Planète Web Sémantique

October 15, 2018

David Larlet

☕︎ Confédération communale

Le sentiment d’être privé de pouvoir est devenu le malaise populaire de notre époque ; voilà qui pourrait aussi devenir la source d’un pouvoir parallèle dans les grands États-nations du monde occidental. On voudrait voir naître des mouvements conscients qui se demanderaient comment aller d’un aujourd’hui centralisé et statique à un demain décentralisé et confédéral sur le plan civique, mouvements qui défendraient la confédération communale en tant que solution de rechange à l’actuelle centralisation de pouvoir. À moins d’essayer — mais cette tentative semble vouée à l’échec — de faire revivre les mythes que sont devenus l’insurrection prolétarienne et la confrontation (faiblement) armée avec un État-nation moderne doté d’un puissant arsenal nucléaire, nous n’avons d’autre choix que de chercher à établir des contre-institutions qui s’opposent au pouvoir de l’État-nation.

[…]

J’aimerais insister sur le fait que cette approche suppose que nous parlions bien d’un véritable mouvement, et non de cas isolés où les membres d’une seule communauté prendraient le contrôle de leur municipalité et la restructureraient sur la base d’assemblées de quartier. Elle suppose d’abord l’existence d’un mouvement qui transformera les communautés l’une après l’autre et établira entre les municipalités un système de relations confédérales, un mouvement qui constituera un véritable pouvoir régional. Il est impossible de savoir jusqu’où cette approche municipaliste libertaire peut être poussée sans connaître en détail les traditions de chaque région, ses ressources civiques et les problèmes auxquels elle est confrontée.

Une société à refaire, Murray Bookchin

Quelles sont les autres options à une crise globale et majeure pour initier ce « véritable mouvement » ? Il y a des étincelles ici et là mais pour aller vers la confédération j’ai l’impression qu’il faut un grand coup de vent à un moment donné. Quel niveau de violence (légitime ou non) est-on prêts à accepter afin de pouvoir y accéder ? Si la brutalité initiale est nécessaire, quel récit enthousiasmant pour s’en libérer au plus vite ?

De plus en plus de mal à croire au Grand Soir non-violent.

October 15, 2018 11:00 AM

★ On caching links

Résumé en français

Différentes stratégies pour conserver le contenu des liens vers l’extérieur.

You can take an HTML document written over two decades ago, and open it in a browser today.

Even more astonishing, you can take an HTML document written today and open it in a browser from two decades ago. That’s because the error-handling model of HTML has always been to simply ignore any tags it doesn’t recognise and render the content inside them.

The Web Is Agreement (cache)

The thing is: good luck to find contents from two decades ago!

I have a recurring question from readers about the way I keep content from external sources over years as a cache for almost each and every content linked from here.

TL;DR: it’s tedious but stay here, there are now tools to help you.

How I do it

I start by using python-readability from my custom code generating these pages (there are tons of alternatives in Python and other langages). Then there are a couple of manual edits, mostly for websites not generating HTML or serving an indigestible tag soup (I’m looking at you Medium!). Then I fix relative links and images. And finally the markdown code is generated to ease the copy-pasta within the final markdown document. I am aware that it is usable as a developer only but it answers the initial question.

If your goal is only to archive links (not republish), you can take a look at reminiscence or bookmark-archiver for instance. I’m still having the dream to combine all that with a browser as I initiated with my contentbrowser. One day maybe…

How you can you do it

As part of the Internet Archive’s aim to build a better Web, we have been working to make the Web more reliable — and are pleased to announce that 9 million formerly broken links on Wikipedia now work because they go to archived versions in the Wayback Machine.

For more than 5 years, the Internet Archive has been archiving nearly every URL referenced in close to 300 wikipedia sites as soon as those links are added or changed at the rate of about 20 million URLs/week.

More than 9 million broken links on Wikipedia are now rescued (cache)

Using directly the Internet Archive might be an option. It is still a backup on somebody’s else infrastructure but let’s call it Cloud and it sounds OK :-).

I knew we had to add it at some point. But honestly, x-callback-url support is something I would have never dreamed of being excited about. But, damn it, I am. I am not going to make a long story about how that happened. Just this much: Spend a few minutes on how the Shortcuts app works, and in a breath, you can send clippings and entire articles to iA Writer, with title, copied text, and tags.

Write to Organize (cache)

I didn’t know you can use Apple Shortcuts like that, I need to investigate if it fits my needs. I’m not sure I would bet on it because I prefer to rely on something I have full control on but if you want a less technical option it sounds fine. There are probably options with different operating systems.

How we can do it better

At the Internet Archive, Brewster Kahle and Mike Burner designed the ARC (for "ARChive") file format in 1996 to provide a way to aggregate the millions of small files produced by their archival efforts. The format was eventually standardized as the WARC ("Web ARChive") specification that was released as an ISO standard in 2009 and revised in 2017.

Archiving web sites (cache)

I still think these archives (including that website but that’s another story) should be distributed and shared across groups of people/services for an even better longevity and resilience.

Using OpenZIM to store the content and Kiwix to read/distribute it that might work with existing technologies. I already talked about these technologies considering another context but they are still pertinent in this one.

Browsers, browsers, browsers

Well, imagine if the Reader feature from your browser has a cache. Now, imagine if that cache were anonymized (encrypted?) and shared. Boom, you have it for free! (and a lot of imagination :p)

Hey Mozilla, you still disruptive?

October 15, 2018 11:00 AM

October 14, 2018

David Larlet

☕︎ Enracinement

L’enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine. C’est un des plus difficiles à définir. Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l’existence d’une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments de l’avenir. Participation naturelle, c’est-à-dire amenée automatiquement par le lieu, la naissance, la profession, l’entourage. Chaque être humain a besoin d’avoir plusieurs racines. Il a besoin de recevoir la presque totalité de sa vie morale, intellectuelle, spirituelle, par l’intermédiaire des milieux dont il faut naturellement partie.

L’enracinement, Simone Weil

Beaucoup de réflexions personnelles en ce moment sur l’immigration, l’intégration, la culture et le sens qu’il y a derrière une collectivité/communauté. Encore difficile de mettre des mots dessus.

Des maux ?

October 14, 2018 11:00 AM

October 13, 2018

David Larlet

☕︎ Diffuser critiquement

Créer une nouvelle culture ne signifie pas seulement faire individuellement des découvertes « originales », cela signifie aussi et surtout diffuser critiquement des vérités déjà découvertes, les « socialiser » pour ainsi dire et faire par conséquent qu’elles deviennent des bases d’actions vitales, éléments de coordination et d’ordre intellectuel et moral. Qu’une masse d’hommes soit amenée à penser d’une manière cohérente et unitaire la réalité présente est un fait « philosophique » bien plus important et original que la découverte faite par un « génie » philosophique d’une nouvelle vérité qui reste le patrimoine de petits groupes intellectuels.

Cahiers de prison, Antonio Gramsci

Je me demande ce qu’aurait pensé Gramsci de Twitter, des Fake news et compagnie. Différence de contexte entre des humains plus ou moins connectés. Davantage d’échanges ne semble pas mener mathématiquement à plus de philosophie.

Il doit bien y avoir un juste milieu

October 13, 2018 11:00 AM

October 12, 2018

David Larlet

☕︎ Web sémantique

J’ai commencé à m’intéresser aux technologies du Web sémantique en 2005 et j’ai fait ma première communication à ce sujet en 2006 lors de la conférence Digital Humanities à Paris. J’ai eu l’occasion de les tester grandeur nature dès 2007 pour un projet mené par le CCH du King’s college, mais c’est au cours du projet SPAR de la Bibliothèque nationale de France à partir de 2008 que j’ai véritablement commencé à toucher du doigt les formidables promesses de ces technologies ainsi que leurs limites, déjà…

Les technos du Web sémantique ont-elles tenu leurs promesses ? (cache)

TL;DR: non.

Magnifique retour de Gautier en plusieurs (cache) parties (cache) et dont je partage malheureusement les tristes conclusions (cache) bien que mon expérience soit bien plus réduite sur le sujet.

À se demander si les technologies numériques sont condamnées à devenir des technologies du capital pour paraphraser Calimaq (cache), ce qui n’augure rien de bon pour l’Opendata. On en revient aux problèmes d’échelles, d’éthique et de licences.

Comment créer des milieux qui ne profitent pas surtout aux gros/riches/privilégiés ?

October 12, 2018 11:00 AM

October 11, 2018

David Larlet

☕︎ The Future of Opendata

Datasette (previously) is my open source tool for exploring and publishing structured data. There are a lot of ideas embedded in Datasette. I realized that I haven’t put many of them into writing.

The interesting ideas in Datasette (cache)

I am following the work of Simon Willison since the beginning and it really shapes how I envision the future of Opendata on a technical side. With each and every CSV file collected on portals spawning their own instance of datasette: a browsable, faceted, exportable tabular data. The article is about inspiring ideas behind the project, most notably the read-only choice and how it allows to use SQLite in production + heavy cache.

Opinionated and pertinent.

October 11, 2018 11:00 AM

October 10, 2018

David Larlet

☕︎ Sobriété et cohérence

Il est nécessaire de retrouver une capacité individuelle et collective à interroger l’utilité sociale et économique de nos comportements d’achat et de consommation d’objets et de services numériques, et d’adapter nos comportements en conséquence. La sobriété numérique doit être adoptée comme un principe d’action. La pression de l’offre (GAFAM, BATX*) et les attentes de croissance du PIB associées à la numérisation ne peuvent servir de seuls juges dans la sélection des projets numériques.

le nouveau rapport du Shift publié (cache)

Invite la page qui fait presque 2 Mo (le fichier de cache local du texte fait 13 Ko) après avoir bloqué 78 ressources externes incluant les sus-cités GAFAM. Le rapport est un fichier PDF de 5.5 Mo et n’a pas de version web à ma connaissance.

Comment être crédible dans un tel contexte ? 🤷‍♂️

October 10, 2018 11:00 AM

October 09, 2018

David Larlet

☕︎ Agnosticisme économique

Tim Berners-Lee paraît de ce point de vue assez représentatif de certaines errances de la pensée du Libre et de l’Open. Cela tient à ce que j’appelle « l’agnosticisme économique » de ce courant de pensée, qui n’a jamais été capable de pousser jusqu’au bout sa critique de l’économie de marché. Le temps des synergies décrites initialement comme « heureuses » entre Open Source et entreprises paraît à présent bien loin et ce n’est plus uniquement sur la couche technique des standards qu’il faut agir pour espérer une refondation d’internet.

Rebooter le web sans changer de logiciel économique ? (cache)

Le seul moyen que je vois de sortir de la centralisation des ressources (et donc de l’argent) est d’aller vers une fragmentation qui est la seule voie de distribution techniquement viable, ne serait-ce que d’un point de vue des performances. C’est la raison pour laquelle des technologies comme SSB dont je parlais il y a plus d’un an sont aussi stimulantes (mais ont peu de chances de décoller sans une crise majeure faute de moyens aussi bien financiers que politiques).

Des hameaux/villages comportant leurs propres réseaux, synchronisables avec ceux des structures alentours, mis à jour par des troubadours modernes.

Résilience et sobriété énergétique.

October 09, 2018 11:00 AM

October 08, 2018

David Larlet

☕︎ Maintenance and responsibility

To distill a maintainer’s responsibilities into core facets, I have borrowed from Asimov’s Three Laws. Perhaps it feels like a dramatic summary of the rather mundane task of pushing to a public git remote. But if you feel that way, I’ve likely already lost you. That’s fine. These laws have my name on them, not yours.

  1. A maintainer may not harm a user or, through inaction, allow users to come to harm
  2. A maintainer must shepherd their project and empower the community to do the same
  3. A maintainer must protect their own existence as long as such protection does not conflict with the First or Second Laws

I, Maintainer (cache)

Something to remember before pushing the first lines of open-source code out there.

Been there, felt that.

October 08, 2018 11:00 AM

October 07, 2018

David Larlet

☕︎ Culture du quotidien

Le mouvement écologique est né bien avant que la détérioration du milieu et de la qualité de vie pose une question de survie à l’humanité. Il est né originellement d’une protestation spontanée contre la destruction de la culture du quotidien par les appareils de pouvoir économique et administratif. Et par « culture du quotidien », j’entends l’ensemble des savoirs intuitifs, des savoir-faire vernaculaires (au sens qu’Ivan Illich donne à ce terme), des habitudes, des normes et des conduites allant de soi, grâce auxquels les individus peuvent interpréter, comprendre et assumer leur insertion dans ce monde qui les entoure. La « nature » dont le mouvement exige la protection, n’est pas la Nature des naturalistes ni celle de l’écologie scientifique : c’est fondamentalement le milieu qui parait « naturel » parce que ses structures et son fonctionnement sont accessibles à une compréhension intuitive ; parce qu’il correspond au besoin d’épanouissement des facultés sensorielles et motrices ; parce que sa conformation familière permet aux individus de s’y orienter, d’interagir, de communiquer « spontanément » en vertu d’aptitudes qui n’ont jamais eu à être enseignées formellement. La « défense de la nature » doit donc être comprise originairement comme défense d’un monde vécu.

Écologica, André Gorz

En perdant cette compréhension on devient facilement contrôlables car dépendants de ceux qui savent et qui alimentent. Peut-être que ma démarche est plus écologique que ce que je ne le pensais jusqu’alors.

October 07, 2018 11:00 AM

★ Bushcraft retrospective

Résumé en français

Petit bilan après une année passée à parcourir les bois québécois.

But there’s a deeper reason, I’ve come to think, that so many people don’t have hobbies: We’re afraid of being bad at them. Or rather, we are intimidated by the expectation — itself a hallmark of our intensely public, performative age — that we must actually be skilled at what we do in our free time. Our “hobbies,” if that’s even the word for them anymore, have become too serious, too demanding, too much an occasion to become anxious about whether you are really the person you claim to be.

If you’re a jogger, it is no longer enough to cruise around the block; you’re training for the next marathon. If you’re a painter, you are no longer passing a pleasant afternoon, just you, your watercolors and your water lilies; you are trying to land a gallery show or at least garner a respectable social media following. When your identity is linked to your hobby — you’re a yogi, a surfer, a rock climber — you’d better be good at it, or else who are you?

In Praise of Mediocrity (cache)

I realized during my last trip that I spent more than 30 days out in the wilderness that year. Alone. Does it qualify as a hobby?

Naming

First, let’s talk about that bushcraft term, I think it doesn’t fit anymore what I’m attempting/aiming for in the forest. If I had to qualify it, it would be at the intersection of light bushcraft, wild camping and active meditation. I don’t know how to summarize it all. And maybe I should give up trying.

Again, this is not about surviving or fighting elements but to be in the forest and realize what civilization brought to us.

Drinking

This is probably the only solved problem so far:

Between the two, a wood stove is the way to go. Lakes/rivers in Quebec are rarely contaminated which helps to reduce some stress for these kind of manipulations.

Sleeping

I tried a lot of options, from a raised bed to sleeping on my raft (with more traditional ones!), none is great. I need to iterate on this topic given that I cannot go for a 4+ days trip otherwise.

Bringing a hammock to take a nap during the day is great but for the night I’m sleeping on the side so it’s not a viable solution (except maybe the Draumr but it’s quite heavy).

Finding a place to build a semi-permanent shelter would allow myself to set a better sleeping area.

Eating

There are so many ways to eat in the woods. What I learned so far is that it’s safer to take a few meals which can be prepared with cold water (like semolina) in case of impossibility to make a fire (very strong wind for instance).

I never took a dehydrated meal this last year, I’ll probably test during the winter if I feel lazy. Most of the time I prefer to take multiple snacks instead of a regular meal. I find it easier to deal with hypothermia and hypoglycaemia.

I didn’t take any meat either except a few saucissons during the winter because you need a lot of lipids to warm up the body during the evening/night. And I’m not ready to crunch a butter tablet.

One thing I discovered is oatmeal coupled with dehydrated hot chocolate and dried fruits. Light, hot, definitely filling. A good solution for breakfasts. Pro tip: a whole pot of water boiling, half in the oatmeal, the other half infusing the tea in the pot while eating, then transferring the tea in the oatmeal bowl to clean it. Nothing to wash :-).

Fishing

I caught 4 fishes this year. Four. All black basses on the same spot. I fished countless hours though. The return over investment is so ridiculous (without counting the 80$ I had to pay for my permit, not being a Canadian…) if you consider the weight of the material. It does supplement my food with proteins but the cost is probably too high for that.

When I fish, it is to catch ONE fish and to eat it right away. Which means that fishing at 5 a.m. is not an option because I prefer sugar in the morning! Even in the evening, the last one was so big I had to force myself to finish it. That’s always when you put the rice in the water that it’s biting right?

All that considered, I need to find a better approach. Or go further into veganism which would be more consistent…

Fearing

Out of zoos, I never ever saw a bear in Canada. At first I was quite afraid bringing a bear spray and all. Then a bell. And now nothing, I accepted that it will probably hear/smell me miles away and flee anyway.

This is the same for wolves and coyotes, I still hear them sometimes in the distance by night and that’s okay. You have to be more cautious during the winter when the number of prey is limited but other than that an unwounded human is too scary.

I accepted the night has its own sounds and I’m happy when I can hear an owl hooting in the evening, a little less when it’s a loon all the night but hey I am the one in their forest making unlikely noises too.

When I go for a swim in a remote lake with nobody around I am a bit concerned about contracting some cramps but a good hydration and not stressing too much about it is the best I can do to prevent it. Overthinking is your worst ally.

I’m still afraid of falling trees though. You have to hike in an unmaintained forest to realize the probability to get hit by a tree on a windy night is far from being null.

Being

When you come over your fears, what remains is you (thank you Frank Herbert). This is the end of a cycle to me and it took me a whole year to get to it. To be in peace with the surrounding nature, to be in peace with myself. To be aware of the energy consumption of making some water boiling or going from one point to another. To know myself better in different contexts and to inhabit a foreign soil literally from the ground. I don’t know how close it is related to the feeling of being an immigrant and/or of getting back to nature given the pending (environmental) crisis.

What’s next?

October 07, 2018 11:00 AM

October 06, 2018

David Larlet

☕︎ Milieux de vie

Si nous regardons de plus près les luttes sociales des dernières années (mouvement étudiant, Idle no more, luttes contre les gaz de schiste et les projets d’oléoducs), ces différentes formes de résistance sont toutes liées à la défense des services publics, des territoires et des milieux de vie. Le terrain premier des luttes sociales n’est pas d’abord la sphère productive, mais les lieux où les gens vivent, habitent, étudient et se rencontrent. Le terme « milieu » désigne ainsi l’ensemble des espaces, à la fois matériels et sociaux, physiques et culturels, où les gens tissent des liens avec les autres et leur environnement pour reproduire leurs conditions d’existence et la vie commune d’une société. Le concept de milieu, beaucoup plus général que celui de « travail » (qu’il peut inclure par ailleurs, comme dans l’expression « milieu de travail »), regroupe l’ensemble des activités sociales (productives ou improductives, scientifiques, artistiques, politiques et relationnelles) qui peuvent être l’objet d’une marchandisation ou d’une réappropriation collective.

Cette notion permet d’aborder un ensemble d’enjeux sociaux de première importance — accaparement des terres, privatisation de l’espace public, profilage racial, brutalité policière, sécurité alimentaire, logement, mobilité, justice environnementale — qui peuvent être interprétés à l’aune de cette catégorie. C’est pourquoi nous dirons que l’objet de l’émancipation n’est pas seulement le travail (bien que celui-ci demeure un enjeu fondamental), mais la réappropriation démocratique des milieux de vie, c’est-à-dire la possibilité de prendre part aux décisions collectives qui affectent nos conditions d’existence. La démocratisation des milieux de travail ne représente ainsi qu’une modalité particulière de ce principe plus général.

À nous la ville ! Traité de municipalisme, Jonathan Durand Folco

Et de continuer sur le fait que la manifestation est dorénavant supplantée par l’occupation. On parle souvent du Web comme étant un catalyseur mais rarement d’un milieu occupable et à ce titre dont on peut difficilement se sentir être dépossédé. La zone à défendre devenant floue, les adversaires en profitent.

La lutte pour un intangible commun est-elle perdue d’avance ?

October 06, 2018 11:00 AM

Gautier Poupeau

Réflexions et questions autour du Web sémantique

Ce billet fait partie d'une série de quatre billets qui visent à proposer un bilan de plus de 12 ans de travail avec les technologies du Web sémantique, « Les technos du Web sémantique ont-elles tenu leurs promesses ? » :

Au delà des quelques initiatives décrites dans le précédent billet et qui ont réussi à émerger, la réflexion sur les technologies du Web sémantique et le Web de données a indéniablement joué un rôle dans la gestion des données des organisations en particulier patrimoniales.

Que nous a apporté la réflexion autour du Web sémantique ?

