Planète Web Sémantique

August 10, 2020

Karl Dubost

conditionnement

futon Tsujido, Japon, 10 août 2020

Son rêve serait évidemment de devenir semblable à ses dieux — les machines — ou, mieux encore de leur appartenir au point de leur devenir en quelques sorte totalement et absolument consubstanciel. Son rêve serait qu'il soit lui et eux « des vivants qui vivent d'une même vie. »
— L'Obsolescence de l'homme - Günther Anders, urn:isbn:978-2-910386-14-6

L'essai de Günther Anders a été publié en 1956. Il est pourtant suffisament générique pour que les outils d'alors soient convertibles en outils algorithmiques d'aujourd'hui. L'intelligence artificielle et ses processus de « machine learning » suintent à travers les lignes. L'homme qui a honte de lui même car les processus semblent aujourd'hui statistiquement dépassés l'imperfection de notre humanité. Nous sommes éduqués, conditionnés à devenir des machines productives, autrefois le textile, maintenant l'extraction des données personnelles. L'ensemble de la communauté humaine endoctrinée alors nous impose un mode de pensée où l'interrogation n'a plus sa place car elle dévie d'un modèle qui est érigé en évidence. Un exemple courant est la publicité sur les organes de presse ou les réseaux sociaux. Quand le système est finalement questionné. Il est questionné de manière à rendre la « publicité plus éthique. » Et c'est dans ce prémice absurde que délibère les acteurs sans se poser la question même de son adéquation.

sur le bord du chemin

  • Les cocons et chrysalides, l'occasion d'un parallèle entre la quarantaine et la chrysalide. En passant, Cocon pour les papillons de nuit, chrysalide pour les papillons de jour. (merci David
    It turns out that the inside of a cocoon is — at least by outside-of-a-cocoon standards — pretty bleak. Terrible things happen in there: a campaign of grisly desolation that would put most horror movies to shame. What a caterpillar is doing, in its self--imposed quarantine, is basically digesting itself. It is using enzymes to reduce its body to goo, turning itself into a soup of ex-caterpillar — a nearly formless sludge oozing around a couple of leftover essential organs (tracheal tubes, gut).
  • TIL : @pytest.fixture pour définir ses propres fonctions répétitives dans un ensemble de tests.
  • écrire des cartes postales

August 10, 2020 02:59 PM

August 09, 2020

Karl Dubost

persil

chenille Tsujido, Japon, 7 août 2020

ce n'est plus l'homme en tant qu'instrument parmi les instruments, mais l'homme en tant qu'instrument pour les instruments ; l'homme en tant qu'éléments d'une machinerie déjà construite ou d'un projet technique déjà arrêté. C'est de ce point de vue qu'il le dit « faulty » — ce qui signifie donc « mal adapté », « inadéquat », qui n'a pas été fait sur mesure.
— L'Obsolescence de l'homme - Günther Anders, urn:isbn:978-2-910386-14-6

Le 5 août dernier, dans les plants de persil, il découvre une chenille en cours de régal. Nous devisons. Changer la chenille de place pour conserver le persil ou bien l'observer pendant la journée en la mettant dans une boîte. Nous choisissons la boîte en organisant un environnement accueillant. Je cherche sur internet comment s'occuper d'une chenille et nous voilà parti pour une nouvelle aventure. Nous mettons des feuilles fraîches de plantes sauvages du jardin, elle reste sur un morceau de bois et ne veut rien manger.

Nous envisageons déjà de la remettre en pâture dans les herbages et de lui laisser la chance de l'ombre et la menace des oiseaux. Et puis nous essayons un brin de persil. Ni une, ni deux, elle dévore le persil sans satiété. Dans le silence, nous pouvons entendre le déchiquetage à la force de ses mandibules. Gardons là encore un peu cette chenille coquinne, qui nous invite finalement volontairement à sacrifier notre persil sur l'autel de l'observation scientifique. « Persil » (パセリ) sera son nom, après « baguette » les aventures continuent.

Mais voilà depuis hier matin, elle ne bougeait plus, presque en position fœtale accrochée à une branche. Est-elle morte d'une overdose de persil ? Ce matin, le réveil engourdi de la nuit, l'œil embrûmé, je vais voir notre terrarium de fortune et je remarque… une chrysalide ! La vieille peau de la chenille est accrochée à la chrysalide. Dans une dizaine de jours, si elle fait partie des 50% chanceux de la sélection naturelle, nous aurons un papillon à relâcher dans la nature : son excellence persil.

Affaire à suivre.

Chrysalide Tsujido, Japon, 9 août 2020

sur le bord du chemin

  • Bernard Stiegler, le grand philosophe français d'Epineuil-le-Fleuriel, est décédé
  • suicide chez le Grand Meaulnes
  • sauver le présent avant que le passé ne disparaisse
    The New York Times recently reported that several museums are already collecting mementos and artifacts from this year to prepare for future exhibitions on the pandemic and protests.
  • Kuniko Tsurita (1947-1985), artiste de manga
    Her iconoclastic work is the subject of a new book, The Sky Is Blue With a Single Cloud, a career-spanning collection of Tsurita’s comics, released this summer by Drawn & Quarterly. The first authorized anthology to showcase Tsurita’s work in English, it includes an exhaustively researched afterword by Ryan Holmberg (adapted and expanded from a shorter piece by Mitsuhiro Asakawa). The essay, which recounts the story of young Tsurita’s letter in great detail, seeks to explain her place in the heavily gendered world of Japanese manga, particularly alternative or alt-manga. While the comics assembled here are uneven in quality, and though the introductory essay may seem intimidatingly academic to readers unfamiliar with early manga, the book is overall a fantastic, continually surprising look at one of Japan’s most innovative—and least remembered—manga artists.

August 09, 2020 02:59 PM

August 08, 2020

Karl Dubost

possibilité de l'abandon

vélo envahi par les plantes Tsujido, Japon, 8 août 2020

Notre monde de produits ne se définit pas comme la somme des différents produits finis qui le composent, mais comme un processus : la production toujours nouvelle de produits toujours nouveaux. Il ne se « définit » donc pas à proprement parler ; il est plutôt indéfini, ouvert, plastique, toujours prêt pour de nouvelles transformations, toujours prêt à s'adapter à de nouvelles situations toujours disponible pour de nouvelles tâches. Il se présente comme un monde toujours différent, perpétuellement transformé par la méthode des « essais et erreurs » (« errors and trials »).
Et nous ? Et notre corps ?
Rien qui ressemble de ce côté là à un bouleversement quotidien. Notre corps d'aujourd'hui est le même que celui d'hier, c'est le même corps que celui de nos parents, le même que celui de nos ancêtres ; celui du constructeur de fusées ne se distingue pratiquement pas de celui de l'homme des cavernes. Il est stable sur le plan morpholique. Moralement parlant, il est raide, récalcitrant et borné … du point de vue des instruments : conservateur, imperfectible, obsolète — un poids mort dans l'irrésistible ascension des instruments. Bref, le sujet de la liberté et celui de la soumission sont intervertis : les choses sont libres, c'est l'homme qui ne l'est pas.
— L'Obsolescence de l'homme - Günther Anders, urn:isbn:978-2-910386-14-6

La possibilité de l'abandon, de la ruine, de la poésie de la rouille est essentielle à nos envies mythologiques. Cet abandon est une écriture. Elle nous laisse entrevoir la naissance d'une mémoire. En brisant la continuité de la normalité, l'objet se place hors temps, usé par le temps, et narrateur d'une histoire. Quand l'humain cesse d'exister, il devient visible.

L'objet abandonné est une anomalie de maintenance, une révélation de l'activité, une sacralisation du quotidien. Il raconte. Il ne se raconte pas. Sa désacralisation inaugure l'humanité. L'objet n'est que maître tant que l'humain s'en fait l'esclave. Et quand l'objet disparaît dans les processus industriels massifs, notre décorporation est réalisé par le processus industriel lui-même.

sur le bord du chemin

August 08, 2020 02:59 PM

August 07, 2020

Karl Dubost

Bernard Stiegler

Souhaits en papier Samukawa, Japon, 2 août 2020

Quant à l'homme qui est confronté pour la première fois à une computing machine au travail, il est plus éloigné encore de tout sentiment de fierté et de maîtrise.
— L'Obsolescence de l'homme - Günther Anders, urn:isbn:978-2-910386-14-6

Quand nous lisons, nous développons parfois une affinité avec les écrits de l'auteur. Nous sentons une résonnance qui permet à l'imagination de grandir, à la réflexion de se délier tout en élaborant des chemins complexes. Cette complexité là n'est pas une souffrance, mais bien un plaisir, celui d'un parcours que l'on sait difficile mais qui nous offre la satisfaction de l'effort quand on l'entreprend et que l'on sait déjà que sans l'achever, nous pourrons déjà apercevoir le déploiement d'une nouvelle envergure pour nos propres idées.

Ce n'est pas la technique qui est toxique en soi, c'est notre incapacité à la socialiser correctement.
— Bernard Stiegler

C'est le programme que Bernard Stiegler proposait dans la mise en réflexion de la technologie et la société. Une mise en relation essentielle est bien souvent ignorée ou cachée, par les machines à bouillie du marketing et du capitalisme technologique des grandes entreprises. Tous comme les caméras des ouvriers des années 60 se libérant des sociologues et ethnologues et produisant leurs cinémas, le monde des technologies Web doient explorer sa propre condition.

sur le bord du chemin

August 07, 2020 02:59 PM

August 06, 2020

Karl Dubost

au dessus

Statue de lion Tsujido, Japon, 2 août 2020

T. a honte d'être devenu plutôt que d'avoir été fabriqué. Il a honte de devoir son existence — à la différence des produits qui, eux sont irréprochables parce qu'ils on été calculés dans les moindres détails — au processus aveugle, non calculé et ancestral de la procréation et de la naissance.
— L'Obsolescence de l'homme - Günther Anders, urn:isbn:978-2-910386-14-6

J'aimerais marcher sur les embruns au dessus des vagues, sur les herbes flottantes dans le vent de l'été qui assèche la rosée. J'aimerais courir au-dessus de mes pas pour donner souffle à l'ombre de mon corps, au-dessus de mes rêveries suspendues dans les mousses humides.

sur le bord du chemin

  • sécurité et nom de packages en python
  • Marchant dans Hong Kong ce soir
    Hong Kong pour moi c’est ville-monde comme ces perceptions qu’on a à Berlin ou New York (ou Jérusalem), et d’autres sans doute, mais quand on reçoit en partage cette sensation c’est immédiat, et alors on est chez soi. On est chez soi partout au monde, mais dans les villes-monde on se sent appartenir.
  • Hope, Despair, Control: The 1950s China My Father Saw, Echoed Today
    In Beijing, he found more than just a city but also a way of life that defied the strictures of Communism. “No rubber stamp yet dictates the passions and peculiarities of its people,” he wrote.
  • Kissa by Kissa by Book by Launch
    If you look closely, the subtitle of the book is: “How to Walk Japan, Book One.” I don’t know how many books we’ll get up to. But we’re going to try to do a few.
  • Hey, le nouveau fournisseur de mails, effet de mode.

August 06, 2020 02:59 PM

August 05, 2020

Karl Dubost

rouille

Grille rouillée et herbes Tsujido, Japon, 4 août 2020

11 mars 1942
Ce matin, je crois bien avoir découvert la trace d'un nouveau pudendum, d'un nouveau motif de honte encore inconnu dans le passé. Pour le moment, je l'appelle « la honte prométhéenne », et j'entends par là « la honte qui s'empare de l'homme devant l'humiliante qualité des choses qu'il a lui même fabriquées. »
— L'Obsolescence de l'homme - Günther Anders, urn:isbn:978-2-910386-14-6

La rouille est importante. Elle est la réalisation d'une faiblesse face aux contraintes du temps, de l'humidité et de l'air sur le métal. Mais elle est aussi la catharsis d'un espoir, celui de la persévérance des petites actions sur ce qui semble inaltérable.

sur le bord du chemin

  • L'accès à la culture et à l'information sont payants alors que l'accès à la désinformation est gratuit. Probablement, un raccourci, mais qui illustre la réalité de nombreuses personnes en lignes. Il est possible d'accéder à de l'information mais avec des stratégies qui demandent un effort cognitif plus important que simplement cliquer sur des liens. Ceci dit :

    Paywalls are justified, even though they are annoying. It costs money to produce good writing, to run a website, to license photographs. A lot of money, if you want quality. Asking people for a fee to access content is therefore very reasonable.

    est le contrepoint, que je mentionnais hier, à propos des carnets Web. Je ne pense pas que ce soit entièrement vrai. L'argent qui est mentionné là n'est pas pour créer du contenu de qualité, il est là pour payer une personne ou une structure économique pouvant produire ce contenu. Ce site spécifique a au moins la descence de ne pas couvrir sa page de publicité et ils ont un bouton donations.

  • Kintsugi et basketball

  • Je suis curieux. J'aimerais savoir quelles sont les difficultés particulières pour Tomomi des conférences en ligne. Lu dans ses notes hebdomadaires :

    Learned a few new perspectives but man, attending online conferences is tough.

    Il y a probablement quelque chose à creuser là sur l'agencement d'une conférence en ligne. Sont-elles même pertinentes ? Si nous devions décrire tous les éléments qui représentent une conférence en présence physique, il y aurait probablement la notion de partage du lieu et du temps simultané. Si cette notion disparaît, quelle est la différence avec juste suivre un canal YouTube de cours en ligne ? Est-ce que créer une conférence en ligne est futile si n'est pas ajoutée une notion de canaux de discussions en même temps ? Et même si d'autres voies de communications étaient fournies, la conférence physique « efface les fuseaux horaires » ce que ne fait pas la conférence en ligne.

    Ah ! Tomomi explore certaines des questions dans son billet sur les rencontres locales.

  • Que faire avant de vendre votre mac. Dans mon mac ce n'est pas la vente, mais la réparation de l'ancien. Et comme je ne veux pas prendre de risque, je le remets à zéro.

  • TIL : caplog est une fixture de pytest qui permet d'évaluer dans les tests les messages de logging. Voici un exemple :

      import logging
      LOGGER = logging.getLogger(__name__)
    
    
      def voir(animal):
          if animal == 'serpent':
              logging.warning('dangereux')
          else:
              logging.info('tout va bien')
          return f'Animal : {animal}'
    
    
      logging.basicConfig(level=logging.DEBUG)
      voir('serpent')
      voir('sauterelle')
    
    
      def test_voir(caplog):
          caplog.set_level(logging.INFO)
          voir('serpent')
          assert 'dangereux' in caplog.text
          voir('sauterelle')
          assert 'tout va bien' in caplog.text
    
    

    Le programme imprime

      % python test_deleteme.py
      WARNING:root:dangereux
      INFO:root:tout va bien
    
    

    Et le test passe

      % pytest test_deleteme.py
      ========= test session starts ==========
      platform darwin -- Python 3.8.5, pytest-5.4.3, py-1.8.1, pluggy-0.13.1
      rootdir: /Users/code/deleteme, inifile: pytest.ini
      plugins: mock-3.2.0
      collected 1 item
    
      test_deleteme.py .               [100%]
    
      ========== 1 passed in 0.03s ===========
    
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August 05, 2020 02:59 PM

August 04, 2020

Karl Dubost

tas de photos

Tsujido, Japon, 4 août 2020

Ce n'est pas en se contentant de rappeler aimablement qu'il faut tenir compte de la « liberté humaine » que l'on viendre à bout du fait qu'on nous pousse à la consommation.
— L'Obsolescence de l'homme - Günther Anders, urn:isbn:978-2-910386-14-6

Je ne sais pas bien pourquoi j'ai commencé à prendre en photos les livres que je commence à lire. Peut-être une sorte de marque pages de mon quotidien de lecture, qui sur le long terme, prendra un sens particulier. Les séries ne se définissent que dans l'usure du temps et l'accumulation des sédimentations imagées.

Toutes les photographies n'ont pas de vocations à être individuellement représentative d'une pensée, mais leur multiplicité le long de certains axes donne définitivement une thématique, un chemin de pensée pour mieux observer le monde qui s'écroule. Il n'est pas toujours possible d'appréhender et de comprendre à la première lecture, au premier regard, au premier pas.

sur le bord du chemin

  • New Future of Work, une conférence de Microsoft sur les conséquences de la nouvelle organisation du travail dans le cadre de la pandémie. Je n'ai pas encore eu le temps de lire, il y a une grande quantité d'articles. Un article réalise la distinction entre travail à la maison et travail de n'importe où.

    While traditional work-from-home (WFH) programs offer the worker temporal flexibility, work-from-anywhere (WFA) programs offer both temporal and geographic flexibility. WFA should be viewed as a nonpecuniary benefit likely to be preferred byworkers who would derive greater utility by moving from their current geographic location to their preferred location.

    La distinction dans l'article est sur le fait de choisir un lieu de vie qui est différent du lieu de la proximité de l'entreprise. Le travail à la maison implique une certaine dépendance de ne pas être trop loin, mais cela peut également être relâché.

  • Frame-Based Editing découvert suite à une discussion à propos des tabulations élastiques. Ceci dit, chaque personne devrait pouvoir écrire le code comme elle en a envie et les éditeurs devraient tous permettre de voir ce code avec leur préférences de lectures.

  • Sans argent, tout en qualité

    For every discipline-with-depth that I care about (software/Internet, politics, energy economics, physics), if you want to find out what’s happening and you want to find out from first-person practitioners, you end up reading a blog.

    They’re pretty hard to monetize, which means that the people who write them usually aren’t primarily bloggers, they’re primarily professional economists or physicists or oil analysts or Internet geeks. Since most of us don’t even try to monetize ’em, they’re pretty ad-free and thus a snappy reading experience.

    L'emphase est miennne. Réciproquement, la qualité d'un carnet Web baisse quand la rentabilité économique devient un critère d'écriture. Ce n'est pas tant que les carnets ne sont pas rentables, mais bien que de les rendre rentables introduit un paramètre d'optimisation favorisant la médiocrité par la popularité.

  • La réalité du monde du travail et des enfants quand il n'y a plus d'école. Le résumé est que deux temps plein ne permettent pas de s'occuper adéquatement d'un enfant.

    Let me say the quiet part loud: In the Covid-19 economy, you’re allowed only a kid or a job.

    “Why aren’t you enjoying the extra quality time with your kid?” lays bare what is really simmering below the surface — a retrograde view that maybe one parent (they mean the mom) shouldn’t be working, that doing so is bad for children, that it’s selfish to pursue financial gains (or solvency, as working parents will tell you). It is a sentiment so deeply woven into our cultural psyche that making the reasonable suggestion that one shouldn’t have to abandon a career or livelihood if offices reopen before schools, day cares and camps do is viewed as a chance to redeliberate this.

    Et il n'est même pas question de l'espace autour de l'habitat. Vivre dans un lieu entouré de nature n'a pas les mêmes conséquences pour les parents travaillant à la maison que l'espace d'un appartement deux pièces dans une zone hyper-urbaine.

August 04, 2020 02:59 PM

August 03, 2020

Karl Dubost

baguette

intérieur de magasin Tsujido, Japon, 3 août 2020

Parce qu'on a déjà tranché au dessus de leurs têtes.
Nous aussi, nous pouvons décider de nous faire servir comme plat du jour l'explosion d'une bombe ou bien une course de bobsleigh. Parce que au dessus de nos têtes, à nous qui opérons ce libre choix, avant même notre libre choix, on a déjà tranché. On a déjà décidé que c'est en tant que consommateurs de radio ou de télévision que nous devons opérer ce choix : en tant qu'êtres condamnés, au lieu de faire l'expérience du monde, à se contenter de ses fantômes; en tant qu'êtres qui, au fond, ne souhaitent plus rien, pas même une nouvelle liberté de choix qu'ils ne sont d'ailleurs sans doute même plus capables de se représenter.
— L'Obsolescence de l'homme - Günther Anders, urn:isbn:978-2-910386-14-6

Il existe encore de ces vieilles boutiques ouvertes sur la rue. Elles ne sont plus nombreuses, mais elles sont aussi les vigiles vacillantes d'une ère différente. Pas de contrôle à l'entrée, pas de barrières électroniques anti-vol, pas de chauffage, juste un rideau de métal pour la nuit. Elles ne sont pas sales, elles sont propres mais ont perdu leurs vernis, craquelées, usées. Le temps a épongé le clinquant. Et parfois, si nous restons suffisament longtemps dans la rue ou si nous ralentissons le repas, nous pouvons alors apercevoir l'ombre blanche et flottante d'un humain tout aussi patiné que les lieux.

rampe de skate-board Tsujido, Japon, 3 août 2020

Juste en face de celle avec le canapé en faux cuir beige et sa couverture rose, et la table basse ovale en verre, deux jeunes entrepreneurs ont ouvert un magasin de skate-board en offrant une rampe à l'intérieur. Il y a donc encore un souffle de vie dans ce Shōtengai à Tsujido.


dessin représentant un tanuki Dessin de Aaron reçu aujourd'hui

Aujourd'hui dans la boîte aux lettres, la poésie du bout de l'océan. J'aime penser que ces envois entre deux côtes du Pacifique sont transportés par bâteau à fond de câle. Aujourd'hui, le tanuki « baguette » interprêté par le travail des doigts de Aaron. Allez explorer ses randonnées dans le creux du stylo. (Ainsi que la manufacture). Chaque réception est une fête.

sur le bord du chemin

  • Perte de vocabulaire et atrophie de la compréhension

    The desperate state of public discourse today is partly due to the lack of words, the poverty of expression, the limited vocabulary that keeps us from understanding and communicating with one another.

  • Album photos de Virginia Woolf

  • Stabilisation de vidéos (merci Pierre)

  • TIL : Quand on crée un dataclass avec une méthode pour initialiser les valeurs, il est nécessaire de placer la méthode avant la déclaration des variables afin que la méthode soit connue au moment de l'initialisation. L'ordre compte dans le parsing du fichier pour pouvoir déréférencer les noms. Il n'y a pas de pre-parsing avec backtracking des références.

      @dataclass
      class Issue:
          """WebCompat Issue Model."""
    
          def create_comments_list():
              """Create a list of comments."""
              return []
    
          comments: List[Comment] = field(
              init=False,
              default_factory=create_comments_list)
    
  • Souvent, je crée des expériences temporaires juste pour tester quelque chose. Ma routine est essentiellement la même : Je crée un répertoire deleteme pour me rappeler que je dois l'effacer une fois terminé.

August 03, 2020 02:59 PM

August 02, 2020

Karl Dubost

envie des pentes

maison Chigasaki, Japon, 2 août 2020

True, we no longer have organized activities.
Socialist realism or XXX realism — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kim Tu-Yong, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Aujourd'hui, les pieds sur les pédales, l'envie dans la pente des routes oubliées, nous avons parcouru des rêveries d'été. Les clins d'œils d'architectures inattendues accompagnent les salons de beauté d'un autre temps.

salon de beauté Chigasaki, Japon, 2 août 2020

Sans objectifs, le chemin définit la destination. On ne peut pas se perdre quand il n'y a pas de cap. Le chant ondulé des cigales, le corps mouillé, des sanctuaires d'or et de bois, une pause sous les sugis et le vent du fleuve Sagami, l'histoire est un non-tissé. Chaque intimité est aiguillée sur la trâme de nos désirs.

Blason or sur bois Samukawa, Japon, 2 août 2020

sur le bord du chemin

August 02, 2020 02:59 PM

August 01, 2020

Karl Dubost

en revenant de l'océan

Ombre d'un pin Tsujido, Japon, 1er août 2020

Come forth new writers, from the factories, from the farms.
A guide to fiction writing: How to write stories — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kobayashi Takiji, urn:isbn:978-0-226-06837-4

En revenant de l'océan, nous rencontrons la brûlure du sable, les colines de rêves, la chenille égarée, l'ombre du pin, les chemins inconnus, les routes familières, l'eau sur les lèvres, le son des coquillages, la main de son père, la main de son fils, la connivence de la marche, l'intimité de l'entre-deux.

sur le bord du chemin

  • Published Assets? We Had a Few.
    By having the advantage of speed on our side, the cost of failure was low and we could experiment with getting the complex details of implementation just right. In the end, it took about eight weeks to get to a final solution (which was still faster than the five months spent on the SQL approach).

August 01, 2020 02:59 PM

July 31, 2020

Karl Dubost

naengmyeon

Fenêtre et végétation Fujisawa, Japon, 30 juillet 2020

Composing a novel is quite literally the same work as constructing a house.
A guide to fiction writing: How to write stories — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kobayashi Takiji, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Quand la chaleur vous noie dans l'épaisseur opaque du sommeil, un plat de Naengmyeon, fait maison, délicatement vous pousse vers la surface.

Bol de Naengmyeon Tsujido, Japon, 31 juillet 2020

sur le bord du chemin

July 31, 2020 02:59 PM

July 30, 2020

Karl Dubost

constructeur et dataclass

transparence de fenêtre Fujisawa, Japon, 30 juillet 2020

To tell the truth, there can be no such things as a "how-to" for writing fiction. Some people may think that if they read a "guide of fiction writing", they will be able to write a novel. This is not the case. Each of us approaches the task with our own assumptions about how to write, whether consciously or not.

Therefore, this essay is nothing more than a report of my own personal approach to writing novels.
A guide to fiction writing: How to write stories — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kobayashi Takiji, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Hier, dans la catégorie TIL, « Today I Learned » à propos de l'initialisation des dataclass, j'ai partagé un modèle à base de InitVar.

Anthony a lu le billet et propose un modèle qui finalement est beaucoup plus simple et plus facile à lire. La méthode s'appelle « Alternative Constructor » qui fait partie des méthodes de « Factory »

from dataclasses import dataclass

@dataclass
class Arbre:
    nom: str
    age: str

    @classmethod
    def from_dict(cls, info):
        return cls(
            nom=info.get("nom"),
            age=info.get("age"))

L'utilisation ne change pas.

info = {'nom': 'chene', 'age': 150, 'lieu': 'La Grange'}

Mais on initialise cette fois-ci avec :

mon_arbre = Arbre.from_dict(info)
mon_arbre.nom
# donne bien chene

info n'existe pas car c'est une information transitoire pour initialiser.

Un point à remarquer en dehors de l'objet de la programmation. Le billet d'hier a aidé une personne à comprendre un concept et m'a aidé à améliorer ma connaissance par l'intervention d'Anthony. Celle-ci a même des conséquences un peu plus large.

Quelqu'un a appris. J'ai appris. Partagez !

sur le bord du chemin

  • Mousse et quartz dans le désert.

  • Les flux de sites Web (RSS, Atom). Il existe peut-être une solution avec twitter pour améliorer la visibilité des flux. Les utilisateurs de twitter devraient pouvoir s'abonner à un flux de la même façon qu'ils « s'abonnent » à une autre personne sur twitter. Ainsi, ils pourraient

    1. automatiquement voir le contenu.
    2. faire un RT d'une entrée du flux Atom/RSS
    3. s'abonner aux flux d'une entrée qui a été RT.

    Typiquement de rendre twitter un lecteur de flux hybride.

  • Toutes les alarmes des téléphones de la maison, celles des voisins et celles de la ville ont sonné. Un tremblement de terre imminent allait nous secouer. Et puis rien

    • Rassurant : Le système d'alarmes fonctionne très bien.
    • Décevant : Le stress de l'alarme sans conséquences est rémanent.
  • Sujets à propos de python. Très pédagogue.

July 30, 2020 02:59 PM

July 29, 2020

Karl Dubost

plantez à bout de souffle

mur, végétation et fenêtre de maison Tsujido, Japon, 29 juillet 2020

We've got to plant some trees to commemorate the event.
Hell — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kaji Wataru, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Planter est un geste si simple, si naturel. La graine d'un fruit, les pousses d'une plante que l'on aura pris sur le bord d'un chemin et qui aura fait des racines. La germination ne se passe pas toujours comme il faut. Les racines parfois ne prennent pas. La bouture meurt. Ce n'est pas important, il faut continuer à planter. Que ce soit des graines de pépinéristes ou des plantes sauvages trouvées ici et là. Nombre des plantes autour de moi sont de simples choses que j'ai trouvées lors d'une balade. Il n'y a pas de secrets, ni de pouce vert, juste de la persévérance, des essais, beaucoup d'erreurs et quelques succès. Les oiseaux nous aident parfois. Ils amènent une graine et puis un jour, nous prenons conscience qu'ici, il y a une plante qui n'existait pas. Nous l'accompagnons, la préservons.

Plantez à bout de souffle. Plantez sans lendemain. Plantez l'envie de la forêt. Plantez l'effervescence et l'abondance. Tout ce qui végète devient humus. Tout ce qui se multiplie devient pollen.

sur le bord du chemin

  • sur la route de Tokyo en couleurs fin des années 40 ou encore ces scènes de la vie quotidienne

  • Pour démystifier ce qu'est un scientifique

  • unravelling attribute access in python

  • TIL : mro qui est l'acronyme pour « Method Resolution Order » et trace la séquence d'un héritage multiple pour les class en python.

      import datetime
      dt = datetime.datetime(2020,7,28)
      type(dt)
      # <class 'datetime.datetime'>
      type(dt).mro()
      # [<class 'datetime.datetime'>, <class 'datetime.date'>, <class 'object'>]
    
    
  • TIL : J'ai appris InitVar lors de l'utilisation des dataclass.

    The other place where dataclass() inspects a type annotation is to determine if a field is an init-only variable. It does this by seeing if the type of a field is of type dataclasses.InitVar. If a field is an InitVar, it is considered a pseudo-field called an init-only field. As it is not a true field, it is not returned by the module-level fields() function. Init-only fields are added as parameters to the generated init() method, and are passed to the optional post_init() method. They are not otherwise used by dataclasses.

    Cela permet notamment de déclarer un attribut à la classe qui n'est pas visible à l'inspection de la classe. Pratique pour un attribut qui ne serait que transactionnel. Par exemple, initialiser toutes les valeurs en passant un dictionnaire qui n'est utile que pendant le moment de l'initialisation.

      from dataclasses import dataclass, field, InitVar
      from typing import Any, Dict
    
      @dataclass
      class Arbre:
          info: InitVar[Dict[str, Any]]
          nom: str = field(init=False)
          age: int = field(init=False)
          def __post_init__(self, info):
                  self.nom = info.get('nom')
                  self.age = info.get('age')
    
      info = {'nom': 'chene', 'age': 150, 'lieu': 'La Grange'}
    
      mon_arbre = Arbre(info)
      mon_arbre.nom
      mon_arbre.info
      dir(mon_arbre)
    
    

    donnera le résultat suivant

      # mon_arbre.nom
      'chene'
    
      # mon_arbre.info
      Traceback (most recent call last):
      File "<stdin>", line 1, in <module>
      AttributeError: 'Arbre' object has no attribute 'info'
    
      # dir(mon_arbre)
      ['__annotations__', '__class__', '__dataclass_fields__', '__dataclass_params__', '__delattr__', '__dict__', '__dir__', '__doc__', '__eq__', '__format__', '__ge__', '__getattribute__', '__gt__', '__hash__', '__init__', '__init_subclass__', '__le__', '__lt__', '__module__', '__ne__', '__new__', '__post_init__', '__reduce__', '__reduce_ex__', '__repr__', '__setattr__', '__sizeof__', '__str__', '__subclasshook__', '__weakref__', 'age', 'nom']
    
    

    ce que l'on voulait.

July 29, 2020 02:59 PM

July 28, 2020

Karl Dubost

ombre

Ombres sur le rideau Tsujido, Japon, 28 juillet 2020

He had come to an impossibly faraway place.
Hell — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kaji Wataru, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Un pas dans le bureau sombre, déjà la main sur l'interrupteur. Et puis non, je me retiens. Je l'ai aperçue. Discrète et élégante, troublante et indéfinie. Je respire lentement. Je ne veux pas qu'elle s'échappe. Elle est fragile et incontrôlable. Je voudrais pouvoir m'assoir là toute la nuit et la contourner, l'envisager, la comprendre. Mais elle est éphémère. Son silence n'est pas de la timidité, ni de l'indifférence. Elle sait qu'elle n'existe que dans l'entre deux, dans la fracture de l'espace. Elle connaît sa fragile évanescence, fugitive malgré soi. Elle n'existe à ce moment même dans mon regard, uniquement mon rega…

La pensée inachevée, l'autre cet enfer, ce voisin trop raisonable parti se coucher de bonne heure a éteint la lumière.

