Planète Web Sémantique

April 12, 2019

David Larlet

☕︎ Péremption

Une dernière avant de monter dans l’avion (cache) et d’être probablement moins en ligne pendant trois semaines. N’oubliez pas que vous pouvez écrire aussi (cache). Et lier. Et publier. Pour plus ou moins longtemps. Ou pas.

In a one-day project, he created a speculative system of classifying links (cache). A double underline indicates a citation of a source document and dash, dot and wave underlines signal agreement, disagreement and other relationships. “Otlet proposed ideas about how information has its own social world,” Hunt says. “You could relate documents that disagreed with each other, or cited each other or built on each other and XYZ.”

How Google warped the hyperlink (cache)

Imaginez une lieu de communication — au hasard Twitter — où les mentions/retweets seraient typés de la sorte. À quel point est-ce que cela modifierait notre façon d’explorer le graphe ? Quel profilage cela permettrait si vous choisissiez explicitement la nature des liens parcourus ? Dans quel mesure pourrait-on se doter d’outils afin de lutter contre des choix implicites et algorithmiques ?

But, this has all made me wonder: has the modern stack killed experimentation, and shipping bad ideas? Do weird experiments and fun ideas die on the floor, tangled in complexity, more often now? I’d hazard a guess that the answer is yes, and that you should probably skip that hipster framework —for now— as well. Just ship something instead.

You probably don’t need that hip web framework (cache)

Je ne pense pas que ce qui tue l’innovation soit la petite expérience frustrante du soir sur une nouvelle technologie donnée. En revanche, la difficulté à transmettre à cause de cette barrière n’est probablement pas anodine dans cette évolution. Et l’envie suscitée par cette tribu sourde aux autres (cache) est probablement très néfaste. C’est difficilement quantifiable car on parle là de moyen-terme dans un écosystème assez complexe. Et les personnes qui ont réussi à franchir ce palier savent qu’elles ont un avantage en terme de pouvoir (cache) sur une nouvelle génération.

Une façon de se prémunir de sa propre obsolescence. Obole sans sens.

Les huis clos sont des articles bruts parfois temporaires, publiés dans un but exutoire et cathartique sans intention d’échange.

Note : je ne vais pas lier + garder une copie de l’article vu qu’il est potentiellement temporaire de manière explicite.

C’est toujours inspirant de considérer des publications qui peuvent être temporaires. On oublie souvent qu’en fait tout ce qui est publié sur Internet l’est temporairement. Un blog, un journal, les deux, un media, un réseau social. Comment rendre ces dates de péremptions explicites ? Encore une chose qui pourrait être attachée au lien.

Quelle nécessité de jugement en tant qu’auteur pour qualifier ces liens ?

Bien sûr, les réseaux sociaux sont loin de promouvoir toutes ces fonctions – certainement parce que certains de ces objectifs sont incompatibles avec leurs modèles économiques : la polarisation politique et les insultes génèrent plus de pages vues que la délibération ou la promotion de la diversité.

Médias, plateformes sociales et citoyenneté (cache)

Et c’est bien là où les personnes qui développent ces réseaux pourraient avoir un impact. Encore faudrait-il qu’elles arrivent à prendre un peu de recul sur leurs outils… si tant est que cela puisse être pensé sous un autre angle que celui de la productivité (cache).

Mais a-t-on encore ce luxe dans un système productiviste ?

These disappearances, along with other changes Facebook has made to how it saves its archive of announcements and blog posts, make it much harder to parse the social network’s historical record. This makes it far more difficult to hold the company, and Zuckerberg himself, accountable to past statements — particularly during a period of intense scrutiny of the company in the wake of a string of scandals.

Years of Mark Zuckerberg’s old Facebook posts have vanished. The company says it ’mistakenly deleted’ them. (cache)

Saperlipopette ! Après le comique de répétition, celui de suppression ? En parallèle de ça, on met des bâtons dans les roues d’archive.org (cache). Coïncidence ?

La personne la plus influente du monde a-t-elle un droit à l’oubli ?

Facebook n’a de la démocratie qu’une approche instrumentale dans laquelle publicités et pétitions qui étaient hier principalement le moyen de son agenda de croissance économique sont désormais clairement la finalité de l’agenda idéologique et politique de son fondateur. Et ce n’est pas une bonne nouvelle.

Le problème de la publicité électorale, ce n’est pas l’élection, c’est le ciblage. (cache)

La bonne nouvelle c’est que l’on pourra réajuster le cap une fois les dérives observées afin de ne pas reproduire de telles erreurs par la suite. C’est ainsi que notre démocratie fonctionne.

N’est-ce pas ?

The books can be read when the solar powered website is down due to bad weather. In fact, the content can be viewed with no access to a computer, a power supply, or an industrial civilization. A printed website also serves to preserve the content of Low-tech Magazine in the longer run. Websites don’t live forever, and the internet should not be taken for granted.

Low-tech Magazine: The Printed Website (cache)

Ne pas prendre le Web pour un acquis mais pour un moyen de diffusion relativement ponctuel dans l’histoire de l’Humanité. Qui ne va pas forcément durer très longtemps. Est-ce qu’il y aurait quelque chose à sauver de cet espace avant l’effondrement ? Sur quels supports ?

Quelle prétention à vouloir publier pour longtemps ?

April 12, 2019 11:00 AM

April 05, 2019

David Larlet

☕︎ Définitions

Une semaine rythmée par l’exploration de nouveaux lieux de vie. Quitter le plateau et ses montréalisiens pour lequel j’entretiens une relation d’amour-haine. Envisager diverses options, divers choix de vie. Se rappeler que c’est un luxe d’avoir ces choix.

Among the reasons invoked by landlords to reject the application of future tenants, according to the people that responded to me; no couples, no roommates, no children, no animals, no foreigners, and no students. There are even people who said they have been refused an apartment because their job was too recent, or because they did not want to share personal information.

Even in Montreal, It’s Becoming Harder to Find an Apartment (cache)

En tant que privilégié, il est assez rare que je subisse des discriminations a priori, juste par mon état familial ou mon pays de naissance. Et même dans ces cas là, j’ai bien conscience qu’il s’agit de problèmes de riche qui me font relativiser considérant ce que subissent et ressentent d’autres personnes au quotidien, depuis leur naissance. Dans quelle mesure est-ce que ma culture se définit comme étant tout ce qui n’est pas accepté par celles des autres ? Est-ce que je dois forcément me définir via les peurs que je suscite ?

And yet much of that history seems to be lost already. Thousands of sensors were installed throughout Biosphere 2 to harvest data, but in his recent book, “Pushing Our Limits,” the Biospherian Mark Nelson says that only a small fraction of that data have been analyzed and published. When Dr. Nelson asked the University of Arizona about the rest, he was told the university didn’t have it. “It’s shameful to simply accept that these important data are gone,” he wrote.

The Lost History of One of the World’s Strangest Science Experiments (cache)

Une histoire parmi tant d’autres de données perdues. Peut-être que c’est la meilleure définition de l’Histoire : une donnée qui se perd et que l’on continue à raconter. Comme si l’analytique avait besoin d’être humanisé pour faire partie de l’imaginaire collectif. Comme si le vide béant laissé là était trop douloureux pour ne pas le romancer et se l’approprier par le récit. On conserve si peu de traces des non-évènements qui constituent pourtant la majorité de nos vies.

When Britain colonised Australia in the 18th and 19th Century, it drew on the legal doctrine now known as terra nullius – nobody’s land – to justify its conquest and treat the indigenous population as if they didn’t exist or have any claims on the land. Today our attitude is one of tempus nullius. The future is an “empty time”, an unclaimed territory that is similarly devoid of inhabitants. Like the distant realms of empire, it is ours for the taking.

Why we need to reinvent democracy for the long-term (cache)

Lorsque l’espace n’est plus colonisable, c’est le temps qui le devient. Laisser sa trace partout, en tout temps. Mégal-homme-anes en lutte désespérée contre une vie éphémère. Une fois l’humanité éteinte, nos traces temporelles ne seront que nos déchets. C’est peut-être l’ultime but de la science : obtenir des déchets pérennes pour laisser une trace. « On était là, pas pour longtemps, mais on espère que vous vous souviendrez de nous. » La bouteille en plastique jetée à la mer prend soudain un tout autre sens.

Ce temps où j’invente mon avenir disparait au profit d’un temps tout immergé dans le présent, lui-même vidé par la déréalisation qu’il subit tant il ne ressortit pas à de l’expérience. Pour se développer, l’individuation a besoin non seulement de temps, mais de définir l’objet même de ce à quoi elle passe son temps. C’est là une lutte quotidienne de ne pas se laisser confisquer le temps propre par autrui ou par tout phénomène exogène. Plus grave encore est la certitude grandissant dans nos cerveaux chloroformés que le temps n’est que dépersonnalisé, comme s’il était une entité chérubinique, purement abstraite, insaisissable. Le temps, c’est seulement ce qu’on en fait. Et Anders de revenir sur ce temps passé devant l’écran, à s’anesthésier l’esprit.

Les irremplaçables, Prologue (cache, PDF 500 Ko), Cynthia Fleury

Cela fait un mois complet que je n’ai plus pratiqué aucune activité physique. Il s’agit d’un manque important à ma santé, à la fois physique et mentale. Et à ma capacité d’avoir un rapport à l’autre — et donc à moi — qui soit apaisé. Je commence à mieux comprendre l’expression « prendre son mal en patience ».

April 05, 2019 11:00 AM

March 29, 2019

David Larlet

☕︎ Acceptation

Accepter d’avancer et assumer les dommages collatéraux. Accepter de déménager pour réduire. Accepter de vivre dans un monde de ronds alors qu’on se sent une famille de carrés. Accepter d’être dans le cliché du sportif blessé et chiant. Accepter de prendre soin de son corps lorsqu’on a les télomères qui raccourcissent.

Peut-être aussi la catastrophe écologique, de plus en plus visible, a-t-elle diminué le prestige et le pouvoir d’intimidation de la société technicienne, levant les inhibitions à s’affirmer sorcière. Quand un système d’appréhension du monde qui se présente comme suprêmement rationnel aboutit à détruire le milieu vital de l’humanité, on peut être amené à remettre en question ce qu’on avait pris l’habitude de ranger dans les catégories du rationnel et de l’irrationnel.

Sorcières, Mona Chollet

Une question de cycle vis-à-vis de la technique dont ont ne trouvera probablement jamais le rapport juste. On a tôt fait de mettre à l’index les FakeMed sans remettre en question toutes les FakeTech qui nous entourent par exemple. Dans un système capitaliste, les explorateurs d’aujourd’hui sont-ils inévitablement les charlatans de demain ?

Accepter l’irrationnel.

Ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption.

L’illusion de la démocratie en France ? par Juan Branco (bientôt sur leur instance peertube ?)

J’aurais envie de paraphraser : Juan Branco n’est pas un lanceur d’alerte, il est l’alerte. Dé-construction très claire de l’oligarchie qui gouverne la France. Je n’ai pas trop de doutes sur le fait que ça soit le cas à d’autres endroits. En bonus, l’interlocuteur Thinkerview parle moins.

Accepter que ce soit inhérent au régime démocratique (ochlocratique ?) tel qu’il est implémenté.

We cannot absolve ourselves of culpability merely because we failed to conceive such evil use cases when we built it. While we very well might not have created these platforms with the explicit intent to help Nazis or imagined it would be used to spread their hate, the reality is that our platforms are being used in this way.

As product creators, it is our responsibility to protect the safety of our users by stopping those that intend to or already cause them harm. Better yet, we ought to think of this before we build the platforms to prevent this in the first place.

Canary in a Coal Mine: How Tech Provides Platforms for Hate (cache)

Après bientôt un an à travailler sur un outil pas forcément très démocratisant, je m’interroge encore et toujours sur le sens de tout ça. Est-ce que je serais quand même en paix avec ce que je produis si c’était un régime autoritaire ? Est-ce que l’on n’est pas déjà dans cette situation ? Est-ce que je suis vraiment en train d’avoir une position pour faire le moins de dégâts possibles ?

Accepter de ne pas avoir toutes les réponses.

In countries like the US or Canada, the political power of the fossil fuel industry is still considerable. Barack Obama boasted to a Texas audience last year that during his administration the US had passed Russia and Saudi Arabia as the biggest producer of hydrocarbons; even the progressive Canadian prime minister Justin Trudeau recently spent billions in tax dollars to finance a pipeline designed to increase exports from the country’s environmentally ruinous tar sands.

That’s why the most important aspect of the decline of fossil fuel companies might be a corresponding decline in their political influence. The coal, oil, and gas industries have been the architects of the disinformation campaigns that kept us from responding earlier to scientists’ warnings about climate change, and they are using every trick they know to keep us from making a quick transition.

A Future Without Fossil Fuels? (cache)

Jouer avec le feu, encore et encore. Je ne suis même pas sûr que les personnes impliquées aient le niveau de conscience suffisant pour éprouver une quelconque culpabilité. Une fois coupé du monde, quelle empathie peut-on encore ressentir ? Et ne serais-je pas moi-même un apprenti pyromane (cache) ?

Accepter de vivre un effondrement intentionnel.

If what we broadly want is for power to be redistributed from the hands of large centralized corporate interests and back into the hands of individual people and small groups, then we already have the technical protocols to do this. No one protocol will enable this shift in power; each protocol has its strengths and weaknesses. What is needed is software that utilizes these protocols for their strengths, which is to say what is needed is developers and designers who are willing to act as bridges between the communities of practice surrounding the protocols.

Three protocols and a future of the decentralized internet (cache)

Article passionnant sur des domaines que j’ai exploré, une forme d’agnosticisme technologique. Heureusement qu’il y a des « personnes-ponts » entre les communautés. Bientôt dans votre navigateur (cache) ?

Accepter les compromis et promouvoir l’hybridation.

While Cloudflare uses industry-grade random number generators for its servers, it also decided to incorporate the backbone of its encryption into its office design. Inspired by an idea from engineers at Sun Microsystems, who thought that lava lamps could help generate randomness since modeling how fluid moves within the lamps is incredibly difficult, Prince decided to create an entire wall of lava lamps. Cloudflare calls it the “Wall of Entropy.”

The Hardest Working Office Design In America Encrypts Your Data–With Lava Lamps (cache)

Je trouve assez fabuleux qu’il soit toujours aussi difficile d’obtenir de l’aléatoire à partir d’une machine. Je m’interroge en revanche sur le fait de ne pas arriver à générer de l’aléatoire à partir de tant de visites humaines qui doivent bien fournir une forme d’entropie.

Accepter le beau pour ce qu’il est.

Pour Freire, la finalité de la pédagogie consiste dans la lutte contre la déshumanisation de l’être humain, ou réification. Le capitalisme, le colonialisme ou encore le patriarcat sont des systèmes qui produisent la chosification de l’être humain. Les techniques pédagogiques n’ont donc de valeur que dans la mesure où elles permettent de viser cette finalité qui est la lutte contre les inégalités sociales et les discriminations.

Contre le technicisme en pédagogie (cache)

Au moment où je m’interroge pas mal sur ce que signifie le fait de prendre le temps de pratiquer l’enseignement en famille, je me demande aussi dans quelle mesure elle accroîtrait de fait les inégalités. On peut difficilement montrer une voie alternative sans s’être par définition marginalisé.

N’accepter un chemin que si nous sommes plusieurs à pouvoir l’emprunter.

March 29, 2019 11:00 AM

March 22, 2019

David Larlet

☕︎ Dissonance

Une semaine de remise en questions. À chialer (au sens québecois du terme) sur mes problèmes de visa alors que pour d’autres il s’agit de fuir la guerre. À côtoyer d’autres privilégiés qui n’en ont même pas conscience. À se demander à qui je tends la main. En vrai.

Même une action demandant plus d’investissement, comme la production d’électricité verte ou la souscription à un contrat d’électricité garantissant une part d’électricité verte, ne va pas de pair avec une réduction de l’impact de la mobilité. Ces contradictions peuvent en partie s’expliquer par un plus grand recours des plus diplômés à la voiture et à l’avion pour les loisirs, ce qui montre les limites de la conscience et de l’action individuelles.

Les plus riches parmi les plus diplômés polluent plus que les autres (cache, PDF 422Ko)

Je m’apprête à effectuer un vol transatlantique pour diverses raisons et je me sens très mal à l’aise vis-à-vis de ce choix. Aussi cette étude Consommation durable : l’engagement de façade des classes supérieures tombe-t-elle à pic… mais je fais mon compost ! Je vous ferais un égoportrait avec un ours blanc en train de se noyer par le hublot. Pour le poster sur mon site car il est très performant et consomme si peu de ressources (cache). Tiens et si je l’hébergeais avec un panneau solaire. Oh et je pourrais signer un climanifeste. 🤥

Montrer l’exemple qu’il disait.

People who scapegoat Jack Dorsey and Mark Zuckerberg miss a fundamental truth. Twitter didn’t happen to politics. Facebook didn’t happen to politics. The internet happened to politics. The shifts are structural and until we understand that, we can’t have an intelligent conversation about the state of the world. The common narratives, which are exaggerated by the media’s incentive to sensationalize the news, blind us to the real problems that plague society.

[…]

Truth will become a collective endeavor. Right now, our collective truth making systems are in a nascent stage. Like a toddler, they’re in complete disarray. As a result, we don’t know who to trust or how to discover truth. We need new ways to verify truth, certify intelligence, and organize society. When producing and distributing information was expensive, only the best content was published. On the internet, where everybody has a megaphone, content is filtered not before publication, but at distribution. It’s a self-governing system, where attention-grabbing information spreads and dull information rots inside the internet’s dark and dusky crannies.

What the Hell is Going On? (cache)

Je crois qu’il ne faut plus chercher le pourquoi sur ces questions de confiance mais le quelle est notre volonté en tant qu’individu et que collectif. Et d’ailleurs pour quelle taille de collectif ?

À combien de personnes est-ce que j’ai besoin de faire confiance ?

Au-delà du don qu’il peut sembler être, l’enseignement est toujours une lutte : s’obliger à transmettre, faire face à la résistance de l’autre qui croit savoir déjà, qui ne veut pas apprendre davantage ou autrement, qui ne sait pas ce qu’apprendre signifie, et soi-même devoir sans cesse remettre en cause ce que l’on croit savoir et ce que l’on croit devoir transmettre, sans cesse aussi veiller à ce que son désir de transmettre ne disparaisse pas.

Les irremplaçables (entretien vidéo autour de l’ouvrage), Cynthia Fleury

Il y a la lutte dans ce que l’on choisit de transmettre et il y a également la lutte dans le choix des destinataires de cette transmission. Le savoir comme un moyen de réduire les inégalités. Ou au moins celles auxquelles on est sensibilisé. Si vous aviez un pouvoir, à qui le confieriez vous ?

À qui transmettre l’acquis ?

I’ve worked on large and small teams before, but I’m currently working closely with just one other developer. I thought I’d try to list all the things that we don’t have to do anymore, to see if there’s any sort of process/value inflection point when you have exactly two developers.

Powers of Two (cache)

Ça se rapproche beaucoup de ce que l’on pratique avec Ronan depuis bientôt un an, d’ailleurs c’est lui qui m’a passé le lien :-). Je me demande parfois comment cela pourrait évoluer à trois. Ou quatre. Au-delà, je serais probablement moins à l’aise. Je réalise que je n’ai jamais travaillé dans une équipe plus grande. Même chez Mozilla on n’était finalement pas plus de quatre développeurs dans l’équipe, que ce soit pour les paiements du Marketplace FirefoxOS ou ensuite sur le site des addons.

Suis-je vraiment légitime pour parler d’agilité dans ce contexte ?

When you arrive, you have to put your phone into a neoprene pouch, supplied by a company called Yondr, which they lock and give back to you. If you want to use your phone during the show, you can go into the concourse and unlock it by touching it to one of several unlocking bases. The concert area itself remains screen-free.

The Simple Joy of “No Phones Allowed” (cache)

Je vais peut-être pouvoir retourner en concert et ça me met en joie.

Bientôt dans les restaurants ?

March 22, 2019 11:00 AM

March 19, 2019

David Larlet

★ Flux RSS ?

Un article qui va évoluer en fonction de vos retours de façon à en faire une référence. N’hésitez pas à me proposer des améliorations !

Si vous avez entendu parler de « flux RSS », « flux Atom », de « syndication », d’« agrégateur » ou en anglais de « feeds » sans vraiment savoir de quoi il retourne je vais essayer de démystifier ça.

Sans parler de technique. En parlant un peu de politique quand même.

Utilité

Si vous savez ce qu’est une liste de diffusion (ou newsletter) vous êtes presque familier·e d’un flux RSS.

Avec une liste de diffusion, vous recevez un courriel (ou email) à chaque nouvelle information disponible. Quelqu’un·e rédige un texte, ajoute tous ses contacts en copie et ça arrive dans votre boîte de réception.

Enfin presque… En réalité, ça passe probablement par un service tiers qui récupère votre adresse et redirige chaque lien envoyé pour pouvoir vous profiler en fonction de ce qui vous a intéressé mais restons concentré·e·s sur le flux d’information pour l’instant.

Lorsqu’on utilise un flux RSS, il s’agit de s’abonner à ce qu’une personne va publier (oui, c’est l’ancêtre du réseau social !) sauf que vous ne recevez pas les mises à jour dans votre boîte de réception mais dans un outil dédié. Et vous n’avez pas à fournir votre courriel ni à vous identifier. Et ça marche avec la majorité des publications sur le Web.

Enfin ça marchait, car — et c’est là où ça devient politique — les plateformes ont tout intérêt à ce que vous restiez chez elles pour tracer votre comportement, que vous veniez regarder de la publicité le plus régulièrement possible, etc.

Utiliser un lecteur de flux RSS (on appelle cela un agrégateur) c’est aussi lutter contre une centralisation du Web. C’est également ne pas être soumis aux bon vouloir d’un algorithme pour sélectionner ce que vous allez voir. C’est choisir intentionnellement vos lectures et donc votre esprit critique.

Usage

En général, on représente le RSS avec l’icône (orange) suivante :

J’ai dans mon outil d’agrégation une centaine de sources, majoritairement des blogs personnels, qui se rafraichissent toutes les 30 minutes. Je n’ai plus besoin d’aller consulter ces sites un par un pour savoir s’ils ont été mis à jour, des petits robots s’en occupent pour moi. Je me retrouve avec un flux d’articles en ordre chronologique de publication. Et lisibles dans un style unifié qui me permet d’être attentif à ce que je lis. Pas de popups pour recevoir du spam, pas de publicités qui s’agitent, pas de bouton pour accepter les cookies. Du contenu simple et lisible.

Bien sûr, en un clic je peux me retrouver sur le site et interagir avec mais, dans la majorité des cas cette suite d’articles me suffit. Cela me permet de gagner beaucoup de temps et de tranquillité d’esprit. Je n’ai pas la peur de manquer quelque chose, je n’ai pas la peur de suivre des liens de suggestions douteux, je ne suis pas profilé par ce que je lis.

Et moi ?

Premièrement, si vous produisez du contenu, assurez-vous d’avoir laissé la possibilité aux autres de s’abonner à votre flux RSS. Sur la plupart des outils de publication (Wordpress, Medium, etc) la syndication est activée par défaut, mais vous pouvez vous en assurer en vous abonnant à vos propres publications ! Vous pouvez faire un lien explicite vers votre flux dans vos pages pour en favoriser la découverte et encourager cette façon décentralisée et libre d’accéder à de l’information.

Et justement en parlant de s’abonner, il existe une multitude d’agrégateurs (cette page n’existait malheureusement pas en français, maintenant si !), à vous de trouver celui qui vous convient. C’est aussi la beauté d’un standard, cela permet d’une part d’éviter les monopoles et de l’autre d’être résilient lorsqu’un outil est abandonné. J’utilise pour ma part NetNewsWire sous macOS et rien ne m’empêche d’en changer demain sachant que les imports et exports sont aussi standardisés.

Lorsque vous avez installé un de ces outils, vous pouvez tester en vous abonnant — totalement au hasard — au flux de cet espace. Si vous cliquez sur ce lien dans votre navigateur vous allez avoir un code (presque) impossible à lire mais si vous l’ajoutez à votre agrégateur alors là votre vie va changer à tout jamais. Vous pouvez ensuite parcourir vos sites favoris à la recherche d’un flux RSS dédié.

Ça devrait ressembler à ça :

Capture de mon lecteur RSS Par exemple, voici le rendu de ce billet dans mon agrégateur (so meta).

Notez qu’il existe des agrégateurs sous forme de logiciels dédiés mais aussi sous forme d’applications Web selon vos préférences personnelles et/ou vos contraintes (mobilité, ordinateur partagé, etc).

Quelques exemples avec les principaux écueils que vous pouvez rencontrer :

  • Romy Duhem-Verdière, ce qui devrait être le cas « classique », un lien direct vers le flux RSS depuis toutes les pages.
  • Claire Zuliani, le lien n’est pas visible donc il faut soit que votre agrégateur le trouve à partir de la page, soit aller dans le code source pour le trouver.
  • Élise Gravel, on voit qu’il est mal configuré (non affichage dans le navigateur) et non découvrable directement depuis le site ni même son code source. Il faut savoir que c’est un Wordpress qui rajoute /feed/ par défaut à l’URL du flux, pas évident.
  • Chris Prouse sur Youtube, il faut passer par un petit outil pour trouver le flux RSS d’une chaîne.
  • D’autres cas insolites ?

Cela fonctionne aussi bien évidemment avec des sites d’informations plus traditionnels comme Le Monde Diplomatique.

Il existe des extensions dédiées aux navigateurs pour détecter les flux RSS comme Awesome RSS pour Firefox ou RSS Subscription Extension pour Chrome.

Encore !

March 19, 2019 11:00 AM

March 15, 2019

David Larlet

☕︎ Reconnaissance

Une semaine qui a commencée avec un poignard dans le dos et une impossibilité de m’asseoir pendant quelques jours. L’occasion d’utiliser à bon escient ce bureau assis-debout. La douleur aidant, j’ai pas mal cogité la nuit et me suis fendu d’une refonte ici même.

Despite IBM’s assurances that Flickr users can opt out of the database, NBC News discovered that it’s almost impossible to get photos removed. IBM requires photographers to email links to photos they want removed, but the company has not publicly shared the list of Flickr users and photos included in the dataset, so there is no easy way of finding out whose photos are included. IBM did not respond to questions about this process.

[…]

“People gave their consent to sharing their photos in a different internet ecosystem,” said Meredith Whittaker, co-director of the AI Now Institute, which studies the social implications of artificial intelligence. “Now they are being unwillingly or unknowingly cast in the training of systems that could potentially be used in oppressive ways against their communities.”

