Estimez-vous cette carte nouvelle
Qui veut de Tendre apprendre le chemin ?
Jean Regnault de Segrais, Sur la carte de Tendre.
Pour arpenter la ville, il faut la dessiner.
Si l’on applique la distinction marxienne entre Infrastructure et Superstructure au couple Hardware et Software, il pourra sembler évident que l’infrastructure correspond au hardware et la superstructure au software. Or Pierre Veltz, lors d’un séminaire organisé ce jour par Ars Industrialis à Nantes, a fait une remarque tout à fait juste qui m’a fait reconsidérer cette pseudo évidence.
Il se trouve que le Software est effectivement devenu l’Infrastructure et le Hardware la Superstructure : il est en effet très facile de changer de machine ou de serveur, c’est à dire de hardware, beaucoup moins de software. Nos problèmes d’adhérence et de dépendance sont avant tout des problèmes logiciels et non matériels.
Avec l’industrie du numérique le Soft est devenu le Hard, le software c’est l’infrastructure. La tendance va-t-elle faire apparaître que l’infrastructure n’est plus le software (première stupeur) mais les data (deuxième stupeur) ?
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Qui veut de Tendre apprendre le chemin ?
Jean Regnault de Segrais, Sur la carte de Tendre.
Pour arpenter la ville, il faut la dessiner.
La seconde tourna ses grands yeux froids, avides,
Vers Lui, le bien-aimé, l'homme vivant et fier
Qui, venu de Paris, peignait d'un pinceau clair
Ces pierres, et ce ciel, et ces lointains limpides.
Charles Cros, Déserteuses.
La ville s'échappe en phrases verticales.
Le Rhin n'est plus une frontière ;
Amis, c'est notre grand chemin,
Et, maintenant, l'Europe entière
Sur les deux bords se tend la main.
Alfred de Musset, Le chant des amis.
Une frontière pour séparer deux pays.
Une voie ferrée pour joindre deux villes.
Des vignobles sur les collines de Champagne.
Le lieu est un déplacement.
En ce vert bois doncques m'acheminai
Et ci et là, seulet, me promenai
Dessous rameaux et branches verdelettes ;
Me promenant, pensais mille chosettes.
Michel d'Amboise, Le printemps.
Couper la journée sous la charmille. Couper le bois entre le boulot. Et s'évader.
La salle au noir plafond de poutres, aux images
Violentes, Maleck Adel et les Rois Mages,
Vous accueille d'un bon parfum de soupe aux choux.
Paul Verlaine, L'auberge.
Des carottes, du gingembre coupé en morceaux fins, de l'oignon vert coupé, quelques carottes coupées fines en long et de la viande hachée de porc.
Mélanger l'oignon vert, le gingembre et le porc haché en boulettes et les mettre dans l'eau avec le dashi.
Ajouter des légumes, des nouilles transparentes et laisser cuire en couvrant.
Servir avec un bol de riz
Il y a différents régimes du virtuel : le virtuel cosmique (le gland est en puissance le chêne), physique (la matière est en puissance la statue) et métaphysique (l’être, le réel, les possibles). Or, si l’on veut expliciter le virtuel dans son actualité contemporaine il faut pour cela considérer un autre régime du virtuel, celui que nous appellerons techno-anthropologique.
Cette perspective techno-anthropologique s’inscrit dans une tradition de pensée française qui va de Leroi-Gourhan à Bernard Stiegler en passant par Gilbert Simondon et Gilles Deleuze.
Au fondement de ce courant de pensée, le postulat que ce qu’on appelle « l’homme » n’est absolument pas quelque chose de stable, de donné une fois pour toute et qui pourrait faire l’objet d’une définition quant à son « identité ». L’approche est ici anthropologique en ce sens que la question de l’homme s’instruit à partir du processus d’hominisation.
Or, ce processus d’hominisation est lui-même à comprendre à partir de ce que Leroi-Gourhan appelait « le processus d’extériorisation ». A vrai dire, le terme d’extériorisation est peut-être mal choisi en ce sens qu’il suppose une forme d’intériorité qui préexisterait, telle quelle, dans l’esprit humain, avant d’être proprement extériorisée – projetée à l’extérieur – que ce soit dans les premiers outils ou dans les peintures rupestres de Lascaux.
Le processus d’extériorisation ne peut être compris en recourant à l’analogie d’un processus cinématographique qui projetterait sur la toile extérieure l’intimité de la conscience. Pour le dire autrement, la partition entre intérieur et extérieur n’est pas jouée d’avance et a priori, elle s’institue elle-même au travers du processus d’extériorisation.
De la même manière, le processus d’écriture ne consiste pas simplement à coucher sur le papier des mots et des phrases qui seraient déjà inscrits dans le cerveau : ce n’est qu’en écrivant que l’on peut se rendre compte de ce dont on est capable, et « intérioriser » en retour ce qui a été « extériorisé ». Le processus d’extériorisation entraîne en retour un processus d’intériorisation ; nous qui avons à la fois hérité et produit ces technologies numériques, il faut à présent nous demander ce que les technologies du virtuel numérique nous font en retour. C’est là l’enjeu des Digital Studies.
La technique est précisément ce qui accompagne et concrétise (dans une langue, dans une écriture, dans le système des objets techniques) ce processus d’extériorisation en nous dotant de l’ensemble des prothèses qui font – comme aime à le rappeler Bernard Stiegler – qu’il s’agit du « défaut qu’il faut ». L’homme est en défaut, un défaut de qualité qui ne lui laisse aucune chance dans le règne du vivant ; mais c’est pourtant à partir de ce défaut que la nature technique de son processus d’hominisation se manifeste dans toute sa nécessité.
Si j’insiste de la sorte sur ce processus d’extériorisation – qui est un processus technique et aujourd’hui technologique – c’est parce que c’est lui qui produit le virtuel techno-anthropologique qui nous intéresse au premier chef. Ce virtuel, comme le rappelait Deleuze, n’est absolument pas opposé au réel ; il en constitue un filtre ou un révélateur (au sens chimique du terme) qui nous donne une vision « augmentée » du réel. Allons même plus loin : le virtuel est ce que nous retenons, ce qui nous guide et ce que nous interprétons du réel. Le réel est toujours surdéterminé par nos techniques de virtualisation, des premières formes de langage aux écritures numériques contemporaines.
Nous autres, occidentaux, nous ne survivrions pas plus de quelques jours dans la jungle amazonienne comme peuvent le faire les peuples que nous nommons « primitifs ». La raison en est que nous ne possédons pas le même filtre virtuel ; là ou ne voyons et ne distinguons rien dans l’abondance végétale, eux voient les opportunités et les dangers, et savent « lire » la jungle (tout comme on dit que les Inuits disposent d’un vocabulaire plus riche que le notre pour désigner la neige dans tous ses états). Mais l’inverse est aussi vrai, un « primitif » à Paris ne survivra probablement pas à notre jungle urbaine, à ses codes et à ses écritures (Situation exploitée dans nombre de scénarios de films de comédie ; on met un « Indien à Paris » ou Mr Pignon en Amazonie).
En ce sens, le virtuel est ce qui donne proprement un sens au réel ; ce qui permet de l’interpréter et qui l’inscrit dans l’ordre du signifiant. Le virtuel est la condition de représentation des choses ; il nous donne des calendarités et des cardinalités qui nous permettent de nous orienter et, à ce titre, les cultes et les cultures s’inscrivent pleinement dans une histoire des techniques de virtualisation.
Le langage est donc une technique de virtualisation. Le virtuel est toujours ce qui dit et qui énonce le réel. Ce dire et cette énonciation se sont dotés de techniques d’écriture qui sont du même coup des mnémotechniques, des techniques de mémoire.
Il y a eu un virtuel graphique avec la grotte de Lascaux, un virtuel hiéroglyphique avec les égyptiens, cunéiforme avec les mésopotamiens, alphabétique avec les Grecs, imprimé avec Gutenberg, puis analogique avec la photo, l’audio et la vidéo du XIX° et surtout du XX ° siècle. A présent, il y a un virtuel qui s’écrit en numérique – dans le silicium – et qui fait l’objet de ce que nous appelons, à Ars Industrialis, les « Digital Studies », en tant que ces études s’attachent à un stade particulier de l’évolution des systèmes techniques au sein d’une “organologie générale”.
Or, pourquoi n’y a-t-il pas une politique industrielle des technologies du virtuel en Europe et particulièrement en France ? Il y a certainement un faisceau croisée de causes, mais si une forme d’autonomie du virtuel a été acquise en le distinguant du possible (cf. Bergson), notre époque récente a toutefois eu tendance à le diluer dans ce que nous avons appelé, à Ars Industrialis, « la fable de l’immatériel » ; fable qui a fait que l’on nous a présenté le numérique comme étant un « virtuel immatériel » c’est à dire qui n’aurait aucune réalité. Cent ans de travaux et de recherche mis au panier et l’on revient avant Bergson. Car en utilisant le mot « immatériel », on ne peut que placer le virtuel dans une opposition au réel, là ou nous avons vu que non seulement il compose avec le réel mais il le sur-détermine, en ce sens qu’il l’énonce et le dit.
