Planète Web Sémantique

January 25, 2015

David Larlet

Voisinage en Python

J’ai besoin de connaître les articles précédents et suivants pour le blog et maintenant pour ces notes, je suis arrivé à la version suivante en Python qui produit un générateur à partir d’un itérable grâce au mot-clé yield :

def neighborhood(iterable, first=None, last=None):
    """
    Yield the (previous, current, next) items given an iterable.

    You can specify a `first` and/or `last` item for bounds.
    """
    iterator = iter(iterable)
    previous = first
    current = iterator.next()  # Throws StopIteration if empty.
    for next in iterator:
        yield (previous, current, next)
        previous = current
        current = next
    yield (previous, current, last)

Il me fallait surtout la possibilité de spécifier un premier/dernier item pour avoir un lien sur le premier article publié vers les pensées plus anciennes ou les tweets archivés.

January 25, 2015 11:00 AM

★ Cours IUT : Web Mobile

The more I build for the web, the more the term ‘device-agnostic’ endears itself to me.

I used to think it merely dealt with basing responsive breakpoints on content rather than particular devices, but there’s more to devices than the size of their screens. A device-agnostic approach also takes into account infinite combinations of screen resolution, input method, browser capability, and connection speed. With such a wide range of possibilities, the sensible thing to do is to zero in on the harshest conditions (or toughest things to deliver) and build from there. Like cars designed to perform in extreme heat or on icy roads, websites should be built to face the reality of the web’s inherent variability. In my mind this approach addresses the following from the beginning:

  • Hostile browsers
  • Tiny screens
  • Slow connection speeds
  • Touch inputs

Device-Agnostic (cache)

Je démarre un cours intitulé Web Mobile avec une nouvelle classe demain, j’ai 28 heures réparties en matinées. La première séance de découverte sera l’occasion de définir ensemble ce que l’on entend par Web Mobile car je n’ai pas de définition, je ne suis même pas sûr que ça veuille vraiment dire quelque chose (mais bon c’est moi qui ait proposé le titre à la responsable alors mea culpa).

Je compte pour cela faire usage d’outils à base de sujets/concepts, de priorisation, de réajustement et de flux. Toute ressemblance avec des outils liés à l’agilité serait forcément fortuite. Ce n’est pas encore tout à fait clair pour moi et c’est une bonne chose, ce sont des outils que je souhaite inventer/adapter/tordre/jeter avec les participants. Mon objectif est qu’ils arrivent à exprimer leurs connaissances actuelles et leurs souhaits pour ce cours. Afin que l’on puisse ensuite décider ensemble de ce que l’on va traiter tout en réajustant en cours de route s’il le faut.

Il devrait y avoir une douzaine de personnes plus techniques que la dernière fois, ce qui donne une inertie de groupe moins importante. De quoi explorer de nouvelles façons de partager et de produire collectivement. On va forcément parler de mobile-first (cache) et de challenges pour les web designers (cache), je suis curieux et impatient de voir ce qu’ils vont me proposer en retour…

January 25, 2015 11:00 AM

Karl Dubost

Constat de vie

Immeubles et leurs environnements Singapour, 19 janvier 2015

Je lui avais envoyé le plan du métro, expliquant la vitesse du train qui s'enfonçait dans le noir des tunnels avec la précision d'une balle le long du canon parce que je préférais la lenteur de notre train, si lent que nous frôlions le quotidien des gens habitant tous près des rails.

Kim Thúy, mãn.

11h40. Les immeubles sont de quatre ou cinq étages. Les fenêtres y sont très nombreuses et couvrent parfois tout un mur. Les arbres et les zones végétales y sont abondantes. Des chemins parcourent l'ensemble des possibles randonnées d'un rêveur du soir. L'espace n'y est pas partagé, il est mutuel. Il est le lieu du sentiment. Les paroles s'y oublient, car on les répétera le lendemain et le jour suivant. L'ombre est vivante et chaleureuse. Des boutiques occupent le rez de chaussée de certains immeubles. Une grande halle au milieu de la cité accueille les couleurs des légumes, poissons et viandes. On imagine déjà quelles sont les règles d'accueil des autorités de Singapour. On ne peut pas habiter à Tiong Bahru, on ne peut qu'y vivre. Le regard du visiteur absorbe le quotidien.

Immeubles et leurs environnements Singapour, 19 janvier 2015

January 25, 2015 06:43 AM

Constat d'espace

Linges étendues sur des bambous en dehors d'un immeuble Singapour, 18 janvier 2015

Chaque recette était portée par une histoire.

Kim Thúy, mãn.

9h37. Singapour se définit selon deux axes. La longue verticalité de ses immeubles d'affaires et de résidence accompagne l'horizontalité droite des rues de maisons traditionnelles chinoises. Les deux axes incarnent deux temps, deux imaginations. La douleur dans le cou, immobile, on y découvre la modernité. Souplement, dans le déroulement du pas, on s'interroge sur le passé. Mais comme si les humains n'avaient pas tout perdu de leur horizontalité, ils hérissent la modernité de leur tradition, linge à tous les étages. Les lignes verticales ont même prévu l'abondance des lignes horizontales. Cette modernité là a bien compris qu'elle ne pouvait pas exister sans aménager son identité passée.

Linges étendues sur des bambous en dehors d'un immeuble Singapour, 18 janvier 2015

January 25, 2015 05:31 AM

Constat de goût

Dim sum et teh tarik sur une table Singapour, 17 janvier 2015

Beaucoup de secrets ont été confiés entre deux cuillérés de chè et beaucoup d'histoires d'amour ont vu le jour dans ces lieux souvent sans adresse.

Kim Thúy, mãn.

9h. Nous apprécions mieux les lieux que nous goûtons. L'ombre des cafés ouverts sur l'extérieur accompagne la rencontre d'un homme passionné. Il parle avec son corps, sa peau et ses dents qui s'agitent. Son geste est large et sec. Il dit l'Europe, Singapour, le Japon. Il dit les mots et l'économie. Il impressionne bien qu'il ne soit pas dangereux. Puis il part aussi subitement qu'il est apparu. Il reste alors le goût du teh tarik et des beignets de crevettes. Le croquant du beignet de crevettes exploque en de nombreuses saveurs salées. Le parfum sucré du teh tarik donne l'équilibre. L'homme est parti. Le goût lui a survécu.

January 25, 2015 05:10 AM

January 24, 2015

David Larlet

Luxe, espace et temps

This doesn’t mean I’ll be liveblogging a lot of ham-fisted attempts to turn “everything” off. But it does mean making mindful decisions about the quality of any input that I check repeatedly – as well as any “stuff” I produce. Everything. From news sources to entertainment programming, and from ephemeral web content down to each email message I decide to respond to. The shit has to go, inclusive.

Better - Merlin Mann (cache)

Je me suis rendu compte récemment qu’après avoir expérimenté le luxe de réduire mes besoins matériels, jeté ma télévision par la fenêtre©, foutu mon portable aux chiottes©, j’ai aujourd’hui le luxe d’avoir peu de contraintes d’espace et de temps. C’est une chance que j’apprécie chaque jour. Je suis avec intérêt les aventures de Thomas pour réduire son empreinte (cache).

January 24, 2015 11:00 AM

January 23, 2015

Karl Dubost

Constat d'humanité singulière

Homme à son balcon arrosant les fleurs Singapour, 16 janvier 2015

Julie m'a fait découvrir un lieu en dehors de mon quotidien afin que je voie l'horizon, afin que je désire l'horizon. Elle voulait que j'apprenne à respirer profondément et non plus seulement suffisamment

Kim Thúy, mãn.

Il aura fallu une homme à son balcon. Torse nu, le soleil sur sa peau, il prend soin de ses plantes. Il a le geste lent et affirmé de la sagesse.

Il aura fallu une femme accoudée à la cage d'escalier de son immeuble. Lointaine, sur les hauteurs, elle observe le monde avec tendresse. Imperceptible et pourtant son corps a cette élan tranquille de l'aube.

Dans les rues de Singapour, nos corps se réchauffent. Le teh tarik, le roti prata et les bouffées humides de la végétation vert sombre déploient nos sens olfactifs. L'humanité était pleine et convexe.

Femme au balcon d'un immeuble Singapour, 16 janvier 2015

January 23, 2015 12:22 PM

Une boutique atemporelle

Boutique de nettoyage patinée Tsujido, Japon, 15 janvier 2015

Beaucoup de livres en français et en anglais avaient été confisqués pendant les annnées de chaos politique. On ne connaîtrait jamais le sort de ces livres mais certains avaient survécu en pièces détachées. On ne saurait jamais par quel chemin étaient passées des pages entières pour se retrouver entre les mains de marchands qui les utilisaient pour envelopper un pain, une barbotte ou un bouquet de liserons d'eau… On ne pourrait jamais me dire pourquoi j'avais eu la chance de tomber sur ces trésors enfouis au milieu de tas de journaux jaunis. Maman me disait que ces pages étaient des fruits interdits tombés du ciel.

Kim Thúy, mãn.

Le temps a de nombreux visages. Cruel, sympathique, époustouflant, terrible, il se dévoile rarement où nous l'attendons. Il se fait attendre. Il est trop rapide. Il est trop lent. Un matin, nous percevons un premier poil blanc dans la barbe. Un après-midi, nous nous extasions de la vélocité d'un déplacement. Un soir, nous dérivons à la patine d'une boutique au coin d'un mur. Un logo fané, une peinture qui témoigne des années de pluie. Et pourtant la boutique est toujours active. Ces boutiques là ne veulent pas séduire et grossir leur marché. Elles se contentent de la clientèle habituelle. La boutique existe pour le besoin présent. La manufacture ralentit. Le temps devient un long passage. Il n'existe plus.

January 23, 2015 12:06 PM

David Larlet

Payez ce que vous pouvez

Pay-as-you-can!

We want to provide everyone the opportunity to come, so we kindly ask everyone to give as much as s/he can afford. What does that mean? We have four levels of pricing. Please choose the one that suits your budget.

  • base: can be 0, if you cannot afford otherwise
  • reasonable: covers basic costs of food and lodging
  • nice: all costs covered, including infrastructure and tools
  • supporter: you support others that cannot afford their travel, stay and food

Budget and Pricing - hillhacks (cache)

Je ne l’avais encore jamais vu à l’œuvre sur une conférence mais j’apprécie beaucoup le principe qui demande bien sûr une grande transparence sur les frais et les recettes (plutôt bien fait sur la page en question). Inspirant.

January 23, 2015 11:00 AM

January 22, 2015

David Larlet

Optimisation de lecture

“Small screens are getting bigger, big screens are getting smaller and you know what? It’s going to end up looking like a book. We found out 500 years ago that the book is the optimal size for reading,” he says. “The best size fo a page is the spread of my hand,” says Spiekermann, holding a spry example in the air. “You put 50 characters in a column and you have your point size, and each language has its own easiest fonts. That all defines it. The eye, the hand, the language. Not technology.”

Recopié depuis l’image d’un tweet

C’est la raison pour laquelle l’évolution des ordiphones vers un écran de 5,5 pouces est inéluctable. Pour un produit en lecture seule :-).

January 22, 2015 11:00 AM

Karl Dubost

Fatigue sociale

Gouttes d'eau sur une vitre Saint-Aubin-les-Elbeuf, France, 3 janvier 2015

Dans ces années-là, on partait sans espérer revenir. On se promettait seulement de ne pas oublier.

Kim Thúy, mãn.

Entre la publicité qui augmente énormément sur Twitter et la surcharge cognitive créée par des participants très actifs, l'envie de fermer le compte twitter grossit énormément. Je ne sais pas si c'est une impression ou une réalité mais le RT a augmenté énormément. Peut-être que l'ergonomie de twitter est optimisée pour cela. La conséquence est une impression de bombardage avec peu d'interactions riches. Dans ces cas là, je fais toujours la même chose, je réduis énormément le nombre de personnes que je suis. Je suis donc passé de 120 à 70. (en fait 39 à la date du 22 janvier) en sachant que si je ne tue pas le compte, cela remontera progressivement.

Constat : le silence numérique fait du bien. Il permet de se recomposer.

January 22, 2015 10:33 AM

January 21, 2015

David Larlet

Bloquer les publicités

Here’s a lovely bit of irony for you: Adblock Plus, which is by far the most popular add-on for Firefox and Chrome, is actually increasing the amount of memory used by your web browser, rather than decreasing it. Furthermore, ABP also increases the amount of time (and CPU cycles) required to render a website. Instead of making web surfing more responsive, ABP actually makes your surfing experience slower.

Iframe irony: Adblock Plus is probably the reason Firefox and Chrome are such memory hogs (cache)

Suite à ce billet, j’ai commencé à expérimenter ce qu’il est possible de faire en jouant avec le fichier /etc/hosts. Emmanuel me demandait quels étaient mes retours sur ce changement (attention tout ce qui suit est purement du ressenti) :

  • une plus faible consommation de mémoire, rien d’extraordinaire mais quand on a beaucoup de tabs ça finit par jouer ;
  • des iframes qui s’affichent avec des pages d’erreurs Firefox, ça pourrait être résolu avec un serveur local (cd /tmp && touch index.html && sudo python3 -m http.server 80) sauf pour celles affichées en https (ce qui est normal) ;
  • moins de publicités bloquées, le filtre utilisé doit être plus permissif que celui d’AdBlock ;
  • en application sur tous les navigateurs à la fois :-).

Ce n’est donc pas l’idéal non plus, il faudra que je teste uBlock à l’occasion.

January 21, 2015 11:00 AM

January 20, 2015

David Larlet

Automatisation et topographie

David Mentré réagissait par mail à ma précédente note sur le régulateur de consommation (vous êtes d’ailleurs invités à le faire pour l’instant, je ne sais pas encore si je vais ouvrir la liste de diffusion aux notes).

« régler la vitesse entre 105 et 120 sans dépasser les 5 litres aux 100 kilomètres »

Bonne idée. Mais les accélérations rendraient cela probablement impossible (car trop de consommation). Et même si c’est possible, cela aurait probablement des impacts sur la sécurité (accélération impossibles), même si on peut envisager des débrayages automatiques en cas d’appui violent sur une pédale (comme pour les régulateurs actuels).

« Au passage, je ne comprends pas qu’il puisse y avoir une telle diversité dans les formes de voitures alors qu’il ne devrait y en avoir qu’une par catégorie dont l’aérodynamisme est optimal… »

Ce serait un peu monotone non ? Je ne suis pas spécialement pour la société de consommation actuelle, mais un soucis écologique n’empêche pas design et originalité.

Considérant que le GPS de ma voiture connait la topographie du trajet ainsi que les limitations de vitesses, il est possible qu’il arrive à avoir des accélérations raisonnées (plus longues, plus utiles aussi, prise d’élan, etc).

Pour ce qui est du design et de l’originalité, je suis persuadé qu’il y a déjà bien à faire sans avoir à modifier la forme (habillage et éclairage par exemple mais aussi interactions entre véhicules proches).

January 20, 2015 11:00 AM

January 19, 2015

David Larlet

Squatting et transit

Quand je vois l’impact de pratiquer le squat sur mon transit, je me dis qu’il n’y a pas que du bullshit (haha) dans ce type de produits. Science. It works, bitches.

January 19, 2015 11:00 AM

January 18, 2015

David Larlet

Améliorer un produit

Your job is to improve our product for our users. If you want to get technical about it, your job is to improve our product for our users in a way that improves the key metrics of the company. But honestly, you don’t always have a lot of control over that second bit. You do, however, have an enormous amount of control over the first bit!

Your Job Is Not to Write Code (cache)

C’est la raison pour laquelle j’ai du mal à me rapprocher de tous ces mouvements craftsmanship qui consistent à se regarder le nombril. Votre code est beau, testé et déployé dans la minute. Soit. Et il sert à quoi au fait ?

January 18, 2015 11:00 AM

January 17, 2015

David Larlet

Effacez mes (méta-)données

Mais ce qui constitue la vraie nouveauté, l’information principale du programme PRISM et de ses suites, c’est que l’information recherchée n’est pas ce que nous disons, mais à qui nous le disons. Le contenu de nos conversations reste intéressant bien sûr (surtout pour les entreprises qui ont intérêt à tout savoir de nos vies), mais pas tellement pour les états. Ce que veulent les états, c’est tout savoir de nos réseaux.

[…]

C’est pour cette raison que j’ai beaucoup de mal à supporter les réponses habituelles à La Grande Question du Je N’ai Rien À Cacher. Parce que la question n’est plus « pourquoi doit-on se protéger », mais bien « pourquoi doit-on protéger ceux avec qui on échange ».

Rien à cacher (cache)

C’est une requête que je souhaite faire depuis longtemps à mes correspondants : veuillez effacer nos échanges s’ils ont eu lieu sur des plateformes comme Gmail, Twitter (incluant DM) ou n’importe quel service centralisé. Ces échanges ne servent plus qu’à des algorithmes qui nous profilent tous les deux. Merci.

January 17, 2015 11:00 AM

January 16, 2015

David Larlet

Esthétique et API

Je n’ai finalement pas pu résister à une réécriture partielle de mon outil dans le but d’avoir une API plus jolie tirant partie des dernières possibilités de fabric :

$ fab -l
Available commands:

    generate_all     GENERATE ALL THE THINGS!!! WARNING: boolean param.
    caches.generate  (Re)generate caches MD files into HTML files.
    caches.new       Cache the given `url` into a MD and a HTML file.
    family.generate  Generate the family history.
    notes.generate   Generate notes and archives for the stream.
    notes.new        Generate the template file to post a note.
    notes.publish    Publish the daily note after generating the feed.
    pages.generate   Generate all static pages.
    posts.generate   Generate posts and archives for the blog.
    posts.publish    Publish the article after generating the feed.
    server.commit    Add/rm files and then commit with the `message`.
    server.deploy    Push/pull the repository from the production server.
    server.errors    Display latest 200 errors lines from production.
    server.infos     Display infos (mail+web) about disk usage in prod.
    server.log       Display access logs continuously from production.

Pour initier cette note :

$ fab notes.new:"Esthétique et API"
[larlet@ssh.alwaysdata.com] Executing task 'notes.new'
[localhost] local: open -a "iA Writer" "larlet.fr/david/stream/2015/01/16/index.md"

Done.