Facial recognition's 'dirty little secret': Millions of online photos scraped without consent (cache)

Rappelez-vous : si c’est gratuit… c’est toi qui enseigne. Pas forcément avec ton consentement. #ForTheScience

Sur fond de reportages sur la mauvaise utilisation du Web, il est compréhensible que de nombreuses personnes aient peur et se demandent si le Web est vraiment une force au service du bien. Mais compte tenu de tout ce que le Web a changé au cours des trente dernières années, il serait défaitiste et dénué d’imagination de supposer que le Web tel que nous le connaissons ne peut pas être amélioré dans les trente prochaines années. Si nous renonçons à construire un Web meilleur aujourd’hui, ce n’est pas le Web qui nous aura fait défaut. C’est nous qui aurons fait défaut au Web.

30 years on, what’s next #ForTheWeb? (cache)

J’apprends sur Twitter que l’anniversaire se passe sur Facebook. Je réalise en voulant récupérer l’article qu’il est bardé de <span style="font-weight: 400;"> et qu’il faut activer un CDN pour récupérer le JavaScript permettant d’afficher la version française. #ForTheWeb


J’ai réalisé que j’avais besoin de reconnaissance — ou plutôt de considération — dans mon travail. Peut-être que c’est lié à l’insécurité associée à la nouveauté ou alors à l’identification d’un défaut d’empathie réciproque. Toujours est-il que ça me gratte. #ForTheEgo

Tant que nous refuserons de reconnaître ce lien causal, nos appels à l’avènement d’une société meilleure où régneraient la bienveillance et la tolérance mutuelle resteront des vœux pieux. Ce n’est pas à force d’exhortations que les gens vont cesse de se juger les uns les autres en fonction de leur apparence, ou de penser que la richesse d’une personne révèle sa valeur intrinsèque. Nos réponses à la hiérarchie sont trop profondément inscrites en nous pour pouvoir être simplement désactivées, en faisant fi de l’ampleur des inégalités. Lorsque vous avez des gens qui sont littéralement pétrifiés par leur sentiment d’infériorité, les encourager à se prendre en main, à reprendre confiance, à se faire des amis et à participer à la vie commune n’aura guère d’effets. Il est tout aussi vain d’espérer briser la connexion entre les disparités de revenus et certaines tendances que nous avons décrites – par exemple, la conviction d’être supérieur ou inférieur aux autres, ou le dédain affiché pour « ceux d’en bas ». Si nous voulons changer les choses, nous devons nous attaquer aux facteurs qui déclenchent toutes ces réactions en nous.

L’inégalité est-elle au cœur des problèmes de société ? (cache)

Discussion de couple au détour d’un pouet sur le féminisme, l’écoute et l’injonction au silence. Cela m’a permis de mettre des mots sur ce qui me motive dans ces luttes et ce ne sont justement pas les luttes. Mais plutôt comment les éviter en premier lieu. Et comment avoir des discussions avec suffisamment de diversité pour que l’on évite les prochaines manifestations d’un déséquilibre de puissance, comment reconnaître des patterns ? Le soin est nécessaire car il y a des blessé·e·s et comment éviter cette violence originelle ? #ForTheTalk

La reconnaissance faciale revêt de nombreuses formes : de l’authentification via Face ID d’Apple, à l’étiquetage automatique des images et des gens sur les réseaux sociaux, en passant par les filtres d’Instagram aux terminaux de paiement biométriques, ou aux caméras de porte d’Amazon… la diversité d’usage des outils de reconnaissance faciale recomposent nos préférences personnelles et collectives et nous conduit à appréhender ces technologies comme une composante « familière, non menaçante, voire même nécessaire à la vie au XXIe siècle ». Comme si chacun de ces services rendait la perspective de la reconnaissance faciale inévitable, voire indiscutable.

La généralisation de la reconnaissance faciale est-elle inévitable ? (cache)

À défaut d’être reconnu par nos semblables, cherche-t-on une autre forme de reconnaissance ? De l’importance des mots, accepterait-on ces technologies si elles étaient nommées différemment ? Nouvelle fonctionnalité : « profilage facial » ou « classement ethnique » ou « catalogage physique ». #ForTheWords

C’est extrêmement difficile. A Caracas, les supermarchés sont fermés. Comme la monnaie nationale n’a plus aucune valeur, les gens ne payent que par carte bleue. Or sans électricité, les terminaux de CB ne fonctionnent plus. Seuls 10 % des supermarchés sont ouverts, lorsqu’ils ont la chance d’avoir un générateur. Mais ils n’acceptent, en espèces, que les dollars, ce que personne n’a.

Panne d’électricité géante au Venezuela : « A Caracas c’est le chaos » (cache)

Un aperçu de ce qui pourrait nous attendre (presque) tous. Il y a beaucoup de discussions autour de l’effondrement sur le scenario catastrophique/hollywoodien vs. l’entraide et la solidarité. Il y a bien sûr un angle journalistique ici mais ça donne une idée dans un certain contexte. #ForTheFear

March 15, 2019 11:00 AM

March 11, 2019

David Larlet

★ Valeurs et étoiles

Je crois qu’il y a trois aspects cruciaux et de renforçant mutuellement qui aident les communautés intentionnelles à s’épanouir de manière saine. J’appelle le premier le ciment de la communauté, c’est-à-dire le fait de prendre le temps de partager des activités agréables qui permettent de développer un sentiment de gratitude et de confiance et qui facilitent aussi la création d’ocytocine, hormone du plaisir, par les organismes. […] Le deuxième aspect d’une communauté saine et florissante, selon moi, est le fait d’avoir de bonnes capacités de communication et de traitement des informations. […] Le troisième aspect, la gestion efficace de projet, est une évidence pour les fondateurs de communautés réussies ou les professionnels de l’habitation communautaire, mais souvent moins évidente, ou même inexistante pour les personnes très idéalistes ou adeptes de la contre-culture. […]

Je crois que ces trois aspects se renforcent mutuellement. Si un groupe a un bon « ciment », par exemple, les personnes auront tendance à se sentir suffisamment connectés et en harmonie pour que la plupart du temps elles s’entendent bien et n’aient pas besoin de se parler avec trop de délicatesse, et elles auront également moins de conflits à résoudre. […] De la même manière, si un groupe a une gestion efficace de son projet, l’impression d’accomplissement en voyant que la communauté tend vers ses objectifs va générer plus de ciment pour celle-ci, augmentant le sentiment de confiance et de gratitude, et réduisant ainsi les besoins de communication très attentionnée et les sessions de résolution des conflits.

Vivre autrement, Diana Leafe Christian

Cet article est le résultat d’une réflexion issue d’une discussion avec Stéphane au sujet des valeurs de scopyleft. Considérant les valeurs non pas comme des acquis que l’on expose mais comme des points d’attention que l’on travaille. Cet angle permet et nécessite de faire évoluer la liste au cours du temps.

Aussi les valeurs suivantes sont davantage des étoiles que des ports, elles donnent une direction pointant vers des inconnus que je souhaite explorer.

Contentement

C’est ce que j’identifie comme l’une des clés pour être en cohérence avec ce que je souhaite pour mon milieu (et ma santé mentale). Être content de ce que j’ai et être en mesure de l’adapter par moi-même en acquérant des savoir-faire et savoir-être si je souhaite le rendre plus pertinent dans ma compréhension actuelle des choses. Et chose importante, être en capacité de transmettre ces savoirs.

Je vois la frugalité ou le minimalisme comme des conséquences d’un contentement sur le long terme. Une fois l’existant usé et rentabilisé pas uniquement pour sa valeur marchande mais au regard de son coût de création et de destruction.

Je souhaite travailler cette valeur non pas car je ne suis jamais content (encore que) mais parce que j’ai conscience du fait que mon rôle de privilégié me permet d’être en permanence en recherche d’optimisation dans une dynamique qui n’est pas soutenable.

Empathie

J’ai le sentiment d’être assez mal équipé dans ce domaine, ayant davantage une approche de sociologue vis-à-vis de mes pair·e·s que de proche, voire d’intime. J’ai pourtant l’intuition que cette valeur est capitale pour pouvoir faire groupe et créer des choses ensemble.

C’est aussi un fil qui me fait un peu peur à dérouler compte-tenu des extrêmes où cela pourrait me mener en terme d’estime de soi. Il y a des conséquences de nos comportements que l’on préfère garder dans l’angle mort pour ne pas devenir fou.

Les communs sont une forme d’empathie égo-centrée si l’on considère qu’il s’agit de produire quelque chose pour sa communauté. L’open-source aussi d’une certaine manière (même si j’ai tendance à plutôt lui associer une notion de solidarité). Mais qu’en est-il d’une empathie — sans condescendance — touchant des personnes moins privilégiées que moi ?

Complémentarité

L’auto-suffisance est un exercice intéressant mais ne suffit pas. Trouver des personnes de confiance pour évoluer, transmettre, se reposer, explorer ensemble. Ne pas chercher des pièces de puzzle mais des formes variées, inattendues, qui remettent en question et proposent d’autres chemins.

Je ne sais pas s’il s’agit d’une valeur à proprement parler, je le vois comme un terrain de jeux qu’il m’est coûteux et nécessaire de rejoindre. Apprendre à désapprendre. Être à l’écoute. Rire. Faire un bout de chemin ensemble pour en sortir différent·e·s.

Se serrer les coudes pour envisager un futur enthousiasmant.


Maintenant que ces pistes personnelles sont mises à plat, je peux me rapprocher du groupe pour tenter de m’accorder et en travailler certaines à plusieurs, en fonction des affinités. Naviguer ensemble, pas forcément en direction de la même étoile mais vers la même constellation, de façon à explorer un bout de territoire commun.

March 11, 2019 11:00 AM

March 08, 2019

David Larlet

☕︎ Lecture

Trois rappels cette semaine qu’il suffit d’une personne grain de sable pour que ça irrite tout le groupe. Lorsque ça gratte, le groupe se remet en question, se parle, converti le sable en verre nécessaire à la transparence mais également en miroir nécessaire à sa propre définition. Aussi, ça m’a fait consommer par mal de cuillères sociales (PDF, 161Ko).

There’s some correlation between distance and relaxation. That knee position is crucial. That’s when the reader contemplates with pleasure and concentration. They’re giving themselves the luxury of contemplation. It’s a very different feeling to getting up and going over to a computer.

Slow Design for an Anxious World by Jeffrey Zeldman (cache)

Il y a beaucoup de choses dans les compte-rendus An Event Apart de Jeremy Keith. À un moment où je m’interroge (un peu plus que d’habitude ?) à ce que je veux présenter ici et comment c’est une excellente ressource en terme d’inspiration.

Give Reader Mode in Firefox a preference to make it per-domain sticky. E.g. if I use Reader Mode on nytimes.com and then if I visit an article on nytimes.com in the future it’ll automatically convert to reader mode. (The nytimes.com homepage would not be a candidate for that mode.)

[…]

What would a calm Firefox experience look like? Or maybe it would be better to think about a calm presentation of the web.

The Firefox Experiments I Would Have Liked To Try (cache)

Ian Bicking parle de ses expérimentations et idées autour du navigateur (Firefox). C’est fascinant de voir le nombre de pistes qu’il reste à explorer. Et pourtant les navigateurs se ressemblent tellement. Sans pour autant proposer une expérience satisfaisante du Web. La différence entre le contentement imposé et l’acceptation consentie. Ou un truc du genre.

Carte du monde avec quatre degrés de plus Source.

J’ai deux lectures de cette carte :

  1. La première c’est qu’il fait bon vivre au Canada dans ce contexte ;
  2. La seconde c’est que j’ai (presque) pu faire ce choix en tant que privilégié/égoïste alors que je suis l’un de ceux qui sont le plus à l’origine du problème.

Où devrais-je vivre si je devais appliquer le « pollueur-payeur » à moi-même ?

Il ne s’agit pas de dire que l’Histoire se répète. Il s’agit de dire que nous ne comprenons jamais les leçons de l’Histoire. Nous n’apprenons rien. Nous croyons apprendre et nous devenons les chaînons de nos propres vies, dans l’impossibilité de vivre une vie digne alors que le danger imminent n’est plus. Apprendre est si dur. Traduire cet apprentissage dans nos vies est si inconfortable. Si cette notion d’irremplaçabilité peut servir, c’est peut-être là : dans cette piqûre de rappel, que la philosophie grecque connait si bien. Comprendre que ce que nous croyons avoir appris, nous ne l’avons pas appris, ou si mal, et donc se réveiller, réveiller nos vies. Ce n’est pas encore de l’action, l’irremplaçabilité affleure à peine. Mais ce seul affleurement fait qu’il y a réveil, qu’il y a lumière, qu’il y aura peut-être la brisure du chaînon.

Les irremplaçables (entretien vidéo autour de l’ouvrage), Cynthia Fleury

Vous vous rappelez de cette séance de sport à l’épuisement ? Et bien elle s’est en fait soldée par une déchirure musculaire entre deux vertèbres que je traîne depuis. J’aurais appris… au prix de la fin de ma saison de ski de fond. C’est pas beau de vieillir.

En parlant de lectures, j’aime beaucoup le concept d’evergreen que j’aimerais bien mettre en place ici à un moment. Une sorte de bibliothèque personnelle appliquée au web.

March 08, 2019 11:00 AM

March 01, 2019

David Larlet

☕︎ Journaux

J’ai rererelu Le grand méchant renard et c’est trop bien de pouvoir partager des lectures saines à plusieurs niveaux de compréhension. Il faudrait que je détaille ce que j’entends par sain dans ce contexte.

But there’s still plenty left. And I certainly wonder whether with all the technology we now have, more could be automated, or delegated to machines. Perhaps all that data I’ve collected on myself will one day let one basically just built a “bot of me”. Having seen so many of my emails—and being able to look at all my files and personal analytics—maybe it’s actually possible to predict how I’d respond to any particular question.

Seeking the Productive Life: Some Details of My Personal Infrastructure (cache)

Article passionnant de Stephen Wolfram sur sa façon de travailler et de stocker les choses. Quand je dis passionnant c’est pour le chemin que cela me montre et que je ne veux surtout pas emprunter. Lorsque je vois des personnes comme Aaron Parecki partager autant de données (sommeil, localisation, voyages, nourriture, boisson, etc), j’ai l’impression qu’il y a une motivation sous-jacente d’ordre Mallory-esque : parce qu’elles sont là.

Dans quelle mesure est-ce que cela se rapproche d’un capitalisme de la donnée (cache), une accumulation sans jouissance ? — Cette fin d’article <3

Ce que je retiens notamment de la façon de s’organiser de Stephen Wolfram, c’est le fait de tout organiser par carnets et c’est une chose qui me trotte en tête depuis un moment. Une façon d’agencer sa pensée et ses activités puis de pouvoir les redistribuer de manière pertinente en les agrégeant et/ou en les partageant. Un truc à l’intersection du réseau social, de la prise de note et de la carte mentale (rien que ça). Pour que ça soit vraiment un vaporware il suffirait que j’ajoute la possibilité d’agréger celles des autres…

The boy kings of Silicon Valley love a good algorithm—they’ve designed some great ones over the years. But there are problems even the best math can’t solve. There are times when you physically have to walk over to a server and pull the plug. I get why they want an algorithm to do it—lack of accountability. Intentionally pulling the plug on someone who’s trolling women on your service is a decision. It requires agency, leadership, and a point of view. But should that troll get caught in an algorithm? Well, that’s a different matter. There was no intent to specifically get rid of that person. A good algorithm is the equivalent of breaking up with someone over a text message and then turning your phone off. It’s cowardly. Good leaders should aspire to have their fingerprints all over hard decisions.

Good news! (cache)

En parlant de données, on peut observer comment les licornes jouent avec les nôtres (cache). Si tout cela doit servir de base d’apprentissage pour des algorithmes, tenter de fuir cette collecte laisse la place à une autre culture, une autre ponctuation (cache).

L’absence (intentionnelle) de données signifie-t-elle l’absence de lutte ?

Ce n’est pas seulement dans les pays ravagés par la guerre qu’il faut apprendre à vivre dans les ruines. Car les ruines se rapprochent et nous enserrent de toute part, des sites industriels aux paysages naturels dévastés. Mais l’erreur serait de croire que l’on se contente d’y survivre.

Dans les ruines prolifèrent en effet de nouveaux mondes qu’Anna Tsing a choisi d’explorer en suivant l’odyssée étonnante d’un mystérieux champignon qui ne pousse que dans les forêts détruites.

Le champignon de la fin du monde (cache)

Il faut que je trouve ce livre. Ça me rappelle que je n’arrive pas à écrire quelque chose de plus conséquent ici. Pas sûr de savoir si c’est une bonne chose ou pas… à sur-réfléchir, je sous-agis.

Mais ne serait-ce pas l’objectif en fait ?

“oh, are you the guy with the orange website?”

“Why, yes I am.”

Write on your own website (cache)

Envie de couleurs pour cet espace. Qu’est-ce que cela signifie pour mon état d’esprit actuel ? mon identité numérique future ? (ouh le gros mot.)

Vous vous rappelez de ma définition de l’agilité ? Et bien pour aller plus loin, je pense que les agilistes sont des personnes ayant pris conscience d’un (de leurs) défaut(s) de communication. Les parenthèses sont importantes.

Bon et sinon, je commence à bien m’impatienter (cache) que la neige fonde !

March 01, 2019 11:00 AM

February 22, 2019

David Larlet

☕︎ Écriture

Cette semaine, j’ai regardé « Leave No Trace » et ça m’a bien chamboulé.

You know those people whose lives are transformed by meditation or yoga or something like that?

For me, it’s writing in my diary and journals. It’s made all the difference in the world for my learning, reflecting, and peace of mind.

Benefits of a daily diary and topic journals (cache)

Une suite de petits textes (cache) qui témoignent d’une vie. Avec la seule prétention d’être capable de partager, au moins sur la forme. De petits espaces d’expressions permettant de partager ses intentions et ses frustrations. De créer du lien, même à distance. Surtout à distance.

Depuis quelques jours je teste l’extension minimal, Youtube est le seul service que j’utilise sur ceux qui sont apaisés et je vois déjà une différence. La première guerre des robots pour sauver l’humanité a déjà lieue dans les navigateurs.

Deviendrions-nous des dommages collatéraux ?

If you’re not a programmer — or you’re new to programming, or haven’t written apps with a user interface — it’s easy to think that the actual under-the-hood implementation of a feature is what takes the most time.

It’s not. In the case of the search feature, I spent more time just thinking about how I want to do the UI than on the actual search-in-the-database implementation.

NetNewsWire Status: February 19, 2019 (cache)

Brent Simmons rappelle à juste titre l’importance de la réflexion dans mon activité. J’ai du mal à décrire à quel point le sport m’aide au quotidien pour avancer dans mon travail. Prendre le temps de clarifier une situation pour pouvoir l’implémenter. Changer d’angle pour aller chercher une autre forme d’empathie. Laisser la place à d’autres chemins de pensées par le mouvement.

Il est intéressant de constater que l’on dit parfois « écrire du code », différents styles d’écriture, différents genres. Différentes formes d’édition et de diffusion aussi. Là où il y a de la place pour l’expression, il y a de la singularité qui apparait. Et non LA singularité (technologique) que l’on pourrait interpréter comme la peur d’une expression généralisée finalement.

Un robot peut-il se perdre dans ses propres pensées ?

My takeaway from these stories is this: Once you’ve learned enough that there’s a certain distance between the current version of your product and the best version of that product you can imagine, then the right approach is not to replace your software with a new version, but to build something new next to it — without throwing away what you have.

Lessons from 6 software rewrite stories (cache)

Écrire, ré-écrire, sur-écrire, trans-écrire, co-écrire, cette littérature du code nous raconte ses différentes histoires. Le code source non pas comme une source intarissable mais comme un torrent qui navigue au gré des contextes pour se faire son propre chemin. Et puis le périmètre s’élargi, le courant se calme et cela me donne envie de retourner vers la source.

Quelles histoires est-ce que je suis en train d’écrire ?

It seems natural, then, that as soon as something starts to be used it loses all its magic, but instead of taking a look at what we’ve made, what it is and what it means, as Virilio suggests, our natural compulsion is to see it as flawed and try to perfect it, to have another crack at it, to start over.

“Il faut penser à ce qui arrive - nous sommes les producteurs de l’avenir.” (cache)

Cet attrait pour la nouveauté qui est à la fois la raison de notre évolution rapide mais aussi la déraison de notre croissance futile. Si notre vie a la cyclicité d’une chanson, il vaudrait mieux en apprécier le refrain.

« Quels sont les êtres et les choses qui vous permettent de subsister ? » Et pas seulement d’argent. Puis : « De quoi dépendons-nous ? Qui dépend de nous ? » Et ensuite : « Que sommes-nous prêts à défendre ? Qui sommes-nous prêts à attaquer ? Avec qui se défendre ? »

Il ne faut pas sauter directement à la troisième question, qui risque sans cela d’être trop générale et de ne procurer aucune capacité d’agir. Il n’est pas si facile de savoir tout de suite, sur une question précise, qui sont nos ennemis et surtout avec quels alliés les combattre efficacement. Pour avoir des intérêts, il faut être capable de décrire les situations.

Bruno Latour : « Les Gilets jaunes sont des migrants de l’intérieur quittés par leur pays » (cache)

Décrire les situations. Écrire des doléances, ensemble. Non pas individuelles mais communes. Transformer un grand débat en une multitude de petites améliorations. La technique existe pour faciliter cela mais en a-t-on vraiment besoin ?

Quel biais introduit-elle ?

Pour poursuivre, Emmanuel me propose la lecture de Cher Journal (cache).

February 22, 2019 11:00 AM

February 15, 2019

David Larlet

☕︎ Kyriarchie

Cette semaine, j’ai fait un quinzhee et il s’est écroulé. C’était dans le cadre d’un atelier alors on n’a pas pris le temps que ça se solidifie. C’était (le) fun quand même.

Ne pas penser par soi-même reste une décision. Ces non-agir et non-penser sont même les actes les plus courants chez l’homme. Il n’y a là aucune forme d’ignorance mais, à l’inverse, l’assimilation servile des codes préexistants. Le récit de l’origine n’a rien de naturel. Il nous est conté par la société et ceux qui se présentent comme « nos pairs ».

Les irremplaçables (entretien vidéo autour de l’ouvrage), Cynthia Fleury

Difficile de passer à côté de ces journalolistes ayant profité de leur pouvoir. Il aura fallu dix ans pour que cela soit rendu public. À croire que plus la domination est grande, plus le temps pour la rendre visible est long. Peut-être que le travail est là : réussir à réduire ce temps, notamment pour les personnes ayant davantage de pouvoir et se trouvant de fait hors d’atteinte à l’échelle d’une vie.

Et tant que l’on persistera à en faire des épiphénomènes, à ne sanctionner que lorsque les cris sont trop nombreux, le phénomène ne s’arrêtera pas (mais en a-t-on vraiment envie).

La Ligue du LOL : et après (cache)

J’apprécie cette dernière parenthèse qui laisse libre cours à de nombreuses interprétations. Le tiraillement entre un besoin de délégation et une envie de confiance. On souhaite un contre-pouvoir fort que l’on ne peut assurer seul·e mais on regrette la domination qui en découle. On souhaite une économie stable mais on regrette les inégalités qu’elle engendre. On souhaite ne pas rendre cette planète invivable mais sans toucher à son confort et à l’esclavagisme moderne qu’il nécessite.

A-t-on vraiment envie de changer une situation lorsqu’on fait partie des 30 % ?

La ville silencieuse Se réveille d’une nuit blanche Journée de ski

Le sport est un excellent moyen pour moi d’accepter les mauvaises nouvelles. En particulier le sport à l’épuisement, cette fois à ski de fond (tremble Kilian (cache)). Ce qui m’intéresse dans cette recherche c’est aussi le corps qui est contraint à l’économie et qui trouve la posture efficace de lui-même. C’est ce que j’ai déjà pu observer pour la course, la natation et maintenant le ski. Tiens pourquoi pas le vélo ? Peut-être parce que ça prendrait trop de temps…

La déneigeuse passe Les enfants sont aux fenêtres Sourires complices

February 15, 2019 11:00 AM

February 08, 2019

David Larlet

☕︎ Mots-serrures

Semaine de récupération après un gros rhume qui s’est soldée par la fin de mon projet de couture (super content et j’en ai déjà un autre !). Il faudra que je m’en vante de manière illustrée un de ces jours. Ou pas.

Quand est-ce qu’une personne use d’un privilège de parole ? Quand elle dit "je voudrais juste ajouter…", "rapidement 2-3 points", "j’en profite pour dire que…", etc.

Ralentir, se taire et écouter (cache)

De « just » (cache) à « it turns out » (cache), il y a des mots qui activent certaines défenses. Et la liste des expressions (cache, image 50 Ko) peut être longue. Je ne cache pas que j’ai parfois du mal à m’en séparer, par habitude et facilité. J’essaye de faire un effort dans ma transmission familiale avec plus ou moins de succès.

J’aime le HTML pour son côté Pierre de Rosette, à la fois en terme de format pivot et de support d’apprentissage.

I like to think of Basecamp as a teaching hospital. The care of our users is our first priority, but it’s not the only one. We also take care of the staff running the place, and we try to teach and spread everything we learn. Pledging to protect View Source fits right in with that.

The web is just a marvel of a platform. So unique. So empowering. It’s easy to just fall into the trap of “what can the web do for me, for my business, for my customers”. Some times it’s worth taking a step back and ask yourself: What can I do for the web? One answer: Protect and promote View Source.

Paying tribute to the web with View Source (cache)

Là aussi j’essaye de faire mon possible pour commenter la syntaxe afin qu’elle soit compréhensible. Que le fond et la forme permettent de s’enrichir et de redistribuer. Une somme de petites attentions isolées permettra peut-être à ce monde d’être un peu plus beau.

Pour la France, les données de la Banque mondiale montrent que 62 % des Français appartiennent aux 10 % les plus riches du monde.

[…]

Au-dessus des 3 % les plus pauvres en France, la situation s’améliore rapidement, de sorte que 97 % des Français appartiennent aux 30 % les plus riches du monde. Puis, 90 % des Français font partie des 20 % les plus riches au monde.

« Gilet jaune » ? La majorité des Français fait partie des 10 % les plus riches au monde (cache)

Quelques chiffres qui donnent une certaine perspective quant à la richesse, à son ruissellement et à la pauvreté (cache). Nous sommes les 10 % qui abreuvent les 1 %. Quelle est la légitimité à se battre pour avoir plus ? L’espoir d’être le fer de lance d’un ruissellement social ? Une histoire d’égoïsme, d’ascenseur en panne et de mesures inespérées (cache, image 700 Ko). Voir aussi.

En ce moment j’essaye de lire tous les articles mentionnant « réchauffement climatique » en lisant « extinction humaine », ça donne une autre perspective à notre aveuglement. Ce n’est pas très gai mais c’est peut-être ça les gilets jaunes : prendre conscience du fait que ses enfants vont vivre moins vieux que soi. Perdre confiance dans un système qui promettait cela. Ne plus accepter de telles inégalités sans garder cet espoir.

