Planète Web Sémantique

March 23, 2017

Karl Dubost

Une verticalité inconnue

boutons d'ascenseurs Otemachi, Japon, 23 février 2017

Il n'y a ni espoir ni crainte chez ces hommes, qui n'ont pas autour d'eux des murailles vides battues de fantômes, mais l'assurance à chaque lever d'un ouvrage proche et d'une journée remplie, …

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

La diagonale mécanique s'accompagne souvent de mystérieuses verticales. Nous y pénétrons par groupes compacts et ordonnés. Nous vérifions que notre numéro a bien été attribué. Nous avançons en optimisant l'espace du fond. Après un demi-tour millimétré, nous orientons notre visage vers les portes métalliques. Tout est prêt. Les portes se referment. Une poussée dans nos jambes écrasent notre corps vers le bas. Où allons-nous ? Une pression sur les oreilles déclenche un baillement réprimé aussitôt. Et voilà, une pensée subsersive et interdite m'immerge. « Qu'y a-t-il au 26 ? » Je ne suis pas là pour penser. Je suis là pour monter.

Vide Grenier

Testing, for people who hate testing If you hate your test harness, you will never enjoy writing tests. It’ll always be a slog, and you’ll avoid it whenever you can. Shop around and see if you can find something more palatable.

March 23, 2017 01:00 AM

Après le vent

Velos sur le sol Tsujido, Japon, 22 février 2017

En quelques secondes, il m'a frappé du plat de la main sur les deux épaules, d'une bourrade à renverser un chêne, a secoué un dormeur, …

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Pas un bruit. Dans l'obscurité, il s'est faufilé et a bousculé le monde. Déjà son crime achevé, il s'est enfui. Était-il puissant et calme ? Frondeur et turbulent ? Jamais ces enquêtes là ne sont closes. Il ne nous reste que les cendres d'un bouleversement.

Vide Grenier

Prise de notes de lecture et écriture. Lorsque je lis, je deviens éponge. Ainsi, ma lecture généralement augmente mon désir d'écrire et les mots viennent plus facilement. Soit tout à fait l'opposé de ce qui est décrit là. Et si je pousse cette réflexion un peu plus loin. Peut-être que le terme éponge n'est pas le plus approprié. Lichen? Je m'insère dans le texte physiquement et intellectuel et je veux alors l'éditer, le manipuler, l'étendre. D’ailleurs, parlant de prise de notes, il s’agit bien-là de la seule tâche qui se rapproche peu ou prou de l’écriture, en ce moment. J’avais remarqué ce phénomène lors de la dernière crise en date d’engloutissement : lorsque je dévore les mots des autres, je deviens incapable d’aligner les miens. Ou alors, comme aujourd’hui, péniblement.

March 23, 2017 01:00 AM

March 08, 2017

David Larlet

★ Des données aux communs

Le numérique auquel nous aspirons est différent. Il ne menace ni l’économie, ni l’environnement, ni la démocratie, ni la culture. Il permet au contraire de renouveler ces domaines dans leurs fondements par une perspective centrée sur l’humain. Il protège nos libertés tout en nous donnant des moyens puissants d’exercer nos droits. Il ne concentre pas de nouveaux pouvoirs ainsi que les ressources entre les mains d’un petit nombre. Il contribue plutôt à redistribuer équitablement les pouvoirs et les richesses d’une manière durable. Il pose que nous sommes tous égaux et interdépendants, il vise à restaurer notre relation au monde et en prendre soin dans une démocratie inclusive.

Ce numérique auquel nous aspirons est un commun, une ressource partagée par les communautés qui se mobilisent et s’organisent pour la produire, la créer, la protéger, la valoriser au bénéfice de toutes et de tous. Ce numérique existe et prospère. Pour des communautés engagées dans le partage des savoirs co-créés, ces pratiques issues du modèle des communaux trouvent, par l’entremise du numérique, un territoire qui n’aura jamais été aussi vaste. Le domaine public, les logiciels libres sont des exemples de communs de la connaissance, de communs numériques, qui sont vitaux pour le travail, l’éducation, la science, la culture, la liberté d’expression aujourd’hui. De surcroit, ce numérique constitue la dorsale d’une économie collaborative en plein essor mobilisant les ressources, le talent et l’énergie des citoyen.ne.s dans la concrétisation de projets inédits et porteurs.

Nous aspirons à voir ce numérique humaniste reconnu et soutenu.

SavoirsCom1 salue la « Déclaration des communs numériques » au Québec (cache)

Ceci est un résumé de mon intervention à Confoo, il s’agit même d’une suite de ce que j’ai pu partager l’année dernière autour de l’OpenData. Le déroulé était ponctué de fragments de Python que je n’ai pas reproduits ici mais que vous pourrez retrouver sur le support.

1. Données ouvertes

Data.gouv.fr est la plateforme ouverte des données publiques françaises. Il s’agit d’un moyen de publier ses données brutes et de consulter celles des autres. Elle s’adresse aussi bien aux ministères et collectivités publiques qu’aux citoyens ou aux entreprises et associations. Elle est ouverte à tous et la modération se fait a posteriori. Elle est gratuite et tous les développements sont publiés en open-source. D’autres pays réutilisent le code de la plateforme.

Je participe à son évolution depuis bientôt deux ans.

2. Données exploitables

La publication des données n’est que la première étape d’un long processus d’appropriation par les personnes intéressées. Un format de fichier propriétaire ou un encoding non spécifié et cela devient plus compliqué de plonger le nez dedans. Une archive corrompue ou un site inaccessible et l’on arrive rapidement à une frustration ainsi qu’une perte de confiance qui seront difficiles à aller récupérer.

Les discussions permettent aujourd’hui d’exprimer ces freins de la part des consommateur potentiels et d’engager une discussion avec les producteurs de la donnée.

3. Données compréhensibles

Une fois le fichier ouvert, il s’agit de comprendre ce qu’il y a dedans. C’est loin d’être intuitif dans la majorité des cas s’il n’y a pas une documentation exhaustive associée à la donnée. La description des jeux de données et de leurs ressources permet à ceux qui soumettent leurs données de préciser à quoi correspondent les termes métier par exemple ou les intitulés de colonnes peu explicites.

Il est parfois pertinent de proposer une interface simplifiée à une documentation PDF de plusieurs centaines de pages.

4. Données interopérables

Même documentées, certaines données sont difficiles à appréhender du fait de leur complexité ou de leur taille. Retraiter cette donnée brute en aval est ce que j’ai tenté de faire avec GeoHisto pour le diff du Code Officiel Géographique de l’INSEE ou avec Ulysse pour traiter le fichier volumineux du SIRENE.

Il ne s’agit aucunement de remplacer les données initialement publiées mais de proposer des outils et éventuellement leurs résultats pour être à même de les exploiter plus rapidement.

5. Données requêtables

Par exemple, l’une des problématiques à laquelle nous sommes confrontés est de pouvoir découper des fichiers CSV à la volée en fonction de certains paramètres. Un petit sécateur nous permettrait de réaliser ceci de manière asynchrone et de proposer des liens vers des sous-ensembles propres à des territoires par exemple.

Lorsque le fichier est trop volumineux, il est possible de fournir les outils pour réaliser cela de manière relativement performante.

6. Données conviviales

Parfois le simple fait de proposer un sous-ensemble des données générées facilite leur représentation et donc leur compréhension. C’est une suite de petits détails qui semblent insignifiants mais qui une fois mis bout à bout montrent que vous prenez soin de vos données et de leurs utilisateurs potentiels.

Encore une fois, la documentation est critique pour encourager l’adoption et la réutilisation. Fournir des exemples de réutilisations réalisés ou imaginés peut également aider. Expliquer ce qui ne peut pas être fait avec est encore mieux en documentant par exemple les précédentes tentatives qui ont échouées. De même qu’il peut être pertinent de décrire la façon dont les données sources sont générées pour en comprendre les contraintes.

7. Données résilientes

La rapidité avec laquelle la Maison Blanche a vidé son portail opendata soulève forcément des questions (cache) lorsqu’on a en charge un tel portail dans un pays qui pourrait prochainement devenir tout aussi totalitaire. L’hébergement des données en utilisant un outil décentralisé comme git permet de les répliquer (et de les enrichir) à l’infini tout en conservant l’historique des modifications apportées.

Il y aurait beaucoup à faire à partir de git-lfs ou dat par exemple. Je ne suis pas loin de prendre le temps de faire ça en tant que citoyen à partir de l’API.

8. Données pérennes

Les problématiques liées à l’historique sont intéressantes car l’on peut distinguer les versions de la donnée brute et celles des sujets qu’elle traite. Je me suis par exemple focalisé sur ce second point avec GeoHisto et l’évolution des communes ainsi qu’avec l’historique des entreprises du fichier SIRENE. Il s’agit d’un angle d’attaque qui se focalise sur une exploitation particulière des données, celle de travailler sur des versions/diffs pour une commune ou une entreprise précise.

Dans le cas des départements, cela m’a permis de revoir mon Histoire d’une manière pratique et assez ludique.

9. Gouvernance ouverte

Il ne s’agit pas de s’en tenir à publier des données et à les rendre utilisables mais d’être à l’écoute de la communauté des réutilisateurs pour l’améliorer. Aussi bien dans le fond que dans la forme, il est difficile de savoir a priori ce qui va être pertinent pour un type de données. Prendre en compte les retours dans une boucle de rétro-action vertueuse constitue le graal de la donnée ouverte.

Avoir un lieu d’expression et de décision qui soit documenté et ouvert à tous permet de fédérer une communauté autour d’un besoin et d’itérer, aussi bien sur le plan technique que politique.

10. Biens communs

Au même titre que la libération du code, au début on souhaite garder le contrôle et nombreux sont les projets open-source qui ne dépassent pas cette étape. Puis l’on s’ouvre à l’autre, à ses différences de points de vues et d’expériences et on prend le temps de l’écouter pour améliorer le produit. Et enfin on s’en remet à l’intelligence collective de la communauté pour continuer d’avancer et alors seulement la résultante prend vie.

La libération d’une donnée est un lâcher-prise progressif.

Un bien ne peut se transformer en commun sans que son initiateur dépasse son propre ego et accepte les divergences de la communauté qui vient itérativement polliniser cette production.

Administration ?

Le rôle de l’État dans cette démarche n’est plus d’administrer mais de mettre en relation des personnes autour de la donnée pour faciliter la production d’externalités positives. La finalité n’étant pas le bien commun en lui-même mais le faire en commun qui nous permet de vivre en commun.

Je pense pour ma part que nous pouvons opposer à ces deux options un État qui serait au service des communs, où les communs seraient le moyen de créer de la valeur pour les citoyens. Cet État serait centré sur les citoyens, son rôle serait de faciliter et de responsabiliser ; il serait au service des citoyens et c’est ainsi qu’il se percevrait.

Confrontation Constructive ou Tension Constructive - l’État et les Communs (cache)

Il y avait une dizaine de personnes durant la session et voici les retours proposés par Confoo dans l’heure qui suit (!) par email.

March 08, 2017 11:00 AM

March 05, 2017

Gautier Poupeau

Réaliser un mashup de données avec Dataiku DSS et Palladio

Dans mon précédent billet sur la préparation des données, j'avais fait part de mon enthousiasme pour la solution DSS de Dataiku dans le cadre de la préparation des données. J'ai donc poursuivi ma pratique du logiciel dans un contexte que j'apprécie particulièrement : la mise au point d'un mashup de données. Cet exercice permet autour d'un exemple concret de faire le tour du traitement des données : recherche, récupération, interrogation, structuration, nettoyage, mise en relation, visualisation. Il est donc parfaitement adapté pour évaluer un logiciel en la matière. Et le résultat fut à la hauteur :

Afin de partager cette découverte, j'ai mis au point un tutoriel qui vise à :

<!--break-->

Il a été mis au point pour les besoins de deux cours de trois heures du module "Données" de la deuxième année du master "Technologies numériques appliquées à l'histoire" de l'Ecole nationale des chartes. Il est par conséquent composé de deux parties. La première partie aborde les points suivants :

  • présentation de la notion de mashup et exemples de mashup ;
  • récupération des jeux de données sur Data.gouv.fr ;
  • chargement des jeux de données dans Dataiku DSS ;
  • préparation des jeux de données dans Dataiku DSS ;
  • mise en relation des jeux de données issus de data.gouv.fr.

Attention ! La seconde partie implique la connaissance du langage de requêtes SPARQL qui vise à interroger des données stockées sous la forme d'un graphe RDF (cf. SPARQL, comment illuminer vos mashups en consommant les données du Linked Data ?). Elle aborde les points suivants :

  • récupération dans DSS des données depuis Wikidata via une requête SPARQL ;
  • empilement de plusieurs jeux de données dans DSS ;
  • mise en relation du jeu de données de Wikidata avec ceux issus de data.gouv.fr ;
  • préparation du jeu de données final ;
  • visualisation des données dans Palladio.

Si certains d'entre vous vont au bout de ce tutoriel, n'hésitez pas à m'envoyer un message pour me faire part de vos retours, remarques et questions. Par ailleurs, les deux supports sont disponibles avec la licence CC-BY et peuvent être téléchargés depuis SlideShare.

Amusez-vous bien !

by got at March 05, 2017 11:59 AM

February 22, 2017

David Larlet

★ Web developer

what is a web developer? How do you define one? What knowledge and skills does it take to be one?

To me, a web developer is a programmer who is not only able to write HTML, CSS, and JavaScript by hand, but also has a deep understanding of what browsers can do to that code.

What is a web developer? (cache)

To me, a web developer is a human with enough empathy, humility and practicality to publish resilient and usable webthings. Even better if s·he is part of an inclusive team focused on value(s).

And now I’ll have to define each term.

Human because if you forget this simple fact you are not considering the culture, the experience, the relationships or even the mood of the person you are talking about.

Empathy because you have to care about yourself, about your peers and about your users all day long. Preserving the motivation of all these people to achieve their respective tasks is key and partly depends on you.

Humility because you have to accept the futility of what you are developing for. You have to accept the obsolescence of your knowledge. You have to try, learn, fail, share. And try again.

Practicality because sometimes you have to put your ego, your best practices, your purity aside (hopefully) for a short amount of time and keep going. Better having room for improvement on a public product than working on a perfect private vaporware.

Resilient by using tools that last and are accepted by the team. It may not be pertinent though but it has to be explicit in this case.

Usable by making fast and accessible products, otherwise coding is “just adding bugs to an empty text file” to quote Louis Srygley. A web developer has to understand the biological complexity of the Web.

Webthing because the definition of a website or a webapp is not anymore pertinent. And that is a good thing. Defining is not important after all. Oh wait!

Inclusive team in order to develop inclusive products.

Value(s) both to focus on what is delivered and why.

All that being said, is it really relevant to know how to “write HTML, CSS, and JavaScript by hand”? I’m not sure it really matters and it probably changes from one developer to another. It’s part of the pleasure for me to have as few as possible layers between what I type and what is being finally rendered because I like that simplicity. An editor, a few lines of code, a browser and something understandable happens. An Electron app, yarn install, webpack […] and something magic happens.

And I’m tired of debugging magic, it’s not part of my definition.

February 22, 2017 11:00 AM

February 21, 2017

Karl Dubost

L'implosion lente

Lierres enserrant une fenêtre Tsujido, Japon, 20 février 2017

l'oreille de prisonnier malgré elle tendue vers le mur vivait tout entière de l'autre côté, et dans le fond de la tranchée abritée je marchais la tête un peu déjetée vers la rumeur peuplée de signes, comme on marche sur une plage au bord des langues de la marée montante.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Une apnée suit le regard. Nous serrons les dents. Nous ressentons déjà le souffle de l'implosion. La maison prête à être broyée un matin de printemps sous le lierre vivace.

Vide Grenier

Les océans “I want to do better in my life,” she says. “I want a healthy life. I want a wonderful life. And I want to see the ocean.”

February 21, 2017 02:59 PM

David Larlet

★ Politique et reliance

Ainsi de la formation scolaire : plus on s’oriente vers la fonction pratique, technique, adaptée au monde moderne, et plus on interdit toute connaissance vraie, toute réflexion, toute prise de conscience par l’adaptation préalable. L’enseignement des jésuites de 1830 me parait bien plus apte à cela que le plus moderne et pédagogique de nos enseignements audiovisuels qui n’est jamais rien d’autre qu’un mécanisme d’adaptation pure et simple à la société et donc interdit a priori toute prise de conscience et toute réflexion. Il en est de même en ce qui concerne l’information. Il ne s’agit pas de plus informer le citoyen. Il ne l’est déjà que trop. Il est faux que le citoyen très informé soit plus apte… il est plongé dans l’actualité, présente le type même de l’illusion politique, et se trouve plus facilement livré à la propagande. Bien entendu nous ne voulons pas dire par là qu’il faut supprimer enseignement et information, mais simplement tels qu’ils sont conçus (et j’entends par là les plus ultimes pointes du progrès pédagogique et de la bonne information), ils ne peuvent que préparer l’homme à se gaver d’illusion. Le connaître et le comprendre ne peuvent être le fait que de la personne privée, et non de l’être social. C’est ici que réside le malentendu de base.

Il nous faut bien évidemment savoir que « le sujet de la pratique politique et la personne privée sont le même », mais le sujet de la pratique politique ne peut être qu’une personne privée existant en tant que telle et se livrant en tant que telle à l’exercice politique : il s’agit d’un homme conscient de soi avant d’être responsable de la vie publique, et il s’agit dans l’enseignement et dans l’information de permettre la création du premier et non du second.

L’illusion politique par Jacques Ellul.

Merci Thomas pour ce livre que je lis avec assiduité (sur le trône, je le con-fesse (ça commence bien cet exercice). Il a sur moi l’effet d’un pharmakon, rassurant de se sentir moins seul et déprimant de voir que la situation a si peu évoluée en 40 ans. Tiens d’ailleurs en parlant de déprime, je n’ai toujours pas répondu à Cascador sur mon manque de distinction entre le burn-out et le bore-out. Ils ont pour moi tout deux la même origine qui est un manque d’écoute de soi et d’identification des burn-in et bore-in annonciateurs. Je me disais l’autre jour que le sport m’aide beaucoup en ce sens, je ne veux surtout pas écouter de musique dans ces moments là car ils me permettent d’être à l’écoute de mon corps et de mon esprit.

Par triple association d’idée, j’en viens à penser à Aurélien. Je n’arrive pas à réagir à ses récents articles et j’ai du mal à en identifier les causes. Peut-être vouloir rester accessible, peut-être l’incapacité d’atteindre ce niveau. Je continue de réfléchir à l’éthique des algorithmes vs. la morale de leurs implémentations. La réflexion est comme une marée dont les idées fluctuent avec le ressac. J’ai cette même approche avec le Cercle des diodes (cache) (à distance) qui consiste à réfléchir ensemble en jouant un rôle. Si les sujets « Peut-il y avoir rencontre à distance ? » et « Tout est-il politique ? » ont été traités très rapidement, ils ne cessent de se rappeler à moi au gré d’insomnies.

