Planète Web Sémantique

December 10, 2019

David Larlet

☕︎ Publier

Sur le web, on peut distinguer public et lier. Transmettre une URL publique sans pour autant la lier. Publier un flux sans qu’il soit définitif. Je joue beaucoup avec cela ces derniers temps.

Trucs importants cette semaine : publier des journaux, beaucoup de journaux. Autant d’un point de vue personnel que professionnel. Un truc pour les grands (cache). Yannick et Ronan m’ont beaucoup inspiré dans cette pratique, autant dans le recul quotidien qu’elle procure que dans l’histoire qu’elle raconte au fil du temps.

Au passage, j’ai enfin terminé d’extraire les journaux privés de cet espace afin de pouvoir pousser le code et le contenu à un endroit que je peux pérenniser. Lorsqu’une dépendance de longue date permet de reprendre le contrôle suite à une exclusion.


Valoriser le brouillon – la recherche en train de se faire – mêlé aux publications des circuits conventionnels comme les revues et les monographies. Les carnets font partie, pour certain·e·s, d’une même démarche d’écriture que les articles ou les communications, valorisons ces espaces de publication !

Publier les carnets, éloge du brouillon (cache)

Coïncidence marrante, c’est ce que j’ai essayé de faire pour la publication de la semaine dernière. Vous n’avez peut-être pas lu la fin si votre agrégateur ne vous averti·e pas des mises à jour des contenus eux-mêmes. Et c’est là où la publication du brouillon est difficile, il faut adapter/recréer l’ensemble des outils qui ont été développés pour une publication à un instant donné.

À quel moment prévenir le lecteur ou la lectrice qu’une publication a été amendée ? De quelle manière ? Ce ne sont pas des questions techniques mais de design.

Si tant est que les deux puissent être séparés.


Je suis de plus en plus attiré par les petits incréments indiscernables de notre quotidien, mais qui nous entraîne inconsciemment vers la réalisation d’un chemin. Personne n’a voulu la patine, mais elle est tout de même le résultat d’habitudes et de fréquences. Elle est l’histoire d’une invisibilité, de frictions, contacts, mouvements qui lui donnent naissance.

Carnets Web de La Grange (cache)

La Grange se réveille doucement, en ayant laissé le temps à la patine de s’installer, loin des lecteurs et lectrices. C’est une chose qui m’a souvent tenté (notamment dans mes pires cauchemars lorsque j’imagine monétiser cet endroit sur sa fraîcheur), tout en sachant que la publication est pour moi une libération qui peut difficilement attendre. Il est rare que je passe par un brouillon ou que je ne rédige pas en un seul jet, publié dans la foulée. J’ai déjà du mal à attendre le lendemain pour une publication comme celle-ci.

J’aurais certainement des choses à apprendre d’une telle pratique. Sur mon rapport au partage et à l’importance de mon image.

Casser le miroir pour mieux se réparer.


Many—usually cis, white, heterosexual—people in the tech industry believe that this “privacy tradeoff” is worthwhile. While they have a financial incentive in the continuation of this model, and are not necessarily the worst harmed when their privacy is weakened, their privilege has made them short-sighted.

It’s Time to Get Personal (cache)

J’apprécie beaucoup le travail de Laura Kalbag. Je continue de travailler ma compréhension des privilèges et de ce que ça peut signifier pour mon entourage. Publier sur son espace est élitiste et publier sur une plateforme soulève d’autres problèmes. Deux formes de dominations, l’une par la technique, l’autre par la pression sociale/culturelle. Une piste est de proposer des outils conviviaux — et c’est ce que s’attèlent à faire Laura et Aral. J’aimerais poursuivre une piste parallèle.

J’apprécie beaucoup leur travail (bis).


Guess what? It’s not about reaching as many people as possible with your content. If you can do that, great, remember me when you’re famous. But chances are that by far the biggest beneficiary of you trying to help past you is future you. If others benefit, that’s icing.

Learn In Public (cache)

Parfois, en relisant un vieux billet, j’ai le sourire comme celui que l’on peut avoir lorsqu’on retrouve une photographie. Avec une peu de nostalgie mais aussi d’accomplissement suite au chemin parcouru depuis. En se sentant un peu coupable d’avoir été bien différent, d’avoir osé immortaliser des états et les publier. En ayant conscience que l’acte de publication rend caduque ces mots, ces images, ces pensées. Qui continuent leurs chemins dans ma tête… et parfois dans les vôtres.

Ce web-log n’est finalement qu’un très long change-log.


I know the anxiety of sharing something with the world. I know there is a pressure to match the quality we see elsewhere on the web. But maybe we should stop trying to live up to somebody else’s standards and focus on just getting stuff out there instead. Maybe our “imperfect” things are already helpful to someone. Maybe this shouldn’t be so hard.

Good Enough (cache)

Il y a le karaoké des plateformes, des lieux suffisamment bruyants pour que la médiocrité ne semble pas visible. Il y a les cours de chant qui doivent se faire en des lieux prestigieux, des noms de domaines mélodieux. Et puis, il y a chanter sous la douche ou siffloter sur son vélo, publier chez soi ce qui semble sonner vrai. Transmettre son humeur aux autres, son tempo du moment, ses dissonances aussi, ça soulage et c’est déjà pas mal.

fab stream2019.publish

December 10, 2019 11:00 AM

December 03, 2019

David Larlet

☕︎ En forêt

Quelques jours en forêt. Pour soigner mon asocialité en étant seul. Pour bien en suer aussi. Pour jouer une partie d’échecs sans avoir droit à l’échec.


Les enfants d’aujourd’hui deviennent beaucoup plus dépendants qu’ils ne le croient des mille et une technologies de leur quotidien. Et bientôt, nul de s’aventurera dans la forêt sans une panoplie du parfait explorateur. Et l’on continuera d’appeler ça : l’aventure.

L’apprenti sage, Gilles Vigneault

Le matériel. Comment passer outre lorsqu’on va dormir par -20°C ? L’aventure n’est alors pas dans ce que l’on a mais de sa façon de l’utiliser, d’enchaîner les adaptations dans le bon ordre pour continuer à se sentir tout petit et tout vivant. Savoir que rien n’est acquis dans ces conditions là, qu’une petite erreur peut tout changer, que la confiance en soi doit être reconstruite à chaque sortie. Et puis, il y a le chant des loups…

L’avoir comme pré-requis, l’expérience comme capacité à (sur)vivre.


De génération en génération, les dégradations de l’environnement augmentent, mais chaque génération considère le niveau dégradé dans lequel elle grandit comme un niveau non dégradé - comme un niveau normal. Résultat : une relation à la nature de plus en plus instrumentale, déconnectée, consumériste, et empêchant une vision élargie de l’éthique, au sens où celle-ci est indissociable du lien avec le vivant dans son ensemble.

Or, plus le cercle de l’éthique est restreint, plus nos choix en matière de politiques publiques, de comportements citoyens, de solidarité sont régressifs et chosifient les êtres avec lesquels nous interagissons.

Ecologie : la (très) longue marche (cache)

Suivi de :

une population peut continuer d’être alarmée contre les inégalités alors qu’elles peuvent avoir été aplanies depuis longtemps. Au contraire, nous pouvons observer des situations paradoxales où la majorité croit que les inégalités diminuent, alors que les barrières sociales se reconstituent. Il peut en résulter, notamment pour les nouvelles générations qui subissent cette nouvelle dynamique paradoxale, où les faits et les représentations divergent, un risque majeur de dyssocialisation: une contradiction violente entre les valeurs, les représentations et l’identité transmises par la génération précédente et les conditions et situations objectivement vécues par la génération émergente.

Louis Chauvel, le sociologue qui a vu notre lose dans ses graphes (cache)

La convergence des luttes est plus que jamais sur le point d’avoir lieue, je doute qu’il faille s’en réjouir cela dit… Aujourd’hui tous précaires (cache), demain tous soli(d|t)aires ?


The collaboration between Big Tech and Big Oil might seem counterintuitive. Culturally, who could be further apart? Moreover, many tech companies portray themselves as leaders in corporate sustainability. They try to out-do each other in their support for green initiatives. But in reality, Big Tech and Big Oil are closely linked, and only getting closer.

The foundation of their partnership is the cloud. […]

On the surface, then, Microsoft appears to be committed to fighting climate change. Google has constructed a similar reputation. But in reality, these companies are doing just enough to keep their critics distracted while teaming up with the industry that is at the root of the climate crisis. Why go through the effort of using clean energy to power your data centers when those same data centers are being used by companies like Chevron to produce more oil?

Oil is the New Data (cache)

Tiens c’est la première fois que je vois ce lien aussi clairement décrit dans un article. N’hésitez pas à le partager avec votre compte Google Mail pendant que je m’empresse de le commit-pusher sur Microsoft Github.


Citation de la semaine :

Plusieurs sourds de naissance, une fois appareillés, ont été déçus de constater que le soleil ne faisait pas de bruit.

Via notoriousbigre (cache), je n’écouterai plus jamais le soleil de la même manière.

December 03, 2019 11:00 AM

December 02, 2019

David Larlet

★ Into the sled

Résumé en français

Le traîneau c’est sûrement pratique mais il ne faut pas oublier les caribous volants qui vont avec. Voir aussi.

Once in a while, I’m trying something new. This time again, it was somehow a failure new learning! I wanted to try out the sled we have for having family fun in the snow for a very long time. Two ropes, two PVC tubes and a belt later, there we are, super cheap (see post’s picture). So I went for two nights in the forest with all my equipment behind me, it was super cold and I still enjoyed the moment… despite the sled in itself.

Earn or learn

  • earn : I went to a place I saw during a previous spotting trip wondering if that would be a nice winter camp, and it was.
  • learn : In my memory, it was relatively flat to go there, a few hills in the forest but nothing crazy. Well, when you are hauling a sled, you better stay on a frozen lake. For the record, here is what my track looked like:
Path with dead trees and uphill And I am not even mentioning when the path in itself is not flat (in cant?).
  • earn : I kept all my fingers. It was below -20°C that night, my sleeping bag was full of ice around my head (or what was left of it still outside) due to my breathing when I woke up. The interior of my tipi was super icy too. Still I felt warm with the strategy to put a boiling water bottle when I went sleeping in the sleeping bag plus a thermos (still warm in the morning!).
  • learn : once you break the ice around the zipper of your sleeping bag to be able to open it, put your gloves before rushing out of it (because you did not pee for the last twelve hours and you are close to your 40 :-P), at that temperature your fingers full of moisture will freeze in a breath. And you still have to make a fire…
A fire in front of a tipi with the sun rising. A fire, a tipi, now time for a hot tea!
  • earn : I tried to make a fire which would last the whole night and keep some embers for the morning, you can achieve that with a parallel log fire (same principle as a Swedish torch) and it kind of worked. I was not able to get the fire going without a lighter but it surely helped given the temperature to still have dry and hot wood around.
  • learn : I spent the whole day trying to figure out a way to get back in time to the rented car with the sled and the two bags on the next morning. I trimmed down my poles and put one of the two backpacks directly on my back. It was still better but I had to double-carry for more than half of my way back. Not ideal. Hopefully I woke up at 5 that morning.
A cold sunrise in the forest full of snow. One of these magical moments.
  • earn : I was able to eat correctly, even when all was frozen (olive oil, camembert, you name it). When it is cold, eating fat makes you hot. Especially prior to go to bed. Keeping a fire running is really a matter of enjoying the trip or not (to be soft).
  • learn : every drop of water will freeze, your saw is hot don’t put it in the snow, a few drips of water are running out of your thermos don’t put it on clothes, the snow is melting besides you when you sleep don’t forget to turn your sleeping bag when you wake up, and so on.
A stream in the forest, totally iced. Can I have tap water please?
  • earn : by chance, I was very close to a stream still not frozen the first day, I just had to break the ice on the morning. It is really a game changer to be able to boil down water instead of (so much) snow!
  • learn : I brought too much food and I did not use my wood stove, a lot of extra weight. Same with the wool blanket which was super heavy and useless. Without these extra items, maybe the sled would have been easier to deal with…
  • earn : I was able to fall asleep while wolves were still howling in the background, it was almost pleasant given the estimated distance. Next morning, there were tracks everywhere not far (enough) from the camp!

It was probably my last time in the woods this year. This trip gave me a lot of confidence in my abilities and my knowledge, that was fun to some extent besides the struggle with the ride. Best of all, I did not break the sled and avoid a family drama, yay!

Winter camping is (c|g)old.

December 02, 2019 11:00 AM

November 27, 2019

David Larlet

★ Faire famille

Premier territoire des irremplaçables donc, les parents. Pas nécessairement le père ou la mère. Mais celui qui incarne ou permet de concevoir l’histoire originelle. Celui qui n’est pas simplement la figure de lui-même, mais celle d’où vient l’enfant. « Faire famille » est souvent l’anti-chambre de « faire société », dans la mesure où même profondément, dissemblables, ils posent, respectivement, pour advenir durablement, une dialectique commune. « Faire famille », plus encore qu’avoir une famille. Qu’est-ce que « faire famille » ? « Faire famille » a subi autant de transformations que « faire société ». Et a révélé sa plasticité potentielle. L’invariant de la structure familiale n’est pas uniquement la copulation d’un homme et d’une femme mais l’agencement de leurs volontés créatrices et de leur ambition symbolique commune. « Faire famille », c’est entrer dans le symbolique. À la différence de la notion plus institutionnelle de famille, le « faire famille » stipule qu’il est toujours de l’ordre de la dynamique et de l’inachevé. La famille est une institution, certes. Mais le « faire famille » est la réalité dynamique, vitale, productrice, de cette institution. Il est ce qui préserve la durabilité de l’institution famille. « Faire famille », c’est faire de l’attention l’écosystème de l’individuation. C’est le lieu de la coproduction avec l’autre. Quel que soit le sexe des parents, ils sont, l’un et l’autre, garants de la préservation de la place de la différence, dans l’avénement de la structure familiale comme dans celle de sa consolidation symbolique. Les présents sont garants des absents. Si le « faire famille » s’invente, il le fait selon cette conditionnalité : être garant du respect de la place de ce que l’on n’est pas. Car le « faire famille » est par essence un mode de véridiction du manque originel. Seul on ne fait pas famille. Faire famille, c’est reconnaître que l’on ne fait pas seul unité. Que l’autre est nécessaire. « Faire famille », ce sera alors faire nécessairement récit de cela. Si l’autre manque dans la réalité quotidienne de la famille, il faut veiller à ménager ses réitérations. On « faire famille » autant avec les présents qu’avec les absents, on fait famille avec tous ceux qui ont inventé symboliquement et physiquement cette ambition de faire famille. Les fondations du devenir psychique de l’enfant sont directement liées aux interactions précoces qu’il a eues avec les adultes l’entourant, et notamment ses parents. La qualité de développement de l’enfant, sa vigueur, est le fruit de cette implication inaugurale. Si la notion de vulnérabilité est juste pour décrire l’insuffisance originelle et persistante de l’individu, elle insiste néanmoins trop sur la dimension négative de cette situation première. Être apte à construire son individuation grâce à l’attention reçue d’autrui et portée en retour ne se réduit pas à la notion de dépendance. Avoir eu besoin des autres pour grandir constitue une dépendance, une dette même. Mais c’est manquer la réalité féconde de l’enfant, de ce qu’il donne spontanément à ses parents, de la part vitale qu’il vient consolider. Le don rappelle que la vulnérabilité initiale ne peut s’assimiler à une faiblesse. Par la suite, se souvenir symboliquement de la dette, ce sera aussi grandir. Non pas la payer, mais s’en acquitter symboliquement, en assumant à son tour l’enjeu de transmission.

[…]

Éduquer, c’est toujours donner ce qu’on n’a pas reçu. Pallier l’insuffisance de sa propre enfance. Toujours l’ambition du pas de plus.

Les irremplaçables, Cynthia Fleury

Trois ans, six ans, des jalons indirectement inspirés du travail de Maria Montessori. Le sentiment de « faire famille » tout en essayant de laisser la place de s’ouvrir aux autres. Se protéger sans se renfermer tout en préservant nos atypies. Un grand écart dissonant, notre histoire.

Expérience

[à la table du petit déjeuner, 4 ans]
— Arrête de renifler s’il te plaît
— Pourquoi ?
— Parce que ça fait remonter le mucus et ton rhume va se transformer en sinusite ou en otite.
— Tu as déjà eu ça ?
— Oui.
— Est-ce que Mamouchka [ma mère] t’avait dit de ne pas le faire ?
— …

Bon ça s’est soldé par une double otite mais ça m’a tout de même bien secoué le raisonnement de me prouver que je n’ai moi-même pu expérimenter cela qu’en n’écoutant pas un conseil parental.

Est-on condamnés à reproduire les erreurs de ses parents ? Le curseur entre l’expérience et le conseil est en mouvement constant. Sans parler de la patience nécessaire à toute forme d’apprentissage et de transmission.

Sexualité

[en marchant, 5 ans]
— Est-ce que tu montes sur maman pour faire des bébés ?
[what!] Euh, mmh, oui ça arrive ?!
— Maman doit être très forte alors car tu es gros et lourd.
— …

Il semblerait que la réflexion ait été inspirée par un livre sur les dinosaures. Presque rassurant :D.

Toujours est-il que j’ai souvent été désarçonné par des réflexions sur la sexualité que je n’anticipais pas avoir à détailler dès maintenant. J’espère être un peu mieux préparé maintenant. J’espère être toujours désarçonné aussi.

Séduction

[vient de tomber de l’escabeau, 5 ans]
— Papa, est-ce que je vais avoir un bleu ?
— Oui, probablement.
— Cool, je vais pouvoir séduire les femelles avec !
— …

Il y a parfois des connexions qui laissent sans voix. Je suis bien content de prendre des notes pour me rappeler de ces moments. Il faudrait que je te demande ton consentement avant de les publier, je ne suis pas vraiment à l’aise avec cela et en même temps c’est une des façons les plus pérennes que j’ai de conserver ces traces.

J’appréhende un peu le moment où l’on va regarder Avatar.

Mort

[en allant faire des courses, 5 ans]
— Papa, j’aimerais être du plastique.
— ?!
— J’aimerais ne pas être vivant.
— Ah…
— Parce que j’ai peur de mourir, je ne sais pas ce que ça fait.

C’est aussi la période d’une prise de conscience de l’impermanence, de soi, de ses parents surtout. Cette peur qui ne te quittera pas de si tôt. Je ne pensais pas que tu perdrais cette forme d’innocence si rapidement. Et qu’elle serait si douloureuse.

Autonomie

[5 ans]
— Est-ce que des fois je peux avoir ma vie solitaire ?

La naissance d’une personnalité est fascinante. Je suis vraiment heureux de pouvoir assister (à) cela au quotidien. J’aimerais trouver une implication qui nous corresponde. Et en même temps ça n’est pas quelque chose qui se trouve mais qui se vit.

Exemplarité

[Après avoir trouvé une pièce de puzzle manquante]
— T’es un génie papa, sans toi je ne pourrais pas vivre.
[Un autre jour]
— J’aime tout l’univers sauf toi papa.

Parfois, la parentalité est difficile à supporter. Parfois, ça fait du bien. Souvent, c’est très surprenant. J’ai l’impression que l’on assemble un puzzle ensemble, chacun y allant de sa pièce en encourageant l’autre à mettre la suivante. On ne sait pas trop ce que l’on essaye de représenter et c’est peut-être le plus important.

Compréhension

[Après une accolade nord-américaine]
— Pourquoi Vince et Papa ils se tapent pour se dire au revoir ?

J’aime cette réflexion car elle me fait prendre conscience du peu de violences physiques qu’il y a dans notre famille et notre entourage.

J’espère pouvoir conserver cela.

École

[Après deux semaines d’école]
— Il y a un ami qui s’appelle Ethan.
— Et ?
— Seitan !

C’est un euphémisme d’écrire que de t’accompagner à l’école n’est pas une partie de plaisir. J’aurais aimé trouver une option plus adaptée aux défis qui t’attendent. Une façon d’appréhender le monde qui soit éloignée de la compétition et de la discrimination.

Et en même temps, quoi de mieux que l’immersion dans un monde de diversité. Pouvoir expérimenter l’altérité au quotidien me semble être la seule façon de développer une empathie pour son prochain. Il n’y a qu’en vivant avec la différence que l’on arrive à la comprendre et à ne plus en avoir peur.

[Ton enseignante il y a quelques jours]
— Votre enfant est une perle, il est la force tranquille de la classe.

Excuses

[Avant de s’endormir]
— Pourquoi ils ne se sont pas excusés de s’être moqué de moi alors que j’avais mal ?

Difficile de parfois t’expliquer qu’il y a d’autres façons d’interagir et de penser. Que la bienveillance et la bien-traitance dépendent des personne qui pensent les appliquer à bon escient.

Difficile de comprendre qu’il puisse y avoir de l’humour dans de telles circonstances… et encore plus difficile de t’expliquer des comportements que je ne comprends pas moi-même.

Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit là.

Jeu

[Quatre ans]
— Papa, maman, quand est-ce que vous avez appris à ne plus jouer ?

J’ai commencé à te montrer que la forêt est un terrain de jeu et je suis très content de pouvoir commencer à te transmettre des choses dans ce contexte aussi. On a encore de nombreuses choses à explorer ensemble dans ce domaine.

Personne n’a envie que l’on détériore son terrain de jeu.

Expatriation

— Je suis arlésien !

Tu as passé plus de la moitié de ta vie sur le sol canadien. Et pourtant tu t’identifies souvent comme étant arlésien. Un besoin de racines à défaut de pouvoir te sentir « de souche ».

Vivre aussi éloignés des grands-parents est difficile et en même temps permet de savourer chaque instant à leurs côtés. C’est l’un des choix qui est très compliqué à faire pour nous.

Lecture

— Simon Paris Chèvre !
[Il fallait lire « Maison des Pâtes Fraîches »]

L’apprentissage de la lecture en se servant de ta mémoire a été assez marrante. Je ne sais pas si on peut dire que tu as appris à lire tout seul. Tu avais énormément de matériel à disposition et on t’a lu des milliers de (fois les mêmes) livres. C’est peut-être la frustration des fois où on saturait un peu qui a fait naître cette motivation.

Les bandes dessinées (Yakari, les Shtroumphs) ont eu un gros impact sur ton attrait pour la lecture. D’aucun·e·s pourraient y voir des intérêts spécifiques… les chats ne font pas des chiens.

Potentiel

Avec la science, l’homme pourrait faire de sa planète le paradis mais il est en train de mettre la science au service du profit d’aujourd’hui en créant l’enfer de demain.

L’apprenti sage, Gilles Vigneault

Nous sommes allés voir il y a quelques jours si un établissement plus stimulant serait approprié. Il y a déjà tellement à déconstruire lorsque tu reviens de l’école, je ne sais pas trop quoi en penser. Peut-être les premiers pas d’un nouveau chemin. La suite au prochain épisode !

Inné et acquis

Je constate chaque jour à quel point l’inné est mince face à l’acquis. La co-évolution culture-génome théorique me semble être clairement déséquilibrée en pratique et ce déséquilibre tend à s’accentuer. Cela donne une incroyable responsabilité à l’accompagnant qui en vient à guider quasi malgré lui. Partager ses expériences sans orienter est un vrai challenge. Faire s’épanouir un libre arbitre et un esprit critique qui ne soient pas les nôtres.

Accompagner un enfant

J’écrivais ceci il y a trois ans et j’ai depuis évolué dans ma réflexion. Si l’on considère sa famille comme étant finalement de l’inné, à ce moment cela réajuste ma perception. On n’est plus dans un équilibrage mais dans un état symbiotique d’enrichissements mutuels.

Et c’est peut-être finalement ça « faire famille ».


La vie c’est comme une kuksa remplie de bleuets, il y en a des gros, des petits, des moisis, des acides, des bien mûrs. Ce qui compte c’est de les avoir ramassés ensemble.

November 27, 2019 11:00 AM

November 26, 2019

David Larlet

☕︎ Ecocentric

Une semaine en dent de scie avec pas mal de stress. Mais aussi d’appels d’air ! Tout en étant le sujet de mes propres contradictions. Ma vie, mon désenchantement.


Truc chouettes :

  • Finir de rédiger un long billet qui me tient à cœur.
  • Recoder ce qui génère ces pages en Python moderne.
  • Réussir en partie à décrocher du boulot lorsque je n’étais pas à l’aise avec la situation.
  • Repartir sur une initiative qui me tient à cœur.

It could be all that, but it probably isn’t. It’s probably me. I am 37 now. The world is smaller, more tired, more fragile, more horribly complex and full of troubles. Or, rather: the world is the same as it ever was, but I am more aware of it and of the reality of my place within it. I have grown up, and there is nothing to be done about it. The worst part of it is that I can’t seem to look without thinking anymore. And now I know far more about what we are doing. We: the people. I know what we are doing, all over the world, to everything, all of the time. I know why the magic is dying. It’s me. It’s us.

[…]

Now I declared, to myself if no one else, that I was ‘ecocentric’ too. This was not the same as being egocentric, though some disagreed, and though it sounded a bit too much like ‘eccentric’ this was also a distraction. I was ecocentric because I did not believe – had never believed, I didn’t think – that humans were the centre of the world, that the Earth was their playground, that they had the right to do what they liked or even that what they did was that important.

[…]

I am leaving on a pilgrimage to find what I left behind in the jungles and by the cold campfires and in the parts of my head and my heart that I have been skirting around because I have been busy fragmenting the world in order to save it; busy believing it is mine to save.

Confessions of a recovering environmentalist (cache)

Parfois j’aimerais me sentir trop vieux pour penser être capable de changer des choses. Plus que quelques années j’espère.

It turns out that very few people give a fuck about anything outside of their own heads, let alone what you are doing. Anxiety is often caused by our perceptions of what other’s think about us, or will think if the worst happens, whatever that may be.

When we obsess over that perception and worry ourselves into panic, it’s a form of narcissism. Your narrative becomes 100% about you.

Radical Acceptance (cache)

J’aimerais pouvoir accepter cela dès maintenant. Tant qu’il y a de la frustration il y a de l’espoir.


“At the start of the 21st century, one of the questions that excited me most about access to the Internet was the possibility of producing infinite copies of books and sharing knowledge. That idea of an Internet that was going to be a tool for integration and access to knowledge has shattered into smithereens. It was a booby trap. We are working as the unpaid slaves of the new digital world. I feel that it’s like when the Spanish colonisers reached Latin America. We believed the story of ‘a new world’. And we were in a box, controlled by the most powerful country in the world. We should have regulated a long time before. And we should have said: ‘I will share my photo, but how are you benefitting and how am I?’ Because what we are doing today is work for free; with our time, creativity and energy we are paying these empires. We are giving them everything”.

And she rounds off her speech by ensuring that not only are our lands at their mercy, like in the past, but the most private, most vulnerable part of each of us. “We are totally predictable and controllable. And that means easily manipulated. This really worries me”.

Renata Ávila: “The Internet of creation disappeared. Now we have the Internet of surveillance and control” (cache)

Où il est question de colonialisme numérique, de surveillance généralisée et d’alternatives à proposer en tant qu’européens.

Peut-être qu’il faudrait que j’ouvre un compte sur Facebook histoire d’être suffisamment manipulé pour oublier tout ça. Et le reste.

Génie.


Notre cerveau est un organe formidable, malheureusement il est loin d’être parfait et les études sur son fonctionnement (sciences cognitives) le démontrent à foison. Confronté à des problèmes, il a mis en place des stratégies pour les résoudre, notamment des raccourcis de pensée qui sont spontanés et inconscients. Souvent très utiles, ces raccourcis peuvent parfois nous faire mal interpréter les choses. Ils sont également des leviers privilégiés pour ceux qui voudraient orienter notre interprétation.

En résumé :

  1. Le trop-plein d’information est nocif, donc on filtre en masse.
  2. Ça ne va pas en s’arrangeant, alors on ne s’encombre que du strict nécessaire.
  3. Il faut agir vite pour ne pas rater son tour, alors nous sautons directement aux conclusions.
  4. Le manque d’information rend confus, donc on remplit les trous.

Mais les solutions que nous avons trouvées pour régler les problèmes peuvent nous jouer des tours :

  1. Nous ne voyons pas tout. Et certaines des informations que nous écartons/filtrons sont en fait utiles et importantes.
  2. Notre mémoire renforce les erreurs. Une partie des choses dont nous nous rappelons le plus tard rendent les systèmes cités ci-dessus encore plus biaisés et plus dommageables pour nos processus de pensée.
  3. Les décisions rapides peuvent être complètement nulles. Certaines des conclusions auxquelles nous sautons sont injustes, égoïstes et contre-productives.
  4. Notre quête de sens peut générer des illusions. Nous imaginons parfois des détails qui ont été placés là par nos suppositions et construisons des intentions et des histoires qui n’existent pas vraiment.

Codex des biais cognitifs, 2016 (cache, PDF, 855 Ko)

Il est difficile d’avoir conscience d’être la solution à son propre mal-être. Sans pour autant réussir à y faire grand chose…

Maudit cerveau.


Je crois qu’il n’y a pas de problème d’addiction au Like mais que nous avons un problème de diction qui naît de l’absence de frictions. Qu’il nous faut parvenir à "dire", à rendre explicite et public ce qui nous émeut, ce qui nous révolte, ce qui nous attendrit, ce qui nous blesse, ce qui nous choque, ce qui nous intéresse, ce qui nous informe, et plus que tout ce qui nous lie. Et que cette "diction" est une friction ; que le prix à payer pour cette diction est celui d’une friction ; que cette diction a un coût et ce que coût n’est ni nul ni entièrement substituable ou déléguable à des entreprises

La fin du like ? (cache)

J’en suis arrivé à la même conclusion et j’essaye de dés-émojis-er mes écrits ici et là. C’est difficile tellement il est aisé de cliquer sur une réaction proposée. Un émoji vaut mille mots et c’est justement ce qui prête à confusion, l’interprétation des émotions étant très complexe et culturelle.

Sans compter leur biais et leur instabilité.

🤷‍♂️


Citation de la semaine :

Vous prévoyez écouter des séries en rafale pendant les Fêtes ? Saviez‑vous que regarder neuf heures d’épisodes correspond à une consommation de 1 kWh au coût d’environ 7 ¢ ? En effet, vous bénéficiez des plus bas tarifs résidentiels de l’Amérique du Nord. Bon visionnement !

Dans l’infolettre d’Hydro-Québec

Netflix, Disney+, AppleTV++, toujours plus d’abrutissement.

Je suis sans voix.


Manifestement je suis en manque de forêt.

November 26, 2019 11:00 AM

November 19, 2019

David Larlet

☕︎ Se livrer

Je n’avais plus mal au dos. Et puis j’ai maintenant une nécessité de prendre l’avion en 2020, probablement deux fois de suite. J’ai de nouveau mal au dos. Il y a peut-être un lien. Peut-être.


Cette semaine :

  1. J’ai résisté à la tentation d’acheter des choses (j’aimerais pouvoir écrire cette ligne chaque semaine).
  2. J’ai commencé à mettre au clair mes journaux liés à des projets/produits professionnels, il faudrait que je documente cela. Très meta.
  3. J’ai fait des pizzas et elles ont été appréciées.
  4. Je suis en train de planifier ma prochaine sortie dans les bois.

Ne reste pas assis à t’étudier. C’est assommant. Il n’y a que des peluches dans ton nombril. Il faut te propulser dehors, jeune auteur-e. Pense aux autres, à un ailleurs, à une distance qui te ramènera, au bout du compte, chez toi.

La seule véritable façon de développer son univers consiste à se fondre dans l’altérité. Un mot simple désigne cela : empathie. Mais ne te laisse pas berner. L’empathie est dure, violente, elle peut te modifier profondément. Te lacérer. Soit averti(e) : on te traitera de sentimental(e). En vérité, les vrais sentimentaux sont les cyniques. Ils vivent dans les nuages d’une nostalgie bornée. N’ont aucune musculature. Ne se déplacent jamais. Se retiennent à une idée qui n’éveille plus rien. Rappelle-toi que le monde ne se limite pas à une histoire. Nous trouvons dans les autres un prolongement de nous-mêmes.

Alors, laisse les cyniques tranquilles. Coiffe-les au poteau. Entre dans l’inconnu. Admets que ton récit soit plus grand que toi.

Lettres à un jeune auteur, Colum McCann

Mais alors, peut-on écrire un livre si l’on est cynique ? Au moment où je me disais qu’écrire sur un truc auto-centré pourrait avoir de la valeur, ça m’a à la fois encouragé et découragé.

Bon en même temps, j’ai un blog pour ça.

Écrire un livre m’est quelque chose de beaucoup trop définitif et incontrôlable. Il s’agit de figer le temps en une œuvre unique et immuable, destinée à être léguée au monde dans l’espoir qu’elle ne s’y fanera pas, en espérant que les autres se souviendront de l’arroser de temps en temps. Pour ma part, je n’ai rien à foutre que mes mots disparaissent avec moi lorsque je serai morte. Je n’ai aucune prétention de vouloir laisser un témoignage qui me survivra et qui sera lu par le plus grand nombre ; Hypothermia n’est pas un héritage absolu. Il m’est un travail d’écriture qui évolue avec le temps, et que je tiens à modeler au fil des billets. Le blog me permet de récupérer les lambeaux des jours passés et de les assembler, les scotcher ensemble, article après article, pour éviter qu’ils se perdent trop vite.

Je n’écris pas pour qu’on se souvienne de moi après ma mort. J’écris pour me rappeler au fait que je suis bien vivante.

Plutôt écrire que mourir (cache)


I suspect most folks reading this would not want to self-identify as an Instagram hope-to-be-influencer or Twitter combatant or Netflix binger. But most wouldn’t shy from self-identifying as, say, a reader.

We’re amicable to calling ourselves readers for the same reason we want to identify as rock climbers or marathon runners or exceptional parents or selfless children or humanitarians or folks who’ve written thoughtful and considered books — because these activities carry with them an implicit sense of self-betterment, typified by being active (as opposed to passive).

Stab a Book, the Book Won’t Die (cache)

Actif ou passif, choix conscient ou algorithmique, dégustation ou consommation, une question de point de vue. De ce qu’est le produit, de quel est le producteur, de ce qu’est le déchet, de se sentir unique tout en faisant la même chose.

Ni trop similaire, ni trop différent. Trop condescendant alors ?


Mais, en fin de compte, ce n’est pas le caractère extraordinaire du maître qui laisse le disciple perplexe, l’intrigue et rend son esprit plus profond, c’est le caractère parfaitement ordinaire du maître. Parce qu’il n’est que lui-même, il est miroir pour ses disciples. Quand nous sommes avec lui, nous sentons nos propres forces et nos faiblesses sans qu’émane de lui aucune impression d’éloge ou de critique. En sa présence nous voyons notre visage originel, et ce que nous voyons d’extraordinaire n’est que notre propre nature véritable. Lorsque nous apprenons à laisser libre notre propre nature, ce qui sépare le maitre et le disciple disparaît en un profond courant d’être et de joie dans l’épanouissement de l’esprit de Bouddha.

Préface de « Esprit Zen, esprit neuf », Richard Baker

J’ai commencé un livre sur le bouddhisme et le zen. Je ne sais pas où cela va me mener.

Merci Emmanuel.


Voici la contradiction profonde de cette structure sociale : il est impossible, dans cette société d’externalisation, de donner accès à tous au confort matériel des pays riches, car cela supposerait qu’il n’y ait plus d’extérieur où exploiter des travailleurs à la chaîne, où sous-traiter l’accueil des migrants, où ponctionner les sols pour en récolter le soja et l’huile de palme, où déverser les déchets électroniques. L’inégalité structurelle de la société d’externalisation en fait une société non universalisable.

Cela permet d’ailleurs de comprendre combien cher vaut alors la citoyenneté d’un pays comme l’Allemagne, le Canada ou la France, parmi d’autres. Naître au Nord constitue un privilège exclusif : une espérance de vie plus élevée, un revenu plus élevé, un environnement plus sain et une liberté de circuler interdite à la plus grande partie de l’humanité. Par conséquent, chercher à universaliser une vie digne de ce nom suppose une remise en question de cette structure même. Cela suppose de mettre à bas les principes structurants de l’économie capitaliste (propriété privée, marché, exploitation, surproduction, surconsommation, etc.) et de son organisation internationale fondée sur des échanges économiques et écologiques inégaux.

Préface de « À côté de nous le déluge », Arnaud Theurillat-Clouturier

Ce livre ne va pas arranger mon mal de dos, et pourtant il est difficile de faire l’autruche alors que les coïncidences sont de plus en plus visibles :

On October 22nd, the day of the Bolivian election, Tesla’s stock price skyrocketed. Coincidence?

Half of the planet’s lithium is in Bolivia. Lithium is necessary for high-tech batteries. With Evo gone, companies like Tesla will be able to strip mine Bolivia for dirt-cheap.

Samuel D. Finkelstein II sur Twitter


Citation de la semaine :

Nous sommes entourés par l’océan. Il n’y a nulle part où se cacher.

Canada climate change: Quebec’s islands are crumbling (cache)

Ne pas oublier que nous sommes tous entourés par l’océan.


Depuis que j’ai quitté le plateau et ses montréalisiens, j’ai l’impression d’habiter en province. Les « amis » viennent nous voir, une fois, pour vérifier qu’ils ne pourront jamais quitter cet intra-muros élitiste. Ils s’indignent sur des murs Facebook sans voir ceux qu’ils ont in·consciemment érigés autour d’eux.

November 19, 2019 11:00 AM

November 12, 2019

David Larlet

☕︎ Dépendances

Un jour férié en France, c’est souvent une journée tranquille pour moi. L’occasion de creuser davantage de liens et de réflexions. Et de fermer des onglets après avoir partagé quelques connexions neuronales.


Trucs enthousiasmants cette semaine :

  1. Faire du ménage numérique sur cet espace et préparer un dépôt chez moi pour stocker tout cela et probablement ouvrir un peu de code.
  2. Arriver à la page 100 de la numérisation de l’histoire d’une partie de ma famille.
  3. Aller gambader dans la neige comme deux petits chiens fous avec mon fils.
  4. Tenter d’établir des ponts locaux.

The other day, I came across a website I’d written over two decades ago. I double-clicked the file, and it opened and ran perfectly. Then I tried to run a website I’d written 18 months ago and found I couldn’t run it without firing up a web server, and when I ran NPM install, one or two of those 65,000 files had issues that meant node failed to install them and the website didn’t run. When I did get it working, it needed a database. And then it relied on some third-party APIs and there was an issue with CORS because I hadn’t whitelisted localhost.

My website made of files carried on, chugging along. This isn’t me saying that things were better in the old days. I’m just saying that years ago websites were made of files; now they are made of dependencies.

Computer Files Are Going Extinct (cache)

Un peu forcé, je suis en train de revoir comment publier ce qui stocké ici. En réduisant les dépendances à la fois pour le code et pour l’écriture. C’est un long chemin que je prends plaisir à parcourir.

Il fait appel aux différents sens du mot « accessibilité ».


Look, all technology breaks sometimes. I’m not saying that new is bad because it’s buggy; I promise you, the old stuff broke too. You probably do not want to go back. But there’s a difference between “the car broke down” and “the car got lost”. One is a fragility of things: if you drive a car, you need to take responsibility for keeping it in good shape. It’s a scarcity problem. But the latter feels more like an abundance problem: it’s fragility of something, I just couldn’t put my finger on what.

Everything is Amazing, But Nothing is Ours (cache)

La fragilité de la connaissance. Ne plus avoir conscience de l’espace et du temps dans lequel on vit. D’où la perte de repères.

En l’occurence, ça n’est pas la voiture qui s’est perdue. Mais le code de quelqu’un d’autre dans sa voiture.


Autre façon de voir les choses : Jusqu’où vouloir filtrer le néga­tif et encou­ra­ger le posi­tif revient à se mettre la tête dans le sable pour ne pas voir la réalité ?

À quel point filtrer ce côté sombre, même partiel­le­ment, n’est pas une posture de privi­lé­gié qui n’est pas impacté aussi direc­te­ment que d’autres ?

Dépeindre un monde trop sombre (cache)

Si je me morfonds dans la négativité, cela finit par affecter ma santé et j’ai l’impression que les causes que je pourrais soutenir perdent un allié. C’est assez arrogant de penser cela et pourtant c’est le seul moyen que j’ai trouvé de (sur)vivre pour l’instant.


And even if humanity really is doomed, there’s always the hope that someday a hyperintelligent species of cockroach will inherit the Earth. And when cockroach archaeologists try to reconstruct our history, I would like them to be able to say, loosely translated from their complex pheromone-and-dancing system of communication: “These meatsacks may not have been as good at surviving as us cockroaches—but at least they tried!”

What can a software developer do about climate change? (cache)

Réflexion de la semaine : en utilisant les énergies fossiles, on consomme un héritage que nos ancêtres sur des millions de génération ont réussi à préserver. Le meilleur moyen de ne pas avoir d’héritage est de ne plus rien avoir à partager. Une situation de crise — à moyen terme — ne peut que réduire les inégalités.

Lorsqu’il ne reste que quelques gouttes au fond du verre, on ne se demande plus s’il est à moitié vide ou à moitié plein.

On économise notre salive.


Often consumers don’t have much power of selection at all. Those who run small businesses find it nearly impossible to walk away from Facebook, Instagram, Yelp, Etsy, even Amazon. Employers often mandate that their workers use certain apps or systems like Zoom, Slack, and Google Docs. “It is only the hyper-privileged who are now saying, ‘I’m not going to give my kids this,’ or, ‘I’m not on social media,’” says Rumman Chowdhury, a data scientist at Accenture. “You actually have to be so comfortable in your privilege that you can opt out of things.”

Tech issues: The myth of inevitable technological progress (cache)

Dis-moi de combien de dépendances est-ce que tu peux te passer et je te dirai à quel point tu es privilégié. La capitalisme consiste à rendre dépendants ceux qui ont moins.

Quid des privilégiés qui tentent de montrer un autre chemin ? À quel moment la marginalisation ne peut plus en être une ?


The main thing I discovered was that the snippets.db database file in the Suggestions folder stored my emails. And on top of that, I found that it stored my S/MIME encrypted emails completely UNENCRYPTED. Even with Siri disabled on the Mac, it still stores unencrypted messages in this database!

This is definitely not the expected behavior and can be considered an inadvertent information exposure.

Apple Mail Stores Encrypted Emails in Plain Text Database, fix included! (cache)

Au moment où je galère en attendant une mise à jour des GPGTools pour ne serait-ce que lire mes courriels chiffrés, j’apprends qu’ils sont en fait lisibles en clair sur ma machine… quelle blague. Lorsqu’une dépendance en combat une autre.

