Planète Web Sémantique

January 17, 2018

David Larlet

☕︎ Constitution d’évènement

Une constitution est une loi fondamentale ou un ensemble de principes qui fixe l’organisation et le fonctionnement d’un organisme, généralement d’un État ou d’un ensemble d’États. Son but est la préservation du bien commun par les principes et bénéfices reconnus de la séparation des pouvoirs, pour une justice au plus égalitaire, pour la préservation de la souveraineté nationale ; incitant aux qualités individuelles d’impartialité des représentants, plus surement, intrinsèquement évitant par ses règles des conflits d’intérêts et de collusions ; limitant, supprimant au mieux nombre des risques de dérives naturels des pouvoirs sans contrôles, sans modérateurs, sans contre-pouvoirs […]

Constitution — Wikipedia

Inspiré par une discussion avec Julia suite à ma note sur le Code d’(in)conduite, peut-être qu’il faudrait rédiger les règles qui régissent un vivre ensemble — aussi court soit-il — dans un document prenant la forme d’une constitution. Établir ensemble les règles constitutionnelles qui vont régir la séparation des pouvoirs. Entre les participants et les orateurs, entre les organisateurs et les prestataires, entre les nouveaux-venus et les habitués, entre les oppressés et les oppresseurs, etc.

Je ne sais pas quel temps cela prendrait, ni si un/quel quorum serait nécessaire à son établissement. Mais imaginons. Peut-être que l’évènement aurait une saveur particulière ? Peut-être qu’une telle implication mènerait finalement à l’abandon ? Peut-être que cela motiverait l’expérimentation à une autre échelle ? (coucou Étienne) Peut-être que cela ne serait qu’une énième itération vers des évènements plus inclusifs ? Peut-être que la reproduction d’un système complexe qui a montré ses limites est voué à l’échec ? Peut-être que des essais ont déjà été fait dans ce sens ?

Il reste tant de choses à tester. À espérer.

January 17, 2018 11:00 AM

January 16, 2018

David Larlet

☕︎ Stratégies d’évolutions

Frédéric a remis en cause ses outils et en a sélectionné d’autres qui lui semblent plus adaptés pour atteindre son objectif.

De mon côté, au lieu de remettre en cause mes outils, j’ai choisi de me remettre en cause et de mieux comprendre les principes fondamentaux du paradigme que j’utilise, ce qui m’a amené à faire évoluer très fortement mes méthodes de développement.

Les outils sont-ils la solution à nos problèmes ? (cache)

Frédéric me propose son article comme suite de réflexion à une précédente note, depuis quelques mois/années je suis davantage sur la remise en question des objectifs : mieux cerner le besoin pour pouvoir utiliser des outils plus simples et pertinents.

Notre profession produit du périssable, comment rendre l’investissement rentable ? Mes pistes actuelles :

Est-ce que cela est économiquement viable ? Nous venons de souffler notre cinquième bougie chez scopyleft :-)

January 16, 2018 11:00 AM

January 15, 2018

David Larlet

☕︎ Stimulus, JS and HTML

Stimulus is concerned with manipulating this existing HTML document. Sometimes that means adding a CSS class that hides an element or animates it or highlights it. Sometimes it means rearranging elements in groupings. Sometimes it means manipulating the content of an element, like when we transform UTC times that can be cached into local times that can be displayed.

[…]

This makes Stimulus very different from the majority of contemporary JavaScript frameworks. Almost all are focused on turning JSON into DOM elements via a template language of some sort. Many use these frameworks to birth an empty page, which is then filled exclusively with elements created through this JSON-to-template rendering.

Stimulus also differs on the question of state. Most frameworks have ways of maintaining state within JavaScript objects, and then render HTML based on that state. Stimulus is the exact opposite. State is stored in the HTML, so that controllers can be discarded between page changes, but still reinitialize as they were when the cached HTML appears again.

The Origin of Stimulus (cache)

A different paradigm, an old one actually, revisited. I’m more inclined to use that kind of approach given my usual needs. And if it gets bigger, it’s probably not my fish and I’m happy with that. It looks more robust by default and does not serve a blank page for whatever valid reason.

January 15, 2018 11:00 AM

Gautier Poupeau

La conservation des données numériques n'est ni une révolution, ni inatteignable

Alors que je m’étonnais dans un tweet, suite à une interview d'Anne Both, qu'on puisse encore émettre des doutes sur la conservation des données numériques, Julien Benedetti a attiré mon attention sur la conférence-table ronde "Les archives : quoi de neuf" qui a eu lieu à l'Ecole des chartes le 12 décembre dernier avec trois éminents archivistes(-paléographes) : Christine Nougaret, Bruno Galland et Edouard Bouyé.

Etant donné les mots de Julien Benedetti, je me doutais bien que le sujet serait abordé sous l'angle défaitiste qui le caractérise depuis plusieurs années, mais je ne m'attendais pas à entendre deux grands professionnels des archives se sentir aussi démunis face à cette question. Lorsqu'on visionne les quelques minutes (de 34 min à 47 min environ...) consacrées à ce sujet, on s'aperçoit que les manques sont à tous les niveaux : formation, organisationnel, technique, stratégique et même économique. Je comprends alors mieux les mots d'Anne Both qui ne fait que retranscrire ce que les archivistes ont pu lui dire à ce sujet.

<!--break-->

Quelques certitudes....

Je ne prétend pas détenir la réponse à toutes les questions, d'autant que je ne suis pas archiviste et que certains pourraient, à raison, m'opposer un procès en légitimité. Par ailleurs, je ne voudrais pas paraître "donneur de leçons", je me doute bien de l'extrême difficulté des archives départementales dont les moyens informatiques ne sont pas ceux dont nous disposons à l'Ina ou dont nous avons disposé lorsque j'ai participé à la mise au point de SPAR à la BnF. De plus, cette question du numérique n'est qu'un aspect parmi tant d'autres de leurs missions. Malgré tout, il existe trois choses dont je suis aujourd'hui certain.

La conservation des données numériques n'est pas une révolution

Dire comme le font Christine Nougaret et Bruno Galland que l'arrivée du numérique est une révolution pour le métier d'archiviste est à mon avis une erreur. Cette problématique persiste à être placée en marge du reste de l'activité quotidienne alors même que la conservation des données numériques s'appuie sur exactement les mêmes fondements du métier d'archiviste que pour les supports physiques traditionnels. S'il est vrai, comme le rappelle Bruno Galland, que l'expérience du numérique est complètement différente de celle des supports traditionnels, cela ne change en fait pas grand chose et la question du support (d'écriture et de consultation) n'est qu'un leurre (voire un prétexte...) sur lequel se focalisent à mon avis trop les archivistes.

Un marché de la conservation des données numériques sur le long terme n'existe pas et ne peut pas émerger (pour le moment ?)

Edouard Bouyé voit dans l'émergence d'un marché économique une solution pour prendre en main sérieusement cette question. Le lancement par l’Etat du programme Vitam vise, si j’ai bien compris, à mutualiser les coûts de développement et à favoriser l’émergence d’un écosystème autour d’une solution logicielle open source. Malgré cela, en l'état actuel des choses, un marché pour la conservation des données numériques sur le long terme ne peut pas exister pour au moins trois raisons :

  1. Il n'y a pas d'investissements massifs autant dans le privé que dans le public autour de cette question. Les entreprises ont besoin d'effectuer du stockage sécurisé pour, au plus, une ou deux dizaines d'années, point qu'on sait assez facilement résoudre (j'y reviendrai). Quant au long terme des archives publiques, les moyens à investir pour y parvenir sérieusement dépassent de très loin les possibilités de chaque AD.
  2. Par conséquent, la mise en place d'un système pour effectuer la conservation du numérique passe immanquablement par une mutualisation des infrastructures (permise d’ailleurs depuis peu par le SIAF) ce qui implique l'existence d'un petit nombre de systèmes et rend complexe le retour sur investissement du développement.
  3. Déployer un système qui assure le stockage, la surveillance et la consultation des données numériques ne résout pas tous les problèmes. La difficulté principale réside dans la récupération des données dans les systèmes sources et leur formatage dans des formats maîtrisables par le centre d'archives. Or, il faut effectuer un travail spécifique pour chaque solution déployée dans la collectivité. Qui dit travail spécifique, dit impossibilité de déployer une solution logicielle et donc inexistence d'un marché spécifique.

Des solutions (spécifiques) existent et fonctionnent

Les solutions pour permettre la conservation des données numériques existent et fonctionnent et je ne donnerai qu'un exemple que je connais bien (parmi d'autres) pour appuyer mon propos : SPAR (Système de préservation et d’archivage réparti) à la BnF. On fêtera en mars les 10 ans du lancement du projet d'implémentation de ce système et force est de constater qu'il fait le job sans, à ma connaissance, de changements majeurs dans son fonctionnement ou son architecture. Or, SPAR est basé sur un principe de base : la maîtrise parfaite de l'information numérique conservée. Voilà la clé : tout comme pour les supports traditionnels dont on maîtrise tous les paramètres de stockage, la conservation du document numérique passe par la maîtrise et la surveillance constantes des objets conservés. Certes, les outils ne sont pas les mêmes mais les actions le sont : tri, stockage, inventaire/description, surveillance, restauration/migration, consultation.

Tour d'horizon de la conservation des données numériques

Dans la suite de ce billet, je vous propose de revenir sur ces différents points pour essayer de montrer qu'au-delà des solutions existantes en la matière, c'est bien les compétences et savoir-faire traditionnels des archivistes qui sont en jeu (et à 8 ans d'écart, j'ai un peu l'impression de me répéter...).

Interroger les objectifs de la conservation ou la question du tri

En premier lieu se pose bien évidemment la question du tri. Au regard de la production sans cesse grandissante de données au format numérique, il est évident qu'il n'est pas possible de tout conserver. Comme le rappelle bien Anne Both dans l'entretien cité ci-dessus, le tri est déjà nécessaire pour les archives "traditionnelles" et les archivistes maîtrisent parfaitement cette problématique (contrairement à ce que certains historiens ont l'air de penser...). Je me garderai donc bien de m'immiscer dans ce débat de même que dans la question du records management, d'autant que cette problématique n'en est pas vraiment une pour les institutions pour lesquelles j'ai travaillé ou je travaille actuellement.

En revanche, comme tout support, le numérique présente des particularités qui induisent des questionnements sur ce qui est conservé. Or, les réponses à apporter dépendent de ce qu'on cherche justement à pérenniser. En effet, là où les supports traditionnels embarquent à la fois le support d'écriture et de lecture et l'information elle-même, ce n'est pas le cas dans le numérique et on peut conserver de manière indépendante chacune des couches :

  • le support de stockage lui-même ;
  • l'appareil nécessaire à la lecture du support ;
  • les logiciels capables de décrypter les informations stockées ;
  • les données elles-mêmes.

A chacun de ces niveaux est associé un objectif de conservation différent :

  • la mémoire des systèmes techniques ;
  • la mémoire de l'expérience utilisateur ;
  • la mémoire des informations elles-mêmes.

Pour illustrer mon propos, je vous propose tout d'abord de revenir sur l'exemple cité par Anne Both dans l'entretien cité ci-dessus : les textes des revues mises en ligne sur CAIRN. Celui-ci est particulièrement intéressant car, contrairement à ce qu'affirme Anne Both, ces données sont déjà pérennisées à au moins un titre : le dépôt légal du Web, mission que se partagent l'Ina et la BnF. Le site CAIRN (dont la BnF est aussi actionnaire) a été intégralement crawlé par la BnF. Les données ainsi collectées sont ensuite stockées dans SPAR dans un format maîtrisé, le WARC, surveillées par les experts de préservation et mises à disposition via les interfaces dédiées du dépôt légal du Web à la BnF. Dans ce cas, l'objectif est de conserver les données et l'expérience de navigation dans le site (ce qui n'est pas sans poser des questions sur la consultation sur le long terme mais j'y reviendrai plus loin). Mais, pour Cairn, on pourrait aussi se "contenter" de conserver les données : il suffirait alors d'extraire les textes des bases de données du site Web et de les encoder dans un format maîtrisable comme le XML. C'est assez simple à faire et la conservation de ce type de données ne pose pas de problème particulier. Le CINES assure déjà ce service pour HAL ou Persée.

Il existe des cas plus complexes comme le jeu vidéo ou l'art numérique pour lesquels l'adhérence entre le support de stockage et l'appareil pour le lire sont très importantes et l'expérience utilisateur essentielle à l'appréhension de l'objet archivé. Mais comme le montrent deux événements récents organisés par la BnF (Conservation du patrimoine vidéoludique. Quels enjeux ? Quels acteurs ? et Art numérique et postérité), les solutions émergent et font la preuve de leur efficacité. Ainsi, pour le jeu vidéo, la BnF conserve d'une part les appareils et cartouches et travaille d'autre part à l'émulation de ces différents jeux sur nos ordinateurs actuels pour en faciliter la consultation et l'étude. Le choix est, dans ce cas, de conserver les différents niveaux.

Pour les archives numériques des administrations, il me semble que ce sont bien souvent les données elles-mêmes qui sont intéressantes à conserver en priorité. Il ne s'agit pas de nier l'intérêt de pérenniser les applications de l'administration (leur histoire et surtout ce qu'elles renvoient  de la vision de l'administration sur ses propres missions pourraient être intéressantes). Mais les coûts et la complexité seraient exponentiels et on peut plutôt dresser un registre des applications existantes avec quelques copies d'écran permettant de donner une idée de leur fonctionnement.

Conserver le train de bits ou le stockage sécurisé

En premier lieu, il est nécessaire d'assurer la conservation du train de bits, c'est-à-dire de garantir l'intégrité de la donnée numérique dans le temps. Or, on le sait maintenant, il n'existe pas de support de stockage pérenne. Certains présentent plus d'assurance que d'autres comme c'est le cas des bandes magnétiques LTO, mais sans garantie absolue.

Deux actions sont à mettre en place pour assurer le stockage sécurisé :

  • effectuer différentes copies de la donnée si possible sur des supports (LTO ou disque dans un serveur) situés dans des espaces géographiques différents ;
  • surveiller régulièrement que ces différentes copies sont toujours intègres et en cas de problème effectuer une migration de support, c'est-à-dire changer le support endommagé et copier une des copies intègres sur un nouveau support.

Pour vérifier l'intégrité des données, il suffit de calculer régulièrement une empreinte de chaque fichier stocké (le MD5 par exemple est un système d'empreinte simple, efficace en la matière et implémenté sur tous les OS) et de comparer les empreintes.

Ce niveau de conservation ne demande pas des investissements faramineux et permet déjà de résoudre bien des problèmes. Il existe des solutions clé en main qui assure parfaitement ce service et si j'étais un service d'archive, je m'orienterai vers les solutions dans le cloud pour cela (ce qui semble permis par cette note d’information du SIAF même si cela est restreint au territoire français d’après ce billet). Et peut-être vais-je faire hurler certains d'entre vous, mais je pense que la solution glacier backup d'Amazon pourrait représenter un des espaces de stockage de secours, en plus d'une solution de stockage plus "locale" à base de serveurs de stockage. Mais, pour cela, peut-être faudra-t-il accepter que la mondialisation des échanges passe aussi par les archives ?

Garantir l’exploitabilité sur le long terme ou la maîtrise de la collection de données numériques

Si le stockage sécurisé permet d’assurer l’intégrité des données conservées, il ne garantit pas la capacité à les exploiter. Pour ce faire, il existe deux méthodes :

  • l’émulation, sur laquelle nous reviendrons plus en détail dans la prochaine partie, qui vise à reproduire le comportement d’une application et/ou d’une machine sur une autre machine le plus souvent grâce à un logiciel spécialisé appelé émulateur ;
  • la migration de format qui consiste à transformer la donnée numérique du format dans lequel elle est conservée vers un nouveau format dont l’exploitation est toujours assurée.

Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de procédures bien plus complexes que la conservation du train de bits. En effet, dans le cas de cette dernière, au delà des métadonnées descriptives nécessaires pour connaître le contenu des données conservées et les retrouver, le système se “contente” d’enregistrer l’empreinte des données et de les comparer. Pour assurer une migration de format (et c’est aussi vrai dans une moindre mesure pour l’émulation), il faut connaître précisément les caractéristiques de chaque fichier et ce que cela implique. Dans le cas où vous disposez d’une collection homogène avec peu de formats à maîtriser et une collection de fichiers restreinte, cela peut rester assez simple à gérer, mais quand vous disposez de données aux formats très hétérogènes (ou des variantes d’utilisation du format, par exemple pour XML, il faudra aussi prendre en compte le schéma XML d’encodage…), il est absolument nécessaire de maîtriser parfaitement votre collection.

Vous allez me rétorquer qu’il suffit d’enregistrer les données dans un format pérenne et le tour est joué…. Certes, sauf qu’en fait, comme pour les supports de stockage, il n’existe pas de format pérenne. Comme je l’ai déjà expliqué sur ce blog (bon, d’accord, c’était il y a longtemps, alors je vais le répéter :), un format n’est pérenne que si l’organisation qui conserve est capable d’en maîtriser aussi l’exploitation sur le long terme. Bien évidemment, s’il s’agit de données textuelles issues d’une base de données, l’utilisation du CSV ou mieux du XML permet de simplifier cette maîtrise dans le temps. Pour autant, si vous n’avez pas conservé aussi la documentation de la structure du CSV, de la structure du fichier XML ou, mieux, le schéma XML lui-même, le travail de rétro-ingénierie sera plus important voire pourrait s’avérer impossible.

Outre le stockage sécurisé, maîtriser ses données numériques pour en garantir l’exploitabilité sur le long terme signifie :

  • s’assurer à l’entrée dans l’archive des caractéristiques techniques des données numériques et de leur conformité avec les attendus (c’est-à-dire ne jamais faire confiance à l’organisation qui vous verse les données) ;
  • Rendre les données conservées indépendantes de l’application dont elles sont issues mais aussi du système d’archivage lui-même : si votre système d’archivage plante, vous devez pouvoir récupérer et exploiter les données directement depuis les supports de stockage ;
  • documenter précisément les données conservées : leur contenu, leurs caractéristiques techniques et juridiques, leur structure, leur historique de traitement avant et après leur arrivée dans l’archive, en particulier les étapes de vérification de conformité des données à leur entrée dans l’archive et de migration ;
  • conserver les métadonnées et la documentation (répertoire de formats et des applications et environnements) au même titre que les données et les rendre interrogeables de manière la plus exhaustive possible (sinon ça ne sert à rien de produire des métadonnées…) ;
  • mettre au point des tableaux de bord pour disposer d’une vue aussi complète que possible du contenu de l’archive et pour suivre les indicateurs de l’activité et d’évolution de l’archive (pour anticiper d'éventuelles difficultés de maintien en condition opérationnelle, par exemple) ;
  • effectuer une veille régulière sur les différents formats utilisés par l’archive pour planifier de manière préventive une éventuelle migration ;
  • auditer régulièrement les données numériques par échantillon pour contrôler la validité des métadonnées et effectuer des contrôles de conformité en plus des audits de l’intégrité du train de bits pour assurer le stockage sécurisé

Si vous cochez toutes ces cases, vous devriez sans problème mener des opérations de migration de format et, au passage, la suppression de données numériques pour des raisons légales ou opérationnelles pourra se faire sans difficulté et en toute sécurité.

Exploiter les données ou la problématique de la consultation

Enfin, vient tout l’intérêt de la conservation de données numériques : en assurer l’exploitation et la consultation dans le temps. Trois cas de figure (au moins) dans la manière d’exploiter ou de donner à voir ces données peuvent être identifiés.

Exploitation des données par un système de valorisation

Les données numériques conservées peuvent alimenter un système tiers qui offre des interfaces de recherche, de navigation et de consultation, comme c’est le cas, par exemple, de Gallica à la BnF ou d’Ina.fr à l’Ina. La conservation des données numériques vise alors à assurer le stockage sécurisé de ces données issues de chantiers de numérisation (souvent coûteux et complexes à reproduire à cette échelle) et l’exploitabilité dans le temps.

Même si les entrepôts numériques dédiés à la conservation sont les sources des systèmes cibles, les données y sont recopiées de manière aysnchrone. En effet, les systèmes de stockage sécurisés utilisés (bibliothèque de bandes LTO), les différences de caractéristiques entre les formats des fichiers de conservation et les formats d’exploitation, les éventuelles vérifications liées aux problématiques de droits d’auteur et les besoins de haute disponibilité pour une consultation sur le Web empêchent de brancher directement les systèmes. Bref, pour le dire autrement, le temps et les caractéristiques de la valorisation ne sont pas ceux de la conservation et il est préférable de disposer de deux systèmes pour l’un et l’autre des usages, même si le système de valorisation est alimenté par le système d’archivage ou de conservation (ce fut une des grandes leçons apprises sur le projet SPAR…).

Emulation des logiciels et virtualisation des environnements

Dans le cas où vous conservez l’application elle-même, l’objectif est d’en permettre l’expérience par les utilisateurs. C’est essentiel pour les jeux vidéos, l’art numérique ou même le Web pour lesquels l’interaction avec l’utilisateur fait partie intrinsèque de l'appréhension de ces médias. Or, il arrive un moment où l’application en question ne peut plus être exploitée par les environnements matériels et logiciels standards, il existe alors deux solutions :

  • l’émulation qui consiste à reproduire le comportement de l’application sur un environnement matériel contemporain via un logiciel dédié appelé émulateur ;
  • la virtualisation qui consiste à exploiter un environnement logiciel complet (système d’exploitation et logiciels) sur une machine hôte.

Ces deux méthodes n’ont pas été mises au point spécifiquement pour la conservation des données numériques. L’émulation est apparue dans le milieu du piratage des jeux vidéos pour permettre l’exploitation d’un jeu sur une plateforme pour laquelle il n’était pas prévu à l’origine. A l’origine, la virtualisation est apparue pour exploiter au mieux les capacités des serveurs en y faisant tourner plusieurs “machines” virtuelles. Elle est aujourd’hui très massivement utilisée par les services informatiques et les systèmes de cloud.

Si l’émulation est presque exclusivement réservée aux jeux vidéos, la virtualisation constitue une solution très prometteuse pour la conservation des données numériques. En effet, elle permet d’assurer l’exploitation sur le long terme de données et/ou d’applications pour lesquelles la migration de format était difficilement envisageable. Dans ce cas, on se “contente” de stocker de manière sécurisée le fichier de virtualisation et de s’assurer qu’il existe encore des logiciels pour l’exploiter.

Cette méthode est d’ores et déjà utilisée pour assurer, par exemple, la consultation des premiers cédéroms d’art numérique à la BnF et pourrait être envisagée pour continuer à assurer la consultation des archives du Web les plus anciennes lorsque nos navigateurs ne le permettront plus.

Mise à disposition en téléchargement des fichiers

Le dernier cas de figure me semble le plus complexe : comment assurer la mise à disposition de données hétérogènes comme peuvent l’être celles issues des administrations ? Fichiers bureautiques ou fichiers issues de bases de données diverses, ils présentent des formats et des structures hétérogènes. Il me semble que, dans ce cas, on peut s’inspirer des portails de données ouvertes, c’est-à-dire proposer un catalogue organisé des jeux de données existants et en permettre le téléchargement pour une consultation et une exploitation locales. J’imagine que cela pourrait poser des problèmes juridiques, mais cela me semblerait à la fois le plus simple et le plus efficace pour accéder à toutes ces données hétérogènes.

Problème et perspectives

Au-delà de l'importance d'intégrer la question de l'archivage des données numériques au sein même des processus habituels du centre d'archives, force est de reconnaître que les circuits de versement posent des difficultés particulières.

La difficulté de la récupération et du formatage des données

Du strict point de vue technique, le problème principal de la conservation des données numériques est la récupération des données en question et leur formatage dans des formats maîtrisables par le centre d'archives. Il n'existe pas à proprement parler de verrous technologiques, les solutions existent en la matière : les logiciels du type ETL utilisés à l'origine pour alimenter les solutions d'informatique décisionnelle constituent des réponses adaptées. Mais, pour chaque système, avant même le développement, il est nécessaire de déterminer :

  • les données à récupérer ;
  • le format de récupération (CSV, XML, Json par exemple) et la structure des données­ ;
  • la fréquence et les modalités de récupération ;
  • les métadonnées associées pour assurer la documentation du contexte de production et des données elles-mêmes ;
  • les mécanismes de vérification de l'intégrité et de conformité des versements dans l'archive ;
  • la politique de conservation conformément aux cadres légaux et aux principes établis par le centre d'archives en accord avec le producteur.

Cette difficulté est renforcée par différentes problématiques :

  • l'absence de plateforme pour échanger, entre les centres d'archives, des connecteurs prêts à l'emploi pour les applications qui existeraient dans différentes collectivités (un espace github pour les archives sur le modèle de ce qui existe pour les générateurs Seda : ici,  ou encore ici) ;
  • la spécificité de la très grande majorité des applications et donc la complexité pour un éditeur logiciel d'industrialiser des solutions en la matière ;
  • le manque de compétences pour spécifier ces développements informatiques : la plupart des sociétés de service en informatique sont incapables d'effectuer ce genre de tâches, car les informaticiens n'ont pas été formés pour ;
  • le désintérêt total des services informatiques des collectivités qui ont (disent-ils...) des dossiers bien plus urgents à traiter et qui, de toute façon, n'y comprennent rien...