Accompagner la réflexion sur la modélisation des données patrimoniales : l’abandon de la notion de “notice”

La notice dite documentaire est l’adaptation au milieu informatique de la fiche cartonnée. Ce mimétisme de pratiques antérieures est caractéristique des phases d’appropriation d’un nouveau média : la notice informatique a reproduit toutes les caractéristiques de la fiche cartonnée tout en exploitant les avantages de l’outil informatique (recherche, ubiquité, échange …). La notice est un méta-document dont l'objectif est la description d’un document. Or, c’est précisément cette forme qui pose problème. D’un objet porteur d’information, elle est devenue peu à peu elle-même objet de modélisation, au point d’en oublier parfois l’objectif initial : l’objet/document qu’elle est censée décrire. De plus, la notice place en son centre l’objet/document alors qu’aujourd’hui, on se rend compte que la description doit s’intéresser plus globalement à tous les aspects qui entourent cet objet/document. Enfin, avec la démultiplication des données suite à la numérisation, l’augmentation de données nativement numériques et maintenant la prise en compte des données d’usages, la notice et son cadre rigide (et par extension le catalogue qui en est le réceptacle) ne suffisent plus pour répondre aux différents besoins.

Si les formats MARC datent de la fin des années 1960, il faut attendre les années 1990 pour que le milieu des bibliothèques se lance dans un travail de modélisation conceptuelle. Les FRBR, dont le nom renvoie à la notion de « notice bibliographique », se caractérisent justement par le fait qu’elles ne modélisent pas la notice mais les informations qu’elle contient sous une forme logique. De fait, ce sont les objets décrits qui sont modélisés. De plus, elles marquent la fin d’une vision unique du document en tentant d’en séparer les différentes appréhensions : de l’entité intellectuelle pensée par un (ou plusieurs) auteur (l’œuvre) à l’objet lui-même au sein d’une collection (l’item). Si les FRBR s’intéressaient essentiellement au document lui-même, le travail s’est prolongé pour ensuite se concentrer sur les données d’autorité avec le modèle FRAD. Ce travail de réflexion a abouti en 2017 à la publication du modèle LRM (Library Relationship Model) issu de la fusion des différents travaux FRBR, FRAD et FRSAD et imprégné par la réflexion sur les technologies du Web sémantique de ces dix dernières années.


Vue d’ensemble des relations dans LRM, IFLA Library Reference Model

<!--break-->

Dans le milieu des musées, le même travail a été mené autour du modèle CIDOC-CRM qui se fonde sur un modèle dit objet et est centré sur la notion d’événements. Les deux initiatives se sont rejointes pour donner naissance à FRBRoo qui cherche à créer les conditions d’une interopérabilité entre des domaines patrimoniaux habituellement étanches.

Les technologies du Web sémantique, apparues peu après le début de cet effort de modélisation de la part des professionnels, ont aidé ces derniers à mieux appréhender les problématiques de modélisation en offrant une référence pour le cadre de description et en élargissant leurs horizons pour penser l’interopérabilité entre les différents mondes.
De plus, le modèle de graphe au cœur des technologies du Web sémantique présente la particularité de placer toutes les entités qui le composent au même niveau et d’être potentiellement infini. Convertir les données bibliographiques suivant les technologies du Web sémantique a donc pour conséquence de faire disparaître le primat du document et de mettre au même niveau données bibliographiques et données d’autorités. Le site data.bnf.fr en est une parfaite illustration, dans la mesure où les points d’entrée vers les documents sont des données d’autorités.


Gautier Poupeau, CC-BY

L’idée de dépasser le paradigme de la notice et le glissement vers la notion de « donnée » se sont donc finalement peu à peu imposés. La réflexion autour du Web de données et l’usage des technologies du Web sémantique a joué un rôle essentiel dans cet élan en renforçant et en incarnant le travail de réflexion autour de la modélisation des données patrimoniales qui avait commencé depuis plusieurs années.

La place centrale des référentiels pour assurer l’interopérabilité

La force et l’intérêt principal (unique ?) des technologies du Web sémantique est bien évidemment d’assurer l’interopérabilité des données structurées en offrant un modèle unique (le triplet) pour l’échange et la mise en relation des données. De ce point de vue, la promesse est parfaitement tenue. Si on conçoit l’interopérabilité au niveau des données, les technologies du Web sémantique sont, à l’heure actuelle, les meilleures et ont marqué de leur empreinte notre réflexion à ce sujet.

Même si cela n’a pas suffi à ces technologies pour s’imposer, elles ont accéléré la réflexion sur l’interopérabilité en ouvrant des possibilités techniques alors inexplorées. Elles nous ont permis de mieux comprendre les conditions nécessaires à la mise en relation de données hétérogènes et d’envisager des ponts entre des mondes qui paraissaient éloignés voire impossibles à réconcilier (cf aussi la présentation). Les technologies du Web sémantique ont permis d’envisager de nouvelles manières de concevoir l’interopérabilité :


Les styles d’interopérabilité, Emmanuelle Bermès, CC-BY

Alors que certains annonçaient la mort des référentiels, vaincus par la multitude, le tag et la folksonomie, les référentiels sont au coeur du dispositif de mise en relation des données, car ils font le pont entre des bases aux données hétérogènes. Ainsi, d’un outil au service de la description du document, ils tendent peu à peu à devenir le point central autour duquel s’organise le système d’information documentaire et la navigation dans les contenus. Or, ce rôle central du référentiel va se poursuivre au-delà de cette réflexion sur l’interopérabilité. En effet, ils sont la pierre angulaire des nouveaux bouleversements autour du machine learning et du deep learning. Aucun système de classification automatique, d’identification automatique de personnes, d’annotation automatique ou d’extraction d’entités nommées ne fonctionnera sans un référentiel parfaitement maintenu.


Mise en action des différents ensembles de données, Gautier Poupeau, CC-BY

Dans cette perspective, le travail d’alignement, c’est-à-dire de mise en relation, des référentiels entre eux dans l’objectif de créer du lien (et donc de l’interopérabilité) entre les bases et au-delà entre les institutions, initié dans le cadre de la réflexion autour du Web de données, va se poursuivre pour faciliter le maintien du référentiel et son enrichissement.

Séparer les données des usages

Dans une interview de 2007, Robert Shimp, Vice président d’Oracle, présentait l’intérêt des technologies du Web sémantique en ces termes :

« La tendance est de découpler la donnée de l’application ou du service, l’idée est que vous puissiez écrire votre application ou votre service indépendamment de la source de donnée avec laquelle il interagit. Une couche d’abstraction entre les services et la donnée est ainsi créée et l’application peut ainsi trouver la source de données la plus adaptée. C’est ce qu’apportent les technologies sémantiques à la gestion de l’information d’entreprise. »

J’avais exprimé de manière plus modeste une vision analogue avec le concept de logique informationelle. C’est, pour mon expérience personnelle, l’apport le plus intéressant des technologies du Web sémantique. Elles sont la preuve technique qu’il est possible de renverser la logique de construction du système d’information en le pensant par la donnée et sa logique plutôt que par le processus. En effet, le Web sémantique nous oblige par son fonctionnement intrinsèque à repenser nos modèles, à prendre du recul par rapport à la modélisation de bases de données relationnelles, pensée bien souvent par rapport à l’usage dans un entre deux entre le modèle physique et le modèle logique, et à essayer d’en revenir à la logique même de la donnée, à sa sémantique pour reprendre le vocabulaire des logiciens. Ce faisant, on peut envisager de séparer les données des usages. Or, à l’heure où nous cherchons à faire fructifier la donnée, comme actif de l’entreprise, il est essentiel pour réussir justement à faire émerger de nouveaux usages de décloisonner nos silos de données et de libérer la donnée de l’usage pour lequel elle a initialement été créée.

Disposer d’une vue logique de la donnée, c’est reprendre la main sur cette donnée et ainsi la maîtriser. Cela ouvre la voie à une mise en cohérence transverse de toutes les données d’une organisation et donc à sa gouvernance, point là aussi essentiel au moment de la faire fructifier.

Or, si le retour à la modélisation logique des données (je n’ose dire « ontologie ») est un préalable nécessaire voire indispensable pour utiliser les technologies du Web sémantique, elles n’en ont pas l’apanage et il est tout à fait possible d’envisager de penser une modélisation logique sans l’implémenter avec les technologies du Web sémantique. On peut même l’envisager avec des technologies relationnelles qui sans être parfaites loin de là, présentent au moins l’avantage d’être très connues et robustes.

Ainsi, si je ne devais retenir qu’un apport, ce serait certainement celui-là : le Web sémantique aura eu le mérite de nous obliger à nous interroger sur nos données structurées : leur structure logique, leur vocabulaire, leur cohérence et leurs liens. C’est une compétence rare dans le monde informatique actuel et pourtant, tellement essentielle lorsqu’il s’agit de valoriser le patrimoine informationnel d’une organisation.

En guise de conclusion : l’interopérabilité et la décentralisation en question

A l’issue de ce bilan, force est de constater que les grands perdants sont la décentralisation et, dans une moindre mesure, l’interopérabilité des données.

Interopérabilité des données ou interopérabilité des systèmes ?

Le Web sémantique positionne la question de l’interopérabilité au niveau des données. Pour ce faire, il propose une grammaire commune, le RDF, et des mécanismes de définition de vocabulaires permettant de structurer les données (OWL/RDFS). Mais l’investissement nécessaire pour assurer l’interopérabilité des données à ce niveau en vaut-il la peine ? Et finalement, les organisations ont-elles besoin de ce niveau d’interopérabilité ?

La question mérite d’être posée, même dans un milieu restreint dans lequel les standards sont déjà au coeur du travail et se justifient par l’homogénéité des données échangées : les bibliothèques, certains domaines de recherche comme les sciences du vivant... L’investissement est en effet considérable pour réussir à trouver des accords entre les différents acteurs. Il l’est encore davantage lorsqu’il s’agit d’échanger de la donnée avec d’autres organisations qui n’ont pas les mêmes objectifs, les mêmes perspectives et encore moins les mêmes formes juridiques. Pour prendre l’exemple de l’Institut national de l’audiovisuel que je connais bien, les données sont récupérées ou achetées auprès d’acteurs des médias audiovisuels (TF1, France Télévisions), des spécialistes de la revente de données des médias (Plurimedia, fournisseur de Télérama, Télé7jours et autres), des spécialistes de veille (Kantar Media) ou d’analyse de l’audience (Médiamétrie). Même si ces différents acteurs utilisaient tous du RDF pour échanger les données, il leur serait impossible de se restreindre à employer tous le même vocabulaire. Certes, cela simplifierait l’exploitation des données, mais cela n’éviterait pas d’avoir recours à un ou plusieurs mappings.

Il faut se rendre à l’évidence : face à la multiplication des données, à l’hétérogénéité de leurs modes d’acquisition et à la diversité de leur exploitation, il faut renoncer à l’idée d’une interopérabilité syntaxique ou structurelle par l’utilisation d’un modèle unique, qu’il s’agisse de la production, de stockage ou de l’exploitation au sein même d’un SI

Cela ne veut pas pour autant dire qu’il est impossible d’assurer une certaine forme de mise en relation des différentes informations, entre autres par l’utilisation d’identifiants communs indépendants des systèmes les exploitant à l’ensemble du système d’information. Cela ne signifie pas non plus que l’interopérabilité entre les organisations est une utopie, mais il s’agit plutôt d’interopérabilité des systèmes, point à point et par le traitement des données, que d’une interopérabilité globale au niveau du stockage des données. Et, dans ces conditions, pourquoi les DSI s’embêteraient-elles à utiliser les technologies du Web sémantique qu’elles ne maîtrisent pas, alors que d’autres possibilités existent ?

De plus, il est tout à fait possible d’envisager une cohérence globale des différentes données d’une organisation sans utiliser les technologies du Web sémantique. Elles ont l’avantage d’incarner techniquement cet objectif, mais il est aussi possible de l’atteindre par le déploiement d’une gouvernance de données transverses et en pensant les modèles de données par la logique de la donnée elle-même et non par l’usage. Bref, il s’agit de maîtriser la donnée et la réponse à cette question n’est pas (nécessairement) technique...

La décentralisation est-elle possible ?

Le Web est du strict point de vue technique un système décentralisé : chaque serveur Web expose des pages Web qui sont potentiellement reliées par le principe de l’hypertexte à d’autres pages stockées sur un autre serveur Web. Il n’existe aucun point central nécessaire à son bon fonctionnement et c’est ce qui assure sa robustesse et sa montée en charge infinie.

Pourtant, que serait l’usage du Web sans l’existence de Google ? Or, ce dernier est bien un système qui permet de rechercher par la centralisation des contenus au sein de son index. Même si Google n’est pas intrinsèquement nécessaire au fonctionnement technique du Web, il a indéniablement rendu possible son succès et sa démocratisation.

Au milieu des années 2000, le réseau des blogs a débouché sur la constitution d’espaces de discussions décentralisés qui se répondaient par des liens, des trackbacks, des commentaires. Chaque blog constituait un réseau plus ou moins commun avec d’autres blogs. Si certains blogs résistent encore, peu à peu par l’effet réseau, la démocratisation des discussions en ligne, l’augmentation des utilisateurs et des interactions et la simplicité des fonctionnalités, les discussions et les interactions se sont déplacées au sein de grosses plateformes centralisatrices : Facebook, Twitter, Tumblr… D’abord, lieu de partage du lien hypertexte au sein d’une communauté élargie (à la recherche d’une plus grande audience ?), elles ont peu à peu cannibalisé le contenu lui-même jusqu’à faire disparaître la plupart des blogs. Là aussi, la centralisation s’est avérée nécessaire par simplicité d’usage jusqu’à prendre le pas sur la décentralisation.

Comme on l’a vu avec Wikidata, il en va de même avec le Web de données. D’un hub d’identifiants/un référentiel, Wikidata tend peu à peu par simplicité technique là aussi à devenir la base où sont stockées toutes les données. Pourquoi s’embêter à maintenir une exposition des données en Linked Data sur sa propre infrastructure si toutes les données sont par ailleurs disponibles dans Wikidata ? Nous avons là encore un bel exemple d’une dérive centralisatrice à partir d’une idée initiale décentralisatrice…Et son ouverture (licence CC0) ne doit pas faire oublier qui en est (était ?) le principal mécène : Google. Si Freebase a été la pierre angulaire de la mise au point du Knowledge graph de Google, Wikidata en assure la maintenance régulière.

Et, on retrouve ce même jeu de balancier avec les mashups de données ou le Linked Enterprise Data. Même si chaque application peut de manière décentralisée exposer ses données selon les principes du Linked Data, il faudra à un moment ou un autre les centraliser en une seule base, un nouveau silo, pour les exploiter et les interroger de manière homogène. Il n’y a aucune autre possibilité technique en l’état actuel des choses.

La décentralisation réelle des données est-elle possible ? La question mérite donc d’être posée. Tim Berners-Lee a annoncé récemment la création d’une start-up, Inrupt, pour soutenir le développement et le déploiement de sa réponse à la volonté centralisatrice des grandes plateformes du Web : le framework Solid qui permet de construire des applications décentralisées respectueuses des données de ses utilisateurs. Je leur souhaite de réussir, mais j’ai de très gros doutes, car toute la philosophie de Solid réside dans un framework technique basé sur les principes du Linked Data et de Linked Data Plaform et non dans une proposition de valeurs en termes d’usage précis et concret. Au delà de la complexité des technologies proposées, aux antipodes de la simplicité de HTML qui explique pour une très grande part du succès du Web, c’est la question même de la décentralisation qui se pose.

J’en arrive à me demander si la décentralisation peut se concevoir sans un système centralisateur de plus haut niveau pour l’encadrer d’une manière ou d’une autre. Il en ira de même avec les applications utilisant Solid. Comment rechercher parmi tous les contenus d’un utilisateur qui pourront être éparpillés entre les différents serveurs (“pods”) si ce n’est en centralisant ? Une décentralisation complète est illusoire. Le traitement technique de données demande à un moment ou un autre de recentraliser les données pour en permettre l’exploitation quel que soit l’algorithme.

by got at October 06, 2018 08:01 AM

October 05, 2018

Gautier Poupeau

Au-delà des limites, que reste-t-il concrètement du Web sémantique ?

Ce billet fait partie d'une série de quatre billets qui visent à proposer un bilan de plus de 12 ans de travail avec les technologies du Web sémantique, « Les technos du Web sémantique ont-elles tenu leurs promesses ? » :

Si, à travers les différents cas d’implémentation des technologies du Web sémantique décrits dans le précédent billet, les promesses sont globalement tenues, force est de constater que les problèmes qui se posent en limitent aujourd’hui le déploiement à large échelle ou en dehors de marchés de niche clairement identifiés :

  • les systèmes de stockage des données en RDF (ou triple store) ont montré des limites du point de vue de l’intégrité des données (gestion des transactions), des performances (temps de réponse de certaines requêtes) ainsi que de la montée en charge (volumétrie). Ainsi, parmi les trois axes qui définissent traditionnellement le Big Data : vitesse, volume et variété (les « 3V »), les deux premières caractéristiques ne sont pas encore atteintes par ces technologies et si la décentralisation des données, au cœur même du modèle du Web de données, a pu constituer en partie une solution, c’est oublier la problématique de résilience du réseau et la nécessité d’agrégation des données pour les interroger.
  • la structure même du modèle RDF a fait apparaître des limites quant à la gestion de la provenance des différentes informations et la contextualisation du triplet : or, si ce point était présent dans la feuille de route du Web sémantique écrite par Tim Berners-Lee, il n’est toujours pas vraiment résolu. Des solutions sont apparues mais elles ne sont pas entièrement satisfaisantes. De ce point de vue, RDF 1.1 est un rendez-vous manqué, d’autant qu’à la même époque le modèle des “property graph” qui propose une réponse à cette limite a commencé à s’imposer… Ce modèle est aujourd’hui au coeur de toutes les technologies de bases de données graphes proposées par les gros acteurs du secteur : IBM, Microsoft, Amazon (basé a priori sur le produit Blazegraph dont la société semble avoir été rachetée par Amazon), Google, sans compter les nouveaux venus  : Huawei, Datastax, Neo4j ou OrientDB. Ainsi, le modèle de graphes se porte bien et, pour cause, il offre une souplesse inégalée dans la manipulation des données structurées et dans l’interrogation croisée de données hétérogènes. Mais, ils ont tous fait le choix d’implémenter le modèle des property graph et ils ont tous adopté le framework Apache Tinkerpop et le langage de requêtes Gremlin pour interagir avec le système de stockage, ce qui en fait un standard de fait.
  • le destin d’une technologie, indépendamment de son intérêt ou de sa qualité, tient aussi à son degré d’appropriation par les développeurs. Or, malgré sa relative ancienneté (le premier brouillon de RDF est publié en 1997 sur le site du W3C !!), il reste encore beaucoup de travail en la matière et, à la vue du nombre incessant de technologies qui apparaissent (et disparaissent), il est à craindre que les technologies du Web sémantique restent des technologies de niche maîtrisées par peu de développeurs.
<!--break-->

Que reste-t-il concrètement du Web sémantique aujourd’hui ?

Malgré ces limites, certaines initiatives, projets ou usages ont réussi à se dégager et viennent valider certains aspects des technologies du Web sémantique.

Wikidata, un graphe de connaissances centralisé

Wikidata est un projet de la Wikimedia Foundation développé à partir de 2012 à l’initiative de l’association Wikimedia Deutschland. Son objectif initial était de centraliser et faciliter la maintenance des données structurées des Wikipedias (liens interlangues, infobox, catégories, coordonnées géographiques, liens vers des fichiers d’autorité). Ainsi, Wikidata est aux données structurées ce que Wikimedia Commons est aux médias : un centralisateur d’informations au service des Wikipedias. A l’origine, le projet est donc bien ancré dans la communauté Wikipédienne à son service direct. En ce sens, il se différencie nettement d’un autre projet auquel il est souvent comparé : Dbpedia, initiative issue de la recherche, apparue en 2007, dont l’objectif était directement lié à l’exposition des données structurées des Wikipedias selon les principes du Linked Data.

Wikidata reprend les principes qui ont fait le succès de Wikipedia : tout un chacun peut contribuer librement et l’ensemble des donnés est associé à une licence libre, dans ce cas la Creative Commons Zero (assimilable à la notion de domaine public). Les différences se situent évidemment dans les informations : là où Wikipedia propose des textes et Wikimedia Commons des médias, Wikidata propose des données structurées sous la forme de déclarations.

 Ainsi, chaque page est associée à une entité dont l’identifiant est unique et opaque (sauf dans quelques rares cas qui relèvent plutôt de l’easter egg, cf. l’exemple ci-dessous). Les entités sont décrites par des libellés localisés (c’est-à-dire associés à une langue), une description localisée, des libellés alternatifs eux aussi localisés et un ensemble de déclarations dont la propriété fait partie d’une ontologie déterminée par la communauté au fur et à mesure. Les valeurs peuvent être des liens vers d’autres entités de Wikidata ou des chaînes de caractères typées. Jusque là, le modèle ressemble à RDF. Là où il s’en écarte, c’est dans la possibilité d’associer à chaque déclaration des références pour la sourcer (reprenant ainsi le principe des notes de bas de page présentes dans les Wikipedia) et des qualificatifs pour la préciser, ce qui résout le gros problème de contextualisation du modèle RDF.


