expensive books, and to create blogs and publish and discuss their ideas, life and work. Maybe this will shorten the distance people feel to other educational systems and cultures.

On voit cela également dans de nombreux milieux économiques vieillissant qui n'arrivent pas à s'adapter aux nouvelles pratiques, à une nouvelle culture.

July 18, 2010 10:22 AM under vide grenier

July 17, 2010

Karl Dubost

Utilisation des villes fantômes

signe dans la rue
Atami, Japon, 23 avril 2010

So, let us try a creative experiment: suppose that the worst has happened. Human extinction is a fait accompli.

Picture a world from which we all suddenly vanished. Tomorrow.

Look around you at today's world. Your house, your city, the surrounding land, the pavement underneath, and the soil hidden below that. Leave it all in place, but extract the human beings. Wipe us out, and see what's left. How would the rest of nature respond if it were suddenly relieved of the relentless pressures we heap on it and our fellow organisms? How soon would, or could, the climate return to where it was before we fired up all our engines?

How long would it take to recover lost ground and restore Eden to the way it must have gleamed and smelled the day before Adam, or Homo habilis, appeared? Could nature ever obliterate all our traces?

Weisman, Alan, The World Without Us, p.3, St. Martin's Press

Utilisation des villes fantômes

Dans un essai à propos de Detroit, Jerry Herron dit

But it’s not a city, not when the sun comes up and you can see the place. It was a city once, that’s clear, or at least Detroit seems to have been a city, given the physical evidence left behind in maybe the most moved-out-of metropolis ever settled and then evacuated by Americans — houses and factories, theaters and schools, streets and whole neighborhoods now walked away from on so spectacular a scale that you can’t fault other people when they register amazement.

Il donne un passage d'un article de Rebeca Solnit, Detroit arcadia: Exploring the post-American landscape, dans Harper's :

This continent has not seen a transformation like Detroit’s since the last days of the Maya. The city, once the fourth largest in the country, is now so depopulated that some stretches resemble the outlying farmland and others are altogether wild… Between the half-erased neighborhoods are ruined factories, boarded-up warehouses, rows of storefronts bearing the traces of failed enterprise, and occasional solid blocks of new town houses that look as though they had been dropped in by helicopter.

En 2004, dans un billet, je faisais référence à un article Dead Zone qui parlait de Tchernobyl, autre ville fantôme. Dans le cas de Tchernobyl tout comme Detroit, il s'agit de désertification brutale due à une catastrophe industrielle : accident nucléaire, extinction d'une industrie automobile. Dans Construire une ruine, j'écrivais 

Imaginez le jour où il faudra détruire toutes les tours de Dubaï. Elles ont toutes été construites en même temps. Dubaï deviendra-t-elle une ville fantôme ou la destruction sera-t-elle massive ?

Il est probable qu'elles ne seront pas détruites mais qu'elles se détruiront par elles-même. Une catastrophe économique quelconque, un nouvel Eldorado et la ville sera abandonnée. J'entrevois la possibilité que ces restes de villes abandonnées servent à des expérimentations grandeur nature : attaque militaires (test de bombe, camp d'entraînement en milieu urbain, etc.), modélisation urbaine, regénération écologique des zones abandonnées, expérience de revitalisation sociale, etc.

Pour l'instant, Detroit abandonnée est revitalisée par les marginaux, les artistes, toutes les personnes en marge de la société qui peuvent bénéficier d'un territoire à prendre, à investir et à créer. Une nouvelle conquête de l'ouest ?

July 17, 2010 01:36 PM under ville fantôme

July 16, 2010

Karl Dubost

Un événement, qu'est-ce que c'est ?

Ruban et baton
Montréal, Canada, 3 mai 2010

Et c'est ainsi que les arbres de la berge vivent dans deux dimensions. L'ombre de leur tronc augmente la profondeur de l'étang. On ne rêve pas près de l'eau sans formuler une dialectique du reflet et de la profondeur. Il semble que, du fond des eaux, on ne sait quelle matière vienne nourrir le reflet. Le limon est un tain de miroir qui travaille. Il unit une ténèbre de matière à toutes les ombres qui lui sont offertes. Le fond de la rivière a aussi, pour le peintre, de subtiles surprises.

Bachelard, Gaston, Le droit de rêver

J'ai commencé cette note pour un vide grenier pour me donner quelques pistes de compréhension des ontologies de temps et la dimension du lieu. L'article s'allonge cependant alors je le publie sous la forme d'un billet unique.

Pour décrire un événement quelconque, il faut quelques informations :

  • le sujet de l'événement : un concert, un rendez-vous, une photographie, etc.
  • un temps
  • un lieu

Le temps

Le temps semble être un concept simple, mais il recouvre différentes natures sociologiques et physiques : le temps passé, le temps présent, le temps futur, la durée.

Si je dis « rendez-vous à 15h » et que nous avons une compréhension commune du jour, nous savons que nous devons nous rencontrer à 15h00m00.000000000. Bien sûr, à cause de la nécessité sociale et selon les individus, nous avons une tolérance plus ou moins grande sur l'heure exacte : 14h57, 15h03, 15h20.

Plus l'échelle de temps augmente, plus notre tolérance s'ajuste. « On se voit le 16 mars » ou « on va prendre un verre dans une semaine. » Plus également notre compréhension le « quand exactement » de ce moment varie.

Ces événements sont des temps futurs dont nous définissons une date de début plus ou moins imprécise et dont nous ne connaissons pas la durée réelle exacte. La durée réelle de l'événement ne pourra être déterminée qu'une fois l'événement terminé.

Le temps présent est plus difficile à décrire. Il implique que nous nous situons dans l'éxécution de l'événement entre une date de début (connue ou pas) et une date de fin (connue ou pas). Maintenant, cette semaine, aujourd'hui, etc. accompagnée d'une phrase nous situant dans l'action. « En ce moment même, j'écris cet article qui était prévu comme un vide grenier rapide mais qui s'allonge. »

Le temps passé donne une affirmation plus ou moins précise sur un événement. L'année dernière, de 15h à 16h, à 15h24m33s. On ne réalise pas souvent que presque tous les événements ont des durées comme par exemple la prise de vue d'une photographie qui comprend souvent la date à laquelle elle a été prise mais également la durée de cette prise de vue (1/500s). Cela ne veut pas dire que dans le cadre de place l'image dans le temps, la durée est pertinente. Tout dépend de la durée de l'exposition.

Le temps peut aussi s'inscrire dans une séquence tel que « après ceci » ou « avant cela. »

Le lieu

Le lieu d'un événement a également de nombreuses dimensions. Bien souvent, nous associons un événement à un espace géographique. Mais de la même façon que le temps, ce lieu peut avoir plusieurs dimensions sociologiques et physiques.

Nous pouvons associer l'événement a un système de coordonnées géographiques précis tels que latitude et longitude. Cependant, dans certaines circonstances, ces coordonnées ne sont pas suffisantes. Parfois l'altitude (atteindre un sommet) ou la profondeur (puits de pétrole qui fuit) peuvent devenir un élément significatif d'un événement.

La détermination d'un lieu est également floue en fonction de la précision qu'on veuille bien lui accorder. « Je suis à Londres » permet de situer l'événement géographiquement et approximativement mais ne définit pas l'ensemble de l'espace que j'ai parcouru à Londres. Il y a donc une imprécision qui est utile.

Le lieu pour un événement donné peut s'inscrire dans une surface. Un match de sport se déroule dans l'aire du terrain de jeu.

Le lieu peut également se définir par une dénomination personnelle telle que « le champ de l'étable » qui n'est pas attachée à une dénomination officielle, c'est ce que j'appelle les taxonomies intimes, un ensemble de dénominations qui ne font du sens que pour un groupe social particulier, parfois un individu.

Tout comme la durée est un écoulement dans le temps, le déplacement est un écoulement dans l'espace. Et donc pendant un événement il est possible de définir une trajectoire. Nous pourrions considérer que la trajectoire est juste une succession d'événements géolocalisés de façon précise mais nous pourrions tout aussi bien la définir comme une liste de points attachés à une durée globale.

Finalement, le lieu peut-être un espace en mouvement. Un train ou un avion sont typiquement des lieux que je peux identifier mais qui ne sont pas fixes dans l'espace. Le vol de Londres à Montréal se déroule le 14 juillet dans l'avion d'Air Canada.

Alors cet événement ?

Pour décrire un événement, il faut donc faire le choix de ce que nous allons décrire avec quelle précision afin de réduire l'espace des possibles. Il y a différents outils pour réaliser ce genre de description dans le domaine du Web sémantique.

Je tenterai prochainement de donner des exemples concrets.

July 16, 2010 01:36 AM under WebSemantique

July 14, 2010

Nicolas Cynober

Data Publica: L’annuaire des APIs et des meta données

La diffusion et l’accès aux données brutes. Voila deux problématiques majeures pour le web des données que le projet Data Publica souhaite résoudre. Très différent du projet DataLift, qui améliore le potentiel de données existantes, et aussi très différent du projet de l’APIE, qui aide l’administration à mettre en ligne ses données, le projet Data Publica se positionne comme l’annuaire de toutes les données françaises. François Bancilhon nous parle de ce projet ambitieux:

NC: Salut François, est-ce que tu peux nous présenter Data Publica en quelques mots ainsi que ton rôle dans le projet ?

FB: Data Publica est un projet conduit en collaboration par 3 start ups : Araok, Nexedi et Talend. Il est partiellement financé dans le cadre de l’appel à projet « Web 2 Innovant » lancé par le Secrétariat d’Etat à l’Economie Numérique en 2009. Le projet se déroule sur 12 mois (janvier à décembre 2010) et doit déboucher sur une « place de marché » où se rencontrent ceux qui publient des données (organismes publics et privés) et ceux qui les utilisent (développeurs d’application).

Nous avons un comité de pilotage avec un représentant de Talend (Cedric Carbone, CTO), un représentant de Nexedi (Jean-Paul Smets, CEO), un représentant d’Araok (François Ziserman, CEO), un avocat spécialiste du domaine (Alan Walter) et moi qui tiens le rôle de chef de projet. Des équipes de développement venant des trois partenaires développent la plateforme et nous avons récemment recruté quelqu’un en charge de la collection de données.

NC: Comment l’idée vous est venu et quel est le rôle respectif des 3 sociétés fondatrices ?

FB: Deux sources pour l’idée originelle:

  1. L’intérêt général pour tout ce qui est « ouverture de données » (je ne suis pas très fana du latino-anglicisme « open data »).
  2. Le travail conduit avec l’INRIA sur un consortium, l’Initiative Services Mobiles, pour dynamiser l’écosystème du développement des applications pour smartphones. A la question « que faire pour aider les développeurs ? » une des réponses évidentes est « leur donner des données », d’où l’idée du projet.

Après ça, on a mis en place le consortium pour couvrir les différents aspects à traiter : Araok assure la conduite de projet et le conseil en ergonomie d’interface, Nexedi travaille sur la mise en place de l’annuaire des données publiques, Talend sur les outils pour données structurées.

Nous sommes en outre en discussion avec des équipes de l’INRIA qui voudraient rejoindre le projet et contribuer techniquement à certains des aspects (indexation, moteurs de recherche, etc.).

NC: Quels sont les grandes étapes à venir pour Data Publica, une vocation internationale ?

FB: Nous avons aujourd’hui une première version du système, suffisante pour y collecter des données et nous menons en parallèle le développement de la plateforme et son alimentation en données. En septembre, nous mettrons en ligne une version alpha de la plateforme. Cette version devrait contenir déjà un bon corpus de données. En décembre, nous ferons le lancement officiel de la beta.

Sur le sujet de l’internationalisation, nous commençons par la France, et restons très focalisés. La techno est bien sûr indépendante du corpus de données, mais la recherche des données ne l’est pas.

NC: A ton avis, quel sera votre ratio entre données publiques et données privées ?

FB: Trop tôt pour dire. Nous sommes focalisés aujourd’hui sur le public, donc initialement nous aurons plus de données publiques. Cela devrait évoluer par la suite.

NC: Que dirais-tu aux administrations publiques ou aux entreprises pour les inciter à mettre leurs données en ligne ?

FB: Nous allons leur montrer qu’en publiant ses données on a des retombées positives en terme d’image et d’écosystème, si on est proactif et qu’on met en place les mécanismes pour en bénéficier. Nous voulons aussi créer une certaine émulation entre les différentes organisations. Nous leur montrerons enfin que si elles ne publient pas d’elles mêmes, leurs données se retrouvent quand même utilisées sans qu’elles en profitent.

NC: Comment attirer des dévelopeurs de mashup ? A quelles incitations avez-vous pensé ?

FB: Nous comptons d’abord sur la complétude de notre jeu de données, ensuite sur les outils que nous pourrons fournir.

NC: Comment est-ce que le projet se positionne par rapport aux solutions existantes comme Infochimps ?

FB: La différenciation est sur la technologie (qualité des outils comme les moteurs de recherche) et sur le domaine couvert (nous sommes focalisés sur les données du marché français).

NC: Merci François, bonne continuation, on attend septembre pour le lancement !

J’ai donc revu le pearltree ci-dessus pour différencier les “data publishers” (ceux qui publient) et des “data directories” (ceux qui référencent). Autre pearltree que vous pouvez aussi (re)récouvrir: “cities”, avec une très bonne présentation de la ville de Rennes sur l’ouverture des données.

by Nicolas at July 14, 2010 08:40 PM under Uncategorized

Christian Fauré

L’arrière saison

Le titre et la couverture de ce roman n’avaient pourtant rien qui puisse m’attirer. Tout laissait transparaître un romanesque autrichien « fleur bleue » que je ne goûte guère. On m’avait même dit, en me conseillant l’ouvrage, « qu’il ne s’y passait rien » mais, pourtant, que sa lecture était envoûtante et prenante.

Comme la personne qui me le conseilla était toutefois digne de confiance, j’achetai le livre il y a maintenant plus d’un an. Depuis, il était resté dans mon bureau et, chaque fois que mon regard croisait la couverture, je le prenais en main en le retournant pour lire une fois de plus la quatrième de couverture qui précisait qu’il s’agissait là d’un chef d’oeuvre inégalé aux yeux de Nietzsche. Aux réticences que j’éprouve vis-à-vis de la littérature romanesque s’ajoutaient l’épaisseur de l’ouvrage avec ses 650 pages.

A quoi tient qu’un jour, à un moment donné, parfois tout simplement parce que rien ne nous y oblige, et peut-être parce que le livre avait déjà purgé sa longue quarantaine, je le pris pour, cette fois, lire les premières pages. Le charme opéra immédiatement : le style, la richesse des conjugaisons et du vocabulaire, tout ce qui peut par ailleurs être perçu comme désuet ou précieux me fit immédiatement l’effet d’une bouffée d’oxygène.

Je commençai dès lors à respirer et à caler mon souffle sur une prose et une narration qui, pourtant, me rappelait à chaque instant, comme par contraste, ma propre médiocrité. Mais ce ne fut pas pour autant le sentiment de culpabilité qui prédomina, bien au contraire.

J’étais comme sur un nuage. Et, durant toute l’oeuvre, je n’ai cessé d’avancer avec la crainte de devoir en redescendre. Avec la peur que tout l’édifice de cristal n’éclate sous la pression de la réalité. Mais dans cette oeuvre, si l’orage gronde et menace, ce n’est que pour rapprocher les âmes qui veulent s’abriter en profitant de l’hospitalité. Car, au petit matin, on s’apercevra qu’aucune goutte n’est tombée.

L’oeuvre elle-même s’inscrit dans la lignée des « romans d’éducation » dont Goethe était pour moi la seule référence mais, contrairement à la lecture des oeuvres de ce dernier, l’Arrière saison m’a fait entrevoir à quel point les techniques-de-soi sont nécessairement entrelacées avec les techniques-du-nous dont la courtoisie, la politesse, l’hospitalité et l’éloquence sont certainement les toutes premières figures, comme les fondations, de l’éducation.

Comme à chaque fois qu’une oeuvre nous bouleverse, elle nous apparaît comme incommensurable. En parler devient presque douloureux tant les sentiments qu’elle a suscité en nous sont inscrits dans l’écrin d’une intimité que la pudeur nous interdit de formuler. Peut-être devrais-je me contenter à mon tour de recommander l’oeuvre en précisant qu’il ne s’y passe rien, c’est à dire rien de dicible tant l’idéal esthétique et moral qui s’y exprime a de quoi couper le souffle. Aussi faut-il rendre hommage au travail effectué par la traductrice, Martine Keyser, qui nous permet de goûter cette œuvre majeure de la littérature de langue allemande.

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by Christian at July 14, 2010 01:45 PM under Défaut

July 13, 2010

Christian Fauré

Palette de noyers

Il y a beaucoup de noyers en Dordogne et, vus du ciel, avec leur rondeur bien caractéristique, ils font penser aux palettes de style des logiciels de dessins et de retouche d’images.

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by Christian at July 13, 2010 01:06 PM under Défaut

July 09, 2010

Karl Dubost

La vie des objets

Objets sur une étagère
Yoyogi, Tokyo, Japon, 2 avril 2006

Plus simple est leur objet, plus grandes sont les rêveries.

Bachelard, Gaston, La flamme d'une chandelle, p.57, Quadrige/PUF n°52

Le conteneur de la BBC

Pendant un peu plus d'une année, la BBC a suivi la vie d'un conteneur autour du monde, de ceux que l'on trouve empilés dans les ports, sur les trains ou sur les bateaux traversant le monde. Les conteneurs me fascinent depuis très longtemps. Suivre le conteneur a permis de comprendre les dérapages économiques du monde, de comprendre le mouvement international des marchandises, d'y définir une humanité propre de cet objet.

boite en plastique bleue et bouteilles
Yoyogi, Tokyo, Japon, 2 avril 2006

Un sac à dos au Sénégal

Nous avons tous chez nous des objets que nous apprécions avec lesquels nous avons vécu des moments exceptionnels, des moments intimes. J'ai un sac à dos par exemple, que j'ai depuis l'âge de 16 ans et qui m'a suivi dans beaucoup d'endroits dans le monde. Ce sac a 25 ans. Si je cherche dans les interstices de ces coutures, je peux toujours y trouver du sable de la tempête de sable du Fouta que j'avais traversée en prenant le minibus de Saint-Louis à Matam, puis Amadi-Ounaré.

La société itizen vous permet d'associer les histoires à vos objets. Ils proposent d'attacher un tag à nos objets avec un code QR. Mais tagger un objet demande un effort que la mémoire n'a pas besoin. Il faut trouver un autre système. Stickybits propose quelque chose de très similaire à Itizen.

