by amardeilh at January 27, 2012 10:14 AM under WebSemantique
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Troisième note sur les Savoirs de l’écriture en Grèce ancienne qui s’appuie sur l’article de Mario Lombardo : “Marchands, transactions économiques, écriture”.
Cette note est également pour moi l’occasion de revenir sur une remarque d’Alain Pierrot formulée lors d’un « Atelier Technologies Relationnelles » consacré à la “Guerre Civile Numérique” ; à une citation de Finley( Les premiers temps de la Grèce) qui faisait remarquer que les Grecs, contrairement à ce qui s’était passé au Proche et Moyen-Orient, se distinguèrent en utilisant l’écriture pour la poésie plutôt que pour le commerce, Alain Pierrot me fit remarquer que le texte de Finley n’était pas de première fraîcheur et que, depuis, l’avancée des travaux rappelait l’importance du commerce dans la diffusion et l’utilisation de l’écriture.
Il se trouve que l’article de Mario Lombardo permet d’enrichir le débat.
Aristote lui même, en soulignant l’utilité de l’écriture, mentionnait le khrématismos et l’oikonomie : les “affaires” et « l’administration du patrimoine”. Seulement voila, les grecs ont semblé ignorer les fameuses tablettes d’argiles du Proche-Orient et nous n’avons que peu de documents attestant la primauté de l’écriture pour les transactions économiques.
La position de Mario Lombardo consiste à dire que si l’écriture s’est effectivement diffusée via son utilisation économique et commerciale, c’est bien dans les domaines de l’instruction formelle et de la production littéraire d’une part, et , de l’autre, celui du pouvoir politique et des lois”(p. 161) qu’elle s’est développée de manière beaucoup plus significative :
“l’utilisation de l’écriture dans les transactions économiques, et plus généralement dans le domaine économique tout entier, aussi bien public que privé, a somme toute une importance secondaire.” p. 162
Il faut donc éprouver et ré-interroger la théorie de “l’origine mercantile de l’alphabet”.
Deux raisons à cela. D’une part une raison technologique qui tient à l’écriture alphabétique :
“avec l’extrême simplicité de son répertoire de signes et la transparence (non-ambiguïté) intrinsèque de ses “messages”, liée à l’introduction des signes représentant les voyelles”
D’autre part, deuxième raison à la diffusion de l’écriture en Grèce, le caractère décentralisé de la société grecque :
“ avec leur structures relativement fluides, ouvertes, dépourvues d’instance centrales importantes dans l’organisation politique, économique et religieuse, caractérisée par l’essentiel par l’existence d’une pluralité, plus ou moins articulée et diversifiée, de sujets qui se reconnaissent et s’affrontent en tant que tels dans un espace qualifié, pour cette raison, comme celui d’une communauté.” p.165
Sans nier l’évidence des relations commerciales comme facteur de diffusion de l’écriture alphabétique en Grèce (en référence aux relations commerciale avec les phéniciens qui inventèrent l’alphabet), Mario Lombardo souligne que cette thèse souffre de quelques problèmes, à commencer par le fait que l’écriture grecque n’a pas développée un système numérique avant le VI° siècle, date à partir de laquelle de nombreuses variantes se développèrent certes, mais “qui se situent tous essentiellement à l’intérieur de l’écriture alphabétique grecque et se placent vraisemblablement dans une phase relativement avancée de son histoire.” pp 170-171.
L’argument qui veut que l’écriture se soit développée dans un contexte exclusivement lié aux transactions commerciales semble donc fortement réducteur.
Pour instruire son investigation, Mario Lombardo va s’appuyer sur une pratique bien particulière, à savoir les “inscriptions de propriété” qui constituent la plus grande partie des inscriptions alphabétiques les plus anciennes conservées.
Il s’agit de noms propres, d’abréviation ou de signes, et parfois de formules du genre “j’appartiens à un tel” ou “ceci appartient à” que l’on retrouve sur les amphores commerciales :
“Il n’est peut-être pas hasardeux de voir un rapport significatif entre les premières formes d’utilisation de l’écriture alphabétique, d’une part, et l’émergence et la diffusion d’un “proprietorial concern” ”. p.173
Cette pratique scripturale des “trademarks” était utilisée notamment entre les commerçants et les artisans : le premier notifiait son choix de modèle à produire en marquant de son sceau alphabétique celui-ci. L’écriture joue ici un rôle de repérage et de mémorisation de la commande passée par le commerçant à l’artisan.
Ce qui n’était au départ qu’une simple marque va progressivement s’enrichir. À la signature du commerçant va s’ajouter plusieurs détails : la nature des vases, leur nombre, des indications de prix, etc. Et Lombardo d’en proposer une des fonctions essentielle de l’écriture :
“Il s’exprime ici une fonction fondamentale de l’écriture : la mise en ordre de données hétérogènes, dont la présence dans une pratique scripturale aussi condensée et aussi elliptique renvoie vraisemblablement à l’existence, dans le monde des activités commerciales, de pratiques d’enregistrement de la comptabilité répandues.” p.177
Au moins dès 500 avant J.-C. les inscriptions relevant des trademarks font état d’une retranscription des différentes monnaies. Il faut donc prendre en considération la diffusion de la monnaie frappée qui a dû induire des pratiques d’écriture nouvelles. L’examen des documents conservés montrent que le premier emploi de l’écriture se fait “sous la forme de reconnaissances, d’enregistrement et d”’inscription de dette”. On trouve ainsi des plaquettes de plomb, toujours vers 500 av J.-C. qui présentent une structure formelle assez standardisée :
“nom du créancier au datif, avec sa subdivision civique d’appartenance ; nom du débiteur au nominatif ; reconnaissance de la dette (opheilei) ; montant de la dette exprimée quelque fois en chiffres, parfois en lettres, vraisemblablement avec référence implicite à l’unité monétaire courante ; noms des deux témoins.” pp 179-180.
On connaît l’importance des “symbola” objets ou documents divisés en deux et qui fonctionnaient comme des marques de reconnaissance destinées à rappeler les obligations entre deux personnages portant sur des biens (cf. Ph Gauthier, “Symbola, Les étrangers et la justice dans les cités grecques”, Nancy, 1972). Pour les affaires les plus courantes, les symbola suffisait certainement, mais il semble que pour les affaires à la fois plus complexes et plus risquées (transport de marchandise par des voies maritimes peu sûres), l’utilisation de l’écriture joua un rôle décisif qu’il faut mettre en parallèle avec le développement de la monnaie métallique.
La fin de l’article de Mario Lombardo m’a un peu déroutée et j’ai dû m’y reprendre à plusieurs lectures pour y voir plus clair. La cause de ma confusion provenait certainement du manque d’attention aux différences entre “commerce”, “monnaie” et “banque” que je mettais plus ou moins indistinctement sous la catégorie “économie commerciale”.
[Un nom revient dans les références de Lombardo, il s’agit de R. Bogaert avec “Banques et banquiers dans les cités grecques” et “Les origines antiques de la banque de dépôt” (introuvables, alors je vais me rabattre sur “La banque en Occident” )]
L’activité bancaire va se développer en même temps qu’apparaissent des pratiques scripturales qui s’expriment dans la notion de diagraphê :
Quand un banquier reçoit une assignation de l’un de ses clients, il l’indique dans son livre et envoie une note (diagraphê) au bénéficiaire pour l’informer qu’il dispose d’un avoir à la banque. En règle générale, quand il s’y présente, muni de la diagraphê, en vue d’encaisser son dû, il signe pour acquit (hypographê =signature) le document qui demeure en possession de la banque. (Bogaert, La banque en occident, pp 27-28)
Bogaert précise bien que ce n’est qu’après l’apparition de la monnaie (“l’invention des premières pièces métalliques en Occident est l’œuvre des Grecs d’Asie Mineure au VIIe siècle av. J.‑C.” Wikipedia) que la banque va se développer entre le V et le IV° siècle notamment au travers les activités des changeurs de monnaie, les “argyramoiboi”. En effet, ce n’est pas une monnaie mais une multitude de monnaies qui apparaissent et font émerger le besoin de change monétaire. Le changeur est celui qui vend ses services et son expertise en matière de monnaie (connaissance des cours de change, connaissance des différentes monnaie, expertise pour de la fausse monnaie, etc.).
Historiquement, le développement de la monnaie dans l’ensemble des cités Grecques, va donc voir apparaître les “changeurs”, ces derniers vont se retrouver ensuite en situation de trésorerie et pouvoir faire des prêts en faisant travailler l’argent qui ne leur appartient pas. C’est là que l’activité bancaire apparaît : elle était depuis longtemps une activité de prêt et de dépôt mais c’est à ce moment là, en Grêce, quand le changeur commence à faire travailler l’argent des déposants que le Banquier “moderne” apparaît, et avec lui la Banque.
C’est ensuite dans le champ de la dette, et plus précisément de la dette monétaire, que l’on constate une utilisation relativement formalisée de l’écriture, donc socialement reconnue. D’abord utilisée pour les besoins des commerçants, dont le banquier Apollodore déclare que la plupart de ses clients – titulaires de comptes de dépôts et de paiement – sont toujours en voyage, et pour des activités commerciales à haut risque liées aux destinations lointaines, on voit apparaître le syngraphé, le contrat écrit.
Le contrat écrit offre de nouvelles garanties qui vont permettre de prendre de nouveaux risques dans les activités du commerce maritime à longue distance et notamment avec des partenaires étrangers. Garanties somme toute “psychologiques” précise Lombardo en rappelant que :
“le dépôt en banque s’effectuait sans que la présence de témoins fut nécessaire, par le simple enregistrement sur les registres bancaires”. p. 184.
La rationalité d’une comptabilité écrite couplée à des contrats va donc être un vecteur progressif de diffusion de l’écriture (diffusion qui est aussi une invention qui modifie les pratiques scripturales). À cette évolution socio-économique fait écho un usage politico-juridique de l’écriture (publication des lois et reconnaissance de dette).
Quoiqu’il en soit, on retiendra que les voies de diffusion et d’évolution des pratiques scripturales sont stimulées par l’invention des monnaies. Avec la monnaie et l’écriture les grecs ont pu :
“compenser et neutraliser le caractère socialement anonyme, la “volatilité” et “l’invisibilité” des rapports d’obligation monétaire.”
L’écriture permettant ainsi au domaine monétaire naissant de répondre aux exigences internes de la communauté socio-politique en mettant de la confiance dans cette nouvelle technologie, constituant par là une technologie de confiance basée sur l’écriture, sur des jeux d’écritures.
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We use to distinguish things that are eternal and those that are ephemeral, but how valid is our judgment?
Take Wikipedia for instance. I used to take for granted that Wikipedia was here for ever, up and running and ready to send me any version of any page in any language and I was wondering how useful it is for my Owark project to archive Wikipedia pages.