L'ombre du pin s'est évanouie.

sur le bord du chemin

July 28, 2020 02:59 PM

July 27, 2020

Karl Dubost

sans tanuki

Tanuki Tsujido, Japon, 24 juillet 2020

There can be no such thing as presenting reality simply "as it is".
Covering over the essence — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Sata Ineko, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Depuis hier soir, le tanuki n'apparaît plus. Aujourd'hui régulièrement, j'ai regardé dans le jardin. La nourriture de la veille n'a pas été touchée. Cet après-midi, j'ai vérifié avec une lampe torche s'il était toujours sous le débarras du jardin (mort ou vivant). Pas de tanuki. Il a donc dû partir la nuit dernière. Quant à son destin, uniquement les yōkai le savent.

sur le bord du chemin

  • L'article est à propos du travail alocalisé mais commence par une métaphore à propos du Web.

    The web became great when designers started designing for the web, not bringing other designs to the web.

    et à propos du travail a-localisé

    The enlightened companies coming out of this pandemic will be the ones that figured out the right way to work remotely. They’ll have stopped trying to make remote look like local. They’ll have discovered that remote work means more autonomy, more trust, more uninterrupted stretches of time, smaller teams, more independent, concurrent work (and less dependent, sequenced work).

    La première chose que nous devrions faire et d'arrêter de l'appeler travail à distance (« remote »).

  • Les gens de Tokyo viennent s'installer à Fujisawa

    Yutaka Kanai, chief product officer of xenodata lab, a Tokyo startup specializing in AI-based data analysis, recently moved from central Tokyo to Fujisawa in Kanagawa Prefecture, south of Tokyo, a city with stunning coastlines in which he has longed to live.

  • The Way We Used to Play

    Modern mothers today are not looking away, they are barely even pausing to breathe. Even with more mothers working outside the home, moms spend twice as much time interacting with children as they did in the 1970s, according to a 2012 study. Modern motherhood is a relentless requirement to engage, educate, inform and care for your children. This intensive monitoring of their health and welfare is necessary for future success. How can we afford to look away for a moment?

    Les parents s'occupent plus de leurs enfants qu'avant et c'est peut-être un problème dans certains cas.

  • Bonne Nouvelle ? Retour du train couchette. Un transsibérien avec un train plus compartimenté (à l'ancienne) ?

    “What I am told by people using my site is two things in the same breath: they are fed up with the airport experience and they want to cut their carbon footprint,” said Mark Smith, who runs the award-winning Man in Seat 61 railway website offering information on pan-European services. “Certainly, in the short term, I am getting people commenting that they don’t want to fly [because of the pandemic]. I think climate change will be the bigger one in the long term because hopefully this pandemic will [be] over at some point.”

  • 70% de travail alocalisé

    The Japanese government will ask the business community to ensure that each company has 70 percent or more employees work from home, economic revitalization minister Yasutoshi Nishimura said Sunday.

July 27, 2020 02:59 PM

July 26, 2020

Karl Dubost

après l'orage

Portail et vélos Tsujido, Japon, 25 juillet 2020

In fact, there is nothing narrow to the range of topics we write about.
On the tendency of proletarian works to become formulaic — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kurahara Korehito, urn:isbn:978-0-226-06837-4

9h35 le premier chant de cigale de la saison, après une première averse orageuse. 5 aujourd'hui. Tsuyu s'achève. L'été commence.

Chroniques du jardin : Une mante religieuse entre deux averses. Le tanuki ne s'améliore pas vraiment. Demain nous appelons les centres administratifs de conservation de la nature de Kanagawa. De loin, le tanuki semble avoir la patte cassée. Peut-être un piège.

Manthe religieuse Tsujido, Japon, 26 juillet 2020

sur le bord du chemin

July 26, 2020 02:59 PM

July 25, 2020

Karl Dubost

fraction

Pain coupé en fractions Tsujido, Japon, 25 juillet 2020

What matters is tehe perspective of the writer, not necessarily the subject matter.
The Path To Proletarian Realism — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kurahara Korehito, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Rien de mieux qu'une tranche de pain pour expliquer les fractions.

sur le bord du chemin

  • population à risque

    Japan’s obesity rate is about 4 percent, compared to more than 40 percent in the United States. But 18 percent of the adult population in Japan smokes regularly, compared with about 14 percent in the United States. And Japan actually has a slightly higher rate of diabetes, one of the underlying conditions that have been associated with coronavirus morbidity.

    Les pourcentages ne sont pas des individus.

  • A Faraway Solar System Is an Uncanny Reflection of Our Own

    This is how astronomers captured two planets around a star that resides about 300 light-years away from Earth. The portrait, released yesterday, is rare. Astronomers have directly taken images of individual exoplanets before. And they have previously captured cosmic family portraits: planets together with stars brighter and heavier than our sun. But this is the first time anyone has captured two exoplanets around a sunlike star.

  • Importance des villes par volume de population

  • Fabriquer sa ville. Le premier jeu qui depuis bien longtemps (première fois ?) me donne envie.

July 25, 2020 02:59 PM

July 24, 2020

Karl Dubost

Dix jours

Panneau représentant deux enfants Nagoya, Japon, 25 avril 2010

The proletarian writer must overcome this realism of the narutal sciences and always strive for a social perspective on the individual. We must rebel against the method that dictates that we must always return to "individual essence" when considering social problems, and must emphasize instead one that compels us to strive to consider the societal dimensions of the problems of individuals.
The Path To Proletarian Realism — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kurahara Korehito, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Dix jours de détention pour avoir distribuer des tracts, hors du périmètre de l'école, dénonçant les règles abusives de son école : « Black School Rules ». L'étudiant a été arrêté et mis en détention. Couleur des cheveux, longueur de la jupe, couleur des sous-vêtements, style de coiffure, etc. Liste non exhaustive du fascisme ambiant du système scolaire du Japon. Un article l'année passée mentionnait les abus courants que l'on peut encore rencontrer encore aujourd'hui. Ici en français sur le même sujet ou encore celui-ci avec des statistiques sur les règles en vigueur. 50% avec l'interdiction d'aller faire des courses après l'école (il s'agit de collège et lycée). Mais c'est une vieille discussion… 2017, un autre article.

Mad As Hell

sur le bord du chemin

  • Go AOC ! Respect.

  • Requests, le module python, est passé sous la fondation Python, il y a quelques temps. L'ancien gestionnaire/créateur du projet avait un problème de caractère.

  • Mais on me souffle à l'oreille le projet httpx. (À explorer. Merci David).

  • parse() pour extraire des données pour des formats simples.

  • expression du jour : intimité non consensuelle trouvé grâce à cet article sur Taiwan et la pandémie.

  • Le lit de Montaigne. Un de ses lits… j'étais enfant.

  • Journal du Tanuki : Il a un nom temporaire pendant sa convalescence pour en parler entre nous : baguette. L'association de conservation de la nature nous a envoyé une longue réponse. Les tanukis de cet âge (adolescent) sont très curieux et donc il/elle s'est blessé par mégarde. Nous devons surveiller si il se rétablit. S'il devient plus faible, demander à un vétérinaire de l'aide. Nous pouvons l'aider à distance en lui donnant à manger pour combattre la blessure. Ils aiment les pommes de terres cuites, le mais, la citrouille, les carottes, le poulet crû, et le foie. Ne pas essayer de le rendre familier bien sûr. Et garder ses distances afin qu'il retourne au monde sauvage une fois guéri.

    Petit problème, cependant, nous sommes « loin » de toutes aires vraiment sauvages. La ville de Fujisawa fournit des cages pour les attraper. Ce sera la phase II s'il ne repart pas de lui-même.

July 24, 2020 02:59 PM

July 23, 2020

Karl Dubost

lits

Voiture sous bâche Barcelone, Espagne, 14 janvier 2009

Rather, as a general rule, one must remember that beneath the surface of any enormous change in the literary world are hidden the class divisions already present within the age.
The Path To Proletarian Realism — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kurahara Korehito, urn:isbn:978-0-226-06837-4

le lit, ce lieu où l'on dort, mais pas uniquement, le lieu où l'on souffre, où l'on se bat, réfléchit, s'éveille ou s'endort, là où on se réveille en cauchemard ou en sueur, le lieu d'un petit déjeuner avec les miettes de pain qui grattent la peau, ou celui dans lequel nous mouillons nos draps de l'amour, glacial dans la maison de papier en hiver, sans draps sous les tropiques, celui dans lequel on attends l'ambulance ou celui dans lequel nous sommes déjà mort, celui du cri de la naissance d'un nouveau né, celui trop mou et trop profond qui nous fait mal au dos, ou celui trop dur qui nous fait mal au fesse, celui qui n'en est pas un, de fortune, entre paille et mousse, le lit de la rivière que l'on ne connaîtra jamais car nous ne sommes pas onde, le lit de l'hôtel avec son œuvre d'art accrochée sur le coin d'un mur, trop grand aux États-Unis, trop petit au Japon, celui où l'on discute des projets futurs ou des ennuis passés, celui où l'on s'endort épuisé sans avoir eu même le temps de comprendre que l'on était dessus, que l'on roule sur le tatami ou qui est là monumental dans un château Louis XIII, sous la moustiquaire ou sur quelques branches de bois alors que le village tout autour continue à parler, là où les batailles d'oreiller laisse la place au calins sous la couette.

PS: La photo de voiture sous bâche dans un garage de Barcelone est l'une des photos que le système d'intelligence artificielle de Photos sur le mac a reconnu comme étant un lit.

sur le bord du chemin

  • Les résident permanents du Japon, hors du Japon peuvent rentrer, si ils ont quitté le Japon avant l'entrée en vigueur de la limitation de voyage. Ce qui ne résoud rien pour les résidents courants en cas d'urgence mais c'est un gros progrès pour tous ceux qui ne pouvaient revenir au travail, ou étudier.

  • Google finance les politiciens de droite aux États-Unis

  • AMP vs RSS

  • Travailler sur une base de données de 1 millions d'images

    The first time I opened the dataset I got dizzy. One million moments, placed in folders named simply- sleeping, slicing, sliding, smelling, smiling. I felt like I’d been placed down somewhere on the surface of the earth, and told to walk home.

    […]

    Last fall, when we could still gather in rooms together, I taught a class called 'Data Gardens'.

    […]

    I’m reminded of my own years spent as an AMT worker, which kept me employed at well under minimum wage during and after my undergraduate education. I think about all those thousands of tasks which involved the repetition of my labour.

    Prolétariat et abus, voici notre machine de production de masse qui juge le contenu de masse pour une consommation de masse. Quand chaque individu essaie d'avaler le contenu de tous les autres. Et la nouvelle bourgeoisie numérique consciente qui mets des barrières à la surconsommation des images et du numérique de leurs enfants tout en participant à une économie forçant les autres à modérer, trier, juged massivement le contenu des autres.

  • Tokyo : <del>300</del> 366

  • Tanuki : Nous avons contacté une association locale pour savoir ce que nous pouvons faire, et notamment si il est possible de le remettre dans un environnement plus propice comme la forêt (pas nous mais l'organisation).

July 23, 2020 02:59 PM

July 22, 2020

Karl Dubost

tanuki

Tanuki Tsujido, Japon, 22 juillet 2020

Generally speaking what is realism? Insofar as it relates to aesthetics, realism is what lies in contrast to idealism, both of which arise from the artist's attitude toward reality.
The Path To Proletarian Realism — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kurahara Korehito, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Toujours malade. Hier matin, nous avons commencé à nourrir le tanuki juste le temps qu'il puisse récupérer de sa blessure. Nous avons déposé du pain sans jamais vraiment le voir. Mais aujourd'hui nous avons pu l'observer longuement. Il mange du pain et il aime cela. Il mange les baies des branches basses d'un myrte de crêpe (百日紅) que nous avons dans le jardin. Cet arbre est aussi appelé sarusuberi, « glissade de singe. » Entre deux sommeils, je lui ai coupé des baies trop hautes pour qu'il puisse manger.

Il boîte toujours mais semble récupérer un peu. On peut voir la plaie sur cette photo.

Tanuki Tsujido, Japon, 22 juillet 2020

sur le bord du chemin

July 22, 2020 02:59 PM

July 21, 2020

Karl Dubost

dormir

Lit et plante Tsujido, Japon, 21 juillet 2020

He was tired from his day's work. Please let me sleep a little more, he thought. Don't be so cruel. Let me sleep—
The Linesmen — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kataoka Teppei, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Le corps malade, j'installe un lit de fortune dans le bureau. Un bon gros rhume… j'espère.

sur le bord du chemin

July 21, 2020 02:59 PM

July 20, 2020

Karl Dubost

rêverie de tomate

Tomate Tsujido, Japon, 20 juillet 2020

Damn, he tought/ This is a strange conversation. The Linesmen — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kataoka Teppei, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Surprise… une (mini) tomate. Nous nous préparons déjà notre palais à la dégustation de la tomate coupée en 3 quand elle sera mûre. Les petites rêveries de la bouche sont des ambitions comme les autres.

sur le bord du chemin

July 20, 2020 02:59 PM

July 19, 2020

Karl Dubost

jardin des merveilles.

Papillon Akaboshigomadara Tsujido, Japon, 19 juillet 2020

In the sky, below the earth, even at the ocean's floor: consider the wires that stretch across the planet like a spider's web. Think about it.
Telegraph wires.
Telephone wires.
Countless wires above our heads, below our feet, stretched taut all around us.
All over the world, without moving an inch, capitalist unite through telegraph wires, telephone wires ensconced in the mesh of this spider's web; they organize themselves. To do what? To exploit and dominate the proletariat. For this purpose they've formed a league of mutual aid. The Linesmen — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kataoka Teppei, urn:isbn:978-0-226-06837-4

  • Aujourd'hui, nous avons pu encore l'observer non mouillé cette fois-ci, il s'agit bien d'un tanuki, espèce protégée et il a élu domicile sous le débarras dans le jardin. Avec un peu de chance des photos de meilleures qualités bientôt.

Tanuki

  • Aujourd'hui, l'observation proche du papillon アカボシゴマダラ (akaboshigomadara) ou Hestina assimilis dans le jardin. Ce papillon est une invasion de l'Asie continentale vers le Japon et il a commencé à apparaître du côté de Kanagawa (notre préfecture) en 1997. Et de là c'est répandu sur tout le Kanto et le nord. Il a probablement été introduit par les amateurs. Le spécimen de ce jour est monté sur mes doigts.
Papillon Akaboshigomadara Tsujido, Japon, 19 juillet 2020

sur le bord du chemin

  • Your blog doesn’t need a JavaScript framework
    Am I going to add JavaScript to my site any time soon? Probably not: the features I’ve listed above are nothing more than nice-to-haves. I’m not seriously suggesting that everyone reading this opens up their website and deletes every single JavaScript file, but from now on, when building websites, I will try to think of JavaScript as an optional extra, not a fundamental part of the experience. I encourage you to do the same.
  • We Need to Begin Again
    “Responsibility cannot be lost, it can only be abdicated. If one refuses abdication, one begins again.” — James Baldwin

July 19, 2020 02:59 PM

July 18, 2020

Karl Dubost

futur sans péremption

Marche en béton cassée Enoshima, Japon, 11 juillet 2020

Strikes me that the important thing is to take that passion as it is, and channel it along the correct course.
March 15, 1928 — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kobayashi Takiji, urn:isbn:978-0-226-06837-4

À l'aube de nos envies, nous redécouvrons les futurs incertains. Le présent est contraint et ingénieux, le futur est poétique et imaginaire. Les certitudes que nous posions dans nos calendriers sont devenues obsolètes en l'espace de quelques semaines. Et les déceptions que nous ressentions s'évanouissent car tout ce qui n'est pas impossible est à explorer dans notre immédiat quotidien. L'aventure est au pas de notre porte, car « l'aventure » ne peut plus se planifier. Au jour le jour offre l'émotion de nos premières fois.

Nous avons débarassé le futur de son sachet sous-vide. À nous les herbes folles, les coups de vent, les gouttes de pluie, les soleils mouillés, le parfum des peaux chaudes, les sourires intimes.

sur le bord du chemin

Maison et arbre en lego

July 18, 2020 02:59 PM

July 17, 2020

Karl Dubost

temps du gyoza

Assiette de Gyoza Tsujido, Japon, 17 juillet 2020

Je suis une femme qui ne se contente de rien, qui vagabonde dans les métiers, vagabonde parmi les hommes
[Travail, vie et œuvre d’une pionnière émancipée

Hayashi Fumiko, dans le Japon des années 1920](https://journals.openedition.org/nrt/3077) — Hiromi Takahashi

Nous partageons ce plaisir à trois depuis maintenant quelques années. Nous préparons la farce ensemble. Les parfums mettent en appêtit, la coriandre, les oignons verts, l'aïl, l'huile de sésame, le gingembre, les feuilles de choux. Passer les légumes au hachoir et malaxer avec les mains l'ensemble de la viande de porc et des ingrédients. Puis tous ensemble, assis à table, nous préparons enfin les beignets en les plaçant dans les « peaux de gyoza » avant de les cuire dans la poêle. Nous avons trois techniques différentes pour plier les peaux.

Finalement, le shoyu ou le ponzu sur la table, nous dégustons nos réalisations. Ce n'est pas long à faire et c'est délicieux.

sur le bord du chemin

  • Comète Neowise. Toujours pas de chance ici. Pluie et nuage.
  • Reader Cli. Lire une page Web en toute sérénité dans son terminal.
  • Ah l'Amérique… Le coût du logement pour les travailleurs au salaire minimum. Et probablement ailleurs dans le monde.
    Full-time minimum wage workers cannot afford a two-bedroom rental anywhere in the U.S. and cannot afford a one-bedroom rental in 95% of U.S. counties, according to the National Low Income Housing Coalition’s annual “Out of Reach” report. The report, released Tuesday, defines “affordable” as spending no more than 30% of monthly income on rent,
  • Le problème de twitter soulève une question essentielle. Il ne s'agit pas de se demander si le mot de passe utilisé est vraiment résistant. Il ne s'agit pas de se demander si nos données ont déjà été volées ou si elles vont l'être. Ainsi il est futile de penser qu'un service en ligne est bien plus digne de confiance qu'un autre. La question est simple : Quand/Si mes données sont volées, quelles sont les conséquences pour mon quotidien, ma vie privée sur le long terme ?
  • Plain JS pour écrire du code simplement à la place d'utiliser des frameworks obscurs.
  • Hier nous pensions que c'était un raton laveur, aujourd'hui, nous nous demandons si c'est un tanuki. En espérant demain que nous pourrons le voir un peu mieux. Il y a quelques années nous avions vu un hakubishin. Comme il est jeune et tout mouillé, c'est difficile à voir, mais sa queue n'est pas rayée, donc tanuki ?

tanuki

July 17, 2020 02:59 PM

July 16, 2020

Karl Dubost

rêve flotté

mirroir sur un mur Montréal, Canada, 18 juillet 2010

It would have been fine if it had ended there.
March 15, 1928 — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kobayashi Takiji, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Les reflets sont vagues. Peaux salées, sable glissé. La fatigue est ma nuit. Insoupçonné, le goût des oublis s'abandonne dans l'ombre de nos trajectoires. Rêve de marquise, son d'un tambourin de pluie, les pieds mouillés. Au delà du vent dans les bambous flotte le sommeil.

sur le bord du chemin

  • Frozen Flask pour fossiliser un site Web.
  • Observé un petit raton-laveur dans le jardin. Au début je pensais que c'était un hakubishin ou un tanuki, mais le motif de la tête ressemble à celui d'un araiguma.
  • Changé les pneus de mon vélo, il a presque éclaté sur la route en revenant de Kamakura le week-end dernier.
  • diagnostics de sites web.
  • livraisons. Si une chose est bien au Japon, ce sont les livraisons. On peut tout livrer ou se faire livrer.
  • rêvé de pouvoir voir la comète, malheureusement le ciel était nuageux ce soir.

July 16, 2020 02:59 PM

July 15, 2020

Karl Dubost

moralité de l'école

mousse sur un mur Kamakura, Japon, 11 juillet 2020

Just get to the office every day. —And like a clockwork, a salary comes in at the end of every month.—What a beautiful, peaceful life it would be! Sata graduated from school and found a job.
March 15, 1928 — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kobayashi Takiji, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Au CP, j'ai eu un enseignant qui distribuait des points papiers. Quand nous accumulions 10 points, nous avions le droit d'avoir une image. Et je crois me souvenir qu'il y avait encore un grade de récompense, mais je ne suis pas sûr. Je ne suis pas sûr que ce système d'accumulation soit formateur. C'est une carotte qui encourage l'effort et la compétence du collectionneur, mais pas forcément de la satisfaction de la découverte.

Au CM1, une enseignante nous permettait lorsque nous avions fini plus tôt que les autres d'aller au fond de la classe où il y avait de grands livres reliés en cuir rouge pour les lire silencieusement. C'est ainsi que pendant mon année de CM1, j'ai lu Robinson Crusoë. Un bel apprentissage de l'autonomie, du respect du travail des autres et de l'adaptation au rythme de chacun.

Au CM2, l'enseignant à la fin de chaque trimestre réordonnait la position des élèves assis au table. L'enfant avec le meilleur score était assis à la table la plus proche et ainsi de suite, jusqu'à ce que les enfants avec le plus de difficultés soit assis au fond de la classe le plus loin possible de l'enseignant. Quel terrible message envoyé aux enfants. Une promotion de la compétition entre les élèves, un modèle de société où l'on aide pas ceux qui en ont le plus besoin. Cet enseignant touchait un peu trop les enfants à mon goût.

En dehors de tout apprentissage formel, l'organisation même de la classe, de la relation entre les élèves, des systèmes de moralité est parfois terrible. Chaque petite chose a un sens.

sur le bord du chemin

  • Cartes pour le Web.

    This workshop series brings together experts in geographic standards and Web map data services, Web mapping client tools and applications, and Web platform standards and browser development, to explore the potential of maps for the Web.

  • Très heureux de lire Un glaçon dans un four à pain. Il y a bien longtemps que ce carnet avait été mis à jour.

    Demain, ça sera pareil. Le jour d’après aussi. C’est comme ça durant des mois.

    et puis…

    Aujourd’hui, comme tous les étés, je devrais être loin de cette fournaise. Je devrais être quelque part en Bretagne, là où on a toujours l’impression d’être sous un flux d’air conditionné, même assis en plein soleil. Le sort en a décidé autrement.

    Pareil à l'exception de sed -e 's/Bretagne/Normandie/'. Pas de France cette année, toujours pas d'autorisation de retourner au Japon si l'on décide de voyager à l'extérieur du pays… Et réfléchissons-y. Si l'autorisation existait, il serait nécessaire d'évaluer le risque à prendre.

  • J'ai besoin de mieux comprendre Factory Pattern. Peut-être devrais-je le dessiner ou l'expliquer à une autre personne. Pour l'instant, je prends des notes.

July 15, 2020 02:59 PM

July 14, 2020

Karl Dubost

saison des pluies

poteau électrique et les nuages la nuit Tsujido, Japon, 14 juillet 2020

But where else could they go? Where was there a place for them! Wherever the proletariat go, they're squeezed through the presses like soybean or herring dregs…
March 15, 1928 — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kobayashi Takiji, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Les premiers rayons de soleil sont prévus pour le 23 juillet 2020. La saison des pluies est un exercice de recherche, de patience et de découverte. Au moins, les projets d'organisations de la maison avancent plus vite.

sur le bord du chemin

  • ouvrir la fenêtre sur le monde.

  • Le mythe du « paradoxe de la vie privée » en détails.

  • Aquarium avec dauphins robotiques

    The company would “adopt robotic dolphins and other [animals] in our new aquarium projects” and was eager to be part of the creatures’ distribution throughout the country, he said in a statement.

    Les substituts dans notre quotidien sont nombreux. Le faux bois pour les meubles, les plantes en plastique, et même en quelque sorte le prix du café—On ne paie pas le prix du café que l'on consomme, mais nous louons du temps dans un lieu en consommant une boisson avec de la caféine.

  • La comère Neowise filmée depuis la station spatiale.

  • Dans l'éditeur VSCodeView → Appearance → Move Side Bar Right. « Bonheur ! »

  • TIL : Les règles d'héritage pour les structures de class déclarées avec dataclass. (python)

    The way dataclasses combines attributes prevents you from being able to use attributes with defaults in a base class and then use attributes without a default (positional attributes) in a subclass.

July 14, 2020 02:59 PM

July 13, 2020

Karl Dubost

web que nous croyons

livre et pain Fujisawa, Japon, 13 juillet 2020

But now they slipped into a single group consciousness—a consciousness that had the same direction, same color, tone, and intensity for all of them, and they slipped into it ardently. That thing that awoke at times like this, that mysterious—and yet indispensable thing those very existence made the iron unity of the proletariat possible, was precisely this feeling.
March 15, 1928 — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Kobayashi Takiji, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Quand nous discutons du Web et de ses technologies associées, il est probablement plus sain d'accepter que tous les participants ont une position réaliste de leurs idées. Ils décrivent le monde comme ils le voient dans la réalité qui leur est sienne. Les discussions deviennent difficiles, envenimés, car nous nous concentrons sur le besoin technologique plutôt que sur la vision du monde ou de l'écosystème du Web. Il ne s'agit pas d'éviter le débat, mais bien de le poursuivre en le plaçant dans un contexte plus large.

Qu'est ce qui motivent nos propres conceptions technologiques ? Quelles sont les conséquences de nos propres choix technologiques ? Le débat n'est plus alors qu'un simple débat technologique où nous aurions l'illusion d'une neutralité des choix et que nous serions tous en train de débattre des mérites techniques d'une solution plutôt qu'une autre. Quand nous débattons, nous devons comprendre le dispositif qui nous pousse à un choix particulier, afin justement de mieux le défendre.

sur le bord du chemin

  • Pinboard is Eleven

    Much of the core code on the site dated back to 2009-2010 and was written by Past Me, a vindictive, inscrutable nemesis who devoted his life to sabotaging Present Me.

    J'aime cette façon de réfléchir le code. Quels sont les obstacles que nous créons à notre propre futur de développeur lorsque l'on code avec certains raccourcis ? Bien sûr inévitable, mais existe-t-il des façons de développer le code permettant de garder une explication, un contexte nous permettant dans 5 ou 10 ans de dire « Ah le code est comme cela parce que j'ai fait ces choix là à ce moment. »

  • Un article étendu sur les techniques numériques en photographie.

    Tomorrow, if you give people the opportunity to replace the sky on their photos with beautiful sunsets, half the planet will be amazed.

  • Aujourd'hui, l'école est fermée par précaution. Six enfants ont de la fièvre.

  • Monoskop, a wiki for the arts, media and humanities. Également qu'un wiki n'est pas forcément laid. Il suffit de consacrer du temps à travailler les gabarits.

  • Note Taking Apocalypse

    If there is one feature that excels above all others in information software of the past two decades that deserves its place in the note taking pantheon, its the humble double bracketed internal link.

July 13, 2020 02:59 PM

David Larlet

Bilan

Calmement, en s’remémorant chaque instant.

Prix

Comment se forment les prix selon Aristote ? De telle sorte qu’après la vente, le statut réciproque de l’acheteur et du vendeur se retrouve identique à ce qu’il était avant qu’elle n’ait lieu. Même chose pour le statut réciproque du prêteur et de l’emprunteur dans le cas du crédit, où le taux d’intérêt joue le rôle d’un prix.

Le prix serait donc ce mécanisme miraculeux qui permet que l’ordre social se perpétue.

Piqûre de rappel - « Le prix » : Préface à l’édition en livre de poche en 2016 (cache)

Merci à Emmanuel pour le lien qui change de la théorie de l’offre et de la demande. Vraiment éclairant. Le réseau de bibliothèques de Montréal dispose de plusieurs ouvrages de Paul Jorion, mais pas celui-ci. Pas grave, je vais en explorer d’autres, j’ai l’impression d’avoir eu l’essentiel dans la préface. Une remise en question par livre me suffit amplement.

Ma théorie du prix – extension de celle d’Aristote – est à ce point révolutionnaire, qu’elle provoque en général la consternation plutôt que l’adhésion immédiate. Je n’en suis pas davantage surpris : dans un ensemble de domaines, je propose un changement de paradigme, une tout autre manière de voir les choses, qui demande une véritable conversion de l’esprit plutôt qu’un simple glissement dans les représentations.

Ibid.

En fait, ce Jorion, il a raison sur la plupart des choses ! Ce jour-là, mon monde a changé 😉.

Note : j’ai depuis emprunté et lu « La survie de l’espèce » qui est « un essai dessiné incisif, humoristique et pas complètement désespéré » m’ayant bien déprimé… mais que je recommande toutefois.

Implication

But I feel there is something beyond the technological that is the real trick to a site that lasts: you need to have some stake in the game. You don’t let your URLs die because you don’t want them to. They matter to you. You’ll tend to (keep?!) them if you have to. They benefit you in some way, so you’re incentivized to keep them around. That’s what makes a page last.

This Page is Designed to Last (cache)

Un bon rappel au sujet de cet article (cache) qu’une page qui tient dans la durée c’est quelqu’un qui en prend soin avant tout. La donnée peut changer de représentation assez facilement si on a conscience de son importance. Et des implications relatives à un changement d’URL sans redirection.

Familier

Possibly, in a few months, we’ll return to some version of the old normal. But this spring won’t be forgotten. When later shocks strike global civilization, we’ll remember how we behaved this time, and how it worked. It’s not that the coronavirus is a dress rehearsal—it’s too deadly for that. But it is the first of many calamities that will likely unfold throughout this century. Now, when they come, we’ll be familiar with how they feel.

The Coronavirus and Our Future (cache)

J’avais envie de faire un résumé personnel de ce que ce virus m’a appris de nos sociétés occidentales :

  1. les frontières nationales peuvent fermer très rapidement, plus vite que je ne l’envisageais ;
  2. les gouvernants sont dans le même état de sidération que le quidam, voire pire (au passage, j’apprends les expressions locales) ;
  3. le capitalisme est extrêmement résilient, le peuple est prêt à littéralement se sacrifier pour sauver l’économie, je suis toujours en état de sidération personnelle sur ce sujet ;
  4. l’économie liée à l’alimentation carnée est intouchable, même en cours de pandémie en lien direct avec de la consommation animale ;
  5. le niveau d’anticipation d’une population est extrêmement faible (moins de 15 jours), ce qui n’est pas compatible avec les défis qui s’en viennent.

Aussi, le mode de vie confiné semble convenir — dans une certaine mesure — à notre famille. Cela ouvre de nouvelles perspectives.

Craftman

The craftman narrative fails to see this because it is caught up in a fetish about code. Like the code is the only thing that matters and everything else is noise and waste and irrationality. Software craftsmen are fond of saying things like “The code is the truth!”. (You have to say that in like a deep masculine voice, regardless of your gender or pitch of voice.) But there is no truth about anything interesting in the code! Apart from tautology, that is. The code can only tell “the truth” about what the code does – or will do, if you compile and run it. For instance, it can’t tell you what it should have done, how to make users happy, how to provide value to someone, how to earn money. It can’t even tell you if it’s in production!

Death of a Craftsman (cache)

Beaucoup de réflexions qui me parlent dans cette transcription. Si je fais le bilan de ces 20 dernières années à produire du code (sigh), ça n’a jamais été la qualité du code qui a été en cause pour continuer ou tuer un produit. Une équipe dysfonctionnelle, une gouvernance toxique, une gestion insensée, une vision non partagée, une politique jupitérienne, là par contre j’ai des exemples.

Qui ne se résolvent pas avec du code.

Savoir anticiper sur ces situations pour les désamorcer ou les fuir est un long apprentissage qui commence par mieux se connaître, se faire confiance et s’accepter. On trouve rarement ces lignes-la sur un CV, c’est dommage.

Reprise

Courez en paix ! L’homme qui est dans l’état de courir, de courir continuellement en paix, est un homme divin. Sans cesse il court, bouge et chercher la paix en courant.

Maître Eckhart

J’essaye de me remettre à faire du sport régulièrement après quelques mois de pratique très sporadique. C’est extrêmement difficile et je redécouvre aussi l’apaisement que cela peut me procurer, autant physique que psychologique.