Bien évidemment, la première réponse à ces différentes problématiques est de disposer en interne de personnes capables justement de discuter avec les informaticiens, de spécifier, de suivre et de tester les développements voire d'implémenter des solutions ou au minimum d'expérimenter certaines choses. Les diplômés du master Technologies numériques appliquées à l'histoire de l'Ecole nationale des chartes, par exemple, disposent justement de cette double compétence et sont tout à fait capables d'accompagner n'importe quel centre d'archives pour effectuer ce travail. Mais, cela ne suffira peut-être pas à persuader un service informatique d'investir dans l'extraction des données des applications en vue de leur conservation sur le long terme.

Big data et open data à la rescousse

Il y a dix ans, je pensais que la question de la conservation des données numériques serait un moyen pour les organisations de s'intéresser sérieusement à la maîtrise de leur patrimoine informationnel et de changer le paradigme pour passer de systèmes d'information orientés "Processus" à des systèmes d'information orientés "Données". Mais promettre la souplesse dans le SI et laisser entrevoir de nouveaux usages possibles ne suffisaient pas : il fallait en faire la démonstration concrète et la question de la conservation n'était pas en soi un argument suffisant pour faire basculer les organisations.

L'évolution est en fait arrivée de deux autres initiatives : le Big data et l'Open Data. L'une comme l'autre ont eu pour effet d'obliger les organisations à s'intéresser aux données qu'elles possèdent et à les libérer de leurs silos d'origine au moins en interne pour les faire circuler au sein de l'organisation (Big Data) voire à l'extérieur (Open Data).

Au delà de leurs enjeux inhérents, le Big Data et l'Open Data sont une formidable opportunité pour les archives des collectivités d'engager une politique de conservation des données numériques.

La perspective de "l'Open Data par défaut" imposé par la loi pour une République numérique va obliger les collectivités à s'organiser pour mettre à disposition selon les principes réglementaires les données publiques et au minimum à maintenir à jour leur répertoire d'informations publiques. Au-delà de ces aspects réglementaires, dans le contexte actuel (demande de transparence et buzz autour de la donnée), il est aujourd’hui plus facile de faire adhérer un décideur à une démarche de libération des données qu’à un projet de conservation des données numériques sur le long terme. Or, les deux démarches se rejoignent : donner accès aux citoyens aux données produites par l’administration dans le premier cas à des fins de transparence et de réutilisation, dans le second à des fins de preuve et de mémoire.

On résout ainsi la principale difficulté dont il était question précédemment : la récupération et le formatage des données. Ainsi, pour mener à bien des projets de statistiques avancées, de mise en relation de données ou d'apprentissage automatique (Big Data) ou de mise à disposition de jeux de données sur des portails institutionnels (Open Data), il est absolument nécessaire d'extraire les données depuis leurs applications d'origine et de les formater dans des formats susceptibles d'en conserver la structure et faciles à manipuler (CSV, XML, Json...). Les archives pourraient tout à fait s'insérer dans ces processus et récupérer les jeux de données établis pour ces usages. Bien sûr, ils ne sont pas exhaustifs et il faudrait faire un travail pour ajouter quelques métadonnées, mais c'est toujours mieux que rien : ça permet d'enclencher le travail et d'insérer les archivistes dans ces processus dont ils sont, me semble-t-il, pour le moment complètement absents.

Je suis absolument certain que la société OpenDataSoft, dont le logiciel est utilisé par un très grand nombre de portails Open Data, pourrait développer un service supplémentaire capable de verser les données exposées à travers son application dans un SAE suivant le protocole SEDA. Et dans le même ordre d'idée, on peut imaginer des ponts entre Vitam et data.gouv.fr, mais peut-être est-ce déjà à l'ordre du jour : après tout les deux projets sont développés au sein de la DINSIC...

Cette idée n'est pas très originale : les Français ont comme d'habitude ajouté une nouvelle couche administrative, Etalab, pour s'occuper de cette nouvelle mission, mais nos voisins suisses l'ont confié aux archives fédérales ce qui, entre nous, paraît totalement logique. En effet, l'Open data n'est finalement  qu'une extension de la fonction des archives au vu de leur définition. Et, même si je n'ai pas trouvé de trace de la question de la conservation des données numériques dans la stratégie en matière de libre accès aux données publiques en Suisse pour les années 2014 à 2018, gageons que cette synergie entre Open Data et conservation sur le long terme des données numériques est au cœur de la réflexion des archives fédérales.

Si certaines collectivités ont déjà expérimenté ou sont sur le point d'expérimenter cette stratégie, n'hésitez pas à me le signaler par mail ou twitter ; je me ferai un plaisir de mettre à jour ce billet.

Quelques points pour finir


Ce n'est pas le système qui préserve !!

On ne le dira jamais assez : ce n'est pas le système qui préserve. La conservation est la conséquence d'une bonne gestion et maîtrise des données numériques sur le long terme : des données stockées de manière sécurisée, documentées, surveillées, le cas échéant, migrées et mises à disposition du public sous des formes exploitables. Un système d'archivage électronique seul n'est pas suffisant, quelles qu'en soient les fonctionnalités. Certes, il aidera à effectuer une partie du travail mais il ne remplacera jamais les compétences mises en œuvre par les archivistes disposant d'une expertise dans les données numériques (au même titre que d'autres en possèdent pour les chartes médiévales ou les archives notariales).

Ceux-ci pourront spécifier les versements, effectuer la veille nécessaire au suivi des différents formats des fichiers, décider de la migration des fichiers, auditer les données conservées, surveiller les indicateurs de l’archive et accompagner les utilisateurs dans leur utilisation des archives numériques. Bref, faire le travail que n'importe quel archiviste effectue. Stocker des archives traditionnelles dans un entrepôt n'a jamais suffi à assurer leur conservation, il en va de même avec le numérique.

Accordez-vous le droit d’expérimenter sans pression

Au vu de l'ensemble des éléments à prendre en compte au moment de se lancer dans la conservation du document numérique, cela pourrait s'avérer intimidant voire paralysant. Plus d'une fois dans les étapes de déploiement et même en phase de production, vous ressentirez un sentiment de vertige face à l'immensité de la tâche.

Ne vous mettez pas la pression : oui, vous allez faire des erreurs, oui, vous allez faire, défaire et refaire certains choix techniques, oui, vous allez perdre des données numériques en chemin... Et alors ? C'est inhérent à l'apparition d'un nouveau support : si on conservait tous les incunables, les enregistrements sonores ou les films, ça se saurait, pourquoi n'en serait-il pas de même pour les données numériques ?

Les normes et les standards sont là pour vous apporter un cadre de réflexion et vous aider, n'en faites pas des carcans qui vous empêchent d'avancer. Il sera toujours temps de rendre parfaitement conforme votre système à la norme ISO bidule et AFNOR NF machin chose. Je comprends tout à fait que ce soit absolument nécessaire pour des raisons légales et juridiques, mais si vous en faites un préalable, cela risque bien souvent d'être contre-productif. Les ignorer totalement, pour des raisons dogmatiques, par exemple, aurait d'ailleurs le même effet.

Ainsi, les spécialistes du domaine pourraient s'étonner du fait que je n'ai pas cité une seule fois l'OAIS (Open Archival Information System), norme référence en la matière. Loin de moi l'idée de la rejeter comme semblent le faire certains, il faut simplement prendre l'OAIS pour ce qu'il est : un vade-mecum pour bien gérer l'information (numérique) d'une organisation et en aucun cas un mode d'emploi qu'il faudrait suivre aveuglément comme une notice de montage d'un meuble de chez Ikéa...

Bref, expérimentez, expérimentez encore et expérimentez toujours...

Connaître les composants des systèmes d'information

Comme tous les corps de métier, les informaticiens ne laissent pas facilement une personne extérieure entrer dans les arcanes de leur système. Or, dans le cas de la conservation des données numériques, cela est absolument nécessaire pour évaluer les données, l'intérêt à les conserver et pour spécifier leur récupération.

Même si vous n'avez pas encore déployé de système pour récupérer et conserver les données numériques, vous pouvez d'ores et déjà vous familiariser avec les différentes applications qui composent le système d'information. N'hésitez pas à vous faire présenter le système d'information, à récupérer les schémas d'architecture (ils existent forcément), à poser des questions et à recommencer.

A partir de ces différentes informations, je vous invite à dresser un répertoire ou un registre des applications existantes avec les informations qui vous intéressent (objectifs fonctionnels, services concernés, intérêt pour la conservation, bases de données utilisées et/ou format des fichiers, perspectives d'évolution…) et quelques copies d’écran. Lorsqu'il sera constitué, retournez voir les informaticiens pour valider et compléter avec eux ce recensement. Normalement, vous devriez gagner en crédibilité et donc en visibilité au sein du service informatique. Peut-être même qu'au déploiement de la prochaine application, ils vous enverront les différents éléments voire ils vous inviteront dès l'origine du projet ?

by got at January 15, 2018 08:44 AM

January 14, 2018

David Larlet

☕︎ Communs numériques

Pour faciliter l’émergence des services communs numériques, et surtout pour éviter que le concept ne s’écroule sous sa propre popularité avant même qu’il n’ait fini de se déployer, je crois qu’il nous faudrait une référence qui explique de manière claire le vocabulaire et les enjeux, et vers laquelle on puisse donner des liens. Une référence qui comprenne aussi des exemples et des bonnes pratiques. Et qui soit éditable par la communauté, bien sûr ! Malheureusement, je n’ai pas réussi à trouver une telle ressource en ligne.

Dessine-moi un commun numérique (cache)

Du coup, Matti a créé cette ressource et appelle à contribution : Construire des communs numériques. So meta :-).

January 14, 2018 11:00 AM

January 13, 2018

David Larlet

☕︎ GAFA movies

In May 2015 about 10 investigators for the Quebec tax authority burst into Uber Technologies Inc.’s office in Montreal. The authorities believed Uber had violated tax laws and had a warrant to collect evidence. Managers on-site knew what to do, say people with knowledge of the event.

Like managers at Uber’s hundreds of offices abroad, they’d been trained to page a number that alerted specially trained staff at company headquarters in San Francisco. When the call came in, staffers quickly remotely logged off every computer in the Montreal office, making it practically impossible for the authorities to retrieve the company records they’d obtained a warrant to collect. The investigators left without any evidence.

Uber’s Secret Tool for Keeping the Cops in the Dark (cache)

Spy movies are so 2000’s! Please Hollywood, make something out of this, it has to reach a wider audience…

January 13, 2018 11:00 AM

January 12, 2018

David Larlet

☕︎ Code d’(in)conduite

En ce qui concerne la personne à l’origine de la situation, l’exclusion est possible mais en aucun cas n’est obligatoire. Il y a une granularité possible. D’ailleurs on est plutôt partisan d’une granularité.

Code of Conduct | Sud Web (cache)

Et la loi dans tout ça ? Je suis toujours surpris qu’aussi peu de codes de conduite en réfèrent aux risques encourus légalement. Il y a une granularité dans les peines associées aux situations, sauf que ce n’est pas une équipe de bénévoles inexpérimentés qui prend les décisions. Ce n’est pas tant pour montrer le bâton pénal (encore que) mais pour ne pas avoir à assumer une responsabilité qui me semble démesurée vis-à-vis des enjeux.

Est-ce qu’il y a des évènements où un incident a été à l’origine d’un dépôt de plainte de la part de l’organisation ? Et si oui quelles en ont été les suites ? Une jurisprudence serait la bienvenue.

PS : ne croyez pas que je tape toujours sur SudWeb, ce n’est qu’un exemple (plutôt bon en l’occurence) et c’est surtout le seul événement pour lequel j’ai encore un intérêt car ils sont plein de vitalité et ça fait plaisir :-).

January 12, 2018 11:00 AM

January 11, 2018

David Larlet

☕︎ Blaming others

Hundreds of people were ecstatic when we added that arrow to PR pages. Out of those, not a single one indicated that this flow was confusing. A lot of people assumed it was their own fault for not just “getting” it.

Others get so accustomed to these flows that they don’t even notice their anxiety. If they do, it’s just part of life. The status quo. Something to live with, not improve.

[…]

The lesson here is that you can’t trust your users to bubble up the small stuff, which as we’ve seen can often be the best stuff to build). This means that you can’t exclusively rely on existing user feedback and tickets. You need to dig deeper.

Tiny Wins (cache)

How many people are blaming their connection because you made them load a 2 Mb image? How many people are blaming their outdated computer because you think a Single Page App is fancy on your latest Macbook Pro? How many people think they are stupid with your innovative mobile design full of anti-patterns?

Caring is accepting that it is your fault. And acting accordingly. Now.

January 11, 2018 11:00 AM

January 10, 2018

David Larlet

☕︎ Re: HTTPS considered harmful

Both Anthony and Matti — two persons I highly estimate — reacted to the previous note with overlapping suggestions, here are my answers trying to be my own devil’s advocate:

  • Let’s Encrypt is not a mafia.” When you turn an oligopole into a monopole, it cannot be a mafia anymore, heh. Is that better? Sure. Is that really what I want to encourage? Not so sure, and I’m not even talking about security issues with such a single point of failure. Governments are probably racing to get master keys.
  • “0-RTT will reduce initial load time.” One day, maybe. But for now it’s quite limited to say the least.
  • “HTTP2 is good for performances.” Sure, when you have to load a bunch of resources but in my case it’s not that pertinent. HTTPS highly impacts my First Byte Time though.
  • “You have the guarantee your content is not altered.” Except if done once downloaded. A bunch of views are now performed directly within apps without any feedback on certificates or integrity and can be modified as such.
  • “Get rid of your domain name too!” Well, glad you ask, I’m thinking about it for a while :-). Providing a downloadable archive is an option, for instance reusing kiwix and/or using dat and/or something new (cache).
  • “Don’t use HSTS!” Mmmh, I don’t get the point of providing content over HTTPS if you do not force it somehow, is that better to let the responsibility to the client? The user interface of browsers is not adapted to that.
  • “301 are honored over HTTPS.” Except that you need to keep a server running to handle this, it’s not anymore as easy as changing a redirection at your registar level. See the parenthesis in Why? (cache) for instance.
  • “certbot autorenew works well.” I was talking about the configuration of the server itself not only the update of certificates, security is a race and you have to keep up on best practices.
  • “You can use Service Workers!” Great, I can now break the refresh button ;-) (I’m half-joking here given that I often have to reload pages of websites badly implemented because of Service Workers…)

Did I even mentioned how tedious it can be (cache) to setup and use a self-signed certificate on localhost?

January 10, 2018 11:00 AM

January 09, 2018

David Larlet

☕︎ Coder ou écrire

Depuis mardi, j’oscille entre des envies de coder et d’écrire. J’ai tellement oscillé que je n’ai fait ni l’un ni l’autre, ou presque, et failli entrer en résonance. Là encore, cela contribue à mettre le doigt sur une de mes principales faiblesses : accorder des priorités aux tâches qui m’importent. Sur le plan professionnel, je suis parvenu à canaliser tout ça, au point d’en être devenu redoutable et de me discipliner mécaniquement. Lorsqu’il s’agit de mes occupations et de mes projets personnels, c’est une tout autre histoire. C’est tellement stupide et paradoxal. Alors qu’il s’agit de ma part de temps la plus rare et précieuse, j’en gaspille une bonne portion à faire la girouette. Et lorsque j’en prends conscience, je tends naturellement à me flageller, activité ô combien constructive et gratifiante, vous en conviendrez.

Tranquille (cache)

Cela m’arrive tellement souvent que ça en est presque ridicule :-).

Le pire étant d’avoir envie de coder un outil de publication (ce qui semble être mon cas chaque début d’année) car cela crée une boucle infernale : besoin de contenus à publier mais besoin de l’outil pour visualiser mais besoin de contenus à publier. Auto-émulation d’un côté, réelle démotivation de l’autre.

Et rien n’avance…

January 09, 2018 11:00 AM

January 08, 2018

David Larlet

☕︎ Idea × execution

AWFUL IDEA = -1
WEAK IDEA = 1
SO-SO IDEA = 5
GOOD IDEA = 10
GREAT IDEA = 15
BRILLIANT IDEA = 20


NO EXECUTION = $1
WEAK EXECUTION = $1000
SO-SO EXECUTION = $10,000
GOOD EXECUTION = $100,000
GREAT EXECUTION = $1,000,000
BRILLIANT EXECUTION = $10,000,000

To make a business, you need to multiply the two.

Ideas are just a multiplier of execution (cache)

So simply put and yet super effective. I keep that here for future reference.

January 08, 2018 11:00 AM

January 07, 2018

David Larlet

☕︎ Censurer l’alternative

« On observe une perte importante de lectorat des sites socialistes, antiguerre et progressistes au cours des trois derniers mois, avec une diminution cumulée de 45 % du trafic en provenance de Google. » Entre mai et juillet 2017, les visites de wsws.org issues de Google ont chuté de 67 %, celles du réseau Alternet.org de 63 %. La plate-forme audiovisuelle Democracynow.org enregistre un plongeon de 36 % ; Counterpunch.org, de 21 % ; et Theintercept.com, de 19 %. « Dans la bataille contre les “fake news”, alerte l’association américaine Fairness and Accuracy in Reporting (FAIR), une grande partie des reportages les plus indépendants et les plus précis sont en train de disparaître des résultats des recherches effectuées dans Google. » Tuer le pluralisme au nom de l’information ?

Censure et chaussettes roses (cache)

On en revient plus que jamais à l’aspect politique des algorithmes (cache), il faudra que j’écrive un article plus complet sur le sujet. Nous sommes dorénavant dans un vide législatif qui ne saurait évoluer suffisamment rapidement, il en est de même de notre conscience politique associée à ces choix. Si cette complexité ne peut être appréhendée humainement, il va falloir laisser cette tâche aux machines. Et c’est là où ça devient intéressant…

January 07, 2018 11:00 AM

January 06, 2018

David Larlet

☕︎ HTTPS considered harmful

If a website is served over HTTPS, this should be a good list of features to try out and improve end-user performance. Many major websites have already leveraged these technologies and have seen great results. Based on your existing infrastructure, the level of complexity for implementing each of these features may vary. But the general awareness is more important and will help us plan accordingly for the future.

At eBay, we are very excited about the possibilities that HTTPS has opened up. With the adoption of modern technologies that come with HTTPS, our web platform is now ready to build the next wave of compelling user experiences. Cheers to a secure and innovative future.

Beyond HTTPS (cache)

I strongly disagree today, it wasn’t the case six years ago. Vincent reminded me a few months ago about the inherent fragility of HTTPS and how centralized that system is. Nothing new but sometimes you need a little discussion to realize how critical it actually is.

Encouraging everybody to switch to HTTPS promotes strong dependency to a third-party mafia, increases load time, makes your content inaccessible if you have any trouble reconducting your certificate, avoids migrating easily from one hosting platform to another, forces upgrading on a lot more security issues if you are hosting yourself. Even worse, when you switch there is no harmless turning back! That’s not the Web I’m aiming for.

“Sharing is learning” was my conclusion at that moment. Please prove me wrong.

PS: I always dreamt about publishing a note “X considered harmful”, achievement unlocked!

Edit: see the follow up.

January 06, 2018 11:00 AM

January 05, 2018

David Larlet

☕︎ Robust JavaScript

Still, JavaScript is the most brittle of all front-end web technologies. An important skill of a front-end developer is to know when not to solve a problem with client-side JavaScript. It is always more robust to solve a problem further down in the stack.

If all techniques and tools did not help you to write robust JavaScript, consider reducing the code complexity and the amount of code. In the last resort, reduce the usage of client-side JavaScript. Find simpler solutions that rely on HTML, CSS and server-side logic alone.

Robust Client-Side JavaScript (cache)

Best. Conclusion. Ever. Before thinking about progressive enhancement, discuss if the enhancement in itself is worth the price of development, maintenance, performance, accessibility and so on.

The most robust JavaScript is by far the one you avoid to push to production.

January 05, 2018 11:00 AM

January 04, 2018

David Larlet

☕︎ Requiem pour un flou

Redonnons de la place au flou, à l’indéterminé. Essayer de comprendre le cheminement d’une pensée, cela demande du temps, du cerveau, du cœur. Cela demande de se parler, de s’écouter. Cela demande aussi d’admettre que les failles, les faiblesses, les manques fassent partie du débat. Nos faiblesses. Et celles des autres.

Plaidoyer pour le flou … (cache)

Merci Virginie.

January 04, 2018 11:00 AM

January 03, 2018

David Larlet

☕︎ Evolution vs. Revolution

I was amazed by Joy and then I discovered Dynamicland:

No screens, no devices. Just ordinary physical materials — paper and clay, tokens and toy cars — brought to life by technology in the ceiling.

Every scrap of paper has the capabilities of a full computer, while remaining a fully-functional scrap of paper.

Dynamicland is a computer where people literally work together, face-to-face, with eye contact and many hands. It’s as multiplayer as the real world.

Impressive to say the least. Kudos to Bret Victor for turning his ideas into concrete projects.

January 03, 2018 11:00 AM

★ Cheminer, espérer et contrôler

Car dans le monde animiste, il y a un mot pour dire que les être de la métamorphose deviennent la norme, prolifèrent, il y a un terme pour dire que l’on ne sait plus prédire le climat ou le comportement de la rivière… On appelle ça le temps mythique. C’est un temps particulier. Une forme du temps dont la spécificité était d’être à l’origine du monde et qui à la fois continue à exister. C’est un temps des origines qui subsiste et continue à travailler le présent pour nous inviter à stabiliser le futur.

Dans le temps du monde, on sait avec qui on entre en relation : on connait le comportement du loup, de la rivière, du caribou…, on sait comment entrer dans une relation soutenable avec eux. Dans le temps du mythe, les êtres et relations sont instables, métamorphiques, en train de se faire. Dans le temps du mythe, humains et animaux ne sont pas toujours distingués, les genres ne sont pas circonscrits. L’histoire des mythes, c’est l’histoire de personnages, de chamans, de héros… qui nouent des pactes avec les êtres de la métamorphose pour stabiliser des relations viables avec eux. Le temps du monde hérite de cette stabilité, permet de cohabiter de manière décente, honorable, soutenable, avec ceux avec qui nous partageons la terre.

Est-ce que ça sert à quelque chose de comprendre notre temps comme un retour du temps du mythe ?

De l’impossible habitabilité de l’anthropocène (cache)

Cheminer

Grosse envie de parcourir la forêt. Seul, accompagné, en canot, en famille, en toute saison. Un besoin de nouvelles nécessités, de nouveaux bruits, de (pré)occupations différentes. Trouver des lieux à partager, d’autres à garder intimes, explorer un territoire sans se l’approprier d’aucune façon. Juste être un parmi d’autres, être de la multitude qui vit.

Encore en pleine recherche entre légèreté et résilience, avancée et contemplation, dépense et économie. Après avoir gambadé en nature plus d’une décennie, envie de ralentir la foulée pour découvrir une nouvelle dimension.

Espérer

Aller chercher l’espoir là où il est encore possible. En trouvant un cadre bienveillant, en transmettant des énergies positives, en acquérant des compétences constructives. Enfouir les culpabilités irrésolvables faute de mieux, fuir les échanges toxiques au lieu de résister. Lâcher-prise et croire en l’hyperlocal, même si cela doit se limiter à une famille.

Et en parallèle, chercher la congruence. Encore et encore. Découvrir de nouvelles pratiques propres à une équipe donnée. Tisser de la confiance en produisant du périssable.

Contrôler

Reprendre possession de mes outils, la compréhension comme thérapie à la fatigue. L’aventure initiée avec Yohan sur pyrates m’a fait prendre conscience du bienfondé de la (ré)écriture afin de s’aligner techniquement tout en ayant un sentiment de maîtrise sur la chaîne de production de la valeur. Aux antipodes d’une aggrégation de bouts de configuration cryptiques ;-).

Mais cela va peut-être plus loin que la technique avec la réalisation de pain, la culture potagère ou la pêche opportuniste. Repartir de bases saines, ré-interroger des besoins vitaux. Itérer sur des basiques, sans snobisme. Une pratique de la différence pour s’accepter dans un monde uniformisant. Et tenter de comprendre ces autres.

Dans les épisodes précédents

January 03, 2018 11:00 AM

January 02, 2018

David Larlet

☕︎ Oublier Internet

Bref, en continuant à défendre Internet tel qu’il est, nous continuons, selon Morozov, à défendre des valeurs dont nous ne comprenons pas nécessairement tous les fondements idéologiques et nous continuons à éluder bien des enjeux qui devraient pourtant être discutés à mesure qu’Internet perd de son lustre comme support à la démocratie et à l’émancipation et s’avèrent plutôt un cheval de Troie pour certaines philosophies.

Morozov: oublier internet (cache)

Je m’interroge depuis un moment sur la conciliation entre la promotion d’un réseau décentralisé et mes revenus découlant directement de cette centralisation. Quel modèle économique — en tant que développeur — pour un autre Internet ? Quelle solvabilité autour d’un réseau marginal ?

January 02, 2018 11:00 AM

January 01, 2018

David Larlet

☕︎ Data portability

Third, while many speak about data portability in terms of providing access to “your data”, in reality data shared with third parties may include personal data about other people too. This might include data directly about other people in your social graph, or in your household, or with whom you transact through a peer-to-peer service. Similarly, it may include commercially sensitive data about businesses you frequent or charities you donate to. When analysed in bulk, data about a sample of the population becomes information about people who were not included directly in the analysis. For example, data about my shopping habits may be used to make guesses about the shopping habits of other middle class, middle aged mothers of two. Data about us is never only about us.

Data portability (cache)

In a relationship, my data becomes your data. In a global network, it gets even more complex. Share wisely, owning the place you publish to at least allows you to control it over time.