Her come SOPA and PIPA and suddenly we realize that Wikipedia is threatened:
Wikipedia would be threatened in many ways. For example, in its current form, SOPA could require Wikipedia to actively monitor every site we link to, to ensure it doesn’t host infringing content. Any link to an infringing site could put us in jeopardy of being forced offline. The trust and openness that underlies the entire Wikipedia project would be threatened, and new, restrictive policies would make it harder for us to be open to new contributors.
If we can read the Odyssey today, it’s not because its original “editor” has been able to preserve it, but because “Lots of Copies Keep Stuff Safe” and enough copies had been spread to insure its transmission.
If Wikipedia (or any other website) are weaker than we use to think and can be closed down, we need to spread as many copies as possible and this is really what Owark is about.
Now, is that enough?
I have mixed feelings when I read (twitted by Karl Dubost and written by Sarah Lacy) that:
Long-term there’s no future in printed books.
I understand the point and there may be no future in printed books medium term, but electronic books depends on cheap and ubiquitous electricity and I wouldn’t bet that this will be the case long term!
We know that sooner or later we will have to dramatically reduce our power consumption and we don’t know how smooth or brutal will be the transition.
If we are wise enough to manage a smooth transition, the industry might be able to adapt itself.
If not, there is a serious risk is that many books or web pages, digital photos, songs, music, videos that rely on cheap energy are simply lost forever!
Should we print web pages to archive them?
by Eric van der Vlist at January 20, 2012 03:48 PM under English
Catherine est inquiète parce qu’elle ne sait pas ce que je veux vous dire ce soir…
Elle me connaît pourtant bien puisque cela fait plus de trente ans que nous vivons ensemble !
Nous avons la chance d’avoir étudié dans une grande école (l’École Centrale) où nous nous sommes rencontrés mais avons toujours eu du mal à nous intégrer au monde des grandes entreprises.
Je l’ai devancé en devenant consultant indépendant il y a bientôt quatorze ans.
Lorsqu’elle a souhaité à son tour quitter Renault il y a quatre ans, nous avions un peu d’économies, pas beaucoup parce que l’argent n’a jamais été notre objectif principal mais suffisamment pour acheter par exemple un petit deux pièces dans le quartier où nous habitons.
Nous avons décidé d’utiliser ce petit pécule pour qu’elle puisse mener à bien un projet qui lui tenait à cœur et quatre ans plus tard sommes réunis ici pour inaugurer son deuxième magasin.
Le succès est donc au rendez vous.
Quarante emplois directs (et au moins la moitié d’emplois indirects) ont été crées et des dizaines de milliers de clients ont été sensibilisés aux problèmes environnementaux et ont mangé bio et d’une manière plus responsable.
Je suis très fier de Catherine pour ce succès.
Je suis également heureux de voir qu’elle s’est épanouie professionnellement pendant ces quatre années comme jamais auparavant.
Je le suis un peu moins de la voir fatiguée comme elle ne l’a jamais été.
Quand on rentre dans un des deux magasins du Retour à la Terre, ce que l’on voit peut sembler facile et tomber sous le sens.
Je vis aux côtés de Catherine et je peux vous dire que créer ce cercle vertueux est au contraire un combat de tous les instants :
Je sais que ce type de combat est chose courante pour beaucoup de nos invités.
Insecticides, plastiques, déchets, cancers, OGM, brevets sur le vivant, grande distribution, industrie de la viande, villes en transition, paysans sans terre, nucléaire, gaz de schiste, … au cours des débats organisés par Catherine, je me suis souvent senti dérouté et découragé par la diversité de ces luttes.
Il y a pourtant une constante : le refus de la marchandisation des biens communs de l’humanité.
Prenons par exemple le problème de l’eau, particulièrement éloquent parce qu’il représente un combat que beaucoup considèrent comme déjà perdu.
L’eau est essentielle à la vie, elle recouvre 72% de notre planète et notre corps est composé d’eau à 65%.
Pourtant, vous souvenez vous quand vous avez bu pour la dernière fois de l’eau qui ne soit pas « produite » par une des multinationales qui se sont emparé de son « marché » ou par une des rares compagnies des eaux qui soit publique ?
Pour moi, c’était en juillet dernier, en randonnée avec notre fils Samuel à plus de 2000m d’altitude dans les Alpes.
Et même dans un endroit aussi préservé, il nous a fallu filtrer l’eau des torrents de montagne dans un filtre en céramique, merveille de haute technologie suisse, pour la boire sans risque.
Cet accaparement de l’eau, des semences, de la nourriture, des terres, du sous sol, des idées, des déchets, de l’énergie, des logiciels, des données privées, de l’argent, … et même du « droit à polluer » par quelques privilégiés qui contrôlent une poignée de multinationales est intolérable sur le plan des principes, mais aujourd’hui il ne s’agit plus ce cela.
Le problème est pourtant simple.
Nous sommes 7 milliards sur une planète aux ressources finies qui ne peut nourrir sa population de manière durable que si ses ressources sont exploitées de manière raisonnable et distribuées avec un minimum d’équité et c’est précisément de cela dont il s’agit pour chacun de ces combats.
Combattre les dérives actuelles sous toutes leurs formes n’est plus seulement une question de principes mais une question de survie pour nous et pour notre civilisation !
Merci à tout ceux qui mènent cette lute essentielle à leur manière et sur tous les fronts.
by Eric van der Vlist at January 19, 2012 12:59 PM under Français
Deuxième note sur le livre « Les savoirs de l’écriture en Grèce ancienne » avec l’article de Giorgo Camassa.
L’utilisation de l’alphabet en Grèce ancienne concerne une multiplicité d’activités, rappelle Giorgio Camassa : mais pour quelle raison les anciens grecs ont-ils fixé par écrit les codes de la lois ?
Ce qui est pour nous évident aujourd’hui – que législatif et écriture aillent de pair – n’a pas toujours été le cas. Alors où, dans quel lieu, les premières lois écrites furent-elles rédigées ?
Il semble y avoir un consensus sur l’idée que l’oeuvre de codification des lois aurait plutôt eu lieu dans les colonies que dans les métropoles. Et d’ailleurs “nomos” (la loi) dérive de la même racine que “nemein” (distribuer, répartir, allouer,..) : on s’imagine que la nécessité de répartir les terres entre les colons fut une motivation première pour écrire les lois, c’est à dire écrire les répartitions.
Mais en se focalisant trop tôt sur les colonies grecques, n’oublie-t-on pas trop vite la Crête dont il nous reste un nombre d’inscription juridique beaucoup plus nombreux que n’importe quelle région de la Grèce ?
Pour Giorgio Camassa, le cas de la Crête n’est pas convoqué pour lui attribuer une quelconque paternité dans l’écriture des lois, mais plutôt pour souligner que cette nouvelle écriture fut en Crête précédée et accompagnée par l’existence d’un corpus de lois transmises oralement. Camassa rappelle que, pour lui, l’existence d’une transmission orale d’un corpus législatif est la condition sine qua non pour la fixation précoce d’un code de loi écrites.
Les pratiques orales de législation sont elles-même baignées d’une culture poétique et lyrique :
Il semble en effet difficile de se soustraire à la suggestion qu’en Crête, plus clairement qu’ailleurs, l’art de la législation était inséparable de la précellence de la parole rythmique, capable de forger l’âme, grâce à ses pouvoirs évocateurs et psychagogiques, mais capable aussi d’intervenir activement sur la réalité en la transformant” p.145
C’est seulement dans le cadre d’une culture législative orale que, lentement et non à travers une crise :
“l’opinion publique citoyenne, forte de tout son poids, demanda avec insistance un plus grand contrôle sur le système jurique par l’intermédiaire de la publication des lois”. The Local Scripts of Archaic Greece, Oxford, 1961, p.43
Après la question du lieu, vient la question du comment : comment s’est opérée cette transition ?
Dans une tradition orale, la perception de la loi par les individus est quelque chose d’absolu et d’immuable : les modifications sont imperceptibles et “la loi d’une génération ne peut pas être mise en comparaison avec celle d’une autre”.
Mais, même une fois écrite, la loi reste associée à son caractère immuable, et partout en Grèce et jusqu’à Aristote se manifeste l’hostilité au changement des lois établies.
N’y a-t-il pas là un paradoxe :
“au moment-même où, avec le début d’une codification écrite, s’ouvre la voie, d’abord, à la perception et, ensuite, à la pratique du changement, on se préoccupe immédiatement d’éviter ce dernier”. p.149
Giorgio Camassa y voit la force du conditionnement exercé par la prédominance de la culture orale au sein même de la période écrite qui s’ouvre. Ce qui est une manière pour lui d’articuler tradition orale et tradition écrite sans avoir a postuler la nécessité de l’écriture pour autoriser l’oeuvre du législateur.
Et d’ailleurs, l’écriture elle-même n’était-elle pas destinée à être vue plus qu’à être réellement lue ? Comme le rappelle Marcel Détienne, l’écriture pénètre dans l’espace public en se montrant et en s’affichant :
Signaler sur Twitter“Gravés sur les édifices publics ou sur les stèles placées dans les lieux ou se déroulait la vie communautaire, les codes sont de clairs exemples d’une écriture destinée à être vue plutôt que lue”. p.151
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Voici la vidéo ( 45 min) de l’intervention d’Alain Giffard lors d’une séance de travail du groupe « Technologies Relationnelles » d’Ars industrialis.
La séance était consacrée à la « guerre civile numérique » et il m’a semblé que les propos d’Alain Giffard étaient précieux pour re-contextualiser ce concept de guerre civile numérique qui reprend le titre d’un ouvrage de Paul Jorion paru en Mai 2011 :
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As usual, it’s been tough to select a picture…
This one has been taken in the small woodland that isolates our orchard from the chemical crops grown by our neighbors.
I like the contrast between the yellow of the ginkgo biloba, and the brown and green of the other leaves.
It’s also a good illustration of the concept of “Retour à la Terre” (return to the earth or soil) that we promote elsewhere and if you look carefully, you’ll see a small woodlouse and a redworm which are major actors of soil ecology.
That being said, this year I have decided to show you the other pictures that I had selected!
by Eric van der Vlist at December 28, 2011 10:27 PM under English
Comme toujours, le choix de la photo a été difficile…
Cette photo a été prise dans la petite bande boisée qui isole notre verger des cultures intensives sous les vents dominants.
J’aime bien le contraste des couleurs entre le jaune de la feuille de ginkgo biloba, le roux et le vert des autres feuilles.
C’est également une bonne illustration du concept de Retour à la Terre que nous défendons ailleurs et si vous regardez bien, vous pourrez apercevoir un petit cloporte et un lombric qui sont des auxiliaires très importants de l’écologie des sols.