Embrasser l'ambiguité

Il y a souvent une tendance lorsque l'on identifie le monde autour de nous à mal gérer l'ambiguité. Nos systèmes de classification ont été construit sur la généralisation des objets imparfaits et tous uniques. Nous avons créé des bulles aux frontières floues et nous y avons attaché une catégorie. Chaque être vivant est unique, chaque objet aussi, cela ne nous empêche pas d'utiliser une catégorie floue pour les désigner. Nous avons la possibilité d'identifier chaque chose uniquement maintenant, mais il ne faudrait pas oublier cette ambiguité. Elle est pratique et utile. C'est ce qu'a su faire Yahoo! avec WOEID.

hommes écrivant papier
Shinjuku, Tokyo, Japon, 8 avril 2006

Identification = Traçabilité

Une fois identifiés, les objets sont traçables. Les livres dans une bibliothèque et leur prêt, les humains dans les administrations, nous pouvons analyser, comprendre, observer les tendances. MADE BY permet de suivre les vêtements. Ils donnent de l'information où le vêtement a été fait et par qui. Ils ajoutent une information pour choisir ce que nous voulons acheter, de nous « connecter » un peu plus avec l'histoire de ce vêtement et donc de se l'approprier. Ce n'est plus seulement un vêtement, c'est une histoire qui l'habite.

De même, A Box Life permet de mettre un collant sur les boîtes de carton et permet donc de savoir ce que cette boîte a vécu comme parcours dans le monde. Une fois cette boîte identifiée, elle possède un « nom » qui encourage à la réutilisation. C'est ce que je proposais dans le projet le nom d'un arbre.

Il y a d'autres projets de ce type qui reprend des identifiants uniques déjà existants tels que les billets anglais ou les billets en euros. Les projets de traçabilité des billets sont assez nombreux.

Un objet identifié et donc traçable construit une histoire dans le temps et l'espace.

stickers
Shinjuku, Tokyo, Japon, 8 avril 2006

Identifier pour partager

Les sceptiques de l'identification des objets posent souvent une question très simple : « Oui, mais quel est l'intérêt ? » Et en effet, on doit se demander quel est l'intérêt d'identifier les objets. J'ai donné quelques pistes.

  • L'identification pour permettre la traçabilité
  • L'identification pour construire l'histoire
  • L'identification pour mieux gérer
  • L'identification pour pouvoir s'approprier l'objet

Mais tout cela ne prend vraiment son sens dans un contexte précis : le partage. La traçabilité devient beaucoup plus intéressante si nous partageons les objets, si nous les laissons vivre entre nous. Nous pouvons même aller un peu plus loin l'identification favorise le partage. Dans un vide grenier, je mentionnais ces livres inutilisés sur mes étagères. Si ceux-ci avait un code unique invitant les gens à écrire leur histoire, je serais surement plus à même de les laisser partir. Imaginez une page Web pour chacun de vos livres et de temps en temps avoir une notification donnant des informations : votre livre a été lu par une femme entre Oslo et Tokyo, elle a également laissé un commentaire sur sa lecture avant de donner le livre à un homme sénégalais en direction du Mali.

Bien sûr vos livres auront sûrement une vie bien moins aventureuse que cela, mais donner cette possibilité ouvre un champ large d'imagination, de découverte et de construction d'une intimité objective.

Statue lisant en marchant
Yoyogi, Tokyo, Japon, 2 avril 2006

July 09, 2010 02:04 AM under objet

Karl Dubost

Vide Grenier : Découvrir la ville, Firefox 4b1, Vie privée et publicité, OpenData

Plante
Montréal, Canada, 27 juin 2010

Le monde veut être vu : avant qu'il y eût des yeux pour voir, l'œil de l'eau, le grand œil des eaux tranquilles regardait les fleurs s'épanouir. Et c'est dans ce reflet — qui dira le contraire! — que le monde a pris la première conscience de sa beauté. De même, depuis que Claude Monet a regardé les nymphéas, les nymphéas de l'Ile-de-France sont plus beaux, plus grands. Ils flottent sur nos rivières avec plus de feuilles, plus tranquillement, sages comme des images de Lotus-enfants.

Bachelard, Gaston, Le droit de rêver

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Découvrir la ville

La BBC publie un article à propos des éléments d'architecture de Londres et invite à sortir des sentiers battus. Voici les 4 recommandations pour une meilleure découverte :

  • Make a point of taking the back streets and explore the alleys and passageways
  • Take care, but don't be timid - ask people about the buildings they work in
  • If you have a small camera, always carry it with you
  • Keep looking up, down and around

Firefox 4 b1

Pas encore la solution pour mes tabs trop nombreux. Pendant 30 minutes d'utilisations avec 97 tabs ouverts top -c a -o cpu :

  • firefox 3.6.6 - 47.1% CPU
  • firefox 4b1 - 42.4% CPU

Vie privée et Publicité

Selon une étude récente, les personnes sont plus dérangées par les publicités que par les enjeux de vie privée sur le Web. C'est assez ironique. En effet, l'étude accentue certains éléments et ne permet pas de déterminer exactement les enjeux.

Révéler des informations personnelles à un réseau social signifie révéler des informations personnelles à une entité commerciale. Vous connaissez beaucoup d'endroits (café, clubs, restaurants, etc.) où vous révélez l'ensemble de vos informations personnelles et où le propriétaire les enregistre dans un carnet ?

OpenData

La ville de Rennes ouvre ses données et créé une présentation claire et intelligente. La diapo 25 me tient à cœur car elle met l'emphase sur le fait de travailler avec les données plutôt que de travailler pour les données. Il est parfois difficile de convaincre les individus de travailler avec le Web plutôt que d'utiliser le Web.

July 09, 2010 12:40 AM under vide grenier

July 08, 2010

Gautier Poupeau

Une nouvelle aventure sous le signe du Web sémantique

Comme je l'ai annoncé sur Twitter, j'ai quitté Atos Origin fin juin. Après deux années marquées par la réalisation de beaux projets au sein de cette société et trois ans en SSII qui m'ont permis d'apprendre un métier et les processus qui lui sont attachés, le moment m'a paru opportun pour changer de perspectives et éviter la prochaine réorganisation... Il est donc temps de lever le voile vers ma nouvelle destination : je rejoins la société Antidot, éditeur du moteur de recherche AFS depuis 10 ans. Vous allez me dire « Un moteur ! Quelle drôle d'idée ? ».

Pas tant que cela, en fait, quand on connaît le positionnement de ce moteur et son évolution depuis quelques années, cette nouvelle collaboration est même une suite logique. Nos routes se sont croisées à plusieurs reprises, nous partageons une vision commune du traitement, de l'accès et de la recherche d'information dans laquelle se conjuguent respect des standards, Web et souci constant de la qualité des données. Mais, c'est évidemment autour de l'utilisation des technologies du Web sémantique que nos routes se sont rejointes, Antidot a fait ce pari depuis plusieurs années, à commencer par SKOS qu'ils ont été les premiers à implémenter en tant que format pour l'utilisation des référentiels au sein du moteur jusqu'à devenir aujourd'hui un des enjeux principaux de la société et se concrétiser par la réalisation de plusieurs projets.

C'est donc en tant que consultant spécialisé dans les technologies du Web sémantique que j'intègre la société. A cette occasion, nous ouvrirons une agence à Paris, la société étant jusqu'à maintenant installée à Lyon, Lambesc et la cellule R&D en région parisienne. C'est une décision importante dans l'optique du développement de la société. Mon rôle sera d'aider à poursuivre l'intégration des technologies du Web sémantique au sein d'AFS et d'accompagner les clients d'Antidot dans leurs utilisations et leurs déploiements, mais cela ne s'arrêtera pas là. En effet, Antidot souhaite participer au développement du Web de données et des technologies du Web sémantique en France et, à ce titre, j'étendrai mon activité d'évangélisation menée sur ce blog à mon environnement professionnel avec plus de temps et plus de perspectives. Dans le même ordre d'idée, il me sera possible de mener des missions de conseil et d'assistance qui ne font pas intervenir le produit. Joli programme en vue !

Cette nouvelle aventure n'aura pas été possible sans Christian Fauré (oui, je sais, c'est toujours lui que je remercie mais que voulez-vous, comme il le dit lui-même, certains managers laissent plus de traces que d'autres) qui m'a fait découvrir et rencontrer Antidot. Je ne sais pas si j'ai compris pourquoi il disait que je pouvais apporter quelque chose aux éditeurs de moteur de recherche, mais j'ai une occasion en or de trouver les réponses. Il me faut aussi remercier Fabrice Lacroix, PDG d'Antidot, pour la confiance dont il m'honore et le défi qu'il me propose et, bien-sûr, Manue pour sa patience au cours de ces derniers mois qui n'ont pas été simples.

Dernière chose : la ligne éditoriale de ce blog ne bougera pas d'un iota : veille et réflexion. Je n'ai jamais parlé d'une société plus qu'une autre, de même pour un produit et ça ne va pas commencer aujourd'hui. Antidot possède déjà un blog et j'aurai certainement l'occasion d'y mettre mon grain de sel, tout en continuant à faire vivre cet espace personnel.

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by got at July 08, 2010 04:44 AM under WebSemantique

July 07, 2010

Nicolas Cynober

DataLift: Un catalyseur pour le web de données

Malgré mon optimisme naturel, la polémique monte sur la capacité de l’APIE à développer l’accès aux données gouvernementales en tant que service public. Robin Berjon a récemment mis en garde contre un modèle cherchant à en monétiser l’accès. Cela rajouterait en effet une barrière considérable à l’innovation nécessaire dans l’exploitation de ces données. Dans ce contexte, il est intéressant de noter le développement de projets parallèles sur le territoire français. Je pense au déjà connu Regards Citoyens, à Data Publica, dont je parlerais bientôt plus en détail, et également au tout jeune projet DataLift, dont François Scharffe a accepté de nous parler:

NC: Salut François, est-ce que tu peux nous présenter DataLift en quelques mots ainsi que ton rôle dans le projet ?

FS: Datalift est un projet visant à créer une plateforme permettant à des éditeurs de données de publier leurs données sur le web de données. Le projet est découpé en tâches correspondant à des problèmes à résoudre le long de la chaîne de publication. Il faut tout d’abord sélectionner les ontologies qui permettront de décrire les données brutes. Ensuite il faut convertir les données dans le format du web sémantique, RDF. Puis il faut publier ces données selon les principes du web de données, ce qui suppose en parallèle d’interconnecter ces données avec d’autres jeux de données existant.

La plateforme d’outils qui sera construite au sein du projet a un caractère expérimental. C’est-à-dire que d’une part il y a dans Datalift une composante de recherche: nous allons développer de nouvelles techniques permettant d’automatiser le processus de publication. D’autre part nous allons expérimenter ces techniques pour effectivement publier des jeux de données. Le projet vient d’être retenu par l’ANR au sein de l’appel CONTINT et commencera en octobre. Je suis le coordinateur scientifique du projet.

NC: Que signifie “interconnecter les données”, à quoi cela sert-il ?

FS: Lorsque l’on publie un jeu de données, un principe du web de données est qu’il faut interconnecter ce jeu de données à d’autres jeux existant. Cela revient à identifier les ressources déjà publiées sur le web de données qui correspondent à des ressources dans le jeu de données à publier. Par exemple si l’IGN publie un jeu de données sur les localités en France, il sera utile d’indiquer les équivalences entre ces localités et les ressources leur correspondant dans DBPedia. Interconnecter les jeux de données est une étape cruciale. C’est une tâche ardue, mais sans laquelle il n’y aurait pas de web de données. Ce serait un peu comme avoir le web sans liens entre les pages.

NC: Peux tu nous parler un peu plus de vos fournisseurs de données, qu’attends tu de l’APIE ?

FS: Nous commençons le projet avec deux importants partenaires fournisseurs de données: l’IGN et l’INSEE. Ce seront donc les premiers à bénéficier des services de la plateforme. A coté de cela nous avons contacté un certain nombre d’institutions, associations et entreprises qui souhaitent rejoindre le projet et expérimenter la plateforme Datalift. Parmi eux je peux citer l’association Regards citoyens, le projet Data Publica, la DILA, la fédération des parcs régionaux de France. La plateforme est ouverte et j’invite les lecteurs à me contacter s’ils sont intéressés à nous rejoindre.

Nous sommes aussi en contact avec l’APIE qui souhaite développer un portail de données gouvernementales. L’APIE effectue un travail de sensibilisation auprès des ministères pour obtenir l’ouverture de leurs données. Les données que l’APIE pourra rassembler pourront être enrichies par la plateforme Datalift. La discussion reste aujourd’hui ouverte sur la manière dont l’APIE construira son portail.

NC: Comment va se passer l’interconnexion de données ayant des licences très hétérogènes ?

FS: C’est une très bonne question. Au sein de Datalift, l’équipe Edelweiss de l’INRIA va étendre les langages de représentation et les mécanismes d’interrogation des données afin de prendre en compte les licences et les informations de provenance attachées aux données. Des techniques vont donc être développées afin que rien n’empêche un fournisseur de données ayant un modèle de revenus basé sur une consultation payante de publier ses données, mais aussi d’attacher des information de qualité et de confiance aux données publiées afin que les consommateurs de données s’y retrouvent.

NC: DataLift est un projet de recherche, des points communs avec le projet du Tetherless World ?

FS: Oui plusieurs. Tout d’abord nous sommes issus de la même communauté de recherche autour du web sémantique et croisons régulièrement Jim Hendler lors de la conférence internationale ISWC. Cela dit, les américains ont la chance de pouvoir s’appuyer sur un catalogue de données gouvernementales déjà constitué. Nous devons directement contacter les institutions en attendant l’émergence d’un éventuel données.gouv.fr. Je pense que nous allons aussi plus loin en proposant une plateforme permettant à chaque fournisseur de données de publier ses données sur un serveur interne de façon décentralisée. Nous allons travailler afin que la plateforme devienne une référence mondiale en matière d’outils de publication de données.

NC: A ton avis, quand pourrons-nous voir les premiers mashup basés sur les données de DataLift ?

FS: Les premiers jeux de données publiés sont prévus à six mois et la première version de la plateforme est prévue à un an du début du projet. A coté du développement technique sur la plateforme, sous sommes content d’avoir à bord la FING avec laquelle nous allons constituer une communauté de développeurs autour des données de la plateforme. Plusieurs évènements sont prévus mais je préfère garder le suspense de ce coté-là. A coté de cela, la société Atos Origin va travailler à une interface de programmation web de données pour smartphones. Tout cela devrait permettre l’émergence d’applications innovantes autour de la plateforme. Nous encourageons les propositions de projets et communiquerons bientôt sur le sujet.

NC: Le projet a été financé pour 3 ans par l’Agence Nationale de la Recherche, peux-tu nous parler un peu de vos ressources et de ton équipe  ?

FS: Le projet est actuellement constitué de sept partenaires: les équipes EXMO et Edelweiss de l’INRIA, Eurecom, la société Mondeca, Atos Origin Integration, l’IGN, L’INSEE, et la FING. Un huitième partenaire, l’équipe Tatoo du LIRMM va nous rejoindre sous peu. La plateforme est ouverte et nous accueillerons de nouveaux partenaires notamment fournisseurs de données. Le projet est assez gros pour un projet ANR et son budget total dépasse les trois millions d’Euros. C’est beaucoup d’argent et nous remercions l’ANR de nous faire confiance et de porter un projet sur ce thème. Nous devons maintenant montrer que cet argent sera utilisé à bon escient. Les subventions accordées vont notamment nous permettre de recruter des étudiants, chercheurs et ingénieurs. Avis aux amateurs, des positions sont ouvertes chez les divers partenaires.

L’équipe EXMO est située à l’INRIA Grenoble Rhône-Alpes, elle est dirigée par Jérôme Euzenat. Nous travaillons sur le web sémantique et en particulier sur l’alignement d’ontologies. Quand à moi je vais m’en aller vers Montpellier à partir de la rentrée comme maître de conférence au LIRMM. Je resterai tout de même rattaché à EXMO, on ne quitte pas une si bonne équipe comme ça !

NC: Merci François, bonne continuation à toi et ton équipe !

Et bien, la publication de données “made in france” commence à ressembler à quelque chose…

by Nicolas at July 07, 2010 09:04 AM under WebSemantique

July 05, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier : Visibilité URL, Data et affaires, Opacité du pouvoir, URL et string, Nos livres

Plante
Montréal, Canada, 27 juin 2010

Any aesthetic quality is usually enhanced by the presence of a counterpoint.

Frederick, Matthew, 101 Things I learned in Architecture School

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Visibilité URL

On confond souvent visibilité et lisibilité des identifiants. Nous sommes entourés de très nombreux identifiants qui n'ont pas tous le même niveau d'accès. Dans les discussions autour de la visibilité des URLs, il y a bien souvent confusion dans le débat. Je fais la différence entre

  • visibilité : la présence d'un identifiant visible. Exemple au dos de la couverture du livre de la mission iwakura, il y a deux identifiants : ISBN 978-0-521-73516-2 et 9 780521 735162 sous le code barre.
  • lisibilité : sur la couverture du livre, l'identifiant lisible est Japan Rising, the Iwakura Embassy to the USA and Europe et sur la tranche Kume Kunitake, ainsi qu'au dos Cambridge University Press.

Au Japon, les barres d'URL ne sont pas forcément visibles notamment dans l'univers mobile. Le moteur de recherche par défaut est souvent Yahoo! alors qu'en Europe et aux États-Unis, c'est souvent Google. Les publicités du Japon affichent souvent une boîte de recherche avec un mot ou un code clé. L'URL n'est pas important et ce n'est pas un problème. Il y a encore quelques années dans leur carnet d'adresses papier, les personnes avaient les numéros de téléphones des personnes. Maintenant dans les téléphones cellulaires, le carnet d'adresse donne le nom de la personne. Le numéro de téléphone est un détail technique pour les machines. L'URL est un détail technique pour naviguer sur le Web. Bien sûr, sa lisibilité sémantique va perdurer encore très longtemps car notre infrastructure sociale a été construite dans bien des cas autour des cette lisibilité.

Data et affaires

De nombreuses entreprises dont le cœur d'activités est la vente de services (cinéma, voyages, etc.), comme la SNCF, dépensent d'énormes budget marketing pour réaliser des sites Web inutiles. Souvent dirigé par le département Marketing, ces sites Web mettent en valeurs les promotions autour de voyages particuliers, construisent des opérations à propos de packages. Typiquement toute la démarche de communications sur le Web consiste à mettre beaucoup d'efforts sur la propriété de la marque. Il faut donc déjà être présent sur le site pour les voir et souvent ne répondent pas forcément à mon besoin direct.

J'aimerai que les sociétés de services pensent à partager leurs données plutôt que la présentation de ces données, car au final l'important pour ces marques, c'est qu'une personne achète le service. Laissez le soin aux autres d'exploiter vos données au travers d'API bien conçues : Les horaires de train, les descriptions des gares, la liste des tarifs, etc. Les interfaces sur le Web devraient être minimales pour permettre aux voyageurs de finaliser l'achat.

Je suis même sur qu'un service comme la SNCF aurait une bien meilleure interface si elle se concentrait beaucoup plus sur le partage des données que sur la promotion et l'esthétique de son site Web.

Opacité du pouvoir

LittleSis is an involuntary facebook of powerful Americans, collaboratively edited by people like you.

Un outil collaboratif pour révéler les relations entre les gens de pouvoir aux États-Unis.

  1. Le service peut être très utile afin de révéler les interactions qui ont des conséquences importantes sur l'infrastructure sociale d'une communauté.
  2. Le service peut être très néfaste à la vie de ces personnes (phénomène paparrazzi).
  3. Le service est inutile car les relations de gens de pouvoir sont trans-continentales et trans-nationales.