Modèle de données de Wikidata, Charlie Kristschmar, CC0

Si Wikidata n’est pas structuré selon le modèle RDF, le projet a, en revanche, choisi SPARQL comme langage de requêtes et protocole d’interrogation. Ce choix fait suite à différentes études. Ainsi, les données des entités sont traduites dans un modèle RDF spécifique et, à chaque mise à jour, sont indexées dans un triple store, en l’occurrence le logiciel Blazegraph. Avec l’importance que prend petit à petit Wikidata, le choix de SPARQL pour Wikidata justifie à lui seul l’apprentissage de ce langage de requêtes.

En effet, les objectifs initiaux de Wikidata ont été rapidement dépassés, car ce projet répondait à de nombreux défauts des autres projets existants en la matière. Par rapport à Dbpedia, il présentait l’avantage d’être mis à jour en temps réel (Dbpedia est mis à jour tous les 6 mois…), d’offrir une qualité de service bien supérieure et de proposer une structuration des données plus rigoureuse, dbpedia étant issu de données dont l’objectif n’était pas celui d’alimenter une base de données structurées à l’origine. Comparé à Freebase, initiative lancée par la société Metaweb rachetée par Google en 2010, ce projet présentait l’avantage d’être porté par une communauté libre clairement établie. Bref, Wikidata est devenu LE projet de base de connaissances libre et ouvert que tout le monde attendait : le chaînon manquant de la gestion des connaissances. Il n’est donc pas étonnant que Wikidata soit rapidement devenu un hub supplantant peu à peu Dbpedia en tant que centre des alignements de référentiels divers à travers le monde. Ce rôle me semble évoluer peu à peu ces derniers temps :  d’un hub de références, Wikidata tend à devenir un réceptacle des données elles-mêmes. Ainsi, à l’image du Musée St Raymond de Toulouse, les institutions vont être peu à peu tentées de mettre directement leurs données dans Wikidata. Et le projet WikiCite, qui vise à centraliser les références bibliographiques pour les Wikipedias, risque fort d’accélérer ce mouvement.

Ironie de l’histoire, alors que le Linked Open Data souhaitait mettre en relation des données hétérogènes et décentralisées chez différents fournisseurs, il aura suffi de 5 ans pour que les utilisateurs commencent à recentraliser leurs données au sein d’un espace unique.

Et pour vous convaincre de l’importance de ce projet, il suffit de voir l’implication de Google : mécène du projet à l’origine, ils ont recruté son développeur principal, Denny Vrandečić, lorsque le projet a été stabilisé. Et pour cause : grâce au rachat de la société Metaweb, Google a disposé non seulement d’une technologie de graphe scalable (qui ne suivait pas non plus précisément le modèle RDF…) mais aussi d’une base de connaissances déjà conséquente. C’est sur cette base que Google a commencé à construire le Knowledge graph, un autre exemple de base de connaissances centralisé bâti sur le modèle de graphe sans utiliser RDF. Ils ont rapidement compris qu’ils ne pourraient convaincre la communauté de poursuivre l’alimentation de Freebase, car cela revenait à travailler directement pour eux. Ils ont donc intelligemment proposé de reverser le contenu de Freebase dans Wikidata et ils ont accompagné la mise en place de Wikidata. Permettre l’éclosion de Wikidata, c’était aussi pour Google un moyen d’assurer une mise à jour de son graphe de connaissance, même si bien évidemment Wikidata n’est pas la seule source de ce knowledge graph.

Schema.org, une ontologie unique pour les unir tous

Et, parmi les différentes sources de données qui alimente le Knowledge graph de Google, on trouve en bonne place les données structurées mises à disposition par les sites eux-mêmes sur les recommandations de Google dans l’objectif d’améliorer pour le producteur du site l’affichage des résultats dans le moteur de recherche. Quel changement quand on se souvient d’articles ou d’avis de certains ingénieurs de Google sur l’intérêt des données structurées au sein des pages Web...

Ce doute longtemps entretenu chez Google explique certainement pourquoi cette innovation n’a pas été portée par Google mais par Yahoo. Petit retour en arrière : en 2008, Yahoo lance SearchMonkey, une plateforme qui permet aux sites de proposer des plugins pour améliorer la présentation de leurs résultats sur le moteur de recherche de Yahoo en exploitant les données structurées à l’intérieur des pages Web. Il recommande alors l’utilisation de RDFa ou des microformats. Cette innovation de Yahoo est un véritable « game changer ». Google réplique dès l’année suivante avec les rich Snippets. Mais, l’un comme l’autre font face à un problème de taille : la normalisation du vocabulaire. C’est la raison pour laquelle Google, Yahoo et Microsoft vont s’allier pour proposer un vocabulaire commun. Préparé dans le plus grand secret, Schema.org voit le jour en 2012.

Dès l’origine, le projet vise à proposer un vocabulaire unique pour encoder les données structurées à l’intérieur des pages Web. La force de frappe de ces trois sociétés suffit à en faire un standard immédiat, d’autant que la promesse est à la hauteur : une meilleure visibilité dans leurs résultats de recherche par une mise en valeur du contenu. Il préconise alors RDFa et Microdata, standard concurrent mis au point dans le cadre de HTML5. Peu à peu, Json-LD qui permet de sérialiser du RDF avec la syntaxe Json, s’est imposé car il s’est avéré plus simple et moins intrusif de proposer des données encodées en Json-LD dans un bloc unique d’une page Web plutôt que d’insérer le RDFa à l’intérieur du balisage HTML.

Avec Schema.org, c’est d’abord le spectre de l’ontologie universelle qui revient au galop, d’autant que ce vocabulaire sort tout droit des trois plus grosses entreprises du secteur de l’époque, autant dire des caves des enfers. Pour calmer le jeu, la maintenance de Schema.org est placé d’abord sous l’égide du W3C et un pionnier du Web sémantique, Dan Brickley, en devient le mainteneur officiel. Employé par Google peu de temps après, il parvient à apaiser les craintes et à fédérer les énergies pour faire avancer depuis six ans cette initiative. Et force est de reconnaître que cela fonctionne.

Tout ça pour ça ? Permettre aux moteurs de recherche de récupérer plus facilement de la donnée structurée pour améliorer la visibilité des résultats de recherche (et surtout leur permettre d’alimenter leur knowledge graph à moindre frais…). Il semblerait bien que schema.org soit le seul exemple d’utilisation des technologies du Web sémantique à très large échelle. Et, après tout, comme le rappelle Dan Brickley, n’est-ce pas la vocation initiale de ces technologies ?

Exposition des données, des gros hubs plutôt que des petits satellites ?

Comme nous l’avons vu précédemment, la plupart des utilisateurs souhaite des mécanismes simples et efficaces pour récupérer les données. L’enjeu de l’Open Data (qui, au passage, n’est pas une fin en soi de la production de données…) étant de permettre la réutilisation, il paraît contre-productif pour les organisations de ne pas répondre aux besoins des utilisateurs et de s’entêter à exposer les données selon les principes du Linked Data. C’est d’autant plus vrai que les coûts pour maintenir ce genre de systèmes sont plus élevés que la simple mise à disposition de jeux de données en CSV voire en XML ou en Json.

De plus, publier des données selon les principes du Linked Data implique des responsabilités. En effet, à partir du moment où les données sont liées par d’autres, les questions habituelles de maintien des URIs se posent. Or, on constate, en particulier dans le milieu de la recherche, que de très nombreuses initiatives d’exposition des données ont aujourd’hui disparu, emmenant avec elles non seulement les identifiants mais aussi les données elles-mêmes. Gageons que les initiatives autour des données de la recherche, en particulier le FAIR, vont offrir les moyens d’exposer les données de manière durable.

Un des moyens de poursuivre le développement du Linked Open Data passera immanquablement par la centralisation de ces données dans quelques « hubs » qui seront capables d’exposer selon les principes du Linked Data (ou sous d’autres formes d’ailleurs...) pour mutualiser les coûts de développement, de maintien en condition opérationnelle et de ressources humaines.


LOD cloud Diagram (Version de 2014), CC-BY

Il en va de même dans le milieu patrimonial : Gallica en France, Europeana en Europe, VIAF dans le monde, pour n’en citer que trois, jouent déjà le rôle d’agrégateur de données et/ou de contenus. Il paraît logique qu’ils offrent aussi ce service d’exposition que les plus petites organisations n’auraient pas moyen de se payer.

Mais, est-ce bien nécessaire ? Oui à condition qu’on reconnaisse politiquement à ces organisations, indépendantes de tout organisme privé ou communautaire, la mission d’exposer des données garantissant un haut niveau de description et de structure (impossible en CSV)... Pour l’instant, ces organisations en sont convaincues mais pour combien de temps ? Le service public de la donnée ne pourrait-il pas aussi faire des recommandations en ce sens ?

by got at October 05, 2018 11:14 PM

Les technologies du Web sémantique, entre théorie et pratique

Ce billet fait partie d'une série de quatre billets qui visent à proposer un bilan de plus de 12 ans de travail avec les technologies du Web sémantique, « Les technos du Web sémantique ont-elles tenu leurs promesses ? » :

Les technologies du Web sémantique : Pourquoi ? Comment ?

Lorsque Tim Berners-Lee crée le Web, son objectif est de proposer aux chercheurs du CERN un espace d’interopérabilité pour échanger non seulement des documents mais aussi des données structurées. Ainsi, le document qui décrit sa proposition intègre dès le départ l’idée d’aller au-delà d’un espace documentaire pour relier des entités du monde réel.


Schéma représentant la proposition de Tim Berners-Lee pour gérer l’information du CERN, Tim Berners-Lee

<!--break-->

Tim Berners-Lee et les pionniers du Web se concentrent d’abord sur la mise au point et l’amélioration des éléments du web de documents : protocole de communication (HTTP), langage d’encodage des documents (HTML et XML) et éléments pour la mise en forme (XSLT, CSS). En 1994, année de la création du W3C, Tim Berners-Lee trace le futur du Web lors de la 1ère conférence WWW. Il revient alors sur l’idée d’intégrer dans le Web des entités du monde réel (lieu, personne, concept, oeuvre de l’esprit…) reliées entre elles par des liens typés.


Image issue de la présentation “The Need for Semantics in the Web”, Tim Berners-Lee, CC-BY

En 1998, il propose une feuille de route pour le Web sémantique. Ce document est essentiel car il contient la description des technologies nécessaires au déploiement d’un Web de données :

« The Semantic Web is a web of data, in some ways like a global database. The rationale for creating such an infrastructure is given elsewhere [Web future talks &c] here I only outline the architecture as I see it. ».  

Le W3C va s’atteler dans les dix années suivantes à la mise en pratique de ces éléments.

        
Semantic Web Stack, W3C, domaine public

Ces technologies s’appuient d’abord et avant tout sur l’architecture du Web : le protocole HTTP et le système d’identifiants des URIs. Chaque entité est donc assimilée à une ressource HTTP identifiée par une URI. La description de l’entité s’appuie sur le modèle RDF : rencontre du modèle de graphe et de la logique des prédicats du 1er ordre. Ainsi, chaque élément de description forme un triplet (Sujet-Prédicat-Objet) dont le prédicat, lui-même une ressource HTTP, décrit la nature de la relation entre deux entités, sujet et objet. 

La mise en relation des différents triplets forme un graphe orienté.


Images issues de « les technologies du Web appliquées aux données structurées »,
Emmanuelle Bermès, Gautier Poupeau, CC-BY

Au modèle RDF, s’ajoutent deux technologies principales : un ensemble de mécanismes pour décrire les modèles de données (globalement sur le principe Entités/Relations) dont les triplets sont des instanciations (RDFS/OWL) et un langage de requêtes (SPARQL).

Promesses et limites dans la pratique

Afin d’illustrer mon propos, je vous propose de revenir sur quelques expériences en insistant à chaque fois sur les raisons qui nous ont amenés à choisir les technologies du Web sémantique et les limites et/ou leçons que nous avons pu en tirer.

Le projet SPAR

Le projet Système de préservation et d’archivage réparti (SPAR) vise à donner les moyens à la Bibliothèque nationale de France d’assurer sur le très long terme la continuité de l’accès à ses collections numériques. Le système suit les principes du modèle OAIS (Open Archival Information System) qui constitue un vade mecum pour une bonne gestion et une maîtrise de l’information numérique dans le temps.

SPAR est basé sur quelques principes forts :

  • séparation stricte entre les informations numériques conservées et le système qui les exploite, le système peut ainsi évoluer de manière indépendante des collections ;
  • auto-documentation et auto-configuration du système, c’est-à-dire que l’ensemble des éléments du système : référentiels, code source de l’applicatif, éléments de configuration, métadonnées des informations numériques sont aussi conservés et stockés par le système sous la forme de paquets, ils sont d’ailleurs pris en compte par le système au moment de leur versement et non de manière native ;
  • Tous les éléments de configuration « métiers » et les référentiels sont administrés par les experts de préservation via des paquets dit de référence nécessaires au bon fonctionnement du système, le système garantit ainsi les rôles de chacun : expert de préservation d’un côté et administrateurs du système de l’autre ;
  • les interfaces, sous la forme de Web service RestFull, entre les différents éléments du système sont indépendants des technologies qui les font fonctionner ;
  • les modules de l’application (dont l’architecture suit strictement le modèle OAIS) sont indépendants les uns des autres et communiquent uniquement via des Web services.

Le module “Gestion des données”, en charge du stockage et de l’interrogation des métadonnées se devait de répondre à différentes problématiques :

  • toutes les métadonnées doivent être interrogeables sans idée préconçue de la manière de les interroger ;
  • il faut pouvoir stocker et interroger des données hétérogènes et semi structurées ;
  • il faut disposer d’un système souple et standard indépendant d’une implémentation logicielle pour simplifier l’évolution du système et la réversibilité des technologies applicatives ;
  • Il faut pouvoir interroger de manière uniforme les métadonnées issues des paquets et les données de référence ;
  • il faut un langage de requêtes puissant, si possible standard, accessible à des experts de préservation non informaticiens.

A l’époque (2008…), à l’issue de l’instruction, il s’est avéré que le modèle RDF et le langage de requêtes SPARQL constituaient la réponse la plus adéquate à toutes ces problématiques. Les bases de données relationnelles nous semblaient trop rigides et trop adhérentes à des logiciels particuliers. Les moteurs de recherche ne permettaient alors pas d’indexation en temps réel et posaient également problème parce qu’ils limitent l’interrogation à une entité unique. Quant aux bases de données documents, elles étaient balbutiantes ; encore aujourd’hui, elles n’offrent pas la même souplesse d’interrogation que SPARQL. Nous avons donc décidé d’implémenter l’ensemble du module “Gestion des données” avec le modèle RDF et d’exposer un sparql endpoint en guise d’API. Pour ce faire, nous avons déployé le logiciel Virtuoso qui faisait ses preuves depuis deux ans pour Dbpedia.

En premier lieu, il a fallu monter en compétence mes collègues d’Atos et les équipes de la BnF dont c’était la première expérience dans le domaine. Il a fallu ensuite créer le modèle de données, l’ontologie, puis étrenner, tester et éprouver la technologie. Et c’est là que sont apparus les premiers problèmes. Le modèle s’est bien avéré aussi souple que prévu et l’expressivité du langage de requête à la hauteur. Mais les performances et la montée en charge n’étaient pas au rendez-vous. Comme les avantages constatés étaient plus importants que les inconvénients, nous avons poursuivi dans cette voie.


Modèle de données de SPAR

Nous avons alors complexifié l’architecture avec le déploiement de plusieurs instances contenant différents ensembles de métadonnées en fonction des usages, dont une instance contenant toutes les métadonnées à indexer. Nous avons par ailleurs effectué un travail sur le volume de métadonnées indexées en les limitant à celles qui ne paraissaient pas redondantes. Last but not least, il s’avère que l’instance contenant l’ensemble des métadonnées a un nombre d’utilisateurs très limités (grosso modo on les compte sur les doigts des deux mains ;) ).


Contenu des trois entrepôts constituant le module “Gestion des données” de SPAR

Dix ans après, le système est toujours en place, la BnF est passée de la version libre (et gratuite) de Virtuoso à la version payante pour assurer la montée en charge et, d’après les échos que j’en ai, reste convaincue de ce choix. Pour ma part, j’en retiens d’abord un pari un peu fou (nous sommes quelques uns à avoir passé des nuits agitées à nous demander si c’était la bonne solution…). Si le problème de la vitesse de réponse et du nombre d’utilisateurs n’étaient pas un enjeu sur ce projet, j’en suis sorti convaincu qu’il semblait difficile d’imaginer un service en production avec un grand nombre d’utilisateurs et/ou de données, construit directement sur une base de données RDF interrogeable avec SPARQL.

Est-ce-que je préconiserais la même architecture aujourd’hui ? Je continue de penser que le graphe est le bon modèle pour répondre aux besoins de souplesse du modèle de données et d’expressivité des requêtes nécessaires à un tel système. J’aurais donc tendance à penser que le couple RDF-SPARQL reste le bon choix. Pour autant, j’étudierais les autres bases de données graphes basés sur le modèle de Property graph, en particulier celles utilisant le framework Tinkerpop et j’en limiterais l’usage à la base qui stocke l’ensemble des métadonnées. En effet, je complèterais l’architecture avec un moteur de recherche du type Solr ou ElasticSearch avec un index orienté “paquet” et un autre pour les référentiels afin d’offrir une recherche plus réactive.

Le projet Isidore

Isidore est un projet conduit par la très grande infrastructure de recherche Huma-Num (anciennement Très grand équipement Adonis) qui vise à offrir une plateforme unifiée de recherche dans les différentes ressources développées par la recherche en sciences humaines et sociales. Ce projet, démarré en 2008, a été mis en ligne en décembre 2010. Il donne accès aujourd’hui à presque 6 millions de ressources issues de plus de 6400 sources de données.


Macro-architecture d’Isidore issue de “ISIDORE, un grand projet d’ingénierie au cœur de l’avenir du web de données”, Fabrice Lacroix, Jean-Louis Villa et Bruno Perron

Les technologies du Web sémantique interviennent à différents endroits dans ce projet :

  • Isidore récupère les métadonnées et le contenu selon trois méthodes différentes, l’une d’entre elles consistant à utiliser le formalisme RDFa, qui permet d’intégrer des assertions RDF dans des pages Web, pour récupérer les métadonnées de pages web dont l’URL est indiqué via le protocole Sitemap ;
  • Les référentiels qui permettent d’effectuer les enrichissements sont exprimés en RDF et exploités comme tels ;
  • L’ensemble des métadonnées récupérées des sources de données ou obtenues à partir des mécanismes d’enrichissement d’Isidore sont converties en RDF et stockées dans une base de données RDF à partir de laquelle elles sont exposées selon les principes du Linked Data.

En revanche, la mise en cohérence des différentes métadonnées récupérées se fait via le mapping de ces données sur un format pivot XML mis au point pour les besoins du projet.

A l’époque, le choix d’intégrer les technologies du Web sémantique constituait un pari sur l’avenir à différents niveaux. Tout d’abord, nous étions convaincus des limites du protocole OAI-PMH pour exposer les données :

  • impossibilité d’exprimer différentes granularités ce qui a pour conséquence de mettre au même niveau des entités disparates ;
  • limitation de base de la description au Dublin Core simple ;
  • utilisation du protocole HTTP non respectueuse de sa logique (le mécanisme d’erreur n’utilise pas les codes d’erreur adéquats, mécanisme de l’hypermedia non utilisé…).

RDFa constituait à nos yeux un moyen simple pour accompagner les producteurs vers les technologies du Web sémantique et de dépasser les limites d’OAI-PMH, car cela permettait, avec un investissement qui nous paraissait limité, d’envisager une plus grande capacité de description en utilisant OAI-ORE, vocabulaire RDF apparu en 2008 et qui palliait aux limites d’OAI-PMH, et Dublin Core terms.

Par ailleurs, inspirés par les initiatives naissantes autour de l’Open Data, nous avons jugé essentiel de remettre à disposition les données. Plusieurs objectifs étaient visés :

  • en tant qu’initiative publique, faire preuve de transparence quant aux données utilisées pour constituer le moteur de recherche ;
  • remettre à disposition des producteurs (et, par extension, de tous) les enrichissements produits à partir de leurs données (génération d’un identifiant unique Handle, classification des ressources, annotation automatique avec des référentiels…) dans une logique de contre-don ;
  • accompagner la recherche en SHS dans son appropriation des technologies du Web sémantique.