Je suis les 10 % et je suis aussi les 18 000 :

La décision vient d’être annoncée par le ministre de l’Immigration du Québec, Simon Jolin-Barrette, et elle risque de ne pas faire plaisir aux 18 000 candidats qui avaient déposé une demande d’immigration sous l’ancienne plateforme appelée Mon Projet Québec qui avait été mise en place par l’ancien gouvernement.

Élimination de tous les dossiers d’immigration déposés avant le 2 août 2018 (cache)

Douche froide avec ce projet de loi n°9 : Loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes (cache, PDF 137 Ko) qui ne tient plus compte des demandes en cours. Après deux années d’attente et ce retour à la case départ, il se pourrait que cela mette un terme à cette incursion en milieu québécois et son immigration de plus en plus choisie (cache). Un « Tinder de l’immigration » 😱.

En accord avec un nomadisme lent…

L’autorité organise le temps plus que l’espace. Elle ne relève pas du pouvoir mais de la transmission. L’autorité est une vitesse parce qu’elle rend le temps efficace, elle confère au temps sa force opérationnelle. Dès lors, écouter l’autorité, c’est prendre conscience d’un temps propre, d’une temps qui joue pour soi. Si une société a besoin de l’autorité, c’est parce qu’elle lui permet d’assurer sa pérennité. Elle est ce qui assure la continuité des générations, dans la famille, dans la société […] En ce sens, l’autorité est moins ce qui ordonne notre vie ensemble que la condition même de sa possibilité. C’est un « milieu de vie » au sens placentaire du terme.

Les irremplaçables, Cynthia Fleury

Cette semaine j’ai aussi découvert le kulning (cache) et les tardigrades <3.

February 08, 2019 11:00 AM

February 01, 2019

David Larlet

☕︎ Sans voie

Cela m’intéresse d’avoir vos retours sur cette formule hebdomadaire. Notamment si une liste de diffusion vous faciliterait la vie.

We were caught off guard by surveillance capitalism because there was no way that we could have imagined its action, any more than the early peoples of the Caribbean could have foreseen the rivers of blood that would flow from their hospitality toward the sailors who appeared out of thin air waving the banner of the Spanish monarchs. Like the Caribbean people, we faced something truly unprecedented.

Once we searched Google, but now Google searches us. Once we thought of digital services as free, but now surveillance capitalists think of us as free.

[…]

The result is that these new knowledge territories become the subject of political conflict. The first conflict is over the distribution of knowledge: “Who knows?” The second is about authority: “Who decides who knows?” The third is about power: “Who decides who decides who knows?”

[…]

Surveillance capitalism moves from a focus on individual users to a focus on populations, like cities, and eventually on society as a whole. Think of the capital that can be attracted to futures markets in which population predictions evolve to approximate certainty.

“The goal is to automate us”: welcome to the age of surveillance capitalism (cache)

Incroyable interview de Shoshana Zuboff. Alors on va prendre cet article et le mélanger avec cette hypothèse saugrenue :

Let’s say for a moment that I am a billionaire. I am an intelligent person with a top flight education. I believe that I got to where I am through hard work, and because of my libertarian streak, I espouse that free markets could make anyone like me of course, that is if the competition can outwit my competitive instinct to crush them. I didn’t get to where I am by running a charity. I believe in social darwinism. While I won’t call it white supremacy, there are those among us smarter and more capable than others.

Because I am a billionaire, I have access to all the latest intel, and even though I have my suspicions about academics — with their constant asking for grants — it’s pretty clear that climate change is coming… more importantly, climate change will be good for business.

As a billionaire, I can find the cities that will be least affected and invest heavily in them with massive tax breaks. I can also make sure to build my future homes and enclaves in places that are protected from the worst of it. Given that my intellect and hard-earned wealth will give me shelter from the coming storm, I really only have to worry about the effect it will have on my business.

If I made my fortune in fossil fuels, the answer is simple — I must deny climate change because, as the poorer nations collapse, I will be given leave to drill everywhere in the united states I have been denied — along with fracking — to preserve continuity in our way of life that effort alone will make the US the world’s biggest oil producer in perpetuity. Climate-based social and economic collapse in South America, Africa, and the middle east is good for my business. Not to mention that the increased pressure on the world’s economy will most likely have a dampening effect on the sustainable competition. Fossil fuels are the existing infrastructure and the focus during a global emergency should be to protect what is already there instead of taking chances on new tech.

If I am in any other business, climate change is very good for my bottom line: the dead and displaced were never going to be my customers anyway (how many people have amazon prime in cities like homs, anyway?), those who suffer economic collapse can always come work for me… on my terms of course.

The best part of the coming long emergency is that the worse things get in terms of catastrophic damage, food instability, and economic instability, the more opportunity there will be for my businesses to get valuable reconstruction and infrastructure repair contracts.

Also, the more catastrophic the damage, the more of a blank slate we get to circumvent local, regional, and national regulations on trade, manufacturing, and commerce. Governments in crisis, and regulatory agencies, don’t recover as quickly as my agile, anti-fragile companies. So those places that have not been destroyed will easily become havens for my factories and server farms, and I will have my pick of the desperate labor pool. As Ming the merciless famously said “they will be happy with less.”

The social pressures exerted on the planet will be good for business — as the “haves” feel more encroached upon by the “have nots,” they will back authoritarian regimes that promise to protect their moneys, assets, and entitlements authoritarian governments are far easier to make deals with than heavily regulated democracies; not to mention that the larger military presence necessary for authoritarianism is good for business. Military contracts are especially opaque and lacking oversight. And let’s face it, as a self-made billionaire who never asked for favors and got here through sheer intellect hard work, I may not be — in my more fanciful moments — beyond the thought that a ”natural” culling may not be the worst thing for free markets or the global gene pool.

Which leads me to quietly fund climate change denial conferences and pressure groups, and let the world go its way without using my power and influence for change (the odd philanthropic gesture here and there will always be good to keep the bleeding hearts from catching on). Disaster is good for billionaires and their businesses. Disaster cleanses, purifies, simplifies, and, if your immediate needs and your business infrastructure is protected, it creates something far more valuable… it creates opportunities and removes obstacles.

I dunno, just a thought.

Javi Grillo-Marxuach on Twitter

Complotisme ! Lucidité ? En tout cas ça pique… et ça donne une perspective sur la situation actuelle et future. Tout renforcement des inégalités ne fera qu’aggraver notre rapport au climat au devant duquel nous ne sommes pas tous égaux. Où est l’obligation morale (cache) lorsque les forces deviennent aussi inégales ? Quel intérêt à soutenir une réciprocité lorsque des facteurs externes vont de toute façon déstabiliser l’ordre social ?

La beauté du capitalisme est de mettre un prix et un mot sur chaque chose. Une étiquette qui permette de l’oublier, de passer à autre chose.

De vivre avec.

L’écriture fut l’un des mystères originels de la civilisation, elle permit de réduire la complexité de l’expérience au mot écrit. En outre, l’écriture fournit à la classe dirigeante un instrument idéologique d’une puissance considérable. La parole divine devint loi, relayée par les prêtres ; c’est pourquoi, dirent les Iroquois, confrontant les Européens : ‘L’écriture est l’invention du Diable’. Avec l’avènement de l’écriture, les symboles devinrent explicites, et perdirent immédiatement leur profondeur. Dès lors, la parole de l’homme n’était plus une éternelle exploration du réel, mais un signe qui pouvait être utilisé contre lui. […] Car l’écrit sépare la conscience en deux — il devient plus légitime que la parole, détruisant ainsi le sens du discours et érodant la tradition orale ; et il rend possible l’utilisation des mots pour manipuler politiquement et contrôler les autres. L’écrit supplante la mémoire ; une version officielle des événements, fixe et permanente peut être élaborée. Si c’est écrit, dans les civilisations anciennes [et j’ajouterai, aujourd’hui], c’est que ça doit être vrai.

Stanley Diamond cité dans Endgame Vol.1 : Civilisation (par Derrick Jensen) (cache)

Mais en contrepartie, se retenir d’écrire c’est laisser l’attention à d’autres. C’est perdre cette capacité à se comprendre avec un langage commun. C’est verbaliser nos oppressions pour mieux les comprendre, les partager et les combattre. C’est nommer l’innommable.

(D)Écrire est un acte politique.

Voler au sujet sa capacité d’énonciation n’est donc pas suffisant. Ce qu’il faut voler, c’est la condition de possibilité de cette énonciation, sa dynamique de conscientisation. Premier grand processus de la domination : « priver de langage les dominés ». L’opération d’usurpation ne réussissant pas toujours, la prise de conscience émerge. Pour s’assurer la durabilité de la domination, il faut alors provoquer chez le sujet un sentiment de désolation, qui prend l’apparence d’une individuation inversée, dans la mesure où le sujet se sent abandonné, seul de son espèce, sans capacité de faire lient avec d’autres sujets partageant la même expérience. Le sujet ne parvient pas à élaborer cette idée d’une expérience commune d’injustice.

Les irremplaçables, Cynthia Fleury

Comment prendre conscience collectivement lorsque les outils sont contrôlés ? Comment transmettre des messages alors que ceux-ci sont soigneusement sélectionnés ? Comment être le media sans faire le media ?

Collecter pour lier. Brouillonner pour éclaircir. Écrire pour être.

Écrire, cela permet de tenir, avant de retenir. Tenir la distance. Distance dans la durée : endurer de me taire, d’enfermer les émotions en mon for intérieur. Distance dans l’espace entre les élèves et moi, pour leur laisser de la place, sans l’occuper d’emblée de ma propre puissance.

Enseigner et tenir un journal de bord (2) (cache)

Publier pour devenir ?

February 01, 2019 11:00 AM

January 30, 2019

David Larlet

★ Individuer, écrire et se diversifier

Summary in English

My traditionnal January new year intentions.

En relisant les dix (!) dernières années de résolutions, je me rends compte qu’il s’agit davantage d’intentions. Elles ne sont pas forcément respectées mais elles me servent parfois de fil rouge quand je doute. Et c’est déjà pas mal.

Individuer

Je n’ai pas choisi les gloires patentées. La voie de l’admira­tion a suivi le chemin d’émergence des irremplaçables, de ceux qui tentaient l’aventure de l’irremplaçabilité, qui allaient au­ devant de leur sujet comme on va au­ devant du monde, précisément détachés de leur sujet, car la voie de l’individuation ressemble, sous maints aspects, à celle de la dépersonnalisation. Il ne s’agira pas de devenir une personnalité, une singularité, comme une injonction à la mise en scène de l’ego. L’enjeu est tout autre : il est relationnel. Se lier aux autres, se lier au sens, se lier au Réel, se lier à l’œuvre, l’éternité des liens comme seule vérité.

Refaire lien, donc, avec l’individuation.

Les irremplaçables, Prologue (cache, PDF 500 Ko), Cynthia Fleury

L’année 2018 aura été l’occasion de prendre conscience d’une responsabilité encore plus accablante. En tant que privilégié, en tant que développeur, en tant que père, en tant qu’humain.

Il ne tient qu’à moi de rendre cela plus léger. En donnant la capacité aux autres de s’exprimer. En exposant certains des chemins explorés pour accepter cet état.

Et surtout en restant enthousiaste vis-à-vis de ce qu’il reste à être.

Écrire

Nous nous trouvons donc à une période charnière. Et pour celles et ceux qui pensent que le livre, comme forme spécifique d’inscription de la pensée, a encore quelque chose à dire et proposer, l’internet est devenu un allié essentiel… et en même temps un nouveau concurrent. Mais cela semble être la position de l’internet dans l’ensemble des champs de la société, n’est-ce pas ?

Éditer à l’ère numérique (cache)

J’ai l’impression d’être dans de bonnes dispositions pour écrire davantage, sur des formats plus longs. Mes premières itérations hebdomadaires sont encourageantes et je m’en réjouis. Peut-être à un moment aller vers du mensuel pour prendre le temps de creuser davantage ?

Écrire c’est aussi se libérer d’une consommation à sens unique, il serait illusoire de vouloir écrire autant que ce que je lis mais j’ai le sentiment de rééquilibrer ma balance personnelle à ce sujet.

Le lien est ténu entre transférer et proposer sa propre interprétation. Toute la nuance est ici dans ce petit caillou ajouté au passage de cairn.

Se diversifier

Ces derniers mois ont toutefois été plus efficaces, au point que j’arrive à la résumer en une courte phrase : concevoir les outils dont la société aura besoin demain. Pour comprendre cette raison d’être, il me paraît important de bien définir ce dont je parle.

Tout d’abord, lorsque je parle de « concevoir [des] outils », je fais le choix conscient de ne pas utiliser le terme de « développer ». Pour moi, un logiciel n’est pas une fin en soi. Il y a avant tout une phase d’acquisition des besoins et de réflexion qui peut notamment mener à la conclusion qu’un outil informatique ne serait pas une bonne solution. Cela implique aussi que je dois étendre mes compétences au delà de la technique informatique, en acquérant notamment plus de compétences liées à l’expérience utilisateur.

Introspection professionnelle : valeurs et raison d’être (cache)

Je pense avoir fait le tour de cette full-stack d’ivoire toujours plus élitiste et complexe. J’ai envie d’aller vers plus de polyvalence et de transversalité. C’est là où est la (ma ?) valeur aujourd’hui. S’enfermer dans la technique, c’est accepter des œillères et concentrer mon attention sur la facilité.

Davantage d’empathie et de communication afin de privilégier la pertinence humaine à l’excellence technique. C’est une voie qui semble difficile, particulièrement pour moi, et j’espère trouver des pistes pour surmonter cela.

P.S. : j’ai normalement répondu à tous les courriels de 2018 qui m’étaient adressés, si vous êtes en attente d’une réponse de ma part n’hésitez pas à vous re-manifester. Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de me contacter pour diverses raisons, c’est toujours un plaisir d’avoir un retour.

Ces dernières années

January 30, 2019 11:00 AM

January 25, 2019

David Larlet

☕︎ Auto-diagnostic

Cette semaine grosse sortie de ski de fond qui s’apparentait davantage à du ski de rando vu les conditions <3. J’ai passé le cap où je peux réfléchir pendant l’effort dans cette pratique là et c’est chouette (coucou Kilian). Mais penser à quoi ?

Dans quelques jours, je vais passer des tests pour tenter de déterminer si je suis concernée par une forme de trouble du spectre autistique. Forcément, la date approchant, je ne peux pas m’empêcher de remettre en question toute ma démarche et de me demander « mais pourquoi donc est-ce que je crois que je suis peut-être autiste ? Sur quoi est-ce que je me base pour échafauder une telle hypothèse ? », questions que je retrouve d’ailleurs dans le regard, certes bienveillant mais manifestement incrédule, de mon entourage.

Pourquoi je crois que je suis peut-être autiste ? (cache)

Maïa Dereva nous parle de sa démarche et de ses attentes. Ça m’a motivé pour re-passer l’Aspie Quiz, deux ans plus tard, et mon résultat a évolué de manière significative. Je n’arrive pas à identifier si c’est parce que j’accepte davantage certains aspects de ma personnalité ou si je suis dans une spirale d’auto-entraînement qui accentue ma perception. À méditer.

D’ici là, je souhaite recueillir des témoignages d’hommes qui progressent dans une réflexion similaire : avez-vous détecté des mécanismes de défense qui vous empêchent d’écouter quand on vous parle de sexisme ? Quelles en sont les manifestations ? Avez-vous tenté de les déjouer ? Comment ? Et pour quel résultat ?

Ce Qui Se Passe En Moi Quand Une Femme Me Parle De Sexisme (cache)

Raphaël Pierquin nous décrit son chemin de pensée. Mon mécanisme de défense actuel est d’accepter que ce soit contextuel. Non pas la situation elle-même mais le moment où elle est transmise. Je me sens coupable de ne pas pouvoir en permanence investir l’énergie nécessaire pour cette lutte. Cela demande en premier lieu de réussir à détruire son propre statut, ne plus croire en soi pour être capable de revenir à un ensemble. Ne pas l’identifier comme une perte mais comme un nouveau devenir que l’on espère plus enthousiasmant.

Le pouvoir est en fait circulatoire, un fait circulatoire même au sens qui circule. […] Autrement dit, le pouvoir, même de souveraineté, n’appartient jamais à un seul individu même divinisé. Le pouvoir de l’un tient toujours par le consentement des autres et par le fait que ce qui n’est pas partagé l’est en fait. Le pouvoir fait machine : il faut ordre, performance, illusion de fonctionnement. La vérité du pouvoir demeure bureaucratique pour être durable.

[…]

Devenir maître, au sens hégélien, c’est risquer la mort, prendre ce risque que l’esclave se refuse à prendre. Mais demeurer maître, c’est devenir esclave, c’est rentrer dans la circulation du pouvoir, celle qui a besoin du subordonné pour se maintenir. Demeurer maître, c’est finir par croire à son statut de maître. Or, l’individuation est une puissance non corrompue par le pouvoir. S’individuer suppose de ne pas croire, et notamment de ne croire en aucun statut.

Les irremplaçables, Cynthia Fleury

Aurélien m’invite à écouter « Sommes-nous prêts pour la fin du monde ? ». J’ai beaucoup de mal à rester concentré sur une piste audio. Je fais l’effort et il est récompensé. Merci !

Côté technique, j’ai appris plusieurs choses à mes dépens :

  • Il n’est pas possible de changer en CSS le fill d’un fichier SVG extérieur lié (pour lui appliquer currentColor par exemple) car il n’est pas présent dans le DOM. C’est logique mais ça m’a pincé les doigts.
  • SVG encore, il n’est pas possible facilement de modifier un SVG inclus grâce à la balise <use> en JavaScript, c’est bien dommage.
  • Si vous utilisez responses (le pendant à request), il faut définir toutes les réponses avant de faire toutes les requêtes, c’est documenté mais non explicite.

J’ai presque compris comment Dat fonctionne grâce à ce tutoriel (cache). J’ai rédigé mes premières Job stories (cache) et il faut encore que je les affine (cache).

People in my life didn’t have much to say about me leaving Facebook but I did get a few plaintive emails. How will we keep up with you? How will we see photos of your child? The implication was that without Facebook, all would be lost and we would lose contact forever. I’m exaggerating a little but I was legitimately surprised at the sense of finality that some people seemed to feel, as if there would be no other possibilities for us to connect to each other once I left. Sure, Facebook might be the most convenient way to connect but I never thought of convenience as the hallmark of good relationships. That said, there were people I did want to stay in touch with so I came up with a plan: start a very small mailing list via Mailchimp’s Forever Free plan to stay in touch with very close friends and my family. I’ve sent three emails this year and it’s been a great overall experience.

Going old school: how I replaced Facebook with email (cache)

Intéressant de voir le nombre d’initiatives actuelles pour se réapproprier certains espaces, poussées par la toxicité des foires d’empoignes semi-publiques collectant des données bien privées. J’ai pour ambition de proposer un milieu de publication pour mes proches cette année. Je ne sais pas encore où je vais avec ça, ni en terme de délégation, ni en terme de diffusion.

Quelle marque associer à ce lieu ?

Think about an encounter you had lately with a person you met for the first time. Maybe it was at a party? Maybe even a work meeting? What is striking is that what you remembered the day after, was most likely not how that person dressed exactly. Nor was it the precise words she said. What remained though is leftover feelings.

[…]

Those feelings can be vague sometimes, even hard to put words on. But what is clear is that if we want people to remember brands, we have to feed them something richer than just a logo, a color, a typeface and an interface. Through its inherent richness, digital is the perfect communication medium to help with that.

Beyond the interface (cache)

Réflexions intéressantes sur l’uniformité sur le Web, ses sources, ses pièges et ses échappatoires. Quelles légendes perdureront une fois le réseau effondré ? Comment vivre dans un monde qui était inimaginable il y a 100 ans et qui le sera probablement tout autant dans 100 ans aussi ? Peut-être que la somme de ces journaux extimes finira par avoir une valeur, si tant est qu’elle soit préservable sur cette période.

Le journal permet de passer du « vécu au conçu », de glisser « d’une écriture expérientielle à une écriture théorique ». Il donne la possibilité « d’entrer dans plusieurs phases d’appropriation de de distanciation des savoirs, par le biais du passage d’une écriture pour soi à une écriture pour les autres ». C’est le lieu de la confrontation à ses doutes, à ses questionnements, à son implication : « le journal montre comment l’auteur s’organise dans sa pratique, comment il prépare son travail, quelles sont ses "stratégies techniques", etc. Il raconte souvent ce qui l’amène à prendre une décision donnée dans une situation donnée. Cette dimension est très utile pour aider l’auteur à conscientiser son rapport au métier ».

Enseigner et tenir un journal de bord (cache)

Écrire et partager pour s’accepter. Pour mettre des mots sur ses doutes et ses aspirations. Une publication par à-coups. Une thérapie à moindre coût.

Arriver à s’aimer malgré, puis dans, puis grâce à une pleine lumière qui ne laisse rien passer. Se savoir insuffisant. Ainsi, échapper à la suffisance. En rire avec le sérieux d’un enfant. Ne pas se satisfaire de ce rire, parce que nous ne sommes plus des enfants.

Identités (cache)

Parce que l’on a tant besoin que l’on ait besoin de nous ;-).

January 25, 2019 11:00 AM

January 18, 2019

David Larlet

☕︎ Agilité

Cette semaine a débutée par deux journée dans les bois avec des températures qui n’ont pas dépassées les -18°C. C’était « frète » comme on dit par ici. Heureusement, j’ai passé une nuit dans un refuge que j’ai fait passer de -9°C à 32°C (!) en 3 heures grâce au poêle, le contraste était assez saisissant. Cela m’a permis d’avancer sur mon projet de couture avec un sprint de… 5 heures non-stop, vive l’hiver ! Aussi, j’ai vu le premier arc-en-ciel circulairehalo de ma vie <3

Mon atelier de couture portable Atelier de couture portable, ça manque un peu de lumière malgré le réflecteur/pare-vent du réchaud à bois.

C’était aussi l’occasion de réfléchir à l’agilité et à ce que ça voulait dire de promouvoir certaines pratiques dans l’objectif de me diversifier (plus à venir là-dessus). J’en suis ressorti avec la définition suivante :

Agilité (n.f.) : prendre le temps de communiquer.

Tout est là, ce qui a pour conséquence possible de comprendre son équipe, d’avoir de l’empathie pour ses utilisateur·ice·s, de partager avec ses pair·e·s dans le but de proposer des trucs pertinents. La communication c’est l’inefficacité qui permet l’horizontalité.

Sans communication on a besoin de hiérarchie.

Tronc enneigé Un développeur full-stack bien chargé.

Et en parlant de ce qui pousse sur les arbres :

In other words, the ethical alternatives will not grow on trees. They must be funded. And given that they cannot and will not be funded by the same interests that created the problem to begin with (venture capital), we need alternative, ethical funding to create alternative, ethical infrastructure. The technological infrastructure of our societies must be funded from the commons, for the common good. And that requires political will and a system that’s not institutionally corrupt. Neither of which we have today.

Baby steps (cache)

Aral Balkan essaye beaucoup de choses, à petits pas, et les partage sur son espace. J’aime ça. Il y a une super cagnotte à laquelle on participe (presque) tous et qui nous permet (presque) tous d’en profiter aussi. Indice : ce n’est pas le loto. Quels outils (et données) pour rendre transparente son attribution ? Quels algorithmes politiques (pléonasme) pour influer sur cette répartition ?

I wish there were a clever marketing name for no-cookies/no-JavaScript sites. It should be a trend.

While the industry is focused on SSL everywhere, we’re not looking at the other half of surveillance tech.

NetNewsWire Privacy Policy (cache)

Brent Simmons nous rappelle que de sécuriser une connexion pour cacher ce que l’on fait et que ça ne soit consigné que par le destinataire… pour être ensuite revendu en arrière plan est complètement incohérent. De là à dire que HTTPS encourage les monopoles, la centralisation et les inégalités, il n’y a qu’un troll. J’assume.

Via keybase je découvre stellar qui revendique « No forks, no energy-wasting, and no unfair staking » pour des transactions monétaires. Je n’ai pas les compétences pour lire le papier blanc (cache, PDF 200Ko) mais ça semble prometteur. Enfin des micro-paiements en 2019 ?

Arbre givré Quand on me demande si j’ai eu froid.

J’ai pas mal de conseils pour le grand froid. Ce qui est capital c’est la gestion de l’eau. On a beau être littéralement entouré d’eau (neige), on peut en arriver très vite à être déshydraté sans pouvoir remédier à cela rapidement. Ma stratégie actuelle, c’est d’avoir un petit thermos sur moi (effet bouillotte + ça aussi ça gèle au bout d’un moment !) d’eau ou infusion brûlante. Je rempli le capuchon/verre de neige et je complète avec l’eau chaude, ça me double la quantité de liquide ingérable avec la possibilité de boire une boisson chaude en cas de besoin. Aussi, c’est la saison où il faut piétiner sa barre énergétique avant de l’ouvrir au risque de se casser les dents…

Nous gagnerions à mieux maîtriser la quantité produite et à mieux comprendre ce qui est fait de nos déchets, ainsi que l’énergie dépensée à les trier, les enfouir, les incinérer. Nous gagnerions à connaître le coût environnemental de toute l’affaire, depuis la fabrication des sacs en plastique immonde jusqu’à l’incinération d’une matière qui a en tout et pour tout servi quelques heures, au mieux quelques jours. Nous gagnerions à retrouver le pouvoir de prendre du recul sur ce que nous produisons.

La ville et ses déchets (cache)

Marie-Cécile Paccard partage son chemin de résilience à travers des notes. À Montréal la ville offre à chaque résident deux bacs : un petit à mettre dans sa cuisine et un plus gros pour stocker en attendant que le camion dédié passe une fois par semaine. Au printemps, il y a une distribution publique de compost pour boucler le cycle et enrichir les jardins locaux. Je ne sais pas quel coût cela représente, j’ai l’intuition que le retour sur investissement global est positif.

You probably had several great things you wanted to do, but had to pick just a few of them. If so, then consider thinking of it from a place of celebration.

Instead of feeling regret over what you didn’t do, celebrate what you did do.

Regret vs Celebration (cache)

This. Tiens, et si je rédigeais mes intentions annuelles ?

Soleil à travers les arbres Au bout du tunnel neigeux, la lumière.

Fermer de temps en temps les portes et les fenêtres de la conscience ; demeurer insensibles au bruit et à la lutte que le monde souterrain des organes à notre service livre pour s’entraider ou s’entre-détruire ; faire silence, un peu, faire table rase dans notre conscience pour qu’il y ait de nouveau de la place pour les choses nouvelles, et en particulier pour les fonctions et les fonctionnaires plus nobles, pour gouverner, pour prévoir, pour pressentir (car notre organisme est une véritable oligarchie) voilà, je le répète, le rôle de la faculté active d’oubli, une sorte de gardienne, de surveillante chargée de maintenir l’ordre psychique, la tranquillité, l’étiquette. On en conclura immédiatement que nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l’instant présent ne pourrait exister sans faculté d’oubli.