Restez patients si vous attendez une réponse chiffrée de ma part. Peut-être qu’il faut que je change de stratégie à ce sujet (ça serait pas mal des ancres plus précises, en attendant mieux). Et en même temps le courriel est une des technologies la plus proche de mes valeurs qui soit, ce serait dommage d’avoir recours à une autre infrastructure et un autre outil pour pouvoir s’échanger des données chiffrées.


Citation de la semaine :

Il est trop tard pour être pessimiste.

Gilles Boeuf au sujet de « Envers les animaux, une responsabilité globale »

Il y a tellement de sens possibles à cette citation <3. Il est probablement trop tard pour être in-dépendant également.

Merci Aurélien.

November 12, 2019 11:00 AM

November 05, 2019

David Larlet

☕︎ Positif

Envie de choses motivantes et enthousiasmantes. Il y a une notion importante en survie qui peut changer le déroulé d’une situation critique : l’espoir.


En prenant aujourd’hui du recul, les réseaux sociaux en général m’ennuient de plus en plus. Pendant longtemps j’ai apprécié Mastodon car je considère que j’ai des interactions de qualité sur ce réseau. Généralement j’ai toujours des réactions intéressantes à mes messages et je consulte du contenu de qualité. J’ai pu apprendre et découvrir beaucoup de choses grâce à Mastodon.

Mon souci, étant donné les comptes que je suis, est que le fil d’actualité est rempli d’informations et de messages plutôt critiques à propos de la société dépeignant un monde sombre. Avant je considérais ces messages intéressants, aujourd’hui je trouve que la balance penche trop vers le négatif et ça a un impact émotionnel. Je souhaiterais également trouver des messages positifs pour conserver mon bien-être.

Ma lassitude des réseaux sociaux aujourd’hui (cache)

C’est également ma conclusion après quelques mois de diète. J’ai manifestement choisi d’accorder — intentionnellement ou pas — trop d’attention à des personnes qui accroissent mon anxiété. Il est temps de changer.

Je vais essayer de partager de mon côté davantage de choses positives. J’aimais bien mes WeeklyPositiveThings d’il y a cinq ans.

Cette semaine :

  1. Faire de balades en forêt en famille
  2. Reprendre la numérisation d’une partie de l’histoire de ma famille
  3. Discuter de la suite de ce que l’on pourrait faire en tant qu’équipe

Une autre option serait de faire une carte carbone encore plus low-tech, sur des carnets à souche imprimés avec du papier sécurisé, à l’image des tickets restaurant. Ce format aurait l’avantage de permettre des échanges d’unités de carbone sans que ce soit enregistré par une autorité centrale, et sans même devoir passer par des machines.

Carte carbone : plutôt qu’une taxe, un quota pour chaque citoyen ? (cache)

J’aime bien l’idée d’avoir des tickets carbone, c’est un peu l’idée que j’explore en ce moment pour réduire à une échelle personnelle.

Malheureusement j’ai de gros doutes sur sa mise en application au vu des conséquences :

La bourse d’échange de carbone ouvre une possibilité de redistribution des plus riches vers les plus pauvres.

Ibid.

Via Un moment de bascule (cache).

J’ai calculé à la louche qu’en demandant le feu rouge piéton pour pouvoir traverser (et me rendre à l’école de l’autre côté de la deux fois trois voies), je fais (sur)consommer environ un demi-litre d’essence. Ce qui à raison de quatre passages par jour porte le bilan carbone à deux litres.

Sans même avoir de véhicule motorisé…


Citation de la semaine :

Le ralentissement autorise le silence, le recueillement. La lenteur permet d’honorer la beauté. Imaginez-vous un instant que vous traversiez un jardin. Placer son nez dans une fleur pour en sentir le parfum nécessite de s’arrêter de se pencher, de respirer. Cette célébration de la vie se passe avec de la lenteur. Elle permet de capter les détails. Goûter la vie est un viatique pour en saisir le sens.

Ralentir pour apprendre (cache)

Au début, la peur des ours/loups me faisait être bruyant (et chargé), l’envie me faisait aller vite et loin. Aujourd’hui, j’accorde du temps au chemin que j’effectue dans un relatif silence. La seule rencontre non fortuite que je puisse faire est avec le canon d’un chasseur.

Lorsque je suis en forêt, je réalise que je chuchote dans ma tête.

November 05, 2019 11:00 AM

October 29, 2019

David Larlet

☕︎ Dettes

Une semaine de repos tout relatif. Un bon moment pour prendre du recul et construire des projets enthousiasmants. Je suis presque impatient de l’arrivée de la neige !


None of our old infrastructure was built with planetary management in mind, and very little is even now. What we’re dealing with is hundreds of years of something that software world calls technical debt. Technical debt is the shortcuts and trade-offs engineers use to get something done either cheaper or in less time, which inevitably creates the need to fix systems later, often at great cost or difficulty.

Some technical debt is understood up front, some comes from builders being ignorant of the system they are working in. Most of our planet’s infrastructure is mired in huge amounts of technical debt, most of which we didn’t know we were signing up for at the time, some of which we’re just incurring recklessly as we go along, unable to face the scale of the problem and pushing it off on the next generation.

A World We Built to Burn (cache)

La grosse réécriture (cache) c’est d’aller coloniser une autre planète. Ce qu’il ne faut presque (cache) jamais faire (cache).

Ne laissez pas des techniciens aux manettes.


This approach to discovery—answers first, explanations later—accrues what I call intellectual debt. It’s possible to discover what works without knowing why it works, and then to put that insight to use immediately, assuming that the underlying mechanism will be figured out later. In some cases, we pay off this intellectual debt quickly. But, in others, we let it compound, relying, for decades, on knowledge that’s not fully known.

[…]

Building and maintaining a society-wide intellectual-debt balance sheet would probably require refining our approach to trade secrets and other intellectual property. In cities, building codes ask building owners to publicly disclose their renovation plans. Similarly, we might explore asking libraries or universities to accept, in escrow, otherwise hidden data sets and algorithms that have found a certain measure of public use. That would allow researchers to begin probing the models and underlying data on which we’re coming to depend, and—by building theories—make payments on our intellectual debt before it becomes due in the form of errors and vulnerabilities.

The Hidden Costs of Automated Thinking (cache)

Le biais introduit n’est pas nouveau, il prend une nouvelle importance en raison de l’échelle à laquelle il s’applique et des conséquences que l’on veut bien accepter en tant que société/humanité. Le risque est dans notre incapacité à pouvoir mettre en défaut une machine qui aurait appris sur des données incomplètes/erronées/biaisées.


Les individualités ressortent, les personnes viennent nous parler de leurs parcours, de leurs doutes et de leurs espoirs, de la dissonance cognitive qu’elles ressentent au quotidien, sans trop savoir vers où se tourner, quelles actions mettre en œuvre. Elles nous parlent des changements qu’elles ont mis en place, même quand elles travaillent dans des domaines a priori très durs à faire bouger. Elles relatent leurs cheminements intimes de reconnexion à ce qui se passe autour d’elles, à la "nature" et à ce qui a plus de sens.

Avec le temps et le recul, j’ai l’impression que c’est de cette dissonance et de l’incapacité des êtres à vivre avec elle trop longtemps que va émerger la force du changement. Comme le burnout est le symptôme positif qui montre la maladie de la société et du travail, la dissonance et la vitalité individuelle aideraient les personnes à refuser l’injustice de la situation.

Faire atterrir le design (cache)

On discutait hier de la conquête spatiale vs. le « problème » de la faim de dans le monde. Aucun programme politique ne propose de changer cela, l’injustice de la répartition de la richesse étant à prise de conscience variable en fonction de la distance.

Chacun·e essayant de vivre avec ses propres dissonances.


Je rends visite aux vieilles personnes, aux aînés. On parle du temps, on rigole un peu, on se transmet des nouvelles, puis ils racontent comment étaient les choses jadis. Ils nous racontent une légende. C’est une longue conversation décousue. Mais les choses qui reviennent encore et encore dans la conversation sont importantes et on sait qu’elles sont importantes. Ils ne nous disent pas qu’il faut faire ceci ou cela. Ils nous racontent une histoire. On rentre à la maison et on y repense, et on sait qu’ils nous ont dit une vérité.

Blake Debassige, cité dans Mary E. Southcott, Anashnaabe of Manitoulin Island, au musée canadien de l’histoire

Comment interpréter ces légendes et/ou histoires lorsqu’elles racontent un endettement ? Quelle confiance avoir dans une expérience qui nous a mené à une impasse ? Comment éviter de reproduire ces récits pour en inventer de nouveaux ?

Our memory is our coherence, our reason, our feeling, even our action. Without it, we are nothing.

Louis Bunuel quoted in Time, Self, and Remembering Online (cache)


J’écrivais récemment :

Et en même temps si notre échange d’il y a 12 ans avait été chiffré, il y a peu de chances que j’en ai eu encore les clés pour le retrouver…

C’est la seconde fois que je suis coincé par GPGTools pour pouvoir répondre à des courriels chiffrés suite à une mise à jour de macOS. La complexité technique introduit une dépendance à l’outil. Une forme de dette pour l’archiviste que j’aspire parfois à être.

October 29, 2019 11:00 AM

October 22, 2019

David Larlet

☕︎ Privilèges

Une nuit en forêt avec pour challenge de ne pas faire de feu. S’adapter petit à petit au manque de luminosité, décider de dormir à la belle étoile même avec des températures négatives. Se sentir chanceux.


Mes privilèges sont nombreux et me permettent d’apprécier ma vie, de mieux comprendre ce que peut être la vie des autres, et de relativiser les quelques épreuves qui j’ai pu rencontrer jusqu’ici ainsi que le mérite que je pourrais penser avoir en les ayant dépassées.

Mes privilèges (cache)

Merci Boris de partager cette liste, je ne me sens pas suffisamment stable émotionnellement pour assumer une telle liste pour l’instant. J’aime prendre connaissance des sommets que je pourrais gravir ultérieurement. J’apprécie les personnes qui me montrent l’un des chemins possibles pour y accéder.

Les montagnes techniques ne m’intéressent plus.


I prefer coding everything by hand, because I don’t like the huge piles of garbage that the automated generators create. These programs that generate a website, app, or file for you spit out thousands of lines of unnecessary junk when really only 10 lines are needed. Then people wonder why their site is so slow, and they think it’s their phone or connection’s fault.

Digital pollution (cache)

Je réfléchis beaucoup à ce que signifie l’auto-suffisance en matière de développement (web). La différence entre aller cueillir des poires dans le verger du voisin et en acheter une caisse chez Monsanto.

Une excellente façon de prendre conscience du coût caché de l’open-source.


Wendat jette un regard tout aussi critique sur les habitudes de conversation des Français. Sagard a été surpris et impressionné par l’éloquence et la capacité de raisonnement de ses hôtes, des compétences affinées par des discussions quasi quotidiennes sur les affaires communes ; ses hôtes, en revanche, lorsqu’ils ont pu voir un groupe de Français réunis, ont souvent remarqué la façon dont ils semblaient constamment se bousculer les uns les autres et s’entretuer dans la conversation, utilisant des arguments faibles, et surtout (le sous-texte semblait être), ne se montrant pas très intelligents. Ceux qui essayaient de s’emparer de la scène, refusant aux autres les moyens de présenter leurs arguments, agissaient à peu près de la même manière que ceux qui s’emparaient des moyens matériels de subsistance et refusaient de les partager ; on a l’impression que les Américains considéraient les Français comme vivant dans une sorte de guerre hobbésienne de tous contre tous.

La sagesse de Kandiaronk : la critique indigène, le mythe du progrès et la naissance de la Gauche (cache)

Peut-être que les européens ont décimé une vérité qui leur était trop insupportable à admettre ?

Cet article est incroyable.


Citation de la semaine :

Ton écran peut être selon ton vouloir ou bien ta fenêtre ou bien ton miroir !

L’apprenti sage, Gilles Vigneault


L’un de mes nombreux privilèges est de pouvoir échanger avec des personnes qui alimentent ma façon de pousser. Merci à vous.

October 22, 2019 11:00 AM

October 15, 2019

David Larlet

☕︎ Discrétion

Une semaine très chaotique. Je me demande souvent si je devrais pas me faire plus discret lorsque mon attention se trouve être sollicitée de manière non soutenable. Ou au moins ne pas avoir d’opinions trop tranchées. Et en même temps, c’est ce qui me permet de vider un trop plein.


La discrétion, que Benoît appelait la « mère des vertus », est le discernement mesuré des situations uniques, qui fait de notre obéissance le contraire même de l’enrégimentement. La réflexion que je souhaite encourager requiert de la discrétion de la part du lecteur, sans qu’elle en devienne privée pour autant. L’intimité est une construction sociale toute moderne. Elle relève de l’individualisme possessif qui forme les opinions semeuses de discorde. Ce que je souhaite vous voir partager avec moi, ce n’est pas une opinion, mais une angoisse presque insupportable face à […].

La perte des sens, Ivan Illich

J’avais déjà lu que pour d’autres cultures/civilisations, l’intimité n’existait pas forcément. Est-ce que l’intimité est nécessaire à la création de rareté, de capital personnel ? Peut-il y avoir capitalisme sans intimité ?

Vous avez une semaine.


“What if we were to take advantage of all these incredible solutions that have been developed and driven by people who have nothing to do with the federal government?” he asked during his speech to the packed ballroom. “What if we were to unlock those capabilities to do the mission of national defense? What if we were to take advantage of the long-tail marketplaces that have developed in the commercial cloud industries? That’s what JEDI is.”

Meet America’s newest military giant: Amazon (cache)

Vous pourriez être tenté de participer à une bibliothèque comme boto à un moment dans votre vie. Puis apprendre bien plus tard qu’elle pourrait être utilisée par le Pentagon pour des objectifs qui vous semblent en désaccord avec ce qui est bien ou mal. Ce n’est pas forcément une question de valeurs mais de temporalité.

Les développeurs sont les forgerons des temps modernes et ils sont en train de se rendre compte qu’une hache ne sert pas qu’à fendre du bois.

The Open Source movement has always been focused on code. The result is a system that sadly neglects people. Many maintainers find themselves in a curious place. On one hand, we have people who regret seeing their code used for unethical purposes, but, because of the Open Source values they previously embraced, are unable to do anything except watch their code become weaponized.

Open Source is Broken (cache)


This project is only relevant if the collapse is of a specific magnitude. A weak-enough collapse and it’s useless (just a few fabs that close down, a few wars here and there, hunger, disease, but people are nevertheless able to maintain current technology levels). A big enough collapse and it’s even more useless (who needs microcontrollers when you’re running away from cannibals).

But if the collapse magnitude is right, then this project will change the course of our history, which makes it worth trying.

Collapse OS - Why? (cache)

C’est la beauté de tout ce qui est entrepris relativement à un effondrement prochain : l’inconnu. On ne peut se préparer qu’à un certain ordre de magnitude pour un certain contexte. Pour les autres cas, il vaut mieux en rire.

Je salue l’initiative cela dit.


  1. Connaître l’impact de nos trajets en avion
  2. Comparer plus justement les différentes options
  3. Penser le trajet comme un voyage
  4. Profiter au mieux du spectacle par la fenêtre
  5. Rester connecté pendant le voyage
  6. Explorer de nouvelles villes pendant les correspondances
  7. Profiter et se laisser inspirer par le voyage

Et si demain on ne prenait plus l’avion ? (cache)

En ce moment, je me sens surtout responsable de faire prendre l’avion aux autres pour venir me voir. Ce qui est à double tranchant.

Les dissonances de l’expatriation trans-atlantique.


Tout va dans le même sens : Les héri­tages béné­fi­cient prin­ci­pa­le­ment aux plus favo­ri­sés. On ne parle pas de soli­da­rité inter­gé­né­ra­tion­nelle mais de perpé­tua­tion de la richesse par droit de nais­sance.

Quelques chiffres sur l’héritage (cache)

Merci Éric de faire ce travail, chiffres à l’appui. Et concernant les taxes appliquées :

Alors 16 % pour quelqu’un qui reçoit magiquement de quoi être dans les plus riches sans rien avoir fait pour, comparé à la taxation du travail… moi je dis que c’est insignifiant.

Si ça avait du sens, je proposerais même d’inverser (plus taxer l’héritage, moins taxer le travail)

Commentaire sur « Quelques chiffres sur l’héritage » (cache)

Si seulement tout cela avait un sens. L’héritage financier est une vaste blague.


Citation de la semaine :

Quand le passé est pris pour un gouvernail, le navire marche à reculons.

L’apprenti sage, Gilles Vigneault


Je me rends compte que je n’écris plus en anglais ici et ça a changé ma façon de penser. Ou plutôt ma faculté à pouvoir communiquer mes pensées en anglais plus rapidement. Peut-être quelque chose à prendre en considération pour la suite.

October 15, 2019 11:00 AM

October 08, 2019

David Larlet

☕︎ Désespérance

J’aime le rythme des saisons, je me demande ce que cela fait de vivre proche de l’équateur. L’impression que chaque jour se répète inlassablement. Dans quelle mesure la saisonnalité encourage la prise de recul ?


Ernst Bloch avait identifié le « principe espérance » comme cette force dynamique qui fait avancer l’humanité en quête de progrès. Ce n’est alors pas sans raison, peut-être, que Bakhtine indiquait que les carnavals permettent l’expression des « espérances populaires ». Mais y a-t-il aussi, du côté des rebelles d’aujourd’hui, un « principe désespérance » qui pousse à agir même lorsque l’action paraît vaine, lorsque le rapport de force est si défavorablement asymétrique que la révolution est plus que jamais nécessaire, mais parait plus que jamais improbable, pour reprendre les mots du pamphlet L’insurrection qui vient, du Comité Invisible ?

[…]

Aujourd’hui, l’humanité est totalement étatisée, pour reprendre l’expression de Thomas Bernard. Résultat : une bonne partie des forces progressistes est incapable de penser l’« efficacité » politique autrement qu’en des termes étatiques : nombres de sièges au parlement, nouvelles politiques publiques, etc. Quant au capitalisme mondialisé, il s’insinue partout et ne se limite plus à l’exploitation du salariat, à la production de faux besoins et à l’intoxication de la vie intime. Il menace la vie sur terre, avec la complicité des gouvernements qui feignent de s’en émouvoir.

Devant pareille catastrophe, l’espérance n’est plus de mise, mais la désespérance n’est pas nécessairement synonyme d’apathie. D’où l’expression : la rage du désespoir. D’où l’expression, également, de « pessimisme combatif » […]

Les nouveaux anarchistes, Francis Dupuis-Déri

Pessimisme combatif. J’ai l’impression d’avoir le choix d’un peu trop de combats ces jours-ci.

Niveau pessimisme ça devrait aller.


Although I was intellectually quite well prepared for the birth of my first child, I was stunned by the degree of randomness that this event created in my life. It took me a while to understand that it was pointless to plan my days the way I used to. This did not mean that I didn’t plan or prearrange, but that I needed different schemes to deal with the unplannable.

Women in particular have developed such schemes over the centuries—arrangements that are not a surrender to randomness, but an allotment of time and resources based on situational judgements. … What makes them so different is that holistic strategies are, more often than not, intended to minimize disaster rather than to maximize gain. (80)

A crucial distinction here is the place of context. Attempts to minimize disaster require recognition and a profound understanding of context. Context is not considered as stable and invariant; on the contrary, every response induces a counter-response which changes the situation so that the next steps and decisions are taken within an altered context. Traditional planning, on the other hand, assumes a stable context and predictable responses. (81)

Production and growth (cache)

Je ne connaissais Ursula Franklin que de nom et elle a l’avantage d’avoir une page wikipedia bien détaillée. Merci Lucas ! (cache)

Limiter les dégâts plutôt que de gagner davantage que son prochain. Il y aurait un parallèle à faire autour de l’agilité et de ma génération de développeurs et développeuses qui est devenue parent.

Coïncidence ?


Ensuite que le travail de ces réseaux que l’on dit sociaux est avant tout de produire de la norme et de faire en sorte que ladite norme satisfasse au modèle économique de régie publicitaire qui est le leur. Et que tout le reste n’est que littérature.

Or, à l’échelle d’une société, il existe plein de manières différentes de produire de la norme, de fabriquer des référents légitimes et d’en rendre d’autres illégitimes. La manière dont les réseaux sociaux fonctionnent aujourd’hui dès lors qu’ils ont à traiter de questions liées aux corps et à leur représentation dans l’espace public qu’ils circonscrivent au sein de leurs audiences plus ou moins captives, cette manière repose sur des effets de stigmatisation et de désignation (body shaming) qui hystérisent la visibilité de certains traits. Mais elle repose également de manière bien plus insidieuse, sournoise et, hélas efficace, sur notre besoin d’identification et d’appartenance sociale qui nous rend dociles à des effets d’invisibilisation toujours plus prégnants.

Cheveux longs et algos courts. (cache)

Produire de la norme, c’était l’objectif de la religion avant d’être celui de l’État. Seule une homogénéité est contrôlable (aujourd’hui on dit « influençable »).

Fausses nouvelles, vraies vieilleries.


The above quote yields a glimpse into my position on the entire matter: stop focusing on the solution, and start focusing on the problem. You probably know more about your specific problem than the people behind your “found” solutions do. It’s a reasonable approach to give this knowledge precedence over the unknown data that influenced the design decisions of others.

Thinking vs Choosing (cache)

Devenir la nouvelle mode sans être radicalement différent. Prendre le risque de perdre l’utilisateur·ice ou de guider une nouvelle tendance. L’arête est escarpée.

Designer c’est douter.


Some years ago I contacted them because a flaw had been found in TLS encryption that might be dangerous for them, and to my surprise no one there cared. They had been assuming their Internet traffic was being spied upon anyhow, and it turns they were right.

Later they told me “we all use VPNs” and was impressed how privacy conscious they were. But no they told me, everyone does that, because without a VPN the internet here is too slow, they suspected the spying machinery was generally overloaded. The VPN was for speed. It was not assumed to deliver privacy, on which point they were also proven right (most VPN providers are pretty shady).

I mention these two stories to show that our assumptions on oppressive regimes may be wildly off, and not represent the reality on the ground in China, Russia, Iran, Indonesia and Turkey. It is a lot of fun being an armchair imaginary political activist, but things are remarkably different if you actually live there.

Centralised DoH is bad for privacy, in 2019 and beyond (cache)

Lorsque la réalité est fantasmée.


L’engagement c’est comme le thé : quand il est trop fort, le veilleur perd sommeil ; et quand il est trop faible, il s’endort.

L’apprenti sage II, Gilles Vigneault

J’aimerais parfois pouvoir m’arrêter de veiller. Est-ce qu’il suffit d’arrêter de boire du thé ?


La Nature n’est ni un allié, ni un ennemi… Je me protégerai du vent, de la pluie et de la neige et j’allumerai un feu pour me réchauffer. Je ne laisserai ni la peur, ni la panique conquérir mon esprit car là se trouve le véritable ennemi. — Mors Kochanski

Survie 101: Initiation au bushcraft et à la survie (cache)

J’ai participé à un atelier de (sur)vie en forêt. Avec des personnes qui ont une approche qui m’intéresse. Cela m’a permis de prendre conscience des connaissances/expériences accumulées dans le domaine. Peut-être qu’il serait temps que je tente de transmettre cela ? Je ne sais pas encore quelle forme est-ce que cela pourrait prendre. J’ai l’impression qu’il y a un intérêt croissant pour le domaine, un peu comme l’auto-défense fut un temps.

Emblématique des peurs d’une époque donnée.

If you have some power, then your job is to empower somebody else.

Toni Morrison cité dans « The Weight of the WWWorld is Up to Us by Patty Toland » (cache)


In June 2014, Apple announced that development of Aperture has been discontinued. Since then, Apple has released six major macOS upgrades. For technical reasons, macOS Mojave is the last version of macOS to run Aperture. Starting with macOS Catalina, Aperture is no longer compatible with macOS.

Migrate Aperture libraries to the Photos app or Adobe Lightroom Classic (cache)

Apple m’indique qu’Aperture ne se lancera même plus à la prochaine version de macOS. Je procrastine depuis cinq ans sur le sujet sans trouver d’alternative valable (et je voulais bien sûr faire un tri avant…). Quand je vois les bugs de iCloud + Photos.app par ailleurs je ne peux considérer cette option comme étant (v|f)iable. J’hésite à tout exporter en jpeg dans un coin en attendant mieux, c’est peut-être le format qui sera le plus longtemps supporté.

Il y a déjà deux autres outils que j’utilise qui mentionnent une migration potentiellement difficile. Plus grande sera la friction, plus motivé je serai à aller voir ailleurs.

Ravi.

October 08, 2019 11:00 AM

October 01, 2019

David Larlet

☕︎ Présent

Être moins soucieux pour l’avenir en ayant des actions au présent. S’occuper, se résigner, suivre le flux présent en croyant à une certaine conscience collective. Fermer les yeux.


Il y a une grosse insistance dans le livre sur l’anarchisme que je lis à vivre cette révolte au présent à travers le « socialisme utopique » (en opposition au « socialisme scientifique » issu du marxisme qui aspire à de meilleurs lendemains). Je n’avais pas envisagé cela sous cet angle auparavant.

Or les expériences temporaires nous encouragent aussi à (re)penser notre rapport au politique et au temps.

E. Armand (Milieux de vie en commun et colonies) minimisait au début du XXe siècle l’importance de s’inscrire dans la longue durée. Selon l’expérience des colonies libertaires, la durée est en fait « un signe infaillible d’amollissement et de relâchement ». Il faut d’ailleurs se demander ce que signifierait une expérience anarchiste se coagulant dans la durée : quelle liberté resterait à ceux et celles y participant, qui ne feraient que répéter et mimer des pratiques définies par d’autres et depuis longtemps stabilisées ?

[…]

Ces expériences temporaires temporaires restent significatives pour qui y participent. Pourquoi évaluer uniquement la pertinence politique d’une action à sa capacité à faire advenir plus rapidement une Révolution ? Pourquoi tout de suite se demander comment gérer l’avenir ? L’autogestion se vit au quotidien, et se conjugue donc toujours au présent.

Les nouveaux anarchistes, Francis Dupuis-Déri

Je suis finalement allé faire acte de présence auprès de 500 000 autres personnes à Montréal. Une collection d’individus anxieux qui s’extériorisent (littéralement). Je n’ai jamais aussi peu vu de policiers à une manifestation. C’est peut-être ce qui m’a le plus impressionné.

Cela représente un·e montréalais·e sur quatre.


Les tribus de la Zomia, incroyablement hétérogènes, ont multiplié les stratégies pour contourner l’État et échapper à son pouvoir. Tout ce qui, de manière classique, est mis sur le compte de la barbarie, d’une incapacité à rejoindre la civilisation – définie par la sédentarité, l’écriture, la distinction entre État et société, la fixité des identités, etc. –, découle pour Scott de choix conscients et délibérés des peuples des collines pour éviter l’État, à défaut de pouvoir le défier ou le renverser. […]

La première de ces stratégies repose sur l’adoption d’un mode de vie itinérant. Pour Scott, la culture sur brûlis et la cueillette n’ont rien d’archaïques mais procèdent d’une volonté d’opposer la mobilité à tous les efforts que l’État déploie pour borner les propriétés, les privatiser et les consigner dans les registres du cadastre. Que peut prélever le fisc si l’agriculture n’est pas concentrée ? […]

Plus fondamentalement, Scott considère que l’absence d’écriture, traditionnellement associée à une incapacité à entrer dans l’histoire, est en fait un choix volontaire des tribus, qui privilégient la culture orale par opposition aux logiques scripturales de l’État. […] Sans écriture, les montagnards sont aussi sans histoire, ce qui les préserverait du fléau de l’identité et de la fixité.

Zomia, là où l’État n’est pas (cache)

J’aime beaucoup le parallèle avec les riches actuels qui font transiter leur argent de paradis fiscaux en paradis fiscaux en tentant d’effacer des lignes d’écriture comptable.

Pendant des siècles, les faibles si bien étudiés par Scott ont résisté par les vertus du nomadisme, de la fluidité et du jeu avec les identités. Ne sont-ce pas là les armes modernes qu’utilisent les plus puissants pour échapper aujourd’hui aux contraintes de la souveraineté ou aux exigences de la solidarité ?

Ibid.

Là où seule la distance géographique (temporelle) permettait d’échapper à l’État, c’est dorénavant une distance pécuniaire qui autorise à s’y soustraire.

Les riches sont-ils les nouveaux rebelles ? ©LePoint


notre communauté ne veut pas la révolution ; elle est la révolution. Mais elle a surmonté le vieux sens négatif de la révolution ; pour nous la révolution, ce n’est pas renverser de vieilles choses, c’est vivre de nouvelles choses. Ce n’est pas l’esprit de destruction qui nous anime, mais un enthousiasme créateur. Ce qui fait le caractère de notre révolution, c’est que, en petit groupe, dans une pure communauté, nous faisons naître une vie nouvelle.

Communauté, Martin Buber

Peut-être que je me sens prêt à aller vers un regroupement plus communautaire malgré mon aversion pour certaines relations sociales. Tenter de créer de nouvelles choses, un peu à la marge et enthousiasmantes.

Et accepter mon prochain ?


L’obéissance, au sens biblique, est l’épitomé d’audire, « entendre ». Il s’agit d’une écoute que rien ne contrarie, d’une disposition inconditionnelle à entendre, d’une inclination sans mélange à se laisser surprendre. Elle n’a rien à voir avec ce que l’on appelle l’obéissance aujourd’hui, quelque chose qui implique toujours la soumission et connote vaguement notre rapport avec nos chiens. Quand je me soumets, mon cœur, mon esprit et mon corps passent au-dessous de l’autre.

Quand mon écoute est inconditionnelle, respectueuse, courageuse, quand je suis disposé à recevoir autrui comme une surprise radicale, je fais autre chose. Je m’incline, je me penche vers l’altérité radicale de quelqu’un. Je renonce à chercher des ponts entre l’autre et moi-même, reconnaissant le gouffre qui nous sépare. Paradoxalement, pourtant, renonçant à un lien, j’amorce entre nous une relation libre pour laquelle nous ne disposons que d’un mot malmené, le « prochain ».

Me penchant au-dessus de cette béance, je prends conscience de la profondeur de ma solitude ; mais je puis la supporter à la lumière de la ressemblance substantielle entre l’autre et moi. La seule chose qui m’atteigne, c’est l’autre dans sa parole, que j’accepte en confiance. Par la force de cette parole, je puis être maintenant assez confiant pour marcher en surface sans être englouti par la puissance institutionnelle. […]

Cette espèce de confiance docile est la substance de l’Évangile ; le pouvoir institutionnel d’enseigner en est l’antipode. La docilité est une réponse aimante à l’incarnation d’une parole aimante. Ce que nous appelons aujourd’hui les systèmes éducatifs, c’est la matérialisation de l’ennemi, du pouvoir. Son rejet du pouvoir — en Grec, son an-archie — trouble le monde du pouvoir parce que Jésus se soumet totalement à lui sans jamais y prendre part. Sa soumission même est d’amour. C’est une relation d’un nouveau genre […]

La perte des sens, Ivan Illich

La lecture d’Ivan Illich me donne à nouveau envie de m’intéresser à la religion. Je repense à nos échanges sur le sujet avec Aurélien. J’aimerais prendre le temps d’en discuter avec Stéphane.

Un bon moment pour remettre un peu de sel dans ma vie.

Thomas rebondit (cache).


Sans compter que… ce n’est pas sain ! On le sait, c’est hyper pratique de pouvoir dire « tu veux une alternative, va voir les Framachins ! ». C’est rassurant d’avoir tout dans un même endroit, sous un même nom… On le sait, et c’est même pour cela qu’on a utilisé cette technique de la marque « frama », qui pourtant, n’est vraiment pas notre tasse de thé.

Mais centraliser des trucs sur Internet, ce n’est pas une bonne idée : non seulement ce réseau n’a pas été pensé pour créer des points de centralisation, mais surtout c’est en mettant toutes nos données dans le même panier que l’on concentre les pouvoirs entre les mains des personnes qui gèrent les serveurs, et c’est sur cette pente glissante que se sont créés des géants du web tels que Google ou Facebook.

Il faut donc nous déframasoftiser.

Déframasoftisons Internet ! (cache)

Saine décision. Framasoft nous a montré que ces services étaient utiles et utilisables. À nous de prendre le relais en ajoutant de la diversité et de la décentralisation.

J’utilise Framagit et Framaboard au quotidien. Merci de m’avoir prêté vos machines.


To decarbonize, we need to decomputerize.

This proposal will no doubt be met with charges of Luddism. Good: Luddism is a label to embrace. The Luddites were heroic figures and acute technological thinkers. They smashed textile machinery in 19th-century England because they had the capacity to perceive technology “in the present tense”, in the words of the historian David F Noble. They didn’t wait patiently for the glorious future promised by the gospel of progress. They saw what certain machines were doing to them in the present tense – endangering their livelihoods – and dismantled them.

To decarbonize we must decomputerize: why we need a Luddite revolution (cache)

Ce n’est pas la première fois que je vois passer une ode au Luddites. Ou du moins que cette approche m’attire, celle de prendre conscience de ce que la technique quotidienne implique.

Il faudrait que je creuse un peu ce sujet.


Citation de la semaine :

Respecter, c’est regarder une deuxième fois. Avec plus d’intérêt que la première.

L’apprenti sage II, Gilles Vigneault

Pas mal de lectures hors écrans cette semaine. Les effets à moyen terme d’un arrêt de lecture de timelines commencent à se faire ressentir. Pas pire.

October 01, 2019 11:00 AM

September 24, 2019

David Larlet

☕︎ Manifester

Je me rends compte que je raconte souvent mes balades en forêt mais rarement lorsque c’est en famille. Comme si ces sorties étaient plus intimes, ou moins portées sur la réflexion. L’expérience acquise seul me permet d’être en confiance une fois à plusieurs.


Je vais manifester pour dire que ce sujet est important. Comme le dit Alex Steffen, une personne qui n’a pas démérité depuis 15 ans pour faire avancer les choses, “The climate emergency is not an issue, it’s an era.” C’est notre ère, c’est notre vie. Nous devons être là pour demander des gestes dont nous savons qu’ils seront désagréables, dans un premier temps. J’irai manifester pour dire que je suis prêt aux changements nécessaires pour être en phase avec notre ère; que certes, il y aura des conséquences à ces changements, mais que les conséquences de l’inaction seront de loin plus lourdes. Il est temps d’agir.

Pourquoi je vais manifester vendredi (cache)

Y aller ou ne pas y aller. Avec violence ou pas. Déguisé en clown ?

Les clowns rebelles adoptent une position en rupture avec cette attitude jugée inutilement sérieuse, voire puriste : « Nous sommes des clowns, car que peut-on être d’autre dans un tel monde stupide. Parce qu’à l’intérieur de toute personne se trouve un clown sans loi qui essaie de s’évader. Parce que rien ne mine l’autorité comme de révéler son ridicule. »

[…]

L’approche des clowns permettrait de « rester imprévisible. À la confrontation et à la négociation, les clowns choisissent d’opposer la confusion. »

Les nouveaux anarchistes, Francis Dupuis-Déri

Toujours empli de doutes quant à la radicalisation.


Alors nous ne ferons pas barrage. L’histoire jugera. « Antifasciste pour antifasciste, un jour on comptera les points », disait François Bégaudeau, sommé sur France Culture de se prononcer sur le fameux barrage. L’histoire nous jugera, oui, et surtout l’histoire vous jugera. Elle jugera quelles étaient les puissances à l’œuvre, quels étaient les rapports de force de l’époque, qui avait le pouvoir d’agir dessus, qui ne l’a pas fait et, surtout, qui l’a fait pour favoriser le désastre. Nous ne transpirons pas à cette idée. Et vous ?

Nous ne ferons pas barrage (cache)

Les cartes locales sont constellées d’initiales B.C. pour Barrage Castor. Manifestement rien à voir, sauf qu’il s’agit d’une piste : troquer un gros barrage quinquennal contre une multitude de barrages au quotidien.

Il manque un emoji de castor.


However, it is clear that checks and balances have not provided relief to the fundamental issues of the policies in question. Chef, as well as other companies, can take stronger positions against these policies that violate basic human rights. Over the past year, many of our employees have constructively advocated for a change in our position, and I want to thank them.

After deep introspection and dialog within Chef, we will not renew our current contracts with ICE and CBP when they expire over the next year. Chef will fulfill our full obligations under the current contracts.

An Important Update from Chef (cache)

Que faire lorsqu’on collabore avec un exécutif qui semble très éloigné de ses valeurs ? Je me suis beaucoup posé cette question ces dernières années.

Je lisais aussi par ailleurs :

The software may not be used by individuals, corporations, governments, or other groups for systems or activities that actively and knowingly endanger, harm, or otherwise threaten the physical, mental, economic, or general well-being of underprivileged individuals or groups.

The Hippocratic License (cache)

Non seulement son application me semble impossible à tenir mais je suppose qu’il y a beaucoup de produits où la limite est bien plus grise que ça.

À rapprocher de :

The canonical horrible, no good, very bad example of this is the JSON license, an MIT-family license plus “The Software shall be used for Good, not Evil.”. This kind of thing might be “very Crockford”. It is definitely a pain in the ass. Maybe the joke was supposed to be on the lawyers. But they laughed all the way to the bank.

The MIT License, Line by Line (cache)


La lecture en arpentage consiste à partager les pages d’un livre et à les distribuer à un collectif. Il s’agit d’une pratique issue de l’éducation populaire et ouvrière qui offre la possibilité de mettre en mouvement l’intelligence d’un groupe. À l’origine, elle a été pratiquée par les ouvriers pour s’approprier des textes législatifs ou politiques. En ce sens, elle représente une forme d’autogestion et d’autodidactie collective qui permet de se passer de la glose de l’expert, quel qu’il soit. C’est une pratique qui vise à l’autonomie du collectif concerné. Dans les maquis du Vercors, les résistants, conscients de la nécessité de lutter aussi par la pensée, ont repris cette pratique de lecture. Elle permet un partage de la culture, « légitime » autant qu’ouvrière. Ce partage prend la forme d’un échange de points de vue et permet aux membres du groupe d’affermir leur pratique argumentative mais aussi de questionner le sens, la structure ou encore la portée de l’œuvre. En somme, c’est un outil d’accès à la culture par le partage et par la réflexion critique.

La culture en partage (cache)

Arpenter des programmes politiques plutôt que de battre le pavé ? Arpenter des publications scientifiques plutôt que de rafraîchir des timelines ?


“The past keeps changing,” the historian Margaret MacMillan has said, “because we keep asking different questions of it.”

post-modern late-capitalism or late-capitalist post-modernism? (cache)

Quelles questions pourra-t-on poser à notre époque ? Quelle est la légitimité des injonctions à avoir des actions historiques en (ne) sachant (pas) cela ?

September 24, 2019 11:00 AM

September 17, 2019

David Larlet

☕︎ Arpenter

Vingt-quatre heures dans la forêt. Un marathon de marche afin d’épuiser le corps et l’esprit. Pour penser, dé-penser, repenser. Panser des blessures profondes, faire le vide, faire le plein. Habiter la forêt comme un lieu accueillant, un refuge aux bruits de ce monde.


La particularité de l’anarchisme réside plutôt dans sa conception radicale des principes de liberté et d’égalité, qui favorise un processus de prise de décision autonome, horizontal, participatif, délibératif et consensuel. L’anarchisme offre ou se présente alors comme une « boussole éthique », comme l’ont suggéré plusieurs anarchistes, puisqu’il offre quelques critères pour évaluer la meilleure direction à prendre, en terme d’organisation collective, de processus de prise de décision, d’action individuelle et collective.

[…]

Or, la dynamique des groupes d’affinité est influencée de façon particulière par l’amitié entre ses membres. En formant ou en joignant un groupe d’affinité, les individus deviennent ce qu’il convient de nommer des amilitantes et amilitants. Ce nouveau concept évoque à la fois un amalgame entre le rôle d’ami et de militant, ainsi qu’une certaine négation du militantisme traditionnel (le préfixe a- pouvant indiquer une négation). C’est ici l’amitié qui influence avant tout le comportement politique, plutôt qu’une doctrine idéologique ou un patriotisme organisationnel, comme dans le cas du militantisme traditionnel ; et cette politique de l’amitié favorise une diffusion — conscience ou non — des principes anarchistes au sein du mouvement altermondialiste. Amilitantes et amilitants sentent que la primauté du lien affinitaire et amical au sein de leur groupe implique presque naturellement un désir et une volonté de rechercher le consensus.

Les nouveaux anarchistes, Francis Dupuis-Déri

Yannick évoquait l’anarchisme il y a quelques temps au sein de scopyleft, je creuse un peu.


Ne faites pas non plus des restrictions personnelles pour sauver la planète : c’est inutile. Pour chaque lumière que vous éteignez, y a un gratte-ciel de bureaux qui laisse sa lumière, son chauffage/sa clim et ses PC, téléphones et photocopieurs allumés toute la nuit et chaque week-end (et pour chaque robinet que vous fermez, il y a une commune qui arrose ses routes pour laver la poussière — riez pas, c’est arrivé pas loin d’ici durant la canicule).

Faites ça pour votre porte-monnaie, et uniquement pour ça. Car au final, c’est vous qui consommez, c’est vous qui payez. Et tout ce que vous ne payez pas en électricité, vous pourrez le dépenser dans ce que vous voulez réellement : un bon restau, une sortie, un cadeau, ou n’importe quoi.

L’électricité verte, c’est quoi ? (cache)

Et si ce que l’on veut réellement c’est justement ne pas dépenser ? Comment rendre montrable — et donc enviable — le fait de ne pas faire quelque chose ? Non pas une vie d’ascète mais une vie décente, en accord avec l’énergie disponible pour tous et pour longtemps.