Il faudra que je prenne le temps de détailler les notions de « corps d’été » et « corps d’hiver », au début j’évoquais cela sur le ton de la blague mais je suis de plus en plus convaincu qu’une saisonnalité à ce niveau est saine. Le tout étant de réussir à faire la transition avec la même brutalité que le climat local !

Crise d’Oka

Il y a trois décennies, un projet de développement immobilier et d’agrandissement de terrain de golf déclenchait un conflit d’ampleur nationale voué à transformer les relations entre les Autochtones, les gouvernements et le reste de la société. Retour en cartes, en photos et en dates sur la crise d’Oka.

La crise d’Oka, jour par jour (cache)

Je découvre grâce à ce dossier une histoire relativement récente du Québec qui m’était jusque là complètement inconnue. Je vais retourner dans le coin avec une autre lecture du territoire. Je vais essayer de rattraper mes lacunes sur le sujet, je crois savoir que le Canada a une histoire assez terrible envers les premières nations.

Réactions

This morning, I added a “Reply to Jonnie” link at the end of RSS feed posts. It’s an idea I’ve had since asking folks if I should email my posts. I included a mailto link at the end of that post, which made it really easy for folks to respond—and they did!

Reply link in RSS feed posts (cache)

Je tente cette idée, si vous suivez cet espace avec un lecteur de flux (qu’est-ce ?), vous devriez avoir un lien ci-dessous. Paradoxalement, si vous n’avez pas le lien ou si vous n’arrivez pas à réagir avec… envoyez-moi un courriel.

PS : je viens de me rendre compte que je n’ai pas encore répondu à deux courriels qui datent de fin 2019. Ce n’est pas pour vous décourager, j’ai l’habitude de penser que les échanges qui demandent du temps sont les meilleurs :-).


Réagir ?

July 13, 2020 11:00 AM

July 12, 2020

Karl Dubost

étuve

plante poussant dans le creux d'une souche Fujisawa, Japon, 11 juillet 2020

Realism, at heart, is contestational.
The question of Realism — An anthology of Japanese Proletarian Literature - NF, urn:isbn:978-0-226-06837-4

L'étuve endort le corps. Le soleil abondant évapore les jours de pluie. Le sommeil lent et humide ponctue la respiration. Cachés sous les paupières, à l'ombre, je détends l'envie du frisson. Le corps est mon oasis. Mes rêveries blotties chantent la fraîcheur de la nuit.

sur le bord du chemin

  • <span style="display:inline-block; background-color: rgb(252, 239, 231); padding: 1em">252, 239, 231</span> Une couleur intéressante.

  • un modèle pour représenter les rapports de bug sur GitHub.

  • Note Taking on wikipedia, incluant Zettelkasten, une méthode à base de cartes indexées.

  • Zettelkasten Method: How to Take Smart Notes for Knowledge Management

  • The Zettelkasten Method for Distributed Teams

  • TIL : Ce qui se passe à HK ressemble beaucoup à ce qui se passait au Japon, il y a près de 100 ans. Le suffrage universel au Japon a été mise en place en 1925. Universel, mais seulement si on est pas de gauche. Les gens de gauche étant persécutés jusqu'au jour de leur conversion ou de leur mort.

    The first elections under the universal manhood suffrage law had just taken place on February 20 [1928]. Politicians with leftist backing had won 8 out of a total of 441 seats, but the cabinet of Prime Minister Tanaka Giichi (1864-1929) was not taking any chances. On grounds that they violated the Public Order Law which forbade chanllenges to the emperor system and private property, nearly 1600 people were arrested. The Japanese Communist Party (JCP) membership at the time was just over 400.

    À noter que les femmes obtiendront le droit de vote en 1947.

July 12, 2020 02:59 PM

July 11, 2020

Karl Dubost

hiromachi ryokuchi, forêt sauvée

Tombes et forêt Kamakura, Japon, 11 juillet 2020

The essence of the transformation of life is to situate oneself within the organization, to become an element of the collectivity, and to strive ceaselessly to put principle into practice.
Going on a Field Trip — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Nakamoto Takako, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Nous avons longé les cours d'eau, respiré à pleins poumons, trempé nos envies de feuillage dans la forêt de kamakura hiromachi ryokuchi (鎌倉広町緑地). Ces 48 hectares de forêt ont été sauvés de la pression immobilière par les citoyens et la ville de Kamakura. Le lieu a ouvert à tous en 2015.

Planche dans la forêt Kamakura, Japon, 11 juillet 2020

Nous parcourons les chemins parfois de terre molle et glissante, parfois sur les planches au-dessus des marais forestiers. Les libellules bleu prusse et les lucioles animent les lieux. Il faudra revenir de nuit pour écouter l'écho des feuilles et observer les étoiles filantes de sous-bois.

Mousee, lychen et misère Kamakura, Japon, 11 juillet 2020

sur le bord du chemin

  • Cosmicflows-3: The South Pole Wall (pdf).
    Velocity and density field reconstructions of the volume of the universe within 0.05cderived from theCosmicflows-3catalog of galaxy distances has revealed the presenceof a filamentary structure extending across∼0.11c. The structure, at a characteristicredshift of 12,000 km s−1, has a density peak coincident with the celestial South Pole.This structure, the largest contiguous feature in the local volume and comparable tothe Sloan Great Wall at half the distance, is given the name the South Pole Wall.
  • It’s 2022. What Does Life Look Like? (aux États-Unis), une vue américano-centrique du futur.
    Large swaths of the cruise-ship and theme-park industries might go away. So could many movie theaters and minor-league baseball teams. The long-predicted demise of the traditional department store would finally come to pass. Thousands of restaurants would be wiped out (even if they would eventually be replaced by different restaurants).
  • Today I learned
    A collection of concise write-ups on small things I learn day to day across a variety of languages and technologies. These are things that don’t really warrant a full blog post.
  • How to port 100,000 lines of Python 2 to Python 3
  • How things get better after you screw up at work
    Focus was on minimizing pain for our users and the business, not on blame, resentment, or face-saving.
  • Chez Stéphane, le mot « supporter » de l'anglais « to support. » La traduction la plus appropriée probablement est la « prise en charge. » Prendre en charge les appareils mobiles, prendre en charge l'accessibilité.

July 11, 2020 02:59 PM

July 10, 2020

Karl Dubost

exhubérance

homme sur un banc dans un parc Fujisawa, Japon, 4 juillet 2020

It is not only natural but necessary for a transformation of ideology to be accompanied by a transformation of lifestyle.
Going on a Field Trip — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Nakamoto Takako, urn:isbn:978-0-226-06837-4

La saison humide absorbe l'espace entre le printemps et l'été. L'univers végétal et bryophyte pénètre chaque respiration, chaque pause. Les mousses épaisses ivres de pluie, les hortensias volubiles dans un brouhaha de couleurs, les convolvulacées acrobates sous le chapiteau des branches basses, la grande polyphonie des plantes accompagne nos humanités dans l'extase. Un homme sur un banc plongé dans sa lecture, des enfants avec des rêves de graminées et de lianes, tout est ivresse et euphorie.

sur le bord du chemin

  • I’ve Seen a Future Without Cars, and It’s Amazing.
    In much of Manhattan, the average speed of traffic before the pandemic had fallen to 7 miles per hour. In Midtown, it was less than 5 m.p.h. That’s only slightly faster than walking and slower than riding a bike. Will traffic soon be worse than ever? Not if we choose another path.
  • No Parking Here
    A 2011 study at the University of California-Berkeley found that the United States has somewhere close to a billion parking spots. Since there are only 253 million passenger cars and light trucks in the country, that means we have roughly four times more parking spaces than vehicles. Take New York City, where there are roughly 102,000 public parking spaces below 60th Street—taking up roughly 18.4 million square feet, a space equal to about half of Central Park.
  • Encres pour sceaux

July 10, 2020 02:59 PM

July 09, 2020

Karl Dubost

bois flotté

toile déchirée et arbre Tsujido, Japon, 9 juillet 2020

There is nothing that can suppress it.
Natural growth and purposeful consciousness — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Aono Suekichi, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Ce matin, nous laissons le vent nous pousser sur le sable. La plage accueille les dérives océaniques nocturnes. Des navires de bois flottés se reposent avant la prochaine marée haute. D'où viennent-ils ? Déjà en équilibre, marin sans îles, je prépare le prochain voyage vers l'horizon. Là où le corps ne peut se rendre, le désir est inaliénable. Au delà de la longue traversée, il y a la promesse du sel, du soleil, des mains cornées et des rêves d'aventure.

sur le bord du chemin

  • 'Landscape of fear': what a mass of rotting reindeer carcasses taught scientists.
    It is now widely accepted that leaving dead wood in forests benefits many species, but leaving carcasses is still taboo. This, along with concerns about the spread of disease, means there has historically been little research on how carrion returns nutrients to ecosystems. Frank says: “We’ve been focusing on animals when they’re alive, where they go, and where are they moving. I don’t know if it’s something about mortality, culturally, from the western perspective, that we’re a little bit averse to. I think people are now kind of warming up to cold bodies, at least in wildlife research. Everything is connected, and circular.”
  • Code Only Says What it Does
    What I discovered later was that design documentation, encoding the intent and decisions made during developing a system, helps teams be successful in the short term, and people be successful in the long term. Freed from fitting everything in my head, emboldened by the confidence that I could rediscover forgotten facts later, I could move faster. The same applies to teams.
  • Ouvrir les tiroirs
    La noirceur de ses propres côtés sombres. La loupe sur nos étrangetés, ridicules et monstrueuses. On traitera ça au grand jour, dans le flow de la liberté et du temps reconquis.
  • Koike calls for caution as Tokyo logs record 224 coronavirus cases.
    The previous record was 206 cases, set on April 17 — 10 days after Prime Minister Shinzo Abe declared a state of emergency in Tokyo and six other prefectures.

July 09, 2020 02:59 PM

July 08, 2020

Karl Dubost

chemin de l'école

toile déchirée et arbre Fujisawa, Japon, 4 juillet 2020

The proletarian class grows naturally. As the class grows naturally, so too does its desire for expression. Proletarian literature is a concrete manifestation of this desire: we see the emergence of members of the intelligentsia who stand in the position of the proletariat, workers who write poetry, dramatists producing plays in the midst of factories, and peasants writing stories and novels. Each of these is the result of natural growth.
Natural growth and purposeful consciousness — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Aono Suekichi, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Allongé sur le vélo, je glisse entre les draps du vent. Les jambes tendues, le souffle déchire les bourrasques. Le temps juste est mon voyage ; il encourage l'élan derrière moi. Dans la longue ligne droite, les premières gouttes de pluie collent mon tshirt blanc aux épaules. L'averse est mon point de fuite. Plus vite vers l'ondée pour dénouer le retard. Voilà, l'école est là. Nous courrons jusqu'au portail.

Serein, je peux maintenant me laisser pousser par le vent et déchiffrer le ciel de sa tendre humidité.

sur le bord du chemin

  • Clearly Explained: How Machine Learning differs from Statistical modeling

  • HK. L'engagement.

    “I’d be naive not to [expect jail],” he said. “I have already told my eight-year-old that daddy might go to jail one day so he has to be strong.”

  • Lucioles

  • Premier cas de covid-19 publiquement déclaré à Tsujido.

  • Tokyo ou ?. Discussion éternelle sur la désertification de l'espace rural et maintenant du non-Tokyo.

    The key to reversing the population flight to Tokyo is creating more jobs in other parts of the country. But the government’s program to encourage Tokyo-based businesses to relocate outside of the capital through tax incentives has had few takers. In fact, a larger number of firms have instead moved to Tokyo, where business demand is higher and the labor pool is larger.

    Les emplois ne suffisent pas. Les écoles, les commerces de proximité, les infrastructures. Il y aura toujours un service, un besoin qui justifiera de rester dans Tokyo et ses environs plutôt que d'aller vivre dans la campagne nippone. Il y a également la barrière culturelle avec la population locale courante. Je comprends le désir, mais je ne suis pas sûr que ce soit possible tant que Tokyo ne devienne pas invivable. Et c'est peut-être là l'un des problèmes. Tokyo n'est pas assez répulsif pour renverser la tendance.

July 08, 2020 02:59 PM

July 07, 2020

Karl Dubost

ce que l'on ne sait pas entendre

tombe et végétation Fujisawa, Japon, 4 juillet 2020

For a moment, everyone grew silent.
Prayer — An anthology of Japanese Proletarian Literature - Sata Ineko, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Il utilise un marteau et je lui propose de ne pas le faire sur la table en allant dehors. Il me répond en japonais, mais je ne comprends pas sa réponse. Je lui dis « en français ? » Il me dit « une autre [… ?] » et je ne comprends toujours pas. Il est patient, il dit encore le mot. Le clic ne se fait pas. C'est elle qui me décoince. Elle a compris. Il dit « une autre suggestion. »

Je suis bouche bée. Le mot juste et sophistiqué en français. Et je m'y attendais si peu que je n'arrivais pas à l'entendre. Cela arrive souvent pour moi quand je dialogue au Japon où la personne ne semble pas comprendre ce que je viens de dire, parce qu'elle ne s'attend pas à ce que ce soit cette langue dans ce choix de mots.

Je réfléchis à toutes les situations où nous sommes sourds au sens culturel qui nous est communiqué, non pas parce-que nous ne pouvons pas comprendre mais parce que nous n'avions simplement pas imaginé que cette qualité d'échange puisse être possible.

Il ouvre avec ses mots et ses gestes tant de chemins.

sur le bord du chemin

July 07, 2020 02:59 PM

July 06, 2020

Karl Dubost

raconter les traces

tâche d'humidité Tsujido, Japon, 6 juillet 2020

Labor and Literature — An anthology of Japanese Proletarian Literature - HBS, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Sur l'une des portes coulissantes en papier d'un oshiire (placard), une vieille tâche d'humidité prend la forme d'un nuage souriant. Un profil joyeux dans le lointain de mes rêveries quotidiennes. La maison est ancienne. Tout n'a pas été rénové. Pourquoi réparer ce qui nous rappelle à l'histoire de l'endroit.

À La Grange, au premier étage, une rayure marque le bois du parquet. La malle était grande, bleue, en métal et lourde des vêtements et livres. 1990, je partais à Montréal. Précipité. 30 ans après, la marque est toujours sur le sol.

Pendant la préparation de la rénovation de la maison de ses grand-parents où nous habitons maintenant, nous avons discuté avec l'architecte à propos du cadrage de l'une des portes. Elle comporte les traces laissées au stylo des générations précédentes qui ont grandi ici et visité cette maison. Nous ajoutons son histoire régulièrement sur le cadrage.

À La Grange, il existe un endroit similaire avec les tailles et les dates.

sur le bord du chemin

  • Les routes les plus désertées des États-Unis, le sentiment ambigü et conflictuel d'une envie de rouler sur une route sans fin, une sorte de moments de relaxation et celui de réaliser que ce même geste contribue à la pollution carbone, à la pertubation sonore du lieu, à l'isolation de soi dans sa caisse de métal dans un lieu isolé, comme si nous avions une angoisse de la solitude du lieu. Alors nous effaçons la route de notre esprit ; nous la remplaçons par un chemin et nous rêvons, imaginons, ce que serait de marcher ces chemins qui ne seraient plus droits mais suivant les détours de la géographie, dans une longue randonnée, probablement un peu plus périlleuse face aux dangers du monde biologique et animal… et probablement surtout de la rencontre avec la bestialité des hommes dans les environnements isolés. Je choisis l'état d'Alaska qui me donne une route entre les montagnes. J'aperçois comme une autre voiture en avant. Je m'approche. Un camion envoie du désherbant sur le bord de la route. La symbolique du projet s'exprime là dans son ampleur. camion sur une route et montagnes dans le fond
  • De CVS à SVN.
    It’s people from everywhere you get volunteers, you have no idea where they’re coming from. There’s no physical locality to it at all and it took over the open-source world by storm and within a few years, pretty much CVS was the standard.

    Right. Here’s this person who is just trying to, you know, track hurricanes. And because we made this thing, they were able to do that is a really exciting feeling. That they’re not really interested in your software they’re just using it to get something done and that because you were there, they were able to do it.
  • Flask project setup: TDD, Docker, Postgres and more - Part 1
  • Ce week-end, j'avais joué une liste de musique de films par Ennio Morricone en faisant la vaisselle.
  • Formidable, tous les numéros du magazine La Gueule Ouverte numérisés, accompagnés de nombreux autres, comme les numéros du Torchon brûle

July 06, 2020 02:59 PM

July 05, 2020

Karl Dubost

rivière basse

objets rouillés devant une maison Fujisawa, Japon, 4 juillet 2020

Hayashi Fusao spelled out the worse fears of his contemporaries: "So far, none of the works we Japanese proletarian writers are producing have readers among the worker-farmer masses." He concluded his article by reperating, "for the third time," that "in order to stir up a tornado among the masses, we must produce works that will become favorites among the true masses, the workers and farmers!"
Labor and Literature — An anthology of Japanese Proletarian Literature - HBS, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Nous avons remonté la rivière contre le vent. Nous avons redescendu la rivière sous la pluie. Les mains mouillées sur les poignées du guidon, nos mollets tendus poussaient pour ne pas attraper froid. Et malgré la saison, les vagues trébuchaient sur le fond du lit. La marée dans le creux de la journée avait tout immobilisée. Et les trésors de vase s'exposaient en gallerie boueuse.

sur le bord du chemin

  • Le retour des blogrolls. blogroll Matt. Jeremy. Je ne pense pas exporter le opml car probablement certains liens sont privés. Il faudra donc que je filtre et cela prend du temps.

  • Tampon calendrier perpétuel. J'aime les systèmes flexibles qui permettent de perpétuer un usage sans gaspillage. Un peu comme mon agenda de cette année que je vais prolonger l'an prochain. Il est en permanence ouvert sur ma table, sauf si j'en ai besoin pour travailler ailleurs (ce qui a été limité ces derniers mois).

  • En parlant de rester à la maison. En chronologie inverse et seulement pour Tokyo. Je ne suis pas allé à Tokyo depuis février. Ni pris le train ou le bus depuis mars, je pense.

    • dimanche (aujourd'hui) 111.
    • samedi 131.
    • vendredi 124.
    • jeudi 107.
    • mercredi 67.
    • mardi 54.
  • 神奈川で新たに20人感染 公立3校を臨時休校へ. Pas fini.

  • Habiter la Terre, penser le trouble : la Manufacture d’idées. Cet événement semble être très intéressant, mais en août plutôt qu'en mai à cause du covid-19, n'est pas convaicant. Les risques ont équivalents.

    Selon Donna Haraway, il n’y a pas de solution à la catastrophe, mais des manières plus ou moins pertinentes et enrichissantes de faire-avec, de cohabiter avec d’autres espèces (animaux, plantes, mais aussi microbes et bactéries), de créer de nouvelles parentés pour « susciter une réponse puissante à des événements dévastateurs ».

    Le programme a en effet l'air très intéressant.

  • Insecte du jour. Je n'ai pas encore déterminé ce que c'était. Peut-être Sphrageidus Similis. Mais il me semblait un peu plus petit.
    papillon blanc

  • Quant au scarabée vert d'avant hier, peut être un Anomala albopilosa

July 05, 2020 02:59 PM

July 04, 2020

Karl Dubost

réparer

Arbre dans un mur Tsujido, Japon, 4 juillet 2020

Fortunately, I am unable to embrace a thought so redolent of individualistic heroism. All I seek is to be a foot soldier in the great class endeavor of the prolerariat, to select a site where I can be most effective, and to succomb there. The site of labor may change according to advances in actuality. What is important is not the site. It is how one exerts oneself at that site. What good does it do to be lacy at the so-called front line ?
— A statement of my views in response to Mr. Masamune Hakucho (An anthology of Japanese Proletarian Literature) - Aono Suekichi, urn:isbn:978-0-226-06837-4

📌 Mes compétences de réparation d'objets se sont améliorées grâce à l'enfant explorateur du monde. On oublie trop souvent que les enfants nous font grandir. Aujourd'hui, une agrafeuse entièrement démontée.

sur le bord du chemin

  • Black
    Based on those discussions, we’ve decided to adopt the change and start using uppercase “Black” to describe people and cultures of African origin, both in the United States and elsewhere. We believe this style best conveys elements of shared history and identity, and reflects our goal to be respectful of all the people and communities we cover.
  • La manufacture de l'archiviste au NY Times. Dans cette archive de photos, je trouve fascinant le travail manuel de l'archivage identifiable par les traces écrites, les objets collés et annotés. Je ne vois pas que les métadonnées, je vois l'archiviste.
    The archive (which is sometimes referred to as “the morgue”) now contains tens of millions of news clippings and an estimated five million printed photographs. A team of technicians manually scan about 1,000 photographs per day into a server, and in July, 2019, they scanned their one millionth photograph. The backs of individual photos usually contain contextual data, such as stamps of publication dates and folder names, handwritten notes, crop marks and taped news clippings indicating publication.
  • Si l'avion vous manque
  • MonoLisa
    As software developers, we always strive for better tools but rarely consider font as such. Yet we spend most of our days looking at screens reading and writing code. Using a wrong font can negatively impact our productivity and lead to bugs. MonoLisa was designed by professionals to improve developers’ productivity and reduce fatigue.
  • Générateur de code (python) à partir d'IA. 🤯. Une expérience plus ancienne et similaire de génération de code automatique.
  • Avant/Après les inondations à Kyushu.
  • une application de prises de note qui utilise local storage

July 04, 2020 02:59 PM

July 03, 2020

Karl Dubost

jardin d'insectes

Scarabé Tsujido, Japon, 3 juillet 2020

If I die, what will become of you?
— The mother (An anthology of Japanese Proletarian Literature) - Wakasugi Toriko, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Le Japon est ce lieu où les insectes sont un peu partout et souvent grands. C'est aussi l'apprentissage de la délicatesse. Après observations, nous les avons relachés dans le jardin.

Mante religieuse Tsujido, Japon, 3 juillet 2020

Peut-être que cette mante religieuse grandira-t-elle jusqu'en automne. Le 18 octobre 2015 toujours dans le jardin.

sur le bord du chemin

July 03, 2020 02:59 PM

David Larlet

Confetti

Des réflexions sans liens apparents.

Problème

Le style de discours le plus récent dénote le haut degré d’aliénation qui prévaut aujourd’hui. En disant « j’ai un problème » au lieu de « je suis perplexe », j’élimine l’expérience subjective ; le je de l’expérience est remplacé par le ça de la possession. J’ai transformé mon sentiment en quelque chose que je possède : le problème. Mais « problème » est une notion abstraite qui exprime toutes sortes de difficultés. Je ne peux pas avoir un problème, parce que ça n’est pas un objet qui peut être possédé ; mais le problème peut m’avoir. Cela revient à dire que je me suis transformé moi-même en « problème » et que je suis maintenant possédé par ma création. Cette façon de s’exprimer trahit une aliénation cachée, inconsciente.

Avoir ou être, Erich Fromm

En ce moment, mes lectures sont relativement éparpillées, en tout cas plus que d’habitude. J’arrive tout de même à en extraire certaines pépites. Je ne sais plus qui m’a recommandé cet ouvrage mais merci si tu es en train de me lire :-).

Anarchisme

Mikhaïl Bakounine disait que « la liberté sans le socialisme, c’est le privilège et l’injustice, et le socialisme sans la liberté, c’est l’esclavage et la brutalité ». Je pense également que si le terme « libertaire » n’est pas étroitement associé à ceux de « socialisme » ou de « communisme », alors la société qu’on souhaite construire ne m’intéresse pas. Elle ne m’intéresse d’ailleurs pas du tout, si elle n’est pas aussi féministe et écologiste. Et justement, l’anarchisme a ceci d’incomparable avec les autres courants qui se positionnent à gauche : il s’oppose farouchement à toutes formes de dominations, quelles qu’elles soient.

Isabelle Attard : « L’écologie doit s’inscrire au sein du mouvement révolutionnaire » (cache)

Je suis vraiment admiratif du cheminement d’Isabelle Attard. J’aimerais trouver son livre « Comment je suis devenue anarchiste » au Québec.

Suggestions bienvenues.

Artiste

I write code in order to express myself, and I consider what I code an artifact, rather than just something useful to get things done. I would say that what I write is useful just as a side effect, but my first goal is to make something that is, in some way, beautiful. In essence, I would rather be remembered as a bad artist than a good programmer.

The end of the Redis adventure (cache)

Cet article de Salvatore Sanfilippo est inspirant. Décider de se retirer d’un tel produit doit être une option difficile à envisager compte-tenu de sa popularité et des enjeux. Je n’ai jamais mis le nez dans le code de Redis mais son API est probablement l’une des plus claires à laquelle j’ai eu à m’adresser dans ma carrière.

Juste merci.

Note : cela me rappelle un vieux billet.

Contradictions

At time of writing, this blog is hosted on Github Pages, signaling that I prioritize keeping a consistent coding/deployment platform over divesting from a company that works with ICE. I know I need to fix my shit. I’d prefer that Github fixed their shit instead, but I can’t control that.

On Priorities (cache)

À un moment où il est beaucoup question de renommer (cache) sa branche master en main ou live pour la référence à l’esclavagisme (et je pense effectivement que certains termes sont problématiques (cache)), si c’est pour ensuite la pousser sur Microsoft Github, est-ce qu’on ne loupe pas un truc ?

Aussi je pouettais il y a peu :

À quel point est-ce que l’apprentissage de Microsoft Github et Microsoft NPM va devenir un pré-requis au même titre que les Microsoft Word et Microsoft Excel de ma génération ?

J’ai amené des personnes à utiliser Github, au même titre que j’en ai aidé d’autres à ouvrir un compte Gmail fut un temps. Quelle part de responsabilité/culpabilité dans ces transmissions ?

Enseigner

Writing is a good way to understand things, and to learn things. People mostly think of writing as a way to teach and explain, and I am glad when my posts can do that. But I also really value the feedback loop of learning as I explain, and the deeper understanding I find when I teach.

Ned Batchelder: 2500 (cache)

Ce billet me rappelle que je n’enseigne plus et d’une certaine manière cela me manque. Notamment pour rester connecté à une réalité qui n’est plus la mienne mais que je considère être importante pour pouvoir continuer à ressentir de l’empathie.

Préparation

Early in the lockdown, when the future of the supply chain was uncertain and everyone was panic shopping, I imagined all the doomsday preppers out there must have been feeling pretty smug. While the rest of the world freaked out, I pictured them calmly swinging their bunker doors shut and gazing fetishistically at their stockpiles of food, fuel, and ammunition, secure in their self-sufficiency. But how self-sufficient are they really? Did they grow and can that food? Did they smelt the steel and fashion their firearms from it? Did they mix the gunpowder? Did they build the internal combustion engines that power their generators? Did they extract and refine the oil that powers those engines?

On dependency (cache)

Je crois que le fait d’être un peu plus préparé/confiant permet de moins céder à la panique et donc de ne pas avoir des actions (trop) irréfléchies. Que ce soit dans la gestion de son capital — au sens large — ou de l’évaluation du risque et de son évitement.

Dans ces situations, j’ai la croyance que de prendre des décisions un peu moins « instinctives » que son voisin peut faire la différence. Ne pas se protéger des autres mais de ses propres réactions en somme.

But the ritual of counting and stacking and sorting the cans—like so many rituals of faith—offered something more abstract than physical sustenance: peace of mind, a sense of hope, something to grip while the world is unraveling.

How to Stockpile Food (cache)

Argumenter

argdown. Une syntaxe texte pour décrire et gérer un débat à propos d’un sujet. Il est possible de voir une représentation graphique du débat.

lion affranchi (cache)

Je découvre grâce à Karl que cet outil peut au moins être utilisé pour représenter des discussions techniques (cache) mais je l’imagine déjà pour visualiser des débats parlementaires ou de société.

J’ai encore un peu de mal à prendre en main la syntaxe mais c’est probablement par manque de culture/vocabulaire dans le domaine. Il faudrait que je me fasse la main sur un sujet facile.

Banlieue

Il y a un principe d’identité fort exprimé par Myriam Ségal : le Québec est une banlieue, et vivre en banlieue c’est aller au Costco. La radio de Québec nous l’enseigne depuis longtemps, il y a le vrai monde qui travaille et consomme, et les hippies du centre-ville qui critiquent les premiers en se pognant le beigne. Ils sont à la fois pauvres et snobs, ils n’ont pas de char ou pas de famille ou pas des deux, et donc ne vont pas au Costco.

Fuck Costco (cache)

Il faudrait que je me décide à aller faire un tour à Costco, au moins pour ma culture. Après bientôt 4 ans sur le territoire québécois je n’ai toujours pas de char. Ceci expliquant peut-être cela.

Carbone

So in total, this puts us at ~820 tCO2e for 2019.

Towards carbon negativity (cache)

Comment mesurer le coût du JavaScript (aussi minimaliste qu’il soit) qui tourne chez les 3,3 millions de clients annoncés ? Qui est responsable de ce CO2 là ?

Liberté

[Après lui avoir demandé de faire un truc.]
— Je suis libre, je ne suis pas un chien en laisse, je suis un loup !

Comment ne pas saccager l’innocence de l’enfance ? Comment partager le fait que l’autonomie est un moyen de couper la laisse ?


Réagir ?

July 03, 2020 11:00 AM

July 02, 2020

Karl Dubost

petit manuel pour voir une éclipse de Soleil

Tambour d'une lessiveuse avec reflet Singapour, 25 décembre 2019

The sliding paper door in front of her nose had faded to a distinctly antique hue, each thin sheet of paper the only thing between her and the bracing winds of the shifting world oustide.
— Red (An anthology of Japanese Proletarian Literature) - Nakamoto Takako, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Il est toujours un peu plus difficile de voir une éclipse de Soleil, qu'une éclipse de lune. L'éclipse de Soleil est très locale et à moins de voyager vers le lieu, il n'est pas possible de voir l'événement. C'est pour cela que j'ai de partager ce petit guide.

Pour mettre tous les atouts de votre côté, il est important de se rendre dans un lavomatic après une longue journée de noël. Le 25 décembre est vraiment le mieux. Vous devez choisir de préférence un qui est ouvert très tard la nuit car entre le lavage et le séchage, vous allez probablement passer environ deux heures dans le lieu. 23h00 semble être une bonne heure pour commencer la lessive. N'oubliez surtout pas d'avoir des pièces locales ou des jetons. Une fois, la lessive démarrée regardez le mouvement du linge dans le tambour jusqu'à l'épuisement. C'est important pour le succès de l'opération. Ne lisez pas le livre que vous aviez pris avec vous.

C'est à ce moment que vous vous décidez à aller mettre le pied dehors et d'aller vers le 7-11 local pour vous rafraîchir, regarder la vie nocturne, et acheter une crème glacée au chocolat. L'ennui est un bon déclencheur de la vie active. Juste avant de passer à la caisse, achetez le journal local, trop épais des publicités et des petites annonces.

Retournez vers le lavomatic, mais mangez votre crème glacée à l'extérieur. Et puis finalement, avec la chaleur de la nuit et le goût du chocolat sur la langue, retournez de nouveau en face de votre machine à laver et commencez à ouvrir le journal. Là dans les pages intérieures, découvrez tout le programme, les lieux et heures de meilleures visibilités de l'éclipse.

Ce petit guide est encore plus efficace quand vous avez étudié l'astrophysique il y a plus de 25 ans, que vous avez préparé un voyage à Singapour en décembre 2019 sans aucune idée qu'il y allait avoir une éclipse. Un petit sentiment d'hilarité, de confusion, de honte et de plaisir apoplectique vous envahit.

Le 26 décembre 2019 à Tiong Bahru, l'éclipse annulaire de Soleil.

éclipse annulaire de Soleil Singapour, 26 décembre 2019
ombre des feuilles pendant une éclipse annulaire de Soleil Singapour, 26 décembre 2019

sur le bord du chemin

July 02, 2020 02:59 PM

July 01, 2020

Karl Dubost

lion affranchi

Lion en marbre Tsujido, Japon, 1er juillet 2020

Good times are going to come our way too, she'd say. We just have to keep doing out best and work hard.— That's the way she was always thinking. I guess that's why she kept working with a vengeance.
— Comrade Taguchi's Sorrow (An anthology of Japanese Proletarian Literature) - Kobayashi Takiji, urn:isbn:978-0-226-06837-4

Dans la maison d'une artiste, laissée à l'abandon, qu'un ami a racheté, tout était en place, juste avec un peu plus de poussières. J'ai récupéré des objets ici et là, dont deux petits lions en marbre qui sont des sceaux encreurs au nom de l'artiste.