Ceci dit, cette année j’ai décidé de vous montrer les photos auxquelles vous avez échappé!
by Eric van der Vlist at December 28, 2011 10:22 PM under Français
Avec La Fabrique de l’homme endetté, Maurizio Lazzarato cherche à qualifier le lieu le plus opportun à partir duquel la lutte des classes se joue et s’articule de la manière la plus actuelle.
A partir du texte Nietzschéen de la deuxième dissertation de la Généalogie de la Morale, Lazzarato caractérise l’épopée humaine depuis la diffusion du christianisme comme étant celle de la fabrique de l’homme endetté. Il faut, nous dit-il, oublier les oppositions patron/ouvrier, maître/esclave, capitalisme financier/capitalisme industriel, etc. et ouvrir les yeux sur les mécanismes de domination qui s’exercent actuellement de manière débridée.
L’exercice est très intéressant et l’argumentaire qui articule Nietzsche – Foucault – Deleuze – Guattari est très séduisant dans la manière dont il décrit le processus par lequel nous avons intériorisé le fait d’être endettés et toujours redevable.
Sans renier l’intérêt et le mérite de ce petit texte limpide et stimulant (c’était déjà le cas avec « Le Gouvernement des inégalités », à propos duquel j’avais fait une note), je ferai toutefois les remarques ci-après.
Tout d’abord je n’enlèverai pour ainsi dire rien à ce qui est écrit.
Deux choses me gênent cependant, comme des manques ou une forme de partialité qui émergent à la lecture du texte. D’abord une forme de procès à charge contre toutes les figures de la dette ; la dette « c’est très mal », c’est un instrument de domination redoutable inventé par les créanciers. Mais à trop vouloir coller à sa thèse, on ressent une forme d’injustice à l’encontre de la dette. S’endetter, n’est-ce pas aussi un moyen efficace pour investir ?
Trop occupé à démasquer les affres de la dette, Lazzarato ne prend pas la peine de souligner qu’il peut y avoir de bonnes dettes. Il ne précise également pas qu’une dette ne devient un vrai problème que quand celui qui la contracte n’a plus de crédit. C’est d’ailleurs ce qui se passe pour les dettes souveraines européennes : le phénomène de la dette ne devient un problème que lorsque qu’on ne fait plus crédit à un pays et à son gouvernement.
Si le discours sur « la Fabrique de l’homme endetté » est pertinent, il atteint ses limites en ne s’avançant pas plus dans l’analyse pharmacologique de la dette, faute de ne pas avoir souligné l’ambivalence de la dette (qui peut, je le rappelle, être bonne et positive) : le bébé est ainsi jeté avec l’eau du bain.
Ensuite vient la question de la « lutte des classes ». Comment nier qu’une telle lutte des classes existe lorsque même l’homme d’affaire américain Warren Buffet affirme que :
« Il y a une lutte des classes aux Etats-Unis, bien sûr, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous gagnons. »
Je reste toutefois méfiant sur le concept de « lutte des classes », un vrai concept savonnette : il semble facile à appréhender mais vous glisse systématiquement entre les doigts. Méfiant, également, parce que c’est un concept d’opposition (et non de composition) et ne peut déboucher que sur ce qu’il contient en germe : le conflit, la lutte et la mise à jour d’oppositions irréductibles (c’est eux ou c’est nous).
En faisant uniquement une pharmacologie négative de la dette, le geste de Lazzarato n’arrive à produire qu’une injonction à la lutte sans aucune autre alternative qui motive.
Je me pose donc la question suivante : en se battant « contre » ne fait-on pas le jeu d’une situation d’opposition que l’on dénonce par ailleurs puisque tout système de domination est un système d’opposition ? N’est-il pas temps de se battre « pour » ? Par exemple pour une économie de la contribution ?
Ce qui m’amène à remarquer que le problème de « la-gauche-qui-veut-entrer-en-lutte », c’est son adhésion aveugle au primat des logiques d’opposition et sa mécompréhension corollaire des logiques de composition. C’est que les logiques de composition sont trop souvent, et à tort, assimilées à des logiques de compromission. Or cette équivoque freine systématiquement le caractère opératoire des concepts mis à avant, comme ici le concept d’homme endetté.
Quoiqu’il en soit, « La fabrique de l’homme endetté » est assurément un livre à lire, il contient par ailleurs quelques charges bienvenues sur le capitalisme cognitif et son « économie de la connaissance ».
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Chrome est peut être un peu plus rapide, je reste sur Firefox pour les raisons mentionnées dans cette vidéo !
by Nicolas at December 15, 2011 11:19 AM under Uncategorized
Memories for the future
Parce-que j'y ai passé une grosse partie de la soirée…
Montréal, Canada, 7 décembre 2011
Je suis naïf, toi cruelle,
Et j'ai la simplicité
De brûler au feu mon aile
Et mon âme à ta beauté ;Hugo, Victor, Je suis naïf, toi cruelle
Stéphane veut avoir un système simple pour gérer son carnet Web. Au tout tout début de ce carnet, j'ai utilisé un système qui était une base de données, un langage de scripting (UserTalk), et un moteur de génération de pages Web statiques. Le tout s'appuyant sur la métaphore d'un outline. Frontier, l'outil avait été créé et développé par Dave Winer. Un des aspects très intéressants du système est qu'il était déjà distribué et permettait de réaliser des synchronisations partielles d'une pile Frontier à une autre sur le réseau. Les projets comme Diaspora que je trouve intéressant ne sont pas nouveau.
En cherchant les informations, je suis surpris de voir que le produit est toujours développé.
Je générais le site et je le mettais en ligne en le synchronisant avec le serveur d'hébergement, par FTP au tout début et puis très rapidement en utilisant rsync et ssh. Après cela, je suis passé par du manuel complet où je recopiais une page d'un jour à l'autre et où je créais mon flux et mes index à la main. La troisième génération a été une série de XSLT traitant le document XHTML du jour et générant les flux et les index. Finalement la dernière génération que j'utilise toujours aujourd'hui est un script python 2.7 que je n'ai pas encore totalement terminé. Mon processus de création de page suit ces étapes.
Création d'un fichier XHTML (le nom importe peu). Souvent je procède de la façon suivante :
cat ../06/opendata.xhtml > moteur-blog.xhtml
édition du contenu, changement de la date manuellement, photos, citation, etc.
J'utilise la dixième génération de mon script python qui analyse le fichier XHTML et génère automatiquement la mise à jour du feed. Comme je n'ai pas encore fini totalement le script (fainéant), il génère un bout de code HTML pour l'index qu'il écrit sur le terminal.
gdata10.py -f moteur-blog.xhtml
Je copie le bout de code HTML à la main et je lance l'ouverture du fichier index de la page d'accueil et celui du mois en cours. J'ai un script shell pour cela. Et je colle le bout de code à la bonne place.
Un autre alias shell pour déplacer le feed à la bonne place et je peux lancer la synchronisation grâce à un script shell très simple.
Et La Grange est à jour. Bien sûr, cela semble rébarbatif pour de nombreuses personnes. Je pourrais finir le script python, pour en fait générer les index. Mais comme je suis en cours de changement de version du code HTML et du design, je vais attendre.
Cette gestion m'a permis de réaliser certains bénéfices de cette façon de gérer. Le site de La Grange peut-être copié, backupé, déplacé sur une clé USB, un disque dur, etc. Je peux théoriquement utilisé l'ordinateur de tout le monde. Théoriquement car il faudrait que je m'arrange pour gérer les clés SSH un peu différemment, mais ce serait possible.
Je peux du jour au lendemain arrêter d'utiliser le script python et continuer à éditer le site. Je n'ai pas de gestion de base de données, pas de gestions de scripts CGI, etc.
L'aspect visuel du site a toujours fait partie pour moi de son histoire. Il y a des horreurs de design dans le passé, mais tout cela fait partie de l'histoire de ce que le site était pour moi. Le site changera de nouveau pour le meilleur et pour le pire. La prochaine itération sera plus lisible sur mobile.
Cette gestion manuelle de l'information permet de réfléchir énormément à la robustesse de l'information dans le cadre du Web et de son évolution. Je me suis très souvent demandé si je devais passer à un format de fichier texte tel que Markdown ou même une sorte de format hybride en utilisant le format des headers de courrier électronique.
status: draft #draft, private, public uri: /2011/12/03/test uid: #something along tag:la-grange.net,2000-04-12:karl prev: #uid previous post from: Karl Dubost created: 2011-12-03T13:01:38 updated: 2011-12-03T13:01:38 tz: EST subject: billet à propos de 森 Un billet très simple.
Je ne suis pas tout à fait convaincu. Un format comme Markdown n'est pas assez complet pour pouvoir traiter des documents riches. Cependant Markdown permet de gérer un mélange de HTML et de Markdown. Mais si je dois gérer un mélange des deux syntaxes autant directement éditer en HTML. Je n'ai pas encore résolu ce point.
Une fois le contenu édité en format texte, il faut conserver tous les scripts et les textes originaux pour regénérer à partir du texte original la version html qui sera mise en ligne. Cela ajoute de la contrainte sur le système. Je ne suis pas sûr de vouloir gérer cette contrainte. Pour l'instant, je pense que le fichier au format HTML comme unité de base est plutôt bien et finalement très flexible. Je pourrais même idéalement les gérer comme une API RESTFul.
Une solution que j'aurais trouvé intéressante est un mélange de IMAP et/ou de git/hg/bzr pour gérer les billets de blog. Je suis à peu près sûr qu'un système de commentaires serait gérable.
Avec tout cela, je n'ai pas répondu à Stéphane. Je pourrais publier mon script python (cela intéresse quelqu'un ?). Mais il vient avec ses propres contraintes.
Je surveille les outils de publication de carnet Web sur blogmarks.net. Il y a également une liste de CMS que je ne maintiens plus du tout.
En espérant que ce soit utile à Stéphane et d'autres.
Quatre vidéos choisies de la rencontre au théâtre de la colline du 10 Décembre 2011 :
Vous pouvez visionner l’ensemble des vidéos et de la séance sur le site de Paul Jorion ou sur celui d’Ars Industrialis.
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Gauche : Ron Terner, Droite : Harper’s Bazaar. Mai 1949. Kodachromes par Ernst Beadle
Deux femmes, main sur la poitrine…
Le temps et la mémoire. Les instants qui nous séparent. Le vertige de notre mortalité.
Avons-nous vécu ?
Montréal, Canada, 10 décembre 2011
Aujourd'hui, une lecture des textes de la collection Décentrements était organisée à la bibliothèque du Mile-End par la bibliothèque de Montréal. Les organisateurs Marie et Mahigan. Cinq auteurs sont venus lire leur texte.