Pour la déployer :

$ fab notes.publish
[larlet@ssh.alwaysdata.com] Executing task 'notes.publish'
Done: http://larlet.dev:8089/david/stream/2015/
Done: http://larlet.dev:8089/david/
Feed: ★ Livre et diffusion (2015-01-07)
Feed: ★ Cours IUT : jQuery et Bonus (2015-01-06)
Feed: ★ Publier, enseigner et cultiver (2015-01-03)
Feed: ★ Rétrospective Mozilla (2014-12-27)
Feed: ★ Père Noël (2014-12-22)
Feed: Acheter des polices (2015-01-15)
Feed: S’adapter à la luminosité ambiante (2015-01-14)
Feed: Régulateur de consommation (2015-01-13)
Feed: Teenagers, AirDrop et P2P (2015-01-12)
Feed: Code et écriture (2015-01-11)
Feed: Devenir conférencier (2015-01-10)
Feed: Unanimisme émotionnel (2015-01-09)
Feed: Kilian Jornet et Aconcagua (2015-01-08)
Feed: Bouncer IRC et backlog (2015-01-07)
Feed: Résister à la généralisation (2015-01-06)
Feed: Cacher le Web (2015-01-05)
Feed: Illettrisme technologique (2015-01-04)
Feed: Écoutés en 2014 (2015-01-03)
Feed: Économie de partage vs. économie de location (2015-01-02)
Feed: Publication quotidienne (2015-01-01)
[localhost] local: hg addremove
adding larlet.fr/david/stream/2015/01/15/index.html
adding larlet.fr/david/stream/2015/01/15/index.md
[localhost] local: hg ci -m "Add new note"
[localhost] local: hg push
pushing to ssh://hg@bitbucket.org/david/larlet.fr
searching for changes
remote: adding changesets
remote: adding manifests
remote: adding file changes
remote: added 1 changesets with 5 changes to 5 files
[larlet@ssh.alwaysdata.com] run: hg pull -u -R /home/larlet/www
INFO:ssh.transport:Connected (version 2.0, client OpenSSH_5.5p1)
INFO:ssh.transport:Authentication (publickey) successful!
INFO:ssh.transport:Secsh channel 1 opened.
[larlet@ssh.alwaysdata.com] out: pulling from ssh://hg@bitbucket.org/david/larlet.fr
[larlet@ssh.alwaysdata.com] out: searching for changes
[larlet@ssh.alwaysdata.com] out: adding changesets
[larlet@ssh.alwaysdata.com] out: adding manifests
[larlet@ssh.alwaysdata.com] out: adding file changes
[larlet@ssh.alwaysdata.com] out: added 1 changesets with 5 changes to 5 files
[larlet@ssh.alwaysdata.com] out: 5 files updated, 0 files merged, 0 files removed, 0 files unresolved

Done.
Disconnecting from ssh.alwaysdata.com... done.

Une doc. Deux lignes. Futile ? Certainement, mais c’est comme un changement de police, ça contribue à l’amélioration d’une expérience d’écriture en la rendant plus fluide.

January 16, 2015 11:00 AM

★ Formations et explorations

Je trouve que les formations techniques traditionnelles apportent très peu de valeur. Se retrouver entre 4 murs pendant 7/8h sur 4 jours n’apprend pas grand chose, ni sur la techno, ni sur ses pairs. Au mieux cela donne des pistes qu’une personne très motivée pourra explorer par la suite. Seule. En essayant de se raccrocher à un support de cours forcément insuffisant.

Partant de ce constat, partagé par les membres de l’équipe, on explore différents formats. Vincent teste les formations en immersion (la première est à Naples début mars), Stéphane cherche des lieux pour accueillir des formations itinérantes a.k.a. WalkingDev et pour ma part je souhaite explorer les formations continues. J’ai pu observer les bénéfices de travailler sur un temps plus long :

  • Les concepts peuvent être intégrés entre les sessions, il n’est pas impératif de tout comprendre immédiatement. Cela demande une plus grande implication de la part des participants mais les résultats sont là.
  • Les problèmes concrets sont rencontrés, on ne reste pas confinés à des exemples théoriques ou des problématiques tirées de ma propre expérience, il s’agit de discuter de contraintes propres à chaque participant.
  • La formation est réajustée plus facilement en fonction des besoins, cela donne une certaine flexibilité d’une séance sur l’autre pour s’adapter en fonction des niveaux et des appétences.
  • L’étalement dans le temps rend la répétition moins fastidieuse, et la répétition (combinée à la pratique) reste la base de l’apprentissage. Elle rend possible les interactions entre participants sur la durée pour progresser ensemble.

A priori, le coût d’une telle formation n’est pas plus élevé qu’une formation ordinaire. Ce ne sont plus 4 jours mais 8 demi-journées réparties sur 2 mois par exemple. Reste la problématique de la logistique car il est plus simple de trouver une salle sur un temps court et qu’il est plus économique (et écologique) de limiter les déplacements aussi. La seule réponse que j’ai à cela est de travailler avec des petits groupes qui ne nécessitent pas d’avoir forcément une salle dédiée et de rester sur des déplacements locaux.

Qui serait motivé et par quoi ? Je peux me déplacer sur Paris, Lyon, Marseille, Montpellier ou autour d’Arles. Je peux transmettre/partager sur Python/Django (avancés), HTML5/CSS3/ES6 (basiques), Performances web (mobile), Workflows de travail (tactique) et Lean (stratégique). L’idéal serait une ou deux petites équipes qui souhaitent améliorer la qualité de leurs produits ou monter en compétence sur une technologie. Je reste ouvert à d’autres propositions.

January 16, 2015 11:00 AM

January 15, 2015

David Larlet

Acheter des polices

Je connaissais le livre Practical Typography de Matthew Butterick depuis un moment et j’apprécie vraiment le travail qu’il a fait à la fois en terme de fond et de forme. Aussi lorsque j’ai voulu le remercier il m’a semblé naturel de me tourner vers ses polices comme il le recommande. Vous pouvez retrouver Equity sur ce site et Triplicate pour l’histoire familiale.

Je suis allé plus loin en utilisant Equity pour mon éditeur de textes longs, mes mails et mon agrégateur. Puis Triplicate pour mon éditeur de code, mon terminal et IRC (il y a une variante pour le code). Je suis vraiment très satisfait du résultat.

P.S. : J’ai découvert que les typographes sont des perfectionnistes lors des rencontres de Lure… et à quel point la réalisation d’une police demande du travail.

Mise à jour : à la demande de Nicolas Charlery, une capture avec Equity et une autre avec Triplicate.

January 15, 2015 11:00 AM

January 14, 2015

David Larlet

S’adapter à la luminosité ambiante

Ambient light detection is one of those features that looks great in simple demos, but which we struggle to put to practical use. It’s not new – many satnav systems automatically change the contrast for driving at night or in tunnels, and our laptops may alter the screen brightness or keyboard backlighting to better adapt to our surroundings. Using web technologies we can adapt our presentation to be better suited to ambient light levels.

Making Sites More Responsive, Responsibly (cache)

Je vous ai déjà parlé de f.lux (prenez 2 minutes pour lire les conditions d’utilisation quand même) pour adapter la luminosité/le rendu de votre écran. Il se trouve qu’il existe aussi des plugins pour changer le thème de votre éditeur. Ça me donne envie d’essayer les événements de lumière ambiante en JavaScript (uniquement disponible sous Gecko/Firefox à ce jour).

January 14, 2015 11:00 AM

January 13, 2015

Karl Dubost

La maison froide

La flamme de la lampe aladdin Tsujido, Japon, 13 janvier 2015

Heureusement, les jeunes mariés ne s'encombrent pas des inquiétudes de ceux qui ont vécu l'épreuve avant eux. Ils n'y sont que pour la fête et croient que le bonheur vient immanquablement avec le mariage, ou l'inverse.

Kim Thúy, mãn.

L'hiver mord de ses longues canines la maison. La peau de bois n'y résiste pas longtemps. La maison japonaise est froide. Elle n'a pas d'isolation, juste une enveloppe légère. Elle respire. L'hiver est le temps de l'optimisation. On évite les pièces où on ne vit pas. On confine les espaces. On prend un bain chaud avant de se coucher et on ne chauffe que la pièce où l'on se trouve au moment où l'on y est. Le matin, la température approche les 10ºC et lentement, elle fera son ascension en prenant soin de respirer lentement à chaque degré monté. La nuit n'en fera qu'une bouchée. Il faudra recommencer au petit matin.

January 13, 2015 02:35 PM

David Larlet

Régulateur de consommation

J’ai la possibilité de régler la vitesse de ma voiture de manière fixe. J’aimerais pouvoir rendre la vitesse variable mais y adjoindre une notion de consommation fixe. Par exemple : régler la vitesse entre 105 et 120 sans dépasser les 5 litres aux 100 kilomètres.

Au passage, je ne comprends pas qu’il puisse y avoir une telle diversité dans les formes de voitures alors qu’il ne devrait y en avoir qu’une par catégorie dont l’aérodynamisme est optimal…

January 13, 2015 11:00 AM

January 12, 2015

Karl Dubost

Recette de Gyudon

Deux bols avec de la viande Tsujido, Japon, 12 janvier 2015

J'espèrais pouvoir servir et accompagner mon mari sans rien remuer, un peu comme ces saveurs qui passent presque inaperçues en raison de leur permanence.

Kim Thúy, mãn.

L'envie de cuisiner commence souvent par le regard. Une viande de bœuf finement tranchée chez le commerçant appelle la recette. Je la prends. Elle me dit « Comment ? » Je lui réponds que je vais essayer le « gyudon. »

Ingrédients

Casseroles et produits Tsujido, Japon, 12 janvier 2015
  • 2 tasse d'eau bouillante
  • 2 cuillères à café de dashi
  • 1 ou 2 oignons
  • 400g de bœuf en tranche fines
  • 1/4 tasse de saké
  • 1/4 tasse de sucre
  • 1/3 sauce soja
  • 1 cuillère à soupe de gingembre finement haché

Instructions

Casserole avec bœuf en cours de cuisson Tsujido, Japon, 12 janvier 2015
  1. Mettre l'eau, le dashi et les oignons dans une gamelle pendant 3 minutes
  2. Ajouter le sucre, le saké et la sauce soja avec le bœuf. Mélanger en amenant à ébullition. Faire suer pendant 10 minutes
  3. Ajouter le gingembre et cuire 5 minutes de plus.

Vous n'avez plus qu'à servir sur un bold de riz. C'était bon et elle me décerna la responsabilité des futurs « gyudon. »

Cuisson finie et bols servis Tsujido, Japon, 12 janvier 2015

Astuce : réservez le bouillon au frigo afin de faire une soupe ou une sauce le lendemain.

January 12, 2015 12:45 PM

David Larlet

Teenagers, AirDrop et P2P

The most-used app during school hours with these kids at their New Jersey school isn’t Snapchat or Instagram. In fact, it’s not an app at all. These teens are now using AirDrop, a feature built into their iPhones, to send pictures to each other during class. When I asked why they didn’t just use Snapchat instead, since it’s essentially the same thing, I was informed that they’re actually very different.

AirDrop is superior, my cousin declared, because unlike with Snapchat, you don’t need anyone’s username to send something to them. She also said that this is what makes AirDrop better than texting: you don’t need anybody’s phone number. As long as you have AirDrop enabled on your phone, anyone nearby can send you a file. Plus, she told me some schools have blocked Snapchat, so AirDrop is essentially a workaround. And unlike Snapchat, where you’re limited to pictures and video taken in the app, with AirDrop you can send anything you already have on your phone.

Teens Using Apple Airdrop Instead Of Snapchat And Instagram (cache)

Intéressant de voir les ados innover et finalement être les premiers à utiliser le réseau en pair à pair. Génération A(centrée) ? C’est assez éloigné de la compartimentation qui opère chez les plus vieux (cache).

January 12, 2015 11:00 AM

January 11, 2015

David Larlet

Code et écriture

Software engineers should write because it promotes many of the same skills required in programming. A core skill in both disciplines is an ability to think clearly. The best software engineers are great writers because their prose is as logical and elegant as their code.

Software engineers should write (cache)

Je vois souvent cet argument et je pense qu’il est incomplet. Chacune de nos activités a des répercussions sur les autres. Je code différemment depuis que je fais la cuisine. Je conduis différemment depuis que je fais du sport. J’écris différemment depuis que je suis père. Nous sommes des systèmes complexes (qui essayent de s’interfacer avec d’autres systèmes complexes).

January 11, 2015 11:00 AM

Karl Dubost

Encore un autre rêve !

Des légos assemblés en jouet Sengawa, Japon, 11 janvier 2015

Voilà pourquoi je m'appelle Mãn, qui veut dire « parfaitement comblée » ou « qu'il ne reste plus rien à désirer », ou « que tous les vœux ont été exaucés ». Je ne peux rien demander de plus, car mon nom m'impose cet état de satisfaction et d'assouvissement. Contrairement à la Jeanne de Guy de Maupassant, qui rêvait de saisir tous les bonheurs de la vie à sa sortie du couvent, j'ai grandi sans rêver.

Kim Thúy, mãn.

La maison d'une amie. Un enfant a amené ses cubes Lego. Il a trois ans. Il joue avec l'un de ses modèles construit comme sur la boîte. Je regarde les autres éléments dans sa grande boîte. Je commence à construire un véhicule sans savoir où j'allais. Il le voit, le prend, le fait voler dans ses mains. Il raconte une histoire avec l'objet. Il revient me voir. Il me demande « Construis-en un autre ! » Je lui réponds « Veux-tu essayer ? » J'ai pas dû demander correctement. Cela ne l'intéresse pas. Alors pendant qu'il joue avec le premier, j'en construis un autre. Il l'adopte tout aussitôt. Il me demande encore un autre véhicule. Je m'y remets. À la fin, j'avais construit quatre véhicules.

Je regrette un peu qu'il n'ait pas tenté. Je suis heureux qu'il ait joué et créé des histoires avec des choses qui ne ressemblent pas aux choses. Mais le plus grand secret, peut-être, est le plaisir que j'ai eu à réaliser ces véhicules. J'espère qu'il rêvera de construire plus tard.

January 11, 2015 08:05 AM

January 10, 2015

Eric van der Vlist

La musique qui marche au pas

La musique qui marche au pas, Cela ne me regarde pas – Georges Brassens, La mauvaise réputation Je suis -faut il le préciser?- atterré par l’attentat contre Charlie Hebdo et profondément attaché à la liberté d’expression et à la république … Continue reading

by Eric van der Vlist at January 10, 2015 09:48 PM

Karl Dubost

Lovejoy, une comète

Ciel étoilé Tsujido, Japon, 10 janvier 2015

Je suis restée debout à le regarder et je regrettais qu'il ne puisse se voir entouré de toutes ces fleurs. À cet instant précis, j'ai su que je resterais toujours debout, qu'il ne penserait jamais à mois faire une place à côté de lui parce qu'il n'était qu'un homme seul et esseulé.

Kim Thúy, mãn.

Nous avons une visiteuse ces jours-ci, la comète C/2014 Q2 (Lovejoy). Profitez-en, elle ne repassera que dans 8000 ans. Je suis allé dans le jardin. Dans l'ombre de la maison, le pin en face des yeux, j'ai décidé de tester les limites du Fuji X-100. Une série de poses de 5 secondes à 10 secondes en appui sur le bois mais sans retardateur (je manque d'équipements). Respiration bloquée, pas de mouvement. Et après vérification sur les atlas cette petite tâche verte est bien la comète lovejoy. Avec un télescope, on doit pouvoir faire sortir la queue.

détail de ciel étoilé Tsujido, Japon, 10 janvier 2015

January 10, 2015 01:45 PM

David Larlet

Devenir conférencier

Et je dis cela parce qu’en tant que conférencier, on partage souvent nos bonnes expériences, mais rarement ce que nous ressentons qui était mauvais. Un conférencier se met en danger, pas pour sa réputation, mais bien par la conscience de ne pas délivrer quelque chose qui représente une matière que l’on peut transmettre et qui évoluera au delà de ce que l’on peut imaginer. Les échecs sont un bon moyen de se rappeler d’être au plus proche de son sujet. Que ce sujet soit utile d’abord à l’audience.

Le temps d’un précipice (cache)

J’avais commencé une intervention sur ce que j’avais appris à chacune de mes interventions (so meta!) un peu avant la publication du billet de Karl. Et ça me trotte dans la tête et dans les onglets depuis. Une sorte de FailConCon mais ça sonne tout de suite moins bien en français. Il y aurait beaucoup à partager sur le sujet, peut-être pour HorsWeb ? #VaporCon

January 10, 2015 11:00 AM

January 09, 2015

David Larlet

Unanimisme émotionnel

Mais cet unanimisme émotionnel, quasiment institutionnel pour ceux qui écoutent les radio de service public et lisent les grands media, j’ai l’impression qu’on a déjà essayé de me foutre dedans à deux reprises. La société française est complètement anomique, mais on continue à se raconter des histoires.

"Je ne suis pas Charlie. Et croyez-moi, je suis aussi triste que vous." (cache)

La seule analyse depuis 2 jours qui me semble intéressante. Et elle ne vient pas d’un journaliste.

January 09, 2015 11:00 AM

Karl Dubost

Être chez soi

Cité de pavillons avec volcan et lune sur l'horizon Tsujido, Japon, 9 janvier 2015

Elle se trouvait sur l'un des traversiers du Mékong quand les premières balles ont touché les passagers. Tout le monde s'est abaissé, par réflexe. Et, par réflexe, elle a relevé la tête pendant le premier silence qui préparait la deuxième rafale. Son voisin, un homme âgé aux dents manquantes, à la peau cuirassée et aux yeux vifs, a baissé sa tête en lui ordonnant de jeter tous ses papiers par-dessus bord : « Si tu veux survivre, dépars-toi de ton identité. »

Kim Thúy, mãn.

Je ne suis pas ce que je serais demain. Je me souviens peut-être de ce que je croyais être. L'identité est fluide. Elle prend la forme de nos cicatrices, de nos trébuchements. Nous dessinons nos futurs sur le papier. Les pensées froissées en boule et redéployées avec la paume de la main, nous changeons l'histoire.

Lui, il ne pense pas. Il ne nous observe pas non plus. Il est sur l'horizon. Il ne devient pas non plus. À cet instant, néanmoins, je me sens chez moi.