Au passage, je consultais les données climatiques pour Montréal et il n’y pas grand chose qui ne serait pas relativement enviable pour un autochtone si ce n’est la montée des eaux. Bon soit, l’approvisionnement en nourriture aussi…


Il faut rendre la propriété temporaire : les mêmes personnes ne doivent pas concentrer le capital éternellement. Je propose qu’au-delà d’un certain seuil, chacun redonne à la collectivité une partie de ce qu’il détient. J’imagine un impôt très progressif sur la propriété : il serait très faible (mettons 0,1 %) pour les personnes qui possèdent 100 000 ou 200 000 euros (trois fois moins que l’actuelle taxe foncière), mais pourrait monter jusqu’à 90 % pour ceux ayant au-delà de 10 000 fois le patrimoine moyen, c’est-à-dire plus de 2 milliards d’euros. Dans un tel système, les milliardaires disparaîtraient, de fait. Mais la petite propriété privée, elle, aurait toute sa place, tout comme l’entreprenariat. Car l’idée qu’il est tout à fait naturel que les entrepreneurs soient milliardaires est un mythe absurde, sur lequel repose en partie notre culte de la propriété privée : en réalité, les entrepreneurs qui ont des idées ne gagnent bien souvent pas des fortunes, et le dynamisme économique se nourrit justement de ces petits succès, de ces petites entreprises. L’hyperconcentration du capital entre les mains de quelques personnes n’est pas un modèle efficace ni indépassable.

Thomas Piketty : « Chaque société invente un récit idéologique pour justifier ses inégalités » (cache)

Si vous avez lu mon programme politique, vous savez à quel point j’aime l’héritage (surtout immobilier). Aussi quand je lis une personne, qui me semble être médiatique (en tout cas j’ai déjà entendu son nom), s’exprimer en ces termes je me dis que les propositions finiront bien par germer ici et là. Que proposer comme transition ? Quel est le premier pas acceptable ?


This year I wanted to reduce the volume of races (less traveling and resting) to be able to train more / better and try to give the best in the races I was competing, changing quantity to quality.

Training and Racing Summer 2019 (cache)

Kilian partage ses capacités, entrainements, etc. C’est assez impressionnant. Je lisais par ailleurs qu’il disait récupérer un peu moins bien. Jajaja.


When a society helps people through its shared democratic institutions, it does on behalf of all, and in a context of equality. Those institutions, representing those free and equal citizens, are making a collective choice of whom to help and how. Those who receive help are not only objects of the transaction, but also subjects of it — citizens with agency. When help is moved into a private sphere, no matter how efficient we are told it is, the context of the helping is a relationship of inequality: the giver and the taker, the helper and the helped, the donor and the recipient.

Winners take all, Anand Giridharadas

À rapprocher de :

In this respect, any movement toward a more just and civil society can now be considered a meaningful climate action. Securing fair elections is a climate action. Combatting extreme wealth inequality is a climate action. Shutting down the hate machines on social media is a climate action. Instituting humane immigration policy, advocating for racial and gender equality, promoting respect for laws and their enforcement, supporting a free and independent press, ridding the country of assault weapons—these are all meaningful climate actions. To survive rising temperatures, every system, whether of the natural world or of the human world, will need to be as strong and healthy as we can make it.

What if We Stopped Pretending the Climate Apocalypse Can Be Stopped? (cache)

Lorsque je chemine sur l’arbre des possibles, je vois un retour à l’État et à la religion. Mutualiser d’un côté, faire groupe de l’autre. Comment réussir à morceler cela en minimisant la violence ? Se redéfinir sans avoir besoin d’un bouc-émissaire. Partager sans passer par un système pyramidal.

La protection de la nature, de la variété et de la liberté humaines ne sera assurée que si l’on dissocie l’économie nationale ou multinationale en petites unités autarciques et autogérées

Bernard Charbonneau cité dans « Greta Thunberg, Extinction Rebellion et le mouvement pour le développement durable (cache) »


The pollution caused by an event is part of the hidden costs and we want to ensure that we take responsibility for it.

2019:Carbon offsetting (cache)

Combien de tonnes de carbone économisées pour une annulation de ParisWeb (cache) ?

Note : ce n’est plus le cas, ce billet mériterait d’être édité.


The amount of time and knowledge that you need to have to setup such tools and services and to keep them up and running is insane.

Yes, they save a lot of time once they are working. If you don’t touch them they are probably stable for a while. But I never learned to love them in all those years. It’s more like a love-hate relationship, slightly tilted to hate.

Simplicity (II) (cache)

Je verse une larme de réalité à chaque paragraphe de cet article. L’intégration continue c’est bien, l’intégration soutenue c’est mieux. Il faudrait que j’écrive un billet là-dessus.


Citation de la semaine :

as a programmer and as a parent, I’m always cleaning up shit created by a younger version of myself

Zach Leatherman (qui prend possession de ses archives Twitter (cache))

J’ai ri.

September 17, 2019 11:00 AM

September 10, 2019

David Larlet

☕︎ Nostalgie

Un brin de nostalgie cette semaine lorsque j’ai essayé de retrouver des informations sur mon site au sujet du Canada. Il faudra que je propose une recherche par ici, un jour.

Tout d’abord cette petite pépite d’il y a 12 ans :

Québecois, canadiens, vous avez un merveilleux pays. Ne laissez pas le profit saccager tout ça avec des hordes de français tous plus incorrects les uns que les autres et conservez ce patrimoine. L’eau est la richesse de demain et ce pays va donc devenir une puissance mondiale importante au cours des prochaines décennies, vous n’avez pas besoin d’exploiter au maximum la filière du tourisme comme certains pays.

Le pire, et c’est là où j’ai vraiment eu honte, c’est que vous adorez les français ! Il serait peut-être temps que je déménage moi...

Recette du français en vacances à l’étranger

Lorsque je parle de pépite, il ne s’agit pas forcément d’un contenu que je ne cautionne plus totalement aujourd’hui mais de cette allusion au déménagement. Cela m’a aussi renvoyé à une histoire d’ex-patriation où je me rends compte à quel point les commentaires c’était un autre temps. Et c’était pas mal.

Au passage, je relis Intégrer une équipe qui résonne avec Faire équipe, puis Diète de tweets il y a six ans déjà…

Ce site aura 15 ans dans quelques semaines, ça correspond à la création de Facebook et à la sortie de Firefox 1.0 (cache). Pour la peine j’ai relu le billet des 10 ans mais aussi un web omni-présent. J’aurais du mal à être optimiste sur l’évolution du Web au cours de ces cinq dernières années. Vraiment.

Être humain veut dire connaître le chemin, le pont et la porte.

La perte des sens, Ivan Illich

Il va me falloir du temps pour rééquilibrer cela ayant privilégié le chemin à la porte depuis très longtemps. Ouvrir son esprit à beaucoup plus de choses. Explorer de nouveaux ponts, emprunter ceux proposés par d’autres. Avoir la main sur la poignée sans savoir s’il faut tirer ou pousser. Accueillir ou s’inviter.

non pas comme un antiquaire concerné par son caractère de passé, mais en tant qu’historien qui essaie de faire ressortir ce qui du passé est part de nous-mêmes.

Citation de Paolo Prodi dans la Préface de La perte des sens, Ivan Illich


Panneau dans un parc avec l’interdiction d’avoir un chien, un vélo, des boissons (alcoolisées), de faire du hockey (?), un seul pictogramme autoriser : jeter à la poubelle. Que peut-on faire dans un parc pour enfants ? Jeter uniquement.

Où l’on peut observer une profondeur de champ numérique qui a du mal avec les grillages. Ça donne un certain charme. Et un charme certain lorsque ça deviendra rétro, d’ici quelques années. Les bugs d’aujourd’hui sont les points d’intérêt de demain.

L’envie de (re)faire des photos.


Étudier un jour les similitudes entre le geste de semer et celui d’écrire. Entre le compost et les archives.

L’apprenti sage, Gilles Vigneault

Arrivé·e ici, vous devez en avoir marre de lire des liens auto-centrés. Et ça tombe bien, j’ai commencé à rassembler des articles que je trouve intemporels en date de la dernière semaine de cette année. Contrôler son espace de publication, c’est avoir la liberté de faire des choix sans être limité par les choix qui ont conduit à l’outil d’un·e autre.

Planter des liens et voir pousser un Web.

September 10, 2019 11:00 AM

September 03, 2019

David Larlet

☕︎ Déconstruire

Cette semaine, tentative de reconstruction de mon dos. Trois jours en forêt pour méditer, faire voler des hameçons au-dessus du raft, analyser le poids que j’ai sur les épaules.

Déconstruire l’espoir de pouvoir aller à l’encontre de l’effondrement de cette civilisation. Accepter que les survivants feront au mieux avec ce qu’il leur restera. Accepter d’avoir sa part de responsabilité et d’impuissance. Au même titre que les nouveaux optimistes (cache), ces vieux milliardaires repentis.

Accompagner des enfants.

Déconstruire le fait que la première chose qu’apprenne les enfants en maternelle à l’école publique au Québec en 2019 c’est à se mettre en rang. Les filles d’un côté, les garçons de l’autre.

L’année va être longue.

Déconstruire l’imaginaire que les femmes ne peuvent pas arriver avant les hommes (cache). C’est à la fois triste et ironique. J’ai tout de même un peu de mal à en rire.

Laisser courir.

Déconstruire le fait qu’il ne puisse y avoir un respect de la nature dans nos sociétés actuelles. Que la piste de protection ne peut être économique (cache). Accepter que le Web soit un acteur majeur de cet irrespect (cache). Et que les concepteurs n’aient pas la moindre empathie (cache) alors que les solutions techniques existent (cache).

Construire une cabane. Loin…

Déconstruire les réflexes patriarcaux même et encore plus lorsqu’ils sont liés au capitalisme (cache). Continuer à douter (cache), à écouter, à évoluer, à admettre.

Déconstruire l’immonde pour (re)construire son monde.

September 03, 2019 11:00 AM

August 27, 2019

David Larlet

☕︎ Documenter

Une semaine à notamment s’interroger sur ce qui fait coopérative. Et peut-être qu’il s’agit d’avoir une histoire commune à raconter. Partager non pas ce que l’on a fait ensemble mais ce que l’on a été ensemble. Réflexion à poursuivre… à documenter ?


Ce document est une forme expérimentale de backlog, c’est ici que nous allons écrire, décrire ce que le service fait ou va faire. Peut-être pourrait-on l’appeler documentation vivante, mais n’ayant pas encore lu le livre de Cyrille Martraire Living Documentation, je me garderais bien d’utiliser ce terme.

Les phrases gras qui commence par En attendant correspondent à des choses qui ont été faite rapidement dans l’application en attendant mieux.

Les phrase en italique qui commence par En option et qui utilise le conditionnel, correspondent à des choses qui pourrait être faite plus tard, afin d’améliorer l’utilisation du service.

DaTrust (cache)

Yannick explore des choses et c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup (notamment car je participe à des équipes distribuées). Introduire de l’écriture dans le processus de création, non pas a priori mais pendant pour savoir comment est-ce que l’on en est arrivé là a posteriori. Quelles étaient les intentions sous-jacentes ? Dans quel contexte ces choix ont été faits à l’époque ? Etc.

Tout en rendant cette histoire explicite et consultable et pouvant être enrichie par toutes les personnes du produit.


I didn’t know how to write a book. But I did know how to give a workshop. […] The workshop was a prototyping device. It was going to do three things:

  • Force me to come up with a full day’s worth of content that could eventually become a book.
  • Get instant feedback from an audience to learn what’s interesting, what resonates and what doesn’t.
  • Put something out into the world that people could buy, so I could interview them afterward using the jobs-to-be-done approach.

How I Wrote Shape Up (cache)

Ryan Singer explique le processus d’écriture de Shape Up (cache, PDF, 20 Mo), dont je n’ai pas encore pris le temps de parler. J’apprécie beaucoup le partage de ce processus car il m’offre des pistes de réflexion pour documenter ma propre façon de travailler.

Lean Writing?


June 1, 2020: users will not be able to use Mercurial features in Bitbucket or via its API and all Mercurial repositories will be removed.

Sunsetting Mercurial support in Bitbucket (cache)

Git a gagné. Cela me désole qu’il puisse y avoir un monopole de la décentralisation. Enfin encore faudrait-il voir ce que l’on entend par décentralisation lorsqu’il y a un oligopole d’acteurs mais passons.

En voyant le verre à moitié plein, cela va me permettre de faire du ménage dans l’historique de ce qui est publié (actuellement sous mercurial). Et peut-être le rendre public ? Je vois la valeur que cela pourrait avoir. Et en même temps pour moi l’écriture est une pratique relativement intime.

Peut-être que cela me permettrait d’en apprendre davantage sur mon propre processus ?


Many parents and pediatricians speculate about the role that screen time and social media might play in this social deficit. But it’s important to acknowledge that simply taking away or limiting screens is not enough. Children turn to screens because opportunities for real-life human interaction have vanished; the public places and spaces where kids used to learn to be people have been decimated or deemed too dangerous for those under 18.

We Have Ruined Childhood (cache)

No kidding.

Pun intended.


But the real tragedy of modern technology is that it’s turned us into consumers. Our voracious consumption of media parallels our consumption of fossil fuels, corn syrup, and plastic straws. And although we’re starting to worry about our consumption of those physical goods, we seem less concerned about our consumption of information.

We treat information as necessarily good, and comfort ourselves with the feeling that whatever article or newsletter we waste our time with is actually good for us. We equate reading with self improvement, even though we forget most of what we’ve read, and what we remember isn’t useful.

Consume less, create more (cache)

Est-ce que le ratio créateur·ice·s/consommateur·ice·s a évolué au cours du temps ? Est-ce qu’il peut même évoluer compte tenu de l’importance d’avoir des comsommateur·ice·s pour se motiver à créer ?

Le stylo/pinceau/clavier invisible de la création.


Le 18 décembre 2018, cailloux n°18, six minutes et trente-cinq secondes de grâce.

cailloux n°44 : premier anniversaire (cache)

Merci Alexia de ressortir des archives ce petit caillou/bijou que j’avais loupé. Sur un morceau que j’apprécie énormément.

Au passage, Alternate Tube Redirector sauve des ours blancs et réduit votre exposition aux algorithmes de Google.


Today, we are updating our advertising policies with respect to state media. Going forward, we will not accept advertising from state-controlled news media entities. […] We are exploring transparency approaches to keep the public updated on these types of actions going forward.

Updating our advertising policies on state media (cache)

Commencer par documenter pourquoi est-ce que l’on prend une telle décision serait la moindre des choses.

La base en fait.


Citation de la semaine :

Le froid, le silence et la solitude sont les trois produits de luxe du monde contemporain.

Une vie à coucher dehors, Sylvain Tesson

À méditer lors de ma prochaine balade dans les bois. Le froid s’en vient.

P.S. : toujours intéressant de voir à partir de quand est-ce que l’on a les pieds dans l’eau lorsqu’on habite sur une île.

August 27, 2019 11:00 AM

August 26, 2019

David Larlet

★ Faire équipe

Ceci n’est pas une recette, encore moins une méthode. Il s’agit d’un instantané, d’une histoire, d’un témoignage. Le récit d’une année à faire équipe. Faire car il s’agit d’une attention permanente pour réussir à grandir ensemble. Équipe car des liens suffisamment forts se sont formés pour avoir envie de continuer.

Est-ce que le fait qu’on soit une équipe distribuée et asynchrone change quelque chose ? Est-ce que le fait qu’il y ait une certaine diversité dans l’équipe influe sur nos relations ? Est-ce qu’il y aurait des choses à améliorer ? Je n’en ai aucune idée. Et cela ne m’intéresse pas dans ce contexte, car justement il est changeant. Aussi, je vais davantage me concentrer sur le comment… faute d’avoir trouvé un pourquoi.

L’équipe

Nous sommes cinq et aucun de nous n’est à plein temps sur le produit (cache) :

  • Mélodie a la connaissance métier
  • Ronan code avec moi
  • Maïtané rend le produit utilisable
  • Raphael est là en soutien

Les rôles ne sont pas pour autant figés, sur une petite équipe il est de toute façon nécessaire de pouvoir emprunter la casquette de l’autre, ne serait-ce que pendant des vacances.

Les rituels

Une journée type lorsqu’on a six heures de décalage horaire.

Je me lève et je regarde ce qui s’est dit dans la matinée française. Le niveau de stress est assez bas car je sais que Ronan peut être sur le pont avant moi. J’enchaîne en faisant un tour du côté du code pour voir s’il y a de nouvelles propositions et/ou commentaires.

Lorsque je me sens apte à parler (pas évident au réveil), je propose à Ronan ou Maïtané de travailler ensemble sur une fonctionnalité si le contexte et l’enthousiasme s’y prêtent. Sinon, je picore dans la liste des choses à faire.

En fin de matinée (pour moi), on papote avec Mélodie et les présent·e·s, en moyenne autour d’une heure par jour je dirais. C’est un temps important pour s’accorder et transmettre des informations sur la vie du produit, notamment lorsqu’on est à distance. C’est aussi le moment où je discute d’un plus gros morceaux à faire lorsque les autres ont décroché·e·s.

Mon après-midi ou ma soirée (ça dépend de la météo) est généralement consacrée à une tâche demandant une concentration plus profonde, ce qui est l’idéal car je suis moins sollicité. En parallèle, je garde un œil sur le serveur de production si c’est un moment législatif particulier.

Et on recommence le lendemain. Ou presque.

Tous les mois, il y a une démonstration qui nous permet d’échanger avec les utilisateurs et utilisatrices sur ce que nous développons. Ce qui vient ajuster la liste des choses à faire afin d’être plus proche de leurs besoins.

Quand on en ressent le besoin on se fait une rétrospective, à peu près tous les quatre/cinq mois. L’occasion de prendre un peu de recul et de se rappeler qu’on aime bien travailler ensemble.

Lorsqu’il y a un gros morceau qui nécessite d’en discuter de manière plus avancée, on n’hésite pas à prendre le temps de penser à distance. Lorsqu’il y a des petits tracas personnels, on n’hésite pas non plus à panser à distance.

Tous les ans, on se retrouve physiquement. Bon ok, ça n’est arrivé qu’une fois mais statistiquement ça se tient :-).

Les pratiques

Commençons par la technique car c’est plutôt mon domaine.

On passe du temps à coder ensemble avec Ronan. On ne se l’impose pas pour autant, ça dépend beaucoup de la motivation du moment. On écrit des tests, on fait des revues de code, rien d’extravagant.

Ce qui est moins courant, c’est que l’on passe du temps à designer ensemble avec Maïtané aussi. On se partage un écran et on passe en revue ce qui ne va pas afin de corriger cela en direct.

Autant le pair-programming me semble être une pratique relativement courante, autant le pair-designing (?) est moins documenté. Cela apporte pourtant une grande valeur au produit et à la cohérence de ce qui est développé. Sans compter le fait de s’accorder dans l’équipe sur la pertinence de certains éléments.

Mais en fait tout cela n’est rien sans des retours de nos utilisateur·ice·s.

Les démonstrations sont une excuse pour discuter avec les personnes qui utilisent notre outil et savoir comment est-ce qu’elles appréhendent certaines fonctionnalités ou les problèmes qu’elles ont rencontré dans leur cas particulier.

Comme cela ne suffit pas pour identifier tous les irritants, Mélodie et Maïtané vont régulièrement observer sur place comment travaillent en vrai les personnes. Quelles sont leurs habitudes avec les onglets, quels sont les chemins courants qui pourraient être simplifiés, qu’est-ce qui est complètement ignoré dans le feu de l’action, etc.

Les joies

For a long time I believed that a strong team is made of stars — extraordinary world-class individuals who can generate and execute ideas at a level no one else can. These days, I feel that a strong team is the one that feels more like a close family than a constellation of stars. A family where everybody has a sense of predictability, trust and respect for each other. A family which deeply embodies the values the company carries and reflects these values throughout their work. But also a family where everybody feels genuinely valued, happy and ignited to create.

Vitaly Friedman on LinkedIn (cache)

Les rituels, les pratiques, tout cela semble très analytique et pourtant c’est autre chose qui se produit au quotidien. On voit les autres évoluer et on se sent évoluer grâce aux différentes interactions que l’on peut avoir. On partage davantage que du code ou un produit, un bout de chemin que l’on fait ensemble et qui donne envie d’aller de l’avant. En trouvant un équilibre entre monotonie et apprentissage qui satisfasse chacun·e d’entre nous.

Peut-être est-ce cela faire équipe : partager l’enthousiasme de faire des choses ensemble qui permettent de mieux se connaître. Et si je me connais bien davantage aujourd’hui c’est après avoir eu l’occasion d’échanger avec ces personnes bienveillantes. C’est après avoir traversé des périodes anxiogènes en se serrant les coudes. C’est enfin avoir su s’adapter pour communiquer autant au sein de l’équipe qu’avec notre contexte de manière sereine.

L’arithmétique

J’ai déjà parlé du mythe des 10x engineers, je crois de plus en plus en la somme des individus qui forme un tout plus pertinent. Le fameux 1 + 1 = 3 appliqué à un périmètre plus large. Et par pertinent j’entends harmonieux et enthousiasmant plus que productif et efficace. Je vais donner quelques exemples pour préciser.

Je pourrais coder pendant une année complète tout seul sur un produit. Ça m’est arrivé par exemple quand j’étais au Japon. Et je sais que dans ces conditions, la qualité en pâtit. Pas seulement la qualité du code mais la qualité de mon apprentissage autour de celui-ci (qui est relativement lié à ma qualité de vie). Depuis, je fais mon possible pour ne pas me retrouver dans cette situation à nouveau et j’ai du plaisir à pouvoir échanger sur mes pratiques au quotidien. Parenthèse : c’est aussi pour cela que je ne suis plus à mon compte, ce que je (re)trouve dans scopyleft c’est cette capacité à apprendre et réfléchir par l’échange.

Autre exemple, on peut faire une interface peu avenante et fonctionnelle. On peut recruter quelqu’un·e pour faire des maquettes. Mais lorsque toute l’équipe s’y met on a une combinaison de contraintes techniques, de contraintes métiers, de retours utilisateur·ice·s et d’inspirations diverses pour arriver au compromis qui soit satisfaisant pour toutes et tous. Avoir quelqu’un qui tient la barre dans ce domaine est un plus indéniable et quand tout l’équipage est sur le pont pour réussir à garder le cap ça permet d’y aller de manière plus sereine.

Enfin, une personne peut porter un projet toute seule. Mais sans échanges réguliers avec l’équipe, la responsabilité qui lui incombe va finir par altérer son jugement et son humeur. C’est normal, c’est même sain. Il faut un moyen de décharger les frictions et rien ne vaut pour cela le soutien de celles et ceux embarqué·e·s dans la même aventure.

Les mystères

Est-ce que c’est pour autant double rainbow all the way tous les jours ? Non. Est-ce qu’on code tout parfaitement du premier coup ? Encore moins. Est-ce qu’on œuvre pour le bien commun ou pour le gouvernement ? ¡Porque no los dos! Est-ce qu’on s’envoie des gifs et des vidéos toute la journée ? Mème pas.

Plus sérieusement, est-ce que ça va durer et/ou est-ce que c’est reproductible ? Difficile de répondre à ces deux questions aussi je les assimile à des mystères. Et j’arrive plutôt bien à vivre avec ainsi :-).

Conclusion

Au-delà de la notion de faire équipe, il y a celle plus globale de savoir-agir qui vient mettre en pratique des savoir-être et des savoir-faire. Peut-être est-ce qu’il s’agit là de l’un des savoirs essentiels à notre temps et tellement négligé. Au moment où l’on encourage à devenir un consomm’acteur qui s’assimile pour moi à un avoir-agir, il me semblerait pertinent d’essayer d’apprendre à faire ensemble.

Si possible à plus de cinq.


Est-ce que ce témoignage a été utile ? Difficile à évaluer tout seul, on en discute pour essayer de le rendre plus pertinent ?

August 26, 2019 11:00 AM

August 20, 2019

David Larlet

☕︎ Frustration

Une semaine avec l’intention de faire des choses en famille. On a cueilli des bleuets et dormi dans la forêt. Essayé la Rabaska et le kayak de mer. Pêché pas mal d’algues et de boutons de moustiques.


These kinds of violent, spectacular disasters are what the public has come to understand as a technological failure. But most technological failures, especially when dealing with the environment, are decidedly mundane. They often disproportionately affect the poor in ways that are spatially diffuse and take generations to unfold—a kind of “slow violence,” as the scholar Rob Nixon has memorably argued.

[…]

But it also has the outlines of a broader truth: in engineering, the “success” of a technology often has less to do with solving problems than rendering them opaque or distant from our imagination. Like an endless game of whack-a-mole, the problems never truly go away—they come back with a vengeance decades later and miles away in new forms, often made worse by the very infrastructure engineers created.

Engineers Don’t Solve Problems (cache)

J’aime cette idée de transformation du problème plus que de trouver une solution. En ayant conscience que la transformation n’est pas forcément celle que l’on croit (cache).


J’ai découvert une nouvelle technique de pêche appelée Tenkara qui est suffisamment minimaliste pour m’attirer. Quitte à faire tremper des hameçons dans l’eau, autant que ce soit avec style.

Et aussitôt de réaliser que cela requiert encore un équipement dédié. Comment explorer et itérer sans consommer ? Que faire du matériel devenu obsolète lorsque le savoir-faire remplace la technique ?

C’est une réflexion qui me taraude depuis que j’ai commencé à aller en forêt.


la culpabilité sert à maquiller une honte, tu penses que ça maquille la honte de quoi ?

☕️ Journal : En réponse à "Holisme" (cache)

Probablement celle d’un monde dont je fais partie.


Je me demande si les Deux cents familles sont le pendant de nos 1%. Et à quel point il s’agit d’un mythe lorsqu’on arrive à ce type de données relativement sourcées.


Capture d’écran d’un site dont  les contrastes sont mauvais par défaut. Ironie ? Si seulement…

Je ne compte plus le nombre de site de designers avec de bonnes intentions mais des lacunes techniques qui rendent leur message peu crédible à mes yeux. Parler d’effondrement sur un site avec un logo animé qui consomme un CPU à 100% en permanence, parler de low-techs avec plusieurs méga-octets d’images en carousel, publier du contenu inaccessible par défaut lorsqu’on ne veut pas accéder aux ressources distantes (ou lorsqu’elles vont disparaitre), etc.

Comment leur faire prendre conscience de cela sans amener la violence de ma frustration ?


These are powerful moments. You can feel a silence like that. It stretches out—listening, there’s only a sense of expanding space. Straining the ears, the expanding emptiness of the air strikes you. The outside wakes up the inside, and I realize I’m standing alone with my thoughts.

And then I or someone or something moves, intentionally or unintentionally sending out a ripple that disrupts this packet of silence, reconfiguring a quiet geography with some new wave.

A geography of intentional sound (cache)

Silence par défaut. Alors que je suis entouré de cônes oranges, de tondeuses, d’arrosage automatiques, de robots de piscines et autres sources de pollutions pas que sonores, j’aspire au silence.

La technologie et la richesse sont liées au bruit. Plus on en produit, plus on est riche d’énergie.

S’approprier l’espaces sonore afin de réduire les pauvres au silence.


J’ai peut-être enfin trouvé comment transformer la frustration de faire chauffer un four à haute température pour faire cuire un pain sans réutiliser la chaleur produite. Il s’agit de faire chauffer la théière en fonte d’une part et de faire cuire des Onsen tamago d’autre part. La pierre semble transférer l’énergie adéquate pour tenir une température de 70°C pendant la durée nécessaire.

Et quand j’ai du temps ? Pizza !

Une pizza, un pain et de l’huile d’olive. Une pizza, un pain et de l’huile d’olive. Pas pire.

Citation de la semaine :

Vous savez quoi ? J’ai envie d’être dur, mais réaliste, avec nous : si la planète (ou plutôt l’humanité) s’en va actuellement chez le diable, la responsabilité, voire la faute, nous incombe.

Ouais. Parce qu’on tolère ce genre de tricheries, de mensonges et d’indolences de nos gouvernements. Parce qu’on s’évite d’en faire un enjeu primordial, trop occupés à se vautrer dans un confort à la con, à s’acheter un climatiseur alors que la planète est en train de bouillir. Parce que c’est ben le fun, le compost, les bixis et la bouffe bio, mais rien ne suffira en l’absence de politiques macros. Parce qu’on regarde le doigt, comme des idiots, alors que les sages, soit les scientifiques, pointent la lune.

Dérèglements politiques, Frédéric Bérard

Mine de rien, je commence à m’intéresser à la politique québécoise.


Supprimer les réseaux sociaux me fait passer plus de temps sur Wikipedia. Je ne m’y attendais pas vraiment et je trouve ça chouette. Ça n’a pas l’air de me rendre moins aigri par contre.

August 20, 2019 11:00 AM

August 13, 2019

David Larlet

☕︎ Holisme

Considérer la somme de ses actions et intentions comme un tout. Lâcher-prise sur celles des autres. Ou du moins essayer.


The reasons I’m leaving aren’t a mystery. I’m committed to the AI Now Institute, to my AI ethics work, and to organizing for an accountable tech industry — and it’s clear Google isn’t a place where I can continue this work.

[…]

The stakes are extremely high. The use of AI for social control and oppression is already emerging, even in the face of developers’ best of intentions. We have a short window in which to act, to build in real guardrails for these systems, before AI is built into our infrastructure and it’s too late.

Onward! Another #GoogleWalkout Goodbye (cache)

Il y aura toujours quelqu’un de plus désespéré pour prendre le relais. Fragiliser des personnes pour qu’elles acceptent l’inacceptable fait partie du système. Triste et impossible à endiguer si l’on ne prend pas en compte les réactions de celles et ceux qui ont le privilège de pouvoir encore choisir.

Le capitalisme construit du perdant-perdant-1%.


Success, for any project, always requires a shift from fast-paced experimentation to a more conservative focus on stability and integrations. Which is interesting in its own right. It could be fun. The privacy and power dynamics involved with selling a SaaS to universities while serving a very vulnerable student population, however, are very worrying.

Weeknote 18 - Uncertainty and Discomfort (cache)

De la responsabilité de ce que l’on produit. Difficile de faire le moins de dégâts possibles et d’être rémunéré pour cela.

De l’impact ? Mais contre/envers qui ?


I found that among 80 tiny home downsizers located across the United States, ecological footprints were reduced by about 45% on average. Surprisingly, I found that downsizing can influence many parts of one’s lifestyle and reduce impacts on the environment in unexpected ways.

Are tiny houses really better for the environment?, study asks (cache)

S’intéresser à ces choses là, c’est prendre conscience du coût d’un avocat ou d’une livraison en véhicule motorisé.

Aussi :

Also - yes, thank you - I know that most pollution is caused by companies, not people eating sausages, but I also wonder how I’m going to look E in the face when she asks what I did about the planet being shot to shit and say “absolutely nothing”. So being a vegetarian is one thing.

Week 48: Cheese sandwiches (cache)


Fresh sourdough costs three times more than an average loaf. Milk in glass costs more per pint. Fruit and vegetables cost more per item when not in plastic, they’re the bigger varieties, the tastier ones, the organic ones. It’s only expensive meat and fish out on the counters, the nice cuts. And at the deli it’s only fancy cheese to choose from.

Value ranges are always in plastic.

Plastic Free July (cache)

C’est un des choix du moment : payer le double pour le même produit qui n’est pas emballé dans du plastique. La main invisible du marché.

Le plastique, c’est pratique (cache).


Deux mois et demi après, j’ai la tête moins encombrée et je peux suivre le fil de mes pensées, de ce qui me travaille, m’attriste et me réjouit.

☕️ Journal : Organiser visuellement {l’espace,les pensées} (cache)

Je répondais récemment par courriel :

J’en ressors souvent avec une sorte de soulagement, pas par le poids de la régularité mais par la charge mentale que toutes ces pensées occasionnent. Si c’est publié ça peut sortir de mon esprit, les pensées actuelles me semblent être consignées. Et peuvent servir de points de repères pour de futures réflexions. Ou me permettent de les oublier plus facilement, de passer à autre chose.

Je me demande très souvent si je devrais publier tout cela dans un carnet, est-ce que cela produirait la même émotion/sensation ? Ou avec une personne en particulier ? Je me sentirais peut-être coupable/responsable d’asséner ces pensées, ici j’ai l’impression que ça reste dilué et que les personnes qui viennent lire consentent à accepter de telles idées.

General Ideas Protection Regulation?


Citation libre/adaptée de la semaine :

Le meilleur moment pour utiliser son propre domaine, c’était il y a 20 ans. Le deuxième meilleur moment, c’est maintenant.

Mon domaine est un arbre, les GAFAM sont de l’huile de palme.

Blogging, as a community and a practice, continues to be refined to this day thanks to the dedication of web users everywhere. But its sharpest point was made the day Mena Trott decided that a blog could be more than just some text on a page. It could be one of a kind.

The Evolution of Blogging (cache)

Il y a 18 ans de cela…

Thomas a depuis publié une réponse (cache). Et j’y réponds plus tard.

August 13, 2019 11:00 AM

August 06, 2019

David Larlet

☕︎ 1%

Essayer d’être à l’écoute de soi avant de pouvoir être à l’écoute des autres. Devenir le 1% de sa vie, prendre conscience des 99 autres. Savoir décliner lorsqu’on n’est pas en forme. Prendre soin de ma propre attente.


We should direct our attention to find ways to solve problems affecting our own health, our environment, the world we live in. A good example of action for developers is the world’s first online hackathon to help fix the climate, running between today and end of August.

WDRL 270 (cache)

J’apprends via l’une de mes publications préférées l’existence de ce hackathon. J’aurais presque envie de participer avec un truc qui germe depuis quelques semaines. Merci Anselm.

Au passage, pourquoi préféré ? En partie pour la forme : aucun traçage des liens sur lesquels j’ai cliqué.

Once subscribed, you’ll receive newsletter emails; the opening of the message or clicks on the links are not tracked (though sometimes, the links included may be non-public links, which allows to count overall clicks from the newsletter; such links are the same for all subscribers, hence not connected to your identity).

Privacy Policy (cache)

C’est tellement inhabituel dans ce milieu. Apprendre à remercier les 1% qui m’inspirent et qui me permettent de garder l’espoir d’un monde moins noir.


But those 1% do have to recognise - we ALL have to recognise - that they are enormously privileged. That they are lucky to be able to do what they do. That they have won a grand industry prize that allows them to ignore all the things that most teams have to deal with.

For most teams are not able to just do what they want. They are constrained by the organisation that they exist within. They must produce code that will reliably work and be easily maintained over the next several years. They can’t afford to retain someone who will innovate a new codebase and then move on, leaving others to puzzle over it. They can’t hire a 10x Engineer Ninja who will reimplement a brochure-ware website in a client-side framework and then ignore those users who are excluded by it.

No, most teams are very boring. I’m really glad about that. We need boring. Boring is what gives stability. Boring is what allows web teams to concentrate on building robust websites, and focussing on user needs. Boring is what allows teams to produce elegant long-life solutions that do not need to be babysat and stroked by a magical engineering gnome.

The Real Dark Web (cache)

La réalité est plus complexe, il existe tout un spectre de technologies ennuyantes et à maintenir. Différents niveaux d’acceptation, de souffrances aussi. Et parfois d’accomplissement, s’il y a de la maintenance c’est probablement qu’il y a un usage.

Ce qui manque parfois cruellement aux 1% qui en parlent le plus…


Whatever works for you, invest in that. It’s more important than ever before because once they get to know you better than you know yourself, it’s game over for you. They can manipulate you and control you and you will not even realize this is happening. Because they have hacked you.

Yuval Harari on social inequality and the naivete of tech CEOs

Se connaître mieux qu’un algorithme afin d’être en capacité de pouvoir résister.

Introspection vs. algospection.


Le récit de la croissance verte a donc le même statut que le climato-scepticisme aux États-Unis : un discours de légitimation qui permet aux dirigeants de dissimuler l’égoïsme de leur action et aux citoyens de continuer à vivre comme si de rien n’était. Un anthropologue extraterrestre qui viendrait nous étudier, ou un historien du futur qui s’intéresserait à notre époque, ne verraient pas de différence de fonction entre les deux ; seulement deux variantes géographiquement situées du même récit de légitimation. Le citoyen européen qui mord à la croissance verte n’est pas différent du climato-sceptique américain, dont pourtant il se moque. Et, du point de vue de l’anthropologue extraterrestre ou de l’historien du futur, un journaliste français qui se félicite de voir le gouvernement promouvoir les éoliennes ne commet pas un crime moins grand que le journaliste de Fox News qui explique que le réchauffement climatique est un complot des chinois.

ZAD, nature, culture et recomposition des mondes : un entretien avec Alessandro Pignocchi (cache)

Tout est dit. La paille dans l’œil du voisin est peut-être en plastique mais on se retrouve avec le même champ de vision une fois qu’on se ballade avec une en inox.

Ces illustrations <3


Tl;dr : je me lance dans une nouvelle expérimentation pour tenter de réduire l’éco-anxiété et le surplus de charge mentale que je ressens trop fortement depuis quelques semaines en faisant une pause "réseaux sociaux" d’un mois et demi environ.

Pause (cache)

Idem ici, de manière définitive. Il y aura probablement moins de liens au dehors. Plus de liens en dedans.

Les réponses sont en nous, tout ça.


We continue to feel incredibly uncomfortable about playing the role of content arbiter and do not plan to exercise it often.

[…]

Cloudflare is not a government. While we’ve been successful as a company, that does not give us the political legitimacy to make determinations on what content is good and bad. Nor should it. Questions around content are real societal issues that need politically legitimate solutions. We will continue to engage with lawmakers around the world as they set the boundaries of what is acceptable in their countries through due process of law. And we will comply with those boundaries when and where they are set.

Terminating Service for 8Chan (cache)

C’est peu de dire que je ne porte pas dans mon cœur un service qui centralise autant et j’ai conscience du jesaispasquoiwashing qu’il y a dans ce billet. Toujours est-il qu’il me semble approprié et bénéfique dans le signal porté. Oui, il est possible de refuser des clients lorsqu’on opère un service.

N’oubliez pas que Shopify (cache) n’a pas du tout la même vision des choses…


Citation de la semaine :

1% today is better than 50% tomorrow or some distant and impossible far-flung future.

1% Better (cache)

August 06, 2019 11:00 AM

July 30, 2019

David Larlet

☕︎ Exemplarité

J’ai reçu deux courriels coup sur coup cette semaine qui m’ont rappelé pourquoi est-ce que je publiais ici. Ce n’est pas de l’exemplarité au sens de vouloir être exemplaire — ce qui serait à la fois prétentieux et anxiogène — mais de montrer que la voie que j’emprunte est un des multiples possibles. Libre à chacun et chacune de s’en inspirer. Et de documenter d’autres voies.


Quelques jours dans la forêt à être plus cueilleur que pêcheur. Pas vraiment par choix. Encore que. Je me suis même mis à la pêche à la mouche pour être sûr de prendre encore moins de poissons.

Il faut bien s’occuper.

Des bleuets dans une Kuksa Piètre consolation ? C’est quand même plus intéressant de bon matin :-).

J’ai aussi pris le temps de faire quelques photos de vacances. Tenter des trucs. Essayer d’échapper aux bibittes locales (cache). Fuir des idées noires. Dormir de façon suffisamment inconfortable pour ne plus avoir mal qu’au dos.

Du bonheur.

Mon reflet dans mes lunettes En vrai c’est juste une excuse pour montrer mon avancée en terme de couture. Cette sacoche va être exceptionnelle.

Et aussi éviter les tiques qui sont un sacré fléau dans le coin (cache). Je me retiens de faire une blague à base d’éthique.

Faites attention à vos slugs.


I cannot deny my son or myself the ease of modern life, and I have no wish to isolate him from friends and family by insisting on radical changes. A carbon-free life seems a solitary one: no travel to see grandparents, awkward refusals of invitations, precious time with friends replaced by gardening, canning, mending, building, working. I search for political solutions, an advocacy muted by the cowardice of my personal choices. In the end, I am responsible for the gases that are changing the climate and, in raising my son in comfort and convenience, am passing on that responsibility and guilt to him.

We Should Never Have Called It Earth (cache)

Comment se déculpabiliser ? Quel intérêt y a-t-il a dépasser un seuil tolérable ? Peut-être celui de se radicaliser ? Ou juste bloguer en bonne mauvaise conscience ?

Quels sont les exemples accessibles ?


Je me suis mis à cartographier les poubelles sur OpenStreetMap dans le Parc d’à côté au cours de mes promenades matinales. Je me suis demandé si l’information accessible par Internet ne rendait pas la connaissance caduque. Et si la crise actuelle n’était pas justement de se limiter à l’information pour délaisser la transmission. Et donc le rapport à l’autre.

Lorsque j’indique un chemin à quelqu’un, il y a tout un contexte qui vient avec. Et celui-ci sera différent pour chaque personne. Un tracé sur une carte n’a pas d’odeur. Enfin maintenant si, celui des poubelles.

À la base, ces promenades ont pour but de faire le vide. Perdu.


Citation de la semaine :

Pour que les rapports sociaux soient placés sous le signe de l’équité, il faut qu’une société limite d’elle-même la consommation d’énergie de ses plus puissants citoyens.

Énergie et équité, notes de lecture de Thomas sur l’ouvrage d’Ivan Illich (cache)

Je ne vois pas comment aboutir à cette limite sans une révolution.

Une prise de conscience et le bonheur s’échappe…

July 30, 2019 11:00 AM

July 23, 2019

David Larlet

☕︎ Timelines

Réflexion sur les lignes de temps, de vie. J’ai un vieux truc pour mes présentations et je me pose pas mal de questions sur la généralisation d’une telle représentation, surtout après avoir vu ces timelines.

Mais avant, la citation de la semaine :

Substack is — to be extremely reductive — paywalled blogging software that sends out an email notification.

Fast Software, Paid Newsletters, Novels (cache)

C’est la façon dont je considère les listes de diffusion actuelles. Une mode entre intimité et incompréhension. Cela ne m’empêche aucunement d’en apprécier quelques unes, une fois converties en blog flux.


“Billionnaire” isn’t a qualification. It’s the description of a person who is hoarding more resources than they could use in 100 lifetimes while other people are starving. It’s the name for a human dragon sleeping on its pile of rubies and gold.

Via mastodon, il semblerait que le compte original ne soit plus accessible.

Est-ce qu’il faut vraiment être devenu milliardaire pour être dans cette position ? Est-ce que chaque choix dans le but d’établir un capital n’est pas déjà une façon de le subtiliser à d’autres ?

Je vais le dire autrement : nous sommes en train d’abandonner la solution du pauvre pour la solution du riche. Le rêve ­rifkinien(1) d’avoir chacun son panneau et sa batterie tout en gardant à peu près le même niveau de consommation matérielle requiert de mettre 30 ou 40 fois plus d’argent sur la table pour y parvenir qu’en recourant aux centrales nucléaires que nous avons déjà. L’idée selon laquelle le nucléaire serait cher et les énergies renouvelables (ENR) pas chères ne correspond à aucun fait observable et augmente, selon moi, la vulnérabilité face à ce qui va se passer à l’avenir.