Boucle de rétroaction de la mise à disposition des données d’Isidore
Isidore à l’interface de la rencontre entre des SHS et du Web de données, Gautier Poupeau, CC-BY

Je ne suis pas le mieux placé pour tirer le bilan de ces différents paris. Avec le recul (de temps mais aussi de position), j’ai l’impression qu’ils sont à moitié tenus. Les choix étaient certainement les bons à l’époque. Ils ont eu le mérite de servir d’exemple pour faire avancer la réflexion autour de la réutilisation de données exposées, de l’usage des technologies du Web sémantique et, plus généralement, de l’interopérabilité des données de la recherche. Mais, force est de constater que les réutilisations de ces données sont assez faibles. Outre la nature des données qui ne se prête pas forcément à la réutilisation (quoique…), leur exploitation demande une courbe d’apprentissage qui n’est pas évidente. Or, les chercheurs veulent des choses simples et accessibles. Clarisse Bardiot, professeur d’histoire de l’art à l’université de Valenciennes, l’explique clairement dans ce billet. Lors de la table ronde pendant la journée d’étude organisée l’an dernier par l’ADEMEC autour des rapports entre recherche et institutions patrimoniales, Raphaëlle Lapotre, chef de produit de data.bnf.fr, ne dit pas autre chose :

« on entre surtout en contact avec les chercheurs quand ça se passe mal avec les données et ça se passe souvent mal pour plusieurs raisons. Mais, effectivement, il y a eu la question de ces fameux standards qui bouffent la vie des chercheurs [...] ils nous disent mais pourquoi vous balancez pas des csv plutôt que de vous embêter avec vos affaires de web sémantique. »

C’est un constat général dans le monde de l’Open Data, même si cela se justifie (ici l’interopérabilité) : plus les données se révèlent complexes à exploiter et moins elles font l’objet de réutilisation. 

Quant à RDFa, ce formalisme s’est avéré bien plus complexe que prévu à manipuler. De plus, il n’existait à l’époque aucune initiative ou de standard de vocabulaire pour structurer ces données de manière uniforme. Nous avions préconisé le Dublin Core terms, car cela nous paraissait le plus approprié au regard du type de données. Depuis, Schema.org (sur lequel je reviendrai) est apparu et peu à peu, le formalisme RDFa a laissé la place à Json-LD. C’est bien évidemment vers ce couple que je m’orienterais aujourd’hui. Enfin, il faut constater que, malgré ses défauts, le protocole OAI-PMH reste le vecteur majoritaire par lequel Isidore récupère les données... victoire de la simplicité sur l’expressivité ? En tout cas, c’est une leçon à retenir alors qu’OAI-ORE fête ses 10 ans...

Du mashup de données….

Dans l’article fondateur sur le Web sémantique paru en 2001 dans la revue Scientifc American, les trois auteurs, Tim Berners-Lee, Ora Lassila et James Hendler, illustrent leurs propos avec un exemple dans lequel un agent logiciel parcourt différentes sources de données disponibles sur le Web et les combine en temps réel pour aboutir à une prise de rendez-vous médical. Ce cas d’usage est censé démontrer les possibilités d’exposition et d’échange des données et la capacité des technologies du Web sémantique à mettre en relation des données hétérogènes pour en déduire une information. Décentralisation, interopérabilité, inférence constituent finalement les trois objectifs principaux du Web sémantique et cet exemple en est l’illustration.

Sur le même modèle, il paraîtrait envisageable de mixer plusieurs sources de données hétérogènes exposées en RDF (ou non) pour créer des nouvelles applications dont les données seraient mises à jour en temps réel à partir des différentes sources données. C’est tout le principe des mashups de données.

Pour autant, de la théorie à la pratique, il y a un gouffre qui complexifie largement l’exercice. J’en ai fait l’expérience en réalisant plusieurs mashups seul ou à plusieurs avec les outils de l’éditeur Antidot lorsque j’en étais l’employé. Que ce soit celui sur les monuments historiques ou celui sur les musées (qui nous a valu le prix d’un concours organisé par le Ministère de la culture et l’association Wikimedia France pour la promotion de Dbpedia France), le principe général et la place des technologies du Web sémantique sont les mêmes. Nous les utilisions dans deux perspectives différentes :

  • pour récupérer les sources exposées selon les principes du Linked Data ou à travers un sparql endpoint ;
  • pour faire la « glue » entre les sources de données hétérogènes en construisant un graphe lui même stocké dans une base de données RDF et à partir duquel nous construisions les fichiers XML à indexer dans le moteur de recherche.


Modèle de données du projet de mashup “Monuments historiques”

La première différence qui saute aux yeux par rapport au cas d’usage exposé dans l’article de 2001 concerne la récupération des données. Dans l’état actuel des technologies et avec les problématiques de résilience du réseau, si vous souhaitez disposer d’une application disponible, rapide et scalable, vous devez récupérer les données de manière asynchrone, les traiter puis les stocker dans une base pour les exploiter localement. La promesse de décentralisation est largement écornée et cela oblige à mettre en place des mécanismes lourds pour effectuer la mise à jour des données qui ne peut se faire en temps réel.

Au delà de la complexité intrinsèque et non liée à l’utilisation des technologies du Web sémantique de ce genre d’exercice pour préparer et mettre en cohérence les données, deux autres difficultés apparaissent rapidement de par l’architecture choisie :

  • convertir toutes les sources de données en RDF et mettre au point pour cela un modèle de données capable de décrire toutes les données rapatriées ;
  • convertir à nouveau les données stockées dans un formalisme (Json ou XML) exploitable par un moteur de recherche, les capacités de la base de données RDF étant limitées de ce point de vue.


Macro-architecture de la chaîne de traitement pour le mashup “Monuments historiques”

A bien y réfléchir, on peut douter de l’utilité de l’étape de conversion et de stockage en RDF. On pourrait passer directement de la phase de récupération au stockage dans le moteur de recherche via la préparation des données. L’intérêt principal de ce choix est de séparer la donnée et sa logique de la manière de l’exploiter. De cette manière, il est possible, simple et rapide de créer différentes vues centrées autour des différentes entités du modèle ou d’inventer de nouvelles façons de naviguer dans la donnée en fonction de la manière de parcourir le graphe. évidemment, cela suppose que les réutilisateurs connaissent parfaitement la structure du graphe et maîtrisent les technologies du Web sémantique…

Cette promesse de souplesse est parfaitement tenue. Mais, à l’issue du travail, quand vous faites le rapport entre le temps passé à développer et automatiser la conversion et le stockage en RDF et le temps gagné dans l’exploitation des données, le gain immédiat est inexistant voire en défaveur de ces technologies. Il ne se justifiera (peut-être) qu’avec le temps (sans garantie…) et la création réelle de différents usages...

J’apprécie tout particulièrement cet exercice du mashup. Il est assez comparable au travail d’un cuisinier pour mettre au point un plat : il faut choisir les bons ingrédients, réfléchir à la manière de les travailler, les cuisiner et enfin effectuer le dressage. Ainsi, il fait intervenir toutes les composantes de la gestion des données : de la modélisation à la visualisation en passant par la récupération des données.

C’est la raison pour laquelle je donne depuis plusieurs années cet exercice pour évaluer les étudiants du master “Technologies numériques appliquées à l’histoire” de l’Ecole nationale des chartes. Pour autant, leur utilisation des technologies du Web sémantique se “limite” à la récupération des données via des sparql endpoint. Je ne leur demande ni de stocker les données dans une base de données RDF, ni de réexposer les données. Pourquoi le leur demanderais-je ? Dans les deux cas, c’est une perte de temps qui ne se justifie pas (plus ?)...

… au Linked enterprise Data

Libérer les données des silos existants, séparer les données des usages, lier et mettre en cohérence l’ensemble des sources de données afin de proposer de nouveaux usages et une nouvelle manière d’exploiter/explorer les données, actifs de l’organisation, le Linked Enterprise Data, concept que nous avons tenté de pousser chez Antidot, pourrait être assimilé à un mashup des données des systèmes d’informations “legacy” des organisations.


Principe général du Linked Enterprise Data issu de
Linked Enterprise Data, les données au coeur de l’entreprise

J’ai déjà eu l’occasion dans un précédent billet d’exposer les difficultés auxquels a été confrontée cette vision :

  • problème de scalabilité et de performance ;
  • complexité à sortir les données des silos et à les convertir en RDF ;
  • désintérêt des organisations pour la donnée elle-même et sa logique ;
  • (il)légitimité réelle ou supposée des DSI à porter une vision transverse dans l’organisation ;
  • limite du modèle RDF pour exprimer la provenance des informations et, plus généralement, difficulté à contextualiser le triplet ;
  • absence de compétences des développeurs dans le domaine.

Cette dernière difficulté est certainement une des plus importantes, car elle conditionne la réalisation, la supervision et la maintenabilité de tels systèmes, ces deux dernières problématiques étant souvent négligées par les spécialistes de la construction de système d’information alors qu’elles sont fondamentales. Jamais un DSI ne s’orientera vers une solution dont il n’a pas la garantie de pouvoir dans le temps assurer le maintien en condition opérationnelle.

Enfin, dans mon billet, j’ai oublié un point essentiel. Nous étions incapable de garantir un retour sur investissement (ROI). En effet, on parle de « possibilité », « capacité », « souplesse » mais, une fois l’infrastructure mise en place, il faut alors construire les usages et le DSI n’est pas certain de la volonté du métier de s’emparer d’une telle plateforme pour construire de nouveaux usages ou rationaliser son système d’information. C’est un investissement qui ne se justifie que si, au démarrage du chantier, il existe soit une volonté de refonte globale du système d’information, soit un projet clairement identifié et suffisamment stratégique pour engager un chantier aussi lourd du côté du back-office. Quand vous voyez les projets de « data lake » qui se limitent bien souvent à déverser des données tabulaires dans un système de fichiers clusterisés sans réflexion sur la cohérence des données, leur structure et leur maîtrise, on peut légitimement remettre en question la capacité des DSI à investir dans ce genre de vision...  

by got at October 05, 2018 10:41 PM

Les technos du Web sémantique ont-elles tenu leurs promesses ?

J’ai commencé à m’intéresser aux technologies du Web sémantique en 2005 et j’ai fait ma première communication à ce sujet en 2006 lors de la conférence Digital Humanities à Paris. J’ai eu l’occasion de les tester grandeur nature dès 2007 pour un projet mené par le CCH du King’s college, mais c’est au cours du projet SPAR de la Bibliothèque nationale de France à partir de 2008 que j’ai véritablement commencé à toucher du doigt les formidables promesses de ces technologies ainsi que leurs limites, déjà… Entre 2008 et 2014, j’ai eu l’occasion de les déployer dans différents contextes pour répondre à des cas d’usage divers : exposition des données, récupération de données encodées au sein des pages Web, décloisonnement de silos internes et mise en cohérence de données, enrichissement de données et mashup… J’ai œuvré à leur diffusion, du moins j’ai essayé, à travers ce blog ou ailleurs, et effectué quantité de formations sur le sujet en direction de publics très variés. Pour résumer, j’y voyais alors le moyen de déployer un système  d’information orienté données et plus uniquement processus et d’une manière générale de renverser ce primat dans la manière d’aborder le développement d’une application informatique.

Comme je l’ai déjà expliqué, à l’issue de cette période, j’étais très dubitatif sur l’intérêt d’utiliser ces technologies. Dans la mesure où j’étais conscient de leurs apports mais aussi de leurs limites, elles étaient toujours présentes mais sans être jamais au cœur de ma réflexion à l’Ina, du moins directement. L’expérience accumulée et les bénéfices de ces technologies nourrissaient néanmoins des pans entiers de la stratégie que nous étions en train de déployer sans même que j’en sois totalement conscient.

C’est peut-être la raison pour laquelle j’ai continué de les enseigner aussi bien dans le Master « Technologies numériques appliquées à l’histoire » de l’Ecole nationale des chartes que lors de formations pour Ina Expert, parfois, il faut bien l’avouer, en traînant un peu les pieds. J’ai fait évoluer ma présentation en replaçant ces technologies et leur intérêt dans le contexte plus large du Big Data, de l’Open Data et maintenant de l’intelligence artificielle. Finalement, je ne me suis jamais résolu à les abandonner totalement, partant du principe qu’une technologie ne disparaît pas, mais trouve sa juste place par rapport aux autres. De plus, je reste convaincu qu’elles restent la meilleure technologie pour assurer l'interopérabilité des données, mais jusqu’à quel point en a-t-on vraiment؜ besoin ?

Plusieurs fois, à la lecture d’un article ou d’un tweet qui vantaient les mérites de ces technologies et du Linked Open Data ou web de données, j’ai voulu écrire pourquoi il fallait rester prudent (voire plus…), encore récemment autour de la question de leurs usages au sein des musées. Je l’ai même dit en conférence, parfois, de manière abrupte, à la hauteur des désillusions que j’avais vécues. Aujourd’hui, sans avoir réussi à s’imposer largement, ces technologies ont indubitablement fait avancer notre réflexion sur la question de l’interopérabilité et force est de constater que certaines initiatives ont réussi à sortir du lot et à valider certains usages. Après avoir laissé passer le « ravin de la désillusion » et au moment où ces technologies semblent atteindre le plateau de la productivité du « Hype cycle », c’est le bon moment de dresser un bilan.


Hype Cycle du Gartner, Jérémy Kemp, CC-BY-SA

Alors, peut-être pour la dernière fois sur ce blog, je vous propose une plongée dans les entrailles des technologies du Web sémantique pour étudier quels en sont finalement les apports et les limites et l’écart entre les promesses et la réalité. Pour rendre les choses un peu plus digeste à lire et à appréhender, j’ai séparé ce bilan en quatre billets :

<!--break-->

by got at October 05, 2018 10:10 PM

David Larlet

☕︎ Festival de la décroissance Montréal

J’ironisais sur Mastodon qu’il s’agissait davantage du festival de la déprime. Et il y a du vrai là-dedans, les études récentes sont assez explicites sur les conséquences de notre usage actuel des ressources naturelles. La seule bonne nouvelle serait que les rapport type GIEC ont surestimé la quantité d’énergies fossiles extractibles ce qui ne permettrait pas à elles seules de faire augmenter la température au-delà des 4/5°C (sans considérations d’emballement).

Réjouissons-nous de cette incompétence.

October 05, 2018 11:00 AM

October 04, 2018

David Larlet

☕︎ Autarcie et déliaison

Un municipalisme réellement égalitaire, démocratique et écologique, c’est-à-dire un municipalisme post-croissance, représente donc la voie privilégiée pour construire une pluralité de sociétés locales, lesquelles ne doivent pas s’enfermer dans un localise étroit ou s’enfoncer dans l’esprit de clocher, mais favoriser une démondialisation ouverte et solidaire. « C’est en ce sens, souligne Magnaghi, que Raff Carmen propose [par exemple] de remplacer le concept d’autarcie par celui de “déliaison” (delinking), en opérant les différents choix économiques, politiques et culturels, sur la base des valeurs populaires. Il ne s’agit pas pour autant de couper les relations avec l’extérieur, mais de les subordonner à la logique d’un développement endogène, fondé sur une économie auto-centrée, une identité culturelle particulière et une autonomie politique. »

À nous la ville ! Traité de municipalisme, Jonathan Durand Folco

J’ai l’impression de saisir la nuance et d’avoir envie de creuser cela, ce qui est ironiquement assez contradictoire avec le fait de travailler à distance avec le gouvernement français 🤷‍♂️.

Et en même temps je suis encore loin de pouvoir résider sur le territoire canadien…

October 04, 2018 11:00 AM

October 03, 2018

David Larlet

☕︎ To hell or utopia?

A multiplicity of people, spaces, and infrastructures lay the ground where powerful, autonomous territories take shape. Everything for everyone. Land is given over to common use. Technology is cracked open–everything a tool, anything a weapon. Autonomous supply lines break the economic strangle hold. Mesh networks provide real-time communication connecting those who sense that a different life must be built. While governments fail, the autonomous territories thrive with a new sense that to be free, we must be bound to this earth and life on it. Enclaves of techno-feudalism are plundered for their resources. We confront the dwindling forces of counter-revolution with the option: to hell or utopia?–either answer satisfies us. Finally, we reach the edge–we feel the danger of freedom, the embrace of living together, the miraculous and the unknown–and know: this is life.

Instructions for Autonomy (cache)

Too many weapons for my taste. Hopefully a cultural bias. Sadly my current neighbours…

October 03, 2018 11:00 AM

October 02, 2018

David Larlet

☕︎ Tests et biais

Note anti-troll : les participant·es étaient quasi exclusivement des membres de Framasoft, donc pas vraiment représentatif·ves du public réel des outils testés, nous en sommes bien conscient·es. En temps normal, on aurait dû composer un panel réaliste de participant·es mais on n’avait pas d’autres cobayes sous la main !

Et si on tenait compte des utilisateur·ices dans les projets libres ? (cache)

Merci d’avoir l’honnêteté de reconnaitre que des tests utilisateurs peuvent ne pas être fait dans des conditions optimales et tout de même mener à des améliorations. Cela reste à tester sur un panel plus large/diversifié mais c’est un premier pas encourageant ! Et surtout cela ancre une démarche d’empathie et d’ouverture orientée vers l’utilisateur.

Sur beaucoup de produits croisés on ne fait pas de tests utilisateurs faute de conditions idéales.

October 02, 2018 11:00 AM

October 01, 2018

David Larlet

☕︎ Abécédaire

Un peuple dont la seule fonction "politique" est d’élire des délégués n’est pas en fait un peuple du tout, c’est une masse, une agglomération de monades. La politique, contrairement au social et à l’étatique, entraîne la recorporalisation des masses en assemblées richement articulées, pour former un corps politique dans un lieu de discours, de rationalité partagée, de libre expression et de modes de prises de décision radicalement démocratiques.

L’abécédaire de Murray Bookchin (cache)

Cela me rappelle — toutes proportions gardées — le travail entrepris en 2016 avec mon lexique et il y a une mise en résonance (raisonance ?) avec le discours d’Isabelle Attard qui semble partager l’avis que nous ne sommes pas en démocratie. Le tout avec une sauce de communalisme que j’explore. Parfois les synapses de ce cerveau externalisé se connectent :-).

Merci Yannick !

October 01, 2018 11:00 AM

September 30, 2018

David Larlet

☕︎ Enchantment of colours

This Fall Foliage Map reminds me so much the Cherry blossom forecast in Japan.

Now I need an accurate one for black flies.

September 30, 2018 11:00 AM

September 29, 2018

David Larlet

☕︎ NomadConf Canada

Les NomadConfs sont des non-conférences nomades pour grandir dans ses pratiques professionnelles en situation de nomadisme… et pour passer un bon moment entre coworking éphémère en train et rencontre de communautés locales ! Cette édition aura lieu au Canada dans la première quinzaine de novembre 2018 et est organisée par Clémentine Hahn et Matti Schneider.

An unconference in trains to grow your professional nomadic practices. (cache)

Vous venez ? 🤗

September 29, 2018 11:00 AM

September 28, 2018

David Larlet

☕︎ Être immigré

Lorsque j’expérimente la difficulté d’être immigré avec une somme incroyable de privilèges, je n’imagine même pas le stress associé dans le cadre d’une situation moins stable/saine/choisie. Rien ne vaut le fait d’être confronté à une situation de proximité pour éprouver de l’empathie. Il n’y a plus qu’à se considérer être tous sur le même caillou…

Cela m’est probablement inimaginable littéralement mais c’est un autre sujet.

September 28, 2018 11:00 AM

September 27, 2018

David Larlet

☕︎ Démocratie et justice

La démocratie n’est pas une affaire d’intelligence, elle est une affaire de sens de la justice […] on est tous capables de reconnaître le juste de l’injuste.

Effondrement : "il y a une volonté d’abrutir la population" (cache)

À voir pour quelques clefs de compréhension des dérives politiques actuelles.

September 27, 2018 11:00 AM

September 26, 2018

David Larlet

☕︎ Soft skills

The future can be a frightening prospect, and I often get people asking me for advice on how they should prepare for the web’s future. Usually they’re thinking about which programming language or framework or library they should be investing their time in. But these specific patterns matter much less than the broader principles of working together, collaborating and coming to agreement. It’s kind of insulting that we refer to these as “soft skills”—they couldn’t be more important.

Working on the web, it’s easy to get downhearted by the seemingly ephemeral nature of what we build. None of it is “real”; none of it is tangible. And yet, looking at the history of civilisation, it’s the intangibles that survive: ideas, philosophies, culture and concepts.

The Web Is Agreement (cache)

As often, terrific talk from Jeremy Keith about the Web. I’m surprised there is no mention of empathy which is key to me to adhere/agree on intangible concepts. Achieving a collective acceptable mindset is taking care of each others and somehow creating a meta-culture. Universality is tough because we cannot afford to have empathy for so much people and thus have to make choices, agreeing with that group of persons over these others. Standards will always be biased, the question is: what is the acceptation point from the public?