Généalogie de la morale, Nietzsche

January 18, 2019 11:00 AM

January 11, 2019

David Larlet

☕︎ Métaphores

Une semaine de reprise avec un gros projet de couture qui me prends beaucoup de temps. L’ambition est grande pour un débutant puisqu’il s’agit d’ajouter des poches à un sac, si ça pouvait au moins être fonctionnel ce serait déjà pas mal. C’était aussi le début de la saison de ski de fond sur le Mont-Royal !

Je veux démontrer que les zombies sont la parfaite illustration de ce que Marx nomme « pulsion enrichissement » et « pulsion d’accumulation », toutes deux se résumant par ce qui pousse au « toujours plus ».

Pourquoi les Zombies sont-ils si affamés ? Des mort-vivants entre psychanalyse et économie politique (cache)

Du sens des mots, notamment pour les traductions. Où l’on en vient à voir des loup garous capitalistes dans les écrits de Marx qui ont faim de surtravail. Et de le transmettre à leur tour. Ce qui me fait rebondir sur un tweet. J’ai lu ce gazouillis de Tara Vancil pendant mes vacances et il ne cesse de résonner (au passage, elle cherche du boulot) :

I can’t stop thinking about the dude who said all the best coders he knows spend the holidays hacking

I’ve spent the past few days busting my butt preparing for Christmas. Cooking, baking, etc. Haven’t had time to touch my computer. Meanwhile @pfrazee’s been busy hacking...not bc he doesn’t want to help, but he doesn’t know how. He wasn’t taught to cook, clean, or wrap gifts

Maybe those programmers have time to hack over the holidays because their mothers, wives, sisters, and girlfriends are busy making sure they have a nice holiday?

Tara Vancil sur Twitter

L’open-source cacherait-elle surtout un travail effectué par des femmes de l’ombre ? Le graphe des contributions Github est forcément l’anti-graphe d’une attention (non) portée ailleurs. Aider ses pairs, négliger ses paires. N’est-on pas condamnés à reproduire le même schéma avec les communs ?

En parlant d’aider ses pairs, deux petite pépites cette semaine avec ce gabarit pour créer un livre papier ou numérique et un moyen de raconter des histoires de manière cartographiée (voir aussi StoryMap à ce sujet).

Il en est une autre d’histoire qui m’intéresse en ce moment :

La politique indigène des États-Unis, bien que souvent qualifiée de raciste ou discriminatoire, est rarement présentée pour ce qu’elle est : un cas d’école d’impérialisme et d’une forme particulière de colonisation — la colonisation de peuplement.

[…]

Écrire l’histoire des États-Unis telle que les peuples indigènes la vécurent requiert de penser à neuf le récit national. Ce récit est faux ou déficient, non dans le détail des dates et des faits, mais dans son essence même.

Contre-histoire des États-Unis, roxanne dunbar-ortiz

Revoir ses croyances aux yeux des oppressés. Christophe Colomb ou Jacques Cartier non pas comme des héros mais comme les fers de lances de génocides passés sous silence. La où le capitalisme passe, l’altérité trépasse.

Finally, I believe that the core of this bio/socio/psycho/spiritual collapse is a metacrisis of relationship, it’s about how I relate to the different parts of myself, to other people, and to all the other creatures, life, spirit, etc on this planet. If that’s true, then my response must be relational first. This article is written in the first person singular: it’s all I, I, I. That’s a stylistic choice for creative freedom. However, that language obscures the reality that all of this action is conducted in the first person plural: there is always a “we” acting together, me and others.

Courage Before Hope: A Proposal to Weave Emotional and Economic Microsolidarity (cache)

Comment faire le moins de dégâts possibles lorsqu’on possède un handicap relationnel ? Peut-être que cela réside dans l’absence de faire justement. Prendre encore davantage de recul. Ou abandonner, se retourner et avancer pour une fois. Aller s’enfermer volontairement, loin. Seul ?

Le jour où l’effondrement aura lieu, d’où qu’il vienne, il faudra commencer par donner à manger à tout le monde. Un supermarché classique dispose d’environ trois jours de stock alimentaire, et ce jour-là, on sera bien contents d’avoir cultivé les friches encore disponibles en zone rurale. Et si la catastrophe n’arrive pas, rejouons le pari de Pascal : au pire, ces journées passées face à la montagne à couver du regard de jeunes plants, à tisser la serre de fils solides en prévision des pluies, à partager quelques amandes et des astuces de jardiniers les pieds dans la gadoue, n’auront pas été vains. Ces moments rincent l’âme, et nous rappellent que nous sommes des Terriens.

Les jardins nourriciers coopèrent pour surmonter l’effondrement (cache)

Mais avant il faut que je termine de lire tous ces onglets…

January 11, 2019 11:00 AM

January 04, 2019

David Larlet

☕︎ Balbutiements

Tentatives autour d’un format hebdomadaire.

Lost here is the gentle pursuit of a modest competence, the doing of something just because you enjoy it, not because you are good at it. Hobbies, let me remind you, are supposed to be something different from work. But alien values like “the pursuit of excellence” have crept into and corrupted what was once the realm of leisure, leaving little room for the true amateur.

In Praise of Mediocrity (cache)

Pendant que certains se focalisent sur leur santécompétence (en opposition au savoir-faire, voir Lepage (cache)), d’autres proposent des cérémonies d’enterrement de leurs données…

However, do we value them enough to consider funerals for these once beloved traces of our life when they are gone? Through this workshop, participants learnt to use design fiction as a method to explore emerging and speculative rituals helping users to cope with failing data-driven services.

Requiem for a data: imagining speculative rituals to cope with a data loss (cache)

… tout en les publiant sur Medium, ce qui n’est pas sans une certaine ironie mais finalement assez cohérent. À se demander si l’éphémère assumé ne serait pas la seule voie de salut pour accepter ses propres contradictions :

The logic of the camera is that reality is real only to the extent that it is photographable. It pulls individuals out of the moment and makes them see it (and themselves) as an object for the future as well as always already of the past. This seizing of experience’s ephemerality — to possess the present, docile and durable — is what Andreas Kitzmann called a “museal gesture,” what Jean Baudrillard called “museumification,” and what André Bazin called the “mummy complex,” the “need to have the last word in the argument with death by means of the form that endures.” It’s ownership of the present by proxy.

Pics and It Didn’t Happen (cache)

Ce n’est pas pour rien si le logo de Snapchat est un fantôme en effet. Celui de la construction de notre identité. La fuite d’une nostalgie que l’on crée et retrouve avec romantisme d’un côté. Mais aussi les traces d’un chemin permettant de bâtir une souvenance cohérente. De la caverne à la bulle de filtres il n’y a qu’un pas.

L’écran cathodique est une caverne reconstituée dans la mesure où elle fait voir, non pas le monde, mais ses images. Le monde vient à l’homme et non plus l’homme au monde. Dès lors, il acquiert une réalité fantomatique.

Les irremplaçables, Cynthia Fleury

Twitter et consorts n’étant finalement que des Snapchats du texte, tout est question de temps. Un temps dont on ne prend pas soin et ne pas s’en préoccuper consiste peut-être à ne pas se considérer soi-même. Lorsqu’on ne produit que du jetable, on en vient à se considérer comme étant remplaçable.

Autrement dit, le temps s’ouvre sur la nécessité même de l’individuation. Le temps ne délivrera son sens qu’à celui qui poursuit le travail d’individuation. Ce travail fait toute sa liberté. […] Ne pas saisir l’instant pour cheminer vers soi, ne pas articuler le « connais l’instant » avec le « connais-toi toi-même », c’est manquer la possibilité de l’individuation, l’ajourner pour une venue plus improbable encore. Les rencontres avec soi-même sont rares.

Les irremplaçables, Cynthia Fleury

Dans quelle mesure est-ce que ce temps — que l’on ne prends plus le temps de savourer — met à mal notre créativité profonde, faute de tension longue ? C’est l’une des explorations pour cette année, publier moins pour tenter d’articuler des pensées en tentant d’éviter l’écueil facile de la revue de presse aigrie. Manifestement loupé pour cette première, j’accepte l’échec sachant que j’ai encore 51 essais.

Mais là où le travail de l’artiste est de servir de contenant à ces sentiments, de les faire mijoter en ses tréfonds pour mieux les digérer, afin de produire une œuvre, les réseaux sociaux nous invitent à nous en débarrasser aussitôt. Une belle idée ? Aussitôt postée. Une indignation ? Aussitôt postée. Une colère noire ? Aussitôt postée. Nous évacuons sciemment la matière première de notre puissance de création comme nous tirerions la chasse d’eau, sans réfléchir à ce que nous faisons. Les réseaux sociaux comme toilettes des émotions.

Suicide social (ou comment quitter les réseaux sociaux sur un coup de tête) (cache)

Toujours intéressant de lire ces retours qui se préoccupent énormément des êtres perdus en tirant la chasse mais parlent peu des personnes à retrouver qui sont déjà passées par là et qui sont maintenant plus légères. Ces articles comme la numérisation du graffiti dans les toilettes : « X a fait caca ici. » Le besoin d’exprimer son détachement pour montrer à quel point l’on était attaché. Se dé-lier pour être en mesure de se re-lier. Comment mailler sans centraliser ?

Le Web permet-il de tisser autre chose qu’une bulle ?

Affiche informative sur la loutre et son caca Puisqu’on en est à ces considérations, je n’hésite pas à ressortir cette petite pépite… il y en a qui s’amusent bien :-)

Notre idéalisme doit se faire à l’époque dans l’espoir de la transformer. Nous avons connaissance du temps long de l’économie du livre, de la présence imbriquée de ses intermédiaires, des pratiques du milieu littéraire et des attitudes trop souvent boutiquières de ses acteurs, mais nous avons surtout connaissance de la méconnaissance des lecteurs quant à toutes ces questions relatives au livre, à son économie, à son existence numérique et à sa diffusion. En écrivant ainsi « NC » dans notre licence, nous raturons « Non au Capital ». À travers cette vulgarité poussiéreuse, nous voulons éviter les usages de nos contemporains qui se servent de la propriété intellectuelle soit pour maintenir une situation passéiste autour de l’usage classique du droit d’auteur, soit pour assurer une certaine fluidité du marché, volontairement ou non, par l’entremise des licences libres.

Partage (cache)

« Non au Capital ». Non à la capitulation. Non au jetable. Non à la propriété. Non à la destruction des identités.

Mais « oui » à quoi au juste ?

January 04, 2019 11:00 AM

January 01, 2019

Karl Dubost

Après le voyage

racines de misère Tsujido, Japon, 1er janvier 2019

En ce sens, en produisant des modifications permanentes et transmissibles de génération en génération, les êtres vivants produisent de la culture, qui donc n'est pas une prérogative humaine, mais plutôt une sorte d'héritage non anatomique mais écologique, un héritage exomatique.

Emmanuele Coccia, La vie des plantes.

La narration d'un voyage pourrait probablement se définir avec l'ensemble des lieux que nous avons su ou voulu éviter. Bien que cette liste soit probablement longue, il existe un nombre restreint de choix conscients qui s'identifient souvent par leur nature. Nous évitons ce lieu parce-qu'il appartient à cette large catégorie.

Les absences sont sources de pensées. Là, où il n'y avait rien émerge la source de futurs chemins. J'aime la misère, plante fragile et robuste. Il suffit de voler une branche sur un chemin et de la mettre dans l'eau. Après quelques semaines, les racines poussent et nous pouvons de nouveau la planter. Ces racines là sont celles d'une misère récupérée sur les pentes de Enoshima le 1er décembre 2018 dans ce petit chemin que les touristes ont sû ne pas découvrir.

D'abord créer les répertoires :

for i in {01..12};
    do mkdir `printf "%2.0d\n" $i |sed "s/ /0/"`;
done

Puis créer des fichiers index vides :

for i in {01..12};
    do touch ~/Sites/la-grange.net/2019/`printf "%2.0d"/index.html $i |sed "s/ /0/"`;
done

Quand je crée un nouveau design, je teste souvent au fur et à mesure dans un article test, qui à un moment se retrouve simplement à l'abandon. L'ébauche est là, comme un trait, une esquisse pour comprendre le mouvement.

January 01, 2019 09:42 AM

Futures expressions du passé

As we digitize some six million photo prints in our files, dating back more than 100 years, we are using those images to bring the events and characters of the past to life in the present.


cf ce que je disais hier. Twitter wanted light-hearted, fun versions of the familiar icons users around the world know and love. Initial design explorations centered on a simple, flat style that would be easily identified as uniquely Twitter’s.


Les arbres ne peuvent pas parler mais les bébés non plus. La représentation des objets. La nature est-elle un sujet de droit. France Culture. Cinquante ans plus tard, en 2017, le parlement néo-zélandais accorde le statut de personne juridique au fleuve Whanganui, et quelques jours plus tard, en Inde, la Haute-Cour de l'état himalayen décrète que les fleuves Gange et Yamuna seront désormais des entités vivantes ayant le statut de personne morale.


January 01, 2019 05:30 AM

December 31, 2018

David Larlet

☕︎ Et ensuite ?

Quand des lecteurs ne me suivent pas parce qu’ils ne comprennent pas ma démarche, ça me fait mal, ça signifie que je n’ai pas su leur faire sentir ma façon d’aborder la vie. Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, essayer de m’expliquer, mais je ne peux pas les forcer à me suivre en leur envoyant mes articles tous azimuts.

Je vous aime et je vous quitte (cache)

Ma seule certitude pour l’année qui vient est d’arrêter les formats quotidiens courts qui manquent de profondeur faute de temps de maturation. De plus en plus envie d’aller vers un format qui se rapproche du livre (cache), peut-être même imprimable si l’on considère que la lecture sur écran n’est qu’un épiphénomène de notre civilisation qui s’effondre tranquillement.

Peut-être qu’à un moment si j’ai envie de publier des liens et pensées, j’utiliserais un service comme write.as (cache) ou micro.blog + mastodon (cache) avec mon propre domaine quitte à faire un cache statique en plus par ici.

Je vois aussi la valeur des listes de diffusions dont certaines sont de petites pépites et ça serait dorénavant très facile à mettre en place (cache) chez moi.

Un format hybride se dessine doucement (serial book (cache) anyone?) je lui laisse le temps de grandir un peu avant d’itérer avec vous.

Avant toute structure, il faut du contenu :-).

December 31, 2018 11:00 AM

December 30, 2018

David Larlet

☕︎ Moitié de vie

Les irremplaçables est un livre sur la non­ linéarité de la vie, les seuils qualitatifs invisibles, un livre de moitié de vie. Mais tous les livres de moi­tié de vie sont des livres de fin de vie. La mort nous a cernés depuis longtemps, et avant la fin de l’enfance, chacun d’entre nous a fait connaissance avec elle. Peut­-être est­-ce cela la définition de la fin de l’enfance ? Mais une nouvelle occurrence de la mort surgit, au milieu de la vie. Rien n’alerte sur le fait que ce soit le milieu. Arithmétiquement, cela ne l’est sans doute pas. Mais cela devient le milieu, car dès lors, l’intuition du che­min qui reste à parcourir, du temps restant, pour chacun d’entre nous, prend forme.

Les irremplaçables, Prologue (cache, PDF 500 Ko), Cynthia Fleury

Au-delà de ce passage qui fait violemment écho, la densité de ce prologue est incroyable. Il est rare que j’ai une telle appréhension à lire un livre car je l’envisage comme trop vertigineux sur ce qu’il pourrait ouvrir en terme de réflexion… et je n’en suis qu’à la page 50 !

Chacun s’est surpris, un jour, à rire seul. C’est d’ailleurs la vérité du milieu du rire, la solitude. On ne rit pleinement que seul.

Partager un rire c’est déjà autre chose. Ce n’est plus de l’indifférence. Cela peut être précisément l’inverse, la solidarité, la complicité ; mais déjà le début de la stigmatisation d’un autre homme si le rire est perverti, flirtant de trop près avec la vexation. Un rire trop majoritaire et c’est le début de la fin.

[…]

Et rire, c’est toujours inventer, au sens où rire préfigure une pensée, une échappée, une liberté. Inventer des âmes, n’est-ce pas là l’objet de l’œuvre ? Et entendons l’œuvre au sens large : l’œuvre d’art certes, mais l’amour, l’amitié, et la Cité. Que vaut une Cité dans laquelle les âmes ne s’inventent pas ?

Ibid.

December 30, 2018 11:00 AM

December 29, 2018

David Larlet

☕︎ Compost et scopyleft

Bien souvent, on ne réfléchit pas à la compostabilité des projets lors de leur conception (quels éléments méritent d’être réutilisés, sous quelle forme, où les mettre à disposition,...). Même lorsque l’on décide de rendre disponible ces ressources auprès des autres, cela ne suffit généralement pas à leur assurer une seconde vie. Il faut dès lors réfléchir à la meilleure méthode pour permettre à la matière produite (les contenus, les données, l’expérience due à nos échecs et réussites,...) d’être réutilisée indépendamment de tout contexte d’usage.

Petit précis de compostabilité des projets (cache)

En ce moment, on essaye de remettre des choses à plat au sein de scopyleft grâce aux super-pouvoirs d’un nouveau venu. Un bon moment pour tester le compost et l’enrichir à plusieurs mains afin qu’il puisse être davantage fertile.

December 29, 2018 11:00 AM

December 28, 2018

David Larlet

☕︎ Conférences gesticulées

Enfin, l’éducation populaire ne consiste pas à proposer à des gens des analyses politiques toutes faites sur le mode de la dénonciation, mais à construire une pensée politique à partir des gens eux-mêmes et de leur expérience concrète de la domination à leur échelle et dans leur secteur. C’est le principe de la conférence gesticulée : fabriquer de l’analyse politique à partir de nos colères, et non pas gober des prêts à penser hystériques.

Franck Lepage : « Le gilet jaune est le symbole d’une conscience de classe qui est en train de renaître » (cache)

Encore une intervention très pertinente de Franck Lepage dont je suis les gesticulations depuis un moment. Quelle alternative à la conférence gesticulée lorsqu’on est à distance ? Lorsqu’on souhaite distribuer ce moment ? J’ai eu des retours inhabituels sur mon bivouac automnal, peut-être un format à creuser, à inventer ?

December 28, 2018 11:00 AM

December 27, 2018

David Larlet

☕︎ Retour en avant

Au moment où cette vague d’artisans de la nouvelle agriculture déferlera, il y a de fortes chances que nous assisterons alors à la fin du pétrole bon marché. Cette nouvelle réalité forcera inévitablement la société à repenser sa relation avec l’agro-alimentaire et le concept des « supermarchés ». Je ne vois pas comment nous pourrions continuer à importer à bas prix des produits venus des quatre coins de la planète. Avec la montée du prix des intrants agrochimiques et celui du carburant qui nourrit les grosses machines agricoles, les agriculteurs conventionnels n’auront peut-être pas d’autre choix que d’adopter des pratiques alternatives d’agriculture biologique. Peut-être vivrons-nous ce que je nomme un « retour en avant » : le métier d’agriculteur retrouvera ses lettres de noblesse et les fermes familiales seront à nouveau valorisées et prospères. Il n’est pas fou de croire que cette évolution est possible et imminente.

Le jardinier-maraîcher - Manuel d’agriculture biologique sur petite surface, Jean-Martin Fortier, 2012/2014

En ce moment, je me documente sur la surface pertinente pour produire quelques denrées potagères à destination d’une poignée de familles. Non pas pour aller vers l’autarcie mais vers la communauté.

Ne pas fuir mais créer, ensemble.

Je reste, pour paraphraser Antonio Gramsci, « pessimiste avec l’intelligence, mais optimiste par la volonté ». L’avenir qui se profile semble bien anxiogène et surtout totalement inconnu. On peut bien faire des milliards de suppositions, il y a de fortes chances de tomber à côté. Il y a alors deux façon de voir l’effondrement : une mauvaise et une bonne et il y en a une qui est inutile. Pensée magique peut-être, mais je ne peux m’empêcher de voir dans ce clair-obscur une lueur d’espoir. De voir resurgir des possibles jusqu’alors étouffés par le rouleau compresseur d’une société folle. D’imaginer que ces graines plantées depuis des années puissent trouver alors un terreau favorable à leur éclosion. Nous avons la chance d’être certainement la génération la plus cultivée, la plus ouverte sur le monde, là aussi je ne pense pas que ce soit un hasard.

Permaculture et effondrement : c’est la Butte finale (cache)

December 27, 2018 11:00 AM

December 26, 2018

David Larlet

☕︎ Fake Internet

Everywhere I went online this year, I was asked to prove I’m a human. Can you retype this distorted word? Can you transcribe this house number? Can you select the images that contain a motorcycle? I found myself prostrate daily at the feet of robot bouncers, frantically showing off my highly developed pattern-matching skills — does a Vespa count as a motorcycle, even? — so I could get into nightclubs I’m not even sure I want to enter. Once inside, I was directed by dopamine-feedback loops to scroll well past any healthy point, manipulated by emotionally charged headlines and posts to click on things I didn’t care about, and harried and hectored and sweet-talked into arguments and purchases and relationships so algorithmically determined it was hard to describe them as real.

Where does that leave us?

How Much of the Internet Is Fake? (cache)

It leaves us busy while others are egoistically ruining the planet for their own good. Quite simple. And realizing it “just” makes you more depressed.

Merry Christmas! Any other question?

December 26, 2018 11:00 AM

December 25, 2018

David Larlet

☕︎ Ochlocratie

J’ai appris récemment que Polybe, Cicéron, Rousseau, Machiavel… croyaient tous qu’à la démocratie succéderait obligatoirement l’ochlocratie. Ou quand le pouvoir n’appartient plus au peuple (Demos), mais à la foule (Okhlos) à l’opinion manipulable. Cela me semble être un risque à considérer, quand on vit dans un monde où l’émotion (par adhésion totale ou indignation complète) semble avoir pris le pas sur le dialogue, et où notre construction intime devient le territoire d’enjeux qui nous dépassent.

De retour d’une conférence d’Étienne Chouard (cache)

J’aurais du mal à dater précisément le moment où ça a basculé ou plutôt le moment où j’en ai pris conscience. Peut-être était-ce cette année, peut-être il y a dix ans. Ce qui importe c’est ce que j’ai pu entreprendre depuis pour aller dans un sens qui m’apporte plus de sens.

Et au final, pas grand chose…

Dit autrement et en caricaturant, préférez-vous une prison dorée ou un enfer libre ? La démocratie c’est l’enfer libre. C’est peut-être prendre les mauvaises décisions mais pouvoir en décider nous.

De la démocratie en France (cache)

December 25, 2018 11:00 AM

December 24, 2018

David Larlet

☕︎ Escaliers externes

Je repense à Montréal et ses allées, lieu de rencontre, de racolage et de voyeurisme aussi, parfois.

Je me souviens de cette légende qui veut ce les escaliers en colimaçon à l’extérieur des maisons, somme toute une bien mauvaise idée dans un pays ou l’hiver est roi, auraient été imposés par une église catholique soucieuse d’éviter toute promiscuité dans la relative chaleur des cages d’escaliers intérieures, préférant pour sauver les bonnes mœurs garder au grand jour les croisements de paroissiens.

Taipei (cache)

Tiens je ne connaissais pas cette légende.

Merci Olivier :-).

December 24, 2018 11:00 AM

December 23, 2018

David Larlet

☕︎ Golden Path

How to build a golden path and reverse software sprawl

  1. Assemble a small council of trusted senior engineers.
  2. Task them with creating a recommended list of default components for developers to use when building out new services. This will be your Golden Path, the path of convergence (and the path of least resistance).
  3. Tell all your engineers that going forward, the Golden Path will be fully supported by the org. Upgrades, patches, security fixes; backups, monitoring, build pipeline; deploy tooling, artifact versioning, development environment, even tier 1 on call support. Pave the path with gold. Nobody HAS to use these components … but if they don’t, they’re on their own. They will have to support it themselves.
  4. Work with team leads to draw up an umbrella plan for adopting the Golden Path for their current projects as well as older production services, as much as is reasonable or possible or desirable. Come up with a timeline for the whole eng org to deprecate as many other tools as possible. Allocate real engineering time to the effort. Hell, make a party out of it!
  5. After the cutoff date (and once things have stabilized), establish a regular process for reviewing and incorporating feedback about the blessed Path and considering any proposed changes, additions or removals.

Software Sprawl, The Golden Path, and Scaling Teams With Agency (cache)

Food for thoughts. Now who is in charge of assembling the council? Is that possible that it comes directly from teams? How to keep the governance minimalist and still have a democratic/self-managed process?

Thanks Mathieu!

December 23, 2018 11:00 AM

December 22, 2018

David Larlet

☕︎ Blackout

I finally took the time to watch Blackout a fiction from Channel 4 mostly based on fears we have about such a situation. It is well executed and you have different realistic profiles for classic topics (resilience, larcenies, elders, medicine and so on). Maybe not the best period to take a look at it, or maybe it actually is more than ever.

Collaboration is quite rare but once again, it is a fiction. Isn’t it?

December 22, 2018 11:00 AM

December 21, 2018

David Larlet

☕︎ Taire ses émotions

Avec le recul que je peux avoir aujourd’hui, c’est mon attitude d’alors qui me parait complètement inappropriée. En taisant mes émotions, je n’ai appris ni à les reconnaître, ni à les assumer. Pire encore : il me semble clair aujourd’hui que je n’agissais pas de manière neutre par rapport à mes émotions, mais plutôt que j’agissais sous leur influence, mais sans en avoir conscience. Car justement, ne sachant pas faire autrement que de les ignorer, je n’en avais tout simplement pas conscience. Pour avoir l’air professionnel, j’ai appris à maintenir mes émotions à distance, à me couper d’elles, et d’une certaine manière, me couper de moi-même.

Faut-il taire ses émotions pour se sentir professionnel·le ? (cache)

Nous ne sommes pas tous équipés de la même manière dans l’interprétation de nos émotions et de celles des autres. Je me sens parfois un peu différent dans ce domaine. Ce n’est pas tant taire ses émotions que d’être dans un contexte permettant de les exprimer et d’avoir l’impression qu’elles soient comprises. Et génèrent des réactions. Aussi sa propre perception du sentiment de professionnalisme peut évoluer mais le cadre professionnel devrait être en capacité de l’accepter également.