Il est toujours difficile de trouver le bon équilibre entre la divulgation du parcours d'une personne et les conséquences de cette divulgation. Nos vies sont composées de frontières floues non concentriques (opacité) fortement dépendantes du contexte social.

URL et strings

Une URL n'est pas une chaîne de caractère au sens HTTP du terme. Voici trois chaînes de caractères qui sont différentes :

http://example.org
http://example.org/
http://example.org:80/

Mais lorsqu'elles sont traitées comme des URLs sont complètement équivalentes pour un serveur Web example.org opérant sur le port 80. C'est important pour le design de vos applications Web d'utiliser les bons algorithmes de comparaison des URI.

Nos livres

Une initiative très intéressante de récupération de vieilles boites à journaux pour en faire un espace de partage de livres.

Je me demande dans quelle mesure cela peut devenir courant à Montréal. Également dans le métro de Montréal, d'avoir des espaces de partage de livres.

July 05, 2010 11:23 AM under vide grenier

July 04, 2010

Christian Fauré

Les relations de soin

La question du soin est au centre des discussions contemporaines, que ce soit sous l’aspect du «care» anglo-saxon ou de la pharmacologie de Stiegler . Elle déborde de son périmètre originaire, parental et médical, pour envahir la plupart des champs disciplinaires : politique, économique, philosophique, scientifique et technologique. Frédéric Worms, dans «Le moment du soin», revient fort à propos sur la question en proposant une analyse très stimulante, et importante, pour pouvoir aborder dans de bonnes conditions la question des technologies relationnelles et des réseaux sociaux.

Pourtant, tout le monde n’apporte pas le même crédit à la question du «soin». Ainsi Jacques Rancière est peut-être un cas emblématique de ceux qui refusent de prendre cette question du soin au sérieux : «Les procédures de la critique sociale ont en effet pour fin de soigner les incapables […] Et les médecins ont besoin de ces malades à soigner. Pour soigner les incapables, ils ont besoin de les reproduire indéfiniment», écrit-il sur un ton acerbe (Le spectateur émancipé p.54) en même temps qu’il dénigre les «docteurs médecins» qui se plaisent à faire des diagnostics sur le grand corps malade de la société contemporaine.

Chez Rancière, seul le soin médical est abordé, pour être balayé immédiatement. Ce qui lui permet au passage de filer l’analogie  avec les médecins décriés par Molière. Mais du soin parental, jamais il n’en est question. Chez lui, tout le monde est majeur et vacciné ; les malades, les naïfs et les innocents, les estropiés, les enfants et les nouveaux-nés, tout cela n’existe pas.
Mais quittons le relativisme de Rancière et revenons aux enjeux contemporains qui se dessinent autour du «soin». Celui-ci, à vrai dire, ne s’enracine pas dans la « relation parentale », comme on le fait généralement (Worms utilise également ce vocabulaire), mais plutôt dans la relation générationnelle. Quand Bernard Stiegler donne à «Prendre soin» le sous-titre «De la jeunesse et des générations», je crois qu’on ne pouvait pas trouver plus heureux choix. La relation générationnelle s’exprime dans toute attention et toute technique de soin que l’on exerce envers le nouveau né, et par extension, à toute figure de la vulnérabilité. Si la relation n’était que parentale, personne se s’émouvrait de l’abandon d’un nouveau né sur la voie publique.
Il faut bien comprendre, comme le souligne Frédéric Worms dans «Le moment du soin», que cette relation là, la relation de soin, est bien particulière. Il ne s’agit pas d’un rapport entre deux entités qui pré-existeraient, mais d’une relation dans laquelle, et depuis laquelle, les entités deviennent. Une relation où les individus ne pré-existent pas à la relation puisque, bien au contraire, elle les trans-porte et les génère. On retrouve là les caractéristique de la transduction et de l’individuation psychique et collective de Simondon.
Plus généralement, il s’agit là d’une rhétorique du «réalisme relationnel». Thèse en vertu de laquelle c’est la relation parentale qui produit des «parents» et des «enfants», et non l’inverse. De même que c’est la relation médicale qui produit des «docteurs» et des «patients».

«Un bébé, cela n’existe pas ; ce qui existe c’est l’unité primitive du bébé et des soins maternels» (Winnicott, De la pédiatrie à la psychanalyse, Payot, 1969, p.240 ), cité par Worms (ibid. p. 28).

Worms distingue le soin relationnel ou «thérapique», du soin «thérapeutique» en écrivant que le premier est «global et intégratif» alors que le second est «partiel et dissociatif, il consiste d’abord à isoler «le mal»». Ce qui lui permet de poursuivre :

«Si le soin relationnel était fondé sur un lien expressif entre les corps et les individus, il le sera ici sur un lien cognitif ou technique, sur une compétence. Soigne ici celui qui non seulement veut, mais qui peut et qui sait. La mère elle-même ou la figure d’attachement jouera, on l’a dit, ce rôle : elle «apprendra» à nourrir, langer, traiter telle ou telle affection, de manière correcte et comme on dit «avec soin».  (ibid. P.30)

Les technologies relationnelles relèvent dès lors, non pas du soin relationnel et thérapique, mais du soin thérapeutique. Au bout du tunnel, une question se posera inévitablement : quels soins thérapeutiques les services de réseaux sociaux (qui n’épuisent pas le champ des technologies relationnelles) peuvent-ils apporter ?
Cette mise en scène autour ce qui est successivement appelé le «soin parental», la «soin thérapique» ou le «soin relationnel» est très intéressante, mais elle ne serait pourtant rien sans son corollaire : la violation des relations. Ces relations étant constituantes des termes qu’elles lient, la violation d’une relation de soin, qu’elle soit «soin parental» ou «soin médical», peut figer, stopper et court-circuiter les liens qui œuvraient à l’individuation des deux termes de la relation. Ainsi la trahison, comme violation de la relation amicale, «brise une relation humaine de l’intérieur de cette relation même et de manière irrémédiable», révélant du même coup, et rétrospectivement, la force relationnelle qui s’y exprimait :

«Toute violation et toute trahison viennent interrompre une innocente, le cours paisible, temporel et individuel, d’une relation vivante entre les hommes» (ibid. P. 71).

De fait, il y a une forme d’ontologie négative dans l’exposition que fait Worms : la violation révèle l’ampleur des liens comme soins relationnels. Et le sentiment de violation commence toujours par une exclamation qui interroge le sentiment de justice : «Ah ! Pourquoi m’as tu fait çà ?» L’éthique, la morale et la politique naissent à ce moment là, c’est le sentiment de violation qui génère en retour les questions morales et politiques :

«Ce n’est pas de l’extérieur de lui-même que le sentiment de violation conduit celui qui le ressent au problème moral, ne serait-ce qu’à travers la question «pourquoi ?», dès qu’elle surgit, et elle surgit aussitôt, donc à travers la question de la justification.» (Ibid. P. 74)

Approche qui permet à l’auteur de définir la tragédie, celle de Sophocle ou celle de Shakespeare, depuis «la violation des liens de la «tendresse humaine», amour , amitiés, liens fraternels ou familiaux.» (Ibid. P. 75)

*

L’ouvrage de Frédéric Worms, qui articule un certain nombre de textes publiés ces dix dernières années, est vraiment une lecture nécessaire. Elle peut judicieusement servir de propédeutique à la question des technologies relationnelles. Par la force des choses, et si tant est que l’on accepte de constater la vulnérabilité de nos existences, depuis la figure du nouveau né jusqu’à celle des systèmes financiers et en passant par les systèmes éducatifs et économiques, ce travail, qui place donc notre vulnérabilité au coeur de la question et qui s’articule autour du soin relationnel et de ses violations, nous permet de nous demander, finalement, «A quoi tenons-nous ?», et quels sont les liens dont nous avons besoin, qu’il nous faut à la fois défendre, protéger et mais aussi cultiver et développer ?

Il faudra donc être capable faire des liens entre d’une part ces considérations conceptuelles et d’autre part les toutes dernières innovations technologiques pour mener a bien le travail d’une pharmacologie des réseaux sociaux et, plus généralement, des technologies relationnelles.

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by Christian at July 04, 2010 07:24 PM under Défaut

July 03, 2010

Karl Dubost

La mission Iwakura, les symboles du pouvoir aux États-Unis

Drapeaux
Washington, D.C., USA, 2 avril 2001

À travers mon carnet, je regarde les notes et je tente de rattraper mon retard sur la mission qui elle progresse vers l'est. Ils sont déjà en Angleterre et ici nous sommes toujours aux États-Unis.

Un ouvrage tel que celui de la mission Iwakura pourrait permettre de donner des vues différentes du parcours. Tous les moyens de transport utilisés et leurs photos et dessins respectifs, tous les hôtels par lesquels ils sont passés, toutes les industries qu'ils ont visitées.

Voir le chapitre précédent

Hôtel de Pittsburgh

Une fois arrivé à la station de train de Pittsburgh, les voyageurs sont allés manger à l'hôtel près de la station de train. Malheureusement je n'ai pas trouvé de photos de l'hôtel en question.

February 28, 1872. Fine.

[…]

The hotel by the station, where we had dinner, was magnificent; the dining-room on the top floor could seat several hundred people. All the floors of the building were of white stone and were so similar that even though we were at the very top of the building we felt as if we were at the ground level.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.52, Cambridge University Press, 2009.

1872 Pittsburg
Pittsburgh, 1872, W. Roberts

La conquête de l'ouest

Big Horn City
Big Horn City

Dans la même page le narrateur revient sur la conquête de l'ouest et la façon dont le prix des terrains était défini. Les zones isolées, loin de toutes voies de communications, étaient données gratuitement (bien sûr sans prendre en considération que certaines de ces terres étaient utilisées par d'autres sans notions essentielles de propriété respectée par les occidentaux).

In Sacramento, California, we had asked a representative of the state government about the procedures for the allocation and registration of land claims in the state. He told us that land located near a railroad or transportation centre is generally sold for $1.50 per acre. Land farther away from the railroad and less conveniently situated is $1.00 per acre. Remote land is given away for nothing to those who willing to settle and develop it.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.52, Cambridge University Press, 2009.

Mais le plus intéressant est cette partie…

All land is re-surveyed every ten years, and if there is no evidence of any improvement or production being undertaken, it is re-possessed by the Land Claim Bureau.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.53, Cambridge University Press, 2009.

Les terrains accordés, il y a plus de 10 ans sont inspectés et repassent dans le domaine gouvernemental s'ils n'ont pas été exploités. Imaginez un système du même type pour les brevets, les droits d'auteurs, etc. Si vous n'en faites rien, cela passe dans le domaine publique. Cela éviterait la thésaurisation des œuvres intellectuelles.

La loi a évolué bien sûr. D'une situation chaotique initiale, elle s'est stabilisée par ajustement en 1862. Les tous premiers lots étaient en vente à 1 dollar l'âcre mais pas moins de 640 âcres.

Freeman Application
Premier migrant sous la loi de distribution, Freeman

La construction d'un pays

Découvrant les infrastructures sociales, Kunitake s'intéresse à l'histoire qui a permis de construire le pays tout en s'approchant de son siège, Washington dans le district de Columbia. Il décrit la création d'un territoire dédié pour organiser le pouvoir et hors des États proprement dits.

The federal government is thus the locus of the Constitution and of the laws of the land. It governs the land and the people of all the states. There is no absolute need for the central government to possess land or people of its own. However, for the government to have to reside on a temprary basis in one of the states would be inappropriate. Having agreed upon a federal government, the states eventually added decided to allot land on which to locate their government. The district of Columbia was created after the government had been established, just as West Point was founded after the system of military academies had been set up.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.55, Cambridge University Press, 2009.

Pendant la bataille entre l'Angleterre et les États-Unis naissantes, le 25 août 1814 décide de se changer des incursions américaines à Toronto (autrefois Fort York) en 1813 et brûle l'ensemble de la ville, ainsi que tous les bâtiments officiels. La reconstruction commencée en 1815 sera terminée en 15 ans.

Washington Congress Small
George Munger, U.S. Capitol après le passage des Britanniques en 1814.

J'ai noté un petit détail amusant dans la description de Washington par Kunitake. Nous utilisons normalement tous nos référents culturels pour décrire notre environnement. Notre grille de lecture et de communications de nos impressions sont motivés par notre propre façon d'envisager le monde. De même ce que je note des réflexions de Kunitake révèle ma propre grille de lecture de cet ouvrage.

The capitol lies at the centre of the city streets, which are laid out around it like the lines on a go board.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.56, Cambridge University Press, 2009.

Washington Map Small
ville de Washington, Johnson et Ward, 1862

La Maison Blanche

La Maison Blanche était en accès libre semble-t-il. L'ironie est que la description de Kunitake semble totalement surréaliste à la lumière de l'attitude politique d'aujourd'hui. Un jeune pays (une jeune communauté) sans trop d'histoire et donc sans dangers évidents ne comprend que très rarement les processus et lois des institutions plus anciennes jusqu'à ce qu'elles deviennent elles-même anciennes. (Toute ressemblance avec des infrastructures du monde des normes Web est complètement fortuite)

March 4, 1872. Fine

[…]

The grounds of the White House are an extremely neat and beautiful area in the capital. The laws of the United States are very relaxed, especially so in Washington. Even foreign visitors are permitted easy access to the White House and allowed to go sightseeing freely, unhindered by guards. Americans smile rather scornfully about European palaces and other sites where soldiers guard the premises and forbid entry to the common people. They think this is a very antiquated, undemocratic custom.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.58, Cambridge University Press, 2009.

Liberté, oui mais pas trop…

Kunitake évoque les débats très animés du parlement et parfois avec des mots amers et il compare avec l'Europe. Encore une fois, la situation du Japon revient au galop. Une république semble difficile à avaler pour un représentant de l'empereur (descendant direct des dieux).

March 6, 1872. Fine

[…]

The citizens of European monarchies, hearing of such wars of words among the American people in peacetime, tend to smile, thankful that they not live in a republic. Of course, no man-made constitution will be perfect, and if power is given to the people, the power of the government will be reduced. The more one promotes liberty, the laxer the laws will become.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.60, Cambridge University Press, 2009.

Empereur du Japon, President des états Unis
Empereur (1867–1912) Mutsuhito (Meiji), Président (1869–1877) Ulysses S. Grant

July 03, 2010 10:52 PM under mission iwakura

Karl Dubost

Vide Grenier : Nord du nord, Granularité d'une technologie, Version numérique

Chantier immobilier
Tokyo, Japon, 12 août 2007

J'existe, c'est moi qui l'entretiens. Moi. Le corps, ça vit tout seul, une fois que ça a commencé. Mais la pensée, c'est moi qui la continue, qui la déroule. J'existe. Je pense que j'existe.

Sartre, Jean-Paul, La Nausée

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Nord du nord

Maciej est en vacances (?) en Norvège dans un endroit totalement isolé. L'image du début du billet est envoutante. Se réveiller le matin avec une vue est un élément de bien être pour la santé mentale.

Granularité d'une technologie

Daniel Glazman a donné un statut à propos de CSS 2.1. Dans les commentaires, il mentionne que le groupe de travail pense à publier des parties de CSS 3 plus rapidement en étant plus proche des éléments individuels de la spécification. Nous pourrions imaginer le même exercice pour HTML5, il existe déjà certaines parties de la spécification qui sont disponibles dans tous les navigateurs et qui fonctionnent exactement de la même façon. Quels sont les enjeux en termes de fragmentation ? Entre granularité (flexibilité) et fragmentation (enjeux), il est difficile de trouver le bon équilibre.

Version numérique

François Bon dans un message simple à propos de son édition papier du Littré.

oh, mon vieux Littré 8 tomes édition Pauvert - mais je peux quoi en faire ? pas ouvert depuis au moins 1998 qu'ai version num…

C'est une de mes frustrations. J'ai autour de moi quelques centaines de livres, certains documents de référence que je trouve très beaux mais que je n'utilise que très rarement. Je me sens plus l'avare de Molière reposant sur sa cassette que d'avoir quelque chose de vraiment utile autour de moi. Si tous ces textes et photographies étaient au format numérique, je pourrais

  • déménager facilement
  • mettre plus souvent en valeur leur contenu en les partageant
  • me cultiver plus spontanément (combien de toutes ces pages n'ont jamais été lues)

Je suis toujours un peu triste ou en colère lorsque les versions récentes d'ouvrage ne sont pas disponibles au format numérique et encore un peu plus lorsque les versions épuisées des livres ne sont pas mises à disposition au format numérique.

July 03, 2010 12:54 PM under vide grenier

Karl Dubost

La mission Iwakura, la technologie de l'est

Train
Montréal, Canada, 26 juin 2010

Cela fait bien longtemps que j'ai mentionné la mission Iwakura. Je suis occupé avec d'autres choses. Le travail, l'organisation de mon voyage à Londres pour l'atelier du W3C sur les APIs et vie privée où je parlerai d'opacité et surtout des pistes à explorer pour améliorer la situation techniquement et surtout surtout surtout, elle est revenue du Japon.

Voir le chapitre précédent

La force de travail d'une nouvelle communauté

Dans leur grande traversée en train d'ouest en est, la mission découvre de nombreuses choses.

February 25, 1872. Fine.

[…]

When we look at our own country of Japan, its 'great treasure' of population is about the same in number as America's, but our country is one hundred times older. Its size is less than three-hundredths that of America, but there are profits lying fallow in its fields and unexploited treasures in its mountains. Why is it then that the Japanese of both the upper and the lower classes remain poor and miserable?

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.46, Cambridge University Press, 2009.

Kunitake se pose la question pourquoi les ressources de son pays sont inexploitées alors que les tailles de la population sont équivalentes. Pourquoi les gens sont-ils pauvres au Japon, même dans les classes nobles ? Il en donne cette explication :

It is because uneducated people are hard to employ, untrained people are useless and enterprise without organisation is ineffective. Even though manpower is abundant in Japan, if we want to show how productive our population can be, it is not enough to sit back and indulge in wishful thinking.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.46, Cambridge University Press, 2009.

famille et chariot
1886, Loup Valley, Nebraska, archives photographiques de l'ouest américain

Il place le manque de réussite du Japon sur le manque d'éducation et de formation des japonais. Ceci est peut-être vrai mais je ne crois pas que ce soit le seul facteur de la réussite des États-Unis. De nombreuses personnes qui sont venues s'installer du continent européen avaient peu d'éducation également. Les différences sont plus nombreuses que cela :

  • Un territoire sans propriété initiale
  • Un vaste territoire en général plat (Le Japon est principalement une montagne)
  • Une situation de non retour. Tous les migrants avaient un billet de voyage aller-simple.
  • Des initiatives largement financées par l'Europe.
  • Un modèle de société à inventer et non contraints par l'histoire, avec même le désir d'échapper à l'histoire européenne.

C'est le principe de toutes les nouvelles communautés.

American Progress
Le progrès américain, John Gast, 1872

Le maïs

Indian Corn
lamelles d'Abraham Flatters (1848-1929)

Kunitake parle de l'origine du maïs dans la culture des indiens avant qu'elle se répande à travers le monde.