Je les regarde souvent. Ils me rappellent le moment de la découverte de la maison, la poésie de son oubli. Je me demande aussi souvent si je devais réaliser un sceau similaire, quel serait le motif sculpté sur le dessus ? Un chêne ? Une représentation de La Grange ? Et quels caractères pour le sceau, mon nom en japonais comme le sceau actuel, ou le mot Grange (納屋). Et pourquoi y mettre un nom ? L'objet doit il être uniquement fonctionnel ou avoir le caractère d'une émotion.

sur le bord du chemin

  • argdown. Une syntaxe texte pour décrire et gérer un débat à propos d'un sujet. Il est possible de voir une représentation graphique du débat. Voir cet example.

  • 20% du fond des océans est maintenant cartographié. En 2017 uniquement 6% était cartographié.

    The sustained increase in data available to map the ocean floor will enable Seabed 2030 to play a leading role in delivering a comprehensive set of authoritative data that is freely available for all to use.

    data set and products. Il existe aussi un outil de navigation de la carte.

    Peut-être un jour donnerons-nous des noms encore plus localisés ? Il existe des « rivières » au fond de l'océan. Près de Tokyo, le Canyon de Boso semble se jeter dans le bassin de Katsuura.

  • The end of the Redis adventure.

    I write code in order to express myself, and I consider what I code an artifact, rather than just something useful to get things done. I would say that what I write is useful just as a side effect, but my first goal is to make something that is, in some way, beautiful. In essence, I would rather be remembered as a bad artist than a good programmer.

  • Sur la boîte aux lettres, cherchant un abri pour éviter la pluie, un Acalolepta fraudatrix. Il a de très longues antennes et a un corps long de près de 3 cm. J'ai oublié de prendre une photo. Dommage.

July 01, 2020 02:59 PM

June 30, 2020

Karl Dubost

silicone

Appareils mobiles Tsujido, Japon, 30 juin 2020

Entre l'obscurité et la lumière seulement, dans cet interstice bleuâtre seulement, nous parvenons à nous regarder en face.
— Blanc - Han Kang, urn:isbn:979-10-97390-75-4

Les papiers ne sont pas les seules choses que nous accumulons. Quelle tristesse de voir tous ces appareils électroniques dont parfois un seul composant n'est plus fonctionnel, ou ne peut plus être mis à jour parce que faisant parti d'un écosystème fermé. Nombre de ceci sont des appareils de test mais pas tous.

Et j'ai compté dans la maison il y a 8 ordinateurs portables dont juste 3 sont utilisés. Le recyclage est un autre problème tant aux données personnelles. En général pour les ordinateurs j'enlève le disque dur si je dois m'en débarasser.

Et combien d'ordinateurs en tout ai-je dû utiliser. Le précédent laptop avait un clavier non fonctionnel et le jour même où le nouveau est arrivé, la batterie de l'ancien a cessé complètement de fonctionner.

Je fais partie du problème.

sur le bord du chemin

June 30, 2020 02:59 PM

June 29, 2020

Karl Dubost

ces choses chaotiques

Lierre à l'intérieur d'une maison Tsujido, Japon, 27 juin 2020

Sans doute enfin réalisera-t-elle que les arbres autour d'elle sont revenus à la vie, comme subjugués par quelque chose, qu'ils exhalent un parfum suffocant et mystérieux et qu'ils s'embrasent vers les hauteurs, vers le vide, vers la clarté, pour atteindre la plénitude.
— Blanc - Han Kang, urn:isbn:979-10-97390-75-4

Quand notre humanité aura enfin laissé place à la biologie, alors oui peut-être, nous pourrons vivre plus sereinement. Quand le lierre aura enchaîné notre chair, quand la racine aura absorbé nos cendres, quand il n'y aura plus que l'idée de nous.

Les familles ont des légendes. Les légendes avant de devenir légendes sont de grotesques faits divers. Le fait social pèse sur la misère. Une centaine d'année pour découvrir crimes et délabrements. Il y a la nature d'un roman, des caractères et des études de cas. Peut-être un jour lorsque le souvenir sera apaisé. La souveraineté du corps des femmes n'est toujours pas là. Elle était absente, il y a un siècle. Et bien sûr, il y a tout ce qui n'a jamais été écrit dans la presse.

sur le bord du chemin

  • Indiennes et indienneurs à Rouen. Quand l'impression de tissu était prohibée.
    Rouen a été, après Mulhouse, le second centre français de l'indiennage, c'est-à-dire de la coloration partielle des cotonnades selon les méthodes indiennes, avec usage de mordants métalliques (sels d'alumine et de fer), introduites en Occident par Marseille vers 1650. Durant la longue période mal connue (1686-1759) où étaient officiellement prohibés la fabrication, le commerce et même le port des indiennes la région rouennaise ne semble pas cependant avoir totalement ignoré cette industrie. Dès la fin de 1701 est interdite par arrêt du Conseil l'impression sur siamoises (toiles métisses à chaîne de lin et trame de coton, dont les négociants rouennais ont été les initiateurs à la fin du XVIIe siècle) ; vers 1710, des teinturiers normands mettent au point la cuve en bleu «à froid » (dissolution de l'indigo par du sulfate de fer) qui permet l'impression à la réserve (avec une pâte à la cire, fongible) ; un indienneur rouennais, Jean Lefebvre, est naturalisé à Neuchâtel en 1736 ; et surtout, en 1729, un teinturier protestant de Bolbec, Jacques Le Marcis, obtient un privilège exclusif (pour vingt ans) afin de produire des flanelles (petites étoffes de laine) imprimées, suivant un procédé anglais, par estampage à chaud à la planche de cuivre gravée. Visitée par Mignot de Montigny en 1753, cette entreprise comportait six presses, chauffées au charbon de terre et servies chacune par deux ouvriers. Son importance vient de ce qu'elle utilisait les mêmes «drogues » que l'indiennage interdit, en l'occurrence l'indigo, l'arsenic, l'acide sulfurique. A l'expiration du privilège de Le Marcis, le négociant rouennais André Pavie, «maître du commerce des serges imprimées », avait monté une entreprise concurrente, au capital de 100.000 livres, établie au Nid de Chien, dans la vallée de PAubette, et autorisée par arrêt du Conseil en mars 1754. Un autre teinturier d'Eauplet, François Forestier, associé à un brasseur, qui pratique lui aussi, en 1758, l'impression sur lainages, semble toutefois avoir enfreint la prohibition en imprimant des toiles de coton. D'où viennent en effet les siamoises «façon d'indiennes » que la maison rouennaise Rouhier et Delessart vend, en juillet 1755, à des négociants montpelliérains ? Deux ans plus tard, les commis des Fermes saisissent, à Caudebec, sur un marchand de Bolbec 9 coupons de «toiles à fleurs » et 7 «moules en bois », indice indéniable d'une impression. Interrogé, il finit par avouer que le tout appartient à son fils, Guillaume Bennetot (alors âgé de trente ans et plus tard fabricant à Rouen) «qui imprime à façon pour les particuliers ». En octobre 1758, nouvelle saisie, à Pavilly, sur un colporteur auvergnat de deux sacs d'indiennes «achetées à Rouen ». Mais le mystère reste entier de ces fabriques clandestines antérieures à la levée de la prohibition en septembre 1759.
  • Rubin, Un nouveau télescope est en cours de construction au Chili dans les Andes. Dans sa mission, entre autres, la recherche des objets à la limite du système solaire. Début : 2022. Ne pas oublier que ces projets ont une longue histoire derrière eux. Les premières ébauches démarrent en 2008.
  • Setting up a personal DoH server
  • Costes et Le Brix en tour du monde en avion. Encore des aventures à explorer dans Gallica. Dans une prochaine vie, je voudrais être un raconteur de Gallica.

carte du trajet en avion

June 29, 2020 02:59 PM

June 28, 2020

Karl Dubost

grains de souvenirs

Différentes herbes aromatiques Tsujido, Japon, 28 juin 2020

Puis elle a souvent oublié.
Que son corps (nos corps à tous) était une maison de sable.
Qu'il n'avait cessé de se défaire et continuait à se défaire.
Qu'il s'écoulait irrémédiablement entre les doigts.
— Blanc - Han Kang, urn:isbn:979-10-97390-75-4

Après la pluie, la cueillette.

De la menthe pour le thé et le taboulé.
Du persil pour la sauce tomate.
Des feuilles de shiso pour les sashimis.
Du basilic pour les pâtes.

« Mon cœur est devenu jardin. » (دل باغ باغ ہو گیا)

Météogramme Tsujido, Japon, 28 juin 2020

Jour de pluie, jour de tri, dans le bureau, des vieux papiers, cahiers, photos glissent sur mes doigts. Je trouve des poussières d'étoiles.

Cahier de notes astronomiques Tsujido, Japon, 28 juin 2020

Mes notes de travail pour créer l'analyse spectrale des atmosphères stellaires. Il y a certaines choses que je n'avais pas vu depuis plus de 25 ans. Je suis étonné par la régularité et la propreté des ces carnets de notes.

J'ai également trouvé une enveloppe cachetée et probablement écrite et non envoyée, mais je ne me souviens ni de son contenu, ni de l'année à laquelle elle a été écrite. Je vais l'envoyer sans l'ouvrir à l'adresse indiquée. Une transmission tout à fait astronomique et relative. Il faut du temps pour que les mots nous éblouissent.

sur le bord du chemin

  • wagashi. Dommage que ce soit un compte Instagram.

June 28, 2020 02:59 PM

June 27, 2020

Karl Dubost

solitude du lotus

fleur de lotus Fujisawa, Japon, 27 juin 2020

Mais ces lumières seront encore là, leur blancheur gelée dans un silence et une solitude toujours aussi intenses.
— Blanc - Han Kang, urn:isbn:979-10-97390-75-4

Les lotus ont fleuri. Chacun émerge seul de la vase pour un court moment. Ils sont là et déjà n'existe plus que dans nos mémoires.

fleur de lotus Fujisawa, Japon, 27 juin 2020

sur le bord du chemin

  • Petit à petit, les cas augmentent de nouveau. 57

June 27, 2020 02:59 PM

June 26, 2020

Karl Dubost

grilles sans dessus-dessous

Fenêtre et porte Kugenuma, Japon, 26 janvier 2020

Le cube enveloppé dans du papier blanc était d'une régularité parfaite — trop parfaite, lui semblait-il.
— Blanc - Han Kang, urn:isbn:979-10-97390-75-4

Aujourd'hui, mat sur #openweb avait un problème intéressant. Et comme cela fait longtemps que j'ai partagé une astuce technique sur ce carnet.

Voici le markup de départ qu'il était interdit de changer.

<div class="container">
  <ul>
    <li>Contenu A</li>
    <li>Contenu B</li>
  </ul>
  <div class="whatever">Contenu C</div>
</div>

La demande était : est-il possible de placer… juste avec CSS.

  • le contenu C à droite du contenu A
  • et avoir le contenu B occuper toute la largeur occupée par le contenu A + C

C'est possible avec la feuille de style suivante :

.container {
  display: grid;
  grid-template-areas:
    "a b"
    "c c";
  grid-template-columns: 1fr 10em;
}

.whatever {
  grid-area: b;
}

ul {display: contents}

li:nth-child(1) {
  grid-area: a;
}

li:nth-child(2) {
  grid-column-start: 1;
  grid-column-end: 3;
}

Le secret se trouve dans le display: contents

The element itself does not generate any boxes, but its children and pseudo-elements still generate boxes and text runs as normal. For the purposes of box generation and layout, the element must be treated as if it had been replaced in the element tree by its contents (including both its source-document children and its pseudo-elements, such as ::before and ::after pseudo-elements, which are generated before/after the element’s children as normal).

mais cela crée un petit problème d'accessibilité.

En image si vous voulez jouer avec les paramètres.

sur le bord du chemin

  • Artist Barbara Iweins on spending two years photographing all 10,532 objects in her house.

    Having spent so long focussing on the vulnerability of others, recently, Barbara decided to turn inwards, using her own private life as a case study for the first time. “It was time for me to lay myself bare a little as well,” she adds. The result is Katalog, a project she began in 2018 which she describes as “a radical confrontation with my possessions through my photographic lens. The exposure of oneself, pushed to its paroxysm.” In a mammoth project, for two years and 15 hours a week, Barbara isolated herself and photographed all 10,532 objects in her house. “In order to rigorously confront myself with everything I own, I then classified everything by material, colour, their frequency of use and their emotional value.”

    “During my voluntary confinement, I read a lot about the search for material happiness. Over time, I realised that most of my possessions are more a source of confusion than pleasure. I feel little attachment to them, but at the same time, isolating my possessions (even the most ordinary one) and classifying them according to specific criteria, gives them an importance and a certain subjective beauty. As such, even a bottle of cough syrup that leaks down the sides develops an aesthetic interest that I would like to retain. I hoped to say goodbye to many things, but ended up loving so much more of my belongings.”

  • It’s time to change the way the media reports on protests. Here are some ideas.

    A 2010 study that analyzed 40 years of protest coverage in five major newspapers, including The New York Times and The Washington Post, found that the papers depicted protests — even peaceful ones — as nuisances rather than as necessary functions of democracy.

June 26, 2020 02:59 PM

June 25, 2020

Karl Dubost

11 ans après

Balai et journal roulé New-York, États-Unis, 25 juin 2009

Certains souvenirs ne se délitent pas avec le temps. Il en va de même pour certaines douleurs. Il n'est pas vrai qu'elles contaminent et détruisent tout.
— Blanc - Han Kang, urn:isbn:979-10-97390-75-4

Voilà, nous marchions dans les rues du quartier de Chelsea, New-York pour rejoindre le parcours la High Line. Le béton, les chewing-gums collés sur le sol, la rouille, et l'architecture industrielle non sophistiquée du quotidien. Quelles étaient les nouvelles de ce jour là ? Que se passait-il dans le monde ? Quelles aberrations internationales vivions-nous ? Michael Jackson, la musique de mes années collège, and Farrah Fawcett, l'actrice de la série télévisée « l'homme qui vallait trois milliards » —quel titre !— meurent. Pas ensemble. Nous étions aussi au cœur d'une pandémie, H1N1. Mais tout cela s'est évanoui. Et dans 11 ans que restera-t-il de l'année 2020 ? Si nous existons encore, que sera le souvenir de cette journée ? Ah oui… peut-être, pour la toute première fois, il a demandé s'il pouvait aller jouer dehors avec les enfants du quartier, et pour la toute première fois, nous avons calfeutré nos angoises et nous avons dit « oui. » Un bonheur festif nous élève en voyant son visage réjoui avant de partir et en entendant depuis les fenêtres le son de sa voix et de ses rires.

sur le bord du chemin

  • https://twitter.com/kazumiyamashita/status/1275386281522892801/photo/1 destruction de cette belle maison in gotokuji.

  • https://www.python.org/dev/peps/pep-0622/#id5 case-match python

  • Critique solide du dernier film de Spike Lee à propos de la guerre américaine au Vietnam par viet thanh nguyen, journaliste d'origine vietnamienne.

    Perhaps this is asking too much from a Black story, but it’s Lee himself who sets the high bar. “Da 5 Bloods" clearly aspires to be a movie that jabs at American racism and imperialist warmongering, but whereas it succeeds at the former, it fails at the latter. Why? In putting Black subjectivity at the center, Lee also continues to put American subjectivity at the center. If one can’t disentangle Black subjectivity from dominant American (white) subjectivity, it’s impossible to apply a genuine anti-imperialist critique. Hence the marginalized Vietnamese continuing to serve their role as excuses for a Black drama staged against America’s Black-white divide.

    Il partage aussi ces recommendations de lecture sur cette guerre.

    Lien Hang Nguyen, Hanoi's War, brilliant; Yen Le Espiritu, Body Counts, lays out "critical refugee studies"; my own Nothing Ever Dies: Vietnam and the Memory of War; Mai Elliot, Sacred Willow; Andrew Pham, Eaves of Heaven; Le Ly Hayslip, When Heaven and Earth Changed Places

  • The soul of Tokyo by Issei Suda.

  • A Giant Dust Storm Is Heading Across the Atlantic

    The Saharan dust cloud is a billowing ribbon of life-giving minerals such as iron and phosphorus that fertilize the most biodiverse oases on the planet, including the lush menagerie that is the Amazon rain forest. Phosphorus, a vital nutrient for plant growth, drains quickly from Amazonian soil after rainfall or flooding, escaping into waterways, and in the Amazon, abundant rain is a given.

  • Temps perdu. On justifie toujours mieux tout ce que l'on aurait pu faire quand on a une excuse de ne pas pouvoir le faire.

    Temps perdu, travail interrompu, projets qui ne verront pas le jour. Mais en réalité, ce long moment où les salles sont vides et où les artistes ne peuvent aller sur scène, n’est-ce pas la cristallisation grossissante du temps d’avant, où les salles étaient souvent peu remplies et où de nombreux artistes ne parvenaient pas à se faire programmer, faute d’entrer dans la grille des normes des programmateurs ? À se demander si ce n’est pas depuis une trentaine d’années qu’on est entré dans le temps perdu, dans les imaginaires perdus, dans les légendes perdues.

June 25, 2020 02:59 PM

David Larlet

Ouvertance

Je n’ai pas trouvée de meilleure traduction à « openness ».

Accessibilité

Any Government of Canada service (and ones delivered and built by third parties) needs to meet WCAG 2.0 AA accessibility standards. This is mostly the basics e.g. keyboard navigable, has sufficient colour contrast, has good headings and image alt-text, etc.

Not meeting WCAG 2.0 AA is a semi-frequent source of lawsuits that the Government of Canada always loses.

A short introduction to building digital services in the Canadian government (cache)

J’aime beaucoup ce que partage Sean Boots sur son blog. Je suis de plus en plus reconnaissant des personnes prenant ce temps. Et j’ai l’impression qu’elles sont de nouveau (cache) de plus en plus nombreuses.

Dans ma bulle en tout cas.

Confiance

It’s just unfortunate that a company can so easily set itself apart simply by being honest and fair.

Thoughts on Trust in Business (cache)

J’aime beaucoup ce que produit et partage Basecamp mais ironiquement je n’ai jamais utilisé l’un de leurs produits sérieusement. Et il semblerait que Hey! ne déroge pas à la règle tant que je ne peux pas contrôler le domaine.

Je suis très intéressé par leur façon d’aborder le problème cela dit et je n’exclus pas de mettre en place mes propres règles dans Mail.app afin d’arriver à un résultat approchant.

Faire confiance est différent d’acheter ses propres menottes.

Targets

In other words, if you upload a list of a few thousand people who are open to your message, whether it is interest in a harmless hobby or incendiary claims against a political opponent, Facebook’s vast surveillance machinery, giant databases, and top-of-the line artificial-intelligence tools can help you find many, many more similar targets—which you can reach as long as you’re willing to pay Facebook.

Trump’s Executive Order Isn’t About Twitter (cache)

Facebook est un livre ouvert… pour celles et ceux qui ont les poches suffisamment profondes.

Lissage

First, turn OFF “Font smoothing” in System Preferences → General

That preference name is misleading. It used to be called “LCD font smoothing”, which suggested subpixel antialiasing. But Apple removed subpixel antialiasing from macOS in 2018, the same month it retired its last non-retina notebook.

The other thing the name suggests is that your fonts might not be smoothed at all. This is not the case either.

What it actually does is it makes font slightly bolder

Time to upgrade your monitor (cache)

Suite à cet article, j’ai désactivé le lissage des polices et ma vie a changé à tout jamais. Ou du moins est-elle plus light. J’ai enfin vu la lumière sur ces histoires de pixels et de densité… J’ai un peu l’impression d’avoir changé une seconde fois de machine dans le même mois.

Ne pas oublier de le retirer des préférences de SublimeText si font_options contient la valeur subpixel_antialias, je ne sais plus si je l’avais ajouté ou si c’était la valeur par défaut à un moment. Je dois utiliser cet outil depuis bientôt 10 ans…

Algocratie

Là où les technocrates remettaient volontiers le pouvoir aux ingénieurs, donc à des personnes considérées comme détenant un savoir supérieur aux citoyens, politiciens y compris, les algocrates semblent considérer que le pouvoir peut être délégué aux objets techniques eux-mêmes, les algorithmes prenant les décisions à la place des citoyens et des élus. Ces algorithmes, bien qu’échappant au contrôle des individus, auraient néanmoins, dit-on, la faculté de créer de nouvelles solidarités sociales, comme si les citoyens n’avaient pas la capacité d’agir pour générer eux-mêmes des liens sociaux.

Des technocrates aux algocrates (cache)

Et pourtant, un petit village résiste encore et toujours à l’envahisseur et tente de faire des choses via publi.codes et d’autres initiatives au sein de l’État existent pour tenter de rendre les algorithmes intelligibles.

Comment les rendre plus lisibles et visibles ?

But in this moment, the conversation we should be having—how can we fix the algorithms?—is instead being co-opted and twisted by politicians and pundits howling about censorship and miscasting content moderation as the demise of free speech online. It would be good to remind them that free speech does not mean free reach. There is no right to algorithmic amplification. In fact, that’s the very problem that needs fixing.

Free Speech Is Not the Same As Free Reach (cache)

Une pensée pour les personnes développant des produits open-source et devant faire ces choix.

Maintenance

Willison maintains 73 open source projects, and he says the only way you can maintain 73 projects is if you treat every single one of them as if you’re not a core maintainer. Each must have a ReadMe and tests and detailed issue threads discussing what he was working on. “Because then you can drop back into them after a six-month gap and be productive with them,” he says.

“I’m an open source maintenance group with a population of one,” Willison says. “I’m taking the lessons I learned [at Eventbrite], a 600-engineer organization, and applying them to a one-engineer organization.”

Datasette: A Developer, a Shower and a Data-Inspired Moment (cache)

Quand la rigueur est libératrice. Je suis vraiment admiratif de réussir à maintenir autant de bouts de codes. Mes centres d’intérêts semblent être bien… étriqués (?) en comparaison, au bout d’une poignée de produits je me lasse et j’ai besoin d’élaguer pour libérer la charge mentale associée.

Paillasse

My blog is my laboratory workbench where I go through the ideas and paragraphs I’ve picked up along my way, and I twist them and turn them and I see if they fit together. I do that by narrating my way between them. And if they do fit, I try to add another piece, and then another. Writing a post is a process of experimental construction.

Quotebacks and hypertexts (cache)

En parlant de paillasse, j’ai enfin terminé de décliner un thème sombre/foncé pour cet espace grâce à l’aide d’Anthony et j’ai appris plein de trucs (et on a trouvé un bug). J’aime prendre le temps d’expérimenter en un lieu qui n’est critique que pour moi. L’idée initiale était de faire un sélecteur de thème (le truc que vous voyez en pied de page) suffisamment générique pour qu’il soit applicable facilement par n’importe qui proposant un thème sombre via sa CSS mais ça s’est révélé être plus difficile que prévu. Je ne sais pas encore si ça sera le cas et au pire vous pouvez aller faire un tour dans le code source de ces pages. Note, on peut aller beaucoup plus loin (cache) dans le domaine.

Au passage, cela m’a fait passer en mode adaptatif en fonction de l’heure du jour sous macOS et je suis super content d’avoir testé ça notamment car cela délimite plus clairement ma journée et mes activités. Et puis, maintenant je peux chialer sur des services qui n’ont pas de thème sombre (coucou Microsoft Github) ou passer des heures à faire en sorte que mes applications suivent les préférences du système d’exploitation (cette traduction est toujours aussi fabuleuse).

J’ai un autre truc sur la paillasse en ce moment c’est d’utiliser l’option data-instant-intensity="viewport-all" de instant.page que j’utilise depuis de nombreuses années (c’est l’ancien instantclick, merci Alexandre Dieulot !). C’est limite car ça veut dire que ça précharge tous les liens locaux et donc tous les articles en cache lorsqu’ils entrent dans la fenêtre visible. Mais je me dis que pour un usage nomade c’est pas plus mal et ça respecte le header Save-Data pour les personnes qui ont cette option. Normalement, tout devrait sembler encore plus instantané, en espérant ne pas être allé trop loin…

The Last Dance

J’ai finalement vu ce documentaire où des millionnaires parlent d’autres millionnaires. J’ai joué au basketball pendant ces années là, beaucoup, vraiment beaucoup. J’avais le maillot de Jordan et ses chaussures. Aussi, difficile de ne pas s’y retrouver et tout est fait pour ça. Une chose qui m’a marqué dans je ne sais plus quel épisode, c’est de montrer que Nike est devenu la marque actuelle en grande partie grâce au concours de Mickael Jordan à cette époque.

Au vu de la popularité sur Netflix, ça me donne une bonne idée du pourcentage de la population des abonné·e·s (cache) qui a mon âge… good shot!

Manque à gagner

En ville, le libéral, le gauchiste, le révolutionnaire et le grand bourgeois payent leur pain, leur essence et leurs taxes. L’ermite, lui, ne demande ni ne donne rien à l’État. Il s’enfouit dans les bois, en tire subsistance. Son retrait constitue un manque à gagner pour le gouvernement. Devenir un manque à gagner devrait constituer l’objectif des révolutionnaires. Un repas de poisson grillé et de myrtilles cueillies dans la forêt est plus anti-étatique qu’une manifestation hérissée de drapeaux noirs. Les dynamiteurs de la citadelle ont besoin de la citadelle. Ils sont contre l’État au sens où ils s’y appuient dessus. Walt Whitman : « Je n’ai rien à voir avec ce système, pas même assez pour m’y opposer. »

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson

La saison de la mouche noire tire à sa fin, il est temps de repartir en forêt. De se rêver ermite tout en continuant à contribuer au système de manière plus ou moins volontaire. Le plus contradictoire étant de consommer tant de matériel et (donc) d’énergie carbonée pour pouvoir accéder à cette position.

Un ermite a-t-il des privilèges ?


Réagir ?

June 25, 2020 11:00 AM

June 24, 2020

Karl Dubost

rhubarbe

tarte Tsujido, Japon, 21 juin 2020

L'endroit où il ne peut aller.
— Blanc - Han Kang, urn:isbn:979-10-97390-75-4

Quand je cuisine une tarte à la rhubarbe, c'est la carresse d'une mère que je réchauffe dans le four. Nous n'apprenons pas à cuisiner avec nos parents. Nous continuons le geste lancé dans l'enfance. Le temps n'est pas une destination. Il nous traverse par le murmure d'une façon dont nous nous souvenons le parfum et le mouvement. Chaque minute de cuisson nous rapproche de la nostalgique extase du goût, de l'amour, des après-midi de cuisine. Cette première bouchée, celle où l'impatience de la chaleur rencontre le désir de la douce acidité, nous invite à fermer les yeux, de peur que le souvenir qui tambourine les paupières se dissolve dans l'immensité du présent. Nous sommes là et nous ne pouvons qu'être là mais nous avons convié involontairement la mémoire au festin d'une réminiscence qui déjà s'efface à mesure que l'on avale. La rhubarbe n'est plus. Il nous reste l'éblouissement.

sur le bord du chemin

  • L'écriture est partie par Anh Mat. À voir, à écouter, à écrire.

  • Uncomfortable Conversations with a Black Man - Episode 2 with Matthew McConaughey

  • How the Coronavirus Will Reshape Architecture.

    Quarantine has led them to grow exhausted with the things they keep in the space, even though—with the exception of toddler accessories—they are relatively few. “You look at every detail of things. They limit you. If you have less you feel like you are more free, in a weird way,” Duman told me. Sustained scrutiny can breed discontent. Over the past two months, “interior designers got very busy,” he said. “People are, like, ‘I hate this space.’ ” Spending so long in one place might require an environment that can change more freely so that we don’t get bored. Usually a wall is static; “I don’t know that that’s necessary,” Duman said. “If it was on wheels, imagine how much fun you would have.”

    Avec un bémol, cependant, car cet article repose sur le prémice d'une population privilégiée qui peut penser son espace comme quelque chose de modifiable et dans des contraintes économiques confortables pour pouvoir le modifier.

    The future of cities will be a fundamental question of density.

  • git en anglais quand le terminal est en français. Mon .zshrc contient

      export LANG="fr_FR.utf-8"
      export LANGUAGE="fr_FR.utf-8"
      export LC_ALL="fr_FR.utf-8"
      export LC_CTYPE="fr_FR.UTF-8"
    
    

    ce qui malheureusement transforme tous les messages des commandes git en français à la place de l'anglais. Mon cerveau est configuré pour travailler en anglais avec git. La solution est simple, ajouter un alias dans le .zshrc:

      alias git='LANGUAGE=en_US git'
    
  • Dans les offres de cinéma-télévision, il y a une absurdité ubuesque. Par exemple, une plateforme comme Apple TV propose la majorité des films et séries télé en version doublée française sans accès à la version originale. Je suis au Japon, mon compte Apple est en France et je veux voir les films en VO (en anglais sans sous-titre). C'est impossible pour de nombreux films. Comme me dit un ami, le piratage a encore de l'avenir devant soi.

June 24, 2020 02:59 PM

June 23, 2020

Karl Dubost

tobi ishi

pierres plates de chemin Tsujido, Japon, 19 juin 2020

La frontière entre le ciel et la terre a disparu.
— Blanc - Han Kang, urn:isbn:979-10-97390-75-4

Dans les jardins, nous pouvons de temps en temps apercevoir un chemin de pierre. 飛石 (tobi-ishi) est composé du vol (de l'oiseau) 飛 et la pierre 石. D'une pierre à l'autre, nous pouvons voler au dessus de l'humide saison des pluies. La pierre nous protège t elle de l'éventuelle agression humide, poussièreuse, vénéneuse ou instable du sol ? Ou est-ce là un artifice pour délimiter un territoire choisi permettant à l'humain de ne pas détériorer les éléments végétaux et animaux, de ne pas laisser de traces en marquant la résistance d'une trace.

Est-ce finalement la recherche d'un équilibre dans la grande complexité de nos contradictions ?

sur le bord du chemin

  • Dans ce dessin là, j'aime les détails en loupe.
  • after
    Because of the pandemic, the art world has been looking a lot at screens, and also talking a lot about looking at art on screens. Since the advent of film theory, it’s been argued that it’s not just the spectator, sitting in the dark at the cinema, who looks up at the screen; the screen looks back at us too, in a way. Though it does not return, so much as constructs our gaze, partially shaping the very conditions of seeing.
  • kayak autobiographie. Une « photobiographie » est une intimité libérée des contraintes de notre mémoire personnelle qui permet aux autres de feuilleter les pétales de notre imagination.
    On en montre si peu sur une photographie. Au contraire même d’une opinion trop généralement admise que l’image montre — la tension que tu portes à une image c’est bien pour savoir tout ce qu’elle ne montre pas, y compris parce que dissimulé par des éléments de l’image elle-même.
  • On me communique un bien pratique système de calcul d'itinéraire pour vélo.

June 23, 2020 02:59 PM

June 22, 2020

Karl Dubost

aborder l'arbre

Arbre au milieu de la route Kita-Kamakura, Japon, 20 juin 2020

Deux être liés l'un à l'autre et qui ne savent pas ce qui vient de commencer.
— Blanc - Han Kang, urn:isbn:979-10-97390-75-4

De temps en temps, je trouve une route où un arbre n'a pas été coupé, où la route a été construite autour de l'arbre. Très souvent, les vieilles maisons qui sont détruites pour laisser la place à trois ou quatre plus petites est l'occasion d'une destruction terminale des arbres de l'ancienne propriété. Au bout de ma rue, il y a quelques mois, ils ont coupé deux camphriers géants dont l'un était probablement vieux entre 100 et 200 ans. Je suis venu le voir tous les jours pendant l'assassinat. Donc quand la route laisse la place à un arbre, j'ai cet espoir que les arbres comptent un peu.

J'en connais un autre dans une rue de Tsujido, ainsi que celui tout proche de shimokitazawa. J'aime tant ces rencontres, bien trop rares pour qu'elles deviennent une habitude. Le temps d'un arbre est une long traveling sur les bouleversements de l'urbanité environnante. Ainsi de voir un arbre qui dépassent nos générations dans un lieu dédié à l'absence des arbres pénètre encore plus profondément notre intimité de l'écorce. Peau à peau, la main sur le tronc, la lignée sur la paume, je veux croire que nous avons partagé une respiration tendre dans la pente des après-midis de rêveries sous l'humidité des bambous et des rizières.