I really wonder how the General Data Protection Regulations (GDPR) will interact with paradigm shifts for the decentralized Web (cache). And how centralized silos will counterattack.

January 01, 2018 11:00 AM

December 22, 2017

David Larlet

✍ Lettre à Thomas

Thomas,

Suite d’une discussion récente inachevée faute de temps, au sujet de l’expatriation. Ou plutôt du sentiment que les choses bougent davantage en France au point de vouloir y revenir. Il s’agit d’un ressenti que j’ai eu en étant au Japon et qui m’a en partie motivé pour revenir. J’avais alors oublié les raisons du mouvement, ce mal-être latent qui devient le terreau fertile de nouvelles idées. Il y a une beauté et une énergie dans ce foisonnement mais les conditions pour y arriver me sont de plus en plus insupportables. Je n’ai plus envie d’un état d’urgence mais d’un état de bienveillance, quitte à devoir m’éloigner pour cela de l’innovation et la disruption.

Bien sûr, le prix à payer est élevé : les réflexions philosophiques me manquent, les mises en communs me manquent, de nombreuses rencontres me sont maintenant beaucoup moins accessibles. J’apprends à vivre avec et je sais que je pourrais être moteur de nouvelles initiatives dans d’autres lieux une fois acclimaté. Les réflexions y seront peut-être moins poussées compte tenu de la plus faible pression du milieu et les actions en découlant seront probablement différentes, à l’origine de l’évolution d’une culture locale.

David

December 22, 2017 11:00 AM

December 20, 2017

David Larlet

★ Œuvrier du Web

J’emprunte ce terme à Roland Feuillas dans À la recherche du pain vivant qui parle davantage d’œuvriers paysans que d’œuvriers du web mais c’est la traduction que je trouve la plus juste de Web crafter que j’utilise maintenant en anglais pour définir mon métier : mettre en œuvre des connaissances et de l’empathie afin d’améliorer un irritant.

Je préfère de loin le terme crafter à celui de craftmanship qui comporte ce man excluant et ne s’inscrit pas dans l’action ; mais j’avais toujours du mal à trouver comment l’expliquer en français. Québec oblige, je réfléchis beaucoup au sens des mots et à leurs traductions en ce moment. Je repense souvent à Julien — qui m’a initié à la programmation — me répétant sans cesse « traduction == trahison ». Quid d’un néologisme ?

Je m’interroge encore et toujours sur ma valeur ajoutée à un produit. J’ai de plus en plus la croyance qu’elle vient de ma capacité — issue de l’expérience — à pouvoir remettre en question ce que j’ai développé à une échelle plus courte qu’auparavant. Être en capacité de ré-agencer avant que cela devienne critique en terme de dette technique. Or cette valeur est très difficile à appréhender car elle n’est interprétable qu’à la lumière d’une temporalité longue. Ce qui semble être aujourd’hui une perte de temps et un démarrage poussif devient après-demain indispensable pour pouvoir aller plus loin sereinement et/ou transmettre le produit ainsi que la connaissance acquise en le concevant.

Il y n’a que deux difficultés en informatique : choisir ses maux et invalider ses croyances. Il me reste encore beaucoup à explorer dans ces domaines, avec humilité.

December 20, 2017 11:00 AM

December 02, 2017

David Larlet

✍ Lettre à Yohan

Yohan,

C’est un plaisir de travailler avec toi depuis tant d’années, d’abord sur Libé, puis chez Mozilla et actuellement avec Etalab. J’ai l’impression de sortir grandi de nos interactions et tu as indirectement contribué à mes réflexions sur la simplicité dans le développement et au statut de dévelopeur expérimenté.

J’admire ton intégrité lorsqu’il est question d’outils avilissants (coucou Slack). J’apprécie ton humilité et ta soif de toujours explorer plus loin les possibilités que nous offre notre domaine. Il est tellement facile de se considérer comme étant brilliant (cache) dans cette profession qu’une approche impliquant peu d’égo (cache) est exceptionnellement rare. Il y a un enjeu politique dans la ré-acquisition de ses outils mais aussi social dans la (re)prise de contrôle que cela procure. On ne se fatigue plus à courir après les dernières nouveautés lorsqu’on est en train de les réinventer en se les réappropriant.

Je me demande de plus en plus si proposer les services d’une équipe (cache) qui a l’habitude de travailler ensemble ne serait pas plus pertinent qu’une somme d’égos afin de faire émerger un produit.

Nous avons encore de belles années devant nous :-).

David

December 02, 2017 11:00 AM

December 01, 2017

David Larlet

✍ Lettre à Simone

Simone,

Ou Peggy, je ne sais plus. Merci pour ces voyages philosophiques et notamment ces thérapies. C’est un angle auquel je suis sensible pour avoir l’impression d’évoluer à mon échelle. Prendre soin en ayant davantage conscience de ce qui blesse au quotidien.

Ce qu’il me manque en tant qu’expatrié c’est de pouvoir participer aux après-midi et échanger avec d’autres sur ces thématiques. En espérant que cela t’encourage à continuer, et pourquoi pas… à essaimer.

David

December 01, 2017 11:00 AM

November 27, 2017

David Larlet

★ Bugs et complexité

« Lorsque nous utilisions des systèmes électromécaniques, nous pouvions les tester de manière exhaustive », regrette Nancy Leveson, spécialiste d’astronautique, d’aéronautique et de sécurité logicielle au MIT. Les systèmes logiciels sont différents parce qu’ils peuvent être changés à moindre coût, qu’ils sont sans cesse mis à jour et bien plus complexes. Pour Leveson, « le problème est que nous essayons de construire des systèmes qui dépassent notre capacité à les gérer intellectuellement ».

Réinventer la programmation ? (cache)

La recherche d’exhaustivité dans un système complexe est une bataille perdue d’avance contre des moulins à vent. Ce qu’il faut tenter d’améliorer ce n’est pas la réduction du nombre de bugs en amont mais la réactivité pour corriger ceux détectés lorsque le système est en place. Un logiciel (non-critique !) devrait être fait pour répondre à 80% des problématiques rencontrées. Si nous sommes si loin du compte aujourd’hui — en tout cas dans le Web (cache) — cela est dû au manque d’empathie des développeurs vis-à-vis de bénéficiaires qui ne peuvent exprimer leurs voix de façon pertinente à la fois par manque de compétences et de moyens de communication. Il est quasi-impossible de savoir quel est le ressenti d’une personne utilisant un outil informatique au sens large. Autant les frustrations que les joies seraient pourtant requises pour améliorer le système, mais comment réussir à faire une synthèse de ces ressentis ?

Ma solution actuelle est de tenter de réduire les boucles de rétro-actions permettant d’améliorer le système de manière progressive et éclairée ; une fois que la problématique a été elle-même simplifiée afin d’en réduire le périmètre. La complexité qui ne peut-être débuguée est un péché d’orgueil, pas forcément celui du développeur. Je ne pense pas qu’il faille réinventer la programmation en elle-même mais plutôt les conditions de son application et surtout de son évolution. Interviewer des utilisateurs en amont d’une conception ET une fois le système mis en production est malheureusement loin d’être une pratique courante.

Les languages et les modélisations afférentes ne sont que des grammaires sans vies, l’équipe et sa connaissance d’une problématique donnée sont les composantes qu’il faut soigner. En laissant le temps à la confiance de s’installer, condition indispensable à l’ouverture qu’est cet autre : l’utilisateur. Ce partenaire d’une symbiose dont on essaye de créer l’outil sans en mesurer les appétences ni les conséquences (cache).

Aujourd’hui encore, trop de développeurs regardent sur Stack Overflow, l’une des grandes plateformes de partage pour développeurs, les méthodes des autres, copient des bouts de code et de fonctions, les collent ensembles et les ajustent par itération. Ça fonctionne jusqu’à ce qu’on tombe sur un vrai problème !, souligne Newcombe.

Ibid.

Stack Overflow est l’équivalent de l’encyclopédie Wikipedia dont les entrées se font en langage naturel (par des questions) et il ne s’agit pas de copier bêtement des résultats mais d’analyser les différentes réponses pour se faire son propre avis sur une question complexe. Il ne s’agit pas uniquement d’assembler du code d’autrui mais de liens vers des documentations officielles mal indexées ou des parties de RFC (Request For Comment) pertinentes pour une problématique donnée. Je ne connais pas d’équivalent dans d’autres profession, aussi je conçois que cela soit difficile à appréhender. Le seul malheur de la plateforme est d’être détenue par des intérêts privés ce qui met notamment en question la pérennité d’un tel service. Je suis un développeur moyen qui utilise cet outil de manière quotidienne et je n’en éprouve aucune honte. Un grand merci à mes pairs qui viennent alimenter cette base de discussion continuellement mise à jour.

November 27, 2017 11:00 AM

November 24, 2017

Karl Dubost

Le temps d'être soi

Writing code is fun. Building something to fix a complex problem, watching the tests finally go green and landing in production is one of my favourite things to do. It is addictive, and you always want to do more. But software is ephemeral. You write it, it’s useful for a while, and then it gets replaced with something new. The time you have with the people you love is limited too.

Kim Moir, Let's talk about side projects in software.

Peut-être prendre le temps de lire le billet de la citation avant de lire le reste ici.

Le temps d'être soi, d'être chez soi, de ne pas s'exposer est un temps précieux. Tout ne doit pas nécessairement se révéler. Partager du code pour aider les autres, pour permettre à d'autres de progresser est une belle idée. Se mettre en spectacle pour obtenir un job est un choix plus difficile, mais que nous avons tous plus ou moins intégré dans nos échelles de valeurs. Recruter un nouveau développeur (homme ou femme) est miné par nos biais de jugements, culturels, personnels. Et d'ailleurs doit-on recruter un développeur ou doit-on recruter un bel humain qui sera bien intégré dans l'équipe. Et peut-être finalement, peut-on se poser la question de combien accepterons-nous de changer individuellement avec l'apport de cette nouvelle personne dans une équipe ?

November 24, 2017 05:43 AM

November 22, 2017

Karl Dubost

Poser une limite

The 911 outage, at the time the largest ever reported, was traced to software running on a server in Englewood, Colorado. Operated by a systems provider named Intrado, the server kept a running counter of how many calls it had routed to 911 dispatchers around the country. Intrado programmers had set a threshold for how high the counter could go. They picked a number in the millions.

Shortly before midnight on April 10, the counter exceeded that number, resulting in chaos. Because the counter was used to generate a unique identifier for each call, new calls were rejected. And because the programmers hadn’t anticipated the problem, they hadn’t created alarms to call attention to it. Nobody knew what was happening. Dispatch centers in Washington, California, Florida, the Carolinas, and Minnesota, serving 11 million Americans, struggled to make sense of reports that callers were getting busy signals. It took until morning to realize that Intrado’s software in Englewood was responsible, and that the fix was to change a single number.

James Somers, The Coming Software Apocalypse.

À chaque fois que vous posez une limite artificielle (parfois contrainte par la matérialité) dans un code, il est préférable de mettre en place un système d'alerte avant que cette limite soit atteinte. Le principe existe déjà quand il s'agit de transactions financières. Par exemple, lors du renouvellement de vos noms de domaine, la société généralement vous envoie une série d'alertes avant la date fatidique.

November 22, 2017 07:23 AM

November 18, 2017

David Larlet

★ Async Python Frameworks

There is a new lightweight, fast, minimalist, you-name-it framework each week within the Python community. Why? Because it’s simple! You may want to take that path too and if you do, don’t make the same mistakes as we did. Come share your own frustrations and let’s build a new one together, in 10 minutes 🙃 — How to build an async pico web framework from scratch

I gave a talk at PyConCA on that topic, feeling legitimate given that we actually did it! Here are some notes about my intervention.

Context

I’m working with the French government via State Startups. Our goal is to explore solutions for a given problem faced by citizens and/or administrations. These last 6 months, we experimented a way to localize unmanned aerial vehicles (UAVs a.k.a. drones) in real-time for the whole French territory. With a distributed team, we tried to figure out if the law was applicable and if a centralized database would make sense for all parties (citizens, industrials, police, army and so on).

There was a bunch of unknowns, especially related to performances. When you are (in)validating proof of concepts, you might think that performances are your last concern but we wanted to be able to try the service for real. Plus, you never know when a proof-of-concept finally goes into production…

We roughly estimated that we will have to be able to handle about 50k requests per second. In Python. With a unique server. Spoiler alert: for a lot of non-technical reasons, we did not stressed the API for real so we cannot guarantee that our framework can hit that peak. Nonetheless, I think the process was interesting because that is the first time in my career that I had to put my developments under such constraints.

We knew Django and Flask, we already experimented with Falcon. You cannot achieve that level of performances out of these frameworks given our resources. That is why we dug into the async side of Python 3. And it was fun! At first we thought that Sanic was the perfect candidate but soon enough we bumped into issues related to testing and the API did not click with us. So, after an intensive workweek of sleep deprivation and big waves in the ocean, we started to hack on our own framework. And it was crazy!

Coopetition

First of all, this is not a competition. It is challenging to compare concepts and implementations. We had no guilt to steal clever parts, documenting what we think is better for our needs. What we made is not a framework for anybody. Micro means specific and as such incomplete. That is why I encourage you to do the same for your own needs.

Go read the code of your current web framework, it is a gold mine of hacks to deal with inconsistent HTTP-related specifications :-). Seriously, assembling your own framework will make you learn a ton of things. From request parsing to header security, from CORS-related issues to multipart nightmare of latin-1 encoded filenames, from conflicting specifications on Cookies to crazy Accept headers.

Our philosophy was to give a decent developer experience while uncompromising performances. To achieve that we knew that we had to stay minimalists and reuse small and performant librairies.

Benchmarks

We are still working on it and for sure a benchmark is a lie. We use wrk which is kind of ab on steroids. Anyway, I think we are missing a tool in the Python community to be able to compare performances across pull/merge-requests. Like continuous integration with metrics on introduced bottlenecks, continuous performances? If I missed anything on that topic, please drop me an email.

Edit: Ronan made me discover airspeed velocity, nice!

The smallest async web response we were able to compute is the following:

class Protocol(asyncio.Protocol):

    def connection_made(self, transport):
        self.writer = transport

    def data_received(self, data: bytes):
        self.writer.write(b'HTTP/1.1 200 OK\r\n')
        self.writer.write(b'Content-Length: 25\r\n')
        self.writer.write(b'Content-Type: application/json\r\n')
        self.writer.write(b'\r\n')
        self.writer.write(b'{"message":"Hello bench"}')

Once you have that hardcoded response, set uvloop as your event loop and create a task for it:

asyncio.set_event_loop_policy(uvloop.EventLoopPolicy())
loop = asyncio.get_event_loop()
server = loop.create_server(Protocol, '127.0.0.1', 8000)
loop.create_task(server)

Here we go, for more details, check out the whole file in our benchmarks. But basically you have all important parts here. That’s great but a bit too low-level for our taste!

Enters Roll which adds routing and request/response parsing in roughly 300 lines of code. An example of the same kind of response would be:

asyncio.set_event_loop_policy(uvloop.EventLoopPolicy())

app = Roll()

@app.route('/hello/{parameter}')
async def hello(request, response, parameter):
    response.json = {'message': f'Hello {parameter}'}

We have routing and JSON serialization under the hood with dynamic response given the passed parameter in URL. No big deal but it’s quite handy compared to the raw version. Note that we lost about 63% of the initial number of requests per seconds just doing that!

Hint: it’s still better than the “concurrence”. 😇

Optimizations

Python 4 is already here, and it’s called Cython. — My coworker

Me: Rust is probably Python 5 (cache)! It escalates quickly when we are trolling :p

We My crazy coworker wrote a routing system using Cython to improve performances and the jump was significative to say the least. That is part of our approach: finding small existing pieces or write our own if we think we can code a faster solution. Once you expose what you consider is the right API, it’s easy to swap a given piece from one to another without introducing breaking changes.

For instance, we are currently using the awesome httptools to parse the request and the URL but that might change if we find a better approach. We only have these two dependencies for now and that is by design. We are really careful and conservative on introducing new features, trying to keep aesthetic in mind. Each new addition is benchmarked and heavily discussed in terms of developer experience. This is always a tradeoff.

One of our core principles is to ease the plug-ability via extensions and custom subclasses of core components. We are missing a way to get benchmarks of these additions though. Maybe tools like perf will help in the future, ideally it would allow us to make a table of performances given the activated extensions. Too many benchmarks are way far from real-life requests/responses treatments.

An option we did not explore yet is the use of newly introduced annotations like did APIStar to only parse/evaluate pertinent parts of the incoming request. Not sure it will work in our particular case though.

More than code

That part is really intimate. I enjoy taking the time to carve my own tools and challenge my assumptions with experimented colleagues. I can feel the progression, both on a personal point of view and as a team. You might think that time is lost and building your own “homemade framework” is such a waste and will be painful to maintain. That is OK and I used to think that too.

With as much hindsight as I can under such short notice, I think it saved us as a team to build that core reusable component when we were targeted by politics-related issues and pressure from all parts. It was kind of a safe place where we can focus for half a day and come into that pair-flow state, knowing that we were producing an open-source common.

Take aways

Do it! It has been a hell of a rollercoaster to code our own solution but we are quite happy of the result and we know that we will reuse it for future and ancient projects so the return over investment is not null even if we did not put the actual project to production. And by the way, the technical challenges along the way were as much interesting as the end result so no regrets whatsoever. Bonus: it built confidence in our capability to overcome problems and made us a better team.

Don’t do it!!! If you are not mature enough as a team to take the time to craft a tool that will fit your needs, it is probably better to reuse existing ones. It will be more generic and there is no problem with that: 99% of the time this is the more pertinent approach!

Have fun roll-ing out your own framework!

November 18, 2017 11:00 AM

November 05, 2017

David Larlet

★ Distributed teams

I am not a remote worker, I am a part of a distributed team.

Remote is Dead. Long Live Distributed. (cache)

It has been ten years today that I started to work within distributed teams. I honestly don’t know how I would go back nowadays to an office with all my colleagues in the same room. It would mean that we all have the same rhythms, constraints and wishes. That equation looks just impossible for me to be effective. It doesn’t match my way of being and working.

These last six months, we assemble a team with Yohan and Vincent to accomplish quite some work (more to come about all this) and even if we were on different timezones it worked quite seamlessly. Not because of agile processes (whatever it means) but because we’re part of a culture of feedback, empathy and respect. Pairing one hour or two per day looks natural, working transparently and sharing your mood seems logical, taking the time to perform pro-active reviews and learn new things is normal. Acquiring this maturity takes time though and I’m still working on it.

What I learned these last ten years is… drum rolls… that communication is key. I’m sure you are suddenly mind-blowed by such an unexpected and profound advice. And still, so many teams are failing because of this. Or more accurately lack of. I tend to think that being distributed somehow helps on that topic with asynchronous communication and different ways of interacting. You are forced to communicate to feel part of the team. Cohesion is made by links and not anymore by presence, that is kind of a paradigm shifting.

Another sort of cliché advice is that documentation matters, be it a one-page vision at high level, a 6-page memo (cache) at middle level, a couple of architecture decision records (cache) to document architecture decisions and/or technical RFCs (cache) as management tools, writing down why you did it that way, how you are currently experimenting and what you will do soon is clearly underrated.

Note that I would love to state that working full-time remotely is possible. But it’s definitely not. You have to meet your colleagues in-person at some point. It can be once a week, a month or a year depending on how mature you are to deal with tensions and frustrations. Even companies like Mozilla or LincolnLoop have to setup workweeks on a regular basis.

Last and not least, your behaviour will last. I was very upset 2 or 3 times this decade and it was always extremely bad for me on the long run to ruminate these situations for so long, not feeling happy with my confrontations. My take away is that integrity is better than money and sometimes taking distance is necessary and clearly better than fighting back immediately with anger. Once again, nothing new nor disrupting here, be easy to work with (cache) and anticipate delicate situations as much as possible is my professional motto.

What the next ten years will be alike? Hard to say, I always wonder what would be even better to me and I think I reached some peak where I feel valuable to a team/product without being too stressed. And that’s finally all that matters.

November 05, 2017 11:00 AM

October 27, 2017

Nicolas Cynober

October 26, 2017

David Larlet

★ Into the Wild

For the many tribes that once inhabited the forest, the threat of fire destroying their homes was a serious one, but they lived in such a way that they were able to move quickly away from danger. This was their home, though, and to think of it as a wilderness — as we do today — is incorrect. They adapted a way of life that was completely natural to them, and the abundance of the forest met all of their needs. It was home to them, every bits as much as a farm would be to a rural dweller today. Both live off the land and create comforts that make a place a home. Indeed, there is no First Nation word for wilderness — it’s not just alien to them as it become to us. Interestingly, too, they have no word for ‘outdoors’, because there is no delineation between being out of doors and in. That’s the kind of thing that really interest me — the knowledge, the skills that I acquired, which make me feel completely at home, at one, with a wild place like this.

Northern Wilderness, Ray Mears

I spent three days in the wilderness. Alone. When I say that to somebody, the first reaction is often to ask if that was a survival trip and if I had to confront myself to the elements. It makes me a bit sad because my goal was just to be within the nature and enjoy the moment as being part of it. Nature is not an hostile place per se, nature just is. As such, my plan was not to fight against something but just be. Time to learn new skills, time to meditate, time to observe and listen to the music of life. To acquire enough confidence to go with a 4-years old child.

Nature looks so distant to us these days that we consider it as an enemy. I rather tried to embrace it. The easy way. Sort of.

Earn or learn

As a record for future explorations:

  • earn: dealing with food hanging was a bit cumbersome but easier than expected, required for bears and raccoons.
  • learn: going without a tent, a mattress and a duvet was a bit too much when not acclimated, a blanket and a tarp are not enough when it is literally freezing at night.
  • earn: filtering water worked as expected, note that it makes you pee more, especially combined with tea (definitely not cool during cold nights :p).
  • learn: listening at packs of wolves howling at night back and forth is great, excepted when one is responding OMFG-too-close and you have to start up a new fire for the whole night!
  • earn: lightning up a fire and maintaining it without burning the whole forest, conditions were good except for how soaked everything was after three days of heavy rain.
  • learn: relying on fishing for better meals is hard because of the constraints (having a fire ready, good timing, proximity of the appropriated place, risks of attracting bears and so on).
  • (l)earn: practicing bushcraft skills, a bit frustrated by the lack of time I had to setup a proper camp with at least an elevated bed to isolate myself from ambiant humidity and maybe a fire reflector to warm it up by night.
  • earn: not so many bugs at this season compared to the spring, it can drive you crazy very quickly if you do not have appropriated equipment day and night.
  • learn: my backpack was as heavy as my fears (and I had so many!), I knew it and I knew also that I had to experience it before opting for lighter options, that process requires confidence.

Next time

Well, winter is coming© so I have to bring back my dedicated equipment from France prior to go camping by minus thirty Celsius degrees. At least, there will not be bears. But hungry wolves. Can’t wait :-).

October 26, 2017 11:00 AM

September 29, 2017

David Larlet

★ Le bruit et l’odeur

vieux
on ne veut plus de bruit
qui fasse mal
jamais plus
moins à cause du mal
que de la mauvaise qualité
du bruit
le mal n’est plus alors l’apanage
du corps, c’est désormais
le cœur qui assume
le cœur qui récole
le cœur qui subit
et il lui arrive qu’on hurle :
« suffit ! »

vieux
on ne désire
que le silence
des anciens conifères
le silence vertical
le silence des épines gelées
et des fruits secs
si pleins de promesses d’alcool

vieux
on ne sourit plus
qu’aux bruits minuscules

Mon bruit, Normand de Bellefeuille

La référence est terrible et il m’a fallu du temps pour apprécier la pertinence d’une telle communication. Les années passant, je comprends de mieux en mieux l’importance de faire appel à des sens qui s’exacerbent et rendent de plus en plus intolérant. J’ai maintenant du mal à accepter une mauvaise qualité de son. C’est peut-être pire pour une odeur trop forte. Je ne sais pas comment interpréter ces nouvelles sensibilités.

Puisque l’on en est à ce genre de confidences, je m’interroge de plus en plus sur le chaos qui vient et sa théorisation. Quelle place avoir dans cet avenir ? Quels savoirs acquérir en préparation ? Comment transmettre une partie de nos échecs aux générations futures ? De plus en plus tenté d’aller passer du temps en forêt pour méditer là-dessus.

Sentir, entendre, voir ne sont pas des facultés politiquement indifférentes, ni équitablement réparties parmi les contemporains. Et le spectre de ce que perçoivent les uns et les autres est variable. Il est au reste de rigueur, dans les rapports sociaux actuels, de rester à la surface, de crainte qu’un convive ne soit pris de vertige en abîmant son regard en soi-même. Si tout le cirque social dure encore, c’est parce que chacun s’échine à garder la tête hors de l’eau quand il faudrait plutôt accepter de se laisser tomber jusqu’à toucher quelque chose de solide.

Pour la suite du monde - comité invisible (cache)

Et peut-être en revenir encore plus sauvage. En ayant transformé du savoir en connaissance. Pour être ensuite en mesure de convertir des savoir-faire en pouvoir-faire (cache). Toujours ce besoin d’être en capacité.

Ou plutôt de ne pas être en incapacité ?

September 29, 2017 11:00 AM

September 15, 2017

Christian Fauré

Donner à voir les tendances techniques

Il s’agit d’une intervention faite cet été, autour de la différence entre les tendances techniques et les faits techniques, dans la perspective de produire une cartographie des tendances.