The rich, moist loam of the Mississippi and Missouri basin is very suitable for growing Indian corn, the common grain grown in the most fertile regions of these states. Corn is said to have first been the staple crop of the native Indians of this area, hence the name 'Indian corn', and the practice then spread around the world.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.47, Cambridge University Press, 2009.

Je me demande souvent, ce qui est le déclencheur de l'adoption d'une tradition, une habitude culinaire, un produit d'une autre culture. Pourquoi nous abandonons certains produits et embrassons d'autres pleinement.

Indian Corn Garden
Brief and True Report of the New Found Land of Virginia, 1585

Le progrès à l'est

Pendant la traversée du Mississippi, Kunitake note de plus en plus les avancées technologiques. Ils parlent de pont construit en métal, de navigation fluviale, ainsi que des champs de riz et de leur système d'irrigation qui diffère de celui au Japon. Très nombreux de ces commentaires sont axés sur la technologie. Ils arrivent à Chicago et sont enfin rassurés par le bouillonnement urbain après avoir vécus quelques semaines à travers les plaines plus sauvages de l'ouest américain.

Chicago

ruines
Le magasin Marshall Field construit en 1868 et détruit en 1871

À Chicago, Kunitake est emmené dans le quartier du grand incendie de Chicago. La catastrophe a détruit 20000 maisons avec des pertes de 500 millions de dollars.

February 27, 1872. Fine.

[…]

On the night of October 9th last year, a fire started which quickly roared into a huge conflagration. Over twenty thousand buildings in the most flourishing sections were reduced to ashes. The fire continued to burn for more than two whole days, and the loss of property was estimated at $500,000,000.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.49, Cambridge University Press, 2009.

La catastrophe a motivé la création un système de pompe sous pression pour lutter contre les futurs incendies. Nos catastrophes nous font créer des systèmes technologiques et des infrastructures sociales permettant de gérer la peur des catastrophes futures (qu'elles soient probables ou pas).

On the shore of the lake, a fire-extinguisher recently invented in the city was on display. We were given a demonstration of this device, called the Babcock Extinguisher. Chemicals are mixed with water in two copper drums which contain 150 gallons. Each container is attached to a rubber hose twenty or thirty feet long, with a heavy brass nozzle fitted at the end. The firemen grasp these hoses to direct the jets of water.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.50, Cambridge University Press, 2009.

pompiers
Le grand incendie, 1871

July 03, 2010 04:20 AM under mission iwakura

July 01, 2010

Nicolas Cynober

APIE: mais où en est le data.gov français ?

Petit rappel. L’APIE est l’agence du patrimoine immatériel de l’Etat. Ils développent actuellement un portail d’accès aux données publics. Des données que nous, contribuables, finançons avec nos impôts et qui devraient être accessibles en temps que service public - en tout cas c’est ce que font les anglais et je partage l’approche.

Mais où en est le “donnee.gouv.fr” ? C’est la question que l’on peut se poser suite à la conférence organisée la semaine dernière par l’APIE. N’ayant pas été de la partie, je me suis fait un petit pearltree avec les meilleurs tweets de la matiné …

A en juger les réactions, tout ça ne se présente pas bien du tout. Est-ce que vous auriez un compte rendu positif sur cette conférence ? Car si l’on s’en tient aux réactions twitters ou ne voit émerger ni vision, ni pragmatisme. Cela serait vraiment dommage, car en France, comme à l’étranger, l’ouverture des données publics est pleine de promesses…

by Nicolas at July 01, 2010 09:51 PM under Uncategorized

June 30, 2010

Christian Fauré

Quelle filière industrielle pour la numérisation du patrimoine ?

Le contexte de la consultation sur le Grand Emprunt

La cacophonie et la mécompéhension autour du grand emprunt, et plus précisément sur le volet numérisation, font qu’on est actuellement dans une situation de crise, au sens propre du terme : quelque chose va se décider.

Au départ, c’étaient 150 millions qui devaient être alloués aux institutions pour qu’elles puisse poursuivre et accélérer les projets de numérisation ; au final ce ne sont plus que des montants de prêts (donc remboursable avec intérêts) pour favoriser la mise en place d’une filière industrielle du numérique, basée sur des partenariats publics/privés.

On sait que l’actualité de la crise économique de ces derniers mois a certainement beaucoup favorisé la formulation très libérale de la consultation publique (le développement du « machin numérique ») lancée par le secrétariat de la prospective et du développement de l’économie numérique. De plus, dans le cadre d’une période d’austérité et de restrictions budgétaires importantes dans les dépenses de l’état, le grand emprunt devient un dossier beaucoup particulièrement épineux pour le gouvernement : difficile de dire « on fait les valises et on rentre » après avoir fait de la relance par l’innovation un axe important de la stratégie française.

Deux tentations s’opposent donc entre celle du ministère de la culture et celle du ministère des finances : le premier veut continuer à croire à la nécessité d’une politique culturelle tandis que le second tente de radicaliser les choix qui devront être faits sur la base exclusive du principe de rentabilité. Il n’y a donc plus de consensus au sein même du gouvernement sur l’avenir du grand emprunt, et les différentes institutions qui doivent participer à la solution (BnF, Bibliothèques Municipales, INA, IRCAM, Cinémathèque, Cité des Sciences, Archives, Musées, etc.) ne comprennent plus la règle du jeu, qui semble par ailleurs changer chaque jour en ce moment.

La vision qui est présentée ici est une tentative de réponse à la consultation publique sur le volet numérique. Elle a l’ambition de sortir par le haut des apories dans lesquelles la question de la numérisation du patrimoine dans le cadre du grand emprunt se retrouve aujourd’hui.

La publicité est-elle la solution ?

L’activité industrielle autour de la numérisation de contenus culturels et patrimoniaux est l’activité de numérisation qui est aujourd’hui la moins rentable si on la compare aux archives, cadastres et autres documents administratifs (littérature grise). D’autre part, on sait que Google a beaucoup investi sur cette activité avec sa plate-forme Google Books dont on commence à peine à entrevoir l’ampleur. Quel industriel voudrait, dans ces conditions, prendre le risque d’investir sur un secteur d’activité à faible potentiel rémunérateur tout en ayant la machine de guerre de Google en embuscade ? Soyons clairs : personne. Il faut donc poser le problème différemment.

Commençons pour cela par évacuer toutes les fausses bonnes idées que l’on peut entendre sur le modèle d’affaire qui pourrait rendre cette filière numérique rentable. Pour cela il faut d’abord savoir que la numérisation d’un ouvrage n’est, en moyenne,  rentabilisée qu’au bout de 20 ans, uniquement en ce basant sur le service de reproduction que propose la BnF. C’est une moyenne car, bien évidemment, certains ouvrages ne font l’objet d’aucune demande de reproduction. Quand se pose la question de savoir comment ce seuil peut être abaissé ne serait-ce que sur 10 années, la réponse que j’entends systématiquement est : la publicité.

La publicité est généralement le joker que l’on avance quand on est à court d’idées. Et c’est assurément le modèle d’affaire le plus simple à proposer : il me manque 100 million ? Qu’à cela ne tienne, la pub fera le reste. Comment et sur quelles bases ? La réponse est généralement plus évasive. Faut-il monter un mécanisme et une régie publicitaire en propre ? Faut-il s’appuyer sur les solutions clés en mains proposées par Google ? Cette dernière réponse serait pour le moins ironique puisque Google aurait une part importante du bénéfice publicitaire sans avoir investi dans la numérisation. Faire sans Google c’est à l’inverse prendre le risque de se retrouver dans le collimateur d’un industriel du web qui s’y connaît et qui a les moyens de ses ambitions.

On préférera donc essayer de composer avec Google plutôt que de le concurrencer sur son propre terrain en faisant « Cocorico ! ». Les arguments basés sur la valorisation via un modèle d’affaire fondé sur la publicité ne tiennent pas la route, encore moins quand l’on sait que la valeur publicitaire sur le web, comme l’avait écrit Tim O’Reilly dès 2007, tend à se diluer très fortement. C’est la raison pour laquelle Google doit indexer toujours plus de contenus, nativement numériques ou à numériser,  pour amortir la baisse tendancielle de la valeur unitaire et nominale de la publicité.

Que vaut le numérique ?

Retour à la case départ : comment valoriser la numérisation du patrimoine ? Songeons y un instant, si l’on se donne tant de mal pour imaginer un modèle d’affaire viable pour une filière industrielle de numérisation, c’est peut-être parce que le numérique, de manière tendancielle, ne vaut rien. Le numérique a un coût, surtout lorsqu’on doit numériser, mais, une fois l’investissement réalisé, financièrement et en tant que tel, il ne vaut plus rien. Soyons plus précis : un fichier numérique ne vaut rien. Et c’est bien la raison pour laquelle le monde de l’édition freine des quatre fers lorsqu’il s’agit de faire circuler un fichier numérique existant (même pour en donner une copie pour archive à une institution, la plupart refusent). Un fichier numérique en circulation, c’est de la nitroglycérine pour celui qui en attend une source de revenu.

Acceptons donc cette thèse, qui est aussi une hypothèse de travail, que le fichier numérique ne vaut rien. Et vérifions cette proposition :

  • pour les institutions, c’est généralement le service de reproduction qui est la principale source de revenu, c’est à dire le retour à l’impression papier.
  • pour les plate-formes de diffusion de contenus numériques, on sait bien que ce n’est pas le fichier numérique que l’on paye mais un écosystème technologique (format de fichiers propriétaires, logiciels verrouillés, périphériques spécifiques, fonctionnalités d’achat rapide brevetées, etc.)
  • pour d’autres initiatives plus confidentielles mais notables (par exemple PublieNet), c’est la qualité d’une présence sur le web et la sensibilité de la communauté des lecteurs / clients qui fait la différence : entre l’éditeur numérique et les lecteurs/acheteurs, il y a un crédit et une confiance.

La valeur d’un fichier numérique a donc besoin d’un service autre que la simple diffusion pour pouvoir avoir une valeur financière.

Le service de reproduction doit devenir le premier industriel d’impression à la demande

Loin d’enterrer les poussiéreux services de reproduction, il faut les muscler. Ces services, qui aujourd’hui nous semblent d’un autre âge, doivent se doter d’un service d’impression à la demande digne des autres acteurs leaders sur ce créneau. L’économie d’échelle qu’ils peuvent avoir, qui plus est sur la base d’oeuvres particulièrement attrayantes ne peut qu’être profitable. Cette re-fondation peut ramener dix ans, au lieu des vingt actuels, le délai d’amortissement d’une numérisation.

La chose n’est pas gagnée d’avance pour autant : il faut une plate-forme web en self-service qui demande du travail, il faudra être très rapide et avoir une logistique aussi affûtée que celle d’Amazon, a minima sur le territoire français. L’objectif est clairement de livrer au domicile d’un client l’impression d’un ouvrage relié de qualité en moins de 48h, et à peine plus s’il y a une demande d’impression personnalisée.

Sur cette voie, il va y avoir des frictions avec les plate-formes de distribution des éditeurs de la chaîne du livre. Mais pas dans l’immédiat puisque les modèles sont actuellement différents (pas d’impression à la demande, pas de self-service et pas de livraison au particulier), mais si la plate-forme d’impression à la demande est un succès, elle pourra proposer ses services différenciants aux éditeurs (traditionnels, mais aussi numériques) : par exemple proposer des « templates » de formats variés et personnalisables. N’oublions pas que près des trois quarts du coût d’un livre représentent les coûts d’impression, de distribution, de diffusion et de points de vente.

Le cas Gallica

La filière de numérisation peut donc trouver un premier modèle économique dans l’impression. Pour où l’on voit que la valorisation de la numérisation se fait d’abord sur … l’impression. Mais se pose toujours la question de la diffusion sous format numérique et en ligne. Premier constat : c’est la vocation de Gallica. On comprendra dès lors que la filière numérique qui est appelée de ses vœux par le gouvernement aura du mal à accepter de faire le travail de numérisation pour que le fruit de son investissement se retrouve diffusé en ligne gratuitement sur Gallica.

Gallica devra être repensée, et pour commencer il faut que la bibliothèque numérique quitte le giron exclusif de la BnF. Cela veut dire que Gallica aura le statut d’un établissement public-privé dans lequel l’ensemble de plate-forme technologique sera possédée et gérée par le consortium privé investissant dans la filière numérique.

Statutairement, la BnF doit garder le contrôle et la maîtrise de la politique culturelle que porte Gallica. Mais cette maîtrise ne sera plus exclusive, elle devra être partagée car si cette bibliothèque en ligne se nourrit des ouvrages numérisés, et il faudra bien un modus vivendi et des droits de quotas pour chacun : la BnF peut vouloir numériser en premier des ouvrages qui ne sont pas jugés commercialement opportun pour le partenaire privé. Un système de quotas, qui devra évoluer dans le temps, doit être mise en place. Par exemple, sur les cinq premières années, sur dix ouvrages numérisés, le partenaire privé pourra en choisir cinq, tout comme la BnF. Par la suite, les résultats de la filière numérique serviront de référent pour faire évoluer les quotas : si la filière est sur le chemin de la rentabilité le ratio peut s’infléchir en faveur de la BnF, ou l’inverse si la rentabilité tarde à se faire jour. L’essentiel est de ne pas figer la formule et d’y introduire une variable dépendant de la rentabilité, sans quoi tout l’édifice s’effondre.

Cette réorganisation du statut juridique de Gallica devra nécessairement initier une refonte de la politique de gestion des droits des oeuvres qui n’est pas opérationnelle en l’état actuel (une licence sur mesure que ne peuvent pas exploiter les robots, et que d’ailleurs personne ne comprend vraiment).

Bien évidemment, d’un point de vue technologique, la plate-forme de service d’impression évoquée précédemment sera nativement intégrée à Gallica, on peut même forcer le trait en disant que Gallica ne sera qu’un module de la plate-forme d’impression.

Les métadonnées : clés de voûte de la nouvelle filière industrielle

Aussi étonnant que cela puisse paraître, dans cette consultation publique sur « le développement de l’économie numérique », il n’y est jamais question de métadonnées. Le mot n’y apparaît même pas une seule fois le long des trente neuf pages du document. C’est proprement sidérant. Et ça l’est d’autant plus que la politique industrielle qui va être mise en place devra placer la question des métadonnées au cœur de tout le dispositif industriel.

Si l’impression à la demande était le volet diffusion papier et Gallica le volet diffusion numérique, ces deux activités passent à une niveau supérieur grâce à la politique sur les métadonnées. La richesse numérique de notre patrimoine est directement proportionnelle aux métadonnées qui le décrivent. Le trésor des institutions patrimoniales réside aussi et surtout dans leurs catalogues et leurs thesauri : tout comme on ne peut gérer un patrimoine physique sans métadonnées la question devient encore plus urgente quand l’oeuvre est numérisée : une politique numérique sans politique des métadonnées n’est qu’une chimère, un délire, une schwarmerei comme disait Kant.

Plutôt que de me répéter, je vous renvoie ici à ma note sur Les enjeux d’une bibliothèque sur le web où il était question des orages sémantiques mais aussi d’étendre la pratique de gestion d’un catalogue d’oeuvres à une pratique de gestion d’un catalogue des discussions et des polémiques relatives à ces oeuvres. Ainsi, fort de ce nouveau positionnement, et sur la base de sa nouvelle plate-forme technologique, la nouvelle filière industrielle du numérique pourra proposer des outils avancés à l’éducation nationale pour doter l’enseignement d’un outil d’annotation et de contribution qui dépasse la vision simpliste et fade des « like », et donne enfin le pouvoir aux enseignants d’enseigner.

Chaque plate-forme de diffusion des oeuvres numériques rencontre très vite sa limite dans les faiblesses de sa politique des métadonnées. Le cas d’iTunes est représentatif : c’est une panique monstre pour faire des découvertes dans le catalogue, c’est pourtant paradoxal quand on sait que, même sur iTunes, les métadonnées (titre, auteur, artistes, jaquette, etc.) sont la vraie valeur des fichiers numériques (Cf. Quand les métadonnées ont plus de valeur que les données).

Pour les oeuvres qui sont du ressort de la BnF, le travail de bascule de l’ensemble des catalogues au format du web sémantique avec leur diffusion sur le web a déjà été initié : cette démarche est la clé de voûte, à la fois technologique et économique, de tout le système. Pour les oeuvres audios et vidéos (des oeuvres de flux), les outils d’annotation contributives (avec des métadonnées BottomUp et TopDown) doivent être développés en complément des catalogues descriptifs existants.

Le catalogage des orages sémantique permet également d’obtenir tout un appareil critique issu des informations collectées via le dispositif des orages sémantiques Si celui-ci est géré par la BnF, on peut réussir à mener une politique industrielle des technologies numérique dont le coeur du dispositif s’appuie, et trouve son crédit, dans la politique culturelle. Une logique économique exclusivement consumériste n’est pas une fatalité, loin s’en faut, car ce qui est brièvement décrit ici est un chemin vers une économie de la contribution financièrement rentable.

*

On peut donc sortir de l’alternance destructrice entre :

  • d’un côté une logique libérable de la privatisation adossée à une vision exclusive sur les retours sur investissement à court terme, grâce au dieu de la publicité;
  • de l’autre une politique culturelle maintenue sous perfusion publique, mais à perte (la logique de la réserve d’indiens).

Que le grand emprunt accouche de quelque chose ou non, nous n’échapperons pas à cette lancinante question : quelle politique industrielle pour les technologies de l’esprit ? La seule réponse crédible passe par le positionnement de la politique culturelle au cœur de l’outil industriel, pas à côté. « Trade follows film » disait le sénateur américain McBride en 1912 : on va peut-être arriver à le comprendre cent ans plus tard en France, notamment pour donner au commerce et à l’économie un autre visage que le consumérisme américain.

Enfin, par pitié, arrêtons de parler systématiquement de e-Tourisme dès qu’il est question des territoires. Les territoires sont autre chose que des destinations touristiques, et les régions n’hivernent pas toute l’année pour se réveiller quand les parisiens et les étrangers prennent leur vacances. Ces modèles d’affaire sur le e-Tourisme sont dangereux et méprisants.

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by Christian at June 30, 2010 08:47 AM under WebSemantique

June 29, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier : Web en agences, Déménagement éco, Origine du Web

Train
Montréal, Canada, 26 juin 2010

Les jours s'en vont je demeure

Apollinaire, Guillaume, Le Pont Mirabeau

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Web en agences

Travailler avec le Web est un des plus gros enjeux pour une entreprise. La plupart des personnes travaillant dans les agences Web ne comprennent pas le Web. Quels sont les enjeux que cela créé pour le Web et son architecture ?

La principale cible à évangéliser : les UX, designers, et concepteurs. Ils sont à la source de la logique d'interactions, c'est à dire HTTP + URI.

Déménagement éco

Vu sur Rachel ce week-end, deux personnes transportant des meubles à vélo : Déménagement Myette.

Origine du Web

En cherchant quelques références à propos de FIG, OBJECT, EMBED, etc. je suis tombé sur la spécification HTTP originale, la spécification des URLs (appelé W3 naming schemes) y compris relative naming, ainsi que la spécification html en partant de ce mail envoyé par Tim Berners-Lee.