Il y a un acte de séduction dans la transmission d’une émotion mais il est trop tôt pour aller plus loin dans le partage de cette réflexion…

December 21, 2018 11:00 AM

December 20, 2018

David Larlet

☕︎ Minimum Viable Governance

The main goals of this proposal are:

  • Be boring: We’re not experts in governance, and we don’t think Python is a good place to experiment with new and untried governance models. So this proposal sticks to mature, well-known, previously tested processes as much as possible. The high-level approach of a mostly-hands-off council is arguably the most common across large successful F/OSS projects, and low-level details are derived directly from Django’s governance.
  • Be simple: We’ve attempted to pare things down to the minimum needed to make this workable: the council, the core team (who elect the council), and the process for changing the document. The goal is Minimum Viable Governance.
  • Be comprehensive: But for the things we need to define, we’ve tried to make sure to cover all the bases, because we don’t want to go through this kind of crisis again. Having a clear and unambiguous set of rules also helps minimize confusion and resentment.
  • Be flexible and light-weight: We know that it will take time and experimentation to find the best processes for working together. By keeping this document as minimal as possible, we keep maximal flexibility for adjusting things later, while minimizing the need for heavy-weight and anxiety-provoking processes like whole-project votes.

PEP 8016 -- The Steering Council Model (cache)

Interesting rationale from the Python Enhancement Proposal regarding the governance of the language itself after Guido quit five months ago.

Inspiring to see how the community itself can achieve its own non-technical rules.

December 20, 2018 11:00 AM

December 19, 2018

David Larlet

☕︎ Inclusive writing

One of my fears is having someone mocking my English skills. In this case I use my fears as a tool to make sure I won’t publish mistakes on my blog. I don’t want to let it stop me from writing altogether. I want to use it as check point. I will ask some people to proof read before publishing instead. Your fears are part of who you are and use them to your benefit.

Blogging and me (cache)

My English is pretty basic and I used to be complexed by that. Today I consider it to be a feature: more people with average level in English can read my writings without too much effort and unknown convoluted words (I had to use one to illustrate, read “complex” ;p). I really like that my knowledge didn’t improve itself but my interpretation of it did improve my way of thinking about it. There is no reality, only your reality. How cool is that?

Very good article by the way, go read it!

December 19, 2018 11:00 AM

December 18, 2018

David Larlet

☕︎ Veggie Christmas

I have finally made myself more at ease with the Christmas celebrations. Now, my sole intent is to cook an inclusive meal. This is my one and only present.

This year, I wanted the meal to reflect even more who I am. So Noémie and I offered our hosts to cook without meat, with fresh, local and organic produce. And they agreed.

A Christmas dinner without meat (cache)

We are doing the same for our 10 days within a chalet in northern Quebec. Nine people and most of the meals are fully vegetarian. Pizzas, pot-au-feu, tartiflette, raclette, etc everything is possible without meat. It tastes different for sure and it is a good way to (re)discover some flavours. Oh and be creative!

I don’t know if this a trend but I encourage you to follow it :-).

Picture of our mushroom wellington A Mushroom Wellington surrounded by roasted vegetables.

December 18, 2018 11:00 AM

December 17, 2018

David Larlet

☕︎ Courage

Commencement et recommencement du courage. « Ce qui est fait n’est nullement fait. Ce qui est déjà fait n’est pas encore fait », ou comment plus on montre du courage, plus il faudra en montrer. Certains jugeront alors qu’il ne sert à rien d’être valeureux, que c’est là le plus sûr chemin du labeur et de la non reconnaissance. Comment les en dissuader ? Car ils ne se trompent pas quand ils évaluent ainsi le courage, et d’une certaine manière la volonté. Pour Jankélévitch, la ressource continue d’être en soi, comme si c’était là l’autre nom de l’essence humaine ou de son for intérieur. « Disons plutôt que, comme ces joies d’un convalescent qui redécouvre le charme d’exister, l’effort, tel l’oiseau Phénix, régénère inlassablement dans les cendres de la tâche accomplie. » Tel est donc bien l’autre nom du courageux, un convalescent.

[…]

Pour autant, le courage est sans échec possible car ce qui compte dans le courage ce n’est pas le résultat mais l’acte. Le courage réhabilite tous les échecs possibles. Il démontre, d’une certaine manière, que l’échec est une illusion. Il est plastique : là ce sera résister et rompre, là ce sera endurer et tenir. Le courage n’est pas l’apanage exclusif de l’extraordinaire. Le courage, c’est aussi ce qui vous fait devenir courageux, le petit acte quotidien qui alimente l’estime de soi et lutte contre l’entropie collective.

Le courage du commencement, Cynthia Fleury (cache)

Merci Cynthia. Et Aurélien, le courageux messager :-).

December 17, 2018 11:00 AM

December 16, 2018

David Larlet

☕︎ Overbuilding the Infrastructure

In conclusion, calculating only the energy payback times of individual solar panels or wind turbines greatly overestimates the sustainability of a renewable power grid. If we want to match supply to demand at all times, we also need to factor in the energy use for overbuilding the power generation and transmission capacity, and the energy use for building the backup generation capacity and/or the energy storage. The need to overbuild the system also increases the costs and the time required to switch to renewable energy.

How (Not) to Run a Modern Society on Solar and Wind Power Alone (cache)

Efficiency vs. resiliency. The latter always requires some kind of redundancy. And this is why capitalism leads to the former. When you think with short-terms achievements, efficiency is way less costly. And capitalism is all about reducing costs.

For the current generation only…

December 16, 2018 11:00 AM

December 15, 2018

David Larlet

☕︎ Question de taille

Aujourd’hui, l’agoraphilie est très présente du côté des assemblées générales de sites occupés (Zones À Défendre), etc.. La démocratie directe est aussi le régime privilégié par l’écologie sociale du municipalisme libertaire, théorisé par Janet Biehl et Murray Bookchin. Cela dit, au sujet de la question de la taille, un autre anarcho-écologiste, John Clark, s’inquiète que l’assemblée générale citoyenne, centrale au municipalisme libertaire, soit de trop grande taille et qu’elle ait un effet d’homogénéisation qui effacerait la diversité propre à une communauté de la taille d’une municipalité. Sans nécessairement renoncer à l’assemblée citoyenne de la commune autonome, il propose donc qu’il y ait aussi des assemblées dans de plus petits ensembles, par exemple dans des lieux de travail, et aussi de conserver les groupes d’affinité où se retrouveraient des catégories d’individus partageant des désirs, besoins et intérêts spécifiques, par exemple des femmes, des personnes trans, des jeunes et des enfants, des musiciennes et musiciens, etc. Le système apparait alors — un peu — comme ce qui a été mis sur pied lors d’Occupy et de Nuit debout : une assemblée générale, mais aussi un ensemble de comités ou commissions regroupant les individus qui s’intéressent à tel ou tel sujet, qui s’organisent de manière autonome et qui participent aussi (ou non) à l’assemblée générale.

Bref, la question de la taille réapparait même dans des communautés de taille plutôt réduite, comme une simple municipalité ou une occupation d’une place dans un centre-ville. Car la question n’est pas seulement mathématique, à savoir le nombre d’individus ; il s’agit aussi d’une question de diversité, de pluralisme, un enjeu qui touche même des communautés comptant un nombre restreint d’individus.

Démocratie directe, violence et technologie : un entretien avec Francis Dupuis-Déri (cache)

Je m’intéresse aux tailles de communautés depuis un moment. Je distingue maintenant aussi le contexte du participant qui peut vouloir être dans un entre-soi bien-pensant confortable à certains moments et être confronté à un climat plus hostile à d’autres. Je ne considère pas qu’avoir des lieux de refuge pour se recharger en énergie et se serrer les coudes soit particulièrement malsain si cela est fait en conscience. Ce que j’ai malheureusement pu une nouvelle fois observer, c’est qu’un tel lieu est lié à sa taille. Passé un certain seuil, il semble qu’il y ait un déclic psychologique qui scinde/polarise la communauté. Peut-être est-ce une bonne chose, cette fragmentation étant à l’origine d’un nouvel essaimage…

Ce qui a changé avec l’âgeexpérience ? Je mets moins de temps à prendre la fuite.

December 15, 2018 11:00 AM

December 14, 2018

David Larlet

☕︎ Construire des communs

Ce document décrit les grandes catégories d’engagements mutuels et de comportements nécessaires pour garantir un usage libre, juste et pérenne des services numériques qui servent l’intérêt général, en particulier lorsqu’ils sont coproduits par des acteurs publics. Au-delà de ces catégories, il propose des bonnes pratiques qui permettent la constitution de véritables communs dans lesquels les usagers sont au cœur des décisions.

Construire des communs numériques

En ce moment, je fais un peu d’archéologie dans mes onglets et je prends le temps de lire des ressources longues. Je retombe sur ce superbe travail de Matti dont j’apprécie particulièrement les métaphores proposées (cache). La mise en commun est aisée, ce sont les incidences ambiguës que cela peut avoir qui sont généralement plus difficiles à gérer pour une communauté.

Mais c’est peut-être aussi là où réside l’intérêt de la mise en commun : pourquoi faire ensemble ?

December 14, 2018 11:00 AM

December 13, 2018

David Larlet

☕︎ Importance du sommeil

Parmi tous les livres de survie que j’ai consultés jusqu’ici, aucun ne traite de l’importance du sommeil lors de situations d’urgence. Je ne comprends pas, car il me semble absolument crucial d’aborder ce sujet. Sans sommeil, les facultés décisionnelles disparaissent comme par magie. Seuls les habitudes et les automatismes résistent.

Développement de l’expertise en survie (cache, PDF 1.8Mo), André-François Bourbeau

Cet ouvrage est une petite pépite trouvée au sein d’un recueil de nombreuses ressources PDF sur le sujet. Enfin quelqu’un qui parle de l’importance du sommeil, en survie mais ça s’applique aussi lorsqu’on dort dehors. J’emporte souvent un hamac pour faire un petit somme en journée lorsque le contexte le permet précisément pour cette raison.

Quelques acronymes mnémotechniques qu’il est bon d’avoir en tête lorsqu’on se balade seul. Il faudra que je détaille à l’occasion ce que ça m’impose en terme de redondance et donc de poids (aussi bien physique que mental).

December 13, 2018 11:00 AM

December 12, 2018

David Larlet

☕︎ Just wasting time

A corollary of this is that you can’t design a great product unless you live, eat, and breathe like your users do. You need to know exactly who your user is, what their problems are, how they perceive your product, and who helps them make buying decisions. Your intuition has to mirror how the customers will perceive your product. Categorizing features is only useful if it’s a good predictor of your actual users’s response. Otherwise, you’re just wasting time.

How to build great products (cache)

Today, I started a mission as a Product Owner. Both exciting and scary.

December 12, 2018 11:00 AM

December 11, 2018

David Larlet

☕︎ Bread and algorithms

“With bread baking, you kind of follow an algorithm to produce a result and that result isn’t always what you think it’s going to be, so you kind of have to step back and debug and diagnose the steps along the way. How did I go wrong here? That’s because technically the temperature might not be right or the dough strength might not be right. That iterative procedure and working through those algorithms kind of appeals to engineer. There’s the precision part of it, but also, when it comes down to it, technical people like to work with their hands. You want to construct something and I think bread is a good way to do that.”

Benenson gave me some context for what motivated him to make his Tartine timing spreadsheet. (He also created a custom calendar in Google for scheduling various stages of the bread-making process.) “My girlfriend made this point that was like, maybe sourdough is interesting to male nerds because it’s this way to be precise in cooking that doesn’t involve pastries, which has this very gendered association.”

Bread “has all these degrees of freedom,” Benenson continued. “That’s a term people use in algorithms when there are lots of different possible ways that something could be implemented. ... You can do creative coding and at the end of the day, you’re just like, I made a form on a webpage. ... It doesn’t have an audience that is going to viscerally appreciate it like a loaf of sourdough. [Making bread] is a way to apply that exacting, problem-solving intellectual intensity to a problem that has immediate feedback in your friends and family and is a great contrast to programming.”

[…]

“There’s been a moment when every single person I know who works in tech — and I say this as a blanket statement — has hit a wall with tech,” Bilton said. “It’s too embedded in their lives, it consumes everything, they’re too dependent on it. They’re deleting apps from their phone.” But, he added, “you can’t turn that technical side of your brain off if that’s what you do for a living.”

Which is why, when the tech bros discovered Tartine Bread, Robertson himself was confronted with something he’d rarely encountered before. “I get stopped at a lot of places in different cities and it’s mostly by guys in tech,” he explained to me this month. “They’re taking all the little details really seriously and going very, very deep. They ask a lot of questions, sometimes silly questions.” Like what kind of questions? “‘What if the temperature is three degrees different than you say in the book?’ I don’t know!”

How Tech Bros Fell in Love With Baking Bread (cache)

Iterative, daily work and improvements. Something developers know about. This time for the good of their relatives. How appealing is it compared to their useless (at best), harmful (at worse) lines of code?

Picture of my bread One of my multiple attempts.

Touché.

December 11, 2018 11:00 AM

December 10, 2018

David Larlet

☕︎ Démocratisation de l’Europe

Nous, citoyens européens venus d’horizons et de pays différents, lançons aujourd’hui un appel pour transformer profondément les institutions et les politiques européennes. Ce Manifeste contient des propositions concrètes, en particulier un projet de Traité de démocratisation et un projet de Budget, qui peuvent être adoptés et appliqués en l’état par les pays qui le souhaitent, sans qu’aucun pays ne puisse bloquer ceux qui souhaitent avancer. Il peut être signé en ligne par tous les citoyens européens et les citoyennes européennes qui s’y reconnaissent. Il peut être repris et amélioré par tous les mouvements politiques.

Pour un traité de démocratisation de l’Europe (cache)

Initiative dont je suis curieux, qui va jusqu’à proposer un budget et un traité (dans cet ordre).

Quelques informations en vidéo via Thomas Piketty.

December 10, 2018 11:00 AM

December 09, 2018

David Larlet

☕︎ Quand on sait

À l’heure où la civilisation industrielle, tel un navire entrant dans la tempête, se confronte à l’épuisement de ses ressources énergétiques et à la réalité d’un changement climatique déjà hors de contrôle, le film Quand on sait pose une question dérangeante : comment vivre l’effondrement le mieux possible, le plus humainement possible ?

Quand on sait - Un film documentaire

J’avais envie de participer car les extraits sont vraiment prometteurs mais à 100 € pour pouvoir télécharger le film je passe la main. Dommage, j’essayerai de trouver une autre occasion de le voir s’il est diffusé par ici.

J’espère qu’il pourra être rendu plus accessible à un moment.

December 09, 2018 11:00 AM

December 08, 2018

David Larlet

☕︎ xkcd theorem

For each and every behaviour on the Web, there is an existing xkcd comic.

Discovering Planet Nine. Click. Click. Click. Click. Click. Click. Click.

Biten.

December 08, 2018 11:00 AM

December 07, 2018

David Larlet

☕︎ Santa Zuck

He sees you when you’re sleeping
He knows when you’re awake
He knows if you’ve been bad or good
He’s Mark Zuckerberg.

Aral Balkan on Mastodon

You better watch out prior to start a revolution on Facebook, making him know that you are angry too. And selling these data accordingly. France, get ready to be disrupted (cache).

Conspiracy? Well, just bad ol’ capitalism:

No matter how Zuckerberg slices it, your data is at the center of Facebook’s business. Based on these documents, it seems that Facebook sucked up as much data as possible through “reciprocity” agreements with other apps, and shared it with insufficient regard to consequences for users. Then, after rolling back its permissive data-sharing APIs, the company apparently used privileged access to user data either as a lever to get what it wanted from other companies or as a weapon against its competitors. You are, and always have been, Facebook’s most valuable product.

New Documents Show That Facebook Has Never Deserved Your Trust (cache)

Terrific article from the EFF. Thank you.

December 07, 2018 11:00 AM

December 06, 2018

David Larlet

☕︎ Venom

Alerte divulgâcheur.

Ce symbiote c’est un peu l’allégorie de la vieillesse quand même :

  • ne supporte pas le bruit
  • légitime un dédoublement de personnalité pour pouvoir parler seul
  • veut décapiter tout ceux qui l’énervent
  • craint l’incinération
  • te tombe dessus sans avoir rien demandé et tu dois apprendre à vivre avec

Bon et sinon le film est nul.

Ce qui me fait prendre une résolution avant l’heure : arrêter de regarder des navets hollywoodiens ou des séries que tout le monde regarde mais surtout on n’a pas la télé car c’est mainstream… #autocritique++

D’un autre côté si je regarde trop de bushcrafteurs sur Youtube j’ai envie de passer ma vie dans la forêt !

December 06, 2018 11:00 AM

December 05, 2018

Karl Dubost

Friction

La friction dans une interaction est utile quand il y a des processus de décisions avec des conséquences importantes. Someone suggested we should be building ‘frictionless’ experiences the other day. I asked them to elaborate and they had a great point about sign up flows that I didn’t disagree with. But I loathe the word ‘frictionless’ in this context. Friction is what is keeping me on my chair right now. It stops us all from sliding all over the place like eels writhing across a canteen floor. Friction in services helps us make decisions. Amazon’s sign-up to Amazon Prime at the checkout is so frictionless I keep frigging doing it by accident and not realising. Friction is useful and important.


December 05, 2018 03:00 PM

David Larlet

☕︎ Revenu Maximum Acceptable

Proposer une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (DIA) couplée à un Revenu Maximum Acceptable (RMA) s’inscrit dans la démarche proposant un outil économique, social et d’émancipation, permettant d’initier des modèles de sociétés soutenables mais aussi souhaitables. Cet outil permet ainsi d’échapper aux effets de récessions toujours plus dures supposées nous faire retrouver de la croissance.

Un Revenu Maximum Acceptable : au-delà des limites symboliques (cache)

Repoussons à six mois le reste, arrivons avec cette unique revendication.

Si simple.

December 05, 2018 11:00 AM

December 04, 2018

David Larlet

☕︎ Wood carving

Today, I started to carve a spoon.

A new journey.

December 04, 2018 11:00 AM

★ Penser à distance

Je passe beaucoup de temps à travailler avec des personnes de l’autre côté de l’atlantique. Lorsqu’il s’agit de prendre quelques minutes quotidiennement pour échanger sur du court terme, une connexion vacillante avec du bruit ambiant peut suffire. Mais lorsqu’il s’agit de réfléchir ensemble à la suite sur du moyen/long terme c’est beaucoup plus compliqué. Surtout si le reste de l’équipe a les moyens de se retrouver dans la même pièce ce qui donne lieu à une asymétrie d’expression. Pour l’avoir vécu de nombreuses fois, c’est assez frustrant.

Je vais décrire ici une configuration qui nous a permis sur zam de faire une session ensemble à cinq personnes qui était très satisfaisante pour moi. Le matériel requis est assez simple :

  1. un téléphone intelligent qui permet de capter le son
  2. un portable muni d’une caméra pour partager l’image

Pourquoi ne pas faire les deux avec le même outil ? Cela permet d’avoir le recul nécessaire à la caméra afin que je puisse voir l’ensemble de la pièce et aux interlocuteur·ice·s de ne pas avoir à crier en direction du portable pour autant. Vous pouvez adjoindre un vidéo-projecteur pour plus de confort ce qui permet de mieux discerner les expressions de visage de la personne à distance. Concrètement ça donne ceci (des fois les expressions du visage c’est pas non plus très flatteur :P) :

Vue participant 1. Le téléphone pour le son et la mobilité
2. Le portable avec webcam pour l’image
3. Le vidéo-projecteur pour voir les expressions du visage (facultatif)
4. Du chocolat pour le fun ! (pas facultatif)

En bonus, la captation du son peut se faire à distance du vidéo-projecteur ce qui évite d’avoir le ventilateur qui bourdonne. Sans compter que le téléphone est généralement plus apte à filtrer les sons ambiants. De mon côté, j’ai le flux vidéo de la pièce en continu et j’entends les interlocuteur·ice·s même s’ils ou elles se baladent :

Vue classique Ce que je vois de mon côté la plupart du temps

Là où ça devient vraiment chouette c’est que le téléphone intelligent peut être transporté vers un point d’intérêt temporaire comme un tableau de post-it ou un croquis sur un cahier et grâce à l’activation de la caméra sur celui-ci je me retrouve capable d’avoir cette vue :

Vue tableau Lorsqu’on a besoin de discuter avec du visuel

Sur laquelle je peux zoomer en mettant en plein écran et vraiment interagir à distance, voir ce qui est pointé du doigt ou demander des explications sur une colonne particulière :

Vue tableau zoom Lorsque j’ai besoin de voir ce qui est indiqué sur des post-it par exemple

La mise en place est relativement aisée et peu coûteuse (comparé à des solutions dédiées) mais par contre ça change tout pour moi. On a passé plusieurs heures à discuter d’évolutions sans que je ressente de gêne que ce soit pour me faire entendre ou pour comprendre ce qui se disait relativement à des supports visuels. C’est un peu ce que je cherche depuis… plus de dix ans !

Merci à Maïtané, Ronan, Mélodie et Raphaël. Pour tout <3.

December 04, 2018 11:00 AM

December 03, 2018

David Larlet

☕︎ Expérience vs. perception

Nous étions complètement dépassés par les évènements autour de nous et les standards activistes ne nous ont guère aidé. Nos petites théories étaient basées sur des assomptions qui ne reflétaient en rien ce qui se passait sous nos yeux. L’aspiration de maintenir la situation politique sous son contrôle théorique, d’avoir une explication stable sur la suite des évènements, une tendance pourtant si caractéristique dans certains groupes radicaux, est véritablement paralysante. Nos idées du ’Peuple’ et des comportements ’normaux’ sont ainsi immédiatement devenues obsolètes et il est devenu évident que nous ne connaissions pas beaucoup de gens en dehors de nos milieux. Normalement, on s’attend de quelqu’un qu’il ait une attitude politique plus ou moins claire, de telle sorte qu’une interaction ’politique’ consiste à combattre certaines idées et à en défendre d’autres qui - on l’espère - vont germer. Cela semble paternaliste et avant-gardiste, mais je crois que la plupart des radicaux pensaient ainsi - et agissent toujours de la sorte. À Maïdan, l’absolue majorité des manifestants n’avait aucune expérience politique préalable mais avait définitivement une perception politique de la situation.

les leçons de Maïdan (cache)

Le parallèle est assez frappant ici et les dangers et impasses clairement identifiés. À voir si leur documentation suffit à les éviter.

L’espoir est ténu.

December 03, 2018 11:00 AM

December 02, 2018

David Larlet

☕︎ Terreau de violence

Afin d’éviter des discours qui seraient mal compris ou qui généreraient de la frustration, il ne faut peut-être pas conditionner la paix pour demain à la protection de l’environnement. La possibilité pour l’humain de réduire son impact mais surtout de protéger son environnent n’a absolument jamais été vérifiée scientifiquement. (...) Aujourd’hui la protection de l’environnement se confronte à un échec massif, total. La mythologie de la protection de l’environnement est toxique, génératrice de frustration, en particulier pour les plus pauvres.

Si on leur dit qu’on prend soin d’eux en protégeant l’environnement mais que ça ne se vérifie pas dans les faits, et qu’en plus ils souffrent de la crise économique par contrainte énergétique, cette injonction paradoxale deviendra un terreau de violence, un terreau de rancoeur, potentiellement toxique pour le fonctionnement même des sociétés.

Vincent Mignerot, 6 octobre 2018

Dans le genre anticipation, il y a aussi l’interview de Juan Branco dont le passage pertinent est accessible ici.

December 02, 2018 11:00 AM

December 01, 2018

David Larlet

☕︎ Génies du code

Une méthode d’apprentissage illustrée de la programmation web donnant de solides bases HTML, CSS, Python et Django, à travers la réalisation d’un projet concret de A à Z, stimulant, efficace et gratifiant, et publié au bout du compte pour de vrai, sur Internet.

Apprendre un programmer en créant un site web avec Python et Django

Il est rare que je fasse de la pub mais là ça rejoint une idée que j’avais pour ce calendrier de l’Avent et l’exécution semble vraiment être au top. Ne serait-ce que pour le premier chapitre en libre accès (cache (10 Mo)) qui pourrait être une ressource d’accompagnement très utile pour transmettre les bases de HTML, ça serait chouette d’avoir une licence le permettant. Comme peut l’être par exemple Apprendre à programmer avec Python 3 (cache (6 Mo)).

Note : ah aussi, ça fait longtemps que je veux parler de ce qu’Émilie produit sans savoir où le caser…

December 01, 2018 11:00 AM

November 30, 2018

David Larlet

☕︎ C’s of Survivability

  1. Cutting Tool
  2. Combustion
  3. Cover
  4. Container
  5. Cordage

Expanded:

  1. Candlelight
  2. Cotton Bandana
  3. Compass
  4. Cargo Tape
  5. Canvas Needle

Custom:

  1. Saw
  2. Fishing line
  3. Wire
  4. Water filter
  5. Blister bandages

Crucial Four (order depends on context):

  • Food
  • Water
  • Shelter
  • Fire

November 30, 2018 11:00 AM

November 29, 2018

David Larlet

☕︎ Mépris de classe

Je voudrais dire à mes amis et inconnus politiquement conscientisés d’êxtrême gauche, à tous ceux qui savent ce qu’est la permaculture et qui peuvent expliquer les doigts dans le nez le mécanisme de la dette grecque et de la création monétaire, à tous ceux qui réussissent à lire Friot et Lordon dans le texte et qui ne manquent aucun monde diplomatique, qui savent faire une critique pertinente des media et ont l’appli médiapart, qui ne regardent pas la télé, qui voient les films en VO et qui savent articuler l’intersectionnalité des trois dominations sexe-classe-race, bref qui sont redevables à l’école d’avoir pu cesser de croire en Dieu en découvrant Nietzsche en terminale philo, c’est à dire qui sont comme moi, que nous devrions nous méfier de ne pas ajouter du mépris de classe à la haine de classe. Et que si nous caricaturons les gilets jaunes comme des beaufs racistes, amoureux du foot et du tour de France, et incapables d’analyser ou de revendiquer plus loin que leur bouchon de réservoir, nous reproduisons la même représentation du peuple que celle que Macron a dans la tête. Nous sommes en phase. Et c’est bien parce qu’il les prend pour des crétins incultes qu’il fera l’erreur de ne pas "céder à la rue". Il les déteste, il les méprise. Et nous ?

Attention : derrière la haine de classe : le mépris de classe, Franck Lepage (intervention complète vue en image sur Twitter, copiée-collée depuis un compte Facebook et envoyé par courriel, le Web en 2018…)

Franck Lepage sait appuyer là où ça fait mal. Avec 6000 km de recul, tout cela semble pour l’instant orchestré de main de maître…

November 29, 2018 11:00 AM

★ Bivouac automnal

Ce qui me passe par la tête lorsque je suis en forêt. En vrac et en images.

Vous pouvez cliquer sur les images pour une meilleure définition (~2 Mo par fichier).