*
Sur cette question du virtuel je vous conseille la vidéo d’un débat organisé à Nantes entre Philippe Quéau et Bernard Stiegler.
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The latest version of XSLTUnit (v0.2) is from January 2002 and people sometimes ask me if the project is dead and when XSLTUnit will support XSLT 2.0.
The short answer is that you can already use XSLTUnit with XSLT 2.0.
The project is not dead and if I haven’t published any new version it’s just because XSLTUnit meets my needs and nobody has ever asked me any update.
I use it a lot and, no later than this afternoon, came on a new opportunity to use it to add unit tests to a function that I needed to debug for the Owark project.
Following ideas to develop a web service to create page archives, I was writing an XSLT transformation that analyses Heritrix crawl logs to determine what needs to be packaged into the archives and one of the touchy functions is to create user friendly local names that remains unique within the scope of an archive.
My first naive attempt didn’t survive real world tests and results were rather disappointing.
Using these results as a test suite was an obvious idea…
To do so, I have used log.xml, a real crawl log converted to XML as my source document and local-names.xml, the result of the transformation, as a reference.
The XSLTUnit transformation that exploit these documents, local-names.xsl, is very simple and is a nice example of what you can do with this framework and how you can use it with XSLT 2.0.
An XSLTUnit test suite is an XSLT transformation that imports both the transformation to test and xsltunit.xsl:
<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?> <xsl:stylesheet version="2.0" xmlns:xsl="http://www.w3.org/1999/XSL/Transform" xmlns:exsl="http://exslt.org/common" extension-element-prefixes="exsl" xmlns:xsltu="http://xsltunit.org/0/" xmlns:owk="http://owark.org/xslt/" exclude-result-prefixes="exsl"> <xsl:import href="../actions/resource-index.xslt"/> <xsl:import href="xsltunit.xsl"/> .../... </xsl:stylesheet>
Here, the test suite and the XSLT transformation to test are both XSLT 2.0 and with Saxon they just work fine with xsltunit.xsl which is XSLT 1.0.
A XSLTUnit test case is composed of comparisons, and a test case to test that the value of the owk:local-name() function on a specific log entry is equal to “index.xml” could be:
<xsltu:test id="index"> <xsl:call-template name="xsltu:assertEqual"> <xsl:with-param name="id" select="'index'"/> <xsl:with-param name="nodes1"> <name> <xsl:value-of select="owk:local-name(/log/entry[uri='http://eric.van-der-vlist.com/blog/'])"/> </name> </xsl:with-param> <xsl:with-param name="nodes2"> <name>index.html</name> </xsl:with-param> </xsl:call-template> </xsltu:test>
This crawl log includes 292 resources and you wouldn’t want to copy and past 291 times this snippet… No problem, you can just use some XSLT power and write:
<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<xsl:stylesheet version="2.0" xmlns:xsl="http://www.w3.org/1999/XSL/Transform" xmlns:exsl="http://exslt.org/common" extension-element-prefixes="exsl" xmlns:xsltu="http://xsltunit.org/0/"
xmlns:owk="http://owark.org/xslt/" exclude-result-prefixes="exsl">
<xsl:import href="../actions/resource-index.xslt"/>
<xsl:import href="xsltunit.xsl"/>
<xsl:output method="xml" version="1.0" encoding="UTF-8" indent="yes"/>
<xsl:variable name="local-names" select="doc('local-names.xml')/index"/>
<xsl:key name="log-by-uri" match="/log/entry" use="uri"/>
<xsl:template match="/">
<xsltu:tests>
<xsl:for-each select="$local-names/resource">
<xsltu:test id="{uri}">
<xsl:call-template name="xsltu:assertEqual">
<xsl:with-param name="id" select="uri"/>
<xsl:with-param name="nodes1">
<local-name>
<xsl:value-of select="owk:unique-local-name(key('log-by-uri', current()/uri, $source ))"/>
</local-name>
</xsl:with-param>
<xsl:with-param name="nodes2">
<xsl:copy-of select="local-name"/>
</xsl:with-param>
</xsl:call-template>
</xsltu:test>
</xsl:for-each>
</xsltu:tests>
</xsl:template>
</xsl:stylesheet>
When you’ve done so, you can edit “local-names.xml” that contains the expected values so that they look more like what you want to, run the test suite to detect the differences, update your transformation accordingly and iterate.
L'évènement phare de l'AFUP, le Forum PHP, approche à grands pas et aura lieu les 5 et 6 juin prochains.
Si vous comptez venir à l'édition 2012 du Forum PHP et que vous voulez le faire savoir, n’hésitez pas à utiliser le code HTML suivant :
<a href="http://afup.org/pages/forumphp2012/">
<img src="http://afup.org/templates/forumphp2012/images/bandeau-forum-php-2012-fr-small.jpg" alt="Forum PHP 2012, j'y serai !" />
</a>
Ce qui donne le résultat suivant :
Ce bandeau est aussi disponible en plus grande taille et en anglais :



Et si vous n'avez pas encore réservé vos places, foncez sur la billetterie ! Le programme est très riche, et promet un cru 2012 très intéressant.
by Xavier Lacot (xavier@lacot.org) at April 24, 2012 01:52 PM
No matter how lean you are
It is better to be alive
But when you attempt
To catch an eel
Don't let the river wash you away!
Yakamochi, Two poems ridiculing a lean man.
Sri a trouvé au Japon des écheveaux de coton naturel fait main. Les motifs du coton repliés m'ont soudainement remémorés les caissettes de bois utilisées pour transporter les nouilles de ramen. Elles même tournées en écheveau afin qu'elles ne se mélangent pas.
Le premier artisan de ramen a-t-il quitté son métier à tisser pour cuisiner ses premières nouilles et se servir un bol chaud de ramen ?
Fatalement, les novices s'y perdent.
Kamo no Chomei, Notes sans titre.
Les anonymes sont de passage. À peine connus, jamais reconnus, nous les oublions. Ils font partie du flot de notre vie.
À cause de la rosée
De la lande de Miyagi
Où l'on chasse aux flambeaux
Les rinceaux de ma tenue/Moi qui languis
Pas une nuit ne sèchent
Ōe no Masafusa, Notes sans titre.
Un peu comme les carnets de note de la mission Iwakura, les Notes sans titre, écrites en 1212, de Kamo no Chomei m'auront pris beaucoup de temps. Le texte est court mais il y a tant de notes de bas de page, de références culturelles inconnues, de sujets à explorer que parfois une page prend plusieurs jours à lire. Le livre est sémantiquement dense en possibilités de voyages.
Hier, je lisais donc ce poème de Ōe no Masafusa se trouvant dans le chapitre 69 des Notes sans titre dédié à « De la manière d'utiliser les toponymes. » La note de bas de page indique :
Ōe no Masafusa, Recueil de poèmes des milles années, Été, nº194. Dans l'original, l'auteur utilise pour désigner sa tenue de chasse le terme « shinobu mojizuri » (impression de motifs à la façon de Shinobu). Ce mode de teinture, qui consistait à extraire de la teinture mauve de la racine de la fougère dite shinobu-gusa, d'en imprégner la plante et de l'appliquer sur l'étoffe à la manière d'un tampon, était la spécialité du district de shinobu dans la province de Michinoku.
Kamo no Chomei, Notes sans titre.
Mon esprit buissonnier s'évade déjà de la page. teinture mauve, racine de la fougère, étoffe, tampon. Et Shinobu ?
Je trouve une autre mention dans un poème antérieur du IXeme siècle. « shinobu mojizuri » est présent dans le poème 14 par Minamoto no Tōru dans l'anthologie de cent poèmes, cent poètes
みちのくの
しのぶもじずり
たれゆえに
みだれそめにし
われならなくに
Kawara no Sadaijin (Minamoto no Tōru), poème 14, cent poèmes, cent poètes, ~822-895.
Où se trouve Shinobu ? Dans quelle province aujourd'hui ? Dans les carnets de voyage de Basho, La Sente étroite du Bout-du-Monde, 500 ans après il y a une mention de Shinobu et de la technique d'impression à partir de fougères.
The following morning, we set off to Shinobu in search of the Fern-print Rock. We found it half buried in the soil of a remote hamlet over-shadowed by a mountain. Some village children came up and told us that, in the old days, the stone had stood on top of the mountain. But the people who went up there to rub the cloth on the stone with ferns had torn off leaves of barley too. The farmers had become so annoyed, they had pushed the stone down into the valley – which was why it was now lying upside down. The story was not impossible: hands planting seedlings were hands once rubbing patterns with ferns, long ago
Basho, La Sente étroite du Bout-du-Monde, ~1702.