Remember that intangibles which survived are the exception.

September 26, 2018 11:00 AM

September 25, 2018

David Larlet

☕︎ Être heureux

Moi, je transmets ce que je sais, si les gens veulent changer c’est bien, s’ils ne veulent pas, je m’en fiche. J’analyse des systèmes, donc je pense le long terme. Il y a deux façons d’être heureux : avoir plus ou vouloir moins. Comme je trouve qu’il est indécent d’avoir plus, je choisis de vouloir moins.

"Le scénario de l’effondrement l’emporte" (cache)

J’ai de plus en plus de mal avec cette recherche perpétuelle du bonheur. Je suis davantage en quête d’apaisement ces jours-ci. Ce n’est pas tant « vouloir moins » que d’être contenté par ce que l’on a.

La différence peut sembler minime mais le cheminement est autre.

September 25, 2018 11:00 AM

September 24, 2018

David Larlet

☕︎ Rareté du travail

Mais la conséquence la plus importante de la peste fut l’intensification de la crise du travail générée par le conflit de classe, car la décimation de la force de travail rendait le travail extrêmement rare, augmenta son coût de façon drastique, et renforça la détermination des gens à briser les chaînes du régime féodal.

Comme le souligne Christopher Dyer, la raréfaction de main-d’œuvre provoquée par l’épidémie fit bouger les rapports de pouvoir à l’avantage des classes inférieures. Quand la terre était rare, les paysans pouvaient être contrôlés par la menace de l’expulsion. Mais après que la population eut été décimée et la terre fut devenue abondante, les menaces des seigneurs cessèrent d’avoir un effet sérieux, les paysans pouvant maintenant se déplacer librement et trouver de nouvelles terres à cultiver.

Il faut à tout ce monde un grand coup de fouet. Mouvements sociaux et crise politique dans l’Europe médiévale (cache)

La pandémie comme seule option de sortie du capitalisme ?

September 24, 2018 11:00 AM

★ Into the Raft

Résumé en français

Alterner le fun à pied et sur l’eau, le plein de nouvelles perspectives.

I went for 3 days into the Canadian wilderness (I don’t know if I want to call this bushcraft anymore but that’s another story). This time with a way to explore directly from within lakes which might be useful to gain some amount of time when there is no trail or to discover new places to set up camps in hardly accessible places. I wait for that inflatable boat about two months so it was definitely relieving to be able to try it before it gets too cold!

Despite the stress to try totally new gear and practice a new activity, it was really fun to be able to go there by hiking, inflate the raft, find a place and unload everything to be able to explore a bit lighter. I was surprised how slow it was though (compared to a canoe), something about two knots top if there is no wind against you! It might be easier on a river, I need to try that but probably next year with a bikeraft trip on the Red River.

One thing I tried is to use the raft as a mattress for sleeping at night, I’m not convinced of the overall result given that I slept quite badly the whole trip. That is something I need to iterate on. Weather conditions were not helping with temperatures dropping below freezing for the first time, quite brutal as always around here :-).

I underestimated my paddling abilities in terms of endurance when coming back to camp facing wind, something I have to work on during the winter season. Speaking about that, I hopefully didn’t chose to sleep on an island the last day otherwise I would have been stuck by the morning because of the wind.

I didn’t try to fish from the boat, being concerned about what would occur if my lure hits the inflatable parts. I think I need a folding net for this but I’m still considering options. I am not sure the speed would allow for casting, I have to try this too.

Being able to alternate hiking and paddling during a trip opens new perspective like portaging from lake to lake in places where a canoe won’t fit. Oh and finally, there is enough room for a child at the top of the raft \o/ (Alpacka Caribou).

September 24, 2018 11:00 AM

September 23, 2018

David Larlet

☕︎ Soumission inconsciente

C’est cette soumission inconsciente qui est pernicieuse. Cette structure de pouvoir (qui est donc une violence) n’est pas infligée par le dominant au dominé. Il est d’ailleurs fort probable que cette violence ne soit même pas perçue par le dominant, mais soit auto-infligée par le dominé. Nous sommes programmés pour réagir à ces caractéristiques et à nous y soumettre. Le terme peut vous paraitre fort, néanmoins il a été prouvé (notamment par Paul Piff, un sociologue de Berkeley) qu’on attribue beaucoup plus facilement sa confiance à quelqu’un qui affiche une classe socio-professionnelle plus élevée que la sienne.

Et pour retourner le couteau dans la plaie, l’individu dominant ne sera pas équipé pour comprendre ce problème (il n’a jamais eu de problème à prendre la parole en public ou à trouver un travail -> “c’est pas si dur”) et n’éprouvera donc pas d’empathie pour ceux ayant moins de pouvoir symbolique.

[…]

Ensemble la communauté évolue, et selon l’habitus et le capital culturel, un agent est capable d’en influencer la direction. Il est important de noter que la capacité à influencer ces luttes perpétuelles dépend directement de chaque capital culturel. Si vous avez suivi jusqu’ici, c’est dû notamment à la confiance que vous attribuez naturellement et inconsciemment aux individus ayant un habitus plus élevé que le vôtre.

Bourdieu et les coding-dojos (cache)

(Re)Lire cet article avant de participer à un regroupement social ne peut pas faire de mal :-).

Pour continuer avec Bourdieu :

Du point de vue des données « personnelles », ces phénomènes sont aussi tout à fait perceptibles. Car de la même manière que nous naissons porteur des gènes de nos parents, nous obtenons dès notre naissance un certain nombre de données à caractère personnel qui nous « localisent » dans le champ social : par notre nom, notre filiation, notre adresse, notre pays d’origine, notre sexe, etc. Ces données personnelles « primaires » (qui sont en réalité des « coordonnées sociales ») figurent dès notre premier jour dans le Registre et elles forment la base à partir de laquelle un acteur comme Google peut commencer à identifier notre habitus, jusqu’à ce que la production de nouvelles données au fil de notre vie lui permette d’ajuster ses observations à son évolution.

Google, les données sociales et la Caverne des Habitus (cache)

September 23, 2018 11:00 AM

September 22, 2018

David Larlet

☕︎ Technopolitique

Decidim est un projet technopolitique.

Une plateforme numérique de participation citoyenne pour une ville démocratique, construite de manière ouverte et collaborative à l’aide de logiciels libres.

[…]

C’est une plateforme faite pour coordonner des espaces et des processus participatifs, qui vise à étendre et faciliter l’accès à la participation citoyenne, ouvrir de nouveaux espaces de délibération et de collaboration en vue de la co-construction et de la co-production des politiques publiques.

Elle veut également ouvrir de nouveaux espaces de participation et de démocratie directes, entraînant ainsi la désintermédiation et la coopération entre citoyens, institutions et organisations de la société civile.

Decidim, un projet technopolitique (cache)

Est-ce que quelqu’un a un retour d’expérience en terme d’usage ? (ou d’installation ?) Je serais curieux de savoir ce que vous avez produit collectivement avec.

September 22, 2018 11:00 AM

September 21, 2018

David Larlet

☕︎ Digital preservation

Above all things it’s not the languages of the web we should be worried about when it comes to digital preservation. Instead, it’s the pact we sign when renting a space on the web for money – that’s the least resilient part of the whole deal.

How Long Can Our Content Last? (cache)

Agreed. I’m both surprised and concerned there is no service so far (out of my knowledge) proposing to host websites for the next let’s say twenty years. A one-time fees to serve long-term HTML content with a dedicated domain.

Maybe something to experiment on.

Related:

That perspective of permanence gives you a completely different outlook on your actions and your overall strategy. It’s like how most people end up treating a neighborhood they live in with a different kind of respect than one they’re just visiting. It’d be nice if everyone were just the best human they could be all the time, but it seems that most need some intrinsic incentive. Having to stick around is one such incentive.

Loot’n’leave (cache)

September 21, 2018 11:00 AM

September 20, 2018

David Larlet

☕︎ Something right

Everyone is looking for help.
Modest needs should be lavishly met.
Be grateful for every chance to do something right.

The Good Room (cache), Frank Chimero

I read that piece again today and, as often, another part kept my attention. Doing something “right” is really hard because it only last for some time. The day after, the month after, the decade after, you will have changed and probably not consider that previous action of yours as “right” as you used to.

Considering something “right” prevents you from growing.

September 20, 2018 11:00 AM

September 19, 2018

David Larlet

☕︎ Technology and control

So on what can you rely instead? Technology? That’s an even riskier gamble. Technology can help you a lot, but if technology gains too much power over your life, you might become a hostage to its agenda. Thousands of years ago, humans invented agriculture, but this technology enriched just a tiny elite, while enslaving the majority of humans. Most people found themselves working from sunrise till sunset plucking weeds, carrying water buckets and harvesting corn under a blazing sun. It can happen to you too.

Technology isn’t bad. If you know what you want in life, technology can help you get it. But if you don’t know what you want in life, it will be all too easy for technology to shape your aims for you and take control of your life. Especially as technology gets better at understanding humans, you might increasingly find yourself serving it, instead of it serving you. Have you seen those zombies who roam the streets with their faces glued to their smartphones? Do you think they control the technology, or does the technology control them?

[…]

Coca-Cola, Amazon, Baidu and the government are all racing to hack you. Not your smartphone, not your computer, and not your bank account – they are in a race to hack you, and your organic operating system. You might have heard that we are living in the era of hacking computers, but that’s hardly half the truth. In fact, we are living in the era of hacking humans.

Yuval Noah Harari on what 2050 has in store for humankind (cache)

On a positive note, given the context and the lack of action from politics and individuals related to the incoming collapse it’s probably better to have tools to hack lots of people at once. If technology cannot save us after all, maybe mass manipulation could?

If, however, you want to retain some control of your personal existence and of the future of life, you have to run faster than the algorithms, faster than Amazon and the government, and get to know yourself before they do. To run fast, don’t take much luggage with you. Leave all your illusions behind. They are very heavy.

Ibid.

You can’t win that race, choosing alternative (slow) paths looks wiser to me. That illusion is indeed heavy, it has the weight of the isolation.

Less connections, better connections?

Via (cache).

September 19, 2018 11:00 AM

September 18, 2018

Karl Dubost

Absurde

Tsujido, Japon, 10 septembre 2018 Tsujido, Japon, 10 septembre 2018


Le mythe de Sisyphe. Albert Camus.  L'absurde, c'est la raison lucide qui constate ses limites.


Quelque chose qui m'a toujours manqué sur mon ordinateur. La possibilité de créer des liens entre les documents de tout type. J'imagine le scénario suivant : Menu contextuel sur l'icône. Ajouter une relation. Choisir la nature de la relation (est une version de, est l'original de, …) avec la possibilité, bien sûr, de créer de nouveau type. Ainsi il serait possible ensuite de rechercher toutes les relations entre certains fichiers. Il seraient aussi possible de créer des scripts pour réaliser des liens automatiques. Sur macOs, il existe actuellement le tagging, mais bien que pratique, cela ne répond pas au besoin. Le tagging ne détermine pas une relation typée entre deux objets.


Weaknotes. ❤️ Alex Russell wrote a blog post. It’s quite long, it took me several trips to the loo to read the whole thing, but it was a good read.


Cacher ce sein que je ne saurais voir. Et pourquoi l'ouverture de AMP ne change rien. There’s a very, very important distinction to be made here. The new governance model oversees the authorship of the AMP standard, which defines the structure of pages built with AMP, their interface, and so forth. It doesn’t influence AMP’s integration into various Google-owned properties, products like Search and Gmail. And as I’ve written before, those proprietary integrations are the reason AMP provides any value to the companies and publishers that adopt it. Today’s announcement doesn’t make those integrations more open—they’re still solely under Google’s purview.


Gouvernance de AMP. C'est bien mais cela ne résoud rien. Car ceux qui utilisent en masse AMP ne le font pas pour les bénéfices du format. Ils le font pour la machine à réputation et placement de Google. Si la carotte d'un meilleur placement dans les résultats de Google n'étaient pas là, le format serait tout simplement ignoré. One of our first tasks in working towards the new system is to complete the initial membership of AMP’s governance groups. If you are interested in being involved in any of these governance groups please let us know.


September 18, 2018 03:00 PM

David Larlet

☕︎ Troubadours modernes

Un truc avec le changement perpétuel, c’est que ça permet d’apprivoiser ses peurs petit à petit. Difficile de leur échapper dans ce contexte. Quand j’arrive dans un endroit nouveau et que je n’ai pas de repères, sortir explorer n’était pas nécessairement évident pour moi. J’ai appris à mieux me connaître, à savoir que pour être à l’aise je peux commencer par de petits cercles dans le quartier, puis élargir au fur et à mesure. De manière plus générale, il y a aussi l’idée même d’itinérance. Pas sûr il y a quelques années que je m’en serais sentie capable, ou même l’envie.

Le fait que les choses changent si souvent autour de moi m’a aidée à consolider la sensation que je peux compter sur moi-même. Faire face aux imprévus. M’adapter. J’ai l’impression, graduellement, de devenir plus solide, plus ancrée en moi-même.

Leçons tirées de 6 mois d’itinérance (cache)

Beaucoup de jolies choses exprimées dans ce retour avec un peu de recul qui vient contraster avec la gêne exprimée par Maïtané qui est également un élément qui me retiendrait grandement :

La peur infinie, qui me submerge entièrement : Celle de gêner. Aucune idée de si c’est parce que je suis une meuf, habituée à ne pas devoir prendre trop de place. Si c’est un truc social, j’ai jamais été à l’aise en groupe, et ai rapidement appris à détecter qu’on me repoussait gentiment mais fermement, parce que j’étais trop bizarre ou différente.

Nomadisme et questionnement (cache)

Pour ma part, je sais aussi que ce serait très difficile de par la fatigue sociale que cela m’occasionne de rencontrer à intervalles trop réguliers de nouvelles personnes. J’ai l’impression d’être sur des temps plus longs, de l’ordre de quelques années au même endroit. Le temps de s’imprégner d’un quotidien et de dépasser mes propres clichés, j’ai besoin de ce temps non pas pour me sentir chez moi mais davantage pour comprendre l’ailleurs.

Néanmoins, je suis toujours très heureux de partager le récit de celles et ceux qui arpentent la route afin de transmettre des pratiques et des découvertes culturelles. Et de ce côté là on peut dire que je suis comblé avec les collègues :-).

September 18, 2018 11:00 AM

September 17, 2018

David Larlet

☕︎ Hard truth

The “developer experience” bait-and-switch works by appealing to the listener’s parochial interests as developers or managers, claiming supremacy in one category in order to remove others from the conversation. The swap is executed by implying that by making things better for developers, users will eventually benefit equivalently. The unstated agreement is that developers share all of the same goals with the same intensity as end users and even managers. This is not true.

Infrequently Noted (cache)

Then:

I want to see progress. I want change. I want state-of-the-art in software engineering to improve, not just stand still. I don’t want to reinvent the same stuff over and over, less performant and more bloated each time. I want something to believe in, a worthy end goal, a future better than what we have today, and I want a community of engineers who share that vision.

What we have today is not progress. We barely meet business goals with poor tools applied over the top. We’re stuck in local optima and nobody wants to move out. It’s not even a good place, it’s bloated and inefficient. We just somehow got used to it.

Software disenchantment (cache)

And then:

Over time, technologies are added, but are rarely removed. Left unchecked, production stacks that have been around long enough become sprawling patchworks combining everything under the sun.

In Pursuit of Production Minimalism (cache)

Finally:

The dynamic you see with especially long-lived code bases like Office is that the amount of framework code becomes dominated over time by the amount of application code and in fact frameworks over time get absorbed into the overall code base. The framework typically fails to evolve along the path required by the product — which leads to the general advice “you ship it, you own it”. This means that you eventually pay for all that code that lifted your initial productivity. So “free code” tends to be “free as in puppy” rather than “free as in beer”.

Complexity and Strategy (cache)

The most frustrating part of all this is the number of (old) developers getting to the same conclusion without any clue to avoid that extra complexity.

Myself included.

September 17, 2018 11:00 AM

September 16, 2018

David Larlet

☕︎ Coup d’Éclat

Mais vous pouvez le prendre par tous les bouts que vous voulez, la piste de sortie hors du chaos politique actuel, aussi urgente que pour le dérèglement climatique, passera par un coup d’État contre la 5ème République moribonde. Franchement, qui en son for intérieur, devant le spectacle intolérable donné aujourd’hui par ceux qui sont censés être aux manettes du pays, n’en est pas intimement persuadé ?

Face à l’effondrement politique et moral de la France, seul un coup d’État... (cache)

J’aurais une autre option, encore plus hasardeuse, qui serait qu’une personne charismatique/populaire réussisse le tour de force d’être élue et de conserver son intégrité et d’avoir une majorité suffisante pour pouvoir avancer. Le tout en formulant un récit suffisamment convainquant pour que chacun prenne conscience des enjeux et des responsabilités associées menant à des mesures radicales mais nécessaires.

Le simple fait d’avoir rédigé ces quelques lignes me montre son improbabilité…

September 16, 2018 11:00 AM

September 15, 2018

David Larlet

☕︎ Remettre en question

Si l’on veut obtenir le même poids pour les deux, il faut que le centre de masse du cube de plomb soit au même niveau que le centre de masse du sac de plumes. On peut accomplir ça en surélevant le plomb, ou bien en étalant les plumes. Toujours est-il que si vous imaginiez « un kilo de plumes » comme un gros sac bien volumineux, alors le kilo de plomb a un poids plus important que le kilo de plumes.

Quel est le plus lourd : le kilo de plomb ou le kilo de plumes ? (cache)

J’adore cette façon de revisiter des classiques, voir aussi la partie sur la poussée d’Archimède.

September 15, 2018 11:00 AM

September 14, 2018

David Larlet

☕︎ Commun·e

Mais la relation entre le commun et la commune ne se limite pas à une ressemblance sémantique ou terminologique. Il y a bien une parenté réelle entre le commun comme institution socioéconomique et la commune comme forme d’organisation politique et territoriale. Sur le plan conceptuel, les deux idées renvoient à des principes communs de partage, d’accès, d’usage, de participation, de collaboration et d’autogestion. Sur le plan pratique, nous verrons que les communes constituent des lieux propices pour accélérer la transition et favoriser l’éclosion des communs de toutes sortes. Dans tous les cas, l’idée est de construire un véritable pouvoir social par la participation directe, inclusive et active des citoyens et citoyennes aux affaires publiques, afin de favoriser l’appropriation collective des institutions, l’autogouvernement et la souveraineté populaire.

[…]

Le municipalisme est inséparable d’un développement de la conscience territoriale, c’est-à-dire d’un nouveau rapport au territoire qui ne se limite pas à « l’approche fonctionnaliste ou la théorie de l’écocompatibilité de la croissance économique » ni à « l’approche environnementaliste ou biocentrique » qui mise exclusivement sur la protection des écosystèmes. Le fait de ne pas miser sur « l’évangile de l’écoefficience » ou sur la seule préservation des espaces verts permet d’envisager sous un angle nouveau la question écologique pour lui apporter une solution originale et intégrée, basée sur les activités humaines enracinées dans des communautés locales. Selon le philosophe italien Alberto Magnaghi, il s’agit de penser un développement local autosoutenable ancré dans l’étude des milieux humains.

À nous la ville ! Traité de municipalisme, Jonathan Durand Folco

Je suis toujours en pleine réflexion sur l’échelle adaptée à un mode de vie que je considère être sain. J’ai l’intuition qu’il s’agit de quelque chose entre la communauté intentionnelle et la petite ville, structure étant elle-même en réseau avec ses voisines. Ce qui me rend la tâche vertigineuse c’est le temps requis à l’établissement d’un tel maillage reposant sur d’autres valeurs que celles du capitalisme.

Avons-nous encore ce luxe ?

September 14, 2018 11:00 AM

September 13, 2018

Karl Dubost

Une nostalgie du temps

8 septembre 2018, Tsujido, Japon 8 septembre 2018, Tsujido, Japon


Le mythe de Sisyphe. Albert Camus.  La pensée d'un homme est avant tout sa nostalgie.


La pauvreté au Japon. But as it stands, minimum wage earners barely get by. The underclass in Japan makes roughly 40 percent of the national median income, while in Europe, the underclass makes anywhere from 60 to 70 percent of the median income, depending on the country. […] workers themselves for not demanding higher wages. Companies, uncertain about the future, are hoarding cash rather than sharing profits with employees, so it’s up to employees to use their leverage to gain access to that cash, but that would require a certain amount of organization. […] Many, in fact, also live off their parents’ pensions. This situation is especially prevalent among women, many of whom traditionally entered the workforce through full-time clerical positions. Since the ’90s, however, those positions have been filled by lower paid temporary workers with little chance for advancement. Nationwide, 66.8 percent of single women in their 40s and 50s who live with their parents also depend on their parents’ savings and income, with only 26.6 percent living off money they make themselves. These people are not considered poor when the government compiles such statistics, since income is tallied by household, not individual.