Volcan et lune Tsujido, Japon, 9 janvier 2015

January 09, 2015 05:12 AM

January 08, 2015

Karl Dubost

Entre nous

Rivière et champs sec Narita, Japon, 8 janvier 2015

Il était de ceux qui ont vécu trop longtemps au Vietnam pour pouvoir devenir canadiens. Et, à l'inverse, qui ont vécu trop longtemps au Canada pour être vietnamiens de nouveau.

Kim Thúy, mãn.

Entre nous, il y a l'humanité qui coule. Les identités radicales entraînent la culture du conflit. Nous poussons nos modèles culturels, intellectuels, politiques comme nous gavons les oies. Il nous faut convertir l'autre. Et pourtant nous ne sommes pas atteints d'illuminations, ni de philosophie. Les laïcs et les ecclésiastiques défendent leurs territoires. Ce qui nous tue est le besoin d'autorité et de pouvoir peu importe son origine.

Et si nous recherchions l'ajustement ?

January 08, 2015 12:23 PM

David Larlet

Kilian Jornet et Aconcagua

I suffered from altitude sickness all the way to Plaza de Mulas. I kept losing my balance, my muscles seemed unwilling to follow my head and made me fall. At Plaza de Mulas I stopped for twenty minutes. I had something to eat, hydrated well and I gradually began to feel a bit better. Ahead was the descent to Horcones, where I was able to run well and ended up making good time.

ACONCAGUA, KILIAN JORNET’S NEW RECORD (cache)

Lorsqu’on lit le récit de Kilian et que l’on connait ses capacités physiologiques, on peut se demander à quel point il frôle ce qu’il est humainement possible de faire. Ça donne des idées (cache)…

January 08, 2015 11:00 AM

January 07, 2015

Karl Dubost

Vu. Entendu. Paris.

Fauteuil élimé Paris, France, 7 janvier 2015

Ma deuxième mère, celle qui m'a cueillie dans un potager au milieu des plants d'okra, avait un trou dans la foi. Elle ne croyait plus aux gens, surtout quand ils parlaient. Alors, elle s'est retirée dans une paillote , loin des bras puissants du Mékong, pour réciter des prières en sanskrit.

Kim Thúy, mãn.

Entendu 9h48 : Dans le métro, je n'ai rien entendu, juste l'epuisement des visages sombres le matin. Ah et aussi, j'avais presque oublié. Accident de voyageur sur la ligne RER B. Peut-être un des visages sombres.

Entendu 10h27 : « I could not talk with my father, only tv reality show.

Vu 10h34 : J'ai vu un employé débloquer sa machine pour payer avec la tige d'une chupa chups. J'ai entendu la pièce de monnaie tomber. « Cling » peut-être.

Statue ApollinaireVu 10h47 : J'ai vu Guillaume Apollinaire.

Entendu 10h49 : « Non. Ce n'est pas jouissif. »

Vu 10h50 : Des japonaises à la terrasse du café de Flore. Elles parlaient silencieusement à leurs téléphones avec leurs doigts.

Vu 10h54 : Un homme préparer des sobas.Cuistot derrière une fenêtre

Entendu 11h05 : À la hune.  « Je ne parle pas du fond du livre. » et puis « On va faire très peu de plans. On doit envoyer cela avant midi. »

Statue VoltaireVu 11h16 : J'ai vu Voltaire.

Coin de mur en céramiqueVu 11h24 : Des couleurs qui me touchent.

Brouillard sur rivière et villeVu 11h33 : Paris dilué.

Entendu 11h43 : « Je suis dans une école de journalisme. »

Entendu 11h53 : « C'est pour manger ? » Par le garçon de café.

Entendu 12h53 : « Quelle horreur » dit une femme à une table voisine entre deux frites qu'elle mange. Suite à la nouvelle de l'attaque de Charlie Hebdo.

Entendu 13h57 : « Entendu. Allo. ALLO. Alloooo. J'vais à l'aéroport. Aaah. Allo. Chienne. Suce. » un homme au téléphone dans le RER B.

Entendu 14h00 : « I need to go terminal 2. Same train ?? » avec un accent espagnol.

Entendu 14h15 : « Vous vivez au Japon? Vous allez avoir la rangée pour vous tout seul probablement. »

Croisement de couloirsVu 14h16 : le départ

Que retient-on d'une journée ? Que veut-on se rappeler ?

January 07, 2015 03:23 PM

David Larlet

Bouncer IRC et backlog

Connection to david.typhon.net closed.

J’essaye de me séparer de tout ce qui demande mon attention numérique de manière récurrente avec un faible rapport signal/bruit (coucou Twitter !). Mon serveur Typhon gracieusement mis à disposition par les fondateurs a été arrêté, l’occasion de voir si je peux me passer de bouncer IRC et de backlog.

January 07, 2015 11:00 AM

★ Livre et diffusion

Car si l’on y réfléchit un instant, un ebook n’est rien d’autre qu’un mini-site web encapsulé pour être consulté en mode offline, rien de plus. Et c’est notre besoin de jouer à la marchande « en échange de ton argent, je te transmets un fichier tangible et stockable » qui nous a propulsés droit dans le mur, et poussés à inventer des solutions toujours moins pratiques, plus compliquées et plus fermées. Alors que le web était là depuis le début, et qu’il nous tendait les mains. Nous avons réinventé le web, en moins bien.

Le livre numérique est mort : vive le livre numérique (cache)

Suite à mes envies de publications, je me renseigne sur des projets comme LeanPub ou GitBook en évitant d’écrire le mien. Au-delà des outils, il y a la question de la plateforme de diffusion, cruel dilemme lorsque l’on a les compétences techniques pour le faire chez soi.

I should make sure to negotiate permission to make the book available for free on my web site. He told me that compared with the effort that you put into the book, the money you get back is insignificant. So if you write a book it should not be because you want to make a lot of money from it but because you have an idea that you want to present to the world. And as an author, you owe it to yourself to get your idea in front of as many people as possible.

Why my book can be downloaded for free (cache)

J’ai suivi avec grand intérêt les aventure dans l’auto-édition de Ninja-Squad (cache) (aux limites de la légalité (cache)) ou de STPo pour sa BD (cache). Je suis en pleine réflexion et si vous avez des retours qui ne soient pas des success stories ça m’intéresse.

January 07, 2015 11:00 AM

January 06, 2015

Karl Dubost

Les départs incertains

Quai de Gare et son train Saint-Aubin-les-Elbeuf, France, 6 janvier 2015

Il essaya de se remémorer plus précisément cette scène, et il en oublia le tumulte du vent.

Yasunari Kawabata, Première neige sur le Mont Fuji.

Un taxi, une gare, un train, un métro, un hotel. Demain il faudra reprendre l'avion pour le Japon. Les départs sont sans certitudes. Nous ne savons jamais totalement si l'on pourra revenir ou même si nous saurons revenir. Dans le train, je décide d'écrire les mots du départ. Les pages de mon carnet étaient pleines. J'ai ouvert le livre de Kawabata. Sur la dernière page blanche, j'ai écrit mes impressions. Ces notes-ci ne sont pas celles-là. Il faut le temps du vent. Il faut l'oubli pour mieux se souvenir.

Ce soir, à Paris, j'ai vu « Coming Home »

January 06, 2015 10:37 PM

David Larlet

Résister à la généralisation

“Wow, I can simplify this; if I just generalize this class or build this Framework it would be so much easier to accomplish what I want to do!”. It happened all the time. I would write Game Engines when I was trying to write games, or forum software when I was trying to start a forum. […] I loved writing beautiful, generic code, that could easily be re-used in the future.

I kept doing this for a long time. I kept generalizing stuff, I kept trying to make things generic. And eventually I learned, the hard way, the truth about generalization: It is (almost always) a waste of time.

On Generalization (cache)

Le fichier fabric qui génère l’intégralité de ce site fait maintenant plus de 1000 lignes. C’est énorme vu la concision que permet Python. Mais c’est presque avec nostalgie que j’évite de refactoriser tout ça. Il est le témoin de mes errements et de mes erreurs, de mes contradictions et de mes habitudes qui évoluent. Et il me retient surtout de le partager et de subir le poids de la maintenance.

January 06, 2015 11:00 AM

★ Cours IUT : jQuery et Bonus

As I’ve mentioned (many times) before, this blog is not about bad-mouthing jQuery. jQuery is, without a doubt, ubiquitous in the world of web development. In the earlier days of web development, jQuery was required to smooth out the significant implementation differences and bugs found in various browsers when dealing with the DOM and the Web API as a whole. Also, the Web API was quite primitive at the time, in some respects, and jQuery helped to make development a bit more intuitive.

Browsers, and the Web API, have come a long way in the last several years. You can do a lot without jQuery, and I have mostly avoided jQuery in my new projects for the last several years. The jQuery approach may take less keystrokes, or look a bit more elegant in some cases. That’s fine, but the point of this blog isn’t to help you reduce the number of keystrokes, or write more beautiful code.

You Don’t Need jQuery! (cache)

Quand il n’y en a plus, il y en a encore :-). On était passés un peu rapidement sur jQuery la dernière fois alors les étudiants en redemandent. Suite à une sondage à la représentativité douteuse sur Twitter, je me suis rendu compte que jQuery n’était plus utilisé que pour quelques raisons :

  1. la compatibilité IE8
  2. le support du code existant et de sa qualité inégale selon les intervenants
  3. l’inclusion par défaut dans Bootstrap

J’exclus la première raison vu que j’enseigne pour aujourd’hui et demain. Je mets de côté la seconde car il faudrait les mettre en situation avec du code en production et je peux difficilement gérer ce type d’interactions à 24. Il reste l’intégration de morceaux de code existants et/ou celui de Bootstrap. C’est assez éloigné d’un carousel ou d’une galerie d’images comme ils me l’avaient demandé mais ça me semble plus pertinent (et de toute façon ça existe maintenant en vanilla-js).

Partons sur un exemple concret à base de gabarits sous Creative Commons et d’images libres de droits, ça changera des images récupérées sous Google Images et du copier/coller d’anciens projets. Premier exercice, intégrer jQuery dans une maquette existante. Deuxième exercice, animer une partie de manière pertinente pour l’utilisateur. Troisième exercice, vérifier que c’est beaucoup plus compliqué à faire en CSS ou JS (c’est le moment d’introduire You Don’t Need jQuery! de manière très subtile !). Quatrième exercice, explorer Bootstrap et ce qui utilise réellement jQuery dans les différents composants/animations proposés et la notion de plugins.

Ce sera aussi l’occasion de reparler de la correction précédente de l’auto-évaluation et des notes qui en ont découlées. Donner quelques derniers conseils pratiques notamment sur les styleguides. Et pour terminer ? Une petite note récente du W3C au sujet des différences HTML4/HTML5 ça peut toujours servir.

Il est temps qu’ils aillent faire leurs propres expériences, j’espère les recroiser.

January 06, 2015 11:00 AM

January 05, 2015

Eric van der Vlist

Bonne année 2015 – Happy new year

[fr] Voici les photos auxquelles vous avez échappé cette année : [en] Here are the pictures which have been short listed this year:

by Eric van der Vlist at January 05, 2015 03:53 PM

Karl Dubost

Les brumes des jours

Brouillard et cime des arbres La Saussaye, France, 5 janvier 2015

Quand Mitsumara ouvrait la portière, à l'instant même où Amiko s'engouffrait dans la voiture, son odeur elle aussi se glissait à l'intérieur. Et l'odeur remplissait l'habitacle. La jeune fille était une élève de dix-sept ans qui ne portait ni maquillage ni parfum : cette odeur était la sienne, tout simplement, celle de son corps, et non de ses cheveux. Une odeur fragile, mais en toute saison Amiko embaumait la voiture. Mitsumura n'avait connu cela avec une autre femme.

Yasunari Kawabata, Première neige sur le Mont Fuji.

En Normandie, l'hiver, la nuit est lente. Le jour n'est qu'un clin d'œil. Ce matin, les branches se dissolvent. Tout est absorbé, même le chant des oiseaux. Je ne suis plus très sûr. Peut-être que le soleil s'est assoupi. Et pourtant quel parfum de brume dans la chambre, la fenêtre ouverte. Je referme les yeux et j'inspire le silence de l'instant.

January 05, 2015 11:24 AM

David Larlet

Cacher le Web

J’ai entrepris de mettre en cache les articles (sans indexation, via robots.txt + nofollow) dont je propose une citation ou qui me semblent importants pour la compréhension de mes propos. Sans me prendre la tête avec les histoires de copyright et compagnie, par contre j’enlève immédiatement sur simple demande. Je n’ai pas encore tranché sur ce que je vais faire des images distantes. Si ça marche bien, je m’occuperai des 48 articles de 2014.

January 05, 2015 11:00 AM

January 04, 2015

Karl Dubost

Les mousses géantes

Mousses La Saussaye, France, 4 janvier 2015

À des noeuds qui s'entrelacent
Chaque pas vient s'accrocher !
Là des souris vont et passent
Dans la mousse du rocher.
Là des mouches fugitives
Nous précèdent par milliers,
Et d'étincelles plus vives
Illuminent les sentiers.

Gérard de Nerval, Sur le pays des chimères.

L'éveil. Je glisse ma tête par la lucarne. Lentement, je m'exalte de l'humus en volutes. Je pose mon visage sur la pente du toit. Les mousses géantes sont mes compagnes de rêveries. Déjà dans la vallée de Nerval, elles s'évadent.

January 04, 2015 10:28 PM

David Larlet

Illettrisme technologique

Par contre, la croyance populaire comme quoi toute personne de moins de 18 est un magicien de l’informatique est tout simplement fausse. Ils savent utiliser certains logiciels, particulièrement des applications web. Ils savent utiliser Facebook et Twitter. Ils peuvent utiliser YouTube et Pinterest. Ils savent même utiliser Word et PowerPoint et Excel. Par contre, demandez-leur de réinstaller un système d’exploitation et ils sont perdus. Demandez-leur de changer leur disque dur ou leur mémoire vive et ils font une crise d’angoisse. Demandez-leur ce que veut dire https et pourquoi c’est important, et ils vous regarderont comme si vous leur aviez parlé Klingon.

Les gamins ne savent pas utiliser les ordinateurs… Voici pourquoi ça devrait vous inquiéter. (cache)

Chaque réunion familiale me permet de vérifier cela. Chaque cours à l’IUT aussi.

Une idée : quand ils atteignent onze ans, donnez leur un fichier texte avec 10.000 clés WPA2 et dites leur que la vraie est cachée dans le lot. Vous allez voir qu’il ne leur faudra pas longtemps pour découvrir Python ou Bash.

Ibid.

Bonne idée :-).

January 04, 2015 11:00 AM

January 03, 2015

Karl Dubost

S'offrir l'oubli

Grillages réparées avec une corde Nara, Japon, 23 novembre 2007

Le silence était mon interlocuteur.

Yasunari Kawabata, Première neige sur le Mont Fuji.

L'impulsion de la réaction est aussi le geste de la précipitation, celui du réflexe dans la chute. Tout aussi dangereux que la chute elle-même car il est dans l'absence de contrôle. Nous espérons avoir le bon réflexe alors que nous voudrions pouvoir avoir le temps d'un geste posé. Ce jaillissement est semblable à nos interventions précipitées. Emmanuel parle de décharge cognitive.

À l’opposé je pense à Karl, qui diffère de plusieurs semaines, voire mois, la publication de ses notes (tiens Karl, les retouches-tu d’ailleurs, entre la prise de note et la publication ?). Il arrive apparemment à retenir (ou à différer ?) cet élan compulsif. Une forme d’opacité dans le temps – je ne sais plus dans quel billet il en parle.

Emmanuel Clément, Décharge cognitive.

C’est compliqué. Ou disons ce n’est pas si contrôlé que cela. Je note des idées et des pensées sous différentes formes. signets, liens, notes écrites dans le carnet papier, notes prises au format électronique dans le répertoire du jour, parfois en bribes, parfois en texte long, parfois il s’agit juste d’une photo. Je reviens sur les jours anciens que je publie.

J’ai laissé à mes pensées le temps de l’oubli.

Cela a un bénéfice, celui de la formation des mots, des idées, des rencontres entre les émotions et les dérives. Et c’est ainsi que quelque mois après, certaines choses s’écrivent, se disent, se racontent différemment. Un peu comme cette anecdote que l’on aura réservée à une personne que l’on rencontre occasionnellement. Celle-ci n’est ni dans l’instant, ni dans le différé. Elle est dans la narration, dans ce trésor que l’on délivre et transmet. Je reprise l'histoire au fil de mes mémoires et de mes pensées.

Cette note même aurait pu être un commentaire sur ton carnet Emmanuel. J’ai décidé de la mettre dans mes notes du jour. Peut-être sera-t-elle publiée aujourd’hui, peut-être dans quelques mois.

January 03, 2015 09:28 PM

David Larlet

Écoutés en 2014

Alt-J, Agnès Obel, Aphex Twin, Asaf Avidan, Bibio, Calexico, Caribou, Clark, Daft Punk, Détroit, Django Django, Emilie Simon, Grimes, James Vincent McMorrow, Jamie xx, LCD Soundsystem, Lisa Simone, Little Dragon, London Grammar, Marianne Faithfull, Max Richter, Melody Gardot, Metronomy, Mogwai, Mount Kimbie, Rodriguez, Tame Impala, Todd Terje, Woodkid.

January 03, 2015 11:00 AM

★ Publier, enseigner et cultiver

One more question before we get going: who here has started to write something, maybe about web development or design, and then encountered problems?

Because writing is difficult, isn’t it? There’s so much to consider when you’re writing words to convey something to someone else. But writing is difficult like parenting is difficult, or like playing a musical instrument is difficult, or like web design is difficult: we can all learn how to do it, given enough time to practice, and there’s always room for improvement, and you’re going to get it wrong some of the time.

The Web Is Read/Write (cache)

Publier

J’ai commencé à publier un flux en dehors de Twitter, ce n’est pas nouveau mais ça rejoint un mouvement de micro-décentralisation (cache). Il me suffit de 2 commandes shell/fabric pour me décharger cognitivement (cache), la première pour générer le gabarit à partir des paramètres et l’ouvrir dans iA Writer, la seconde pour compiler, commiter et publier. Cela me semble suffisamment simple pour que je puisse le faire quotidiennement.