La pierre sur laquelle travaillaient les artisans est toujours visible. Elle se trouve dans le district de Fukushima (à une centaine de kilomètres de la centrale, car je suis sûr que c'est la première question qui s'est posée). La fougère utilisée semble être la Davallia.
Je n'ai pas trouvé d'informations (encore) sur le processus, ni la technique employée pour extraire la couleur mauve de la racine de la fougère, ni la technique d'impression sur le tissu présent dans ces poèmes. L'indigo est partout présent dans les techniques de teinture. Il est présent dans la culture japonaise des textiles depuis longtemps avec une prédominance dans la période Edo.
Erika Beyer a réalise de jolies planches comme l'Equisetum avec deux couleurs : jaunes et vertes.
Il existe encore des artisans teinturiers utilisant des teintes naturelles à base d'herbe ou de bois comme Masaaki Aoki ou encore Betty de Paris qui créé des tissus avec des techniques de teintures naturelles japonaises. Aboubakar Fofana est un chercheur en Indigo qui confronte les traditions maliennes avec celles du Japon.
Je n'avais ni fougères, ni manuel de techniques de création de teinture à la fougère. Alors comme nous épluchions du fenouil, je voulus me joindre à Kamo no Chomei et Basho. Je pris une cartouche d'encre et une assiette rose. Elle avait coupé quelques branches de fenouil, j'en pris une bien verte que je déposais dans l'encre. Sur mon carnet j'écris le poème de Ōe no Masafusa. Je prends le fenouil trempé de noir et l'applique sur les pages du carnet pour y laisser le motif en pensant au rocher de Shinobu.
Ce soir encore, j'ai de l'encre sur les doigts. Je ne frotte pas trop fort quand je me lave les mains. Je veux garder le souvenir encore quelques jours.
Note: this article is a summary of my 12 minutes talk at djangocong.
I'm in Japan for 7 months now and I thought that the harder times would have been to deal with the distance from family and friends. Actually, it's not. Because those people can take a plane or give a Skype call, what is difficult is to be far from your communities.
A community is a group of people (cum) sharing something (munus), this is all about sharing a common good and interacting with the other members of the group. I think we can go a bit further in that definition adding the notions of vision and values associated to that group. During that time in Japan I realized how important communities are, not only to interact with but because they define yourself. Your personal story is the sum of all interactions you have with your communities. (Warning: if you're only defining yourself with one community, it's probably a sect.)
Initially, you probably started to ask for help as your first contact with the Django community but that was an transient state to both increase your knowledge and know cultural codes of this particular community, to be able to communicate, to feel part of it and to give your knowledge back. Unfortunately some people never reach that point and I think that it has to do with the size of the community. I highly recommend the reading of Clay Shirky, A Group Is Its Own Worst Enemy on this topic:
And, finally, you have to find a way to spare the group from scale. Scale alone kills conversations, because conversations require dense two-way conversations.
I identified 5 ranges of sizes from my own experience:
Those figures may seem extreme and too precise, that's of course an approximation of the different patterns I identified. I'm not saying here that all participants from a group of more than 50 people are consumers, that's just the limit where you start to see people joining the community with that profile (going to an event to look for a job, joining an IRC channel to finish a project, etc).
Given those sizes, determine your involvement in each of your communities. Does it define what you would really like to be? Should you focus a bit more on this community? Is your help still valuable in this other? Your interactions with those communities evolve with time because you're evolving too. There is no shame about that, just be clear on what you're trying to do. This is all about communication, be honest with others, with yourself.
Let's focus on Djangocong, given the growing popularity year after year and the lack of new seats, it has been stated as an elitist event. I understand that it can be considered like that from an external point of view even if I regret it but that's the price of the conviviality you can't achieve with consumers. The solution is as obvious as the original title of the conference: Les rencontres Django. Why is there only one event with such a title? Go on, create your own (local) event and benefit from the help of the community. You're already a talker, level up and become a doer!
One thing I learned in Japan, is the importance of the group on behalf of the individual and how it can transcend a society. We should think a bit more about that in our more and more individualistic societies.
Le processus de prolétarisation (qui est un processus de perte de savoir) a beaucoup à voir avec les logiques d’automatisation. En effet, ce qui est automatisé est par définition ce qui peut être pris en charge par les machines et, une fois délégué aux machines, il y a nécessairement des logiques de pertes de savoir, d’un savoir qui passe dans la machine.
Par rapport à ce contexte, il faut se méfier de deux choses :
Je n’insisterai pas ici sur le premier point, à savoir les « vertus » de la prolétarisation, mais plutôt sur le second, sur la question de l’automatisation.
Disons le tout de suite, l’automatisation n’est absolument pas antinomique avec la production de nouveaux savoirs. On peut même affirmer qu’il n’y a pas de progression dans les savoirs sans que ne se mettent en place des automatismes.
Qu’il s’agisse d’un joueur de tennis, d’un artisan ou d’un universitaire, tous ont besoin de créer des automatismes pour progresser dans leur activité. Créer des automatismes, c’est précisément entériner des savoirs ou des comportements pour ne plus avoir à s’y intéresser, à y faire attention, afin de concentrer son attention sur de nouvelles choses.
Ces automatismes sont possibles parce qu’ils s’inscrivent dans la configuration des tissus neuronaux de notre cerveau. Là où la plasticité des neurones diminue se créent des automatismes.
Prenons l’exemple de la lecture et de l’écriture : si, après des années de pratique, nous pouvons lire à plus grande vitesse et notamment lire sans plus y faire attention ( en nous concentrant « sur le fond » comme on dit), c’est précisément parce que les connexions neuronales qui se sont constituées lors de l’apprentissage se sont, de part la fréquence de leur sollicitation, rigidifiées.
Il n’y a donc pas que le cerveau dit « reptilien », siège des automatismes régulateurs de base de notre corps, qui soit rigide. On dit de ce dernier qu’il est rigide au sens où il n’apprend rien et nous est pour ainsi dire inaccessible : il a toujours le premier mot, celui des réflexes et des pulsions. La plasticité du néocortex fait aussi place à des possibilités de « cristalisation » des voies neuronales : ici la rigidité est le signe d’un savoir qui s’y inscrit.
Tout automatisme est donc un jeu d’écriture neuronal qui va figer certaines parties du néocortex. On explique souvent cette fixation d’une circuiterie neuronale par une double causalité :
Par où l’on voit que l’attention, aussi puissante soit-elle, n’est que le « petit bout de la lorgnette » dont nous disposons pour orienter le cours de notre développement neuronal. Et ce développement doit nécessairement passer par des choix sur que nous souhaitons inscrire dans nos circuits neuronaux, c’est à dire sur ce que nous souhaitons automatiser, afin précisément de pouvoir porter notre attention sur de nouveaux objets d’étude, sur de nouveaux investissements.
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Il est donc difficile de dire aujourd'hui duquel de ces deux endroits il s'agit.
Kamo no Chomei, Notes sans titre.
À partir de quand le lieu publique devient un lieu de contraintes. Comment définissons nous ces contraintes ? Comment laissons nous vivre les espaces afin que la chaussée puissent être à la fois lieu commun et lieu d'affaires ? La place des arts à Montréal bien « qu'animée » d'événements artistiques et d'installations est stérile.
Il ne faut pas en parler à tort et à travers.
Kamo no Chomei, Notes sans titre.
Le territoire et son usage.
Le maître de la Loi Shun.e baptisa sa résidence le « Jardin boisé de la poésie. »
Kamo no Chomei, Notes sans titre.
Depuis quelques jours, elle boit le thé vert dans un pot de confiture. Elle aime sa forme.
Quand je repense à tout cela très calmement, je suis très touché.
Kamo no Chomei, Notes sans titre.
À trop travailler chez soi, l'oubli absorbe le bruit de la ville.
Quand on respecte la Voie de la poésie, il faut avant tout garder un cœur pur.
Kamo no Chomei, Notes sans titre.
Un lit de somen, quelques concombres, tomates et morceaux de feta.
Ah ! Que tout cela est futile…
Kamo no Chomei, Notes sans titre.
Sur le marché de Vancouver, un groupe de personnes (étudiants, touristes ?) posaient des questions aux différents selon un questionnaire établi. Leurs questions étaient imprimées sur plusieurs feuilles de papier avec des espaces généreux pour écrire les réponses. Une jeune femme cependant a procédé autrement. Elle a pris une photographie de la feuille de papier avec sa tablette et utilisait le clavier de sa tablette pour écrire les réponses aux questions.
Les transitions dans les usages communs entre numérique et papier me fascine toujours. Il y a ce que les entreprises conçoivent et ce que les gens font de ces outils. Il nous faut créer des services et des contenus que les gens peuvent réutiliser à leur guise.
Une recherche d’image représentant Joseph et Jésus m’a conduit à celle-ci :
Voici donc le « petit Jésus », accompagné de Marie, devant Joseph et son atelier.