Jean-Marc Jancovici : « l’Europe est en décroissance ­énergétique depuis 2007 » (cache)

Je n’avais jamais par exemple pensé l’énergie en ce sens et au moment d’investir (le terme aurait dû me mettre la puce à l’oreille…) dans du solaire pour gagner en autonomie j’ai eu ce recul salutaire d’essayer de comprendre si ça pouvait passer à l’échelle. Il y a une difficulté à encourager du local expérimental (cache) qui pourrait rapidement devenir élitiste et capitaliste en privant les autres des ressources nécessaires à sa reproduction.


I’ve always liked to document experiences, and I have a thing for collections and completeness. I decided early that this redesign needed some kind of friendly ’museum of me’ as a way of introducing myself; less about my work and more about my life. The culture we surround ourselves with, the art that speaks to us, and the songs that soundtrack our lives — these things shape our identities. They speak volumes about who we are, and why the things we put into this world look or feel a certain way. There’s so much more to each of us than our professional achievements.

Timeline (cache)

Chacun de nos échanges est une timeline, une publication sur un mur, des gazouillis, un agrégat de stories, des pouets, des courriels, des articles de blog. Ces 20 dernières années du Web n’ont été qu’une façon de les représenter. Il y a des choix pour chacun des items de ces lignes de vie. En tant que créateur, en tant qu’éditeur, en tant qu’hébergeur et en tant qu’audience. C’est l’équilibre de pouvoir entre ces entités qui rend la relation saine.

Les licornes actuelles déstabilisent intentionnellement cette relation.


L’association participe à la réflexion sur l’évolution du droit d’auteur et des licences associées : voir la Licence Contributive Commons (cache) qui est un projet initié par l’association.

Elle place ses contenus originaux sous une licence garantissant le partage du savoir selon des modalités visant à une réciprocité.

Code social de Semeoz (cache)

Maïa annonce la fin de Semeoz (Observatoire des pratiques collaboratives et constructives) et nous invite à récupérer ce que l’on souhaite. Cela me pousse à m’interroger sur la pertinence d’une licence à réciprocité lorsque l’entité créatrice a été dissoute. Comment rester fidèle à une telle licence dans ces conditions ?


While questioning is key to curiosity, it can be tricky to know what to ask. Here are some of my standbys:

  • “Can you say that in more/different words?”
  • “How did you come to that decision?”
  • “Anything else I should know about?”
  • “Whose land is this?”
  • “Who’s missing or misrepresented?”
  • “Who’s telling this story, and why?”

There you have it—six questions for better, deeper living. A curious mind can become a caring mind—the more we know, the more we can appreciate a situation’s nuance and complexity.

Questions for learning (cache)

Différentes questions pour différents niveaux d’écoute (cache). Une façon d’orienter l’échange et donc la relation. Une façon aussi de raconter nos émotions en fonction de son interlocuteur·ice.

Une timeline peut-elle être bi-directionnelle ?


Il aura fallu quelques aiguilles d’acupuncture dans le dos pour percer un abcès psychologique latent. Ou alors c’est juste une question de coussin trop gros, auquel cas ça devient la série la plus stupide et ennuyeuse qui soit.

Et coûteuse, à tous les niveaux. #painline

July 23, 2019 11:00 AM

July 16, 2019

David Larlet

☕︎ Écoute

Citation de la quinzaine : « On me demande souvent à quoi je pense quand je marche. Et bien, je ne pense pas, je vis ! Il y a des moments pour la réflexion et d’autres pour le mouvement. », Sarah Marquis.


When a company first forms, there are no norms or principles guiding how its people should make decisions. It’s basically just what’s in the founders’ heads. With each decision a company makes, its “decision genome” is established and subsequently hardened. You’ve decided in your first month that you’re only going to hire engineers from Top 10 engineering schools? That’s now part of your genome and will determine the composition of your company. You’ve decided to forgo extra profits by keeping your prices low for consumers? That’s now part of your genome. You’ve decided to employ a single dark pattern to trick users into adding more things to their shopping cart? Part of your genome.

Superhuman is Spying on You (cache)

Et sa suite (cache). Tellement emblématique d’une époque. C’est la raison pour laquelle je suis à la recherche aujourd’hui de solutions sans algorithmes (cache), sans être écouté en permanence (cache) sur un fond de « bonne » morale (cache) ou pour m’éduquer (cache). Tout en conservant un journal des échanges potentiels afin de mieux pouvoir… acheter, bien sûr (cache).

Ne pas voir de la malice là où il n’y aurait que du capitalisme. Sur écoutes.


The obvious downside of URL Pages is that the links get very long very quickly. Luckily, some URL shorteners are able to accommodate fairly long URLs (shoutout to TinyUrl). In a strange way, this effectively means the link shortener is acting as the web host since it is responsible for storing the record of the web page’s data.

URL Pages

J’aime bien l’expérimentation, ne pas essayer ceci à la maison (enfin dans la maison des autres en fait). Je suis sûr qu’il y aurait quelque chose à faire pour le versionnement de pages stockées en cache par un ServiceWorker. Lié mais pas trop, j’aime bien voir les essais qui sont réalisés pour standardiser la génération d’un site statique à partir d’une arborescence. Toujours la tentation de publier un truc. En relisant la transcription de cette intervention sur le choix des technologies, je me demande souvent si je ne devrais pas abandonner CommonMark au profit de HTML pour la rédaction et la pérennité.

Corollaire : Karl a toujours raison.

Mais publier sans prendre le temps d’être à l’écoute des utilisateur·ice·s, à quoi bon ?


Au-delà de ça, j’ai pris conscience que mes réseaux sociaux (et dans une certaine mesure la newsletter) proposaient des updates de la vie douce par facilité.
Parce que la difficulté et la tristesse nécessitent plus de recul, parce qu’il faut attendre qu’un peu de clarté se dégage. Et sans doute aussi par pudeur : ce sont des parts qui touchent de près une intimité qui n’a pas forcément vocation à être dévoilée.
Équilibre difficile à atteindre.

Comment l’itinérance a mis notre relation à l’épreuve (cache)

Le web comme espace de partage de bonheurs et d’aigreurs mais beaucoup moins de peurs, d’angoisses, de coups durs, de tristesses. Ou alors a posteriori lorsqu’on est revenu à un état suffisamment correct. Si un jour j’arrête de publier, ce sera peut-être alors le moment de m’aider. Être à l’écoute du silence des autres dans un tel brouhaha. Comment être tenu informé lorsqu’un flux se tarit, anticiper ? (cache)

Aussi, merci beaucoup pour la recette en fin d’article <3.


La technique déforme et exacerbe les problèmes qu’elle est supposée résoudre. Elle nous fait croire qu’elle fournit des solutions neutres et optimales aux problèmes sociaux. Elle nous fait croire qu’elle est le mécanisme même du changement social, alors qu’elle ne fait qu’obscurcir les dynamiques sociales et politiques qui sont à l’oeuvre. La technologie nous fait croire que la vie urbaine n’est qu’un problème technique et nous invite à diagnostiquer sélectivement les problèmes qu’elle pourrait résoudre.

Vers des villes politiquement intelligentes (cache)

Avant les villes politiquement intelligentes, il serait intéressant de laisser les citoyen·ne·s jouer avec la ville. Définir des règles qui leurs conviennent collectivement afin que toutes les voix puissent être entendues. Que la représentation de la ville par une caste ne soit pas la seule imaginable.

Ni enviable.


Pour ma part, j’ai saisi très tôt que je devais impérativement comprendre mon corps et en prendre soin. Garder la santé revient souvent à respecter le rythme de notre corps et à constamment se repositionner en retrouvant son équilibre. Il y a une manière de garder la santé et rester bien loin des médecins. Il s’agit d’un geste que nous arrivons tous à faire et devinez, il est gratuit en plus : il faut dormir, dormir aussi longtemps que le corps vous l’indique.

Sauvage par Nature, Sarah Marquis

Je dois avouer que le fait de ne pas réussir à dormir trop longtemps permet — sans trop de difficultés — d’adopter un rythme circadien… ce qui ouvre d’autres perspectives. Il faudrait que je trouve un moyen de consigner mes réflexions matinales. Si possible numériquement, mais sans être en capacité d’être à l’écoute du bruit numérique.

J’ai l’impression qu’extérioriser sans partager n’aurait pas les mêmes vertus. Écrire sans une certaine écoute fantasmée semble si vain à un égo con(valescent).

J’ai parfois le sentiment que mon mal de dos est dû à une tête trop lourde. Tout un symbole.

July 16, 2019 11:00 AM

July 07, 2019

Gautier Poupeau

Repenser la place du numérique dans les SHS

Une discussion s'est engagée sur la liste DH-FR suite à un message d'un étudiant de Master 2 qui s'interrogeait sur sa capacité à répondre à des offres d'emploi dans le domaine du numérique en SHS. La question en elle-même aussi innocente qu'elle soit est le révélateur d'un malaise profond des rapports entre le numérique et les SHS qui m'ont amené à réagir une première fois sur twitter de manière virulente après avoir répondu à l'étudiant. Mais cette impression ne fait qu'augmenter au fur et à mesure que les messages et les discussions se succèdent. Ces échanges me renforcent aujourd'hui dans ma conviction qu'il est absolument urgent que les SHS réfléchissent à la place du numérique dans leur enseignement et leur recherche, qu'elles y intègrent le rôle de l'ingénieur et qu'elles dépassent le concept d'Humanités numériques. Je vous propose ici une première contribution à cette réflexion vue de ma position d'ancien ingénieur d'études dans les SHS ayant œuvré à la reconnaissance des Digital Humanities, observateur attentif et participant occasionnel à ce mouvement, enseignant formant des ingénieurs issus des SHS.

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Du problème de la définition du rôle de l'ingénieur et du chercheur

Un jour, peut-être, arrêterons-nous d'opposer le travail du chercheur et celui de l'ingénieur dans les SHS ? Peut-être qu'un jour l'un et l'autre groupe reconnaîtront le rôle de chacun ? Alors peut-être arriverons-nous à apaiser les tensions entre ces deux groupes ?

De manière un peu caricaturale, le rôle de l'ingénieur est d'analyser un problème et de trouver une solution, le rôle du chercheur est de poser des questions, une problématique et tout en essayant d'y répondre d'ouvrir la voie à d'autres questions. Pour faire cela, le chercheur peut mobiliser seul des techniques ou technologies ou avoir recours à un ingénieur pour résoudre un problème particulier qui l'aidera à répondre à ses questions. Cela n'est pas nouveau. Viendrait-il à l'esprit d'un chercheur d'imposer l'organisation d'une bibliothèque pour pouvoir y consulter des ouvrages ? de remettre en question les méthodes de conservation mises en oeuvre par des archivistes pour pouvoir analyser un document d'archives ? Non, il ne me semble pas et, pourtant, les compétences d'ingénierie documentaire mises en oeuvre par les bibliothécaires ou par les archivistes et leurs manières de travailler sont bien celles d'un ingénieur.

Cette confusion ingénieur/chercheur est aussi visible dans le recours à des équipes de recherche en informatique pour mener à bien des projets impliquant le numérique en SHS. Les résultats ne sont bien souvent pas à la hauteur des attentes des chercheurs en SHS. En effet, en ayant recours (souvent encouragé par les tutelles au nom de l'interdisciplinarité et de mutualisation des moyens) à des équipes de recherche en informatique, les chercheurs en SHS pensent disposer de forces d'ingénierie technique, mais le rôle du chercheur en informatique est le même que celui en SHS : poser des questions et y répondre et en aucun cas trouver une solution à un problème. Les chercheurs en informatique y voient eux l'opportunité de confronter les réponses qu'ils ont pu trouver dans d'autres contextes ou poser de nouvelles questions. La rencontre entre les équipes se fera dans l'émergence des problématiques mais en aucun cas dans la construction d'une solution technique aboutie et opérationnelle.

Le numérique en général et l'informatique en particulier sont des cas particuliers tant ils ont pénétré toutes les strates de notre quotidien et laissé croire à une facilité apparente ou du moins une accessibilité simplifiée aux solutions. Mais, au-delà de la technique elle-même, le travail de l'ingénieur est aussi de formaliser le problème, de le modéliser, de l'analyser afin de préciser le besoin et de trouver la solution la plus adéquate. Un ingénieur n'est pas un spécialiste du métier qu'il doit aider. En l'occurrence, il n'est pas de son ressort de produire l'analyse d'une source, mais il doit donner les moyens aux chercheurs de mener cette analyse et/ou d'en valoriser les résultats. Il est un spécialiste de la résolution de problèmes en mobilisant à la fois sa capacité à écouter le métier, son savoir-faire d'analyse et de compréhension du problème et ses compétences techniques (ici dans le numérique) pour déployer la solution au problème.

Mais, pour parvenir à cela, il doit exister un lien de confiance entre l'ingénieur et le métier (ici la recherche en SHS) auquel il doit apporter une solution. Or, c'est bien cela le problème et les échanges sur la liste le montrent bien : ce lien de confiance n'existe pas. D'après mon expérience, le milieu de la recherche publique en SHS est l'endroit où la suspicion à l'égard de l'ingénieur est la plus élevée. D'ailleurs, cela va de pair avec une vision diabolisée du secteur privé. J'ai l'impression que ce manque de confiance provient d'une méconnaissance, d'une impression de concurrence entre les deux (cf. la question de la co-signature très symptomatique de ce point de vue) et de rôles qui ne sont pas clairement établis. Cela s'explique certainement par le fait que la recherche et l'enseignement ont constitué les débouchés majoritaires voire exclusifs des SHS jusqu'à présent. Elles sont donc peu en contact avec d'autres types d'organisations dans lesquels l'ingénieur tient une place prépondérante (d'ailleurs, il en va de même pour le manager... mais c'est un autre débat).

Or, le numérique en général et la place de la donnée et de son traitement en particulier sont en train de faire évoluer ces débouchés naturels. De plus en plus de sociétés prennent conscience de l'intêret de recruter des profils issus des SHS pour leur capacité d'analyse des données et de compréhension des processus qui y sont liés. Les SHS doivent s'emparer de cette tendance qui leur permettra non seulement de répondre à la demande du marché et d'offrir à leurs étudiants de nouveaux débouchés, mais aussi de mieux intégrer les rôles de l'ingénieur et du chercheur dans la recherche elle-même.

Or, comment former à un métier dont on ne comprend pas les ressorts ? Il est donc urgent que les SHS comprennent le rôle de l'ingénieur dans et en dehors de la recherche. Cette compréhension passe peut-être par l'invention de ce que peut être un ingénieur en SHS ? Un ingénieur disposant de compétences dans le domaine du numérique issu des SHS ? Un positionnement original pour une vision originale du métier de l'ingenieur ?

Mais, cela ne va-t-il pas de pair avec le fait d'arrêter de faire des "Humanités numériques" le porte-étendard du numérique en SHS ?

La fin des humanités numériques ou la nécessaire digitalisation des SHS

Le terme Digital Humanities est apparu dans la 1ère moitié des années 2000 dans les pays anglo-saxons. Il est issu d'un mouvement qui visait à :

  • rassembler sous un seul étendard toutes les initiatives existantes, éparses et en perte de vitesse autour de l'utilisation de l'informatique par les différentes disciplines des SHS issues de la première révolution de l'informatique des années 70 et 80 ;
  • refléter les changements en cours avec l'explosion du Web ;
  • constituer un groupe de pression à même de peser au niveau institutionnel et au niveau de la recherche pour la prise en compte de la question "numérique" dans les SHS.

Il a été traduit en français par "Humanités numériques" suite au 1er That Camp en 2010 et à la publication du manifeste des Digital Humanities. Pour faire simple, il désignait alors la volonté d'intégrer naturellement le numérique, en tant qu'il est un ensemble de technologies, au sein de la recherche en SHS. C'était donc une vision d'ingénieur qui était mise en avant. Deux problèmes ont émergé. D'une part, pour les raisons évoquées précédemment, il est alors apparu que la seule manière de rendre ce mouvement légitime aux yeux des SHS était d'en faire une discipline (une transdiscipline pour reprendre les termes du manifeste), c'est-à-dire de lui associer une recherche, une épistémologie, une organisation institutionnelle. D'autre part, une double confusion terminologique est venue s'ajouter. En effet, là où les anglo-saxons ont forgé le terme digital studies pour désigner les études sur le numérique, le terme "Humanités numériques" a aussi été utilisé dans ce contexte et, enfin, pour aujouter de la confusion à la confusion, "Humanités numériques" désigne aussi dans certains établissements l'enseignement de l'impact du numérique sur les organisations.

En réalité, pourquoi serait-il nécessaire de faire des "humanités numériques" une discipline ? Ne s'agit-il pas plutôt de compétences et de techniques utiles pour mener une recherche dans les différentes disciplines des SHS ? La disciplinarisation de l'utilisation du numérique en SHS a impliqué son intellectualisation et par là même la minimisation des aspects les plus techniques de cette question, une absence de réflexion sur ce qu'implique le numérique dans toutes les strates de la recherche en SHS (forcément c'est réservé aux Humanités numériques...) sans compter les guerres de territoires qui apparaissent immanquablement avec des postures épistémologiques ou institutionnelles. Finalement, à force de porter comme un étendard les "Humanités numériques", les SHS confinent cette problématique et risquent de louper le tournant du numérique et par là même de perdre pied avec la société. Le numérique ne constitue pas un problème à part.

Les physiciens et les biologistes utilisent de manière massive l'informatique mais il n'existe pas pour autant une discpline spécifique pour cela. Ces compétences sont intégrées à leur cursus de formation et mises en oeuvre par les chercheurs ou par des ingénieurs qui les accompagnent. Aujourd'hui, dans les organisations publiques ou privées, la question du numérique n'est plus seulement l'apanage des directions informatiques et encore moins d'une nouvelle direction spécifique mais bien de l'ensemble de l'organisation. Il faut en faire de même dans les SHS : dépasser les "humanités numériques" qui enferment la discussion à un espace, réinterroger la place du numérique en SHS et ne pas le concevoir comme une chose à part mais bien l'intégrer au sein même de l'ensemble de ses strates. Il sera alors possible :

  • de réinterroger les débouchés naturels des SHS et de former les ingénieurs issus des SHS dont les entreprises ont tant besoin pour faire face à la révolution numérique et à l'explosion des données ;
  • de faire émerger des nouvelles questions induites par la place du numérique dans notre société ;
  • de faire émerger de nouvelles questions par l'utilisation des technologies numériques ;
  • de repositionner ingénieur et chercheur à leur juste place dans la recherche ;
  • d'améliorer la visibilité des travaux des chercheurs à l'intérieur et à l'extérieur de la recherche
  • d'intégrer au recrutement des enseignants-chercheurs des compétences techniques dans le domaine du numérique sans avoir besoin de parler de double cursus.

Bref, pour paraphraser Paul Bertrand, peut-être serait-il temps d'appeler à la fin nécessaire et heureuse des humanités numériques ? Ce terme n'était finalement peut-être que le signe d'une étape dans l'appropriation du numérique par les SHS. Il est temps de passer à une nouvelle étape, celle où le numérique est une composante naturelle et intégrée des SHS et de l'ensemble de ses disciplines.

by got at July 07, 2019 04:36 PM

July 02, 2019

David Larlet

☕︎ Anxiété

Citation de la semaine : “Not only is my glass half empty, it’s not what I ordered.” — Catherine Tate (Traduction libre : « non seulement mon verre est à moitié vide mais ce n’est même pas ce que j’avais commandé. »)

Cela fait plus d’un an que je ressens cette solastalgia. Bon en vrai ça doit faire plus de trente ans et le fait d’être en couple puis de devenir parent n’arrange pas les choses dans ce qui est aussi appelé éco-anxiété.

En arrière-plan, toujours : l’effondrement, la catastrophe, le jugement. Le mur qui s’approche. Godzilla, qu’on voit arriver à l’horizon, extrêmement lentement, et du coup on est tous posés sur la plage avec des jumelles pour le regarder avancer, et les plus entreprenants vendent des glaces aux badauds, et les plus finauds font des projections et magouillent dans l’espoir de tirer leur épingle du jeu au bout du compte, d’autres font du jetski ou je ne sais quelle absurdité pour profiter de l’instant, chacun s’arrange comme il peut avec ce qui vient, mais en tout cas je pense qu’on a tous admis la réalité de ce qui nous attend, même si on ne peut pas encore en prendre pleinement conscience – tant mieux, sans doute.

Le silence (cache)

Peut-être qu’il faut faire péter le bunker de filtre qui m’entoure ou tout simplement ne plus y aller.

Peut-être qu’il faut créer son propre bonheur. Réussir à oublier le reste.

Peut-être qu’il faut se taire et regarder des bâtiments s’effondrer avec la bonne musique.

Peut-être qu’il faut arrêter les vidéos en streaming.

Parce qu’il est de bon ton désormais de dégainer sa paille métallique, son tote bag à légumes, sa brosse à dent en bambou et son bout de charbon dans sa gourde (disclaimer : j’en possède également). J’achète trois fois plus cher des œufs de poules élevées en plein air qui ont à peine moins souffert que les autres, je constate que les magasins bio du coin vendent des fruits exotiques importés du Pérou, et j’ai l’impression que la responsabilisation écologique à l’échelle individuelle n’est qu’une vaste blague. J’aime clamer que les quelques comportements écoresponsables que j’entretiens sont avant tout pour laver ma conscience, tout en sachant qu’au fond je me réfugie dans le défaitisme qui m’ôte toute notion de culpabilisation. Alors je jette des objets encore fonctionnels et j’en consomme d’autres parce que ça me rassure, parce que ça me remplit, et j’essaie fort de me dire que je ne suis pas une si mauvaise personne.

Remplir le vide (cache)

Mais s’exclure c’est perdre le fil. Se perdre. Perdre contact avec une réalité. Celle des riches toujours plus riches (cache). Des un peu moins riches toujours plus excluant (cache). De l’armée qui va devoir se reconvertir en pompiers (cache).

To come back to the theme of this thread, I think we should not let the overarching question be “When would the climate catastrophe happen?”, but “Until when can we guarantee that we would avoid major risks to people & the environment?” (20/n)

Thread Twitter

De plus en plus convaincu qu’il y aura juste de plus en plus d’esclaves pour servir de moins en moins de riches. J’aime cette métaphore de la chute qui fait de plus en plus mal en fonction de la hauteur (en nombre de degrés). Il suffit d’avoir suffisamment de personnes empilées/mourantes au moment de sa propre chute pour ne pas y laisser sa peau. En attendant un cygne noir combiné à de la bêtise humaine.

Remember:

  1. The Ocean is suffocating.
  2. Forests are being annihilated.
  3. Pollinators are being wiped out.
  4. Billions need climate chaos help.
  5. Large mammals won’t survive.
  6. Our crops will soon fail.
  7. Extinction is accelerating.
  8. Plastic is in our lungs.
  9. Arctic Ice is disappearing.
  10. Antarctica is collapsing.
  11. The Amazon is dying.
  12. Rivers are toxic.
  13. The Air is poisonous.
  14. Coral reefs are doomed.
  15. Millions - mostly black and brown children, women & men - are dying due to the Ecological Catastrophe, every year.
  16. Greenland ice is melting.
  17. Heatwaves will kill billions.
  18. Mass Starvation has begun.
  19. BILLIONS, yes, mostly black & brown children, women & men, seem set to die in the Ecological and Global Warming Catastrophe - unless all systems are revolutionised towards justice.
  20. The seasons are forever broken.
  21. Permafrost is collapsing. 😱
  22. Mega-storms are getting worse.
  23. Bees are critically endangered.
  24. Corporate capitalism has wrecked our natural world, but it is never be too late to organise fairer societies based on real cooperation.
  25. Insects are vanishing.
  26. The Ocean is acidifying.
  27. Seabirds are starving.
  28. Sea levels are rising.
  29. Fertile soils are disappearing.
  30. Scientists see that, alongside fossil fuel burning, animal agriculture is a major cause of this ecological and climate nightmare.
  31. The jet stream is fractured.
  32. Glaciers are melting.
  33. Orangutans face annihilation.
  34. Sharks are being wiped out.
  35. Butterflies are in danger.
  36. Fish are disappearing.
  37. Plankton are dying.
  38. Deserts are expanding.
  39. Mountains are being destroyed.
  40. Trees are diseased.
  41. Beaches are being washed away
  42. Lakes are shrinking.
  43. Waterfalls are dry.
  44. Giraffes will soon be gone.
  45. Starfish are being massacred.
  46. Frogs are near extinction.
  47. Whales are committing suicide.
  48. Worms are struggling to live.
  49. Tropical diseases will explode.
  50. Plant extinction is out of control.

Un autre thread sur Twitter (ça va aller jusqu’à 100)

Une Terre que l’on recouvre d’une couche de plastique, héritage du bref passage de l’Humanité sur ce bout de caillou. La tête dans un sac jusqu’à l’asphyxie.

Je regarde mes voisins avec leur SUV de deux tonnes par personne. Leurs maudites tondeuses (cache). Leurs barbecues de bœuf quotidiens. Et je pleure.

Raft urbain Se laisser glisser. Emporté par le flux. Jusqu’au barrage.
Broyé par ce monde en besoin d’énergie.

J’en ai plein le dos de ce monde. Et il me le fait bien comprendre chaque matin. Je ne peux même plus criser tranquille dans mon coin (cache).

July 02, 2019 11:00 AM

June 21, 2019

David Larlet

☕︎ À lier

J’avais partagé des paroles de femmes sans commentaires l’année dernière. Ici je reste silencieux tout en changeant un peu la donne (l’ordre n’est pas significatif).


Se dire féministe est un terme politique. Si vous, hommes cisgenres, vous dites féministes, vous vous appropriez une lutte qui est précisément contre vous. De fait, vous la décrédibilisez. Un homme cisgenre n’a rien à gagner des luttes féministes, puisque ces luttes visent à lui faire perdre du pouvoir et à affaiblir la domination de sa classe sociale sur les autres. Cette perte de pouvoir est nécessaire à l’établissement d’une société plus égalitaire. Le féminisme ne prétend pas apporter un changement bénéfique aux hommes cisgenres, mais bien au reste de la société. Alors oui, vous êtes pétris de bonnes intentions et vous voulez aider à déstigmatiser le féminisme. Mais en vous appropriant ce terme, vous le rendez ridicule. Ridicule, parce que nous luttons contre un système qui vous favorise. Comment vous faire confiance ? Comment croire en votre sincérité, en votre foi dans le renversement d’une oppression qui vous bénéficie ?

Un homme peut-il être féministe ? (cache)


Par ailleurs, votre article renvoie à une vision dichotomique des genres en disant clairement que l’un se bat contre l’autre. Alors qu’aujourd’hui on assiste à l’émergence d’une “fluidité des genres”. La vision dichotomique de ces deux essences n’a plus de sens. Au contraire, il faudrait voir la féminité et la masculinité (absolues) comme les deux extrêmes d’un spectre disposant d’une infinité de nuances. Nier la possibilité pour les hommes de se joindre à la lutte féministe c’est nier une grande partie de ces nuances et la possibilité pour chacun de naviguer au sein du spectre selon les moments de nos vies. J’ajouterais que cette idée de nuance et fluidité entre les genres est essentielle pour déconstruire les stéréotypes et améliorer les conditions des femmes/LGBT etc.

Un commentaire de l’article « Un homme peut-il être féministe ? » sus-cité (cache)


La question de savoir si un homme peut ou ne peut pas être féministe est une question qui revient souvent, et qui est importante. L’idée est de situer d’où on parle et, n’étant pas une femme, je ne peux pas dénoncer les violences qui leur sont faites de la même manière qu’elles le feraient. Mais je sais aussi que cette explication est une porte ouverte pour une conversation plus longue donc quand une personne me demande si je suis féministe, et que je n’ai pas le temps de tout expliquer, je dis « oui ».

Je préfère cependant le terme « d’allié », car en dépit de toute l’empathie et la compassion dont je suis capable, je reste un homme blanc qui n’a jamais souffert du sexisme, que la société n’incite pas au quotidien à se sentir mal dans sa peau ou dans son travail ou dans son rôle de père… ma vie est très paisible, si on la compare à celle des militantes féministes qui sont harcelées chaque jour.

Allié (cache)


Voilà comment j’ai découvert la raison et la manière dont je ne parvenais pas à écouter quand une femme me parlait de sexisme.

Prendre conscience du rôle que jouent mon comportement et mes pensées, a été une étape décisive dans mon cheminement. J’ai compris que les mécanismes qui m’aveuglent font partie intégrante de ma subjectivité. Aussi pouvais-je être certain que ces mécanismes de défense se déclencheraient à nouveau dans des conditions similiaires, et que pour les contrebalancer, l’écoute et l’empathie ne suffisent pas.

Ce Qui Se Passe En Moi Quand Une Femme Me Parle De Sexisme (cache)


Tu le sais : une partie de toi se perçoit comme un mec bien, mais elle en doute quand même un peu. Cette partie de toi a très envie d’entendre d’autres personnes te rassurer, te confirmant que tu es un mec bien.

Petit Guide D Aikido Partie 1 (cache)


Si tu ne comprends pas, ou si tu es surpris, réjouis-toi. L’incompréhension n’est pas un échec, c’est le début d’un processus d’apprentissage. La surprise, c’est le signe que tu découvres quelque chose de nouveau. Si cette conversation ne t’éclaire pas aujourd’hui, peut-être contribuera-t-elle à une prise de conscience, plus tard ?

Petit Guide D Aikido Partie 2 (cache)


Google est sexiste et accepte assez mal que l’on en fournisse les preuves. Ce monde est sexiste. Les algorithmes sont sexistes puisqu’ils ne sont que la reproduction (parfois augmentée) de nos propres biais et de nos propres systèmes de valeurs ou d’anti-valeurs.

Mais au final et par-delà l’instanciation subjectivée de nos ressentis à la lecture de ces résultats, il y a ce que nous montrons et ce que nous acceptons de voir, qui est ce que nous tous, êtres humains, algorithmes et plateformes, ce que nous tous, nous tolérons. Ce que nous sommes vraiment. Et ce que nous devenons collectivement.

Lesbienne raisonnable ? Quand Sapho pas, sapho pas. (cache)


Féminisme et antispécisme ne doivent pas être perçus comme deux luttes séparées mais comme des mouvements solidaires qui se battent contre des formes de domination liées par un agenda largement commun. Les féministes, et plus généralement les militant·e·s progressistes, ne peuvent faire l’impasse d’une remise en question de la violence envers les autres animaux : ne pas remettre en question le spécisme revient à contribuer aux mêmes schémas de violence, d’arbitraire et d’injustice que ceux qui fondent le patriarcat, la suprématie blanche et le capacitisme.

Féminisme et cause animale (cache)


One of my mom groups has a thread that is just women listing and recommending which kind of protection they take when them when they go out running (Ie. pepper spray, alarm necklaces, whistles, etc) in case you wondered what being a woman is like

Tweet de Amanda Deibert (voir réponses)


Par contre je n’adhère pas à la vue du « seule les victimes peuvent en parler et ont un avis légitime », pas plus là que sur d’autres sujets. En fait c’est même tout le contraire. Par principe tous les impliqués dans une question ont une vue biaisée, la victime autant que l’oppresseur. C’est bien pour ça qu’en justice on impose un juge neutre au milieu.

Le problème c’est qu’ici il n’y a personne de neutre.

De la difficulté d’évoquer le féminisme (cache)

June 21, 2019 11:00 AM

June 14, 2019

David Larlet

☕︎ Pauvreté

Une semaine sous le signe du déménagement. Quasiment seuls, ce qui permet de bien sentir le poids de chaque possession. De soupeser la pertinence d’une telle accumulation. Si seuls les riches peuvent se permettre de ne rien amasser, je dois être encore très pauvre.


Et même quand on touche à des sujets comme le zéro déchet et le minimalisme, où on prône la décroissance, on tombe sur des discours remarquablement éloignés des réalités économiques. Mais oui, c’est super la cosmétique zéro déchet ! Il n’empêche qu’un dentifrice solide, même s’il dure un an, coûte 12 € à l’achat. Face à un budget riquiqui et instable, la personne précaire continuera d’acheter son dentifrice “plein de merde” (vous le voyez, le jugement de valeur ?) à 1,50 € au supermarché. C’est top d’être minimaliste, mais là aussi c’est une déconstruction qui s’opère quand on a le loisir d’y réfléchir. Quand on est dans une posture où se débarrasser d’un objet n’est pas si grave, parce qu’au pire, si on réalise qu’on en avait quand même besoin, on peut toujours en racheter un — de préférence de meilleure qualité, produit dans de meilleures conditions. Il est plus aisé de se détacher du matériel quand on a pu d’abord le posséder, et quand on sait qu’on pourra le posséder à nouveau si l’envie nous prend.

Critique d’une écologie privilégiée (cache)

C’est un point de vue qui se rapproche beaucoup de mes propres réflexions sur le minimalisme. Et c’est la principale raison pour laquelle j’en suis revenu. Merci pour cet article qui appuie là où ça fait mal.


But more worrying to me is that people who can’t afford to pay for privacy will be increasingly giving up their data in return for services that they need to get by in our digital age. We might have reached peak data, but perhaps only for the well-off.

Have we reached Peak Data? (cache)

Combien de temps avant que les services que j’utilise fassent l’hypothèse que j’ai déménagé ? Aucun moyen de savoir.


En somme, la frugalité (Jugaad en Inde, « Shan-zaï » en Chine, « Gambiarra », « Bacalhau » ou « Jeitinho » au Brésil) est aussi une forme de solutionnisme technologique qui repose, une fois encore, sur la confortable conviction que les pauvres ont toutes les ressources en eux pour s’en sortir, pourvu qu’ils articulent habilement leurs problèmes aux dernières technologies disponibles.

The next billion users : une immersion dans l’internet des pauvres (cache)

Et les riches ont toutes les ressources pour les contrôler :

There is usually never a line at the train ticketing machines. Judging from an overheard convo, it appears that people are reluctant to use their rechargeable Octopus cards for fear of leaving a paper trail of them having been present at the protest.

Il faudrait pas non plus qu’ils se mettent à espérer pouvoir sortir de leur état.


However, the recent data I compiled – out of curiosity – showed me the default reality of open source finances, indicating a severe imbalance between work quality and compensation. Full-time maintainers are technically talented people responsible for issue management, security, navigating toxic complaints, while receiving below the poverty threshold.

The struggle of open source sustainability is the millennium-old struggle of humanity to free itself from slavery, colonization, and exploitation. This is not the first time hard-working honest people are giving their all, for unfair compensation.

Software below the poverty line (cache)

Pas la première fois non, ça serait un peu la définition du capitalisme en fait…


The rich do not live like this. The rich have grown afraid of screens. They want their children to play with blocks, and tech-free private schools are booming. Humans are more expensive, and rich people are willing and able to pay for them. Conspicuous human interaction — living without a phone for a day, quitting social networks and not answering email — has become a status symbol.

All of this has led to a curious new reality: Human contact is becoming a luxury good.

As more screens appear in the lives of the poor, screens are disappearing from the lives of the rich. The richer you are, the more you spend to be offscreen.

Human Contact Is Now a Luxury Good (cache)

Et son interprétation en français :

Le numérique qui était un truc de riche devient un truc de pauvre. Pas assez de moyens dans une école ? Il n’y a qu’à y mettre des écrans. Pas assez de moyens dans un hosto ? Hop, un médecin-écran. On va pouvoir automatiser les maisons de retraite avec des robots, ça coûtera moins cher. À l’inverse, dans une maison de retraite de luxe, on aura toujours une foule d’êtres humains pour s’occuper des pensionnaires. Idem dans un hôpital privé, on aura un médecin en chair et en os pour nous informer. Et de plus en plus d’écoles privées se targuent déjà d’être sans écran.

Robot pour les pauvres, contact humain pour les riches (cache)

Pauvre de nous.


Explorer un nouvel endroit. En marchant, en courant, en photographiant, à vélo. Découvrir de nouvelles sensations et de nouvelles personnes. Se retenir d’aller trop vite pour savourer ces moments.

June 14, 2019 11:00 AM

June 10, 2019

Gautier Poupeau

#dhiha8 Interroger les débouchés pour penser l'enseignement du numérique en histoire/SHS

Quelques remarques rapides suite au billet d'Emilien Ruiz : #DHIHA8 Nous sommes à la croisée des chemins ! qui me vienennt autant de ma position d'intervenant dans différents masters que de celle d'ingénieur dans le monde numérique dans des organisations publiques ou privées. Emilien Ruiz pose la question de la formation au numérique pour les étudiants en histoire du point de vue de l'historiographie et de la méthodologie historique, en particulier la place de l'approche quantitative. Mais si on doit interroger les enseignements dans le domaine du numérique pour des étudiants en histoire et plus largement en SHS, il me semble qu'on ne peut faire l'économie de s'interroger sur les débouchés.

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En effet, tous les étudiants ne deviennent pas chercheurs en histoire, loin s'en faut et il est alors de la responsabilité de l'université de se demander à quoi on prépare les étudiants ou au minimum d'établir des objectifs pédagogiques qui ne se limitent pas à la pratique de la recherche. Au moment où nous avons plus que jamais besoin de profils originaires de SHS dans le numérique, il est impératif de prendre en compte cet aspect pour diversifier les débouchés offerts à nos étudiants. Quels sont les objectifs pédagogiques ? Apporter une solide culture générale ? Aider un étudiant à mener sa recherche de master ou de thèse ? Former des futurs enseignants chercheurs ? Des enseignants du second degré ? Des ingénieurs pour l'ESR ? des ingénieurs en dehors de l'ESR ? des personnes aptes à exercer un métier en rapport avec le numérique ? des citoyens éclairés ? A chacun de ces objectifs correspond un ensemble de connaissances et/ou de compétences à apporter.

Il existe un socle commun obligatoire : maîtrise des outils du Web (en tant qu'utilisa(c)teur), de la recherche documentaire et outils associés et des outils "bureautiques". Ce socle pourrait être enseigné dès la licence et complété régulièrement. Il doit permettre à l'étudiant de mener à bien sa scolarité et n'importe quel type de recherche de niveau master voire même thèse si le sujet n'implique pas un usage avancé de l'outil informatique. Il pourrait être complété par une présentation de l'apport du numérique pour la recherche tant dans la transmission (édition électronique, archives ouvertes et gestion des données de la recherche) que dans la recherche elle-même.

Un second niveau pourrait être proposé au même titre que les sciences auxiliaires de l'histoire. Comme la paléographie, la diplomatique, la codicologie ou même le latin (ou que sais-je d'autres ?), il faut proposer un cours d'informatique pour permettre aux étudiants de mener leurs recherches dans des bonnes conditions et ce serait alors aux étudiants eux-mêmes d'évaluer le besoin ou non de suivre ce module. On pourrait y enseigner les statistiques avancées, les bases de données relationnelles, le traitement des données (des choses simples à l'aide d'outils comme Open Refine), les SIG, la base du traitement automatique des langues et de l'analyse des images (à travers, là aussi, des outils dans ces deux cas) et montrer les possibilités qui s'offrent aux étudiants s'ils commencent à programmer, sans forcément l'enseigner car ça prend beaucoup de temps pour le faire sérieusement.

Cette spécialisation pourrait justement constituer un troisième niveau. Mais, dans ce cas, l'objectif redevient une question principale : former un (futur) chercheur capable de programmer pour mener ses recherches OU offrir un débouché dans le numérique (dans ou en dehors de l'ESR) à un étudiant en SHS. Dans les deux cas, il faudra en passer par une offre de formation complète pour dresser un panorama substantiel. Mais, si, dans le premier cas, un fort accent devra être mis sur la programmation et un usage très poussé des statistiques (à prendre au sens large, machine/deep learning compris) à l'image de la maquette du master "Humanités numériques" de PSL, il n'en sera pas forcément de même dans le second. En effet, dans ce cas, les étudiants en SHS seront en concurrence avec des ingénieurs "classiques". Or, il ne sert à rien d'aller chasser sur les terres de ces formations qui forment en 3 à 4 ans des étudiants ayant déjà des profils scientifiques. Il faut plutôt insister sur ce qui fait la spécificité des SHS : analyse et compréhension de l'humain et des traces qu'il crée en leur donnant une solide culture du numérique. On se rapprochera alors plus des maquettes du master TNAH à l'Ecole nationale des chartes ou du master MIMO de Paris 1.

C'est d'autant plus important que, de par la multiplicité des formations correspondant à ce troisième niveau, l'offre va très rapidement dépasser la demande. La concurrence dont je parlais ci-dessus va devenir une réalité criante, sans parler du complexe d'infériorité ressenti (à tort bien souvent) par ces étudiants et de la méfiance naturelle des recruteurs vis-à-vis de profils originaux issues de formations dont ils ne comprennent pas l'intitulé "Humanités numériques". Ainsi, si je comprends l'interrogation de l'enseignement du numérique en histoire vis-à-vis de l'historiographie et de la méthodologie historique, il me semble qu'il est tout aussi important (si ce n'est plus, de mon point de vue) d'offrir aux étudiants d'autres débouchés. Or, la question et les réponses à apporter ne sont pas les mêmes dans un cas comme dans l'autre. Avec la montée en puissance de la donnée et du numérique dans les organisations, nous disposons d'une opportunité sans précédent pour offrir des débouchés d'avenir à nos étudiants et pour longtemps. L'informaticien généraliste capable de s'adapter à tous les cas de figure n'existe plus, il est en train d'être remplacé par différents spécialistes possédant des connaissances de base solide dans le fonctionnement et l'architecture d'un système d'information et l'organisation et la conduite d'un projet. Pour amener nos étudiants vers certains de ces profils spécialisés que ce soit dans la valorisation, la gestion ou le traitement des données, il est nécessaire de mieux prendre en compte la réalité du numérique et de ce qu'il représente dans les organisations. Il me semble donc essentiel de travailler ensemble universitaires et personnes issues des entreprises (au sens large) à l'élaboration de formations aptes à offrir aux étudiants en SHS des débouchés pérennes dans le monde du numérique. Si cela intéresse certain d'entre vous, j'ai initié un document sur les connaissances et compétences nécessaires, il est ouvert aux commentaires et je suis ouvert à toutes les discussions dans ce sens.

by got at June 10, 2019 12:58 PM

June 07, 2019

David Larlet

☕︎ Amateur

Une semaine dans les cartons pour descendre de ce Plateau d’ivoire peuplé de montréalisiens. Et aussi pour prendre conscience qu’il n’y a pas que des trentenaires privilégiés à Montréal (autocritique++). Réduire la dissonance cognitive, avec urgence.

Graph of the Quality of life and Cost of Living around the world En parlant de privilégiés (source).