J’ai aussi des projets d’écritures plus longues qui ne tiennent pas forcément dans un billet de blog. J’aimerais pouvoir concrétiser cela même si je suis encore très incertain sur la forme que ça pourrait prendre.

Enseigner

Très heureux d’avoir pu donner une vingtaine d’heures de cours à l’IUT d’Arles en 2014, j’ai rempilé pour une trentaine en ce début d’année. Je prends vraiment beaucoup de plaisir à transmettre et à échanger avec des néophytes, cela me permet de revoir les bases et de repenser certaines de mes pratiques. J’en profite pour me mettre sérieusement à CSS 3 et ECMAScript 6.

Je souhaite aussi aller plus loin dans l’enseignement car je me renseigne beaucoup sur l’instruction en famille et cela requiert certaines qualités pédagogiques.

Cultiver

Cultiver du positif. Faire germer les petites graines de bonheur et de joie qui croisent ma route. Je me considère être actuellement en environnement hostile et violent qui me laisse 2 options : investir du temps et de l’énergie pour transformer des sourires ou fuir et s’exiler dans un lieu plus propice à la bienveillance. Je ne vous cache pas que la tentation est grande de rejoindre un environnement avec moins de haine au quotidien. Pour l’instant, je vais essayer de pousser les initiatives positives qui tendent à changer de paradigme et de société.

Dans les épisodes précédents

January 03, 2015 11:00 AM

January 02, 2015

Karl Dubost

Les graines de Nara. Le jardin de Galilée

Graines de Daikon La Saussaye, France, 2 janvier 2015

J'avais fini par m'habituer à l'idée que l'existence est résignation.

Yasunari Kawabata, Première neige sur le Mont Fuji.

Elle me donne une enveloppe. « Daikon » est marqué au stylo bille noir. Le mot est entouré d'un cadre noir fait rapidement en 5 traits. Dessous les mots suivants sont inscrits dans la même encre. « Jean pour Karl du jardin de Galilée. Graines de daikon de Nara. »

Les hommes oublient. Les objets transportent la mémoire. Cela me revient. Nous étions allés visiter Nara. Nous avions mangé chez Shigeki Uda, le vieil homme du film « La forêt de Mogari. » Après le repas, il nous avait parlé de Nara et de la poésie des rues. Ils nous avaient deviné. Il sortit sa carte et commença à griffonner des lieux où nous devrions nous perdre. Un chêne magnifique au milieu d'une déclivité. Une ruelle le long d'un mur de terre ou encore ce temple presque sauvage où les boudhas se prélassent au milieu des herbes longues comme les pensées.

Sur le chemin du retour, nous avions acheté des graines de daikon que nous avions envoyées en Normandie. Jean, mon grand-père, les planta dans son jardin de Galilée. Elles germèrent. Les daikons poussèrent. Il en récolta les graines. Et comme tout homme de la terre, il partagea les graines. Ces graines là me sont finalement revenues. Transmises. Les graines des enfants de Nara dans le jardin de Galilée pourront de nouveau pousser au Japon.

Boudhas dans la végétation Nara, Japon, 24 novembre 2007

January 02, 2015 09:25 PM

David Larlet

Économie de partage vs. économie de location

the “sharing economy” was outed as the “rental economy.” nobody is sharing anything. people are making money, plain and simple. technology has made renting things (even in real time) as simple as it made buying things a decade ago.

What Just Happened? (cache)

Cet article et sa suite (cache) sont culturellement intéressants. Capitalisme, Web et Oncle Sam.

January 02, 2015 11:00 AM

January 01, 2015

David Larlet

Publication quotidienne

J’inaugure une nouvelle forme de publication courte qui est destinée à remplacer mon usage de Twitter. L’idée est de continuer à partager des liens et des idées sans pour autant abreuver une machine publicitaire. Le format restera court et un seul article devrait être publié par jour. C’est expérimental.

January 01, 2015 11:00 AM

Karl Dubost

L'ombre des étoiles

Composition de trois ciels étoilés La Saussaye, France, 1er janvier 2015

— Parle-moi toute la nuit, murmura Utako. Pas d'histoires tristes.

Yasunari Kawabata, Première neige sur le Mont Fuji.

Cinq secondes. Dix secondes. Quinze secondes. Trois temps. Trois fois, la forêt dans l'ombre des étoiles d'Orion. Trois fois le temps du souvenir, des rêves sous le chêne et le charme. Le cri de la chouette invisible, les hululements des humains cachés derrière la nuit. Le nouvel an est un passage.

Cette indiscrétion universelle entre deux franges lumineuses, je la parcours à grands pas le long des latitudes. La nuit est le chemin de mon pas. Les étoiles désaltèrent des moments secs. Les murmures ébauchent nos conversations.

January 01, 2015 01:28 AM

December 27, 2014

David Larlet

★ Rétrospective Mozilla

But really the details of this are not that important. What I believe is really, really important is the ability to critically examine your job and projects and examine their worth.

What normally happens is that you get a group of people and tell them to work on project X. They will iterate through features and complete features. And repeat and keep going. And if you don’t stop at some point and critically examine what is going on, it will keep repeating. People will find new features, new enhancements, new areas to add to the project. Just as they have been trained to do so. And the project will keep growing.

That’s a perfectly normal thing for a team to do. It’s harder to call a project done, the features complete and realize that there might be an end.

Self Examination

Timeline

Ce qui s’est bien passé

  • la montée en compétence ET en humilité sur Python et JavaScript et la découverte de l’intérêt des revues de code, je n’envisage plus de travailler sans ;
  • la flexibilité qui m’a permis de bosser quand je voulais et combien je voulais pour avoir le temps de m’occuper de mon fils souvent au cours de la dernière année (et de payer au moins un salaire) ;
  • l’adrénaline liée au fait de travailler sur un site très populaire (~1 milliard de requêtes/jour) et la contrainte de performance associée ;
  • l’équipe francophone pour travailler à 3 sur le site des add-ons, parfois en pair-programming distribué, parfois en présence dans des coins sympas.

Ce qui pourrait être amélioré

  • le manque de collaboration, c’est vraiment ce qui m’a choqué en arrivant dans une équipe distribuée (attention cela s’applique uniquement aux équipes par lesquelles je suis passé, pas forcément toutes les équipes Mozilla) ;
  • la communication/stratégie interne, je ne peux pas dire grand chose publiquement là-dessus à part ce qui fuite mais certains épisodes ont été clairement décevants ;
  • l’absence de stratégie claire sur les projets qui nuit grandement à la motivation nécessaire à tout travail ;
  • mon anglais, j’aurais pu profiter de cette période pour que ma communication dans cette langue soit plus fluide.

Actions pour la suite

  • éviter les projets complexes (un billet est à venir là-dessus) ;
  • éviter les projets sans stratégie bien définie ;
  • réussir à travailler sur un projet commun avec scopyleft.

Au final c’était vraiment une très bonne expérience car cela m’a permis de réaliser à quel point je n’étais pas fait pour travailler dans une entreprise de cette taille. J’ai pu expérimenter de nouvelles technologies et de nouvelles façons de collaborer. J’ai pu confirmer certains points sur la relation qu’ont les geeks au travail qui feront peut-être l’objet de futurs billets.

PS : je redeviens disponible pour de nouvelles aventures via scopyleft si vous voulez que l’on travaille ensemble, je suis toujours motivé par des projets utiles et citoyens ainsi que la transmission de mes savoirs.

December 27, 2014 11:00 AM

December 22, 2014

David Larlet

★ Père Noël

Question sobriété heureuse, nous sommes bien loin du minimalisme. Le Père Noël, tel que je le vois présenté à la télé ou dans les magazines ne met pas l’accent sur les cadeaux expérience. Il ne prône que le matérialisme. Nous nous efforçons d’expliquer et de montrer à Petit Lutin que les biens matériels ne sont pas ce qui rend heureux. Nous cherchons à partager du temps de qualité avec lui. Désolée Père Noël, mais tu es actuellement incompatible avec ma vision de la sobriété heureuse !

Moi, Petit Lutin, 3 ans et demi, je n’ai jamais cru au Père Noël

Il y a énormément de raisons pour ne pas avoir envie de faire croire au Père Noël à son enfant : mercatique, religieuse, culpabilité, mensonge, hypocrisie, société de consommation, etc. Celle qui me tient à cœur est plus positive, je trouve dommage que l’on mystifie un moment de convivialité et de partage. Pourquoi vouloir cacher le fait que des personnes proches nous aiment au point de nous faire des cadeaux et de passer un bon moment avec nous ? Elle est là la magie de noël, se retrouver ensemble. Faire don de son temps, de son enthousiasme et parfois d’une petite attention personnelle en plus.

December 22, 2014 11:00 AM

December 12, 2014

David Larlet

★ Lean et favelas

Autre exemple : observez Lean startup, une approche extrêmement puissante pour construire rapidement un produit/service en itérant directement avec ses utilisateurs. Si vous deviez construire un quartier en mode Lean, vous commenceriez par construire rapidement des logements répondant aux besoins minimum exprimés par les utilisateurs : un sol, des murs, un toit et une porte pour assurer le clos et le couvert du logement. La condition minimum de l’habitat est respectée. Par contre si vous produisez ça à l’échelle du quartier vous avez construit une favela.

En voulant répondre rapidement au besoin minimum de l’utilisateur vous avez livré un produit qui générera rapidement des problèmes de salubrité, de promiscuité, et de violence. Finalement vous avez bien suivi la méthode mais la qualité de vie (ou l’expérience utilisateur) n’est pas satisfaisante.

Dans cet exemple la production s’est attachée à répondre aux besoins conscients de l’utilisateur. Les besoins futurs, non-conscients et non-exprimés, comme une bonne qualité de vie, la sécurité ou la salubrité, n’ont pas été pris en considération. Ils conditionnent pourtant largement la qualité de l’expérience utilisateur.

En Lean comme ailleurs l’expert est aussi là pour, si j’ose dire, préserver l’utilisateur de lui-même. Si l’utilisateur est conscient de ses besoins présents, est-il conscient des conséquences futures de ces choix ? On peut en douter…

Non, la conception centrée utilisateur doit être encadrée par des ressources responsables de la vision du projet. Il faut des visionnaires, il faut des innovateurs, des planificateurs. Il faut des garants de la qualité du produit/service pas seulement pour l’usage présent, mais aussi pour les usages futurs.

Cette empathie dont on pâtit

Il y a 2 choses qui me gênent dans cet extrait :

  • la première de penser que la démarche Lean aboutira à la construction d’une favela ;
  • la seconde d’avoir l’arrogance de croire que l’expert est un visionnaire qui connait mieux le problème que ceux qui le vivent.

Si je reprends l’exemple de l’habitat, la première itération débouchera en effet peut-être sur une cabane. Puis la seconde, une fois que des personnes y auront vécu, débouchera sur un groupe de cabanes avec une pièce commune et des sanitaires externes. Puis la troisième pourrait être à l’origine d’un renforcement des murs existants et la construction d’une école. Enfin lors de la quatrième on démolirait la pièce commune pour faire une salle des fêtes en béton. Ou tout autre chose en fonction des besoins des personnes qui sont concernées au quotidien. Lean n’est pas fait pour développer un prototype et passer à l’échelle à partir de celui-ci mais bien pour itérer sur ce prototype de manière à ce qu’il acquiert le maximum de valeur avant de passer à l’échelle. Si personne ne souhaite vivre dans une favela, un projet Lean ne devrait jamais aboutir à une favela (au passage comparer une n-ième fois le développement logiciel à du BTP est délirant).

Passons à l’encadrement des utilisateurs trop stupides pour pouvoir avoir une vision de leur produit. Dans un système complexe, l’expert et l’utilisateur sont sur un pied d’égalité vis-à-vis de la prédiction qu’ils peuvent faire sur un produit innovant : c’est entre la voyance et le bullshit. Personne ne peut anticiper dans un tel système. La chance de notre domaine c’est la flexibilité que l’on a pour pouvoir s’adapter au changement. L’agilité propose des outils pour que les compétences de l’expert (estimation relative de la complexité et qualité interne) et l’utilisateur (priorité et budget) puissent travailler ensemble afin de maximiser la valeur de chaque itération. Inutile d’anticiper (faussement) sur les usages futurs si l’on est suffisamment réactif dans les développements présents. L’enjeu est de rester suffisamment réactif tout au long du processus, à la fois techniquement mais aussi en terme de retours utilisateurs.

Je fais rarement de la pub par ici mais la formation qu’expérimente Stéphane dans le domaine est vraiment éclairante.

December 12, 2014 11:00 AM

December 09, 2014

David Larlet

★ Cours IUT : Évaluation et Bilan

Supprimer les notes, c’est assurément une façon de se recentrer sur l’apprentissage ; c’est arrêter de chiffrer quelque chose qui n’est pas chiffrable. Mais, arrêter la note ne veut pas dire arrêter d’évaluer, car, bien évidemment, l’étudiant a besoin de repères, de savoir où il en est. Quand il n’y arrive pas, il le sait : il n’a pas besoin de recevoir une mauvaise note. Il faut trouver comment stimuler son envie de continuer à apprendre, alors que la mauvaise note, en général, lui donne envie de ne plus essayer. La note, pour les bons élèves, sert de carotte : elle est intéressante en terme d’émulation. Mais il faut trouver une autre façon de stimuler l’apprentissage : en disant à la personne que ce qu’elle fait est bien, qu’elle peut être fière d’elle. Si l’enthousiasme est réveillé, elle aura envie de continuer à apprendre.

Isabelle Peloux : Passer de la note à l’évaluation

Je suis contre le système de notation actuel. Mais il faut pourtant que j’attribue une note à chaque élève. Alors je vais essayer de transformer cela en auto-évaluation. À partir d’un exercice imposé sur une heure, seuls (mais connectés) face à la page blanche, essayer de produire quelque chose à partir des concepts que j’ai essayé de leur transmettre. Au final l’évaluation sera davantage intéressante pour moi. Qu’ont-ils retenu de ces 24 heures passées ensemble ? Un peu, beaucoup, rien du tout ?

Le débriefing/correction sera l’occasion de faire un bilan de ce que l’on a abordé ensemble. D’analyser ce qu’il manque à ce cours pour être plus pertinent et plus engageant. De vérifier qu’il a répondu à leurs craintes initiales. Mon bilan personnel est assez mitigé :

  • la responsable de la promotion est très réactive et compréhensive mais le service technique de la fac est clairement en position de « difficultateur » ;
  • j’ai pris du plaisir à transmettre des concepts aux élèves mais cela manque cruellement de recul sur la profession ;
  • les étudiants sont demandeurs mais il faut que ça reste dans le cadre de leurs heures de cours ;
  • le fil rouge du cours (projet personnel) est motivant mais manque de finitions faute de temps.

Malgré ces retenues, le bilan est globalement positif et j’espère pouvoir participer par la suite plus en amont pour orienter le programme afin qu’il réponde un peu mieux aux enjeux et pratiques du métier.

C’est en observant nos deux apprentis tantôt réussir, tantôt échouer, que je fus soudain prise d’empathie. J’ai repensé à mes propres débuts.

J’ai alors eu envie de les aider. Au quotidien, j’essaie de les aider du mieux que je peux, bien que cette aide ne soit pas toujours facile à caser dans un rythme de production soutenu.

C’est pourquoi je publie ici les 24 conseils que j’aurais voulu qu’on me donne aussi quand j’ai débuté, afin que cela puisse servir à d’autres débutants… quitte à prendre moi-même un petit coup de vieux !

24 conseils que j’aurais voulu que l’on me donne quand j’ai débuté

Quelques conseils que j’aimerais leur donner pour la suite :

  • Ce que vous avez appris aujourd’hui sera faux demain. Vous devez continuer à expérimenter par vous-même et pratiquer une veille au quotidien ;
  • Validez vos acquis par la transmission. Je n’ai jamais autant appris qu’en essayant de partager le peu que je savais déjà sur le sujet ;
  • Publiez votre travail. Même si ça vous semble parfois dérisoire, racontez le processus qui vous a permis d’arriver à ce résultat ;
  • Rencontrez vos pairs. Rencontrez vos interlocuteurs. Rencontrez vos utilisateurs.

December 09, 2014 11:00 AM

December 07, 2014

Christian Fauré

La collecte des mouvements occulaires, prochaine étape de la digitalisation du lecteur

kindleeye

La digitalisation des pratiques de lecture passe par la collecte des données qui correspondent à des actes de lecture. À partir de là on peut élaborer des comportements de lecture.


Ces actes de lecture qui sont être collectés sont, au final, assez limités : tourner une page pour le premier d’entre eux. Le reste : souligner un passage, rechercher une définition, écrire une note sont, au sens strict, des actes d’écriture qui accompagnent la lecture.

Tout cela est au final assez limité, mais cela ne surprend personne tant l’acte de lecture est une pratique “intérieure” et intime ; quoi de plus immobile qu’un lecteur qui ne sort de sa lecture que pour tourner les pages ou passer à l’écran suivant.

Mais les systèmes de lecture digitale iront encore plus loin quand ils commenceront à tracer non seulement le mouvement des doigt sur l’écran mais, en plus, le mouvements des yeux pendant la lecture.

eyeTrackingNewspaper

Nous avons tous déjà vu des écrans d’eye-tracking, ce dispositif qui consiste à suivre et enregistrer les déplacements du regard sur page ; nos smartphones sont déjà équipés pour détecter si l’oeil de l’utilisateur regarde l’écran.

Demain, donc, les systèmes de lecture proposeront un système de collecte des mouvements oculaires du lecteur.

Quelle horreur ! dira-t-on. La simple idée que les mouvements oculaires du lecteur puissent être collectés va encore plus loin que la sensation que l’on regarde par dessus notre épaule.

On peut y voir une atteinte insupportable à notre intimité mais on peut aussi être, en tant que lecteur, intéressé par ces traces. On peut même imaginer qu’un tel dispositif puisse avoir des vertus éducatives en permettant de corriger le regard hésitant et défaillant du jeune lecteur qui bloque dans son apprentissage.

eye

En plus de cela, la reconnaissance du mouvement des yeux ouvre également en retour la possibilité d’écrire avec les yeux : un clignement d’oeil droit pour tourner la page, entourer un passage du regard pour le souligner, etc. La polémique continuera quand de premières entreprises voudrons breveter les mouvements oculaire comme cela se fait pour les gestes sur les écrans tactiles.