Petit Lac Caribou Le silence assourdissant de la neige. Loin de tout, seul. Avoir troquée la peur des animaux contre celle des chasseurs. Tueurs d’animaux. Je suis un tueur de poissons. Quel est le coût énergétique global d’un avocat comparé à un poisson ici et maintenant ?
Petit Lac Caribou (pont) Floppée de notifications. Ce téléphone intelligent ne l’est pas assez. Ou il faut que j’aille plus loin. J’aimerais que mon travail me laisse aussi froid que ce que je suis en train de prendre en photo. Le problème ce sont les gens. Ils sont attachants, parfois.
Lac Nantel Composition, décomposition, recomposition. Contorsions.
Lac Joly Le côté exploratoire de la photo. S’externaliser d’une scène que l’on n’aurait de toute façon pas pris le temps d’aller découvrir. Quelle part d’égo dans l’envie soudaine de partager ça ? Quelle peur cache le fait de ne pas vouloir être plus populaire ? Probablement le doute quant à la pertinence de montrer un chemin qui m’est propre.
Lac Nantel, spot de yoga La gestion du temps de certaines personnes me laisse perplexe. Je me demande si la réciproque est vraie ? On cours tous après notre insignifiance, sans complexes. Trop complexe pour être soutenable.
Lac Nantel, pointes Ode au survivalisme, tant caricaturé. Ode à tout ce qui nous fait revenir aux basiques et être en capacité de les transmettre. Ode à tout ce qui nous fait prendre conscience du coût énergétique de nos besoins. Ode à tout ce qui nous fait être la nature.
Feu dans une Firebox Dans l’écosystème bushcraft, on dit que le savoir remplace les outils. Encore une fois efficacité et spécialisation versus résilience et polyvalence. Quels sont la hache et l’allume feu du Web ? J’utilise un gros couteau et un briquet à la place par préférence personnelle. Est-ce que toute cette consommation à outrance n’a pas dérapée à cause de la personnalisation ?
Lac Nantel sous la neige 80 % s’insurgent, 19 % théorisent et les 1 % se marrent bien. Avoir fui par lâcheté ou par dépit ? Besoin d’un répit. Effondrons-nous mais en silence s’il vous plaît.
Petit Lac Caribou, maison Ramener ses déchets. Pour qu’ils puissent être enterrés ailleurs, loin des yeux des privillégiés. Surtout ne pas culpabiliser les pollueurs et s’offusquer de la visibilité de notre impact au quotidien.
Arbres qui se reflètent dans un ruisseau Ces réflexions ont besoin de calme afin que les contours en deviennent plus nets. Ce monde est un orage de grêle sur un lac.
Petit Lac Caribou, je t’aime Si l’on réduit la fréquence du bruit mais qu’on lance de plus gros cailloux, est-ce forcément mieux ? Quelle est la néguentropie du partage ? Faut-il tout simplement geler le lac ?
Petit Lac Caribou, l’autre côté Comment en arrive-t-on après des millénaires d’itérations à une façon aussi faible de transmettre des émotions ? Le langage appartient aux vainqueurs et ils préfèrent ne pas être capables de partager la douleur qui est associée à leur victoire. L’écriture comme notre sens le moins développable. Peut-être car il est immu(t)able ? Et si j’arrêtais d’écrire ? Vœux de silence numérique.
Lac Petit Caribou, encore et toujours Est-ce qu’une bonne photo doit forcément produire une émotion ? Est-il possible de produire une photo sans aucune émotion ? Une photo qui n’attire aucune attention. L’ignorance comme la plus pure des émotions. Jusqu’où faut-il aller pour pouvoir mettre son cerveau en pause ? Une question de cheminement intérieur, sans retour et sans issue.
Traces de pas dans la neige Revenir dans mes pas et me sentir autre. Chaque pas est potentiellement autre. Il suffit d’en avoir conscience. Suivre, montrer la voie, tout est affaire de référentiel et de mobilité d’esprit. Se préparer au vacarme que je m’apprête à rejoindre. Le minimiser pour se protéger.
Route du retour Au bout de la route, la civilisation m’attend. Allez-y sans moi, je prendrai la prochaine.

November 29, 2018 11:00 AM

November 28, 2018

Karl Dubost

Temporalités

Tsujido, Japon, 25 novembre 2018 Tsujido, Japon, 25 novembre 2018


La vie des plantes, Emanuele Coccia Elles n'ont pas de mains pour manier le monde, et pourtant il serait difficile de trouver des agents plus habiles dans la construction de formes.


Temporalité de la publicationUpdate: After this blog post first went live we discovered that some of the exhibition records we published were in fact “bunk”. Museums and their databases are no more immune from these sorts of hiccups than any other organization. It’s unfortunate but it happens sometimes. The reason we’re mentioning it here is that depending on when you read this blog post the number of exhibitions list on the “exhibitions by year” page might be lower than the 1,318 exhibitions mentioned in the title. At the rate we produce exhibitions, though, it won’t be for long. Think of it as an opportunity to see our awesome “this record has been deprecated” page!


Temporalité de l'habitat. À Singapour dans ce cas…  Today, many of the original home owners have passed away, their homes sold or handed down to their children, said Mr Kalastree. Some are leased to Thai businesses like the restaurants or discos, which use them as living quarters for their Thai-national employees.


Temporalité de l'apprentissage. L'apprenti perpétuel permet dans le même temps le développement personnel et l'indépendence. Nous devons maître de soi en apprenant à faire.  The first would give me the best results for the least code, but one of the design goals for my CMS is that it should be able to operate entirely offline, and I would learn exactly zero in the process.


<a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10022281g/f3.item.zoom">Peintures sur soie représentant les métiers et la vie quotidienne des Japonais</a> Peintures sur soie représentant les métiers et la vie quotidienne des Japonais


November 28, 2018 12:28 PM

David Larlet

☕︎ Se radicaliser

Je ne plaide donc pas pour que la critique de l’écologie majoritaire soit moins vive. Mais la radicalité ne doit pas consister, seul clairvoyant, à moquer la bêtise universelle et à mépriser les mobilisations citoyennes toujours trop naïves et inoffensives. Être radical c’est plutôt réussir à inquiéter les positions inabouties de l’écologie dominante, trouver les voies pour la contraindre à s’auto-critiquer et à se dépasser. C’est donc aussi accepter de descendre humblement dans les effets désordonnés de mobilisations encore balbutiantes, et en tirer ce qui peut l’être pour pousser les modérés à affronter leurs potentielles contradictions.

La ZAD et le Colibri : deux écologies irréconciliables ? (cache)

Poursuivre avec :

Les socialistes décroissants devraient s’efforcer d’être plus réalistes sur ces questions. Nous vivons sur une planète finie. L’histoire de l’industrialisme fait bien ressortir ces limites. La production d’acier n’est pas soutenable. Ni la production d’aucun autre des matériaux qui sont cruciaux pour ces technologies « vertes ». Il ne s’agit pas d’une idée, mais de la réalité physique.

Une société high-tech, écologiste et post-capitaliste, c’est un fantasme. Il nous faut comprendre ce qui est soutenable, et ce qui ne l’est pas. Les usines ne sont pas des techniques soutenables, qu’elles produisent des 4×4 ou des bus électriques. La production industrielle d’électricité n’est pas soutenable. J’ai organisé un évènement il y a des années, avec la chef Caleen Sis, de la tribu des Winnemem Wintu. Elle a grandi sans électricité sur des terres indiennes, et elle nous a rappelé que « l’électricité est une commodité. On peut vivre sans électricité, on ne peut pas vivre sans de l’eau propre. » J’ai bien étudié le sujet et je ne vois aucun moyen de produire de l’électricité, sur le long terme, sans empoisonner l’eau et détruire les sols.

Les scientifiques et les technoprophètes peuvent fantasmer tant qu’ils veulent sur les énergies « vertes » et sur un futur « renouvelable », mais lorsqu’on analyse le cycle de vie complet de ces technologies, on se rend compte qu’elles ne sont pas différentes des autres atrocités qui détruisent la planète. Je ne crois donc pas que la technologie nous sauvera. Le meilleur scénario que je puisse imaginer, c’est une révolution qui aboutirait au démantèlement du capitalisme. Pour cela, nous devons sans relâche nous atteler à partager et échanger des connaissances sur la réalité des limites écologiques et sur ce que nous allons devoir faire.

« La décroissance doit être une lutte révolutionnaire » (un entretien avec Max Wilbert) (cache)

Terminer avec (via Christian Fauré) :

  1. Le pouvoir n’est pas seulement ce que vous avez, mais également ce que l’ennemi croit que vous avez.
  2. Ne sortez jamais des champs d’expérience de votre groupe.
  3. Sortez du champ d’expérience de l’ennemi chaque fois que c’est possible.
  4. Forcez l’ennemi à suivre à la lettre son propre code de conduite.
  5. Le ridicule est l’arme la plus puissante dont l’homme dispose.
  6. Une tactique n’est bonne que si vos militants ont du plaisir à l’appliquer.
  7. Une tactique qui traîne trop en longueur devient pesante.
  8. Maintenir la pression, par différentes tactiques ou opérations, et utiliser à votre profit tous les événements du moment.
  9. La menace effraie généralement davantage que l’action elle-même.
  10. Le principe fondamental d’une tactique, c’est de faire en sorte que les événements évoluent de façon à maintenir sur l’opposition une pression permanente qui provoquera ses réactions.
  11. En poussant suffisamment loin un handicap, on en fait un atout.
  12. Une attaque ne peut réussir que si vous avez une solution de rechange toute prête et constructive.
  13. Il faut choisir sa cible, la figer, la personnaliser et polariser l’attention sur elle au maximum.
  14. Le choix d’une cible ne doit pas être abstrait ou général, mais doit représenter une personne bien précise.

Être Radical, Saul Alinsky, 1971

Il y a un moment où il va falloir commencer à agir quand même. Peut-on encore libérer la nourriture qui été mise sous clé ? Quel rôle avoir dans ces actions ?

À quel point communiquer dessus ?

November 28, 2018 11:00 AM

November 27, 2018

Karl Dubost

FOJM - Friends of Jezebel's Mirror

Tsujido, Japon, 27 novembre 2018 Tsujido, Japon, 27 novembre 2018


La vie des plantes, Emanuele Coccia Comme si la vie dans ses formes les plus complexes et articulées n'était jamais qu'une immense tautologie cosmique. elle se présuppose elle-même, ne produit qu'elle-même.


Cela devait arriver un jour. C'était inévitable. Il y a la chute, suivi du bruit de la fracture. Sans regarder, je sais déjà la nature du vide qui s'installe au plus profond. Un horizon d'où la douleur ne peut s'échapper vient de s'établir. Sans voix. Je ne me souviens plus exactement du début de mes contributions au projet « Friends Of Jezebel's Mirror » mais j'ai une trace le 11 septembre 2000. Peut-être ma première fois.

friends of jezebel's mirror Ok. All you folks with your digi-cameras - why don't you take a mirror shot of yourself and save me the trouble of tracking you down?

Le projet avait été lancé par Heather Champ. Probablement le 8 mars 2000. Après quelques mois, j'étais devenu un contributeur régulier. Le 30 mai 2001, je l'ai rencontrée à San Francisco. Nous avions un ami commun. Le projet par la suite fût renommé « Mirror Project. » Tous ces petits détails pour dire que c'était l'un des plaisirs du monde des blogs des années 2000. Ces petites connexions riches en humanité et simplicité, permettant de partager projets artistiques, conversations autour d'un café entre deux billets.

En octobre 2000, Heather Champ m'avait demandé si elle pouvait inclure l'un de mes portraits sur des objets attachés au projet : Carte postale, Tasse et t-shirt. La vente permettait de payer l'hébergement. J'ai accepté et j'ai aussi acheté une tasse qui depuis les dernières 18 années me sert de tasse pour mon café le matin. Et ce matin la catastrophe… Ce n'est pas une tasse que j'ai cassée par ma maladresse, mais une rupture profonde que je viens de subir.

金継ぎ


November 27, 2018 01:26 PM

David Larlet

☕︎ Une seule génération

— Comment arrêter ça ?
— En apprenant quelque chose de différent, Julie. En refusant d’enseigner à tes enfants comment être prisonniers. En brisant le moule. C’est pourquoi, quand les gens me demandent ce qu’il faut faire, je dis : « Apprenez à d’autres ce que vous avez appris ici. » Trop souvent, ils répliquent : « C’est très joli, mais que sommes-nous censés faire ? » Quand six milliards d’entre vous refuseront d’apprendre à leurs enfants comment être prisonniers de la culture de Ceux-qui-prennent, ce cauchemar qui est le vôtre disparaîtra en une seule génération. Sans votre soutien, il ne peut pas continuer. Votre culture n’a pas d’existence propre en dehors de vous, et si vous cessez de la transmettre, elle s’éteindra d’elle-même, comme une flamme qui ne trouve plus de combustible.

Professeur cherche élève ayant désir de sauver le monde, Daniel Quinn

C’est ce qui me motive depuis cinq ans, savoir qu’une génération suffit si l’on réussi à aller à contre-culture. C’est ce à quoi je me raccroche pour ne pas m’écrouler quant à la responsabilité qui m’incombe d’avoir mis un être au monde. Ce qui signifie se marginaliser et trouver d’autres façon de socialiser non fondées sur la compétition et la séduction. C’est un chemin très hasardeux et difficile à soutenir, d’autant qu’il est forcément imposé/choisi par les parents.

C’est aussi la plus belle des expériences.

November 27, 2018 11:00 AM

November 26, 2018

David Larlet

☕︎ Playing with fire

Abrupt climate change is a third reason. Summer is hotter and drier now. What worked well for the entire Holocene epoch doesn’t necessarily work at all in the Anthropocene. And the ideal forest strategy in 2018’s climate will not be ideal in 2068’s, at least the way we’re going. So it comes back to taking carbon out of the air. I think this must be one reason the Californian fires are especially fearsome to many Americans: because the idea of California is often subtly an idea of the future.

6, 90: Sauce (cache)

Meanwhile:

Thirty years ago, some believed that warmer temperatures would expand the field of play, turning the Arctic into the new Midwest. As Rex Tillerson, then the C.E.O. of Exxon, cheerfully put it in 2012, “Changes to weather patterns that move crop production areas around—we’ll adapt to that.” But there is no rich topsoil in the far North; instead, the ground is underlaid with permafrost, which can be found beneath a fifth of the Northern Hemisphere. As the permafrost melts, it releases more carbon into the atmosphere. The thawing layer cracks roads, tilts houses, and uproots trees to create what scientists call “drunken forests.” Ninety scientists who released a joint report in 2017 concluded that economic losses from a warming Arctic could approach ninety trillion dollars in the course of the century, considerably outweighing whatever savings may have resulted from shorter shipping routes as the Northwest Passage unfreezes.

[…]

An investigation by the L.A. Times revealed that Exxon executives took these warnings seriously. Ken Croasdale, a senior researcher for the company’s Canadian subsidiary, led a team that investigated the positive and negative effects of warming on Exxon’s Arctic operations. In 1991, he found that greenhouse gases were rising due to the burning of fossil fuels. “Nobody disputes this fact,” he said. The following year, he wrote that “global warming can only help lower exploration and development costs” in the Beaufort Sea. Drilling season in the Arctic, he correctly predicted, would increase from two months to as many as five months. At the same time, he said, the rise in the sea level could threaten onshore infrastructure and create bigger waves that would damage offshore drilling structures. Thawing permafrost could make the earth buckle and slide under buildings and pipelines. As a result of these findings, Exxon and other major oil companies began laying plans to move into the Arctic, and started to build their new drilling platforms with higher decks, to compensate for the anticipated rises in sea level.

[…]

The implications of the exposés were startling. Not only did Exxon and other companies know that scientists like Hansen were right; they used his NASA climate models to figure out how low their drilling costs in the Arctic would eventually fall. Had Exxon and its peers passed on what they knew to the public, geological history would look very different today.

How Extreme Weather Is Shrinking the Planet (cache)

Can we turn the World off and on again?

November 26, 2018 11:00 AM

November 25, 2018

David Larlet

☕︎ Limiter les dégâts

— Chez les peuples tribaux, on ne trouve pas de lois interdisant un comportement perturbateur. Selon l’esprit tribal, ce serait une ineptie. Mais il existe des règles visant à limiter les dégâts provoqués par tel ou tel comportement perturbateur. Par exemple, aucun peuple tribal ne concevra jamais une loi interdisant l’adultère, mais il prescrira des mesures à suivre en cas d’adultère, limitant les dégâts causés par cet acte d’infidélité qui offense non seulement l’époux ou l’épouse, mais la communauté toute entière en dépréciant le mariage aux yeux des enfants. De nouveau, l’objectif n’est pas de punir, mais de réparer et d’apaiser les esprits, de sorte que tout retourne à la normale autant que faire se peut. Il en va de même pour l’agression. Selon l’esprit tribal, il ne sert à rien de dire aux gens : « On ne doit jamais se battre. » Ce qui n’est pas vain, en revanche, c’est de savoir précisément quelle est la meilleure chose à faire lorsqu’il y a eu combat, de sorte que chacun s’en tire sans trop de dommages. Je voudrais que tu comprennes à quel point cette démarche et ses effets sont différents de ceux de vos propres lois qui, au lieu de limiter les dégâts, les augmentent et les multiplient, et cela, à travers tout le paysage social, détruisant les familles, ruinant les vies et laissant aux victimes le soin de panser leurs blessures.
— […]
— […] Selon l’esprit tribal, il est stupide de formuler une loi dont on sait qu’elle sera transgressée. Cela ne ferait que discréditer l’idée même de loi. Or, de toute loi qui se présente sous la forme Tu ne feras pas cela, on sait qu’elle sera transgressée, peu importe ce qui suit. Tu ne tueras point, tu ne mentiras point, tu ne commettras pas l’adultère, tu ne voleras point, tu n’offenseras pas… Comme les peuples tribaux ne perdaient pas de temps à concevoir des lois dont ils savaient pertinemment qu’elles ne seraient pas respectées, la désobéissance ne leur posait pas de problème. La loi tribale ne proscrivait pas la méchanceté ni la tromperie, elle établissait des manières de réparer les torts qui en résultaient, de sorte que les gens étaient content de lui obéir. Pourquoi violer une loi qui leur était bénéfique ? Mais depuis le tout début, la loi de Ceux-qui-prennent est une accumulation de règles dont on sait qu’elles seront violées, et elles l’ont été immanquablement jour après jour pendant dix mille ans.

Professeur cherche élève ayant désir de sauver le monde, Daniel Quinn

Je trouve que le dialogue est une forme de transmission des réflexions internes extrêmement pertinente, il faut que j’expérimente cette façon d’écrire. Peu à peu, le mode de publication pour l’année prochaine prend forme.

Comme pressenti, ce livre est une petite pépite.

November 25, 2018 11:00 AM

November 24, 2018

David Larlet

☕︎ Sujet sensible

Seriez-vous prêt à faire une croix sur votre prochain voyage à Paris ? En matière de gaz à effet de serre (GES), chaque vol transatlantique crache par passager l’équivalent de 60 % des émissions produites par l’usage annuel d’une voiture. Mauvaise nouvelle, une virée dans la Ville Lumière et les bénéfices « carbone » réalisés par une personne végétarienne en un an viennent de s’envoler en fumée.

Pour le climat, seriez-vous prêt à sacrifier vos voyages en avion? (cache)

Lorsqu’on habite à 6000 km de sa famille et de ses amis, cette question prend une importance non négligeable. J’ai beau ne pas avoir de voiture et manger très peu de viande, il y a des incohérences flagrantes à prendre et/ou faire prendre l’avion.

L’expatriation — fut-elle choisie — apporte son lot de contradictions à divers niveaux…

November 24, 2018 11:00 AM

November 23, 2018

David Larlet

☕︎ Vendredi fou

La consommation, beaucoup la réduisent déjà parce qu’ils n’ont pas le choix. Mais d’autres peuvent le faire aussi. Si je ne peux me joindre aux manifestations de rue, voici une action à laquelle je peux participer. Je consomme déjà peu, mais je peux me radicaliser, en limitant encore davantage ma consommation, jusqu’au strict nécessaire, et en le faisant savoir en témoignant ici pour vous inviter à faire de même. Oui, je m’engage dans une grève de consommation accrue, volontaire et durable.

Grève de la consommation (cache)

Un truc que j’ai envie de faire depuis longtemps est le pendant à l’unboxing, ce moment où tu en arrives à jeter/réparer un truc qui t’as tellement bien servi qu’il en est devenu inutilisable. Ce qui permettrait deux choses :

  • prendre conscience du peu d’objets dans ce cas comparé aux nombres d’objets achetés par ailleurs et être tenté de rééquilibrer la balance.
  • partager ces objets qui sont a priori de bonne qualité/utiles à travers le récit de nos aventures et réactiver les souvenirs, le vécu associé à un truc a priori inerte et froid.

À creuser.

Note : le « Vendredi fou » est la traduction du « Black Friday » par ici.

Karl m’invite à lire un billet du Standblog (cache) à ce sujet… vieux de 10 ans. L’article d’origine n’aura pas résisté à l’épreuve du temps.

November 23, 2018 11:00 AM

November 22, 2018

David Larlet

☕︎ Emojis and evolution

Speaking on Emoji Wrap in 2016, Google product manager Agustin Fonts was cautious about changing the Android gun emoji to match Apple’s new fluorescent green design, noting that they “want to be as compatible with other systems as possible”.

Google Updates Gun Emoji (cache)

Besides the cultural bias (cache) inherent to the interpretation of emojis themselves, be aware that the choices to represent these characters one way or the many others are left to operating systems companies and may completely change the conveyed message across time and platforms.

Explicitness and perenialty are a constant challenge.

November 22, 2018 11:00 AM

November 21, 2018

David Larlet

☕︎ Petits outils macOS

Quelques outils utilisés au quotidien et qui méritent d’être partagés :

  • Quitter : permet de fermer des applications automatiquement au bout d’un certain temps, pour ne pas rester sa journée sur Slack, Twitter ou ses courriels c’est parfait.
  • Marp : pour faire des présentations à partir de Markdown et de CSS, ils prévoient de faire des trucs chouettes pour la suite, notez qu’on peut aller assez loin
  • ImageOptim : pour optimiser des images en glisser-déposer. Simple et efficace, pensez-y avant de partager quoi que ce soit.
  • Turbo Boost Switcher : pour ne plus avoir besoin de clim réversible dans mon bureau :-)
  • iStat Menus : pour savoir quand un site me prend d’un coup 100 % de mon CPU, un exemple parmi tant d’autres !
  • Shush : pour couper/activer le micro en enfonçant une touche, indispensable quand on passe ses journées en visio.
  • LICEcap : pour faire des petits GIF animés à partir de son écran, pratique pour montrer des interactions.
  • f.lux : dont je ne taris pas d’éloges depuis longtemps, s’il ne devait en rester qu’un ce serait celui-ci.

November 21, 2018 11:00 AM

November 20, 2018

Karl Dubost

Hébergement et synchronisation

Hanoi, Vietnam, 7 juin 2014 Hanoi, Vietnam, 7 juin 2014


La vie des plantes, Emanuele Coccia. On ne peut séparer — ni physiquement, ni métaphysiquement — la plante du monde qui l'accueille. Elle est la forme la plus intense, la plus radicale et la plus paradigmatique de l'être-au-monde . Interroger les plantes, c'est comprendre ce que signifie être-au-monde.


Si vous avez raté le début sur la discussion à propos des générateurs de site statique, vous pouvez aller faire un tour et lire à propos des générateurs et aussi de ma conception du mot statique. J'ai probablement oublié de mentionner quelques petites choses dans l'exercice.

Dans les générateurs de site Web statiques, et mon choix de Pelican, Stéphane Bortzmeyer mentionne un élément intéressant que je n'ai pas encore mentionné à propos de l'hébergement.

Le site statique ne dépend que du serveur HTTP.

Héberger son site Web est probablement devenu presque plus complexe qu'auparavant. Avant il y avait un serveur FTP et on envoyait la fichier et c'était fait. Si on ne veut pas avoir à gérer un serveur soit même, il faut passer par un tiers comme GitHub, GitLab ou BitBucket. Ou bien apprendre un peu de SSH et rsync pour synchroniser des fichiers de façon sécurisée. Il y a quelques temps, il était possible d'utiliser un dossier dropbox et de le servir directement, ce n'est plus possible.

Que recommanderiez-vous aujourd'hui pour votre hébergement de sites statiques à une personne non technique ? J'imagine que le plus simple serait d'avoir un dossier sur l'ordinateur avec tous les fichiers qui se synchroniserait automatiquement sur le serveur distant. Je ne suis pas au fait des dernières nouveautés car je gère mon propre serveur.

L'hébergement implique aussi souvent de devoir choisir un serveur HTTP. Le découplage que mentionne Stéphane est réel mais peu aussi avoir des conséquences comme je le mentionnais hier à propos des .meta

Pour ce site même, j'utilise rsync+ssh. Le bénéfice est que je ne synchronise que le différentiel de la mise à jour.

Synchronizing La Grange
building file list ... done
feed.atom
index.html
2014/06/06/
2014/06/06/3295-hanoi-pied-allumettes.jpg
2018/index.html
2018/11/index.html
2018/11/17/site-statique.html
2018/11/19/
2018/11/19/statique.html

Number of files: 50245
Number of files transferred: 7
Total file size: 3310111889 bytes
Total transferred file size: 188998 bytes
Literal data: 81254 bytes
Matched data: 107744 bytes
File list size: 1132151
File list generation time: 1.140 seconds
File list transfer time: 0.000 seconds
Total bytes sent: 1205303
Total bytes received: 1192

sent 1205303 bytes  received 1192 bytes  104912.61 bytes/sec
total size is 3310111889  speedup is 2743.58
Synchro: Done!

Hier uniquement, les fichiers ajoutés ont été synchronisés sur le serveur. La commande est également excessivement simple.

#!/bin/bash
echo "Synchronizing La Grange"
# List of Exclude
cat << "EOF" > /tmp/rsync.exclude
.DS_Store
EOF

# Synchronizing
rsync --rsh='ssh' \
        -rpgtaz --stats --delete \
        --exclude-from=/tmp/rsync.exclude \
        -v /local/path/to/site/ \
        username@example.com:/folder/on/the/web/

if [ $? = 0 ];
        then
                echo "Synchro: Done!"
        else
                echo "Synchro: Probleme - Verifier message d'erreur"
                exit 1
fi

Et comme vous pouvez le voir, la synchronisation est indépendante totalement de mon script de génération de contenus. C'est une friction que je ne veux pas retirer, car l'effort de la commande manuelle, du délai de réflexion, permet le rattrape de certaines erreurs, oublis catastrophes. Je l'ai écrit, mais est-ce que je veux le publier ? Ce délai est intéressant.

Demain ou après-demain je reviendrais sur le sujet et probablement celui de la temporalité.

À suivre…


D'autres articles récents sur les sites statiques.

  • About static site generators

    The generator should provide, by default, feedback on which files are picked up, which are ignored, and why. When a file is picked up and processed in some way, it should say so too.

  • Pourquoi un site statique c'est mieux ?