Arbre au milieu de la route 道の真ん中にある大木, Hanegi, Setagaya, Japon, 30 juin 2007

Quand je parcours une librairie, j'aime les livres aux formats non conventionnels. Quand je pose le livre sur les étagères à la maison, je grogne à la difficulté de le caser.

sur le bord du chemin

  • Han Kang, dessiner l’amie disparue
  • Han Kang and the Complexity of Translation.
    In the English-speaking world, Smith, at the time a twenty-eight-year-old Ph.D. student who had begun learning Korean just six years earlier, was praised widely for her work. In the Korean media, however, the sense of national pride that attended Han’s win—not to mention the twentyfold spike in printed copies of the book, which was a fairly modest success upon its initial publication, in 2007—was soon overshadowed by charges of mistranslation. Though Han had read and approved the translation, Huffington Post Korea asserted that it was completely “off the mark.” Smith defended herself at the Seoul International Book Fair, saying, “I would only permit myself an infidelity for the sake of a greater fidelity.”

June 22, 2020 02:59 PM

June 21, 2020

Karl Dubost

légumes de jardin

Fenêtre et plantes grasses Chigasaki, Japon, 20 juin 2020

Au fil des ans, la porte métallique avait perdu sa blancheur originelle. Elle était sale, la peinture était écaillée à plusieurs endroits attaqués par la rouille. Si ce n'avait été que cela, cette porte aurait été pour moi qu'une chose vétuste et encrassée.
— Blanc - Han Kang, urn:isbn:979-10-97390-75-4

Dans le jardin ce matin, j'ai récolté les haricots verts plantés il y a quelques semaines. Notre première tentative de jardin de légumes est un succès pour cette partie. Les oignions verts végètent, les okras aussi. Les tomates semblent prendrent de l'ampleur et je ne sais pas encore pour les carottes.

Haricots verts dans une main Tsujido, Japon, 21 juin 2020

Nous avons aussi des pots avec du basilic, de la menthe, du persil, des fraises, du shiso et du romarin. Tous poussent à merveille. Quelle satisfaction de mettre dans son assiette quelque chose que nous avons fait pousser. Je fais la chasse aux limaces dans les haricots verts de temps en temps.

Bien sûr, cela ne permet pas d'être auto-suffisant, mais c'est un apprentissage intéressant et donne la mesure de l'investissement pour bien s'occuper du jardin. C'est une première tentative qui est déjà satisfaisante.

Pommes de terre Chigasaki, Japon, 21 juin 2020

Ce matin, nous sommes allés déterrer des pommes de terre dans un champ ouvert par un fermier, un sac pour 300 yens. Tous ensemble les mains dans la terre, la terre sous les ongles, nous avons creusé le plaisir de nos futurs repas.

Pommes de terre Tsujido, Japon, 21 juin 2020

sur le bord du chemin

June 21, 2020 02:59 PM

June 20, 2020

Karl Dubost

mousse sur les routes

Chemin Kita-Kamakura, Japon, 20 juin 2020

Le printemps où j'ai décidé d'écrire sur la couleur blanche, la première chose que j'ai faite a été d'établir une liste : Couverture pour bébé, Lange, Sel, Neige, Glace, Lune, Riz, Vagues, Magnolia dénudé, Oiseau blanc, Rire blanc, Feuille blanche, Chien blanc, Cheveux blancs, Linceul
— Blanc - Han Kang, urn:isbn:979-10-97390-75-4

Dans l'après-midi, le besoin d'épuiser mon corps dans l'effort physique me donne l'envie de chevaucher mon vélo « mousse. » De Tsujido à Fujisawa, puis Ofuna, puis Kita-Kamakura, puis Kamakura, puis Katase Enoshima et enfin retour à Tsujido en passant par Kugenuma. Belle balade, belle montée, chemins et petites routes entre les arbres aux parfums humides de la saison des pluies, les rizières allongées entre les collines et les forêts.

Chemin Kita-Kamakura, Japon, 20 juin 2020
Chemin Kita-Kamakura, Japon, 20 juin 2020
Tori Kita-Kamakura, Japon, 20 juin 2020
Rizière Kita-Kamakura, Japon, 20 juin 2020

sur le bord du chemin

  • les petites coïncidences avec cette photo
  • Publishing with Math Paper Press & Ethos Books
  • on m'a demandé qu'elle était le poisson en photo hier. Il s'agit probablement d'un poisson vache à longues cornes. Il est également toxique.
  • Black Artists For Freedom
  • Que peut la fiction face au déni du racisme systémique ?.
    Que penser, pour autant, de ce paradoxe qui consiste à faire de la fiction le lieu qui doit nous éveiller à la réalité du racisme systémique, quand, chaque œuvre cinématographique qui apparaît dans la série – Sister Night comme Bass Reeves – est marquée du sceau de la manipulation ?
  • mask
    is a CLI task runner which is defined by a simple markdown file. It searches for a maskfile.md in the current directory which it then parses for commands and arguments.
  • airshare
    Airshare is a Python-based CLI tool and module that lets you transfer data between two machines in a local network, P2P, using Multicast-DNS. It also opens an HTTP gateway for other non-CLI external interfaces. It works completely offline! Built with aiohttp and zeroconf.

June 20, 2020 02:59 PM

June 19, 2020

Karl Dubost

sous la pluie sur la plage

pied dans les vagues Tsujido, Japon, 19 juin 2020

Once, while I was writing in a cafe in a quiet town, I was asked by a child a question to which I only found the answer three years later: why do you write?
— The desire for elsewhere - Agnes Chew, urn:isbn:978-981-11-0987-4

Nous sommes allés marcher sur la plage sous la pluie. Nous avons ramassé d'immenses petits trésors. Nous avons découvert des montres marins et des géologies étranges.

poisson mort sur la plage Tsujido, Japon, 19 juin 2020

sur le bord du chemin

June 19, 2020 02:59 PM

June 18, 2020

Karl Dubost

choses simples

blocs en béton Tsujido, Japon, 17 juin 2020

I am with you; I am far infinitely far away from you.
— The desire for elsewhere - Agnes Chew, urn:isbn:978-981-11-0987-4

Je suis délicieusement surpris par le fraisier. Une fraise ou deux chaque semaine qu'il va cueillir et qu'il mange avec délice.


Le long de ce quai, il y a des étoiles de bétons qui flottent sur l'océan, j'aime m'assoir là et juste regarder.

sur le bord du chemin

  • le lycée français de Tokyo recrute localement. Les restrictions aux frontières impliquent que ceux qui leur postent pour rentrer dans leur pays d'origine ne sont pas remplaçables par des personnes venues de l'extérieur du pays. Il est donc nécessaire de trouver des profs locaux. Intéressante conséquence du blocage des frontières.
  • « Une femme » a désormais sa page Wikipédia

June 18, 2020 02:59 PM

David Larlet

Mouvements

Des idées qui poussent, qui bougent, qui rebondissent.

Retours

La cabane a-t-elle un sens politique ? Vivre ici n’apporte rien à la communauté des hommes. L’expérience de l’ermitage ne verse pas son écot à la recherche collective sur les moyens de faire vivre les gens ensemble. Les idéologies, comme les chiens, restent au seuil de la porte des ermitages. Au fond des bois, ni Marx ni Jésus, ni ordre ni anarchie, ni égalité ni injustice. Comment l’ermite, préoccupé seulement de l’immédiat, pourrait-il se soucier de prévoir ?
La cabane n’est pas un point de reconquête mais de chute.
Un havre de renoncement, non un quartier général pour la préparation des révolutions.
Une porte de sortie, non un point de départ.
Un carré où le capitaine va boire un dernier rhum avant le naufrage.
Le trou où la bête panse ses plaies, non le repaire où elle fourbit ses griffes.

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson

J’ai l’impression qu’il y a un mouvement (cache) de fond (cache) chez les privilégiés que je suis1 pour un retour à la terre. Or, ironiquement, c’est peut-être la base du capitalisme et de l’esclavage d’une partie de la population.

Un retour au nomadisme serait probablement plus approprié en matière de frugalité et de société égalitaire. Qu’est-ce que cela signifierait sans avoir un arrière-goût de #vanlife ni des rides de snowbirds ? S’il s’agit d’une migration saisonnière, combien de nationalités sont nécessaires ?!

Note 1 : la beauté de la langue française :-).

This is the progress trap. Each improvement in our knowledge or in our technology will create new problems, which require new improvements. Each of these improvements tends to make society bigger, more complex, less human-scale, more destructive of nonhuman life, and more likely to collapse under its own weight.

Dark Ecology (cache)

Canadobe

Autre anecdote : je suis en train de demander la citoyenneté canadienne. Le seul moyen pour compléter cette demande est de remplir un formulaire PDF en utilisant Acrobat Reader. Impossible de le faire en utilisant un autre logiciel. Je suis donc obligé d’installer un logiciel propriétaire si je veux bénéficier des mes droits. Un formulaire HTML aurait été accessible par tous – en utilisant un standard ouvert. Formulons-le ainsi pour que la dimension d’aberration soit plus évidente : la seule manière pour devenir citoyen canadien est de passer par la société Adobe.

Être libres à l’époque du numérique (cache)

Il faudrait que je fasse un article complet sur le coût d’une expatriation choisie, pour l’instant je vais me contenter de consigner cela ici :

  • il m’a fallu trois ans pour obtenir le Certificat de Sélection du Québec (CSQ pour les intimes) : 2017-04-05 → 2020-04-29 ;
  • il m’a fallu installer Adobe Acrobat Reader DC pour pouvoir saisir des informations personnelles sans avoir aucun contrôle sur l’outil stockant et transmettant ces données ;
  • il m’a fallu envoyer — sans aucune garantie sur leur (non !) pérennité — des données incluant l’ensemble de mes déplacements trans-frontaliers et emplois de ces 10 dernières années + l’intégralité de mes études et diplômes ;
  • il m’a fallu utiliser un hack de développeur web pour passer une étape de manière probablement illégale (note : rien de fou non plus, un champ disabled uniquement côté client…) ;
  • il m’a fallu faire deux tours de poteaux inutiles ;
  • il m’a fallu payer une somme non négligeable et faire des choix de vie familiale relativement importants ;
  • il m’a fallu attendre plusieurs mois avec assignation à territoire qu’un visa arrive dans ma boîte aux lettres, deux fois ;
  • il m’a fallu encaisser les mises de dossiers à la poubelle puis les repêchages improbables.

Et je ne suis qu’à la moitié du chemin.

Toute cette frustration étant étalée, je suis conscient des privilèges que j’ai de pouvoir réaliser tout cela en relative sérénité, sans (trop) douter de mon interprétation des documents aux tournures incompréhensibles (cache), sans que mon emploi/revenu soit en jeu, sans penser que ma parole va être mise en doute a priori, sans avoir trop de mal à contacter mes anciens employeurs/propriétaires, sans avoir de casier judiciaire, sans venir d’un pays qui est dans la mauvaise liste, sans avoir peur que l’on me renvoie dans un pays où je risque ma vie, etc etc.

Référence

L’écologie sans la justice sociale, c’est du jardinage.

Je pouettais cela sans en citer la source il y a quelques jours suite à la lecture d’une liste de diffusion qui faisait un lien vers un tweet avec la traduction ci-dessus qui lui même contenait une photo d’une pancarte de manifestation en Italie. Cela devient de plus en plus difficile de savoir qui/comment référencer…

Amongst all the campaigns to “save the Earth” today, Kingsnorth sees “no sign of any real, felt attachment to any small part of that Earth.” It’s no wonder we are feeling burnt out. We have lost the connection to the earth—not the planet Earth with a capital “E”, but the earth beneath our feet, the place where we are. “The antidote to this global distancing of humanity from the rest of nature,” writes Kingsnorth, “is the slow, messy business of getting to know a landscape.”

Why I Stopped Protesting and Started a Garden (cache)

Refuges

Building refuges. The coming decades are likely to challenge much of what we think we know about what progress is, and about who we are in relation to the rest of nature. Advanced technologies will challenge our sense of what it means to be human at the same time as the tide of extinction rolls on. The ongoing collapse of social and economic infrastructures, and of the web of life itself, will kill off much of what we value. In this context, ask yourself: what power do you have to preserve what is of value—creatures, skills, things, places? Can you work, with others or alone, to create places or networks that act as refuges from the unfolding storm? Can you think, or act, like the librarian of a monastery through the Dark Ages, guarding the old books as empires rise and fall outside?

[…]

If you don’t feel despair, in times like these, you are not fully alive. But there has to be something beyond despair too; or rather, something that accompanies it, like a companion on the road. This is my approach, right now. It is, I suppose, the development of a personal philosophy for a dark time: a dark ecology. None of it is going to save the world—but then there is no saving the world, and the ones who say there is are the ones you need to save it from.

Dark Ecology (cache)

Dans mon état de conscience du monde actuel, je me retrouve beaucoup dans cet article avec ses digressions et ses pistes. Je suis toujours aussi circonspect quant à la propriété mais je me demande de plus en plus si le mieux que j’ai à faire en tant qu’hyper-privilégié ne serait quand même pas d’acheter un bout de terrain à préserver des humains.

Un refuge à mon échelle. L’idée ne m’est pas nouvelle et même récurrente (merci ma mémoire numérique).

Pas un tas de cailloux.

Héritage et immobilier

Soit, mais qu’en est-il de quelques acres de forêt ?

Obsolescence

Après cinq ans de bons et loyaux services, j’ai remis une somme conséquente dans une machine pour personnes pommées. C’est ce que ça demande d’utiliser de l’outillage JS et je sais à quel point c’est ridicule (cache).

C’est encore une fois l’occasion de voir ce que je peux éviter d’installer. Homebrew reste toujours mon outil de choix pour ce qui est système et j’essaye pour l’instant de m’en tenir au shell par défaut de macOS (zsh) avec un fichier de configuration relativement court.

Au passage, si vous avez besoin de transférer des fichiers critiques entre deux machines localement, wormhole fonctionne plutôt bien. Si vous avez besoin d’installer un gist comme un module python, j’ai sauvé un gist à ce sujet (how meta!). J’ai résisté à transformer ma maison en dépôt git (cache) et j’ai renoncé à définir des identités distinctes (cache) pour chacune de mes forges (trop complexe pour mon usage).

Et enfin, j’ai découvert via Hugo Soucy une façon simple d’écouter les modifications sur les fichiers markdown avec entr pour reconstruire ce site (vs. livereload) :

$ ls david/2020/fragments/*.md | entr -r python site.py pages

Là c’est encore plus meta. Mais trêve de technique.

It’s kind of funny, how commercial apps have feature bloat but don’t have power mode. You can do more different things, but can’t configure them to your liking.

Computers as I used to love them (cache)

Introspection

Solitaire, oui, mais jamais seul. J’ai tellement de voix dans ma tête. Régulièrement trop nombreuses pour que je puisse en isoler une dominante. Ce n’est pas un aveu de démence. Ce n’est pas quelque chose qui m’effraie, juste une source d’épuisement. Ces voix ne me sont pas inconnues. Elles sont miennes. Elles sont mes pensées qui parlent et qui débattent.

Plus rien à craindre (cache)

Plus j’écoute ces voix, plus je me dis que ce jardin numérique (cache) me permet de les cultiver, de les voir grandir et faner, de pouvoir les offrir de manière plus ou moins empoisonnée. En tout cas, de les externaliser suffisamment pour qu’elles puissent continuer leur chemin sans rebondir trop violemment entre mes deux tempes. Certaines raisonnent longtemps. D’autres entrent en résonance. La boîte crânienne tente de résister. Et ça finit par faire mal.

L’ermite accepte de ne plus rien peser dans la marche du monde, de ne compter pour rien dans la chaîne des causalités. Ses pensées ne modèleront pas le cours des choses, n’influenceront personne. Ses actes ne signifieront rien. (Peut-être sera-t-il l’objet de quelques souvenirs.) Qu’elle est légère, cette pensée ! Et comme elle prélude au détachement final : on ne se sent jamais aussi vivant que mort au monde !

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson


Réagir ?

June 18, 2020 11:00 AM

June 17, 2020

Karl Dubost

humanité de Sagami

eau de la marée Tsujido, Japon, 17 juin 2020

Yet the space still exists.
— The desire for elsewhere - Agnes Chew, urn:isbn:978-981-11-0987-4

Aujourd'hui le long de l'océan, j'ai vu des enfants sauter dans l'océan tout en riant, une adolescente prendre des photos en appuyant sa marche dans le sable, un homme dans la cinquantaine en uniforme d'une entreprise technique, une jeune femme avec une robe blanche en coton retroussée pour sentir le soleil sur la peau.

La verticale humanité dans la grande horizontalité du soleil sur la plage de la baie de Sagami se déploie dans ses fins de journées.

sur le bord du chemin

June 17, 2020 02:59 PM

June 16, 2020

Karl Dubost

paysages de l'intime

feuille dans la main Tsujido, Japon, 15 juin 2020

It is said that it takes seven years to grow completely new skin cells. In other words, in seven years' time, my body as I know it today will cease to be and be created anew.
— The desire for elsewhere - Agnes Chew, urn:isbn:978-981-11-0987-4

Avons-nous le droit de déplacer les objets abandonnés depuis longtemps ?

Tu es devant une composition liée à l’eau, légère et fine, mais raidie de n’avoir pas été déplacée ni touchée depuis peut-être un demi-siècle : cette durée, tu la contiens en toi, toi aussi.
Nasses du temps - François Bon

Quand prennent-ils leur place dans les paysages de l'intime et du quotidien enracinés dans l'épaisseur des poussières si profondément qu'il devient difficile de tirer dessus sans casser les racines ? Et tout se déploie dans nos cœurs tendus à l'idée de troubler l'ordre sacré des mémoires « symbiotiques » dont ne pourrions nous séparer sans mourir un peu plus nous-même.

Je me souviens en mars 2019 dans le grenier avoir feuilleté des centaines de pages de ses notes de travail, réunions manuscriptes, bordereaux de projets. Dans l'épaisseur matérielle, dans l'existence physique de son travail se prolongeait la mémoire de mon père. Faut-il jeter ? Faut-il conserver ? Pourquoi cela avait-il été gardé de son vivant ? Dans cet agencement de questions co-existent le souvenir, le prolongement et la mise en place d'une délicate architecture sensible de l'existence. La sédentarité offre la continuité, la possibilité de la poussière. L'espace permet la sédimentation de l'archive, la prise de racines. Savoir oublier l'objet en place jusqu'à la sacralisation d'un souvenir qui appartient de moins en moins aux générations futures si ce souvenir ne devient pas mythe répété, dit, écrit et lu d'un parent à son enfant.

Alors je relève le menton et j'envisage les contours de cette pièce où j'écris en ce moment entre les nombreux objets qui me sont identité. Quelle part de cet amas de temps recevra l'adulation marquée des mythes constituants les épopées personnelles ? Nous décrivons nos fossiles intimes afin de découvrir les origines de nos existences et inconsciemment nous construisons le mythe qui passera d'un cœur à travers un autre pour quelques générations.

sur le bord du chemin

  • à propos d'email. It’s reliable. It’s simple.

    Email gets a bad rap, but it shouldn’t. Email’s a treasure.

    C'est bien sûr la promotion d'un produit avec des idées intéressantes. Et en lisant le contenu des options disponibles, je réalise que bien des technologies qui facilitent la vie quand on vit avec le courrier sont du côté du serveur et que sans accès à ce serveur, nous devenons très dépendant des choix du fournisseur du service.

    De nombreux problèmes sont également créés par l'interface utilisateur des logiciels clients. J'utilise Mail.app sur le mac (en fait en ce moment Mail.app pour le mail de Mozilla et mutt directement sur le serveur pour mon mail perso à cause de mes misères). Le client est loin d'être idéal. Ce que l'on peut reprocher à nombre de compagnies est de ne pas savoir proposer quelque chose d'intéressant du côté client. Hey est un service de mails, avec un client intégré, donc c'est un non non pour moi dès le départ. Je n'ai pas d'adresse gmail pour une raison.

    Je ressens un peu la même difficulté que sur le Web. JavaScript a pris de l'importance en partie parce que les développeurs Front-End n'avaient pas accès à la programmation des serveurs Web, chasse gardée de devops parano de la sécurité. Et c'est toujours le cas, il est en quelque sorte difficile de faire tourner une application serveur sans mettre en danger partiellement l'intégrité du reste de la machine (c'est de moins en moins vrai cependant avec les containers, mais trop tard ?). J'ai l'impression qu'il en est de même pour le mail. Les serveurs sont trop sensibles pour pouvoir permettre une créativité intéressante. Je filtre mes mails dans un espace daté grâce à procmail (côté serveur). Pourquoi n'existe-t-il pas de protocoles côté client permettant de définir ces règles de filtrage qui pourrait ainsi donner l'espace aux implémenteurs pour être plus créatifs et interoperables (sans dépendance sur un service particulier).

  • Illuminating Biodiversity of the Ningaloo Canyons à regarder en plein écran.

  • quotebacks

June 16, 2020 02:59 PM

June 15, 2020

Karl Dubost

feuille de Tiong Bahru

feuille d'arbre séchée sur un livre ouvert Tsujido, Japon, 15 juin 2020

Life goes on. In our worlds. In the worlds of whom we have departed. Most of all, in the worlds we have left behind, in which part of us still lives on - forevermore.
— The desire for elsewhere - Agnes Chew, urn:isbn:978-981-11-0987-4

J'ai commencé ce livre à Singapour, assis sur un banc, dans le quartier de Tiong Bahru. Je venais de l'acheter à la librairie BooksActually. Il y avait une étrange dissonnance entre le titre « le désir d'être ailleurs » et le moment présent. J'étais assis sur ce banc dans ce quartier dont j'aime l'architecture et la paresse, après un repas au centre « Hawker. » Elle était partie à la poste. Il jouait avec des enfants qu'il venait tout juste de rencontrer. Je n'avais aucun désir d'ailleurs que celui de ce moment présent serein, complet, sans limites, sans contraintes. J'ai lu quelques pages du livre. Quand il a fallu partir, j'ai pris une feuille morte sur le sol que j'ai glissée pour marquer la page.

Quelques mois plus tard, à Tsujido au Japon, J'ai repris la lecture depuis le début.

Je n'avais pas réouvert le livre jusqu'à ces jours derniers. J'ai retrouvé la feuille ce matin qui marquait cet instant sur le banc à Tiong Bahru.

Le titre, maintenant, prend son sens.

mosaique sur le sol Singapour, 30 décembre 2019

sur le bord du chemin

June 15, 2020 02:59 PM

June 14, 2020

Karl Dubost

caféine

peinture rouillée verte Tsujido, Japon, 14 juin 2020

Closing my eyes, I tasted the lingering bitterness of caffeine in my mouth. Fatigue drained reluctantly from my mind.
— The desire for elsewhere - Agnes Chew, urn:isbn:978-981-11-0987-4

Le corps peine dans la verticalité. Il est presque 5h. Dimanche, je n'ai pas besoin de me lever. Le jour m'extrait du lit en me prenant sous les aisselles. Malgré moi. Mes matins sont brumeux. Le café au lait est une corne qui souffle longuement pour me guider vers l'éveil. Mécaniquement, je prépare. Je mets le café instantané dans la tasse. Je laisse la cuillère. La bouteille froide dans la main, je verse le lait dans la tasse bleue. Je remue. J'emmène la tasse vers le four à micro-onde et je mets las cuillère dans ma bouche. C'est à ce moment précis ce matin que j'ai été transporté dans le couloir entre la station de Tokyo et le bâtiment de Marounouchi. La même amertume du café latte sur la langue. Je marche dans le couloir. Je croise les gens pressés autoujour de moi. Une décharge d'adrénaline se glisse dans mon corps. Je suis de retour à Tsujido dans la cuisine. Étrange sensation d'une expérience hors temps et hors corps d'un souvenir proche de quelques mois. Cette impression douce-amère qu'il n'y en aura pas d'autres pour effacer ce dernier couloir. Et pourquoi pas ?

fruits de biwa Tsujido, Japon, 14 juin 2020

Hier, en allant faire une course rapide le matin, avant la pluie, je remarque que nous portons tous un masque. Tous. Depuis quelques semaines, les masques se sont diversifiés. Formes, couleurs, matières, certains ajustent la tonalité des tissus en fonction de leur propre style vestimentaire. J'ai vu une femme avec des chaussures jaunes, des boucles d'oreilles florales et un motif de tournesol sur le masque. Souvent, je me demande à quoi ressemble la forme des lèvres, le menton. Allons-nous vers un nouvel érotisme ? Enlever le masque de l'autre sera un moment de palpitations où le danger et l'incertitude seront porteurs de découvertes aventureuses. Nous apprenons à lire le mouvement des yeux pour y détecter un sourire, un désintérêt. Nous créons de nouvelles grammaires de communications non verbales.

sur le bord du chemin

  • Plus rien à craindre
    Et puis cet instant de pause improvisée où elle m’a regardé, le regard un peu triste, un peu hagard, de me voir broyer tout cela avec autant de ferveur. « J’ai l’impression que nous détruisons toutes tes traces, de t’effacer ». Quel effet a bien pu lui faire mon sourire, réjoui mais retenu autant que possible ? D’autant que j’ai pensé tout haut « c’est bien le but et j’y prends du plaisir ».
  • La fourmi infinie, 2
    Ce sont de ces règles simples et symétriques qu’avait émergé, après un temps de symétrie, un chaos digne de la vie elle-même. Pourquoi à partir du pas 400 le chaos émerge-t-il ? Pourquoi l’autoroute signe le terme de ce chaos après 10100 pas ? C’est ce pourquoi qui nous bloque. Le programme fait ça, mais pourquoi le fait-il ?
  • quotebacks. Une version pour Firefox pourraît être intéressante.
    Secondly, quoting another person can be generous. Generous quoting can mean raising another's voice alongside your own, affirming their authorship, and striving to not take them out of context. One can quote generously, no matter whether one is agreeing or disagreeing with another author.

June 14, 2020 02:59 PM

June 13, 2020

Karl Dubost

corps aquatique

océan et ciel nuageux Tsujido, Japon, 13 juin 2020

And so we travel on, in a relentless pursuit of an elusive elsewhere.
— The desire for elsewhere - Agnes Chew, urn:isbn:978-981-11-0987-4

Aujourd'hui, il pleuvait.

Autour de 16 heures, je voulais cerner la fin de journée. De la maison à l'océan, de l'océan à la maison, une boucle de pluie, je marche les pieds dans les sandales. La peau s'use, se fatigue et se déchire. La sérénité se déplie, s'élève et s'épanouit.

Au raz de la marée, les rêveries sous l'ondée découvrent les étoiles filantes des océans profonds. Des filaments or et verts, les algues nébuleuses se glissent entre mes orteils. J'avance. Un pas, et puis deux, et l'un après l'autre dans la masse saline, l'horizon sublimé, il ne reste plus que la synthèse primordiale.

Aujourd'hui, il pleuvait et j'ai vu la pluie disparaître.

étoile de mer sur le sable Tsujido, Japon, 13 juin 2020

sur le bord du chemin

June 13, 2020 02:59 PM

June 12, 2020

Karl Dubost

Kanagawa et Normandie

Livre en main Singapour, 30 décembre 2019

I have an habit of being an archeologist of my own past, a sentimental collector of personal artefacts which may at first glance appear random, but each of which holds a unique significance.
— The desire for elsewhere - Agnes Chew, urn:isbn:978-981-11-0987-4

Je parle de temps en temps de la Normandie avec lui. De mes souvenirs, de ses souvenirs, de tous ses mémoires vibrantes et non mécaniques.

carte Normandie

Nous habitons dans la province de Kanagawa au Japon, au sud près de l'Océan Pacifique. Nous avons d'autres souvenirs, de nombreux pas encore absorbés par notre épiderme.

carte Kanagawa et Normandie

Ce soir, je lis un livre dans la pénombre. Et l'œil curieux bascule le corps. Sur le mur, il y a un poster avec une petite carte de Kanagawa. Les rêveries du soir sont étranges et renversent le monde. L'excitation me trouble. Comment n'avais-je jamais remarqué ceci après presque 20 ans ?

carte Kanagawa retourné

La carte de Kanagawa après un demi-tour a des familiarités normandes.

sur le bord du chemin

  • District 15

    Communities for a Better Environment does critical work on environmental justice and empowers Californian communities to stand up to polluting industries and build a green energy future. This short film highlights the hope and tenacity of the young activists of Wilmington, California as they push the Los Angeles City Council to prohibit new and existing oil and gas drilling operations within 2,500 feet of homes, schools and hospitals.

  • Small Is Beautiful. Economics as if People Mattered. E. F. Schumacher. 1973

  • Lessons from Jeju.

    Seven months pregnant and apprehensive of the effect motherhood would have on her career as a professional freediver, Kimi Werner took a trip to the island of Jeju in South Korea to meet her heroes, the haenyeo – a group of freediving and fishing women often regarded as Korea’s first working mother’s whose culture dates back centuries.

  • micro-orage

  • anonymous camera

    Anonymous Camera uses machine learning to identify people in images and videos and then blur, pixelate, or block out entirely faces or whole bodies. That includes the time a photo or video was taken and, depending on your privacy settings, where it was taken. Even if you anonymize individuals in photos, this information can reveal a lot, whether it’s shared accidentally online or retrieved later when a device is analyzed.

    Le nombre de fois où j'ai pu retrouver un lieu qui avait été anonymisé grâce aux images satellites des cartes et Google StreetView. La couleur des bâtiments, des toits, la forme des maisons donnent de nombreuses informations.

  • modification de mistune pour les citations avec la langue. Ce qui me fait penser que je n'ai pas encore fini ce que je veux mettre en place pour mes propres citations.

  • CSS custom properties and the cascade

    So first of all browsers figure out the cascade and then they evaluate custom properties. If a custom property evaluates to gobbledygook, it’s too late to figure out what the cascade would’ve fallen back to.

  • chaque fois que je vois quelquechose comme cela dans les sites Web que j'analyse… je secoue la tête

      function returnTrue() {
          return true;
      }
    
  • Lucie Quemener a réalisé la BD Baume du tigre. Je ne l'ai pas lu.

    Je voulais que l’héritage culturel qui se dégage de ma bande dessinée passe par plusieurs thématiques. La notion d’héritage passe par beaucoup de choses. La médecine est un prétexte pour parler de ces sujets. Les héroïnes que l’on suit, l’ultime génération essaie de s’affranchir de ces codes. Je voulais montrer cet héritage culturel comme une liberté mais également comme un poids et une attente. C’est à la fois une liberté et un devoir.

  • Ces maquettes miniatures de Kathleen Gerber ont un petit quelquechose des tableaux de Daniel Authouart.

June 12, 2020 02:59 PM

David Larlet

Vrac

Plein de trucs car je manque de temps pour faire moins.

Passivité

Most of my actions lately have been very passive. Listening. Watching. Because my actions are passive, they are indistinguishable from silence. That’s not good. Silence can be interpreted as acquiescence, acceptance. That’s not what I intend …but my intentions don’t matter.

Intent (cache)

Difficile de s’exprimer en ce moment. Entre les injonctions au silence pour laisser de l’espace et l’invitation à faire un pas de côté qui ressemblerait à de l’indifférence, il n’y a qu’une différence d’intention et d’interprétation.

Ma croyance de dominant/oppresseur est — toujours — que le dialogue reste nécessaire malgré tout.

Éphémère

Une civilisation humaine complexe, en fait, produit toujours elle-même les germes de son propre déclin et de sa propre disparition, et comme nous l’avons déjà vu, elle le fait à travers les mêmes processus qui sous-tendent son ascension et son succès. En d’autres termes, une civilisation humaine complexe n’est pas censée être durable, car elle ne peut pas l’être.

Le coronavirus et le sort de la civilisation industrielle, par Paul Arbair (cache)

Toutes les espèces sont éphémères, c’est une question de temps. Pas toutes ne créent les conditions de leur propre déclin par contre. #EnTouteModestie c’est peut-être même une première dont on pourrait être fiers.

Humain (n, m) : espèce ayant eu l’impact d’une comète sur sa propre planète.