 

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by Christian at December 07, 2014 04:04 PM

David Larlet

★ Cours IUT : PHP et Formulaires

A l’origine d’internet il existait une personne qui possédait tous les pouvoirs. Cet individu avait le droit de vie ou de mort sur un site internet. Cette personne c’était le maître du web aka webmaster.

Il connaissait tous les raccourcis Frontpage, pouvait animer une page à l’aide d’images 16 couleurs en .gif, faire défiler ou clignoter du texte, et transférer ses fichier sur le web à l’aide de logiciels FTP.

Certains de ces individus se sont transformés en développeurs web. D’autres en découpeurs HTML, encore appelés intégrateurs. Ces magiciens du CSS étaient capables de cacher des liens dans des images à l’aide de leur logiciel de prédilection Dreamweaver. Ils ont aussi découvert le copier / coller et l’utilisaient à travers le web pour récupérer du code source JavaScript.

Mais ce temps est révolu...

Manifeste d’un développeur front-end éclairé

J’ai été contraint et forcé de parler de PHP. Un langage que je n’ai pas utilisé depuis 10 ans. Un langage de bidouilles par excellence. Un langage dont la qualité des ressources en ligne est très variable (mais il y a des pépites). Dur.

Mais c’est aussi l’occasion d’essayer de transmettre quelque chose que je ne maîtrise pas du tout, entamer la discussion sur l’importance d’apprendre à apprendre tout au long de sa carrière. Sur ce que l’on peut apprendre en aidant sur un forum, sur irc, en participant à une conférence ou en formant. Et de faire une introduction à la mise en forme des formulaires et aux attributs HTML 5 dédiés. Et de troller un peu aussi hein.

Je compte partir sur un formulaire d’envoi d’email très basique mais qui permet d’explorer les différents concepts (architecture client/serveur, double validation, séparation du code et de l’affichage, etc) :

Ce simple exemple nous prendra je l’espère moins de 4 heures à expliquer, c’est pas gagné car à 24 l’inertie de compréhension est terrible. Il faut que j’arrive à mieux faire en sorte que ceux qui percutent rapidement aident les autres.

Pour l’instant, les retours sur les cours sont vraiment positifs et les étudiants en redemandent ce qui est très motivant. Je vais peut-être avoir une autre classe plus technique pour parler du web mobile (whatever it means) lors du premier trimestre 2015.

December 07, 2014 11:00 AM

December 02, 2014

Karl Dubost

Le confort d'être éthique

Pluie sur la végétation Fujisawa, Japon, 6 septembre 2014

On ne sait de certains que ceci : qu'un certain nombre d'objets se déplacent dans un certain espace, tantôt submergés par une foule d'objets nouveaux, tantôt se détruisant sans qu'on les remplace ; la règle consiste à les mélanger chaque fois en essayant encore de les faire tenir ensemble.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Oncle Tom utilise le prix et la qualité d'une baguette pour illustrer les conséquences de nos choix. Ce billet est important. Il touche à de très nombreuses choses de notre société et de la manufacture de nos décisions (contrôlées par nous et les autres). La facilité et l'indépendance ont des relations difficiles à établir et très proches de nos valeurs culturelles propres. Il existe également une notion d'échelle et de capacité. Nous achetons une baguette parce-que

  • elle a bon goût ou le goût que nous désirons
  • le commerce est proche
  • le prix est raisonnable pour notre budget
  • le prix nous donne une impression de qualité
  • le label dit que c'est fait par un artisan
  • le label dit que c'est bio
  • il est certain qu'il y aura du stock quand nous passerons
  • le magasin est sur le chemin du retour
  • le goût y est régulier
  • elle fait partie d'une marque de boulangerie que l'on retrouve partout
  • le vendeur, le commerçant a un service agréable et convivial
  • le vendeur est un employé anonyme et l'on ne veut pas de communication directe
  • la décoration de la boutique est agréable
  • la boulangerie est juste en face du café où on aime prendre un jus avant de repartir

Les motivations d'achat sont nombreuses. Les désirs et les valeurs fabriquées et construites sont diverses. Nous agissons pour tout comme cela. Nos actions ne sont pour la plupart du temps pas réfléchies, elles font partie d'un ensemble d'émotions. Les choix, quand ils sont éthiques, demandent souvent un confort social, économique et intellectuel.

December 02, 2014 02:33 PM

November 30, 2014

Karl Dubost

L'objet de l'océan

Entrée arrière d'un bâtiment commercial avec ascenseurs Fujisawa, Japon, 6 septembre 2014

La ville semble se continuer d'un côté à l'autre selon une perspective qui multiplierait son répertoire d'images : en fait elle n'a pas d'épaisseur, elle ne consiste en rien d'autre qu'un endroit et un envers, telle une feuille de papier, avec une figure de côté une de l'autre, qui ne peuvent ni se séparer, ni se voir.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

L'arrière d'un bâtiment commercial de Fujisawa, les gardiens sont dans leurs guérites en uniforme. Les ascenseurs bleus prêts à accueillir les camions qui seront déchargés au fur et à mesure. Une horloge sur le haut d'un mur et une machine à pointer devant l'entrée accompagnée de ses fiches cartonnées. J'aime les espaces de travail et leurs organisations, ils témoignent d'un espace vécu. Je les prends souvent en photos. C'est alors que je les remarque. Trois combinaisons usagées en néoprène sont là dans un coin en train de sécher. L'objet de l'océan se dévoile. Nous sommes à Fujisawa, près de Shonan, le surf est légion. Certains employés doivent aller surfer juste avant de commencer leur quart de travail. Dans les rues de Tsujido vers 6h30 le matin, je vois souvent les surfeurs revenir de la plage à vélo, le surf sur le côté ou porté sous un bras. La ville prend son identité dans les lieux communs. De l'océan au béton, il n'y a que cette ambiguité : l'humain.

November 30, 2014 01:29 PM

La capture du souvenir

Statue de lion à l'entrée d'une maison Tsujido, Japon, 30 août 2014

Tout ce que je vois, tout ce que je fais prend son sens dans un espace mental où règne le même calme qu'ici, la même pénombre, le même silence parcouru de bruissement de feuilles.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Souvent dans les petites rues des villes de Tokyo et de Kanagawa, nous pouvons apercevoir un lion d'Okinawa. Lors de nos voyages, nous ramenons des objets symboles. Épuisé après de longues heures préfabriquées, le trophée d'une campagne, d'un saccage devient le témoin, la preuve de nos conquêtes. Que restent-ils de nos voyages ? L'industrialisation d'une aventure garantie, millimétrée, minutée, en grande masse, que recherchons nous dans ces voyages ? Allons-nous confirmer une image déjà connue ? Nous voulons l'imprévu mais sans ses conséquences douloureuses. Retour garanti. La date de retour est déjà précisée au moment du départ. Un reportage dans un magazine, dans un programme télévisé, une affiche publicitaire, nous nous transposons déjà dans le lieu comme des milieux d'autres avant nous tout en espérant secrètement l'unicité. Avons-nous voyagé ?

November 30, 2014 12:19 PM

Une chenille sous le soleil

Chenille Tsujido, Japon, 4 septembre 2014

Je me demande quand tu as pu visiter tous les pays que tu me décris. Il me semble à moi que tu n'as jamais bougé de ce jardin.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Le jardin est une source quotidienne d'étonnements, de surprises, de petits et grands miracles. Aujourd'hui une grande chenille sortie de nulle part suivait son parcours entre les herbes et le sol sablonneux. Je l'ai vu pendant deux heures, et puis à un moment plus du tout. Avait-elle su se cacher ou un oiseau est-il passé par là ?

Chenille Tsujido, Japon, 4 septembre 2014

November 30, 2014 12:07 PM

Serveurs, plus facile ?

Légumes en vente libre Chigasaki, Japon, 30 août 2014

… Alors, c'est un voyage dans la mémoire !

Italo Calvino, Les villes invisibles.

On peut souvent lire qu'aujourd'hui, il est beaucoup plus facile de créer et de rendre accessible un service sur le Web. De nombreuses solutions d'hébergements avec serveurs virtualisés permettent d'avoir accès à une offre à géométrie variable qui de plus peut résister à une montée en charge irrégulière. Mais est-ce vraiment plus facile et surtout pour qui ?

L'abonnement à un accès internet est plus facile. L'accès à une plus grande capacité de ligne. Il y a de nombreux services afin de pouvoir démarrer son carnet Web, d'ouvrir une adresse de mail (qui permettra dans le même temps d'en savoir un peu plus sur votre profile commercial). Mais voilà que se passe-t-il si une personne avec peu de connaissances techniques veut ouvrir une liste de discussions, gérer un serveur email pour sa famille, héberger une série de sites Web statique sans trop se soucier de questions de performance. Nous avons eu dans le passé des solutions très simples et très accessibles lorsque vous aviez la chance d'avoir un point d'accès permanent à Internet. Voici quelques exemples (tirés du monde Apple car j'y avais accès à ce moment là).

Eudora Internet Mail Server et SIMS

Configuration de EIMSEn quelques clics, il était possible de configurer son propre serveur de mails (Eudora Internet Mail Server) capable de servir quelques centaines d'usagers.

Une interface qui était suffisamment simple pour permette à quiconque de gérer un petit réseau local, mais avec la possibilité de gérer le courrier extérieur. Le courrier d'un club, d'une famille, d'une école, tout cela très simplement sur l'ordinateur connecté avec une IP fixe.

SIMS par Stalker était un autre de ces serveurs de mail faciles à utiliser.

Autoshare et Macjordomo

Autoshare et Macjordomo étaient deux logiciels pour créer des serveurs de listes (mailing-lists) très pratiques et très facilement.

Serveur Web

Nous avons eu beaucoup d'options, y compris MacHTTP, WebSTAR, Frontier de Userland, NetPresenz (qui faisait FTP aussi si je me souviens bien) ainsi que de nombreux logiciels d'analyses de statistiques comme SawMill ou Webalizer.

Mieux avant ?

Était-ce mieux avant ? Oui et non. Le privilège d'avoir une IP fixe n'était pas donné à tout le monde. Seulement quelques personnes avaient le privilège en travaillant dans des universités et des agences Web du début de pouvoir mettre en place de tels services. Le problème de l'IP fixe n'a pas changé d'ailleurs. Il n'y a pratiquement aucun fournisseur d'accès qui ne permettent l'hébergement de vos serveurs à la maison. C'est bien dommage.

Un groupe d'amis, un nouveau club, vous voulez démarrer un serveur rapide, une liste de discussions, etc. Vous êtes obligés de vous reposer sur des solutions gérées par d'autres plutôt que vous même. Le service est en effet plus facile à accéder, mais toujours, si ce n'est plus difficile à maîtriser. Dans le monde du logiciel, l'offre semble être également restreinte.

November 30, 2014 11:59 AM

Reconstruire pour conserver

Carte d'un quartier avec directions Tokyo, Japon, 31 août 2014

Sur le rapport mystérieux entre deux éléments aussi différents que le tapis et la ville, on interrogea un oracle. L'un des deux, — telle fut la réponse, — a la forme que les dieux donnèrent au ciel étoilé et aux orbites sur lesquelles tournent les mondes ; l'autre est un reflet approximatif, comme tout œuvre humaine.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Les temples se reconstruisent. Ils ont besoin du renouveau afin de poursuivre leur mission. Pendant le temps de la reconstruction, le lieu du culte a été déplacé de quelques centaines de mètres sur un autre espace libre. Le lieu n'est pas le tout. Il est une amarre que l'on a parfois d'accrocher ailleurs. Une redirection temporaire en attendant le moment venu de retrouver le lieu renouvelé mais identique.

November 30, 2014 10:43 AM

November 29, 2014

David Larlet

Cours IUT : Javascript et jQuery

Le jour où l’on chercha à imposer l’enseignement obligatoire au Tibet, on se heurta à la résistance des femmes.
— Mais ils sont fous ces hommes, de vouloir enlever nos enfants pour les instruire à un âge où ils ont tant de choses à apprendre. Instruire signifie imposer des idées qui ne sont pas celles des enfants. C’est une offense au droit de vivre de l’enfant. Dans une culture qui n’est pas notre culture occidentale, un enfant n’appartient pas à ses parents. La tradition veut qu’il soit donné dès sa naissance à l’Univers (qui est vie et mort) et le respect que les parents lui doivent est fait du même respect qu’ils doivent à leurs ancêtres.
— Tu peux, dit-on aux parents, donner aux enfants ton amour, mais non tes idées. Tu peux enfanter leur corps mais non leur âme. Tu peux essayer de devenir comme eux, mais tu ne peux exiger qu’ils deviennent comme toi, car la vie est projet et non retour vers le passé.

Préface de Libres enfants de Summerhill, Maud Mannoni

Plutôt satisfait du déroulé du dernier cours qui a gagné en fluidité et en échanges. J’ai pour l’instant une personne en grande difficulté mais motivée, une personne qui s’en fout, une autre qui fait ses trucs dans son coin et les 21 autres qui progressent tant bien que mal avec plus ou moins de motivation.

On passe maintenant à du dynamique avec Javascript et jQuery (imposé). J’hésite encore à tout faire en utilisant ES 6, je compte leur laisser le choix. Mes objectifs pour cette introduction :

  • comprendre la console et le scope, en expliquant "use strict" et les IIFE (function(){ /* code */ }());
  • comprendre l’écoute d’événements, avec addEventListener(’action’, fonction)
  • savoir utiliser les sélecteurs natifs et jQuery, via document.getElementsByTagName, document.getElementsByClassName, document.querySelectorAll et document.querySelector vs. $(’’)
  • savoir utiliser les manipulations du DOM, via .innerHTML et peut-être document.createDocumentFragment vs. .append(’’)
  • savoir modifier des classes CSS, via el.classList.add/remove/contains vs. $(el).addClass/removeClass/hasClass
  • savoir modifier des propriétés CSS, via el.style.property = ’foo’ vs. $(el).css({ property: ’foo’ })

Je ne compte pas aller vers des concepts de type programmation fonctionnelle avec les map, reduce, filter et compagnie faute de temps et de niveau. Je ne vais pas non plus essayer de jongler entre les animations jQuery et ce que l’on peut faire maintenant en CSS. Quelques liens pour approfondir :

Il faut aussi que je leur donne quelques tricks pour Sublime Text qui leur a été imposé par le précédent intervenant et la série des awesome pour HTML 5, CSS et Javascript. Et que je me retienne de les assommer de liens :-).

Il serait peut-être temps de leur parler de ces billets de blog comme ressources pour garder une trace et des liens en plus de leur travail en groupe. Je ne voudrais pas leur spoiler les cours non plus vu que je publie à l’avance… peut-être faire un point sur la curiosité et le googling de leurs profs ? Ou pas, si ça se trouve certains me lisent déjà.

November 29, 2014 11:00 AM

November 28, 2014

David Larlet

Dos et posture

Il existe un lien entre la typographie web et les maux de dos ; il suffit de composer votre texte en petits caractères et vous inviterez naturellement le lecteur à se pencher sur son écran pour les lire. Quoiqu’on en dise, le premier réflexe d’un lecteur ne sera pas de grossir le texte par des moyens techniques. Son premier réflexe sera d’ajuster sa posture, se rapprocher, sans même en avoir conscience.

[…]

Si vous pensez que cela est mineur, c’est que vous n’avez pas (encore ?) de véritables problèmes de dos, que vous récupérez rapidement des fatigues occasionnées par ces sollicitations répétées, ou que vous ne mesurez pas encore ce que ces micro-ajustements de posture peuvent occasionner insidieusement au terme de plusieurs heures, semaines, mois, années, de pratique (moi oui, c’est pour cela que je vous en parle).

Typographie et mal de dos

J’ai découvert récemment que j’avais tout comme Emmanuel des problèmes de dos occasionnés par la combinaison d’un déséquilibre du bassin et d’une mauvaise posture. Si le premier est quasi-inné vu qu’il proviendrait d’un siège décomplété, le second est dû aux 10 dernières années passées sur un ordinateur portable (dont les 5 dernières sur un 11 pouces…). Même en diversifiant les positions, le dos en pâtit. Si vous ajoutez à cela le port régulier d’un petit bonhomme de 10kg et l’apprentissage de nouveaux sports de manière intensive vous obtenez une colonne vertébrale qui fait pâlir mon ostéopathe.

Si vous avez mal entre les omoplates, vous souffrez peut-être du même problème. Depuis que j’y fais attention, je me rends compte qu’il y a un nombre assez important de geeks qui ont cette posture un peu voûtée. Quelques conseils pour retrouver une bonne posture :

  • adaptez votre poste de travail, et pas uniquement physiquement avec un grand écran bien positionné : augmentez la taille de police de vos applications pour avoir l’impression d’être poussé par l’écran (je vous assure que c’est perturbant au début mais ça marche, j’en suis à 18/20px) ;
  • ayez l’impression d’avoir une ventouse/un grappin/ce-qui-vous-fait-kiffer sur l’arrière du sommet du crâne qui vous tire en permanence pendant les 66 prochains jours (c’est le temps nécessaire pour prendre une habitude posturale) : au début doucement car vos muscles ne sont plus suffisamment développés pour avoir la bonne posture ;
  • si vous avez la chance d’avoir un lit électrique, adaptez-le à la position qui vous semble la moins inconfortable mais qui vous étire progressivement le dos quand même, ça serait dommage de rester voûté la nuit ;
  • travaillez la souplesse de vos épaules et ne pratiquez pas d’activités qui désalignent votre colonne (mauvaise position en natation par exemple).

Au passage si vous n’utilisez pas f.lux ou équivalent c’est bien dommage pour vos yeux. De même si vous ne pouvez pas régler la luminosité de votre écran rapidement et régulièrement.

Pour ce qui est du bassin, il s’agit avant tout de prendre de nouvelles habitudes : croisement de pieds, de jambes, positionnement sur une seule jambe à l’attente, couché sur un bras, etc doivent maintenant s’effectuer sur le côté qui vous semble le moins naturel. Bien s’étirer pour ouvrir le bassin et pratiquer le squatting est un plus même si vous n’êtes pas assez souple pour tenir tout seul.

Dernier conseil si vous devez porter une charge lourde sur le côté : gainez.