    Mon site est auto-hébergé derrière une ligne ADSL plus que moyenne, avec un tas d'autres trucs sur le serveur (DNS autoritaire, mail, …)

  • Pourquoi gérer du contenu avec Git ?

    Est-ce qu’il est possible d’associer Git et un CMS plus classique qu’un générateur de site statique ? Oui, si celui-ci fonctionne sans base de données. Cela peut être le cas avec Kirby par exemple, Kirby est un flat CMS.


November 20, 2018 01:13 PM

David Larlet

☕︎ Safe qui peut

La performativité ne marche pas, dire des choses ne suffit pas à les faire exister. C’est vrai qu’une des stratégies, pour contrer l’invisibilisation de certains comportements oppressants/systèmes d’oppression/situations d’agression, peut être celle de nommer tout ça. Par exemple ça montre qu’il y a une volonté d’y faire attention et ça peut permettre à des personnes qui sont confronté à des situations d’agression et/ou d’oppression de se sentir plus légitimes d’en parler. Mais il faut aussi être conscient-e que ça ne suffit pas pour les faire disparaître. C’est à tout le monde de prendre en charge et de se responsabiliser pour empêcher que des comportements oppressants/ situations d’agression aient lieu et pour réagir quand illes ont lieu. Au-delà même de savoir s’il est possible de créer des « espaces safe », est-ce seulement intéressant ? Si on entend par le mot safe la recherche d’espaces confortables et sans confrontation parce que c’est plus facile et reposant, on a envie de questionner ce désir. On trouve que cette aspiration est souvent motivée par des mécanismes de protection qui font qu’on désire des espaces-temps où rien ne pourrait nous atteindre ou surprendre, où on serait protégé-e-s et en sécurité par rapport à des « attaques extérieures », comme si on voulait créer un espace idéal où tout serait parfait. Tout ça, ça nous renvoie aussi à des espaces policés où tout serait « sous contrôle », alors on a du mal à voir ce qu’il y aurait d’intéressant.

Les « espaces safe » nous font violence ? (cache)

Beaucoup de tiraillements personnels en ce moment entre la fuite et la confrontation, l’échange et l’(auto-)protection, la ré-acquisition d’un milieu ou son abandon. À se demander si le seul espace safe qui soit est l’isolement complet, au risque de réveiller d’autres démons internes.

J’apprécie l’intervention d’Audrey Neveu qui parle du superpouvoir des privilégiés. Transformer cette confiance en soi et cette estime des pairs/semblables en énergie pour prendre le relais des personnes fatiguées. Toute la difficulté réside dans la finesse du maintient d’un dialogue afin d’éviter que chacun·e reparte dans son coin sans avoir grandi·e.

Au risque de ne pas être allé suffisamment loin au regard de l’énergie investie.

November 20, 2018 11:00 AM

November 19, 2018

Karl Dubost

Qu'est-ce qu'un site statique ?

Hanoi, Vietnam, 6 juin 2014 Hanoi, Vietnam, 6 juin 2014


La vie des plantes, Emanuele Coccia. Les plantes semblent absentes, comme égarées dans un long et sourd rêve chimique.


Poursuivons cette discussion sur les générateurs de site statique. Cette partie, très souvent mal définie, me tient particulièrement à cœur . Le script, ou l'ensemble de scripts, qui va générer le contenu à partir d'une source quelconque est un élément important. Par statique, de nombreuses personnes entendent « contenu non généré à la volée » à partir souvent d'élément dans une base de données. Ce n'est pas ma définition. Pour moi un site statique est un site dont le contenu et son information de mise à jour (cache HTTP) pour chaque URI ne change pas tant que le contenu lui-même n'a pas été modifié.

La plupart des générateurs de sites statiques regénèrent l'ensemble de tous les fichiers HTML du site afin de les synchroniser avec le serveur d'hébergement. Les fichiers sont donc bien hors base de données, mais le cache HTTP ou ETAG est la plupart du temps jeté à la poubelle aussi.

C'est dommage, surtout qu'il est tout à fait possible de gérer du différentiel dans un système de publication en analysant ce qui doit être modifié et ce qui ne doit pas être modifié.

La subtilité suivante est probablement ce que l'on entend par modification du contenu. Est-ce un de ces éléments et/ou une combinaison de ces éléments :

  • La prose (texte) y compris les liens.
  • Le gabarit de structuration du contenu (templates).
  • La présentation du contenu (feuille de style).

Là encore la plupart des générateurs de sites ne laisse pas le choix. Si on change le gabarit, c'est tout le site qui est regénéré et dont le cache est détruit.

Je pense de plus en plus que l'information de fraîcheur devrait être découplée du processus mécanique de fabrication du contenu, en créant un serveur qui calcule son information de cache sur des paramètres précis de date. Un peu sur le modèle des .meta de Apache ou pour nginx.


November 19, 2018 01:41 PM

David Larlet

☕︎ Email encryption

Now we know of course about state-level actors spying on the internet traffic, at least since 2013 there is no denying. So there has been tremendous success in deprecating unencrypted HTTP traffic. Shouldn’t the same be done for emails?

Sure, but I just don’t see it happen by means of individual certificates. Even the tech crowd is struggling when it comes to mobile email usage. As to the rest of the world, good luck explaining them why they need to jump through so many hoops, starting with why webmail is a bad choice. In fact, we considered rolling out email encryption throughout a single company and had to give up. The setup was simply too complicated and limited the possible use cases too much.

As far as I’m concerned, email signing/encryption is dead (cache)

I am using the GPG Suite on macOS and I have to agree that every OS update is painful mostly because of Apple. Most of the time, it’s even the blocking point for my update because I need my few encrypted emails to remain readable.

I’m still wondering if that’s a lack of concern or deliberately intentional. No conspiracy here but privacy is some part of their business competitive advantage and they will sooner or later use it natively for good old emails.

Just a guess.

November 19, 2018 11:00 AM

November 18, 2018

Karl Dubost

Générateur de site statique

Hanoi, Vietnam, 8 juin 2014 Hanoi, Vietnam, 8 juin 2014


La vie des plantes, Emanuele Coccia. Elles sont l'ornement cosmique, l'accident inessentiel et coloré qui trône dans les marges du champ cognitif.


Nous parlons de générateur de sites (Web) statiques. Et aujourd'hui, je vais me concentrer sur l'aspect générateur, c'est à dire l'outil en lui-même de création des éléments qui seront servis plus tard par le site Web. C'est peut-ête là la première difficulté, car ce que nous appelons un générateur est bien souvent tout un ensemble de tâches formant un processus.

  1. Écriture d'un brouillon (dans un format dédié)
  2. Conversion du brouillon dans un format précis
  3. Mise en place dans une hiérarchie de contenu prête à être mise en ligne
  4. Création des index (page d'accueil, index mensuel, annuel, catégories, etc.)
  5. Création éventuel d'un flux au format Atom (ou RSS)
  6. Mise en ligne ou synchronisation du contenu local vers le lieu de son hébergement

Un générateur recouvre en fait l'une ou plusieurs de ces fonctionnalités. Et comme le dit David : « Deux espaces, deux façons de penser.  » pour signifier qu'il sépare l'espace d'écriture, de l'espace de publication, il est important de pouvoir choisir ce que l'on désire de ce processus. Et c'est peut-être là la première étape de la réflexion quand on se lance dans le projet d'un site statique.

Déterminer ce que nous désirons de ce lieu de création. Déterminer les flexibilités et contraintes générées par le code que nous utilisons ou créons. Après presque 20 ans de publication de ce site statique, je pense de plus en plus que de petites briques dédiées sont plus utiles qu'une machine qui fait tout. C'est peut-être d'ailleurs pour cela que les développeurs créent tous leurs propres moulinettes, car aucune finalement ne correspond vraiment au désir de chacun. Peut-être serait-il intéressant de développer une librairie d'outils autour de formats de données d'échanges. Chaque outil ayant une interface d'entrée et de sortie.

Penser l'indépendance des outils de la chaîne permet aussi de s'offrir la possibilité d'évoluer plus facilement. De passer au manuel pour certaines étapes ou de les automatiser plus tard. Ce n'est pas le cas du script python à moitié fini et bancale de La Grange. Mais si je devais m'y remettre, je passerais pas une solution beaucoup plus modulaire que la courante. L'une des raisons pour lesquelles j'aime bash et son | est justement le chaînage entre les outils comme sed, grep, find, etc. Mes prochains scripts python suivront probablement cette logique d'indépendance.

À suivre…


November 18, 2018 12:34 PM

David Larlet

☕︎ Spontanéité et algorithmes

Petite réflexion inspirée de la manifestation qui fait l’actualité : j’entends dire qu’une telle manifestation est spontanée, qu’elle est auto-organisée, que c’est une nouvelle ère de la possibilité de contestation et de la politique. J’entends aussi dire que des partis politiques traditionnels voudraient récupérer ce mouvement, mais qu’ils sont à la peine, comme débordés.

Au temps des réseaux sociaux, n’oublions pas que la spontanéité dépend des timelines algorithmiques, et la contestation de ce qui est donné à voir à travers les bulles de filtres. N’oublions pas que tout ce qui permet au champ social de s’organiser est par définition politique.

N’oublions pas que les réseaux sociaux ne sont pas neutres, mais imprégnés dès leur conception d’une idéologie spécifique qui, si elle oscille entre libertarisme et censure, a le plus souvent comme point de mire l’influence et l’exploitation des désirs de l’ego.

Ne nous mentons pas : les réseaux sociaux sont bel et bien un parti politique qui structure toutes ces manifestations. Qu’il soit hors de portée de la perception de ceux qu’il anime est très inquiétant : déterminés par une cause qu’ils ignorent, ils sont tout sauf libres. Or, la politique de nos démocraties repose sur la liberté individuelle.

Aurélien sur Mastodon

Sommes-nous encore capable de libre arbitre en étant connectés ? Sommes-nous juste capable de liberté individuelle en étant socialisés ? Serions-nous même capables de penser sans avoir été influencés ?

La réponse ne peut être que « non » ;-).

Réponse d’Aurélien :

Quelle autre liberté que celle qui s’exprime dans un espace relationnel ? Ainsi définie, autrui n’est-il pas tout autant la condition de ma liberté que celui face auquel elle s’échoue ? Les "autruis" multiples qui, en la circonscrivant, font apparaitre le périmètre qui n’est qu’à moi ne sont-ils pas les garants de ma liberté en même temps que ses gardiens ?

Et à quoi donc inciterait ce périmètre, cette marge de manœuvre, cette souveraineté irréductible d’un royaume isolé, cette latitude tragique à investir, sinon à la rencontre (Lévinas) et à l’engagement, qui n’est pas le renoncement à la liberté, mais son dépassement/accomplissement ? (cf. sphère éthique de Kierkegaard par ex.)

November 18, 2018 11:00 AM

November 17, 2018

Karl Dubost

Le sculpteur de carnet Web

Tokyo, Japon, 3 novembre 2018 Tokyo, Japon, 3 novembre 2018


L'hirondelle rouge, Jean-Michel Maulpoix. Dévider à nouveau le fil, le tirer lentement sur la page blanche jusqu'à ce point où des formes commencent à remuer dans les mots.


Une autre discussion à propos des sites statiques pour un blog (carnet Web) a démarré. Voici quelques sources à propos de cette nouvelle discussion. Je tenterais d'en parler dans les jours prochains.

  • Boop! Une introduction. Marien Fressinaud. boop.py version 0.0.0

    Le principe de base d’un générateur de sites statiques est qu’il lit le contenu depuis un répertoire source, qui est passé dans une moulinette qui va transformer ce contenu en fichiers HTML pour les déposer ensuite dans un répertoire destination.

  • Yannick François.

    Pourquoi utiliser un générateur de site statique ? pourquoi pas avoir une page html, avec son propre style éventuellement ? J'imagine un confort pour la gestion des flux et page d'index; j'envisage également que c'est plus confortable de faire du markdown ?

  • Générateur statique. David Larlet.

    La puissance d’un générateur est de pouvoir corriger / améliorer de manière choisie / globale l’espace de publication. C’est un privilège de développeur et si je n’avais pas cette connaissance, s’en tenir à du HTML bien lié serait probablement une meilleure option en terme de pérennité. Mais ça veut dire aussi au moins faire un flux avec les bons échappements de caractères spéciaux ce qui devient un peu moins accessible. Il pourrait y avoir un petit script qui fait juste ça… mais alors pourquoi ne pas en profiter pour faire un index aussi. Oh et un sitemap ? On a vite fait d’aller plus loin sans même s’en rendre compte :-).


Ces trois références définiront le point de départ de cette discussion. Il y a deux mots importants dans le projet initial : générateur et statique. Par générateur, on entend une moulinette, un (ou plusieurs scripts) qui traverse la structure d'un contenu et en génère une forme prête à être traitée par un navigateur Web. Le terme statique recouvre déjà beaucoup plus de subtilités. Il n'a pas la même signification pour nous tous. Donc il faudra peut-être mieux le définir ou changer de termes. Dans le fil de discussions sont aussi mentionnés d'autres termes cachés : temporalité, la relation avec le temps du contenant (forme et architecture) et de son contenu. Une autre forme de relations avec le temps est la mise à jour, ou bien la correction d'un contenu précédent. Le contenu est bien sûr écrit. Nous abordons alors la notion d'écriture dans son formalisme technique : format de réprésentation du contenu (html, markdown, etc.), dans son lieu : l'outil d'écriture (carnets papier, logiciels dédiés, simple fichier texte), dans sa temporalité encore une fois : le brouillon d'écriture. Il y a également l'hébergement qui introduit une notion sur le cache HTTP. Et les vecteurs de distribution autre que le simple HTML comme le courrier électronique et le flux Atom. Je ne mentionnerai probablement pas les commentaires qui sont en eux même un autre vaste champ d'exploration, plus social d'ailleurs que technique.


November 17, 2018 10:39 PM

David Larlet

☕︎ Gilets jaunes

Si la voiture doit prévaloir, il reste une seule solution : supprimer les villes, c’est-à-dire les étaler sur des centaines de kilomètres, le long de voies monumentales, de banlieues autoroutières. C’est ce qu’on a fait aux Etats-Unis. Ivan Illich (Energie et Equité. Ed. Le Seuil ) en résume le résultat en ces chiffres saisissants : « L’Américain type consacre plus de mille cinq cents heures par an (soit trente heures par semaine, ou encore quatre heures par jour, dimanche compris) à sa voiture : cela comprend les heures qu’il passe derrière le volant, en marche ou à l’arrêt ; les heures de travail nécessaires pour la payer et pour payer l’essence, les pneus, les péages, l’assurance, les contraventions et impôts… A cet Américain, il faut donc mille cinq cents heures pour faire (dans l’année) 10 000 km. Six km lui prennent une heure. Dans les pays privés d’industrie des transports, les gens se déplacent à exactement cette même vitesse en allant à pied, avec l’avantage supplémentaire qu’ils peuvent aller n’importe où et pas seulement le long des routes asphaltées. »

[…]

« Les usagers, écrit Illich, briseront les chaînes du transport surpuissant lorsqu’ils se remettront à aimer comme un territoire leur îlot de circulation, et à redouter de s’en éloigner trop souvent. » Mais, précisément, pour pouvoir aimer « son territoire », il faudra d’abord qu’il soit rendu habitable et non pas circulable : que le quartier ou la commune redevienne le microcosme modelé par et pour toutes les activités humaines, où les gens travaillent, habitent, se détendent, s’instruisent, communiquent, s’ébrouent et gèrent en commun le milieu de leur vie commune. Comme on lui demandait une fois ce que les gens allaient faire de leur temps, après la révolution, quand le gaspillage capitaliste sera aboli, Marcuse répondit : « Nous allons détruire les grandes villes et en construire de nouvelles. Ça nous occupera un moment. »

L’idéologie sociale de la bagnole (André Gorz, 1973) (cache)

Pas. Une. Ride.

November 17, 2018 11:00 AM

November 16, 2018

Karl Dubost

Le jardin obscur

Yokohama, Japon, 10 novembre 2018 Yokohama, Japon, 10 novembre 2018


L'hirondelle rouge, Jean-Michel Maulpoix. Afin que se réveille en murmurant le petit tas de cendre que font les mots sur le papier.


Dans le jardin, ce midi, j'ai placé la chaise près de la fenêtre. J'ai posé l'assiette sur les genoux et mangé tout en regardant le jardin. L'automne. D'abord un geai, ils sont souvent là et beaucoup moins farouche qu'à La Grange. Mais la belle surprise fût un magnifique bouvreuil pivoine femelle. Elle est restée peut-être deux ou trois minutes. Le jardin obscurci, la maison silencieuse, tout le monde dort, la respiration de l'oiseau m'accompagne.


L'enfance est une tempête, celle des marins qui ont le sentiment d'avoir gagné leurs rides salées dans le bel effort de l'océan en travaillant le sillon des vagues.


Les investissements vertigineux… pour des espaces de co-working dans le monde : WeWork. En dehors de l'indécence, l'histoire est significative du changement structurel. Certaines compagnies plutôt que de définir leur solidité et leurs investissements dans des structures architecturales définissent leurs activités dans une mobilité d'espace. Cela me fait penser un peu aussi au café. D'abord les pionniers, et puis finalement l'arrivée de commerces où l'on vend du café (première vague). La deuxième vague est la prise de contrôle par les chaînes (Starbucks, Tully's, Dunkin' Donuts, Nero, Blenz, Au Bon Pain, Lavazza, Second Cup, Segafredo, etc. etc. etc.). La troisième vague est la rennaissance avec des torréfacteurs artisanaux et des cafés favorisant la qualité sur la rapidité (l'ère du Barista hipster). Mais nous retombons dans une ère de marchandisation à grande échelle, comme Blue Bottle Coffee qui a été racheté en septembre 2017 par… Nestlé. Le monde du bureau me semble suivre des chemins similaires. WeWork announced that SoftBank had committed an additional $3 billion at a valuation of at least $42 billion. That is more than double the $20 billion level that WeWork attained in its last fund-raising round over a year ago and makes WeWork one of the most valuable privately held venture-backed companies in America. […] The company also disclosed Tuesday that it lost $1.22 billion through the first nine months of this year after losing $933 million in 2017.


Aluminium et mercure


November 16, 2018 12:48 PM

David Larlet

☕︎ Enzo

Ce message est une invitation. La proposition d’emprunter un chemin qui pourrait changer ta façon de penser. Une voie que j’ai suivie et que je suis toujours en train d’explorer. Une voie sinueuse qui passe par l’incompréhension, le rejet mais aussi par l’écoute et la prise de conscience que d’autres personnes ressentent d’autres émotions. Que leurs différences les oblige à changer leurs comportements pour ne pas être davantage blessées, usées. Une voie pour leur donner de la voix.

Tu ne serais pas seul, nous sommes nombreux sur ce chemin à pouvoir t’aider au cours de ta progression. La quête est longue mais elle offre les clés pour ouvrir les portes de la compassion et du respect. C’est un beau sentier et je suis enthousiaste à l’idée que d’autres personnes le rejoignent. Je m’aperçois au fil de ma progression qu’il ne s’agit pas d’un unique tracé mais d’un réseau, avec parfois des raccourcis, d’autres fois des éboulis, chacun s’adaptant avec la sensibilité qui lui est propre pour tenter de rester cohérent.

J’espère qu’un jour, en passant un col, tu regarderas le message que tu as posté avec des regrets en comprenant la violence qu’il a pu contenir. Mais tu esquisseras aussi un sourire à demi caché en songeant à tout le chemin parcouru pour en arriver là.

Et tu seras peut-être joyeux de pouvoir orienter à ton tour d’autres personnes.

November 16, 2018 11:00 AM

November 15, 2018

Karl Dubost

Miasmes

Tokyo, Japon, 15 novembre 2018 Tokyo, Japon, 15 novembre 2018


L'hirondelle rouge, Jean-Michel Maulpoix. Le temps, privé de mots, ne passe plus.


Quand je regarde les immeubles d'en haut, ceux qui sont un peu moins hauts que la tour dans laquelle je suis, je constate que les toits plats sont des champs de climatiseurs et que tous les piétons sont en dessous de ce miasme. En décembre nous allons changer de tour. Nous changerons de miasmes.


Finalement après plusieurs années à regarder de loin, je me suis attelé à créer un script installable. J'ai utilisé shoki comme cobaye. Et surprise, cela fonctionne. Le déblocage est venu de plusieurs sources :


L'argent donne le choix. Le choix permet le confort. Le confort crée une habitude. L'habitude obscure la variété des réalités. Et de là émerge l'arrogance sociale. Une série de phrases courtes alors que je marchais sur le quai de Tsujido pour prendre le train du jeudi vers Tokyo. Je monte dans l'un des deux wagons avec places assises garanties (plus cher). Cela me permet de travailler ou de lire pendant le trajet. Et je me disais en montant dans le wagon, que la majorité des personnes s'engouffrait dans le wagon bondé du matin avec toutes les contraintes que cela représente.


Les photographies et messages qui aux conférences techniques ou à la fin de la journée de travail qui se réjouissent de l'alcool (« beer time » pour signaler la fin de journée) me rendent de plus en plus inconfortable. Une culture de l'alcoolisme banalisé en quelque sorte.


Se concentrer sur l'objectif plutôt que sur les outils. Bien souvent nous perdons notre temps sur le futile en recherche d'une perfection qui finalement vient bloquer la réalisation. Bien sûr, il est également possible que la création de l'outil devienne l'objectif d'un développement personnel, mais c'est une autre histoire. And believe me, I was this close to writing my own tool. A preprocessor that would not only allow me to embed auto-generated diffs into Markdown but also to run commands on a set of changes and embed the generated output, too. What kept me from doing that was a calm voice in my head telling me that I’m here to write a book, not a preprocessor. And since copying code into Markdown files is only cumbersome once you have to go back and edit the code, but actually quite comfortable while writing, I just kept on doing that, ignoring the other voices.


November 15, 2018 12:45 PM

David Larlet

☕︎ Et pourtant

J’ai définitivement une réticence aux systèmes qui reposent sur les services distants : Heroku, AWS et consorts. Plus je les utilise et plus je trouve cela contraignant… Et pourtant, comme je ne suis pas à une contradiction près, j’utilise GitHub et mon serveur est hébergé sur la plateforme Gandi. Je ne sais pas bien pourquoi, mais j’ai toujours un désir de rapatrier tout cela à la maison, sur un serveur local. Et même si en quelque sorte cela entraîne une autre fragilité ou d’autres types de contraintes. Et pourtant la mutualisation de ressources représente probablement un gain écologique en évitant de répéter les mêmes systèmes un peu partout. Et pourtant, la mutualisation n’est pas toujours bonne non plus, comme le plantage de GitHub pendant 24h récemment.

Automne enfoui (cache)

Et pourtant, il existe des technologies pour ne pas centraliser l’hébergement. Et pourtant, le pair-à-pair est un gouffre énergétique. Et pourtant, on pourrait héberger cela avec des énergies renouvelables (cache), c’est même bien documenté (cache) et il y a un thème dédié. Et pourtant, les panneaux solaires utilisent des ressources rares dont l’extraction / transport / recyclage sont polluantes. Et pourtant, j’aimerais pouvoir continuer à échanger des choses même en étant isolé dans la forêt. Et pourtant, un réseau d’une telle ampleur n’est pas soutenable.

Et pourtant, je partage ces mots qui ne peuvent qu’aggraver mes contr-addictions.

November 15, 2018 11:00 AM

November 14, 2018

Karl Dubost

Heures étranges

Montréal, Canada, 4 décembre 2008 Montréal, Canada, 4 décembre 2008


L'hirondelle rouge, Jean-Michel Maulpoix. Tends l'oreille vers le silence du soir. Le jour s'éloigne. Les voix s'éteignent. Le ciel bleu fait un peu de braise. Les arbres fument une heure ou deux.


Redéfinition de certaines unités du système internationalOn 16th November 2018, measurement scientists from more than 60 countries will come together to witness the vote on the redefinition of the International System of Units (SI), changing the world's definition of the kilogram, the ampere, the kelvin and the mole. If agreed, these changes will come into force on 20th May 2019. The vote will take place at the General Conference on Weights and Measures (CGPM) at the Palais des Congrès in Versailles, which is organised by BIPM. The decision will mean that all SI units will be defined in terms of constants that describe the natural world. This will assure the future stability of the SI and open the opportunity for the use of new technologies, including quantum technologies, to implement the definitions. The decision will bring an end to the use of physical objects to define measurement units.


On va voir si la génération du feed pour ce billet corrige bien les URLs des images pour le lecteur de flux Anthony Ricaud. Mon commentaire dans le code.

    # Change the image links to absolute links     # This will break one day. This is for Anthony Ricaud. 


Demain, jeudi. Tokyo donc, après la fatigue assassinée par le sommeil.


Le choix d'une table… le lieu du repas et de nos dialogues étranges en trois langues.


November 14, 2018 12:54 PM

David Larlet

☕︎ Invitez des jeunes

Voilà donc la fin de ce retour d’expérience : je n’ai pas vraiment de conclusion, car je ne sais pas si on peut tirer de généralités de mon expérience personnelle ; mais surtout parce que mon chemin est loin d’être fini : je continue d’apprendre chaque jour.

Mais quand même, juste un truc : si vous en avez l’occasion, invitez des jeunes à des conférences, c’est l’occasion de planter des graines qui pourront germer dans le futur 🙂

De dev à UX designer : reconversion d’une convertie (cache)

Superbe récit d’une reconversion. Parfois une simple invitation permet de changer une vie…

November 14, 2018 11:00 AM

November 13, 2018

David Larlet

☕︎ Règles de base

— […] Au lieu d’essayer d’expliquer ce mot en l’isolant de son contexte, je vais tenter de te faire comprendre ce que j’entends quand je parle de « ta culture ». D’accord ?
— Ça me va.
— En fait, pour simplifier encore, je vais te donner deux règles de base te permettant d’identifier les gens de ta culture. Voici l’une d’elles. Si la nourriture appartient toujours à quelqu’un et qu’elle est gardée sous clef, c’est que tu te trouves parmi eux.
— […]
— Voici une autre règle fondamentale dont tu peux te servir pour reconnaître ceux de ta culture : ils croient appartenir à une race d’essence imparfaite, condamnée à la souffrance et au malheur. Comme ils se sentent bourrés de défauts et voués à l’échec, ils pensent que la sagesse est une denrée rare, difficile à acquérir. Il leur parait normal de vivre dans la pauvreté, l’injustice et le crime, de rendre leur planète inhabitable et que leurs gouvernements soient des profiteurs égoïstes et corrompus. Ils peuvent s’en indigner, mais ils n’en sont pas surpris, cela leur semble aller de soi, comme de mettre la nourriture sous clef.

Professeur cherche élève ayant désir de sauver le monde, Daniel Quinn

Il commence fort ce livre.