Je reste un instant à regarder cette peinture dont j’ignore l’auteur. Quelque chose m’attire dans ce tableau ; quelque chose qui, en même temps, me gêne. Je pense aux dessins de Martine, ou encore à une image de catéchisme :
Tout est très bien éclairé, il n’y a pour ainsi dire aucune part d’ombre, contrairement à représentation de Joseph et Jésus par Latour :
Mais, ce qui me retenait dans cette scène, c’était en fait cette représentation de la piété et de l’innocence. On croit rêver tant tout cela paraît irréel, factice. Et, certainement, le noeud de la facticité revient au jeu des regards.
Tous ont une activité manuelle : Joseph sa planche, Jésus son équerre et Marie son aiguille à tricoter, mais ils ne regardent pas leurs mains ou l’objet qu’elles manipulent. Se regardent-ils ? On le croit ; jusqu’à ce qu’on y regarde de plus près ; en fait leurs regards se manquent. Ils sont trois dans ce petit espace, et pourtant ils ne se regardent pas. Pour être plus précis, ils regardent tous dans le vide.
La piété supposée du tableau se renverse alors ; ce ne sont plus des illuminés au sens religieux mais au sens psychiatrique ; ils sont fous.
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L’école est une institution de programme. A ce titre, le XX° siècle est le théâtre d’une concurrence entre les industries de programme et les institutions de programme.

Un siècle plus tard, les auteurs de L’École, le numérique et la société qui vient, font écho de l’instrumentation croissance des institutions de programme par les industries de programmes qui donnent le tempo, un tempo dicté par l’économie de marché.
Les émission de contenus ont pris le pas sur les transmissions de savoir.
Malgré tout, il y a un laisser faire de la puissance publique qui traverse toutes les alternances politiques ; un laisser faire qui nourrit la misère croissante de l’école et tend à la soumettre totalement au marché de l’éducation, un marché prédateur avec ses solutions de « eLearning ».
Aujourd’hui, l’enjeu consiste à renverser la domination des institutions de programmes par les industries de programmes grâce à la nouvelle donne numérique.
Mais le numérique en tant que tel ne dit pas grand chose, c’est pourquoi je voudrais souligner deux modalités de travail et d’enseignement qui sont particulièrement revisité avec le numérique, à savoir les modes de travail contributifs et collectifs d’une part, et l’enseignement en mode projet (pour faire écho au travail en mode projet) d’autre part :
1. Le travail collaboratif, que beaucoup d’entre nous vivons dans nos organisations, qu’elles soient publiques ou privées, est de plus en important. Mon sentiment est que cet aspect contributif n’est pas assez développé à l’école, il n’est pas interrogé et ne fait pas l’objet d’une critique. Je rappelle que le milieu numérique – qui est le cadre dans lequel j’aborde la question de l’enseignement et de l’école – est un milieu qui a fait apparaître des pratiques de travail collaboratives à distance qui ont fait émergé ce que nous appelons une économie de la contribution. Dans les équipes internationales que j’ai pu fréquenter, on peut constater un déficit des français en matière de savoir-faire collaboratif et de travail collectif (sauf, bien sûr, pour ceux qui ont contribué à titre personnel à des projets contributifs) ; je pense que cette situation se retrouve également dans les milieux de la recherche où les papiers en sciences humaines comportent un nombre de co-auteurs plus important dans les autres pays qu’un France. En philosophie, c’est presque la règle un « 1 auteur = 1 publication » qui est très incarnée dans nos mentalités et dans nos pratiques.
2. Sur la notion de projet, il me semble que l’on parle plus de projets pédagogiques à destination des élèves que de placer les élèves eux-même en situation de projet : certes il y a toujours une sortie a musée par ici, un exposé par là, mais l’élève est plus souvent en situation de réceptacle d’une somme de connaissance, avec tout l’aspect massif que comporte cette métaphore, qu’en situation de projet c’est à dire avec des attentes et des protentions.
Participer à d’un projet, travailler en mode projet, c’est pouvoir se projeter, dégager un avenir dans et par les savoirs. Et c’est cela que court-circuite le dictat du temps réel des technologies numériques que le souligne Philippe Meirieu en parlant de :
« temps réel qui est en réalité la disparition de la temporalité »
Être en situation de projet c’est faire l’expérience vivante d’une transdisciplinarité incarnée où l’on fait à la fois de l’économie, de la psychologie, de la technique, etc.
Bref, n’y a t il pas un fonctionnement « en silo » des disciplines entre lesquelles les passerelles restent bien souvent à faire ; et il y aurait de beaux projets à faire dans cette appropriation transdisciplinaire si elle pouvait ne serait-ce que faire sauter la maudite opposition entre « littéraires » et « scientifiques ». (Dès le CE1 on explique aux élèves ce qu’ils sont : littéraires ou scientifiques en leur inoculant du coup un sentiment de résignation et de fatalisme dans leur rapports à des savoirs disciplinaires.)
D’une manière générale, Denis Kambouchner a raison de rappeler que l’école est devenu une caisse de résonance – qui résonne parce qu’elle est vide et creuse – parce qu’elle ne propose par de thérapeutique à la propagation, en son sein, des maux de la société en pleine transformation.
Comment penser qu’un enfant qui n’a pas sa chambre, qui vit dans une forte promiscuité, qui ne peut pas être seul avec lui-même, qui subit l’ambiance sonore de la télévision et ne se couche pas avant 23h, puisse apprendre correctement ? L’école ne peut pas régler les problèmes de logement et pourtant l’un ne va pas sans l’autre : la misère de l’urbanisme et de l’habitat en île de France ne laisse personne s’épanouir.
Je terminerai mes remarques avec cette citation de Denis Kambouchner, précisément à propos de la transmission:
« Pour la relation établie entre ces enfants et les adultes en charge de leur éducation, le mot transmission paraît inapproprié.
Il n’est absolument pas nécessaire qu’on ait voulu « transmettre » à ces enfants, au sens d’une communication directe, quelque chose de déterminé (connaissance, convictions, valeurs).
Tout au plus a-t-on voulu leur transmettre l’intérêt pour (le goût de, la sensibilité à)Le mots « transmission » conservera son utilité pour désigner un effet global, mais non pour caractériser le processus qui permet d’y arriver.
En somme, ces enfants ne sont des sujets pour la transmission qu’en tant qu’on s’est d’abord soucié de la culture de leur esprit. ». p.143.
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Ne cherchez pas de référence à l’écologie ou l’environnement dans le clip officiel de campagne de François Hollande : il n’y en a pas.
Ce qui s’en rapproche le plus sont sept séquences fugitives de 5 secondes au total lorsqu’il parle de la France :
Elles défilent très vite et je les ai capturées pour pouvoir les regarder plus facilement :
Pourquoi avoir choisi ces images?
Pourquoi les passer à un rythme subliminal?
Où est le changement?
Jugez par vous même, ces sept plans apparaissent de la 45ème à la 50ème seconde :
Clip officiel de campagne de François Hollande par francoishollande
Si le nid se déplaçait au gré des vagues, il dériverait je ne sais où au moindre souffle de vent, serait brisé par les flots, ou bien tomberait aux mains des gens.
Kamo no Chomei, Notes sans titre.
Il y a les déchets, la « perte qu'une chose éprouve dans sa quantité, sa qualité, sa valeur » et il y a les débris, le « reste d'une chose brisée » selon le Littré. Le bâteau fantôme de 50m a pratiquement atteint les côtes du Canada. Son nom 漁運丸 est composé de poisson et chance. Le dernier caractère est un marqueur que l'on utilise pour les noms de bâteaux (prononcé maru). Le navire était déjà destiné à être démoli sur l'île de Hokkaido. Le tsunami du 11 mars 2011 a offert un sursis d'un peu plus d'une année. Représentant un danger pour le trafic maritime, les autorités décident de couler le bâteau.
Au dernier moment, un bâteau de pêche canadien, Bernice C (20m), demanda son droit à sauver le bâteau puisque situer dans les eaux internationales. Cependant, trop difficile à remorquer, ils décident de l'abandonner. Les garde-côtes ont finalement coulé le bâteau. Les poissons auront finalement une revanche, une chance.
Ce navire n'est que l'avant garde de millions de tonnes de débris en cours de dérive sur l'océan Pacifique. Ils devraient atteindre les côtes canadiennes et étasuniennes au début de l'année 2013, plus tôt que les premiers modèles réalisés quelques semaines après le tsunami.
Alors… débris ou déchets… ou tout simplement trésors à découvrir pour tous les poètes des plages pour les années à venir. Un rêve de plus pour y rencontrer le navire à vapeur, 凌雲丸, fait par Tunetami Sano qui alla à l'exposition de Paris en 1867. Les débris sont des ancres de mémoire.