November 28, 2014 11:00 AM

November 25, 2014

Karl Dubost

La condensation de son âme

Lutteur de sumo dans la rue Tokyo, Japon, 31 août 2014

… il existe un point à partir duquel la ville laisse voir ses proportions véritables, le schéma géométrique implicite à chacun de ses moindres détails.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

L'astrophysicien dit que l'on ne peut voir le trou noir. On ne l'imagine que par les effets dévastateurs qu'ils provoquent à sa périphérie. Ce que l'on oublie est la proximité. Une fois, l'horizon basculé, l'ailleurs n'a plus de sens. Nous sommes tout entier absorbé par la masse immobile.

November 25, 2014 01:30 PM

Un parfum de terre

Plantes au pied d'une maison Tokyo, Japon, 31 août 2014

Rien de la ville ne touche terre en dehors de ces longues pattes de phénicoptère sur lesquelles elle s'appuie et, les jours où il y a de la lumière, d'une ombre dentelée, anguleuse, qui se dessine sur le feuillage.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

De la rue végétale, il nous aura fallu un pas. Ce que nous avons appris, là, tient de l'humide sous-bois de l'été. Sous les branches et le feuillage le parfum onctueux de la racine persiste en profondes nappes. Insondable, loin des sens, nous défrichons notre urbanité pour laisser place à l'île sauvage. Il est tant important de se perdre, temps d'un parfum de terre.

Serres et arbres Tokyo, Japon, 31 août 2014

November 25, 2014 12:54 PM

November 24, 2014

Karl Dubost

Une humble désinvolture

filet jaune sur un mur et maison bleue Chigasaki, Japon, 30 août 2014

Suspendue au-dessus de l'abîme, la vie des habitants d'Octavie est moins incertaine que dans d'autres villes. Ils savent que la résistance de leur filet a une limite.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

J'aime ces longues promenades incertaines. Je garde l'océan à ma gauche et les terres à ma droite. Le chemin se déroule, il n'existe pas devant moi. Il s'évanouit presque aussitôt, à quelques mètres derrière moi. Tout est léger. Tout est intime. Le Fuji en été s'évapore. Il n'en est que plus grand. Il occupe tout l'espace de nos pensées. C'est donc face à lui que je m'élance. Doucement. Quelle poésie dans ces abîmes de rues, dans ces détours le long de murs humides et grisés. La délicate incertitude m'ouvre le chemin raisonnable. Je respire le souffle chaud de l'été. Je n'ai qu'un objectif… une humble désinvolture.

Pin et chemin le long d'une maison Chigasaki, Japon, 30 août 2014

November 24, 2014 02:28 PM

Les strates

Objets accumulés Tsujido, Japon, 27 août 2014

Le résultat est le suivant : la ville telle qu'on en parle possède en abondance ce qu'il faut pour exister, tandis qu'existe beaucoup moins la ville qui existe à sa place.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Papiers, chandelier, coquillages, d'autres dossiers, d'autres papiers, des boîtes pour dissimuler, un grand coup de balais et d'autres objets, et toujours et encore nous accumulons. Strate par strate, nous gardons des empreintes oubliées de notre passé. Ces ancres nous clouent au sol. Elles nous définissent. Alors j'ai rangé, réorganisé, trié de nouveau. Une pile plus droite, un objet en moins. Je le sais pourtant bien que c'est bien là une histoire sans fin, une invention de l'histoire. J'imagine l'ordre. Je ne construis qu'un autre souvenir… peut-être pour exister.

November 24, 2014 02:15 PM

Parler de la marche

Une femme dans la rue et des miroirs Tokyo, Japon, 28 août 2014

Ainsi la vie se renouvelle de déménagement en déménagements dans des villes qui se présentent chacune, par l'exposition, ou la pente du terrain, ou les cours d'eau, un peu différemment. La société étant organisée sans grandes différences de fortune ou d'autorité, les passages d'une focntion à une autre se font dsans trop de heurts ; la variété est assurée par de multiples tâches, telles que dans l'espace d'une vie il est rare que l'on revienne à un métier qu'on a déjà fait.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Ce soir, j'ai parlé de la marche. J'avais hésité à réaliser une présentation avec un support visuel. À la place sur quelques fiches cartonnées, j'ai écrit certains sujets dont je voulais parler. Et puis… Et puis le moment venu comment un pas en encourage un autre, j'ai laissé les mots me guider tout comme mes marches. J'ai raconté trois histoires de marche. Je les ai articulé autour des habitudes, des chemins et des distances que nous parcourons sans vraiment les comprendre. J'ai défini le périmètre d'une longue marche. Et je l'ai brisé de nouveaux. J'ai laissé à la poésie, à la rêverie. Et les mots se sont emballés. J'ai courru dans ma narration. J'y ai pris des pauses. Les questions ont fleuri sur le talus. De nombreux sourires, le désir de poursuivre et s'essouffler une fois de plus. Parler de la marche en invitant les autres à se découvrir une nouvelle allure dans ce grand urbain qu'est Tokyo.

November 24, 2014 01:58 PM

November 23, 2014

Karl Dubost

De l'usure

Pneu de vélo Tsujido, Japon, 26 août 2014

La ville existe et elle n'a qu'un secret : elle ne connaît que des départs, elle ne connaît pas de retours.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Mon vélo acheté il y a un peu plus de six mois présente des marques d'usure sur le pneu. Il s'éclate lentement. Intempéries ? Alternance de chaud et de froid ? Manque de qualité de ce modèle ? Défaut de fabrication du modèle ? Tout un ensemble de questions qui m'entraîne vers une seconde série de questions. Dois-je prévenir le magasin du défaut de qualité ? Dois je me plaindre ou juste le signaler ? Dois-je les inviter à le signaler au constructeur original ? Où est-ce juste normal quand on utilise son vélo plusieurs fois par jour ?

La tension entre l'envie d'agir pour aider les autres et celles de ne pas vouloir ajouter à ses propres tâches quotidiennes. Alors on oublie, on étire.

November 23, 2014 01:18 PM

Les horreurs que nous avons oubliées

Tasse et cahier dans le fond Tsujido, Japon, 26 août 2014

Les habitants de Valdrade savent que tous leurs actes sont à la fois l'acte lui-même et son image spéculaire, laquelle possède la dignité particulière des images, et interdit à leurs consciences de s'abandonner ne serait-ce qu'un instant au hasard ou à l'oubli.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Un thé sur le coin de la table, j'explore ces lieux inconnus que je parcours souvent Yokohama et Kamakura. Felix Beato fût l'un des premiers photographes à avoir documenté amplement le Japon. Comprendre le contexte de ses photographies demande parfois de se plonger tout autant dans les cartes.

Carte Yokohama, 1865
Maisons et bateaux Felix Beato, ~1865, Port de Yokohama

C'est ainsi que j'ai retrouvé l'incident de Geba. Le major Baldwin et le lieutenant Bird fûrent tués par trois samourais après avoir rencontré par hasard Felix Beato et Charles Wirgman. Seiji Shimizu considéré alors le chef du groupe fût décapité et sa tête mise en exposition. Felice Beato prit en photo la tête de Seiji Shimizu. L'exécution fût mise en scène et dessinée un certain nombre de fois. Nous avons oublié nos mises en scène de l'horreur afin d'impressionner, de dissuader l'ennemi. Les méthodes n'ont pas changé. L'utilisation et la manipulation des images par les hommes de violence sont toujours identiques.

November 23, 2014 12:18 PM

Le problème de la traque sur le Web

Panneau et plante Tsujido, Japon, 24 août 2014

Il n'est pas de langage sans pièges.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Lorsque nous allons chez un commerçant tel que le boulanger du coin, notre relation est cloisonnée, d'autant plus si nous payons en argent liquide. Si nous nous rendons dans une grande surface alimentaire, c'est un peu moins vrai, mais il est toujours possible de préserver un certain anonymat pour peu que vous évitiez de payer avec votre carte bancaire et que vous n'utilisiez pas de cartes de fidélité.

Graphique de points en anneaux Lightbeam après 3 jours

Sur le Web la concentration des échanges interconnectés est assez troublante pour peut que l'on prenne le temps de les tester. Lightbeam est un addon qui permet de tester les traces que nous laissons sur le Web. Après trois jours d'utilisation, je remarque que la plupart de mes connexions permettent la concentration de traces de certains services. Pour moi, il semble que ce soit YouTube, Twitter, Google Analytics… et Google Fonts. Ce graphe serait beaucoup plus rassurant s'il était constitué d'îlots déconnectés les uns des autres. Ce n'est pas le cas. L'aggrégation illustre combien nous sommes suivis par l'intermédiaire de nombreux sites.

Les industries commerciales sont promptes à réaliser des silos de concurrence sur leurs technologies et leurs protocoles, mais à éviter les silos lorsqu'il s'agit de traquer la moindre de nos actions sur le réseau. Il y a clairement un déséquilibre des pouvoirs.

November 23, 2014 11:56 AM

David Larlet

Cours IUT : Responsive et Documentation

Un exemple de manque de pragmatisme : j’ai déjà vu sur un projet, les intégrateurs faire toute l’intégration d’un site avec flexbox, puis passer des jours à tout refaire dans une autre feuille de style pour IE, alors qu’il était établi dès le départ que IE8 était dans la cible. Ils avaient envie d’utiliser flexbox, ce qui est compréhensible, mais dans ce contexte c’était une perte de temps pour tout le monde. La bonne technique aurait du être de faire une version correcte sur IE8, avec les techniques utilisables (ça ne manque pas), et d’ajouter ensuite les beaux dégradés, ombres, etc… que permet CSS3.

Attitude et éthique du développeur.

La dernière session des cours que je donne à l’IUT a permis d’attaquer un projet qui servira de fil rouge. La plupart se sont mis en groupe de 2 ou 3 et j’ai 2 personnes qui ont préférées faire cavalier seul, l’une pour tout comprendre et l’autre pour garder son indépendance. La rétrospective nous a permis de discuter des améliorations possibles :

  • aborder tout ce qui est relatif à l’approche mobile et responsive ;
  • avoir la possibilité d’afficher des choses sur le vidéoprojecteur (2 fails consécutifs là-dessus avec un adaptateur oublié la première fois et un vidéoprojecteur incompatible la seconde…) ;
  • faire un goûter.

Le prochain cours va donc mettre l’accent sur l’adaptation aux différentes résolutions à l’aide des media-queries en présentant les différents outils comme responsive.is ou des approches comme la responsive typography. Il existe même des moyens de visualiser les principes de base ou de réfléchir en terme de responsive philosophy. Une première étape sera de pouvoir modifier leur menu géré avec Flexbox en changeant la flex-direction de row à column par exemple. Je ne compte pas aller jusqu’à la gestion des différentes résolutions d’images, il y a déjà bien assez à faire en parlant de contenu.

J’ai préparé des cookies pour la pause du goûter, l’occasion de parler de préservation de la vie privée ? :-)

La seconde partie va encore une fois être l’occasion de les mettre en situation en faisant tourner les sources des différents projets entre les groupes et en leur demandant une amélioration mineure. L’occasion de voir à quel point il est difficile de reprendre un projet et l’intérêt d’une documentation haut niveau en plus du styleguide qu’ils ont commencé à faire lors du dernier cours.

Si j’ai un peu de temps on abordera aussi les notions de performances web car j’ai pu remarquer à quel point les élèves sont enclins à rajouter des polices ou des images assez lourdes. C’est l’intérêt d’avoir demandé à récupérer tous les projets par email en imposant d’avoir moins d’1Mo par site. J’ai ainsi pu leur faire un retour personnalisé sur les choses à améliorer, on verra ce qu’ils en ont fait.

November 23, 2014 11:00 AM

November 19, 2014

Christian Fauré

Digital Scaling, etc.

S’il est un mot qui revient régulièrement dans notre vocabulaire sur le numérique c’est bien le mot « scaling » (cf. Votre travail est-il scalable ?), dont beaucoup de ceux qui l’utilisent auraient peut-être du mal à lui donner une traduction française au pied levé.

Scaling c’est donc le« passage à l’échelle »,  le « changement d’échelle ». La plupart du temps, l’échelle en question est une échelle quantitative, il s’agit de passer d’un certain nombre à beaucoup plus : nombre de consultation d’un site web, ou nombre de serveurs d’une architecture technique qui doit tenir et d’encaisser la charge pour passer le « test de recette » du passage à l’échelle. Mais le mot n’est pas réservé aux seuls aspects techniques : il y a  du « scaling agile » où il s’agit d’étendre des pratiques et des organisations du travail à un nombre plus important de personnes.


Concernant le « scaling organisationnel » on trouve immanquablement des méthodes inspirées de que j’appelle une logique fractale : un même schéma s’étend jusque dans l’infiniment petit en se régénérant indéfiniment identique à lui même.

Fractal

La plupart du temps, un des enjeux de ces passages à l’échelle est que la différence quantitative est si importante que la nature même du problème s’en trouve totalement changé. C’est notamment ce que décrivait très bien l’économiste René Passet dans l’ « Économique et le vivant » dans les années 70.

Cependant, notre premier réflexe, quand nous sommes confronté à des enjeux de passage à l’échelle, consiste à reproduire de manière homogène le dispositif (technique ou organisationnel) qui fonctionne à petite échelle. En raisonnant de la sorte, on nie le changement de nature de la situation, un peu comme le faisait Pascal quand il s’imaginait l’infiniment petit :

« Pascal, quand il imagine des mondes emboités à l’infini, ne les conçoit pas différents les uns des autres. Chacun d’eux est identique aux précédents, la taille seule fait la différence. Le plus petit, pour Pascal, est analogue au grand, mais en miniature. »  Humain : Une enquête philosophique sur ces révolutions qui changent nos vies, p34.

Ce à quoi le scientifique Étienne Klein (cf. Le small bang des nanotechnologies) peut aujourd’hui rétorquer qu’au niveau nanométrique, les objets ont une surface beaucoup plus grande qu’à notre échelle, et que cela change leurs propriétés :

« L’or, par exemple, est habituellement inerte du point de vue chimique, mais, sous forme de billes nanométriques, il devient très réactif. 

A partir de matériaux bien connus, de très nombreuses propriétés nouvelles apparaissent ainsi, qui sont intéressantes par les applications qu’elles permettent. »  Ibid. pp. 34-35

EtienneKlein

Dans le réel, le changement d’échelle est une métamorphose ; les approches  quantitatives sans sauf qualitatif sont trop réductrices.

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by Christian at November 19, 2014 09:09 AM

November 18, 2014

Karl Dubost

Éclats d'été

Fruit poussant entre les mailles d'une cloture Tsujido, Japon, 24 août 2014

Elle n'a pas de nom ni de lieu. je te répète la raison pourquoi je la décrivais ; du nombre des villes imaginables il faut exclure celles dont les éléments s'additionnent sans un fil qui les relie, sans règle interne, perspective ou discours. Il en est des villes comme des rêves : tout ce qui est imaginable peut être révé mais le rêve le plus surprenant est un rébus qui dissimule un désir, ou une peur, son contraire. Les villes comme les rêves sont faites de désirs et de peurs, même si le fil de leur discours est secret, leurs règles absurdes, leurs perspectives trompeuses ; et toute chose en cache une autre.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

L'éclat de l'été est tant à saisir. Nous oublions. Chaque moment gorgé de la sève solaire et des ellipses merveilleuses, nous suivons la veine. Elle palpite, tambourine. Son parfum, un désir et ses lèvres croquantes. L'éclat de l'été est tant à plaisir. À l'ombre de l'émeraude, l'amande, le céladon et la pistache s'illumine la ronde. Je veux parcourir encore entre deux solstices le chemin des saisons.

November 18, 2014 01:33 PM

L'histoire racontée

Papier avec de nombreuses écritures et tampons Yokohama, Japon, 23 août 2014

Ainsi — dit-on — se confirme l'hypothèse selon laquelle tout homme a dans sa tête une ville qui n'est faite que de différences, une ville sans forme ni figures, et les villes particulières la remplissent.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Au musée de l'immigration de Yokohama, les faits sont décrits. Les faits ne sont pas des évidences, ni du sang, ni de la sueur, ni des émotions. Des données, des anecdotes, des objets parfois reconstitués, l'artifice du spectacle pour donner le sens, ou un sens à ce que nous pouvons pas comprendre. On croit partager le rire, la souffrance, le bonheur, les retours de fortune, les infortunes. On s'éblouit. Comprendre s'est parfois accepter l'inaccessible.

November 18, 2014 12:40 PM

November 16, 2014

David Larlet

Cours IUT : Flexbox et Styleguide

Afin de faire émerger les pratiques personnelles des élèves, renforcer leurs connaissances, il me semble important d’instaurer l’horizontalité dans les rapports humains, au sein de la classe. J’espère pouvoir devenir alors un accompagnateur, un facilitateur, encadrant le processus de maîtrise des concepts de littérature et de grammaire. Le but est de fluidifier la communication, d’augmenter les feedbacks, de rendre les réussites plus accessibles.

D’une sélection artificielle à une sélection naturelle dans un écosystème complexe

Suite de mes aventures dans l’enseignement, après les bases, on passe à du plus consistant. On commence par repartir de zéro sur un sujet qui leur tient à cœur et en plus petit groupes comme proposé en rétro. La première contrainte et d’établir un styleguide en parallèle du développement du site, c’est quelque chose que j’utilise depuis 7 ans et qui dispose maintenant de nombreuses ressources. J’aime cette approche pour plusieurs raisons :

  • réflexion sur la sémantique lorsqu’on se rend compte du nombre d’id/class à ajouter au styleguide pour avoir quelque chose de potable ;
  • documentation dynamique pour les divers contributeurs et pour soi-même, on a vite fait de dupliquer un style par méconnaissance du projet ;
  • facilité d’expérimentation lors de refontes en applicant directement la nouvelle feuille de style au styleguide.

Il s’avère que c’est aussi extrêmement utile en terme de retour pour corriger un bug récalcitrant de façon visuelle.

Le second concept que je souhaite aborder est Flexbox, c’est encore relativement récent mais Vincent me rappelait à juste titre que l’« on enseigne pour aujourd’hui et pour demain » (pour hier, il reste les polyfills) et Flexbox est aussi un moyen de ne pas les dégoûter tout de suite des CSS :-). C’était bien sûr une occasion pour moi de me mettre à niveau dans ce domaine et d’expérimenter, participer à une formation reste la meilleure façon d’apprendre.