November 13, 2018 11:00 AM

Karl Dubost

Mémoire pixellisée

Shinjuku, Japon, 21 novembre 2008 Shinjuku, Japon, 21 novembre 2008


L'hirondelle rouge, Jean-Michel Maulpoix. Notre besoin de mots est respiratoire.


B. m'envoie une photo du café Olimpico et de ma rue. La résurgence de souvenirs familiers, d'un temps d'un autre monde, abonde.


Email et chiffrement. L'enjeu n'est pas simple. Entre un système distribué, disponible vraiment partout et fondamentale de toutes nos transactions électroniques, l'email est le maillon faible et essentielle de toutes nos communications. In fact, we considered rolling out email encryption throughout a single company and had to give up. The setup was simply too complicated and limited the possible use cases too much.


Comment faire évoluer un système distribué vers le haut tout en assurant son interopérabilité ? Tant d'efforts sont mis sur le passage à HTTPS du Web et si peu pour le passage à un mail chiffré point à point (ce qui de mon point de vue minoritaire serait plus utile).


Il existe des disparités entre les outils de communications tout de même. Messages sur le mac est chiffré de bout en bout et en quelque sorte un bon outil de communication dans le silo Apple. Apple ne peut pas déchiffrer le message. Une application comme Line a démarré le chiffrement que très récemment. Avant que quelqu'un me demande mon compte Line… ne tentez pas, je n'en ai pas.


Meudon, France, novembre 1998 Meudon, France, novembre 1998


La photographie au format original de mon apartement à Meudon, il y a 20 ans. Mon premier appareil photo numérique : CASIO QV10A. La résolution de l'image était 320x240 pixels.


Notre mémoire pixelisée en 76800 pixels semble plus abordable, plus facile à appréhender que celles des images courantes avec 12212224 pixels. Bien que sa qualité soit inférieure ; l'image me semble envisageable, comptable. Ce monde étrange où la quantité parfois réduit la qualité de l'intimité à une inaccessibilité.


November 13, 2018 08:29 AM

November 12, 2018

David Larlet

☕︎ APIs & evolutions

If you keep these covenants with your creature, you’ll be a responsible creator deity. Your creature’s body can evolve over time, forever improving and adapting to changes in its environment, but without sudden changes the creature isn’t prepared for. If you maintain a library, keep these promises to your users, and you can innovate your library without breaking the code of the people who rely on you.

API Evolution the Right Way (cache)

A lot of very good advices applied to Python. Something to consider when you are about to break an API. I am learning so much from taking a look at a lower level, there is beauty in Roll.

Actually, not in Roll itself but in the way it is being conceived.

November 12, 2018 11:00 AM

Karl Dubost

Automne enfoui

La Saussaye, France, 14 juillet 2018 La Saussaye, France, 14 juillet 2018


L'hirondelle rouge, Jean-Michel Maulpoix. La nuit qui vient est épaisse. Long, le chemin qui se perd dans les bois noirs. À chacun de s'y préparer.


Hier toujours dans Le Petit Havre de avril 1914, je découvre que le grand cinéma Gaumont diffuse « Atlantis » Le drame de la mer le plus émouvant édité jusqu'ici. Ce film nous fait assister à l'engloutissement réel d'un grand paquebot et à toutes les phases angoissantes d'une épouvantable catastrophe au milieu de l'Océan. Atlantis, que tout le monde voudra voir, est le phénoménal tour de force réalisé à ce jour par la cinématographie.


Le film Atlantis (1913) se déroule en partie à Berlin et New-York. J'aime dans ces vieux films, que nous ayons le temps du décor. Le temps d'observer et de découvrir les éléments du quotidien, décoration des appartements, mobiliers, moyens de transport, véhicules, publicités et affiches. Le film « Atlantis » est disponible au complet.


Beau reportage photo à propos du village de Shoyna en Russie, sur une côte de la Mer Blanche. D'autres photographies de ce village enfoui dans le sable. À noter que les reportages ressortent régulièrement à propos de ce village.


HTTP/3… vraiment ?


J'ai définitivement une réticence aux systèmes qui reposent sur les services distants : Heroku, AWS et consorts. Plus je les utilise et plus je trouve cela contraignant… Et pourtant, comme je ne suis pas à une contradiction près, j'utilise GitHub et mon serveur est hébergé sur la plateforme Gandi. Je ne sais pas bien pourquoi, mais j'ai toujours un désir de rapatrier tout cela à la maison, sur un serveur local. Et même si en quelque sorte cela entraîne une autre fragilité ou d'autres types de contraintes. Et pourtant la mutualisation de ressources représente probablement un gain écologique en évitant de répéter les mêmes systèmes un peu partout. Et pourtant, la mutualisation n'est pas toujours bonne non plus, comme le plantage de GitHub pendant 24h récemment.


L'hirondelle rouge, Jean-Michel Maulpoix. Dans la glace, parfois, le visage de mon père. Sa fatigue. Dans mes gestes, ses gestes.


Rouen, France, 30 octobre 2008 Rouen, France, 30 octobre 2008


November 12, 2018 07:57 AM

November 11, 2018

David Larlet

☕︎ Générateur statique

Je suis très tenté de reprendre une mon weblog/site, mais je me pose une question :

Pourquoi utiliser un générateur de site statique ? pourquoi pas avoir une page html, avec son propre style éventuellement ?

J'imagine un confort pour la gestion des flux et page d'index; j'envisage également que c'est plus confortable de faire du markdown ?

Je me demande quel chaine de publication utiliser @dav ou Karl Dubost

J'aime particulièrement le fait que les pages que Karl à écrit avec un style garde ce style dans le temps, même si les nouvelles pages changent de style...

Yannick François (cache)

Je me pose assez souvent cette question donc je vais profiter de l’occasion pour essayer de mettre des mots dessus.

J’aime aussi le fait de pouvoir remonter le temps dans la grange et que la patine soit visible pour les personnes qui le savent. C’est quelque chose que j’avais envisagé ici et que j’applique depuis quelques temps avec des rendus différents pour les vieilles archives ou les expérimentations par exemple. Je ne suis pas sûr que ça soit lié à un générateur ou pas, ici il m’a suffit de changer de gabarits au fil des ans. Par contre à l’inverse sans générateur il est plus compliqué de vouloir uniformiser à un moment donné (ça n’est pas infaisable pour autant si la structure de son HTML est propre).

La puissance d’un générateur est de pouvoir corriger / améliorer de manière choisie / globale l’espace de publication. C’est un privilège de développeur et si je n’avais pas cette connaissance, s’en tenir à du HTML bien lié serait probablement une meilleure option en terme de pérennité. Mais ça veut dire aussi au moins faire un flux avec les bons échappements de caractères spéciaux ce qui devient un peu moins accessible. Il pourrait y avoir un petit script qui fait juste ça… mais alors pourquoi ne pas en profiter pour faire un index aussi. Oh et un sitemap ? On a vite fait d’aller plus loin sans même s’en rendre compte :-).

Au sujet de markdown maintenant, j’aime la lisibilité que cela procure au moment de la rédaction. J’utilise iA Writer qui me permet d’avoir juste ce qu’il faut d’options pour rendre l’écriture fluide. Je pourrais probablement recréer cela avec un SublimeText bien configuré mais je vois l’intérêt aussi de décorréler les deux activités. Deux espaces, deux façons de penser. Après je vois aussi les limites d’une syntaxe simpliste qui ne permet pas de faire certaines différences importantes (cache) dans la sémantique HTML. Et je ne parle même pas de la complexité à faire des citations qui soient correctes (j’ai renoncé…).

J’ai longtemps eu le projet de faire un script qui justement ne fait que l’index et le flux associé. Mais à chaque fois je butte sur la configuration d’un tel générateur et la gestion de ses dépendances pour le rendre accessible à tous. Le compromis mou classique qui se transforme en vaporware. Dans l’idéal il faudrait que le code soit compréhensible et modifiable par une personne qui l’utilise afin d’en faire un outil convivial. Ça me remotiverait presque d’en parler ! Ou pas.

November 11, 2018 11:00 AM

Karl Dubost

Fragilité économique de l'archive pérenne

La responsabilité et le coût de l'archivage. Dans le domaine de la publication papier, un éditeur publie une œuvre en plusieurs exemplaires, la multiplication des copies et la distribution sur une grande échelle font partie du modèle économique. Il faut vendre de nombreuses unités afin de pouvoir financer la chaîne de production de cette œuvre. Le prix d'un livre, journal ou magazine unique ne couvre pas les frais de production de cette œuvre. Ce modèle économique assure dans le même temps une forme de pérennité de l'œuvre par sa distribution en plusieurs points en grand nombre. Bien que la pérennité ne soit pas l'objet essentiel de ce modèle économique, elle en est une conséquence importante.

L'archivage, que l'on peut définir comme la disponibilité ultérieure et renouvelé du même produit physique, n'est pas la responsabilité de l'éditeur-diffuseur, mais du récipiendaire de l'œuvre. En dehors de la pérennité historique de l'œuvre, il est également l'objet d'un modèle économique. Nous conservons l'œuvre, car nous n'avons pas besoin de la racheter de nouveau pour y accéder (réutilisation a posteriori). Nous conservons l'œuvre, car nous n'avons pas besoin de l'acheter en plusieurs exemplaires pour de multiples utilisateurs locaux (réutilisation par un grand nombre). Il y a un avantage économique à archiver.

Si nous observons le monde du Web, beaucoup de choses sont renversées et détruites. La production a toujours un certain coût incompressible, le temps de création de l'œuvre (temps humain). Nous avons en revanche gagné sur les coûts de production et surtout les coûts de diffusion. Mais l'archivage a perdu son intérêt économique par l'accessibilité de l'œuvre en temps réel en tout lieu par tous. C'est peut-être pour cela qu'il est si difficile d'expliquer aux producteurs de contenu la pérennité de l'œuvre. Dans le monde papier, l'archivage n'est pour ainsi dire pas du domaine de compétence du producteur, il est même un manque à gagner théorique. La responsabilité de devoir maintenir l'unique copie sur le long terme ne fait pas partie du monde papier (sauf si l'on considère la nécessité de reproduction future) et ne fait pas non plus partie d'un quelconque bénéfice dans le monde Web, si ce n'est d'assurer la lisibilité courante de l'œuvre. Pour le lecteur de l'œuvre, il en est de même. Il n'y a pas d'intérêts à archiver puisque l'œuvre est accessible à moindre coût pour un utilisateur unique.

Dans le monde physique, il y a des similitudes intéressantes. Certaines chaînes de café industriel donnent un rabais si le consommateur vient avec sa propre tasse de café, plutôt que le gobelet en carton avec un couvercle en plastique. Cela ne change que très peu le prix malheureusement et donc ne permet pas vraiment de changer les habitudes de consommation. Je trouve cela en partie similaire à l'archivage, car il s'agit en quelque sorte « d'archiver sa tasse de café » afin de pouvoir la réutiliser plus tard dans un but économique. Nous retrouvons également ce système avec les sacs plastiques dans les supermarchés. Certains supermarchés au Japon diminuent le prix de quelques centimes si nous amenons notre propre sac. Personnellement dans les deux cas, je trouve que le prix avec la tasse ou le sac fournis par le magasin ne sont pas assez élevés pour justifier un changement d'habitude si ce n'est d'être conscient pour l'environnement. Si la tasse en carton représentait 20% du prix de votre café, nous aurions probablement une attitude différente des consommateurs.

L'archivage sur le Web est de même. Il ne s'agit plus d'un avantage économique, mais bien d'une conscience sur la pérennité de l'information. Et dans l'histoire de l'humanité, nous savons que les attitudes conscientes et éthiques ont bien dû mal à survivre face aux besoins du quotidien.

November 11, 2018 07:18 AM

Le séchoir Tancarville

Yokohama, Japon, 10 novembre 2018 Yokohama, Japon, 10 novembre 2018


L'hirondelle rouge, Jean-Michel Maulpoix. Les mots, les gestes, non, je n'aurai pas vraiment su.


Un café latte. Le calme d'un dimanche. Seul dans la maison. Le temps d'une respiration longue. La citronnelle a tant grandi depuis le printemps.


Publicité Laveuses et tordeuses Vélo, Le Petit Havre, Jeudi 16 avril 1914. Publicité Laveuses et tordeuses Vélo, Le Petit Havre, Jeudi 16 avril 1914.


Le parfum humide du linge quand je l'accroche sur le Tancarville. Je me demande souvent si cette expression est connue hors de Normandie et quelle est son origine. Comment le pont est devenu séchoir à linge ? Je cherche et je trouve.


En cherchant à propos de Tancarville, je découvre par change une autre image dans Le Petit Havre de avril 1914 : Le cachet Karl. « Aucune douleur ne résiste. Prenez un cachet Karl » Je me demande si le produit a décliné juste après la déclaration de la guerre de 14-18.


Publicité Cachet Karl, Le Petit Havre, Jeudi 16 avril 1914. Publicité Cachet Karl, Le Petit Havre, Jeudi 16 avril 1914.


November 11, 2018 02:52 AM

November 10, 2018

David Larlet

☕︎ Littératie numérique

En fait l’un des buts de la littératie numérique c’est de comprendre que certaines décisions, certaines opinions, ont l’air techniques comme ça parce qu’il y a des mots techniques dedans, mais sont en fait, derrière, de la politique.

Web et vie privée - Stéphane Bortzmeyer (cache)

Difficile de trouver la meilleure manière de transmettre des savoirs techniques afin de mettre en capacité d’autres personnes d’avoir une réflexion politique éclairée sur le sujet. Beaucoup trop de croyances et d’approximations circulent pour pouvoir remettre les choses à plat sans que cela prenne un temps rédhibitoire, autant pour l’assistance que pour le connaisseur.

Une idée : passer par les écoles, non pas pour conseiller les enfants mais pour sensibiliser les parents par itérations. Il faut que je creuse ça, autant sur la forme que sur le fond.

November 10, 2018 11:00 AM

November 09, 2018

David Larlet

☕︎ S’excuser

Prendre le temps de présenter ses excuses lorsqu’on n’a pas été correct est coûteux sur de nombreux plans. C’est aussi un soulagement d’accepter de faire des erreurs et d’essayer de réparer les dégâts. Parfois le monologue extime de cet espace est inaccessible pour qui n’est pas dans mon cerveau, je vais essayer de faire en sorte qu’il ne soit pas en plus blessant.

November 09, 2018 11:00 AM

November 08, 2018

David Larlet

☕︎ Questions de base

Les quatre (plus une) questions de base :

  • La question morale : qu’est-il permis aux individus d’espérer et que doivent-ils s’interdire ?
  • La question politique : quelles sont les communautés politiques légitimes ?
  • La question écologique : que nous est-il permis de prendre à la nature et que devons-nous lui rendre ?
  • La question économique : quelle quantité de richesse matérielle nous est-il permis de produire, et comment, pour rester en accord avec les réponses données aux questions morale, politique et écologique ?
  • Libre à chacun d’ajouter à ces quatre questions, ou pas, celle du rapport à la surnature ou à l’invisible : la question religieuse ou spirituelle.

Manifeste convivialiste (cache, PDF 10 Mo)

Lorsque je parlais de moment propice, j’entendais ce type de mouvement. Faut-il leur donner davantage de visibilité ? Est-ce que vous connaissez une page recensant les différentes initiatives en cours ? Quel est le niveau de radicalité acceptable compte-tenu du temps qui nous est imparti ?

November 08, 2018 11:00 AM

November 07, 2018

David Larlet

☕︎ Rythme in·soutenable

J’ai plusieurs indicateurs qui me permettent de prendre conscience d’un mauvais rythme de travail :

  1. l’écriture quotidienne
  2. le sport régulier
  3. les escapades sporadiques

Lorsque je n’arrive plus à réaliser aucune de ces trois activités, il est temps de lever sérieusement le pied.

Autant pour mon propre bien-être que pour celui de l’équipe et du produit.

November 07, 2018 11:00 AM

November 06, 2018

David Larlet

☕︎ Collapsosophie

Le problème des catastrophes qui s’annoncent et de l’effondrement possible de notre société n’est donc pas tant qu’ils vont nous obliger à vivre dans un monde de pénurie (les humains savent gérer cela), mais que nous allons y entrer de plain-pied avec une culture de l’égoïsme.

L’entraide, Pablo Servigne et Gauthier Chapelle

Deux conférences de Pablo Servigne :

November 06, 2018 11:00 AM

November 05, 2018

David Larlet

☕︎ Revenu universel ou gratuité

Le capitalisme, dont la vocation consiste à transformer le monde en marchandises, ne peut poursuivre ce processus sans menacer l’humanité d’un effondrement à la fois financier, social, politique et écologique. Prendre acte de cette situation conduit à prôner un autre type de revenu d’existence, démonétarisé. En d’autres termes : la gratuité, dont il s’agirait de défendre l’extension, car elle n’a jamais totalement disparu. Revenu universel ou gratuité, ainsi se résume le dilemme : vaut-il mieux donner de l’argent aux citoyens ou leur fournir des services gratuits ?

Éloge de la gratuité (cache)

Au moment où je réfléchis à une nouvelle formule pour cet espace avec un accès payant aux contenus frais, cet article me rappelle à quel point la gratuité est essentielle.

Cette thématique sera potentiellement mon calendrier de l’Avent.

November 05, 2018 11:00 AM

November 04, 2018

David Larlet

☕︎ Thirty years

Longaccess offered exactly that: users would pay in advance for 30 years of storage and upload any file they wanted to archive. Archives were client-side encrypted and immutable (once uploaded, no one can add, delete or update files).

And each archive corresponded to a "certificate": a simple text file containing the archive ID and the random encryption key that had been used to encrypt the archive. We recommended that our users printed the archive certificate, to make sure technological obsolescence doesn’t make it unusable in the future (because if the certificate is lost, there is no way to recover the specific archive).

Shutting down longaccess (cache)

Very close to what I was thinking the other day related to digital preservation. Documented failures are invaluable. Thank you so much!

Discovered via Simon Willison (cache).

November 04, 2018 11:00 AM

November 03, 2018

David Larlet

☕︎ Soigner le présent

Je me dis régulièrement que ce n’est pas le futur qui est à inventer, mais le présent qui est à soigner, au sens de bien traiter, regénérer.

Question(s) de résilience personnelle (cache)

Discussion de comptoir hier soir sur les jeunes (oui je peux maintenant faire mon réac’, enfin un peu plus…). Sans avoir un jeune sous la main sinon c’est trop facile.

Se demander si la construction personnelle et le bien-être n’ont pas endommagé la famille. Se demander s’il devient si difficile de faire des concessions, même pour une seule autre personne, comment vivre en société, en démocratie. Se demander quelle est la part de l’évolution des rapports hommes/femmes ayant permis cela. Se demander si les privilégiés vont arrêter de se reproduire. Se demander si ce n’est pas légitime quand on pressent ce qui nous attend.

En sortir avec une certaine tristesse qu’il va falloir que je cultive pour la comprendre et la transformer.

November 03, 2018 11:00 AM

November 02, 2018

David Larlet

☕︎ Clans et élitisme

Je milite en faveur de la localité et de la décentralisation depuis des années. Et pourtant je ne peux m’empêcher de constater que lorsque l’occasion m’est donnée — ici Mastodon, là Slack —, j’ai tôt fait de reconstruire quelque chose autour de moi avec des personnes qui me ressemble et qui restreignent mon exploration à des sujets de privilégiés (au hasard la collapsologie).

Suis-je enclin à fragmenter pour mieux exclure ?

November 02, 2018 11:00 AM

November 01, 2018

David Larlet

☕︎ Écologistes et douches

Si je suis la logique des écologistes, si j’observe leurs préoccupations (qui sont aussi les miennes), alors ils devraient tous être véganes, ou au moins végétariens. Une écologiste qui n’est pas végé, c’est comme un écologiste qui roule en 4 × 4. Ça n’a pas de sens. Il est impossible de se dire écologiste et de manger de la viande.

[…]

Manger un hamburger équivaut à prendre une douche qui durerait un mois : 2500 litres d’eau sont nécessaires à la production d’un steak.

[…]

D’un strict point de vue écologique, la généralisation de l’élevage bio et de petits producteurs causerait bien plus de tort à la planète que l’élevage industriel où les animaux sont parqués, pour la simple raison que l’élevage « éthique » nécessite considérablement plus de place, de ressources, d’énergie. Avec la consommation de viande actuelle, raser toutes les forêts du globe n’y suffirait pas.

[…]

L’enjeu n’est pas dans les robinets qui gouttent parce qu’ils sont mal refermés ou dans les douches trop longues. […] Les écologistes sont prisonniers de leur mode de vie confortable. […] Il y a quelques années j’étais ce type d’écologiste absurde qui mangeait du poulet bio.

Les animaux ne sont pas comestibles, Martin Page

Faire son pain dans un four individuel est probablement du même ordre de grandeur niveau stupidité (je tente de faire dans la foulée pain, pizza, patisseries mais ça demande un bien plus grand investissement en temps…). Si l’on va plus loin, faire du sport pour le plaisir est une dépense d’énergie inutile qui serait à proscrire, surtout sachant que l’on pourrait l’utiliser à remplacer un esclave énergétique. En contrepartie, j’essaye de me convaincre qu’être en santé (physique et mentale) pourrait contrebalancer cette dépense. Pas sûr du tout. Toujours en recherche de cohérence personnelle.

Voir aussi : d’autres chiffres relatifs à la consommation d’eau.

November 01, 2018 11:00 AM

October 31, 2018

David Larlet

☕︎ Et si

Ce matin je me suis réveillé en me disant que c’était le premier jour de la seconde moitié de ma vie. C’est une sensation étrange de prendre conscience de cette éventualité aussi brutalement.

Inutile et indispensable.

October 31, 2018 11:00 AM

October 30, 2018

David Larlet

☕︎ Publication et cohérence

Ce blog tient plus du carnet personnel, au sens premier et intime, que du magazine, du partage de connaissances ou du journalisme citoyen. J’y exprime assez peu d’opinions personnelles et, lorsque cela m’arrive, j’évite de les transformer en revendications ou en discours de ralliements. Essayer de préserver cette forme de neutralité n’est pas destiné à paraître lisse mais s’inscrit intrinsèquement dans ma démarche de réflexion. J’estime qu’un engagement quelconque n’en est pas plus faible sans proclamation et que pancartes et banderoles sont plus encombrantes qu’utiles. Il n’est pas question d’une réserve mais d’une mesure préventive face à l’auto-persuasion, qui guette, tapie dans l’ombre. Je considère ma pratique comme une forme d’écriture de soi, bien plus orientée vers la construction de mon individualité que vers la quête narcissique de reconnaissance ou de notoriété publiques - que je tends à fuir, quitte à envisager de m’effacer - ou encore vers la flatterie de l’ego. En dernier lieu, je réfute également le recours à la notion d’extimité, trop fluctuante et sujette à interprétations variées, à mon goût.

Cette extériorisation d’une construction personnelle risque dès lors de se confronter à des soucis habituellement liés à la (re)présentation de soi. Puisque je prône l’honnêteté - peut-être devrais-je utiliser le terme d’intégrité -, je me dois de reconnaître qu’écrivant pour moi je ne m’en sais pas moins observé puisque je publierai ces mots. Nous touchons alors presque du doigt le paradoxe de l’observateur cher à Labov. C’est là que la difficulté de l’exercice prend corps : deviner quelles sont les parts consciente et inconsciente d’altération de mon expression liées à cette observation extérieure, et savoir si je suis en mesure de les minimiser à défaut de m’en extraire. Puis-je, dans ces conditions, être authentique - mais ce qualificatif a-t-il encore lieu d’être tant il a été galvaudé - ou ne suis-je pas déjà dans le paraître malgré moi ? Est-ce que je transpose toujours bien ce type voûté et un peu avachi, ou ne suis-je pas en train de me tenir plus droit qu’à l’accoutumée tout en veillant à rentrer ma bedaine ? Ce doute est plus important qu’il n’en a l’air : n’oublions pas que je parlais d’écrire en guise de production de matière pour la construction de mon édifice personnel. Qu’advient-il alors de ce résultat du moment que la matière première risque d’être corrompue ?

Versions et révisions (cache)

Il y a un côté mortifère dans le fait d’écrire qui correspond à un moment où l’idée jusqu’alors libre et vivante doit être figée. La publication en rajoute une couche lorsqu’elle transforme cette réflexion déjà morte en preuve sans grande conviction. Ce que j’ai écrit hier ne correspond probablement plus à ce que j’en pense aujourd’hui, et pourtant il va rester une trace aussi longtemps que je le souhaite. Trace qui se révèle être parfois un fardeau, parfois une mémoire externalisée, parfois un souvenir venant compléter la souvenance que j’en ai, toujours l’histoire d’un cheminement de pensée que je m’efforce de partager pour (me ?) montrer qu’une sinuosité est nécessaire et acceptable.

Je me rends compte que je cherche de moins en moins la cohérence chez les autres et qu’il n’y a que la mienne que je puisse soigner. Et remettre en cause.

October 30, 2018 11:00 AM

October 29, 2018

David Larlet

☕︎ Devoir de conscience

Mes privilèges ne me donnent le droit ni d’en abuser, ni de m’en glorifier. Je n’ai rien fait pour « mériter » mes attributs de naissance. Je ne les ai pas demandés non plus. Je suis juste le produit d’un concours de circonstances favorables.

En revanche, j’estime avoir le devoir d’être conscient de cela. Et d’œuvrer pour que ce régime des privilèges, source insupportable d’inégalités, prenne fin un jour. Pas pour retirer quoi que ce soit à quiconque, non. Mais pour donner à tous. C’est ma perception de la justice sociale et de l’équité. C’est le monde que je veux pour nous tous, pour mes enfants, et pour ceux des autres. J’en ai profité, sans raison particulière. J’aimerais que tous en profitent. Que nous soyons tous des privilégiés.

C’est une posture très naïve, évidemment. Néanmoins, accepter l’ordre des choses, s’y résigner, ne rien faire pour que ça change en mieux, n’est pas envisageable pour moi.

Je suis un privilégié (cache)

[Après un échange avec Olivier, je reconnais que mon interprétation / réflexion ci-dessous autour de la citation choisie est déplacée et difficilement compréhensible sans ajouter du contexte, ce que je n’ai pas pris le temps de faire au moment de la rédaction. Je vous encourage vivement à aller lire l’article dans son intégralité. Il faut savoir reconnaitre ses erreurs ET en garder trace pour éviter de les reproduire trop rapidement…]

J’ai un peu de mal avec cette posture qui considère que tout le monde devrait devenir privilégié. Comme s’il fallait une fois de plus que ce soit aux autres de monter sur la marche. Surtout qu’à force de monter dans un monde fini on commence à manquer d’air.

Une autre position serait de descendre en tant que privilégié. De reconnaître que c’est à nous de faire cet effort. D’aller chercher la résilience et l’enthousiasme dans ces singularités.

#autocritique

October 29, 2018 11:00 AM