Montréal, Canada, 10 décembre 2011
Montréal, Canada, 10 décembre 2011
J'ai passé un bon moment avec certains coups de cœur.
Montréal, Canada, 4 décembre 2011
Only one thing is impossible for God: To find any sense in any copyright law on the planet.
Twain, Mark, Notebook (1935)
Le Web est magnifique. Marie renvoie un tweet de Vicky La pointe qui lui même pointe vers un discours de Mark Twain à Montréal. Le discours est une retranscription d'un article du New-York publié le 9 décembre 1881. En cherchant la copie originale de l'article dans les archives du New-York Times. J'ai trouvé un second discours de Mark Twain cette même soirée. Le sujet est le droit d'auteur international. Je remarque aussi que la Gazette mentionne aujourd'hui ce discours de Mark Twain mais de façon incomplète en déformant le propos de l'auteur. Donc voici la transcription de l'article du New-York Times au complet.
International Copyright.
Mark Twain expresses his views upon the necessity for it.
From the Montreal Gazette, Dec. 10.
The Banquet to Mark Twain was brought to close at so late an hour that we were unable to publish his second speech. The genial humorist was brought to his feet a second time by a remark made by the Rev. Dr. Stevenson that there was not a single line in all Mark Twain's many books which he need on the highest moral grounds blot out. The statement was endorsed by long-continued applause. Mark Twain rose at once and said:
It is not necessary for me to beg to express to you how grateful I am for what has just been very properly called an ovation. I could not put my thanks into words if I tried, but it is here. [with his hand upon his breast.] and there it will remain. And I ought to thank Dr. Stevenson, for the observation he made is the most grateful compliment I ever received in my life. I hope that it is deserved. I have always intended that it should be the case when I wrote, and it shall always be so when I write hereafter. [Applause.) I much regret that, owing to a deficiency in my education. I have not been able to understand what the French gentlemen have said. I can speak French, but I cannot understand it. [Laughter.] But I have been charmed with the fluency of the language as it flowed from their lips. [Renewed laughter.] Now, this is an advantage which our language has not. They go right along, while we sometimes are out of ideas and words both. It is rather rough, taking it all round. [Laughter.]
But I want to place myself right on the copyright business. I seem to have come here in a very selfish capacity. If I had come here simply to save a book, which, perhaps, was not worth reading, from being pirated in Canada, there might be something in it. But that is not the idea at all. I have never had the slightest objection to my books being printed freely in Canada without any payment to me whatever. The matter that concerns me is the protection of the American side from the Canadian printed works. If in Canada they would only pirate books and keep them here I could get along very well; but when they go, as they did once before, get the proof-sheets from my publishers, bring out the before I could, and charge one-sixth of the price I should charge, I object. [Laughter.] Therefore, in that sense, I am opposed to this business of an international copyright as between the United States and Canada. I think that a new country should have an international copyright law for the protection of its own authors and for the building up of its own literature. It is much more important that Canada should have such a law than it is for older countries which have an established literature. I think that Canada's best way to build up her literature is to protect herself by an international copyright law. When a country as old as the United States has established a literature as it has, then you have really nothing to fear from the influence of other literatures upon the people. Therefore you can do without an international copyright law. When you are situated as Canada is, in the absence of a copyright law you have the literature of the world at your disposal, and therefore your authors have a very small chance. You get the books of all the world and you get the teachings of all the world. It is just as if a Protestant family, being without Protestant teachers, must employ and make use of teachers of a different denomination; the ideas of the new teachers necessarily produce a marked effect. So it is here in Canada. You have English, French and American literature. One result of this is that your Canadian literature is reconstructed and another result is that by and oy you may not have any Canadians at all. You are full of this foreign milk: you get your complexion from it: You are English, French, and American perhaps. You are not Canadians at all, except in birth and in name. Therefore, I think it is much more important to you that there should be an international copyright than to other people. [Hear. hear.] Some 60 or 70 years ago, when the United States had not literature but the English literature, we were simply Americans on the outside with English works on the inside. [Laughter and applause.] If I had been there at that time I would have worked with all my might for an international copyright for the fostering of our American literature. I confess that if I were in politics considering that we have already a literature sufficiently protected and sufficiently ample, so that we have no fear of the influence of foreign literatures, I should think twice before I voted for an international copyright. In politics I should feel that way, but as an author I do what I consider to be my duty to my guild. If I were in politics I would sink the author in the citizen. We know the effect a literature has upon a country. It is an education, and you must have it.
But I got up to propose the health of the Chairman. Perhaps you know the Chairman better than I do. If you don't. I can say for him that he is a man whose wise councils are heard in this nation. He is a man who is in favor of free trade, protection, and all sorts of things. [Laughter.] He is a man who will stop at nothing. [loud laughter.] Whether it is right or wrong, righteous or otherwise, to carry his points, his points being the good of the country altogether. [Laughter.] The annexation of this country to the United States is a tabooed subject, but I have always thought it we did not annex you that it would be a good thing for you to annex us. [Laughter.] Then there are other ways to bring this thing about. It may be brought about by peaceable means—by invisible agencies. The Chairman has begun the very thing that many unite these two nation, because he has acquired—and God knows whether he deserved it or not—an American wife. [Loud laughter.]
The New York Times, December 12, 1881
Montréal, Canada, 6 décembre 2011
Un atelier à propos des données ouvertes dans un contexte citoyen était organisé par l'Université Ouverte de Parc-Extension aujourd'hui au café l'Artère. Avant et au cours de la soirée, j'ai pris quelques notes brutes. Les notes sont un mélange de ce que j'ai pu entendre ainsi que de mes propres réflexions. Elles ne sont pas à prendre au pied de la lettre.
Quand on évoque données ouvertes, les éléments suivants sont toujours mes premières pistes de réflexion :
Quelles seraient les données incontournables au niveau du transport urbain? (autobus, métro, train de banlieue, vélo, voiture, à pied)
Données sur leur état à chaque arrêt ou kilométrage, en tout temps la capacité et le niveau d'utilisation ? Outils comparatifs entre les différents modes de transport métro vs vélo vs autobus vs (voiture) ? Analyse des trajets ?
Transport et santé́ publique : les musts? Nombre, localisation et auteurs d'accidents?
Transport et environnement : les musts ? Pollution de chaque mode de transport en temps réel; qualité de l'air dans les espaces (smog) ?
Les événements récents de Fukushima offrent une perspective intéressante sur les données publiques. Les citoyens n'étant pas confiants des données publiées par TEPCO (la compagnie d'électricité) et par le gouvernement ont décidé de publier eux même les données de radiation. Une fois que les protocoles d'observation sont publiés et documentés, il est possible de les publier et de développer des réseaux. Penser aussi aux écoles qui offrent une certaine stabilité tout en permettant des projets pédagogiques autour de la collecte des données et de leurs utilisations.
Transport et social : Les musts? Profil des usagers ; accessibilité́ des transports « gentrification » des transports publics.
Quelles limites à l'ouverture des données dans le transport ?
Pas tant une limite qu'un manque de compréhension des usagers et des citoyens. Une ouverture partielle soulève souvent plus de questions que de réponses, et pas toujours les bonnes questions. Il faut savoir être généreux avec les gens afin de permettre aux citoyens d'être responsables.
Il faut éviter les données identifiantes des professionnels. L'enjeu est d'autant plus difficile qu'une fois un système de rapport est en place, il devient facile d'associer les personnes physiques aux enjeux d'infrastructures. Il ne faut pas non plus se mettre la tête dans le sable, mais les problèmes sont liés. Les infrastructures fonctionnent bien ou mal car nous (des humains) les gérons.
Ne pas négliger la participation des institutions et compagnies. En faire des ennemis revient à abandonner le principe de participation citoyenne que l'on veut mener.
Montréal, Canada, 6 décembre 2011
Les données ouvertes peuvent être partagées autant dans le secteur privé que dans le secteur publique. L'ouverture de données est un processus qui permet aux gens de prendre des décisions, de réaliser des choix en étant informé. Les données viennent confirmer des intuitions. Le gouvernement est un organisme de personnes gérant des données publiques par défaut. Les informations qui sont colligées par les organisations publiques sont parfois fermées à cause de contenu privé. Il peut y avoir des informations nominatives. Il y a souvent des informations nominatives dues à des responsabilités structurelles. Parfois les données sont tellement particulières qu'il devient difficile de les partager. [documentation]. Libérez les données est différent de les rendre publiques. Il y a eu des documents HTML sur le Web, et puis des documents PDF. L'information est en effet diffusée, mais ce n'est pas ouvert. Il faut être capable de réutiliser. L'enjeu n'est pas de rendre publique, mais bien la réutilisation. Pas d'obstacles au niveau
Il y a deux étapes.
L'ouverture des données donnent énormément de pouvoir à ceux qui ont accès aux données. À partir du moment, où on a accès des données, on peut faire des choix. Les individus peuvent s'élever au niveau des experts (modulo leur capacité d'analyse). Cela donne la possibilité aux citoyens d'intervenir.
Quelles seraient les étapes pour ouvrir les données de transport ?
Ottawa a créé un concours sur les données. Le gagnant avait permis de donner accès aux données et de voir les délais d'attente. Et la société a fermé le flux. La compagnie avait un statut particulier. Elles avaient le droit de ne pas mettre à disposition. Il y a des problèmes souvent de licences. etc. Bixi, STM ne publient pas les données. Cela peut servir à de nombreuses personnes. Il faut valoir les droits.
Quelques unes de mes réflexions suite aux interventions du public.
Ne pas trop attendre des organismes publiques. Le défaut que l'on fait souvent est de se placer dans une relation commerciale avec les institutions publiques. « J'ai payé mes impôts donc j'ai droit à… » est une attitude pas très saine pour la société participative en général. Se prendre en main, se responsabiliser ensemble permet de mieux gérer les enjeux et les comprendre. Pour ouvrir les données, j'envisage deux axes :
Une personne dans le public affirme aussi que les chercheurs ont déjà beaucoup de données.
Diane Mercier précise qu'il y a des cadres légaux créant un goulot d'étrangelement. Il y a beaucoup de travail. Dans nos systèmes lorsque l'on veut développer un nouveau système on peut penser à inclure les données ouvertes. À Montréal, il y a une pression locale. Au Québec, il n'y a pas de politique de données numériques. Il n'y a pas de politiques de logiciels ouverts.
Avoir une clause pour les données publiques dans les futurs projets.
À l'intérieur même des organisations, il y a des silos et des employés ont dû mal à communiquer.
Les lois à Montréal de l'accès à l'information ?
Les lois sur l'accès à l'information. Les initiatives citoyennes permettent de démontrer l'utilité.