Quelques ressources sur le sujet :

Si j’ai le temps, je terminerai sur l’approche mobile et les media-queries pour tirer pleinement partie de Flexbox. Je me rends compte à quel point les minutes sont comptées lorsqu’on est limité à 24 heures de cours sur un sujet aussi vaste…

November 16, 2014 11:00 AM

November 15, 2014

Karl Dubost

L'histoire oubliée

Coin de plafond moisi Ho Chi Minh, Vietnam, 13 juin 2014

Ton voyage se déroule-t-il seulement dans le passé ?

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Nous oublions ce que nous voulons retenir. Nous retenons ce que nous voulions oublier. Nous ne contrôlons pas ces choses là. D'ailleurs, elles ne sont pas des choses. Elles sont la narration, le verbe, le poème que nous avons bien voulu construire. Ce qui s'est passé, ce qui est à venir, rien ne nous est vraiment accessible. Il n'y a que maintenant. Le coin humide d'un plafond, le moment d'une pensée, ce moment là, le cri d'une femme dans la rue, un avion dans le lointain, la chaleur insaississable, le regard de Ganesh et le toucher de ses doigts. Je ne me souviens pas, je récite.

November 15, 2014 06:47 AM

Son espace de travail

Croisements et circulation vus d'en haut Tokyo, Japon, 31 juillet 2014

Les signes forment une langue, mais pas celle que tu crois connaître.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Travailler de chez soi offre le plaisir de pouvoir organiser son espace de travail. Nous partageons la même pièce. Tous les deux silencieux pendant des heures. Un mot de temps en temps, nous avons la chance de travailler dans deux secteurs complètement différents. Nous avons décidé cette semaine de réorganiser notre espace. Peut-être juste pour briser la monotonie. Une réminiscence vient s'échouer dans une absence. Enfant, je changeais (ir)régulièrement la disposition des meubles afin de créer un nouvel univers. Ce n'est pas la recherche d'une perfection mais bien plus le chemin que l'on parcourt lors d'une longue randonnée. C'est peut-être pour cela que je vis de pays en pays. Briser la monotonie tout en préservant de longues périodes de stabilité. Ou peut-être est-ce autre chose ? Qui sait ?

November 15, 2014 06:47 AM

Ride The Lightning à Tokyo

Deux hommes, un podium et un écran Tokyo, Japon, 31 juillet 2014

De tous les changements de langue que doit affronter celui qui voyage dans des terres lointaines, aucun n'égale celui qui l'attend dans la ville d'Ipazie, parce qu'il ne touche pas aux mots mais aux choses.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Ride the Lightning est un événement mensuel (le dernier jeudi du mois) à Tokyo, organisé dans les locaux de AQ. Chaque soirée est l'occasion d'entendre quatre conférences courtes (environ 5 minutes) avec à la fin de chacune une question ouverte permettant la discussion. Les organisateurs, Gueorgui et Ryan, tentent également d'avoir deux orateurs (en japonais) et deux orateurs (en anglais). Les sujets sont variés mais habituellement autour de problèmes de conception, de design et d'explorations. La taille est humaine. Les interactions y sont chaleureuses. Il y a d'habitude juste de 30 à 40 personnes.

Déjà une fois, je me suis pratiqué à réduire la rouille du Web a une présentation de 5 minutes. La discussion fût passionnante sur les enjeux de conservation et destruction de l'information. Les organisateurs m'ont demandé si je voulais parler de nouveau ce mois-ci. J'explore les sujets possibles que j'ai dans ma besace. Il est très souvent libérateur de pouvoir s'exprimer de sujets qui sont un peu plus poétiques, un peu plus hors champ. Donc ce soir j'hésite encore entre :

  • Technologie et vie privée. Ou comment marcher dans les petites rues nous donne à voir sur la vie privée sur le Web.
  • Hors du chemin des vaches. Ou comment marcher de longues distances vers des destinations incongrues vous donne des pistes sur la flexibilité et la simplicité du design Web.
  • Dessiner sur des cartons. Ou comment préparer une présentation peut prendre de nombreux chemins.

Je ne sais pas encore ce que je vais choisir. Je me déciderai un peu plus tard cette semaine. La soirée est le 28 août prochain. Si vous êtes à Tokyo, je vous encourage à participer.

November 15, 2014 06:15 AM

November 11, 2014

Karl Dubost

Être deux

Deux femmes peintes Deux, Marcel Duchamp, Rouen, France, 8 août 2014

Cela dit, il n'y a pas à établir si Zénobie est à classer parmi les villes heureuses ou malheureuses. Ce n'est pas entre ces deux catégories qu'il y a du sens à partager les villes, mais entre celles-ci : celles qui continuent au travers des années et des changements à donner leur forme aux désirs, et celles où les désirs en viennent à effacer la ville, ou bien sont effacés par elle.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Ce que nous sommes sans jamais vraiment bien le savoir depuis le miroir le matin jusqu'à nos brèves respirations que nous interprétons. Nous marchons dans la cité. Et nous nous regardons à travers les réactions des uns et des autres. Que projetons de nous même ? Ou peut-être que voulons nous projeter de nous-même ? Et si d'une certaine façon, nous en venons à changer et porter nos masques dynamiques réinterprétant ce que nous sommes en temps réel. Qui est cet autre qui nous fait deux ?

November 11, 2014 12:59 PM

Christian Fauré

Les objets intelligents

Pour ceux qui en doutent encore, nous sommes vraiment entourés d’objets intelligents.

Beaucoup plus entourés que ce que l’on croit même : je viens de voir qu’il y a des « dentifrices intelligents ». Çà alors, des dentifrices intelligents ! Et pourquoi pas du « PQ intelligent« , hein ?

Et là on me souffle dans l’oreillette que si, si, çà existe déjà !
Quoi ? Le PQ intelligent ?
Oui !

Alors voilà, au supermarché tu auras le choix entre le « PQ intelligent » et le « PQ pas intelligent ». Tu passes quand même pour un con si tu prends le « PQ pas intelligent », non ?

Préparez-vous parce que c’est inévitable, on va consommer de l’intelligence (en tube ou en PQ), quitte à passer pour des cons.

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by Christian at November 11, 2014 12:52 PM

November 10, 2014

Karl Dubost

De Ben Shahn au Bateau-Usine

Verre de thé Tsujido, Japon, 18 août 2014

Tout cela, afin que Marco Polo puisse expliquer ou s'imaginer expliquer ou être imaginé expliquer ou finalement réussir à s'expliquer lui-même que ce qu'il cherchait était toujours quelque chose en avant de lui, et même qu'il s'agissait du passé c'était un passé qui se modifiait à mesure qu'il avançait dans son voyage, parce que le passé du voyageur change selon l'itinéraire parcourur, et nous ne disons pas le passé proche auquel chaque jour qui passe ajoute un autre jour, mais le passé le plus lointain. Quand il arrive dans une nouvelle ville, le voyageur retrouve une part de son passé dont il ne savait plus qu'il la possédait. L'étrangeté de ce que tu n'es plus ou ne possèdes plus t'attend au passage dans les lieux étrangers et jamais possédés.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Le trait de Ben ShahnHier, la journée lente nous invitait à une exposition des dessins de Ben Shahn au musée d'art moderne de Kamakura. Dans ces langueurs, il existe l'espace de la mémoire. Aaron avait, un jour, placé mes pas sur le chemin de Ben Shahn grâce à la lecture de The shape of content grâce à Aaron. C'est à mon tour de pointer du doigt le chemin. Elle l'emprunte avec joie. Nous tissons du lien sans nous connaître. Un fil d'ariane s'étend à travers nos lectures. Nos lectures et recommandations se passent de l'un à l'autre sans aucun besoin de lier, d'enregistrer, de conserver, de tracer. Cette articulation offre une grande liberté à nos mouvements culturels que ce soit pour l'objet culturel propre que la société au sens large. Je découvre qu'il a vécu à Paris et au Japon. À Paris, proche de la gare de l'est, il marchait dans les pas de Rainer Maria Rilke. Encore des chemins.

Ville, dessin au trait Ben Shahn

Nous prenons un café près de la gare de Kamakura. Un lieu minuscule, juste un réduit, où le maître des lieux humecte le filtre avec une eau à la température précise avant de finalement mettre le café et par arrosages successifs diluer les grains moulus. Nous avons oublié les menus plaisirs de l'attente, du verbe déroulé en conversations tendres et patientes.

Quelques pas vers la gare, nous pensons au retour, peut-être en ralentissant le pas. Un groupe de trois jeunes femmes avec les boucles blondes décolorées, les chaussures à talons vertigineux et les ongles écrasés par l'or et les faux diamants discutent de leurs prochaines destinations. Leur présence à Kamakura est un rafraîchissant goût doux-amer. L'une d'elle a sur le bras la queue d'un tigre tatoué. À chaque mouvement de son corps, le tigre hurle sous l'étoffe de son chemisier.

Le soir dans la conversation, nous parlons des chantiers navals et de François Bon. « Souvenirs dès l’enfance des chantiers navals : le bateau est encore à venir. » Cette fois-ci, elle me guide sur une autre route. Marine. Nous partons vers l'océan sur le bout de ses lèvres. Elle me révèle l'existence de Kobayashi Takiji qui a écrit « Le bateau-usine » que je n'ai jamais lu. Il a vécu à Otaru (Hokkaido) dans le nord et la neige. Il a travaillé sur les chantiers. Le livre publié en 1929 a été une œuvre majeure de la littérature prolétarienne du Japon. L'auteur en paiera le prix. Torturé par la police et probablement tué sous les coups, il n'y aura jamais d'autopsie.

Homme criant Le Bateau-usine, réalisé par Yamamura Sô en 1953 d'après le roman de Kobayashi Takiji

Je l'ai depuis lu. Mais je n'ai pas encore vu le film.

November 10, 2014 01:26 PM

November 09, 2014

Christian Fauré

Les méthodes agiles à grande échelle

L’agile se met en oeuvre d’abord avec de petites équipes pour que les principes d’auto-ajustement puissent jouer (management visuel, co-localisation des équipes, interactions fréquentes lors de rituels, etc.).

Mais quid de l’extension des démarches agiles à grande échelle ? Cette question, c’est d’abord celle des équipes qui pratiquent l’agile et dont la demande est souvent : « aidez-nous à faire basculer notre management en mode agile ».

En effet, au début vécues comme des zones franches et d’expérimentation puis, fortes d’un succès évident, les pratiques agiles cherchent à étendre leur zone d’influence et à se généraliser pour aller au-delà d’un simple projet : à des projets de projets, des programmes et – pourquoi pas – jusqu’à l’ensemble des opérations (y compris l’exercice de budgétisation avec les démarches beyond budgeting).

Dans la présentation suivante (remarquée par Erwan), Bernd Shiffer présente une dizaine de méthodologies et de frameworks pour accompagner l’agile à grande échelle, à savoir :

  • SAFe : Scaled Agile Framework
  • DAD : Disciplined Agile Delivery
  • EBMgt : Evidence Based Management
  • ETF : Enterprise Transition Framework
  • LeSS : Large Scaled Scrum
  • SA@S : Scaled Agile @ Spotify
  • ScALeD : Scaled Agile Lean Development
  • PDFbyR : Product Develpment Flow by Reinertsen

Tous ces frameworks sont intéressants, mais ma préférence va à l’approche de Reinertsen, présentée dans Principles of Product Development Flow.

Flow

Par certains aspects, ce livre (que m’avait fait découvrir Dimitri) fait un peu décalé par rapport à la littérature « agile » ; peu de schémas didactiques, peu de concessions dans le style et surtout une approche très « scientifique ». En fait, on pourrait dire qu’il s’agit  de l’Ethique de Spinoza du Lean Development.

Plusieurs raisons font que ma préférence va à cette approche : la dimension scientifique et quantitative qu’il véhicule, l’effort d’argumentation et d’exposition, et enfin le fait qu’il s’agisse de principes et non d’une simple check-list à plaquer sur n’importe quelle situation.

A vrai dire, ce livre prône une certaine manière de mesurer la valeur du travail dans des contextes à part importante de créativité, comme le développement logiciel (on n’est donc pas dans le Lean Manufacturing qui s’efforce de gommer toute incertitude). Les enjeux économiques sont nettement plus marqués que dans certains autres frameworks qui sont souvent des schémas d’organisation.

Mais si l’approche de Reinertsen est beaucoup plus universelle, c’est aussi parce qu’elle ne donne pas de recette immédiate pour effectivement passer à l’échelle ; ce n’est donc pas un guide à suivre pas à pas pour ceux qui recherchent des recettes et faire des Quick-Wins.

Par contre, c’est un formidable outil pour caler scientifiquement une transformation agile à grande échelle si l’on n’oublie pas qu’il faut y rajouter de la matière psychologique et sociale pour qu’une transformation ait du corps et puisse s’incarner.

 

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by Christian at November 09, 2014 02:54 PM

November 08, 2014

Karl Dubost

L'éblouissement

Feuille de lotus Kamakura, Japon, 17 août 2014

La ville t'apparaît comme un tout dans lequel aucun désir ne vient à se perdre et dont tu fais partie, et puisque elle-même jouit de tout ce dont toi tu ne jouis pas, il ne te reste qu'à habiter ce désir et en être content.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Au fond de ma paume ouverte vers le ciel, elle pose sa main délicate et froide. Blottie. Nous nous habitons. Elle a mis sa robe bleue sombre en coton et du rouge carmin sur les ongles de ses pieds. Elle est assise sur les marches, les jambes croisées. Sa peau m'éblouit. Sa tendresse aussi.

feuilles et fleurs de Lotus Kamakura, Japon, 17 août 2014

November 08, 2014 07:38 AM

November 07, 2014

Karl Dubost

Le souvenir est une distance

ombres à travers une fenêtre dépolie Tsujido, Japon, 7 mai 2001

Ce n'est pas de cela qu'est faite la ville, mais des relations entre les mesures de son espace et les événements de son passé…

Cette vague qui reflue avec les souvenirs, la ville s'en imprègne comme une éponge, et grossit.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Je ne suis que la parole éphémère, le conteur des lucioles, la sciure sur l'établi du menuisier, le brouillard qui flotte sur le fleuve au point du jour. Les humains boursoufflent l'intimité du temps. Notre continuité est l'absorption de nos multitudes. Nous ne revenons pas. Nous ne croisons jamais deux fois de suite le même point de l'univers.

Que voyons nous dans cette épaisse transparence ?

Ruelle avec fenêtre en transparence Tsujido, Japon, 20 juin 2014

November 07, 2014 12:17 PM

Le fugitif

immeubles et ciel avec un nuage Tokyo, Japon, 31 juillet 2014

Toutes ces beautés, le voyageur les connaît déjà pour les avoir vues aussi dans d'autres villes.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Le fugitif n'a qu'un désir. L'horizon.

November 07, 2014 09:20 AM

Le temps du temps

Escargot La Saussaye, France, 2 août 2014

Il vient à l'homme qui chevauche longtemps au travers de terrains sauvages, le désir d'une ville.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Ce temps où on définit notre émotion. Le temps de la matérialisation où tout se définit dans l'épaisseur solide de notre environnement est aussi le temps de la sublimation où nos souvenirs se forment. Dans ce temps, j'étire mon corps. J'enroule mon désir autour d'une évanescence infinie.

November 07, 2014 09:01 AM

La parodie du sens

Offrande et tombe Tsujido, Japon, 13 août 2014

Il y a un moment dans la vie des empereurs, qui succède à l'orgueil d'avoir conquis des territoires d'une étendue sans bornes, à la mélancolie et au soulagement de savoir que bientôt il nous faudra renoncer à les connaître et les comprendre.

Italo Calvino, Les villes invisibles.

Depuis deux jours dans les rues, à l'entrée des maisons, fleurissent des autels. L'encens a guidé mon regard. Le même motif se répète, tous différent pourtant. Une fleur de lotus, des légumes montés sur quatre pattes, des fleurs de jasmin, et de l'encens.

Je constate. Je comprends que c'est un jour ou une semaine particulière. Je ne connais pas le sens. Alors j'observe. Ce que l'on pense être étrange n'est bien souvent qu'un chemin qu'il nous faut parcourir à pas lents pour enfin absorber. Et puis finalement, peut-être au delà de la compréhension, il y a ce lieu où les événements sont notre quotidien. Un français ne tente pas de comprendre pourquoi il mange une baguette.

Il la mange. On oublie cela. Souvent. Comprendre est parfois donner de la distance aux choses. Alors qu'il suffit parfois de les vivre et le sens prend alors corps.

November 07, 2014 08:16 AM

November 06, 2014

Karl Dubost

Un vertige de l'aube

Hortensia bleu La Saussaye, France, 12 août 2014

Je dormais, dans mes pétales pulpeux, lâchement noués, juste assez désordonnés pour qu'on ne me confonde pas avec la fade régularité du camélia.

Colette, Pour un herbier.

7h39. Un matin de la semaine dernière. J'ai ouvert la fenêtre la main bien appuyée sur la poignée. À ce moment précis, la chute a commencé. Sans contraintes, le bleu m'a absorbé. Je suis devenu l'encre diluée, l'azur lointain, le buvard d'une vieille école. Que les fleurs savent nous faire oublier.

November 06, 2014 01:54 PM

November 05, 2014

Karl Dubost

L'ivresse de l'enfance

Meuble vitré et carreaux de céramiques Rouen, France, 8 août 2014

La suite de cet entretien manque à ma mémoire. La coupure est aussi brutale que si je fusse, à ce moment, devenue sourde. C’est qu’indifférente à la fille-de-mon-père, je laissai ma mère tirer de l’oubli les morts qu’elle aimait, et je restai rêveusement suspendue à un parfum, à une image suscités : l’odeur du chocolat en briques molles, la fleur creuse éclose sous les pattes du chat errant.

Colette, La maison de Claudine.

À chaque fois que je rentre dans le magasin Heloin rue des carmes à Rouen, ce n'est pas un morceau de chocolat que je viens chercher, mais le souvenir d'une jubilation d'enfant. Il y a dans cette céramique et ces meubles vitrés, le déroulement d'histoires, d'émotions et d'envies. Je sors, un morceau de chocolat dans la main, simplement enveloppé dans un papier crystal, ennivré de mon enfance.