September 13, 2018 03:00 PM

David Larlet

☕︎ (Sur)Vivre

C’est avec les missiles V2 issues de la technologie balistique nazie que l’armée américaine peut en 1946 mesurer les radiations solaires au-dessus de la couche d’ozone et en montrer le rôle protecteur. Pour guider les missiles, il faut mieux connaître les paramètres de l’atmosphère et du géomagnétisme. Pour sillonner et maîtriser les océans, il faut développer l’océanographie des grands fonds. Pour surveiller le mouvement des sous-marins adverses, il faut repérer où et quand ils peuvent émerger et donc observer par satellite les glaces des pôles et leur fonte. Comme l’ont montré les historiens, une grande partie des observations scientifiques du globe furent des sous-produits de programmes militaires et d’espionnage. Les idéologies, les savoirs et les techniques dominantes de la guerre froide nous ont donc légué un certain imaginaire de la Terre. En 1958, dans Condition de l’Homme moderne, Hannah Arendt ouvrait son prologue par ne réflexion sur la signification philosophique de Spoutnik. Arrachement de l’Homme d’une « Terre Mère de toute créature vivante », de son berceau terrestre originel pour s’en détacher et le regarder en surplomb. Elle y voit un déni moderniste de la condition humaine, une « révolte contre l’existence humaine telle qu’elle est donnée, cadeau venu de nulle part (laïquement parlant) et qu’il veut échanger contre un ouvrage de ses propres mains ». Cette remarque définit l’Anthropocène : une humanité abolissant la Terre comme altérité naturelle, pour l’investir entièrement et la transformer en une techno-nature, une Terre entièrement traversée par l’agir humain. Comme si seul ce qu’Homo Faber fabrique avait véritablement de la valeur. Arendt dénonce cette « instrumentalisation du monde et de la Terre, cette dévaluation sans limite de tout ce qui est donné ».

[…]

Penser l’Anthropocène, c’est enfin abandonner l’espoir d’une « sortie de crise ». La crise est derrière nous, dans ce moment bref et exceptionnel de croissance industrielle. L’Anthropocène est un point de non-retour. Il faut donc apprendre à y survivre, c’est-à-dire à stabiliser le système Terre dans un état un tant soit peu habitable et résilient, limitant la fréquence des catastrophes, sources de misère humaine. Mais aussi à y vivre, dans la diversité des cultures et l’égalité des droits et des conditions, dans des liens qui libèrent les altérités humaines et non humaines, dans l’infini des aspirations, la sobriété des consommations, et l’humilité des interventions.

L’événement Anthropocène, Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz

Lecture dans la lignée de mes réflexions et discussions actuelles sur la survie et ce que cela signifie hors du contexte actuel. Encore de nombreuses pistes à explorer pour tenter de conserver un peu d’espoir et être en accord avec mon niveau d’éveil.

La résilience sans l’isolement, la simplicité sans la souffrance.

September 13, 2018 11:00 AM

Karl Dubost

Écrans et travail

Eric a publié, il y a quelques semaines, un billet à propos de son environnement de travail. Il conclue en demandant « Et vous ? » Je regarde encore principalement l’écran du portable même quand les autres sont branchés mais, après plusieurs mois, je valide la configuration à trois écrans.


La séparation des tâches. Sur l'écran du laptop, je concentre tout ce qui est outil de communications : IRC, email, ainsi que les terminaux (bash). Cela me permet de dissocier la pollution du toujours informé, toujours connecté de l'aire de travail.


Les environnements. J'ai entre 6 et 8 environnements ouverts (bureau sur le mac, c'est à dire écran virtuel) qui rejoint la notion de séparation des tâches évoquée précédemment. Les applications pour la plupart s'ouvrent dans des contextes précis et toujours dans le même écran. Ceci permet d'avoir un territoire connu de l'ensemble de son travail et de savoir où aller trouver l'information quand on en a besoin.


mobile. Je n'utilise pas mon ipod quand je travaille (sauf en cas de test de sites). J'utilise un pixel2 Android mais là aussi pareil, uniquement pour les tests de site Web pour le travail de Webcompat.


September 13, 2018 08:48 AM

Vivre avec ses contradictions

Je ne suis pas un utilisateur de Evernote, bientôt RIPNote, mais voici un article qui explique comment exporter ses notes. TechCrunch has learned and confirmed that in the last month, Evernote lost several of its most senior executives, including its CTO Anirban Kundu, CFO Vincent Toolan, CPO Erik Wrobel and head of HR Michelle Wagner beyond the usual attrition of engineers and designers. … The companies that make operating systems themselves all provide their own note-taking apps (Apple has Notes, Google has Keep, for example), and in some cases they are making tools to help users make the switch to their own products.


Construire une cabane en bois pour l'enfant dans le jardin afin qu'il puisse y définir ses aventures d'explorateurs et de pirates.


Ironie… le Web donne plus souvent des kits de constructions pour chien que pour enfants.


September 13, 2018 08:24 AM

September 12, 2018

David Larlet

☕︎ By default

I thought about replacing Google Analytics with Matomo, but I came to the same conclusion that it didn’t provide anything I need in order to run Feedbin. Better to not collect that data at all.

Private by Default (cache)

Been there, done that. Vanity metrics can be a strong motivator, respect can be another. Do you really use your analytics? Because others actually do. And by others I mean the ones’ computers you store (y)our data on.

Privacy by default (cache), please.

Voir aussi :

La facilité à produire une tyrannie ne doit pas nous faire oublier ce que nous produisons. Si nous avons les moyens de la produire, il nous faut nous interroger sur comment y résister et comment réduire, atténuer voire contester cette production. Si nous sommes capables d’imposer une tyrannie, il faut nous interroger sur comment la défaire.

De la tyrannie des métriques (cache)

September 12, 2018 11:00 AM

September 11, 2018

David Larlet

☕︎ Memories and stories

There’s a theory that every time we access a memory, a new memory is created in its place. That the act of recollection is, in fact, an act of destruction–or of augmentation. That each of our memories is replaced by a facsimile of itself.

[…]

In this way, isn’t memory also made of the stories we tell?

Introduction - CapsuleCrit (cache)

Think about it, memorize it.

Tell it.

September 11, 2018 11:00 AM

September 10, 2018

David Larlet

☕︎ Notes de lecture

La connectivité et les algorithmes rythment jusqu’à nos vies sociales. Nos objets quotidiens sont tous devenus des code/space. Toutes nos activités sont « de plus en plus gouvernées par une logique algorithmique et policées par des processus informatiques opaques et cachés ». Cette emphase de production physique et culturelle du monde par l’informatique masque les inégalités de pouvoir qu’elles induisent, reproduisent et amplifient.

La pensée computationnelle s’infiltre partout : elle devient notre culture. Elle nous conditionne à la fois parce qu’elle nous est illisible et à la fois parce que nous la percevons comme neutre émotionnellement et politiquement. Les réponses automatisées nous semblent plus dignes de confiance que celles qui ne le sont pas.

Technologie : l’âge sombre (cache)

Hubert nous partage ses fabuleuses notes de lecture enrichies de ses pensées détaillées et documentées. Ça donne envie de lire le livre mais j’ai peur d’être déçu, non pas d’avoir été divulgâché mais de constater à quel point une copie papier est inférieure en terme de ramifications possibles et de rebonds.

September 10, 2018 11:00 AM

September 09, 2018

David Larlet

☕︎ Douleur enfouie

Selon les psychologues, pour devenir un adulte en santé sur le plan affectif, l’être humain doit avoir certains de ses besoins émotionnels fondamentaux — outre la nourriture, l’eau, la chaleur, etc. — comblés comme nourrisson et comme enfant ; par exemple, être soigné, recevoir des preuves d’amour et d’affection, être accepté, valorisé et respecté, ressentir de l’empathie et forger des liens profonds. Si le nourrisson ou l’enfant n’est pas suffisamment soigné et aimé, ces besoins seront lestés d’une charge importante associée à la douleur de la perte, laquelle génère la peur inconsciente de ne jamais recevoir suffisamment de soin et d’affection. C’est ainsi que la douleur enfouie consécutivement à l’insatisfaction d’un besoin émotionnel pourra déclencher un conflit dans une communauté 20, 30 ou 40 ans plus tard.

Le problème ne réside pas dans le fait d’avoir profondément enfoui des besoins émotionnellement chargés. Il réside plutôt dans le fait de croire que la communauté y répondra. Ce qui ajoute une aspérité supplémentaire au conflit, c’est l’exigence tacite et silencieuse que la communauté ou les autres membres doivent fournir ce qui semble manquer. Voilà pourquoi les discussions qui, en surface, semblent porter sur les idéologies, les priorités ou les valeurs peuvent s’avérer si intenses. Je pourrais croire que la vie communautaire signifie d’accorder de la valeur au fait d’inclure (parce qu’enfant, j’ai désespérément eu besoin d’être accepté et que je ne l’ai jamais été) ; vous pourriez être d’avis que la vie communautaire doit permettre à chacun d’être libre de faire ce qu’il veut (parce qu’étant jeune, vous avez désespérément voulu être autonome sans pouvoir y parvenir). Et nous voilà en train de nous disputer férocement sur la signification de ce qu’est la « communauté ».

Vivre autrement, Diana Leafe Christian

Toute ressemblance avec nos comportements en ligne serait bien évidement fortuite. Une communauté mise en place par des personnes se réfugiant dans la technique faute d’acceptation, qui aujourd’hui en appelle à davantage d’inclusion, ça me rappelle vaguement un truc quand même.

#autocritique

September 09, 2018 11:00 AM

September 08, 2018

David Larlet

☕︎ Dependencies and governments

In 1873 the American government killed 1.5 Million buffalo in that one year alone to starve the native Americans so they would be come more dependent on the American government to survive — @AmericanIndian8

It was done here in Canada as well. Not by killing buffalo, but by killing dogs, the Native People up north used to hunt with. Making them dependent on the Government for food and shelter. — @bramhabs98

I don’t know to which extent it’s true but I never thought about it this way.

September 08, 2018 11:00 AM

September 07, 2018

David Larlet

☕︎ Rêves inatteignables

Je me dis de plus en plus qu’il faut laisser la place à des rêves que l’on ne souhaite pas vraiment réaliser mais qui ont quand même leur utilité en terme de défis pour justement ne pas les réaliser. (Sorry.)

Peut-être est-ce ça, la vieillesse…

September 07, 2018 11:00 AM

Karl Dubost

URL et Google AMP

Killing the URL. Pas si vite. Minute papillon. « Everyone » ah ? Désolé, j'aime bien les URLs. Change will be controversial whatever form it takes. But it’s important we do something, because everyone is unsatisfied by URLs. They kind of suck.


L'ironie est que, originellement, l'URL n'était pas destiné à être lu. "On the initial design of the web, you didn't see the http:// when you were a user. You just read text and you clicked on links," Berners-Lee tells Wired. "In the original web browser, you had to bring up a special link inspector to see addresses. That's why I wasn't worried about http:// being ugly. No one would really see it."


Google AMP is the new AOL keyword. Il y avait un temps pas encore très loin. La plateforme fermée AOL permettait à ces utilisateurs d'accéder à des services spécifiques par l'intermédiaire de mots clés. What makes me think this? The hiding of URLs fits perfectly with AMPs preferred method of making sites fast, which is to host them directly on Google’s servers, and to serve them from a Google domain. Hiding the URL from the user then makes a Google AMP site indistinguishable from an ordinary site.


World Wide Web. The World Wide Web (WWW, or simply Web) is an information space in which the items of interest, referred to as resources, are identified by global identifiers called Uniform Resource Identifiers (URI).


Identification. Global naming leads to global network effects.


September 07, 2018 01:10 AM

September 06, 2018

David Larlet

☕︎ Équilibre

Sur-extraire des ressources pour sous-exploiter leur usage. Sur-qualifier des humains pour sous-exploiter leur production. Sur-collecter des données pour sous-exploiter leur capacité.

Quel exploit!

September 06, 2018 11:00 AM

September 05, 2018

David Larlet

☕︎ (Im)Mor(t)alité

L’espace et le temps. On fait souvent référence à la finitude du monde pour expliquer/justifier des choses alors que celle de la vie a probablement plus d’impact. C’est la prise de conscience du peu de temps à vivre qui nous pousse à la compétition. Une fois l’immortalité atteinte, des concepts comme le capitalisme ou l’héritage se révèlent être abscons.

September 05, 2018 11:00 AM

September 04, 2018

Karl Dubost

Complexe simplicité

Gaston Bachelard, Fragments d’une Poétique du Feu : Inventer dans l’ordre des idées et imaginer des images sont des exploits psychologiques très différents. On n’invente pas des idées sans rectifier un passé. De rectifications en rectifications on peut espérer dégager une idée vraie. Il n’y a pas de vérité première, il n’y a que des erreurs premières. L’idée scientifique a un long passé d’erreurs. L’imagination poétique, elle, n’a pas de passé. Elle déroge à toute préparation. L’image poétique est vraiment un instant de la parole, instant qu’on saisit mal si on veut le placer dans l’indéchirable continuité d’une conscience bergsonienne. Pour recevoir toutes les surprises du langage poétique, il faut se donner à la conscience kaléidoscopique.


Medium : Les silos à grain sont plus ouverts que les silos technologiquesMedium is no longer offering new custom domains as a feature. Instead, you can create a publication on Medium that will live on a medium.com/publication-name URL.


Après les errances de JavaScript, finalement un nouveau langage : CSS CSS is a declarative subset of JavaScript, optimized for styling tasks.


La voie de la simplicité. Cette technique ne signifie pas la même chose pour tous. La simplicité technologique n'est pas la simplicité économique sur le court terme. Les sites Web sont construits comme des cabanes de plages que l'on démontera à la fin de l'été ou qui se désagrègent avec le temps et très rarement comme des cathédrales ou des instituts de mémoire. Lorsque je travaillais dans une agence Web, je n'ai jamais vu un appel d'offres avec une requête de pérennité, durabilité. Imaginons… que l'appel ait comme contrainte, « le site développé et son information devront être disponibles pour les vingt prochaines années. » Cette phrase très simple, sur une échelle de temps toute fois assez réduite si on la compare à l'échelle de temps architecturale des bâtiments, pose déjà une problématique intéressante avec de nombreuses conséquences. Challenge yourself to find the simplest way of building the features you want.


September 04, 2018 03:00 PM

David Larlet

☕︎ Moment propice

Le climat sociétal me semble être favorable à l’apparition de nouveaux mouvements d’ampleur pour unifier/faire s’affronter des humains.

Un signe que l’espèce n’aurait toujours pas su dépasser cela.

September 04, 2018 11:00 AM

September 03, 2018

David Larlet

☕︎ Libérer les humains

Le véganisme est un mouvement politique, et un art de vivre, de laisser vivre et de vivre avec.

[…]

Le véganisme, par son empathie radicale, n’est rien de moins que le désir d’un changement de civilisation.

[…]

Le véganisme est une avant-garde éthique qui révèle des oppressions socialement admises, mais ce n’est pas qu’une lutte critique, c’est aussi une philosophie positive qui propose des solutions pratiques pour bien vivre. Le véganisme peut paraître compliqué et aride. J’aimerais montrer qu’il est accueillant, excitant, gourmand et émancipateur, pour les animaux, et pour les humains. Le véganisme est une lutte de libération qui a aussi pour but de libérer les humains de leur domination.

Les animaux ne sont pas comestibles, Martin Page

Cela fait 2/3 ans que je réduis drastiquement ma consommation de viande. Je suis encore loin du véganisme mais je considère que c’est l’un des pas à effectuer en direction d’un mieux être. Plus difficile sur le continent du barbecue. Plus facile dans la ville vegan/sans gluten/etc.

Culture et contre-culture.

September 03, 2018 11:00 AM

September 02, 2018

Karl Dubost

Le rêve du temps

La flamme d'une chandelle, Gaston Bachelard il faut aller vite car les choses réelles ne rêvent pas bien longtemps. II ne faut pas laisser s'endormir la lumière. II faut se hâter de la réveiller


Le temps et JavaScript One quick misconception about promises that’s worth covering, though, is that they don’t give the browser a chance to breathe. Just because you’re queuing up an asynchronous callback, that doesn’t mean that the browser can render, or process input, or do any of the stuff we want browsers to do.


September 02, 2018 03:00 PM

David Larlet

☕︎ Terra Perma

Terra Perma est une communauté résidentielle et d’éco-entrepreneurs au cœur des Laurentides. En bordure de la célèbre Rivière Rouge à l’ouest et situés dans la région de Mont-Tremblant, ses 800 hectares sont un sanctuaire où il est possible de pratiquer de nombreuses activités passionnantes sur place et à proximité. Terra Perma c’est aussi un vaste parc de plus de 200 acres géré conjointement avec la Fondation Terra Perma. En soi, la mission de Terra Perma est de préserver l’habitat naturel et de promouvoir le développement durable.

Une vision pour Terra Perma (cache)

Visite en éco-touriste d’un lieu qui présente beaucoup d’avantages à un moment où je me dis qu’un lopin de terre permettrait de faire des cabanes tranquillement. Et plus si affinités.

À suivre.

September 02, 2018 11:00 AM

September 01, 2018

David Larlet

☕︎ En devenir

Voici maintenant la définition d’un écovillage selon Robert Gilman, qui est largement utilisée : « Établissement autonome, à échelle humaine, où les activités s’intègrent harmonieusement au milieu naturel de telle sorte qu’elles contribuent à un développement sain de l’être tout en étant suffisamment inoffensives pour être poursuivies indéfiniment. » […] Quoi qu’il en soit, la plupart des militants en la matière étant d’avis qu’aucun véritable écovillage n’existe à ce jour (étant donné que nous ne savons pas encore si les activités de ces établissements pourront « se poursuivre indéfiniment »), on s’entend pour appeler ces communautés des « écovillages en devenir ».

Vivre autrement, Diana Leafe Christian

J’apprécie cette humilité, cela dit si l’on prend le terme « indéfiniment » au sens strict, il n’y aura jamais de véritable écovillage.

Troll en devenir.

September 01, 2018 11:00 AM

August 31, 2018

David Larlet

☕︎ Deplorable

The simplicity and beauty of copyleft is that it takes away someone’s software freedom only at the moment when they take away someone else’s software freedom; copyleft ensures that is the only reason your software freedom should be lost. Simple tools work best when your social justice cause is an underdog, and we risk obscurity of our software if we seek to change the fundamental simple design of copyleft licensing to include licensing penalties for other social justice grievances (— even if we could agree on which other non-FOSS causes warrant “copyleft protection”). It means we have a big tent for software freedom, and we sometimes stand under it with people whose behavior we despise. The value we have is our ability to stand with them under the tent, and tell them: “while I respect your right to share and improve that software, I find the task you’re doing with the software deplorable.”. That’s the message I deliver to any ICE agent who used Free Software while forcibly separating parents from their children.

Challenges in Maintaining A Big Tent for Software Freedom (cache)

More infos on the specific ICE topic (cache).

Even if I mention alternatives, that’s a topic I’m still exploring with all its moral implications and it’s great to have articles from both sides. Interpretation is really key when you had some judgement restrictions to your work and it’s easy to mess up and become even worse than the agnostic version. My current take is: at least try to do some good with the initial work, that’s already a win over this whole industry.

Thanks Claude!

August 31, 2018 11:00 AM

August 30, 2018

David Larlet

☕︎ État de l’art

Si je considère un bien comme étant de l’art, sa consommation devient dépendante de mes émotions et du contexte. Ainsi la personnalisation du bien ne devient plus sa qualité majeure.

Potentiellement, cela réduit la consommation globale en se concentrant sur quelques déclinaisons du produit. Mais l’éventail des émotions associées à un contexte est-il plus réduit que celui des personnes ? N’est-ce pas justement une partie de la définition d’une personne ?

#musique #vin #snobisme #spirale

August 30, 2018 11:00 AM

August 29, 2018

Karl Dubost

Tremblement et éveil

Vivre dans un autre pays, dans un environnement qui ne sera jamais totalement inné, demande au quotidien une acuité et une réflexion permanentes. Et peut-être, malgré les difficultés inhérentes de la situation, il y a là ce cadeau de l'éveil.


Comprendre son progrès personnel dans le domaine de la programmation émerge souvent de la relecture de son propre vieux code ou du code actuel de personnes que vous considériez mentor dans le passé. Avoir des repères et la mémoire de choses anciennes permet de comprendre le chemin parcouru et encourage à progresser encore.


August 29, 2018 02:11 PM

David Larlet

☕︎ Confiance et politique

Je vous invite à regarder/écouter cette audition qui a le mérite de donner certaines clés de compréhension de la situation énergétique liée aux transports en France. Attention, c’est relativement direct ! Puis arrive finalement la question de la confiance dans le politique et de la réticence pour les industriels à pouvoir s’engager sur du moyen ou long terme avec un gouvernement qui dit tout et son contraire dans la même année.