June 29, 2010 03:52 AM under vide grenier

June 27, 2010

Karl Dubost

Ergonomie du quotidien

haricots blancs
Montréal, Canada, 27 juin 2010

We now see the visual world very plainly and begin to realize that other cultures, native and oriental, have been developed on quite different sensory plans, for not only is each sense an unique world, but it offers unique pleasures and pains.

McLuhan, Marshall, Fiore, Quentin, War and Piece in the global village, p.16, Gingko Press, 2001.

Constat du quotidien

Récemment, Olivier remarquait avec envie la finesse du regard de Jan Chipchase sur son environnement (je crois me souvenir que c'est ce billet qui a déclenché le commentaire). Tout d'abord, c'est le métier de Jan que d'observer son environnement. Il travaillait précédemment chez Nokia et maintenant il travaillera pour Frog Design à partir du 1er juillet 2010. Cependant, sans vouloir diminuer la finesse du regard de Jan, je répondais à Olivier qu'il fallait uniquement avoir un sens de l'observation de son quotidien et de le mettre en pratique réflexive. C'est à dire prendre une photographie, noter un commentaire simple, et se poser la question des enjeux et/ou des implications possibles. Tout ceci en gardant une forme brève. C'est pour cela que le carnet Web de Jan Chipchase fonctionne, il donne à voir la partie émergée de l'iceberg, tout en cachant le vrai travail de fond que cela demanderait pour explorer en profondeur.

Un bon café et son couvercle

Un simple couvercle pour un café à emporter peut générer de nombreuses observations.

couvercle plastique de café
Montréal, Canada, 25 juin 2010

  • Il y a un trou large et un petit trou placés en opposition, l'un pour boire, et l'autre pour laisser pénétrer l'air. Petit détail anodin que nous ne remarquons plus car il fait partie des évidences. Et cependant le petit trou se doit d'être petit pour ne pas se verser le café sur les mains. Alors que le grand trou est prévu dans le design initial, le petit trou est rajouté par la suite. À partir de quand dans un processus de fabrication introduit une fonction nouvelle ?
  • Les marques sur le dessus du couvercle permettent de donner une information sur le type de café à l'intérieur : Decaf, Crème ou Sans sucre. Ce système d'information n'est utile que dans un seul cas, celui d'une personne qui vient commander des cafés à emporter pour plus de deux personnes et qui doit donc se souvenir du contenu. Les chances de ne plus savoir quel est le contenu de chaque tasse commande une visualisation explicite du contenu. Le couvercle a été adapté et conçu afin de remplir une fonction utile que pour une partie de la population qui l'utilisera. À partir de quel moment introduit on un système pour un groupe d'utilisateurs même si celui-ci est inutile pour les autres ? Comment gère-t-on la pollution d'informations et visuelle générée par ce design ?
  • Le système de café à emporter comprend un gobelet en carton ainsi qu'un couvercle en plastique. Le café sera consommé en 10 minutes et le contenant jeté dans une poubelle. Certaines de nos actions quotidiennes sont hautement polluantes pour un temps utile très court. Le réflexe naturel serait d'avoir sa propre tasse. Mais cela entraîne d'avoir un objet de plus à porter avec soi. Comment modifions-nous le design de nos objets ainsi que nos habitudes pour éviter cette consommation rapide sans se transformer en soldat en campagne ?
  • Le couvercle en plastique possède le code LMD-8H. Cette information semble plutôt inutile. À partir de quel instant, nous plaçons une information, un identifiant sur un objet et à quel besoin nous répondons ?

Bien sûr l'important dans ce genre de commentaires est de rester le plus concis possible et de n'en choisir qu'un sur les dizaines possibles. Il s'agit d'une des techniques de Jan Chipchase. Une autre technique que j'apprécie beaucoup est celle des personnes de Lift Lab. Les billets ont le même format une photographie, un commentaire et surtout un « Pourquoi j'en parle » permettant de donner un contexte sur l'observation. Cette simple petite phrase est très importante et peut vous décider à partager ou non une information. « En effet, j'ai remarqué cela… mais pourquoi dois-je en parler, qu'est-ce qui m'a attiré. » Cela donne une clé supplémentaire pour le lecteur, permet une plus grande participation.

June 27, 2010 01:57 PM under UX

Karl Dubost

Vide Grenier : Le parc ouvrier, analyser une BD, たそがれ

Mer et rochers
Okinawa, Japon, 16 mars 2008

Qu'advienne l'écriture positive, et non plus interrogative.

Onfray, Michel, Théorie du corps amoureux, p.244, Grasset, 2000.

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Le parc ouvrier

Le retour à la nature est de plus en plus considéré comme une attraction touristique. Il y a également des stages pour apprendre à planter ses légumes comme dans une ferme. Dans Le Park de Bruce Bégout, il s’agit d’un parc d’attractions avec le monde ouvrier comme thème. (pas lu, découvert chez François).

A l’entrée, dans un immense vestiaire de style soviétique, les visiteurs pouvaient revêtir un bleu de travail et, avec l’aide d’animateurs qualifiés, s’amuser à fraiser une pièce, conduire une machine, fondre de l’acier, assembler un moteur. cela a amusé le plus grand nombre, et le succès a rapidement été au rendez-vous.

Scénario probable.

Analyser une BD

Urbain, trop urbain analyse Shanghai à travers le lotus bleu. Un découpage successif en taxonomies variées. Les mêmes images réutilisées avec comme point de concentration différent à chaque fois.

たそがれ

Megane

Megane

June 27, 2010 02:58 AM under vide grenier

June 26, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier : China Blue, Société et Identités, Geolocation API et Design Japonais

Rayon de soleil sur un immeuble
Montréal, Canada, 20 juin 2010

Tout portrait se situe au confluent d'un rêve et d'une réalité.

Perec, George, La vie mode d'emploi'

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

China Blue

  • 1.0 fl. oz. of Blue Curacao
  • 1.0 fl. oz. of Lychee Liqueur
  • 1.0 fl. oz. of Grapefruit Juice
  • Ice

09 China Blue

Société et identités

L’article peut laisser croire à la nécessité pour la société d’accepter ses erreurs de jeunesse. C’est le discours autour de Facebook. « Soyez prudent sur ce que vous placez en ligne, car cela viendra vous hanter dans le futur. » Ce raisonnement appelle à la culpabilité et au droit à l’erreur. Mais ce n’est pas ce qu’elle défend. Elle prend position pour la possibilité d’identité multiple, dans son cas, ancien stripper et maintenant enseignante. Mais là encore, il y a une opposition placée dans le temps. Elle appelle plutôt au fait qu’une personne peut être une enseignante de talent et une prostituée.

Geolocation API

Enfin une personne trouve une utilisation utile de l’API de geolocalisation. Je me souviens d’un projet que j’avais envie de réaliser quand je vivais à Paris de peindre les noms de rue sur les trottoirs au coin des rues afin de pouvoir mieux se repérer. À Paris, les noms de rues sont souvent difficiles à trouver.

Design japonais et compacité

Cookpad

Il y a un élément admirable du design japonais pour les magazines et les sites Web qui est un avantage certain pour les petits espaces : la compacité du langage. Comme on peut le voir sur le site de recettes cookpad où les photos carrées sont accompagnées d’un texte explicatif.

Ce type de design est impossible à réaliser en langue latine.

June 26, 2010 02:09 AM under vide grenier

June 23, 2010

Christian Fauré

Shots that changed my life (30)

The Goat – Buster Keaton – USA (1921)

Le surnom de « Buster », nous rappelle son biographe David Robinson,  lui fut donné par le grand magicien Houdini, qui a ses débuts travaillait avec la famille Keaton dans les spectacles. En voyant le petit Joseph dégringoler les escaliers un jour, et s’en relever miraculeusement indemne, Houdini s’était exclamé : « That’s some buster! » (« Çà, c’est de la chute ! »). Le surnom resta.

A ce surnom est venu s’en accoler un autre : « l’homme qui ne rit jamais ». C’est que, selon l’aveu même de Keaton :

« plus je devenais sérieux, plus je faisais rire les gens. Et donc quand je suis passé au cinéma, c’était devenu automatique, je ne m’en rendais même plus compte ».

Une autre caractéristique que l’on associe Keaton est son goût pour les machines, et plus précisément les locomotives, que l’on retrouve dans le titre de son chef d’oeuvre « Le mécano de la Général » (1927). Il était par ailleurs un  grand amateur de  la question et, encore aujourd’hui, sa reconstitution de la Général à partir de trois veille locomotives est saluée. Lui-même reconnaissait le plaisir qu’il avait de marier humour et locomotive :

« Si vous me donnez une locomotive et des choses comme çà pour jouer avec, en général,  je trouverai toujours une façon de les utiliser pour faire rire. »

The Goat est un court métrage qui n’est pas le meilleur de Keaton, ni non plus le plus connu. Seulement voilà, il y a un plan qui est proprement sidérant, on a beau le voir et le revoir : c’est toujours le même stupéfaction qui nous saisit. On a là un concentré de Keaton en quelques secondes :

  • c’est du cinéma. Avec un plan unique qui fait écho à l’entrée en gare de la Ciotat.
  • il y a une locomotive
  • Keaton apparaît de nulle part, et pourtant il était déjà là, depuis le début de la scène, avec son visage de marbre.

C’est un humour sidérant.

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by Christian at June 23, 2010 07:53 PM under Défaut

June 22, 2010

Alexandre Passant

Ph.D. Position in Enterprise 2.0, Data integration and the Semantic Web @ DERI

Here is another Ph.D. position available in DERI. Deadline is next monday, and if you're in SemTech and have any questions, please email / tweet me to discuss it face to face.

As part of the "Social Semantic Enterprise" project, and in collaboration with Cisco Systems and the IRCSET (Irish Research Council for Science, Engineering and Technology), the Digital Enterprise Research Institute is currently seeking a Ph.D. candidate on the topic of Social Software, Enterprise data integration, information quality and privacy. This research project is part funded by Cisco Research Center in response to the collaboration RFP category.

The successful candidate will study how to integrate public data from the Social Web (Tweets, linkedIn profile, Facebook updates, etc.) in the Enterprise, while at the same time respecting privacy of employees and ensuring that only relevant and accurate data is shared in the enterprise. This integration will provide a better integration of Social Web platforms both inside and outside the workspace, leveraging both with common semantics for an integrated social knowledge management experience.

Candidates should have at least a M.Sc. degree in computer science, science or engineering with excellent results, have the pre-requisites for Ph.D. studies at NUI Galway, and must be fluent in english. The Ph.D. position covers academic fees, a generous monthly stipend and a research travel allowance for a three year period, as well as the use of DERI's facilities for experimentations and research.

The following criteria are expected from the student:

  • Interest with Semantic Web technologies (RDF(S)/OWL, SPARQL, etc.) and Linked Data
  • Interest and familiarity with social software (blogs, wikis, microblogging, etc.)
  • Interest in Enterprise information systems and data integration
  • Interest for standardisation processes
  • Good programming skills
  • Good english writing skills

The successful candidate will work with Dr. Alexandre Passant in DERI, NUI Galway, within the Social Software Unit. There will be extensive opportunities for collaboration with other researchers and research units and projects in DERI and in Europe, as well as in other world-wide institutes with whom DERI collaborates, including opportunities for a long-term visit during the Ph.D. timeframe. The Digital Enterprise Research Institute, Galway (DERI) is one of the largest semantic research organization in the world. DERI's mission is to enable networked knowledge, globally interlinking information from the Web and the physical world. DERI is based in Galway is one of the most beautiful Irish cities shaped by artistic communities, active student life, innovative industry and leading edge research. Galway is located at the beautiful west coast of Ireland within the Galway Bay, 'between' Europe and the U.S., making it an ideal hub for national, European and international research.

The application must be send by June 28th, 2010 to Dr. Alexandre Passant in either (X)HTML, pdf or plain text and must contain the following:

  • a CV
  • a one page statement explaining the candidate's interest in and compatibility with the objectives of the position
  • a list of (minimum two) referees
  • additionally, publications, software and other artifacts that the student may be consider relevant - ideally as links to resources available online
  • copies of M.Sc. results and transcripts

Applications that do not follow the previous format will not be considered. Requests for information should be addressed to the same person.

by Alex. at June 22, 2010 11:49 PM under WebSemantique

Karl Dubost

Vide Grenier

Bain bleu
Shibuya, Tokyo, 9 avril 2004

One of the peculiarities of an electric technology is that it speeds up this process of transformation. Instant and total rehearsal of all pasts and all processes enables us to perceive the function of such perpetual returns as one of purgation and purification, translating the entire world into a work of art.

McLuhan, Marshall, Fiore, Quentin, War and Piece in the global village, p.183, Gingko Press, 2001.

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

La mousse sur le bureau

Une idée magnifique de mousse sur l'espace du bureau, un peu de sous-bois pour accompagner cet univers de brutes. Bien sûr de la mousse à l'arbre, il n'y a qu'un pas que je franchis allégrement.

Clergue 8

Lucien Clergue

Territoire de la lutte

Je suis toujours étonné du territoire de lutte que représentent certains lieux de travail. Est-ce le territoire devenu trop petit et les espèces se battant pour les (trop) maigres ressources ? Est-ce le désir mécanique de pouvoir et d'argent qui remplace le manque d'investissement philosophique ? Je n'en sais à vrai dire rien. J'en suis toujours l'observateur médusé.

In doing so, it risks running afoul of what I will call the co-optation theory: faith in the revolutionary potential of “authentic” counterculture combined with the notion that business mimics and mass-produces fake counterculture in order to cash in on a particular demographic and to subvert the great threat that “real” counterculture represents.

The Conquest of Cool, Business Culture, Counterculture, and the Rise of Hip Consumerism by Thomas Frank

Un îlot de verdure

Et maintenant, si vous le permettez, un peu de rêve

Chine Maison

Utilisateurs ? Non pas vraiment

Bien souvent, les professions réduisent les personnes à un élément comptable qui rentrent dans leur processus. Évacuer les humains pour n'y gérer qu'une unité. Le milieu hospitalier parlera du patient de la 12, le marketeur mentionnera le consommateur à la fin de chaque phrase, et l'information abusera abondamment de l'utilisateur. Seulement voilà ces termes valises cachent bien souvent une réalité plus complexe.

However, when you invoke a hypothetical user for use in debate (often someone’s mother), you can pretty much project whatever you want onto that hypothetical user in an attempt to win an argument. Stereotype and instinct make interface design seem arbitrary and subjective, they lack precision.

Couleurs de visualisation

Je n'aime pas le foot mais j'aime les teintes de cette visualisation de données.

Theroadtosouthafrica

URL et fichiers

Tombé sur ce petit script en python assez révélateur qui propose le tri, je cite, d'une liste d'URL par nom de fichiers. Une URL n'est pas un fichier, même sa partie finale. Une URL est un identifiant dans un espace d'information que l'on peut associer à n'importe quoi.

Introduction à Cassandra

47 diapos pour expliquer Cassandra de ses origines à ses principes de fonctionnement. Cassandra est un de ses systèmes NoSQL de base de données tels que BigTable ou MongoDB.

June 22, 2010 03:30 AM under vide grenier

June 21, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier

Balais
Shibuya, Tokyo, 11 février 2006

L'utopie est la mise en forme de l'idée que l'être humain est entièrement social, qu'il n'a de réalité ni surnaturelle ni individuelle, même si l'ordre social est souvent conçu comme faisant partie d'un ordre naturel plus vaste. L'utopie est un plaidoyer pour une société créatrice d'elle-même, imposant liberté ou servitude à ses membres, écartant d'elle-même tout principe non social de légitimité de l'ordre social. Le monde utopique repose toujours sur l'égalité, jamais sur la liberté, pas davantage sur la justice.

Touraine, Alain, La société comme utopie, Fayard, Bibliothèque Nationale de France, 2000.

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Autour des données ouvertes

Une présentation intéressante autour des données ouvertes et surtout de leur utilisation ainsi qu'un article sur la valeur des données ouvertes.

QR codes = platform for action

Les données ouvertes permettent une transparence et ainsi renforcent la confiance. L'interprétation et l'utilisation permettent de construire les actions citoyennes nous constituant en groupe, en société. Dans un groupe social déterminé, il s'agit de déterminer quel niveau de transparence et d'opacité pour chaque type de données. C'est un choix difficile à faire. Dans le monde du travail, les données sont vécues comme une zone de pouvoir. Les donnés ouvertes permettent bien souvent d'économiser le temps de tout le monde. Partager l'information est essentielle pour une meilleure productivité sur toute la chaîne de travail.

On ne peut jamais suspecter des utilisations des données réalisées par les autres, les laisser ouverters permet ces utilisations créatives. Les donnés ouvertes permettent également à certains individus de démarrer des entreprises et de la richesse. Les instances publiques dans le passé ont mis à disposition les routes qui ont permis à des entreprises de créer de la valeur ; avec similarité, les infrastructures de données ouvertes permettent à d'autres entreprises de se créer.

Une licence ouverte sur les données et qui garde l'ouverture de ces données permet de conserver la possibilité pour tous d'exploiter ces données et de s'enrichir des modifications mises en œuvre par les autres. Exemple dans le cadre d'un mashup qui doit être publié avec la même licence que la licence originale.

FOAF et système de filtre positif

Il y a principalement deux types de filtrage :

  • interdire juste ce qui nous embête (blacklisting)
  • autoriser tout ce que l'on veut (whitelisting)

Les deux ont leur avantages et inconvénients. Dans un monde où il y a peu de choses à interdire et la masse des interactions est positive le blacklisting est très adapté. Dans un monde où la majorité de l'information est négative, une stratégie de whitelisting est plus appropriée. L'enjeu principal du whitelisting est qu'il empêche la sérendipité (le hasard de la rencontre). Il est nécessaire d'avoir un référent pour permettre l'ajout dans la liste autorisée.

Je pense très sérieusement pour le courrier à passer à un système de whitelisting.

L'enjeu des systèmes de whitelisting dans une communauté est de permettre aux gens d'être indépendant face au système pour enlever ou ajouter une adresse email. Ceci afin de pouvoir garantir la vie privée des gens quant à leur carnet d'adresses.

Dan Brickley dans le passé a fait du FOAF whitelisting.

Le temps et la culture

La société a changé et nous devons éduquer nos clients à réfléchir différemment aux enjeux qu'ils ont. Pouvoir réellement changer ses clients demande à la compagnie, elle-même, de changer ses pratiques de travail ou au moins de comprendre la culture de ses éléments. Cela rejoint un CreaLunch que j'avais donné à propos de travailler (vivre) avec le Web et non pas travailler pour le Web.

Être l'acteur de son propre changement.

Existence par le groupe

Tous ensemble, nous prenons corps et nous existons. Prochaine étape des humains reproduisant cette vidéo. Les premiers modèles sont un peu cher. 20,000 CAD mais programmable en python.