November 05, 2014 03:05 PM

November 04, 2014

Karl Dubost

Les papiers roses flottaient

Notes de papier collés sur une fenêtre La Saussaye, France, 9 août 2014

Tout ce qui se dit d'une forêt est vrai, ou le devient. Mais il faut que ce soit une très grande forêt, assez vaste pour résorber, à l'aube, ses secrets nocturnes en même temps que sa frange de bêtes sauvages qui outrepassent ses lisières pendant la nuit.

Colette, En pays connu.

Hier, j'ai écrit quelques notes sur des papiers roses. J'avais peur de les oublier. Je les ai collés sur la forêt. Après la nuit, je les ai retrouvés. Aujourd'hui, ils sont dans mon carnet.

November 04, 2014 01:56 PM

Il secoue les pruniers

Main sur le tronc d'un prunier Caudebec-lès-Elbeuf, France, 9 août 2014

Deux hectares l'environnaient, vierges de cultures potagères. La primevère en trois couleurs, l'orchis pourpré, le polygala bleu et le muscari à odeur de prune lui venaient tout naturellement, à même sa prairie, avant les grandes marguerites et les boutons d'or. Je n'eus qu'à tailler les rosiers amaigris, ses buis inégaux.

Colette, En pays connu.

Prunes dans une main Caudebec-lès-Elbeuf, France, 9 août 2014

Il a 94 ans. Dans le jardin, un peu sauvage maintenant, les fruits du passé continuent leur existence quelque soit l'attention. Nous sommes ensemble. Accroupis, les fraises cachées sous les feuilles ne résistent pas longtemps à nos inspections minutieuses. Sa main, fermement, enveloppe le tronc d'un prunier. Il secoue. Il secoue. Les prunes qui étaient innaccessibles sont maintenant à nous. Il y a tant de souvenirs d'enfance dans ce jardin.

Prunes dans un plat Caudebec-lès-Elbeuf, France, 9 août 2014

November 04, 2014 12:22 PM

David Larlet

Flux et données

Probablement une des choses qui change le plus quand on passe d’une architecture dite d’ « entreprise » à l’architecture d’un pure player du web, c’est l’orientation nette vers une logique de flux.

Un architecte d’entreprise vous présentera son architecture en commençant par les grands blocs applicatifs puis continuera par le système d’échange et d’intégration des données entre les différents systèmes applicatifs.

A l’inverse, l’architecte d’un pure player présentera son architecture dans la perspective d’un flux : de la collecte des données à leur mode de persistance en passant par les divers traitements. On a tout de suite le sentiment d’avoir l’orchestration temporelle d’une suite d’événements.

Dans un cas on met l’accès sur les données comme ressources applicatives, dans l’autre on met l’accent sur le flux des données. Là où la première conception est plutôt spatiale et statique, la deuxième est plutôt temporelle et dynamique.

De l’intégration des données

Je vous invite à aller lire le billet complet de Christian et le premier commentaire de Gautier. Il y est question de dualité entre des données stockées dans des bases distribuées et un système de log globalisé. Là où ça devient intéressant, c’est lorsque l’on rapproche ces réflexions de ce qu’a fait Facebook avec Flux :

Flux is the application architecture that Facebook uses for building client-side web applications. It complements React’s composable view components by utilizing a unidirectional data flow. It’s more of a pattern rather than a formal framework, and you can start using Flux immediately without a lot of new code.

Il n’y a plus d’opposition entre statique et dynamique mais une unidirectionnalité du flux de dynamisation du statique. (Ça c’est pour Damien :p.) La problématique ne se pose plus en termes de stockage et de transfert mais en terme d’évolutivité des données. Ainsi on s’abstrait de la nécessité d’un log global en ayant des flux indépendants et isolés, le stockage peut être distribué c’est le dispatcher qui va s’assurer de la cohérence de la modification des données. On se retrouve avec une approche hybride qui est à la fois spatiale et temporelle. L’intégration et le croisement des données est — si l’on fait abstraction des problèmes de performances — plus politique que technique (cf. OpenData et citoyenneté ou OpenData et évaluation), il ne faut pas concentrer les données dans un même log mais réunir les acteurs dans une même pièce ;-).

Je suis extrêmement surpris que les vieux concepts réutilisés dans Flux n’aient pas donné lieux à une prolifération de nouveaux frameworks web. Je suis presque sûr que l’on peut combiner cette approche à asyncio

November 04, 2014 11:00 AM

November 03, 2014

Karl Dubost

Les seigneurs de Grand-Couronne

cannette rouillée sur la voie Grand-Couronne, France, 8 août 2014

Ici la même symétrie
A mis toute son industrie
Pour faire en ce bois écarté
Le Palais de la Volupté.

Marc Antoine Girard de Saint-Amand, Le palais de la volupté.

Le long de la la voie ferrée, qui traverse Grand-Couronne, la route se glisse entre les géants abandonnés. Ils dominent encore oubliés. Ce sont les Moaïs du pétrole qui s'alignent, usés par la chimie et l'humidité des matins normands. Ils protègent leurs regards au loin sur la Seine. Tout proche la forêt domaniale du Rouvray leur donne leurs dernières lettres de noblesse.

Panorama d'usine Grand-Couronne, France, 8 août 2014

La rouille est leur cal. Le souvenir d'une vie industrielle riche, mal-aimé et révéré se perd déjà. Les générations se meurent. Les jeunes humains ne savent plus vraiment pourquoi ces grands seigneurs sont là.

Citernes de produits chimiques Grand-Couronne, France, 8 août 2014

November 03, 2014 08:09 AM

Une mousse bleue infinie

Mousse sur des ardoises La Saussaye, France, 7 août 2014

Sur notre banc ami, tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer,
Nous aurons une joie attendrie et très douce,
La phrase finissant toujours par un baiser.

Rosemonde Gérard, L'éternelle chanson.

Le toit en pente, le regard de côté, la tête inclinée, je redécouvre une horizontalité. À l'infini dans un bleu conifère, les mousses s'étendent. Le parfum de l'humus pénètre les pensées. Humidité. Humer. Humecter. Humilité. Humain avec un cœur de forêt.

November 03, 2014 07:49 AM

November 02, 2014

Christian Fauré

De l’intégration des données

Une petite excursion dans les enjeux de l’intégration des données dans les systèmes distribuées à l’heure de la digitalisation.

reactive

Architecture orientée flux et architecture orientée ressource

Probablement une des choses qui change le plus quand on passe d’une architecture dite d’ « entreprise » à l’architecture d’un pure player du web, c’est l’orientation nette vers une logique de flux.

Un architecte d’entreprise vous présentera son architecture en commençant par les grands blocs applicatifs puis continuera par le système d’échange et d’intégration des données entre les différents systèmes applicatifs.

A l’inverse, l’architecte d’un pure player présentera son architecture dans la perspective d’un flux : de la collecte des données à leur mode de persistance en passant par les divers traitements. On a tout de suite le sentiment d’avoir l’orchestration temporelle d’une suite d’événements.

Dans un cas on met l’accès sur les données comme ressources applicatives, dans l’autre on met l’accent sur le flux des données. Là où la première conception est plutôt spatiale et statique, la deuxième est plutôt temporelle et dynamique.

On sait que les organisations ressemblent à leur systèmes techniques, c’est pourquoi on peut faire le parallèle entre les deux types d’architecture introduites ci-dessus (entreprise et pure player) avec deux organisations : celles qui privilégient l’efficience des ressources et celles qui privilégient l’efficience du flux

lean.001

C’est un des principes du Lean que de privilégier le flux ; en effet, une organisation peut très bien arguer que tous les départements de l’entreprise sont très occupés et travaillent dur sans que rien de bien n’en sorte (en terme de qualité et de Time-to-Market).

Des îlots d’efficience ne font pas nécessairement une bonne efficience globale.

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C’est donc très logiquement que l’on va retrouver des types de démarche dans l’architecture d’entreprise qu’on ne retrouve pas chez les pure players. La plus symptomatique d’entre elles étant certainement le fameux « schéma directeur » : nul doute  que ce type de démarche n’a aucune place dans un système 100% digital.

Dans les architectures des acteurs du Digital, la notion de Flow et d’architecture événementielle est omniprésente : un schéma d’architecture se lit en suivant le flux – le pipeline – de traitement. Ici, le dynamisme du traitement de l’information prévaut sur l’image statique de l’ensemble des composants. On pourrait les qualifier d’architectures « Spin » ; çà rentre, çà tourne et çà sort. 

Collecte des données et traitement des données.

De fait, le choix d’une architecture dépend grandement de la manière dont les données sont collectées : des données collectées par batch induisent forcément un traitement par batch, et les données collectée en flux sont également tendances à être traitées en flux (« dis-moi comment tu collectes tes données et je te dirai quel style d’architecture tu utilises »).

Dès que l’on est dans des logiques séquentielles de lots et de batchs, on tend à concevoir des systèmes moins réactifs, moins sensibles aux évènements et qui ont tendance à s’encroûter dans des ilots applicatifs qui, certes, gèrent leur autonomie, mais parfois au détriment d’une vision plus globale et systémique.

À ce stade on pourrait dire que tout le monde n’est pas un pure player du digital et n’a donc pas besoin d’adopter cette logique de flux : tout le monde n’est pas en temps-réel continu !

Mais un flux n’est pas pour autant quelque chose de continu ; il est toujours constitué d’éléments discrets que sont les événements. Toutes les architectures ont un certain rapport au temps : une banque qui traite en batch l’ensemble des événements d’une journée a une unité temporelle de traitement qui est journalière, mais derrière cette journée, il y a toujours des événements qui s’inscrivent dans des unités de temps beaucoup plus petits.

De prime abord, les architectures qui reposent sur des traitements batch  semblent donc plus facile à gérer : elles tendent à créer des silos, plus ou moins grands, qui ont certes des avantages mais qui sont aussi une plaie en matière d’inter-opérabilité. Ces silos sont créés sur la base de « visions du monde » qui n’a pas de sens à l’extérieur. 

Du coup on essaye de fonder l’inter-opérabilité au niveau sémantique en faisant des «  alignements de vocabulaire ».   Traitée à ce niveau, la question d’intégration des données est toujours plus ou moins douloureuse (LinkedData, MDM).

En contre partie, les systèmes qui collectent et traitent de l’information en flux disposent d’un avantage très intéressant pour intégrer les données, y compris dans un environnement distribué : cet avantage c’est le TimeStamp. L’index temporel des logs d’un système est l’élément clé du succès d’une interopérabilité des données assurée, non pas au niveau sémantique, mais à un niveau technique plus bas. 

L’inégration des données via une log

Jay Kreps, qui a écrit l’article « The Log: What every software engineer should know about real-time data unifying abstraction », et dont je reprends ici les arguments, a une façon très simple de définir la question de l’intégration des données : il s’agit de « rendre disponible toutes les données d’une organisation au travers de tous ses systèmes et ses services ». Ce n’est qu’à partir de là que des questions de plus haut niveau comme les modèles de données et leur sémantique peut être traitée ; trop d’organisations partent bille en tête sur l’intégration des modèles de données à un trop haut niveau sans s’apercevoir que les données ne sont tout simplement pas disponibles et accessibles.

Une log est le « journal de bord » des écritures des différents systèmes inter-connectés, elle  permet d’assurer la structure du flux, sa cohérence et sa mémoire (c’est à dire la capacité à retrouver un état antérieur).

Le côté génial de la démarche – dans cette façon de penser l’intégration des données via un système de log – c’est de ne pas s’intéresser à la donnée en tant que telle, mais à son écriture et à sa date. Toutes les données du monde peuvent être très divergentes, il n’en reste pas moins qu’elles ont toutes été écrites à une date et une heure fixe (pour peu que l’on dispose d’un bon système d’enregistrement des traces de ces écritures).

On ne cherche plus à aligner les vocabulaires, la sémantique des données, mais simplement à enregistrer l’ordre des écritures comme référentiel d’alignement universel. Les questions sémantiques ne sont pas pour autant réglés, mais elles peuvent dès lors bénéficier d’un Framework universel d’inter-opérabilité basé sur la mesure du temps.

Dualité

Il y a une dualité [mot qui a un sens précis en mathématique dans la théorie des catégories, cf. Sens et enjeux des modèles de stockage et d’accès aux données] entre un système de log et une table de base de données : la table reflète la valeur actuelle d’une donnée dans le système, là où la log garde la trace ordonnée dans le temps de l’ensemble des opérations effectuées. De fait, une table peut toujours être reconstituée en reproduisant l’ordre et la nature des écritures enregistrées dans les logs.

On peut également, à partir des logs, décider de ne pas reproduire à l’identique une table existante mais une table dérivée pour d’autres besoins que la reproduction stricto-sensu. On pense tout de suite aux systèmes de gestion de version des codes sources avec leur système de branches pour garder la mémoire de l’ensemble des actions (des patchs) effectués sur un code source.

Toutes ces remarques sur l’utilité des logs ne valent que pour autant  que les écritures enregistrées sont de type déterministes, c’est à dire que le fait de rejouer une écriture doit produire toujours le même résultat. Un traitement qui, par exemple, introduirait une variable aléatoire (Random) impliquerait la présence d’une action non-déterministe, et donc les logs ne serait d’aucune utilité pour reconstituer à l’identique le film des événements.

L’avènement des données événementielles 

Deux tendances complexifient l’intégration des données, c’est à dire leur disponibilité et leur accessibilité au travers tous les services et les systèmes de l’organisation : l’avènement des données événementielles (que j’ai déjà évoqué plus haut) et la prolifération de systèmes de données disparates.

Les données événementielles sont essentiellement les données qui proviennent d’enregistrements de comportements : données produites par les traces des utilisateurs sur les sites web, données produites par les capteurs RFID, données issue du comportement des machines de production, etc. Là est certainement une des manières de caractériser les entreprises qui sont digitales : ce sont celles qui intègrent les données événementielles à leur système.

Ces nouvelles catégories de données  (événementielles et comportementales) ont suscité l’apparition de nouveaux système de stockage et de manipulation des données (depuis les systèmes de cube décisionnels, jusqu’aux bases NoSQL, en passant par les index des moteurs de recherche, les annuaires, les systèmes de batch processing à la Hadoop, etc. Il est évident que la diversité des systèmes renforce le challenge de l’intégration des données.

La réponse à ces enjeux de déluge des données événementielles et de multiplication des systèmes qui les manipulent passe par une log centralisée, véritable épine dorsale du système global qui va jouer le rôle d’une chambre d’enregistrement. C’est notamment ce qu’a fait Jay Kreps chez LindedIn avec Kafka.

Je vous invite bien sûr à lire l’article de Jay et également à consulter l’article d’Alex Dean qui reprend cette même vision en présentant trois évolution des architectures d’intégration des données : Three area of business data processing  

Grand merci à Erwan Alliaume qui a attiré mon attention sur l’article de Jay !

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by Christian at November 02, 2014 05:29 PM

David Larlet

Moments sportifs

Ce moment où le cœur ralentit et où chaque cellule réclame sa ration de sucre, de magnésium, de calcium et d’acides aminés. L’organisme se rappelle qu’il lui faut vivre et non plus survivre.

Ce moment où le corps refroidit et où chaque douleur refait surface. La douche brûlante pour essayer de retarder ce nouvel état. Les étirements et les massages pour soulager les muscles, les exercices posturaux pour supporter le reste.

Ce moment où le cerveau s’engourdit et où les images défilent. Passées et à venir, fantasmées et avec désir. Avant de se laisser choir dans les bras de Morphée.

Le temps de la récupération.

November 02, 2014 11:00 AM

October 28, 2014

David Larlet

Données et secret

Je fais le serment de remplir mes fonctions avec conscience, indépendance, et humanité.
Je m’engage à suivre les standards du web, de la qualité et de l’accessibilité pour que le web reste universel, neutre, libre et ouvert.
Je m’engage à respecter et protéger le secret dû aux données personnelles et à la vie privée dont j’aurai connaissance dans l’exécution de mon travail.
Je suis un travailleur du web, j’en suis fier, et j’assumerai mon rôle avec dignité.

Le serment du Beffroi de Montrouge

Cela fait quelques jours que ce serment tourne sur Twitter et j’ai du mal. J’ai donc fini par regarder la vidéo et derrière l’enrobage un peu pompeux et les assertions à faire sourire Miss France, il est surtout question de données personnelles (des autres). J’ai pas mal réfléchi à la question et j’en suis malheureusement arrivé à la conclusion qu’il était illusoire de prétendre avoir le moindre contrôle là-dessus. Les données stockées sur mon ordinateur sont incontrôlables. Je ne sais pas qui y a accès et où elles sont envoyées. Et vous ne savez pas non plus. À moins que :

  • votre ordinateur soit déconnecté ET protégé de tout réseau ET inaccessible physiquement ;
  • vous ayez construit votre ordinateur ainsi que le firmware de chaque puce ;
  • vous ayez pu passer en revue chaque logiciel installé ET chaque mise à jour ET chaque moyen pour mettre à jour ce logiciel.

La liste est bien plus longue mais ces 3 items montrent déjà l’ampleur de la tâche. Aussi « Je m’engage à respecter et protéger le secret dû aux données personnelles et à la vie privée dont j’aurai connaissance dans l’exécution de mon travail. » est un vœux pieux qui ne pourra être respecté. Ou alors il faut être explicite sur les mesures prises pour essayer d’honorer cette déclaration. Par exemple :

  • je m’engage à ne pas effectuer de sauvegardes distantes de ces données en vous éduquant sur ce que cela implique en cas de crash ;
  • je m’engage à chiffrer ces données lorsqu’elles ne sont pas utilisées quotidiennement ET à les supprimer après 30 jours sans utilisation ;
  • je m’engage à ne pas transmettre intentionnellement ces données à un tiers ET à restreindre l’accès physique à ma machine ;
  • je m’engage à vous avertir immédiatement en cas d’accès non autorisé à vos données OU de leur transmission (indépendante de ma volonté) sur un quelconque réseau.

Ce sont les engagements que je m’efforce de tenir au niveau pro avec plus ou moins de succès. C’est faible mais c’est bien au-delà de ce qui est pratiqué habituellement.

Si le problème est un problème d’image et de confiance, je ne vois pas trop ce qu’un serment pourrais nous apporter en matière de crédibilité. Et ce même s’il était signé par — soyons fous — 80% de la profession. La confiance se construit avec de la communication et de l’éducation. Si notre image est actuellement mise à mal à cause des données personnelles qui nous sont confiées : communiquons mieux, éduquons plus.

October 28, 2014 11:00 AM