Je ne me sens jamais amateur. Je me considère comme un pro de la perception, un pro de l’expérience optimale, un pro de l’esthétique, c’est ce que je recherche quand j’écris comme quand je fais du bikepacking. Se considérer comme amateur, c’est partir perdant. Quand on écrit, quand on est artiste, même quand on pédale, on vise le génie, sinon à quoi bon ? Gombrowicz disait que 100 % des génies s’étaient voulu génie, mais aucun qui ne s’était pas fixé cet objectif démesuré n’avait été capable de se surpasser. À chacun de trouver son domaine d’expertise.

Bikepacking dans les Smoky Mountains (cache)

J’aurais du mal à être plus en désaccord avec cette figure de l’amateur. Être amateur, c’est avoir suffisamment confiance dans ses compétences pour ne pas avoir à se revendiquer d’être un pro. Être amateur, c’est aussi et en même temps être en doute sur ses savoir-faire ce qui donne la curiosité d’explorer d’autres espaces et d’autres pratiques. Être amateur, c’est ne pas avoir besoin de se mesurer aux autres à travers la compétition car le cheminement est interne. Être amateur, c’est négliger la performance (universelle) au profit de la pertinence (spécifique).

Être amateur, c’est finalement — de façon assez égoïste — aimer ce que l’on fait pour soi. En espérant produire des externalités positives par la démonstration de ce qui est possible.


L’humanité existe depuis quelques millions d’années mais ne collabore sur un projet mondial au-delà de la Terre, dans l’espace, que depuis une trentaine d’années.

Si notre civilisation espère s’élever, elle devra embraser une vision cosmique : aller voir sur d’autres astres, d’autres systèmes stellaires, voire s’attendre à devoir vivre dans des stations autonomes en déplacement.

Quelques mégastructures artificielles pour coloniser la galaxie (cache)

Je trouve ça fascinant de se poser ce genre de questions. Merci Timo.


But the real insensitivity is to either exaggerate, or lead the public to exaggerate, the death toll of Chernobyl, and the potency of radiation, since doing so results in panics, like the one in Fukushima, Japan, in 2011, which killed about 2,000 people. While some amount of temporary evacuation might have been justified, there was simply never any reason for such large, and long-term, displacement.

“With hindsight, we can say the evacuation was a mistake,” said Philip Thomas, a professor of risk management who led a recent research project on nuclear accidents. “We would have recommended that nobody be evacuated.”

The Reason They Fictionalize Nuclear Disasters Like Chernobyl Is Because They Kill So Few People (cache)

Je découvre le nombre de morts liés à l’évacuation de Fukushima. Wikipedia s’accorde sur 1600 pour les 300000 évacués. Qui sait, en sacrifiant Prypiat on aurait pu mener une expérience sur le long terme relative aux conséquences sanitaires d’une telle explosion.

À deux doigts de faire une mauvaise blague à base de roulette russe. Mais ça n’aurait probablement pas plu à la tortue cynique.

Notre espèce peine à se connaître elle-même. Nous avons besoin de poser un regard anthropologique sur ce que nous sommes, ce que nous faisons et sur le monde autour de nous, estime Paul Jorion. La science nous donne l’impression de comprendre beaucoup, mais bien des sociétés se sont imposées en ayant une compréhension très partielle du monde. Pour Jorion, nous sommes subordonnés à la survie de notre espèce, mais elle est mal équipée pour cela. Nous n’avons disposé longtemps que d’une seule méthode pour assurer notre survie : la reproduction. Aujourd’hui pourtant, nous avons une différence avec les autres espèces : nous cherchons à résoudre notre survie, le problème de notre extinction probable, par un autre moyen que la reproduction : la raison !

Technocritiques (1/2) : comment prioriser la critique ? (cache)


Le temps frais, les précipitations et les inondations qui ont touché plusieurs régions du Québec ont fait en sorte que la superficie touchée par les incendies de forêt est la plus petite des 25 dernières années pour la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), c’est-à-dire depuis sa création en 1994. Ainsi, au 31 mai dernier, les pompiers forestiers et les pompiers municipaux ont éteint 54 feux ayant consumé 28,1 hectares (ha) de forêt. Ce résultat suit de très près l’année 2017 qui enregistrait 53 incendies à la même date. La moyenne des dix dernières années se situe à 195 incendies pour 20 969 ha.

Bilan du mois de mai: la plus petite superficie touchée depuis la création de la SOPFEU (cache)

Voir le verre a moitié plein.


“Child labor in the cocoa industry will continue to be a struggle as long as we continue to pay farmers a fraction of the cost of sustainable production. … Fairtrade isn’t a perfect solution,” said Bryan Lew, chief operating officer for Fairtrade America. But, he said, the higher prices for certified cocoa and the group’s efforts to organize farmer cooperatives are steps toward alleviating its root cause: poverty.

[…]

But to Schoenmakers, it’s a simple matter. “Nobody needs chocolate,” he said. “It’s a gift to yourself or someone else. We think it’s absolute madness that for a gift that no one really needs, so many people suffer.”

Hershey, Nestle and Mars broke their pledges to end child labor in chocolate production (cache)

Autant se rapprocher du végétarisme m’est relativement aisé. Autant quand on touche au chocolat c’est plus difficile.

Un plaisir d’amateur contre un esclavage de mineur.

Dissonance disais-je.


Le fait que l’État ait fini par dominer les grands récits archéologiques et historiques n’a rien de très étonnant. Pour nous — Homo Sapiens — qui considérons habituellement les choses du point de vue d’une seule ou de quelques générations, la permanence de l’État et de son espace administré apparaît comme une constante indissociable de notre condition. Au-delà de l’hégémonie complète dont jouit actuellement l’organisation étatique, une grande partie des études archéologiques et historiques du monde est financée par l’État, et se résume souvent à un exercice narcissique de réalisation d’autoportrait. La tradition archéologique qui, jusqu’à récemment, consistait à exhumer et à analyser les ruines historiques majeures, aggrave encore ce travers.

Ainsi, si vous construisiez de manière monumentale, en pierre, et en concentrant opportunément vos décombres en un seul endroit, il était assez probable que vous soyez “découverts” et par-là même amenés à dominer les pages de l’histoire ancienne. Si, au contraire, vous construisiez en bois, en bambou, ou en roseaux, vous risquiez fort d’échapper aux annales de l’archéologie. Et si vous étiez des chasseurs-cueilleurs ou des nomades, même nombreux, ne laissant derrière vous qu’une fine couche clairsemée de déchets biodégradables, il était assez probable que vous soyez totalement absents des archives archéologiques.

Homo Domesticus, James C. Scott via (cache)

Ne pas laisser de traces. En publiant ces mots je deviens un sédentaire du Web. Je pollue avec des archives qui n’ont que l’attention d’un disque quelque part sur l’ordinateur d’un autre (mais aussi sur le mien). Le moment où vous lisez ces lignes est suffisant, elles pourraient se biodégrader, ne laissant une trace infime que dans cette conscience collective.

L’écrivain amateur comme un nomade du Web. L’écrivain nomade comme un amateur du Web. Réduire l’égo, le génie étant dans le partage et l’enrichissement progressif pour tous.


Lorsqu’un restaurant m’emballe la nourriture restante dans du plastique ou du polystyrène, est-ce que je ne suis pas en train d’aggraver le problème sous couvert de bonne conscience ?

Avec urgence mais à petits pas.

June 07, 2019 11:00 AM

May 31, 2019

David Larlet

☕︎ Pollution

Citation de la semaine : “Almost everything will work again if you unplug it for a few minutes… including you.”


J’ai visionné la mini-série Chernobyl qui permet de prendre un peu de recul sur la reproductibilité d’un tel événement aujourd’hui. Tous les pays ayant des centrales nucléaires sur leurs territoires étant soumis au même rapport au pouvoir et à la bureaucratie, ça n’est pas encourageant.

Le bon moment pour vérifier s’il y a des centrales nucléaires près de chez vous et/ou « juste » des déchets (cache).

Au passage, le charbon fait également des dégâts (cache). Pour voir l’animation sur Twitter.

Bientôt la carte des endroits où l’on va cacher (cache) notre plastique ? (cache)

La carte que j’utilise pour fuir les humains. En famille ? (cache) Jusqu’en Nouvelle-Zélande ?! (cache)


J’ai aussi regardé la mini-série Alpine Principles car la montagne me manque. Et je ne peux qu’y voir une métaphore du travail en équipe. Un article arrive sur ce sujet.

En parlant de pollution, la prochaine fois que vous hésitez entre Patagonia et The North Face, cet article peut vous aider à choisir (cache).


Privacy will be redefined as small group communications. Don’t be fooled. There is still one entity which will be recording everything, studying patterns of communications, making money on understanding your behavorial patterns. Worse, with the illusion of privacy given that this smaller space of communications set up will give, the people using will feel less urge to think twice about sharing something to the entity listening.

The illusions of privacy (What about intimacy?) (cache)

Un analyseur d’air en temps réel. Un mouchard de position et de mouvement aussi. À quel moment vont-ils revendre ces données à votre assurance vie ?

Conspiration !

N’oubliez pas que Snapchat vous espionne (cache). Que Bose vous espionne (cache). Qu’en fait à peu près toutes vos applications vous espionnent, Apple ou pas (cache).

Mais bon tout va bien ils ne veulent pas franchir la ligne de la politique (cache). Avec toutes ces informations… je n’arrive plus à voir si c’est du sarcasme ou de l’ironie.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, personne n’essaye de vous manipuler (cache). Promis. Et si jamais ça dérape, Google vous permet dorénavant d’automatiser votre testament numérique (cache). Ce qui me fait penser qu’il faudrait que je mette à jour le mien.


Devenir chaînon. Cesser de croire en son irremplaçabilité. Le pouvoir a rendu fous les individus. Comment dénommer autrement cela ? Dans la mesure où nier son irremplaçabilité est insensé. C’est l’évidence même de l’individu qui est niée ici. Cesser de croire en sa propre irremplaçabilité pour devenir l’irremplaçable chaînon. L’acte est si insensé qu’il est nécessite le devenir psychotique de l’individu. La psychose n’est pas l’apanage de la toute-puissance. La psychose suppose un fonctionnement machinique qui peut aussi se mettre au service de la seule performance d’obéissance. Obéir est déjà presque trop fort car une machine n’obéit pas. Pour obéir, il faudrait qu’elle ait conscience de son consentement à obéir. Or, pour devenir machine, pour devenir chaînon, pour devenir remplaçable, il faut être persuadé de son impuissance d’agir librement. Le chaînon fait, d’emblée. C’est la seule force du chaînon. Ne pas penser, maintenir le pouvoir un chaînon de plus. Le rendre plus continu. Le pouvoir perdure grâce aux rouages.

[…]

Tout l’enjeu est alors de liquider chez le rouage plus petit que soi le sentiment de son individuation, soit de son irremplaçabilité. Persuadé de n’être rien de singulier, d’être (même pas) un parmi d’autres, comment le rouage pourrait-il ressentir un sentiment de responsabilité ? Une fois ce sentiment de responsabilité liquidé, le pouvoir délègue précisément au chaînon la responsabilité de l’exécution d’une décision.

Les irremplaçables, Prologue (cache, PDF 500 Ko), Cynthia Fleury


— Tu devrais peut-être voir un psy ?
— J’ai un blog pour ça.

May 31, 2019 11:00 AM

May 24, 2019

David Larlet

☕︎ Apaisement

Un besoin de nature. Du temps pour se rassurer. Du temps pour se sentir à nouveau canadien. Du temps pour accepter les changements à venir.

Je suis celui dans le cerveau duquel ils déversent toutes leurs sanies, leurs ordures, pour s’alléger… Puis ils repartent tout propres, prêts à recommencer à la première occasion.

Je suis l’égout, Brodeck.

Ils savent que l’égout ne parlera jamais à personne… ça leur permet de dormir tranquilles. Moi, je déborde sous le trop-plein, ça me pourrit l’espoir, leurs secrets…

Je crèverai sous le fardeau dégueulasse qu’ils m’ont confié, c’est sûr… et ça me terrifie.

Le rapport de Brodeck, Manu Larcenet

Ça fait longtemps que je n’avais pas été aussi remué par une bande dessinée.


Est-ce qu’un vidéo de feu visionnée sur Youtube consomme plus de carbone qu’un vrai feu en prenant en compte l’ensemble des coûts ? De quel ordre de grandeur ?


Nous sommes aveugles à nos dépendances, complaisants pour nos vulnérabilités.

Risque systémique mondial, défaillance systémique et réactivité de la… (cache)

Jean-Marc Jancovici a le sens de la formule.


Just so we are clear. Medium takes your content, rolls it up into a pretty SEO friendly package for themselves and sells it. Oh, and turns us all into seals waiting for someone to throw us a fish in the process. If you are lucky, you might even get a cut. You know. Like the sort of cut artists get on Spotify. Profit share I think the cool kids call it.

Can we all please stop using Medium now? (cache)

Juste après un lien vers un article publié sur Medium pour la cohérence.


To test the limits of his right to peacefully demonstrate in Kazakhstan, Aslan Sagutdinov, 22, stood in a public square holding a blank sign, predicting he would be detained. He was right.

Dans un monde de bruit, le vide devient un symbole puissant (cache)

Sans commentaire.


La satire a pour but de ridiculiser le pouvoir. Si vous vous moquez des gens qui sont déjà blessés, ce n’est pas de la satire, c’est du harcèlement.

Terry Pratchett via sebsauvage

Oui je suis dans ma période citations.


J’ai regardé la mini-série Survivre. Un panel intéressant. Il y a un angle que je trouve un peu dissonant tout de même sur le fait que tout cela devienne un business… tout en faisant un reportage pour en bénéficier.


Alors on expérimente, on détourne des usages, on crée des choses, on tire profit d’APIs pas prévues pour ça à la base, on délivre des applications capables de choses qu’on n’imaginait pas possible sur le Web il y a quelques années. Grâce à toutes ces approches, et en s’enlevant le poids de règles obsolètes, on le fait plus vite, on le fait mieux, on le fait plus proprement.

Et vous savez quoi ? Ça ne casse pas le Web. Ça ne casse pas vos pages. Ça n’est pas moins accessible.

Tradeoffs (cache)

Tristesse.


Je soutiens volontiers que le point faible de notre démocratie, c’est le modèle communal. Les gens font le choix aujourd’hui d’acheter un terrain qui corresponde à leur budget, à une certaine distance de leurs emplois respectifs, pas pour être dans telle ou telle commune dont ils ne connaissent pas le maire. D’ailleurs, les « gilets jaunes », ça aurait dû être les maires ! Mais la mairie n’a pas été le lieu envisagé pour une réunion politique. Alors, le rond-point est devenu une mairie sans toit servant à renouveler l’agora locale car les mairies ne jouent plus ce rôle.

Jean Viard : « Le point faible de notre démocratie est le modèle communal » (cache)

Je vois une certaine ironie à aller publier cela… dans la gazette des communes :-). Blague à part, la réflexion alimente ma propre réflexion actuelle sur le municipalisme.


Souvent au Québec les rabais sont de l’ordre du « On vous offre les taxes » (~15%). Je réalise en discutant avec Thomas que c’est ce qui devrait être la norme pour les femmes considérant les inégalités dont elles font l’objet en terme de salaire (cache). Ça donne des idées.


En collaboration avec 23andMe, Airbnb vous invite à voyager pour retrouver vos racines.

Des voyages uniques, tout comme votre ADN

Euh, non rien.


Ramin Djawadi compose de jolies choses. Je suis assez fan de ces partitions verticales qui me donnent à la fois l’impression que la musique me tombe dessus et d’avancer à travers elle.

Est-ce qu’il faudrait que je monte une instance PeerTube pour avoir ces vidéos en cache ? Est-ce que le risque en terme de copyright ne devient pas insoutenable ?


Les personnes qui aiment la nature pour son silence aiment-elles les natures mortes ?

En forêt je suis seul sans me sentir esseulé.

May 24, 2019 11:00 AM

May 12, 2019

Christian Fauré

Le bonheur au travail – Au delà du Bullshit

A l’invitation des organisateurs de Devoxx 2019, j’ai eu le plaisir de faire la conférence d’ouverture devant un public essentiellement constitué de développeurs.

J’ai convoqué les travaux de David Graeber, Matthew Crawford et surtout présenté le thème le plus important qui est le processus de prolétarisation tel qu’il a été proposé par Bernard Stiegler sur la base des travaux de Marx.

Il y a quantité d’autres conférences techniques de grande qualité à voir la chaîne Youtube de Devoxx.

Signaler sur Twitter

by Christian at May 12, 2019 03:56 PM

May 10, 2019

David Larlet

☕︎ Folie

Un rythme intenable à être contraint de jouer sur un peu trop de terrains à la fois. Tout en gérant un décal(c)age horaire. Tout quitter et devenir coach effondrementaliste.


J’ai enfin pu lire Ailefroide sur les bons conseils de Laurent et c’est chouette. Les montagnes me manquent par ici…

En revanche, j’ai visionné Arctic et lorsqu’on est un peu familier de ces environnements froids il est difficile de rentrer dans l’histoire compte-tenu des incohérences. Dommage.


So where does this leave Public Sans? By default, the work of US government employees is in the public domain. Since the GSA can’t adhere to the terms of the OFL, it seems to me that Public Sans must likewise be in the public domain. And because Public Sans incorporates Libre Franklin, it has necessarily dragged Libre Franklin into the public domain as well.

The curious case of Public Sans; Billionaire’s Typewriter update (cache)

Du bon #CopyrightMadness comme on les aime.


Cet ordinateur avec lequel j’essaie de sympathiser - et qui en gros est mon patron - ne s’est pas présenté, je ne sais pas ce qu’il regarde dans mon téléphone, comment il me juge, comment il collecte mes données pour faire des statistiques de mes performances et quelles sont les répercussions de ces statistiques sur la quantité et la qualité du travail qu’il va me donner par la suite. Est-ce qu’il va me faire partir à l’autre bout de Paris pour faire une seule commande parce que je suis trop lent ?

Livreur à vélo, l’exploitation à la cool (cache)

Esclavagisme assisté par ordinateur.


Par l’intermédiaire du If Day, j’ai découvert les plans de Hitler pour l’Amérique du Nord : de considérer les Premières Nations comme étant Aryennes pour obtenir leur support.

Rétrospectivement je trouve cela assez fou.


Let’s instead invest in many small and independent not-for-profit organisations and task them with building the ethical alternatives. Let’s get them to compete with each other while doing so. Let’s take what we know works from Silicon Valley (small organisations working iteratively, competing, and failing fast) and remove what is toxic: venture capital, exponential growth, and exits.

Instead of startups, lets build stayups in Europe.

Slavery 2.0 and how to avoid it: a practical guide for cyborgs (cache)

Et on pourrait appeler cela des « entreprises ». #TraduisonsLes


When we simply say users want control it’s giving up on understanding people’s specific desires. Still it’s not exactly wrong: it’s reasonable to assume people will use control to achieve their desires. But if, as technologists, we can’t map functionality to desire, it’s a bit of a stretch to imagine everyone else will figure it out on the fly.

“Users want control” is a shoulder shrug (cache)

Il faudra que je revienne sur ces notions de contrôle d’un côté et de viscosité/friction (cache) de l’autre.

Entre les deux : celui ou celle qui développe.


À la fin, le constat que je fais de mes « histoires d’a » n’est pas très glorieux. Ce qui ressort de tout cela est bien ce « a ». Le préfixe « a- ». Celui qu’il faut bien distinguer d’un « anti ». C’est un préfixe qui retranche, qui ignore, qui méprise ou qui élude. Il n’est ni pour, ni contre. Que l’on soit pour ou contre quelque chose implique de considérer la chose en question. De lui accorder de l’importance, de la rendre intrinsèque. Qu’il s’agisse de l’embrasser et la soutenir ou de la combattre et la dénoncer. Ce « a- », lui qui m’est si précieux, permet d’éviter, de se défiler au lieu de soit subir, soit affronter. Il ne représente même pas un déni franc et vigoureux. Il n’est rien de plus qu’une misérable sourdine qu’on poserait sur un déni possible. Histoire de se mettre confortable dans les plus grandes largeurs possible. Tous ces « a- » en guise de protection. Contre les mauvaises choses. Mais contre les bonnes, également. Cela revient à se regarder dans un miroir tout en ignorant son propre reflet. Un dédain poli, par ignorance. Mon dédain quotidien. Ce truc sur lequel je me condamne à ne rien bâtir.

Les histoires d’a (cache)

C’est fou comme il écrit bien Pep.


Recomposed par Max Richter. Découvert il y a quatre ans et je ne m’en suis toujours pas remis. Music for 18 Musicians de Steve Reich est incroyable aussi.

À écouter jusqu’à la démence.

May 10, 2019 11:00 AM

May 03, 2019

David Larlet

☕︎ Sympathie

Quelques questions après un séjour en France empreint de doutes sur l’avenir.

It is true that some sympathy is better than none. For example, it is better to have sympathy for users with limited technical skills than despise them for their shortcomings. However, the true goal of design is not to be nice to users, but to empower them. For example, this is why we don’t recommend lengthy error messages about how sorry we are about an error. Rather, we suggest that error messages allow users to quickly correct the problem and move on.

Sympathy vs. Empathy in UX (cache)

  • Est-ce qu’il est possible d’avoir été français ? De ne plus ressentir que de la sympathie ?
  • Une éducation peut-elle être consentie ?
  • Peut-on transmettre autre chose qu’un témoignage ?
  • Si le caritatif est un danger pour la démocratie (cache), est-ce que toute action non-démocratique est également un danger ? (loisirs, (in)attention, propriété, etc) Qui serait vraiment capable de vivre dans une démocratie ?
  • Quel est le niveau de culpabilité acceptable pour soustraire la présence d’un enfant à ses grands-parents ?
  • Est-ce que l’on a le droit de faire séquencer son génome sans le consentement de sa descendance ? de sa fratrie ? de ses parents ?
  • Est-ce qu’il serait pertinent de mettre l’intégralité de ce site derrière un CDN (cache) ? (sachant que cela pourrait avoir des conséquences insoupçonnées (cache))

Bon et sinon je cherche toujours un appartement à Montréal, pas facile d’être en concurrence frontale avec Airbnb… (cache)

May 03, 2019 11:00 AM

April 12, 2019

David Larlet

☕︎ Péremption

Une dernière avant de monter dans l’avion (cache) et d’être probablement moins en ligne pendant trois semaines. N’oubliez pas que vous pouvez écrire aussi (cache). Et lier. Et publier. Pour plus ou moins longtemps. Ou pas.

In a one-day project, he created a speculative system of classifying links (cache). A double underline indicates a citation of a source document and dash, dot and wave underlines signal agreement, disagreement and other relationships. “Otlet proposed ideas about how information has its own social world,” Hunt says. “You could relate documents that disagreed with each other, or cited each other or built on each other and XYZ.”

How Google warped the hyperlink (cache)

Imaginez une lieu de communication — au hasard Twitter — où les mentions/retweets seraient typés de la sorte. À quel point est-ce que cela modifierait notre façon d’explorer le graphe ? Quel profilage cela permettrait si vous choisissiez explicitement la nature des liens parcourus ? Dans quel mesure pourrait-on se doter d’outils afin de lutter contre des choix implicites et algorithmiques ?

But, this has all made me wonder: has the modern stack killed experimentation, and shipping bad ideas? Do weird experiments and fun ideas die on the floor, tangled in complexity, more often now? I’d hazard a guess that the answer is yes, and that you should probably skip that hipster framework —for now— as well. Just ship something instead.

You probably don’t need that hip web framework (cache)

Je ne pense pas que ce qui tue l’innovation soit la petite expérience frustrante du soir sur une nouvelle technologie donnée. En revanche, la difficulté à transmettre à cause de cette barrière n’est probablement pas anodine dans cette évolution. Et l’envie suscitée par cette tribu sourde aux autres (cache) est probablement très néfaste. C’est difficilement quantifiable car on parle là de moyen-terme dans un écosystème assez complexe. Et les personnes qui ont réussi à franchir ce palier savent qu’elles ont un avantage en terme de pouvoir (cache) sur une nouvelle génération.

Une façon de se prémunir de sa propre obsolescence. Obole sans sens.

Les huis clos sont des articles bruts parfois temporaires, publiés dans un but exutoire et cathartique sans intention d’échange.

Note : je ne vais pas lier + garder une copie de l’article vu qu’il est potentiellement temporaire de manière explicite.

C’est toujours inspirant de considérer des publications qui peuvent être temporaires. On oublie souvent qu’en fait tout ce qui est publié sur Internet l’est temporairement. Un blog, un journal, les deux, un media, un réseau social. Comment rendre ces dates de péremptions explicites ? Encore une chose qui pourrait être attachée au lien.

Quelle nécessité de jugement en tant qu’auteur pour qualifier ces liens ?

Bien sûr, les réseaux sociaux sont loin de promouvoir toutes ces fonctions – certainement parce que certains de ces objectifs sont incompatibles avec leurs modèles économiques : la polarisation politique et les insultes génèrent plus de pages vues que la délibération ou la promotion de la diversité.

Médias, plateformes sociales et citoyenneté (cache)

Et c’est bien là où les personnes qui développent ces réseaux pourraient avoir un impact. Encore faudrait-il qu’elles arrivent à prendre un peu de recul sur leurs outils… si tant est que cela puisse être pensé sous un autre angle que celui de la productivité (cache).

Mais a-t-on encore ce luxe dans un système productiviste ?

These disappearances, along with other changes Facebook has made to how it saves its archive of announcements and blog posts, make it much harder to parse the social network’s historical record. This makes it far more difficult to hold the company, and Zuckerberg himself, accountable to past statements — particularly during a period of intense scrutiny of the company in the wake of a string of scandals.

Years of Mark Zuckerberg’s old Facebook posts have vanished. The company says it ’mistakenly deleted’ them. (cache)

Saperlipopette ! Après le comique de répétition, celui de suppression ? En parallèle de ça, on met des bâtons dans les roues d’archive.org (cache). Coïncidence ?

La personne la plus influente du monde a-t-elle un droit à l’oubli ?

Facebook n’a de la démocratie qu’une approche instrumentale dans laquelle publicités et pétitions qui étaient hier principalement le moyen de son agenda de croissance économique sont désormais clairement la finalité de l’agenda idéologique et politique de son fondateur. Et ce n’est pas une bonne nouvelle.

Le problème de la publicité électorale, ce n’est pas l’élection, c’est le ciblage. (cache)

La bonne nouvelle c’est que l’on pourra réajuster le cap une fois les dérives observées afin de ne pas reproduire de telles erreurs par la suite. C’est ainsi que notre démocratie fonctionne.

N’est-ce pas ?

The books can be read when the solar powered website is down due to bad weather. In fact, the content can be viewed with no access to a computer, a power supply, or an industrial civilization. A printed website also serves to preserve the content of Low-tech Magazine in the longer run. Websites don’t live forever, and the internet should not be taken for granted.

Low-tech Magazine: The Printed Website (cache)

Ne pas prendre le Web pour un acquis mais pour un moyen de diffusion relativement ponctuel dans l’histoire de l’Humanité. Qui ne va pas forcément durer très longtemps. Est-ce qu’il y aurait quelque chose à sauver de cet espace avant l’effondrement ? Sur quels supports ?

Quelle prétention à vouloir publier pour longtemps ?

April 12, 2019 11:00 AM

April 05, 2019

David Larlet

☕︎ Définitions

Une semaine rythmée par l’exploration de nouveaux lieux de vie. Quitter le plateau et ses montréalisiens pour lequel j’entretiens une relation d’amour-haine. Envisager diverses options, divers choix de vie. Se rappeler que c’est un luxe d’avoir ces choix.

Among the reasons invoked by landlords to reject the application of future tenants, according to the people that responded to me; no couples, no roommates, no children, no animals, no foreigners, and no students. There are even people who said they have been refused an apartment because their job was too recent, or because they did not want to share personal information.

Even in Montreal, It’s Becoming Harder to Find an Apartment (cache)

En tant que privilégié, il est assez rare que je subisse des discriminations a priori, juste par mon état familial ou mon pays de naissance. Et même dans ces cas là, j’ai bien conscience qu’il s’agit de problèmes de riche qui me font relativiser considérant ce que subissent et ressentent d’autres personnes au quotidien, depuis leur naissance. Dans quelle mesure est-ce que ma culture se définit comme étant tout ce qui n’est pas accepté par celles des autres ? Est-ce que je dois forcément me définir via les peurs que je suscite ?

And yet much of that history seems to be lost already. Thousands of sensors were installed throughout Biosphere 2 to harvest data, but in his recent book, “Pushing Our Limits,” the Biospherian Mark Nelson says that only a small fraction of that data have been analyzed and published. When Dr. Nelson asked the University of Arizona about the rest, he was told the university didn’t have it. “It’s shameful to simply accept that these important data are gone,” he wrote.

The Lost History of One of the World’s Strangest Science Experiments (cache)

Une histoire parmi tant d’autres de données perdues. Peut-être que c’est la meilleure définition de l’Histoire : une donnée qui se perd et que l’on continue à raconter. Comme si l’analytique avait besoin d’être humanisé pour faire partie de l’imaginaire collectif. Comme si le vide béant laissé là était trop douloureux pour ne pas le romancer et se l’approprier par le récit. On conserve si peu de traces des non-évènements qui constituent pourtant la majorité de nos vies.

When Britain colonised Australia in the 18th and 19th Century, it drew on the legal doctrine now known as terra nullius – nobody’s land – to justify its conquest and treat the indigenous population as if they didn’t exist or have any claims on the land. Today our attitude is one of tempus nullius. The future is an “empty time”, an unclaimed territory that is similarly devoid of inhabitants. Like the distant realms of empire, it is ours for the taking.

Why we need to reinvent democracy for the long-term (cache)

Lorsque l’espace n’est plus colonisable, c’est le temps qui le devient. Laisser sa trace partout, en tout temps. Mégal-homme-anes en lutte désespérée contre une vie éphémère. Une fois l’humanité éteinte, nos traces temporelles ne seront que nos déchets. C’est peut-être l’ultime but de la science : obtenir des déchets pérennes pour laisser une trace. « On était là, pas pour longtemps, mais on espère que vous vous souviendrez de nous. » La bouteille en plastique jetée à la mer prend soudain un tout autre sens.

Ce temps où j’invente mon avenir disparait au profit d’un temps tout immergé dans le présent, lui-même vidé par la déréalisation qu’il subit tant il ne ressortit pas à de l’expérience. Pour se développer, l’individuation a besoin non seulement de temps, mais de définir l’objet même de ce à quoi elle passe son temps. C’est là une lutte quotidienne de ne pas se laisser confisquer le temps propre par autrui ou par tout phénomène exogène. Plus grave encore est la certitude grandissant dans nos cerveaux chloroformés que le temps n’est que dépersonnalisé, comme s’il était une entité chérubinique, purement abstraite, insaisissable. Le temps, c’est seulement ce qu’on en fait. Et Anders de revenir sur ce temps passé devant l’écran, à s’anesthésier l’esprit.

Les irremplaçables, Prologue (cache, PDF 500 Ko), Cynthia Fleury

Cela fait un mois complet que je n’ai plus pratiqué aucune activité physique. Il s’agit d’un manque important à ma santé, à la fois physique et mentale. Et à ma capacité d’avoir un rapport à l’autre — et donc à moi — qui soit apaisé. Je commence à mieux comprendre l’expression « prendre son mal en patience ».

April 05, 2019 11:00 AM

March 29, 2019

David Larlet

☕︎ Acceptation

Accepter d’avancer et assumer les dommages collatéraux. Accepter de déménager pour réduire. Accepter de vivre dans un monde de ronds alors qu’on se sent une famille de carrés. Accepter d’être dans le cliché du sportif blessé et chiant. Accepter de prendre soin de son corps lorsqu’on a les télomères qui raccourcissent.

Peut-être aussi la catastrophe écologique, de plus en plus visible, a-t-elle diminué le prestige et le pouvoir d’intimidation de la société technicienne, levant les inhibitions à s’affirmer sorcière. Quand un système d’appréhension du monde qui se présente comme suprêmement rationnel aboutit à détruire le milieu vital de l’humanité, on peut être amené à remettre en question ce qu’on avait pris l’habitude de ranger dans les catégories du rationnel et de l’irrationnel.

Sorcières, Mona Chollet

Une question de cycle vis-à-vis de la technique dont ont ne trouvera probablement jamais le rapport juste. On a tôt fait de mettre à l’index les FakeMed sans remettre en question toutes les FakeTech qui nous entourent par exemple. Dans un système capitaliste, les explorateurs d’aujourd’hui sont-ils inévitablement les charlatans de demain ?

Accepter l’irrationnel.

Ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption.

L’illusion de la démocratie en France ? par Juan Branco (bientôt sur leur instance peertube ?)

J’aurais envie de paraphraser : Juan Branco n’est pas un lanceur d’alerte, il est l’alerte. Dé-construction très claire de l’oligarchie qui gouverne la France. Je n’ai pas trop de doutes sur le fait que ça soit le cas à d’autres endroits. En bonus, l’interlocuteur Thinkerview parle moins.

Accepter que ce soit inhérent au régime démocratique (ochlocratique ?) tel qu’il est implémenté.

We cannot absolve ourselves of culpability merely because we failed to conceive such evil use cases when we built it. While we very well might not have created these platforms with the explicit intent to help Nazis or imagined it would be used to spread their hate, the reality is that our platforms are being used in this way.

As product creators, it is our responsibility to protect the safety of our users by stopping those that intend to or already cause them harm. Better yet, we ought to think of this before we build the platforms to prevent this in the first place.

Canary in a Coal Mine: How Tech Provides Platforms for Hate (cache)

Après bientôt un an à travailler sur un outil pas forcément très démocratisant, je m’interroge encore et toujours sur le sens de tout ça. Est-ce que je serais quand même en paix avec ce que je produis si c’était un régime autoritaire ? Est-ce que l’on n’est pas déjà dans cette situation ? Est-ce que je suis vraiment en train d’avoir une position pour faire le moins de dégâts possibles ?

Accepter de ne pas avoir toutes les réponses.

In countries like the US or Canada, the political power of the fossil fuel industry is still considerable. Barack Obama boasted to a Texas audience last year that during his administration the US had passed Russia and Saudi Arabia as the biggest producer of hydrocarbons; even the progressive Canadian prime minister Justin Trudeau recently spent billions in tax dollars to finance a pipeline designed to increase exports from the country’s environmentally ruinous tar sands.

That’s why the most important aspect of the decline of fossil fuel companies might be a corresponding decline in their political influence. The coal, oil, and gas industries have been the architects of the disinformation campaigns that kept us from responding earlier to scientists’ warnings about climate change, and they are using every trick they know to keep us from making a quick transition.

A Future Without Fossil Fuels? (cache)

Jouer avec le feu, encore et encore. Je ne suis même pas sûr que les personnes impliquées aient le niveau de conscience suffisant pour éprouver une quelconque culpabilité. Une fois coupé du monde, quelle empathie peut-on encore ressentir ? Et ne serais-je pas moi-même un apprenti pyromane (cache) ?

Accepter de vivre un effondrement intentionnel.

If what we broadly want is for power to be redistributed from the hands of large centralized corporate interests and back into the hands of individual people and small groups, then we already have the technical protocols to do this. No one protocol will enable this shift in power; each protocol has its strengths and weaknesses. What is needed is software that utilizes these protocols for their strengths, which is to say what is needed is developers and designers who are willing to act as bridges between the communities of practice surrounding the protocols.

Three protocols and a future of the decentralized internet (cache)

Article passionnant sur des domaines que j’ai exploré, une forme d’agnosticisme technologique. Heureusement qu’il y a des « personnes-ponts » entre les communautés. Bientôt dans votre navigateur (cache) ?

Accepter les compromis et promouvoir l’hybridation.

While Cloudflare uses industry-grade random number generators for its servers, it also decided to incorporate the backbone of its encryption into its office design. Inspired by an idea from engineers at Sun Microsystems, who thought that lava lamps could help generate randomness since modeling how fluid moves within the lamps is incredibly difficult, Prince decided to create an entire wall of lava lamps. Cloudflare calls it the “Wall of Entropy.”

The Hardest Working Office Design In America Encrypts Your Data–With Lava Lamps (cache)

Je trouve assez fabuleux qu’il soit toujours aussi difficile d’obtenir de l’aléatoire à partir d’une machine. Je m’interroge en revanche sur le fait de ne pas arriver à générer de l’aléatoire à partir de tant de visites humaines qui doivent bien fournir une forme d’entropie.

Accepter le beau pour ce qu’il est.

Pour Freire, la finalité de la pédagogie consiste dans la lutte contre la déshumanisation de l’être humain, ou réification. Le capitalisme, le colonialisme ou encore le patriarcat sont des systèmes qui produisent la chosification de l’être humain. Les techniques pédagogiques n’ont donc de valeur que dans la mesure où elles permettent de viser cette finalité qui est la lutte contre les inégalités sociales et les discriminations.

Contre le technicisme en pédagogie (cache)

Au moment où je m’interroge pas mal sur ce que signifie le fait de prendre le temps de pratiquer l’enseignement en famille, je me demande aussi dans quelle mesure elle accroîtrait de fait les inégalités. On peut difficilement montrer une voie alternative sans s’être par définition marginalisé.

N’accepter un chemin que si nous sommes plusieurs à pouvoir l’emprunter.

March 29, 2019 11:00 AM

March 22, 2019

David Larlet

☕︎ Dissonance

Une semaine de remise en questions. À chialer (au sens québecois du terme) sur mes problèmes de visa alors que pour d’autres il s’agit de fuir la guerre. À côtoyer d’autres privilégiés qui n’en ont même pas conscience. À se demander à qui je tends la main. En vrai.

Même une action demandant plus d’investissement, comme la production d’électricité verte ou la souscription à un contrat d’électricité garantissant une part d’électricité verte, ne va pas de pair avec une réduction de l’impact de la mobilité. Ces contradictions peuvent en partie s’expliquer par un plus grand recours des plus diplômés à la voiture et à l’avion pour les loisirs, ce qui montre les limites de la conscience et de l’action individuelles.

Les plus riches parmi les plus diplômés polluent plus que les autres (cache, PDF 422Ko)

Je m’apprête à effectuer un vol transatlantique pour diverses raisons et je me sens très mal à l’aise vis-à-vis de ce choix. Aussi cette étude Consommation durable : l’engagement de façade des classes supérieures tombe-t-elle à pic… mais je fais mon compost ! Je vous ferais un égoportrait avec un ours blanc en train de se noyer par le hublot. Pour le poster sur mon site car il est très performant et consomme si peu de ressources (cache). Tiens et si je l’hébergeais avec un panneau solaire. Oh et je pourrais signer un climanifeste. 🤥

Montrer l’exemple qu’il disait.

People who scapegoat Jack Dorsey and Mark Zuckerberg miss a fundamental truth. Twitter didn’t happen to politics. Facebook didn’t happen to politics. The internet happened to politics. The shifts are structural and until we understand that, we can’t have an intelligent conversation about the state of the world. The common narratives, which are exaggerated by the media’s incentive to sensationalize the news, blind us to the real problems that plague society.

[…]

Truth will become a collective endeavor. Right now, our collective truth making systems are in a nascent stage. Like a toddler, they’re in complete disarray. As a result, we don’t know who to trust or how to discover truth. We need new ways to verify truth, certify intelligence, and organize society. When producing and distributing information was expensive, only the best content was published. On the internet, where everybody has a megaphone, content is filtered not before publication, but at distribution. It’s a self-governing system, where attention-grabbing information spreads and dull information rots inside the internet’s dark and dusky crannies.

What the Hell is Going On? (cache)

Je crois qu’il ne faut plus chercher le pourquoi sur ces questions de confiance mais le quelle est notre volonté en tant qu’individu et que collectif. Et d’ailleurs pour quelle taille de collectif ?

À combien de personnes est-ce que j’ai besoin de faire confiance ?

Au-delà du don qu’il peut sembler être, l’enseignement est toujours une lutte : s’obliger à transmettre, faire face à la résistance de l’autre qui croit savoir déjà, qui ne veut pas apprendre davantage ou autrement, qui ne sait pas ce qu’apprendre signifie, et soi-même devoir sans cesse remettre en cause ce que l’on croit savoir et ce que l’on croit devoir transmettre, sans cesse aussi veiller à ce que son désir de transmettre ne disparaisse pas.

Les irremplaçables (entretien vidéo autour de l’ouvrage), Cynthia Fleury

Il y a la lutte dans ce que l’on choisit de transmettre et il y a également la lutte dans le choix des destinataires de cette transmission. Le savoir comme un moyen de réduire les inégalités. Ou au moins celles auxquelles on est sensibilisé. Si vous aviez un pouvoir, à qui le confieriez vous ?

À qui transmettre l’acquis ?

I’ve worked on large and small teams before, but I’m currently working closely with just one other developer. I thought I’d try to list all the things that we don’t have to do anymore, to see if there’s any sort of process/value inflection point when you have exactly two developers.

Powers of Two (cache)

Ça se rapproche beaucoup de ce que l’on pratique avec Ronan depuis bientôt un an, d’ailleurs c’est lui qui m’a passé le lien :-). Je me demande parfois comment cela pourrait évoluer à trois. Ou quatre. Au-delà, je serais probablement moins à l’aise. Je réalise que je n’ai jamais travaillé dans une équipe plus grande. Même chez Mozilla on n’était finalement pas plus de quatre développeurs dans l’équipe, que ce soit pour les paiements du Marketplace FirefoxOS ou ensuite sur le site des addons.

Suis-je vraiment légitime pour parler d’agilité dans ce contexte ?

When you arrive, you have to put your phone into a neoprene pouch, supplied by a company called Yondr, which they lock and give back to you. If you want to use your phone during the show, you can go into the concourse and unlock it by touching it to one of several unlocking bases. The concert area itself remains screen-free.

The Simple Joy of “No Phones Allowed” (cache)

Je vais peut-être pouvoir retourner en concert et ça me met en joie.

Bientôt dans les restaurants ?

March 22, 2019 11:00 AM

March 19, 2019

David Larlet

★ Flux RSS ?

Un article qui va évoluer en fonction de vos retours de façon à en faire une référence. N’hésitez pas à me proposer des améliorations !

Si vous avez entendu parler de « flux RSS », « flux Atom », de « syndication », d’« agrégateur » ou en anglais de « feeds » sans vraiment savoir de quoi il retourne je vais essayer de démystifier ça.

Sans parler de technique. En parlant un peu de politique quand même.