Un travail en cours sur lequel j’aurai l’occasion de revenir dans les prochains mois.

 

 

Signaler sur Twitter

by Christian at September 15, 2017 08:30 AM

August 29, 2017

David Larlet

★ Besoin et expérience

Mais à notre grande surprise, la plupart des personnes qu’on a interviewé se satisfont pleinement de ce que propose Sud Web aujourd’hui et n’aspirent pas au changement. Étonnant ? Pas étonnant ? Moi je trouve ça vraiment étonnant, voir même paradoxal… De ce que j’avais pu entre-apercevoir de la communauté, je m’attendais à de multiples réflexions, de remises en question, l’expression d’un positionnement fort sur les valeurs. Je me disais, à la vue du fort sentiment d’appartenance des participants à la communauté, que tout le monde aurait l’élan de contribuer à l’amélioration du truc.

En fait pas du tout ! La communauté a une confiance énorme en l’équipe et en les personnes qui participent et elle n’aspire pas naturellement à réinterroger les fonctionnements.

Ratatiner les croyances pour sublimer les valeurs (cache)

En préambule, je suis très heureux de voir que les énergies et les questionnements continuent d’être au centre de l’organisation de SudWeb. Et d’autant plus lorsque cela donne lieu à un partage sur le retour d’expérience. J’espère ne pas trop faire mon vieil aigri dans ce qui va suivre.

Cela fait presque une semaine que je m’interroge sur cet article et ses conclusions. Je pense avoir mis le doigt sur ce qui me gratte à ce sujet : l’application de LEAN à une expérience et non à un besoin. Peut-on appliquer les interviews de Running LEAN à un support pour relations sociales ? Je pense être assez mal placé pour m’avancer là-dessus. Néanmoins, il me semble que l’on peut difficilement prendre le recul nécessaire pour savoir si la modification d’un environnement va avoir un impact positif ou non sur ces relations avant de l’avoir vécu. Et c’est là où la méthode prédictive basée sur un échantillon atteint un peu ses limites.

Avoir plusieurs années d’expérience donne d’autant plus de légitimité pour expérimenter et d’assurance pour se relever en cas d’échec (encore faudrait-il définir cette éventualité). Un événement récurrent donne la chance de pouvoir considérer chaque itération comme une page blanche, les « acquis » ne se font pas sur les formats mais sur le réseau (ou micro-culture) qui se recrée à chaque fois. Renforcer des liens pour le sentiment d’appartenance d’un côté, en relâcher d’autres pour être inclusif par ailleurs. Une communauté vieillissante aspirera toujours à plus de sécurité et de confort. Et est-ce une raison valable pour les lui accorder ? :-)

August 29, 2017 11:00 AM

July 21, 2017

David Larlet

★ Web et technique

L’évolution des objets techniques doit être comprise en ce sens comme la recherche d’un système qui est tel qu’il ne peut être autodestructif. Le système doit pouvoir se maintenir stable le plus longtemps possible. Pour le dire autrement, il s’agit au fond d’augmenter l’espérance de vie de l’objet technique — ce que rend précisément possible l’établissement de directions de convergence. Un objet technique est d’autant plus évolué qu’il n’est pas en lutte avec lui-même. Un objet technique évolué est celui dans lequel aucun effet secondaire ne nuit au fonctionnement de l’ensemble, ou aucun effet secondaire n’est laissé en dehors de ce fonctionnement. Un objet technique se caractérise par le fait de son inscription au sein d’une lignée technique qui augmente à chaque génération son espérance de vie par l’artifice d’une auto-corrélation.

Gilbert Simondon et la libération par les techniques (cache)

Difficile de ne pas faire un parallèle avec le Web ici, objet technique en lutte permanente avec lui-même. La question est de savoir s’il y a effectivement convergence et augmentation de son espérance de vie au cours du temps. J’en doute de plus en plus. Et de continuer :

Mais, précisément, est-ce bien un artifice ? L’objet technique est-il artificiel ? Ce qui est frappant, bien plutôt, note Simondon, est que l’objet technique évolué se rapproche du mode d’existence des objets naturels, en ce sens où il tend lui aussi vers la cohérence interne ou la fermeture du système des causes et des effets qui s’exercent circulairement au sein de son enceinte. On estime d’ordinaire que ce qui fait l’artificialité d’un objet ne tient pas seulement à ceci que l’objet considéré a été fabriqué (et non pas produit spontanément par la nature), mais aussi et surtout à ceci que l’intervention de l’homme est nécessaire pour maintenir cet objet dans l’existence en le protégeant contre le monde naturel, en lui donnant ainsi un statut à part d’existence. L’artificialité est ce qui est intérieur à l’action artificialisante de l’homme : est artificiel ce qui requiert le concours de l’homme non seulement pour exister, mais encore pour se maintenir dans l’existence. Or le propre d’un objet technique est justement qu’il requiert de moins en moins l’intervention de l’homme pour se maintenir dans l’existence : c’est un objet artificiel (en tant qu’objet fabriqué) qui a un mode d’existence naturel.

Ibid.

Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle ici encore avec un Web de plus en plus artificiel de par son manque de résilience, son rythme effréné (cache) et l’usage abscons de JavaScript. Ce qui m’amène à penser à l’autonomie du code. Si vous ne touchez plus au code de votre produit Web actuel pendant 6 mois, combien de journées seront nécessaires pour le remettre à jour ? Mettre le doigt sur les causes de son artificialité permet de participer à l’évolution d’un outil technique. De faciliter son émancipation en réduisant sa dépendance aux développeurs tout en maximisant les problèmes résolus (cache).

Pour paraphraser Max Weber au sujet de l’État qui considérait que « le pouvoir politique, c’est le monopole de la violence légitime » on aurait « le pouvoir technique, c’est le monopole de la dette légitime ». Or qui introduit cette dette aujourd’hui ? Les GAFAM plus que l’État à travers des bibliothèques populaires (React, Angular) qui évoluent très rapidement. Cette dette ne s’arrête pas aux outils mais aussi à leurs usages : en utilisant gratuitement un produit on en devient implicitement redevable.

Est-ce que le logiciel libre est ce « mode d’existence naturel » ? En un sens oui, car il devient théoriquement entretenu par une communauté qui se renouvelle et le fait évoluer itérativement. En pratique malheureusement on est bien loin du compte, il y aurait probablement à piocher dans des principes éloignés du code pour parvenir non pas à la convivialité mais peut-être à la résilience :

  • Homéostasie : des boucles multiples de rétroaction pour contrer les perturbations et stabiliser le système ; l’homéostasie est la capacité que peut avoir un système quelconque à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes qui lui sont extérieures.
  • Omnivore : la vulnérabilité est réduite par la diversification des ressources et des moyens ; comme dans la nature l’ultra spécialisation entame les potentiels de survie.
  • Flux rapides : des mouvements des ressources rapides à travers le système assurent la mobilisation de ces ressources pour faire face aux perturbations.
  • Niveaux hiérarchiques faibles : afin de mettre en œuvre rapidement des réponses très locales non standard. Comme chez nos amis les fourmis ou les rats.
  • Capacité tampon : capacités centrales sur-dimensionnées de telle sorte que les seuils critiques soient moins susceptibles d’être franchis. C’est ce qui est à l’œuvre dans les végétaux du désert et leur capacité interne en eau.
  • Redondance : les fonctions se chevauchent, et un relais peut ainsi être assuré si certaines échouent. Les espèces d’animaux redondantes sont celles qui exercent la même fonction au sein de l’écosystème. Comme les vautours et les hyènes dont les fonctions de découpage des animaux morts sont une même fonction pour deux espèces.

Résilience et modularité (cache) — Source : PDF en anglais (cache)

Il s’agirait presque de la définition d’un réseau en pair-à-pair comme SSB. Notez qu’il n’y a pas de référence à la croissance, un écosystème ayant besoin de s’auto-équilibrer pour survivre.

Quelques pensées (techniques ?) mal agencées que je vous laisse maintenir en vie :-).

July 21, 2017 11:00 AM

July 19, 2017

David Larlet

✍ Lettre à Hubert

Hubert,

Merci pour ces 5548 articles qui nourrissent mes réflexions de manière asynchrone et dense. Tu es le seul journaliste que je suis avec assiduité. En fait c’est à la fois pire et mieux que ça : tu es ma définition d’un journalisme qui sait s’adapter à un contexte changeant. C’est lourd à porter, c’est quelque peu déprimant de te voir aussi esseulé mais c’est aussi enthousiasmant et inspirant de constater que c’est possible !

Alors se pose la question de l’essaimage. Comment faciliter un cadre apprenant qui permette à ces réflexions de produire des interactions transverses ? Comment répertorier les externalités positives qui suscitent l’envie de prendre part à un tel travail ? Comment diffuser sans dénaturer ?

Autant de questions qui dans un autre domaine sont irrésolues de mon côté.

David

July 19, 2017 11:00 AM

July 18, 2017

David Larlet

★ Without JavaScript

js;dr = JavaScript required; Didn’t Read.

Pages that are empty without JS: dead to history (archive-org), unreliable for search results (despite any search engine claims of JS support, check it yourself), and thus ignorable. No need to waste time reading or responding.

Also known as, if it’s not curlable, it’s not on the web.

js;dr = JavaScript required; Didn’t Read (cache)

Transcript of a 5 minutes ignite talk at the Montreal accessibility meetup.

There has been a lot of discussions related to JavaScript within our community. The topic is way more vast than just the accessibility question. I’m here to share with you my own (non-)usage of JavaScript. I’m not deactivating JS completely, actually I’m doing something worse: I combine both hosts configuration and uMatrix to avoid loading most of JavaScript files either from ad-related servers or from content delivery networks (CDNs).

Needless to say that my web is quite empty. My feeling is that one page out of three does not load correctly and one out of ten is left totally blank (e.g. a documentation for developers that requires JS to be loaded, WTF.). Why on earth do I inflict that to myself?!

There are many reasons actually:

  1. Ethics. I’m a Web developer and if I want to fix something I need to be aware of how wide a thing is broken. It impacts my future choices. Really. And it drives interesting discussions with my peers when we have to depend on JS and/or a CDN.
  2. Security. Wait, what?! Yes, about four pages out of ten “include at least one library with a known vulnerability” (cache). That is just crazy.
  3. Tracking. Each and every time you link to a CDN you give all your statistics to another company. Think about it. As a user, I don’t want to be tracked.
  4. Connectivity. “All your users are non-JS while they’re downloading your JS” famously quoted Jake Archibald and there are a lot more reasons for JavaScript not loading correctly (more on that later).
  5. Performances. This is just unbelievable how fast a (blank :p) page can render. Ditch your bloated JS and trillions of call to ad-servers and you will not even need AMP.
  6. Business. Are we creating a Wealthy Western Web (part1 (cache), part2 (cache)) or do we take into consideration the next billion of users/customers? Hint: they will not have an iPhone 7 with a high bandwidth connection.
  7. Empathy (some might say accessibility). Your users can be subject to bad connectivity (transportation, countryside and so on), hanging HTTP requests for sub-resources, under a corporate firewall or worse if a wifi access/provider modifying JS on-the-fly. They can even have addons/plugins altering the DOM in a way you did not anticipate.
  8. Empathy. Again. Bad usage of JS can be nauseous/disturbing for people suffering from ADHD, autism, dyslexia or visually challenged (cache).

We’re building on a web littered with too-heavy sites, on an internet that’s unevenly, unequally distributed. That’s why designing a lightweight, inexpensive digital experience is a form of kindness.

Designed lines. (cache)

When making something readable/usable is turned into “kindness” by the community, it makes me think that we broke something in our culture. Oh and it makes me cry a little as a Web developer.

The answer to all that is progressive enhancement (cache) even years later. But sometimes you do NOT even need all that. Rethink what you are doing from the ground up. Challenge your value(s). And remember that “We’re all just temporarily abled.” (cache), let’s stop shooting ourselves in the foot each and every day.

I do think modern web development has gone down a deeply unwise path. Only through exercising our personal choices can we bring it back. We have mostly stopped the web from being a hellhole of shitty punch the money adverts by blocking the living shit out of adverts. JavaScript is becoming the new conduit for awfulness. I like the web too much to have to endure any more of it when not strictly necessary.

Why I’m turning JavaScript off by default (cache)

July 18, 2017 11:00 AM

July 07, 2017

David Larlet

★ Sur la route

Découvrir un lieu et la micro-culture qui l’habite. Que l’on vient augmenter et réduire à la fois. Les mêmes automatismes pour la survie du groupe. Les mêmes isolements pour la sienne.

Songer au nomadisme lent sans fantasmer celui des premières nations. L’envisager avant de réaliser le nombre de peurs qui alourdissent son propre sac. Se définir par ses escales et se nourrir de ses mouvements. S’embellir de ses contradictions.

Ponctuer son chemin de déchets. Le coût du nomadisme parmi les sédentaires. Ne pas être capable de quantifier son inadaptation. Réfléchir aux tensions qu’Ellul oppose aux adaptations. Ces dernières définissant pour moi l’intelligence et pour lui le confort. La route devra être longue pour aller au bout des ces concepts. En espérant secrètement qu’il n’y en ait pas mais qu’elle soit ponctuée de quêtes d’essence. De sens. Sans interdits.

Accepter d’autres façons d’appréhender le monde. De prendre soin de son monde en tolérant d’autres mo(n)des de pensées. S’intégrer en étant constructif dans un univers en auto-destruction. Des mots ne suffiront pas à calmer ces maux. Rouler au bout de ce monde pour contempler sa fin. Refaire le monde tout en participant à l’e-monde. Rêver d’une histoire sans faim.

Faire un dernier tour de campement pour ne rien oublier. Ne plus savoir si on continue d’avancer pour se retrouver, se fuir ou s’oublier soi-même. Déconnecté, mais de qui ? Des connectés sans acquis.

July 07, 2017 11:00 AM

June 28, 2017

Christian Fauré

La question du temps dans les architectures digitales

Conférence donnée à l’USI 2017

Signaler sur Twitter

by Christian at June 28, 2017 07:09 AM

May 29, 2017

David Larlet

★ Inclusive Python

After 12 years of hacking in Python, what did I learn the hard way? From biology to the web, across startups and now French government, I realized one thing: making your code resilient requires empathy.

It is the subject of a talk (slides) I gave at the Montreal-Python meetup.

I’ve been using Python for more than a decade now. Such a ride. And still, time doesn’t really matter. It’s more the diversity of projects and interactions that made me who I am as a developer. As such, I’m more and more concerned about the life of the code than ever. The transmission of the associated knowledge is the key to success of a project and to achieve this you have to think as a team. Lone wolves are burning out with their products. And it’s a real loss of energy. And happiness. And that sucks.

But first, let’s define inclusive. Given the Wiktionary the first definition is:

Including (almost) everything within its scope.

For this article, I would like to slightly rephrase that definition:

Including (almost) everybody within its scope.

I prefer that definition because coding is a social and political act. As such, each and every line of Python you produce should be put into that context. With whom. And why.

So, how do you make everybody capable of working with you(r Python code)?

Include yourself

Yesterday I was clever, so I wanted to change the world. Today I am wise, so I am changing myself. — Jalaluddin Rumi

That might seem obvious but do yourself a favour and do not reject yourself from your own code! We all have (please confirm :p) a project with no tests, no docs and yet critical and running in production that you have to maintain. Reshaping the project is not an option because you are short on attention/budget so it became a patchwork of ugly bug fixes. At that point, even you are unable to fix something without a week of procrastination to avoid that painful task. The challenge is not technical but the amount of motivation required is tremendous.

Try to be empathetic with a older wiser self. Ease the installation process, reduce dependencies, have fixtures. Document, automate, speed up the feedback loop when you are modifying something. All basic things that I rarely saw well implemented (including my projects).

Include your colleagues

— “But if all of our programmers are pairing, won’t they write half as much code?”
— “No, hopefully they’ll write even less than that.”

Ben Rady

Being part of a team is a way to duplicate the knowledge around the project. And that’s clearly not a lack of time or energy when you see the turn-over within our profession. I see three ways to do it:

  1. before: discussing strategies all together regularly, your mileage may vary on the frequency. The whole team needs to have a clear picture of what will be developed and why.
  2. during: pair-programming and/or quick sessions to discuss a particular issue mainly focused on the how.
  3. after: performing code-reviews and user-testing on each and every pull/merge-request. Check that the “why” of point 1. has been addressed and tested. Do not hesitate to trash everything at that point if it’s not relevant anymore.

Besides that, newcomers are a chance to rethink together a better process to onboard people. It only happens once per people, do not miss it and block at least half a day dedicated to that task. Observe them installing your project and trying to figure out how to make it run. Observe, do not help, do not say anything, let them find out alone. It’s not a user-testing session but a developer one. Collect everything to improve the developer experience later. Once the task is performed or worse your colleague is stuck, it’s time to discuss of the improvements. Is that a documentation issue? Or an environment one? Are you really explaining the purpose of your project? Which are the communication channels? And so on. We all have an illusion of the simplicity of our processes until they confront the diversity of others’ experiences.

The knowledge of your product is in your team, not in your code. We probably need new practices to get rid of that situation, it’s still too hard to find the right cursor between documenting and delivering value. Not only sharing how it works but why it failed and how do we addressed it at that time.

Include your (re)users

My suggestions can be expensive in time, money and energy. When you’re building something for the first time, all of this comes down to you. Focus on the documentation in the beginning. By doing that, you’ll create a welcoming place for others and then they can start helping you with the rest of it.

Lowering the barriers (cache)

This is a particular case that might be biased by my situation but when you are open-sourcing your developments and working for a government citizens you want people to be able to contribute to your work one way or another. Lowering the barriers of the contributions is still very hard.

Labelling some easy-picking issues (cache) might be worth it and your reactivity to answer to declared issues is key. Especially by people who just created an account just to submit them. Which does happen more than I expected in my case! Performing pedagogic reviews might be worth it on the long term to help contributors level up and produce better code with you.

Note: if your project only runs on top-of-the-market computers and requires to download megabytes of dependencies, you are closing the door to a lot of potential contributors.

Include maintainers

While I empathize with maintainers burning out and asking for support, trying to tackle sustainability from a maintainer centric view is a to paddle against the flow of the river. We continue to see barriers to adoption and participation fall away, enabling a new generation of contributors to be involved as long as we can view them as part of the solution rather than the problem itself.

Developers like to think they code their way out of any problem. We know how to scale servers but most of us are inexperienced with scaling people.

Maintainer vs. Community (cache)

Each and every time you contribute to an open-source project, you give your technical debt to a maintainer. Sad but true so help them with tests and documentation too! Lowering the barriers to other contributors is a way to increase the sustainability of the project which directly benefits to you.

As a maintainer, try to involve more people in the governance and maintenance of your project (I’m terrible at this…). This is somehow your escape lane because interest in projects will vanish from time to time. If you are the only one keeping the keys it will be lost forever once abandoned. At least, be a Minimally-nice Open Source Software Maintainer (cache).

Include beginners

Write code for complex logic so elegantly simple that it won’t make you look smart.

Think about it each and every time you plan to add a metaclass, a signal, a decorator or introduce the latest hyped lib to name a few. The beauty of your code is somewhat ugly to somebody having a hard time understanding these concepts. Really, nobody will blame you for writing dumb code that anyone understand at first sight. Not to mention yourself when you are stressed by a deadline or reopening this code six months later.

The best programmers write code beginners understand. It is as simple as this. You can write idiomatic Python and still be readable by a developer using another programming language. Make it a target and enjoy crossed code-reviews to identify these issues.

Document tools you use for your project (pycodestyle, isort to name a few), you can even add pre-commit hooks or automated checks via the pull/merge-request.

Include citizens

In an ever-more intricate and connected world, where software plays a larger and larger role in everyday life, it’s irresponsible to speak of coding as a lightweight activity. Software is not simply lines of code, nor is it blandly technical. In just a few years, understanding programming will be an indispensable part of active citizenship.

Coding is not ‘fun’, it’s technically and ethically complex (cache)

I’m not only talking about fixing typos in documentation here. How do you include people in the process of building the product? How do you make them aware that they can have a direct impact on what is done with their taxes? That part is yet to be experimented because it requires a shift in minds. A nation is a cooperative that scaled and as such each individual should act as part of a community.

Maybe some day, micro-payments will be available to remunerate the time spent by citizens on collective projects but — apart from the technical issue — the complexity to evaluate the value of each contribution is a real problem.

Include conclusion

An important point of maturity as a developer is realizing that writing code is a relatively insignificant part of software development.

Steven R. Baker

Embrace the diversity of others point of views, make them count. Your code is not a book, it’s a continuous discussion on a given goal. You are maybe familiar with the concept of progressive enhancement, you can push the first draft of your code/documentation as a proof of concept and then progressively enhance the inclusivity of your project too. As for Web literacy, it’s a matter of Python literacy. We have the chance to use a language that is easy to learn, let’s be worthy of it.

I had to confess that I’m not doing half of the things I described, it is mostly self-criticism here. And that’s OK, really, because inclusiveness is a journey. Just be sure to keep moving toward a direction that makes you feel good at the end of each and every day.

Include discussions

What makes a good pull-request for a developer and a good code review from a maintainer?

On the developer side, documenting clearly what is the aim of your contribution is key. It looks obvious but that’s not always the case. Adding clean code, tests and documentation is great. We use to add an entry in the changelog with every pull-request nowadays to ease the communication with our international team.

A good code review is a one that is both respectful and engaging. You can be inspired (cache) by a checklist (cache) but once again, don’t take it too dogmatically. It’s up on your team to define its own check points.

How do you handle technical debt and contributions?

We actually (and sadly) don’t have pull-requests related to technical debt clean up. We mostly initiate that kind of change during workweeks (about twice per year) when everybody is in the same room to coordinate and evaluate alternatives together.

May 29, 2017 11:00 AM

May 14, 2017

Christian Fauré

Demain, dans vos agendas

agenda

N’y a t-il pas là un paradoxe : dans nos activités et nos projets, des comités se réunissent selon une fréquence calendaire qui est cosmique, or en quoi est-ce pertinent de se caler sur le mouvement des astres pour décider de la date et de la fréquence des réunions de ces comités ? Pourquoi caler arbitrairement un comité de pilotage tous les lundi de chaque semaine si l’activité à piloter n’en a réellement besoin que tous les 10 jours ? Et probablement que cette fréquence peut elle-même varier. Le fait qu’une réunion de comité se fasse la journée, quand le soleil brille, et pendant les heures de travail, cela chacun en comprendra la pertinence. Mais pourquoi caler ces réunions sur ce découpage du temps que représente le calendrier : la journée, la semaine, le mois, etc.?

D’abord parce que les comités sont planifiés longtemps à l’avance : on n’a aucune idée du contexte dans le quel il se réunira. On ne sait donc pas s’il est pertinent de planifier un comité tel jour plutôt que tel autre. C’est parce qu’on ne sait pas dans quel contexte se dérouleront les comités qu’on leur donne une fréquence qui est régulière, conventionnelle et arbitraire. Dès lors quoi de plus normal que de se caler sur la régularité des astres et donc sur un calendrier cosmique ?

Mais le projet ou l’activité qui justifient ce comité en ont-ils vraiment besoin ces dates là ? C’est peu probable. Pour bien aller, il faudrait qu’un comité se réunisse si besoin. Il faudrait que l’activité pilotée puisse elle-même déclencher la tenue du comité. Reste à formaliser les règles qui déclencheront le comité : nombre et importance des sujets à traiter, criticité des décisions à prendre, etc.

Se faisant, on ne planifie plus les comités mais on détermine la règle qui va déclencher la tenue du comité. L’efficacité d’un comité n’en sera que meilleur si on veut qu’il soit réellement au service du projet, et non que ce soit le projet qui s’adapte à une planification calendaire arbitraire

Immanquablement, cela va provoquer des « conflits d’agenda » pour les participants du comité ; dégager un temps de réunion au dernier moment est actuellement quasi-impossible. D’où la nécessité de gérer nos agendas de manière différente. Aujourd’hui, le « tetris de nos agendas»  fait que l’on a très peu de marge de manoeuvre pour répondre à des changements de dernière minute, c’est comme aller à l’improviste dans un bon petit restaurant à une heure de pointe : « c’est complet Monsieur ! » .

Une méthode d’agenda non planifié correspond à une algorithmisation de ce dernier : on écrit pas des créneaux de réunions mais des règles de déclenchement des réunions. Il va de soi que cela s’applique d’abord a des réunions récurrentes et c’est pourquoi j’ai plutôt parlé de comités, pour les autres types d’événements d’un agenda, un algorithme de matching suffit (ce que fait Julie Desk).

Il ne va pas se passer beaucoup de temps avant que l’acte d’écrire nous mêmes directement dans nos agendas ne devienne désuet : agendas, algorithmes, assistants virtuels et autres vont reconfigurer notre calendarité.

Signaler sur Twitter

by Christian at May 14, 2017 04:58 PM

May 10, 2017

Karl Dubost

Tristan, Ministre de l'économie numérique

Tristan a demandé  : Si je devenais ministre du numérique, quelle priorités choisir ? #libre #standards #crypto #privacy #innovation #empowerment #education

Cela m'a interpellé et je me suis demandé ce que j'aimerais d'une politique numérique dans un pays (quelqu'il soit). J'ai envoyé un mail à Tristan qui m'a demandé d'en faire un billet. Donc voici la prose remaniée de ce mail. Je crois beaucoup en l'autonomie et en la possibilité des infrastructures permettant aux gens de se prendre en main.