Antoine: L'activisme est la bonne méthode pour changer les choses. Cela prend du temps. Il faut travailler soit-même à collecter des données. Open Street Map a démarré comme cela. Et maintenant Montréal est cartographiée. Cela veut dire parfois qu'il faut faire de la pression. Il y a des gens comme FACIL qui a permis de faire avancer les choses en poursuivant le gouvernement du Québec. Il y a du progrès maintenant pour les appels d'offres. Il faut apprendre à faire des choses nous même.
Enjeu de la réutilisation des données pour les trajets de bus. Il faut démontrer l'utilité. En montrant des applications réalisées.
une personne mentionne l'enjeu de traçabilité des transformations des données et de licence.
Intervenant dont j'ai oublié le nom : Pour les militants du droit au logement. La citoyenneté se fait dans le respect des droits. Parc extension il y a 80% de locataires sur les 11,000 ménages. C'est une tradition de pauvreté. 25% des logements Parc-Extension ont de la vermine. Il y a des données publiées par les chercheurs sur les écarts de la richesse. L'accès à l'information est important pour l'exercice de ses droits. Les chiffres sur le loyer permet de détecter et suivre les logements. Les composantes du loyer sont inconnues. Les augmentations se ont au 1er juillet ou au moment du déménagement. Il y a des familles où 80% du revenu est consacré au loyer. La loi permet de refuser une augmentation du loyer. Mais il y a une problématique de faire vivre ses droits. L'augmentation des taxes foncières. Les taux généraux de la Régie du logement permet de faire un choix. Il n'y a pas de données sur les changements de locataires. Le propriétaire doit déclarer le montant précédent. Mais comme il n'y a pas de sanctions, le propriétaire ne remplit pas. Comme nouveau locataire on peut faire changer le coût du loyer. 3 mois si section G non remplie, et 10 jours si remplie. On ne veut pas restreindre les droits des locataires. Il y a le revenu d'immeubles.
La tradition du déménagement favorise l'augmentation des loyers.
Pour les taxes municipales, il faut être la personne concernée.
Avant de louer un logement, on peut demander la facture de chauffage précédente avant même d'être locataire.
La banque des jugements n'explique pas les motifs de non paiement de loyers. Le dossier de crédit est aussi un élément pour le propriétaire. Une faillite antérieure peut ne pas être pertinente. Une faillite 10 ans auparavant. Les renseignements personnels sont accumulés par les agences immobilières.
un avantage fort d'une mise en commun des données, cela peut permettre de créer du lien social. Cela peut-être une forme de politisation. Ils existent des wikis territoriaux qui concernent des données locales.
Openstreetmap + Walking Papers + Afrique
Il y a une personne sur six au Québec qui a un problème d'analphabétisme. Beaucoup de gens ne sont pas habiles pour écrire, pour s'exprimer, pour écrire un simple paragraphe.
Des données pour les riches ou des données pour les pauvres.
Montréal, Canada, 20 novembre 2011
Ainsi j'embrassais tout : et la terre, et Cybèle ;
La face antique auprès de la face nouvelle ;
Le passé, le présent ; les vivants et les morts ;
Le genre humain complet comme au jour du remords.
Tout parlait à la fois, tout se faisait comprendre,
Le pélage d'Orphée et l'étrusque d'Évandre,
Les runes d'Irmensul, le sphinx égyptien,
La voix du nouveau monde aussi vieux que l'ancien.Hugo, Victor, La pente de la rêverie
La liste de discussion spec-prod du W3C est la liste qui permet de discuter de comment sont « fabriquées » les spécifications. C'est à dire les outils pour les gérer, les transformer, etc. Depuis deux mois, l'activité autour de la liste a augmenté. Les discussions qui ont eu lieu au TPAC à Santa-Clara (Californie) ont accéléré le processus. Les participants veulent des spécifications plus lisibles, plus agréables à utiliser. Il y a un aspect cosmétique, mais également un enjeu d'utilité.
Vincent Hardy récolte les besoins pour de meilleures spécifications. Marcos Caceres s'est demandé si on tentait de résoudre le bon problème. La réaction de Marcos m'a rappelé l'exercice de design autour des cartes d'embarquement d'avion.
Aujourd'hui comme j'avais du temps en attendant une visite médicale pendant près de 4h30 (Vive le Québec). J'ai pris les commentaires de Marcos et j'ai réalisé un prototype pour résumer tout le verbiage immense au début de chaque spécification.
Je ne suis pas designer donc c'est loin d'être utilisable. Mais cela donne une idée de ce que l'on pourrait faire à la place de …
Bien sûr, cela ne résoud pas tout, mais peut-être que cela ouvre le chemin.
Montréal, Canada, 20 novembre 2011
La doux-flairante pomme, et l'une et l'autre noix,
La restraignante poire, et le fruict idumois,
La figue jette-laict, la cerise pourpree,
L'olive appetissante, et la prune sucree,
Vont par tout respandant un plaisant renouveau,
Faisant de chaque camp un paradis nouveau.Du Bartas, Guillaume de Salluste, La terre se couvre de fleurs et de fruits
Un protocole de communication comprend trois notions fondamentales
La syntaxe définit comment écrire le protocole. L'écriture peut-être multiple sous la forme de mots, d'ondes, de gestuelles. Il s'agit de la forme. Pour se saluer au Japon ; on incline la tête et parfois le corps, en France, on se serre la main. La forme gestuelle est la syntaxe. En informatique, les caractères autorisés, le vocabulaire définit participe à la syntaxe.
La sémantique définit la signification associée à chaque élément de la syntaxe. Il s'agit du contenu. L'inclinaison du corps signifie que l'on salue son interlocuteur. En informatique, les mots clés ont une signification précise permettant de créer un échange signifiant.
L'agence temporel définit la séquence liant les événements du protocole. Il s'agit dans quel ordre sont traités les éléments et comment ils s'agencent entre eux. Lorsque l'on rencontre une personne au Japon, on incline la tête pour dire bonjour ce qui amènera une réaction similaire de son interlocuteur. Il y a eu une séquence d'événements permettant de communiquer. De même que pour se comprendre, nous parlons généralement chacun après l'autre. En informatique, un protocole définit dans quel ordre les éléments doivent être traités et la pertinence de cet agencement temporel.
Montréal, Canada, 19 novembre 2011
Ce que la photographie reproduit à l'infini n'a lieu qu'une fois. Elle répète mécaniquement ce qui ne pourra jamais plus se répéter existentiellement.
Barthes, Roland, La chambre claire
La naissance de la rue Saint-Viateur
Les Clercs de Saint-Viateur, dont la maison provinciale est située en bordure de cette voie, l'ont baptisée en l'honneur de leur patron. Saint Viateur était lecteur dans l'église de Lyon au cours de la deuxième moitié du IVe siècle.
Cette communauté religieuse est fondée en France, en 1831, par Louis-Marie Querbes (1793-1859), et est appelée au Canada par Mgr Ignace Bourget (1799-1885), dès 1847.
La petite mort de la rue Saint-Viateur. Ce mois-ci, un nouvel établissement commercial, une franchise, a ouvert ses portes.
Des données c’est bien, des données visualisées c’est mieux ! Ci-dessous une très bonne vidéo pour découvrir ce qu’est le journalisme de données et quels sont les challenges liés à leur visualisation:
by Nicolas at December 06, 2011 02:53 PM under Uncategorized
J'ai été contacté pour répondre à une interview pour 20minutes, alors puisqu'on est dans l'ouverture autant publier mes réponses ici :-)
À mon sens, data.gouv.fr n'est pas destiné au grand public, il faut considérer chaque jeu de données libéré comme une fleur : les réutilisateurs de ces données brutes (dévelopeurs, hackers citoyens) vont pouvoir venir butiner les données qui leur semblent intéressantes, les croiser, en tirer le meilleur pour ensuite proposer des usages innovants aux utilisateurs finaux.
Data.gouv.fr est avant tout un catalogue fédérateur qui permet de regrouper les données issues des différentes instances de l'État, c'est une aide pour les potentiels réutilisateurs. On aurait pu s'attendre à un effort d'interopérabilité en ce sens grâce à l'usage de formats ouverts mais ça n'est pour l'instant pas le cas, peut-être lors d'une prochaine itération ?
Je l'espère ! La transparence des information est l'un des piliers de la démocratie qui est plutôt mal en point en ce moment. L'initiative OpenData propose un tournant aussi important pour le citoyen que l'a été le Web 2.0 pour l'internaute : devenir acteur de sa cité, de sa nation alors qu'il se trouvait jusqu'alors dans un rôlé passif de consommation de la démocratie, un rôle de simple électeur, ce qui nous a mené à la situation actuelle d'incurie de l'État.
Cette ouverture des données va avoir un impact non négligeable sur les prochaines élections et on peut d'ailleurs noter par un pur hasard du calendrier que cette libération intervient à quelques mois d'une présidentielle… forçant le prochain quinquennat à poursuivre la démarche.
Il y a 2 problèmes majeurs sur les données libérées par data.gouv.fr : la problématique des formats propriétaires employés qui freinent leur réutilisation et la qualité des données. Par qualité des données, j'entends à la fois la pertinence des informations mais également les liens qui peuvent être réalisés pour croiser ces informations. Les informations brutes n'ont qu'un intérêt très limité, c'est leur croisement qui permet de les valoriser. Si ces liens ne sont pas standardisés c'est chaque réutilisateur qui va devoir s'en charger et c'est extrêmement fastidieux.
C'était jusqu'à présent un problème de poule et d'œuf : peu d'outils de visualisation étaient disponibles (malgré les initiatives locales et internationales) car on manquait de données. Gageons que l'écosystème des données ouvertes français va mutualiser ses efforts dans un pur esprit de coopétition pour faciliter l'accès et la visualisation de ces données.
Interview sur data.gouv.fr
a été rédigé par David Larlet pour
biologeek.com et a été originellement
posté le 06 décembre 2011. À part exceptions, c'est
©2004-2012 David Larlet et sous licence (presque) libre autorisant
la reproduction, la distribution et la modification sous certaines conditions.
Veuillez les respecter.
J’essaie le plus que je peux de respecter le temps de parole. Que ce soit au cours d’une réunion ou lors d’une conférence, ma première préoccupation est toujours de connaître le temps de parole dont je dispose. Et je n’aime pas déborder, j’éprouve même de la satisfaction à finir de parler à la minute près.
D’où cela me vient-il ? De cette professeur de mathématique au collège qui continuait son cours alors que la sonnerie de la récrée avait retenti ? Combien de récréations — moment sacré — ont ainsi été sacrifiées par ce débordement ? J’enrageais, et j’ai encore la sensation que ces minutes volées sont irrémédiablement perdues ; leur perte n’arrive pas à se diluer avec le temps.
Dès que le temps vient à me manquer, je repense à ces minutes subtilisées comme si elles pouvait être récupérées d’une défausse de cartes pour être remises sur le tapis du jeu. Un joker de derrière les fagots qui m’aurait été si injustement ravi il y a longtemps, une veille histoire de dette.