Pour moi, en une première approche très générale, la reliance possède une double signification conceptuelle :

  1. l’acte de relier ou de se relier : la reliance agie, réalisée, c’est-à-dire l’acte de reliance ;

  2. le résultat de cet acte : la reliance vécue, c’est-à-dire l’état de reliance.

Reliance, déliance, liance : émergence de trois notions sociologiques (cache)

Je me souviens d’Élodie qui souhaitait introduire la reliance comme valeur de scopyleft. Ou peut-être était-ce lors d’une autre discussion, difficile de savoir. Il faudrait que je prenne de ses nouvelles et lui faire savoir que certaines graines continuent de germer longtemps après son passage. Et si c’étaient les défaillances de la mémoire qui permettaient d’affaiblir et de renforcer les liens ? On s’enrichit d’un côté, on encaisse de l’autre et on progresse ainsi en essayant de survivre.

Dans résilience il y a lien.

À force d’écrire sur du papier, j’ai mal au poignet gauche. Heureusement que je me suis fait un entorse à droite, j’aurais été frustré de ne plus pouvoir écrire du tout. Bientôt rééducation avec sa numérisation ?

Texte rédigé lors d’un exercice d’écriture libre (cache) ce qui explique le fouillis incompréhensible de mes pensées, publié tel quel après quelques jours pour mémoire. Une fois re…lié.

PS : si vous êtes en tension tout comme moi, j’abrège votre souffrance), intéressant de constater qu’à l’écrit je n’ai pas eu de problème à l’oublier, je me demande si ce TOC est sur-représenté chez les développeurs :-).

February 21, 2017 11:00 AM

✍ Lettre à Jean-Pierre

Jean-Pierre,

Tu fais partie des anonymes qui m’écrivent pour réagir sur un ancien article — en l’occurence 2009 — car cet espace a le (mal|bon)heur de n’être pas trop mal indexé parfois. Je ne sais pas comment gérer ces échanges sur des positions qui ne sont plus forcément les miennes. Le contexte a évolué, j’ai évolué.

Internet oublie toujours tout mais cet endroit constitue une part de ma mémoire et de mon histoire que j’essaye toutes deux de préserver. Petit plaisir narcissique, expérience personnelle et génératrice d’échanges que j’encourage lorsqu’ils sont bienveillants. Je me demande souvent ce qui motive l’envoi d’un courriel à un inconnu pour lui prouver qu’il a tort. Une question d’égo ou de paternalisme inconscient peut-être.

Qui sait, peut-être un jour irons-nous discuter de tout cela… à Arles ?

David

February 21, 2017 11:00 AM

February 20, 2017

Karl Dubost

Passer le message

Boîte aux lettres Tsujido, Japon, 20 février 2017

Il n'y avait personne.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Nos messages infusés de notre complexité sont oubliés. Quels sont les mots que nous ignorons dans l'accumulation ? Et pourtant ils sont enveloppés d'une certaine matérialité. D'un mot gravé, nous dessinons une rêverie. Un sémaphore californien lie l'humanité tendre d'une marche à Yokohama. Ces subtiles connexions nous ne pouvons les ignorer. Elles sont ce que nous sommes, la voix et le cœur gravés dans le chemin imparfait des poètes, des passeurs de verbe.

Copie d'écran video Vidéo de François Bon à San Francisco

Vide Grenier

Déconnexion suspecte. Those seeking to disconnect will ultimately have to pay for the privilege – in higher loan rates, more expensive insurance packages, more time wasted on trying to assure the immigration officer of one’s peaceful intentions.

February 20, 2017 02:59 PM

February 19, 2017

Karl Dubost

Communiquer

Tour de communications Tokyo, Japon, 19 février 2017

Les choses viennent à nous claires et nettoyées dans ces intervalles qui sont une rémission, combien notre bouche remuait de poussière !

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Dans la ville on ne voit que le brasier, jamais le message. Les signaux de fumée sont imperceptibles. Et pourtant qu'il doit être bruyant l'environnement.

Vide Grenier

February 19, 2017 02:59 PM

February 18, 2017

Karl Dubost

Le chemin du bambou

bambou et graffiti Tsujido, Japon, 18 février 2017

Avec l'économie des gestes va l'économie de la voix.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

L'abondance sauvage du bambou bouillonne le long de la rivière. Une maison étouffée entre les feuilles s'abandonne à l'usure. Là la poussière, ici le frémissement de la mémoire, le temps se voit. Ainsi parle la rue en passages renouvelés.

Vide Grenier

February 18, 2017 02:59 PM

February 17, 2017

Karl Dubost

La forêt suburbaine

affiche de forêt dans un couloir Tokyo, Japon, 16 février 2017

Ce qui se dégage le plus fortement de ce spectacle, c'est une impression, étrangement appaisante d'évidence.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Dis, l'ami… entends-du ? Le chant des oiseaux dans les arbres. Tu ne vois pas les oiseaux ? Oui, c'est normal ; la forêt est dense. Ah quelle mélodie. Et tu sens le parfum du sugi et de l'hinoki qui se glisse entre les pas des hommes pressés. Et nos pas, justement l'ami, tu sens comme tout est devenu soudainement feutré sur le tapis d'aiguilles. Ah… tu n'as pas le temps. Très bien, bon retour chez toi. Moi ? Je reste un peu. Je veux me souvenir de la couleur de la forêt quand je fermerai les yeux ce soir. Encore un peu avec le parfum et la mélodie.

Vide Grenier

February 17, 2017 02:59 PM

February 16, 2017

Karl Dubost

La machine-homme

homme dans un escalator Otemachi, Japon, 16 février 2017

La terre n'apparaît nulle part : les rues en pente raide, les placettes sont dallées ; on dirait que toute cette acropole est serrée, corsetée dans une armure chagrine de pierre et de silence.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Quand la machine-homme n'est pas guidée dans son horizontalité, elle continue sa lente progression à travers l'espace mécanique. L'escalator est l'agencement mobile de l'inaction, une préparation à l'obédience pour le système des échanges. Sur la chaîne de montage de notre conditionnement économique, la machine-homme est placée sur une marche qui s'élève ou plonge dans une diagonale pré-contrainte. Nous n'allons nulle part. Nous allons sans destination, sans échappée, sans décision. Nous n'allons pas. Nous sommes menés. Nous nous réduisons à notre fonction utilitaire, une machine avec un rêve programmé d'humanité.

Vide Grenier

Qu'est-ce qu'un designer ? The job is to help people — human beings, homo sapiens — be as intelligent, considered, empathetic, conscientious, engaged, appreciative, detailed and holistic as can be.

Leadership and Governance. Je ne suis pas un fan de « Leadership, » mais en revanche j'apprécie la « Governance. » Growing open source projects can benefit from formal rules for making decisions.

The Electric Book workflow The Electric Book workflow is a set of tools and processes for creating high-quality books. We developed it at Electric Book Works for our own publishing. It lets you store books in plain text with great version control, and output website versions, ebooks and print editions easily from a single source.

February 16, 2017 02:59 PM

February 15, 2017

Karl Dubost

Géométrie de l'enfance

barres de couleur bleue Tsujido, Japon, 4 février 2017

J'écris ceci tard dans la nuit.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Ce souvenir de bac à sable aux Sapins à Rouen, de jeu de billes sur des pistes circulaires sculptées longtemps, de l'heure qui s'échappe trop vite où il nous faut déjà rentrer—d'ailleurs comment savions-nous que c'était l'heure de rentrer et cette montagne de barres assemblées en cube, premier sommet pour découvrir la verticalité. Alors quand je l'ai vu ce grand cube de barres bleues usées par les chaussures, les mains, la pluie et le soleil, le désir de grimper encore une fois a surgi. Quel bonheur d'être à la hauteur des arbres, de voir la perspective des toits et de flotter au-dessus de sa mémoire.

Vide Grenier

Planetplanet. Dernier commit : 13 février 2007 Planet is an awesome 'river of news' feed reader. It downloads news feeds published by web sites and aggregates their content together into a single combined feed, latest news first.

Planet Venus. Dernier commit : 18 février 2011 Planet Venus is an awesome ‘river of news’ feed reader. It downloads news feeds published by web sites and aggregates their content together into a single combined feed, latest news first.

Planet Mars. Dernier commit : 30 décembre 2013 Python-based Planet feed aggregator that uses Jinja2 for templating.

Centaur. Dernier commit : 29 octobre 2014 A Planet-like feed aggregator

February 15, 2017 02:59 PM

February 14, 2017

Karl Dubost

Chez le fleuriste

Rubans de couleurs Tsujido, Japon, 14 février 2017

Nos journées n'étaient jamais oisives.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Chez le fleuriste, les employés semblent tout droit sortir de New World

Chez le fleuriste, des carpes trop grosses dans un bassin trop petit s'époumonnent à la surface de l'agonie.

Chez le fleuriste, les palettes de couleur enrubannées prennent la poussière.

Chez le fleuriste, le béton mouillé glisse.

Chez le fleuriste, on sent le parfum des tiges tranchées dans la journée.

Chez le fleuriste, on rêve de beauté sous les pétales déjà morts.

Chez le fleuriste, on a toujours ce sentiment doux-amer… tiens un autre film coréen de gangsters.

Vide Grenier

How this company tracked 16,000 Iowa caucus-goers via their phones What really happened is that Dstillery gets information from people’s phones via ad networks. When you open an app or look at a browser page, there’s a very fast auction that happens where different advertisers bid to get to show you an ad. Their bid is based on how valuable they think you are, and to decide that, your phone sends them information about you, including, in many cases, an identifying code (that they’ve built a profile around) and your location information, down to your latitude and longitude.

February 14, 2017 02:59 PM

February 13, 2017

Karl Dubost

Les matins généreux

Soleil levant sur le pin et les sudare Tsujido, Japon, 11 février 2017

Il nous suffisait soudain de si peu.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Quand le monde vous éveille et que le soleil généreux joue le grand théâtre de la nature, cette fébrilité là, je l'insuffle avec le matin jusqu'aux heures sombres de la fatigue.

Vide Grenier

February 13, 2017 02:59 PM

February 12, 2017

Karl Dubost

Le printemps de février

Prunier fleuri Tsujido, Japon, 12 février 2017

L'air était merveilleusement vif et cru ; le corps ici se frottait non à l'eau et à la terre molle mais à leur seule efflorescence pure et mordante : le sel et le sable–dans la friction rude et salubre et la gerçure du grand vent qui claquant, tout le jour on croyait marcher nu.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Et comme chaque année le moment tant attendu…

Vide Grenier

La mouvance statique. Mon principal problème avec tous les gestionnaires de soit-disant contenu statique est qu'ils le ne sont pas. Le contenu n'est pas généré à chaud en effet, au moment de la requête HTTP, mais il est tout de même généré au moment de la mise à jour. Mais le problème, le plus important est que presque tous ces gestionnaires regénèrent tout le contenu du site pour la création d'un seul article et de fait la plupart du temps détruisent les informations de cache HTTP. Revenir à des choses simples et performantes, c’est la philosophie du générateurs de site statique. Déployés sur des CDNs à moindre coût, ils sont plus rapides, plus sécurisés et donc beaucoup moins onéreux. Les sites statiques connaissent une popularité grandissante de par leur efficacité et la facilité avec laquelle il est possible de nos jours de faire du déploiement continu, à savoir plusieurs dizaines de mises en production par jour.

February 12, 2017 02:59 PM

February 11, 2017

Karl Dubost

Le monde d'aujourd'hui

grêle sur un pin Tsujido, Japon, 10 février 2017

La terre fondait peu à peu entre le ciel et l'eau.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

J'aime cette vue du monde d'aujourd'hui. Je n'aime pas son contenu mais sa condensation. « The Guardian » a réalisé des pages condensées pour chaque journée. Je peux remplacer le mot « world » par celui de « culture. » Ce n'est pas beaucoup plus épanouissant, peut-être moins violent, que ce soit la ville ou l'environnement. Les sites Web de presse avec leur page d'accueil continuellement mise à jour sont toxiques. J'aimerais tant une page d'accueil qui se met à jour petit à petit et qui chaque jour redémarre blanche à minuit là où se trouve le siège du journal.

vieille carte postale avec famille sur la plage Enoshima, Japon

Vide Grenier

February 11, 2017 02:59 PM

David Larlet

★ Guerre et suicide

Toutes les fois qu’à notre époque éclate une guerre, alors éclate aussi et surtout parmi les plus nobles fils du peuple un désir secret : ils s’exposent eux-mêmes au nouveau danger de mort parce que dans leur sacrifice pour leur patrie, ils croient qu’ils ont enfin trouvé la permission qu’ils n’ont cessé de chercher, la permission d’échapper à leur destinée humaine. La guerre est pour eux une forme plus aisée du suicide, elle leur permet de se suicider la conscience en paix.

Nietzsche

Cette citation a la puissance de remettre en question la bêtise que j’associais à la guerre et au patriotisme. Je me suis longtemps demandé comment autant de personnes pouvaient accepter d’aller tuer leur prochain pour le pouvoir de quelques uns sans forcément y associer le mal-être de toute une frange de la population. Cela est peut-être dû à la façon dont l’Histoire est enseignée, il n’y a dans mon souvenir que l’origine de la seconde guerre mondiale que l’on transmet sur ces bases de frustrations de tout un peuple.

Si j’ai fui l’Asie, puis l’Europe, c’est en partie par peur de la guerre. Mais aussi car je ne veux pas me retrouver dans ce mal-être et l’auto-alimenter. Avant la guerre il y a la perte d’enthousiasme et de bienveillance, des tensions qui se cristallisent autour des cultures et des possessions. J’ai besoin d’un environnement propice à l’expression de ces qualités, j’ai besoin d’être entouré de cultures différentes pour m’enrichir, j’ai besoin de me sentir libre de mes possessions pour ma propre (r)évolution (cache).

C’est parce que je suis incapable de réaliser le bien dans ma vie que je projette sur l’État qui doit le réaliser par procuration à ma place. C’est parce que je suis incapable de discerner la vérité, que je réclame que l’administration la discerne pour moi, me dispense de cette quête pénible, et me la remette toute produite. […] Ce sont les mêmes motifs, c’est le même processus, c’est la même mystification qui conduisaient l’homme dans la religion et à attendre de Dieu l’accomplissement de ce qu’il ne savait pas faire, et qui le conduisent aujourd’hui dans la politique à attendre de l’État ces mêmes choses.

Rejeter sur l’organisation de la société la solution de tous les problèmes personnels, la réalisation des valeurs, c’est réaliser une opération très commode d’absentéisme humain.

L’illusion politique, Jacques Ellul.

Mes voisins ont cédé à cette pulsion suicidaire et questionnent les valeurs des autres humains :

  • Êtes-vous aussi désespérés que nous au point de vouloir avoir recours à un suicide collectif ?
  • Avez-vous si peu appris des faiblesses humaines au cours de l’Histoire ?
  • Est-ce que votre vie a encore une quelconque saveur lorsqu’elle est privée de savoirs ?

Cet aveu de manque d’éducation est terrible et se concrétise logiquement par la mise au pouvoir d’un CEO :

The final thing I’ll say is that government will never run the way Silicon Valley run because, by definition, democracy is messy. This is a big, diverse country with a lot of interests and a lot of disparate points of view. And part of government’s job, by the way, is dealing with problems that nobody else wants to deal with.

So sometimes I talk to CEOs, they come in and they start telling me about leadership, and here’s how we do things. And I say, well, if all I was doing was making a widget or producing an app, and I didn’t have to worry about whether poor people could afford the widget, or I didn’t have to worry about whether the app had some unintended consequences – setting aside my Syria and Yemen portfolio – then I think those suggestions are terrific. (Laughter and applause.) That’s not, by the way, to say that there aren’t huge efficiencies and improvements that have to be made.

But the reason I say this is sometimes we get, I think, in the scientific community, the tech community, the entrepreneurial community, the sense of we just have to blow up the system, or create this parallel society and culture because government is inherently wrecked. No, it’s not inherently wrecked; it’s just government has to care for, for example, veterans who come home. That’s not on your balance sheet, that’s on our collective balance sheet, because we have a sacred duty to take care of those veterans. And that’s hard and it’s messy, and we’re building up legacy systems that we can’t just blow up.

Extract of a speech at Frontiers Conference 2016, Barack Obama

Barack Obama s’adressait probablement davantage aux CEO de la Silicon Valley et peut-être plus directement à Mark Zuckerberg (cache) à ce moment là, il n’empêche que le président actuel apporte avec lui tout le champ lexical guerrier du commerce. Ainsi qu’une incompréhension de la diversité nécessaire à la démocratie et du temps long associé pour rendre assimilables des valeurs par une culture.

February 11, 2017 11:00 AM

February 10, 2017

Karl Dubost

L'instant replié

grêle dans un jardin derrière un sudare Tsujido, Japon, 10 février 2017

on sentait brusquement autour de soi s'élargir le soir vide.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Est-ce le sudare que le vent balance ? Je ne sais pas. Ou peut-être les aiguilles de pin se chargeant d'une cendre hivernale, dure et froide ? Je ne sais toujours pas. Mais un temps d'enfouissement aérien engorge l'espace du mouvement. Les turbulences climatiques s'établissent. Le soi complet s'échoue sur l'immobilité tendue de cet instant replié.

Vide Grenier

Les statistiques d'un site Web ne représentent que l'échantillon de ce que le site permet. Que ce ne soit pour l'accessibilité, l'internationalisation, la performance. Un bel article à propos du Web engorgé. Après la rouille du Web, peut-être devrais-je parler de l'obésité du Web. When I was at Google, someone told me a story about a time that “they” completed a big optimization push only to find that measured page load times increased. When they dug into the data, they found that the reason load times had increased was that they got a lot more traffic from Africa after doing the optimizations. The team’s product went from being unusable for people with slow connections to usable, which caused so many users with slow connections to start using the product that load times actually increased.

February 10, 2017 02:59 PM

February 09, 2017

Karl Dubost

Le déambulatoire horizontal

couloir de tour à bureau Otemachi, Japon, 9 février 2017

Quelquefois, quand nous passions en vue d'une de ces épaves déjà sombrées dans les remous de l'écume verte, une curiosité triste nous écartait un moment de la Route, et par les fenêtres arrachées, nous jetions un coup d'œil dans les pièces vides.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Au 27eme étage de la tour, il est rare d'entendre un bruit dans le déambulatoire. Face à soi, sans envisager la rencontre, je parcours les géométries. Je ne connais que celui-ci et pourtant j'imagine les autres au dessus et en dessous. Leur volume en creux de béton, en plein d'humanité rare éveille le sens de l'improbable. Un pas lointain et nous rêvons déjà du geste de la tête pour reconnaître notre semblable symétrique et contradictoire dans sa trajectoire. Pas un mot, juste une absence de rencontre, pour nous donner la chair timide des hommes occupés.