D'un poème à l'autre, on pourra trouver les mêmes mots, mais c'est leur enchaînement, la tournure choisie qui rendront la composition agréable ou désagréable à l'oreille.
Kamo no Chomei, Notes sans titre.
La population de Vancouver a une très forte population canadienne d'origine asiatique (autour de 28% en 2006). Étant une ville universitaire et un des points d'arrivée de l'Asie après la traversée du Pacifique, il y a également de très nombreuses étudiantes. Ajoutons à cela, les visas vacances-travail et nous obtenons une population jeune à bas revenus dans une ville chère. Toutes les villes canadiennes ont leur journaux gratuits donnant la liste des concerts, spectacles, quelques articles et des pages de petites annonces. La fin du journal est généralement réservé aux annonces pour services sexuels : escort, massage, prostitution en tout genre. En voyant la page de Straight, je me suis demandé si les annonces étaient le reflet de la démographie de la ville en général ou bien celle des étudiantes.
La ville de Vancouver distribue des licences pour les agences d'escort et de massage. Bien sûr, le « glamour » des images cache une autre réalité. Il y a des organisations, comme le SWAN de Vancouver, pour travailler avec les prostituées dans leurs langues natives.
Je ne pense pas que l'expression « jusqu'à la démesure » puisse être couramment utilisée en poésie.
Kamo no Chomei, Notes sans titre.
Les compagnies distribuent leurs produits dans des emballages. Ces emballages, surtout dans la consommation rapide à emporter, deviennent très rapidement un déchet. Il s'agit souvent d'un emballage de polystyrène, plastique, carton ou papier qui a une durée d'utilisation de quelques minutes. Ces emballages se retrouvent dans l'environnement, dans la ville, sur les plages portées par l'océan, etc.
Les emballages portent fièrement le logo de leurs origines. Des déchets de marques s'étalent un peu partout autour de nous. Ils dévoilent ce que nous sommes et l'absurdité du système jusqu'à la démesure.
On a beau dire qu'il faut à tout prix traiter convenablement le sujet, il est tout aussi essentiel de connaître ce que depuis toujours on exclut du poème.
Kamo no Chomei, Notes sans titre.
Qu'est-ce qui est plein ?
Qu'est-ce qui est vide ?
Il est des éléments qu'il est plus élégant de traiter de mainière voilée.
Kamo no Chomei, Notes sans titre.
Sur l'île de Granville entre les deux Vancouver, une université pour les arts, des magasins, des ateliers de peinture, des galleries. L'espace est organisé et populaire pour les touristes.
Il y a aussi un marché de produits frais et une usine de béton. Étrange proximité et finalement encourageante. Quand les cultures se côtoient, elles se métamorphosent.
“Tout, tout de suite”, prix Interallié 2011, est le dernier roman de Morgan Sportès.
J’ai beaucoup hésité à lire ce livre, puisqu’il relate ce fait divers misérable que fut ce que l’actualité a retenu sous le nom de “l’affaire du gang des barbares”; “gang” qui kidnappa un jeune homme dans la perspective d’une rançon, le séquestra pendant plusieurs semaines pour finalement le tuer.
L’incompréhension face à de tels faits divers est comparable à celle que nous avons vécu récemment avec l’affaire Mohammed Merah ; et la tentation est grande de ne pas commenter, de se taire en se drapant du respect des proches, de la dignité, etc.
L’autre élément qui force le silence est la manière dont ces faits divers sont interprétés et commentés dans les médias, par les journalistes, les experts et les hommes politiques. La sur-réactivité collective sur ce genre de fait divers de l’horreur laisse sans voix. On nous ressort les Juifs et les Arabes, puis la montée de l’intégrisme islamique. Comment en placer une dans ce torrent consensuel ?
Le fond de la misère politique a été atteint avec le coup en deux temps de Nicolas Sarkozy de Mars 2012 suite à l’affaire Merah.
On a donc le tableau suivant : les imbéciles se contrôlent par la peur quand les autres se taisent par dignité pendant que Sarkozy impose des minutes de silence afin d’être sûr qu’on l’écoute quand il commence à parler.
Parlons-en donc, car il ne faudrait pas que notre mutisme servent ceux qui distillent leur poison en ne cessant de nous montrer des boucs émissaires.
C’est le mérite du livre de Morgan Sportès que d’en parler, et d’en parler différemment. Je crois qu’il porte une parole très juste sur l’affaire du “gang des barbares” : ce n’est pas l’islam ou quelque question de religion qui sont le problème derrière ces faits divers, la vraie cause (mais elle est profonde et réclame des politiques diachroniques et non synchroniques ) est dans la misère symbolique des protagonistes.
Des jeunes gens pour la plupart sans avenir, sans éducation, et exposés en permanence aux industries culturelles. Les temps libres sont des temps consacrés au shopping dans les centres commerciaux, les 200 € obtenus lors d’un délit sont utilisés pour acheter des chaussures de marque, les gens se jugent à partir des marques “qui en jettent” et les comportements sont ceux que diffusent un certain cinéma et une certaine télévision. Comme le dira une conseillère pédagogique après avoir discuté avec une des protagoniste de l’affaire d’enlèvement,
“Elle vivait dans un monde virtuel, genre Star’Ac.”
Les industries culturelles et le capitalisme consumériste sont les premières causes de la misère symbolique qui sévit dans cette population de “cailleras” et de ceux qui gravitent autour d’elle.
Cette misère symbolique s’illustre par une vision hégémonique de la marchandise ; il y a une marchandisation de tout, y compris du jeune homme kidnappé qui n’est géré que comme une marchandise qui perd progressivement de la valeur avec le nombre de jours de séquestration qui augmente.
Rien de tout cela n’est dit dans les paroles qui commentent ce genre de faits divers. Dès qu’il y a passage à l’acte, on oublie le marketing, la marchandisation, le consumérisme et le rôle des industries culturelles : c’est l’islam, c’est la religion, c’est l’intégrisme qu’on nous sert ad nauseam.
*
La semaine dernière, j’ai proposé à mes étudiants de faire un exposé sur ce livre dans le cadre d’un cours sur les industries culturelles ; je n’ai eu aucun volontaire … silenzio.
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En poésie, il faut bien pénétrer le sens du sujet.
Kamo no Chomei, Notes sans titre.
Se lever à 4h le matin. Aller à l'aéroport pour prendre le vol de 7h. Et à 9h21, heure locale, se (re)situer à Vancouver. À l'ouest de l'immensité, des plaines plates, juste au pied des Rocheuses.
Il ne nous aura fallu que peu de temps pour trouver un restaurant de ramen, avant même de se rendre à l'hôtel. La chambre n'est de toutes façons pas libres et nous voyageons légers. Le bouillon chaud du tonkotsu ramen. La communauté japonaise est suffisament grande à Vancouver qu'elle modifie le paysage culturel, social et économique du centre-ville et étonnament de façon plus importante que les communautés chinoises et coréennes. Même les cerisiers aux couleurs de « sakura. »
De l'autre côté du continent, il y a un océan qui transporte les débris du Japon dans un voyage au long cours. Un bâteau fantôme approche des côtes et avec lui viendra pour les années qui suivent le plastique, le bois flotté, les poissons et les oiseaux, ainsi que les humains.
In his book Introduction à la pensée complexe published in 1990 (thank you Thomas!), Edgard Morin opposed the car to the human body as an example of an auto-organized system: the former composed by perfect elements that results in single points of failure of the whole, the latter made of lousy elements resulting in an auto-regenerating system.
I think we reached that point on the Web with the cloud and all fail-over mechanisms we have now. We don't spend time setting up perfect components but rather try to create the more auto-regenerating architecture, this is an important shift in the way we shape our services.
The next step is to make those parts speaking one to each other, without a centralized monitoring component to rely on. The communication in our body is a peer-to-peer system, not that far from the original Web architecture after all.
Do not fight against failure, learn to deal with it. Cleverness is about adaptability, not perfection.
François Dosse utilise la métaphore du jeu d’échec pour expliquer la différence entre synchronisme et diachronisme, une des distinctions de Saussure qui sera reprise dans le structuralisme.
Il explique ainsi que le jeu de d’échec est synchronique car il n’est pas nécessaire de connaître l’ensemble des déplacements précédents pour jouer : une analyse de la situation à l’instant t suffit.
Cela ne veut pas dire pour autant que l’on ne puisse pas tenir compte des pièces jouées précédemment pour améliorer sa stratégie en cherchant à deviner les intentions de son adversaire ; c’est peut-être même cela qui fait la différence chez les bons joueurs. Mais il n’empêche que l’on peut prendre une partie en cours car le jeu d’échec ne rend pas nécessaire la mémoire des déplacements antérieurs des pièces. Ce qui fait que le jeu d’échec se prête bien à des simulations informatiques qui misent sur la puissance brute du calcul en silicium.