Accès au réseau avec symétrie
Quand vous achetez un accès à un internet, il est assymétrique. C'est à dire que votre capacité à recevoir est plus importante des données est plus importante que votre capacité à envoyer. Je veux donc un réseau symétrique où chacun puisse envoyer des volumes de données. Ceci doit aller de paire avec la prochaine proposition.
Accès à une IP fixe
Votre connexion internet à la maison est soumise à une IP dynamique. C'est à dire que lorsque votre routeur reboote, il est probable que votre adresse IP change. Cette adresse IP vous identifie sur le monde extérieur pour vos communications. Une adresse IP fixe (ou stable) vous permet d'avoir un service visible de l'extérieur. Pensez serveur de mails, serveurs Web ou tout autre service et protocole afin de créer des échanges.
Interopérabilité
Les standards ou normes sont plus importantes que le libre (au sens logiciel du terme). Une fois que les standards existent, ils permettent à une économie de se développer et d'échanger. Donc il ne faut pas nécessairement imposer le libre. Il est bien de l'encourager, mais les standards doivent toujours être premiers.
Le chiffrement
Le chiffrement des communications est plus important que la vie privée. La vie privée ou ce que je préfère appeler l'intimité ou l'opacité sont très importante. Mais elle ne découle que de ce que l'infrastructure permet. Et donc pour assurer une véritable confiance dans les échanges, il faut un chiffrement fort et sans porte dérobée bien sûr. Une fois que cette confiance existe, elle permet aux personnes de développer les niveaux d'intimité et d'échanges de leur message.

Pourquoi est-ce important ? Fournir la possibilité d'une autonomie même si elle n'est pas utilisée par la majorité permet de créer le terrain d'opportunité d'affaires, de communications, de réalisations des individus. Un des gros problèmes de la centralisation des services est inscrite déjà dans l'architecture de connexion du réseau. Si un simple ordinateur à la maison peut devenir un service, nous élargissons le champs des possibles et des initiatives individuelles. Je me souviens d'un temps où installer un serveur de mail, un serveur de liste de discussions ou Web était l'affaire de quelques clicks. Macjordomo par exemple. Ceci était possible dans les universités, les entreprises avec des accès à des IP fixes. Ce favorise aussi une nouvelle industrie du logiciel. Cela permet de créer des réseaux plus intimes (peer to peer). Cela redonne du pouvoir aux individus. Cela permet au tissu associatif de gérer des micro-communautés avec des compétences moindres.

Non seulement on favorise une nouvelle économie de micro-services. Non seulement on permet au tissu associatif une certaine indépendence. On ouvre la possibilité d'une véritable intimité de communication à travers des réseaux décentralisés, peer to peer et chiffrés.

May 10, 2017 11:56 PM

Eric van der Vlist

Les vrais chiffres

Deux tiers des français ont fait confiance à Macron.   Sur dix personnes croisées dans la rue, plus de trois sont des fascistes. Il est bien difficile d’échapper à ce type de pseudo-analyses depuis dimanche dernier… Outre les raccourcis discutables qu’elles abritent (voter pour Macron au deuxième tour n’est pas un gage de confiance et … Continue reading Les vrais chiffres

by Eric van der Vlist at May 10, 2017 01:17 PM

May 01, 2017

David Larlet

★ Espace et temps

In other words, we should not take too much comfort from the fact that the global internet first evolved thanks to cooperative capitalists, not competitive socialists: the story of the Soviet internet is a reminder that we internet users enjoy no guarantees that the private interests propping up the internet will behave any better than those greater forces whose unwillingness to cooperate not only spelled the end of Soviet electronic socialism but threatens to end the current chapter in our network age.

How the Soviets invented the internet and why it didn’t work (cache)

J’ai de plus en plus le sentiment que les cycles (d’ouverture aux autres ⟳ repli sur soi) sont intimement liés à notre rapport à la technologie. Et plus particulièrement aux effets que la technologie a sur notre relation à l’espace et au temps. Comme un mécanisme d’auto-protection, lorsque les autres se rapprochent de trop, on se renferme d’autant plus dans notre bulle : égoïsme, survivalisme, nationalisme. Il faut alors le temps de l’acceptation de ces changements et certains évènements comme la guerre favorisent probablement la prise de recul nécessaire à large échelle.

Le numérique (incluant le Web) contribue à la compression de l’espace et du temps. Il permet de prendre conscience à la fois du côté des privilégiés qu’ils le sont d’autant plus et du côté des exploités qu’ils sont nombreux. Ce ne sont pas tant les inégalités que leur visibilité qui est critique dans une société. Lorsqu’un outil accroit cette visibilité instantanément et en tout lieu, il est normal que des processus de rétro-actions se mettent en route au service d’une stabilité sociale qui s’apparente au fascisme.

Dans quelle mesure est-ce que cette cyclicité est inéluctable ? Est-ce qu’il est souhaitable de participer au contre-pouvoir ou au contraire de l’accélérer pour passer plus rapidement au prochain cycle ? Mes propres explorations dans la dualité allouée au numérique en tant que pharmakon me font douter de sa nature éducative au sens où l’entend Seymour Papert :

A few talked about the computer as a teaching machine. This book too poses the question of what will be done with personal computers, but in a very different way. I shall be talking about how computers may affect the way people think and learn. I begin to characterize my perspective by noting a distinction between two ways computers might enhance thinking and change patterns of access to knowledge.

Mindstorms, Seymour Papert

Le passage à l’échelle est trop brutal pour qu’il soit compréhensible et intégrable, l’accompagnement requérant un temps long s’il doit se faire sans violence. Notre capacité à entrevoir les possibles se trouve être masquée par nos dégoûts de l’actuel que nous n’arrivons pas à changer suffisamment rapidement alors qu’ils se trouvent être chaque jour plus visibles.

L’acceptation de ces fake news est un moyen d’auto-défense envers une réalité qui nous dépasse. De protection d’une intégrité qui pourrait voler en éclats en cas de déstabilisation trop forte. Il s’agit d’un criant besoin de repères sur un territoire nouveau qui manque de mécanismes de contrôle traditionnels, le fascisme étant avant tout un mal-être externalisé.

Lorsqu’une activité outillée dépasse un seuil défini par l’échelle ad hoc, elle se retourne d’abord contre sa fin, puis menace de destruction le corps social tout entier.

Ivan Illich cité dans Rencontre improbable entre von Foerster et Snowden (cache)

Chacun essaye de (sur)vivre dans son propre processus d’individuation, composant avec les altérités des différents niveaux qui l’entourent. En embrassant la complexité du monde d’une part, en acceptant la fragilité du soi d’autre part. Comment revenir à des outils numériques proposant une échelle compréhensible par tous ? Quelle est notre limite cognitive actuelle vis-à-vis des liens facilités par la technologie ?

En relisant la définition des outils conviviaux, je ne peux m’empêcher de penser que ScuttleButt donne des pistes en matière de stockage et d’échanges mais surtout de moyens de mise en relation. Une FAQ vient d’être publiée afin de mieux comprendre les concepts sous-jacents et notamment comment les connexions sociales sont réalisées.

La où la disruption mène à la violence, la réduction favorise l’apaisement. C’est l’un de mes objectifs actuels en tant que développeur web de résister à l’un et de tendre vers l’autre.

Merci à Aurélien de m’avoir ouvert des perspectives, vous devriez travailler avec lui.

May 01, 2017 11:00 AM

April 28, 2017

David Larlet

★ Spectre et autisme

I like being alone. I have control over my own shit. Therefore, in order to win me over, your presence has to feel better than my solitude. You’re not competing with another person, you are competing with my comfort zones.

Horacio Jones

J’ai offert La différence invisible à Noël. Ce qui signifie que je l’ai lu car j’offre rarement un livre sans savoir ce qu’il y a dedans. Et au fil des pages, j’ai commencé à me dire qu’il y avait beaucoup de similitudes entre ce que l’héroïne ressentait et certaines de mes expériences. J’ai gardé ça dans un coin de ma tête pensant que le biais était bien trop énorme pour être pertinent. Au détour d’une nuit d’insomnie, je commence à lire des articles sur le sujet (merci Aurélien !) ainsi qu’à consulter la documentation locale. Puis me résoudre à remplir un quiz puis d’autres et toujours me retrouver à la limite sur le spectre en présentant un nombre non négligeable de traits neuro atypiques. Je ne ressens pas le besoin d’aller plus loin pour l’instant en le faisant diagnostiquer de manière sérieuse.

Les retours (cache) de découvertes (cache) tardives ont ceci de commun qu’ils sont une libération. Pour ma part, je ne sais pas si je me sens rassuré ou résigné. Ni diminué, ni augmenté, cela me conforte dans l’idée que l’adaptation est pour moi de la survie. Et qu’elle me demande énormément d’énergie selon les situations. À travers ce prisme, j’ai des pistes pour tenter de comprendre pourquoi certains bruits, certaines lumières et même certains sites me sont insupportables (cache) mais aussi pourquoi je travaille de la maison, à l’étranger en ayant ma propre entreprise (cache). Et beaucoup d’autres choses encore (confort, inclusion, résilience) qui prennent un éclairage différent à la lumière de cette éventualité.

Difficile de savoir si la prévalence de l’autisme (cache) est bien réelle ou provient d’un changement dans son interprétation, elle semble prépondérante dans l’informatique en tout cas. Il semblerait aussi que le facteur héréditaire (cache) soit non négligeable et c’est peut-être ce qui me préoccupe le plus dans mon accompagnement. Quoi qu’il en soit, cela m’a plongé dans une profonde introspection ces derniers mois qui a menée notamment à la mise en pause de mes correspondances. J’espère que la publication de ce billet permettra de relancer la machine, j’ai l’impression d’être dans la phase d’acceptation qui précède la reconstruction.

Je suis loin d’être le premier à me servir de mon blog pour partager des atypies psychologiques, Kenneth Reitz (cache), Benjamin Bayart (cache), Pep (cache) et d’autres (cache) l’ont fait avant moi et je les remercie car cela m’a aidé à écrire à mon tour. Constater au quotidien que ce monde n’est pas binaire et que les différences de chacun en font sa force est un grand pas vers l’acceptation d’autrui.

Note : il parait que les autistes ont participé à l’évolution (cache) de l’espèce humaine (cache) ce que je trouve à la fois enthousiasmant et malheureux.

April 28, 2017 11:00 AM

April 26, 2017

Christian Fauré

La nouvelle éthique technologique

Voici la vidéo de mon intervention à Devoxx faite à l’invitation des organisateurs que je remercie :

Signaler sur Twitter

by Christian at April 26, 2017 08:21 AM

April 22, 2017

David Larlet

★ Confiance et transparence

Dans un univers en état d’équilibre thermique, aucun événement ne pourrait plus se produire en raison de l’absence de dénivellation. Dans un cercle en état d’équilibre d’information, il n’y a plus aucune information. Dans un groupe en état d’équilibre humain, d’homogénéité humaine, il y a entropie. Mais l’entropie, c’est exactement l’équilibre de la mort. Il nous faut être attentif, si nous acceptons les généralisations qui ont été faites par d’autres, à ce que l’adaptation parfaite des uns et des autres dans un groupe signifie en réalité la disparition de la vie de ce groupe au profit de sa mécanisation. L’unité accomplie dans le mouvement politique signifie la disparition de la vie dans un système donné. […]

Or, je peux dire que l’orientation vers une conception unitaire de la nation sous la puissance organisatrice de l’État, comme l’orientation vers l’adaptation généralisée de l’homme à son milieu sont des tendances qui accroissent l’entropie et diminuent la vie. Dans ce mouvement, l’illusion politique a son rôle fort précis à jouer, qui est de présenter un simulacre, un faux-semblant d’information, de courant vivant, de fixer les passions sur de fausses réalités, cependant que les mécanismes adaptateurs fonctionnent, et d’éviter les heurts et les refus au niveau de la réalité de la société nouvelle.

La seule voie pour maintenir l’État dans son cadre et sa fonction, pour restituer à la problématique vie privée-vie politique une réalité, pour dissiper l’illusion politique, c’est de développer et de multiplier les tensions. Cela est également vrai pour l’individu et pour le corps politique. Je pense que seuls les processus de tension et de conflits sont formateurs de la personne. Non seulement sur le plan le plus élevé mais aussi sur le plan collectif.

L’illusion politique, Jacques Ellul.

La faible réactivité de l’État est parfois nécessaire pour laisser le temps à ces tensions de s’installer. Vouloir niveler trop tôt (cache) est une occasion perdue d’une appropriation citoyenne. C’est proposer une escalator là où quelques marches et encouragements auraient suffit. Sans compter le coût de mise en place et de maintenance.

Mastodon est un réseau distribué fondé sur la confiance entre les personnes d’une même micro-culture puis à une autre échelle entre ces micro-cultures à travers les connexions entre instances. Il y a l’opacité des relations humaines dans ces différentes relations de confiance. Certaines sont rendues publiques, d’autres pas. Certaines ont une gouvernance collective, d’autres pas. Certaines sont légales dans certains pays, pas dans d’autres. Cette complexité est propre à chaque communauté et ne peut être résolue à l’échelle d’un pays ou d’une administration. Du moins de manière démocratique.

Lorsque la confiance est rompue, il reste la transparence. Je creuse depuis quelques jours les technologies et concepts autour de Secure ScuttleButt (SSB pour les intimes). À la différence de Mastodon, il ne s’agit pas de technologies web (cache) et Robin a fait un excellent article d’introduction (cache) que je vais tenter de résumer en trois points clefs :

  1. Chaque périphérique est une identité (plus spécifiquement possède une clé privée) qui va émettre un flux incrémental de messages signés.
  2. Les messages du flux s’échangent en pair à pair, je ne stocke que ceux de mes amis et de leurs propres amis pour suivre les discussions et rendre le réseau plus résilient.
  3. Le stockage est chiffré et sa représentation (interface utilisateur) est à la libre interprétation de l’implémenteur. Il existe actuellement des clients graphiques mais c’est l’API qui fait référence.

Autant dire que c’est à des années lumières d’un Twitter décentralisé :-). Ici chaque nœud comporte ses données et devient le centre de son propre réseau pouvant être connecté ou non à Internet. On touche mine de rien avec ces technologies à une certification forte de l’identité/la clé utilisée. Je pense que c’est trop intelligent pour pouvoir percer et qu’il faudra encore quelques itérations pour une prise de conscience collective de ces enjeux mais le cap est techniquement enthousiasmant.

Au niveau des inconvénients, il y a bien sûr ceux relatifs à la performance car le pair-à-pair consomme forcément davantage de ressources pour chaque nœud mais le stockage des flux des amis des amis limite les pics que j’avais pu avoir avec d’autres réseaux du même type. Qui dit chiffrement dit forcément aussi problématiques associées à la gestion des clefs, pour l’instant une clef est générée par périphérique et au passage il n’y a pas à ma connaissance d’implémentation pour téléphone intelligent(-mais-pas-trop-sinon-on-pourrait-faire-du-mesh-sans-payer-une-dîme-aux-constructeurs-et-opérateurs…).

On retrouve la dualité confiance humaine (Mastodon) vs. transparence algorithmique (SSB), observer où vont se déployer les intérêts personnels, politiques et économiques sur ce curseur est fascinant à plus d’un titre. Plus que jamais, les réseaux que l’on rejoint en disent beaucoup sur nos affinités politiques et notre conception du monde.

Entre la Pachysphère et le Scuttleverse, je ne saurais trancher. D’un côté la communauté francophone qui redécouvre les avantages et les inconvénients d’être en comité restreint, de l’autre des personnes qui expérimentent sur des concepts qui me tiennent à cœur. Après tout les deux ne sont pas antithétiques, mais mon attention est limitée :-).

April 22, 2017 11:00 AM

April 15, 2017

Eric van der Vlist

58

L’idée de marcher 58 km est née de la conjonction de plusieurs facteurs. Le chiffre 58 : je suis né en 58 et ai donc eu 58 ans en décembre dernier. Samuel et Sarah qui ont pris l’habitude de courir le jour de leur anniversaire une distance correspondant, en kilomètres, à leur age. Une discussion … Continue reading 58

by Eric van der Vlist at April 15, 2017 03:13 PM

April 07, 2017

David Larlet

★ Micro-cultures and governance

A new system of governance or collaboration that does not follow a competitive hierarchical model will need to employ stigmergy in most of its action based systems. It is neither reasonable nor desirable for individual thought and action to be subjugated to group consensus in matters which do not affect the group, and it is frankly impossible to accomplish complex tasks if every decision must be presented for approval; that is the biggest weakness of the hierarchical model.

Stigmergy (cache)

The recent hype within the French community about Mastodon is fascinating and raises some questions about decentralisation. At first, everybody jumps on main instances for the sake of simplicity and that’s normal. Consider it as freemium, you have 15 days (followers?) to evaluate the product and invest some time to choose and/or install the instance that fits you. The next step is to stick to traditional model and join an instance you trust (like being employed by a company) or to be tech-savy/confident enough to install and maintain your own instance (like acting as a freelance). And then come cooperatives-alike instances, the ones requiring to care about values and ethics.

Why is that important? Each Mastodon instance creates a micro-culture and links between these micro-cultures are done by humans. One line of “code” added, thousands of new connections made possible. Another one is removed and a lot of relations are broken without even being noticeable for users. Having that responsibility should be daunting for each instance administrator. That’s why I decided to co-create a cooperative after years of freelancing. It was both too easy and too difficult to deal with moral questions alone. Efficiency versus exploration. How do we decide collectively which instances we would like to be linked to? How much time can we dedicate to that task?

There are already initiatives to finance and share the responsibility of instances and that’s great. I’m more inclined to host an instance at scopyleft.fr than at larlet.fr for the same reasons. And invite peers to join the governance, discussing and sharing together before doing and working together.

The more I think about all that, the more I realise that federating identities into a unique one is an old model we may want to avoid with real decentralisation. Even with strong self-integrity you do not (re)act the same way given the group you’re in, multiple identities may allow to generate multiple circles of trust (hello G+). Either inter-connected or not. How these relations will evolve at scale based on governance and self-interest is still to be observed. Oh, and acted. Wait, tooted.

Note: disconnected instances will probably hurt Slack too, maybe more that Twitter actually.

April 07, 2017 11:00 AM

April 05, 2017

David Larlet

✍ Lettre à Éric

Éric,

Je comprends tes réticences (cache) vis-à-vis de Mastodon, j’ai eu les mêmes assez rapidement mais je continue de creuser en me posant des questions sur la fédération d’identités ou l’expérience utilisateur. C’est la beauté d’un réseau naissant avec les tâtonnements de chacun. Proposer une solution compliquée et découvrir qu’il en existe une plus simple. La communauté itère dans un voyage initiatique qui est nécessaire pour atteindre les limites de la décentralisation. Celui-ci doit se faire ensemble sans brûler les étapes au risque d’en perdre en chemin et de créer un réseau plus élitiste que ce qu’il n’est déjà.

Je suis ravi que l’instance la plus populaire n’arrive pas à tenir la charge, ne surtout pas l’optimiser et laisser d’autres prendre le relais pour atteindre un réseau réellement décentralisé. Je ne pense pas que tu aies eu tout de suite ton nom de domaine et ton hébergeur de confiance pour tes courriels, il en est de même pour ton identifiant Mastodon. Il évoluera au cours du temps, des données seront perdues mais tu auras probablement sauvegardé ton graphe de relations en attendant mieux (le CSV d’export est une liste des différents identifiants).

Quelle chance de pouvoir faire une expérience de cette échelle qui implique de la décentralisation et de la liberté. Il n’y a pas de stratégie, de gros acteurs ou quoi que ce soit, juste un joyeux bordel qui apporte du fun. Et ça fait du bien.

David

April 05, 2017 11:00 AM

March 23, 2017

Karl Dubost

Une verticalité inconnue

boutons d'ascenseurs Otemachi, Japon, 23 février 2017

Il n'y a ni espoir ni crainte chez ces hommes, qui n'ont pas autour d'eux des murailles vides battues de fantômes, mais l'assurance à chaque lever d'un ouvrage proche et d'une journée remplie, …

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

La diagonale mécanique s'accompagne souvent de mystérieuses verticales. Nous y pénétrons par groupes compacts et ordonnés. Nous vérifions que notre numéro a bien été attribué. Nous avançons en optimisant l'espace du fond. Après un demi-tour millimétré, nous orientons notre visage vers les portes métalliques. Tout est prêt. Les portes se referment. Une poussée dans nos jambes écrasent notre corps vers le bas. Où allons-nous ? Une pression sur les oreilles déclenche un baillement réprimé aussitôt. Et voilà, une pensée subsersive et interdite m'immerge. « Qu'y a-t-il au 26 ? » Je ne suis pas là pour penser. Je suis là pour monter.

Vide Grenier

Testing, for people who hate testing If you hate your test harness, you will never enjoy writing tests. It’ll always be a slog, and you’ll avoid it whenever you can. Shop around and see if you can find something more palatable.

March 23, 2017 01:00 AM

Après le vent

Velos sur le sol Tsujido, Japon, 22 février 2017

En quelques secondes, il m'a frappé du plat de la main sur les deux épaules, d'une bourrade à renverser un chêne, a secoué un dormeur, …

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Pas un bruit. Dans l'obscurité, il s'est faufilé et a bousculé le monde. Déjà son crime achevé, il s'est enfui. Était-il puissant et calme ? Frondeur et turbulent ? Jamais ces enquêtes là ne sont closes. Il ne nous reste que les cendres d'un bouleversement.

Vide Grenier

Prise de notes de lecture et écriture. Lorsque je lis, je deviens éponge. Ainsi, ma lecture généralement augmente mon désir d'écrire et les mots viennent plus facilement. Soit tout à fait l'opposé de ce qui est décrit là. Et si je pousse cette réflexion un peu plus loin. Peut-être que le terme éponge n'est pas le plus approprié. Lichen? Je m'insère dans le texte physiquement et intellectuel et je veux alors l'éditer, le manipuler, l'étendre. D’ailleurs, parlant de prise de notes, il s’agit bien-là de la seule tâche qui se rapproche peu ou prou de l’écriture, en ce moment. J’avais remarqué ce phénomène lors de la dernière crise en date d’engloutissement : lorsque je dévore les mots des autres, je deviens incapable d’aligner les miens. Ou alors, comme aujourd’hui, péniblement.

March 23, 2017 01:00 AM

March 09, 2017

David Larlet

✍ Lettre à Brice

Brice,

Je profite d’être à Confoo pour te répondre (cache) sur ma façon d’articuler une intervention tant que c’est encore chaud. En général, ça commence par un truc qui me trotte en tête depuis un petit moment et j’essaye de formuler un titre et son résumé qui s’en approchent. Parfois j’ai déjà rédigé un billet sur le sujet et je l’ajoute pour les personnes qui doivent sélectionner. D’autres fois j’ai un brouillon que je mets en ligne sans qu’il soit pour autant lié (en public). Dans ce dernier cas, le billet sera de toute façon publié.

Lorsque le sujet est accepté, je creuse davantage en commençant par retenir les cinq choses que les personnes présentes devront idéalement retenir de l’intervention. J’itère beaucoup à cette étape ce qui change parfois complètement l’orientation et il arrive que ça ne soit même plus cohérent avec le titre initialement proposé. Je me suis longtemps résolu à coller au sujet retenu mais depuis quelques temps j’assume et je l’annonce en début d’intervention. Je préfère égoïstement être au plus proche de ce que j’ai envie de présenter plutôt que de me forcer et que ça se voit.

Une fois le fil conducteur trouvé, j’enlève deux des points précédemment choisis. C’est l’étape la plus difficile. Il faut trouver le compromis entre pertinence et bourrage de crâne. Ensuite je commence à rédiger/continuer le billet et le support pour mettre à plat les idées. Je ne sais jamais au final si ça va être trop long ou trop court, pour cette dernière intervention je suis tombé pile mais une horloge au fond de la salle m’aidait beaucoup.

David

March 09, 2017 11:00 AM

March 08, 2017

David Larlet

★ Des données aux communs

Le numérique auquel nous aspirons est différent. Il ne menace ni l’économie, ni l’environnement, ni la démocratie, ni la culture. Il permet au contraire de renouveler ces domaines dans leurs fondements par une perspective centrée sur l’humain. Il protège nos libertés tout en nous donnant des moyens puissants d’exercer nos droits. Il ne concentre pas de nouveaux pouvoirs ainsi que les ressources entre les mains d’un petit nombre. Il contribue plutôt à redistribuer équitablement les pouvoirs et les richesses d’une manière durable. Il pose que nous sommes tous égaux et interdépendants, il vise à restaurer notre relation au monde et en prendre soin dans une démocratie inclusive.

Ce numérique auquel nous aspirons est un commun, une ressource partagée par les communautés qui se mobilisent et s’organisent pour la produire, la créer, la protéger, la valoriser au bénéfice de toutes et de tous. Ce numérique existe et prospère. Pour des communautés engagées dans le partage des savoirs co-créés, ces pratiques issues du modèle des communaux trouvent, par l’entremise du numérique, un territoire qui n’aura jamais été aussi vaste. Le domaine public, les logiciels libres sont des exemples de communs de la connaissance, de communs numériques, qui sont vitaux pour le travail, l’éducation, la science, la culture, la liberté d’expression aujourd’hui. De surcroit, ce numérique constitue la dorsale d’une économie collaborative en plein essor mobilisant les ressources, le talent et l’énergie des citoyen.ne.s dans la concrétisation de projets inédits et porteurs.