La création en liberté

Un service Web qui pourrait être utile afin de redécouvrir la culture et les artistes d'une époque donnée. Le travail d'un auteur est promu au domaine public 70 ans (approximativement) après la mort de cet auteur (quelques subtilités pour les années de guerre à prendre en compte). Nous sommes le 20 juin 2010, les auteurs morts avant le 20 juin 1940 ont leurs travaux atteignant enfin le domaine public.

Les créations libres pourrait être détaillées chaque jour. Il serait même possible de créer une maison d'édition qui récolte ces textes et les publie sur une plate-forme d'impressions à la demande et en format électronique. Le site Web aurait un blog pour raconter un peu la vie de ses auteurs avec des photographies, etc.

Pour déterminer les personnes décédées, wikipedia peut être utilisé. Le travail de Maxime Gorki est passé dans le domaine public il y a 4 ans. Il est mort le 18 juin 1936 et le travail de l'écrivain Dubose Heyward il y a 4 jours, mort le 16 juin 1940.

Urban decay

Tokyo Genso Nakano

Un site qui collectionne les images de villes abandonnées. Comme les images de Tokyo Gensou (東京幻想) qui a malheureusement vidé son site de ses images. L'érosion a frappé là aussi.

Réthorique de liberté pour l'armée

Freedom Has A New Sound

L'armée mélangeant la sémantique de surveillance et de liberté afin de mieux justifier sa présence. S'ils sont là, c'est pour notre bien.

June 21, 2010 10:44 AM under WebSemantique

Nicolas Cynober

10 mythes sur l’entrepreneuriat (pour les geeks et pas que…)

Parmi les différentes études que nous avons menées au début de pearltrees,  nous avions effectué une petite recherche sur les équipes fondatrices des startups à succès. La conclusion avait été: il n’y a pas un profil type d’entrepreneur, il n’y a pas un profil type d’équipe. Ingénieur seul dans son garage, étudiant fraichement sorti d’école de commerce, équipes de 2, 3, 5 co-fondateurs, tous les formats peuvent mener au succès, mais il est certain que l’expertise que vous pouvez apporter à votre projet dépendra beaucoup de votre background et de la nature de votre équipe.

Dans le cas ou vous êtes un ingé, il vous faudra faire tomber un certain nombre de mythes si vous souhaitez entreprendre dans le web. Rondam Ramblings (Venture Capitalist) a ainsi listé 10 clichés plus ou moins communs et tous particulièrement pertinents si vous souhaitez vous lancer (et vous devriez !). Même si sa liste s’adresse principalement aux geeks, on peut l’étendre à d’autres types de profil d’entrepreneur. Ci-dessous les 10 points de Rondam Ramblings et mes humbles commentaires:

Mythe #1: Une idée géniale va vous rendre riche

J’irai même plus loin que Ramblings: une idée ne vaut rien, seul l’exécution compte. Je sais, je suis un peu extrémiste sur ce point. Mais à moins que vous vouliez faire un très gros coup, l’idée n’est pas un élément critique pour faire une société à succès (nb : les “copy-cat” peuvent parfois faire mieux que la société ayant eu l’idée originale).

Mythe #2: Si vous réalisez votre produit, ils viendront

Et non le produit n’est pas tout. Le marketing et le commercial existent pour une bonne raison dans notre bas monde. Et même si on peut parfois se demander de l’utilité de ces gens sur notre planète (lol, pas taper, pas taper), il vous faudra compter sur eux pour vendre votre idée et votre produit.

Mythe #3: Quelqu’un va voler votre idée si vous ne la protégez pas

Protéger son idée, ne pas communiquer, ne pas échanger: grosse perte de temps et d’énergie. Sortez vite votre produit et itérez.

Mythe #4: Votre avis est important

Votre avis est à prendre avec des pincettes ! Ce qui est vraiment important, c’est ce que vos utilisateurs pensent. Maintenant il est vrai que si vous arrivez sur un marché avec une idée vraiment “disruptive”, il est possible que vous soyez parfois incompris (accrochez vous ;).

Mythe #5: Les modèles financiers sont du vent

Rondam Ramblings apporte une très bonne réponse dans son article: les modèles financiers (au tout début) ne sont pas la pour être précis au centime près, ils donnent des ordres de grandeur sur les investissements que vous devez réaliser pour construire votre produit et toucher votre cible.

Mythe #6: Ce que vous savez est plus important que qui vous connaissez

Un autre point lié à l’ouverture, ne vous limitez pas à votre savoir, allez chercher l’expertise autour de vous, soyez à l’écoute (toujours).

Mythe #7: Un doctorat (Ph.D.) est important

Pas vraiment de commentaire sur ce point, le système universitaire américain étant très différent. A mon avis il y a un rapprochement à faire avec les grandes écoles françaises: “Est-ce que le diplôme d’une grande école est important ?”. Je vous laisse donner votre avis en commentaire, mais j’ai envie de dire: si vous avez les moyens, embauchez des têtes.

Mythe #8: J’ai besoin de 5 millions d’€ pour démarrer

Lié au Mythe #5, tout dépend de vos besoins.

Mythe #9: L’idée est la partie la plus important du business plan

Redondant avec le Mythe #1, mais je ne suis pas contre répéter ce point deux fois.

Mythe #10: Ne pas avoir de compétition est une bonne chose

Quand vous positionnez votre produit et que vous n’avez de compétiteur (de manière prolongée) cela signifie qu’il n’y a pas de marché. D’où l’importance de soigner l’étude de votre environnement concurrentiel et de la tenir à jour.

Mon mythe #bonus: Je dois encaisser mon premier chèque dans les 6 mois.

C’est le mythe du business model qui permet de générer de l’argent dans les 6 mois et d’être rentable au bout d’un an. Ca n’a aucun sens: tout dépend de votre secteur d’activité. Un site e-commerce n’a pas le même cycle qu’une startup qui développe un médicament. D’un côté le cash arrive dès l’ouverture, de l’autre il faut 10 ans pour rentabiliser les investissements effectués.

Mythe #bonus de Rondam Rambling: Après l’introduction en bourse, je serai heureux.

Peut être le mythe le plus important de tous, alors posez vous la question: pourquoi voulez vous entreprendre ?

by Nicolas at June 21, 2010 09:36 AM under Uncategorized

June 20, 2010

Christian Fauré

Éducation et formation de l’attention

Enregistrement de la conférence Education et formation de l’attention, prononcée par Bernard Stiegler le 5 juin 2010 au Musée Ecole d’Epineuil le Fleuriel :

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by Christian at June 20, 2010 09:39 AM under Défaut

Karl Dubost

Vide Grenier

boutiques la nuit
Hong-Kong, Chine, 12 octobre 2007

Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait

Bouvier, Nicolas, L'usage du monde, Payot, 2001.

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Aux mobiles ! citoyens…

En Chine, les mouvements sociaux dans une entreprise sont largement relayés par les technologies du moment. Mise à part, l’étonnement du journaliste qui est de même nature que les articles internet et pédophilie, il y a 15 ans, la compréhension du temps et la mise en réseau rapide permet des actions plus rapides. Les infrastructures traditionnelles étant réactives pour l’instant… pour l’instant.

Comment se nomme-t-on ?

I have never seen a computer system which handles names properly and doubt one exists, anywhere.

L’auteur donne une quarantaine d’exemples d’enjeux relatifs aux programmes informatifs gérant les noms de personne. C’est un système très complexe. Il est très facile de penser que certains cas ne s’appliquent pas. Comme par exemple un prénom qui ferait moins de 3 caractères : 陽子 yoko en japonais… 2 caractères.

Géolocalisation des articles de Wikipedia

Bjoern Openlayers Wikipedia

Bjoern Hoehrmann est encore sur une trajectoire interstellaire. Il a récemment fait un exercice de géolocalisation des articles de Wikipedia en fonction de leur contenu et de leurs systèmes de références. Il a également créé les outils et les représentations associées à cette visualisation.

June 20, 2010 04:16 AM under vide grenier

Karl Dubost

Grammaires et motifs urbains

signes
Hong-Kong, Chine, 12 octobre 2007

A mon avis, la réflexion sur l'écriture et sur ses origines a marché le long ces deux chemins divergents, en suivant un différent destin. D'un côté, de l'écriture on a perçu tout son 'poids', sa vraie raison d'être en tant que turning point significatif le long toute l'histoire de l'humanité. Elle représentait une sorte de barrière temporelle et spatiale entre préhistoire et histoire, entre 'peuples sans écriture' et peuples ayant franchi cette barrière-là: avec tout cela on a pu expliquer l'impression et le sentiment de crainte à l'égard de qui sait bien manier le 'pinceau d'écriture' et en gérer toute la puissance symbolique (comme en témoigne le 'jeune artiste' joycien, fort conscient du pouvoir de toute écriture).

Ceglia, Simonetta, La déconstruction du signe: la poésie japonaise classique du MAN'YO'SHÛ, Juillet 2000, Online Magazine of the Visual Narrative.

Tout élément structuré possède une grammaire et un ensemble de motifs qui l'accompagne. Les villes n'y échappent pas. L'exploration de cette structure, sa réorganisation donne l'occasion de projets permettant de mieux comprendre la ville ou au moins d'en donner une vue poétique et artistique différente.

Les pochoirs de vie

motifs urbains

Dans les pochoirs de vie, je reprenais l'idée de Michael Surtees et l'appliquais à mes propres environnements urbains. En prenant soin de garder une échelle constante, il est possible de dégager le motif de la ville, son rythme, sa régularité. Cela permet également de comprendre partiellement l'attraction et l'influence que la ville peut avoir sur le moral, sur la lecture de l'environnement. Il serait même possible lorsque vient le temps de déménager afin de choisir un quartier plutôt qu'un autre de dresser cette carte contrastée. Elle donne à voir la densité des rues et ainsi que la régularité. Préférez-vous voir la rue s'étendre de tout son long ou êtes vous attiré par les dédales de rues irrégulières ?

Les rues d'une ville

motifs urbains

Imaginez que l'unique élément signifiant d'une ville en soient les rues. C'est ce que propose Neil Freeman en prenant le tracé des rues des villes et en les recentrant horizontalement et verticalement. Selon la ville, nous obtenons un motif légèrement différemment. Une concentration au centre car toutes les rues y passent et les rues courtes y intensifient la densité. Il a réalisé cette visualisation uniquement pour Los Angeles, New York et Chicago, 3 villes nord-américaines et donc avec une suspicion de régularité. Malgré cela New-York montre un motif bien plus intéressant que les deux autres. J'aimerai voir cette visualisation pour des villes d'Asie et d'Europe.

Cette image de ville stellaire n'est pas la seule création de Neil Freeman. Son site est une ode à la visualisation des grammaires de ville. On peut y découvrir entre autres l'étendue des métros dans le monde, une déclinaison colorée des rues sans noms mais avec numéros (comme la 5eme avenue à New-York) .

Les anagrammes graphiques d'une ville

motifs urbains

Aujourd'hui, en lisant l'article de Matthieu Duperrex, j'ai découvert les anagrammes graphiques de villes par Armelle Caron. L'artiste découpe les éléments de la ville qui sont entre les rues et en constitue des blocs qu'elles ordonnent sur une ligne. La ville devient une longue phrase de motifs. Il y a quelque chose de très similaire à Michael Surtees mais en poussant l'idée de décomposition une étape plus loin. Ces anagrammes me rapproche de la décontextualisation que Google pratique avec les textes sur le Web. Google indexe les pages en prenant pour unité le mot. Une recherche retourne une liste de pages Web (un alignement) selon un ordre déterminé par l'algorithme de Google.

Je retrouve également dans ce travail l'idéologie de la ville japonaise. Très peu de rues ont des noms au Japon. L'unité lexicale de la ville est le bloc. Le numéro des maisons dans ce bloc étant alors organisé en fonction de l'année de construction initiale de la maison dans le bloc.

Pour ceux qui sont sur Paris, Armelle Caron expose à la galerie 64 bis (64 bis avenue de New York, 75016 Paris) jusqu'au 16 juillet.

Autres motifs

Je l'avais déjà mentionné dans le passé, Le projet cartoon particles de Markus Hofko décompose la structure des personnages de Disney en formes simples de couleurs et les réarrangent les unes à côté des autres. Ils existent de nombreuses possibilités pour déconstruire le signe de la ville et le réarranger avec une méthode. Car bien qu'Armelle Caron veuille échapper à un système, par l'ordre choisie selon la ligne, elle applique une méthode et donc réécrit la ville. Ces réécritures sont également proposées par Aaron Straup Cope dans ses représentations interprétant le lieu comme élément purement social. On oublie souvent que la géographie d'une ville bien que calcifiée dans une carte, dans un annuaire a une existence différente auprès des individus. Ce que WOEID de Yahoo! montre n'est plus ni moins la représentation géographique démocratique des lieux (la victoire du plus grand nombre). Cette géographie évolue alors plus facilement dans le temps car elle est créé dynamiquement en fonction de l'activité sociale et des noms que les personnes donnent aux choses. Il y a tout de même à mon avis un défaut dans le système. Le système WOEID est la première génération de cette écriture sociale du lieu. Mais il est justement un système écrit, une grammaire officialisée, qui sera maintenant utilisée par d'autres outils. Elle devient taxonomie de référence et en cela solidifie une pratique. C'est pour cela que je m'écarte de Clay Shirky. D'autres systèmes bien sûr seront créés plus tard.

Je pense que tout système d'expression qui s'inscrit dans le temps, par exemple, par l'intermédiaire de l'écrit, et qui dépasse l'échelle de temps humaine solidifie la dénomination et devient un outil de référence. Les dictionnaires et les encyclopédies ont solidifié la pensée du temps des Lumières, que l'on commence tout juste à remettre en cause par nos nouvelles pratiques.

June 20, 2010 03:31 AM under motif

June 19, 2010

Christian Fauré

Les techniques de soi : séance publique d’Ars Industrialis du 19 Juin 2010

Voici les vidéos de la séance sur les techniques de soi d’aujourd’hui.

Hélas, j’ai eu un petit souci avec mon caméscope de poche et je n’ai pu enregistrer l’intervention du comédien Robin Renucci, membre de l’association, qui fut vraiment remarquable. Mais heureusement une autre vidéo sera disponible très bientôt sur le site d’Ars Industrialis.

L’introduction et l’intervention d’Alain Giffard, grand éclaireur dans l’archéologie et la généalogie des techniques de soi :

L’intervention de Marc Valleur (avec quelques bons moments d’humour) :


Enfin, la synthèse et la conclusion de Julien Gautier :

Signaler sur Twitter

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by Christian at June 19, 2010 08:53 PM under Défaut

Karl Dubost

Vide Grenier

Chateau de Nagoya
Kuala-Lumpur, Malaisie, 25 mai 2008

On entr'ouvre la fenêtre :
Je sens mon coeur palpiter.
Elle veut savoir peut-être
Si je suis à guetter.

de Musset, Alfred, Le rideau de ma voisine

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Vérification du XML bien formé du validateur

Vérifier le fait que le XML soit bien formé uniquement lorsque le document est servi en application/xhtml+xml

À propos des commentaires sur un carnet Web

Derek et Hicks ont décidé de ne pas avoir de commentaires pour se créer un contexte qui permet une publication plus sereine. Je les comprends et je trouve cela une sage décision. Les commentaires ne sont ni une nécessité, ni un droit des lecteurs. Chaque personne doit pouvoir gérer les conditions de son écriture. De la même façon que certains auteurs préférraient écrire dans la foule, dans un café, dans une maison dans la montagne, etc. J’ai toujours adopté la volonté de ne pas avoir de commentaires. L’une des raisons est pour favoriser à ce que les gens écrivent sur un espace à eux, sur le Web. Le reste étant le Web composé de liens et c’est cela la richesse.

Gestion des réunions

Si une personne organise une réunion sans ordre du jour, sans être clair dans ses attentes et sans avoir énoncé ses attentes, la frustration des personnes s’accompagnera des mauvaises décisions. Une réunion n’est pas faite pour informer les gens, mais pour gérer une discussion suite à des questions, des enjeux.

  1. Le modérateur (chair) envoie toutes les informations possibles un jour ou deux en amont de la réunion.
  2. Le modérateur donne du contexte sur les informations manquantes, sur la signification de certaines des informations.
  3. Le modérateur invite à poser des questions sur le contenu en question, à exprimer les enjeux et les inquiétudes.
  4. Le modérateur doit avoir un agenda précis souvent préparé à partir des questions récoltées.
  5. Le modérateur nomme un secrétaire (scribe) idéalement en amont de la réunion.
  6. Le secrétaire prend des notes de la réunion et surtout les actions concrètes et les résolutions.
  7. Le modérateur anime la discussion, prend les tours de parole, contrôle le temps passé sur chacune des questions.
  8. Le modérateur invite à prendre des actions concrètes en s’assurant d’enregistrer le nom de la personne, du bon libellé de l’action ainsi que de la date du livrable.
  9. À la fin de la réunion, le modérateur fait un rapide résumé et lève la réunion.
  10. Le secrétaire envoie les notes de la réunion dans les 24h à toutes les personnes de la réunion et idéalement archive le mail dans un endroit visible du groupe.

Lorsque l’on pratique ainsi, on élimine la plus grande partie des frustrations, mais cela les gens ont dû mal à le comprendre.

textutil, pour convertir des documents

J’ai découvert textutil qui permet de convertir des documents entre différents formats assez aisément. Pour convertir un document html en rtf, il suffit de taper

textutil -convert html monfichier.rtf

Les formats supportés sont : txt, html, rtf, rtfd, doc, docx, wordml, odt, ou webarchive. Très pratique pour traiter automatiquement et archiver des documents au format word en format html.

140,000 miles de routes africaines

Il a fallu un été et quatre personnes pour cartographier 140,000 miles de routes africaines sur Open Street Map. Et pendant ce temps, les allées de Montréal ne sont toujours pas cartographiées. Que faisons-nous pour résoudre cela ? Peut-être une coopération avec bixi pourrait aider. Les vélos sont équipés d’émetteur de géolocalisation semble-t-il (à confirmer un commentaire dit le contraire, ce serait peut-être en rfid). Les personnes doivent certainement empruntés les allées de Montréal avec leur bixi. En collectant les tracés et en les chargeant sur Open Street Map, nous pourrions créer un bon complément de la carte de Montréal.

L’autre solution est de développer une petite application de tracés spécifiquement pour télécharger les données sur Open Street Map.

June 19, 2010 03:45 AM under vide grenier

Karl Dubost

Semons des graines de fleurs et de légumes

mousse contre un mur
Kuala-Lumpur, Malaisie, 21 janvier 2005

« La crise » a le goût du fruit qui abdiquera ta revanche et le noir parfum de la graine d’où poussera la ronce qui te rongera.

Séné, Joachim, La crise, p.12, publie.net, 5 février 2010

Il y a une idée qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Elle revient avec le vent, avec chaque moment de déambulations poétiques dans la ville. J'ai envie d'acheter des sachets de graines de légumes et de fleurs et les semer à tout vent. Tout seul, j'ai des doutes que cela fonctionne. Mais si nous le faisions tous… une fois par semaine. Peut-être que sur le lot, les légumes commenceront à pousser dans les villes.

Un sachet de graine doit être autour de 5 euros, 5 CAD, 500 Yens.