Nucléaire

Chaque calorie tirée de la pêche ou de la cueillette, chaque photon assimilé par le corps est dépensé pour pêcher, cueillir, puiser l’eau et couper le bois. L’homme des bois est une machine de recyclage énergétique. Le recours aux forêts est recours à soi-même. Privé de voiture, l’ermite marche. Privé de supermarché, il pêche. Privé de chaudière, son bras fend le bois. Le principe de non-délégation concerne aussi l’esprit : privé de télé, il ouvre un livre. […] Le communisme de la cabane consiste à refuser les intermédiaires. L’ermite sait d’où vient son bois, son eau, la chair de ce qu’il mange et la fleur d’églantier qui parfume sa table. Le principe de proximité guide sa vie. Il refuse de vivre dans l’abstraction du progrès et de ponctionner une énergie dont il ignore tout. Être moderne : refuser de se préoccuper de l’origine des bienfaits du progrès.

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson

Je sors de 8 heures sans électricité, probablement en raison de la chute d’un arbre vu la violence des vents. Un bon moyen de réévaluer sa dépendance à l’énergie, d’apprendre à vivre avec un approvisionnement non continu. Peut-être notre futur d’après Jean-Marc Jancovici qui considère le nucléaire comme étant la moins pire solution pour accompagner la décroissance énergétique qui s’en vient (vers 1 h 29 min).

Au détour d’un pouet à ce sujet, Robin Millette me propose de regarder Bill Gates au sujet de TerraPower. C’est malheureusement au point mort pour des raisons politiques (cache).

L’énergie est plus que jamais politique.

Langue

Suite à cet épisode de panique, j’ai pas mal réfléchi à la meilleure façon de déclarer la langue des citations. Je ne voulais pas trop m’éloigner de la syntaxe CommonMark tout en faisant en sorte que ça reste élégant et lisible si jamais un jour je change d’outil d’édition/génération. Je suis arrivé avec Mistune à préfixer la citation avec la langue entre crochets et je m’en suis tenu à la langue anglaise car c’est la seule que je cite en dehors du français. Il sera temps d’itérer en fonction du besoin.

Plus intéressant que le résultat, c’est le cheminement. J’ai considéré dans un premier temps des commentaires HTML du style <!-- lang:en --> en début de citation mais ça faisait pas mal de caractères. Je suis ensuite passé par des x-tags du genre <x-attr>lang:en</x-attr> ou même uniquement en attribut mais c’était encore verbeux.

La solution actuelle me semble être plus explicite.

Flamme

Quelques pages du Neveu de Rameau finissent par prendre. Pas la première fois que Diderot déclenche des incendies. Une flamme anémique s’élève d’un petit tas d’écorce râpée, séchée contre ma peau. Le feu, pauvre animal blessé par l’orage. Je le fais grandir brindille par brindille. La flamme vacille, j’ai des émotions de réanimateur cardiaque. Elle gonfle, c’est la victoire. Je souffle à m’en étourdir et obtiens un brasier.

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson

C’est un plaisir de voir La Grange partager à nouveau quotidiennement, tout en douceur.

Cela m’émeuh beaucoup.

Re-mark-able

Suite des aventures du surlignage, j’ai finalement adopté le double égal qui n’est pas standard mais qui est le rendu proposé par mon éditeur actuel. Là aussi, des choix techniques pour un confort d’édition qui vont probablement me revenir dans les dents un jour. Il sera toujours temps de convertir les données… une façon de les maintenir vivantes (?).

Capture d’écran de l’éditeur iaWriter pour une citation Ce que ça donne dans iaWriter avec la langue en préfixe + le surlignage en double égal.

Confiance

For whatever reason, we put trust in code that is in a centralized registry. We don’t even think about it. Not only that, we trust that that code has fully vetted all of its dependencies and that those are to be trusted to.

Deno is a Browser for Code (cache)

Je n’étais pas plus que ça intéressé par Deno avant cet article. Maintenant, je suis curieux :-).

Pas tant du concept mais de l’adoption par la communauté. Pouvoir observer si une nouvelle fois Microsoft va pouvoir racheter l’espace centralisateur (coucou Github, coucou NPM).

Expérimentations

Nous avons besoin d’expérimentations. Et ce n’est pas la Suède qui expérimente ici. Ce sont les autres. Nous n’avons jamais paralysé des sociétés et des économies à ce point et il nous faudra beaucoup de temps avant de comprendre les effets d’une action aussi radicale.

Je pense que tout le monde, et surtout tous ceux qui, dans le monde entier, ont opté pour une approche assez agressive, devraient être heureux que la Suède ait emprunté une autre voie.

Coronavirus : l’étonnante politique de la Suède (cache)

Même si le résultat m’est frustrant, je suis content que nous ayons pu expérimenter autre chose, l’espace de quelques mois.

J’ai l’impression que cela a pu ouvrir d’autres chemins de pensées. Je m’autorise à discerner un réveil plus profond, sur le moyen terme.

Une fois la sidération (cache) passée.

Échec

Faut-il à tout prix gagner les bois si l’on refuse son temps ? On peut trouver silence dans ses voûtes intérieures.

On peut aussi fermer les yeux : la paupière est l’écran le plus efficace entre soi et le monde.

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson

Je n’ai pas pris le temps de raconter ma dernière escapade en forêt. C’est dommage car pour une fois ça s’est plutôt mal passé : pas la météo attendue et surtout difficulté à fermer les yeux sur ce monde l’espace de 48 heures.

Si ma seule soupape se bouche, ça va exploser…

À la manière de ces ésotériques guénoniens obsédés par l’identification de « l’âge d’or », nous sommes quelques âmes nomades qui cherchons par tous les moyens à revivre les moments intenses de nos existences. […] Tout ce que nous entreprenons découlerait d’une inspiration éphémère, intangible. Une fraction de seconde fonderait l’existence. Les bouddhistes nomment Satori ces instants où la conscience entrevoit quelque chose. À peine né, le surgissement s’évanouit. À l’aveugle, on chercher à le ramener. On voudrait ressusciter la sensation disparue.

Ibid.


Réagir ?

June 12, 2020 11:00 AM

June 11, 2020

Karl Dubost

saison des pluies

Bloc d'imprimerie en bois Tsujido, Japon, 11 juin 2020

Constant apprentissage, agrandissement vers les limites. Temps qui gagne lentement sur soi. Écoute de l'impalpable. Combien il faut d'abandon au silence pour que s'ouvre écrire.
— Les fragments du dedans - François Bon, urn:isbn:978-2-246-80690-5

13h38. J'ai aussitôt noté l'heure. Je voulais me souvenir des premières gouttes de la saison des pluies. Les fenêtres sont ouvertes. La pluie du Japon balaie le bloc en bois de l'imprimerie Duval d'Elbeuf. L'imprimerie n'existe plus que dans les souvenirs des enfants qui ont vieilli.

J'écoute. La pluie ne se comprend que si l'on appaise le tumulte intérieur. Là, à ce moment imprécis de l'oubli de son corps, peut-on enfin s'immerger. Les vagues portées par le vent, les gouttes de pluie qui chutent du bout des aiguilles de pin, les bourrasques dans les feuilles des hortensias accompagnent les paupières mouillées.

sudare et pin Tsujido, Japon, 11 juin 2020

sur le bord du chemin

June 11, 2020 02:59 PM

June 10, 2020

Karl Dubost

autonomie mécanique

crayons de couleurs sur une table Tsujido, Japon, 7 juin 2020

Apprendre à voir exige d'aller marcher là où il n'y a plus de peintre, mais à toi confiée cette tâche, t'abstraire pour la même traversée, qui donne l'image, à contre du monde. Écrire vient là.
— Les fragments du dedans - François Bon, urn:isbn:978-2-246-80690-5

La main sur le métal, le pied lancé dans la rotation, il concentre son effort sur la conquête de son autonomie. Deux pédales, un guidon, une chaîne et des roues, la mécanique au service de l'extension du corps, mais bien plus de l'esprit. Apprendre à rouler pour lancer ses rêveries dans l'horizontalité du monde. Étendre la découverte autonome du monde afin de pouvoir son intime pensée. Il a tenu à ramener le vélo tout seul. Il n'a pas lâché malgré les difficultés, les angoisses de l'équilibre. Il s'est conquis pour accueillir l'espace, la poésie et le désir du chemin.

sur le bord du chemin

June 10, 2020 02:59 PM

June 09, 2020

Karl Dubost

penser à elle

Voyant rouge Fujisawa, Japon, 17 mai 2020

L'ombre est la face propice de la lumière, celle qui révèle son contraire.
— Les fragments du dedans - François Bon, urn:isbn:978-2-246-80690-5

De temps en temps, je pense à elle. La première fois qu'il m'a parlé d'elle, nous étions dans un couloir. Alors nous sommes allés ensemble un hiver au sommet du Mont-Mégantic pour passer trois nuits à écouter, observer ses variations spectrales. Imprévisible et turbulente, quelle charme ! Donc oui de temps en temps, je pense à elle, ce premier amour.

sur le bord du chemin

  • South Africa's 'missing' plastic litter
    Every year, the world produces about 300 million tonnes of plastic. Somewhere between 5 million and 12 million tonnes of it finds its way into the oceans, according to a 2015 study by Jenna Jambeck and colleagues. But only a tiny fraction of that is estimated to be floating at sea—around 200,000 to 300,000 tonnes, or less than 5% of the annual input.
  • Quand le lieu d'apprendre à coder était le magazine. J'ai probablement jeté les miens ou bien ils sont stockés quelque part dans le grenier de La Grange en Normandie. « exclusif : 15 pages de listings » je les avais recopié à la main.

June 09, 2020 02:59 PM

June 08, 2020

Karl Dubost

combien de temps vivent les jardins ?

Myrtilles vertes Fujisawa, Japon, 6 juin 2020

Parfois, se dire qu'il n'y a qu'ainsi pour comprendre le monde, et que c'est pareil dans le mental. Faire en marchant, marcher pour faire.
— Les fragments du dedans - François Bon, urn:isbn:978-2-246-80690-5

Le regard perdu, près de la fenêtre, mes paupières flottent sur l'étendue des aiguilles de pin.

Elle me demande « Qu'est-ce qui se passe ? »

— Je regarde le jardin. Un jour, tout cela n'existera plus.

Je suis heureux de vivre ce moment.

sur le bord du chemin

  • une image ne contient pas d'images.

    Est-ce qu’on a seulement le droit de photographier dans ces moments-là ? Oui, sans hésitation. Parce que ce n’est pas le monde au dehors qu’on photographie, mais juste soi-même.

    Et puis…

    L’image, pour être toi et non ce qu’elle représente, doit se réduire à l’arbitraire de ton geste.

  • Python Summer of Code. Chaque été des lycéens participent à un programme de contributions payées sur des projets open source. Ils ont chacun un carnet Web pour tracer leur progrès. Et chaque semaine, ils doivent répondre à trois questions :

    • Qu'as-tu fait cette semaine ?
    • Quelles ont été les impasses ?
    • Quelles sont les tâches prochaines ?

    J'aime le format (emprunté aux réunions quotidiennes des méthodes agiles) qui est court et surtout hebdomadaire. Cela permet de penser un peu plus dans la durée et le long terme plutôt que la micro-tâche.

  • Pardon ?. La destruction du pacte de confiance pour les utilisateurs pour le navigateur Brave. Ils ont depuis rétro-pédalé.

  • Hors-édition pour les instructions de lego. Très pratique quand un enfant hérite de pièces de plus de 25 ans dont les manuels ont été perdus.

  • Tektite: The “Underwater Space Station” of General Electric

  • Float City. Makoko: (Re)development of an Aquatic Home

  • webmention tools

  • Learning to embrace "buying in"

    After countless iterations - changing parsing libraries, first within Python, then using XRay - I had a completely unrelated talk with a fellow sysadmin on how bad we are when in comes to "buying into" a solution. Basically if you feel like you can do it yourself it's rather hard for us to pay someone - instead we tend to learn it and just do it, let it be piping in the house of sensor automation.

  • Au "Royaume des briqueteries" de Mang Thit

    fours et briques alignées Briques prêtes pour la cuisson dans le four. Photo : Duc Thành/CVN

June 08, 2020 02:59 PM

June 07, 2020

Karl Dubost

planter

herbes sur fond de mur Fujisawa, Japon, 7 juin 2020

C'est toujours mieux plus loin. — Les fragments du dedans - François Bon, urn:isbn:978-2-246-80690-5

Après avoir mangé les mangoustans, nous avons mis les graines dans du papier mouillé, dans un sac hermétique, dans le noir complet pendant 10 jours. Si la germination réussit, nous les mettrons en sol. Nous avons planté aussi des graines de Belle-de-jour et des graines de pastèque.

Quand nous plantons ensemble, nous partageons la terre, son parfum et les gestes du futur incertain. Nous décochons notre désir vers une incertitude. La graine germera-t-elle ? La pousse grandira-t-elle ? Chaque jour, la lenteur accompagne la stupéfiante vélocité de la croissance. Les plantes nous donnent à voir notre propre humanité.

sur le bord du chemin

June 07, 2020 02:59 PM

June 06, 2020

Karl Dubost

lotus et mangoustan

feuilles de lotus Fujisawa, Japon, 6 juin 2020

L'inconnu c'est l'autre surface de l'ordinaire.
— Les fragments du dedans - François Bon, urn:isbn:978-2-246-80690-5

Les lotus sont absents. Trop tôt. Encore quelques semaines. Probablement deux. Il n'y a pas de certitude. Nous reviendrons.

Nous avons acheté des mangoustans. Il ne sait pas ce qu'il y a dedans. Il ne connaît pas le goût. Il aime. Il garde les graines pour les planter. Demain ?

feuilles de lotus Tsujido, Japon, 6 juin 2020

sur le bord du chemin

June 06, 2020 02:59 PM

June 05, 2020

Karl Dubost

paupières dans les poussières

chateau d'eau Tsujido, Japon, 17 mai 2020

La discipline d'écrire c'est lire, puis la discipline du voir, puis la main.
— Les fragments du dedans - François Bon, urn:isbn:978-2-246-80690-5

Les paupières dans les poussières, la nuit appuie mon regard dans le souvenir des étoiles. La tête sombre vers le monde sans bord.

Je m'endors.

sur le bord du chemin

  • Biais sur le Web. Ricardo Baeza-Yates.
    52% of websites are in English, but only 13% of web users speak English; there are 4x as many wikipedia articles in English than Spanish, although there’s more native Spanish speakers than English speakers.
  • la fonte de l'argile
  • Logging https requests and responses of Apple system processes.
    By the way, using sudo launchctl setenv did not require disabling System Integrity Protection (SIP). I discovered this in further testing, because I started by disabling SIP, just in case. Interestingly, I also discovered that disabling SIP also completely disables the shell script notarization checks!

June 05, 2020 02:59 PM

June 04, 2020

Karl Dubost

braises dans le lit

poissons sur un grill Tsujido, Japon, 4 juin 2020

La marche même commence par un déséquilibre.
— Les fragments du dedans - François Bon, urn:isbn:978-2-246-80690-5

Le vent était trop fort pour le feu serein. Chaque bourrasque étouffait les flammes. Je l'ai enveloppé de mon attention pour qu'il puisse grandir. J'aime le feu, celui que je démarre. Il me réconforte. L'humidité, le vent, l'architecture du foyer et l'agencement du bois sont importants.

Ce soir, le vent était trop fort. Et les moustiques volaient au ras du sol. Patience. Persévérance. Attention. J'ai les yeux tournés vers la flamme. Je veux la comprendre. J'observe son chemin sur le bois. La fumée baigne le corps. Après le feu, il y aura le plaisir du fumet. Le souvenir du dialogue de la soirée sera longtemps sur les mains, dans les cheveux.

Ce soir, le vent était trop fort. Une heure de soins au chevet de la flamme. Elle doit exister et puis finalement disparaître. Les braises sont vives. Le feu peut servir.

Ce soir, le vent a disparu. Les braises encore chaudes, la maison endormie. Je suis seul avec le feu. Je ne veux pas l'éteindre. Je ne veux pas entendre la souffrance de l'eau. Surtout ce feu là, dont il aura fallu la patience de l'amour. J'aimerais mettre les braises dans le lit. Le regarder un peu plus longtemps. Pour mieux dormir.

sur le bord du chemin

June 04, 2020 02:59 PM

June 03, 2020

Karl Dubost

sceau

sceau et sa boite Tsujido, Japon, 6 juin 2020

Les voyageurs de la canopée nous fascinent parce qu'ils glissent à la lisière d'un crâne.
— Les fragments du dedans - François Bon, urn:isbn:978-2-246-80690-5

Ce soir, J'ai utilisé une fois de plus mon sceau. Un étui noir, un capitonnage de tissu à l'intérieur. Un décor en fil d'or et d'argent avec une tortue dans un motif floral. Un velour rouge pour accueillir le corps du sceau et un tampon encreur rouge. Le sceau est en bakélite noir.

Le 9 décembre 2005, déjà 14 ans, j'arrive pour emménager au Japon. Fini les voyages en ayant la crainte de ne plus revenir. Cette fois-ci c'est un aller simple avec mon visa de travail en poche pour continuer à travailler au W3C mais depuis le Japon. . J'ai dû trouver un appartement. Il fallait donc ouvrir un compte en banque pour pouvoir signer le contrat de location. La signature au Japon se fait avec un sceau, celui que j'ai utilisé aujourd'hui.

D'habitude pour les étrangers, le sceau représente les caractères de leur nom en katakana (c'est à dire l'écriture phonétique, soit pour moi, デュボスト). J'ai tenté un tour de passe-passe qui a fonctionné. Il suffisait qu'un organisme officiel l'accepte. La banque a approuvé après que l'employée du comptoir soit allée demander à son chef si c'était possible. Je les ai vu discuter pendant près de cinq minutes de mon sceau, devisant probablement sur la complexité de la démarche, le potentiel conflit avec un futur client et la recherche de l'harmonie administrative. Il fût accepté. Le tour de passe-passe ? Écrire mon nom français sémantiquement plutôt que phonétiquement : 森野. « De la forêt » pour signifier Dubost. La petite boutique qui a fabriqué mon sceau a depuis longtemps disparu. Elle se trouvait le long de la ligne inokashira, près de l'entrée de la station.

Intérieur de maison Shimokitazawa, Japon, 17 janvier 2006

Le 17 décembre 2006, j'emménageais avec mon sac à dos, mon ordinateur et mon sceau à shimokitazawa. 155-0033 東京 世田谷 区代田 5-35-26, メゾン ドゥロリエ, Apt 101.

carte et adresse Carte autour de shimokita

sur le bord du chemin

June 03, 2020 02:59 PM

June 02, 2020

Karl Dubost

lutte

Mur Tsujido, Japon, 24 mai 2020

Je ne sais pas si le langage est une arme. Sinon contre soi-même. Mais même en ce cas, on rêve d'autres modes de relation, de pression, d'explosion ou de creusement, y compris dans la dureté et l'opiniâtreté, que ce qu'ils font de leurs armes dans ce monde vieux.
— Les fragments du dedans - François Bon, urn:isbn:978-2-246-80690-5

L'empathie, ce n'est pas choisir pour l'autre. L'empathie n'existe que dans l'écoute.

La lutte pacifique, raisonnable en observant les règles du dominant, de l'oppresseur est bien souvent une validation du système. De la même façon que le marketing digère les idées contestataires pour aligner un peu plus les gens dans leurs actes de consommation, les systèmes politiques oppresseurs donnent les camisoles pour protester sans les changer. Un genou à terre ? Pas acceptable. Un cri de colère ? Pas acceptable. Une prière pour vivre ? Pas acceptable.

Ils disent « La bonne façon de protester est de mourir en silence. »

Je suis un homme. Je suis blanc. Je suis hétéro. Je remplis toutes les cases des situations de l'acceptable. Je suis un privilège. En 50 ans, je n'ai eu qu'un seul épisode d'agression verbale raciale, l'an dernier. Un seul en 50 ans. Et j'ai encore dû mal à en parler.

La souffrance de l'autre m'est inaccessible. Je ne peux être que solidaire de la lutte, parce qu'il n'y a rien de normal, rien de logique, rien d'humains dans ce que nous voyons cette semaine, répétés à l'infini depuis des générations.

sur le bord du chemin

  • Publishers Sue the Internet Archive Over its Open Library, Declare it a Pirate Site. Les éditeurs industriels et leur machine à saucisses… Et comme il faut les nommer : Hachette Book Group, Inc., HarperCollins Publishers LLC, John Wiley & Sons, Inc., et Penguin Random House LLC.

    Several major publishers have filed a copyright infringement lawsuit in a New York court targeting the Internet Archive's Open Library. According to the complaint, the project is a massive and willful infringement project that amounts to little more than a regular pirate site.

    Dans le pdf déposé par les industriels :

    Despite the “Open Library” moniker, IA’s actions grossly exceed legitimate library services, do violence to the Copyright Act, and constitute willful digital piracy on an industrial scale.

    Les gens de Hachette et moi n'avons pas la même définition de violence.

  • LISBOA ORCHESTRA par Guillaume Delaperriere

  • Software Architecture, ainsi que testing as communication.

June 02, 2020 02:59 PM

June 01, 2020

Karl Dubost

fragments de la journée

Petit déjeuner Tsujido, Japon, 1er juin 2020

Je ne sais pas si le plus important de ce qu'on apprend avec l'âge, au rebours du métier ou pour se défendre de lui, ce n'est pas la capacité de l'abandon.
— Les fragments du dedans - François Bon, urn:isbn:978-2-246-80690-5

Mettre les fragments en face de soi. Ne pas tenter de les organiser. Les mots n'ont plus de sens. La démolition des valeurs humaines par un système.

Alors ?

Il suffit de noter.

Une vibration de 6:02. Un crachin de la baie de Sagami. Le shiso, le basilic, la menthe et le persil dans les pots de céramique bleue. Le crayon jaune de son grand-père, je le taille et le pose sur une étagère. Je ne vais pas l'utiliser. Les livres sans transition d'un matin à l'autre. Comment choisir le prochain livre ? Celui ci fût probablement acheter il y a 5 ans lors d'un voyage en France. Les fragments du dedans semblent être un appel aux fragments de mes lobes. Un pull request. Une revue de code. Un deuxième pull request. Une autre revue de code. Des diagnostics. La violence policière en accumulation de vidéos de 30 secondes dans des messages de quelques centaines de caractères. Court. Brisé. Atomisé. Brutalisé. Agonisé. Étouffé. Bousculé. Frappé. La tendresse. Le bain. Le repas. Les mots encore.

Alors ?

Il est nécessaire de lutter.

Le désir d'être debout est notre espoir.

La réalisation se pratique dans le chemin qu'il soit de bitûme ou d'argile.

sur le bord du chemin

  • Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, les plages de de Fujisawa seront fermées cet été. Pour mieux comprendre, ces plages là sont proches de Tokyo et ont donc de nombreux visiteurs, environ 1.5 millions de personnes chaque été. De même Kamakura, Zushi, Hayama, Yokosuka, Oiso, Odawara, Chigasaki, Hiratsuka et Yugawara fermeront aussi leurs plages.

June 01, 2020 02:59 PM

May 31, 2020

Karl Dubost

le matin et les mots

livre, bol, tasse et plante Tsujido, Japon, 31 mai 2020

Naming, or leaving something unnamed, carries the weight of a lifetime of validation, or the withholding of such.
— ‘Others’ is not a race - Melissa de Silva, urn:isbn:978-981-11-4711-1

Matin gris, matin lent. Le confort de la fraîche matinée accueille ma lecture. J'attends l'imperceptible changement des feuilles. Une vibration de la table en bois, un rayon de soleil pour un autre jour, il suffit d'attendre. Je laisse le quotidien remplir mes journées. Le basculement du végétal vers la chaleur or bleu du matin prendra son temps.

Et après-demain est déjà un souvenir.

sur le bord du chemin

  • carte des rivières à Fujisawa (pdf)
  • Tsujido, en mai 2020 10 244 habitants au ㎢. 44 127 habitants, 18 909 résidences (moyenne 2.3 personnes). (pdf) (Fujisawa a 436 040 habitants pour 192 800 résidences)
  • I can't breathe. What The Fuck, America? 50 ans. 60 ans. Et la lutte n'a rien changé. Les blancs sont les blancs. Ils ne peuvent comprendre l'horreur. Mais continuent à la perpétuer. Massivement. I can't breathe.

May 31, 2020 02:59 PM

May 30, 2020

Karl Dubost

libre penseur

banc entre les arbres et herbes Tsujido, Japon, 30 mai 2020

Life was simple and families spent a lot of quality time together where we actually talked to each other.
— ‘Others’ is not a race - Melissa de Silva, urn:isbn:978-981-11-4711-1

Le long de la rivière Hikichi, il y a une route pour piétons et amateurs du vélo en goudron. Il y aussi un chemin en terre entre les herbes et les arbres. Heureusement, personne ne l'emprunte. Il est envahi. Le sens de l'abandon s'invente sur quelques pas. Une tonnelle en métal blanc légèrement rouillée enveloppe les mouvements lents. En ce moment, les fleurs de jasmin et de chèvrefeuille sont écloses. Je m'assoie sur un des banc en bois patiné. Aujourd'hui je ne peux pas rester longtemps sous les parfums. Je reviendrais bientôt avec un livre, le matin de bonne heure. Quand le soleil est encore froid. Quand la respiration est encore jeune sous les jasmins et chèvrefeuilles.


Il pointe du doigt une cabine téléphonique. Il demande « qu'est-ce que c'est ? »

Je ne suis pas sûr ce qui m'étonne le plus : Qu'il demande ou que la cabine dans cette rue existe encore ?


Une journée de pots bleus en céramique de Shigaraki, de Bánh mì, de Cà phê sữa nóng, de trajectoires aléatoires entre les maisons, de pas hésitants et de graminées inconnues, d'écuelles d'eau, une journée sans ponctuations, juste des bourrasques tendres de délicatesse et plaisir.

sur le bord du chemin

May 30, 2020 02:59 PM

May 29, 2020

Karl Dubost

déchirement

shoji déchiré Tsujido, Japon, 2 janvier 2020

I yank myself back to my dilemna of the present.
— ‘Others’ is not a race - Melissa de Silva, urn:isbn:978-981-11-4711-1

Les shojis dans la chambre commençait à être en mauvais état. Le papier grisonne au rythme des nuages d'hiver et du soleil d'été. Les mouvements mal contrôlés viennent célébrer la déchirure. De l'intérieur, on accède à l'intime. De l'extérieur, on réveille la curiosité des maisons abandonnées.

Un jour de grand soleil en février 2020, j'ai pris l'un des quatre panneaux que j'ai sorti dehors. Et à grand coup j'ai commencé à faire des trous dans tout le panneau. Le temps de la nouveauté passée, comme par un défoulement jubilatoire, ils m'accompagnent.

shoji déchiré Tsujido, Japon, 23 février 2020

Les laver à l'eau et les laisser sécher.

shoji lavé Tsujido, Japon, 23 février 2020

Et puis il faudra encoller les croisillons de bois avant de dérouler des grandes feuilles de papier sur le cadre en bois.

Cela sèche relativement vite et il est possible de remettre en place les shojis rapidement.

shoji papier collé Tsujido, Japon, 23 février 2020

(on remarquera que sur le premier panneau j'ai raté une ligne de colle. )

sur le bord du chemin

May 29, 2020 02:59 PM

May 28, 2020

Karl Dubost

promenade persillée

forêt dessinée Tsujido, Japon, 27 mai 2020

Yet this place too, is having its identity eroded by the relentless clad of development. Is it selfish of me that my joy outweighs my sadness? What I do know is that is that it's the only place in the world where I don't have to explain who I am, or why.
— ‘Others’ is not a race - Melissa de Silva, urn:isbn:978-981-11-4711-1

J'ai trouvé des branches de persil épluchées dans l'évier. Machinalement, avec la main, j'en porte une à mon nez. Le persil italien possède une feuille délicate. Elle s'oublie dans le palais pour laisser la place au parfum. Cette branche n'a plus de feuilles, mais toujours une délicate extase. J'ai faim. Je prends les autres dans la main. Je m'apprête à les jeter. Dans le chemin creux de ma paume, je réalise la forêt. Je pose les branches sur la table en bois. Je prends une feuille de papier. Je trace une ligne. Je plante alors les branches dans l'humus. En ce moment d'évidences végétales et d'expérimentations de l'isolation, la botanique est essentielle. La forêt est simple, diffuse. J'entends le bruit d'un oiseau. Il est posé sur une branche. Je dessine l'homme qui le regarde.

Je me sens bien.

Les forêts de persil appartiennent dorénavant aux lieux de promenade de mes rêveries. Pas très loin des forêts de brocoli baobab.

sur le bord du chemin

  • or this… or this

  • Tatouage de fleurs après une mastectomie.

  • 'Master dÉcopoétique et Création d’Aix-Marseille Université.

    En tant que productrice de fictions et de multiples « versions de monde », la littérature et la création littéraire ont un rôle essentiel à jouer dans une époque où il devient urgent de repenser nos modes de vie et de réinventer les rapports que nous entretenons avec le monde vivant. Le pari de ce master à distance en « écopoétique et création » consiste à conjuguer la recherche en littérature et la pratique de la création dans le contexte plus large de la crise de l’anthropocène. Cette nouvelle alliance et cette nouvelle écologie des études littéraires se proposent de redonner vie aux humanités et de refonder l’humanisme au sein de collectifs élargis mêlant humains et non-humains dans une nouvelle écologie à la fois environnementale, mentale et esthétique.

  • 20 ans d’archivage du web par Christine Génin. Une pensée vague m'éponge. La BnF comme lieu de donation d'un site Web pour les legs par testament d'un site particulier. La question de préservation post-morterm des écrits en ligne est souvent discutée dans la communauté. Sans maintenir une version fonctionnelle en ligne, une archive semble du domaine du possible. Quel serait l'agencement technologique et légal pour réaliser et dans quel intérêt pour la BnF.

    La BnF conserve ainsi des fragments du web tel qu’il existe depuis plus de 20 ans. Ces strates se superposent pour former une masse déjà imposante de 29 milliards de fichiers collectés soit 794 téraoctets de données. Ces données sont d’autant moins évidentes à appréhender qu’il n’existe pas de catalogue comme pour les autres types de documents, mais seulement une application qui permet de localiser l’archive d’un site à partir de son adresse. De plus, les fonds sont lacunaires, du fait de l’impossibilité de capturer tous les sites, et des obstacles auxquels se heurtent les robots : l’accès à la plupart des bases de données et à certains fichiers leur est interdit. L’archinaute qui cherche à consulter ces données reçoit alors un message d’erreur.

  • The Voyage Out (1915), Virginia Woolf (1882-1941).

    The reasons which had drawn the English across the sea to found a small colony within the last ten years are not so easily described, and will never perhaps be recorded in history books. Granted facility of travel, peace, good trade, and so on, there was besides a kind of dissatisfaction among the English with the older countries and the enormous accumulations of carved stone, stained glass, and rich brown painting which they offered to the tourist. The movement in search of something new was of course infinitely small, affecting only a handful of well-to-do people.

  • PANDÉMONIUM 1..

    Pour monter à bord il vous suffit : 1. d’écrire un texte bref (1.500 signes au plus) ou une série de textes brefs témoignant : soit de l’expérience imaginaire d’un.e croisiériste confiné.e dans sa cabine sur un bateau contaminé, soit d’un épisode, d’un « moment » ou d’une réflexion de votre propre confinement.

  • À propos du travail a-localisé et comment garder des habitudes de marche. Une personne de Mozilla dit :

    I’ve started to take walks during view only meetings.

    Je trouve que c'est une bonne idée et puis… je me souviens très vite que mes marches sont un besoin de contact du monde et du mouvement du corps. Regarder une conférence ou un vidéo-meeting enregistrés me couperait de cette essence de soi. Peut-être après une longue marche en se posant quelque part pour ne plus bouger. Peut-être que là oui.