Nous aspirons à voir ce numérique humaniste reconnu et soutenu.

SavoirsCom1 salue la « Déclaration des communs numériques » au Québec (cache)

Ceci est un résumé de mon intervention à Confoo, il s’agit même d’une suite de ce que j’ai pu partager l’année dernière autour de l’OpenData. Le déroulé était ponctué de fragments de Python que je n’ai pas reproduits ici mais que vous pourrez retrouver sur le support.

1. Données ouvertes

Data.gouv.fr est la plateforme ouverte des données publiques françaises. Il s’agit d’un moyen de publier ses données brutes et de consulter celles des autres. Elle s’adresse aussi bien aux ministères et collectivités publiques qu’aux citoyens ou aux entreprises et associations. Elle est ouverte à tous et la modération se fait a posteriori. Elle est gratuite et tous les développements sont publiés en open-source. D’autres pays réutilisent le code de la plateforme.

Je participe à son évolution depuis bientôt deux ans.

2. Données exploitables

La publication des données n’est que la première étape d’un long processus d’appropriation par les personnes intéressées. Un format de fichier propriétaire ou un encoding non spécifié et cela devient plus compliqué de plonger le nez dedans. Une archive corrompue ou un site inaccessible et l’on arrive rapidement à une frustration ainsi qu’une perte de confiance qui seront difficiles à aller récupérer.

Les discussions permettent aujourd’hui d’exprimer ces freins de la part des consommateur potentiels et d’engager une discussion avec les producteurs de la donnée.

3. Données compréhensibles

Une fois le fichier ouvert, il s’agit de comprendre ce qu’il y a dedans. C’est loin d’être intuitif dans la majorité des cas s’il n’y a pas une documentation exhaustive associée à la donnée. La description des jeux de données et de leurs ressources permet à ceux qui soumettent leurs données de préciser à quoi correspondent les termes métier par exemple ou les intitulés de colonnes peu explicites.

Il est parfois pertinent de proposer une interface simplifiée à une documentation PDF de plusieurs centaines de pages.

4. Données interopérables

Même documentées, certaines données sont difficiles à appréhender du fait de leur complexité ou de leur taille. Retraiter cette donnée brute en aval est ce que j’ai tenté de faire avec GeoHisto pour le diff du Code Officiel Géographique de l’INSEE ou avec Ulysse pour traiter le fichier volumineux du SIRENE.

Il ne s’agit aucunement de remplacer les données initialement publiées mais de proposer des outils et éventuellement leurs résultats pour être à même de les exploiter plus rapidement.

5. Données requêtables

Par exemple, l’une des problématiques à laquelle nous sommes confrontés est de pouvoir découper des fichiers CSV à la volée en fonction de certains paramètres. Un petit sécateur nous permettrait de réaliser ceci de manière asynchrone et de proposer des liens vers des sous-ensembles propres à des territoires par exemple.

Lorsque le fichier est trop volumineux, il est possible de fournir les outils pour réaliser cela de manière relativement performante.

6. Données conviviales

Parfois le simple fait de proposer un sous-ensemble des données générées facilite leur représentation et donc leur compréhension. C’est une suite de petits détails qui semblent insignifiants mais qui une fois mis bout à bout montrent que vous prenez soin de vos données et de leurs utilisateurs potentiels.

Encore une fois, la documentation est critique pour encourager l’adoption et la réutilisation. Fournir des exemples de réutilisations réalisés ou imaginés peut également aider. Expliquer ce qui ne peut pas être fait avec est encore mieux en documentant par exemple les précédentes tentatives qui ont échouées. De même qu’il peut être pertinent de décrire la façon dont les données sources sont générées pour en comprendre les contraintes.

7. Données résilientes

La rapidité avec laquelle la Maison Blanche a vidé son portail opendata soulève forcément des questions (cache) lorsqu’on a en charge un tel portail dans un pays qui pourrait prochainement devenir tout aussi totalitaire. L’hébergement des données en utilisant un outil décentralisé comme git permet de les répliquer (et de les enrichir) à l’infini tout en conservant l’historique des modifications apportées.

Il y aurait beaucoup à faire à partir de git-lfs ou dat par exemple. Je ne suis pas loin de prendre le temps de faire ça en tant que citoyen à partir de l’API.

8. Données pérennes

Les problématiques liées à l’historique sont intéressantes car l’on peut distinguer les versions de la donnée brute et celles des sujets qu’elle traite. Je me suis par exemple focalisé sur ce second point avec GeoHisto et l’évolution des communes ainsi qu’avec l’historique des entreprises du fichier SIRENE. Il s’agit d’un angle d’attaque qui se focalise sur une exploitation particulière des données, celle de travailler sur des versions/diffs pour une commune ou une entreprise précise.

Dans le cas des départements, cela m’a permis de revoir mon Histoire d’une manière pratique et assez ludique.

9. Gouvernance ouverte

Il ne s’agit pas de s’en tenir à publier des données et à les rendre utilisables mais d’être à l’écoute de la communauté des réutilisateurs pour l’améliorer. Aussi bien dans le fond que dans la forme, il est difficile de savoir a priori ce qui va être pertinent pour un type de données. Prendre en compte les retours dans une boucle de rétro-action vertueuse constitue le graal de la donnée ouverte.

Avoir un lieu d’expression et de décision qui soit documenté et ouvert à tous permet de fédérer une communauté autour d’un besoin et d’itérer, aussi bien sur le plan technique que politique.

10. Biens communs

Au même titre que la libération du code, au début on souhaite garder le contrôle et nombreux sont les projets open-source qui ne dépassent pas cette étape. Puis l’on s’ouvre à l’autre, à ses différences de points de vues et d’expériences et on prend le temps de l’écouter pour améliorer le produit. Et enfin on s’en remet à l’intelligence collective de la communauté pour continuer d’avancer et alors seulement la résultante prend vie.

La libération d’une donnée est un lâcher-prise progressif.

Un bien ne peut se transformer en commun sans que son initiateur dépasse son propre ego et accepte les divergences de la communauté qui vient itérativement polliniser cette production.

Administration ?

Le rôle de l’État dans cette démarche n’est plus d’administrer mais de mettre en relation des personnes autour de la donnée pour faciliter la production d’externalités positives. La finalité n’étant pas le bien commun en lui-même mais le faire en commun qui nous permet de vivre en commun.

Je pense pour ma part que nous pouvons opposer à ces deux options un État qui serait au service des communs, où les communs seraient le moyen de créer de la valeur pour les citoyens. Cet État serait centré sur les citoyens, son rôle serait de faciliter et de responsabiliser ; il serait au service des citoyens et c’est ainsi qu’il se percevrait.

Confrontation Constructive ou Tension Constructive - l’État et les Communs (cache)

Il y avait une dizaine de personnes durant la session et voici les retours proposés par Confoo dans l’heure qui suit (!) par email.

March 08, 2017 11:00 AM

March 05, 2017

Gautier Poupeau

Réaliser un mashup de données avec Dataiku DSS et Palladio

Dans mon précédent billet sur la préparation des données, j'avais fait part de mon enthousiasme pour la solution DSS de Dataiku dans le cadre de la préparation des données. J'ai donc poursuivi ma pratique du logiciel dans un contexte que j'apprécie particulièrement : la mise au point d'un mashup de données. Cet exercice permet autour d'un exemple concret de faire le tour du traitement des données : recherche, récupération, interrogation, structuration, nettoyage, mise en relation, visualisation. Il est donc parfaitement adapté pour évaluer un logiciel en la matière. Et le résultat fut à la hauteur :

Afin de partager cette découverte, j'ai mis au point un tutoriel qui vise à :

<!--break-->

Il a été mis au point pour les besoins de deux cours de trois heures du module "Données" de la deuxième année du master "Technologies numériques appliquées à l'histoire" de l'Ecole nationale des chartes. Il est par conséquent composé de deux parties. La première partie aborde les points suivants :

  • présentation de la notion de mashup et exemples de mashup ;
  • récupération des jeux de données sur Data.gouv.fr ;
  • chargement des jeux de données dans Dataiku DSS ;
  • préparation des jeux de données dans Dataiku DSS ;
  • mise en relation des jeux de données issus de data.gouv.fr.

Attention ! La seconde partie implique la connaissance du langage de requêtes SPARQL qui vise à interroger des données stockées sous la forme d'un graphe RDF (cf. SPARQL, comment illuminer vos mashups en consommant les données du Linked Data ?). Elle aborde les points suivants :

  • récupération dans DSS des données depuis Wikidata via une requête SPARQL ;
  • empilement de plusieurs jeux de données dans DSS ;
  • mise en relation du jeu de données de Wikidata avec ceux issus de data.gouv.fr ;
  • préparation du jeu de données final ;
  • visualisation des données dans Palladio.

Si certains d'entre vous vont au bout de ce tutoriel, n'hésitez pas à m'envoyer un message pour me faire part de vos retours, remarques et questions. Par ailleurs, les deux supports sont disponibles avec la licence CC-BY et peuvent être téléchargés depuis SlideShare.

Amusez-vous bien !

by got at March 05, 2017 11:59 AM

February 27, 2017

Karl Dubost

La soupe à l'oignon

Oignons et chariot Ofuna, Japon, 26 février 2017

On dirait que son rêve épais de chaque nuit retombe au matin sur la ruelle en vapeur lourde.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Des informations enveloppées en couche successives tirées de la terre par la main d'une personne courbée, assemblées dans un grand paquet prêt à être transporté sur un chariot avec d'autres paquets identiques dans un grand conteneur avec d'autres conteneurs identiques tous dans la cale rouillé d'un grand bateau pour aller loin dans un autre port et les conteneurs débarqués de nouveau, les sacs sortis du conteneur et posés sur un chariot et le sac ouvert afin d'extraire quelques rondeurs pour les tenir dans sa main afin d'enlever les couches extérieures et couper le reste que nous mettrons dans l'eau dans une grande gamelle pour préparer une soupe à l'oignon.

Voilà le fait réel. Voilà les transports du goût et de la joie.

Vide Grenier

Élever des chèvres dans le Vercors. Are we living in a new era of propaganda, I ask Emma Briant? One we can’t see, and that is working on us in ways we can’t understand? Where we can only react, emotionally, to its messages? “Definitely. The way that surveillance through technology is so pervasive, the collection and use of our data is so much more sophisticated. It’s totally covert. And people don’t realise what is going on.”

February 27, 2017 02:59 PM

February 26, 2017

Karl Dubost

Le goût du printemps

Floraison Tsujido, Japon, 26 février 2017

Personne ne nous a appelés ici. Il n'y avait pas de raisons, il n'y avait vraiment pas de raisons.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Que ce soit marcher dans les rues de Tsujido dans l'éblouissement du printemps qui frémit ou bien se laisser émerveiller par l'animation du quartier marchand de Ofuna, l'envie est une joie.

Bottes du Poissonnier Ofuna, Japon, 26 février 2017
Morceau de thon Ofuna, Japon, 26 février 2017

Vide Grenier

A Quantum Leap for the Web Quantum is our effort to develop Mozilla’s next-generation web engine and start delivering major improvements to users by the end of 2017. If you’re unfamiliar with the concept of a web engine, it’s the core of the browser that runs all the content you receive as you browse the web. Quantum is all about making extensive use of parallelism and fully exploiting modern hardware. Quantum has a number of components, including several adopted from the Servo project.

February 26, 2017 01:00 AM

February 25, 2017

Karl Dubost

Du vent dans le renouvelable

pôle électrique énergie renouvelable Yokohama, Japon, 25 février 2017

il illumine une ville transfigurée où plus rien, on dirait, n'est fait pour l'usage banal, où tout est disposé comme dans un décor, pour la vie luxueuse et sans la mesure de l'attente, du pressentissement, du prodige, du coup de théâtre.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Sa marche au rythme étiré me donne la lenteur du regard nécessaire à l'absurdité du monde. Sur le chemin goudronné d'un espace bétonné, une série de lampadaires s'alignent. Chacun avec sa turbine aérienne et son panneau solaire alimente probablement une batterie pendant le jour afin de permettre l'éclairage la nuit. Au pied de cette attention ostentatoire d'une certaine idée du respect de l'environnement, un petit carré d'herbe. Je m'approche. Il s'agit bien là d'un carré d'herbe en plastique. Je suis confus. Je me demande quelle est la chaîne de décisions qui a aboutit de ce projet abscons.

Vide Grenier

February 25, 2017 01:00 AM

February 24, 2017

Karl Dubost

Transport de littérature

vague océan Tsujido, Japon, 24 février 2017

Les rues ici sont pleines de signes évasifs et voletants, et d'allusions pures, …

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Je lis cette nouvelle simple. Le dernier livre de Haruki Murakami sera disponible dans toutes les librairies sauf en Hokkaido. Le train de fret a déraillé. Et je me suis souvenu d'avoir lu le jour précédent une autre nouvelle à propos d'un train ayant déraillé. Les deux nouvelles ne sont pas liées. L'absurdité des services de presse me troublera toujours autant. Il s'agit bien du même train. C'est à ce moment précis que toute une poésie s'ouvre. Un territoire à explorer à découvrir se réalise par le truchement d'une nouvelle simple. Le train qui transportait les livres a déraillé. La littérature s'est arrêtée dans un champ.

Image satellite Ligne Muroran entre Toya et Usu

Un des articles signale que le train se situait sur la ligne JR Muroran entre Toya et Usu. Je regarde alors attentivement la photographie du déraillement. Le train est dans une courbe et il n'y a que deux courbes sur ce tronçon. Dans le fond, je cherche des éléments familiers, un bout de toit, des arbres. Je les mets en perspective sur la carte. Et puis il y a cette route perpendiculaire à la voie. Si j'avais été photographe de presse, je serais allé à cet endroit précis pour prendre la photographie. Oui c'est sûrement là.

Image satellite Tronçon du lieu de déraillement

Et comme les promenades incertaines et sans destination que nous réalisons au gré du vent, nous nous laissons balloter sur les motifs de la carte. Voir le paysage d'en haut invite à la chute douce dans la rêverie. Quels sont ces longues lignes sur la gauche de la carte ? Je m'approche. Le texte japonais semble dire « solaire. » Une centrale électrique ?

Image satellite Un champ de panneaux solaires

Je décide de m'approcher un peu plus. Encore un peu. Jusqu'au moment où finalement je peux poser les pieds au sol. Enfin me voilà. Il y a du soleil aujourd'hui comme de très nombreuses fois ici. Je ne vois jamais la pluie sur Google Maps, ni la nuit. C'est un monde réduit.

Image satellite Une centrale solaire

Décidémment je suis à la mauvaise position. Je n'arrive à voir mon reflet. J'ai beau me tendre sur la gauche. Rien n'y fait. C'est pas grave. Je rebrousse chemin et marche le long de la route en faisant attention de ne pas me faire accrocher par une voiture. L'espace entre la bande blanche et la clôture est réduit. J'hésite. Mais je veux voir par où le photographe est passé.

Image satellite Un chemin de terre pour un train déraillé

Le chemin est boueux. Une maison ou un bâtiment est abandonné ou peut-être la construction n'a pas été achevée. Aujourd'hui, je regarde le chemin où le photographe passera dans le futur pour prendre la photographie d'hier. La seule dimension linéaire est le parcours de la rêverie. Élevons-nous de nouveau dans cette dérive.

Image satellite Le chemin du photographe

Le « chemin du photographe » —je n'ai pas eu le temps de mettre le panneau— au sud de la centrale solaire, à l'ouest de la voie ferrée, se glisse en courbe dans la pente de la végétration. La maison sans toit dévoile son espace intérieur sans révéler son histoire. La trame s'épaissit et le mystère reste entier. Puisque nous sommes ici, je me décide d'aller vers la gare de Usu et d'abandonner mon train.

Image satellite La gare de Usu

Devant la gare de Usu, il y a trois vélos : un bleu, un blanc et un rouge. Une cabine téléphonique sous un arbre à palabres avec des rochers pour les conversations trop longues, une poubelle et une porte d'entrée coulissante. La gare est blanche. Dans la salle d'attente au mur bleu et rouge, on ne voit personne sur les bancs. Le silence. Sur les quais, il n'y a personne et je n'aperçois aucun train sur la ligne. J'attends. Je ne sais pas pourquoi, je me dis que le train pourrait débouler à tout moment. Et puis je me souviens, la ligne est bloquée. Un train a déraillé. Je reprends le chemin et je m'éloigne de la gare. J'ai faim.

Image satellite Restaurants de Usu

Sur ma gauche, deux restaurants. Le premier Tashima-shoten ( 田島商店), difficile de deviner ce que la famille Tashima vendait ici. Est-ce bien un restaurant ? Le second tout aussi rouillé, kaa-chan-shokudo (かあちゃん食堂), un ancien restaurant de ramen. Ce n'est pas aujourd'hui que je vais manger. Allez un dernier saut pas trop loin, mais juste assez près de la côte, pour voir les bateaux passés sous les ponts et les panaches de fumée des usines chimiques (JXエネルギー 室蘭製造所).

Image satellite Usine, bateau et pont

À quand le prochain déraillement littéraire ?

Vide Grenier

fake. Le mot de l'année 2017 ? In fact, these reactions can be traced to a deeper deficiency: the Oscar favourite is a fake movie. Poke your finger through the sugary icing and you find no cake beneath – no heart, no soul, no joy, no warmth, no wonder.

Retard de livre The release will be delayed at least a day in Hokkaido due to freight train crash, according to the publisher.

Déraillement de littérature pour Haruki Murakami SAPPORO – Another freight train derailment in Hokkaido early Thursday disrupted commuter runs between Sapporo and Hakodate, Japan Freight Railway Co. said. (…) The two locomotives were pulling 17 freight cars en route from Tokyo to Sapporo at the time. The train was going about 70 kph before the driver stopped. The driver was the only person in the train and was not injured in the incident.

February 24, 2017 01:00 AM

February 22, 2017

David Larlet

★ Web developer

what is a web developer? How do you define one? What knowledge and skills does it take to be one?

To me, a web developer is a programmer who is not only able to write HTML, CSS, and JavaScript by hand, but also has a deep understanding of what browsers can do to that code.

What is a web developer? (cache)

To me, a web developer is a human with enough empathy, humility and practicality to publish resilient and usable webthings. Even better if s·he is part of an inclusive team focused on value(s).

And now I’ll have to define each term.

Human because if you forget this simple fact you are not considering the culture, the experience, the relationships or even the mood of the person you are talking about.

Empathy because you have to care about yourself, about your peers and about your users all day long. Preserving the motivation of all these people to achieve their respective tasks is key and partly depends on you.

Humility because you have to accept the futility of what you are developing for. You have to accept the obsolescence of your knowledge. You have to try, learn, fail, share. And try again.

Practicality because sometimes you have to put your ego, your best practices, your purity aside (hopefully) for a short amount of time and keep going. Better having room for improvement on a public product than working on a perfect private vaporware.

Resilient by using tools that last and are accepted by the team. It may not be pertinent though but it has to be explicit in this case.

Usable by making fast and accessible products, otherwise coding is “just adding bugs to an empty text file” to quote Louis Srygley. A web developer has to understand the biological complexity of the Web.

Webthing because the definition of a website or a webapp is not anymore pertinent. And that is a good thing. Defining is not important after all. Oh wait!

Inclusive team in order to develop inclusive products.

Value(s) both to focus on what is delivered and why.

All that being said, is it really relevant to know how to “write HTML, CSS, and JavaScript by hand”? I’m not sure it really matters and it probably changes from one developer to another. It’s part of the pleasure for me to have as few as possible layers between what I type and what is being finally rendered because I like that simplicity. An editor, a few lines of code, a browser and something understandable happens. An Electron app, yarn install, webpack […] and something magic happens.

And I’m tired of debugging magic, it’s not part of my definition.

February 22, 2017 11:00 AM

February 21, 2017

Karl Dubost

L'implosion lente

Lierres enserrant une fenêtre Tsujido, Japon, 20 février 2017

l'oreille de prisonnier malgré elle tendue vers le mur vivait tout entière de l'autre côté, et dans le fond de la tranchée abritée je marchais la tête un peu déjetée vers la rumeur peuplée de signes, comme on marche sur une plage au bord des langues de la marée montante.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Une apnée suit le regard. Nous serrons les dents. Nous ressentons déjà le souffle de l'implosion. La maison prête à être broyée un matin de printemps sous le lierre vivace.

Vide Grenier

Les océans “I want to do better in my life,” she says. “I want a healthy life. I want a wonderful life. And I want to see the ocean.”

February 21, 2017 02:59 PM

David Larlet

★ Politique et reliance

Ainsi de la formation scolaire : plus on s’oriente vers la fonction pratique, technique, adaptée au monde moderne, et plus on interdit toute connaissance vraie, toute réflexion, toute prise de conscience par l’adaptation préalable. L’enseignement des jésuites de 1830 me parait bien plus apte à cela que le plus moderne et pédagogique de nos enseignements audiovisuels qui n’est jamais rien d’autre qu’un mécanisme d’adaptation pure et simple à la société et donc interdit a priori toute prise de conscience et toute réflexion. Il en est de même en ce qui concerne l’information. Il ne s’agit pas de plus informer le citoyen. Il ne l’est déjà que trop. Il est faux que le citoyen très informé soit plus apte… il est plongé dans l’actualité, présente le type même de l’illusion politique, et se trouve plus facilement livré à la propagande. Bien entendu nous ne voulons pas dire par là qu’il faut supprimer enseignement et information, mais simplement tels qu’ils sont conçus (et j’entends par là les plus ultimes pointes du progrès pédagogique et de la bonne information), ils ne peuvent que préparer l’homme à se gaver d’illusion. Le connaître et le comprendre ne peuvent être le fait que de la personne privée, et non de l’être social. C’est ici que réside le malentendu de base.

Il nous faut bien évidemment savoir que « le sujet de la pratique politique et la personne privée sont le même », mais le sujet de la pratique politique ne peut être qu’une personne privée existant en tant que telle et se livrant en tant que telle à l’exercice politique : il s’agit d’un homme conscient de soi avant d’être responsable de la vie publique, et il s’agit dans l’enseignement et dans l’information de permettre la création du premier et non du second.

L’illusion politique par Jacques Ellul.

Merci Thomas pour ce livre que je lis avec assiduité (sur le trône, je le con-fesse (ça commence bien cet exercice). Il a sur moi l’effet d’un pharmakon, rassurant de se sentir moins seul et déprimant de voir que la situation a si peu évoluée en 40 ans. Tiens d’ailleurs en parlant de déprime, je n’ai toujours pas répondu à Cascador sur mon manque de distinction entre le burn-out et le bore-out. Ils ont pour moi tout deux la même origine qui est un manque d’écoute de soi et d’identification des burn-in et bore-in annonciateurs. Je me disais l’autre jour que le sport m’aide beaucoup en ce sens, je ne veux surtout pas écouter de musique dans ces moments là car ils me permettent d’être à l’écoute de mon corps et de mon esprit.

Par triple association d’idée, j’en viens à penser à Aurélien. Je n’arrive pas à réagir à ses récents articles et j’ai du mal à en identifier les causes. Peut-être vouloir rester accessible, peut-être l’incapacité d’atteindre ce niveau. Je continue de réfléchir à l’éthique des algorithmes vs. la morale de leurs implémentations. La réflexion est comme une marée dont les idées fluctuent avec le ressac. J’ai cette même approche avec le Cercle des diodes (cache) (à distance) qui consiste à réfléchir ensemble en jouant un rôle. Si les sujets « Peut-il y avoir rencontre à distance ? » et « Tout est-il politique ? » ont été traités très rapidement, ils ne cessent de se rappeler à moi au gré d’insomnies.

Pour moi, en une première approche très générale, la reliance possède une double signification conceptuelle :

  1. l’acte de relier ou de se relier : la reliance agie, réalisée, c’est-à-dire l’acte de reliance ;

  2. le résultat de cet acte : la reliance vécue, c’est-à-dire l’état de reliance.

Reliance, déliance, liance : émergence de trois notions sociologiques (cache)

Je me souviens d’Élodie qui souhaitait introduire la reliance comme valeur de scopyleft. Ou peut-être était-ce lors d’une autre discussion, difficile de savoir. Il faudrait que je prenne de ses nouvelles et lui faire savoir que certaines graines continuent de germer longtemps après son passage. Et si c’étaient les défaillances de la mémoire qui permettaient d’affaiblir et de renforcer les liens ? On s’enrichit d’un côté, on encaisse de l’autre et on progresse ainsi en essayant de survivre.

Dans résilience il y a lien.

À force d’écrire sur du papier, j’ai mal au poignet gauche. Heureusement que je me suis fait un entorse à droite, j’aurais été frustré de ne plus pouvoir écrire du tout. Bientôt rééducation avec sa numérisation ?

Texte rédigé lors d’un exercice d’écriture libre (cache) ce qui explique le fouillis incompréhensible de mes pensées, publié tel quel après quelques jours pour mémoire. Une fois re…lié.

PS : si vous êtes en tension tout comme moi, j’abrège votre souffrance), intéressant de constater qu’à l’écrit je n’ai pas eu de problème à l’oublier, je me demande si ce TOC est sur-représenté chez les développeurs :-).

February 21, 2017 11:00 AM

✍ Lettre à Jean-Pierre

Jean-Pierre,

Tu fais partie des anonymes qui m’écrivent pour réagir sur un ancien article — en l’occurence 2009 — car cet espace a le (mal|bon)heur de n’être pas trop mal indexé parfois. Je ne sais pas comment gérer ces échanges sur des positions qui ne sont plus forcément les miennes. Le contexte a évolué, j’ai évolué.