Si l’on envisage des changements radicaux, il va falloir y aller ensemble. D’un point de vue anthropocénologue, je trouve cette situation passionnante. D’un point de vue humain, je suis plus mitigé…

Merci Emmanuel !

August 29, 2018 11:00 AM

August 28, 2018

David Larlet

☕︎ Collaborer ou renverser

Je n’ai pas les réponses à ses questions. Voilà ce que je sais : je hais la civilisation industrielle, pour ce qu’elle fait à la planète, pour ce qu’elle fait aux communautés, pour ce qu’elle fait à tous les non humains (sauvages et domestiqués), et pour ce qu’elle fait à tous les humains (sauvages et domestiqués). Je hais l’économie salariale, parce qu’elle pousse — ou, plutôt, qu’elle oblige — les humains à vendre leur vie et à la perdre en faisant des choses qu’ils n’aiment pas faire, et parce qu’elle récompense le fait que nous nous faisions du mal entre nous, et que nous détruisions nos territoires. Je hais l’éducation industrielle parce qu’elle commet l’un des plus impardonnables péchés qui soient : elle pousse les êtres humains à ne pas être qui ils sont, elle en fait des travailleurs convaincus qu’il est dans leur meilleur intérêt d’être les esclaves les plus loyaux, de faire voguer la galère qu’est la civilisation industrielle aussi frénétiquement — ardemment, luxurieusement — que possible, vers l’enfer, en les contraignant d’entraîner avec eux tous ceux et tout ce qu’ils croisent. Et je participe à ce processus. J’aide à rendre l’école un peu plus acceptable, un peu plus amusante, tandis que les étudiants sont formés afin de prendre part à la destruction en cours de la planète, tandis qu’ils entrent dans la phase finale du renoncement à leur droit inaliénable d’être des humains libres et heureux et qu’ils endossent les rôles de rouages dans l’immense machinerie industrielle ou, pire, de gardiens du camp de travail/d’esclavage géant que nous percevions autrefois comme une planète vivante. Cela fait-il de moi un collaborateur ?

Lire, écrire et la révolution (par Derrick Jensen) (cache)

Je pense qu’il y a ce questionnement en chacun de nous, et que l’on s’essaye à l’un et à l’autre au cours de nos vies.

Comment se mesure le « succès/impact » de nos intentions présentes ? Là peut-être est la définition du contentement… ou de son illusion.

August 28, 2018 11:00 AM

August 27, 2018

David Larlet

☕︎ It only takes one

There is some truth to this illustration of the polarization of feelings felt through coding. However, it is all too common for individuals to wholly identify with one or the other. On the one side we have our rock stars, our 10x developers and brogrammers. On the other we have people dogged by imposter syndrome. In reality, the two abstract states represent a continuous and exaggerated part of us all. Having said that, I believe that everyone is in the middle, but much closer to the second state than the first. All of us.

In my personal experience I have felt a strong feeling of camaraderie when I’m working with people who all humbly admit they don’t really know what they’re doing. This qualification is important - nobody is saying they are truly incompetent, just that there are distinct limits to their knowledge and understanding. There is the sense that we don’t have all the answers, but we will nonetheless figure it out together. It promotes a culture of learning and teamwork. When everyone makes themselves vulnerable in this way great things can happen. The problem is that it only takes one asshole to fuck all that up.

Do the Right Thing (cache)

Great article, this excerpt is just one point of a more profound reflexion on being right vs. doing the right thing.

August 27, 2018 11:00 AM

August 26, 2018

David Larlet

☕︎ The cost of connections

In computational simulations, we find that networks without a connection cost do not evolve to be hierarchical, even when the task has a hierarchical structure. However, with a connection cost, networks evolve to be both modular and hierarchical, and these networks exhibit higher overall performance and evolvability (i.e. faster adaptation to new environments). Additional analyses confirm that hierarchy independently improves adaptability after controlling for modularity. Overall, our results suggest that the same force–the cost of connections–promotes the evolution of both hierarchy and modularity, and that these properties are important drivers of network performance and adaptability.

The Evolutionary Origins of Hierarchy (cache (PDF, 5 Mb))

This article gives some insights on why it might be more pertinent to choose a hierarchical network in case of “hierarchical logic problems with many inputs and one output”. The world is more complex though, but the cost of connections is still relevant to choose the appropriate way of being modular given the size of the group considered.

My take away: only small cultures can stay horizontal.

Thanks Aurélien!

August 26, 2018 11:00 AM

August 25, 2018

David Larlet

☕︎ Tours de poteau

Il s’agit de la manière réputée être la plus facile pour changer de situation en terme de visa. Aller mettre un pied aux USA, se faire refuser l’accès mais revenir vers la frontière canadienne avec un sésame justifiant la sortie du territoire.

Sauf que les services frontaliers ont d’autres choses à faire et ne prennent que quelques dossiers par jour. Ainsi pour un bureau qui ouvre à 9h, il faut commencer à faire la queue vers 6h si on veut avoir la chance d’être dans les quotas (en tout cas en cette saison). Après deux essais infructueux, on abandonne.

Les alternatives :

  • prendre l’avion pour sortir du territoire…
  • passer par une procédure en ligne qui coûte 200$ avec des questions incompréhensibles.

🤷‍♂️

Il faudra que je vous parle du sentiment d’être immigré.

August 25, 2018 11:00 AM

August 24, 2018

David Larlet

☕︎ Faire partie de la solution

La méthode de consensus N. Street : contribuer à la solution

Cette modification au consensus — que je recommande vivement si un groupe veut se servir de ce mode de prise de décision — a été utilisée avec succès par N. Street Cohousing à Davis, en Californie, depuis le milieu des années 1980. Si une ou quelques personnes bloquent une proposition, elles doivent alors rencontrer un ou deux partisans de la proposition dans une série de réunions de résolution. Cependant, si quelques personnes bloquent une proposition, signe qu’elle ne dispose pas d’un soutien suffisant, celle-ci est rejetée et les réunions de résolution n’ont pas lieu.

Si elles ont lieu, les petits groupes peuvent se réunir jusqu’à six fois sur une période de trois mois (ils ne sont pas obligés de se réunir six fois ni de prendre trois mois, c’est simplement la limite permise). Leur travail consiste à élaborer une nouvelle proposition qui concerne les mêmes problèmes que la proposition bloquée.

La ou les personnes qui bloquent sont responsables de l’organisation des réunions.

Si une nouvelle proposition qui fait l’objet d’un accord est formulée, elle sera présentée à la prochaine assemblée comme n’importe quelle nouvelle proposition.

Mais si les parties opposées ne peuvent en arriver à une nouvelle proposition, ou si les réunions de résolution n’ont pas lieu, la proposition originale sera de nouveau présentée à la prochaine assemblée où elle pourra être adoptée par un vote à majorité qualifiée de 67 %.

Cette méthode de consensus oblige quiconque souhaite bloquer une proposition à assumer plus de responsabilités quant aux répercussions de ses actions sur le groupe. « Si vous avez bloqué, vous devez faire partie de la solution », explique Kevin Wolf, cofondateur de N. Street Cohousing et concepteur de cette méthode.

Vivre autrement, Diana Leafe Christian

Transformer la force d’opposition en puissance créatrice. Beaucoup d’alternatives inspirantes dans cet ouvrage, issues de cas réels.

August 24, 2018 11:00 AM

August 23, 2018

Karl Dubost

Basculement du monde

Quand je lis cet article Virtual Reality, je n'accroche pas.

We’re beyond excited to see the browser already letting us experience Social Mixed Reality in whole new ways. We think there are endless ways people can use these new features, and we’ll be publishing some short video tutorials to help spark your creativity.

Je me souviens alors de cette image prise le 22 octobre 2005. Déjà près de 13 ans, et rien n'a vraiment changé. Bien sûr les amoureux de l'immersion en réalité virtuelle viendront me contredire tout de suite. La puissance, la qualité des détails, l'accès aux casques de visionnement ont changé, mais la réalité intrisèque du domaine pour moi ne change pas. Cette immersion dans un autre domaine, ce détachement total dans un univers second ne m'attire pas et déséquilibre ma perception du monde. De même, je n'écoute jamais de musique avec écouteurs dans la rue en public. L'isolement cognitif total ou partiel provoque une bascule du monde que je n'accepte pas.

Ceci est d'autant plus ironique est que ce balancement du monde, je l'accepte lors d'une séance de cinéma ou de la lecture d'un livre. Peut-être la conscience et la possibilité de pouvoir m'extraire me permettent d'agir plus facilement.

August 23, 2018 03:00 PM

David Larlet

☕︎ Moving in alignment

“Alignment” is not the same thing as “agreement,” although people often conflate the two. A group might verbally agree on a destination, but its participants might still move in conflicting directions. Conversely, a group might move in perfect lock-step without ever having explicitly agreed on where it’s going or how (as was the case in my pickup game). It might even achieve this while explicitly disagreeing.

This distinction is important, because it’s not necessarily hard to get a group to agree on something. One way is to make a statement that is so abstract, it’s both indisputable and meaningless. An example of something I often hear is, “We value collaboration.” Another one is, “Our goal is to better serve our customers.” Very few people would disagree with either of those statements, but by themselves, they’re too broad to mean anything. Agreement without alignment also often happens in groups with conflict-averse cultures, where people would rather assent than argue.

Being in alignment is different than moving in alignment. If the goal is for everyone to be moving toward the same goal in rhythm and without resistance, then everyone must both want to move in alignment with everyone else and be capable of doing this. You achieve the former by aligning. You achieve the latter by practicing.

How do you get a group into alignment? How can you tell when a group is aligned? And how can groups practice moving in alignment?

The Art of Aligning Groups (cache)

A lot of thoughts and discussions these days about values, with different sizes of (meta)groups. I like this article insisting on the fact that alignment is a constant adjustment of positions from people composing the group. This is a dynamic path requiring a constant attention to keep the alignment.

Without taking the time to readjust continuously, spirals are slowly but surely diverging.

August 23, 2018 11:00 AM

August 22, 2018

David Larlet

☕︎ Serment d’Hippocrate

Les deux initiatives s’inspirent du serment d’Hippocrate que les médecins prêtent à la fin de leurs études. Ce rite de passage qui a plus valeur morale que portée juridique (par rapport au code de déontologie par exemple) rappelle aux médecins qu’ils ont des obligations légales, morales et éthiques. Mais, comme l’explique très bien l’écrivain et médecin Martin Winckler dans l’édifiant Les brutes en blanc (2016), son ouvrage sur la maltraitance médicale, l’éthique n’a cessé d’évoluer. Dans le serment d’Hippocrate originel, il est ainsi interdit aux médecins d’offrir aux femmes la possibilité d’avorter sans que leur mari l’ait décidé. L’éthique se définit toujours par rapport à la morale dominante… rappelle Winckler. Pour lui, le serment d’Hippocrate derrière lequel se cache le corps médical est devenu une barrière à l’évolution des pratiques éthiques (comme de reconsidérer les questions de fin de vie ou de maltraitance). Le serment ne protège pas de la culture propre à chaque discipline, et le prêter ne protège pas de l’asymétrie de la relation entre le médecin et le patient, pas plus qu’elle ne protège de l’asymétrie entre le système de calcul et le calculé. Les règles de conduite ne suffisent pas toujours à créer des repères moraux.

Concrètement, comment rendre les algorithmes responsables et équitables ? (cache)

Un précieux rappel pour celles et ceux qui voudraient appliquer un serment (ou assimilé) aux professions autour du développement. Le risque est de ne plus utiliser son cerveau, ses convictions et son expérience pour déterminer ce qui est moralement acceptable ou pas.

Il y a une certaine ironie à vouloir appliquer une règle se rapprochant d’un algorithme pour réguler… les algorithmes :-).

August 22, 2018 11:00 AM

August 21, 2018

Karl Dubost

À toi qui est né pour mourir

Penang, Malaisie, 23 décembre 2017 Penang, Malaisie, 23 décembre 2017


Bonjour à toi qui est né pour mourir. Ce court moment de vie, définis le pleinement. Ton nom et tes pensées déjà te survivront. La mobilité consciente d’une vie qui s’évade en moins d’un siècle contre l’immobile longévité d’un if. L'if aussi disparaîtra parfois de la main même de celui qui ne peut le survivre. Remettre à demain semble de plus en plus court, de moins en moins une option. Le temps devient pressé. Et pourtant, dans le même mouvement, une certaine sérénité s'installe. Oui, à toi qui est né pour mourir, respire dans chacun de tes pas, découvre la profusion des sens, l'incommensurable délicatesse du mouvement, lance toi dans le vent, car il peut être beau ce moment entre deux néants.


August 21, 2018 03:00 PM

David Larlet

☕︎ Better informed

Obviously the question then is, why is it that better informed people are more optimistic about the future?

As we have seen, being wrong about global development mostly means being too negative about how the world is changing. Being wrong in these questions means having a cynical worldview. Cynicism suggests that nothing can be done to improve our situation and every effort to do so is bound to fail. Our history, the cynics say, is a history of failures and what we can expect for the future is more of the same.

In contrast to this, answering the questions correctly means that you understand that things can change. An accurate understanding of how global health and poverty are improving leaves no space for cynicism. Those who are optimistic about the future can base their view on the knowledge that it is possible to change the world for the better, because they know that we did.

Most of us are wrong about how the world has changed (especially those who are pessimistic about the future) (cache)

At which price? More people to suffocate? (cache) More slaves to go outside for us?

August 21, 2018 11:00 AM

August 20, 2018

David Larlet

☕︎ Qualité poétique

Le salut n’est pas seulement dans une vision politico-historique, il est aussi dans l’exercice quotidien de la vie. Et justement, dans la vie, il faut savoir privilégier ces moments. C’est ce que j’appelle la différence des deux polarités de la vie : la polarité prosaïque et la polarité poétique. La prose, ce sont toutes ces choses qui nous emmerdent, que l’on fait par obligation, que l’on subit… alors que la poésie est ce qui nous dilate, nous donne la communion, exprime la communauté, la jouissance, le jeu… c’est ça la qualité poétique de la vie. En dehors de toute mission, de toute réalisation d’une autre société, nous ne devons jamais oublier cette dimension et c’est peut-être cela qui nous donne ce que vous appelez le courage, cet élan de vivre. Je vis au maximum que je peux la qualité poétique de la vie, et le fait de pouvoir convaincre autrui de vivre la qualité poétique de sa propre vie est déjà une chose positive, sans attendre qu’il y ait une nouvelle société, une nouvelle révolution, etc. De même que Gandhi disait : pratique d’abord sur toi la réforme que tu voudrais appliquer à la société, pratique déjà sur toi cet état poétique que tu voudrais voir régner dans le monde humain…

L’urgence et l’essentiel, Edgar Morin

Alors que mes timelines ne parlent que d’effondrement (c’est devenu tellement à la mode que je n’ose plus creuser en public de peur d’ajouter encore plus de bruit), il est bon d’avoir aussi des messages d’espoirs et de pensées positives.

August 20, 2018 11:00 AM

August 19, 2018

David Larlet

☕︎ Conditions de subsistance

Êtes-vous capables de définir ce qui vous permet, vous, de subsister ?

Si oui, alors je prétends que la liste que vous pouvez dresser de vos conditions de subsistance définit le territoire que vous habitez. Peu importe si vous devez y inclure des éléments répartis sur la Terre entière. Ce n’est pas l’espace qui définit un territoire mais les attachements, les conditions de vie. Et j’ajouterais que vous avez un territoire si vous pouvez le visualiser et, bien sûr, que vous tentez de le faire prospérer et de le défendre avec et contre d’autres qui veulent se l’approprier.

Des questions liées : subsistance, visualisation, protection et défense. Mais supposez que vous n’ayez aucune idée précise de ce qui vous permet de subsister, ou une idée tellement abstraite que vous restiez suspendu en l’air, pratiquement hors sol, quand je vous pose la question : « Qui êtes-vous, que voulez-vous, où habitez-vous ? » Eh bien, je prétends que n’ayant pas de monde concret à décrire, vous êtes devenus incapables de définir vos « intérêts » et qu’ainsi, vous ne pourrez plus articuler aucune position politique vaguement défendable. Je prétends que la situation actuelle de retour général à l’Etat-nation derrière des murs vient directement de cette totale impossibilité de préciser quels intérêts on défend. Comment avoir des intérêts si vous ne pouvez pas décrire votre monde ?

La libellule et la muraille. (cache) — En vrai Bruno Latour cité par Olivier Ertzscheid mais je n’ai pas accès à l’article complet sur le monde…

Il faut que je creuse cette notion là lors de ma prochaine escapade car elle me semble essentielle pour comprendre certains des enjeux.

August 19, 2018 11:00 AM

August 18, 2018

David Larlet

☕︎ Ni bien-être ni paix

Je m’oppose à cette idée que les idéologies sont mortes, mais force est de constater que nous peinons à produire une pensée construite, complète et sérieuse non seulement de l’alternative mais également philosophique sur une idée de l’homme, du monde et des sociétés. Ce n’est qu’avec la force de cette vision plus globale que nous pourrons contester l’idée désormais reçue et acceptée à droite comme chez la plupart des partis de gauche, devenus socio-capitalistes, que l’économie de marché, la spéculation et le néolibéralisme sont des réalités incontestables, devenus immuables, des vérités vérifiées de l’activité économique. Je pense que les partis dits d’extrême gauche et leurs économistes de gauche se trompent quand ils pensent que l’alternative naîtra de la seule critique des logiques et des excès de l’économie néolibérale. La critique de l’économie a besoin, en amont, d’une conception de l’homme, des sociétés et du monde qui considère la nature et l’ensemble du vivant. Il en est de même pour la démarche critique en politique, dans notre quête d’une meilleure gouvernance, comme dans les dynamiques sociales. Nos approches critiques sont fragmentées et correspondent exactement à ce que l’ordre dominant nous impose : une fragmentation, des cloisonnements, une déconstruction du réel qui invite à la pensée technicienne, opérationnelle, et non au questionnement philosophique et anthropologique sur le sens et les finalités.

[…]

C’est cela que je voulais dire quand je parlais d’établir des liens, des correspondances, qui nous permettent d’extraire des processus et des logiques dans l’évolution du monde et des sociétés. Cette démarche est propre à réinsuffler de l’espoir en donnant du sens à nos combats régionaux ou nationaux. Il faut donc changer notre regard sur le monde et faire nôtres, sur le plan méthodologique, la transdisciplinarité des savoirs et l’interdépendance des situations sociales et politiques. Établir des liens par exemple entre les migrations, la gestion de nos sociétés, et les politiques économiques et sociales que nous imposons au monde. Et, inductivement, éveiller la conscience politique des citoyens à la lumière des enjeux internationaux. Nous ne serons jamais en paix si nos gouvernements répandent la mort dans le monde, soi-disant pour notre bien-être. Il faut aller plus loin et accepter de reconsidérer la nature même de notre bien-être si nous voulons obtenir la paix. Si notre bien-être se mesure sur les indices de production et le pouvoir d’achat alors nous n’aurons ni bien-être ni paix.

L’urgence et l’essentiel, Tariq Ramadan

Je suis à peu près en désaccord avec toutes les interventions de Tariq Ramadan dans cet ouvrage qui est une discussion avec Edgar Morin. Mais c’est aussi le but de l’exercice, ne pas lire que des idées avec lesquelles je suis dans l’acquiescement.

Toujours est-il qu’ici ça me conforte dans ma réflexion précédente. Il ne s’agit pas uniquement de tenter de ralentir l’autoroute vers le ravin mais de montrer des chemins de traverse qui semblent enthousiasmants.

August 18, 2018 11:00 AM

August 17, 2018

David Larlet

☕︎ Acroissance

Le mot ne doit donc pas être pris au pied de la lettre : décroître pour décroître serait aussi absurde que croître pour croître. Bien entendu, les décroissants entendent améliorer la qualité de vie, celle de l’air, de l’eau et d’une foule de choses que la croissance pour la croissance a détruites. Pour parler de façon rigoureuse, il faudrait sans doute utiliser le terme « acroissance », comme on parle d’athéisme. L’enjeu est d’ailleurs très exactement celui-ci : l’abandon d’une foi et d’une religion, celles du progrès et du développement.

La décroissance ou le sens des limites (cache)

Est-ce que l’on peut abandonner la croissance sans être motivé par une alternative ? À quel point l’athéisme a mené au capitalisme ?

Vous avez la fin de semaine.

August 17, 2018 11:00 AM

August 16, 2018

David Larlet

☕︎ Water is being stolen

Or let’s talk water. We so often hear that the world is running out of water. People are dying from lack of water. Rivers are dewatered from lack of water. Because of this we need to take shorter showers. See the disconnect? Because I take showers, I’m responsible for drawing down aquifers? Well, no. More than 90 percent of the water used by humans is used by agriculture and industry. The remaining 10 percent is split between municipalities and actual living breathing individual humans. Collectively, municipal golf courses use as much water as municipal human beings. People (both human people and fish people) aren’t dying because the world is running out of water. They’re dying because the water is being stolen.