May 28, 2020 02:59 PM

May 27, 2020

Karl Dubost

avion de Derrida

Jouet avion démonté Tsujido, Japon, 27 mai 2020

And with them a lifetime of customs and laughter, repartee and colour, leach into the dust of unmemory. — ‘Others’ is not a race - Melissa de Silva, urn:isbn:978-981-11-4711-1

Son tournevis Derrida en main, il déconstruit les objets. Comprendre comment l'univers s'organise est essentiel. Je prends tous les morceaux et les place dans une boîte au cas où il voudrait le remonter plus tard. Peut-être. Je souris. Je pense au sourire que cela va provoquer là bas.

sur le bord du chemin

May 27, 2020 02:59 PM

May 26, 2020

Karl Dubost

sur la terre nue

Haricots verts s'enroulant Singapour, 28 décembre 2019

The words escape almost before I can think them solid.
— ‘Others’ is not a race - Melissa de Silva, urn:isbn:978-981-11-4711-1

Le vacarme assourdissant des mots de la presse éteint toute possibilité de conscience. Quand l'abondance suffoque, je tourne les yeux vers la botanique. L'urgente nécessité de l'apaisement se glisse le long des veines. Je prends une respiration suffisamment longue pour oublier la précédente. Les hypnées et fontinalées forment le cocon de mon silence. Ephemerum Serratum Hampe, sur la terre nue, argileuse humide. Phascum muticum Schreb, sur la terre nue, dans les champs argileux ou sabloneux. Phascum cuspidatun Schreb, sur la terre argileuse dans les champs, les jardins, les prairies, les lieux incultes. Phascum bryoides Dicks, sur la terre, au bord des sentiers, au pied des murs, terrains calcaires. Phascum curvicollum Hedw, sur la terre dans les champs incultes.

Sur la terre.

Les pieds dans l'oubli de l'épaisseur humide.

Debout.

sur le bord du chemin

May 26, 2020 02:59 PM

David Larlet

Covidoudou

Journal de déconfinement.

Préambule

Il est rare que j’écrive sur mon travail avec aussi peu de recul. J’avais déjà partagé une expérimentation avec data.gouv.fr et l’aventure Zam sur ces deux dernières années. Ici, le contexte est un peu particulier et s’apparente davantage à un sprint. Il concerne potentiellement 68 millions de français·es (👋🐢🤔), ce qui met la barre assez haute.

Récit de ce qu’il se passe parfois derrière le rideau de vos écrans.

Jour 1 (5 mai) : Un démarrage étrange

Cela fait quelques temps avec l’équipe que l’on se demande quoi faire car la suite annoncée n’est pas aussi réactive que ce que l’on eu espéré, contexte sanitaire oblige. On essaye de se positionner sur des produits où l’on pense pouvoir être utiles et qui ne soient pas du solutionnisme technologique.

On nous propose de faire un questionnaire pour le Ministère des Solidarités et de la Santé qui soit à l’opposé d’un autre produit développé en parallèle par le gouvernement :

  • open-source dès le premier jour
  • sans aucune donnée collectée
  • avec un algorithme public

Jusque là, c’est plutôt alléchant mais le timing est quand même serré : le déconfinement est prévu pour le 11 mai. Soit 6 jours plus tard. Gloups.

En plus de l’urgence, d’autres voyants sont au rouge : on évoque une équipe en mode commando et il y a déjà beaucoup d’attentes bien qu’aucune ligne de code n’ait été produite… sans compter le fait que nous ne sommes ni des développeurs JavaScript, ni familiers des plateformes de distribution des GAFAM+. Par choix.

On finit par accepter car l’intention nous semble louable. Opération : Covidoudou.

Jour 3 (7 mai) : Doutes techniques

What is clear: right now, if you’re using a framework to build your site, you’re making a trade-off in terms of initial performance—even in the best of scenarios.

Some trade-off may be acceptable in the right situations, but it’s important that we make that exchange consciously.

The Cost of Javascript Frameworks (cache)

Beaucoup d’interrogations relatives aux performances et à la complexité que l’on souhaite déléguer dans ce domaine. On s’attend à avoir potentiellement une charge non négligeable à encaisser. On évalue plusieurs solutions mais aucune ne nous satisfait pleinement, aussi on décide de faire un premier jet avec une succession de vues en JavaScript à la main qui reprennent des éléments template pré-chargés dans le HTML. Lorsqu’on fait un compromis, il s’agit toujours de tenter de trouver la solution la moins pire pour un contexte donné.

But I think there are a lot of problems that are better solved some other way.

Second-guessing the modern web (cache)

En parallèle, on commence à implémenter l’algorithme. Il est décrit dans des fichiers du genre Copie de algo_deconf_final_V3.xlsx (véridique) et mis à jour par un comité d’experts médecins qui se l’échangent par courriel. On reçoit plusieurs versions par jour !

On fait une première démo à l’équipe rapprochée.

Jour 5 (9 mai) : Un algorithme récalcitrant

L’objectif est simple : on a une série de questions et en fonction des réponses on affiche des conseils personnalisés en fonction de la localisation, des caractéristiques, des antécédents et des symptômes ou contact à risque potentiels.

Sauf que tout bouge très vite, autant les questions que les conseils ou l’arbre logique qui permet de passer des unes aux autres. Sans compter qu’il a été écrit par des médecins dans une feuille de calcul et qu’il faut aller repêcher les informations à la main. Pas évident.

En parallèle, on publie le code source sous licence MIT et on est maintenant en capacité de faire une démo à l’équipe élargie. Les retours sont plutôt bons et ça tranquillise beaucoup de monde.

Jour 7 (11 mai) : Tenir la charge

If you are in charge of a web site that provides even slightly important information, or important services, it’s time to get static.

Get Static (cache)

Ronan s’occupe de faire en sorte que l’architecture tienne le coup, on évoque une annonce à la télévision et apparemment ça peut faire un gros pic dans les courbes. Surtout dans cette période anxiogène. Heureusement que l’on ne sert qu’une page statique relativement légère (cache) au final. Sans recompiler (cache) trop de choses dans le navigateur.

De mon côté, j’extrais toutes les chaines de caractères dans des fichiers markdown et je documente l’algorithme en faisant des liens vers chaque fichier. Je ne sais pas où je vais mais j’ai l’intuition que ça sera moins galère que l’historique des révisions d’une (ou plusieurs !) feuille(s) de calcul.

On commence à avoir des retours d’associations de patients pour nous aider à rendre le contenu intelligible par des non-médecins/techniciens. C’est chouette.

Jour 9 (13 mai) : Lancement officiel

On a enfin une adresse officielle : mesconseilscovid.sante.gouv.fr, en seulement 9 jours ! Ça peut vous sembler long mais obtenir un sous-domaine en .gouv.fr est parfois un très très long périple.

Capture d’écran du site Capture d’écran du site.

On peaufine le cache mais aussi sa mise à jour. Il faut que l’application soit conforme à des doctrines gouvernementales changeantes dans un contexte où la réactivité est cruciale. Notre connaissance de la maladie évolue et les conseils pour y échapper aussi.

Même avec les polyfills qui vont bien, il semblerait que l’élément template soit un peu capricieux avec Internet Explorer 11 et on espère que le site soit utilisable par le plus de personnes possibles. Cela occasionne une veillée à revenir sur notre façon d’écrire les pages/vues. Pas vraiment la partie la plus fun…

Jour 11 (15 mai) : Structuration et consolidation

Jusqu’à présent, on a favorisé la vitesse au détriment de la robustesse. On ne peut pas avoir les deux en si peu de temps. Mais par contre, il faut être suffisamment lucide pour savoir s’arrêter à temps et consolider l’existant. Alors on écrit plus de tests, on ré-arrange le code pour le rendre plus compréhensible.

Côté contenus, la proposition de passer par Microsoft Github pour éditer les contenus (et peut-être à terme l’algorithme lui-même ?!) a été bien acceptée et on commence à recevoir des pull-requests de médecins.

Poussés par le besoin, on a créé une nouvelle façon technique d’interagir. Un framework nous aurait probablement trop contraint pour avoir cette liberté d’innovation. Difficile de se prononcer avec certitude toutefois.

Jour 15 (19 mai) : un CMS statique

Suite à une réunion de travail, on se rend compte qu’il est difficile d’avoir accès à l’intégralité des contenus disponibles pour pouvoir rester cohérent dans les formulations. Aussi, un découpage par dossier s’impose et permet d’avoir un fichier README.md qui va compiler l’ensemble de ces contenus par type. Cela fournit un lien pour aller éditer le bon contenu depuis ces index.

On sent naître aussi la nécessité d’un CHANGELOG afin que toutes l’équipe élargie sache ce qui est implémenté et déployé. C’est intéressant — et un peu effrayant — de voir à quel point on a réussi à faire contribuer des médecins peu techniques en utilisant nos outils de développeurs·ses.

Aussi, je m’éclipse pour une vingtaine d’heures en forêt.

Jour 18 (22 mai) : Prise de recul

Prioritisation isn’t easy, and it gets harder the more factors come into play: user needs, business needs, technical constraints. But it’s worth investing the time to get agreement on the priority of your constituencies. And then formulate that agreement into design principles.

Principles and priorities (cache)

Voici venu le temps de se ré-interroger sur nos intentions, les attentes, les outils employés, nos pratiques. C’est pour moi l’un des meilleurs moments d’un produit, ce petit coup d’œil régulier dans le rétroviseur. Celui qui permet de réajuster une trajectoire naissante en désignant un nouveau cap.

Particulièrement côté technique, on a intentionnellement évité tout les outils JS jusqu’à présent. Il y a peut-être des petites briques à récupérer de-ci de-là sans télécharger la moitié du web. Je me réjouis que l’on ait réussi à conserver une page performante et relativement accessible pour l’instant :

Une série de A depuis l’outil WebPageTest L’andouillette du développeur Web.

Autre victoire non négligeable, tout reste dans le navigateur. Les seules statistiques que l’on ait sont celles de téléchargement de la page et toutes les dix minutes un ping pour vérifier que les conseils sont bien à jour. Vous pouvez refaire le test 15 fois et on ne le saura pas. Vous pouvez mettre n’importe quoi et ça ne changera rien de notre côté. Bon, ça peut planter et on ne le sait pas non plus…

En parallèle, des démo sont faites à des personnes plus ou moins importantes qui vont déboucher sur des annonces plus ou moins officielles/diffusées. Jusqu’ici ça tient.

J’ai travaillé 14,5 jours sur ces 18 derniers jours.

Jour 25 (29 mai) : peaufinage et outillage

Dans ce « désert sémantique emplis d’échos confus », nous avons besoin d’un « quelconque fétiche prestigieux » qui puisse servir de « doudou ».

Sur la pandémie actuelle, d’après le point de vue d’Ivan Illich (cache)

On intègre des illustrations qui donnent des repères visuels aux différentes sections. Cela permet de faire un rappel entre la question et les conseils associés. Ces illustrations sont issues de unDraw et sont libres de droits.

On passe aussi une partie de la semaine à finalement s’outiller en JavaScript avec Parcel et à ré-arranger notre code afin de le rendre plus résilient. Fini le fichier fourre-tout avec des variables globales et des dépendances non explicites. Cela nous permet aussi de passer à des tests automatisés, ce qui nous met suffisamment en confiance pour reprendre l’algorithme.

En parallèle, on essaye de savoir via les logs HTTP et goaccess d’où viennent nos visiteur·ses. Ce n’est pas si simple car il faut agréger ceux-ci depuis plusieurs machines.

Mine de rien, le site commence à être utilisé.

Jour 33 (10 juin) : orientation et pédiatrie

Les retours des testeuses et testeurs nous indiquent qu’il serait pertinent d’ajouter des informations relatives à la pédiatrie. On ajoute une page dédiée pour les moins de 15 ans.

Autre amélioration, on implémente l’algorithme d’orientation pour les personnes présentant actuellement des symptômes afin de prodiguer des conseils plus pertinents dans ce cas là.

Je résume mais il y a bien évidemment une somme de petites retouches apportées ici et là pour rendre le site plus utile.


Je vais m’arrêter là pour le moment, je ferai sûrement une nouvelle entrée dédiée lorsqu’on décidera de mettre un terme au produit. D’ici là vous pouvez suivre le CHANGELOG dédié.


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May 26, 2020 11:00 AM

May 25, 2020

Karl Dubost

hébergement de La Grange

Haricots verts s'enroulant Tsujido, Japon, 18 mai 2020

Voici la fin du roman ? Voici son point final ?
— La disparition - Georges Perec, urn:isbn:978-2-07-071523-7

Depuis quelques mois je me trouve un peu coincé pour le serveur. J'aime beaucoup Gandi où mon serveur est hébergé. Cependant leur service pour FreeBSD n'est pas à la hauteur. Des images FreeBSD cassées qui m'a valu une perte complète du serveur et puis finalement l'annonce d'une nouvelle image, FreeBSD 12 en janvier 2020, mais qui est elle aussi malheureusement incomplète. C'est la première fois que je me trouve avec tant d'ennuis à gérer en peu de temps. Et comme je semble être la seule personne avec des problèmes, peut-être que je suis le problème.

Donc il va falloir que je trouve une solution plus pérenne et moins bancale.

Mon premier serveur a été chez Mygale. Puis Frédéric Ciréra m'avait proposé d'héberger un serveur Sun dans sa baie sous FreeBSD, qui est parti plus tard hébergé au W3C. Ce fût ma période de stabilité. Avoir son propre serveur (aka machine) offre certaines libertés que les serveurs nuageux ne proposent pas. J'avais même au cours des années acheté une nouvelle machine Dell 1U. Quand le W3C a eu besoin de la place à nouveau, il m'a fallu de nouveau déménager et je suis parti chez Gandi pour leur offre Cloud Servers. Une année d'hébergement dans ma configuration coûte entre 300 et 500 euros.

Je réfléchis donc à mes options :

  • Garder Gandi, passer sous linux ? lequel ?
  • Chercher un autre hébergeur FreeBSD ? (Digital Ocean ? )
  • S'auto-héberger avec un petit serveur dédié à la maison avec une fibre optique à la maison en IP fixe ? (plus facile à gérer pour les reboots manuels, moins sécure quand le disque meurt).

sur le bord du chemin

  • Imperceptions.

    L’imperception serait alors un nom féminin. Il s’agirait d’un glissement malencontreux de la perception. Une petite collision entre le conscient et l’inconscient, entre le vécu et l’imaginaire, le perçu et le ressenti, entre un fait et un souvenir pour lesquels la mise en relation n’est ni flagrante ni impossible.

  • Attrapé ce week-end dans le jardin, probablement une reine polistes rothneyi en train de faire son nid, un peu trop près de la maison.

  • Cela devient compliqué le lexique du trajet entre la campagne et la ville. Making an O-turn: The siren call of Japan’s rural life.

    This isn’t a completely new trend. I-turn, U-turn and J-turn are existing economic terms to describe people who move between urban and rural environments: U-turn describes those who moved from the countryside to the city, and are now returning to their hometowns; I-turn describes those from the city moving to the countryside; while J-turn refers to people originally from the countryside who, after moving to the city, return to a place near their hometown.

    Increased interest in rural living has led to the creation of a new movement pattern: the O-turn. O-turners opt for a lifestyle in which they maintain two homes ⁠— one in the countryside and one in the city ⁠— with time split relatively equally between the two.

  • Il existe même une école pour les « O-turners » (ah ! Marketing… rien n'est inaccessible à ton désir limace de tout coller).

    an online agriculture school, is one such O-turner on a mission to change the perception of what it means to live and work in the Japanese countryside.

    La contribution par Momoko Nakamura ressemble à un point presse déguisé en article. Je me demande qui a écrit l'article. La personne derrière le nom.

    Momoko Nakamura is a cultural conservationist and storyteller, producing product, events, video, and written work.

    She is currently researching and educating on the topic of the fundamentals of Japanese Living - “dress, dine, dwell” or clothing, food, and home. Her leading project is advocating to safeguard and celebrate traditional Japanese natural farming.

    Demi journée de visite de Tokyo pour 500 USD. Mais bon pourquoi pas. Il en résultera peut-être un peu de conscience.

  • Plongée dans les canaux

  • Erin Schoneveld, "Shirakaba and Japanese Modernism: Art Magazines, Artistic Collectives, and the Early Avant-Garde" (Brill, 2018).

    Shirakaba, which means “white birch,” is recognized as the most significant art movement of the period, and had a lasting impact on the discourse and practice of art in modern Japan. The group’s journal was among the first and most important Japanese art magazines to include the works of prominent European artists, and doing so shaped the contours of the art world of twentieth-century Japan.

May 25, 2020 02:59 PM

May 24, 2020

Karl Dubost

à la rencontre des lieux imaginés

Tsujido, Japon, 24 mai 2020

Nous voyagions. Nous avons connu l'obscur chagrin du transat, la nuit dans l'inconfort glacial du camping, la fascination du panorama, l'affliction au goût sûr d'accords trop tôt rompus. — La disparition - Georges Perec, urn:isbn:978-2-07-071523-7

Cette rencontre avec le Fuji est un indice. Nous devrions garder des notes des impressions des lieux que l'on ne connaît pas encore. Il s'agirait de noter minutieusement les détails d'un lieu par nos lectures, nos expériences cinématographiques, les journaux, les commentaires des amis et des inconnus. Nous pourrions construire ce catalogue des lieux où nous ne sommes pas allés. Et si par chance, nous devions les rencontrer ou mieux y vivre, nous pourrions alors envisager une lecture comparée entre nos fantasmes et notre réalité quotidienne. Il serait même mieux de pouvoir commencer cet exercice le plus tôt possible alors que tout n'est que spontanéité.

Cela pourraît être une « autobiographie des lieux où ne sommes jamais allés. »

sur le bord du chemin

  • Moving on from Mozilla.

    As a mature organization, Mozilla’s internal leadership needs are very different from those of a younger and more actively growing company. There’s a far higher bar at Moz for what it takes to be the best person for a task, because the saturation of “best people” is quite high and the prevalence of entirely new tasks is relatively low in comparison.

  • Auberge des blogueurs. Jeu de rôle littéraire. Ouverture des inscriptions le 1er juin 2020.

    Une auberge à la montagne, près d'un lac. Des personnages en résidence qui se croisent, des membres du personnel, des joueurs-auteurs pour les incarner.

  • Critères pour les entre­prises tech par Éric. Il y manque une nuance. « Privilégier la résilience sur la conquête du marché. »

    J’ai tenté, la liste va bouger, mais voici 10 de mes critères prin­ci­paux pour juger d’une entre­prise qui recrute des tech

    arkhi réagit.

  • Adopter un arbre.

    Depuis plus de 10 ans je photographie des personnes au hasard des rencontres près d’un arbre.

    Qu’ils aient un lien ou pas, selon un même processus, je leurs propose de poser face à l’arbre. Je leurs demande, le temps de la prise de vue de le respirer, de l’adopter.

May 24, 2020 02:59 PM

May 23, 2020

Christian Fauré

Jean Renoir et les blueprints

“Ma vie et mes films” de Jean Renoir est un petit livre précieux que j’ai relu de nombreuses fois. C’est une écriture singulière pour un homme singulier qui a fait des films singuliers.

Quelque soit le format – cinéma, livre et même interview – on ressent toujours l’émergence de la vérité la vie, comme ces plantes et fleurs urbaines qui arrivent se frayer un chemin au travers le béton et le bitume.

Dans une interview rediffusée dans le cadre d’une émission sur France Culture, on retrouve encore cette justesse :

“Une chose existe, et sa signification vient après. C’est bien pour ça que l’architecture moderne est mauvaise. C’est ma critique de l’époque moderne, qui est une époque où l’on croit au plan, au blueprint. Moi je ne crois plus au blueprint, j’ai l’impression que le plan on devrait le faire après avoir construit la maison”.

by Christian at May 23, 2020 03:50 PM

Karl Dubost

Le premier souvenir d'un non-lieu

Tas de négatifs au format 110 Tsujido, Japon, 23 mai 2020

Il y a, fit l'inconnu, dans son discours un oubli qui m'apparaît fort significatif.
— La disparition - Georges Perec, urn:isbn:978-2-07-071523-7

Dans une boîte en bois, parmi les pochettes de négatifs de film, je trouve une vieille enveloppe. Poussiéreux, pliés, abîmés et peut-être « abymés, » car telles sont les profondeurs de nos gouffres sensoriels, un peu collés pour certains, il y a là quelques dizaines de négatifs. Mon premier appareil photo qui ressemblait probablement à quelque chose comme l'ektralite de Kodak. Le format 110 était un film, avec des images de 13 × 17 mm, contenu dans une cassette en plastique. Je devais avoir autour de 9 ans. Je partais en classe de neige pour une semaine dans les Alpes à Ristolas. La chance encore une fois, d'avoir eu une enseignante dynamique et accompagnant sa paroles de gestes concrets pour ouvrir nos yeux au patrimoine et à la culture. Cette année là fût divine. Mes meilleures années scolaires se comptent au rythme de mes épanouissements. Elles commencent par des totems et s'achèvent par une ville coupée en deux. À raconter un autre jour.

Je n'ai pas de scanner de film, mais un scanner papier. J'ai tout de même tenté une expérience en posant certains des négatifs sur le scanner. Peu d'espoir, mais tout au plus un « si jamais » de ceux qui nous emmène vers les rêveries longues. Un détour de mémoire, une bifurcation dans la poésie de la rouille photographique, les souvenirs se patinent plus vite que les négatifs, même abîmés.

Les dernières photographies de l'une des bandes de film me surprend. Un paysage montagneux, et pourtant cela ne peut pas être les Alpes. Je ne comprends pas tout de suite. La forme me semble profondément familière. Je décide d'invertir les couleurs et de la passer en noir et blanc. Je joue avec les contrastes, la luminosité et l'exposition. Je remarque alors qu'il s'agit de la photographie d'un écran de télévision. C'est la fin de la pellicule. Peut-être avais-je voulu finir les derniers clichés pour obtenir ceux du voyage.

planche contact de négatifs avec le Mont Fuji Rouen, France, ~1978

Oui… cette montagne ressemble très étrangement au mont Fuji. Ai-je donc pris ma première photographie du Mont Fuji en 1978 ? À travers un écran de télévision ? Posons nous nos pas sur des trajectoires hasardeuses ou suivons nous la pente de nos expériences oubliées, inconsciemment ?

Baie de Sagami et Mont Fuji Tsujido, Japon, 17 mai 2020

Alors il suffit de s'approcher du pixel de nos mémoires pour y voir les artefacts. Toujours pas…

Baie de Sagami et Mont Fuji Tsujido, Japon, 17 mai 2020

Et maintenant ? le 17 mai caché par les nuages.

Mont dans les nuages Tsujido, Japon, 17 mai 2020

Et retrouver cette photo de 1978, que cela signifie-t-il sur mon regard aujourd'hui du Fuji ? Est une fascination ? Une programmation ? Ou juste le plaisir renouvelé d'une intimité silencieuse et libre ?

sur le bord du chemin

May 23, 2020 02:59 PM

May 22, 2020

Karl Dubost

archives commentées d'une mémoire

personnes sur le quai d'une gare Tokyo, Japon, 22 janvier 2020

On travaillait la main dans la main ! Tout ça baignait dans un climat malsain. On plaidait à huis clos.
— La disparition - Georges Perec, urn:isbn:978-2-07-071523-7

J'ai trouvé cette photo d'un autre monde. Je ne sais plus très bien s'il n'a jamais existé. J'ai trouvé cette masse d'outre-tombe. Je ne sais plus très bien vers où elle était siphonnée. J'ai pensé. L'envie me manquait de vouloir me fondre dans le flot anonyme.

J'ai trouvé cette évasion de cette immensité de grains de sable. Je sais qu'elle existe. Je sens sa chaleur sous la plante de mes pieds. J'ai trouvé cet émerveillement. Les noms poétiquement étranges y poussent sauvagement. Je suis subjugué. Le bonheur abondait dans la sublimation de la jungle de ce jardin.

gouttes d'eau sur une feuille Tsujido, Japon, 17 mai 2020

sur le bord du chemin

  • La baie de Sagami aux couleurs du Plancton (japonais avec photos). Nous avions remarqué cela le week-end dernier. Soyons prêts à l'amas des curieux ce week-end sur la plage, depuis que l'article a été publié.

  • Just. Write.

    Posts don’t need to be long-form, deep, meaningful, or even that well written. If there are spelling and grammar mistakes, or even if there’s no real point to the post, so what? What’s important is that you’re writing about the things you want to write about.

  • Find blogs written by real humans. Le code source. Bientôt le retour des webrings.

  • Cinéma La Pagode (Paris) diffuse massacre à la tronçonneuse. Ou en français. Les plans de rénovations (2017) montrent bien les arbres coupés. Maintenant. L'histoire de la pagode. Le Monde en avait parlé en 2019.

    e programme architectural a été confié à Françoise Raynaud – qui, à la tête de l’agence Loci Anima

    Ce cabinet d'architecture n'a pas affiché la pagode dans la liste des projets de l'agence.

    Un dossier sur l'histoire de la Pagode (PDF). Je ne connaissais pas le lieu du tout, mais le lieu a changé d'allure plusieurs fois en un peu plus de 100 ans. Tout le problème des changements de lieu et de leurs rénovations. Restaurer, améliorer, moderniser ? Quelle version ? Quelle trahison de quoi ? Quelles sont les mémoires qui seront meurtries ? Quelles sont celles qui construiront de nouveaux souvenirs dans une architecture moderne. Nous oublions souvent qu'avant un lieu soit monument historique, il y en a eu plusieurs autres qui ont disparu. À partir de quand fige-t-on l'histoire des lieux ? Et quelles sont les moments où il est possible de remplacer cette histoire par une nouvelle, pour d'autres générations.

May 22, 2020 02:59 PM

May 21, 2020

Karl Dubost

Alors tout pourrit

mangues au sol Singapour, 29 décembre 2019

D'abord on voit mal la modification. On croit qu'il n'y a qu'un tracas instinctif qui partout vous fait voir l'anormal, l'ambigu, l'angoissant. Puis, soudain, l'on sait, l'ont croit savoir qu'il y a, non loin, un l'on sait trop quoi qui vous distrait, vous agit, vous transit. Alors tout pourrit.
— La disparition - Georges Perec, urn:isbn:978-2-07-071523-7

Dans une conversation téléphonique, je lui avais dit « si le virus ne dure pas longtemps, les habitudes ne changeront pas. Les gens recommenceront leur vie car elle n'est pas encore assez loin pour l'avoir oublier. » Il n'y aucun désir de la permanence d'une horreur, juste la profonde conscience de nos humaines habitudes.

Nous sommes souvent baignés dans une mélasse et nos révoltes sont alignées en rang par les campagnes publicitaires des marques. La controverse vend ; elle affirme notre enfermement.

Le changement prend plus d'un an pour se réaliser. La contrainte façonne de nouvelles habitudes dans la lenteur. Les expatriés (les riches) qui ont le choix de partir dans un nouveau pays sont bien souvent déçus. Plus d'amis, plus de repères. La tentation est grande de s'enfermer dans une bulle communautaire rance ou bien de repartir. Les immigrés (les pauvres) qui ont fui une situation désespérée et n'ont pas le choix du retour facile, n'ont pas ces questions là. L'absolue nécessité de se réinventer est l'unique condition.

Reprendre l'économie, revenir à la pollution sans contrôle, établir de nouveau un tourisme de masse, perdre le sens du voisinage après les longs transports en commun pour aller s'abrutir derrière un ordinateur, une chaîne de montage, dans un « cubicle » aéré à l'air rafraîchi ou réchauffé qui justifie nos centrales nucléaires… oui, tout cela reviendra bien vite… si le virus est battu. Et en effet, le système est tellement verrouillé, vrillé, vermoulu que, là est la seule barrière fragile pour nombre de gens au bord du monde.

Quelle triste ironie… cette incapacité à changer le monde de notre propre volonté. Quelle drâme, ce croupissement involontaire que nous nous imposons.

sur le bord du chemin

May 21, 2020 02:59 PM

May 20, 2020

Karl Dubost

écrire entre les lignes

page de livre Tsujido, Japon, 20 mai 2020

Tout avait l'air normal, mais tout s'affirmait faux. Tout avait l'air normal, d'abord, puis surgissait l'inhumain, l'affolant.
Il aurait voulu savoir où s'articulait l'association qui l'unissait au roman : sur son tapis, assaillant à tout instant son imagination, l'intuition d'un tabou, la vision d'un mal obscur, d'un quoi vacant, d'un non-dit : la vision, l'avision d'un oubli commandant tout, où s'abolissait la raison : tout avait l'air normal, mais…
Mais quoi ?
— La disparition - Georges Perec, urn:isbn:978-2-07-071523-7

Ils disent qu'il faut savoir lire entre les lignes, je préfère écrire entre les lignes. Pas uniquement à l'horizontal. Les chemins sont multiples. Dans l'amas des mots, les détours sont subtils. Je me griffe sur un t. Je parcours du bout des doigts un s en fermant les yeux. Je me laisse glisser le long d'un f pour atteindre la ligne suivante, dans un parcours vertical. Je collectionne les mots le long de la promenade : ahurissant, malsain, fruits, apparition — j'enjambe le d qui précède insinuants — et voilà amas. Je m'y attarde, les galaxies courbent l'espace, un art si subtil. La merveille de la carte n'est pas tant qu'elle nous donne à lire l'espace inconnu. Elle est le support de nos pas dans les chemins creux. La carte nous invite à raconter avec notre corps. Elle lie notre humanité au sol. Lire, c'est le début de notre écriture.

sur le bord du chemin

  • Gross National Diversity.
    Then came the 1980s. This is how I heard the story: Thatcher had something against the travellers. There was a big push on primary school education. It was mandatory, and you had to register for one school, and to be able to register you had to have a fixed dwelling. And so the travellers were re-homed into local houses and were travellers no more.
  • “Wicked Problems”, les problèmes fourbes du Design.
    Ces problèmes ont ceci de malicieux qu’ils ne se prêtent pas à une résolution au sens ou l’on pourrait résoudre un problème de mathématique ou d’ingénierie simple. Pour le dire différemment, il y a déjà un problème interne dans la formulation du problème, une forme d’incomplétude et d’ouverture qui change radicalement la manière dont on peut y faire face.
  • Never Go Back to the Office. 2021 marquera pour moi 20 ans de travail « a-localisé » ou distribué.
    many companies can function adequately, even successfully, without placing all their employees in the same office. If you run an organization whose employees are more or less getting their work done at home, listen to that little voice in your head. Return to the office now? That’s crazy talk. I’m only telling you what you already know.
  • Geotagging at SFO Museum, part 10 – Native Applications .
    The ability to develop, iterate and debug interfaces and applications using open and web-based technologies. At their core these applications remain web applications first, agnostic of platform and able to be deployed in a number of contexts.
  • Python vs JavaScript for Pythonistas. Très bon article.

May 20, 2020 02:59 PM

David Larlet

Bikepacking

Osons les mots : une aventure urbaine.

Récit

L’homme libre possède le temps. L’homme qui maîtrise l’espace est simplement puissant. En ville, les minutes, les heures, les années nous échappent. Elles coulent de la plaie du temps blessé. Dans la cabane, le temps se calme. Il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et, soudain, on ne sait même plus qu’il est là. Je suis libre parce que mes jours le sont.

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson

Je n’étais pas allé en forêt depuis presque trois mois. En parallèle de quoi, je m’étais engagé sur un truc dont il faudra que je vous parle prochainement qui était très prenant. Bref, je manquais de temps. Je me suis quand même accordé 24 heures dans la forêt en partant depuis chez moi à vélo. Cela faisait un moment que je voulais tenter d’aller jusqu’au Parc national d’Oka et quoi de mieux que de profiter de sa dernière journée de fermeture pour aller y faire un tour ?

Me voilà donc en selle vers 14 heures sous un soleil assez violent après avoir reconnu une bonne partie du parcours l’avant-veille (ne jamais faire ça). L’objectif est d’arriver le plus loin possible sans trop transpirer, mission accomplie… jusqu’à la dernière montée, snif. Une cinquantaine de kilomètres plus loin, je m’approche de la forêt et je décide de rentrer dedans à pied en espérant trouver deux arbres pour accrocher mon hamac. Je suis rapidement assailli par une nuée de mouches noires : mon pire cauchemar dans ce pays.

Du mieux que je peux, je tente de trouver un chemin et je tombe sur un sentier qui devient praticable à vélo. Ouf ! Il faut impérativement que je trouve un terrain à découvert pour échapper aux mouches. Si vous suivez, vous remarquerez que c’est difficilement compatible avec une nuit en hamac ! Je distingue une éclaircie au loin et je tombe sur… un marais. Il va me falloir choisir mes bibittes préférées pour ces prochaines heures. Ça ressemble à une sortie galère. Joie.

Et tout à coup, je découvre une structure qui va me sauver mon séjour :

Une plateforme en bois Ma tour de gué pour quelques heures.