Internet oublie toujours tout mais cet endroit constitue une part de ma mémoire et de mon histoire que j’essaye toutes deux de préserver. Petit plaisir narcissique, expérience personnelle et génératrice d’échanges que j’encourage lorsqu’ils sont bienveillants. Je me demande souvent ce qui motive l’envoi d’un courriel à un inconnu pour lui prouver qu’il a tort. Une question d’égo ou de paternalisme inconscient peut-être.

Qui sait, peut-être un jour irons-nous discuter de tout cela… à Arles ?

David

February 21, 2017 11:00 AM

February 20, 2017

Karl Dubost

Passer le message

Boîte aux lettres Tsujido, Japon, 20 février 2017

Il n'y avait personne.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Nos messages infusés de notre complexité sont oubliés. Quels sont les mots que nous ignorons dans l'accumulation ? Et pourtant ils sont enveloppés d'une certaine matérialité. D'un mot gravé, nous dessinons une rêverie. Un sémaphore californien lie l'humanité tendre d'une marche à Yokohama. Ces subtiles connexions nous ne pouvons les ignorer. Elles sont ce que nous sommes, la voix et le cœur gravés dans le chemin imparfait des poètes, des passeurs de verbe.

Copie d'écran video Vidéo de François Bon à San Francisco

Vide Grenier

Déconnexion suspecte. Those seeking to disconnect will ultimately have to pay for the privilege – in higher loan rates, more expensive insurance packages, more time wasted on trying to assure the immigration officer of one’s peaceful intentions.

February 20, 2017 02:59 PM

February 19, 2017

Karl Dubost

Communiquer

Tour de communications Tokyo, Japon, 19 février 2017

Les choses viennent à nous claires et nettoyées dans ces intervalles qui sont une rémission, combien notre bouche remuait de poussière !

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Dans la ville on ne voit que le brasier, jamais le message. Les signaux de fumée sont imperceptibles. Et pourtant qu'il doit être bruyant l'environnement.

Vide Grenier

February 19, 2017 02:59 PM

February 18, 2017

Karl Dubost

Le chemin du bambou

bambou et graffiti Tsujido, Japon, 18 février 2017

Avec l'économie des gestes va l'économie de la voix.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

L'abondance sauvage du bambou bouillonne le long de la rivière. Une maison étouffée entre les feuilles s'abandonne à l'usure. Là la poussière, ici le frémissement de la mémoire, le temps se voit. Ainsi parle la rue en passages renouvelés.

Vide Grenier

February 18, 2017 02:59 PM

February 17, 2017

Karl Dubost

La forêt suburbaine

affiche de forêt dans un couloir Tokyo, Japon, 16 février 2017

Ce qui se dégage le plus fortement de ce spectacle, c'est une impression, étrangement appaisante d'évidence.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Dis, l'ami… entends-du ? Le chant des oiseaux dans les arbres. Tu ne vois pas les oiseaux ? Oui, c'est normal ; la forêt est dense. Ah quelle mélodie. Et tu sens le parfum du sugi et de l'hinoki qui se glisse entre les pas des hommes pressés. Et nos pas, justement l'ami, tu sens comme tout est devenu soudainement feutré sur le tapis d'aiguilles. Ah… tu n'as pas le temps. Très bien, bon retour chez toi. Moi ? Je reste un peu. Je veux me souvenir de la couleur de la forêt quand je fermerai les yeux ce soir. Encore un peu avec le parfum et la mélodie.

Vide Grenier

February 17, 2017 02:59 PM

February 16, 2017

Karl Dubost

La machine-homme

homme dans un escalator Otemachi, Japon, 16 février 2017

La terre n'apparaît nulle part : les rues en pente raide, les placettes sont dallées ; on dirait que toute cette acropole est serrée, corsetée dans une armure chagrine de pierre et de silence.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Quand la machine-homme n'est pas guidée dans son horizontalité, elle continue sa lente progression à travers l'espace mécanique. L'escalator est l'agencement mobile de l'inaction, une préparation à l'obédience pour le système des échanges. Sur la chaîne de montage de notre conditionnement économique, la machine-homme est placée sur une marche qui s'élève ou plonge dans une diagonale pré-contrainte. Nous n'allons nulle part. Nous allons sans destination, sans échappée, sans décision. Nous n'allons pas. Nous sommes menés. Nous nous réduisons à notre fonction utilitaire, une machine avec un rêve programmé d'humanité.

Vide Grenier

Qu'est-ce qu'un designer ? The job is to help people — human beings, homo sapiens — be as intelligent, considered, empathetic, conscientious, engaged, appreciative, detailed and holistic as can be.

Leadership and Governance. Je ne suis pas un fan de « Leadership, » mais en revanche j'apprécie la « Governance. » Growing open source projects can benefit from formal rules for making decisions.

The Electric Book workflow The Electric Book workflow is a set of tools and processes for creating high-quality books. We developed it at Electric Book Works for our own publishing. It lets you store books in plain text with great version control, and output website versions, ebooks and print editions easily from a single source.

February 16, 2017 02:59 PM

February 15, 2017

Karl Dubost

Géométrie de l'enfance

barres de couleur bleue Tsujido, Japon, 4 février 2017

J'écris ceci tard dans la nuit.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Ce souvenir de bac à sable aux Sapins à Rouen, de jeu de billes sur des pistes circulaires sculptées longtemps, de l'heure qui s'échappe trop vite où il nous faut déjà rentrer—d'ailleurs comment savions-nous que c'était l'heure de rentrer et cette montagne de barres assemblées en cube, premier sommet pour découvrir la verticalité. Alors quand je l'ai vu ce grand cube de barres bleues usées par les chaussures, les mains, la pluie et le soleil, le désir de grimper encore une fois a surgi. Quel bonheur d'être à la hauteur des arbres, de voir la perspective des toits et de flotter au-dessus de sa mémoire.

Vide Grenier

Planetplanet. Dernier commit : 13 février 2007 Planet is an awesome 'river of news' feed reader. It downloads news feeds published by web sites and aggregates their content together into a single combined feed, latest news first.

Planet Venus. Dernier commit : 18 février 2011 Planet Venus is an awesome ‘river of news’ feed reader. It downloads news feeds published by web sites and aggregates their content together into a single combined feed, latest news first.

Planet Mars. Dernier commit : 30 décembre 2013 Python-based Planet feed aggregator that uses Jinja2 for templating.

Centaur. Dernier commit : 29 octobre 2014 A Planet-like feed aggregator

February 15, 2017 02:59 PM

February 14, 2017

Karl Dubost

Chez le fleuriste

Rubans de couleurs Tsujido, Japon, 14 février 2017

Nos journées n'étaient jamais oisives.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Chez le fleuriste, les employés semblent tout droit sortir de New World

Chez le fleuriste, des carpes trop grosses dans un bassin trop petit s'époumonnent à la surface de l'agonie.

Chez le fleuriste, les palettes de couleur enrubannées prennent la poussière.

Chez le fleuriste, le béton mouillé glisse.

Chez le fleuriste, on sent le parfum des tiges tranchées dans la journée.

Chez le fleuriste, on rêve de beauté sous les pétales déjà morts.

Chez le fleuriste, on a toujours ce sentiment doux-amer… tiens un autre film coréen de gangsters.

Vide Grenier

How this company tracked 16,000 Iowa caucus-goers via their phones What really happened is that Dstillery gets information from people’s phones via ad networks. When you open an app or look at a browser page, there’s a very fast auction that happens where different advertisers bid to get to show you an ad. Their bid is based on how valuable they think you are, and to decide that, your phone sends them information about you, including, in many cases, an identifying code (that they’ve built a profile around) and your location information, down to your latitude and longitude.

February 14, 2017 02:59 PM

February 13, 2017

Karl Dubost

Les matins généreux

Soleil levant sur le pin et les sudare Tsujido, Japon, 11 février 2017

Il nous suffisait soudain de si peu.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Quand le monde vous éveille et que le soleil généreux joue le grand théâtre de la nature, cette fébrilité là, je l'insuffle avec le matin jusqu'aux heures sombres de la fatigue.

Vide Grenier

February 13, 2017 02:59 PM

February 12, 2017

Karl Dubost

Le printemps de février

Prunier fleuri Tsujido, Japon, 12 février 2017

L'air était merveilleusement vif et cru ; le corps ici se frottait non à l'eau et à la terre molle mais à leur seule efflorescence pure et mordante : le sel et le sable–dans la friction rude et salubre et la gerçure du grand vent qui claquant, tout le jour on croyait marcher nu.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Et comme chaque année le moment tant attendu…

Vide Grenier

La mouvance statique. Mon principal problème avec tous les gestionnaires de soit-disant contenu statique est qu'ils le ne sont pas. Le contenu n'est pas généré à chaud en effet, au moment de la requête HTTP, mais il est tout de même généré au moment de la mise à jour. Mais le problème, le plus important est que presque tous ces gestionnaires regénèrent tout le contenu du site pour la création d'un seul article et de fait la plupart du temps détruisent les informations de cache HTTP. Revenir à des choses simples et performantes, c’est la philosophie du générateurs de site statique. Déployés sur des CDNs à moindre coût, ils sont plus rapides, plus sécurisés et donc beaucoup moins onéreux. Les sites statiques connaissent une popularité grandissante de par leur efficacité et la facilité avec laquelle il est possible de nos jours de faire du déploiement continu, à savoir plusieurs dizaines de mises en production par jour.

February 12, 2017 02:59 PM

February 11, 2017

Karl Dubost

Le monde d'aujourd'hui

grêle sur un pin Tsujido, Japon, 10 février 2017

La terre fondait peu à peu entre le ciel et l'eau.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

J'aime cette vue du monde d'aujourd'hui. Je n'aime pas son contenu mais sa condensation. « The Guardian » a réalisé des pages condensées pour chaque journée. Je peux remplacer le mot « world » par celui de « culture. » Ce n'est pas beaucoup plus épanouissant, peut-être moins violent, que ce soit la ville ou l'environnement. Les sites Web de presse avec leur page d'accueil continuellement mise à jour sont toxiques. J'aimerais tant une page d'accueil qui se met à jour petit à petit et qui chaque jour redémarre blanche à minuit là où se trouve le siège du journal.

vieille carte postale avec famille sur la plage Enoshima, Japon

Vide Grenier

February 11, 2017 02:59 PM

David Larlet

★ Guerre et suicide

Toutes les fois qu’à notre époque éclate une guerre, alors éclate aussi et surtout parmi les plus nobles fils du peuple un désir secret : ils s’exposent eux-mêmes au nouveau danger de mort parce que dans leur sacrifice pour leur patrie, ils croient qu’ils ont enfin trouvé la permission qu’ils n’ont cessé de chercher, la permission d’échapper à leur destinée humaine. La guerre est pour eux une forme plus aisée du suicide, elle leur permet de se suicider la conscience en paix.

Nietzsche

Cette citation a la puissance de remettre en question la bêtise que j’associais à la guerre et au patriotisme. Je me suis longtemps demandé comment autant de personnes pouvaient accepter d’aller tuer leur prochain pour le pouvoir de quelques uns sans forcément y associer le mal-être de toute une frange de la population. Cela est peut-être dû à la façon dont l’Histoire est enseignée, il n’y a dans mon souvenir que l’origine de la seconde guerre mondiale que l’on transmet sur ces bases de frustrations de tout un peuple.

Si j’ai fui l’Asie, puis l’Europe, c’est en partie par peur de la guerre. Mais aussi car je ne veux pas me retrouver dans ce mal-être et l’auto-alimenter. Avant la guerre il y a la perte d’enthousiasme et de bienveillance, des tensions qui se cristallisent autour des cultures et des possessions. J’ai besoin d’un environnement propice à l’expression de ces qualités, j’ai besoin d’être entouré de cultures différentes pour m’enrichir, j’ai besoin de me sentir libre de mes possessions pour ma propre (r)évolution (cache).

C’est parce que je suis incapable de réaliser le bien dans ma vie que je projette sur l’État qui doit le réaliser par procuration à ma place. C’est parce que je suis incapable de discerner la vérité, que je réclame que l’administration la discerne pour moi, me dispense de cette quête pénible, et me la remette toute produite. […] Ce sont les mêmes motifs, c’est le même processus, c’est la même mystification qui conduisaient l’homme dans la religion et à attendre de Dieu l’accomplissement de ce qu’il ne savait pas faire, et qui le conduisent aujourd’hui dans la politique à attendre de l’État ces mêmes choses.

Rejeter sur l’organisation de la société la solution de tous les problèmes personnels, la réalisation des valeurs, c’est réaliser une opération très commode d’absentéisme humain.

L’illusion politique, Jacques Ellul.

Mes voisins ont cédé à cette pulsion suicidaire et questionnent les valeurs des autres humains :

  • Êtes-vous aussi désespérés que nous au point de vouloir avoir recours à un suicide collectif ?
  • Avez-vous si peu appris des faiblesses humaines au cours de l’Histoire ?
  • Est-ce que votre vie a encore une quelconque saveur lorsqu’elle est privée de savoirs ?

Cet aveu de manque d’éducation est terrible et se concrétise logiquement par la mise au pouvoir d’un CEO :

The final thing I’ll say is that government will never run the way Silicon Valley run because, by definition, democracy is messy. This is a big, diverse country with a lot of interests and a lot of disparate points of view. And part of government’s job, by the way, is dealing with problems that nobody else wants to deal with.

So sometimes I talk to CEOs, they come in and they start telling me about leadership, and here’s how we do things. And I say, well, if all I was doing was making a widget or producing an app, and I didn’t have to worry about whether poor people could afford the widget, or I didn’t have to worry about whether the app had some unintended consequences – setting aside my Syria and Yemen portfolio – then I think those suggestions are terrific. (Laughter and applause.) That’s not, by the way, to say that there aren’t huge efficiencies and improvements that have to be made.

But the reason I say this is sometimes we get, I think, in the scientific community, the tech community, the entrepreneurial community, the sense of we just have to blow up the system, or create this parallel society and culture because government is inherently wrecked. No, it’s not inherently wrecked; it’s just government has to care for, for example, veterans who come home. That’s not on your balance sheet, that’s on our collective balance sheet, because we have a sacred duty to take care of those veterans. And that’s hard and it’s messy, and we’re building up legacy systems that we can’t just blow up.

Extract of a speech at Frontiers Conference 2016, Barack Obama

Barack Obama s’adressait probablement davantage aux CEO de la Silicon Valley et peut-être plus directement à Mark Zuckerberg (cache) à ce moment là, il n’empêche que le président actuel apporte avec lui tout le champ lexical guerrier du commerce. Ainsi qu’une incompréhension de la diversité nécessaire à la démocratie et du temps long associé pour rendre assimilables des valeurs par une culture.

February 11, 2017 11:00 AM

February 10, 2017

Karl Dubost

L'instant replié

grêle dans un jardin derrière un sudare Tsujido, Japon, 10 février 2017

on sentait brusquement autour de soi s'élargir le soir vide.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Est-ce le sudare que le vent balance ? Je ne sais pas. Ou peut-être les aiguilles de pin se chargeant d'une cendre hivernale, dure et froide ? Je ne sais toujours pas. Mais un temps d'enfouissement aérien engorge l'espace du mouvement. Les turbulences climatiques s'établissent. Le soi complet s'échoue sur l'immobilité tendue de cet instant replié.

Vide Grenier

Les statistiques d'un site Web ne représentent que l'échantillon de ce que le site permet. Que ce ne soit pour l'accessibilité, l'internationalisation, la performance. Un bel article à propos du Web engorgé. Après la rouille du Web, peut-être devrais-je parler de l'obésité du Web. When I was at Google, someone told me a story about a time that “they” completed a big optimization push only to find that measured page load times increased. When they dug into the data, they found that the reason load times had increased was that they got a lot more traffic from Africa after doing the optimizations. The team’s product went from being unusable for people with slow connections to usable, which caused so many users with slow connections to start using the product that load times actually increased.

February 10, 2017 02:59 PM

February 09, 2017

Karl Dubost

Le déambulatoire horizontal

couloir de tour à bureau Otemachi, Japon, 9 février 2017

Quelquefois, quand nous passions en vue d'une de ces épaves déjà sombrées dans les remous de l'écume verte, une curiosité triste nous écartait un moment de la Route, et par les fenêtres arrachées, nous jetions un coup d'œil dans les pièces vides.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Au 27eme étage de la tour, il est rare d'entendre un bruit dans le déambulatoire. Face à soi, sans envisager la rencontre, je parcours les géométries. Je ne connais que celui-ci et pourtant j'imagine les autres au dessus et en dessous. Leur volume en creux de béton, en plein d'humanité rare éveille le sens de l'improbable. Un pas lointain et nous rêvons déjà du geste de la tête pour reconnaître notre semblable symétrique et contradictoire dans sa trajectoire. Pas un mot, juste une absence de rencontre, pour nous donner la chair timide des hommes occupés.

Vide Grenier

Comprendre de nouveau Cache-Control et Etag par la pratique.

February 09, 2017 02:59 PM

David Larlet

✍ Lettre à Marion

Marion,

Merci pour ta réaction au sujet de la vitesse et de l’écriture qui est ton domaine. Je voulais à mon tour rebondir sur la différence entre un ouvrage et un blog. Dans le premier cas, on est dans l’expression d’une thèse qui demande un temps long. Dans le second, je pense que l’on est dans la construction d’une thèse qui demande également un temps long. Dans les deux cas, cela requiert des itérations empreintes d’humilité pour revoir sa copie et continuer à partager tout de même avec son éditeur ou avec son lectorat. Lorsqu’on tente de transformer son lectorat en éditeur, cela peut avoir des effets de bord non négligeables (cache) par contre, voir aussi mes propres déboires avec LEAN.

Néanmoins, le blog est le fruit d’une évolution personnelle grâce à l’intelligence du collectif qui a pris la peine d’échanger, de proposer d’autres voies. Un journal qui n’est plus un curriculum vitae mais un chemin de pensée montrant une progression au fil des années. J’y vois une sorte d’impressionnisme qui donne l’image de l’auteur lorsqu’on prend suffisamment de recul. Une vidéo peut-être plus qu’une image pour sa nature évolutive et vivante. Si l’on file la métaphore, un manuscrit ressemble davantage au tableau académique d’une nature qui est morte lors de sa mise sous presse.

La différence fondamentale entre les deux approches réside peut-être dans la nature publique ou privée du processus d’amélioration continue. Le blog se rapproche de l’open-source sur ce plan là qui consiste à exposer son code à la critique collective en vue de le rendre plus pertinent. La gouvernance change alors et réduit les intermédiaires, on se rapproche également des AMAP et des circuits courts. Chaque lecteur pouvant à son tour devenir auteur le temps d’un échange.

Et tisser les liens qui font la toile.

David

February 09, 2017 11:00 AM

February 08, 2017

Karl Dubost

La folie des frontières

Yuzu Tsujido, Japon, 5 février 2017

L'homme avait commencé à assujettir ces étendues vagues, puis il s'était lassé d'y mordre, et maintenant même le goût de maintenir sa prise avait pourri : il s'était fait partout un reflux, un repli chagrin.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

J'aime ce pas que l'on réalise dans sa noblesse, dans ce geste du corps lancé en avant en passant une frontière. Ce pas est parfois difficile à entrervoir surtout car les aéroports ont partiellement effacé les lignes symboliques et émotionnelles. On ne pose plus le pied au sol, ou rarement, en sortant d'un avion et l'avion nous pose à l'intérieur et non pas au bord de la frontière comme un bateau, un train ou une route peuvent le faire. J'ai traversé de la Thaïlande au Cambodge à pied. Et du Québec aux États-Unis plusieurs fois, où il faut descendre de la voiture pour remplir les papiers nécessaires. Il y a cette matérialité du passage, une sorte de contrat physique.

La prochaine grande réunion de travail de Mozilla sera à San Francisco. Les États-Unis. Mon premier passage a été en bus depuis Montréal vers New-York en 1992. J'étais étudiant. Progressivement, j'ai vu le passage se durcir. Que ce ne soit par les questions ou les formalités. ESTA, empreintes digitales, machines scanner et bientôt l'absorption obligatoire de vos données numériques. Et bien que privilégié, je regarde cette étau avec grande tristresse. Mon prochain voyage aux États-Unis pour le travail, je pense y aller sans données personnelles, puisque le simple passage de la frontière est un risque. Le risque a plus d'une ramification. Ce que nous transportons dans nos appareils mobiles et nos ordinateurs sont des tranches de vie, non pas seulement la notre, mais celles de tous nos contacts, de toutes personnes avec qui nous communiquons. Cela me pose déjà un problème pour mes données personnelles, mais c'est encore plus terrifiant pour les données des autres personnelles. Une forme de responsabilité supplémentaire surgit. Pour la même raison, je ne partage jamais mes carnets d'adresse sur les services en ligne.

Et bien que je ne sois suspect de rien, je ne veux pas prendre le risque qu'au moment de passer la frontière, je sois pris par malchance comme cible d'un siphonage de données. Le prochain voyage sera sans appareil mobile et avec un laptop vierge.

Vide Grenier

February 08, 2017 02:59 PM

February 07, 2017

Karl Dubost

User modéremment

Scooter le long d'une clôture Tsujido, Japon, 5 février 2017

Les traces de vie n'étaient pas absentes, …

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Au Japon, rien ne se démode ; tout prend de la patine.

Vide Grenier

February 07, 2017 02:59 PM

February 06, 2017

Karl Dubost

Rencontrer un mur

mur et plantes au-dessus Tsujido, Japon, 5 février 2017

Nous allions joyeusement. Ce qu'il y avait de vague et de presque fabuleux dans notre destination rendait toute sa fraîcheur au mot magique : partir sur les routes — au surplus rien ne nous pressait.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Il aura suffi d'un coin de mur pour alléger l'effort, la fatigue d'une journée. Il aura été nécessaire qu'un feu de la circulation nous arrête là, à ce moment de la journée. Rêvasser au creux de brèves interruptions, voilà le bonheur que nous voulons.

Vide Grenier

L'ouverture dans la pratique Today the setting is different. We were wildly successful with the idea of engineers working in open systems. Today open source code and shared repositories are mainstream, and in many areas the best of practices and expected and default. On the other hand, the newer communication and workflow tools vary in their openness, with some particularly open and some closed proprietary code. Access and access control is a constant variable. In addition, at Mozilla we’ve added a bunch of new types of activities beyond engineering, we’ve increased the number of employees dramatically and we’re a bit behind on figuring out what practicing open in this setting means.

February 06, 2017 02:59 PM

February 05, 2017

Karl Dubost

Les rues de quartier, une sollicitation

homme à vélo avec parapluie Tsujido, Japon, 5 février 2017

Je sentais que j'aimais ce silence, et je comprenais qu'on pouvait s'en nourrir. Je comprenais, à l'instant de la quitter, qu'un charme touchait cette vie exténuée, cette ville exsangue où le temps posait sur toutes choses une main douce et usée. Une espèce de bonheur y était possible, une paix de champs d'asphodèles enveloppait ce volettement sans bruit. Ce silence bienheureux de bocage funèbre — un frottement si long, un toucher si fin avaient usé tous les angles que rien ici jamais n'était déchirement.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Les rues de quartier sont un espace de vie. Petites, avec détours et sans balisages et surtout occupées par les piétons et les vélocipédistes, elles sont souvent l'espace où nous pouvons relâcher notre attention sécuritaire et explorer notre attention poétique. Nous nous interrogeons souvent sur les sollicitations des réseaux sociaux qui nocivement occupent le terrain de notre attention. Et pourtant, l'espace public est une série de constantes sollicitations. Peut-être existe-t-il là un chemin à explorer, non pas tant sur la notion de la sollicitation, mais bien plus sur la qualité de cette sollicitation. Quelles sont celles qui nous dévorent et celles qui nous épanouissent ? Celles qui nous alertent et celles qui nous apaisent ? Celles qui nous contraignent et celles qui nous invitent à la dérive poétique ?

Vide Grenier

Standup v2: the rewrite Standup is a system for capturing standup-style posts from individuals making it easier to see what's going on for teams and projects. It has an associated IRC bot standups for posting messages from IRC.

February 05, 2017 02:59 PM

David Larlet

★ Algorithmes et public relations

Mais il est un moyen pour diminuer ce sentiment d’arbitraire et de toute-puissance. C’est l’application des public relations à l’administration : il s’agit d’amener le citoyen à comprendre le pourquoi des décisions prises et, bien plus, à le faire collaborer activement avec l’administration. Des services spécialisés vont alors être à la disposition des administrés pour leur montrer comment fonctionne le service, quelles sont les règles appliquées, pourquoi telle décision plutôt que telle autre a été prise, en quoi ceci est juste, etc. Dès lors disparait le sentiment d’angoisse : l’individu se trouve devant un univers explicable, où les actes ne sont pas absurdes, mais au contraire rationnels et réfléchis. Il est dans le système. La décision qui le révoltait devient absolument normale à ses yeux aussi. Le comportement de tel corps de police qui lui paraissait scandaleux devient exactement explicable quand on se situe dans le service et l’optique de ce corps ; les public relations sont donc une méthode pour incorporer psychologiquement l’administré dans l’administration, pour lui faire accepter de bonne grâce l’acte commis, pour le faire adhérer à ses raisons.