Le respect du temps de parole, c’est toujours une forme de contrat avec un auditoire ou un public :
« bon ou mauvais, mon discours durera tant de temps ».
C’est aussi ce que j’apprécie dans le cinéma : on connaît toujours la durée de l’oeuvre et, même s’il peut paraître très long, un film ne déborde jamais.
*
Lors d’une conférence, celui qui va déborder se manifeste souvent en commençant par demander combien de temps lui reste-t-il, alors qu’il ne lui reste plus que 5 minutes. Son regard devient hagard en comprenant qu’il n’aura pas fini de dire tout ce qu’il avait prévu de dire, puis déclare qu’il « va accélérer », c’est le moment où la salle frémit d’un rire jaune.
C’est parfois le signal que la torture va commencer pour l’auditoire. Au rythme des tambours battants la parole quitte le plan du signifiant pour se faire prosodie puis musique. Avec un peu de chance, la mélodie n’est pas désagréable, mais ce n’est plus le moment, c’est trop tard.
L’auditoire connaît bien le coupable : c’est ce maudit papier, ces notes que lit l’intervenant et qu’il feuillette nerveusement en comptant les pages qu’il lui reste avant d’en finir dé-fi-ni-ti-ve-ment. La lecture a pris possession du corps de l’intervenant comme ces juifs et musulmans en prière qui balancent leur corps.
S’il y a un animateur de séance, c’est le moment où il ne tient plus sur sa chaise et où son regard scrute le public dans l’espoir qu’il lui donne la force et l’autorité suffisante pour intercéder auprès du palabreur.
Enfin, lorsqu’il franchit la ligne d’arrivée de son discours, il relève alors la tête et regarde son auditoire, heureux d’être de retour et satisfait de ce qui lui semble être un exploit.
Être attentif au temps qui passe pendant que l’on parle soi-même c’est aussi une forme d’assurance. Bien sûr, on ne peut pas regarder en permanence sa montre car on ne pourrait plus rien dire tel le lapin blanc à la montre gousset d’Alice.
Parfois je me dis qu’il faut parler comme on nage, en alternant entre l’apnée et l’air libre. A chaque fois que l’on émerge pour respirer on en profite pour jeter un oeil à l’horloge évaluer la distorsion temporelle que notre propos nous procure à nous-même. Il faut pressentir dans les variations de l’épaisseur du temps l’intensité de son propre propos. Le temps passe-t-il vite ? Alors il est urgent de ralentir et surtout de ne pas accélérer, ce que l’on fait presque instinctivement .
Être vigilant à la relation entre le temps mesuré et le temps perçu pendant le temps de sa propre parole est un véritablement renversement dans l’attitude naturelle. Il y a une mise en tension entre deux formes de conscience du vécu, comme un dédoublement de personnalité maintenu consciemment en tension durant le temps que dure la prise de parole.
Avoir un rapport au temps qui passe est aussi une forme d’attachement au réel ; c’est ne pas trop se laisser envoûter par son propre discours ; ne pas se complaire en se gargarisant de la satisfaction d’être écouté. C’est que, à vouloir parler aux autres, on finit par ne parler qu’à soi même, à soliloquer.
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Alors que j'étais en train de préparer une nouvelle formation, je suis retombé sur différents diaporamas que j'avais constitués à l'époque où je travaillais sur la pérennisation de l'information numérique. Comme je n'en aurai plus vraiment l'utilité, je me suis dit qu'il pourrait être intéressant de les partager, plutôt que les laisser dans un recoin de mon disque dur. Last but not least, cela me permettait d'alimenter ce blog, largement en déshérence ces derniers temps...
Ce diaporama est le résultat de la fusion d'une formation que j'avais mise au point pour présenter les enjeux de la pérennisation de l'information numérique à mes collègues d'Atos Origin, lorsque je travaillais sur le projet SPAR de la BnF et d'une présentation de ces problématiques à destination de décideurs. Vous reconnaîtrez peut-être certaines diapos de Manue, en particulier la fameuse disquette.
Placé sous licence CC-BY, ce diaporama est à votre disposition. N'hésitez pas, c'est fait pour ça.
Mais pourquoi donc retrouve-t-on une femme aux seins dévoilés au milieu de cette scène de bataille que peint Delacroix avec sa “Liberté guidant le peuple” ?
On pourrait dire, presque pour l’excuser, qu’elle a d’autres chats à fouetter en ce moment où elle guide le peuple sur les barricades. On pourrait également également dire que ce n’est pas la liberté qui guide le peuple mais la beauté de ses seins qui conduit le troupeau. On pourrait enfin dire que ce dévoilement n’est là que pour attirer l’attention de celui qui regarde le tableau, etc.
Toujours est-il que cette figure de la femme aux seins dévoilés au milieu d’une foule est un symbole fort. Pas une manifestation, de woodstock à la dernière manifestation des étudiants, sans que les photographes ne soient à l’affût de la jeune femme au dessus de la mêlée avec un sein à l’air.
D’où cela vient-il ?
Il y a peut-être un début de réponse dans le XII° des Petits traités de Pascal Quignard.
En 90, Tacite, qui était lors légat en Germanie et découvrait les coutumes locales, notamment les pratiques guerrières, nota la chose suivante :
“ On raconte que les lignes de bataille qui pliaient déjà et qui perdaient pied furent rétablies par des femmes : elles priaient les combattants en dénudant leurs seins et en signifiant la captivité toute proche.” Petits Traités I, ed. Folio, p. 222
Voilà donc le fin mot de cette mise en scène qui nous proviendrait des pratiques guerrières germaniques ; les femmes, en dévoilant leurs mamelles (objectus pectorum, précise Quignard), montraient aux hommes dont le courage chancelait tout ce qu’ils allaient perdre.
Une variante plus ancienne existe et elle est raportée par Trogue Pompée à propos de la guerre des Mèdes d’Astyage contre les Perses de Cyrus au moment où les Perses commençaient à céder :
Signaler sur Twitter“Les mères et les femmes des perses accourent à eux ; elles les prient de retourner au combat. Les voyants hésiter, elles rebroussent leurs robes, tendent vers eux leurs parties obscènes en leur demandant s’ils veulent se réfugier dans l’utérus de leur mères ou de leurs épouses”. ibid. P. 226
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Montréal, Canada, 19 novembre 2011
J'ai ouvert la lettre. Elle contenait des réclames découpées et classées avec soin à l'aide de numéros au crayon.
Camus, Albert, Carnets, Mai 1935 – février 1942
Lors de la création d'un texte, il arrive parfois que nous le rédigions à plusieurs personnes. Un rapport, un texte collaboratif, une spécification sont des cas de textes rédigés avec plusieurs auteurs. Lorsque le texte a été rédigé, et qu'on désire l'envoyer à d'autres personnes, il y a généralement un seul expéditeur, que ce soit la personne mettant dans la boite aux lettres physique ou bien celle appuyant sur le bouton envoi de son application.
Cette semaine, j'ai reçu un spam un peu particulier. Dans mon application de mail, le champs expéditeur montrait deux adresses de courriers électroniques. Quel pouvait être ce bug ? Je regarde le code source du courrier et en effet, il y a deux adresses.
From: <arthur@example.net>, <paul@example.net>
J'ai changé les adresses pour ce billet.
Étrange. Je vais à la source, la spécification. La dernière version de la spécification qui définit le format des courriers électroniques prend en compte la différence entre auteurs et expéditeur.
The originator fields of a message consist of the from field, the sender field (when applicable), and optionally the reply-to field. The from field consists of the field name "From" and a comma-separated list of one or more mailbox specifications. If the from field contains more than one mailbox specification in the mailbox-list, then the sender field, containing the field name "Sender" and a single mailbox specification, MUST appear in the message. In either case, an optional reply-to field MAY also be included, which contains the field name "Reply-To" and a comma-separated list of one or more addresses.
from = "From:" mailbox-list CRLF
sender = "Sender:" mailbox CRLF
reply-to = "Reply-To:" address-list CRLF
The originator fields indicate the mailbox(es) of the source of the message. The "From:" field specifies the author(s) of the message, that is, the mailbox(es) of the person(s) or system(s) responsible for the writing of the message. The "Sender:" field specifies the mailbox of the agent responsible for the actual transmission of the message. For example, if a secretary were to send a message for another person, the mailbox of the secretary would appear in the "Sender:" field and the mailbox of the actual author would appear in the "From:" field. If the originator of the message can be indicated by a single mailbox and the author and transmitter are identical, the "Sender:" field SHOULD NOT be used. Otherwise, both fields SHOULD appear.
RFC5322, Internet Message Format, 3.6.2. Originator Fields
À retenir donc
From: représente les auteurs du texte.Sender: représente l'expéditeur du texte.Il y a de nombreuses circonstances où cela s'applique. Le format peut-être appliqué à des cas plus larges que celui du courrier électronique.
Copies d'écran à différentes tailles
En cours… première itération.
À la saint-glinglin
Je ne commence jamais mes changements de design par la page d'accueil, car c'est une information secondaire. Ce qui est important, c'est la structure de l'information sur les pages individuelles. C'est là que les gens passent du temps.
Je suis un des auteurs du livre sur les Réseaux Sociaux qui sort aux Editions FYP, sous la direction de Bernard Stiegler, et dont voici la présentation de l’éditeur :
Signaler sur TwitterLa dissémination des technologies numériques dans toutes les couches sociales de tous les pays industrialisés transforme inexorablement les relations entre les individus, les groupes, les générations et les nations. La croissance spectaculaire des réseaux sociaux affecte tous les milieux et vient transformer les règles du jeu socio-économique dans son ensemble, notamment à travers les jeunes générations.
Or – en première analyse – ces nouveaux réseaux peuvent sembler des réseaux non sociaux, voire même antisociaux. Ils sont en effet généralement coupés de ce qui caractérisait jusqu’alors le social : lié à un territoire, à une langue, à un héritage (religieux, politique ou culturel au sens le plus large), légué par des générations d’ascendants, comme un sol commun.
Cet ouvrage explore toutes les profondes transformations que génèrent les réseaux sociaux. Il démontre que l’un des grands enjeux de demain est de créer les conditions – technologiques aussi bien qu’économiques et sociales – de constitution de ces nouveaux réseaux de relations sociales, portés par le numérique. Il propose une analyse approfondie des conditions sociologiques et psychologiques qui président à la constitution de ces réseaux sociaux, ainsi qu’un état de l’art international des technologies et des stratégies industrielles déjà mises en oeuvre ou à venir, leurs conséquences économiques et organisationnelles, les enjeux politiques et les menaces que cela peut constituer. Il explique de manière claire et accessible à tous, comment et pourquoi les choix économiques, politiques, d’investissements et de régulations, de recherche et de développement (R&D), de design, de management, de marketing ou de distribution – seront dans une très large mesure conditionnés par les choix et les processus qui se produiront dans les réseaux sociaux, tant pour les individus que pour les entreprises et organisations, et dans tous les domaines de la vie. Il propose toutes les clés et les règles pour créer et développer les réseaux sociaux du Web 3.0 et également les conditions économiques et éthiques d’administration de ces nouveaux milieux, c’est-à-dire les questions de la gestion, du contrôle, de la transparence et de l’e-démocratie.