Vide Grenier

Comprendre de nouveau Cache-Control et Etag par la pratique.

February 09, 2017 02:59 PM

David Larlet

✍ Lettre à Marion

Marion,

Merci pour ta réaction au sujet de la vitesse et de l’écriture qui est ton domaine. Je voulais à mon tour rebondir sur la différence entre un ouvrage et un blog. Dans le premier cas, on est dans l’expression d’une thèse qui demande un temps long. Dans le second, je pense que l’on est dans la construction d’une thèse qui demande également un temps long. Dans les deux cas, cela requiert des itérations empreintes d’humilité pour revoir sa copie et continuer à partager tout de même avec son éditeur ou avec son lectorat. Lorsqu’on tente de transformer son lectorat en éditeur, cela peut avoir des effets de bord non négligeables (cache) par contre, voir aussi mes propres déboires avec LEAN.

Néanmoins, le blog est le fruit d’une évolution personnelle grâce à l’intelligence du collectif qui a pris la peine d’échanger, de proposer d’autres voies. Un journal qui n’est plus un curriculum vitae mais un chemin de pensée montrant une progression au fil des années. J’y vois une sorte d’impressionnisme qui donne l’image de l’auteur lorsqu’on prend suffisamment de recul. Une vidéo peut-être plus qu’une image pour sa nature évolutive et vivante. Si l’on file la métaphore, un manuscrit ressemble davantage au tableau académique d’une nature qui est morte lors de sa mise sous presse.

La différence fondamentale entre les deux approches réside peut-être dans la nature publique ou privée du processus d’amélioration continue. Le blog se rapproche de l’open-source sur ce plan là qui consiste à exposer son code à la critique collective en vue de le rendre plus pertinent. La gouvernance change alors et réduit les intermédiaires, on se rapproche également des AMAP et des circuits courts. Chaque lecteur pouvant à son tour devenir auteur le temps d’un échange.

Et tisser les liens qui font la toile.

David

February 09, 2017 11:00 AM

February 08, 2017

Karl Dubost

La folie des frontières

Yuzu Tsujido, Japon, 5 février 2017

L'homme avait commencé à assujettir ces étendues vagues, puis il s'était lassé d'y mordre, et maintenant même le goût de maintenir sa prise avait pourri : il s'était fait partout un reflux, un repli chagrin.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

J'aime ce pas que l'on réalise dans sa noblesse, dans ce geste du corps lancé en avant en passant une frontière. Ce pas est parfois difficile à entrervoir surtout car les aéroports ont partiellement effacé les lignes symboliques et émotionnelles. On ne pose plus le pied au sol, ou rarement, en sortant d'un avion et l'avion nous pose à l'intérieur et non pas au bord de la frontière comme un bateau, un train ou une route peuvent le faire. J'ai traversé de la Thaïlande au Cambodge à pied. Et du Québec aux États-Unis plusieurs fois, où il faut descendre de la voiture pour remplir les papiers nécessaires. Il y a cette matérialité du passage, une sorte de contrat physique.

La prochaine grande réunion de travail de Mozilla sera à San Francisco. Les États-Unis. Mon premier passage a été en bus depuis Montréal vers New-York en 1992. J'étais étudiant. Progressivement, j'ai vu le passage se durcir. Que ce ne soit par les questions ou les formalités. ESTA, empreintes digitales, machines scanner et bientôt l'absorption obligatoire de vos données numériques. Et bien que privilégié, je regarde cette étau avec grande tristresse. Mon prochain voyage aux États-Unis pour le travail, je pense y aller sans données personnelles, puisque le simple passage de la frontière est un risque. Le risque a plus d'une ramification. Ce que nous transportons dans nos appareils mobiles et nos ordinateurs sont des tranches de vie, non pas seulement la notre, mais celles de tous nos contacts, de toutes personnes avec qui nous communiquons. Cela me pose déjà un problème pour mes données personnelles, mais c'est encore plus terrifiant pour les données des autres personnelles. Une forme de responsabilité supplémentaire surgit. Pour la même raison, je ne partage jamais mes carnets d'adresse sur les services en ligne.

Et bien que je ne sois suspect de rien, je ne veux pas prendre le risque qu'au moment de passer la frontière, je sois pris par malchance comme cible d'un siphonage de données. Le prochain voyage sera sans appareil mobile et avec un laptop vierge.

Vide Grenier

February 08, 2017 02:59 PM

February 07, 2017

Karl Dubost

User modéremment

Scooter le long d'une clôture Tsujido, Japon, 5 février 2017

Les traces de vie n'étaient pas absentes, …

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Au Japon, rien ne se démode ; tout prend de la patine.

Vide Grenier

February 07, 2017 02:59 PM

February 06, 2017

Karl Dubost

Rencontrer un mur

mur et plantes au-dessus Tsujido, Japon, 5 février 2017

Nous allions joyeusement. Ce qu'il y avait de vague et de presque fabuleux dans notre destination rendait toute sa fraîcheur au mot magique : partir sur les routes — au surplus rien ne nous pressait.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Il aura suffi d'un coin de mur pour alléger l'effort, la fatigue d'une journée. Il aura été nécessaire qu'un feu de la circulation nous arrête là, à ce moment de la journée. Rêvasser au creux de brèves interruptions, voilà le bonheur que nous voulons.

Vide Grenier

L'ouverture dans la pratique Today the setting is different. We were wildly successful with the idea of engineers working in open systems. Today open source code and shared repositories are mainstream, and in many areas the best of practices and expected and default. On the other hand, the newer communication and workflow tools vary in their openness, with some particularly open and some closed proprietary code. Access and access control is a constant variable. In addition, at Mozilla we’ve added a bunch of new types of activities beyond engineering, we’ve increased the number of employees dramatically and we’re a bit behind on figuring out what practicing open in this setting means.

February 06, 2017 02:59 PM

February 05, 2017

Karl Dubost

Les rues de quartier, une sollicitation

homme à vélo avec parapluie Tsujido, Japon, 5 février 2017

Je sentais que j'aimais ce silence, et je comprenais qu'on pouvait s'en nourrir. Je comprenais, à l'instant de la quitter, qu'un charme touchait cette vie exténuée, cette ville exsangue où le temps posait sur toutes choses une main douce et usée. Une espèce de bonheur y était possible, une paix de champs d'asphodèles enveloppait ce volettement sans bruit. Ce silence bienheureux de bocage funèbre — un frottement si long, un toucher si fin avaient usé tous les angles que rien ici jamais n'était déchirement.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Les rues de quartier sont un espace de vie. Petites, avec détours et sans balisages et surtout occupées par les piétons et les vélocipédistes, elles sont souvent l'espace où nous pouvons relâcher notre attention sécuritaire et explorer notre attention poétique. Nous nous interrogeons souvent sur les sollicitations des réseaux sociaux qui nocivement occupent le terrain de notre attention. Et pourtant, l'espace public est une série de constantes sollicitations. Peut-être existe-t-il là un chemin à explorer, non pas tant sur la notion de la sollicitation, mais bien plus sur la qualité de cette sollicitation. Quelles sont celles qui nous dévorent et celles qui nous épanouissent ? Celles qui nous alertent et celles qui nous apaisent ? Celles qui nous contraignent et celles qui nous invitent à la dérive poétique ?

Vide Grenier

Standup v2: the rewrite Standup is a system for capturing standup-style posts from individuals making it easier to see what's going on for teams and projects. It has an associated IRC bot standups for posting messages from IRC.

February 05, 2017 02:59 PM

David Larlet

★ Algorithmes et public relations

Mais il est un moyen pour diminuer ce sentiment d’arbitraire et de toute-puissance. C’est l’application des public relations à l’administration : il s’agit d’amener le citoyen à comprendre le pourquoi des décisions prises et, bien plus, à le faire collaborer activement avec l’administration. Des services spécialisés vont alors être à la disposition des administrés pour leur montrer comment fonctionne le service, quelles sont les règles appliquées, pourquoi telle décision plutôt que telle autre a été prise, en quoi ceci est juste, etc. Dès lors disparait le sentiment d’angoisse : l’individu se trouve devant un univers explicable, où les actes ne sont pas absurdes, mais au contraire rationnels et réfléchis. Il est dans le système. La décision qui le révoltait devient absolument normale à ses yeux aussi. Le comportement de tel corps de police qui lui paraissait scandaleux devient exactement explicable quand on se situe dans le service et l’optique de ce corps ; les public relations sont donc une méthode pour incorporer psychologiquement l’administré dans l’administration, pour lui faire accepter de bonne grâce l’acte commis, pour le faire adhérer à ses raisons.

Autrement dit, il s’agit de réduire le conflit, de créer de bonnes relations, mais celles-ci fondées non sur le fait que l’administration serait au service de l’administré (ce qui est impossible ; la formule est souvent employée, mais elle n’a tout simplement pas de contenu réel imaginable !), mais sur le fait que l’administré, ayant compris, ne rouspète plus. Comme dans tous les domaines, les public relations sont un mécanisme de conformisation : qui ne fait qu’accentuer l’autorité, la toute-puissance administrative et ne la compense absolument pas.

Or c’est bien ici que réside l’illusion politique : croire que le citoyen par la voie politique pourrait maîtriser ou contrôler cet État, pourrait le changer.

L’illusion politique par Jacques Ellul.

La lecture du chapitre relatif au Contrôle de l’État ne cesse de m’évoquer le rapport que l’on a aujourd’hui aux plateformes et à leurs algorithmes. Il y aurait des pages entières que l’on pourrait remettre au goût du jour en intervertissant l’État et les plateformes ce qui pose réellement la question de leur nature politique (cache).

Tout le débat actuel sur l’ouverture et la documentation des algorithmes s’y retrouve. Comprendre sans pouvoir influer. Une autre forme de bureaucratie opaque que l’on essaye de rendre davantage supportable à ceux qui en font les frais. Un bien commun soustrait au collectif de par son passage à l’échelle. Civisme d’un côté, attention de l’autre. Tout deux sacrifiés sur l’autel d’un capitalisme confisquant le temps nécessaire au respect et à la confiance, eux-mêmes garants de notre humanité. On parle beaucoup de biens communs ces temps-ci sans préalablement explorer les maux collectifs. Et si l’on repartait des besoins ?

L’antinomie entre bureaucratie et démocratie est bien connue, bien étudiée. Mais l’illusion est de croire que la bureaucratie peut être dominée par la démocratie.

Toutefois la nouvelle notion de la démocratie (populaire) concorde bien avec la bureaucratie sur le plan totalitaire : la démocratie n’est plus un moyen de contrôler le pouvoir, mais un moyen d’encadrer les masses.

Ibid.

February 05, 2017 11:00 AM

✍ Lettre à Pep

Pep,

J’ai suivi avec intérêt tes réflexions (cache) relatives aux modes de publications. Elles s’orientent déjà trop pour moi dans la technique et dans la complexité pour avoir envie de rejoindre un tel mouvement. J’ai le sentiment d’avoir fait ce chemin et d’en être revenu en raison de l’entre-soi qu’il accentue sous couvert d’adoption précoce. Je suis aujourd’hui davantage dans l’aide à la simplicité de publication qui me semble être la première étape libératrice, laissant les interactions et les algorithmes aux plateformes filtrantes. Au moins pour un temps.

Je réinvente des générateurs statiques, je m’inspire du travail de collègues et j’essaye au moins de répondre à mes propres besoins. Je me suis longtemps retenu de publier quoi que ce soit en laissant des briques à assembler soi-même. De la publication naissant la responsabilité, la culpabilité et la naissance d’un nouveau silo. Aussi petit soit-il. Et d’un autre côté l’envie de créer un outil convivial dont puisse s’emparer l’auteur en touchant à trois variables qui donnent goût à la programmation. Telle que je l’ai découverte en tout cas.

Tout cela étant dit, je ne voudrais freiner aucune initiative qui amène des alternatives à la situation actuelle. J’espère me tromper complètement et il y a de toute façon un public pour toutes ces expérimentations. Une question de variabilité locale pour une évolution globale.

David

2017-02-09 : réponse de Pep (cache).

February 05, 2017 11:00 AM

February 04, 2017

Karl Dubost

Branches de terre, racines du ciel

racines Tsujido, Japon, 4 février 2017

Quand nous nous séparâmes une dernière fois sur la placette un soleil jaune faisait flamber les cimes des platanes. Je ne savais si j'étais heureux ou triste—j'aurais voulu rencontrer quelqu'un.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

L'ortie de l'hiver rougit les joues. Les poings enterrés près du corps, les pensées vagabondent sous les racines. Après le grand retournement, les pieds dans l'orée du ciel, je m'interroge sur ses rêveries futures et sa poésie du quotidien. Tant d'énigmes le long de ce chemin nous interpellent.

branches d'arbres Tsujido, Japon, 4 février 2017

Vide Grenier

Ce que nous croyons. Ce que nous luttons pour. In short, I believe in the future — not a paradise, not a tranquil place, not a reward, but in all its mundane possibility and broken uncertainty. I choose to believe in the future, simply because we have nowhere else to go.

Implementing "Save For Offline" with Service Workers. Il y a nombre de projets intéressants qui ne sont accessibles qu'une fois que nous passons notre contenu sous HTTPS. Bien que je comprenne le but de HTTPS, je ne peux m'empêcher de penser aux démarches raisonnables. J'y vois comme l'industrie qui tente de nous tordre le bras tout en nous disant que c'est pour notre bien. I recently added an option to save blog posts for offline reading, and this post will detail how I did that so you can too. […] Before we can use service workers, we'll need to implement HTTPS (a secure HTTP connection).

February 04, 2017 02:59 PM

February 03, 2017

Karl Dubost

Le camélia séché

camelia séché Tsujido, Japon, 3 février 2017

j'aimais cette première heure du matin où toute la ville sentait encore la forêt.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Du jardin, il apporte une fleur de camélia séchée. Sur le bureau, un livre avec les mêmes tons. « Tableaux de la nature. » Les résonances sont fortes. Les choses, celles du quotidien qui nous lassent, celles de la routine qui nous réconfortent ne sont jamais tout à fait simples. Une fleur séchée, un livre ancien, le geste d'un enfant que l'on voudrait partager. Je l'imagine déjà parcourir les bois de La Grange, se délecter avec étonnement du parfum de l'humus enveloppant le chant des oiseaux, lui avec ses souvenirs de sables marins du Pacifique. Lui avec son hésitation entre les langues et l'appétit des mouvements libres.

camelia séché Tsujido, Japon, 3 février 2017

Vide Grenier

February 03, 2017 02:59 PM

February 02, 2017

Karl Dubost

Le miroir

façade d'immeuble à bureaux Otemachi, Japon, 2 février 2017

Dans toute tâche un peu singulière entreprise en commun par un groupe, je me sens aujourd'hui prêt à croire qu'il faut laisser une place au motif connu.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Vingt-sept étages. Là au bout d'un long couloir sans un pas, l'humanité se regarde sans se voir. À un jet dans l'absurdité, se trouve le miroir. Ce que je vois est ce qu'ils voient. L'immense abnégation de nos existences se déroulent là, maintenant dans cette condensation infime du temps. Ils sont moi. Je suis eux. Nous étions.

Vide Grenier

Animal Farm In an exclusive interview, Myron Ebell – who headed up Trump’s EPA transition team, said that agency’s environmental research, reports and data would not be removed from its website, but climate education material might be changed or “withdrawn”.

C'est le moment de relire : Politics and the English Language par George Orwell In our time, political speech and writing are largely the defence of the indefensible.

February 02, 2017 02:59 PM

February 01, 2017

Karl Dubost

L'éphémère soleil

soleil sur le bois Tsujido, Japon, 30 janvier 2017

Ce fut vraiment un temps enchanté.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Qu'il est éphémère ce rayon de soleil sur le cadre de la porte. Et pourtant. Il ouvre l'immensité du monde. Il définit le bonheur d'être debout, le soupçon d'existence que l'on prolonge interminablement dans une longue respiration.

Vide Grenier

Les espaces de création et le salariat dans un article de Jean-Jacques Zilbermann. 1974. Aucun lycée ne veut plus de moi. […] je suis engagé au centre de tri de la gare de Lyon et crée le groupe de cinéma militant Kinopravda avec des collègues postiers. Enfin, je peux réaliser mon rêve : la mise en scène contre la dictature ! On se met tous en congé maladie et on part au Portugal filmer la révolution des Œillets.

Même article. Le cinéma devient à lui seul le monde entier.

Et troisième du même article. 2004. Je retourne dans mon ancien pensionnat filmer les Fautes d'orthographe. A la fin du montage, je projette le film sur la façade de l'école. J'aime retourner sur les lieux du malheur pour les transformer en bonheur.

February 01, 2017 02:59 PM

January 31, 2017

Karl Dubost

Le petit monde intime

piles de livres Tsujido, Japon, 30 janvier 2017

On dirait que par toute décision où nous nous exprimons pleinement le monde est brusquement fertilisé : là où s'étendait à perte de vue le sol de l'hiver, mille possibles tout à coup pointent la tête et le reverdissent.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Depuis quelques jours, j'organise le petit monde. Je sors tous les livres des étagères que j'avais posés là négligemment pour vider les boîtes. Et je réordonne de nouveau en piles organisées. Ici la littérature scandinave, là-bas la japonaise, et puis là la chinoise, la coréeenne et la vietnamienne. Bizarrement, je ne sens pas le désir de séparer l'américaine du nord, de la russe, de l'allemande, de la française. Peut-être une sensibilité particulière. Peut-être que cela changera de nouveau quand j'aurais achevé le premier rangement. Cela va prendre du temps. Je me dis que ce petit monde là est une intimité, il révèle tant de notre histoire, de nos envies, de nos oublis.

Vide Grenier

Devenir inutile par le réseau. Dans ce billet, il y a tous les éléments que je rencontre chez certains de mes amis. Ce n'est pas tant la présence permanente dans le réseau mais ce que l'on y pratique : actif ou passif. It felt like a cop-out—like I wasn’t allowed to escape the “real world” so easily. But the quieter my mind became, and the deeper I went into my own work, the more I realized how my always-on, always-connected state had rendered me largely useless.

Ereader. Voici un des problèmes du monde du livre numérique. Ce n'est pas un outil de lecture des livres achetés n'importe où, mais un magasin à l'intérieur duquel on lit. People stop using devices that are basically stores with readers attached

January 31, 2017 02:59 PM

January 30, 2017

Karl Dubost

Après la pluie

réflexion d'un pin dans la terrasse. Tsujido, Japon, 30 janvier 2017

L'homme qui se tenait là ne frappait l'imagination par aucune excentricité de vêtement, aucun détail exotique ou étrange—et je ne sais pas trop pourquoi le souvenir qui m'en reste aujourd'hui—moins d'une silhouette ou un visage qu'un changement brusque dans la lumière, cette transparence qui circule dans l'air après la pluie d'orage—est avant tout celui d'un voyageur.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Après la pluie, la bascule du monde vous plonge dans l'univers des funambules. Un bond vers l'extase, une chute vers le ciel. La pluie est profonde dans son repos.