Autrement dit, il s’agit de réduire le conflit, de créer de bonnes relations, mais celles-ci fondées non sur le fait que l’administration serait au service de l’administré (ce qui est impossible ; la formule est souvent employée, mais elle n’a tout simplement pas de contenu réel imaginable !), mais sur le fait que l’administré, ayant compris, ne rouspète plus. Comme dans tous les domaines, les public relations sont un mécanisme de conformisation : qui ne fait qu’accentuer l’autorité, la toute-puissance administrative et ne la compense absolument pas.

Or c’est bien ici que réside l’illusion politique : croire que le citoyen par la voie politique pourrait maîtriser ou contrôler cet État, pourrait le changer.

L’illusion politique par Jacques Ellul.

La lecture du chapitre relatif au Contrôle de l’État ne cesse de m’évoquer le rapport que l’on a aujourd’hui aux plateformes et à leurs algorithmes. Il y aurait des pages entières que l’on pourrait remettre au goût du jour en intervertissant l’État et les plateformes ce qui pose réellement la question de leur nature politique (cache).

Tout le débat actuel sur l’ouverture et la documentation des algorithmes s’y retrouve. Comprendre sans pouvoir influer. Une autre forme de bureaucratie opaque que l’on essaye de rendre davantage supportable à ceux qui en font les frais. Un bien commun soustrait au collectif de par son passage à l’échelle. Civisme d’un côté, attention de l’autre. Tout deux sacrifiés sur l’autel d’un capitalisme confisquant le temps nécessaire au respect et à la confiance, eux-mêmes garants de notre humanité. On parle beaucoup de biens communs ces temps-ci sans préalablement explorer les maux collectifs. Et si l’on repartait des besoins ?

L’antinomie entre bureaucratie et démocratie est bien connue, bien étudiée. Mais l’illusion est de croire que la bureaucratie peut être dominée par la démocratie.

Toutefois la nouvelle notion de la démocratie (populaire) concorde bien avec la bureaucratie sur le plan totalitaire : la démocratie n’est plus un moyen de contrôler le pouvoir, mais un moyen d’encadrer les masses.

Ibid.

February 05, 2017 11:00 AM

✍ Lettre à Pep

Pep,

J’ai suivi avec intérêt tes réflexions (cache) relatives aux modes de publications. Elles s’orientent déjà trop pour moi dans la technique et dans la complexité pour avoir envie de rejoindre un tel mouvement. J’ai le sentiment d’avoir fait ce chemin et d’en être revenu en raison de l’entre-soi qu’il accentue sous couvert d’adoption précoce. Je suis aujourd’hui davantage dans l’aide à la simplicité de publication qui me semble être la première étape libératrice, laissant les interactions et les algorithmes aux plateformes filtrantes. Au moins pour un temps.

Je réinvente des générateurs statiques, je m’inspire du travail de collègues et j’essaye au moins de répondre à mes propres besoins. Je me suis longtemps retenu de publier quoi que ce soit en laissant des briques à assembler soi-même. De la publication naissant la responsabilité, la culpabilité et la naissance d’un nouveau silo. Aussi petit soit-il. Et d’un autre côté l’envie de créer un outil convivial dont puisse s’emparer l’auteur en touchant à trois variables qui donnent goût à la programmation. Telle que je l’ai découverte en tout cas.

Tout cela étant dit, je ne voudrais freiner aucune initiative qui amène des alternatives à la situation actuelle. J’espère me tromper complètement et il y a de toute façon un public pour toutes ces expérimentations. Une question de variabilité locale pour une évolution globale.

David

2017-02-09 : réponse de Pep (cache).

February 05, 2017 11:00 AM

February 04, 2017

Karl Dubost

Branches de terre, racines du ciel

racines Tsujido, Japon, 4 février 2017

Quand nous nous séparâmes une dernière fois sur la placette un soleil jaune faisait flamber les cimes des platanes. Je ne savais si j'étais heureux ou triste—j'aurais voulu rencontrer quelqu'un.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

L'ortie de l'hiver rougit les joues. Les poings enterrés près du corps, les pensées vagabondent sous les racines. Après le grand retournement, les pieds dans l'orée du ciel, je m'interroge sur ses rêveries futures et sa poésie du quotidien. Tant d'énigmes le long de ce chemin nous interpellent.

branches d'arbres Tsujido, Japon, 4 février 2017

Vide Grenier

Ce que nous croyons. Ce que nous luttons pour. In short, I believe in the future — not a paradise, not a tranquil place, not a reward, but in all its mundane possibility and broken uncertainty. I choose to believe in the future, simply because we have nowhere else to go.

Implementing "Save For Offline" with Service Workers. Il y a nombre de projets intéressants qui ne sont accessibles qu'une fois que nous passons notre contenu sous HTTPS. Bien que je comprenne le but de HTTPS, je ne peux m'empêcher de penser aux démarches raisonnables. J'y vois comme l'industrie qui tente de nous tordre le bras tout en nous disant que c'est pour notre bien. I recently added an option to save blog posts for offline reading, and this post will detail how I did that so you can too. […] Before we can use service workers, we'll need to implement HTTPS (a secure HTTP connection).

February 04, 2017 02:59 PM

February 03, 2017

Karl Dubost

Le camélia séché

camelia séché Tsujido, Japon, 3 février 2017

j'aimais cette première heure du matin où toute la ville sentait encore la forêt.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Du jardin, il apporte une fleur de camélia séchée. Sur le bureau, un livre avec les mêmes tons. « Tableaux de la nature. » Les résonances sont fortes. Les choses, celles du quotidien qui nous lassent, celles de la routine qui nous réconfortent ne sont jamais tout à fait simples. Une fleur séchée, un livre ancien, le geste d'un enfant que l'on voudrait partager. Je l'imagine déjà parcourir les bois de La Grange, se délecter avec étonnement du parfum de l'humus enveloppant le chant des oiseaux, lui avec ses souvenirs de sables marins du Pacifique. Lui avec son hésitation entre les langues et l'appétit des mouvements libres.

camelia séché Tsujido, Japon, 3 février 2017

Vide Grenier

February 03, 2017 02:59 PM

February 02, 2017

Karl Dubost

Le miroir

façade d'immeuble à bureaux Otemachi, Japon, 2 février 2017

Dans toute tâche un peu singulière entreprise en commun par un groupe, je me sens aujourd'hui prêt à croire qu'il faut laisser une place au motif connu.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Vingt-sept étages. Là au bout d'un long couloir sans un pas, l'humanité se regarde sans se voir. À un jet dans l'absurdité, se trouve le miroir. Ce que je vois est ce qu'ils voient. L'immense abnégation de nos existences se déroulent là, maintenant dans cette condensation infime du temps. Ils sont moi. Je suis eux. Nous étions.

Vide Grenier

Animal Farm In an exclusive interview, Myron Ebell – who headed up Trump’s EPA transition team, said that agency’s environmental research, reports and data would not be removed from its website, but climate education material might be changed or “withdrawn”.

C'est le moment de relire : Politics and the English Language par George Orwell In our time, political speech and writing are largely the defence of the indefensible.

February 02, 2017 02:59 PM

February 01, 2017

Karl Dubost

L'éphémère soleil

soleil sur le bois Tsujido, Japon, 30 janvier 2017

Ce fut vraiment un temps enchanté.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Qu'il est éphémère ce rayon de soleil sur le cadre de la porte. Et pourtant. Il ouvre l'immensité du monde. Il définit le bonheur d'être debout, le soupçon d'existence que l'on prolonge interminablement dans une longue respiration.

Vide Grenier

Les espaces de création et le salariat dans un article de Jean-Jacques Zilbermann. 1974. Aucun lycée ne veut plus de moi. […] je suis engagé au centre de tri de la gare de Lyon et crée le groupe de cinéma militant Kinopravda avec des collègues postiers. Enfin, je peux réaliser mon rêve : la mise en scène contre la dictature ! On se met tous en congé maladie et on part au Portugal filmer la révolution des Œillets.

Même article. Le cinéma devient à lui seul le monde entier.

Et troisième du même article. 2004. Je retourne dans mon ancien pensionnat filmer les Fautes d'orthographe. A la fin du montage, je projette le film sur la façade de l'école. J'aime retourner sur les lieux du malheur pour les transformer en bonheur.

February 01, 2017 02:59 PM

January 31, 2017

Karl Dubost

Le petit monde intime

piles de livres Tsujido, Japon, 30 janvier 2017

On dirait que par toute décision où nous nous exprimons pleinement le monde est brusquement fertilisé : là où s'étendait à perte de vue le sol de l'hiver, mille possibles tout à coup pointent la tête et le reverdissent.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Depuis quelques jours, j'organise le petit monde. Je sors tous les livres des étagères que j'avais posés là négligemment pour vider les boîtes. Et je réordonne de nouveau en piles organisées. Ici la littérature scandinave, là-bas la japonaise, et puis là la chinoise, la coréeenne et la vietnamienne. Bizarrement, je ne sens pas le désir de séparer l'américaine du nord, de la russe, de l'allemande, de la française. Peut-être une sensibilité particulière. Peut-être que cela changera de nouveau quand j'aurais achevé le premier rangement. Cela va prendre du temps. Je me dis que ce petit monde là est une intimité, il révèle tant de notre histoire, de nos envies, de nos oublis.

Vide Grenier

Devenir inutile par le réseau. Dans ce billet, il y a tous les éléments que je rencontre chez certains de mes amis. Ce n'est pas tant la présence permanente dans le réseau mais ce que l'on y pratique : actif ou passif. It felt like a cop-out—like I wasn’t allowed to escape the “real world” so easily. But the quieter my mind became, and the deeper I went into my own work, the more I realized how my always-on, always-connected state had rendered me largely useless.

Ereader. Voici un des problèmes du monde du livre numérique. Ce n'est pas un outil de lecture des livres achetés n'importe où, mais un magasin à l'intérieur duquel on lit. People stop using devices that are basically stores with readers attached

January 31, 2017 02:59 PM

January 30, 2017

Karl Dubost

Après la pluie

réflexion d'un pin dans la terrasse. Tsujido, Japon, 30 janvier 2017

L'homme qui se tenait là ne frappait l'imagination par aucune excentricité de vêtement, aucun détail exotique ou étrange—et je ne sais pas trop pourquoi le souvenir qui m'en reste aujourd'hui—moins d'une silhouette ou un visage qu'un changement brusque dans la lumière, cette transparence qui circule dans l'air après la pluie d'orage—est avant tout celui d'un voyageur.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Après la pluie, la bascule du monde vous plonge dans l'univers des funambules. Un bond vers l'extase, une chute vers le ciel. La pluie est profonde dans son repos.

Vide Grenier

January 30, 2017 02:59 PM

David Larlet

★ Web et génétique

En ce moment et sur les conseils de Christian den Hartigh, je me regarde les vidéos du Marathon des Sciences comme on le ferait d’une série TV. En plus instructif. Et ce sont notamment celles de Pierre-Henri Gouyon « Le fil de la vie : où l’ordre de la vie est-il écrit ? » et de Guillaume Lecointre « La biologie à la lumière du désordre » qui m’ont fait prendre conscience du parallèle existant entre la génétique et le web. Dans les deux cas, il s’agit d’évaluer quelle est la façon la plus pérenne de faire transiter une information. On peut même aller dans l’extrême et reprendre l’une des phrases chocs de la première présentation :

Les individus sont des artifices inventés par les gènes pour se reproduire.

Ce que je m’empresse de paraphraser ainsi (il faut voir la vidéo pour comprendre la référence aux memes) :

Le web est un artifice inventé par les cultures pour se propager (meme).

Le web acquérant son importance dans les idées qu’il véhicule. Une histoire de contenu et de contenant. Défendre la liberté d’expression des cultures est un enjeu lié à celui de la neutralité du Net par exemple, l’un n’allant pas sans l’autre. Mais je m’égare, revenons à notre ADN. Dans le cas de la génétique, la solution qui semble prévaloir jusqu’à présent est triple et correspond à :

Message → Décodeur → Contexte

L’information qui est finalement transmise repose sur ces trois facteurs que les généticiens traduisent en :

Génétique → Épigénétique → Environnement

On a l’ADN qui se trouve être interprété d’une certaine manière et qui s’exprime ensuite en fonction de la pression environnementale. Je reste vague car on ne connait pas encore vraiment les mécanismes fins de ce processus. Or, on retrouve le même triptyque dans le web avec :

Code → Navigateur → Situation

Le HTML/CSS/JS contient le message qui a besoin d’un navigateur pour être décodé. Message qui va être lu dans un contexte donné (mobilité, attention, etc). Le couplage de l’une de ces étapes avec l’autre affaiblit le processus de transmission. Les deux conférenciers souhaitent tordre le cou à la notion de « code génétique » alors que je la trouve pertinente dans ce cadre là. Ou alors faudrait-il relativiser ce que l’on entend par « programme » informatique de manière plus générale ?

En biologie, il y a besoin d’avoir de la variabilité à chacune de ces étapes locales pour arriver à une stabilité globale. Les cas de stabilités locales étant sujettes à des extinctions de masse à moyen terme. Laissant la place à l’expression d’une nouvelle diversité qui stabilise au niveau macro. En informatique, les plateformes/silos et/ou la mono-culture Webkit et/ou le biais culturel au sens large mettent en péril cette diversité. Si votre information est publiée sur Medium, lisible par Chrome uniquement et/ou à destination des riches, il y a statistiquement moins de chances qu’elle soit à l’épreuve du temps.

En tant que développeur web, je ne peux avoir d’influence que sur le code. L’universalité du code produit est garante de la résilience de l’information sur le long terme. Lorsque je cible un navigateur ou une situation, je l’affaiblis et je lui fais prendre des risques. Vouloir être précurseur d’une nouvelle ère est un pari à court terme, avec pour enjeu les données d’autrui qui risquent de se retrouver dans un cul-de-sac phylogénétique, signifiant l’extinction d’un message.

Un autre point qui m’a fait tiquer est l’opposition historique inné/acquis qui se matérialise par le couple conservateurs/libéraux en politique. Les premiers étant dans l’analytique, les seconds dans l’empathie. Le code comme notion de Droite et son interprétation comme notion de Gauche. La création rapide et égoïste vs. la collaboration lente et plurielle. Le repli et l’ouverture. Montre moi ta façon de transmettre une information et je te dirai pour qui tu vas voter :-).

January 30, 2017 11:00 AM

January 29, 2017

Karl Dubost

Cheminement

vieille maison Enoshima, Japon, 29 janvier 2017

Elle me fit l'effet d'être basse et très sombre. L'impression de souterrain, ou plus exactement de catacombe, que suggérait déjà le cheminement des menus points de feu se renforçait de l'humidité du lieu, de l'aspect brut des murailles, aux moellons bosselés. Oui, vraiment, il faisait ici très sombre, et pourtant un sentiment d'attente et d'éveil alerté naissait du piétinement qu'on pressentait devant soi dans l'obscurité de cave.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

La suspension du monde est un cheminement, une longue inspiration entre deux moments immobiles. Le train passa dans la rue. Et le brouhaha des roues de fer me rappela au silence de la rue.

Vide Grenier

January 29, 2017 02:59 PM

January 28, 2017

Karl Dubost

Oublis

fenêtres de maison Montréal, Canada, 28 janvier 2012

L'hiver venait qui n'est pas un sujet de conversation au village—il se faisait—il était dans ces espaces agrandis d'indifférence et d'isolement, ce repliement sur un foyer de chaleur maigre qui s'ingéniait à dépenser moins.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

J'ai ouvert un livre que je rangeais. Un autocollant servant de marque-page était coincé. Et c'est Montréal qui affluait. Des noms reviennent. Des moments de partage et de discussions au café Laika. Donner du wifi dans les lieux publiques et café de Montréal de façon communautaire au début des années 2000.

autocollant pour îles sans fil Tsujido, Japon, 28 janvier 2017

Vide Grenier

January 28, 2017 02:59 PM

January 27, 2017

Karl Dubost

Mutation

vue de la ville depuis un immeuble Tokyo, Japon, 26 janvier 2017

Ces excursions campagnardes me laissaient toujours une impression de rajeunissement et de fraîcheur.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Là, s'étendait Edo (江戸), l'estuaire. Des plaines à perte de vue pour y chevaucher librement, de la province de Musashi, ils sont venus. Chichibu Shigetsugu du clan des Taira construit sur la colline de Chiyoda (千代田), champs éternels, un fort.

Ce que les histoires des hommes nous disent. Et avant pendant le règne des herbes ?

Vide Grenier

Les mains façonnent le monde. modern work environments just aren’t built for the kinds of work that digital workers really need. Get away from the screen. Stop having meetings that are talking-only. Make something. Sketch something. Hands aren’t a separate thing that we shouldn’t use when thinking… they’re an integral part of it.

De l'importance de se mettre en contexte réel pour comprendre réellement les idioties que nous développons sur le Web. I spent a week traveling around Taiwan, on my awesome free roaming 2G data plan, and friends, we need to talk about your web fonts. Also cats. They really love cats there. Anyway, the thing about 2G is that I fully understand that it will take me 10 seconds to load a page. What sucks is the fresh rage of the following 4 seconds where instead of content I get phantom underlines, waiting for a slightly-different-sans-serif to download.

January 27, 2017 02:59 PM

David Larlet

★ Code et vitesse

Alors cela fait sens pour moi d’écrire et de publier vite, comme on ferait de la photographie : c’est un portrait de soi à un instant précis. Y revenir plus tard, ce serait comme ajouter des rides sur une image de soi plus jeune. J’ai donc beaucoup de respect pour celles et ceux qui écrivent et publient vite. Je ne préjuge pas de la valeur de leurs écrits en fonction du ratio temps écoulé/nombre de caractères. C’est mystérieux, une bonne histoire. Personne ne sait vraiment comment ça fonctionne. Et s’il suffisait de passer cinq ans sur un roman pour le rendre parfait, ça se saurait, non ?

Peut-on écrire trop vite ? Peut-on publier trop ? (cache)

Est-ce qu’un bon code est tout aussi mystérieux ? Personne ne sait trop comment cela fonctionne non plus, il y a bien quelques principes ou patterns mais ça ne garantit pas grand chose au final. Ce qui me parait certain à ce jour c’est qu’en passant cinq ans sur un produit on est davantage enclin à le rendre bouffi de fonctionnalités et croulant de dette technique que parfait.

J’ai tendance à penser qu’il y a autant de façons de coder qu’il y a de façon d’écrire. Je me base sur l’observation des différentes personnes avec lesquelles j’ai pu pair-programmer (ce qui se pratique moins en écriture). Cela permet d’apprendre à se connaître au regard de ses différences. Je sais par exemple que sur du tactique je suis davantage dans l’essai-erreur quitte à comprendre ensuite. En revanche sur du stratégique, je vais collecter des données pendant un long moment avant de passer à l’acte de code qui sera parfois très rapide, brutal même, mais plus solitaire aussi. Il en est de même dans ma façon d’écrire.

Que ce soit pour du code ou des mots, j’ai beaucoup de mal à me retenir de publier. Lorsque les idées, concepts, algorithmes sont formalisés, la dernière étape est de les offrir au monde. Il s’agit d’un rite de passage avant de pouvoir s’en libérer. Avant cela ils n’existent pas. Un travail invisible m’est frustrant et c’est peut-être pourquoi l’open-source me tient tant à cœur. Les rares fois où j’ai pu écrire sans avoir la libération rapide du produit ont été déprimantes (il y a bien une fois où ça a duré neuf mois mais c’est une autre histoire :-P).

Il y a un certain plaisir dans l’édition (cache) aussi. Que ce soit via les code reviews ou les optimisations de performances ou les découplages ou même les réécritures. Mais l’acte de création égoïste n’est plus et l’envolée lyrique est retombée. C’est terrible car j’aimerais laisser davantage d’espace à la part de designer (cache) qui est en moi, celle qui affine et se rapproche progressivement du besoin réel de l’utilisateur. J’y retrouve le tiraillement de cette dualité dans mon rapport au monde : entre confort et utilité.

Without requirements or design, programming is the art of adding bugs to an empty text file.

Louis Srygley

Difficile de terminer un billet sur le code et la vitesse sans parler du mythe des 10x engineers (je me demande s’il existe chez les écrivains tiens). Est-ce que vous voulez dans votre équipe quelqu’un qui code dix fois plus rapidement ou quelqu’un qui produit un code compréhensible et maintenable par au moins dix personnes ? Je trouve cela plus valorisant aujourd’hui d’être un 10x inclusive developer.

January 27, 2017 11:00 AM

January 26, 2017

Karl Dubost

Humanité unanime

jambes Tokyo, Japon, 26 janvier 2017

Mais c'était une force dormante et vague, que rien ne canalisait et n'innervait, qui sortait de la terre et s'y enfouissait de nouveau par le travail, inhabile qu'elle était à s'évader de ce cycle très humble.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

La débacle quotidienne résonne avec chaos. Elle ne déborde pas. Elle étouffe les fractures du temps. Unanime, l'humanité pressée prend la forme de l'architecture. La masse compacte absorbe les rêveries.

Je m'arrête.

Le fluide laborieux dégouline tout autour de moi. Je l'entends. Le pas de l'humanité, arythmie des envies. Et alors je reconnais leurs visages. Ceux des hommes. Ceux des femmes. Le mien.

Vide Grenier

Mobile ou Desktop. Le problème de ces articles est qu'il oppose des usages en les collant a des facteurs de forme. Peut-être qu'il n'y a pas tant opposition que cela. Peut-être juste que la miniaturisation électronique a permis des usages différents qui sont plus adaptés dans certains contextes. Et le fait qu'un type d'outil dépasse un autre dans un marché n'est pas toujours corrélé. Mon mobile est mon laptop qui est léger. J'ai également un ipod et pas de téléphone. Alors quels sont mes critères pour ce macbook air et pourquoi je n'ai pas de raisons de passer au mobile. Un bon clavier, l'espace de stockage, la surface de l'écran (avec possibilité d'un second écran 24 ou 27 pouces), le poids. Pourquoi pas un ipad par exemple ? Deux raisons : 1. le stockage. Mes 500 Gos actuels sont trop petits. 2. Le clavier, car une fois détaché de son écran, un clavier sur les genoux devient beaucoup plus difficile à gérer. En effet, Andromium a réussi sa campagne de crowdfunding via Kickstarter en vendant pour presque 3 millions de dollars, de simples combinés écran-clavier (pour moins de 100€) capables de s’appuyer sur les capacités de calcul des smartphones. L’ordinateur ne devient ainsi qu’un accessoire pour le mobile, et non plus l’inverse.

January 26, 2017 02:59 PM

Eric van der Vlist

Watch movie online Logan (2017)

Watch Full Movie Logan (2017), Free Download Full Movie Logan (2017) Online , Logan (2017) English Subtitles , Free Streaming Movie Logan (2017). Watch movie online Logan (2017) Free Online Streaming and Download HD Quality Quality: HDTitle : LoganRelease : 2017-02-28Language : English.Runtime : 103 min.Genre : Action, Drama, Science Fiction.Stars : Hugh Jackman, Patrick … Continue reading Watch movie online Logan (2017)

by Eric van der Vlist at January 26, 2017 10:02 AM

Roblox Free Unlimited Robux and Tix

Roblox Hack & Cheats | Free Roblox Robux Generator Roblox Hack / Roblox Cheats Introduction – Free Robux On the off chance that youve achieved this page, it means youre keen on utilizing our Roblox Hack/Roblox Cheats which gives you free robux by utilizing our robux generator. Presently, before we dive into the subtle elements … Continue reading Roblox Free Unlimited Robux and Tix

by Eric van der Vlist at January 26, 2017 10:02 AM

Bonne année 2017 – Happy New Year

Cette année vous avez échappé aux photos suivantes :

by Eric van der Vlist at January 26, 2017 10:02 AM

January 25, 2017

Karl Dubost

La terre fraîche

arbre dans le soleil La Saussaye, France, 9 juin 2016

Ainsi la coulée de lave mordait son chemin, et tout profitait à sa marche : les nouvelles, qui démoralisaient, et plus encore le silence, un silence nauséeux comme une lumière d'éclipse, dans lequel on entendait craquer la terre entre les mâchoires du dragon.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Quand la logique n'est plus. Quand l'abandon du verbe, des mots laisse le champs libre au débit informe et calculé. Quand la langue est utilisée comme un attentat contre la pensée rationnelle et poétique.

Il est essentiel de parler avec les mots d'une humanité éblouissante, les sillons dans les mains, le parfum de la terre fraîche. Extasiés, nous serons ivres du futur et donnons notre envie au présent. L'or est de lumière. L'ombre est d'intimité végétale.

Vide Grenier

orange ou de la médiocrité des annonces. et c’est ce bien ce monde-là qui est en train d’avaler le nôtre : il y a encore quelque temps, on pouvait croire que tout ça était souterrain, subreptice, couvant, mais dans nos souterrains de maintenant c’est dit : l’aveulement, c’est déjà l’avènement.

January 25, 2017 02:59 PM

David Larlet

✍ Lettre à E.

E.,

Je me demande souvent si la douleur se réduit lorsqu’on la partage. Je l’espère lorsque je la reçois et j’hésite lorsque je la transmets. Accepter d’un côté, renoncer de l’autre.

Un mal à délivrer, des mots à délier. Expliquer l’inexplicable et faire expérimenter des situations pleines de vie afin qu’elles deviennent majoritaires. Le pouvoir de l’exemple, le devoir de l’humain. Essayer d’un côté, espérer de l’autre.

Lorsque le vélo ne suffit plus, il reste l’avion… une façon de ne plus questionner ce qui est acceptable mais avec qui (cache).

David

2017-02-12 : réponse de Stéphane (cache).

January 25, 2017 11:00 AM