Dans les logiques synchroniques, on s’intéresse à l’ensemble des relations d’un système, indépendamment de la temporalité de celles-ci, de leur « trajectoire » temporelle. Dans les logiques diachroniques, on prendra en revanche en considération l’évolution des relations entre elles, dans le temps et dans une approche généalogique.
[A l'heure où Freud inventait le diachronisme de l'inconscient, Saussure inventait le synchronisme des structures.]
Partant de là, je me suis demandé ce que cela pourrait donner si on appliquait les concepts de synchronique et de diachronique à la politique. Peut-on parler de politiques synchroniques ou diachroniques ?
C’est l’entretien avec Eric Fassin, auteur de « Démocratie précaire : Chroniques de la déraison d’État« , dans l’émission La suite dans les idées de Sylvain Bourmeau, qui m’a fait me poser la question.
Eric Fassin raconte l’anecdote suivante : Le 11 Janvier 2009, il reçoit un coup de téléphone de Brice Hortefeux, quelques jours avant que ce dernier ne quitte son ministère de l’identité nationale, qui l’appelle pour lui expliquer les raisons pour lesquelles il avait organisé un sommet européen sur le thème de l’immigration, à Vichy, au mois d’octobre précédent. Cet appel faisait suite à un papier de Fassin dans Le journal Libération
Ce qui est déterminant dans cette conversation, souligne Fassin, c’est que Brice Hortefeux s’étonnait qu’en Janvier 2009 on puisse encore parler d’un sommet européen qui avait eu lieu au mois d’octobre, soit 3 mois auparavant. Il s’étonnait de la même manière qu’on lui reproche le choix de Vichy pour ce sommet sur l’immigration : le vichy de l’occupation était du passé.
On devine ici, dans la réaction de Hortefeux, un regard synchronique sur les événements : les aspects historiques, les antécédents et tout ce qui n’est pas de l’actuel et qui fait l’actualité ne mérite aucune attention. Comme le dit Fassin : pour Hortefeux, le passé n’a aucun rapport avec le présent et le présent aucun rapport avec le futur.
Je crois que le comportement de la droite, durant la présidence Sarkozy (je ne réduis pas la droite au Sarkozysme mais il a su museler tous les autres courants depuis 2005), aura été marqué par ce primat important d’une vision synchronique de la réalité et des évènements : la réaction à l’actualité se faisait à chaud, en mode « cellule riposte », avec bien souvent des initiatives législatives qui faisaient doublons avec les lois en vigueur qui avait été oublié car, forcément, c’était de veilles lois qui n’étaient plus dans l’actualité, et donc d’actualité tout simplement. Tout ce qui relève d’un contexte historique et d’une logique généalogique ou génétique, c’est à dire diachronique est occulté. On juge d’une situation à l’instant t en privilégiant un traitement des effets immédiats plutôt que la recherche de causes ou d’antécédents. Tout le reste, c’est du « social », c’est à dire du vent.
N’ayant pas cette mémoire d’un enchaînement des causalités, cela pousse à accumuler des actes et des paroles qui deviennent, mis côte-à-côte, fortement contradictoires. Tout et son contraire a été dit sur tout et son contraire durant ces 5 dernières années. Il suffisait que l’actualité le demande pour qu’on le dise. Les propos de Sarkozy ne peuvent donc pas être pris à la lettre, il n’ont plus aucune valeur le lendemain de leur annonce, rejoignant le cortège des propos contradictoires sur tous les sujets d’actualité qui s’accumulent et s’entassent « inutilement ».
Sarkozy doit faire une tabula rasa permanente en misant sur le défaut de mémoire collectif pour aller en permanence de l’avant. C’est bon d’être populaire ? Qu’à cela ne tienne, il se déclare « président du peuple » et qu’importe le Fouquet’s, le Yacht de Bolloré ou le bouclier fiscal, c’était il y a très longtemps tout çà. Les compteurs on été mis à jour entre-temps. Il a lui même changé aime-t-il à répéter, c’est peut-être vrai s’il oublit chaque matin le jour précédent.
Cette hégémonie du synchronique, celle d’un candidat-président qui sait que sa capacité de réaction en temps réel le met au diapason de l’actualité que font et commentent les médias, est une machine à gagner des élections car, en temps de campagne, les électeurs dans leur immense majorité, veulent oublier le passé et se projeter dans l’avenir, un avenir sans racines ni histoire, où « tout est possible ».
Bien sûr Sarkozy n’est pas un poisson rouge dont on dit, sûrement à tort, qu’il n’aurait qu’une mémoire des 3 dernières secondes ; il a même sûrement une excellente mémoire. Mais il ne pense pas et n’agit pas dans des perspectives diachroniques dès qu’il est question de la chose publique et du vivre ensemble.
C’est donc d’une hégémonie sans précédent de la synchronie en politique que nous sortons. Et c’est un trait caractéristique de la politique synchronique que de multiplier les initiatives et de favoriser le régime de l’hyper-activité.
Or il en va de la politique comme de l’attention : la politique synchronique fait écho à l’attention distribuée (plusieurs tâches en même temps) là où l’attention profonde fait écho au diachronisme. Il ne faut pourtant pas chercher à opposer synchronique et diachronique, pas plus qu’il ne faut affirmer un primat, ou je ne sais quelle supériorité, de l’un sur l’autre. Faire de la politique c’est précisément arriver à faire composer les deux, à trouver le meilleur équilibre.
Il me semble que le quinquennat de Sarkozy, à l’image de sa « carrière politique » (puisque lui-même reconnait que la politique est une carrière), n’a pas produit un tel équilibre. Et il m’arrive de penser que ceux qui votent pour lui perçoivent cette hypertrophie et imaginent que cet homme au pouvoir est le plus court chemin pour faire la nique à l’ensemble de la classe politique et espérer que cela provoque un je ne sais quel effondrement.
Si DSK avait été présent du côté du PS, s’aurait été une élection où les deux partis majoritaires auraient désignés deux représentants de la politique synchronique. Mais il en fut autrement et les primaires socialiste ont clairement montré une forte majorité pour une politique diachronique (il ne restait que E. Walls comme représentant du courant synchronique).
C’est en « homme normal », en vantant l’équilibre face à l’excès, que François Hollande s’est présenté depuis le début de cette campagne. Il prend le risque que les politiciens de la synchronie ne lui accole les étiquettes de « mou », « d’indécis », de « flou », etc. Pour l’instant, bon an mal an, il semble résister à cette forme de dépréciation, mais les assauts des politiciens synchroniques deviennent très agressifs ; en voulant gagner à tout prix et à n’importe quel prix, c’est la synchronie des pulsions que vise l’équipe de campagne de Sarkozy. Et puis, rappelons que les perspectives diachroniques sont souvent balayées d’un revers de main par les tenants du synchronique qui les qualifient « d’anachroniques ».
Il n’est jamais trop tard pour lever la tête et regarder aussi bien loin derrière soi que loin devant soi.
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The struggle of man against power is the struggle of memory against forgetting.
Milan Kundera, The Book of Laughter and Forgetting.
Le raz de marée a depuis longtemps été englouti par le tsunami. Les mots flottent sur notre humanité. Trop d'onglets ouverts pour un seul homme. Il me faut vider cette mémoire. Incrémentons.
LD A,42
LD B,1
ADD A,B
LD (past),A
Prenons ces onglets, prenons ses onglets et voyageons… dans le temps. Ouvert en mai 2011, avec l'intention d'en parler ici, après quelques millions de cycle CPU, de registre mémoire épuisée, inversons. Paul Ford plonge dans les archives de mail et redécouvre ses propos➊. Il réalise que ces idées ont peu changé, sauf peut-être avec un peu plus d'espoir que maintenant. Le danger de l'âge est d'abandonner la licence poétique dans nos vies. Nous accumulons énormément de données.
Roue libre.
Nous interprétons, nous filtrons. Déjà vu. Non. Le mail est un instrument très marqué par le temps, mais lorsque cette archive est immense. Le temps n'est peut-être plus la donnée pertinente de ces textes et images. Et peut-être devrions nous faire émerger d'autres motifs. Les sujets et leurs périmètres, les lieux utilisés, les couleurs, les personnes mortes et vivantes. Je ne me plains pas du courrier, je trouve que c'est un espace de rêveries. Les interfaces des logiciels de courrier sont en revanche extrêmement pauvres—➌. En cherchant le mot « Bachelard, » 65 mentions dans des messages. À qui, dans quelles circonstances, dans quels lieux étais-je à ces moments là ? Des mots reçus, des mots envoyés.
Et de nombreux autres… Mais je m'éloigne et je n'ai traité qu'un seul onglet. Reprenons. Les dates sont des ancres—➋ onglet. Progrès. Elles permettent d'identifier un élément mais bien plus que la simple signification du moment. « Le calendrier n'est pas le temps. » et de la même façon que cette adresse Web comporte des chiffres qui ressemblent à une date, ils ne s'agit là que d'une conséquence. J'édite depuis le début de l'année à rebours dans le calendrier. Complétant des emplacements non pris. Je ne sais pas pourquoi. J'ai juste envie de le faire. Ajoutons le troisième onglet plus haut dans ce texte. Déconstruction narrative. Séquence de l'édition. Oui, je suis peut-être un peu fou.