Vide Grenier

January 30, 2017 02:59 PM

David Larlet

★ Web et génétique

En ce moment et sur les conseils de Christian den Hartigh, je me regarde les vidéos du Marathon des Sciences comme on le ferait d’une série TV. En plus instructif. Et ce sont notamment celles de Pierre-Henri Gouyon « Le fil de la vie : où l’ordre de la vie est-il écrit ? » et de Guillaume Lecointre « La biologie à la lumière du désordre » qui m’ont fait prendre conscience du parallèle existant entre la génétique et le web. Dans les deux cas, il s’agit d’évaluer quelle est la façon la plus pérenne de faire transiter une information. On peut même aller dans l’extrême et reprendre l’une des phrases chocs de la première présentation :

Les individus sont des artifices inventés par les gènes pour se reproduire.

Ce que je m’empresse de paraphraser ainsi (il faut voir la vidéo pour comprendre la référence aux memes) :

Le web est un artifice inventé par les cultures pour se propager (meme).

Le web acquérant son importance dans les idées qu’il véhicule. Une histoire de contenu et de contenant. Défendre la liberté d’expression des cultures est un enjeu lié à celui de la neutralité du Net par exemple, l’un n’allant pas sans l’autre. Mais je m’égare, revenons à notre ADN. Dans le cas de la génétique, la solution qui semble prévaloir jusqu’à présent est triple et correspond à :

Message → Décodeur → Contexte

L’information qui est finalement transmise repose sur ces trois facteurs que les généticiens traduisent en :

Génétique → Épigénétique → Environnement

On a l’ADN qui se trouve être interprété d’une certaine manière et qui s’exprime ensuite en fonction de la pression environnementale. Je reste vague car on ne connait pas encore vraiment les mécanismes fins de ce processus. Or, on retrouve le même triptyque dans le web avec :

Code → Navigateur → Situation

Le HTML/CSS/JS contient le message qui a besoin d’un navigateur pour être décodé. Message qui va être lu dans un contexte donné (mobilité, attention, etc). Le couplage de l’une de ces étapes avec l’autre affaiblit le processus de transmission. Les deux conférenciers souhaitent tordre le cou à la notion de « code génétique » alors que je la trouve pertinente dans ce cadre là. Ou alors faudrait-il relativiser ce que l’on entend par « programme » informatique de manière plus générale ?

En biologie, il y a besoin d’avoir de la variabilité à chacune de ces étapes locales pour arriver à une stabilité globale. Les cas de stabilités locales étant sujettes à des extinctions de masse à moyen terme. Laissant la place à l’expression d’une nouvelle diversité qui stabilise au niveau macro. En informatique, les plateformes/silos et/ou la mono-culture Webkit et/ou le biais culturel au sens large mettent en péril cette diversité. Si votre information est publiée sur Medium, lisible par Chrome uniquement et/ou à destination des riches, il y a statistiquement moins de chances qu’elle soit à l’épreuve du temps.

En tant que développeur web, je ne peux avoir d’influence que sur le code. L’universalité du code produit est garante de la résilience de l’information sur le long terme. Lorsque je cible un navigateur ou une situation, je l’affaiblis et je lui fais prendre des risques. Vouloir être précurseur d’une nouvelle ère est un pari à court terme, avec pour enjeu les données d’autrui qui risquent de se retrouver dans un cul-de-sac phylogénétique, signifiant l’extinction d’un message.

Un autre point qui m’a fait tiquer est l’opposition historique inné/acquis qui se matérialise par le couple conservateurs/libéraux en politique. Les premiers étant dans l’analytique, les seconds dans l’empathie. Le code comme notion de Droite et son interprétation comme notion de Gauche. La création rapide et égoïste vs. la collaboration lente et plurielle. Le repli et l’ouverture. Montre moi ta façon de transmettre une information et je te dirai pour qui tu vas voter :-).

January 30, 2017 11:00 AM

January 29, 2017

Karl Dubost

Cheminement

vieille maison Enoshima, Japon, 29 janvier 2017

Elle me fit l'effet d'être basse et très sombre. L'impression de souterrain, ou plus exactement de catacombe, que suggérait déjà le cheminement des menus points de feu se renforçait de l'humidité du lieu, de l'aspect brut des murailles, aux moellons bosselés. Oui, vraiment, il faisait ici très sombre, et pourtant un sentiment d'attente et d'éveil alerté naissait du piétinement qu'on pressentait devant soi dans l'obscurité de cave.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

La suspension du monde est un cheminement, une longue inspiration entre deux moments immobiles. Le train passa dans la rue. Et le brouhaha des roues de fer me rappela au silence de la rue.

Vide Grenier

January 29, 2017 02:59 PM

January 28, 2017

Karl Dubost

Oublis

fenêtres de maison Montréal, Canada, 28 janvier 2012

L'hiver venait qui n'est pas un sujet de conversation au village—il se faisait—il était dans ces espaces agrandis d'indifférence et d'isolement, ce repliement sur un foyer de chaleur maigre qui s'ingéniait à dépenser moins.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

J'ai ouvert un livre que je rangeais. Un autocollant servant de marque-page était coincé. Et c'est Montréal qui affluait. Des noms reviennent. Des moments de partage et de discussions au café Laika. Donner du wifi dans les lieux publiques et café de Montréal de façon communautaire au début des années 2000.

autocollant pour îles sans fil Tsujido, Japon, 28 janvier 2017

Vide Grenier

January 28, 2017 02:59 PM

January 27, 2017

Karl Dubost

Mutation

vue de la ville depuis un immeuble Tokyo, Japon, 26 janvier 2017

Ces excursions campagnardes me laissaient toujours une impression de rajeunissement et de fraîcheur.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Là, s'étendait Edo (江戸), l'estuaire. Des plaines à perte de vue pour y chevaucher librement, de la province de Musashi, ils sont venus. Chichibu Shigetsugu du clan des Taira construit sur la colline de Chiyoda (千代田), champs éternels, un fort.

Ce que les histoires des hommes nous disent. Et avant pendant le règne des herbes ?

Vide Grenier

Les mains façonnent le monde. modern work environments just aren’t built for the kinds of work that digital workers really need. Get away from the screen. Stop having meetings that are talking-only. Make something. Sketch something. Hands aren’t a separate thing that we shouldn’t use when thinking… they’re an integral part of it.

De l'importance de se mettre en contexte réel pour comprendre réellement les idioties que nous développons sur le Web. I spent a week traveling around Taiwan, on my awesome free roaming 2G data plan, and friends, we need to talk about your web fonts. Also cats. They really love cats there. Anyway, the thing about 2G is that I fully understand that it will take me 10 seconds to load a page. What sucks is the fresh rage of the following 4 seconds where instead of content I get phantom underlines, waiting for a slightly-different-sans-serif to download.

January 27, 2017 02:59 PM

David Larlet

★ Code et vitesse

Alors cela fait sens pour moi d’écrire et de publier vite, comme on ferait de la photographie : c’est un portrait de soi à un instant précis. Y revenir plus tard, ce serait comme ajouter des rides sur une image de soi plus jeune. J’ai donc beaucoup de respect pour celles et ceux qui écrivent et publient vite. Je ne préjuge pas de la valeur de leurs écrits en fonction du ratio temps écoulé/nombre de caractères. C’est mystérieux, une bonne histoire. Personne ne sait vraiment comment ça fonctionne. Et s’il suffisait de passer cinq ans sur un roman pour le rendre parfait, ça se saurait, non ?

Peut-on écrire trop vite ? Peut-on publier trop ? (cache)

Est-ce qu’un bon code est tout aussi mystérieux ? Personne ne sait trop comment cela fonctionne non plus, il y a bien quelques principes ou patterns mais ça ne garantit pas grand chose au final. Ce qui me parait certain à ce jour c’est qu’en passant cinq ans sur un produit on est davantage enclin à le rendre bouffi de fonctionnalités et croulant de dette technique que parfait.

J’ai tendance à penser qu’il y a autant de façons de coder qu’il y a de façon d’écrire. Je me base sur l’observation des différentes personnes avec lesquelles j’ai pu pair-programmer (ce qui se pratique moins en écriture). Cela permet d’apprendre à se connaître au regard de ses différences. Je sais par exemple que sur du tactique je suis davantage dans l’essai-erreur quitte à comprendre ensuite. En revanche sur du stratégique, je vais collecter des données pendant un long moment avant de passer à l’acte de code qui sera parfois très rapide, brutal même, mais plus solitaire aussi. Il en est de même dans ma façon d’écrire.

Que ce soit pour du code ou des mots, j’ai beaucoup de mal à me retenir de publier. Lorsque les idées, concepts, algorithmes sont formalisés, la dernière étape est de les offrir au monde. Il s’agit d’un rite de passage avant de pouvoir s’en libérer. Avant cela ils n’existent pas. Un travail invisible m’est frustrant et c’est peut-être pourquoi l’open-source me tient tant à cœur. Les rares fois où j’ai pu écrire sans avoir la libération rapide du produit ont été déprimantes (il y a bien une fois où ça a duré neuf mois mais c’est une autre histoire :-P).

Il y a un certain plaisir dans l’édition (cache) aussi. Que ce soit via les code reviews ou les optimisations de performances ou les découplages ou même les réécritures. Mais l’acte de création égoïste n’est plus et l’envolée lyrique est retombée. C’est terrible car j’aimerais laisser davantage d’espace à la part de designer (cache) qui est en moi, celle qui affine et se rapproche progressivement du besoin réel de l’utilisateur. J’y retrouve le tiraillement de cette dualité dans mon rapport au monde : entre confort et utilité.

Without requirements or design, programming is the art of adding bugs to an empty text file.

Louis Srygley

Difficile de terminer un billet sur le code et la vitesse sans parler du mythe des 10x engineers (je me demande s’il existe chez les écrivains tiens). Est-ce que vous voulez dans votre équipe quelqu’un qui code dix fois plus rapidement ou quelqu’un qui produit un code compréhensible et maintenable par au moins dix personnes ? Je trouve cela plus valorisant aujourd’hui d’être un 10x inclusive developer.

January 27, 2017 11:00 AM

January 26, 2017

Karl Dubost

Humanité unanime

jambes Tokyo, Japon, 26 janvier 2017

Mais c'était une force dormante et vague, que rien ne canalisait et n'innervait, qui sortait de la terre et s'y enfouissait de nouveau par le travail, inhabile qu'elle était à s'évader de ce cycle très humble.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

La débacle quotidienne résonne avec chaos. Elle ne déborde pas. Elle étouffe les fractures du temps. Unanime, l'humanité pressée prend la forme de l'architecture. La masse compacte absorbe les rêveries.

Je m'arrête.

Le fluide laborieux dégouline tout autour de moi. Je l'entends. Le pas de l'humanité, arythmie des envies. Et alors je reconnais leurs visages. Ceux des hommes. Ceux des femmes. Le mien.

Vide Grenier

Mobile ou Desktop. Le problème de ces articles est qu'il oppose des usages en les collant a des facteurs de forme. Peut-être qu'il n'y a pas tant opposition que cela. Peut-être juste que la miniaturisation électronique a permis des usages différents qui sont plus adaptés dans certains contextes. Et le fait qu'un type d'outil dépasse un autre dans un marché n'est pas toujours corrélé. Mon mobile est mon laptop qui est léger. J'ai également un ipod et pas de téléphone. Alors quels sont mes critères pour ce macbook air et pourquoi je n'ai pas de raisons de passer au mobile. Un bon clavier, l'espace de stockage, la surface de l'écran (avec possibilité d'un second écran 24 ou 27 pouces), le poids. Pourquoi pas un ipad par exemple ? Deux raisons : 1. le stockage. Mes 500 Gos actuels sont trop petits. 2. Le clavier, car une fois détaché de son écran, un clavier sur les genoux devient beaucoup plus difficile à gérer. En effet, Andromium a réussi sa campagne de crowdfunding via Kickstarter en vendant pour presque 3 millions de dollars, de simples combinés écran-clavier (pour moins de 100€) capables de s’appuyer sur les capacités de calcul des smartphones. L’ordinateur ne devient ainsi qu’un accessoire pour le mobile, et non plus l’inverse.

January 26, 2017 02:59 PM

Eric van der Vlist

Roblox Free Unlimited Robux and Tix

Roblox Hack & Cheats | Free Roblox Robux Generator Roblox Hack / Roblox Cheats Introduction – Free Robux On the off chance that youve achieved this page, it means youre keen on utilizing our Roblox Hack/Roblox Cheats which gives you free robux by utilizing our robux generator. Presently, before we dive into the subtle elements … Continue reading Roblox Free Unlimited Robux and Tix

by Eric van der Vlist at January 26, 2017 10:02 AM

Bonne année 2017 – Happy New Year

Cette année vous avez échappé aux photos suivantes :

by Eric van der Vlist at January 26, 2017 10:02 AM

January 25, 2017

Karl Dubost

La terre fraîche

arbre dans le soleil La Saussaye, France, 9 juin 2016

Ainsi la coulée de lave mordait son chemin, et tout profitait à sa marche : les nouvelles, qui démoralisaient, et plus encore le silence, un silence nauséeux comme une lumière d'éclipse, dans lequel on entendait craquer la terre entre les mâchoires du dragon.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Quand la logique n'est plus. Quand l'abandon du verbe, des mots laisse le champs libre au débit informe et calculé. Quand la langue est utilisée comme un attentat contre la pensée rationnelle et poétique.

Il est essentiel de parler avec les mots d'une humanité éblouissante, les sillons dans les mains, le parfum de la terre fraîche. Extasiés, nous serons ivres du futur et donnons notre envie au présent. L'or est de lumière. L'ombre est d'intimité végétale.

Vide Grenier

orange ou de la médiocrité des annonces. et c’est ce bien ce monde-là qui est en train d’avaler le nôtre : il y a encore quelque temps, on pouvait croire que tout ça était souterrain, subreptice, couvant, mais dans nos souterrains de maintenant c’est dit : l’aveulement, c’est déjà l’avènement.

January 25, 2017 02:59 PM

David Larlet

✍ Lettre à E.

E.,

Je me demande souvent si la douleur se réduit lorsqu’on la partage. Je l’espère lorsque je la reçois et j’hésite lorsque je la transmets. Accepter d’un côté, renoncer de l’autre.

Un mal à délivrer, des mots à délier. Expliquer l’inexplicable et faire expérimenter des situations pleines de vie afin qu’elles deviennent majoritaires. Le pouvoir de l’exemple, le devoir de l’humain. Essayer d’un côté, espérer de l’autre.

Lorsque le vélo ne suffit plus, il reste l’avion… une façon de ne plus questionner ce qui est acceptable mais avec qui (cache).

David

2017-02-12 : réponse de Stéphane (cache).

January 25, 2017 11:00 AM

January 24, 2017

Karl Dubost

Réponse à David

ventilateur et horloge Hanoi, Vietnam, 24 janvier 2007

Depuis on avait presque plus de nouvelles.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

David a débuté une correspondance publique. Il m'interpelle donc sur son carnet. L'ironie a voulu que La Grange soit réactivée quelques jours avant qu'il ne publie sa lettre. Je lui réponds avec ses mots.

David,

Enfin, pourtant, ton appréciation intime pourrait être l’équilibre dernier. Rencontrer. S’allonger. Observer.

À présent, c’est se perdre, beaucoup. Un mal à dissocier une immobilité numérique dynamique et cet équilibre remplacé de questions de temps. Se tenir là. Où ? Ces jours-ci, ton billet, synonyme de sourire qui nous donne senteurs et cigales, les dernières peut-être, je voudrais parfois y adjoindre, tout en restant regarder s’éloigner une feuille, mon propre « je. » Échanger sur « j’ai publié »

Puissions nous me rencontrer, et accepter, mais pour aller en sous-bois contenter d’avancer.

L’espoir poétique comprends un risque de brindilles. Le bruit des méandres au parcours nécessaire, y déposer un murmure happé et vide, pose ce déséquilibre passager. Je ressens, debout, en avant, d’équilibre et de mouvement, la temporalité de la chute. Peut-être craquer l’illusion, nous enivrer du perpétuel silence de ces années sous nos pieds en forêt. Prendre les lectures stridulantes qui l’attendent, suivre l’instant exhibitionniste, accepter le son difficile et écouter les affluents. L’or a rythmé le ruisseau et le moment d’imaginer nos expériences respectives.

Karl

Vide Grenier

Archiver Archives have to be strong to survive over time.

De la dictature All populists oppose “the people” to a corrupt, self-serving elite the way Trump did. But not everyone who criticizes the powerful is a populist. What really distinguishes the populist is his claim that he and only he represents the real people. As Trump explained, because he now controls the executive, the people control the government. By implication, all opposition is illegitimate – if you oppose Trump, you oppose the people.

January 24, 2017 02:59 PM

January 23, 2017

Karl Dubost

Le mur dans la pente

mur la nuit dans une rue en pente Asakusa, Japon, 20 janvier 2017

Un badigeon de chaux crue dissimulait l'appareillage des voûtes , ne laissant à nu que les tambours de granit gris des piliers agrafés de fer, un peu usées à la hauteur d'épaule par le raclement millénaire du fleuve procédurier.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

La répétition n'induit pas l'ennui. De nuit. Le jour. Les matins froids. Les soirs de soleil humide. Sous le vent et la douche de la saison des pluies. Épuisé d'une journée lasse ou frais des pas neufs tout juste déballés du sommeil. Le corps poussé par la gravité de la pente et accélérant au fur et à mesure. La masse poussée par la jambe solide du pied des montagnes que l'on imagine toujours plus hautes et difficiles. L'appareil photographique dans la main ou les mots que l'on pense en encre pas encore formés sur le papier mais déjà séchant dans le mouvement des longues trajectoires. Oui. Ce mur dans la pente. Jamais il ne me lasse.

Vide Grenier

January 23, 2017 02:59 PM

January 22, 2017

Karl Dubost

L'homme déserté

casques de chantier accrochés sur des barres Aoyama, Japon, 20 janvier 2017

Il y avait des jours encore où l'œil retrouvait sur cette terre poncée et usée par la familiarité de tant de paumes les escarres et les cicatrices du feu.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Les casques de chantier pendent. Peut-être encore chaud de la sueur de la journée. Je relève la tête. Une construction invisible derrière des palissades. On ne peut voir que ce vestiaire par une fenêtre. Personne. Et pourtant. J'entends les rires. Je vois la poigne ferme sur la barre de métal. Je sens l'odeur âpre de la poudre de béton. Je goûte le casse-croûte : boule de riz ou peut-être katsudon, morceau de porc pané. Peut-être les deux. L'humanité s'éveille, chaude, vivante et joyeuse. Elle brûle et réconforte mon pas. La nuit était froide.

Alors je repense à l'homme du jeudi dans son costume de tour à bureaux, l'homme déserté.