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Dès que l’on touche aux questions d’innovation ou de changement dans une organisation, vous ne pouvez pas ne pas remarquer les blocages et les incohérences des individus de cette organisation (parfois de votre propre organisation).
Ce qui vous saute au visage et qui vous semble évident peut sembler faire l’objet d’un déni aussi bien individuel que collectif, et vous en venez à vous demander s’ils ne sont pas tous fous.
Dans cet extrait de 2 min, tiré du cours de philosophie du 15 novembre 2011 de Stiegler, l’explicitation de ce que les psychanalystes appellent la rationalisation devrait éclairer bon nombre de personnes qui travaillent dans les pratiques de gestion du changement et d’innovation, ce qui nous changera des sempiternels « training & communication » des programmes de « Change Management« .
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Montréal, Canada, 25 novembre 2011
La seule liberté digne de ce nom est celle de travailler à notre propre bien de la manière qui nous est propre, pour autant que nous ne cherchions pas à en priver les autres ou à leur faire obstacle dans leurs efforts pour l’obtenir.
Stuart Mill, John, De la liberté
Il y a quelques semaines, j'ai changé la licence du site Web afin de la rendre plus permissive la réutilisation des textes et des images de La Grange. Cette réflexion avait démarré suite à la participation du Salon CreativeCommons à Montréal organisé par Céline. Olivier en bon artisan Web était passé à l'action bien avant moi. Le point de basculement pour moi fût le bookcamp de Montréal où Jean-François Gayrard (Numeriklivres) exprimait sa frustration face à mon refus de publier un livre numérique dans sa maison d'édition à propos du piratage, du droit, etc. Ma réponse a toujours été la même que ce soit à François Bon (Publie.net) :
Je n'ai pas besoin de publier un « livre » le Web me suffit.
À ce bookcamp, j'ai donc décidé de passer à une licence plus permissive afin de prolonger ma démarche qui est que tout texte est le début d'une écriture. Avec la licence CC-BY, je rends toute personne libre de pouvoir réutiliser les textes, les transformer, les poursuivre, etc. Cela panique beaucoup de gens semble-t-il.
François Bon et Jean-François Gayrard se sont donc lancés un défi mutuel d'éditeurs. Sans se concerter, ils travailleront à une édition personnelle des textes de La Grange, qu'ils décideront de publier en simultané dans leurs deux maisons d'éditions dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 2011. La seule contrainte que j'ai donnée au départ de ce travail et par respect pour les individus autour de moi est de me demander l'autorisation pour toutes photographies qui représenteraient des personnes.
J'ai dû me battre un peu aussi car François Bon voulait me coller un contrat d'auteurs pour me payer alors que la licence CC-BY est déjà un contrat. Je ne veux pas être payé pour ces œuvres qui sont entièrement le travail de création de Francois et Jean-François.
Je suis resté silencieux pour le reste du temps. Je ne suis pas intervenu. Je n'ai ni commenté sur twitter, ni sur leurs carnets respectifs à propos du travail. J'ai répondu à des demandes précises et factuelles par courrier quand ils m'ont demandé quelque chose. C'est tout.
Ils ont publié aujourd'hui les deux ouvrages avec des lignes éditoriales bien différentes. Il doit y avoir que deux ou trois textes en commun alors qu'ils ont fait leur sélection sans savoir ce que l'autre allait choisir. J'ai découvert les ouvrages en même temps que tout le monde. Je n'ai pas encore eu le temps de tout lire. Je trouve l'histoire passionnante car elle définit le travail de l'éditeur. Mon texte n'a que peu d'importance, l'écriture qu'ils ont fait de cet amas de mots est la valeur.
… Maintenant il va falloir gérer cela.
En février j’avais partagé avec vous un schéma simplifié de notre architecture de production. Cette dernière a un peu évoluée au cours des 6 derniers mois, voici ce que ça donne aujourd’hui (cliquez pour agrandir):
Les nouveautés principales sont:
Au delà des réseaux CDNs, Pearltrees exploite aujourd’hui des machines ou des VMs aux US (Virginie, Palo-Alto), au Canada, en Ireland et en France.
by Nicolas at December 01, 2011 09:32 AM under Uncategorized
Montréal, Canada, 26 novembre 2011
Ce que je cherche à cerner, ce n'est pas un bon vieux temps de barques lentes et de canoës filant plus vite devant des prolétaires sceptiques aux jeunes filles d'Origny, nous devons le répéter et comprendre que parfois, à ce qui ne revient pas, s'ajoute la disparition pure et simple des conditions d'apparition de toute trace.
Bailly, Jean-Christophe, Le dépaysement
Le texte original, Inland Voyage, de Robert Louis Stevenson ne concorde pas avec la réalité vécue par Jean-Christophe Bailly. Ce qui a été ne semble jamais avoir existé. Dans ce cas-ci, le travail humain a tant modifié un état du passé qu'il ne ressemble en rien à ce qu'il a pu être. Et je me garde de définir « état original » qui est l'erreur commune lorsque que nous étudions le patrimoine et les cultures. L'état original de quoi ? Du palais des congrès de Rouen construit en 1976, ou bien de la société d'assurances La Mutuelle Vie (1895) ou des maisons à pans de bois qui précédaient ? La démolition du palais des congrès est en cours et donnera une nouvelle ancre à l'histoire de ce lieu.
Il y a également les transformations qui s'établissent par l'oubli de l'humain. Angkor Wat est un des lieux mythiques où la végétation a pris peu à peu le pas sur l'architecture locale sans pourtant avoir le temps de l'effacer complètement. Avec un phénomène intéressant où la reproduction fictive de Angkor Wat dépasse la présence physique du lieu. Nous ne découvrons que rarement les lieux connus, nous validons une image déjà absorbée. Se rendre sur place n'est alors pas la concrétisation d'une imagination mais bien plutôt la possibilité d'effacer les traces d'une surabondance picturale. Nous irons oublier bientôt.
Facade d'Angkor Wat, par Henri Mouhot, 1855
Une autre transformation des lieux est créée par l'interdiction de parcourir un lieu donné. Dans Les limites de la préservation, Geoff Manaugh nous présente le travail du photographe Brett Van Ort qui s'intéresse aux espaces abandonnés pour cause de mine. Que deviennent les espaces une fois abandonnés par l'humain ? Ce thème est également traité dans le livre The World Without Us. Les mines ont fait leur office en rendant l'endroit inaccessible aux humains. Ironie.
Minescape, par Brett Van Ort, 2009
La manufacture de notre environnement s'oublie rapidement. D'autres réalités se construisent par la reproduction mécanique. L'espace est en écriture perpétuelle. Il n'est pas figé. Et si je m'aventure souvent sur le territoire de la littérature, c'est bien qu'il vît de ces traces. Les livres enluminés difficiles à reproduire ont disparu en grandes quantité. Un maigre héritage existe encore à notre siècle. Certains, même, ont-ils vraiment existé ? On en trouve que la référence de leur existence dans d'autres textes. Fictions ?
L'impression mécanique des textes sur papier dans des livres a rendu extrêmement robuste la littérature et le passage de l'information. Mais ce n'est pas tant le fait de l'objet unique (tout aussi fragile) que la reproduction en grand nombre d'une pièce unique. Avec cette possibilité de reproduction mécanique en grand nombre est venu aussi le copyright afin de protéger les investissements coûteux des débuts de l'imprimerie. Cela vraiment ne fait plus de sens. Les textes sous forme numérique sont perçus souvent comme fragile. La raison en est très simple. Le droit de copie et les DRMs contrôlés par des organismes centraux rendent ces œuvres fragiles en leur donnant de nouveau le statut du livre enluminé. Libérons la copie et soudainement les œuvres deviennent beaucoup plus robustes.
Montréal, Canada, 26 novembre 2011
Montréal, Canada, 27 novembre 2011
On y pense, et ce sont ces plis dont je parlais : l'Histoire, ses remous.
Bailly, Jean-Christophe, Le dépaysement
SudWeb édition 2012 approche. Il a été annoncé à Paris Web 2011 que cette édition se déroulerait à Toulouse. La première édition était déjà très bien. Je suis toujours très admiratif de ces personnes qui se démènent et efface tous les problèmes qui surgissent aux orateurs et participants. La notion du don pour SudWeb et Paris Web prend un sens riche d'humanité. J'avais présenté une courte présentation sur le Web mobile.
Deux questions :
J'ai quelques idées comme celles de l'architecture Web et la gestion de la mémoire, des URIs, etc. Le site SudWeb est un bon exemple en ce moment du manque de préparation à construire une ruine.
Bien sûr je peux parler d'autre chose. Par exemple, je participe au groupe de travail Tracking Protection en charge de décrire le sens de DNT:1. Qu'aimeriez-vous entendre ? Ensuite les organisateurs feront leur sélection.
Montréal, Canada, 22 novembre 2011
Mais entre l'eau et les cavernes, la complicité est plus grande encore, car le monde souterrain où les hommes s'enfonçaient pour peindre, aidés seulement par quelques petites lampes à graisse, est un monde de ruissellements, un silence sonore tout imprégné d'humidité.
Bailly, Jean-Christophe, Le dépaysement
Aaron a créé un logiciel qui émule flickr localement. Il y ajoute quelques options qui lui sont propres comme cette visualisation sous forme d'index des photographies.
Aaron, Flickr Parallel
Martin a réalisé une visualisation de l'activité des utilisateurs de last.fm
Montréal, Canada, 19 novembre 2011
il est clair que les peintres n'alignaient sur les parois ni un tableau de chasse ni une simple prouesse mimétique et chacun devine que les motivations de ce qui, pour nous, fonctionne comme une origine de l'art, excèdent infiniment cette sphère où elles n'ont même que très peu à faire, qu'elle que soit la beauté parfois éclatante de ce qu'elles ont produit.
Bailly, Jean-Christophe, Le dépaysement
Je suis en cours de réflexion pour écrire une série d'articles à propos de HTTP, mais vraiment en tentant d'être le plus accessible possible. Le danger de toutes métaphores est de contraindre l'imagination dans une seule avenue. Je n'ai malheureusement pas de Petit Prince pour me dire que mon HTTP est tout fripé. Alors je tente pas à pas de définir quelque chose.