Utilité

Si vous savez ce qu’est une liste de diffusion (ou newsletter) vous êtes presque familier·e d’un flux RSS.

Avec une liste de diffusion, vous recevez un courriel (ou email) à chaque nouvelle information disponible. Quelqu’un·e rédige un texte, ajoute tous ses contacts en copie et ça arrive dans votre boîte de réception.

Enfin presque… En réalité, ça passe probablement par un service tiers qui récupère votre adresse et redirige chaque lien envoyé pour pouvoir vous profiler en fonction de ce qui vous a intéressé mais restons concentré·e·s sur le flux d’information pour l’instant.

Lorsqu’on utilise un flux RSS, il s’agit de s’abonner à ce qu’une personne va publier (oui, c’est l’ancêtre du réseau social !) sauf que vous ne recevez pas les mises à jour dans votre boîte de réception mais dans un outil dédié. Et vous n’avez pas à fournir votre courriel ni à vous identifier. Et ça marche avec la majorité des publications sur le Web.

Enfin ça marchait, car — et c’est là où ça devient politique — les plateformes ont tout intérêt à ce que vous restiez chez elles pour tracer votre comportement, que vous veniez regarder de la publicité le plus régulièrement possible, etc.

Utiliser un lecteur de flux RSS (on appelle cela un agrégateur) c’est aussi lutter contre une centralisation du Web. C’est également ne pas être soumis aux bon vouloir d’un algorithme pour sélectionner ce que vous allez voir. C’est choisir intentionnellement vos lectures et donc votre esprit critique.

Usage

En général, on représente le RSS avec l’icône (orange) suivante :

J’ai dans mon outil d’agrégation une centaine de sources, majoritairement des blogs personnels, qui se rafraichissent toutes les 30 minutes. Je n’ai plus besoin d’aller consulter ces sites un par un pour savoir s’ils ont été mis à jour, des petits robots s’en occupent pour moi. Je me retrouve avec un flux d’articles en ordre chronologique de publication. Et lisibles dans un style unifié qui me permet d’être attentif à ce que je lis. Pas de popups pour recevoir du spam, pas de publicités qui s’agitent, pas de bouton pour accepter les cookies. Du contenu simple et lisible.

Bien sûr, en un clic je peux me retrouver sur le site et interagir avec mais, dans la majorité des cas cette suite d’articles me suffit. Cela me permet de gagner beaucoup de temps et de tranquillité d’esprit. Je n’ai pas la peur de manquer quelque chose, je n’ai pas la peur de suivre des liens de suggestions douteux, je ne suis pas profilé par ce que je lis.

Et moi ?

Premièrement, si vous produisez du contenu, assurez-vous d’avoir laissé la possibilité aux autres de s’abonner à votre flux RSS. Sur la plupart des outils de publication (Wordpress, Medium, etc) la syndication est activée par défaut, mais vous pouvez vous en assurer en vous abonnant à vos propres publications ! Vous pouvez faire un lien explicite vers votre flux dans vos pages pour en favoriser la découverte et encourager cette façon décentralisée et libre d’accéder à de l’information.

Et justement en parlant de s’abonner, il existe une multitude d’agrégateurs (cette page n’existait malheureusement pas en français, maintenant si !), à vous de trouver celui qui vous convient. C’est aussi la beauté d’un standard, cela permet d’une part d’éviter les monopoles et de l’autre d’être résilient lorsqu’un outil est abandonné. J’utilise pour ma part NetNewsWire sous macOS et rien ne m’empêche d’en changer demain sachant que les imports et exports sont aussi standardisés.

Lorsque vous avez installé un de ces outils, vous pouvez tester en vous abonnant — totalement au hasard — au flux de cet espace. Si vous cliquez sur ce lien dans votre navigateur vous allez avoir un code (presque) impossible à lire mais si vous l’ajoutez à votre agrégateur alors là votre vie va changer à tout jamais. Vous pouvez ensuite parcourir vos sites favoris à la recherche d’un flux RSS dédié.

Ça devrait ressembler à ça :

Capture de mon lecteur RSS Par exemple, voici le rendu de ce billet dans mon agrégateur (so meta).

Notez qu’il existe des agrégateurs sous forme de logiciels dédiés mais aussi sous forme d’applications Web selon vos préférences personnelles et/ou vos contraintes (mobilité, ordinateur partagé, etc).

Quelques exemples avec les principaux écueils que vous pouvez rencontrer :

  • Romy Duhem-Verdière, ce qui devrait être le cas « classique », un lien direct vers le flux RSS depuis toutes les pages.
  • Claire Zuliani, le lien n’est pas visible donc il faut soit que votre agrégateur le trouve à partir de la page, soit aller dans le code source pour le trouver.
  • Élise Gravel, on voit qu’il est mal configuré (non affichage dans le navigateur) et non découvrable directement depuis le site ni même son code source. Il faut savoir que c’est un Wordpress qui rajoute /feed/ par défaut à l’URL du flux, pas évident.
  • Chris Prouse sur Youtube, il faut passer par un petit outil pour trouver le flux RSS d’une chaîne.
  • D’autres cas insolites ?

Cela fonctionne aussi bien évidemment avec des sites d’informations plus traditionnels comme Le Monde Diplomatique.

Il existe des extensions dédiées aux navigateurs pour détecter les flux RSS comme Awesome RSS pour Firefox ou RSS Subscription Extension pour Chrome.

Encore !

March 19, 2019 11:00 AM

March 15, 2019

David Larlet

☕︎ Reconnaissance

Une semaine qui a commencée avec un poignard dans le dos et une impossibilité de m’asseoir pendant quelques jours. L’occasion d’utiliser à bon escient ce bureau assis-debout. La douleur aidant, j’ai pas mal cogité la nuit et me suis fendu d’une refonte ici même.

Despite IBM’s assurances that Flickr users can opt out of the database, NBC News discovered that it’s almost impossible to get photos removed. IBM requires photographers to email links to photos they want removed, but the company has not publicly shared the list of Flickr users and photos included in the dataset, so there is no easy way of finding out whose photos are included. IBM did not respond to questions about this process.

[…]

“People gave their consent to sharing their photos in a different internet ecosystem,” said Meredith Whittaker, co-director of the AI Now Institute, which studies the social implications of artificial intelligence. “Now they are being unwillingly or unknowingly cast in the training of systems that could potentially be used in oppressive ways against their communities.”

Facial recognition's 'dirty little secret': Millions of online photos scraped without consent (cache)

Rappelez-vous : si c’est gratuit… c’est toi qui enseigne. Pas forcément avec ton consentement. #ForTheScience

Sur fond de reportages sur la mauvaise utilisation du Web, il est compréhensible que de nombreuses personnes aient peur et se demandent si le Web est vraiment une force au service du bien. Mais compte tenu de tout ce que le Web a changé au cours des trente dernières années, il serait défaitiste et dénué d’imagination de supposer que le Web tel que nous le connaissons ne peut pas être amélioré dans les trente prochaines années. Si nous renonçons à construire un Web meilleur aujourd’hui, ce n’est pas le Web qui nous aura fait défaut. C’est nous qui aurons fait défaut au Web.

30 years on, what’s next #ForTheWeb? (cache)

J’apprends sur Twitter que l’anniversaire se passe sur Facebook. Je réalise en voulant récupérer l’article qu’il est bardé de <span style="font-weight: 400;"> et qu’il faut activer un CDN pour récupérer le JavaScript permettant d’afficher la version française. #ForTheWeb


J’ai réalisé que j’avais besoin de reconnaissance — ou plutôt de considération — dans mon travail. Peut-être que c’est lié à l’insécurité associée à la nouveauté ou alors à l’identification d’un défaut d’empathie réciproque. Toujours est-il que ça me gratte. #ForTheEgo

Tant que nous refuserons de reconnaître ce lien causal, nos appels à l’avènement d’une société meilleure où régneraient la bienveillance et la tolérance mutuelle resteront des vœux pieux. Ce n’est pas à force d’exhortations que les gens vont cesse de se juger les uns les autres en fonction de leur apparence, ou de penser que la richesse d’une personne révèle sa valeur intrinsèque. Nos réponses à la hiérarchie sont trop profondément inscrites en nous pour pouvoir être simplement désactivées, en faisant fi de l’ampleur des inégalités. Lorsque vous avez des gens qui sont littéralement pétrifiés par leur sentiment d’infériorité, les encourager à se prendre en main, à reprendre confiance, à se faire des amis et à participer à la vie commune n’aura guère d’effets. Il est tout aussi vain d’espérer briser la connexion entre les disparités de revenus et certaines tendances que nous avons décrites – par exemple, la conviction d’être supérieur ou inférieur aux autres, ou le dédain affiché pour « ceux d’en bas ». Si nous voulons changer les choses, nous devons nous attaquer aux facteurs qui déclenchent toutes ces réactions en nous.

L’inégalité est-elle au cœur des problèmes de société ? (cache)

Discussion de couple au détour d’un pouet sur le féminisme, l’écoute et l’injonction au silence. Cela m’a permis de mettre des mots sur ce qui me motive dans ces luttes et ce ne sont justement pas les luttes. Mais plutôt comment les éviter en premier lieu. Et comment avoir des discussions avec suffisamment de diversité pour que l’on évite les prochaines manifestations d’un déséquilibre de puissance, comment reconnaître des patterns ? Le soin est nécessaire car il y a des blessé·e·s et comment éviter cette violence originelle ? #ForTheTalk

La reconnaissance faciale revêt de nombreuses formes : de l’authentification via Face ID d’Apple, à l’étiquetage automatique des images et des gens sur les réseaux sociaux, en passant par les filtres d’Instagram aux terminaux de paiement biométriques, ou aux caméras de porte d’Amazon… la diversité d’usage des outils de reconnaissance faciale recomposent nos préférences personnelles et collectives et nous conduit à appréhender ces technologies comme une composante « familière, non menaçante, voire même nécessaire à la vie au XXIe siècle ». Comme si chacun de ces services rendait la perspective de la reconnaissance faciale inévitable, voire indiscutable.

La généralisation de la reconnaissance faciale est-elle inévitable ? (cache)

À défaut d’être reconnu par nos semblables, cherche-t-on une autre forme de reconnaissance ? De l’importance des mots, accepterait-on ces technologies si elles étaient nommées différemment ? Nouvelle fonctionnalité : « profilage facial » ou « classement ethnique » ou « catalogage physique ». #ForTheWords

C’est extrêmement difficile. A Caracas, les supermarchés sont fermés. Comme la monnaie nationale n’a plus aucune valeur, les gens ne payent que par carte bleue. Or sans électricité, les terminaux de CB ne fonctionnent plus. Seuls 10 % des supermarchés sont ouverts, lorsqu’ils ont la chance d’avoir un générateur. Mais ils n’acceptent, en espèces, que les dollars, ce que personne n’a.

Panne d’électricité géante au Venezuela : « A Caracas c’est le chaos » (cache)

Un aperçu de ce qui pourrait nous attendre (presque) tous. Il y a beaucoup de discussions autour de l’effondrement sur le scenario catastrophique/hollywoodien vs. l’entraide et la solidarité. Il y a bien sûr un angle journalistique ici mais ça donne une idée dans un certain contexte. #ForTheFear

March 15, 2019 11:00 AM

March 11, 2019

David Larlet

★ Valeurs et étoiles

Je crois qu’il y a trois aspects cruciaux et de renforçant mutuellement qui aident les communautés intentionnelles à s’épanouir de manière saine. J’appelle le premier le ciment de la communauté, c’est-à-dire le fait de prendre le temps de partager des activités agréables qui permettent de développer un sentiment de gratitude et de confiance et qui facilitent aussi la création d’ocytocine, hormone du plaisir, par les organismes. […] Le deuxième aspect d’une communauté saine et florissante, selon moi, est le fait d’avoir de bonnes capacités de communication et de traitement des informations. […] Le troisième aspect, la gestion efficace de projet, est une évidence pour les fondateurs de communautés réussies ou les professionnels de l’habitation communautaire, mais souvent moins évidente, ou même inexistante pour les personnes très idéalistes ou adeptes de la contre-culture. […]

Je crois que ces trois aspects se renforcent mutuellement. Si un groupe a un bon « ciment », par exemple, les personnes auront tendance à se sentir suffisamment connectés et en harmonie pour que la plupart du temps elles s’entendent bien et n’aient pas besoin de se parler avec trop de délicatesse, et elles auront également moins de conflits à résoudre. […] De la même manière, si un groupe a une gestion efficace de son projet, l’impression d’accomplissement en voyant que la communauté tend vers ses objectifs va générer plus de ciment pour celle-ci, augmentant le sentiment de confiance et de gratitude, et réduisant ainsi les besoins de communication très attentionnée et les sessions de résolution des conflits.

Vivre autrement, Diana Leafe Christian

Cet article est le résultat d’une réflexion issue d’une discussion avec Stéphane au sujet des valeurs de scopyleft. Considérant les valeurs non pas comme des acquis que l’on expose mais comme des points d’attention que l’on travaille. Cet angle permet et nécessite de faire évoluer la liste au cours du temps.

Aussi les valeurs suivantes sont davantage des étoiles que des ports, elles donnent une direction pointant vers des inconnus que je souhaite explorer.

Contentement

C’est ce que j’identifie comme l’une des clés pour être en cohérence avec ce que je souhaite pour mon milieu (et ma santé mentale). Être content de ce que j’ai et être en mesure de l’adapter par moi-même en acquérant des savoir-faire et savoir-être si je souhaite le rendre plus pertinent dans ma compréhension actuelle des choses. Et chose importante, être en capacité de transmettre ces savoirs.

Je vois la frugalité ou le minimalisme comme des conséquences d’un contentement sur le long terme. Une fois l’existant usé et rentabilisé pas uniquement pour sa valeur marchande mais au regard de son coût de création et de destruction.

Je souhaite travailler cette valeur non pas car je ne suis jamais content (encore que) mais parce que j’ai conscience du fait que mon rôle de privilégié me permet d’être en permanence en recherche d’optimisation dans une dynamique qui n’est pas soutenable.

Empathie

J’ai le sentiment d’être assez mal équipé dans ce domaine, ayant davantage une approche de sociologue vis-à-vis de mes pair·e·s que de proche, voire d’intime. J’ai pourtant l’intuition que cette valeur est capitale pour pouvoir faire groupe et créer des choses ensemble.

C’est aussi un fil qui me fait un peu peur à dérouler compte-tenu des extrêmes où cela pourrait me mener en terme d’estime de soi. Il y a des conséquences de nos comportements que l’on préfère garder dans l’angle mort pour ne pas devenir fou.

Les communs sont une forme d’empathie égo-centrée si l’on considère qu’il s’agit de produire quelque chose pour sa communauté. L’open-source aussi d’une certaine manière (même si j’ai tendance à plutôt lui associer une notion de solidarité). Mais qu’en est-il d’une empathie — sans condescendance — touchant des personnes moins privilégiées que moi ?

Complémentarité

L’auto-suffisance est un exercice intéressant mais ne suffit pas. Trouver des personnes de confiance pour évoluer, transmettre, se reposer, explorer ensemble. Ne pas chercher des pièces de puzzle mais des formes variées, inattendues, qui remettent en question et proposent d’autres chemins.

Je ne sais pas s’il s’agit d’une valeur à proprement parler, je le vois comme un terrain de jeux qu’il m’est coûteux et nécessaire de rejoindre. Apprendre à désapprendre. Être à l’écoute. Rire. Faire un bout de chemin ensemble pour en sortir différent·e·s.

Se serrer les coudes pour envisager un futur enthousiasmant.


Maintenant que ces pistes personnelles sont mises à plat, je peux me rapprocher du groupe pour tenter de m’accorder et en travailler certaines à plusieurs, en fonction des affinités. Naviguer ensemble, pas forcément en direction de la même étoile mais vers la même constellation, de façon à explorer un bout de territoire commun.

March 11, 2019 11:00 AM

March 08, 2019

David Larlet

☕︎ Lecture

Trois rappels cette semaine qu’il suffit d’une personne grain de sable pour que ça irrite tout le groupe. Lorsque ça gratte, le groupe se remet en question, se parle, converti le sable en verre nécessaire à la transparence mais également en miroir nécessaire à sa propre définition. Aussi, ça m’a fait consommer par mal de cuillères sociales (PDF, 161Ko).

There’s some correlation between distance and relaxation. That knee position is crucial. That’s when the reader contemplates with pleasure and concentration. They’re giving themselves the luxury of contemplation. It’s a very different feeling to getting up and going over to a computer.

Slow Design for an Anxious World by Jeffrey Zeldman (cache)

Il y a beaucoup de choses dans les compte-rendus An Event Apart de Jeremy Keith. À un moment où je m’interroge (un peu plus que d’habitude ?) à ce que je veux présenter ici et comment c’est une excellente ressource en terme d’inspiration.

Give Reader Mode in Firefox a preference to make it per-domain sticky. E.g. if I use Reader Mode on nytimes.com and then if I visit an article on nytimes.com in the future it’ll automatically convert to reader mode. (The nytimes.com homepage would not be a candidate for that mode.)

[…]

What would a calm Firefox experience look like? Or maybe it would be better to think about a calm presentation of the web.

The Firefox Experiments I Would Have Liked To Try (cache)

Ian Bicking parle de ses expérimentations et idées autour du navigateur (Firefox). C’est fascinant de voir le nombre de pistes qu’il reste à explorer. Et pourtant les navigateurs se ressemblent tellement. Sans pour autant proposer une expérience satisfaisante du Web. La différence entre le contentement imposé et l’acceptation consentie. Ou un truc du genre.

Carte du monde avec quatre degrés de plus Source.

J’ai deux lectures de cette carte :

  1. La première c’est qu’il fait bon vivre au Canada dans ce contexte ;
  2. La seconde c’est que j’ai (presque) pu faire ce choix en tant que privilégié/égoïste alors que je suis l’un de ceux qui sont le plus à l’origine du problème.

Où devrais-je vivre si je devais appliquer le « pollueur-payeur » à moi-même ?

Il ne s’agit pas de dire que l’Histoire se répète. Il s’agit de dire que nous ne comprenons jamais les leçons de l’Histoire. Nous n’apprenons rien. Nous croyons apprendre et nous devenons les chaînons de nos propres vies, dans l’impossibilité de vivre une vie digne alors que le danger imminent n’est plus. Apprendre est si dur. Traduire cet apprentissage dans nos vies est si inconfortable. Si cette notion d’irremplaçabilité peut servir, c’est peut-être là : dans cette piqûre de rappel, que la philosophie grecque connait si bien. Comprendre que ce que nous croyons avoir appris, nous ne l’avons pas appris, ou si mal, et donc se réveiller, réveiller nos vies. Ce n’est pas encore de l’action, l’irremplaçabilité affleure à peine. Mais ce seul affleurement fait qu’il y a réveil, qu’il y a lumière, qu’il y aura peut-être la brisure du chaînon.

Les irremplaçables (entretien vidéo autour de l’ouvrage), Cynthia Fleury

Vous vous rappelez de cette séance de sport à l’épuisement ? Et bien elle s’est en fait soldée par une déchirure musculaire entre deux vertèbres que je traîne depuis. J’aurais appris… au prix de la fin de ma saison de ski de fond. C’est pas beau de vieillir.

En parlant de lectures, j’aime beaucoup le concept d’evergreen que j’aimerais bien mettre en place ici à un moment. Une sorte de bibliothèque personnelle appliquée au web.

March 08, 2019 11:00 AM

March 01, 2019

David Larlet

☕︎ Journaux

J’ai rererelu Le grand méchant renard et c’est trop bien de pouvoir partager des lectures saines à plusieurs niveaux de compréhension. Il faudrait que je détaille ce que j’entends par sain dans ce contexte.

But there’s still plenty left. And I certainly wonder whether with all the technology we now have, more could be automated, or delegated to machines. Perhaps all that data I’ve collected on myself will one day let one basically just built a “bot of me”. Having seen so many of my emails—and being able to look at all my files and personal analytics—maybe it’s actually possible to predict how I’d respond to any particular question.

Seeking the Productive Life: Some Details of My Personal Infrastructure (cache)

Article passionnant de Stephen Wolfram sur sa façon de travailler et de stocker les choses. Quand je dis passionnant c’est pour le chemin que cela me montre et que je ne veux surtout pas emprunter. Lorsque je vois des personnes comme Aaron Parecki partager autant de données (sommeil, localisation, voyages, nourriture, boisson, etc), j’ai l’impression qu’il y a une motivation sous-jacente d’ordre Mallory-esque : parce qu’elles sont là.

Dans quelle mesure est-ce que cela se rapproche d’un capitalisme de la donnée (cache), une accumulation sans jouissance ? — Cette fin d’article <3

Ce que je retiens notamment de la façon de s’organiser de Stephen Wolfram, c’est le fait de tout organiser par carnets et c’est une chose qui me trotte en tête depuis un moment. Une façon d’agencer sa pensée et ses activités puis de pouvoir les redistribuer de manière pertinente en les agrégeant et/ou en les partageant. Un truc à l’intersection du réseau social, de la prise de note et de la carte mentale (rien que ça). Pour que ça soit vraiment un vaporware il suffirait que j’ajoute la possibilité d’agréger celles des autres…

The boy kings of Silicon Valley love a good algorithm—they’ve designed some great ones over the years. But there are problems even the best math can’t solve. There are times when you physically have to walk over to a server and pull the plug. I get why they want an algorithm to do it—lack of accountability. Intentionally pulling the plug on someone who’s trolling women on your service is a decision. It requires agency, leadership, and a point of view. But should that troll get caught in an algorithm? Well, that’s a different matter. There was no intent to specifically get rid of that person. A good algorithm is the equivalent of breaking up with someone over a text message and then turning your phone off. It’s cowardly. Good leaders should aspire to have their fingerprints all over hard decisions.

Good news! (cache)

En parlant de données, on peut observer comment les licornes jouent avec les nôtres (cache). Si tout cela doit servir de base d’apprentissage pour des algorithmes, tenter de fuir cette collecte laisse la place à une autre culture, une autre ponctuation (cache).

L’absence (intentionnelle) de données signifie-t-elle l’absence de lutte ?

Ce n’est pas seulement dans les pays ravagés par la guerre qu’il faut apprendre à vivre dans les ruines. Car les ruines se rapprochent et nous enserrent de toute part, des sites industriels aux paysages naturels dévastés. Mais l’erreur serait de croire que l’on se contente d’y survivre.

Dans les ruines prolifèrent en effet de nouveaux mondes qu’Anna Tsing a choisi d’explorer en suivant l’odyssée étonnante d’un mystérieux champignon qui ne pousse que dans les forêts détruites.

Le champignon de la fin du monde (cache)

Il faut que je trouve ce livre. Ça me rappelle que je n’arrive pas à écrire quelque chose de plus conséquent ici. Pas sûr de savoir si c’est une bonne chose ou pas… à sur-réfléchir, je sous-agis.

Mais ne serait-ce pas l’objectif en fait ?

“oh, are you the guy with the orange website?”

“Why, yes I am.”

Write on your own website (cache)

Envie de couleurs pour cet espace. Qu’est-ce que cela signifie pour mon état d’esprit actuel ? mon identité numérique future ? (ouh le gros mot.)

Vous vous rappelez de ma définition de l’agilité ? Et bien pour aller plus loin, je pense que les agilistes sont des personnes ayant pris conscience d’un (de leurs) défaut(s) de communication. Les parenthèses sont importantes.

Bon et sinon, je commence à bien m’impatienter (cache) que la neige fonde !

March 01, 2019 11:00 AM

February 22, 2019

David Larlet

☕︎ Écriture

Cette semaine, j’ai regardé « Leave No Trace » et ça m’a bien chamboulé.

You know those people whose lives are transformed by meditation or yoga or something like that?

For me, it’s writing in my diary and journals. It’s made all the difference in the world for my learning, reflecting, and peace of mind.

Benefits of a daily diary and topic journals (cache)

Une suite de petits textes (cache) qui témoignent d’une vie. Avec la seule prétention d’être capable de partager, au moins sur la forme. De petits espaces d’expressions permettant de partager ses intentions et ses frustrations. De créer du lien, même à distance. Surtout à distance.

Depuis quelques jours je teste l’extension minimal, Youtube est le seul service que j’utilise sur ceux qui sont apaisés et je vois déjà une différence. La première guerre des robots pour sauver l’humanité a déjà lieue dans les navigateurs.

Deviendrions-nous des dommages collatéraux ?

If you’re not a programmer — or you’re new to programming, or haven’t written apps with a user interface — it’s easy to think that the actual under-the-hood implementation of a feature is what takes the most time.

It’s not. In the case of the search feature, I spent more time just thinking about how I want to do the UI than on the actual search-in-the-database implementation.

NetNewsWire Status: February 19, 2019 (cache)

Brent Simmons rappelle à juste titre l’importance de la réflexion dans mon activité. J’ai du mal à décrire à quel point le sport m’aide au quotidien pour avancer dans mon travail. Prendre le temps de clarifier une situation pour pouvoir l’implémenter. Changer d’angle pour aller chercher une autre forme d’empathie. Laisser la place à d’autres chemins de pensées par le mouvement.

Il est intéressant de constater que l’on dit parfois « écrire du code », différents styles d’écriture, différents genres. Différentes formes d’édition et de diffusion aussi. Là où il y a de la place pour l’expression, il y a de la singularité qui apparait. Et non LA singularité (technologique) que l’on pourrait interpréter comme la peur d’une expression généralisée finalement.

Un robot peut-il se perdre dans ses propres pensées ?

My takeaway from these stories is this: Once you’ve learned enough that there’s a certain distance between the current version of your product and the best version of that product you can imagine, then the right approach is not to replace your software with a new version, but to build something new next to it — without throwing away what you have.

Lessons from 6 software rewrite stories (cache)

Écrire, ré-écrire, sur-écrire, trans-écrire, co-écrire, cette littérature du code nous raconte ses différentes histoires. Le code source non pas comme une source intarissable mais comme un torrent qui navigue au gré des contextes pour se faire son propre chemin. Et puis le périmètre s’élargi, le courant se calme et cela me donne envie de retourner vers la source.

Quelles histoires est-ce que je suis en train d’écrire ?

It seems natural, then, that as soon as something starts to be used it loses all its magic, but instead of taking a look at what we’ve made, what it is and what it means, as Virilio suggests, our natural compulsion is to see it as flawed and try to perfect it, to have another crack at it, to start over.

“Il faut penser à ce qui arrive - nous sommes les producteurs de l’avenir.” (cache)

Cet attrait pour la nouveauté qui est à la fois la raison de notre évolution rapide mais aussi la déraison de notre croissance futile. Si notre vie a la cyclicité d’une chanson, il vaudrait mieux en apprécier le refrain.

« Quels sont les êtres et les choses qui vous permettent de subsister ? » Et pas seulement d’argent. Puis : « De quoi dépendons-nous ? Qui dépend de nous ? » Et ensuite : « Que sommes-nous prêts à défendre ? Qui sommes-nous prêts à attaquer ? Avec qui se défendre ? »

Il ne faut pas sauter directement à la troisième question, qui risque sans cela d’être trop générale et de ne procurer aucune capacité d’agir. Il n’est pas si facile de savoir tout de suite, sur une question précise, qui sont nos ennemis et surtout avec quels alliés les combattre efficacement. Pour avoir des intérêts, il faut être capable de décrire les situations.

Bruno Latour : « Les Gilets jaunes sont des migrants de l’intérieur quittés par leur pays » (cache)

Décrire les situations. Écrire des doléances, ensemble. Non pas individuelles mais communes. Transformer un grand débat en une multitude de petites améliorations. La technique existe pour faciliter cela mais en a-t-on vraiment besoin ?

Quel biais introduit-elle ?

Pour poursuivre, Emmanuel me propose la lecture de Cher Journal (cache).

February 22, 2019 11:00 AM

February 15, 2019

David Larlet

☕︎ Kyriarchie

Cette semaine, j’ai fait un quinzhee et il s’est écroulé. C’était dans le cadre d’un atelier alors on n’a pas pris le temps que ça se solidifie. C’était (le) fun quand même.

Ne pas penser par soi-même reste une décision. Ces non-agir et non-penser sont même les actes les plus courants chez l’homme. Il n’y a là aucune forme d’ignorance mais, à l’inverse, l’assimilation servile des codes préexistants. Le récit de l’origine n’a rien de naturel. Il nous est conté par la société et ceux qui se présentent comme « nos pairs ».

Les irremplaçables (entretien vidéo autour de l’ouvrage), Cynthia Fleury

Difficile de passer à côté de ces journalolistes ayant profité de leur pouvoir. Il aura fallu dix ans pour que cela soit rendu public. À croire que plus la domination est grande, plus le temps pour la rendre visible est long. Peut-être que le travail est là : réussir à réduire ce temps, notamment pour les personnes ayant davantage de pouvoir et se trouvant de fait hors d’atteinte à l’échelle d’une vie.

Et tant que l’on persistera à en faire des épiphénomènes, à ne sanctionner que lorsque les cris sont trop nombreux, le phénomène ne s’arrêtera pas (mais en a-t-on vraiment envie).

La Ligue du LOL : et après (cache)

J’apprécie cette dernière parenthèse qui laisse libre cours à de nombreuses interprétations. Le tiraillement entre un besoin de délégation et une envie de confiance. On souhaite un contre-pouvoir fort que l’on ne peut assurer seul·e mais on regrette la domination qui en découle. On souhaite une économie stable mais on regrette les inégalités qu’elle engendre. On souhaite ne pas rendre cette planète invivable mais sans toucher à son confort et à l’esclavagisme moderne qu’il nécessite.

A-t-on vraiment envie de changer une situation lorsqu’on fait partie des 30 % ?

La ville silencieuse Se réveille d’une nuit blanche Journée de ski

Le sport est un excellent moyen pour moi d’accepter les mauvaises nouvelles. En particulier le sport à l’épuisement, cette fois à ski de fond (tremble Kilian (cache)). Ce qui m’intéresse dans cette recherche c’est aussi le corps qui est contraint à l’économie et qui trouve la posture efficace de lui-même. C’est ce que j’ai déjà pu observer pour la course, la natation et maintenant le ski. Tiens pourquoi pas le vélo ? Peut-être parce que ça prendrait trop de temps…

La déneigeuse passe Les enfants sont aux fenêtres Sourires complices

February 15, 2019 11:00 AM

February 11, 2019

Karl Dubost

Ranger

J'avais décidé de faire une pause, sans savoir si c'était pour six mois ou pour un an. — La péninsule aux 24 saisons, Mayumi Inaba, urn:isbn:978-2-8097-1340-4

Ranger est aussi un apprentissage.

  • A simpler Web

    I came to see how much easier my job could be if I would just stop fighting with browsers and start building for the web as it stood.

  • Mercari, la plateforme de vente de particulier à particulier au Japon utilise Python entre autres. Ils ont développé un système de titrage automatique des images.

    感動出品 is a machine learning feature which analyzes photos taken by customers and then fill in the title, category, brand and so on automatically when customers list items in our APP. 感動 in Japanese means that someone is impressed by something and 出品 means listing items.

February 11, 2019 02:59 PM

February 10, 2019

Karl Dubost

Lieux de travai

Tout cela était mon quotidien, le quotidien de Tokyo qui m'était devenu familier. — La péninsule aux 24 saisons, Mayumi Inaba, urn:isbn:978-2-8097-1340-4

Le premier lieu du travail est celui des parents.

J'ai le souvenir de la salle d'attente de l'hôpital où nous attendions parfois au petit matin qu'elle termine sa nuit. La lumière, l'esthétique, l'odeur des hôpitaux ont une certaine familiarité, normalité. Peut-être même un confort désagréable.

Pour lui, je me souviens de l'atelier avec les circuits électromécanique sur les tables. L'entreprise était au fond d'une cour. Avant l'entrée, une grande benne à ordures contenait des pièces de métal qui sentaient l'huile.

February 10, 2019 02:59 PM

February 09, 2019

Karl Dubost

Flocons

Chênes, pins, cryptomères, rhododendrons, clèthres à feuilles d'aulne foisonnent autour du sentier sombre où je peux tout juste me frayer un passage avec l'impression d'un voyage instantané entre le monde lumineux que je laisse derrière moi et celui de l'ombre où je pénètre. — La péninsule aux 24 saisons, Mayumi Inaba, urn:isbn:978-2-8097-1340-4

Quelques flocons sur les aiguilles de pin. Quelques flocons sur la main. Neige rare. Sourire hilare. La main hors du gant pour mieux sublimer la fragilité du moment. Un désir de bonhomme de neige.

February 09, 2019 02:59 PM

February 08, 2019

David Larlet

☕︎ Mots-serrures

Semaine de récupération après un gros rhume qui s’est soldée par la fin de mon projet de couture (super content et j’en ai déjà un autre !). Il faudra que je m’en vante de manière illustrée un de ces jours. Ou pas.

Quand est-ce qu’une personne use d’un privilège de parole ? Quand elle dit "je voudrais juste ajouter…", "rapidement 2-3 points", "j’en profite pour dire que…", etc.

Ralentir, se taire et écouter (cache)

De « just » (cache) à « it turns out » (cache), il y a des mots qui activent certaines défenses. Et la liste des expressions (cache, image 50 Ko) peut être longue. Je ne cache pas que j’ai parfois du mal à m’en séparer, par habitude et facilité. J’essaye de faire un effort dans ma transmission familiale avec plus ou moins de succès.

J’aime le HTML pour son côté Pierre de Rosette, à la fois en terme de format pivot et de support d’apprentissage.

I like to think of Basecamp as a teaching hospital. The care of our users is our first priority, but it’s not the only one. We also take care of the staff running the place, and we try to teach and spread everything we learn. Pledging to protect View Source fits right in with that.

The web is just a marvel of a platform. So unique. So empowering. It’s easy to just fall into the trap of “what can the web do for me, for my business, for my customers”. Some times it’s worth taking a step back and ask yourself: What can I do for the web? One answer: Protect and promote View Source.

Paying tribute to the web with View Source (cache)

Là aussi j’essaye de faire mon possible pour commenter la syntaxe afin qu’elle soit compréhensible. Que le fond et la forme permettent de s’enrichir et de redistribuer. Une somme de petites attentions isolées permettra peut-être à ce monde d’être un peu plus beau.

Pour la France, les données de la Banque mondiale montrent que 62 % des Français appartiennent aux 10 % les plus riches du monde.

[…]

Au-dessus des 3 % les plus pauvres en France, la situation s’améliore rapidement, de sorte que 97 % des Français appartiennent aux 30 % les plus riches du monde. Puis, 90 % des Français font partie des 20 % les plus riches au monde.

« Gilet jaune » ? La majorité des Français fait partie des 10 % les plus riches au monde (cache)

Quelques chiffres qui donnent une certaine perspective quant à la richesse, à son ruissellement et à la pauvreté (cache). Nous sommes les 10 % qui abreuvent les 1 %. Quelle est la légitimité à se battre pour avoir plus ? L’espoir d’être le fer de lance d’un ruissellement social ? Une histoire d’égoïsme, d’ascenseur en panne et de mesures inespérées (cache, image 700 Ko). Voir aussi.

En ce moment j’essaye de lire tous les articles mentionnant « réchauffement climatique » en lisant « extinction humaine », ça donne une autre perspective à notre aveuglement. Ce n’est pas très gai mais c’est peut-être ça les gilets jaunes : prendre conscience du fait que ses enfants vont vivre moins vieux que soi. Perdre confiance dans un système qui promettait cela. Ne plus accepter de telles inégalités sans garder cet espoir.

Je suis les 10 % et je suis aussi les 18 000 :

La décision vient d’être annoncée par le ministre de l’Immigration du Québec, Simon Jolin-Barrette, et elle risque de ne pas faire plaisir aux 18 000 candidats qui avaient déposé une demande d’immigration sous l’ancienne plateforme appelée Mon Projet Québec qui avait été mise en place par l’ancien gouvernement.

Élimination de tous les dossiers d’immigration déposés avant le 2 août 2018 (cache)

Douche froide avec ce projet de loi n°9 : Loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes (cache, PDF 137 Ko) qui ne tient plus compte des demandes en cours. Après deux années d’attente et ce retour à la case départ, il se pourrait que cela mette un terme à cette incursion en milieu québécois et son immigration de plus en plus choisie (cache). Un « Tinder de l’immigration » 😱.

En accord avec un nomadisme lent…

L’autorité organise le temps plus que l’espace. Elle ne relève pas du pouvoir mais de la transmission. L’autorité est une vitesse parce qu’elle rend le temps efficace, elle confère au temps sa force opérationnelle. Dès lors, écouter l’autorité, c’est prendre conscience d’un temps propre, d’une temps qui joue pour soi. Si une société a besoin de l’autorité, c’est parce qu’elle lui permet d’assurer sa pérennité. Elle est ce qui assure la continuité des générations, dans la famille, dans la société […] En ce sens, l’autorité est moins ce qui ordonne notre vie ensemble que la condition même de sa possibilité. C’est un « milieu de vie » au sens placentaire du terme.

Les irremplaçables, Cynthia Fleury

Cette semaine j’ai aussi découvert le kulning (cache) et les tardigrades <3.

February 08, 2019 11:00 AM

February 06, 2019

Karl Dubost

L'homme et le feu

C'est un temps idéal pour se promener, une belle lumière qui n'éblouit pas — La péninsule aux 24 saisons, Mayumi Inaba, urn:isbn:978-2-8097-1340-4

Il pose des questions à propos du feu, si l'on peut brûler ceci ou cela. Il comprend, mais ne maîtrise pas totalement l'objet de cette compréhension. Alors nous expérimentons, je prends une grande feuille de papier qui prend feu rapidement avec de belles grandes flammes. Je la jette dans l'évier et je lui montre les gestes qui sauvent.

Il est prudent. Il connaît et a allumé des cheminées en Normandie. On rappelle de ne essayer tout seul. Il comprend.

Mais il faut toujours répéter le message, non pas pour éviter qu'il le fasse seul, mais pour qu'il sache comment réagir si un jour cela partait de travers. On oublie souvent que l'interdiction n'est pas une solution, car elle ne règle pas le problème de l'autonomie face à une urgence. Apprendre à maîtriser ses propres échecs, voilà peut-être la voie.

February 06, 2019 02:59 PM

February 05, 2019

Karl Dubost

Croire

Au même moment, du fond de la forêt, est monté le chant plein d'entrain des oiseaux. — La péninsule aux 24 saisons, Mayumi Inaba, urn:isbn:978-2-8097-1340-4

Dans chaque culture, nous avons nos lots de superstitions.

  • The North Magnetic Pole’s Mysterious Journey Across the Arctic
  • collection of shophouse photos
  • Airplane vs Zeppelin
  • Land Ho! Visiting a Young Island

    It really surprised me how valuable it was to be there in person for some of this. It just really makes it obvious to you what is going on with the landscape,” Dan said. One feature that was eye-opening in person was the deep erosional gullies that run down the side of the volcanic cone. “The island is eroding by rainfall much more quickly than I’d imagined. We were focused on the erosion on the south coast where the waves are crashing down, which is going on. It’s just that the whole island is going down, too. It’s another aspect that’s made very clear when you’re standing in front of these huge erosion gullies. Okay, this wasn’t here three years ago, and now it’s two meters deep.”

February 05, 2019 02:59 PM

February 04, 2019

Karl Dubost

longévité d'une page Web

Ce serait pour plus tard. — La péninsule aux 24 saisons, Mayumi Inaba, urn:isbn:978-2-8097-1340-4

La discussion courante à propos des professionnels du Web et de leurs outils et types de production continue. Why Everyone Is Fighting About CSS/UX and JS donne un autre développement des arguments en court avec un axe sur la lutte des classes. L'auteur finalement retourne le tout pour parler du Web sémantique.

Anyway, the idea that View Source is worth saving is pretty interesting, because I knew I couldn’t be the only one who thinks the original discussion is coalescing into a second and more nuanced conversation, namely: what is going on with the semantic web?

Je ne peux m'empêcher de sourire car le débat est vraiment multiple. Je vois ce débat comme une dérive également de l'architecture du Web et la mauvaise maîtrise de HTTP. Ce qui aussi nous entraîne sur la notion de perennité. Peut-être devrions nous parler moins de technologies et beaucoup plus de besoins et requis pour le contenu et probablement de façon atomique dans un site Web. Un formulaire n'a pas la même valeur de longévité qu'un article.

Liens

February 04, 2019 02:59 PM

February 03, 2019

Karl Dubost

Le chemin n'existe plus

L'oreille tendue, je me suis efforcée d'écouter la nuit. — La péninsule aux 24 saisons, Mayumi Inaba, urn:isbn:978-2-8097-1340-4

Elle lui demande quelque chose sur le vélo en allant à la gare, il lui dit :

— Ne me parle pas… je pense.

(3 minutes plus tard).

— Tu peux me parler maintenant. Je pensais aux arbres.

Quelle beauté à 3 ans de penser aux arbres.

Zushi. marche jusqu'à la marina.

La forêt de bambou, je collecte de la misère dans le chemin. Une pierre qui ne roule plus amasse la mousse.

La vue sur Enoshima et Fuji est magnifique.

Le chemin à travers les jardins n'existe plus. Je n'arrivais pas à le retrouver, mais un jardinier nous a dit qu'il a été coupé par le sol qui a glissé avec la pluie sur la pente abrupte. Nous avons pris une autre direction vers la route.

Yuki Shokudo

puis bus jusqu'à Kamakura.

Café à Verve. La serveuse tente de prononcer mon nom correctement. Sans succès. Je lui dit de le prononcer à la japonaise.

Il dort dans mes bras dans le train de retour de Kamakura à Tsujido.

Nous rentrons tous les trois épuisés, mais heureux.

  • Japan’s Working Mothers: Record Responsibilities, Little Help From Dads

    In fact, men in Japan do fewer hours of household chores and child care than in any of the world’s wealthiest nations.

    According to an analysis of government data by Noriko O. Tsuya, an economics professor at Keio University in Tokyo, women who work more than 49 hours a week typically do close to 25 hours of housework a week. Their husbands do an average of less than five.

February 03, 2019 02:59 PM

February 02, 2019

Karl Dubost

Écrire et rêver, au pas lent

Levant la tête, j'ai senti au milieu des arbres l'attente du matin — La péninsule aux 24 saisons, Mayumi Inaba, urn:isbn:978-2-8097-1340-4

Le matin

Samedi matin. J'ai pris le vélo. Les flaques d'eau étaient gelées. Il a fait froid cette nuit. Les rues sont calmes.