Vide Grenier

I don't understand Python's Asyncio par Armin Ronacher. Man that thing is complex and it keeps getting more complex. I do not have the mental capacity to casually work with asyncio. It requires constantly updating the knowledge with all language changes and it has tremendously complicated the language. It's impressive that an ecosystem is evolving around it but I can't help but get the impression that it will take quite a few more years for it to become a particularly enjoyable and stable development experience.

January 22, 2017 02:59 PM

January 21, 2017

Karl Dubost

S'émerveiller

mains d'enfant sur un appareil photo Tsujido, Japon, 20 janvier 2017

Le secret conseil du Royaume était l'absence complète de mouvement, et la connaissance que l'homme accroche son champ et le laboure sur des pentes dix fois plus fortes que celles qu'il supporterait d'un pont de navire, quand celui-ci va sur la mer.

Julien Gracq, Les Terres du couchant.

Les mains sur le métal sans complexes, sans interdit, il ne travaille pas encore la lumière, mais il la connaît. Les relations aux objets se pratiquent dans l'imitation, puis l'appropriation et enfin l'exploration personnelle. Donner la liberté du geste et toujours mesurer les conséquences de cette liberté. Une rayure ou une page cornée sont insignifiantes face à l'immense opportunité de la rêverie.

Vide Grenier

safety-db This is an effort to collect all known security vulnerabilities in Python packages and make them available to consume for humans and automated tools.

The World uses the Internet (differently) The fallacy here is that this takes an existing project’s data and assumes that the audience will be the same. If we do that, we can be very assured that the audience will be the same. But this isn’t great. By taking the existing data we admit that we don’t want to provide a better solution to more people. People that couldn’t access the website before will likely not be able to do so in future. And these people won’t show up in your analytics.

Chef d'ingénieurs. Juste pour ce premier point. Une des raisons pour lesquelles je suis toujours un peu hésitant quand on me propose un rôle de gestionnaire d'équipe. Let go of coding. Your job is not to code anymore. Your job is to make sure your team is doing their best at coding. LET IT GO. Code at home on your IoT cat feeder or something.

January 21, 2017 02:59 PM

January 20, 2017

Karl Dubost

Une boîte en carton

Dessus de boîte en carton Tsujido, Japon, 20 janvier 2017

I had made up my mind. Now whatever I did, it would be after becoming a miner.

Natsume Soseki, The Miner.

J'étais prêt à la jeter. C'était une vielle boîte. Et puis elle sembla me parler avec un clin d'œil. « As-tu vu ? » qu'elle me lance comme cela sans coup férir. Alors je m'attarde. Je creuse dans le néant et extrait les veines de sens. Les objets sont des pépites.

étiquette en papier pour logo Tsujido, Japon, 20 janvier 2017

Je remarque son logo. Pas tout à fait centré, un peu décalé et en biais. Collé à la main. « うつわ美しい », soit la vaisselle. Ce qui nous semble beau est le commun. Je la retourne.

dessous de boite Tsujido, Japon, 20 janvier 2017

Elle montre ses origines modestes. Ses épaules solides en carton gris qui supportent le papier collé à la main. Un quadrillage simple utilisant le vert et le jaune. Et je me dis qu'à un moment donné au siècle dernier, une personne a imaginé ce motif de quadrillage et de couleur. L'épaisseur de la ligne, l'harmonie entre les couleurs, un choix distinct a été fait. Une personne a ensuite coupé le papier et assemblé la boîte en collant son étiquette et sa surface. Finalement j'inspecte sa tranche.

tranche de boite avec étiquettes Tsujido, Japon, 20 janvier 2017

Il y a le numéro de référence. Suit la désignation du produit « 珍味揃 » sont des assiettes pour les accompagnements sur une table japonaise. « 四君子 » désigne les quatres gentilhommes : l'orchidée, le bambou, le chrysanthème et le prunier. J'imagine que la boîte contenait des assiettes avec ces motifs. « 三洋陶器 » dévoile les poteries Sanyo. « 株式会社 » est juste le traditionnel "Co. Ltd." acheté dans la chaîne de magasins Seibu pour 2000 ¥.

Cependant la boîte était vide et l'imagination était immense.

Vide Grenier

The French way of cancer treatment In 2011, France’s expenditure on health per capita was $4,086, compared to $8,608 in the United States, according to the World Health Organization. Spending as a percentage of gross domestic product was 11.6 percent in France while in the United States it was a far higher 17.9 percent.

Obamacare vs. the French Health Care System For the U.S. to be reflective of the French healthcare system, it is also critical for the U.S. to implement a policy to start lowering the costs associated with administering the medical payment system.

Repealing Obamacare would leave 32m without health coverage, analysis finds The CBO report, which was requested by top Senate Democrats, estimated that 18 million people would lose their insurance and premiums would rise by 20% to 25% in the first year following the dismantling of the law. The number of uninsured could rise to 32 million by 2026, while causing premiums to double in that timeframe.

January 20, 2017 02:59 PM

January 19, 2017

Karl Dubost

Le miroir sans tain

Immeuble à bureau de plein jour Otemachi, Japon, 19 janvier 2017

In this state, feeling as if I were crossing a desert island, I came to the boss's house.

Natsume Soseki, The Miner.

Je sais qu'ils sont là, tous cachés derrière le miroir sans tain, tout comme leur humanité derrière leur visage façonné du matin. Étranges étages, immense machine à produire des communications infinies et innombrables. Peut-être même que mon lait de ce matin est dans mon frigo, parce que l'une de ses personnes dans ces grandes tours de verre a passé un ordre d'achat, a signé une certification, a vendu la pompe pour les vaches a des entreprises locales. Qui sait ce qui nous tient aux autres, ce qui nous lie sans accolades.

Vide Grenier

January 19, 2017 02:59 PM

David Larlet

✍ Lettre à Cascador

Cascador,

J’ai apprécié que tu pointes les contradictions dans un texte qui est justement là pour en garder la trace. Le témoignage d’un tiraillement que connais j’imagine chaque accompagnant qui se plonge dans les notions de risque et de vitesse. Encourager l’expérimentation lorsqu’elle n’est pas invalidante. Prendre le temps de pratiquer avant d’acquérir les concepts. Ces curseurs sont propres à chaque relation et évoluent dans le temps. Je pense aujourd’hui qu’un apprentissage itératif et bienveillant est davantage approprié. Je me trompe probablement et mon moi-dans-six-jours/mois/ans sera peut-être là pour lire ces lignes et sourire.

Le choix délibéré de le laisser trouver une place dans ce monde en limitant les (dés)orientations vient de la croyance qu’il pourrait trouver ainsi des chemins auxquels je n’avais pas pu songer. Pas forcément meilleurs mais qui lui sont propres avec un sentiment d’accomplissement personnel et/ou collectif.

Pour autant, je ne considère pas cela comme un espoir. Lorsque l’on prend le temps d’apprécier l’instant présent, je ne pense pas que l’on ait besoin de formuler des espérances. Mon seul espoir c’est que l’on soit bien ensemble là et maintenant. Se projeter au-delà n’apporte que de l’anxiété inutile vu le peu de contrôle que l’on a dessus. Ce monde est malade de ses propres projections erronées qu’il s’épuise à rattraper.

David

January 19, 2017 11:00 AM

January 18, 2017

Karl Dubost

Fragments d'une vie

À chaque maison détruite, lorsqu'il ne reste plus que le parfum de la terre et du béton en suspension, à ce moment précis, le lieu prend vie. Son histoire m'interpelle. Et c'est déjà trop tard.

fragments d'un sol en céramique Tsujido, Japon, 3 janvier 2017

un tiroir vide est inimaginable. Il peut seulement être pensé.

Gaston Bachelard, La poétique de l’espace.

La nostalgie des inconnues que nous avions oubliées avant même de ne les avoir jamais connues.

Vide Grenier

January 18, 2017 02:59 PM

January 17, 2017

Karl Dubost

Incipitxels

fuji et soleil couchant Tsujido, Japon, 15 janvier 2017

Natsume Soseki, The Miner.

Quelle est la première phrase d'une photo ? Avec tous ces livres qui émergent dont je lis l'incipit, cette question devenait essentielle. Et si cette première entrée dans la photo n'était techniquement que son premier pixel en haut à gauche. J'ai donc décidé d'écrire un petit programme pour cela. Et voici les photos de ces derniers jours. Pour chaque photo prise, toujours la couleur du premier pixel.

10 janvier 2017

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

12 janvier 2017

 
 
 
 

13 janvier 2017

 
 
 
 
 
 
 

14 janvier 2017

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

15 janvier 2017

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Vide Grenier

La mort en papier. Quand je regarde le papier, je vois l'arbre. Les autres, s’ils ont choisi la mort en papier c’est plus mon problème : on leur a assez longtemps tendu la perche. Peur de se salir les mains en venant sur le web, souhait secret de gagner le gros lot avant l’âge du déambulateur ? Leur confiance envers un système cloisonné horizontalement et verticalement, où l’auteur a la place congrue, j’en suis plutôt admiratif. Moi je suis dans le web parce qu’ici ça respire, et que ça littérature.

January 17, 2017 02:59 PM

January 16, 2017

Karl Dubost

Coins perdus

main sur la tranche d'un livre Tsujido, Japon, 15 janvier 2017

Right away the island strengthened my belief in the old idea of topographical resonance: You are what you inhabit.

Lawrence Millman, Last places. A Journey in the North.

Tous les matins, il choisit. Sur la pointe des pieds, le corps tendu, après plusieurs essais, il ouvre la porte du bureau. Il entre dans la pièce. Large sourire. Il se dirige vers les livres. Il sort un ou plusieurs livres des étagères. Et puis finalement me l'apporte. Hier matin, il a apporté « Coins perdus » de Lawrence Millman. Comme chaque matin, je lui résume le contenu très brièvement. Plutôt je lui communique ce que j'ai aimé de ce livre là. Dans ce cas particulier, son voyage à travers l'Atlantique Nord est un éloge du transport lent. Il repart avec le sourire heureux. Et moi je replonge dans des lectures oubliées. Une vingtaine d'années. J'ai envie de le relire en anglais cette fois-ci.

Vide Grenier

Tout doit disparaître. A body of work deals with documents of architectural matters. Tout doit disparaître is a naive try to document ephemeral architectures, while Eravamo in salento e non abbiamo visto il mare focuses on a marginal and forgotten architectural heritage.

Comprendre les conséquences de nos choix face à nos désirs d'autonomie. Cela pourraît être un billet à part entière. Nous sommes dépendant des « cadres programmatiques » en informatique mais également dans la société. Nous achetons notre beurre, notre pain, nous le faisons rarement nous même. Using a framework is not always bad, outsourcing your understanding of the basic languages of front-end development to one is definitely bad. You are tying your own future to that framework, and you can be sure that in a year or so something else will come along that everyone moves to. Don’t be the person left clinging to the one thing you know as everyone else moves on.

January 16, 2017 02:59 PM

January 15, 2017

Karl Dubost

Derrière le shoji

January 15, 2017 02:59 PM

January 14, 2017

Karl Dubost

Marcher contre le vent

plage ensoleillé Tsujido, Japon, 14 janvier 2017

Here, then, is how it went.

Natsume Soseki, The Miner.

Je marche. De Tsujido à Chigasaki. Le long de la plage. Un pas. Deux pas. Au loin le mont Fuji. Caché par les nuages. La pluie tombe. Peut-être sur Hiratsuka. Les grains de sable se détachent des dunes. Les grains de sable picotent les paupières. Dessus et dessous. Il dort. Je marche. Le froid anesthésie ma peau. Je touche ses mains. Elles sont froides. Je touche son corps. Il est chaud. J'accélère le pas. Chigasaki est mon objectif. Le long de la plage. Les vagues. Des baleines bleues roulent sur la grève. Elles semblent petites. Elles sont profondes. Les surfeurs disparaissent. Deux mètres. Les nuages gris s'approchent. Le ciel sombre.au fond de la baie. Tout est englouti. La sueur dans le dos. Le visage glacé. La pensée déterminée. Je marche contre le vent.

Vide Grenier

Portier. Portier is an email-based, passwordless authentication service that you can host yourself.

January 14, 2017 02:59 PM

David Larlet

★ Resilient Web and Tools

Changing a workflow or a process can be particularly challenging if it clashes with the tools being used. A tool is supposed to help people get their work done in a more efficient way. The tool should be subservient to the workflow. All too often, tools instead dictate a preferred way of working. Whether it’s WYSIWYG editors, graphic design programs, content management systems, or JavaScript frameworks, tools inevitably influence workflows.

If you are aware of that influence, and you can recognise it, then you are in a better position to pick and choose the tools that will work best for you. There are many factors that play into the choice of frameworks, for example: “Is it well‐written?”, “Does it have an active community behind it?”, “Does it have clear documentation?”. But perhaps the most important question to ask is, “Does its approach match my own philosophy?”

Every framework has a philosophy because every framework was written by people. If your philosophy aligns with that of the framework, then it will help you work more efficiently. But if your philosophy clashes with that of the framework, you will be fighting it every step of the way. It might even be tempting to just give up and let the framework dictate your workflow. Then the tail would be wagging the dog.

Choose your tools wisely. It would be a terrible shame if you abandoned the resilient approach to web design because of a difference of opinion with a piece of software.

Differences of opinion often boil down to a mismatch in priorities. At its heart, the progressive enhancement approach prioritises the needs of people, regardless of their technology. Tools, frameworks, and code libraries, on the other hand, are often built to prioritise the needs of designers and developers. That’s not a bad thing. Developer convenience is hugely valuable. But speaking personally, I think that user needs should trump developer convenience.

When I’m confronted with a problem, and I have the choice of making it the user’s problem or my problem, I’ll make it my problem every time. That’s my job.

Resilient Web Design - Chapter 7 (cache)

The Resilient Web Design (cache) web book by Jeremy Keith is inspiring, to say the least. I knew that it would be a good reading so I savoured it, one chapter at a time. Nothing really new but there is a moment in your life you realise that everything is cyclic and very old concepts are just going to be the next trend. Let’s call it maturity to stay polite and because I think I reached it :-P.

That particular extract of the chapter related to “Challenges” hit me. That’s part of my job to ease processes and reduce frictions. That’s part of my job to take into account from the early beginning of a product its lasting qualities. That’s part of my job to produce resilient websites. Resilient not only by the underneath concepts but by the technologies we put into practice to achieve our goals. That’s why I’m more inclined to use Falcon over Django these days. It’s not anymore about using the right tool for the job, I can do whatever I want with both frameworks. The difference will be building on one hand and deconstructing on the other. You have to be confident enough to start building and you have to deconstruct a lot to acquire it. This is a process you have to accomplish by yourself to be able to identify complexity at first sight.

Good engineering involves finding simple solutions to sometimes complex problems. Repurposing code may make development easier, but ease of development is not the end goal.

Developers need to continue to learn to code before they learn to include frameworks.

You don’t need a framework for that (cache)

As a starter (cache), I have a responsibility to choose my tools wisely. I have to care enough about the maintainer and the future team as a whole. When you are coding public facing interfaces — like websites — you obviously have to care about your users too. It means identifying their needs and adapting constantly your product.

Even if I’m seduced by the three‐step approach (I’m so jealous of these “clever” hashes!), I think it misses a fourth one: Mesure and remove. We spend our time adding features without considering at the same pace the removal of useless ones. And still the true resilience (or is it perfection Antoine?) is when there is nothing more to take away. What are you removing on Monday to make our Web more resilient?

January 14, 2017 11:00 AM

January 13, 2017

Karl Dubost

Une modernité

page de livre en gros plan Tsujido, Japon, 13 janvier 2017

Beyond the mine, the sun was shining.

Natsume Soseki, The Miner.

couverture du livreMes livres respirent enfin après trois ans passés dans des boîtes. Nous sommes revenus dans la maison début décembre 2016. Un de ses livres retrouvés probablement achetés à Tokyo, je ne sais plus où, dans une brocante ? Le livre a pour titre « Human Intercourse » écrit par Philip Gilbert Hamerton. Ma copie est datée de 1926. Sur la couverture en toile du livre, les initiales de l'auteur.

dos de livre en gros plan Tsujido, Japon, 13 janvier 2017

Le livre comprend une particularité et c'est peut-être pourquoi je l'avais acheté. Il est fortement annoté en japonais et en anglais sur une quarantaine de pages pour les deux essais : « On a remarkable English peculiarity » puis « Of genteel ignorance » et « Patriotic ignorance. » Cela ressemble à un travail de traduction ou de compréhension.

annotations dans la page Tsujido, Japon, 13 janvier 2017

J'aimerais connaître son histoire. J'apprécie la simplicité du livre aussi dans sa présentation. Point de barre code, point de copies de journaux, point d'illustrations. Il possède une sobre modernité.

Vide Grenier

Kottke à propos de son choix de rester indépendant. Small pieces loosely joined, not a monolithic solution. If necessary, I can switch any of them out for a comparable service and am therefore not as subject to any potential change in business goals by these companies.

January 13, 2017 02:59 PM

David Larlet

★ Bitcoin and energy

One of the obvious objections to Bitcoin has been that the consensus mechanism based on proof-of-work (PoW) is wasteful. […] The cost of running Bitcoin is the exact cost of running a system that puts all its trust in a network without privileged nodes.

[…]

If you produce surplus electricity, then Bitcoin mining is your battery […] The combination of the above ideas might bring to fruition the vision held by the likes of Henry Ford and Thomas Edison of the energy dollar

2016 in Review (cache)

Besides from being a hell of a year for the people at ▲ZEIT — just look at how much they achieved — the shared ideas at the bottom of the post are quite enlightening, especially the one about Bitcoin as a battery. This is the first time I see that technology mentioned without thinking to my neighbours drowning into the Arctic Sea a.k.a. polar bears. And still, using that “money” as a mesure of energy spent is relevant in a context where supply from clean energy can have hiccups.

Let’s say you have a sunny Monday, you use that extra energy to mine some bitcoins. Later that week you’re short on energy because of the rain, you can use that money to buy energy from another source, for instance a dam to be consistent. That’s quite ingenious. Bitcoin can be a way to store extra clean energy.

Now what if the time spent on a given website was in use to mine bitcoins for the author of the website? There is maybe a business model here, the visitor allowing to use his energy for a given amount of time per website. As a bonus all these shiny CSS transforms and useless JS will be avoided to let the CPU focus on mining. Yay! Each and every website acting as a micro-battery to create an energy grid at the scale of the Web. Maybe the future is not about micro-payments but pico-gifts of energy.

January 13, 2017 11:00 AM

January 12, 2017

Karl Dubost

Une grille de lecture

Entre quatre immeubles vers le ciel Otemachi, Japon, 12 janvier 2017

In any case I didn't move. I couldn't move. I stood there, rigid.

Natsume Soseki, The Miner.