Si vous avez des idées, n'hésitez pas à les partager.
Cela me permettra de mieux comprendre comment vous envisagez HTTP ?
Montréal, Canada, 19 novembre 2011
… mais il me semble qu'à peu près partout dans le monde, et qu'elle qu'ait pu être la puissance d'effacement du temps, rien de ce qui a été ne s'évapore intégralement et qu'il y a, pour les signes et les traces, un équivalent de ce que pour les graines et les semences les agronomes appellent la dormance — autrement dit une capacité d'éveil ou de réveil qui se maintient en traversant le temps.
Bailly, Jean-Christophe, Le dépaysement
Le billet d'hier sur la perception des distances et des dates m'a accompagné un peu plus. Nous datons ce qui nous entoure. Ce billet est daté du 25 novembre 2011, mise à jour du 28 novembre 2011, d'une idée sur une page de mon carnet papier du 23 novembre 2011. Un événement est un concept bien étrange. Je regarde mes photographies numériques. Les données EXIF contiennent trois dates identiques.
DateTime="2011:11:25 16:01:44" DateTimeOriginal="2011:11:25 16:01:44" DateTimeDigitized="2011:11:25 16:01:44"
Je prends mon carnet et reprend la liste.
Quelles sont les dates pertinentes ?
De même lorsque nous publions en ligne, quelles sont les dates pertinentes ?
Et lorsque je mets à jour, une image dans le corps du texte, est-ce un changement de date du billet ?
Pourquoi toutes ces questions ? Lorsque l'on conçoit un système qui affiche la date pour les lecteurs, que doit-on afficher ? Et surtout comment concevoir le système afin qu'il retienne les dates pertinentes pour la compréhension du document ainsi que pour les invalidations du cache HTTP.
Montréal, Canada, 19 novembre 2011
Non, le pont, qui a donc près de deux mille ans aujourd'hui, a l'air vieux, et c'est justement parce qu'il fait son âge qu'il est si extraordinaire. Étonnante et horripilante manie qui consiste à croire qu'il ne faut pas que les œuvres ou les signes soient datés et que seuls ceux qui parviendraient à une sorte d'intemporalité seraient pleinement signifiants.
Bailly, Jean-Christophe, Le dépaysement
Édouard Baldus, ~1850
Tout ce qui dépasse notre échelle de temps, les quelques 80 années que nous avons à vivre dans nos pays occidentaux, est difficile à appréhender. Dans ce texte de Jean-Christophe Bailly, il est question du pont du Gard, vieux de 2000 ans. Dans l'espace, nous parcourons plusieurs fois des distances importantes. Nous nous y habituons. Nous prenons conscience de l'effort nécessaire. Aller au coin de la rue, au bout du champ fait partie de notre espace visuel. Pour certains traverser une ville à pied tient de l'impossible. J'ai plusieurs fois rencontré l'incompréhension lors de mes traversées de Tokyo. La distance n'ayant jamais été parcourue, elle ne semble pas acceptable. Et pourtant, il ne faut que quelques heures pour traverser Tokyo d'est en ouest… sans se presser.
De même, nous avons une assez bonne notion d'une heure, d'une journée. Ce sont des événements suffisamment fréquents pour nous donner une conscience de ce qu'elle contienne. Mais dès que cette durée s'approche de celle de nos vies, la notion du temps s'échappe. Elle est vertigineuse. Il n'y a pas de possibilité de parcourir le chemin une fois de plus afin de pouvoir évaluer l'échelle.
Alors 2000 ans… nous repoussons cela à une forme d'immortalité car cette durée est bien sûr totalement étrangère à notre quotidien. C'est d'autant plus marquant que dans l'enregistrement continue de notre histoire, il y a de nombreux trous. Quelques maigres textes nous permettent de comprendre les conquêtes de César… et puis beaucoup d'oubli.
Montréal, Canada, 23 novembre 2011
Ce qu’il y a de plus cruel encore, c’est que tous les progrès de l’espèce humaine l’éloignant sans cesse de son état primitif, plus nous accumulons de nouvelles connaissances, et plus nous nous ôtons les moyens d’acquérir la plus importante de toutes, et que c’est en un sens à force d’étudier l’homme que nous nous sommes mis hors d’état de le connaître.
Rousseau, Jean-Jacques, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes
Premiers flocons… l'hiver.
Je griffonne toujours autour de HTTP afin de trouver les bonnes explications. Encore des flocons de technologie. Donc j'ai écrit un premier brouillon d'un article pour permettre aux développeurs de comprendre les éléments essentiels. Définir l'audience n'est jamais facile.
Montréal, Canada, 22 novembre 2011
Enquêtes, enquêtes,
Seront l'unique fête !
Qui m'en défie ?
J'entasse sur mon lit, les journaux linge sale,
Dessins de mode, photographies quelconques,
Toute la capitale,
Matrice sociale.Laforgue, Jules, Simple agonie
Sur le pont de la station Rosemont à l'avenue Van Horne, il y a un long poème écrit sur la rembarde en métal. Il faudra que je prenne un jour le temps de le noter.
Le poème s'arrête. Quelque part au milieu du pont. Je n'avais pas de feutre en main. J'aurais pu le poursuivre, le continuer. Pas de copyright sur ce pont, juste une invitation à la réverie au dessus du Mile-End.
Montréal, Canada, 22 novembre 2011
Montréal, Canada, 19 novembre 2011
Nous sommes des étudiant(e)s, des travailleur(se)s, des chômeur(se)s, des familles, des jeunes, des retraité(e)s, des employé(e)s des services publics, des avocat(e)s, des infirmier(e)s, des grands-parents, des gardes de sécurité, des employé(e)s de la construction, des gens de toutes nationalités, nous sommes les enseignant(e)s de vos enfants, des athées, des chrétien(ne)s, des musulman(ne)s, des bouddhistes, des jedis et des artistes.
99%, Occupons Montréal
Il n'y a que peu de place pour les rêves. Où peut-être avons-nous trop rêvé, vécu nos illusions de réussite collective. Et le réveil est douloureux. Entre ceux qui prennent de plein fouet la crise et ceux qui dans leur tour dorée ont très peur qu'elle s'écroule.
La place Victoria est un petit coin normalement asseptisé, et en ce moment couvert de tentes. Elle est encadrée par la bourse de Montréal, Québecor, la double tour Banque Nationale et Bell, et le centre du commerce mondial de Montréal. Dans chacun de ses lieux, des gardes aux alertes. La bourse, les télécommunications, les medias, les systèmes financiers, le peuple vient s'exprimer au cœur de l'Olympe. La police encadrant le tout afin de donner à la toile complète son sens le plus tragique.
Le mouvement des 99% ne décolle pas encore. Ils ne sont que 0.0001% de ces 99% à s'exprimer et lutter. La masse n'est pas encore suffisament touchée, et nous regardons tous vers le haut. Le vertige est un sentiment troublant qui entraîne la chute.
Montréal, Canada, 19 novembre 2011
Montréal, Canada, 19 novembre 2011
2011-11-26 : Les indignés ont été expulsés. Les puissants ont peur.

Dans un long billet Mike Butcher invite les “blogueurs européens” à écrire en anglais. L’idée est de donner plus de visibilité à la “scène européenne” en écrivant dans une langue commune.
Pas d’accord.
Tout d’abord il n’y a pas de “scène européenne” pour les médias couvrant les startups. L’audience de ces sites est locale et préfère un contenu dans sa langue natale. Il n’y a pas (peu) de lectorat européen prêt à consommer de l’information dans une autre langue (même l’anglais). Il faudrait faire un sondage, mais je pense que très peu de lecteur de TechCrunch France lisent également TechCrunch US. Alors pour qu’ils se mettent à lire l’actualité de la scène web polonaise… Mike tu fumes trop. Il y a peut être une scène européenne pour les VCs qui cherchent à investir localement, mais en matière d’information cela fait bien longtemps qu’il n’y a plus de frontières.
Créer une blogosphère tech européenne n’a aucun sens. Il y a des blogues à dimension française, allemande, espagnol qui traitent de sujet et de problématiques locales. Et il y a des blogues à dimension international qui touchent une audience mondiale. Au contraire de ce que dit Mike, il n’y a pas d’opportunité pour les startups à avoir une scène européenne. Si vous avez des ambitions et un produit à vocation international, vous allez directement voir les plus gros médias spécialisés, peu importe où ils se trouvent.
Je vous invite à lire le commentaire Robert Scoble à ce sujet :
I’m looking for local companies that are preparing to become global brands. That means two things:
1. That you are going to figure out how to get the PR machine in San Francisco to cover you.
2. That you are going to make a deal with a San Francisco-area company (like Apple, Facebook, Google, etc).
3. That you are going to take funding from a San Francisco-area venture firm.
4. That you are going to visit Techcrunch’s San Francisco office.If you think you are going to scoop Techcrunch in this game you’re just wrong. The Amen example proves why.
How did Twitter happen? How did Facebook happen? How did Instagram happen?
It was the San Francisco-based machine that made those happen. That pisses people off around the world that believe they should be able to build global brands, but that’s simply not how it happens.
Bref. Je serais curieux d’avoir les retours de FrenchWeb sur leur version anglaise ou le trafic du tout récent RudeBaguette.
by Nicolas at November 23, 2011 09:18 AM under Uncategorized
Montréal, Canada, 20 novembre 2011
La tour,
Elle grandit, sur l'horizon qui bouge ;
Elle est volante en lueurs rouges,
Par au-dessus des lacs et des marais ;
Ses ardoises, comme des ailes
De paillettes et d'étincelles,
Fuient, dans la nuit, vers les forêts
Au passage des feux, les chaumières s'exhument
De l'ombre et, tout à coup, s'allument
Et, dans l'effondrement du faîte entier, la croix
Choit au brasier, qui tord et broie
Ses bras chrétiens, comme une proie.Verhaeren, Émile, Le sonneur
Les piliers tiennent encore malgré la situation générale. Le crash… oui mais à quel moment, et avec quelles conséquences… Pour l'instant les symboles s'effondrent. Mais après…
Montréal, Canada, 19 novembre 2011
Quel calme nocturne, quel calme
nous pénètre du ciel.
On dirait qu'il refait dans la palme
de vos mains le dessin essentiel.La petite cascade chante
pour cacher sa nymphe émue…
On sent la présence absente
que l'espace a bue.Rilke, Raïner Maria, Quel calme nocturne…
La préparation du voyage prochain pour la partie Thaïlande-Cambodge.
Un sac ne contenant que 3 jours de changes. Prototype réussi pour l'instant avec de la place pour des éléments supplémentaires à trouver sur place. Bien sûr, ce n'est pas la première fois et souvent dans des conditions encore plus minimalistes.