Le format de la conversation, la forme de la conservation tiennent beaucoup à la façon dont nous codons l'information. Sur mon ordinateur, j'ai des fichiers, des applications qui ne fonctionnent plus. Des applications Flash, des applications codées pour System 7 sur Apple. Le courrier électronique, HTML (le markup), les images (JPEG, TIFF) ont survécu. Et cela permet de se poser les bonnes questions face au numérique et à sa perennité ➍. Les onglets se vident. Mais devons-nous vraiment conserver ? Pourquoi ne pas accepter l'obsolescence et l'oubli ? ➎ Si la mémoire doit devenir un instrument de contrainte sur la spontanéité, sur la possibilité de l'exploration. Alors peut-être que la solution est de transformer cette archive comme une matière brute à explorer. ➏ Et bien sûr il y a le format de la matière à mémoire et le format des références à cette mémoire. Moves are afoot in the Linux world to standardise structured logging – logging in such a way that log event data can be parsed in a standard fashion to extract useful information for later analysis.
➐
Une fois que les données ont des pointeurs, nombre d'engins d'exploration de « l'amémoire » ➑ peuvent être construits. L'amémoire sont tous ces moments d'intimité que nous avons vécus indépendemment l'un de l'autre sans jamais réaliser que la possibilité d'une rencontre a pu exister, a peut-être existé. Ces lieux où nous sommes allés au même moment, à la même heure, alors que nous nous connaissions pas encore. Peut-être parmi les personnes présentes à Angkor-Wat en décembre 2011, il y a une trajectoire qui croisera la mienne dans le futur. Qu'elles sont celles du passé ?
Parfois je me dis qu'entre chacun de mes paragraphes il devrait y avoir le temps qu'il fait en ce moment au lieu où je suis. Que voulons nous conserver des moments que nous avons vécus ➒ ou tout aussi bien détruire ➓ ?
Ma vie comme une machine robotique. ⓫. 11 noir cerclé n'existe pas dans cette série. Il est disponible dans une autre série unicode.
Est-ce que tout cela prend son sens ? Peut-être dans 20 ans.
Il faisait froid dans le jardin des possibles. J'ai tourné le regard vers le ciel bleu uniforme. J'ai augmenté la plage dynamique et j'ai vu ce que je n'avais su voir. Les rayons du soleil.
Là, je devine
Poularde fine
Et bécassine
Et dindon truffé ;
Plus loin, je hume
Salé, légume,
Cuits dans l'écume
D'un boeuf réchauffé.
Marc-Antoine Désaugiers, Tableau de Paris (A cinq heures du soir).
The highly entertaining comedy “Ciplak” (Malay for cheat, piracy) was shot on a budget of US$ 5,000 by self-taught director Khairil M. Bahar, who also wrote the script and edited and acted in the movie. Despite its meager budget, it was shown in multiplex cinemas in Malaysia to great critical acclaim.L'enjeu n'est pas de faire survivre les industries multi-millionnaires du cinéma. La possibilité de réaliser un film à petits budgets existent.
Au 1er janvier 2012, il y avait 429 réacteurs nucléaires en service dans le monde, quinze de moins que lors du pic historique de 2002.À mettre en relation avec l'arrêt (pour l'instant temporaire) des centrales nucléaires du Japon.
Un résumé d’une intervention sur la lecture numérique à la médiathèque Arthur Rimbaud d’Antony, à l’invitation de Rencontre et Débats Autrement :
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I believe in my mask-- The man I made up is me
I believe in my dance-- And my destiny
Sam Shepard, The tooth of crime.
Pratiquons un vide grenier salutaire…
right, to my first colloquium now… i wish i had hired someone to do my talk :-/, à partir de quel moment, nous considérons les services de professionnels pour réaliser quelque chose que nous ne maîtrisons pas totalement. Cela vaut pour une réparation à la maison ou dans ce cas, le fait de donner une présentation orale. Combien serons-nous prêt à payer une personne pour donner la présentation à notre place ? Et quelle valeur d'authenticité l'audience y accordera ? Quelle est l'authenticité d'un chef d'entreprise présentant les résultats et produits de l'année ?
En faisant le tour des messages pour rédiger la revue pseudo-hebdomadaire des technos Web sur le site du W3C, j'ai remarqué ce message de Vincent Hardy qui ressemblait à un message texte mais avec un style légèrement plus évolué. Le code source a un fond gris et un bord en pointillé.
Voyons le source, c'est un message multi-part
Content-Type: multipart/alternative;
boundary="_000_D0A69B1BD40644A88DFB9053D8970C87adobecom_"
MIME-Version: 1.0
La première partie est la version texte seul du message
--_000_D0A69B1BD40644A88DFB9053D8970C87adobecom_
Content-Type: text/plain; charset="us-ascii"
Content-Transfer-Encoding: quoted-printable
La deuxième partie est la version HTML, celle qui nous intéresse.
--_000_D0A69B1BD40644A88DFB9053D8970C87adobecom_
Content-Type: text/html; charset="us-ascii"
Content-Transfer-Encoding: quoted-printable
Une fois le document HTML converti et reformaté, nous pouvons apprendre que le logiciel qui a servi à le composer est probablement un moteur webkit. Le document démarre avec :
<!doctype html>
<html>
<head></head><br>
<div>
<div>On Mar 16, 2012, at 1:40 AM, Anne van Kesteren wrote:</div>
<br class="Apple-interchange-newline">
<blockquote type="cite">
Pas d'enjeu particulier, poursuivons afin d'atteindre les portions de code du mail.
<div>
<pre class="code" style="padding-top: 0.5em; padding-right: 0.5em; padding-bottom: 0.5em; padding-left: 0.5em; border-top-width: 1px; border-right-width: 1px; border-bottom-width: 1px; border-left-width: 1px; border-top-style: dashed; border-right-style: dashed; border-bottom-style: dashed; border-left-style: dashed; border-top-color: rgb(140, 172, 187); border-right-color: rgb(140, 172, 187); border-bottom-color: rgb(140, 172, 187); border-left-color: rgb(140, 172, 187); color: rgb(0, 0, 0); overflow-x: auto; overflow-y: auto; background-color: rgb(247, 249, 250); font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: normal; orphans: 2; text-align: -webkit-auto; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 2; word-spacing: 0px; -webkit-text-size-adjust: auto; -webkit-text-stroke-width: 0px; "><span class="Apple-style-span">interface Region {
readonly attribute DOMString flowConsumed;
sequence<Range> getRegionFlowRanges(); // Returns a static list, new array returned on each call
};
interface NamedFlow {
readonly attribute DOMString name;
readonly attribute boolean overflow;
<br><span class="Apple-style-span"> sequence<Region> getRegionsByContentNode(Node node); // idem
};</span></pre>
</div>
Réorganisons le style pour le rendre plus lisible.
padding-top: 0.5em;
padding-right: 0.5em;
padding-bottom: 0.5em;
padding-left: 0.5em;
border-top-width: 1px;
border-right-width: 1px;
border-bottom-width: 1px;
border-left-width: 1px;
border-top-style: dashed;
border-right-style: dashed;
border-bottom-style: dashed;
border-left-style: dashed;
border-top-color: rgb(140, 172, 187);
border-right-color: rgb(140, 172, 187);
border-bottom-color: rgb(140, 172, 187);
border-left-color: rgb(140, 172, 187);
color: rgb(0, 0, 0);
overflow-x: auto;
overflow-y: auto;
background-color: rgb(247, 249, 250);
font-style: normal;
font-variant: normal;
font-weight: normal;
letter-spacing: normal;
line-height: normal;
orphans: 2;
text-align: -webkit-auto;
text-indent: 0px;
text-transform: none;
widows: 2;
word-spacing: 0px;
-webkit-text-size-adjust: auto;
-webkit-text-stroke-width: 0px;
Voici un autre enjeu des extensions CSS propriétaires du type -webkit, -moz, ou -o. Les quelques propriétés utilisées dans ce message ne seront jamais mises à jour. Elles sont là pour toujours. L'équivalent sans préfixe n'est pas disponible.
Le train glisse sans un murmure,
Chaque wagon est un salon
Où l'on cause bas et d'où l'on
Aime à loisir cette nature.
Faite à souhait pour Fénelon.