Shinbashi, Shinagawa, Tokyo, Otemachi. C'est un monde d'hommes, de mâles engoncés dans leur costume de travail. Je ne viens là qu'une fois par semaine. C'est la deuxième fois. Je ne possède pas encore tous les outils pour lire cet environnement. De longues rues verticales s'élancent vers le ciel. Au coucher du soleil, l'horizontalité se dessine sur les surfaces noires des immeubles. Partout le même rythme de lignes droites répétées à l'unisson, la ville, puis les immeubles, puis les fenêtres, puis les couloirs, puis les tables, puis les ordinateurs, puis les tableurs, puis les codes numériques, jusqu'au CPU. De la « fractalité » à la fatalité, comment les hommes survivent ?

Immeubles d'affaires le soir Otemachi, Japon, 12 janvier 2017

Vide Grenier

YULblog. Une vache. La fameuse vache de Karl s’est perdue en chemin, elle a été aperçue en TGV, en aventures à la campagne, mais maintenant qui l’a? François serait le dernier à l’avoir vu? J’ai été mo’oncle Yulblog pour le 10e anniversaire, mais je ne l’ai jamais eu en ma possession. Cela dit, je promets de faire de mon mieux pour avoir mon légendaire air de bœuf pour vous accueillir. Mouah!

January 12, 2017 02:59 PM

David Larlet

✍ Lettre à Stéphane et Vincent

Stéphane et Vincent,

Voici quatre ans que nous avons créé scopyleft, l’occasion d’évoluer à bien des niveaux. De tisser des liens avec des humains et de challenger des valeurs communes. Lorsque je regarde autour de moi, je ne peux que constater le rapport privilégié que nous avons au travail grâce à ce cadre.

Et pourtant, même si nous avons longtemps cherché à travailler ensemble, je ne pense plus que ce soit un cap aujourd’hui. Ces années ont eu pour externalité de construire de la confiance. C’est elle qui a participé à ma paternité et à ma récente expatriation. La confiance est la base qui nous permet d’expérimenter de nouvelles formes de vies avec la solidarité et l’empathie suffisantes pour prendre des risques de manière apaisée.

Vos envols (cache) respectifs me permettent d’alimenter mes réflexions depuis ma branche, dans mon petit nid. Peut-être un intermédiaire entre l’arbre et l’oiseau ?

Merci pour votre bienveillance.

David

January 12, 2017 11:00 AM

January 11, 2017

Karl Dubost

Sur ce coin de mur

Sur ce coin de mur, les matins intimes prennent feu. Le corps engourdi par le sommeil, le pin déclare son parfum dans l'ombre aurifère. J'ai encore le souvenir de nos mains sur le tronc. L'arbre est mon ami. Je lui présente l'enfant.

ombre sur le mur Tsujido, Japon, 11 janvier 2017

For me, in whose eyes the sun of the world of men had become too intense; …

Natsume Soseki, The Miner.

Vide Grenier

L'autocracie contre l'écosystème. Je suis inquiet à chaque fois qu'une personne offre sa dévotion aux systèmes autocratiques. Le contrôle et le minimalisme offrent une attirance parce que oui en effet ils sont moins difficile à comprendre. C'est bien pour cela que de nombreuses personnes sont attirés par le fascisme. Se plaindre qu'une plateforme soit riche et complexe est se plaindre de la diversité de l'écosystème. Mais sans anomalies, les systèmes s'assèchent et ont pour compétence de vous faire disparaître dans le système. First, for elegant text-based publishing, there is a need for a simple, easy-to-use, well-designed platform such as Medium. Wordpress was supposed to deliver just that, but it took a geeky turn, saturating its ecosystem with scores of third-party plugins — more than 48,000 at last count — whose quality can charitably be called uneven. Most Wordpress sites end up using dozens of plug-ins, each one bound to create its own set of problems: slow page-loads, crashes, random behaviors or update cycles that don’t match WP's platform agenda. Unless you have sizable tech resources at your disposal, Wordpress is a nightmare. Switching to Medium gives you the impression of going from MS-DOS to iOS — even if some features are missing, I’ll come back to that very point in a moment.

January 11, 2017 02:59 PM

January 10, 2017

Karl Dubost

Le passé est un lieu

Dès que je suis rentré dans le hall de l'hôpital universitaire de Yokohama, j'ai eu le sentiment d'être revenu dans un lieu familier. La langue avait beau être différente, le réconfort émergeait d'une habitude oubliée. Je comprends les codes non écrits, les habitudes et les processus. Alors que certains sont « digital natives, » je suis « hospital native. » Ce lieu n'est pas une angoisse. Il est mon souvenir, mon émotion, mon imagination. Une mère infirmière au service de réanimation chirurgicale de Rouen, « la réa-chir, » me donnait l'occasion de temps en temps de descendre des Sapins dans la 2CV orange conduite par mon père pour aller la chercher après son service. Parfois il fallait attendre et donc observer.

patterne de mètre et moitié de tableau Yokohama, Japon, 10 janvier 2017

Je le regarde lui maintenant. Il observe. Il décode. Il n'aura pas cette même culture qui se construit sur le long terme. Mais déjà je vois bien qu'il n'y a aucune angoisse dans son geste.

image d'une animation TV Yokohama, Japon, 10 janvier 2017

Nous trouvons des livres d'enfant dans le couloir du service de consultation dont un comprenant des photos de décors magnifiques. Tant de poésies. Elle m'explique qu'il s'agit là d'un livre ( 母と子の日本むかし話 ) réalisé à partir d'un show télévisé de son enfance. Elle sourit. Elle lui explique. Il observe.

image d'une animation TV Yokohama, Japon, 10 janvier 2017

With that, he slipped into the darkness and disappeared.

Natsume Soseki, The Miner.

Vide Grenier

January 10, 2017 02:59 PM

January 09, 2017

Karl Dubost

L'existence du soleil

L'ombre n'existe pas. La maison immatérielle. L'arbre dépassé. Mais loin, très loin, au delà des géographies, dans mon dos, il y a le Soleil. Hors du temps.

ombre d'un arbre sur un mur Tsujido, Japon, 9 janvier 2017

"If you let narrow places scare you, keep outa the mine. Any dope knows there's no ground to stand on down here like on the land."

No, I hadn't misheard him this time, either. Hatsu had actually said that there was no ground to stand on in the mine as there is on the land.

Natsume Soseki, The Miner.

Vide Grenier

L’instant Lovecraft, 5 | Vol d’une lunette télescopique. Quand les mots vivants te font voyager. Il se fait piquer sa petite lunette télescopique. […] « C'est la première fois ue je vois des vraies montagnes. » Je pense que si on se met dans la tête comme ça cette attention à l'extérieur, cette attention au signe, cette attention à comment un dessin d'arbre, comment une maison, comment une ruine peuvent devenir comme ça l'écho du fantastique, du mystère.

José Corti | l’esprit des lieux José Corti, c’était donc cet espace dont la façade ocre semblait toujours tel qu’en elle-même en face du Luxembourg, à l’ombre du théâtre de l’Odéon. Ses vitrines respiraient le grand air du large des imaginaires : les livres de Bachelard, et ceux de Gherasim Luca, de Combet, de Maulpoix, de Maret, les poèmes de Jean Mambrino, la sublime édition des Chants de Maldoror, et les essais sur les littératures d’hier, la notion de genre qui implose immédiatement quand on pose la main sur ces couvertures souples, papier déjà comme jauni. Et puis, la silhouette de Gracq qui poussa ici la porte, déposa ses feuillets, et y scella un pacte.

How to create a sustainable web presence On the other hand, those with the opposite - a deficit mindset tend to flock to places of perceived stability. Places that, in internet terms, have ‘always’ been around. These might be social networking platforms such as Facebook which 'everyone’ uses, search engines like Google, or email providers such as Microsoft. This attitude then seeps into the way we approach our projects at work: we look to either repurpose the platforms with which we’re already familiar, or create a one-stop shop where everything related to the project should reside.

January 09, 2017 02:59 PM

January 08, 2017

Karl Dubost

Transaction sans contacts

Je ne sais pas depuis quand elles sont là. Elles n'étaient pas là et un jour, elles ont été posées là. Je suis sûrement passé devant plusieurs fois sans les remarquer. Et puis aller savoir pourquoi, peut-être un visage de femme, l'ombre d'un pilône électrique, le désir de son propre ralentissement et un détail apparaît soudainement.

consignes d'échanges de colis Fujisawa, Japon, 8 janvier 2017

Ils ont installé des stations automatiques de dépots et de réception des colis. Un écran pour commander et payer avec sa carte. Une des portes se dévérouille automatiquement. Il n'y a pas de verrou apparent. On peut y placer un colis. De même pour la récupération. Il y a bien sûr cet humain invisible qui encore aujourd'hui vient déposer et relever les colis. J'aimerais presque passer une journée à attendre pour voir cet agent de l'ombre.

Something out of the ordinary was going on, I realized, peering into the darkness. Then I understood.

Natsume Soseki, The Miner.

Nous sommes habitués au contact humain du colis, à la poste où nous devons déposer notre colis en expliquant son contenu et en dialoguant sur la destination ou le choix des timbres pour la décoration. On se dit que cette évolution est un abandon des relations humaines. Et puis on réfléchit un peu plus et on se dit que nous avons déjà absorbé de nombreux protocoles sans interactions humaines. Ma carte de train-métro, achetée, rechargée, etc. sans jamais l'intervention d'un employé (sauf l'an passé quand je l'ai perdue et retrouvée—une autre histoire). Les lettres postales si on a acheté un timbre en avance et que l'on pose dans une boîte aux lettres dans la rue. Elle arrive à destination de même. D'ailleurs il est probable que nombreux d'entre nous ne connaissent pas le visage du facteur.

Vide Grenier

January 08, 2017 02:59 PM

Gautier Poupeau

Du problème de la qualité des données et de la manière de le résoudre...

Comme le rappelait très justement Dominique Cardon dans son interview du vendredi 6 janvier sur France Inter :

« [...]il faut faire attention, les algorithmes, c’est idiot, c’est une procédure statistique un peu bête qui utilise des données pour faire un grand calcul massif[...] »

Comme l'a expliqué Dominique Cardon malgré les coupures incessantes d'Ali Baddou (et comme je l'avais fait beaucoup plus modestement), l'algorithme n'est pas une entité en soi : ce n'est qu'un code source mis au point par un humain qui détermine la « procédure statistique » exécuté sur et grâce à des données. Ces dernières sont donc d'une importance fondamentale.

Il y a presque 10 ans, Christian Fauré faisait état sur son blog d’une certaine déception des organisations devant les résultats des outils de reporting et de Business Intelligence au regard de l’investissement effectué pour les déployer. Il revenait alors sur un point essentiel : ce genre d’outils ne donne leur plein potentiel que si les données sont propres, le fameux adage en traitement des données : « shit in, shit out ».

Dix ans plus tard, on sent souvent poindre la même déception concernant le Big data car rien a changé pour le traitement des données : les algorithmes ont plus que jamais besoin de données « propres » pour fonctionner. Par exemple, la pertinence des systèmes de catégorisation automatique dépend presque intégralement de la qualité du corpus utilisé pour effectuer l’entraînement du système.

Ainsi, on voit apparaître régulièrement des statistiques montrant que les « data scientists » passent presque 80% de leur temps à sélectionner, nettoyer et préparer les données (cf. ces articles du New York Times de 2014 et de Forbes en 2016). Vous y réfléchissez à deux fois avant de faire cet investissement quand vous savez le prix de ce genre de compétence. Or, ce travail n’est pas plus « sexy » aujourd’hui qu’il y a dix ans pour reprendre les termes employés par Christian. En revanche, étant donné la valeur (réelle ou supposée…) créée par ces algorithmes, des solutions commencement à émerger et la préparation des données (on parle aussi de data wrangling en anglais) est peu à peu devenue un enjeu jusqu’à devenir une des tendances annoncée du « Big Data » pour 2017.

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Le constat qui prévaut en la matière est le suivant : les développeurs en général et les « data scientists » en particulier n’aiment pas s’occuper de cette tâche. J’irais plus loin : ils ne savent pas le faire et après tout, c’est logique, ce n’est pas leur travail. Peu à peu, on a donc tendance à s’orienter vers les utilisateurs eux-mêmes, car ce sont eux qui connaissent le mieux les données. Mais cette population ne sait pas coder et a besoin d’outil pour effectuer ce travail d’où l’émergence de logiciels spécialisés de « self service data preparation ».

La logique qui tend à laisser ce travail aux utilisateurs eux-mêmes va, à mon avis, rapidement trouver ces limites aussi bien en termes de temps que de compétences. Comme ces dernières sont celles des professionnels de l’information, ceux-ci auraient intérêt à s’intéresser à ce domaine. L’existence d’outils spécialisés rassurera ceux que le code source peut rebuter. Les professionnels de l’information ont là une chance (peut-être unique) de trouver une place dans l’écosystème de la donnée (pour ne pas dire du Big Data…) et de peu à peu s’affirmer comme des intermédiaires indispensables entre les développeurs/data scientists et le « métier ».

Pour les besoins de l’Ina et de mon cours sur les données en master 2 « Technologies numériques appliquées à l’histoire » à l’Ecole des chartes, j’ai été amené à m’intéresser aux différentes solutions en la matière. J’ai comparé quatre outils :

Cinq axes m’ont servi de base à cette comparaison :

  • l’interface et la prise en main de la solution ;
  • les fonctionnalités d’exploration du corpus de métadonnées ;
  • les fonctionnalités de manipulation de données ;
  • l’évolutivité (modules complémentaires, usage de langage de programmation) ;
  • l’intégration avec le système d’information et la reproductibilité.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il est à noter qu’Open Refine est open source et les trois autres proposent des versions gratuites déjà très complètes. Ils sont tous très facilement installables sous Windows, Mac et Linux.

Trifacta Wrangler

J’ai rapidement écarté Trifacta Wrangler. Je me suis arrêté au premier critère : je n’ai jamais réussi à entrer dans l’interface proposée et à en comprendre la logique. C’est d’autant plus surprenant qu’il s’agit a priori de la solution la plus mature en la matière, c’est son unique objectif et cela fait déjà plusieurs années qu’elle existe. Bref, je ne peux en dire plus…

Open Refine

Open Refine a une histoire mouvementée. Il a été mis au point au sein de la société Metaweb par David Huynh et Stefano Mazzocchi qui sont aussi à l’origine au sein du projet SIMILE du MIT des widgets Exhibit, Timeline et Timeplot (bref des supers références !!). Appelé « Gridworks », il visait alors à préparer et à faciliter le chargement de données structurées dans Freebase. Au rachat de MetaWeb par Google, le logiciel est devenu Google refine. A l’arrêt du support du projet par Google en 2012, ce dernier l’a libéré et une communauté le maintient sous le nom « Open Refine ».

Pionnier en la matière, son interface facile à prendre en main en a rapidement fait un logiciel très utilisé dans les domaines du patrimoine et des digital humanities. Son plus grand atout réside à mon avis dans son système de facettes qui permet d’explorer et de naviguer très facilement et efficacement dans le corpus de métadonnées. Il offre presque toutes les fonctionnalités qu’on est en droit d’attendre d’un tel logiciel au niveau de la manipulation des données. A noter les fonctionnalités de réconciliation qui permet d’enrichir très simplement un corpus de métadonnées. Il est possible d’écrire des modules complémentaires et d’utiliser du Jython si les fonctions de base ne suffisent pas à votre bonheur. Bref, il est resté pendant très longtemps un de mes outils privilégiés (et le reste pour certains comme le montre le tableau des ressources/outils en humanités numériques mis au point par Antoine Courtin). Mais (oui, il y en a…), quatre points le rendent peu à peu obsolètes face à ses concurrents :

  • Au-delà de 500 000 lignes, ils commencent à faire apparaître des signes d’essoufflement et au-delà de 1 million, il se prend sérieusement les pieds dans le tapis comme en a fait l’amère expérience Frédéric Clavert… Qu’est-ce-qu’un million de lignes à l’heure du Big Data… ?
  • En termes d’intégration avec le SI, il souffre à la fois de son origine porté vers le Web et de son ancienneté : ainsi, par défaut, il est uniquement possible de récupérer des données via le chargement d’un fichier CSV, XLS, XML ou RDF, c’est bien peu si on veut faire de cet outil une des briques du traitement de la donnée au sein du SI.
  • Même s'il s'agit d'une application Web, il n'a pas du tout été pensé pour le travail collaboratif, je dirais même que le travail à plusieurs en simultanée est fortement déconseillé, sans parler des problématiques d'identification et d'autorisation puisqu'il n'existe aucun système de gestion des utilisateurs.
  • Il faut bien avouer que la communauté n’est pas des plus actives, la dernière version stable date de 2011 (soit la dernière version stable mise au point sous la responsabilité de Google) et la dernière version proposée au téléchargement une release candidate date d’octobre 2015. On est forcément en droit de se poser des questions sur le maintien et l’évolution de l’outil, même si cela n’a pas empêché la société Ontotext d’en intégrer un fork dans la dernière version de son produit GraphDB.

Talend Data preparation

Lancé l’an dernier, Talend Data preparation a vocation à compléter l’offre de l’éditeur Talend dans le domaine de l’intégration de données. L’idée de l’éditeur est de parier sur l’interaction entre la DSI et le « métier » et la complémentarité des outils en matière de traitement des données. Ainsi, Talend Data preparation permet au « métier » de mettre au point une « recette », c'est-à-dire un ensemble de traitements pour nettoyer et préparer les données via une interface ad hoc. Cette recette peut être directement appliquée sur le jeu de données ou récupérée par la DSI pour l’intégrer au sein d’une chaîne de traitement mis au point au sein du logiciel Talend Open Studio pour assurer le passage à l’échelle et/ou automatiser la procédure. Fini les spécifications et les phases de test fastidieuses !

Cette complémentarité est une des grandes forces de cette solution, d’autant qu’elle ne s’arrête pas là. En effet, s’il est possible d’importer les jeux de données à la manière d’Open Refine, il est aussi possible d’en faire la sortie d’une chaîne de traitement (Job) Talend. Ainsi, ce logiciel peut s’intégrer parfaitement au système d’information aussi bien en amont qu’en aval. Autres point positif et essentiel pour l’intégration dans le SI : la version « payante » permet le travail collaboratif et l’identification des utilisateurs via les systèmes d’identification traditionnels (LDAP, Kerberos…). La montée en charge est assurée à deux niveaux. A la différence d’Open Refine, la mise au point de la « recette » et son exécution sur le jeu de données sont séparés, ainsi, on travaille sur un échantillon de données puis on exécute la recette sur l’ensemble du jeu de données. Par ailleurs, il est possible d’installer la solution dans un environnement clusterisé avec une distribution Hadoop.

En revanche, de par sa relative nouveauté, la solution manque encore de maturité sur différents points :

  • la partie « exploration » du corpus me semble un peu légère comparée au système de facettes d’Open Refine ou même au mode exploration de Dataiku, mais c’est là le prix à payer de l’échantillonnage ;
  • au niveau du traitement des données, on regrettera le choix de privilégier le « pousse bouton » et la simplicité et du coup l’absence de moyens d’écrire soi-même des traitements un peu plus complexes via du « pseudo code » comme cela est possible dans Open Refine et dans Dataiku ainsi que les errements de la fonctionnalité de clustering essentielle pour détecter les valeurs approchantes au sein d’une colonne.