À chaque étage, je perds quelques mouches noires et moustiques, arrivé au sommet je me retrouve seul, peinard. En bonus, les poutres semblent être assez solides pour supporter un hamac. Je monte le vélo et je souffle un bon coup. Le temps de me rendre compte que ce point d’observation est splendide et me permet d’observer une diversité de volatiles impressionnante. Double-combo-yay!

Le marais Fenêtre avec vue.

Bon, l’inconvénient d’un marais, c’est que c’est tout sauf silencieux. C’est même carrément cacophonique. Et toute la nuit durant. Heureusement que j’étais suffisamment épuisé par les journées précédentes. Je vous mets quand même deux vidéos de une minute chacune pour avoir une idée de l’ambiance soir et matin (entre les deux c’est un gentil dégradé), pour une expérience proche du réel vous pouvez monter le son :

Cela reste une expérience formidable que je suis bien content d’avoir vécue. Avoir passé ces quelques heures suspendu, j’avais l’impression d’être perché dans mon hamac à 10 mètres de hauteur. C’était limite — mais alors limite — du glamping.

Le retour s’est fait par des sentiers bien sympathiques avec leurs lots de boue et d’escaliers sinon c’est trop facile.

Un vélo dans la forêt Un single track en bon français.

Quelques heures plus tard, me revoilà chez moi à 10 heures du matin. Épuisé mais heureux. Finalement, vingt heures auront suffit pour avoir l’impression de vivre une aventure sans trop de carbone dépensé. Pas pire.

Matériel

Un vélo devant un lac avec un autre vélo (pour enfant) devant Quand on fait du bikepacking, il faut absolument prendre son vélo en photo (le mien est en haut).

Je n’avais pas beaucoup d’options pour ranger des affaires mais je ne voulais pas prendre de sac à dos. Aussi, j’ai mis :

  • tout ce qui était volumineux mais léger (les trucs pour dormir) à l’avant sur un porte-bagage que j’avais,
  • toute l’eau possible dans le cadre (3 litres au total, ça m’a suffit pour les 20 heures en revenant modérément déshydraté),
  • des barres dans la première pochette de cadre,
  • des outils dans la secondes en cas de crevaison
  • et tout le reste dans la sacoche de selle (nourriture, habits, autres).

J’arrivais à soulever l’ensemble pour franchir des obstacles, c’est un détail non négligeable. Si vous n’arrivez pas bien à voir les sacoches, voici une photo avec plus de contraste :

Un vélo dans la forêt J’ai aussi pris des photos qui ne sont pas mon nombril hein.

Traces

Il est dangereux d’ouvrir un livre. La retraite est révolte. Gagner sa cabane, c’est disparaître des écrans de contrôle. L’ermite s’efface. Il n’envoie plus de traces numériques, plus de signaux numériques, plus d’impulsions bancaires. Il se défait de toute identité. Il pratique un hacking à l’envers, sort du grand jeu. Nul besoin d’ailleurs de gagner la forêt. L’ascétisme révolutionnaire se pratique en milieu urbain. La société de consommation offre le choix de s’y conformer. Il suffit d’un peu de discipline. Dans l’abondance, libre aux uns de vivre en poussah mais libre aux autres de jouer les moines et de se tenir amaigris dans le murmure des livres. Ceux-ci recourent alors aux forêts intérieures sans quitter leur appartement.

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson

Je vais avoir du mal à vous fournir une trace/carte car je pratique le #LeaveNoTrace numérique. Au pire, s’il m’arrive de me perdre, je découvre d’autres endroits. Avec une trace, je ne pense pas que j’aurais pu atterrir à cet endroit par exemple. L’aventure commence là où la carte s’arrête.

En gros, en suivant les pistes cyclables tout le long depuis Montréal on peut facilement se rendre au Parc national d’Oka et la dernière portion est fabuleuse. Jusqu’à présent, il était possible de trouver de l’eau sur le parcours mais depuis la COVID toutes les fontaines à eau ont été fermées, pensez à emporter une bonne quantité et/ou un filtre.

Pour ma part, j’avais filtré une réserve d’eau issue du marais en dernier recours mais j’ai pu finalement m’en passer.

Hamac

L’objectif de cette sortie, c’était aussi de savoir si j’allais être capable de dormir dans un hamac pour des sorties plus longues. C’est une chose dont je rêve depuis très très longtemps mais je suis toujours limité par le fait de dormir principalement sur le côté. J’avais regardé du côté des solutions comme Draumr mais c’était lourd et contraignant (c’est volumineux et il faut le bon matelas). Et cette année, je suis tombé sur le SkyLite™ de chez ENO qui me redonnait espoir.

Un hamac sur une plateforme dans les arbres Juste ce qu’il faut d’espace

Le bilan après cette première nuit est mitigé mais il y avait tellement de facteurs qu’il m’est difficile d’avoir un avis objectif. J’ai quand même réussi à dormir sans avoir trop mal aux jambes le lendemain matin et en dormant une bonne partie de la nuit sur les côtés, ça reste une victoire sur ce plan là. Je me doutais que l’underquilt (partie du duvet qui se place sous le hamac pour éviter la compression) serait moins pertinent avec cette configuration et effectivement c’était limite. Je me demande toujours si sans rien en dessous les moustiques arriveraient à me piquer ou non…

La réponse au prochain épisode !

Adieu

[Juste avant de partir dans la forêt.]
— Adieu Papa.
— Ah ?!
— Bin oui, je t’aime bien mais vu que tu vas aller en prison quand la police va te trouver dans la forêt…

La pression, quelle pression ?


Réagir ?

May 20, 2020 11:00 AM

May 19, 2020

Christian Fauré

“Wicked Problems”, les problèmes fourbes du Design

En 1973, le professeur de Conception et de Planification (Design) Horst Rittel (1930-1990) publie le papier « Dilemna in a general  theory of planning » dans lequel il formule la notion de « wicked problems », qui pourrait se traduire en français par problèmes malicieux ou vicieux.

Ces problèmes ont ceci de malicieux qu’ils ne se prêtent pas à une résolution au sens ou l’on pourrait résoudre un problème de mathématique ou d’ingénierie simple. Pour le dire différemment, il y a déjà un problème interne dans la formulation du problème, une forme d’incomplétude et d’ouverture qui change radicalement la manière dont on peut y faire face. 

Les exemples de problèmes que prend régulièrement Rittel relèvent de ce que nous pourrions appeler l’urbanisme : construction d’autoroutes, planification urbaines, aménagements territoriaux, etc. Cette nature de problèmes fait intervenir un facteur social et collectif qui les complexifie de manière maligne par rapport à la conception d’un artefact simple (aspirateur ou une souris d’ordinateur). Toute la maitrise des problèmes que l’on a pu acquérir dans le domaine scientifique et dans l’ingénierie vole en éclat dès que l’on interagit avec l’ouverture du système social (Open Societal Systems).

On pourrait penser que cette approche d’architecte urbaniste n’a pas grand chose à voir avec la conception des systèmes informatiques mais, même s’ils ont des différences irréductibles, nul ne peut nier les impacts organisationnels et sociaux du logiciel en reprenant le mot de l’homme d’affaire Marc Andreessen dans le Wall Street Journal de 2011 : « Software is eating the world ». Et encore, au-delà de l’aspect « logiciel » en tant que tel, nous pourrions également ajouter les aspects « politiques » et organisationnels que posent les projets informatiques qui contribuent encore à plus à les considérer comme étant des « wicked problems ».

Nous sommes donc tout à fait enclin à reconnaître que nombreux de nos projets de développement de logiciels s’inscrivent pleinement dans la catégorie des « wicked problems ». Mais vérifions tout de même cette hypothèse à partir de la dizaine de caractéristiques que donne Rittel de ces problèmes qui échappent à toute forme de solutionisme.  Dans la liste ci-après nous avons fait le choix de traduire « wicked problems » par « problèmes fourbes » :

  1. Il n’y a pas de formulation définitive des problèmes fourbes.
    • La manière de le formuler dépend de l’interprétation qu’en donne celui qui veut le résoudre et de sa connaissance du champ des solutions possibles qui est toujours partielle et subjective.
    • Ce qui implique que « la formulation du problème est le problème ».
    • Les phases classiques de résolution des problèmes : comprendre le problème – récupérer de l’information – analyser l’information – faire une synthèse « créative », ne vont pas fonctionner avec les problèmes fourbes. Il faut au contraire avoir une approche par argumentation collective progressive entre les parties prenantes afin de faire émerger graduellement une solution.
  2. Les problèmes fourbes n’ont pas de critère d’acceptation de solution clairs
    • Ces problèmes n’ont pas vraiment de fin, on n’arrête la conception que parce que les ressources de résolution sont épuisées : manque de temps, d’argent, de patience, de motivation, etc. A la fin, il y a toujours quelqu’un pour dire « Ça suffit,  » (that’s good enough).
  3. La solution à des problèmes fourbes n’est pas vraie ou fausse mais bonne ou mauvaise
    • La solution prend la forme d’un compromis qui est satisfaisant pour les parties prenantes, on ne cherche pas LA vérité.
  4. On ne peut pas tester immédiatement et de manière définitive une solution à un problème fourbe.
    • S’insérant par nature dans une intrication de systèmes (psychiques, collectifs, technologiques, économiques, etc.), toute implémentation d’une solution a des effets de bord systémiques avec des vagues de conséquences quasi intraçables dans un temps limité.
  5. Toute solution à problème fourbe est une opération définitive ; parce qu’il n’y a pas l’opportunité d’apprendre par essai-erreurs, chaque tentative de résolution compte significativement.
    • C’est probablement le point le plus critiquable si on le regarde depuis le champ des systèmes logiciels où la possibilité de faire des essais et des erreurs est devenue une partie intégrante des méthodes agiles de développement logiciel. Mais que l’on pense à des projets logiciels qui doivent se faire dans un contexte de systèmes existants historiques (legacy systems, brown field) et cette différence de nature tend à s’estomper.
  6. Les problèmes fourbes ne peuvent pas faire l’objet d’une liste exhaustive de solutions potentielles 
    • On ne peut pas s’en sortir par la simple réutilisation de patterns déjà éprouvés, il y a toujours un moment où, collectivement, on va se dire : «  Ok, essayons ça alors ».
  7. Tout les problèmes fourbes sont essentiellement uniques.
    • Ils peuvent avoir de nombreuses ressemblances et similarités avec d’autres problèmes, mais il y a toujours ce petit supplément qui change la donne de manière radicale.
  8. Tout problème fourbe peut être considéré comme le symptôme d’un autre problème.
    • Si un problème peut être décrit comme étant un écart entre une situation existante et une situation espérée, alors la résolution de ce problème commence généralement par la recherche de la cause de cet écart. Cette cause devenant elle-même un nouveau problème pour lequel on va s’enquérir d’un nouvel écart qui donnera lieu à un nouveau problème, etc. Cet aspect fractal et potentiellement infini de l’enchaînement des problèmes n’est pas sans rappeler cette pratique des enfants qui vous demandent « pourquoi ? » à chacune de vos réponses jusqu’à que vous soyez épuisé et leur répondiez : « Parce que !! » . 
    • En remontant ainsi de problème en problème on arrive à des problèmes d’un très grande généralité dont la résolution peut donner le vertige, d’où la tentation inverse d’essayer de résoudre le problème à partir de sous-problème de manière incrémentale. Ce à quoi Rittel répond que des amélioration marginales et locales ne garantissent pas pour autant une amélioration globale du problème. L’exemple donné est celui d’un logiciel qui résout effectivement un problème mais qui surtout le déplace sur les utilisateurs et l’organisation.
  1. L’existence d’un écart représentant un problème fourbe peut être expliquée de nombreuse façons. Le choix d’une explication va déterminer la nature de la résolution du problème.
    • Nous sommes dans un domaine de causalités floues ou il n’y a pas de règles ou de procédures pour déterminer la véracité d’une explication. La raison en est qu’il y a beaucoup plus de façons de réfuter une hypothèse qu’il n’y en a dans les sciences.
  2. Le Designer n’a pas le droit de se tromper.
    • Selon Karl Popper (à qui Ritter reprend le mot « Wicked ») la solution à un problème scientifique n’est qu’une hypothèse en attente de réfutation et, en ce sens là, nul ne fera le reproche à un scientifique de faire des hypothèses et d’élaborer des théories car c’est la règle du jeu dans le domaine scientifique. 
    • Le designer ne jouit pas des même privilège et doit rendre des comptes, attendu qu’il ne recherche pas la vérité mais doit « améliorer le monde dans lequel nous vivons ».

En résumé : Les designers doivent faire face à des problèmes fourbes qui défient leur efforts pour délimiter leur périmètre, leurs frontières et le tissu de leurs causalités.

by Christian at May 19, 2020 07:05 PM

Karl Dubost

Michel

porte et feuillage Saint-Philbert-sur-Risle, France, 18 juillet 2019

Sous l'amas d'illusions qu'à tout instant son imagination lui dictait, il croyait voir saillir un point nodal, un noyau inconnu qu'il touchait du doigt mais qui toujours lui manquait à l'instant où il allait y aboutir.
— La disparition - Georges Perec, urn:isbn:978-2-07-071523-7

Les monstres de mon enfance disparaissent petit à petit. Une des 512 lignes du poste de télévision, encore cathodique « à cette époque » s'est éteinte.

Anna Karina, Agnès Varda, Philippe Noiret, Romy Schneider, Anémone et tant d'autres. Cette époque là est celle du petit écran de la fin des années 70 et début des années 80. C'est le cinéma à la télévision, principalement. La dernière séance pour le cinéma américain, et puis Ciné-Club (22h30), ainsi que le cinéma de minuit. Ah et j'avais presque oublié Mardi Cinéma.

Donc hier, c'était la nouvelle de Michel Piccoli…

  • Vincent, François, Paul… et les autres
  • La grande bouffe
  • César et Rosalie
  • Max et les Ferrailleurs
  • Les choses de la vie

C'est quoi Michel Piccoli

Piccoli, mort le 12 mai 2020 à Saint-Philbert-sur-Risle, dans l'Eure.

Mûres dans la main Saint-Philbert-sur-Risle, France, 18 juillet 2019

Saint-Philbert… Le chemin de la Baronnie, près de la maison de son épouse, qui monte au Rossignol, où j'ai passé nombre de mes fins de semaine, enfant, chez mes grand-parents. L'été dernier, quand nous pouvions encore voyager, nous avions parcouru les arbres généalogiques entre les champs de blé et d'orge, les maisons fermées et les forêts humides. Nous avons mangé des mûres dans les haies le long de la route en lacets.

Champs de blé Saint-Philbert-sur-Risle, France, 18 juillet 2019

sur le bord du chemin

May 19, 2020 02:59 PM

May 18, 2020

Karl Dubost

fenêtre sur cour

orchidée sur une table Tsujido, Japon, 16 mai 2020

Le soleil s'était largement incliné au-delà de midi, une odeur de brûlé monta sur la terre , on entrait dans cette mélancolie du soir où chaque homme solitaire désire aller voir un ami ou gagner simplement les champs pour réfléchir et marcher parmi les herbes assoupies, pour rasséréner ainsi sa vie bousculée par le jour.
— Tchevengour - Andreï Platonov, urn:isbn:978-2221081440

La pluie tombe dans l'ombre de la nuit.

Je pense aux privilèges. Ceux que nous décidons d'abandonner, ceux que nous avons, ceux que nous désirons avoir pour mieux mépriser ceux que nous avions.

Les choix sont uniques, les contraintes sont collectives.

Les circonstances m'auront appris deux choses. Quand le privilège le permet et que tout va bien,

  • « il faut cultiver notre jardin » pour se donner l'espace immense du soi lorsque tout le reste se rétrécit ;
  • « La maison est notre coin du monde. C’est notre premier univers et un véritable cosmos. » Bien choisir le lieu de vivre pour que tout aille bien quand tout va mal.

Notre fenêtre sur cour est généreuse en oubli et scintillante en mémoire.

sur le bord du chemin

  • Relance
    De plus en plus tenté par une auto-exclusion. Je crois que dans d’autres circonstances familiales, j’aurais déjà fait ce pas de côté, ce "refus poli".
  • Conserveries mémorielles
    Conserveries mémorielles est une revue transdiciplinaire à comité de lecture qui publie des travaux empiriques et théoriques de divers horizons touchant aux problématiques de la mémoire, du temps et de l’historicité. Elle est animée par une équipe internationale de jeunes chercheurs.

May 18, 2020 02:59 PM

David Larlet

Relance

Redémarrer la machine à tout prix.

Ouverture

C’est que ce monde ne changera pas simplement parce qu’on comprend avec sa tête qu’il va droit dans le mur : il changera surtout si notre perception mute et s’ouvre, apprend à voir ce qu’elle ne voyait pas ou plus, ou mal, ce qui relève d’un exercice tout autant spirituel que physique, d’un métissage serré des deux potentialités. Ce n’est pas l’un ou l’autre, la pensée ou l’émotion, le concept ou le percept, ou l’affect, c’est l’un et l’autre et le troisième, en multicouches. C’est un alliage et c’est une alliance.

Postface par Alain Damasio de La recomposition des mondes, Alessandro Pignocchi

Si le capitalisme repart après avoir été quasi à l’arrêt, je me demande comment est-ce que l’on peut encore croire. Croire qu’un changement radical soit possible. Croire qu’une généralisation des ZAD est envisageable. Croire qu’une génération est suffisante alors qu’une pandémie ne l’est manifestement pas.

S’ouvrir à l’acceptation. Celle d’inégalités indécentes. Celle de privilèges plus ou moins innés. Celle qui ira jusqu’à l’épuisement du dernier esclave.

Accepter l’inacceptable sans se détester de trop.

Funambulisme quotidien.

Agriculture

Mais alors, que n’ont-ils pas abandonné l’agriculture quand le plan se retourna contre eux ? En partie parce qu’il fallu des générations pour s’apercevoir que les petits changements s’accumulaient et transformaient la société, et qu’à ce moment-là personne ne se souvenant avoir jamais vécu autrement. Et en partie parce que la croissance démographique brûla les vaisseaux de l’humanité. Si l’adoption du labourage fit passer la population d’un village de cent à cent dix, quels sont les dix qui eussent été volontaires pour mourir de faim afin que les autres reviennent au bon vieux temps ? Impossible de revenir en arrière. Le piège s’était refermé.

Sapiens, Yuval Noah Harari

Seule une pandémie éradiquant plus de 90 % de la population permettrait un retour possible au nomadisme. Cela me semble être aujourd’hui la seule sortie envisageable du capitalisme, en valorisant une accumulation de savoirs plutôt que d’avoirs.

À une ou deux petites mutations près, on n’en est plus si éloigné… et si la combinatoire naturelle ne s’en sort pas, il y aura bien un savant fou pour l’aider un peu.

Neuf personnes sur dix trouvent probablement cette idée incongrue. La dixième a-t-elle pour autant davantage de chances de survivre ? Le voudrait-elle seulement ?!

Ermite

Cette vie procure la paix. Non que toute envie s’éteigne en soi. La cabane n’est pas un arbre de l’Éveil bouddhique. L’ermitage resserre les ambitions aux proportions du possible. En rétrécissant la panoplie des actions, on augmente la profondeur de chaque expérience.

[…]

La tentation érémitique procède d’un cycle immuable. Il faut d’abord avoir souffert d’indigestion dans le cœur des villes modernes pour aspirer à une cabane fumant dans la clairière. Une fois ankylosé dans la graisse du conformisme et enkysté dans le saint doux du confort, on est mûr pour l’appel de la forêt.

[…]

Un ermite ne menace pas la société des hommes. Tout juste en incarne-t-il la critique. […] L’anarchiste rêve de détruire la société dans laquelle il se fond. Le hacker aujourd’hui fomente l’écroulement des citadelles virtuelles depuis sa chambre. […] Tout deux ont besoin de la société honnie. Elle constitue leur cible et la destruction de la cible est leur raison d’être. L’ermite se tient à l’écart, dans un refus poli. […] L’ermite ne s’oppose pas, il épouse un mode de vie. Il ne dénonce pas un mensonge, il cherche une vérité.

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson

De plus en plus tenté par une auto-exclusion. Je crois que dans d’autres circonstances familiales, j’aurais déjà fait ce pas de côté, ce refus poli.

S’isoler dans un petit recoin de forêt. En insécurité énergétique (cache). Loin…

Un bois n’a jamais refusé l’asile. Les princes, eux, envoyaient leurs bûcherons pour abattre les bois. Pour administrer un pays, la règle est de le défricher. Dans un royaume en ordre, la forêt est le dernier bastion de liberté à tomber.

Ibid.

Recul

And I thought with a pang of how I was always hurrying him – to get dressed, to get out the door for school, to finish his dinner, to get ready for bed – and of how heedlessly I was inflicting upon him my own anxious awareness of time as an oppressive force. How before he knew where he was, his own childhood would have receded into the past, and he too would be out of the secret level of childhood and into the laterally scrolling world of adulthood.

Splendid isolation: how I stopped time by sitting in a forest for 24 hours (cache)

On dirait que je ne suis pas le seul à prendre du recul en allant me promener en forêt.

Lorsque j’observe le changement qui a pu s’opérer dans notre famille depuis que l’on est en confinement en terme d’apaisement et d’équilibre, je me dis que j’ai besoin de temps pour accepter que l’instruction en famille est peut-être ce qui est préférable pour chacun de nous.

Aussi, il est temps que j’aille faire un petit tour dans les bois.

Haine

[Discussion autour des commentaires suite à un gazouillis de la mairesse.]
— Il y a beaucoup de haine à Montréal en ce moment.
[Part en courant dans le salon pour vérifier un truc et revient aussi vite.]
— Mais non Papa, il n’y a qu’un « n » à Montréal !

Il y a un « m » dans humour.


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May 18, 2020 11:00 AM

May 17, 2020

Karl Dubost

non facturé

Panneau de bureau avec photos Tsujido, Japon, 17 mai 2020

En arrivant à Tchevengour avec Gopner, Dvanov avait vu qu'on ne trouvait plus dans la nature l'angoisse d'autrefois, ni, dans les villages bordant la route, les anciens dangers, les anciennes calamités : la révolution avait épargné ces lieux, avait libéré les champs pour leur paisible nostalgie et était allée on ne sait où, comme si elle s'était enfouie dans le noir intérieur de l'homme, lasse de tant de routes parcourues. Partout sur terre, c'était comme le soir et Dvanov sentit que le soir tombait sur lui aussi : temps de la maturité, temps du bonheur ou des regrets.
— Tchevengour - Andreï Platonov, urn:isbn:978-2221081440

Ce matin, j'ai imprimé l'affiche qui était dans le bus pendant la construction de La Grange. Je l'ai collée sur un carton et puis découpée. Je l'ai accrochée près de mon bureau afin de pouvoir y penser plus longuement. Parfois, en regardant longtemps, on découvre le hors-champ de la mémoire.

Photo avec une étiquette Tsujido, Japon, 17 mai 2020

Ce soir, j'ai fouillé dans une caisse en bois où je range les vieilles photographies et négatifs. Il y a là plus de 40 ans de prises de vues et d'instants oubliés. Je voulais savoir si je pouvais découvrir d'autres photographies du bus. Je ne les ai pas encore trouvées. Je ne sais pas si elles existent. Mais à la place, j'ai trouvé cette photo avec la gommette « non facturé. » J'ai souris. Une photographie d'un voyage en Malaisie en 1996. Je n'avais pas d'appareils photos numériques en ce temps là.

Les films négatifs couleur, je les déposais à la FNAC. Quand la photographie était floue, il ne la facturaît pas. Je me dis qu'un artiste travaillant sur la mise au point décallée pouvait avoir là une production de son travail à moindre coût. Exploiter les failles du système pour y créer un nouveau sens.

Le ou la technicienne, derrière sa machine semi-automatique regardent défiler les images développées. Une décision est prise. Cette image est floue. L'opérateur, devenue commissaire d'exposition, colle une vignette « non facturé. » Le protocole commercial de la FNAC transformé en système de production artistique. « Chaque époque rêve la suivante » (Walter Benjamin).

Peut-être devrais-je créer un algorithme d'IA qui recherche automatiquement toutes mes photos numériques ? L'entraînement serait réalisé sur ces photos rejetées par la FNAC. Le programme, alors, appliqueraient une étiquette « non facturé. »

sur le bord du chemin

  • Stuck at Home, Men in Japan Learn to Help. Will It Last?

    He gave his wife a list of tasks he regularly performs: bathing their two pre-school-age children, washing dishes, overseeing tooth brushing.

    How little he knew. In a meticulous spreadsheet, Ms. Kataoka, a nursing student, enumerated her 210 tasks to his 21.

  • How a stopover at Tokyo airport changed my life: Pico Iyer. L'article n'est pas exceptionnel, mais il y a cette phrase qui me parle, qui vient tamiser la matière de mes propres souvenirs.

    I thought: I know this place. Better yet, it knows me. If I don’t come back here, something will remain unresolved inside me forever. I have no official connection with this country, but something in me belongs here and if I don’t return, I’ll be an exile for life.

    Tsujido est cette ville, inattendue, non désirée, dans un pays non rêvé, découverte en mai 2001. Pendant quelques jours, pour le travail au W3C, depuis le bureau du Japon, à l'université de Keio. Quand je suis parti en mai 2001, j'y suis resté. Combien je ne savais pas que j'y vivrais un jour sur le long terme.

May 17, 2020 02:59 PM

May 16, 2020

Karl Dubost

les mots de l'argile

colombages La Saussaye, France 19 février 2008

L'été de Tchevengour suivait son cours, le temps filait désespérément à contresens de la vie, mais Tchepourny, tout comme le prolétariat et les autres, s'était arrêté en plein été, au milieu du temps et des éléments troublés, et il vivait dans la paix de sa joie, attendant à juste titre que le bonheur définitif s'élabore au sein d'un prolétariat que rien n'alarmait plus. Ce bonheur d'exister était déjà sur terre, mais il restait caché à l'intérieur des « autres », malgré quoi il était néanmoins une substance, un fait, une nécessité.
— Tchevengour - Andreï Platonov, urn:isbn:978-2221081440

Un jour il sera nécessaire de travailler les mots de l'argile, sa souplesse, ses parfums, l'histoire de mon enfance normande, des entrailles d'une grange.

Un jour nous parlerons de ce que nous avons oublié. Large est la narration à ceux qui explorent les chemins creux qui pousse le prochain pas, la prochaine exaltation de l'effort. L'argile dans les poumons est une histoire de l'osmose, de la perméabilité des émotions, de la forêt et du calcaire.

sur le bord du chemin

May 16, 2020 03:59 PM

May 15, 2020

Karl Dubost

malaxer l'argile

mur craqué, sol de sable Tsujido, Japon, 14 mai 2020

Entre elle et moi, ce n'est pas de l'amour, ce n'est qu'un simple fait. Le prolétariat lui aussi est né des faits, pas de l'amour.
— Tchevengour - Andreï Platonov, urn:isbn:978-2221081440

La mémoire n'est pas une. Les mots noués ensemble et l'histoire se reconstruit. Une couleur, un lieu, un geste. Ici l'un se souvient du sureau, l'autre de l'aubépine, les deux étaient là, rideaux de feuilles pour l'intime salle de bain avec le broc et la cuvette en émail. Un trou creusé dans l'argile de la forêt en guise de garde-manger avec une planche en bois posée dessus. Quatre tuyaux de métal, et des chaînes qui s'autobloquaient pour la hauteur de la grille afin que les flammes cuisent et ne brûlent pas. La mémoire, belle étrangère qui ne se comprend uniquement dans les mots mélangés. Il y a ce que nous nous souvenons, il y a ce qui fût documenté et surtout tout ce qui n'a pas été enregistré, laissé à l'abandon sublime de nos vies entre les ronces et les fougères, sous le lierre et les chênes. Une lampe à pétrole, une table, trois chaises et un scrabble et la forêt sombre tout autour.

Ces conversations interrompues au delà des frontières sont notre voyage le long de la route du soi. Ce que nous sommes est dans nos paroles. L'amour est dans la main qui malaxe l'argile pour y préparer le torchis. Pour être debout, il faut se lever. Pour se lever, il faut exister. Pour exister, il faut raconter.

sur le bord du chemin

May 15, 2020 02:59 PM

May 14, 2020

Karl Dubost

fragrances salines

algue sur la plage Tsujido, Japon, 14 mai 2020

Dehors la pluie commençait à cesser, les bulles s'étaient tues et la terre s'était mise à exhaler l'herbe rincée, la propreté de l'eau froide et la fraîcheur des routes ouvertes.
— Tchevengour - Andreï Platonov, urn:isbn:978-2221081440

Se laisser guider par les mots et les images d'une enfance et devenir chercheur de rêveries et d'école buissonnière dans les talus de la mémoire, voilà un emploi du temps que je savoure délicieusement. Vaporeux beignets d'écumes, fragrances salines des souvenirs heureux, je me réjouis des fils à venir. L'esthétique de la mémoire est tellement imparfaite, imprécise que l'on peut s'y perdre dans une longue randonnée agréable.

horizon et fuji sur la plage Tsujido, Japon, 14 mai 2020

sur le bord du chemin

  • Bus de la ville de Rouen dans les années 70.
    Bus rouge et blanc
  • techniques CSS. Le plus difficile sera probablement de le tenir à jour.
  • microservices, kubernetes, raspberry, tout cela chez soi… et en allant un peu plus loin, allez voir du côté de piku. Je mets dans la catégorie, « tentant mais pas le temps. » (geek++)
  • Rouen, terre natale du trolleybus
  • 1965-2015 : il y a 50 ans, la naissance de l'autobus Standard
  • Depuis quelques semaines, j'évalue mes options entre changer d'hébergeur ? Aujourd'hui gandi mais avec un support limité pour FreeBSD et des images incomplètes. Ou bien de garder gandi mais de passer à Linux. Ou bien de m'auto-héberger à la maison. Je ne sais pas encore ce que je veux/dois faire. Ce qui est certain est que la version 12.1 de FreeBSD sur Gandi est pour l'instant problématique, ce qui a quelques conséquences sur d'autres configurations des services (côté serveur de mail).

May 14, 2020 02:59 PM

May 13, 2020

Karl Dubost

journée dans l'ombre

ombre de profil sur un mur Tsujido, Japon, 13 mai 2020

La marche et la fraîcheur entraînante de l'air avaient ôté à Louï tous les doutes de sa pensée et toutes ses concupiscences ; la route l'usait et le dépouillait de toute excès de vie nuisible.
— Tchevengour - Andreï Platonov, urn:isbn:978-2221081440

Une journée dans l'ombre où toutes pensées futiles se cristallisent, une journée qui vous arrachent les bras et laissent les mains dans le vide du mouvement. Le sommeil engourdi libère le corps noué. Une marche déroulée contre l'effort de la vague qui se retourne à son immensité. Patience. Demain sera grand.

sur le bord du chemin

  • Which characters are considered whitespace by split()? (python)
  • bjoern: Fast And Ultra-Lightweight HTTP/1.1 WSGI Server
    A screamingly fast, ultra-lightweight WSGI server for CPython 2 and CPython 3, written in C using Marc Lehmann's high performance libev event loop and Ryan Dahl's http-parser.
  • Point: People want to see the code.
    Imagine something that won't clone 50 different "sub modules" from random places on the Internet when you check it out. What a concept, right?
  • que reste-t-il de ma rencontre avec l’écriture ?.
    je fixe ses lèvres sèches dans l'espoir qu'elles bougent à nouveau. Après de longues heures d'attente j'aperçois un léger tremblement, au fond de la mémoire, un mouvement de lumière, semble redonner la parole à l’écriture.
    — Anh Mat
  • Tribune : Pas de trêve des confineurs
    Peu de gens semblent en effet désireux de se tenir dans l’intensité existentielle et dans la quasi-immobilité, dans le suspens que suppose ce « maintenant ». Pourtant, par une magie inattendue du confinement, « maintenant » a cessé pour un temps d’être cette chose fuyante et habituellement fantomatique, n’ayant d’existence que d’être entre « avant » et « après ». Le présent ne nous échappe plus, il s’impose.
  • Cette forêt sur un bateau me rappelle cette affiche au dessus de mon lit dans le bus transformé en abris pendant les travaux de La Grange. Ah tiens on y voit même la 2CV orange. Comme j'aimerais retrouver cette affiche. Peut-être que je devrais au moins l'imprimer en petit format.
    'Bus aménagé'

May 13, 2020 02:59 PM