Paul Verlaine, Malines
Sous le pont, une voie ferrée qui se condense sur l'horizon courbe. Le train, de temps en temps, passe. Mais quand ? D'où vient-il ? Où va-t-il ? Que transporte-t-il ? Et si nous pouvions recevoir des notifications du passage du train à cet endroit, tout comme le « Tower Bridge. » Je pense à ces grands navires du passé dont on attendait l'arrivée au port, chargés d'histoire, de mémoire, de peurs, d'espoirs et de joies. Les wagons contiennent des histoires de barcodes (pdf), de produits venant d'ailleurs, des passagers temporaires.
Je n'ai besoin de personne
En Harley Davidson
Je ne reconnais plus personne
En Harley Davidson
Je vais à plus de cent
Et je me sens à feu et à sang
Que m'importe de mourir
Les cheveux dans le vent ♬♬♬
Serge Gainsbourg, Harley Davidson
Mon avion de Bruxelles à Munich partait de très bonne heure. Pour arriver à temps à l'aéroport à Bruxelles, il aurait fallu que je me lève à 3h et que je prenne le taxi. Inutile. J'ai donc décidé de passer la nuit à l'aéroport. Je me suis trouvé un coin pas trop froid, sans musique d'ambiance, sans trop de lumière et j'ai tenté de dormir par petites séquences. Les panneaux lumineux, les publicités, les affichages, tout est opérationnel et pourtant je suis le seul dans cet espace vide et immense.
Les humains ont disparu.
Pensée bonus : économies d'énergie ?
Tokyo est un village et pourtant j'ai croisé la trajectoire de nombreuses personnes définissant Tokyo comme une ville affreuse. Notre regard sur les espaces, les villes est marquée de nos attentes propres de ce que doit être un « bel espace. »
J'aime Tokyo. Cela ne tient pas seulement à la végétation luxuriante qui absorbe l'humidité des saisons. Un simple parking de béton et goudron offrira souvent un détail, un élément intime. L'humanité s'expose librement à l'extérieur, car les objets peuvent y survivre sans y risquer nécessairement le vol. Sauf bien sûr pour les parapluies où le vol fait partie du fonctionnement de la société.
Les fenêtres dépolies donnent à apercevoir l'intimité des hommes.
Un des grands succès de Webkit, un moteur de rendu pour le Web, est d'avoir créé une boîte à outils réutilisables par de nombreuses personnes. Le résultat est que la diversité des moteurs Webkit est très importante mais peu visible car cachée dans l'aggrégation statistique sur la chaîne de caractères Webkit. À noter qu'il y a un enjeu similaire pour les statistiques Opera dans le domaine Mobile qui cachent Opera Mobile et Opera Mini en un seul ensemble.
Un biais dans les statistiques est également généré par Webkit utilisé en librairie portable utilisable par tous les produits qui ont besoin d'un moteur de rendu. L'application de courrier électronique (Mail.app), les agrégateurs de flux, etc. Cette semaine, je me suis demandé quelle était la signature Web de ces outils.
Tout d'abord regardons une requête par Safari. Comme on peut le remarquer la requête initiale sur le fichier HTML et toutes les ressources associées contiennent la même signature.
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:07:22:19 -0400] "GET /index.html HTTP/1.1" 200 1162 "-" "Mozilla/5.0 (Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3) AppleWebKit/534.54.16 (KHTML, like Gecko) Version/5.1.4 Safari/534.54.16"
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:07:22:19 -0400] "GET /2012/01/31/tori HTTP/1.1" 200 156539 "http://lagrange.test.site/index.html" "Mozilla/5.0 (Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3) AppleWebKit/534.54.16 (KHTML, like Gecko) Version/5.1.4 Safari/534.54.16"
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:07:22:19 -0400] "GET /2010/11/21/style.css HTTP/1.1" 200 1887 "http://lagrange.test.site/index.html" "Mozilla/5.0 (Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3) AppleWebKit/534.54.16 (KHTML, like Gecko) Version/5.1.4 Safari/534.54.16"
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:07:22:19 -0400] "GET /2011/09/30/style/80x15-by HTTP/1.1" 200 640 "http://lagrange.test.site/index.html" "Mozilla/5.0 (Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3) AppleWebKit/534.54.16 (KHTML, like Gecko) Version/5.1.4 Safari/534.54.16"
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:07:22:19 -0400] "GET /favicon.ico HTTP/1.1" 200 894 "http://lagrange.test.site/index.html" "Mozilla/5.0 (Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3) AppleWebKit/534.54.16 (KHTML, like Gecko) Version/5.1.4 Safari/534.54.16"
La chaîne de caractère identifiant la requête est :
Mozilla/5.0
(Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3)
AppleWebKit/534.54.16 (KHTML, like Gecko)
Version/5.1.4
Safari/534.54.16
La même requête par Opera donne :
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:07:29:37 -0400] "GET /index.html HTTP/1.1" 200 1162 "-" "Opera/9.80 (Macintosh; Intel Mac OS X 10.7.3; U; fr) Presto/2.10.229 Version/11.61"
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:07:29:37 -0400] "GET /2010/11/21/style.css HTTP/1.1" 200 1887 "http://lagrange.test.site/index.html" "Opera/9.80 (Macintosh; Intel Mac OS X 10.7.3; U; fr) Presto/2.10.229 Version/11.61"
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:07:29:37 -0400] "GET /2012/01/31/tori HTTP/1.1" 200 156539 "http://lagrange.test.site/index.html" "Opera/9.80 (Macintosh; Intel Mac OS X 10.7.3; U; fr) Presto/2.10.229 Version/11.61"
Oui tous les navigateurs Web ont des identifiants de plus en plus ridicules.
Opera/9.80
(Macintosh; Intel Mac OS X 10.7.3; U; fr)
Presto/2.10.229
Version/11.61
Recommençons l'opération mais cette fois-ci en faisant une requête avec un agrégateur de flux.
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:03:17:30 -0400] "GET /feed HTTP/1.1" 200 115608 "-" "RSSOwl/2.1.2.201108131749 (Macintosh; U; en)"
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:06:41:36 -0400] "GET /2012/01/24/2779-meeting HTTP/1.1" 200 46507 "http://127.0.0.1:8795/?id=3038206&displayBookMark=79193" "Mozilla/5.0 (Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3) AppleWebKit/534.53.11 (KHTML, like Gecko) Safari/412.0"
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:06:41:36 -0400] "GET /2012/01/24/2785-meeting HTTP/1.1" 200 52169 "http://127.0.0.1:8795/?id=3038206&displayBookMark=79193" "Mozilla/5.0 (Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3) AppleWebKit/534.53.11 (KHTML, like Gecko) Safari/412.0"
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:06:41:36 -0400] "GET /2012/01/25/2789-meeting HTTP/1.1" 200 39331 "http://127.0.0.1:8795/?id=3038206&displayBookMark=79193" "Mozilla/5.0 (Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3) AppleWebKit/534.53.11 (KHTML, like Gecko) Safari/412.0"
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:06:41:36 -0400] "GET /2012/01/24/ecrans HTTP/1.1" 200 24276 "http://127.0.0.1:8795/?id=3038206&displayBookMark=79193" "Mozilla/5.0 (Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3) AppleWebKit/534.53.11 (KHTML, like Gecko) Safari/412.0"
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:06:41:36 -0400] "GET /2012/02/25/3037-serrure HTTP/1.1" 200 51534 "http://127.0.0.1:8795/?id=3038206&displayBookMark=79193" "Mozilla/5.0 (Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3) AppleWebKit/534.53.11 (KHTML, like Gecko) Safari/412.0"
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:06:41:36 -0400] "GET /2012/02/25/3035-exposition-rue HTTP/1.1" 200 41108 "http://127.0.0.1:8795/?id=3038206&displayBookMark=79193" "Mozilla/5.0 (Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3) AppleWebKit/534.53.11 (KHTML, like Gecko) Safari/412.0"
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:06:41:36 -0400] "GET /2012/03/24/filter-smartmailbox HTTP/1.1" 200 30360 "http://127.0.0.1:8795/?id=3038206&displayBookMark=79193" "Mozilla/5.0 (Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3) AppleWebKit/534.53.11 (KHTML, like Gecko) Safari/412.0"
127.0.0.1 - - [25/Mar/2012:06:41:36 -0400] "GET /2012/02/19/2936-livres HTTP/1.1" 200 75473 "http://127.0.0.1:8795/?id=3038206&displayBookMark=79193" "Mozilla/5.0 (Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3) AppleWebKit/534.53.11 (KHTML, like Gecko) Safari/412.0"
Cette fois-ci, nous remarquons que la première requête téléchargeant le flux est bien celle de RSSOwl.
RSSOwl/2.1.2.201108131749 (Macintosh; U; en)
Mais toutes les requêtes suivantes concernant les médias inclus dans le feed sont réalisées par un autre agent utilisateur, celui utilisé par l'application.
Mozilla/5.0
(Macintosh; Intel Mac OS X 10_7_3)
AppleWebKit/534.53.11 (KHTML, like Gecko)
Safari/412.0
Il y a de très légères différences. La librairie n'envoie pas Version/* et la chaîne Safari/* a un numéro différent.