Mais, je ne doute pas que ces quelques défauts de jeunesse seront rapidement corrigés et feront de Talend Data preparation une solution indispensable à la suite d’outils de Talend.

Dataiku DSS

DSS (pour Data Science Studio) mis au point par une société française Dataiku est bien plus qu’un logiciel de préparation de données, puisque ces fonctionnalités ne constituent qu’une partie du logiciel. En effet, DSS vise à l’origine à simplifier le déploiement des solutions de machine learning et plus généralement de la manipulation statistique des données au sein des organisations.

Ainsi, il propose tout un panel de fonctionnalités allant d’une offre très complète de connecteurs (des bases de données relationnelles au HDFS, en passant par le traditionnel chargement de fichiers CSV, XLS, XML ou JSON et les solutions NoSQL comme MongoDB, ElasticSearch voire l’API Twitter) à l’intégration des principaux algorithmes de machine learning supervisé (régression logistique, SVM, forêt d'arbres décisionnels, arbre de décisions…) et non supervisé (Kmeans, DBScan… ) et à l’exposition sous forme d’API REST des modèles calculés en passant par la visualisation de données et le workflow de données. Une superbe interface assez simple à prendre en main (passer les dix premières minutes où on tâtonne un peu) permet d’accéder et de piloter l’ensemble des fonctionnalités mais il est toujours possible de passer en mode « code » en python, R, SQL, Scala… Bref, c’est une solution très complète et même si la version gratuite ne donne pas accès à l’ensemble des fonctionnalités, elle offre déjà un panel d’outils amplement suffisant pour mener à bien des travaux très complets sur les données.

Au niveau de la préparation des données, mis à part la partie « exploration » peut-être un peu plus faible (je continue de regretter les facettes d’Open Refine…), il répond à toutes les exigences : facile à prendre en main sans pour autant verser dans le simplisme, très complet dans les différents traitements proposés, scalable grâce à un système d’échantillonnage séparant la mise au point des traitements et leur exécution, évolutif par l’intégration de modules complémentaires ou le basculement vers des notebooks Python ou R.

On en deviendrait presque exigeant…. Ainsi, on regrettera (parce qu’il faut trouver des défauts) le fait qu’il ne permet pas d’exposer via une API REST les données elles-mêmes nettoyées (même s’il est possible dans la version gratuite de les synchroniser avec une base MySQL ou postgreSQL et dans la version payante de les synchroniser avec MongoDB, ElasticSearch, Oracle SQL…) et l’absence de fonctionnalités de réconciliation générique avec des APIs externes (il faut en passer par l’écriture d’un module complémentaire ou importer le corpus). Dernier point : à la différence de Talend Data preparation, je pense qu’il n’est pas accessible au « métier », en revanche, avec une bonne montée en compétence, il pourrait faire le bonheur des professionnels de l’information ce que ne viendra pas démentir Frédéric Clavert si j'en crois ces tweets enthousiastes ;-)

Bref, c’est la vraie et belle surprise de cette comparaison et celui que j’ai choisi pour mes cours de Master 2, d’autant que, cerise sur le gâteau, Dataiku propose un programme pour en faciliter l’utilisation dans la recherche et l’enseignement…

Voilà, il ne vous reste plus qu'à télécharger un jeu de données sur data.gouv.fr et à vous lancer dans cette étape essentielle (et que je trouve passionnante à titre personnel) que sont l'analyse et la préparation des données.

by got at January 08, 2017 10:42 AM

January 07, 2017

Karl Dubost

Trois moments de feuilles

Trois rencontres dans ma journée.

trois tiges de graminées Tsujido, Japon, 7 janvier 2017

Dans le jardin, des clochettes acrrochées aux graminées désséchées.

feuilles mortes Tsujido, Japon, 7 janvier 2017

Dans le parc, j'aligne quelques feuilles mortes pour son regard.

congee aux 7 herbes Tsujido, Japon, 7 janvier 2017

Je déguste les 7 herbes du 7 janvier.

Not long afterward, the sun began to set. This wasn't simply a function of the passage of time.

Natsume Soseki, The Miner.

Quel écho !

Vide Grenier

Je suis en retard pour le pot-au-feu, mais j'aime aussi ce silence qui planne tout autour et qui délivre le matin sans prétention dans une belle sérénité.

January 07, 2017 02:59 PM

David Larlet

✍ Lettre à Karl

Karl,

Ton silence numérique est difficile à accepter. Il a rythmé mes lectures ces dernières années, c’est un vide poétique qui ne peut être remplacé. Et pourtant je le comprends. J’ai l’espoir qu’il ne soit que passager et que nous puissions échanger sur nos expériences (cache) respectives.

Ton dernier billet publié parle d’équilibre (cache) et je voudrais y adjoindre mon propre murmure. Je me pose beaucoup de questions sur la temporalité ces jours-ci. Dans cet équilibre, je ressens une immobilité nécessaire à l’appréciation de l’instant présent. Or, j’ai parfois du mal à m’en contenter, happé par la dynamique qui nous donne l’illusion d’avancer. Ce déséquilibre synonyme de mouvement dans un perpétuel risque de chute en avant exhibitionniste. Se tenir enfin debout, mais pour aller où ?

Peut-être accepter de se perdre en forêt pour prendre le temps d’écouter les brindilles craquer sous nos pieds et le sous-bois nous enivrer de ses senteurs. Regarder filer le ruisseau et imaginer son parcours, les méandres qui l’attendent et les affluents qu’il va rencontrer. Y déposer une feuille, la suivre un moment et l’observer s’éloigner. S’allonger et sourire, au bruit des cigales stridulantes.

Dissocier tout en restant intime, là pourrait être l’équilibre.

David

PS : hasard heureux d’une publication décalée, La Grange s’est réveillée depuis.

2017-01-24 : réponse de Karl (cache).

January 07, 2017 11:00 AM

January 06, 2017

Karl Dubost

L'assiette

Elle est bleue, craquelée et appartenait à sa grand-mère. L'assiette est ébréchée sur un bord, mais en dessous. On ne peut voir la brèche, mais je la sens quand je passe le doigt sous le bord. Elle existe un peu plus. Peut-être, il faudra s'en séparer. Il en reste encore deux autres. J'ai un petit pincement au cœur.

Assiette vue de haut Tsujido, Japon, 6 janvier 2017

His features worked together well enough that they could have passed as ordinary in society.

Natsume Soseki, The Miner.

Et pourtant cette assiette n'a rien d'exceptionnel, un style plutôt classique avec des motifs floraux d'une banalité extrême. L'originalité ne subjugue pas. Ses lignes pleines au milieu des craquelures et des ombrages réalisés par petits points sont même presque ennuyeux.

Détail de motif d'assiette Tsujido, Japon, 6 janvier 2017

Oui mais voilà, cette assiette a un secret. Un secret qui ne se révèle qu'aux rêveurs de céramiques, aux randonneurs de fractures, aux paresseux de l'encre bleue. Sa particularité qui me touche depuis quelques années dans cette assiette se situe dans le japonisme discret du pied de la représentation florale.

Détail de motif d'assiette Tsujido, Japon, 6 janvier 2017

Les vagues concentriques et en spirale que nous retrouvons si souvent dans les motifs de tissus ou de papiers japonais.

quatre motifs de vagues Motifs de vagues

Ce simple détail insignifiant me procure tout le bonheur du monde à chaque fois que je lave ces assiettes. Peut-être dois-je lui donner l'occasion de renaître de ces cendres et lui permettre de vivre dans le jardin sous le pot d'une plante. On peut découvrir des variations de ce motif sur le Web, mais jamais tout à fait le même motif.

blason de l'assiette Tsujido, Japon, 6 janvier 2017

Et puis en cherchant un peu plus pour prolonger cette rêverie :

Double Phoenix is a mark used by the Nihon Koshitsu Toki Company (NKT) in Japan. They started production in 1908, moved to Korea in 1917 and moved back to Japan in 1961. The company is now called Nikko China.

AsTheNight

Il semble que la compagnie était localisée à Kanazawa, Japon. L'entreprise fût créé par Maeda, le seigneur local. En 1917, il ouvre une nouvelle usine à Pusan en Corée. Les quartiers généraux et les usines fûrent déplacés à Ishikawa dans les années 60. Le nom original abandonné en 1983, l'entreprise devient Nikko.

bâtiment d'usine Tsujido, Japon, 6 janvier 2017

Vide Grenier

Un espace d'indépendance pour gérer la mémoire collective. I had already decided to bring my content back home in 2017, but I’d also like to think about this idea of using my own site to better demonstrate and play with the new technologies I write about. It’s more than just the words.

January 06, 2017 02:59 PM

David Larlet

★ Échanger, supprimer et rebondir

Some of the things I have looked at those days is resilience. How can you survive bad moments, build again, start from scratch, after an incident that is affecting you (whatever its cause). Again, just like for bad emotion, or anger, here are some articles I identified as bringing some pieces of answers. Those are not the answer, but an opportunity to deal with notions and play with it.

Middle Life Crisis Toolbox : about resilience (cache)

La tentative d’établissement d’un lexique l’année dernière a été un échec. Je suis content d’arriver à le reconnaitre. Manque de rythme et l’impression de tourner en rond dans ma propre noirceur.

Échanger

It’s this kind of storytelling that I think is maybe critical to understanding the web today: it’s not just that the web made all of us writers—or potential writers, at least. It’s that the speed of distribution on the web, and the connectedness of hypertext, creates a space for iteration and revision, for call and response, that means each act of writing is by definition collaborative.

Hypertext as an agent of change (cache)

J’ai envie d’encourager la découverte de manière plus active, non plus en ouvrant des portes mais en tendant la main pour un échange. De la réaction à la discussion. J’ai initié cela à travers des correspondances qui prennent la forme de lettres. Des Lettres persanes à Dear data en passant par le Manuel d’écriture et de survie, ce format m’a toujours intéressé et offre de nombreuses possibilités de réponses. Passer d’une contemplation de la toile à son tissage assidu, avec un rythme que j’espère hebdomadaire.

Toute la difficulté est de rester dans l’extime en étant compréhensible. Un exercice de style qui s’avère être compliqué ce qui n’est pas sans me plaire.

Supprimer

The present is always compromised, always rushed. We muddle through with half the information we need, praised for our speed and faulted when we stop to contemplate or even breathe. Frameworks built on newish worst practices seem like the way out, but they end up teaching and permanently ingraining bad habits in a generation of web makers. Semantics, accessibility, and clarity matter. Reusability is not out of reach. All it takes is clarity and communication.

Kiss My Classname (cache)

Je suis de plus en plus convaincu que la meilleure des protections est la suppression (heureusement que je ne suis pas garde du corps). J’avais déjà commencé avec la suppression de plus d’une décennie de logs IRC, je compte bien continuer avec les courriels, les photos, etc. En contrepartie, les données restantes seront systématiquement chiffrées et redondées. D’expérience il est beaucoup plus facile de s’astreindre à cette hygiène numérique en gérant moins de données.

Cette année je vais également tenter professionnellement de supprimer des fonctionnalités. Avec de plus en plus le sentiment d’être un développeur décroissant qui se détourne des couches qui viennent immanquablement s’empiler chaque année au détriment de leur compréhension. Il est plus que temps que j’accorde davantage d’attention à l’universalité ainsi qu’à la résilience de ce que je produis. Sans oublier la nature politique de chacune de mes lignes de code.

Rebondir

Alors mon plan, si tant est qu’il y en ait un, c’est de trouver ma place, dans l’ici et maintenant de cette mystérieuse incarnation, sans faire de mal à quiconque, et surtout pas à moi. Je reconnais l’existence et l’importance dans l’équilibre global de toutes les initiatives que j’ai découvertes. Je me reconnais dans beaucoup d’entre elles, étant toute à la fois pragmatique, intellectuelle, agissante et contemplative.

C’est quoi ton plan ? (cache)

Faire un reset dans ma vie avec le départ à Montréal m’a (re)fait prendre conscience de tout ce que j’ai pu accumuler ces trois dernières années. Et du gaspillage que cela occasionne à chaque déplacement. Je vais davantage me concentrer sur des objets moins spécifiques au détriment de leurs technicité. Il en est de même des communautés que je souhaite rencontrer, davantage participer à des communs qui ne se concrétisent pas (seulement) par du code.

Une autre piste que je voudrais explorer est de rendre cet espace auto-suffisant en terme de financement (domaine, hébergement, etc). Un billet plus complet arrive sur le sujet.

Nouveaux lieux, nouvelles communautés, nouveaux terrains de jeux et d’expérimentations.

Dans les épisodes précédents

January 06, 2017 11:00 AM

January 05, 2017

Karl Dubost

Un vent de verre

Un nouveau bureau Mozilla a ouvert tout près de la station Otemachi. Ce quartier au motif rectangulaire dans son horizontalité et sa verticalité est tenaillé par le jardin impérial et la gare de Tokyo. Je ne suis pas un fan. Mais ce nouveau bureau sera l'occasion d'explorer un nouveau genre, une nouvelle dimension.

Rue rectiligine et immeuble Otemachi, Japon, 5 janvier 2017

No one said a word. Speed was everything.

Natsume Soseki, The Miner.

Une vigilance particulière doit être portée à l'humanité des lieux. Le réseaux de rues souterraines parsemées de restaurants et commerces abritent les sourires, rires et discussions déchaînées des enchaînés de la production.

ombre sur passage piéton Otemachi, Japon, 5 janvier 2017

Le vent du nord est terrible entre les immeubles. Il se nourrit du verre. Il coupe la peau du visage. Si fort qu'il pousse la lumière sur le pavé.

Arc en ciel Otemachi, Japon, 5 janvier 2017

Déjà un an.

Vide Grenier

January 05, 2017 02:59 PM

January 04, 2017

Karl Dubost

Étendre les bras vers le ciel pour regarder vers le bas

Une fleur au milieu du béton Tsujido, Japon, 4 janvier 2017

En revenant de la poste, j'étendais les bras vers le ciel. Prendre les envies de voir de haut et les porter à bout de bras pour s'incliner vers la gravité. Ce que l'on voit mal se révèle.

branche d'arbre Tsujido, Japon, 4 janvier 2017

Une femme à vélo me croise. À son regard, mes mouvements et positions l'interrogent. Mes pensées enfouies émergent au rythme des pas et s'évanouissent tout aussi vite.

But the clouds, at least, those clouds were a joy. I've never forgotten how the four of us moved through them, drawing apart, bunching up, screened from each other, enveloped together. The boy would emerge from the clouds and plunge back in again.

Natsume Soseki, The Miner.

Aiguilles de pin sur un toit ondulé Tsujido, Japon, 4 janvier 2017

Je lève les bras et je donne du relief à mes envies.

Vide Grenier

On leaving W3C. Doug Schepers part du W3C. But I’m a little concerned about how well the overworked staff is going to pull it off, and I don’t envy them the task. There’s so much to do already, and they are stretched thin to get this tricky transition right.

Le pouvoir des navigateurs. (Je travaille pour Mozilla). Je suis tout à fait d'accord avec cette affirmation de Doug. L'un des enjeux du développement du Web est d'accepter que la vie en société se négocie sur le long terme et avec en effet tout un ensemble d'éléments et de charges émotionnelles et sociales que les entreprises purement technologiques ont beaucoup de mal à gérer et comprendre. Oui, le travail est ralenti. Oui, le 1% (si ce n'est pas plutôt le 0.01%) qui travaille dans les industries du Web doit faire des compromis. C'est normal. Unbalancing Stakeholder Control: Others have noted that W3C is too tightly controlled by large stakeholders, mostly the browser makers. From the inside, I can say this is definitely true, though some on the Team try to resist it. The insidious thing is, I don’t think the browser makers realize quite how much power they have, and how they use it. They essentially set the agenda and have veto control over activities, either through opposition or just ignoring it. If the W3C is the United Nations of Web standards, the browser makers are the permanent members of the United Nations Security Council. Some might say this is a feature, rather than a bug; shouldn’t the biggest stakeholders have the most say? To me, this is a problem of checks and balances; the browser makers already have enormous market control, so I think W3C should be a forum where smaller organizations should have more influence than they currently do.

Présent corrompu. The present is always compromised, always rushed. We muddle through with half the information we need, praised for our speed and faulted when we stop to contemplate or even breathe.

January 04, 2017 02:59 PM

January 03, 2017

Karl Dubost

Pointer du doigt le ciel

La lune au milieu du ciel Tsujido, Japon, 3 janvier 2017

Le soleil vient de se coucher. La nuit est encore absente. Le ciel est un céruléum enveloppé de coton éparse. L'or est en dessous, l'ombre au dessus. Il pointe le doigt vers l'immensité et dit « beau » tendant son corps vers l'espace. Je regarde là où je ne regardais pas, là où lui absorbait le souvenir de la journée précédente. Il désignait la lune qui avait perdu son compagnon de chemin : Vénus.

trois fruits Tsujido, Japon, 3 janvier 2017

Ce matin, il a décidé de prendre une pomme de pin dans le jardin. Et puis une heure plus tard, un citron et un kiwi dans la corbeille de fruits. Et puis il les a abandonnés, beautés oubliées, en vrai randonneur des rêveries diurnes. Je ne sais plus vraiment qui s'inspire de l'autre, mais de même je collecte les indicibles moments de couleurs et tendresse au cours de mes chemins aléatoires. Le bonheur est un kinkan dans l'intimité de la paume.

kinkan dans la paume de la main Tsujido, Japon, 3 janvier 2017

The process of change is entirely normal, and it is just as normal for contradictions to arise as the process goes on.

Natsume Soseki, The Miner.

Ces rencontres de la vie matérielle sont des métamorphoses. Il suffit de pointer du doigt le ciel, de prendre le kinkan abandonné au sol que l'on aperçoit par la clôture et nous devenons cet instant de légèreté.

mochi et sucreries Tsujido, Japon, 3 janvier 2017

Dans le sac, quelques sucreries achetées au supermarché du coin accompagnent les légumes pour un autre pot-au-feu—Le précédent était si bon—ainsi qu'un paquet des sept herbes pour le matin du 7 janvier—Lions le futur avant qu'il n'existe. Dans le sac, il y a le quotidien. Sur le bord de la rivière, il y a son doigt qui pointe la lune.

Dans les ébauches du temps, notre émerveillement grandit à son écho.

Foggily, I would return to the world, and immediately sink once again into unconsciousness.

Natsume Soseki, The Miner.

Vide Grenier

La rouille du Web vue un peu plus du côté technique. Bien souvent les développeurs car c'est le cœur de leur activité placent l'accent sur le choix technologique afin de se consacrer au maintenant. Mais le plus important dans un site Web est la gestion de l'obsolescence du contenu. Un contenu ancien ne doit pas forcément disparaître, il doit être possible de le gérer. Personne, à aucun moment, ne s’est demandé combien de temps le site allait rester en ligne. Trois mois ? Trois ans ? Cinq ans ? Sept ans ? Personne ne s’est interrogé sur la pertinence des choix réalisés au regard de cette durée ou la façon dont il pourrait évoluer. Ce site est parfait… maintenant.