J'ai garé le vélo près de la gare de Tsujido. J'ai pris le train, Tokaido, vers Tokyo. Je suis descendu à Shinagawa. J'ai changé de train, la yamanote jusqu'à Ebisu. Je découvre un café déjà ouvert à 9h. Ils font du cafe latte. Je m'arrête. Je commande un latte, prend l'ordinateur et écrit un peu. Ces quelques mots.

J'hésite aujourd'hui. Gallerie et expositions ou marche aléatoire à travers la ville. Peut-être devrais-je tenter de découvrir la ville autour du Lycée Français International de Tokyo ? Déménager est une question active motivée par l'enfant. Système scolaire japonais ? Système scolaire français au Japon ? Ailleurs dans le monde ? En France ?

Plus tard…

La marche dans les rues de la ville l'aura emporté. Entre Sugamo et Shin-Itabasahi (jusqu'au Lycée Français), le pas lent, le temps de la pensée, le temps de la photographie, le temps de la fatigue qui calme. Il y a les fatigues qui s'accumulent tendues dans le corps et l'esprit. Elles sont une tension. Et il y a les fatigues qui allongent les muscles, qui amollissent la volonté dans un repos serein. Cette dernière est la source d'une satisfaction complète, d'un oubli de la dureté. Elle est mousse, lychen ; elle est l'humus de la forêt en tendre épaisseur.

Le midi, dans la rue marchande de Sugamo, je découvre un restaurant populaire : tokiwa shokudo. Il y a un peu de queue, mais je remarque que les personnes seules sont prises en priorité pour manger au comptoir. Je prends le repas à base de petits maquereaux fris avec chou, riz, soupe miso et légumes dans la saumure. 700円. Tout n'est pas cher au Japon. Une vieille femme assise à côté de moi prend un deuxième service de riz. Comment absorbe-t-elle tout cela ?

Encore un peu plus tard

Je ne vais plus très souvent à Shibuya. Une fois tous les quelques mois. Je me suis habitué à voir des changements puisqu'il y a un projet de « rénovation » en cours. Je devrais plutôt dire refonte de Shibuya. Mais aujourd'hui, je contaste cinq nouvelles tour en construction. La population de Tokyo et sa région augmente alors que celle du Japon est en déclin. Mais il est probable qu'à un moment celle de Tokyo plonge aussi. Quand ?

They also predicted the city will peak at 13.35 million in 2020 before a relentless downslide. Meanwhile, Japan's population as a whole will decline by over 61% by 2100.

February 02, 2019 02:59 PM

February 01, 2019

Karl Dubost

Petites choses du froid

Store bleu la nuit dans la rue

Le spécialisme ne définit pas un excès de savoir mais une renonciation consciente et volontaire au savoir des « autres » — La vie des plantes, Emanuele Coccia

Je lis à propos des nouvelles d'un froid terrible dans le Midwest aux États-Unis. Je convertis les températures de farenheit vers celcius. Et je me dis que cela ressemble à un hiver froid de Montréal. Pas de drame. -38F est équivalent de -39ºC.

Hier, je travaillais sur un fichier. À la fin de la journée, je ne l'ai pas enregistré quand je suis parti du bureau pour prendre le train de Tokyo à Tsujido. Dans le train, j'essaie de travailler dessus. Le contenu était vide. Et puis… je me suis souvenu que Time Machine fonctionne même sans disque dur attaché. J'ai retrouvé le contenu du fichier. Fabuleux !

  • Le temps et le coût de la maintenance

    for every hour these new technologies have saved me, they’ve cost me another in troubleshooting or upgrading the tool due to a web of invisible dependencies.

    Un site Web robuste avec des technologies simples est certain de mieux survivre que toutes les expérimentations d'outils de déploiements. Tout ceci sans parler de toutes ces plateformes d'hébergements.

  • All the cool things in Firefox Devtools in 2018.
  • Hong-Kong
  • Tracé de données GPS
  • HTML en boîte de conserve ou mijoté à la maison

    What does this leave us with? For one thing, we need to come to peace with the fact HTML on the web in most cases is the result of some sort of compilation. Looking at the final result and bemoaning its quality makes no sense. Nobody ever edits this and it is not meant to be readable.

    Prenons cet argument. Il est vrai que la plupart des utilisateurs n'ont aucune idée de ce qui se passe sous le capot. Et même dans le lot des développeurs Web, très peu savent exactement comment une page Web est interprétée. L'argument du HTML correctement sémantique donne l'impression d'avoir vieilli, surtout face à l'abondance des outils disponibles, qui privilégie des outils à base de JavaScript.

    Mais si nous prenons cet argument au pied de la lettre, pourquoi alors même se soucier de HTML et CSS et de compiler son site Web directement en WebGL afin de créer son rendu. Le pixel comme destination de la compilation, de la même manière que Flash. Mais combien de sites flash sont-ils toujours utilisables après 20 ans (Flash 1.0 a été publié en 1996 par Macromedia).

    Une partie du débat est peut-être là. La plupart des sites qui sont développés en React et autres ne sont pas conçus avec une notion de longévité. Que se passe-t-il quand le projet n'est plus maintenu ? Quelle est la valeur intrinsèque de l'information déjà publiée ?

  • La maintenance d'un projet opensource peut sembler effrayante. Un bon billet partageant l'expérience d'une personne sur ce chemin. J'y découvre notamment changelog et Sane GitHub Labels.

February 01, 2019 02:59 PM

David Larlet

☕︎ Sans voie

Cela m’intéresse d’avoir vos retours sur cette formule hebdomadaire. Notamment si une liste de diffusion vous faciliterait la vie.

We were caught off guard by surveillance capitalism because there was no way that we could have imagined its action, any more than the early peoples of the Caribbean could have foreseen the rivers of blood that would flow from their hospitality toward the sailors who appeared out of thin air waving the banner of the Spanish monarchs. Like the Caribbean people, we faced something truly unprecedented.

Once we searched Google, but now Google searches us. Once we thought of digital services as free, but now surveillance capitalists think of us as free.

[…]

The result is that these new knowledge territories become the subject of political conflict. The first conflict is over the distribution of knowledge: “Who knows?” The second is about authority: “Who decides who knows?” The third is about power: “Who decides who decides who knows?”

[…]

Surveillance capitalism moves from a focus on individual users to a focus on populations, like cities, and eventually on society as a whole. Think of the capital that can be attracted to futures markets in which population predictions evolve to approximate certainty.

“The goal is to automate us”: welcome to the age of surveillance capitalism (cache)

Incroyable interview de Shoshana Zuboff. Alors on va prendre cet article et le mélanger avec cette hypothèse saugrenue :

Let’s say for a moment that I am a billionaire. I am an intelligent person with a top flight education. I believe that I got to where I am through hard work, and because of my libertarian streak, I espouse that free markets could make anyone like me of course, that is if the competition can outwit my competitive instinct to crush them. I didn’t get to where I am by running a charity. I believe in social darwinism. While I won’t call it white supremacy, there are those among us smarter and more capable than others.

Because I am a billionaire, I have access to all the latest intel, and even though I have my suspicions about academics — with their constant asking for grants — it’s pretty clear that climate change is coming… more importantly, climate change will be good for business.

As a billionaire, I can find the cities that will be least affected and invest heavily in them with massive tax breaks. I can also make sure to build my future homes and enclaves in places that are protected from the worst of it. Given that my intellect and hard-earned wealth will give me shelter from the coming storm, I really only have to worry about the effect it will have on my business.

If I made my fortune in fossil fuels, the answer is simple — I must deny climate change because, as the poorer nations collapse, I will be given leave to drill everywhere in the united states I have been denied — along with fracking — to preserve continuity in our way of life that effort alone will make the US the world’s biggest oil producer in perpetuity. Climate-based social and economic collapse in South America, Africa, and the middle east is good for my business. Not to mention that the increased pressure on the world’s economy will most likely have a dampening effect on the sustainable competition. Fossil fuels are the existing infrastructure and the focus during a global emergency should be to protect what is already there instead of taking chances on new tech.

If I am in any other business, climate change is very good for my bottom line: the dead and displaced were never going to be my customers anyway (how many people have amazon prime in cities like homs, anyway?), those who suffer economic collapse can always come work for me… on my terms of course.

The best part of the coming long emergency is that the worse things get in terms of catastrophic damage, food instability, and economic instability, the more opportunity there will be for my businesses to get valuable reconstruction and infrastructure repair contracts.

Also, the more catastrophic the damage, the more of a blank slate we get to circumvent local, regional, and national regulations on trade, manufacturing, and commerce. Governments in crisis, and regulatory agencies, don’t recover as quickly as my agile, anti-fragile companies. So those places that have not been destroyed will easily become havens for my factories and server farms, and I will have my pick of the desperate labor pool. As Ming the merciless famously said “they will be happy with less.”

The social pressures exerted on the planet will be good for business — as the “haves” feel more encroached upon by the “have nots,” they will back authoritarian regimes that promise to protect their moneys, assets, and entitlements authoritarian governments are far easier to make deals with than heavily regulated democracies; not to mention that the larger military presence necessary for authoritarianism is good for business. Military contracts are especially opaque and lacking oversight. And let’s face it, as a self-made billionaire who never asked for favors and got here through sheer intellect hard work, I may not be — in my more fanciful moments — beyond the thought that a ”natural” culling may not be the worst thing for free markets or the global gene pool.

Which leads me to quietly fund climate change denial conferences and pressure groups, and let the world go its way without using my power and influence for change (the odd philanthropic gesture here and there will always be good to keep the bleeding hearts from catching on). Disaster is good for billionaires and their businesses. Disaster cleanses, purifies, simplifies, and, if your immediate needs and your business infrastructure is protected, it creates something far more valuable… it creates opportunities and removes obstacles.

I dunno, just a thought.

Javi Grillo-Marxuach on Twitter

Complotisme ! Lucidité ? En tout cas ça pique… et ça donne une perspective sur la situation actuelle et future. Tout renforcement des inégalités ne fera qu’aggraver notre rapport au climat au devant duquel nous ne sommes pas tous égaux. Où est l’obligation morale (cache) lorsque les forces deviennent aussi inégales ? Quel intérêt à soutenir une réciprocité lorsque des facteurs externes vont de toute façon déstabiliser l’ordre social ?

La beauté du capitalisme est de mettre un prix et un mot sur chaque chose. Une étiquette qui permette de l’oublier, de passer à autre chose.

De vivre avec.

L’écriture fut l’un des mystères originels de la civilisation, elle permit de réduire la complexité de l’expérience au mot écrit. En outre, l’écriture fournit à la classe dirigeante un instrument idéologique d’une puissance considérable. La parole divine devint loi, relayée par les prêtres ; c’est pourquoi, dirent les Iroquois, confrontant les Européens : ‘L’écriture est l’invention du Diable’. Avec l’avènement de l’écriture, les symboles devinrent explicites, et perdirent immédiatement leur profondeur. Dès lors, la parole de l’homme n’était plus une éternelle exploration du réel, mais un signe qui pouvait être utilisé contre lui. […] Car l’écrit sépare la conscience en deux — il devient plus légitime que la parole, détruisant ainsi le sens du discours et érodant la tradition orale ; et il rend possible l’utilisation des mots pour manipuler politiquement et contrôler les autres. L’écrit supplante la mémoire ; une version officielle des événements, fixe et permanente peut être élaborée. Si c’est écrit, dans les civilisations anciennes [et j’ajouterai, aujourd’hui], c’est que ça doit être vrai.

Stanley Diamond cité dans Endgame Vol.1 : Civilisation (par Derrick Jensen) (cache)

Mais en contrepartie, se retenir d’écrire c’est laisser l’attention à d’autres. C’est perdre cette capacité à se comprendre avec un langage commun. C’est verbaliser nos oppressions pour mieux les comprendre, les partager et les combattre. C’est nommer l’innommable.

(D)Écrire est un acte politique.

Voler au sujet sa capacité d’énonciation n’est donc pas suffisant. Ce qu’il faut voler, c’est la condition de possibilité de cette énonciation, sa dynamique de conscientisation. Premier grand processus de la domination : « priver de langage les dominés ». L’opération d’usurpation ne réussissant pas toujours, la prise de conscience émerge. Pour s’assurer la durabilité de la domination, il faut alors provoquer chez le sujet un sentiment de désolation, qui prend l’apparence d’une individuation inversée, dans la mesure où le sujet se sent abandonné, seul de son espèce, sans capacité de faire lient avec d’autres sujets partageant la même expérience. Le sujet ne parvient pas à élaborer cette idée d’une expérience commune d’injustice.

Les irremplaçables, Cynthia Fleury

Comment prendre conscience collectivement lorsque les outils sont contrôlés ? Comment transmettre des messages alors que ceux-ci sont soigneusement sélectionnés ? Comment être le media sans faire le media ?

Collecter pour lier. Brouillonner pour éclaircir. Écrire pour être.

Écrire, cela permet de tenir, avant de retenir. Tenir la distance. Distance dans la durée : endurer de me taire, d’enfermer les émotions en mon for intérieur. Distance dans l’espace entre les élèves et moi, pour leur laisser de la place, sans l’occuper d’emblée de ma propre puissance.

Enseigner et tenir un journal de bord (2) (cache)

Publier pour devenir ?

February 01, 2019 11:00 AM

January 30, 2019

David Larlet

★ Individuer, écrire et se diversifier

Summary in English

My traditionnal January new year intentions.

En relisant les dix (!) dernières années de résolutions, je me rends compte qu’il s’agit davantage d’intentions. Elles ne sont pas forcément respectées mais elles me servent parfois de fil rouge quand je doute. Et c’est déjà pas mal.

Individuer

Je n’ai pas choisi les gloires patentées. La voie de l’admira­tion a suivi le chemin d’émergence des irremplaçables, de ceux qui tentaient l’aventure de l’irremplaçabilité, qui allaient au­ devant de leur sujet comme on va au­ devant du monde, précisément détachés de leur sujet, car la voie de l’individuation ressemble, sous maints aspects, à celle de la dépersonnalisation. Il ne s’agira pas de devenir une personnalité, une singularité, comme une injonction à la mise en scène de l’ego. L’enjeu est tout autre : il est relationnel. Se lier aux autres, se lier au sens, se lier au Réel, se lier à l’œuvre, l’éternité des liens comme seule vérité.

Refaire lien, donc, avec l’individuation.

Les irremplaçables, Prologue (cache, PDF 500 Ko), Cynthia Fleury

L’année 2018 aura été l’occasion de prendre conscience d’une responsabilité encore plus accablante. En tant que privilégié, en tant que développeur, en tant que père, en tant qu’humain.

Il ne tient qu’à moi de rendre cela plus léger. En donnant la capacité aux autres de s’exprimer. En exposant certains des chemins explorés pour accepter cet état.

Et surtout en restant enthousiaste vis-à-vis de ce qu’il reste à être.

Écrire

Nous nous trouvons donc à une période charnière. Et pour celles et ceux qui pensent que le livre, comme forme spécifique d’inscription de la pensée, a encore quelque chose à dire et proposer, l’internet est devenu un allié essentiel… et en même temps un nouveau concurrent. Mais cela semble être la position de l’internet dans l’ensemble des champs de la société, n’est-ce pas ?

Éditer à l’ère numérique (cache)

J’ai l’impression d’être dans de bonnes dispositions pour écrire davantage, sur des formats plus longs. Mes premières itérations hebdomadaires sont encourageantes et je m’en réjouis. Peut-être à un moment aller vers du mensuel pour prendre le temps de creuser davantage ?

Écrire c’est aussi se libérer d’une consommation à sens unique, il serait illusoire de vouloir écrire autant que ce que je lis mais j’ai le sentiment de rééquilibrer ma balance personnelle à ce sujet.

Le lien est ténu entre transférer et proposer sa propre interprétation. Toute la nuance est ici dans ce petit caillou ajouté au passage de cairn.

Se diversifier

Ces derniers mois ont toutefois été plus efficaces, au point que j’arrive à la résumer en une courte phrase : concevoir les outils dont la société aura besoin demain. Pour comprendre cette raison d’être, il me paraît important de bien définir ce dont je parle.

Tout d’abord, lorsque je parle de « concevoir [des] outils », je fais le choix conscient de ne pas utiliser le terme de « développer ». Pour moi, un logiciel n’est pas une fin en soi. Il y a avant tout une phase d’acquisition des besoins et de réflexion qui peut notamment mener à la conclusion qu’un outil informatique ne serait pas une bonne solution. Cela implique aussi que je dois étendre mes compétences au delà de la technique informatique, en acquérant notamment plus de compétences liées à l’expérience utilisateur.

Introspection professionnelle : valeurs et raison d’être (cache)

Je pense avoir fait le tour de cette full-stack d’ivoire toujours plus élitiste et complexe. J’ai envie d’aller vers plus de polyvalence et de transversalité. C’est là où est la (ma ?) valeur aujourd’hui. S’enfermer dans la technique, c’est accepter des œillères et concentrer mon attention sur la facilité.

Davantage d’empathie et de communication afin de privilégier la pertinence humaine à l’excellence technique. C’est une voie qui semble difficile, particulièrement pour moi, et j’espère trouver des pistes pour surmonter cela.

P.S. : j’ai normalement répondu à tous les courriels de 2018 qui m’étaient adressés, si vous êtes en attente d’une réponse de ma part n’hésitez pas à vous re-manifester. Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de me contacter pour diverses raisons, c’est toujours un plaisir d’avoir un retour.

Ces dernières années

January 30, 2019 11:00 AM

January 29, 2019

Karl Dubost

Apprendre

Plantes dans la rue

Le sexe est d'ailleurs la pratique originaire de décontraction de l'identité. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

Les billets s'accumulent sans être publiés. C'est peut-être un signe de la recherche d'une complexité non nécessaire. Qu'est-ce que cela dit à propos de mon propre chemin ? Quelle conclusion dois-je en tirer ?

  • Learn in public

    Because you learn in public. By teaching you they teach many. You amplify them. You have one thing they don't: a beginner's mind. You see how this works?

January 29, 2019 02:59 PM

January 26, 2019

Karl Dubost

Mochi et Sumo

marteau et moule pour le mochi

Dans la fleur, la forme est le laboratoire de la conjonction, l'espace du mélange du disparate. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

Le matin, j'ai battu le riz pour faire des mochis à son école. Tâche plus ardue qu'il ne semble à première vue. L'empreinte du marteau de bois dans les mains et la douleur pour applatir le riz gluant en pâte homogène s'imprime au rythme des coups répétés.

Le midi en mangeant un bol de soba avec un mini ten-don, j'avais un peu de mal à tenir mes baguettes.

L'après-midi, je vais voir un tournoi de sumo. Le 14eme jour (sur 15) du tournoi. Pour la première fois. Je ne suis pas un fan des sports de combat. Mais étant invité par une personne connaissant bien le sport, c'était là l'opportunité de découvrir tout un pan de la culture et tradition japonaise.

Finalement, j'ai passé un bon après-midi. J'ai été surpris par l'agilité, la légèreté et mouvement acrobatique de certains sumos.

Stade du tournoi de Sumo

Le soir, basket-ball. Je suis le seul étranger parmi la trentaine de personnes qui participe.

La vie japonaise ?

January 26, 2019 02:59 PM

January 25, 2019

David Larlet

☕︎ Auto-diagnostic

Cette semaine grosse sortie de ski de fond qui s’apparentait davantage à du ski de rando vu les conditions <3. J’ai passé le cap où je peux réfléchir pendant l’effort dans cette pratique là et c’est chouette (coucou Kilian). Mais penser à quoi ?

Dans quelques jours, je vais passer des tests pour tenter de déterminer si je suis concernée par une forme de trouble du spectre autistique. Forcément, la date approchant, je ne peux pas m’empêcher de remettre en question toute ma démarche et de me demander « mais pourquoi donc est-ce que je crois que je suis peut-être autiste ? Sur quoi est-ce que je me base pour échafauder une telle hypothèse ? », questions que je retrouve d’ailleurs dans le regard, certes bienveillant mais manifestement incrédule, de mon entourage.

Pourquoi je crois que je suis peut-être autiste ? (cache)

Maïa Dereva nous parle de sa démarche et de ses attentes. Ça m’a motivé pour re-passer l’Aspie Quiz, deux ans plus tard, et mon résultat a évolué de manière significative. Je n’arrive pas à identifier si c’est parce que j’accepte davantage certains aspects de ma personnalité ou si je suis dans une spirale d’auto-entraînement qui accentue ma perception. À méditer.

D’ici là, je souhaite recueillir des témoignages d’hommes qui progressent dans une réflexion similaire : avez-vous détecté des mécanismes de défense qui vous empêchent d’écouter quand on vous parle de sexisme ? Quelles en sont les manifestations ? Avez-vous tenté de les déjouer ? Comment ? Et pour quel résultat ?

Ce Qui Se Passe En Moi Quand Une Femme Me Parle De Sexisme (cache)

Raphaël Pierquin nous décrit son chemin de pensée. Mon mécanisme de défense actuel est d’accepter que ce soit contextuel. Non pas la situation elle-même mais le moment où elle est transmise. Je me sens coupable de ne pas pouvoir en permanence investir l’énergie nécessaire pour cette lutte. Cela demande en premier lieu de réussir à détruire son propre statut, ne plus croire en soi pour être capable de revenir à un ensemble. Ne pas l’identifier comme une perte mais comme un nouveau devenir que l’on espère plus enthousiasmant.

Le pouvoir est en fait circulatoire, un fait circulatoire même au sens qui circule. […] Autrement dit, le pouvoir, même de souveraineté, n’appartient jamais à un seul individu même divinisé. Le pouvoir de l’un tient toujours par le consentement des autres et par le fait que ce qui n’est pas partagé l’est en fait. Le pouvoir fait machine : il faut ordre, performance, illusion de fonctionnement. La vérité du pouvoir demeure bureaucratique pour être durable.

[…]

Devenir maître, au sens hégélien, c’est risquer la mort, prendre ce risque que l’esclave se refuse à prendre. Mais demeurer maître, c’est devenir esclave, c’est rentrer dans la circulation du pouvoir, celle qui a besoin du subordonné pour se maintenir. Demeurer maître, c’est finir par croire à son statut de maître. Or, l’individuation est une puissance non corrompue par le pouvoir. S’individuer suppose de ne pas croire, et notamment de ne croire en aucun statut.

Les irremplaçables, Cynthia Fleury

Aurélien m’invite à écouter « Sommes-nous prêts pour la fin du monde ? ». J’ai beaucoup de mal à rester concentré sur une piste audio. Je fais l’effort et il est récompensé. Merci !

Côté technique, j’ai appris plusieurs choses à mes dépens :

  • Il n’est pas possible de changer en CSS le fill d’un fichier SVG extérieur lié (pour lui appliquer currentColor par exemple) car il n’est pas présent dans le DOM. C’est logique mais ça m’a pincé les doigts.
  • SVG encore, il n’est pas possible facilement de modifier un SVG inclus grâce à la balise <use> en JavaScript, c’est bien dommage.
  • Si vous utilisez responses (le pendant à request), il faut définir toutes les réponses avant de faire toutes les requêtes, c’est documenté mais non explicite.

J’ai presque compris comment Dat fonctionne grâce à ce tutoriel (cache). J’ai rédigé mes premières Job stories (cache) et il faut encore que je les affine (cache).

People in my life didn’t have much to say about me leaving Facebook but I did get a few plaintive emails. How will we keep up with you? How will we see photos of your child? The implication was that without Facebook, all would be lost and we would lose contact forever. I’m exaggerating a little but I was legitimately surprised at the sense of finality that some people seemed to feel, as if there would be no other possibilities for us to connect to each other once I left. Sure, Facebook might be the most convenient way to connect but I never thought of convenience as the hallmark of good relationships. That said, there were people I did want to stay in touch with so I came up with a plan: start a very small mailing list via Mailchimp’s Forever Free plan to stay in touch with very close friends and my family. I’ve sent three emails this year and it’s been a great overall experience.

Going old school: how I replaced Facebook with email (cache)

Intéressant de voir le nombre d’initiatives actuelles pour se réapproprier certains espaces, poussées par la toxicité des foires d’empoignes semi-publiques collectant des données bien privées. J’ai pour ambition de proposer un milieu de publication pour mes proches cette année. Je ne sais pas encore où je vais avec ça, ni en terme de délégation, ni en terme de diffusion.

Quelle marque associer à ce lieu ?

Think about an encounter you had lately with a person you met for the first time. Maybe it was at a party? Maybe even a work meeting? What is striking is that what you remembered the day after, was most likely not how that person dressed exactly. Nor was it the precise words she said. What remained though is leftover feelings.

[…]

Those feelings can be vague sometimes, even hard to put words on. But what is clear is that if we want people to remember brands, we have to feed them something richer than just a logo, a color, a typeface and an interface. Through its inherent richness, digital is the perfect communication medium to help with that.

Beyond the interface (cache)

Réflexions intéressantes sur l’uniformité sur le Web, ses sources, ses pièges et ses échappatoires. Quelles légendes perdureront une fois le réseau effondré ? Comment vivre dans un monde qui était inimaginable il y a 100 ans et qui le sera probablement tout autant dans 100 ans aussi ? Peut-être que la somme de ces journaux extimes finira par avoir une valeur, si tant est qu’elle soit préservable sur cette période.

Le journal permet de passer du « vécu au conçu », de glisser « d’une écriture expérientielle à une écriture théorique ». Il donne la possibilité « d’entrer dans plusieurs phases d’appropriation de de distanciation des savoirs, par le biais du passage d’une écriture pour soi à une écriture pour les autres ». C’est le lieu de la confrontation à ses doutes, à ses questionnements, à son implication : « le journal montre comment l’auteur s’organise dans sa pratique, comment il prépare son travail, quelles sont ses "stratégies techniques", etc. Il raconte souvent ce qui l’amène à prendre une décision donnée dans une situation donnée. Cette dimension est très utile pour aider l’auteur à conscientiser son rapport au métier ».

Enseigner et tenir un journal de bord (cache)

Écrire et partager pour s’accepter. Pour mettre des mots sur ses doutes et ses aspirations. Une publication par à-coups. Une thérapie à moindre coût.

Arriver à s’aimer malgré, puis dans, puis grâce à une pleine lumière qui ne laisse rien passer. Se savoir insuffisant. Ainsi, échapper à la suffisance. En rire avec le sérieux d’un enfant. Ne pas se satisfaire de ce rire, parce que nous ne sommes plus des enfants.

Identités (cache)

Parce que l’on a tant besoin que l’on ait besoin de nous ;-).

January 25, 2019 11:00 AM

January 23, 2019

Karl Dubost

Fascisme rentable

Mont Fuji et la plage à Shonan

Elle est, tout d'abord, un attracteur : au lieu d'aller vers le monde, elle attire le monde vers elle. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

S'il y avait un seul article à lire aujourd'hui, ce serait celui-ci, l'interview de Shoshana Zuboff à propos du capitalisme de surveillance. Elle explique l'avénement de la collecte des données à outrance et les implications économiques de cette ère.

Elles questionne aussi avec acuité la nécessité de cette collecte. Les industries ont peur des régulations. La société civile définissant les limites de leurs actions est vécu comme une bride sur les profits. Souvent, les compagnies vont donc devancer les législateurs afin de donner l'impression de l'auto-régulation. Il y a de nombreux avocats du contrôle personnel des données, que nous ayons tous notre silo que nous pourrions partager avec granularité, mais nous questionnons rarement la pertinence de la collecte en premier lieu. Donner l'impression à l'individu d'avoir plus de contrôle sur ses données est, dans le même temps, justifier cette collecte.

Lisez l'entretien au complet.

January 23, 2019 02:59 PM

January 22, 2019

Karl Dubost

Étendre une bibliothèque

Poissons séchés

Percevoir le monde en profondeur, c'est être touché et pénétré par lui au point d'en être changé, modifié. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

En tentant de redéfinir les scripts pour traiter les fichiers de La Grange, je regarde les différentes options de pré-traitement de markdown vers HTML et de leur extensibilité. J'ai tenté python-markdown, mais sans succès. J'ai ensuite essayé avec Mistletoe, mais il est difficile de combiner des Renderer indépendemment définis. Je me suis tourné vers Mistune qui est extrêmement simple à étendre mais souffre du même problème que Mistletoe.

Pour mistune, par exemple, voici une modification que j'envisage. Elle fonctionne individuellement, mais pas si j'en conçois une deuxième.

"""Markdown converter extensions."""

import re

import mistune

PHOTO = """<figure>
  <img src='{src}' alt='{alt_text}'/>
  <figcaption>{title}</figcaption>
</figure>"""


class Photo(mistune.Renderer):
    """Markup Conversion for markdown img to figure.

    Input:
    ![alt_text](url "title")

    Output:
    <figure>
      <img src='url' alt='alt_text'/>
      <figcaption>title</figcaption>
    </figure>
    """

    def image(self, src, title, alt_text):
        """Create the image markup."""
        return PHOTO.format(src=src, title=title, alt_text=alt_text)

Un des problèmes aussi est que pour certaines constructions, mistune ajoute des paragraphes là où j'en ai pas besoin.

Peut-être que je devrais tout simplement insérer ma version de mistune.

Liens

January 22, 2019 02:59 PM

January 21, 2019

Karl Dubost

Radis noir

Radis noir

Là où aucun mouvement, aucune action, aucun choix ne sont possibles, rencontrer quelqu'un ou quelque chose est possible exclusivement à travers la métamorphose de soi. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

Aujourd'hui, elle a ramené dans son sac de course un petit radis noir. Elle a dit pour toi et pour Jean.

Liens

  • Les mémoires d'un homme sénégalais écrit en arabe et racontant sa vie en esclavage aux États-Unis.
  • Les sacs plastiques au Japon sont une plaie. Si on a fait pas attention, les personnes à la caisse prennent la barquette de viande, la mettent dans un sac plastique transparent, qui sera ensuite mis dans un autre sac plastique. Trois couches de protection. Et si jamais c'est l'été, une pochette de glace en plastique sera proposée pour coller sur le paquet de la viande. Une municipalité proche de Kyoto décide de bannir les sacs plastiques. Il faut que le mouvement s'étende.
  • Centrale électrique éolienne et marémotrice pour une île dans le nord de l'Europe.
  • Une baleine dans la forêt

January 21, 2019 02:59 PM

January 18, 2019

David Larlet

☕︎ Agilité

Cette semaine a débutée par deux journée dans les bois avec des températures qui n’ont pas dépassées les -18°C. C’était « frète » comme on dit par ici. Heureusement, j’ai passé une nuit dans un refuge que j’ai fait passer de -9°C à 32°C (!) en 3 heures grâce au poêle, le contraste était assez saisissant. Cela m’a permis d’avancer sur mon projet de couture avec un sprint de… 5 heures non-stop, vive l’hiver ! Aussi, j’ai vu le premier arc-en-ciel circulairehalo de ma vie <3

Mon atelier de couture portable Atelier de couture portable, ça manque un peu de lumière malgré le réflecteur/pare-vent du réchaud à bois.

C’était aussi l’occasion de réfléchir à l’agilité et à ce que ça voulait dire de promouvoir certaines pratiques dans l’objectif de me diversifier (plus à venir là-dessus). J’en suis ressorti avec la définition suivante :

Agilité (n.f.) : prendre le temps de communiquer.

Tout est là, ce qui a pour conséquence possible de comprendre son équipe, d’avoir de l’empathie pour ses utilisateur·ice·s, de partager avec ses pair·e·s dans le but de proposer des trucs pertinents. La communication c’est l’inefficacité qui permet l’horizontalité.

Sans communication on a besoin de hiérarchie.

Tronc enneigé Un développeur full-stack bien chargé.

Et en parlant de ce qui pousse sur les arbres :

In other words, the ethical alternatives will not grow on trees. They must be funded. And given that they cannot and will not be funded by the same interests that created the problem to begin with (venture capital), we need alternative, ethical funding to create alternative, ethical infrastructure. The technological infrastructure of our societies must be funded from the commons, for the common good. And that requires political will and a system that’s not institutionally corrupt. Neither of which we have today.

Baby steps (cache)

Aral Balkan essaye beaucoup de choses, à petits pas, et les partage sur son espace. J’aime ça. Il y a une super cagnotte à laquelle on participe (presque) tous et qui nous permet (presque) tous d’en profiter aussi. Indice : ce n’est pas le loto. Quels outils (et données) pour rendre transparente son attribution ? Quels algorithmes politiques (pléonasme) pour influer sur cette répartition ?

I wish there were a clever marketing name for no-cookies/no-JavaScript sites. It should be a trend.

While the industry is focused on SSL everywhere, we’re not looking at the other half of surveillance tech.

NetNewsWire Privacy Policy (cache)

Brent Simmons nous rappelle que de sécuriser une connexion pour cacher ce que l’on fait et que ça ne soit consigné que par le destinataire… pour être ensuite revendu en arrière plan est complètement incohérent. De là à dire que HTTPS encourage les monopoles, la centralisation et les inégalités, il n’y a qu’un troll. J’assume.

Via keybase je découvre stellar qui revendique « No forks, no energy-wasting, and no unfair staking » pour des transactions monétaires. Je n’ai pas les compétences pour lire le papier blanc (cache, PDF 200Ko) mais ça semble prometteur. Enfin des micro-paiements en 2019 ?

Arbre givré Quand on me demande si j’ai eu froid.

J’ai pas mal de conseils pour le grand froid. Ce qui est capital c’est la gestion de l’eau. On a beau être littéralement entouré d’eau (neige), on peut en arriver très vite à être déshydraté sans pouvoir remédier à cela rapidement. Ma stratégie actuelle, c’est d’avoir un petit thermos sur moi (effet bouillotte + ça aussi ça gèle au bout d’un moment !) d’eau ou infusion brûlante. Je rempli le capuchon/verre de neige et je complète avec l’eau chaude, ça me double la quantité de liquide ingérable avec la possibilité de boire une boisson chaude en cas de besoin. Aussi, c’est la saison où il faut piétiner sa barre énergétique avant de l’ouvrir au risque de se casser les dents…

Nous gagnerions à mieux maîtriser la quantité produite et à mieux comprendre ce qui est fait de nos déchets, ainsi que l’énergie dépensée à les trier, les enfouir, les incinérer. Nous gagnerions à connaître le coût environnemental de toute l’affaire, depuis la fabrication des sacs en plastique immonde jusqu’à l’incinération d’une matière qui a en tout et pour tout servi quelques heures, au mieux quelques jours. Nous gagnerions à retrouver le pouvoir de prendre du recul sur ce que nous produisons.

La ville et ses déchets (cache)

Marie-Cécile Paccard partage son chemin de résilience à travers des notes. À Montréal la ville offre à chaque résident deux bacs : un petit à mettre dans sa cuisine et un plus gros pour stocker en attendant que le camion dédié passe une fois par semaine. Au printemps, il y a une distribution publique de compost pour boucler le cycle et enrichir les jardins locaux. Je ne sais pas quel coût cela représente, j’ai l’intuition que le retour sur investissement global est positif.

You probably had several great things you wanted to do, but had to pick just a few of them. If so, then consider thinking of it from a place of celebration.

Instead of feeling regret over what you didn’t do, celebrate what you did do.

Regret vs Celebration (cache)

This. Tiens, et si je rédigeais mes intentions annuelles ?

Soleil à travers les arbres Au bout du tunnel neigeux, la lumière.

Fermer de temps en temps les portes et les fenêtres de la conscience ; demeurer insensibles au bruit et à la lutte que le monde souterrain des organes à notre service livre pour s’entraider ou s’entre-détruire ; faire silence, un peu, faire table rase dans notre conscience pour qu’il y ait de nouveau de la place pour les choses nouvelles, et en particulier pour les fonctions et les fonctionnaires plus nobles, pour gouverner, pour prévoir, pour pressentir (car notre organisme est une véritable oligarchie) voilà, je le répète, le rôle de la faculté active d’oubli, une sorte de gardienne, de surveillante chargée de maintenir l’ordre psychique, la tranquillité, l’étiquette. On en conclura immédiatement que nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l’instant présent ne pourrait exister sans faculté d’oubli.

Généalogie de la morale, Nietzsche

January 18, 2019 11:00 AM

January 14, 2019

Karl Dubost

Une majorité symbolique

Porte rouge with graffiti

Ne jamais se déplacer pour mieux permettre au monde de s'engouffrer en son sein. Ne jamais se lasser de bâtir des canaux, ouvrir des percées pour que le monde puisse tomber, glisser, s'insinuer en soi. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

C'est le jour de la majorité au Japon.

C'est la première année où le droit de vote passe de 20 ans à 18 ans. L'age pour la consommation d'alcool n'a pas changé. Et c'est peut-être pour cela qu'aujourd'hui la majorité des jeunes veulent continuer à fêter leur majorité l'année des 20 ans. L'âge de la majorité passera à 18 ans en 2022.

  • vol de signes routiers pour certains numéros. Changer la position du panneau. Mais ce ne résoud pas tout.

    So the sign aficionados in Washington had to get creative. In hot spots for sign theft, they’ve simply moved the highway marker back one-tenth of a mile and tweaked the sign to say Mile 419.9. Or Mile 68.9.

January 14, 2019 02:59 PM

January 13, 2019

Karl Dubost

La longue marche

Tuyaux sur un mur

Se clouer à la surface de la terre pour mieux pénétrer l'air et le sol. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

De la gare de Fujisawa à la maison, il y a environ 4 km. Alors ensemble, l'un à côté de l'autre, du haut de ses trois ans, nous avons marché. Lentement, avec patience, avec détermination, en racontant le chemin, nous avons progressé. Deux heures, plus tard, nous étions à la maison.

Peut-être avons nous là un futur compagnon de chemin creux.

Ceci sans compter la longue promenade hier dans les rues d'Atami et au musée d'art pour l'exposition de Takeuchi Seiho.

January 13, 2019 02:59 PM

January 11, 2019

Karl Dubost

Abandon et fluidité

Abondance de transports

Le ciel est partout : il est l'espace et la réalité du mélange et du mouvement, l'horizon définitif à partir duquel tout doit se dessiner. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

La circulation à Bangkok est… infernale, mais comme dans de nombreuses villes modernes, tout cela malgré l'abondance des moyens de transport. Finalement, peut-être notre besoin de transports n'est que le symptome d'une société qui se déplace trop pour peu de choses.

January 11, 2019 02:59 PM

David Larlet

☕︎ Métaphores

Une semaine de reprise avec un gros projet de couture qui me prends beaucoup de temps. L’ambition est grande pour un débutant puisqu’il s’agit d’ajouter des poches à un sac, si ça pouvait au moins être fonctionnel ce serait déjà pas mal. C’était aussi le début de la saison de ski de fond sur le Mont-Royal !

Je veux démontrer que les zombies sont la parfaite illustration de ce que Marx nomme « pulsion enrichissement » et « pulsion d’accumulation », toutes deux se résumant par ce qui pousse au « toujours plus ».

Pourquoi les Zombies sont-ils si affamés ? Des mort-vivants entre psychanalyse et économie politique (cache)

Du sens des mots, notamment pour les traductions. Où l’on en vient à voir des loup garous capitalistes dans les écrits de Marx qui ont faim de surtravail. Et de le transmettre à leur tour. Ce qui me fait rebondir sur un tweet. J’ai lu ce gazouillis de Tara Vancil pendant mes vacances et il ne cesse de résonner (au passage, elle cherche du boulot) :

I can’t stop thinking about the dude who said all the best coders he knows spend the holidays hacking

I’ve spent the past few days busting my butt preparing for Christmas. Cooking, baking, etc. Haven’t had time to touch my computer. Meanwhile @pfrazee’s been busy hacking...not bc he doesn’t want to help, but he doesn’t know how. He wasn’t taught to cook, clean, or wrap gifts

Maybe those programmers have time to hack over the holidays because their mothers, wives, sisters, and girlfriends are busy making sure they have a nice holiday?

Tara Vancil sur Twitter

L’open-source cacherait-elle surtout un travail effectué par des femmes de l’ombre ? Le graphe des contributions Github est forcément l’anti-graphe d’une attention (non) portée ailleurs. Aider ses pairs, négliger ses paires. N’est-on pas condamnés à reproduire le même schéma avec les communs ?

En parlant d’aider ses pairs, deux petite pépites cette semaine avec ce gabarit pour créer un livre papier ou numérique et un moyen de raconter des histoires de manière cartographiée (voir aussi StoryMap à ce sujet).

Il en est une autre d’histoire qui m’intéresse en ce moment :

La politique indigène des États-Unis, bien que souvent qualifiée de raciste ou discriminatoire, est rarement présentée pour ce qu’elle est : un cas d’école d’impérialisme et d’une forme particulière de colonisation — la colonisation de peuplement.

[…]

Écrire l’histoire des États-Unis telle que les peuples indigènes la vécurent requiert de penser à neuf le récit national. Ce récit est faux ou déficient, non dans le détail des dates et des faits, mais dans son essence même.

Contre-histoire des États-Unis, roxanne dunbar-ortiz

Revoir ses croyances aux yeux des oppressés. Christophe Colomb ou Jacques Cartier non pas comme des héros mais comme les fers de lances de génocides passés sous silence. La où le capitalisme passe, l’altérité trépasse.

Finally, I believe that the core of this bio/socio/psycho/spiritual collapse is a metacrisis of relationship, it’s about how I relate to the different parts of myself, to other people, and to all the other creatures, life, spirit, etc on this planet. If that’s true, then my response must be relational first. This article is written in the first person singular: it’s all I, I, I. That’s a stylistic choice for creative freedom. However, that language obscures the reality that all of this action is conducted in the first person plural: there is always a “we” acting together, me and others.

Courage Before Hope: A Proposal to Weave Emotional and Economic Microsolidarity (cache)

Comment faire le moins de dégâts possibles lorsqu’on possède un handicap relationnel ? Peut-être que cela réside dans l’absence de faire justement. Prendre encore davantage de recul. Ou abandonner, se retourner et avancer pour une fois. Aller s’enfermer volontairement, loin. Seul ?

Le jour où l’effondrement aura lieu, d’où qu’il vienne, il faudra commencer par donner à manger à tout le monde. Un supermarché classique dispose d’environ trois jours de stock alimentaire, et ce jour-là, on sera bien contents d’avoir cultivé les friches encore disponibles en zone rurale. Et si la catastrophe n’arrive pas, rejouons le pari de Pascal : au pire, ces journées passées face à la montagne à couver du regard de jeunes plants, à tisser la serre de fils solides en prévision des pluies, à partager quelques amandes et des astuces de jardiniers les pieds dans la gadoue, n’auront pas été vains. Ces moments rincent l’âme, et nous rappellent que nous sommes des Terriens.