June 19, 2010 03:31 AM under plante

June 18, 2010

Karl Dubost

La mission Iwakura, des Rocheuses à Chicago

How West Train
Film : How The West Was Won, 1962

On parle très souvent ces jours ci de réalité sans prendre en considération toutes les expériences sensorielles que nous vivons au quotidien, par les livres, les chansons, les photographies. Une carte papier est elle même une réalité augmentée. Ainsi la lecture modifiant notre expérience du monde nous offre une réalité augmentée. Je ne suis jamais allé à Chicago. Que cela ne tienne, la mission Iwakura nous y emmène mais avant les plaines, elle traverse les montagnes enneigées du Nevada.

Voir le chapitre précédent

How West Nevada
Film : How The West Was Won, 1962

Huttes indiennes

Ils sont dans le train par la fenêtre, Kinutake voit des constructions de terre avec un dome. Il demande ce qu'elles sont et on lui communique que sont les huttes d'hiver des indiens.

February 3rd, 1872. Fine.

This is an area inhabited by American Indians. From the train windows we sometimes caught sight of their winter dwellings, which are dugouts among the rough sagebrush, with roof thatched with bundles of grass in the shape of a small dome. Wondering what such house was like inside, we asked somebody who is familiar with Indian customs. He told us that it is spherical, with half the sphere above the ground and half below it. Having journeyed through a realm of civilisation and enlightment, we were now crossing a very ancient, uncivilised wilderness.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.35, Cambridge University Press, 2009.

Ce passage m'a intrigué je ne savais pas que les indiens avaient construits des huttes de terre au toit rond. J'ai donc commencé à chercher des informations. Avec difficulté, j'ai trouvé quelques pages et schémas. Je ne suis pas sûr quelle est la ou les tribus que Kunitake a pu observer depuis la fenêtre de son train. Mais elles existaient bien. On peut en trouver encore des traces.

Pithouse
Hutte de terre semi enfouie, Parc Canada.

La hutte était creusée à moitié dans le sol, et puis avec quelques branches pour la charpente, elles était recouvertes de terres et d'herbes. Un des bénéfices direct de ce mode de construction est que la hutte possède un équilibre thermale quelque soit la saison, chaud en hiver, frais en été.

Pithouse
Hutte de terre semi enfouie

Ces huttes me font sourire car elle me remémore le désir d'un enfant de creuser une cabane dans la forêt. La mission Iwakura prend le train tout juste deux ans après la complétion de la ligne. Il doit exister des westerns sur le thème de la conquète de l'Ouest et du train qui accompagne cette conquête. J'ai ainsi trouvé le film How The West Was Won. Un film en cinérama de 1962 dirigé par quatre réalisateurs : John Ford, Henry Hathaway, George Marshall, Richard Thorpe et avec une gallerie d'acteurs connus impressionnantes. J'y ai découvert les fameuses huttes d'indiens dans une séquence de quelques secondes.

How West Pithouse
Film : How The West Was Won, 1962

Un autre détail amusant est que la population de la période Jomon du Japon, vivant il y a quelques dizaines de milliers d'années avant utilisait également des huttes semi-enfouies.

De la lecture, je suis passé à l'imaginaire. de l'imaginaire au Web, aux images, et du Web au cinéma. Quel étrange voyage.

How West Desert
Film : How The West Was Won, 1962

June 18, 2010 11:00 PM under mission iwakura

Karl Dubost

Vide Grenier

Chateau de Nagoya
Montréal, Canada, 4 avril 2010

Sur notre banc ami, tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer,
Nous aurons une joie attendrie et très douce,
La phrase finissant toujours par un baiser.
Combien de fois jadis j'ai pu dire " Je t'aime " ?
Alors avec grand soin nous le recompterons.
Nous nous ressouviendrons de mille choses, même
De petits riens exquis dont nous radoterons.
Un rayon descendra, d'une caresse douce,
Parmi nos cheveux blancs, tout rose, se poser,
Quand sur notre vieux banc tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer.

Gérard, Rosemonde, L'éternelle chanson

Au cours de la journée, je prends des notes simples et mes pensées autour.

Cours Web Sémantique au MIT

Tim Berners-Lee and Group of Boston Web Gurus Leading New MIT Class to Get Linked Data to Market. Ils ont créé dans ce cadre openchart. Peut-être que le cours sera publié au final sur OpenCourseware.

It allows you to explore the large amount of quantitative information found in the Semantic Web. Rather than linking documents together through links, the semantic web works by linking together ideas. Not only can you view information already out on the internet, but you will be able to publish your own information using openCHART!

Immigration Canada et résidence permanente

J’ai dû mal à expliquer à mes proches et amis la règle du Canada qui interdit d’être absent du pays plus de 3 ans sur une période de 5 ans glissante. En fait, pour bien le comprendre, il ne faut pas raisonner en années mais en jours. Un résident permanent n’a pas le droit d’être absent plus de 1095 jours sur les 1825 jours derniers. Il faut que je crée un dessin pour expliquer.

Carnet de voyage à Calcutta

J’ai toujours eu un faible pour les carnets de voyage et encore plus ceux illustrés avec des aquarelles, des photos ou des dessins au crayons. François Clouard propose son carnet de voyage à Calcutta, les Sundarbans et les iles Andamans.

Partir en Inde… jamais fait. Toujours à l’état d’envie. Il faudra bien qu’un jour je passe à l’acte. Aurais-je envie d’y rester ? C’est toujours le problème (?) avec moi, l’envie de s’imprégner, de se fondre jusqu’à ce que l’ennui surgisse pour mieux comprendre le pays.

Golfe du Mexique… un trou béant.

Le désastre écologique du golfe du Mexique apporte son lot de scénario catastrophe. En dehors du cauchemard qui se déroule en ce moment même, certains spéculent. La fuite ne pourraît pas être colmatée, ce qui signifierait environ 2 millions de barils de pétrole dans le Golfe. La seconde hypothèse est que le fond de l’océan s’effondrerait dans le même mouvement. Bien sûr dans ces moments, les scénarios les plus fous se font jour. Ils participent d’une certaine mythologie colllective comme le passage d’une comète et l’annonce de la fin du monde.

Cependant, si ce n’est au moins, que pour retenir le scénario comme exercice de film hollywoodien, je trouve cela intéressant. Imaginons que le fond de l’océan s’écroule entraîne un mouvement massif de l’océan avec des répercussions dans toute la région et au-delà. Plus beau que le film le monde coûle sauf le Japon (un très mauvais film), la Floride disparaît emportant dans son flot le parc d’attractions Disney World.

Cela me rappelle également les deux trous de 2007 et 2010 à Guatemala city. Ils semblent que les dolines du Guatemala n’en soient pas. La cause serait le système vétuste d’égouts de la ville. Les canalisations fuient et érodent très fortement les sols sablonneux. En 2007, les géologues avaient déjà averti le gouvernement que cela se reproduirait sans limite. Faudra-t-il évacuer 3 millions de personnes ? Autre scénario catastrophe.

Audience des spécifications du W3C

Les spécifications du W3C ont des audiences différentes. Ces audiences sont de plus en plus éloignées car le fossé technologique s’agrandit de plus en plus pour différentes raisons.

  • Le niveau technologique d’un navigateur est bien plus évolué que dans le passé
  • Les types d’applications développées sont très différents de l’ère du document
  • Les spécifications doivent donner des instructions de plus en plus précises pour permettre un minimum d’interopérabilité.

Un seul document ne répond plus au besoin des différentes audiences suceptibles d’implémenter et d’utiliser la technologie. Il y a peut-être besoin d’une Developer Edition et d’une Public Edition pour les spécifications du W3C.

  • Developer Edition: Version mise à jour en permanence avec des versions « Milestones »
  • Public Edition: Version stable du document et plus simplifiée.

June 18, 2010 04:35 AM under WebSemantique

June 17, 2010

Karl Dubost

Vide Grenier

Chateau de Nagoya
Nagoya, Japon, 25 avril 2010

Le mouvement de l'eau, des cités, des poèmes,
Comble paisiblement un silence infécond.
Le redoutable hiver se retrouve en lui-même :
La mémoire est encor un grenier plus profond.

Périer, Odilon-Jean, Le voyageur prévoyant

Je tente une nouvelle chose. Je prends des notes de mes lectures et je verrais si je les publie le soir. C'est comme cela que ce document à commencer, un fichier texte avec la syntaxe markdown. Et puis j'ai continué. Ce sont souvent des notes rapides. Un vidage du grenier qui me sert de tête pendant la journée. À la fin de la journée, je publie ce qui m'est passé par la tête et que j'ai pris le temps de noter.

Uniformité des villes

City planners urged to stop building look-alike cities with "identical faces" "Many Chinese cities used to be different, but they are monotonous in looks nowadays. More efforts should be made to protect their unique characteristics," said Sha Zukang, head of the United Nations Department of Economic and Social Affairs. […] They built reproductions of architect in Ming or Qing dynasties to attract tourists, but those were just "fake relics", he said.

"I often heard sayings that old buildings were destroyed during the Cultural Revolution (1966-1976), but it was not true according to my own experiences," he said.

"The Cultural Revolution mainly destroyed relics in the form of objects. Dismantling buildings is something happening today," he said.

Préserver n'est pas une action positive. Une culture existe souvent dans un développement actif et dans son isolation locale par rapport à l'environnement. La solidification de pratiques qui sont différentes de celles qui existent ailleurs. L'ambiguité réside là. Dans ce conflit entre l'ouverture et le choix de l'isolation.

Daily Paper

Un service Web s'arrime à votre compte tweet et créé un tabloid de vos tweets et des gens que vous suivez arrangés par thèmes. Cela donne une vue augmenté des liens et de ce qui est échangé en allant chercher le début d'un texte, une photographie. Cela ressemble en partie à ma lecture de la mission iwakura.

Actions, not intentions

Je participe depuis la semaine dernière à la nouvelle Task Force du W3C afin de rendre le travail du W3C plus flexible et afin de diminuer les barrières à la participation. Les barrières sont souvent très connues. Les frustrations sont exprimées depuis longtemps. L'enjeu le plus important est bien souvent que les personnes qui reprochent quelque chose ne proposent que très rarement des pistes de solutions et encore moins des actions concrètes. Ce dont a besoin le W3C sont des personnes créatives pour aider à résoudre les enjeux, le pointage du doigt ne permet malheureusement pas de faire avancer les choses. Vlad Alexander participe de cette dynamique cela va mal et peu voici quelques suggestions pour améliorer.

Laideur comme barrière de participation

Un des enjeux que le W3C a avec certaines communautés comme les designers Web est la laideur de certains outils ou des documents accessibles. Il devient alors difficile pour certaines personnes de faire une contribution positive si la première réponse émotionnelle est déjà un rejet. L'effort est plus grand. Résoudre cet enjeu demande un travail sur le design et l'ergonomie et donc des personnes spécialisées dans le domaine. Il est rare d'obtenir un travail pro bono de la part des designers. Il serait intéressant d'identifier pourquoi ? La tâche est peut-être trop longue, trop complexe pour pouvoir y participer.

Une nouvelle Task Force

mission of making W3C the place for new Web standards.

Une nouvelle Task Force (je ne sais pas comment le traduire en français) a été créée la semaine dernière pour tenter de réformer le W3C et de le permettre de prendre le nouveau virage de la participation. J'ai été invité sur cette Task Force afin d'aider à avancer avec d'autres des idées. Cette Task Force fait partie d'une initiative globale. La présentation initiale de Ian Jacobs (twitter)

Nous avons eu déjà deux téléconférences dont le compte rendu est en ligne : 7 juin 2010, 16 juin 2010. Nous travaillons sur une liste de discussions archivées publiquement.

Web ouvert et iPad

Chez Laurent un petit débat sur le Web ouvert et l'iPad. Laurent fait une analyse assez juste tout en argumentant la position de Tristan sur le Web ouvert. Est-ce que l'iPad est un problème pour le Web. Pour ma part, je ne pense pas, car l'infrastructure est toujours là et distribuée. Est-ce que cela pourrait le devenir ? Peut-être, mais je pense qu'il y a beaucoup plus à craindre d'autres phénomènes sur le Web.

Phénomène plus amusant, je me rendais au travail ce midi, lorsque j'aperçois une grande affiche iPad. Deux secondes plus tard, je réalise que cela n'a rien à voir avec l'iPad, c'est juste une affiche avec une bordure noire et du contenu à l'intérieur. Mon cerveau est déjà manipulé.

element input en dehors d'un élément form

J'attrape au vol une discussion sur le canal IRC du whatwg

<GPHemsley> Am I right in interpreting that <input> and other form elements do not actually require a <form> parent?

Et je me demandais s'il y avait une quelconque utilité à un élément input sans parent et en effet, lorsque l'élément input est utilisé comme interface d'applications résidentes sur le client seulement (javascript).

On clôt le vidage de grenier. Ah oui de quoi à l'air ce document de prise de notes ?

June 17, 2010 01:52 AM under vide grenier

June 16, 2010

Karl Dubost

Vers le Pacifique

Tori
Manazuru, Kanagawa, Japon, 11 février 2008

Puis, en juillet, la mer était montée comme d'habitude à l'assaut de la plaine. Les barrages n'étaient pas assez puissants. Ils avaient été rongés par les crabes nains des rizières. En une nuit, ils s'effondrèrent.

Duras, Marguerite, Un barrage contre le Pacifique

L'océan tout entier. Un mur.

June 16, 2010 04:05 AM under carnet

June 15, 2010

Karl Dubost

La technologie n'est pas du cinéma

Affiche dans le métro
Séoul, Corée du Sud, 5 mai 2007

Il y a quelques jours, j'ai participé au projet Columbus organisé par l'INIS. Une journée consacrée au « transmedia » avec quelques conférenciers et un panel de 3 heures dont je faisais partie. Un panel de trois heures est une véritable aventure. Dans la salle, il y a des personnes du milieu du cinéma et de la télévision, des réalisateurs, des producteurs, des scénaristes, des commerciaux, etc. Des personnes là pour comprendre ce que veut dire le Web et autres nouvelles technologies dans leurs pratiques professionnelles. Je ne pense pas que nous ayons réussi à passer entièrement le message… s'il y avait un message à passer.

La conférence et le réseau

La conférence n'est plus vraiment le lieu de la participation. Elle impose un placement physique qui met en opposition, plutôt qu'en position d'échanges. L'exercice devient d'autant plus futile lorsque notre discussion est principalement orientée sur ce que change le réseau dans la participation. Nous voilà 5 personnes sur un panel faisant face à la foule de 100 personnes. À nous la parole, à eux l'écoute. Finalement, le barrage a en partie craqué. La foule s'est rebellée et a décidé de prendre la parole contre les règles posées par l'animateur. Ce fût pour moi, le moment le plus riche. Le basculement dans la participation. Ce n'est malheureusement pas allé assez loin.

Ces personnes avaient payé pour être là, pas moi. J'étais là pour parler. Je l'ai fait. Mais par leurs commentaires, j'ai beaucoup appris. J'aurais dû payer aussi ? La participation repose sur un échange réciproque. Quand on se place sur la scène, on ne se met pas en danger. Tout au contraire, on se protège dans un rôle, celui de l'orateur.

J'ai eu des commentaires positifs et on m'a rapporté que nous avions été arrogants. Ce que je veux bien croire. Qui étions nous pour venir discuter, bouleverser le modèle économique et culturel dans lequel ces professionnels travaillent depuis des années.

Le choc culturel

Ce midi, je parlais de cette journée avec deux collègues et de la difficulté qu'il y a de parler aux personnes d'un domaine en bouleversement. Le monde de la musique, de l'édition ainsi que du cinéma sont en mutation profonde. Cela prendra quelques années, peut-être plusieurs dizaines d'années, mais radicalement le réseau accompagné de la technologie numérique a créé une infrastructure qui favorise certains éléments et en fait disparaître d'autres. Peu importe la façon dont nous portons le message par des faits, des chiffres, des observations, les personnes réagissent fortement. Nous touchons là au cœur de ce qui les fait vivre. Une personne peut prendre conscience, mais changer une infrastructure est un enjeu différent. Le message inacceptable et jamais vraiment dit est simple : « Votre industrie, votre métier va mourir. » Qui veut entendre cela ? Personne.

Alors les personnes se protègent :

  • « Ils se trompent, l'histoire le montrera. » Ce à quoi je ne peux répondre que oui, car ce que je peux imaginer sera sûrement différent de la réalité. Cependant cela a mon avis ne change rien.
  • « Quel est le modèle d'affaires de ce nouveau milieu ? » Mauvaise question. Il faut vivre dans ce milieu pour pouvoir répondre à des besoins propres à ce milieu et faire des « affaires. » Certains expérimentent et trouveront peut-être de nouvelles façons.
  • « Après moi le déluge. » Pour ceux qui ne veulent pas changer de vie, c'est presque l'attitude la plus saine. Tenir jusqu'à la retraite.

Du cinéma muet au cinéma parlant

« That's Entertainment! » est un film documentaire sur les grands music-halls hollywoodiens. Enfant, ce documentaire m'a fait rire, rêvé, transporté de joie. Je l'ai regardé de nouveau, il y a quelques semaines. Le début du documentaire est consacré au passage du cinéma muet vers le cinéma parlant.

Imaginez cela. Un jour, la technologie évolue et révèle la voix des comédiens. C'est un bouleversement. Des comédiens qui avaient des talents immenses de jeu de scène ont vu leurs carrières disparaître car… leur voix était insupportable. Ces comédiens là n'ont pas pu changer leur voix. De nouvelles qualités étaient requises. Les studios de cinéma sont allés recruter des comédiens de théâtre et de Broadway. Un univers s'est effondré pour certains et un autre a émergé.

Il n'y a pas de nouveaux modèles d'affaires si vous n'êtes pas prêts à abandonner ce qui est partie des traits de votre modèle actuel. C'est dur. C'est ingrat. Malheureusement, je n'ai pas l'impression qu'il y ait d'autres alternatives. Pensez aux diligences face au train, au pony express face au télégraphe, aux paquebots face aux avions, au livreur de lait face aux emballages carton, … et des milliers d'autres exemples.

Lors d'une discussion avec une personne du monde du cinéma, il y a deux semaines, j'ai mentionné que j'étais un amoureux du cinéma. Elle m'a demandé –Vous allez en salle ou vous téléchargez ? Je lui ai répondu –les deux.

Affiche
Séoul, Corée du Sud, 4 mai 2007

June 15, 2010 10:49 PM under cinéma

Karl Dubost

La technologie n'est pas du cinéma

Affiche dans le métro
Séoul, Corée du Sud, 5 mai 2007

Il y a quelques jours, j'ai participé au projet Columbus organisé par l'INIS. Une journée consacrée au « transmedia » avec quelques conférenciers et un panel de 3 heures dont je faisais partie. Un panel de trois heures est une véritable aventure. Dans la salle, il y a des personnes du milieu du cinéma et de la télévision, des réalisateurs, des producteurs, des scénaristes, des commerciaux, etc. Des personnes là pour comprendre ce que veut dire le Web et autres nouvelles technologies dans leurs pratiques professionnelles. Je ne pense pas que nous ayons réussi à passer entièrement le message… s'il y avait un message à passer.