Forget Shorter Showers (cache)

Always interesting to put into perspective some figures.

August 16, 2018 11:00 AM

August 15, 2018

David Larlet

☕︎ Modern slavery

Contrary to the story Uber, Lyft, and their peers like to tell, ride-hailing services are not reducing traffic in American cities. Nor will they, even if they meet their goals for converting solo passenger trips to shared rides, according to new research from transportation analyst Bruce Schaller.

While ride-hailing companies add options for people to get around without owning a personal car, Schaller shows that the overall effect of their growth has been to jam more motor vehicle traffic onto crowded city streets. Also known as transportation network companies, or TNCs, Uber and Lyft haven’t just supplanted taxis, they’ve more than tripled total for-hire vehicle mileage in the span of a few short years.

Uber and Lyft Are Overwhelming Urban Streets, and Cities Need to Act Fast (cache)

There is a lot to say about new ways to be served by slaves. Last week, I went to an Italian caterer and I realized I was the only one in the line waiting for a food I would actually eat myself. Other meals were delivered by car with a unique person in it.

Depressing.

August 15, 2018 11:00 AM

August 14, 2018

David Larlet

☕︎ Three pillars

To protect folks from these kinds of risks, we’ve made a move to increase the security of the web by doing everything we can to get everything running over HTTPS. It’s undeniably a vital move to make. However this combination—poor performance but good security—now ends up making the web inaccessible to many. The three pillars—security, accessibility and performance—can’t be considered in isolation. All three play a role and must be built-up in concert with each other.

On HTTPS and Hard Questions (cache)

I couldn’t agree more.

August 14, 2018 11:00 AM

August 13, 2018

David Larlet

☕︎ Choix de publication

Ici, j’écris des mots. Ici les mots me pensent. De mon cerveau à ma main. De la main au clavier. Du clavier à l’écran. De l’écran à mes yeux. De mes yeux au cerveau. Et nous y retournons. Une fois synchronisés, puis distribués sur vos écrans respectifs, quelque soit votre lieu—maintenant—quand et où vous lisez cela, ses mots vous pensent. De votre écran à vos yeux, de vos yeux à votre cerveau. Ils viennent déranger l’agencement de votre environnement, la respiration de votre mouvement. Ils sont là maintenant, multiples. Ils existent avec vous.

Le talisman - Carnets Web de La Grange (cache)

On m’a récemment demandé pourquoi est-ce que j’avais fait le choix de ne publier qu’à un seul endroit, ici. La réponse est multiple :

  1. pour conserver le contrôle de ce que j’écris, il s’agit d’une partie de ma mémoire que j’estime et que je ne peux confier à une entité tierce ayant une durée de vie inférieure à la mienne ;
  2. par respect pour mes lecteurs, c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour que leurs actions ne soient pas épiées de manière centralisée au cours de la consultation de ces contenus ;
  3. par intimité des contenus produits, je pourrais adopter la pratique POSSE mais je suis satisfait que ces idées restent dans un certain contexte.

La suite de la discussion était sur les choix possibles quant à la découverte de ces contenus et comment fixer cette frontière de l’intimité. J’ai l’intuition (faute de statistiques) qu’ils circulent par liens dans un cercle relativement restreint, parfois via les réseaux sociaux. Il m’arrive rarement de lier des billets sur des canaux de discussion et je mets généralement la page d’accueil en profil sur les différents espaces que je côtoie.

Si je devais passer à du push (en complément du pull qui est le modèle du navigateur) ce serait probablement avec une liste de diffusion dédiée pour diverses raisons (cache), je suis notamment sensible au fait que ça décentraliserait les contenus.

Si tant est qu’ils ne finissent pas tous sur les serveurs de GMail…

August 13, 2018 11:00 AM

August 12, 2018

David Larlet

☕︎ Do No Harm License

A license for developers who write open source code to make the world a better place

As developers we can no longer close our eyes to the fact that open source code is being used by individuals and organizations to the detriment of our society.

The Do No Harm License is for developers that agree in general with the principles of open source software, but are uncomfortable with their software being used as part of efforts to destroy lives, our environment and our future.

In short, developers who use this license want their code to contribute to a just world for all.

A licence for using software for good (cache)

Reading the current content of the license (cache) I wonder how it can be applicable given how generic the intentions are.

At least, it gives a clear orientation :-).

August 12, 2018 11:00 AM

August 11, 2018

David Larlet

☕︎ The History of the Web

The web’s most fascinating stories, delivered each week.

[…]

Prefer RSS? Fine by me

The History of the Web (cache)

Kudos to Jay Hoffmann for these little stories. The last one about clearfix (cache) is pure gold for dinos like me.

Note: please provide an RSS feed if you have a mailing-list 🙏.

August 11, 2018 11:00 AM

August 10, 2018

David Larlet

☕︎ Tout en noir

De la même manière que les individus « prosociaux » ne sont pas des malades mentaux à soigner mais des personnes saines d’esprit prises au piège dans une culture humaine profondément cinglée, les individus que l’on qualifie parfois de « catastrophistes » ne sont pas des dérangés qui verraient « tout en noir ». Le monde entier gagnerait à ce que les euphémistes invétérés et autres optimistes par déni le reconnaissent, et à ce qu’ils utilisent leur énergie pour lutter contre les désastres socio-écologiques en cours qui rendent la vie insupportable tout en la détruisant, plutôt que contre ceux qui les exposent et contre le sentiment de malaise que cela suscite chez eux.

Voyons-nous « les choses en noir » ou sont-ils incapables de regarder l’horreur en face ? (cache)

Nicolas Casaux écrit des textes radicaux qui résonnent particulièrement en moi actuellement, voir aussi ceux sur la civilisation (cache), la collapsologie (cache) et sa suite (cache). Ces pensées se rapprochent de mes propres réflexions : l’Anthropocène est l’histoire d’une extinction, celle de l’espèce humaine. Une espèce qui s’est auto-sélectionnée pour ne garder que les expansionnistes et les explorateurs destructeurs au détriment des reproducteurs et des gestionnaires sensés qui avaient conscience de la finitude du monde.

La question n’est plus pour moi de savoir si tout va s’effondrer mais jusqu’à quand en quelque sorte. Et du rôle que je m’autorise à avoir là-dedans… si tant est que je puisse faire ce choix.

August 10, 2018 11:00 AM

Karl Dubost

Le talisman

 La Saussaye, France, 16 juillet 2018 La Saussaye, France, 16 juillet 2018


Ici, j'écris des mots. Ici les mots me pensent. De mon cerveau à ma main. De la main au clavier. Du clavier à l'écran. De l'écran à mes yeux. De mes yeux au cerveau. Et nous y retournons. Une fois synchronisés, puis distribués sur vos écrans respectifs, quelque soit votre lieu—maintenant—quand et où vous lisez cela, ses mots vous pensent. De votre écran à vos yeux, de vos yeux à votre cerveau. Ils viennent déranger l'agencement de votre environnement, la respiration de votre mouvement. Ils sont là maintenant, multiples. Ils existent avec vous. Cette cigale dans mon jardin à Tsujido au Japon le 10 août 2018 à 16h56m57 (heure japonaise), elle résonne de nouveau dans un autre lieu, dans un autre temps, juste au moment où vous avez lu cigale. Notez le lieu, le jour et l'heure sur un morceau de papier où vous avez lu cigale. C'est votre talisman. C'est notre totem. Nous le partageons tous maintenant.


La manufacture des systèmes, les automatismes de définition, un drap d'Elbeuf, une toile de Jouy, un site Web design material, un bâtiment AutoCAD. OH (a former CTO of Autodesk): “I can walk through most buildings and tell you which version of AutoCad was used to design it. “


August 10, 2018 08:07 AM

August 09, 2018

David Larlet

☕︎ Read/write Web

Triggered by some of the previous postings on RSS, I started thinking about what my ideal set-up for RSS reading would be. Because maybe there’s a way to create that for myself.

My Ideal RSS Reader (cache)

Really interesting ideas here. I’m still thinking about an evolution of both my reading and publishing tools. My ideal setup would be like a browser for RSS/uncluttered contents that I can annotate then optionally publish as a new feed, a webpage and/or as a mailing list (because (cache)).

It looks pretty basic and still I can’t find a self-hosted service doing that. So maybe it’s time to “create that for myself”. I already have the first 80% with my custom made tool for publishing/caching here. It remains the last 80% though :-).

When Google got out of the RSS game, those of us who remained realized that yes, we can survive without them. Five years later, RSS is still the best, most unfiltered way to get content you want. There’s a greater diversity of choices and no one company dominates everything. So let’s stop hoping Facebook or Twitter or someone else will do our job for us. Let’s stop waiting for someone to tell us what we want to read. Let’s stop publishing what they want us to publish. We can do better without them.

Thanks, Google! (cache)

August 09, 2018 11:00 AM

Karl Dubost

Le drap dans la forêt

La Saussaye, France, 23 juillet 2018 La Saussaye, France, 23 juillet 2018


Les arbres, une corde tendue, un drap blanc, des épingles à linge, un projecteur portable, un siège dans la forêt et surtout la forêt tout autour. La forêt est le lieu du confinement infini, de l'épaisseur sans frontières. C'est notre océan. Le vent soulève les embruns à la cime des feuilles en vagues irrégulières. Nous écoutons le bruit sourd du monde au delà de la forêt. Et puis, voilà, c'est le chant des hommes qui s'élève. Nous nous préparons à la danse des troncs, au rythme du bois, au baton qui tremble dans le mouvement. Les tambours s'élèvent. Ils donnent le volume des profondeurs sylvestres. L'écho des feuilles est éblouissant. Les mousses se souviendront de ce jour là. Les ronces et le lierre déjà s'interrogent. Quand ?


August 09, 2018 09:32 AM

August 08, 2018

David Larlet

☕︎ Subordination forte

Comment nommer l’interlocuteur du mentor ?

[…]

Je veux aussi absolument éviter les termes qui induisent une relation de subordination forte.

[Vocabulaire] le mentor et le … (cache)

Cette question m’a fait pas mal cogité cette dernière semaine et j’ai bien peur qu’il n’y ait pas de réponse possible. Il faut choisir un terme plus neutre si on veut garder l’horizontalité, mes propositions seraient :

  • pair que j’aime beaucoup mais qui pose deux soucis ; au féminin ça passe mal et il y a le problème en français de l’homonyme pair/père qui peut être la base de pas mal de quiproquo à l’oral.
  • binôme qui reste mon choix préféré compte tenu des contraintes énoncées par Éric, là c’est clair et ça montre bien l’apprentissage en commun, potentiellement à des niveaux différents. Il y a l’idée du faire ensemble même si le faire reste assez théorique.

Le parallèle sportif qui me vient en tête est celui de l’escalade en corde tendue mais j’ai bien peur que l’expression premier/second de cordée ait prise une mauvaise connotation en France ces derniers temps…

August 08, 2018 11:00 AM

August 07, 2018

David Larlet

☕︎ Aveuglé

Me montre une feuille constellée de points.
— De la pluie ?
— C’est un alphabet en braille papa…

😳

August 07, 2018 11:00 AM

August 06, 2018

David Larlet

☕︎ Multipotentialite

A multipotentialite is someone with many interests and creative pursuits.

Multipotentialites have no “one true calling” the way specialists do. Being a multipotentialite is our destiny. We have many paths and we pursue all of them, either sequentially or simultaneously (or both).

Multipotentialites thrive on learning, exploring, and mastering new skills. We are excellent at bringing disparate ideas together in creative ways. This makes us incredible innovators and problem solvers.

When it comes to new interests that emerge, our insatiable curiosity leads us to absorb everything we can get our hands on. As a result, we pick up new skills fast and tend to be a wealth of information.

Emilie Wapnick, Puttylike (cache)

🐙

August 06, 2018 11:00 AM

August 05, 2018

David Larlet

☕︎ Listening to my body

How do you train for these ultras?

Just however I feel. I don’t have a plan. Sometimes when I leave my house I don’t even know if I’m going to go out for 45 minutes or for 4 hours. Basically I’m just listening to my body and relying on the fact that I feel like I can read the signs my body is giving me pretty well and just going with it, otherwise not getting too caught up on what I do every day to train but trying to just keep getting in good, solid miles and keep figuring out how to do it all better.

There’s No Stopping Ultrarunner Courtney Dauwalter (cache)

🏃‍♀️

August 05, 2018 11:00 AM

August 04, 2018

David Larlet

☕︎ Ruissèlement de la domination

Notre insécurité dans les rues, le métro, le bureau et même dans nos maisons n’est pas une fatalité, une malédiction, c’est un fait social construit par des siècles d’exclusion et de persécution contre la classe d’exploitation de base du capitalisme moderne : les femmes. Et les hommes continuent à participer activement à cette persécution, parce que c’est d’elle qu’en grande partie naissent leurs nombreuses prérogatives et privilèges, même chez les hommes les plus dominés parmi les hommes : le dernier des grouillots sait à quel point il est bon de pouvoir se défouler régulièrement sur plus dominé⋅e que soi. Et c’est de ce seul ruissèlement réellement efficace du système capitalisme (le ruissèlement de la domination), que naissent ces cavaliers de l’apocalypse humaine que sont les dominations discriminantes : racisme, sexisme, classisme, validisme, homophobie, grossophobie, etc. comme autant de comportements qui rassurent chacun sur sa place réelle et concrète dans la hiérarchie de fer du capitalisme, lequel se repait concrètement de toutes les inégalités.

Dernières de cordée, Agnès Maillard (cache)

🧗‍♀️

August 04, 2018 11:00 AM

August 03, 2018

David Larlet

☕︎ Removing tracking

In truth, Google Analytics has always been a bit of a childish self-validation crutch. “Look how many visits I’m getting ma!” It doesn’t really serve a purpose for me. I design my site for everybody, so I don’t need to track where people are coming from. I design my site for every device, so I don’t need to track OS and Browser. I have zero interest in the awfully revealing demographic data that GA exposes. I really have no need to see real-time data on visitors. It’s all really for nothing.

Removing Site Tracking (cache)

🙌

August 03, 2018 11:00 AM

August 02, 2018

David Larlet

☕︎ Slow trail

C’est que le natif du Colorado rétif à parler de son palmarès de coureur, hormis ses deux deuxièmes places au Mad Marathon, son épreuve fétiche à travers les collines verdoyantes du Vermont, incarne une tendance de fond. Comme de plus en plus de runners lassés par les compétitions, Rickey veut tracer sa route, en solo, sans chrono. Ou s’offrir des parcours off sur le tracé d’une course mythique, sans rubalises et meute titubant dans des lacets pour s’afficher en finisher. « Cela fait 20 ans que je fais ça. Ca ne m’intéresse plus, faire des zig-zags dans les montagnes » Dans cette forme assumée de slow trail, on prend le temps de la discussion, du détour, le sac à dos est délesté du superflu, concentré sur l’essentiel.

On a retrouvé Forrest Gump, Patricia Oudit (cache)

🤩

August 02, 2018 11:00 AM

Karl Dubost

Simplicité technologique

Foz do Iguacu, Brésil, août 1988 Foz do Iguacu, Brésil, août 1988

Mon deuxième séjour au Brésil. Le vacarme, l'humidité, c'est le souvenir de ce moment.


Je suis toujours resté avec le même principe de système statique pour ce carnet et je ne me suis pas aventuré dans les systèmes tels que WordPress et autres. Ce billet de Cameron, Back, me conforte dans l'idée que la simplicité offre une résilience, un long terme que la plupart des technologies plus complexes ne permet pas. L'étape qui me manque dans ce processus de conservation des échos de pensées sur La Grange est l'impression sur papier de l'ensemble des billets de La Grange. Je devrais probablement les imprimer tous dans des livres par années car au final, le papier est l'archive la plus sûre. Il devient très facile d'envoyer quelques copies à des proches et amis à travers le monde. And since I wanted to start posting here again, I took the opportunity to revamp my blog. Gone are the comments and the WordPress backend. Now it’s a simple set of statically served pages. It’s 2018 and my site is built with a Makefile and some Perl scripts but I regret nothing. 😃


Volume de Photos.app Volume de Photos.app

Voici probablement la raison pourquoi Photos.app ne peut pas fonctionner pour moi. 348 Go. Des images en plusieurs versions, des générations de thumbnails, etc. Mon répertoire original contient 97 760 photos pour 302 Go, auquel donc s'ajoute les 348 Go de Photos.app. Je pense au final effacer l'application pour trouver autre chose pour gérer ce volume. Je n'ai pas besoin de la plupart des fonctionnalités et pour l'instant je ne l'utilise que pour géolocaliser les photos qui n'ont pas d'informations géographiques. Cela ne contient que les photographies de ma période numérique plus quelques unes que j'ai pris le temps de les numériser, soit avant 1998. J'ai commencé à prendre des photos assez jeune (en 1978 je pense lors d'une classe de neige à Ristolas au format 110), mais le volume a augmenté autour de l'année 1983. Les négatifs et diapos des années 1978 à 1998 (20 ans de photos) ne sont pas numérisés.


August 02, 2018 07:57 AM

August 01, 2018

David Larlet

☕︎ Documentation of my research

OK let me start by saying that I could be wrong. I know that the Codepen folks may want something completely different, or think of something completely different. So this article is not meant to redesign the Codepen switch button, but rather serve as a documentation of my research and train of thought while working on creating my own switch button for my talk. I’ll need to do even more research when it’s time to continue working on my new workshop, and things may change, and I know I’ll learn and know more by the time I create my next switch. But, until then, I know I’ve got this blog post to reference for some of the thoughts and ideas that crossed my mind when I took the first step into this.

On Designing and Building Toggle Switches, Sara Soueidan (cache)

👌

August 01, 2018 11:00 AM

July 31, 2018

David Larlet

☕︎ Lâcher prise

Collaborer c’est bien, mais voir un travail de design critiqué par des personnes qui ne s’y connaissent pas et font une platrée de retours non pertinents, c’est vraiment très agaçant (en plus de faire perdre beaucoup de temps à tout le monde). Ce n’est pas qu’on tienne à faire les divas mais si vous faites appel à quelqu’un dont c’est le métier, c’est important de lâcher prise et de lui faire confiance, et non pas de vous permettre de critiquer sous prétexte que “Tout le monde a des yeux donc tout le monde peut juger de la qualité du design”

Designers & Logiciels libres : et si on collaborait ?, Maïtané Lenoir (cache)

🤔

July 31, 2018 11:00 AM

July 30, 2018

David Larlet

☕︎ Harcèlement ordinaire

Nul doute que la visibilité aussi soudaine qu’écrasante que m’a apportée la conférence sur le design de soi que j’ai donnée à Paris Web en octobre 2015 (cache) y a été pour beaucoup.

Du jour au lendemain, le nombre de mes followers sur Twitter a explosé. Le nombre des personnes me détestant juste parce que mes billets et ma conférence étaient très partagés, aussi.

La violence verbale et symbolique à l’œuvre sur les réseaux sociaux, dont j’étais témoin depuis des années, était en train de me prendre pour cible.

Deux ans plus tard, Marie Guillaumet (cache)

😢

July 30, 2018 11:00 AM

Karl Dubost

Le journal du creux de la main

Deux semaines, la tête plongée dans l'humus, les pieds légers dans les ramures. Je connais les déclivités, les bosses et les faux plats. L'écorce façonne le sillon de mes doigts. Les ronces ébouriffent les envies. Je regarde. Je n'interroge pas. J'accepte. Je ne fais pas le vide. Je laisse la forêt reprendre sa place dans mon tronc. Ceci est mon journal du creux de la main.


La Saussaye, France, 12 juillet 2018 La Saussaye, France, 12 juillet 2018


La Saussaye, France, 12 juillet 2018 La Saussaye, France, 12 juillet 2018


La Saussaye, France, 12 juillet 2018 La Saussaye, France, 12 juillet 2018


La Saussaye, France, 12 juillet 2018 La Saussaye, France, 12 juillet 2018


La Saussaye, France, 14 juillet 2018 La Saussaye, France, 14 juillet 2018


La Saussaye, France, 15 juillet 2018 La Saussaye, France, 15 juillet 2018


La Saussaye, France, 16 juillet 2018 La Saussaye, France, 16 juillet 2018


La Saussaye, France, 21 juillet 2018 La Saussaye, France, 21 juillet 2018


La Saussaye, France, 21 juillet 2018 La Saussaye, France, 21 juillet 2018


July 30, 2018 10:40 AM

July 29, 2018

David Larlet

☕︎ Worthwhile to say

Part of this is convincing myself that I have something worthwhile to say again. That sharing something cool or posting the odd thought doesn’t mean I’m arrogant and think the world needs to hear me. I’m just craving connection over shared experiences.

Insecure, Laura Kalbag (cache)

💪

July 29, 2018 11:00 AM