Les jardins nourriciers coopèrent pour surmonter l’effondrement (cache)

Mais avant il faut que je termine de lire tous ces onglets…

January 11, 2019 11:00 AM

January 10, 2019

Karl Dubost

Une minorité visible

Le flot des employés le matin

— La vie des plantes, Emanuele Coccia

Minorité visible

Au Japon, j'appartiens à la catégorie des minorités visibles et probablement une minorité privilégiée à cause de la couleur de ma peau, de mon sexe et de ma taille. Mozilla à Tokyo a déménagé. Le nouveau bureau est loué par la société WeWork toujours autour de la station de Tokyo. Il a fallu que je cherche un nouveau fournisseur de ma dose matutinale de café. Je suis donc allé au café ce matin prendre un latte à emporter. Et j'y suis retourné ce midi pour une deuxième dose toujours à emporter. Le serveur visiblement m'a reconnu et me signifie que la deuxième tasse est moins chère. Le serveur a une bonne mémoire.

Site statique

Je réalise, à cause d'Antoine, que je n'ai pas fini le travail sur les générateurs de sites statiques. Et il a aussi piqué ma curiosité avec ce commentaire:

je ne suis pas d’accord avec tout

Je veux savoir. Cela pourraît permettre de faire progresser ma propre réflexion.

Lien

  • Minimalisme, poubelle de riches. Il y a une mania Marie Kondo dans le monde occidental. Mais un minimalisme de mode n'est pas une solution.

    The idea of “don’t like it, just bin it” encourages the culture of disposability. As Eiko Maruko Sinewer, author of Waste, Consuming Postwar Japan, told me once, the Konmari method is a short-term strategy. “If you go shopping and you pick up a shirt, and that shirt brings you joy, then you buy it. Then, two weeks later, it no longer brings you joy, you can throw it away and there’s no attention to [the fact that] maybe you should have thought about the end life of that shirt when you bought it.”

January 10, 2019 02:59 PM

January 09, 2019

Karl Dubost

La maturité dans le sport

La ville dans la brume matinale

Le ciel n'est plus qu'une atmosphère accidentelle qui enveloppe le sol, il est la seule substance de l'univers, la nature de tout ce qui existe. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

Rejouer au basket et en avoir toujours le même plaisir. L'horloge tourne et les bons se feront moins hauts. Ils le sont déjà. Je suis devenu plus raisonnable dans les contacts physiques. Les deux côtes fracturées de 2018 m'ont servi de leçon. La maturité est l'exploration d'une compétence tranquille. Le corps, cette ruine.

January 09, 2019 02:59 PM

January 08, 2019

Karl Dubost

Sans philosopher

carte mère

Notre corps n'est que l'archive de ce que le Soleil offre à la Terre. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

  • Stanford Encyclopedia of Philosophy organizes scholars from around the world in philosophy and related disciplines to create and maintain an up-to-date reference work.
  • Poems in steel and concrete: postwar civic art – in pictures

January 08, 2019 02:59 PM

January 07, 2019

Karl Dubost

Les plantes et le corps

Le congee aux 7 herbes

N'existe que ce qui prend la forme des éléments présents sur cette planète. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

Aujourd'hui est le jour des 7 herbes. Quel délice. Ce jour pour moi est toujours le goût du marché, de la cuisine des champs et des chemins creux.

Se nourrir

Point de vue par Emmanuel Clément. Nous sommes ce que nous mangeons.

Se laisser guider par l’un ou l’autre des deux systèmes cartographiques peut vraiment influencer fortement la perception d’un espace physique, ses déplacements et son vécu en son sein (certains diront user experience).

Découvert dans le billet d'Emmanuel, un autre billet cartes et territoires par Nolwenn Maudet. Oh… mais… c'est shimokita. Là où je vivais précédemment.

De qui suis-je le territoire ? sur le même sujet.

Il me faudra peut-être relire Korzybski que je lisais apparemment il y a 11 ans en janvier en y parlant de Tokyo et de Shimokitazawa justement et du changement de la ville.

Page à imprimer

Il y avait un temps de nombreuses pages Web avait un lien vers la version Print du document. Elles avaient quelques avantages :

  • Moins de bruit autour (navigation, en-têtes, etc.)
  • Quand l'article était multi-page, il était là en une seule page.
  • Lisibilité plus intéressante.

Ces pages là ont disparu… malheureusement. Au moins, il existe maintenant la fonction « Reader View » dans Firefox permettant de simuler cette page. J'oublie trop souvent de l'utiliser.

January 07, 2019 02:59 PM

January 06, 2019

Karl Dubost

Écrire le monde

L'enfant, l'appareil dans les mains

Elles métamorphosent la lumière en substance organique et font de la vie un fait principalement solaire. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

Début de journée

Se rendre dans un café le matin pendant qu'ils dorment encore. Pour écrire un peu. Pour sentir le froid de janvier sur mes joues. Pour se réjouir des pneux du vélo bien gonflés.

Le vent est gris aujourd'hui. Dimanche. J'entends une guitare dans les haut-parleurs du café et le son de la vapeur de la machine expresso. Des conversations feutrées et des casseroles que l'on empile. J'écris.

Fin de journée

Nous partons ensemble pour une promenade dans le quartier. Chaudement vêtus. Il fait froid aujourd'hui. Il me voit prendre le Fuji x100. Il me le demande. Je prends l'ipod pour moi. J'ajuste la sangle du Fuji et je lui mets autour du cou. Du haut de ces trois ans, il commence le reportage photo de notre promenade.

Sans peurs, il met l'appareil sur son œil, pointe, vise et déclenche. Chaque voisin que nous croisons devient l'objet de son attention. Nous faisons tout le tour du pâté de maison. Il connaît le chemin.

Liens

  • The Last Ships. Photographier la construction des tous derniers navires sur la Tyne dans les années 70. Leurs noms

January 06, 2019 02:59 PM

January 05, 2019

Karl Dubost

Le voisinage

journal et café

Les racines ne sont pas ce qu'on a cru qu'elles étaient, mais elles expriment et incarnent tout de même l'un des traits les plus marquants de l'existence végétale : l'ambiguïté, l'hybridité, le caractère amphibie et double. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

J'ai perdu la clé de mon cadenas de vélo, il y a quelques jours. J'ai cherché très longtemps où j'avais pu mettre la clé de remplacement. Sans succès. Première leçon, décider d'un endroit stable pour les clés de remplacement. Je suis donc allé chez un concessionnaire automobile sous franchise japonaise dans le voisinage. L'avantage de ma minorité visible est qu'ils ont un repère visuel de mon existence. Je leur demande si une des personnes du garage peut couper le canedas du vélo. Le gestionnaire va chercher un des ouvriers. L'ouvrier regarde la chaîne, repart dans son atelier et revient avec un jeu de pinces. Il coupe la chaîne en moins de dix secondes. Je les remercie. Nous nous souhaitons la bonne année et maintenant, nous avons un lien nouveau.

Sur le chemin du retour entre le concessionnaire et la maison, je me délecte d'une certaine satisfaction. Bien que nous vivions dans un monde capitaliste de franchises, il existe une profonde humanité et la proximité du voisinage existe encore. Il suffit juste parfois de la provoquer un peu. Cette générosité d'un monde professionnel du commercial vient étrangement de rentrer en collision avec l'arrogance de ce monde opensource.

January 05, 2019 02:59 PM

January 04, 2019

Karl Dubost

La patine

Bateaux au loin

Les racines font du sol et du monde souterrain un espace de communication spirituel — La vie des plantes, Emanuele Coccia

« As-tu de nouvelles résolutions pour cette année ? » Je lui réponds « non. » En fait je crois que j'ai progressivement cessé d'établir de nouvelles résolutions. Je préfère en quelque sorte « la patine. » La résolution donne un objectif souvent défini comme une finalité. Je suis de plus en plus attiré par les petits incréments indiscernables de notre quotidien, mais qui nous entraîne inconsciemment vers la réalisation d'un chemin. Personne n'a voulu la patine, mais elle est tout de même le résultat d'habitudes et de fréquences. Elle est l'histoire d'une invisibilité, de frictions, contacts, mouvements qui lui donnent naissance. Un peu comme ce carnet, il suit son petit bonhomme de chemin depuis des années.

January 04, 2019 02:59 PM

David Larlet

☕︎ Balbutiements

Tentatives autour d’un format hebdomadaire.

Lost here is the gentle pursuit of a modest competence, the doing of something just because you enjoy it, not because you are good at it. Hobbies, let me remind you, are supposed to be something different from work. But alien values like “the pursuit of excellence” have crept into and corrupted what was once the realm of leisure, leaving little room for the true amateur.

In Praise of Mediocrity (cache)

Pendant que certains se focalisent sur leur santécompétence (en opposition au savoir-faire, voir Lepage (cache)), d’autres proposent des cérémonies d’enterrement de leurs données…

However, do we value them enough to consider funerals for these once beloved traces of our life when they are gone? Through this workshop, participants learnt to use design fiction as a method to explore emerging and speculative rituals helping users to cope with failing data-driven services.

Requiem for a data: imagining speculative rituals to cope with a data loss (cache)

… tout en les publiant sur Medium, ce qui n’est pas sans une certaine ironie mais finalement assez cohérent. À se demander si l’éphémère assumé ne serait pas la seule voie de salut pour accepter ses propres contradictions :

The logic of the camera is that reality is real only to the extent that it is photographable. It pulls individuals out of the moment and makes them see it (and themselves) as an object for the future as well as always already of the past. This seizing of experience’s ephemerality — to possess the present, docile and durable — is what Andreas Kitzmann called a “museal gesture,” what Jean Baudrillard called “museumification,” and what André Bazin called the “mummy complex,” the “need to have the last word in the argument with death by means of the form that endures.” It’s ownership of the present by proxy.

Pics and It Didn’t Happen (cache)

Ce n’est pas pour rien si le logo de Snapchat est un fantôme en effet. Celui de la construction de notre identité. La fuite d’une nostalgie que l’on crée et retrouve avec romantisme d’un côté. Mais aussi les traces d’un chemin permettant de bâtir une souvenance cohérente. De la caverne à la bulle de filtres il n’y a qu’un pas.

L’écran cathodique est une caverne reconstituée dans la mesure où elle fait voir, non pas le monde, mais ses images. Le monde vient à l’homme et non plus l’homme au monde. Dès lors, il acquiert une réalité fantomatique.

Les irremplaçables, Cynthia Fleury

Twitter et consorts n’étant finalement que des Snapchats du texte, tout est question de temps. Un temps dont on ne prend pas soin et ne pas s’en préoccuper consiste peut-être à ne pas se considérer soi-même. Lorsqu’on ne produit que du jetable, on en vient à se considérer comme étant remplaçable.

Autrement dit, le temps s’ouvre sur la nécessité même de l’individuation. Le temps ne délivrera son sens qu’à celui qui poursuit le travail d’individuation. Ce travail fait toute sa liberté. […] Ne pas saisir l’instant pour cheminer vers soi, ne pas articuler le « connais l’instant » avec le « connais-toi toi-même », c’est manquer la possibilité de l’individuation, l’ajourner pour une venue plus improbable encore. Les rencontres avec soi-même sont rares.

Les irremplaçables, Cynthia Fleury

Dans quelle mesure est-ce que ce temps — que l’on ne prends plus le temps de savourer — met à mal notre créativité profonde, faute de tension longue ? C’est l’une des explorations pour cette année, publier moins pour tenter d’articuler des pensées en tentant d’éviter l’écueil facile de la revue de presse aigrie. Manifestement loupé pour cette première, j’accepte l’échec sachant que j’ai encore 51 essais.

Mais là où le travail de l’artiste est de servir de contenant à ces sentiments, de les faire mijoter en ses tréfonds pour mieux les digérer, afin de produire une œuvre, les réseaux sociaux nous invitent à nous en débarrasser aussitôt. Une belle idée ? Aussitôt postée. Une indignation ? Aussitôt postée. Une colère noire ? Aussitôt postée. Nous évacuons sciemment la matière première de notre puissance de création comme nous tirerions la chasse d’eau, sans réfléchir à ce que nous faisons. Les réseaux sociaux comme toilettes des émotions.

Suicide social (ou comment quitter les réseaux sociaux sur un coup de tête) (cache)

Toujours intéressant de lire ces retours qui se préoccupent énormément des êtres perdus en tirant la chasse mais parlent peu des personnes à retrouver qui sont déjà passées par là et qui sont maintenant plus légères. Ces articles comme la numérisation du graffiti dans les toilettes : « X a fait caca ici. » Le besoin d’exprimer son détachement pour montrer à quel point l’on était attaché. Se dé-lier pour être en mesure de se re-lier. Comment mailler sans centraliser ?

Le Web permet-il de tisser autre chose qu’une bulle ?

Affiche informative sur la loutre et son caca Puisqu’on en est à ces considérations, je n’hésite pas à ressortir cette petite pépite… il y en a qui s’amusent bien :-)

Notre idéalisme doit se faire à l’époque dans l’espoir de la transformer. Nous avons connaissance du temps long de l’économie du livre, de la présence imbriquée de ses intermédiaires, des pratiques du milieu littéraire et des attitudes trop souvent boutiquières de ses acteurs, mais nous avons surtout connaissance de la méconnaissance des lecteurs quant à toutes ces questions relatives au livre, à son économie, à son existence numérique et à sa diffusion. En écrivant ainsi « NC » dans notre licence, nous raturons « Non au Capital ». À travers cette vulgarité poussiéreuse, nous voulons éviter les usages de nos contemporains qui se servent de la propriété intellectuelle soit pour maintenir une situation passéiste autour de l’usage classique du droit d’auteur, soit pour assurer une certaine fluidité du marché, volontairement ou non, par l’entremise des licences libres.

Partage (cache)

« Non au Capital ». Non à la capitulation. Non au jetable. Non à la propriété. Non à la destruction des identités.

Mais « oui » à quoi au juste ?

January 04, 2019 11:00 AM

January 03, 2019

Karl Dubost

L'âge d'or du Web

Lumière dans l'escalier

Inspirer, c'est faire venir le monde en nous — Le monde est en nous — et expirer, c'est se projeter dans le monde que nous sommes. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

L'âge d'or des grandes entreprises comme Facebook, Google, Twitter, etc. semble être sur le déclin. Ces grosses machines économiques ne vont pas disparaître ou même diminuer leur influence, mais probablement se stabiliser. Le web de ces entreprises a une étrange similarité avec les débuts du pétrolefortunes et échecs rapides, avancées technologiques et créations de marques et d'une industrie dont nous profitons et subissons encore les effets.

Et même dans un scénario où le web se réduirait ou deviendrait un grand champ de ruine comme ces centres commerciaux ou usines abandonnés, je ne peux m'empêcher de penser que les amateurs, les passionnés y trouveront encore un lieu pour s'y exprimer et probablement en de meilleurs termes que maintenant.

Liens

January 03, 2019 02:59 PM

January 02, 2019

Karl Dubost

Feed

Les ombres du matin

On est en quelque chose avec la même intensité et la même force qu'elle est en nous. — La vie des plantes, Emanuele Coccia

Opensource

En tentant de corriger autre chose, je suis tombé sur le lecteur Tiny Tiny RSS dans les logs. Je peux y observer cette tendance.

174.142.230.147 - - [02/Jan/2019:07:43:58 +0000] "GET /feed.rdf HTTP/1.1" 301 242 "-" "Tiny Tiny RSS/17.4 (http://tt-rss.org/)"
174.142.230.147 - - [02/Jan/2019:07:43:58 +0000] "GET /feed.atom HTTP/1.1" 200 89288 "-" "Tiny Tiny RSS/17.4 (http://tt-rss.org/)"

le client réalise une première requête vers /feed.rdf et redirige vers feed.atom à cause du HTTP 301. Jusque là tout va bien. Le problème ?

 grep 174.142.230.147 access.log.1545868800 | grep rdf | grep '01/Jan' | wc -l
      48

Il fait cela toutes les 30 minutes. En fait deux problèmes.

  1. Il ne se souvient pas de la redirection permanente.
  2. Il ne respecte pas les informations de cache fournies. (corrigé apparement dans les versions 18.8+ à ce que je peux en déduire dans mes logs.)
HTTP/1.1 200 OK
Accept-Ranges: bytes
Connection: Keep-Alive
Content-Length: 89288
Content-Type: application/atom+xml;charset=utf-8
Date: Wed, 02 Jan 2019 07:51:46 GMT
ETag: "15cc8-57e5f6761aa40"
Expires: Wed, 09 Jan 2019 07:51:46 GMT
Keep-Alive: timeout=5, max=100
Last-Modified: Tue, 01 Jan 2019 06:11:45 GMT
Server: Apache/2.4.37 (FreeBSD)

Malheureusement on ne peut pas vraiment faire de rapport de bugs, juste des pull requests. Ah peut-être le forum. Mise à jour : les premières réponses crasses de certains montrent que comme partout ailleurs l'humanité est une fragilité.

Gros rhume et l'enfant

Il ouvre la porte et il dit : « ça va pas ? » Je lui réponds : « Non, j'ai un gros rhume, mais merci de me demander. N'approche pas. Bisous. »

Liens

  • Un autre abandon de réseaux sociaux. L'ironie de ce billet est que je le sais parce que je ne lisais Neil Jomunsi uniquement à travers son carnet Web. Je ne l'ai jamais suivi sur twitter.

    Il y a peu de chances que vous lisiez ce message. Déjà, il est long. Beaucoup d’entre vous ne le liront qu’en diagonale, se contenteront des premières lignes – il faut dire que l’état d’urgence permanent qui plane sur notre capacité d’attention compromet toute tentative de se poser un instant. Et puis, il n’est même pas dit que vous le trouviez, de toute façon, puisque je ne le posterai pas sur les réseaux sociaux. Voilà où nous en sommes rendus : désormais, sur internet, un texte n’existe pas ailleurs que sur Twitter et Facebook. De fait, pour beaucoup d’entre nous, internet se résume déjà à trois ou quatre grandes firmes.

January 02, 2019 02:59 PM

January 01, 2019

Karl Dubost

Après le voyage

racines de misère Tsujido, Japon, 1er janvier 2019

En ce sens, en produisant des modifications permanentes et transmissibles de génération en génération, les êtres vivants produisent de la culture, qui donc n'est pas une prérogative humaine, mais plutôt une sorte d'héritage non anatomique mais écologique, un héritage exomatique.

Emmanuele Coccia, La vie des plantes.

La narration d'un voyage pourrait probablement se définir avec l'ensemble des lieux que nous avons su ou voulu éviter. Bien que cette liste soit probablement longue, il existe un nombre restreint de choix conscients qui s'identifient souvent par leur nature. Nous évitons ce lieu parce-qu'il appartient à cette large catégorie.

Les absences sont sources de pensées. Là, où il n'y avait rien émerge la source de futurs chemins. J'aime la misère, plante fragile et robuste. Il suffit de voler une branche sur un chemin et de la mettre dans l'eau. Après quelques semaines, les racines poussent et nous pouvons de nouveau la planter. Ces racines là sont celles d'une misère récupérée sur les pentes de Enoshima le 1er décembre 2018 dans ce petit chemin que les touristes ont sû ne pas découvrir.

D'abord créer les répertoires :

for i in {01..12};
    do mkdir `printf "%2.0d\n" $i |sed "s/ /0/"`;
done

Puis créer des fichiers index vides :

for i in {01..12};
    do touch ~/Sites/la-grange.net/2019/`printf "%2.0d"/index.html $i |sed "s/ /0/"`;
done

Quand je crée un nouveau design, je teste souvent au fur et à mesure dans un article test, qui à un moment se retrouve simplement à l'abandon. L'ébauche est là, comme un trait, une esquisse pour comprendre le mouvement.

January 01, 2019 09:42 AM

Futures expressions du passé

As we digitize some six million photo prints in our files, dating back more than 100 years, we are using those images to bring the events and characters of the past to life in the present.


cf ce que je disais hier. Twitter wanted light-hearted, fun versions of the familiar icons users around the world know and love. Initial design explorations centered on a simple, flat style that would be easily identified as uniquely Twitter’s.


Les arbres ne peuvent pas parler mais les bébés non plus. La représentation des objets. La nature est-elle un sujet de droit. France Culture. Cinquante ans plus tard, en 2017, le parlement néo-zélandais accorde le statut de personne juridique au fleuve Whanganui, et quelques jours plus tard, en Inde, la Haute-Cour de l'état himalayen décrète que les fleuves Gange et Yamuna seront désormais des entités vivantes ayant le statut de personne morale.


January 01, 2019 05:30 AM

December 31, 2018

David Larlet

☕︎ Et ensuite ?

Quand des lecteurs ne me suivent pas parce qu’ils ne comprennent pas ma démarche, ça me fait mal, ça signifie que je n’ai pas su leur faire sentir ma façon d’aborder la vie. Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, essayer de m’expliquer, mais je ne peux pas les forcer à me suivre en leur envoyant mes articles tous azimuts.

Je vous aime et je vous quitte (cache)

Ma seule certitude pour l’année qui vient est d’arrêter les formats quotidiens courts qui manquent de profondeur faute de temps de maturation. De plus en plus envie d’aller vers un format qui se rapproche du livre (cache), peut-être même imprimable si l’on considère que la lecture sur écran n’est qu’un épiphénomène de notre civilisation qui s’effondre tranquillement.

Peut-être qu’à un moment si j’ai envie de publier des liens et pensées, j’utiliserais un service comme write.as (cache) ou micro.blog + mastodon (cache) avec mon propre domaine quitte à faire un cache statique en plus par ici.

Je vois aussi la valeur des listes de diffusions dont certaines sont de petites pépites et ça serait dorénavant très facile à mettre en place (cache) chez moi.

Un format hybride se dessine doucement (serial book (cache) anyone?) je lui laisse le temps de grandir un peu avant d’itérer avec vous.

Avant toute structure, il faut du contenu :-).

December 31, 2018 11:00 AM

December 30, 2018

David Larlet

☕︎ Moitié de vie

Les irremplaçables est un livre sur la non­ linéarité de la vie, les seuils qualitatifs invisibles, un livre de moitié de vie. Mais tous les livres de moi­tié de vie sont des livres de fin de vie. La mort nous a cernés depuis longtemps, et avant la fin de l’enfance, chacun d’entre nous a fait connaissance avec elle. Peut­-être est­-ce cela la définition de la fin de l’enfance ? Mais une nouvelle occurrence de la mort surgit, au milieu de la vie. Rien n’alerte sur le fait que ce soit le milieu. Arithmétiquement, cela ne l’est sans doute pas. Mais cela devient le milieu, car dès lors, l’intuition du che­min qui reste à parcourir, du temps restant, pour chacun d’entre nous, prend forme.

Les irremplaçables, Prologue (cache, PDF 500 Ko), Cynthia Fleury

Au-delà de ce passage qui fait violemment écho, la densité de ce prologue est incroyable. Il est rare que j’ai une telle appréhension à lire un livre car je l’envisage comme trop vertigineux sur ce qu’il pourrait ouvrir en terme de réflexion… et je n’en suis qu’à la page 50 !

Chacun s’est surpris, un jour, à rire seul. C’est d’ailleurs la vérité du milieu du rire, la solitude. On ne rit pleinement que seul.

Partager un rire c’est déjà autre chose. Ce n’est plus de l’indifférence. Cela peut être précisément l’inverse, la solidarité, la complicité ; mais déjà le début de la stigmatisation d’un autre homme si le rire est perverti, flirtant de trop près avec la vexation. Un rire trop majoritaire et c’est le début de la fin.

[…]

Et rire, c’est toujours inventer, au sens où rire préfigure une pensée, une échappée, une liberté. Inventer des âmes, n’est-ce pas là l’objet de l’œuvre ? Et entendons l’œuvre au sens large : l’œuvre d’art certes, mais l’amour, l’amitié, et la Cité. Que vaut une Cité dans laquelle les âmes ne s’inventent pas ?

Ibid.

December 30, 2018 11:00 AM

December 29, 2018

David Larlet

☕︎ Compost et scopyleft

Bien souvent, on ne réfléchit pas à la compostabilité des projets lors de leur conception (quels éléments méritent d’être réutilisés, sous quelle forme, où les mettre à disposition,...). Même lorsque l’on décide de rendre disponible ces ressources auprès des autres, cela ne suffit généralement pas à leur assurer une seconde vie. Il faut dès lors réfléchir à la meilleure méthode pour permettre à la matière produite (les contenus, les données, l’expérience due à nos échecs et réussites,...) d’être réutilisée indépendamment de tout contexte d’usage.

Petit précis de compostabilité des projets (cache)

En ce moment, on essaye de remettre des choses à plat au sein de scopyleft grâce aux super-pouvoirs d’un nouveau venu. Un bon moment pour tester le compost et l’enrichir à plusieurs mains afin qu’il puisse être davantage fertile.

December 29, 2018 11:00 AM

December 28, 2018

David Larlet

☕︎ Conférences gesticulées

Enfin, l’éducation populaire ne consiste pas à proposer à des gens des analyses politiques toutes faites sur le mode de la dénonciation, mais à construire une pensée politique à partir des gens eux-mêmes et de leur expérience concrète de la domination à leur échelle et dans leur secteur. C’est le principe de la conférence gesticulée : fabriquer de l’analyse politique à partir de nos colères, et non pas gober des prêts à penser hystériques.

Franck Lepage : « Le gilet jaune est le symbole d’une conscience de classe qui est en train de renaître » (cache)

Encore une intervention très pertinente de Franck Lepage dont je suis les gesticulations depuis un moment. Quelle alternative à la conférence gesticulée lorsqu’on est à distance ? Lorsqu’on souhaite distribuer ce moment ? J’ai eu des retours inhabituels sur mon bivouac automnal, peut-être un format à creuser, à inventer ?

December 28, 2018 11:00 AM

December 27, 2018

David Larlet

☕︎ Retour en avant

Au moment où cette vague d’artisans de la nouvelle agriculture déferlera, il y a de fortes chances que nous assisterons alors à la fin du pétrole bon marché. Cette nouvelle réalité forcera inévitablement la société à repenser sa relation avec l’agro-alimentaire et le concept des « supermarchés ». Je ne vois pas comment nous pourrions continuer à importer à bas prix des produits venus des quatre coins de la planète. Avec la montée du prix des intrants agrochimiques et celui du carburant qui nourrit les grosses machines agricoles, les agriculteurs conventionnels n’auront peut-être pas d’autre choix que d’adopter des pratiques alternatives d’agriculture biologique. Peut-être vivrons-nous ce que je nomme un « retour en avant » : le métier d’agriculteur retrouvera ses lettres de noblesse et les fermes familiales seront à nouveau valorisées et prospères. Il n’est pas fou de croire que cette évolution est possible et imminente.

Le jardinier-maraîcher - Manuel d’agriculture biologique sur petite surface, Jean-Martin Fortier, 2012/2014

En ce moment, je me documente sur la surface pertinente pour produire quelques denrées potagères à destination d’une poignée de familles. Non pas pour aller vers l’autarcie mais vers la communauté.

Ne pas fuir mais créer, ensemble.

Je reste, pour paraphraser Antonio Gramsci, « pessimiste avec l’intelligence, mais optimiste par la volonté ». L’avenir qui se profile semble bien anxiogène et surtout totalement inconnu. On peut bien faire des milliards de suppositions, il y a de fortes chances de tomber à côté. Il y a alors deux façon de voir l’effondrement : une mauvaise et une bonne et il y en a une qui est inutile. Pensée magique peut-être, mais je ne peux m’empêcher de voir dans ce clair-obscur une lueur d’espoir. De voir resurgir des possibles jusqu’alors étouffés par le rouleau compresseur d’une société folle. D’imaginer que ces graines plantées depuis des années puissent trouver alors un terreau favorable à leur éclosion. Nous avons la chance d’être certainement la génération la plus cultivée, la plus ouverte sur le monde, là aussi je ne pense pas que ce soit un hasard.

Permaculture et effondrement : c’est la Butte finale (cache)

December 27, 2018 11:00 AM

December 26, 2018

David Larlet

☕︎ Fake Internet

Everywhere I went online this year, I was asked to prove I’m a human. Can you retype this distorted word? Can you transcribe this house number? Can you select the images that contain a motorcycle? I found myself prostrate daily at the feet of robot bouncers, frantically showing off my highly developed pattern-matching skills — does a Vespa count as a motorcycle, even? — so I could get into nightclubs I’m not even sure I want to enter. Once inside, I was directed by dopamine-feedback loops to scroll well past any healthy point, manipulated by emotionally charged headlines and posts to click on things I didn’t care about, and harried and hectored and sweet-talked into arguments and purchases and relationships so algorithmically determined it was hard to describe them as real.

Where does that leave us?

How Much of the Internet Is Fake? (cache)

It leaves us busy while others are egoistically ruining the planet for their own good. Quite simple. And realizing it “just” makes you more depressed.

Merry Christmas! Any other question?

December 26, 2018 11:00 AM

December 25, 2018

David Larlet

☕︎ Ochlocratie

J’ai appris récemment que Polybe, Cicéron, Rousseau, Machiavel… croyaient tous qu’à la démocratie succéderait obligatoirement l’ochlocratie. Ou quand le pouvoir n’appartient plus au peuple (Demos), mais à la foule (Okhlos) à l’opinion manipulable. Cela me semble être un risque à considérer, quand on vit dans un monde où l’émotion (par adhésion totale ou indignation complète) semble avoir pris le pas sur le dialogue, et où notre construction intime devient le territoire d’enjeux qui nous dépassent.

De retour d’une conférence d’Étienne Chouard (cache)

J’aurais du mal à dater précisément le moment où ça a basculé ou plutôt le moment où j’en ai pris conscience. Peut-être était-ce cette année, peut-être il y a dix ans. Ce qui importe c’est ce que j’ai pu entreprendre depuis pour aller dans un sens qui m’apporte plus de sens.

Et au final, pas grand chose…

Dit autrement et en caricaturant, préférez-vous une prison dorée ou un enfer libre ? La démocratie c’est l’enfer libre. C’est peut-être prendre les mauvaises décisions mais pouvoir en décider nous.

De la démocratie en France (cache)

December 25, 2018 11:00 AM

December 24, 2018

David Larlet

☕︎ Escaliers externes

Je repense à Montréal et ses allées, lieu de rencontre, de racolage et de voyeurisme aussi, parfois.

Je me souviens de cette légende qui veut ce les escaliers en colimaçon à l’extérieur des maisons, somme toute une bien mauvaise idée dans un pays ou l’hiver est roi, auraient été imposés par une église catholique soucieuse d’éviter toute promiscuité dans la relative chaleur des cages d’escaliers intérieures, préférant pour sauver les bonnes mœurs garder au grand jour les croisements de paroissiens.

Taipei (cache)

Tiens je ne connaissais pas cette légende.

Merci Olivier :-).

December 24, 2018 11:00 AM

December 23, 2018

David Larlet

☕︎ Golden Path

How to build a golden path and reverse software sprawl

  1. Assemble a small council of trusted senior engineers.
  2. Task them with creating a recommended list of default components for developers to use when building out new services. This will be your Golden Path, the path of convergence (and the path of least resistance).
  3. Tell all your engineers that going forward, the Golden Path will be fully supported by the org. Upgrades, patches, security fixes; backups, monitoring, build pipeline; deploy tooling, artifact versioning, development environment, even tier 1 on call support. Pave the path with gold. Nobody HAS to use these components … but if they don’t, they’re on their own. They will have to support it themselves.
  4. Work with team leads to draw up an umbrella plan for adopting the Golden Path for their current projects as well as older production services, as much as is reasonable or possible or desirable. Come up with a timeline for the whole eng org to deprecate as many other tools as possible. Allocate real engineering time to the effort. Hell, make a party out of it!
  5. After the cutoff date (and once things have stabilized), establish a regular process for reviewing and incorporating feedback about the blessed Path and considering any proposed changes, additions or removals.

Software Sprawl, The Golden Path, and Scaling Teams With Agency (cache)

Food for thoughts. Now who is in charge of assembling the council? Is that possible that it comes directly from teams? How to keep the governance minimalist and still have a democratic/self-managed process?

Thanks Mathieu!

December 23, 2018 11:00 AM

December 22, 2018

David Larlet

☕︎ Blackout

I finally took the time to watch Blackout a fiction from Channel 4 mostly based on fears we have about such a situation. It is well executed and you have different realistic profiles for classic topics (resilience, larcenies, elders, medicine and so on). Maybe not the best period to take a look at it, or maybe it actually is more than ever.

Collaboration is quite rare but once again, it is a fiction. Isn’t it?

December 22, 2018 11:00 AM

December 21, 2018

David Larlet

☕︎ Taire ses émotions

Avec le recul que je peux avoir aujourd’hui, c’est mon attitude d’alors qui me parait complètement inappropriée. En taisant mes émotions, je n’ai appris ni à les reconnaître, ni à les assumer. Pire encore : il me semble clair aujourd’hui que je n’agissais pas de manière neutre par rapport à mes émotions, mais plutôt que j’agissais sous leur influence, mais sans en avoir conscience. Car justement, ne sachant pas faire autrement que de les ignorer, je n’en avais tout simplement pas conscience. Pour avoir l’air professionnel, j’ai appris à maintenir mes émotions à distance, à me couper d’elles, et d’une certaine manière, me couper de moi-même.

Faut-il taire ses émotions pour se sentir professionnel·le ? (cache)

Nous ne sommes pas tous équipés de la même manière dans l’interprétation de nos émotions et de celles des autres. Je me sens parfois un peu différent dans ce domaine. Ce n’est pas tant taire ses émotions que d’être dans un contexte permettant de les exprimer et d’avoir l’impression qu’elles soient comprises. Et génèrent des réactions. Aussi sa propre perception du sentiment de professionnalisme peut évoluer mais le cadre professionnel devrait être en capacité de l’accepter également.

Il y a un acte de séduction dans la transmission d’une émotion mais il est trop tôt pour aller plus loin dans le partage de cette réflexion…

December 21, 2018 11:00 AM

December 20, 2018

David Larlet

☕︎ Minimum Viable Governance

The main goals of this proposal are:

  • Be boring: We’re not experts in governance, and we don’t think Python is a good place to experiment with new and untried governance models. So this proposal sticks to mature, well-known, previously tested processes as much as possible. The high-level approach of a mostly-hands-off council is arguably the most common across large successful F/OSS projects, and low-level details are derived directly from Django’s governance.
  • Be simple: We’ve attempted to pare things down to the minimum needed to make this workable: the council, the core team (who elect the council), and the process for changing the document. The goal is Minimum Viable Governance.
  • Be comprehensive: But for the things we need to define, we’ve tried to make sure to cover all the bases, because we don’t want to go through this kind of crisis again. Having a clear and unambiguous set of rules also helps minimize confusion and resentment.
  • Be flexible and light-weight: We know that it will take time and experimentation to find the best processes for working together. By keeping this document as minimal as possible, we keep maximal flexibility for adjusting things later, while minimizing the need for heavy-weight and anxiety-provoking processes like whole-project votes.

PEP 8016 -- The Steering Council Model (cache)

Interesting rationale from the Python Enhancement Proposal regarding the governance of the language itself after Guido quit five months ago.

Inspiring to see how the community itself can achieve its own non-technical rules.

December 20, 2018 11:00 AM

December 19, 2018

David Larlet

☕︎ Inclusive writing

One of my fears is having someone mocking my English skills. In this case I use my fears as a tool to make sure I won’t publish mistakes on my blog. I don’t want to let it stop me from writing altogether. I want to use it as check point. I will ask some people to proof read before publishing instead. Your fears are part of who you are and use them to your benefit.

Blogging and me (cache)

My English is pretty basic and I used to be complexed by that. Today I consider it to be a feature: more people with average level in English can read my writings without too much effort and unknown convoluted words (I had to use one to illustrate, read “complex” ;p). I really like that my knowledge didn’t improve itself but my interpretation of it did improve my way of thinking about it. There is no reality, only your reality. How cool is that?

Very good article by the way, go read it!

December 19, 2018 11:00 AM

December 18, 2018

David Larlet

☕︎ Veggie Christmas

I have finally made myself more at ease with the Christmas celebrations. Now, my sole intent is to cook an inclusive meal. This is my one and only present.

This year, I wanted the meal to reflect even more who I am. So Noémie and I offered our hosts to cook without meat, with fresh, local and organic produce. And they agreed.

A Christmas dinner without meat (cache)

We are doing the same for our 10 days within a chalet in northern Quebec. Nine people and most of the meals are fully vegetarian. Pizzas, pot-au-feu, tartiflette, raclette, etc everything is possible without meat. It tastes different for sure and it is a good way to (re)discover some flavours. Oh and be creative!

I don’t know if this a trend but I encourage you to follow it :-).

Picture of our mushroom wellington A Mushroom Wellington surrounded by roasted vegetables.

December 18, 2018 11:00 AM

December 17, 2018

David Larlet

☕︎ Courage

Commencement et recommencement du courage. « Ce qui est fait n’est nullement fait. Ce qui est déjà fait n’est pas encore fait », ou comment plus on montre du courage, plus il faudra en montrer. Certains jugeront alors qu’il ne sert à rien d’être valeureux, que c’est là le plus sûr chemin du labeur et de la non reconnaissance. Comment les en dissuader ? Car ils ne se trompent pas quand ils évaluent ainsi le courage, et d’une certaine manière la volonté. Pour Jankélévitch, la ressource continue d’être en soi, comme si c’était là l’autre nom de l’essence humaine ou de son for intérieur. « Disons plutôt que, comme ces joies d’un convalescent qui redécouvre le charme d’exister, l’effort, tel l’oiseau Phénix, régénère inlassablement dans les cendres de la tâche accomplie. » Tel est donc bien l’autre nom du courageux, un convalescent.

[…]

Pour autant, le courage est sans échec possible car ce qui compte dans le courage ce n’est pas le résultat mais l’acte. Le courage réhabilite tous les échecs possibles. Il démontre, d’une certaine manière, que l’échec est une illusion. Il est plastique : là ce sera résister et rompre, là ce sera endurer et tenir. Le courage n’est pas l’apanage exclusif de l’extraordinaire. Le courage, c’est aussi ce qui vous fait devenir courageux, le petit acte quotidien qui alimente l’estime de soi et lutte contre l’entropie collective.

Le courage du commencement, Cynthia Fleury (cache)

Merci Cynthia. Et Aurélien, le courageux messager :-).

December 17, 2018 11:00 AM

December 16, 2018

David Larlet

☕︎ Overbuilding the Infrastructure

In conclusion, calculating only the energy payback times of individual solar panels or wind turbines greatly overestimates the sustainability of a renewable power grid. If we want to match supply to demand at all times, we also need to factor in the energy use for overbuilding the power generation and transmission capacity, and the energy use for building the backup generation capacity and/or the energy storage. The need to overbuild the system also increases the costs and the time required to switch to renewable energy.

How (Not) to Run a Modern Society on Solar and Wind Power Alone (cache)

Efficiency vs. resiliency. The latter always requires some kind of redundancy. And this is why capitalism leads to the former. When you think with short-terms achievements, efficiency is way less costly. And capitalism is all about reducing costs.

For the current generation only…

December 16, 2018 11:00 AM

December 15, 2018

David Larlet

☕︎ Question de taille

Aujourd’hui, l’agoraphilie est très présente du côté des assemblées générales de sites occupés (Zones À Défendre), etc.. La démocratie directe est aussi le régime privilégié par l’écologie sociale du municipalisme libertaire, théorisé par Janet Biehl et Murray Bookchin. Cela dit, au sujet de la question de la taille, un autre anarcho-écologiste, John Clark, s’inquiète que l’assemblée générale citoyenne, centrale au municipalisme libertaire, soit de trop grande taille et qu’elle ait un effet d’homogénéisation qui effacerait la diversité propre à une communauté de la taille d’une municipalité. Sans nécessairement renoncer à l’assemblée citoyenne de la commune autonome, il propose donc qu’il y ait aussi des assemblées dans de plus petits ensembles, par exemple dans des lieux de travail, et aussi de conserver les groupes d’affinité où se retrouveraient des catégories d’individus partageant des désirs, besoins et intérêts spécifiques, par exemple des femmes, des personnes trans, des jeunes et des enfants, des musiciennes et musiciens, etc. Le système apparait alors — un peu — comme ce qui a été mis sur pied lors d’Occupy et de Nuit debout : une assemblée générale, mais aussi un ensemble de comités ou commissions regroupant les individus qui s’intéressent à tel ou tel sujet, qui s’organisent de manière autonome et qui participent aussi (ou non) à l’assemblée générale.

Bref, la question de la taille réapparait même dans des communautés de taille plutôt réduite, comme une simple municipalité ou une occupation d’une place dans un centre-ville. Car la question n’est pas seulement mathématique, à savoir le nombre d’individus ; il s’agit aussi d’une question de diversité, de pluralisme, un enjeu qui touche même des communautés comptant un nombre restreint d’individus.

Démocratie directe, violence et technologie : un entretien avec Francis Dupuis-Déri (cache)

Je m’intéresse aux tailles de communautés depuis un moment. Je distingue maintenant aussi le contexte du participant qui peut vouloir être dans un entre-soi bien-pensant confortable à certains moments et être confronté à un climat plus hostile à d’autres. Je ne considère pas qu’avoir des lieux de refuge pour se recharger en énergie et se serrer les coudes soit particulièrement malsain si cela est fait en conscience. Ce que j’ai malheureusement pu une nouvelle fois observer, c’est qu’un tel lieu est lié à sa taille. Passé un certain seuil, il semble qu’il y ait un déclic psychologique qui scinde/polarise la communauté. Peut-être est-ce une bonne chose, cette fragmentation étant à l’origine d’un nouvel essaimage…

Ce qui a changé avec l’âgeexpérience ? Je mets moins de temps à prendre la fuite.

December 15, 2018 11:00 AM

December 14, 2018

David Larlet

☕︎ Construire des communs

Ce document décrit les grandes catégories d’engagements mutuels et de comportements nécessaires pour garantir un usage libre, juste et pérenne des services numériques qui servent l’intérêt général, en particulier lorsqu’ils sont coproduits par des acteurs publics. Au-delà de ces catégories, il propose des bonnes pratiques qui permettent la constitution de véritables communs dans lesquels les usagers sont au cœur des décisions.

Construire des communs numériques

En ce moment, je fais un peu d’archéologie dans mes onglets et je prends le temps de lire des ressources longues. Je retombe sur ce superbe travail de Matti dont j’apprécie particulièrement les métaphores proposées (cache). La mise en commun est aisée, ce sont les incidences ambiguës que cela peut avoir qui sont généralement plus difficiles à gérer pour une communauté.

Mais c’est peut-être aussi là où réside l’intérêt de la mise en commun : pourquoi faire ensemble ?

December 14, 2018 11:00 AM