La conférence et le réseau

La conférence n'est plus vraiment le lieu de la participation. Elle impose un placement physique qui met en opposition, plutôt qu'en position d'échanges. L'exercice devient d'autant plus futile lorsque notre discussion est principalement orientée sur ce que change le réseau dans la participation. Nous voilà 5 personnes sur un panel faisant face à la foule de 100 personnes. À nous la parole, à eux l'écoute. Finalement, le barrage a en partie craqué. La foule s'est rebellée et a décidé de prendre la parole contre les règles posées par l'animateur. Ce fût pour moi, le moment le plus riche. Le basculement dans la participation. Ce n'est malheureusement pas allé assez loin.

Ces personnes avaient payé pour être là, pas moi. J'étais là pour parler. Je l'ai fait. Mais par leurs commentaires, j'ai beaucoup appris. J'aurais dû payé aussi ? La participation repose sur un échange réciproque. Quand on se place sur la scène, on ne se met pas en danger. Tout au contraire, on se protège dans un rôle, celui de l'orateur.

J'ai eu des commentaires positifs et on m'a rapporté que nous avions été arrogants. Ce que je veux bien croire. Qui étions nous pour venir discuter, bouleverser le modèle économique et culturel dans lequel ces professionnels travaillent depuis des années.

Le choc culturel

Ce midi, je parlais de cette journée avec deux collègues et de la difficulté qu'il y a de parler aux personnes d'un domaine en bouleversement. Le monde de la musique, de l'édition ainsi que du cinéma sont en mutation profonde. Cela prendra quelques années, peut-être plusieurs dizaines d'années, mais radicalement le réseau accompagné de la technologie numérique a créé une infrastructure qui favorise certains éléments et en fait disparaître d'autres. Peu importe la façon dont nous portons le message par des faits, des chiffres, des observations, les personnes réagissent fortement. Nous touchons là au cœur de ce qui les fait vivre. Une personne peut prendre conscience, mais changer une infrastructure est un enjeu différent. Le message inacceptable et jamais vraiment dit est simple : « Votre industrie, votre métier va mourir. » Qui veut entendre cela ? Personne.

Alors les personnes se protègent :

  • « Ils se trompent, l'histoire le montrera. » Ce à quoi je ne peux répondre que oui, car ce que je peux imaginer sera sûrement différent de la réalité. Cependant cela a mon avis ne change rien.
  • « Quel est le modèle d'affaires de ce nouveau milieu ? » Mauvaise question. Il faut vivre dans ce milieu pour pouvoir répondre à des besoins propres à ce milieu et faire des « affaires. » Certains expérimentent et trouveront peut-être de nouvelles façons.
  • « Après moi le déluge. » Pour ceux qui ne veulent pas changer de vie, c'est presque l'attitude la plus saine. Tenir jusqu'à la retraite.

Du cinéma muet au cinéma parlant

« That's Entertainment! » est un film documentaire sur les grands music-halls hollywoodiens. Enfant, ce documentaire m'a fait rire, rêvé, transporté de joie. Je l'ai regardé de nouveau, il y a quelques semaines. Le début du documentaire est consacré au passage du cinéma muet vers le cinéma parlant.

Imaginez cela. Un jour, la technologie évolue et révèle la voix des comédiens. C'est un bouleversement. Des comédiens qui avaient des talents immenses de jeu de scène ont vu leurs carrières disparaître car… leur voix était insupportable. Ces comédiens là n'ont pas pu changé leur voix. De nouvelles qualités étaient requises. Les studios de cinéma sont allés recrutés des comédiens de théâtre et de Broadway. Un univers s'est effondré pour certains et un autre a émergé.

Il n'y a pas de nouveaux modèles d'affaires si vous n'êtes pas prêts à abandonner ce qui est partie des traits de votre modèle actuel. C'est dur. C'est ingrat. Malheureusement, je n'ai pas l'impression qu'il y ait d'autres alternatives. Pensez aux diligences face au train, au pony express face au télégraphe, aux paquebots face aux avions, au livreur de lait face aux emballages carton, … et des milliers d'autres exemples.

Lors d'une discussion avec une personne du monde du cinéma, il y a deux semaines, j'ai mentionné que j'étais un amoureux du cinéma. Elle m'a demandé –Vous allez en salle ou vous téléchargez ? Je lui ai répondu –les deux.

Affiche
Séoul, Corée du Sud, 4 mai 2007

June 15, 2010 01:54 AM under cinéma

June 14, 2010

Christian Fauré

Grand emprunt : développement du « machin numérique »

La semaine dernière, le « secrétariat d’état chargé de la prospective et de l’économie numérique » a publié une consultation publique qui s’inscrit dans le cadre du grand emprunt, décidé par le président de la république. Il s’agit d’une consultation qui s’adresse à tout le monde (on peut télécharger la consultation sur le site ministériel de la prospective), et même le simple citoyen peut y répondre.

Maintenant que l’état a annoncé qu’il souhaitait investir plusieurs milliards sur l’économie numérique, ne reste donc plus qu’à connaître les modalités de cet investissement. On sait qu’environ 75% des budgets investis par l’état le seront sous forme de prêts (remboursement avec intérêt à la clé) et 25% sous forme d’avance remboursable ou de subvention. De plus, les structures de partenariat public-privé sont de mise pour constituer des « filières industrielles » dans l’économie du numérique.

Filières industrielles, grand emprunt, partenariats public-privé, modèles d’affaire à inventer, structures juridiques et montages financier à imaginer, etc. Si certains pensaient que le grand emprunt serait simple, je crois qu’ils vont être douchés. On a à faire à ce que De Gaulle appelait un « machin » (expression qui aurait été utilisé en septembre 1960 à propos de l’ONU), un « machin numérique » en l’occurrence.

En lui-même, le texte de la consultation véhicule une vision très libérale de l’économie numérique dans laquelle l’état est souvent présenté comme un « investisseur avisé » qui fera ses choix en ayant un regard attentif au retour sur investissement des modèles d’affaires que proposeront les consortiums qui co-investiront avec le secteur public dans ces nouvelles filières économiques. Il n’y est peu question d’économie politique et il n’y a que de lacunaires allusions à la politique culturelle, même quand il s’agit de sujets comme la numérisation du patrimoine. Par voie de conséquence, à chaque fois que le terme de « valorisation » est utilisé, je l’ai surtout compris dans le sens de  « valorisation financière ».

En ce qui concerne le volet numérisation du patrimoine, quand on n’a aucune idée du modèle d’affaire et qu’on ignore tout de l’économie politique, on s’empresse de croire que c’est la publicité qui financera l’affaire. C’est ce que j’ai pu constater dans les discussions que j’ai pu avoir avec les organisations privés qui essayent de se positionner sur le sujet.

Du coup, contrairement au document de la consultation, je m’inquiète de la question du « public » qui sera un des destinataires de ce patrimoine numérique. En effet, selon la politique culturelle que l’on mène, les publics ne seront pas les mêmes. Et on sait que, dans le cas des musées, on assiste à un devenir touriste et consommateur du public des musés. Figure qui n’est pas du tout celle de l’amateur comme courroie de transmission vers une économie de la contribution. On a ainsi la sensation que l’économie numérique dans laquelle l’état souhaite faire des investissements est fortement marqué par une vision consumériste de la question.

En conséquence, les logiques financières qui vont être proposées dans les prochains mois vont immanquablement proposer des « business plans » avec des indicateurs et des méthodes d’évaluation financiers très restreints. La question des externalités, ou encore le développement des capabilités pour rejoindre les thèses d’Amartya Sen, de même que l’opportunité de mettre en place des méthodologies d’évaluation inspirées des travaux d’Esther Duflo, etc. Tout cela a fort peu de chance d’avoir droit au chapitre.

Plus nous avançons, plus le dossier se complexifie. Plus personne ne sait sur quel pied danser et chacun se demande s’il a bien compris la règle du jeu. Au final, nous sommes tous comme des poules devant une paire de ciseaux face à ce machin numérique. Seul ceux qui avaient une stratégie industrielle pré-existante dans leurs cartons ont à présent la possibilité d’avancer sur le sujet car ils ne posent pas de questions métaphysiques : ils déroulent leurs plans initiaux dans le cadre du grand emprunt.

Ma crainte est que, dans cette configuration, ce soit les versants « économie politique » et « politique culturelle » (ce qu’Ars Industrialis désigne par l’expression « politique industrielle des technologies de l’esprit ») qui passent à la trappe, avec une forme de privatisation de l’accès au patrimoine numérique. On pourra bien répondre qu’il y a un cahier des charges à respecter et que les institutions en charge des différents fonds patrimoniaux seront toujours en mesure de mener leur politique culturelle : mais ont a déjà connu situation légèrement similaire avec la privatisation de TF1. Le groupe Bouygues devait certes respecter un cahier des charges, mais il a subi sérieuses et nombreuses entorses, jusqu’au jour où Le Lay a lâché le morceau en avouant que le métier de TF1 était de vendre du temps de cerveau disponible.

Mais enfin, la démarche ne fait que commencer, et il ne faut pas préjuger de son succès. Espérons juste que les différentes parties prenantes ne vont pas se décourager.

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by Christian at June 14, 2010 05:27 PM under Défaut

June 12, 2010

Karl Dubost

La mission Iwakura et la traversée de la Sierra Nevada

Train et neige
Train dans Blue Canyon

La discussion autour de la lecture augmentée continue. Hubert Guillaud partage ses propres réflexions sur le métalivre : le livre que nous reconstruisons. Voir le chapitre précédent

Carte Baie de San Francisco
De San Francisco à Sacramento, 1901 Grand format..

La mission Iwakura est sur le départ. Ils sont partis de San Francisco pour passer une partie de la nuit à Sacramento, où ils ne se coucheront que très tard. Une fête avec les notables de la ville a été organisée en leur honneur. Il faut poursuivre vers l'est pour continuer ce tour du monde. Ils prennent le train de la Central Pacific Railroad Company à 3h le matin du 2 février 1872 depuis la gare de Sacramento. Ils se dirigent vers la Sierra Nevada, le territoire désertique de l'Utah et les montagnes rocheuses.

Train Sacramento
Gare de Sacramento, 1870 Vue générale..

Cape Horn, American River

La ligne de train vient d'être achevée quelques années auparavant, ils vont passer Cape Horn à 9h15, Gold Run à 10h10, Dutch Flat, Alta, Shady Run un peu après 13h30, China Ranch, West Boulder, Summit. Kunitake décrit la vue :

At a quarter past nine we approached the very steep section of track known as Cape Horn. The railroad wound upwards alongside the canyon walls, high above the steep banks of the American River. […]

How can I describe the scenery of Cape Horn? Behind, grandly aloof, towered steep, craggy walls dotted with pine-trees. Below, the valley was so deep that the roar of the river at the bottom of it was faint.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.32, Cambridge University Press, 2009.

Cape Horn
Vue du Cape Horn au dessus de American River Source..

Cape Horn
Autour du Cape Horn en train dans les années 1870 Source..

La ruée vers l'or

Une fois atteint le village de Gold Run, Kunitake commence à apercevoir les installations des chercheurs d'or.

At ten minutes past ten in the morning we passed Gold Run village. We began to see sluice-boxes used for hydraulic mining. Streams of water are fed from the mountain valleys into these wooden flumes, which are set up to sieve out the gold-dust.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.32, Cambridge University Press, 2009.

Chercheur d'or
Mineurs. Photo Jackson..

La grande période de la ruée vers l'or en Californie a commencé en 1848 et a attiré 300 000 personnes en près de 6 ans de tous les horizons. Entre 1847 et 1870, la population de San Francisco est passée de 500 à 150 000 personnes. Tout a été épuisé très rapidement. En 1850, les mineurs commencent à chasser les étrangers et les amérindiens font les frais de cette immigration massive. Les mineurs ont adopté alors des techniques hydrauliques violentes (qui seront interdites en janvier 1884 par décret) et s'enfouir un peu plus à l'intérieur des montagnes. Entre 1865 et 1878, Gold Run produisit $6,125,000 d'or. Les mines cessent en 1882. Kunitake passe dans la région en février 1872. Les années 70 représentent le pic d'activité de la région pour les mines d'or.

Il y a une certaine ironie dans l'histoire où chaque période amène son exploitation sauvage aux conséquences désastreuses pour l'environnement.

excavation hydraulique de l'or
Mineurs, Dutch Flat, Bibliothèque de Denver.

Les tunnels contre la neige

Kunitake est impressionné par les longs tunnel à neige qui sont là pour protéger la voie de chemin de fer.

From here the train began to pass through what are called 'snow-sheds'. These are strong roofs built over the track to keep it clear of snow. They are contsructed of tall timbers, each of a foot square , with boards nailed across them to make solid buttresses semi-octagonal in shape. The overlapping boards on the roofs form a pattern resembling that on a turtle-shell. The snow-sheds run for two to three milesand in som places up to fifteen or sixteen miles. When our train passes through one of these sheds, the carriage interiors grew dark, just as when passing through a tunnel. Only occasionally could we see, through the gaps between the timbers, flashes of light reflected from the snow beside the sheds.

Kunitake, Kume, The Iwakura Embassy to the USA and Europe, p.33-34, Cambridge University Press, 2009.

tunnel pour protéger de la neige
Tunnel à neige, 1872, Guide de tourisme Crofutt.

tunnel pour protéger de la neige
Tunnel à neige, 1872, 36-Day Transcontinental Rail Journey.

Détail amusant, Walter Scott Fitz voyageait exactement dans le sens inverse sur la même ligne de train, alors que la mission fût bloquée pendant quelques jours à Salt Lake City (Station Ogden) du 4 février au 22 février 1872 à cause de la tempête de neige. Walter Scott Fitz du 31 janvier 1872 au 17 février avance à petit pas pour rejoindre la station Ogden pour avoir le train de San Francisco. Deux journaux s'écrivent les mêmes jours sur cette ligne de train qui traverse les États-Unis. Tout comme Kunitake il mentionne que sur les parties très inclinées de la voie, trois locomotives sont mises ensemble pour tirer les wagons.

tunnel pour protéger de la neige
Neige sur la voie, Harper's Weekly, 19 mars 1870.

June 12, 2010 09:27 PM under mission iwakura

Christian Fauré

Mille-feuilles Japonais

Au XIII° siècle, souligne Edwin O.Reischauer dans le premier tome de son Histoire du Japon et des Japonais, la vie politique japonaise avait de quoi dérouter :

« l’empereur se trouvait sous la dépendance d’un ancien empereur retiré et sous celle des Fujiwara qui contrôlaient en sous-main un cabinet fantoche manipulé de l’extérieur par le shogun qui n’était lui-même que l’homme de paille d’un régent Hojo …! » p.68

Et Reischauer poursuit :

 » La conduite des affaires paraissait confiée à une série de doublure dont aucune ne détenait la réalité du pouvoir. L’observateur le plus perspicace aurait pu se représenter la vie politique japonaise comme un jeu de paravents ou comme un interminable emboîtement de personnages gigognes. »

Encore aujourd’hui, cette spécificité dans la gestion du pouvoir japonais perdure. Derrière la figure du premier ministre Yukio Hatoyama (Parti Démocrate) qui vient de démissioner après seulement quelques mois au pouvoir, il y a celle d’Ichiro Ozawa. Celui-ci, n°2 du PDJ, est souvent présenté comme l’homme qui détenait le pouvoir dans l’ombre. Sur Wikipedia, on peut lire qu’il lui fut reproché de reprendre les « vieilles méthodes » du PLD (Parti Libéral Démocrate, qui fut au pouvoir depuis 50 ans, dont il fut membre jusqu’en 1993, avant de devenir son principal opposant), à savoir :

« la négociation en coulisse des décisions importantes en communiquant le moins possible et, comparé à ce que fut Kakuei Tanaka dans les années 1970 et 1980, il est surnommé pour cette raison le « Shogun de l’ombre » (影の将軍, Kage no shōgun). »

Akira Kurosawa a également repris cette tradition du « représentant fantôme » dans son film « Kagemusha, l’ombre du guerrier » ( 影武者, Kagemusha), où l’on voit un sosie jouer le rôle du chef de clan décédé.

On pourrait penser que cette fracture entre le pouvoir symbolique et le pouvoir réel se traduit par un délaissement de toute forme symbolique puisque celle-ci n’est d’apparence. En fait pas du tout, l’histoire du japon montre que ce peuple est très friand de titres ronflant et de distinctions. Aussi, toutes les logiques de l’apparat et de la représentation ont-elles atteint un degré de subtilité et de sophistication sans égal, et cela s’incarne entre autres dans l’art des cérémonies. Loin d’être délaissé, le symbolique est sublimé ou, plutôt, est le lieu de la sublimation.

*

Dans la même veine, l’histoire de l’influence de la chine sur le japon montre  l’introduction de structures organisationnelles et symboliques très subtiles qui, de fait, n’auront d’autre  réalité que fantômatique. Deux exemples :

  • le japon ( surtout au VIII° siècle) a reproduit avec une grande fidélité les règlements et les structures administratives mises en place en Chine par la dynastie des T’ang, mais leur fonctionnement n’a jamais vraiment pris sur l’île. Nombre de personnages se voyaient ainsi gratifiés de titres et de responsabilités qu’ils n’exerçaient pas de fait ;
  • dans un autre registre, la langue écrite japonaise elle-même s’est constituée à partir des idéogrammes chinois. Pourtant, ces idéogrammes chinois étaient totalement abstraits de leur signification originaire. Une écriture fantôme en quelque sorte.

Ce que Sylvain Auroux nomme en occident la « révolution technologique de la grammatisation » a un tout autre visage au japon où le processus de transcription de la langue orale commence ainsi au IX et X siècle (l’utilisation du chinois par les « lettrés » japonais commence au V° siècle) avec l’utilisation des caractères chinois simplifiés comme de simples symboles phonétiques dépourvus de toute signification propre et où chaque idéogramme chinois représente le plus souvent arbitrairement une syllabe japonaise. On a ainsi à faire à une syllabaire plus qu’à un alphabet. Par la suite, la succession de règles arbitraires qui se développent en d’infinies déclinaisons et flexions avec le temps fait dire à Reischauer que :

« …le japonais moderne pose au lecteur une série d’énigmes et d’épineux problèmes de déchiffrement et d’interprétation. La complexité du système d’écriture japonais n’a aucun équivalent au monde. » Ibid. p 52.

Ce qui fait pleinement écho à la complexité de son système politique.

On peut « délirer le Japon », comme je le fais ici en employant le concept Deleuzien de délire, et le voir comme un kaléidoscope de plusieurs nations : on l’a longtemps comparé à la Grande Bretagne, mais il y a aussi de l’italien, de l’allemand, du français, de l’américain, du chinois et du coréen bien sûr. Mais, derrière toutes ces facettes, il y a toujours, dans l’ombre, la figure du guerrier à cheval comme chef de clan et le shintoïsme comme inconscients protohistoriques qui ne se sont jamais laissée dissoudre précisément parce qu’ils proviennent du temps d’avant l’écriture.

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by Christian at June 12, 2010 03:29 PM under Défaut