France - Japon chez Gallica. La France et le Japon entretiennent des relations culturelles de longue date, comme le montrent les collections de leurs bibliothèques nationales respectives. Le portail "France-Japon, une rencontre, 1850-1914" présente plusieurs milliers de documents, sous forme d'expositions virtuelles, d'albums d'images ou de parcours dans Gallica. Ces témoignages écrits ou iconographiques évoquent l'histoire d'une découverte du Japon par les Français, depuis les missions jésuites du XVIe siècle jusqu'à la fin de la mode japoniste au début du XXe siècle.

January 03, 2017 01:40 PM

January 02, 2017

Karl Dubost

Sans notes

Ombre d'un pin sur un mur Tsujido, Japon, 1er janvier 2017

Peut-être n'est-il pas nécessaire de comprendre. Peut-être que comprendre n'est pas tant la volonté d'une démarche plutôt que le constat de la poussière et des saisons, des « poils blancs sur le menton. » Oui peut-être. Cela. Comprendre est dans le déjà trop tard. Vivre est dans le mouvement de l'herbe qui se plie sous le pas.

This is how my thought came out on paper, but I don't understand it myself now that I read it over. It's actually much simpler than this, but it ended up looking difficult because I crammed it into too short a space.

Natsume Soseki, The Miner.

L'éveil, hier, avec l'ombre du pin sur le mur sablé de la pièce. Subtil, tendre, un chuchotement entre les heures. Aujourd'hui sur le chemin du retour, avant la pénombre, Venus et la Lune s'extasiaient.

3 Note-taking

The most common method of noting all this data is by a diary-type of entry, covering the activities performed during a day or a weekend of fieldwork, but this tends to be inconsistent in its inclusion of all the details essential for a proper record.

John Coles, Field archeology in Britain.

Le chemin de la journée s'était perdu pendant quelques secondes vers l'image d'un tableau « Grange à Weggis. » Un hasard.

Grange à Weggis, Karl Heffner

Bien sûr après la rêverie de quelques secondes, il m'a fallu chercher Weggis et découvrir que ce village s'étendait des deux côtés d'un lac sur les flancs d'une montagne. Quel étrange lac creux comme le chemin qui nous amène à croiser des capsules de divines étincelles. Ni noter, ni chercher, juste trouver.

Vide Grenier

Lovecraft et l'astronome. Découvrir les mots de François. Tout se connecte. C'est bizarre les découvertes. En fait les découvertes sont simplement des choses qui sont là mais on sait pas chercher… chercher l'Univers c'est une expression qui marche ça.

January 02, 2017 02:59 PM

January 01, 2017

Karl Dubost

Un désir de fraise

Une fraise pour trois mains Tsujido, Japon, 1er janvier 2017

Cependant écrire est une envie qui mijote.

The moment I heard this, my passivity blew apart, and the flesh sagged on my bones. Not even with this barn staring me in the face had the thought crossed my mind that spending a night here could give me such a relief. We had found a place to rest, but I was probably still too passive even to think of resting. This goes to show that human beings are the easiest things there are to control. They'll take the most outlandish orders with profound respect and, far from putting up a fuss, they'll thank you for them.

Natsume Soseki, The Miner.

Il est utile de se donner le temps du bouillon, laisser le fumet du bouquet garni lentement s'épandre dans la cuisine et s'offrir le soleil du goût. Ils nous portent au-delà des océans.

Les souffles balsamiques, les vents parfumés vivent dans de telles images. Ces images se forment dans la rêverie d'un vent ensoleillé.

Gaston Bachelard, L'air et les songes.

Vide Grenier

What to learn in 2017 if you’re a frontend developer

January 01, 2017 02:59 PM

December 14, 2016

David Larlet

★ Team building

People willing to pursue more senior roles in leadership still find these positions scarce in the world of remote. While distributed developer force is growing strong, aforementioned management opportunities are often limited to on-site offices, with small exception of fully remote organisations.

Building remote-first teams (cache)

Building a team is a process. The complexity of human relations makes it almost impossible to work on the long term. It’s a matter of momentum, context and luck combined. It has to be reshaped constantly to handle new challenges. Anyway, I think you increase your chances to achieve that goal if you align these three planets:

Motivation

All members of the team have to be more concerned about the well being of the group than their own egos or goals. It doesn’t mean that you have to put individualities aside but to bet on externalities created by knowledge and experience put in common.

I see motivation as waves and difficulties appear during extrema. These particular moments requires shared…

Values

When you reach the bottom (or the top), you have to put your feet on something to bounce back. That “something” are values defined by the team, tightening the links to move forward together.

I don’t see it as a strong cement but as a loose web that has to evolve. Because at one point, something will change: your…

Vision

It should be the beacon of your boat, sometimes you know you will not be able to go straight to it, sometimes you will have to pivot to stay alive, sometimes it leads to unexpected paths. But it has to be the light that everyone within the team is aiming for at a given moment.

Knowing that each other colleague is heading toward the same direction feeds your… motivation. And with that the loop is over.

A team is an evolving collection of individualities recognising themselves into common values and sharing the same journey. When the team is distributed, it’s even harder to put together these energies because communication is often worse than in person meetings. It’s both scaring and exciting to know that everything has to be experimented in this area.

December 14, 2016 11:00 AM

December 12, 2016

David Larlet

★ Militantisme festif

The main point I want to make is that you, dear reader, are almost certainly in the top category of computer skills, level 3. […] Overall, people with strong technology skills make up a 5–8% sliver of their country’s population, whatever rich country they may be coming from. Go back to the OECD’s definition of the level-3 skills, quoted above. Consider defining your goals based on implicit criteria. Or overcoming unexpected outcomes and impasses while using the computer. Or evaluating the relevance and reliability of information in order to discard distractors. Do these sound like something you are capable of? Of course they do.

What’s important is to remember that 95% of the population in the United States (93% in Northern Europe; 92% in rich Asia) cannot do these things.

You can do it; 92%–95% of the population can’t.

The Distribution of Users’ Computer Skills: Worse Than You Think (cache)

Les vieux sont dépassés, les jeunes savent à peine jouer (cache) et votre génération ne comprends pas grand chose non plus (cache). Si vous me lisez, il y a de grandes chances que vous fassiez partie des 5% évoqués. Pourquoi ne pas profiter de l’ambiance festive entre les trolls sportifs et les discussions politiques (ou l’inverse) pour éduquer sur l’état du web (cache) et pointer quelques pistes pour améliorer la situation ? Je vais essayer de découper ça en quelques usages concrets et pistes d’outils à proposer, vous pouvez aller beaucoup plus loin avec macOS (cache).

Navigation

Le pitch : votre navigation laisse des traces qui sont exploitées, les limiter permet de respecter votre vie privée et d’améliorer les performances de navigation.

N’importe quel bloqueur de publicité sera déjà mieux que rien. Je recommande uBlock et Ghostery comme base pour les utilisateurs de Firefox. Votre voisin de droite va probablement évoquer le business-model associé et celui de gauche la rémunération des auteurs, soyez prêt :-).

Ces jours-ci j’utilise plutôt uMatrix en mode très agressif. La moitié du Web se retrouve être très blanche mais je considère que c’est la mauvaise. En gros si le mode Lecteur de Firefox ne trouve pas votre contenu et/ou si vous dépendez d’un CDN pour inclure dynamiquement le contenu de vos articles (ça arrive plus souvent que vous ne le croyez…) il y a peu de chance que je continue.

Dernière chose pour les plus aguerris, j’ai longtemps utilisé hosts zero et je suis récemment passé à une base consolidée. Si vous trouvez que c’est redondant avec vos extensions navigateurs, sachez que des solutions comme Electron (cache) contournent justement vos protections. L’utilisation de LittleSnitch permet de le vérifier (oui, Slack « Desktop » vous traque avec Google Analytics par exemple).

Vous pouvez en profiter pour évoquer DuckDuckGo ou Qwant.

Communication

Prétendre que votre droit à une sphère privée n’est pas important parce que vous n’avez rien à cacher n’est rien d’autre que de dire que la liberté d’expression n’est pas essentielle, car vous n’avez rien à dire.

Edward Snowden

Pitch : vos échanges personnels passent par les ordinateurs de plusieurs autres personnes (le claoude), qui peuvent très probablement les lire au passage.

Remplacer les messageries d’Apple ou Facebook est très difficile car cela demande aux interlocuteurs de le faire ensemble, s’ils sont dans la même pièce c’est beaucoup plus facile pour se coordonner ! Hop, entre les huitres vegan et le fois gras sans gluten Signal party pour tous. Pour les plus téméraires il y a aussi Ricochet. Les secrets de famille resteront dans la famille.

Au passage, si vous avez l’occasion d’échanger en visio avec vos proches — au hasard car un océan vous sépare — vous pouvez montrer la simplicité de WebRTC, via Jitsi par exemple. Pour les utilisateurs du courriel, vous pouvez aussi orienter vers ProtonMail ou entreprendre des changements plus profonds. Possible si le repas dure aussi plus de quatre heures chez vous.

Partage

Pitch : quand vous pensez partager des photos avec une personne en les téléversant vers une plateforme, il y a beaucoup plus de monde qui y a et/ou y aura accès.

Encore une fois c’est le type de besoin où il vaut mieux être ensemble pour faire le grand saut face à des positions monopolistiques (coucou Dropbox). Mon choix actuel repose sur Tresorit qui fonctionne plutôt bien et permet de partager des fichiers avec expiration, limitation du nombre de téléchargements et mot de passe.

Pour ceux qui ont reçu une lettre de la Haute Autorité DOPI, vous pouvez donner quelques pistes pour rester en dessous des radars (limitation de bande passante, port aléatoire, blacklist, etc) et pointer vers des VPN mais je n’ai malheureusement trouvé aucun fournisseur recommandable pour l’instant. Idéalement il m’en faudrait un avec au moins une sortie au Canada et une autre en France (merci Arte).

Sauvegarde

The condition of any backup is unknown until a restore is attempted.

Pitch : les plateformes ne sont pas des solutions de sauvegarde, elles vont disparaitre et vous n’aurez pas les compétences techniques pour récupérer l’ensemble de vos productions.

Il y a beaucoup d’options dans le domaine, j’ai tendance à privilégier Arq pour cet usage car Tresorit ne permet pas de sauvegarder plus d’un téraoctet. Arq permet de choisir le lieux de stockage (qui peut aussi être n’importe quel SFTP) et comme c’est chiffré avant envoi c’est moins problématique d’aller déposer ça sur l’ordinateur d’un autre.

Il faudra que je tente bup à l’occasion mais ça demande de savoir manier la ligne de commande alors on est hors-sujet.

Mots de passe

Pitch : inutile d’avoir un coffre fort si la clé est sous le paillasson.

Ici les usages divergent un peu, entre ceux qui font confiance à leur navigateur, ceux qui alternent entre plusieurs mots de passe forts et ceux qui ont des solutions système. Mais certaines utilisations peuvent vous surprendre, la miss utilise systématiquement le lien pour se faire envoyer un nouveau lien de connexion par exemple et met un truc random (imaginez les dégâts si vous êtes en two-factor auth suivi d’un départ à l’étranger…).

Au final, la recommandation est peut-être de ne surtout pas retrouver son mot de passe dans les listes connues. Idem pour les codes (cache) et patterns (cache) des téléphones.

Militer festivement c’est prendre le temps d’accompagner, pour une fois cela ne sera pas (seulement) pour « réparer la wifi ». Il ne s’agit pas de rester dans la théorie mais bien de manipuler des ordinateurs, aussi miniaturisés soient-ils. Il ne s’agit pas non plus d’imposer, le droit à l’oubli peut être volontaire, la publicité ciblée une nécessité capitaliste et l’enrichissement des 1% un accomplissement personnel.

Joyeux Nowwwel (cache) !

Quelques liens pour aller plus loin :

December 12, 2016 11:00 AM

December 08, 2016

David Larlet

★ Inclusive developer

So where have we got to? Access is important, but inclusion is bigger than access. Inclusive design means making something valuable, not just accessible, to as many people as we can.

What the Heck Is Inclusive Design? (cache)

Job titles are hard. I always wondered which is mine. I think Heydon Pickering nailed it with his last article on 24ways. I’m working on inclusiveness due to recent changes within my team and as part of my road to become a senior developer. Being inclusive means a lot of things to me:

  • help newcomers jumping into projects smoothly with explicit documentation of governance and participation
  • enjoy nonviolent communication during developments (pair-programming, code-reviews and so on) and quick feedback loop on iterative releases
  • avoid burn-out/isolation for co-workers with healthy lifestyle and solidarity
  • turn open-source into free software (more in a future article)

Inclusive developers lead to inclusive teams. Inclusive teams lead to inclusive products. Not the other way around. The values you share within your team will be the ones transmitted by your product. It’s hard to have empathy for your users if you don’t have empathy for your colleagues first. I’m paying the price these days for not being careful enough about people I’m working with. It will be one of my take-aways from 2016. No matter the importance of your achievements, you are interacting with humans and taking the time to listen to them is important.

I hope I’ll be able to qualify myself as an inclusive developer, someday.

December 08, 2016 11:00 AM

December 05, 2016

David Larlet

★ Cultural Intimacy

I just came across that campaign from Spotify titled “Thanks, 2016. It’s been weird.” where we can read on billboards things like:

Dear 3,749 people who streamed “It’s the End of the World As We Know It” the day of the Brexit vote, Hang in there.

or

Dear person who played “Sorry” 42 times on Valentine’s Day, What did you do?

When a campaign like this is cheered as being “Brilliant”, I’m afraid that we lost our collective mind (and my battles about privacy). It literally means that people at Spotify are aggregating data to make fun of you. And you enjoyed it. Smiled at it. Shared it. Even paid for it!

In that case, they are dealing with big data — maybe anonymised — so it doesn’t elect as a privacy issue, right? Well, it’s maybe worse than that. Something affecting communities in a deeper sense. It’s a matter of cultural intimacy. Revealing such moments is segregating more than being inclusive. And you should be ashamed of that. More insidious is the fact a company can deliberately report playing with customers’ data on gigantic billboards and nobody reacts. It makes me so sad.

My FLAC library doesn’t spy me each and every time I play a music file. I can listen to Wicked Game interpreted by James Vincent McMorrow 20 times in a row if I want to and nobody will judge me, except maybe my neighbours. Think about it next time you play something on someone else’s computer (a.k.a. cloud), he knows it and will make fun of it. A torrent file does not.

Thanks, Spotify. YOU are creepy.

December 05, 2016 11:00 AM

December 01, 2016

David Larlet

★ Blogrolls et découverte

Il faut également ouvrir de nouvelles routes. Sous l’influence de Google, nos blogs se sont repliés sur eux-mêmes. Nous devons en revenir au principe des blogrolls. Créer des liens vers les blogs amis. Non dans un but de référencement, mais avec l’espoir que nos visiteurs effectuent un pas de côté, cela depuis chez nous, sans remonter jusqu’à Google ou un réseau social.

Comment sauver notre Web ? (cache)

Les derniers billets de Thierry Crouzet étaient assez pessimistes, et puis celui-ci donne des pistes pour améliorer la situation. En remettant notamment à l’ordre du jour l’usage de la blogroll, ce réseau social numérique avant l’heure. Je l’avais supprimée de cet espace car ce n’est pas évident à maintenir (techniquement et émotionnellement) et je trouve que mon OPML est trop personnel pour le publier fréquemment.

Je me suis mis en quête de blogs en français, encore alimentés, un minimum techniques et relativement intimes — dans l’idée que je m’en fais, ils sont peut-être très populaires — pour proposer de nouvelles pistes de lectures. L’algorithme pour arriver à cette liste est humain, il n’a pas la neutralité d’une plateforme et il est explicitement anti-Medium.

Le constat est assez terrible de ne pas réussir à en lister davantage. Du coup j’étends un peu en acceptant la veille :

Quelle difficulté pour trouver 15 liens… je ne sais pas trop ce que je dois en conclure si ce n’est que ma bulle est toute petite. J’espère que #nowwwel (cache) sera l’occasion de découvrir de nouvelles sources. J’espère surtout que vous allez m’en envoyer d’autres par courriel :-).

PS : vous remarquerez que j’utilise le nom des personnes dans mon agrégateur, c’est pour moi très important dans la lecture de pouvoir mettre un visage ou au moins un humain. Si vous voulez une liste d’entreprises, je vous conseille celle compilée par Éric D (cache).

Réactions (ajout manuel)

La blogroll est une bonne idée. Les blogs avec la possibilité de commenter aussi, tout autant que ceux qui permettent de les rétrolier.

Blogrolls et blogs (cache)

Ça ressemblerait presque à des commentaires distribués avec cache local !

December 01, 2016 11:00 AM

November 27, 2016

David Larlet

★ Accompagner un enfant

Alexandre,

Voici le compte-rendu d’une expérience, celle de ces trois dernières années. Je ne sais pas si tu auras la volonté ou la capacité de lire ce texte à un moment de ta vie, je le produis en guise de mémoire et peut-être de pistes à explorer pour toi ou d’autres. Ou pas, sa durée de vie est liée à l’attention que je porte à mes textes. Il est empli d’incertitudes et de doutes que je te souhaite d’avoir un jour à ton tour.

Ces années ont été parsemées d’émotions, de peurs, d’apprentissages, de culpabilités, de bonheurs, de stress en tout genres, d’amour, de contradictions et de bienveillance. À tel point qu’il est difficile de classifier ou d’ordonner cela. Je vais tenter de m’en référer à la souvenance que j’en ai.

Conception

La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés […] Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres.

Antonio Gramsci

Ta conception biologique a été simple. C’est tout le processus en amont qui a été très long pour accepter de mettre au monde un nouvel être. Pour gagner la confiance suffisante en moi, en nous et dans les autres. J’envie parfois presque les personnes qui ne se posent pas toutes ces questions mais j’ai l’illusion de croire qu’elles passent peut-être à côté de l’essentiel : cette remise en question permanente.

J’espère me tromper en voyant surgir petit à petit des monstres qui ont de plus en plus de pouvoir. Il va sûrement falloir apprendre à vivre avec car nous évoluons au sein du même environnement. Je souhaite pour autant ne faire peser aucun espoir sur tes épaules. Sois.

Être

Pensez-y en cette nouvelle année scolaire, vos élèves apprendront beaucoup plus ce que vous êtes que seulement ce que vous savez. Vous êtes ce que vous savez. Si les apprenants apprennent ce que vous êtes, ils apprendront nécessairement ce que vous savez. Par contre, ils ne deviendront jamais ce que vous êtes en apprenants seulement ce que vous savez. Vous pouvez relire ce paragraphe plus d’une fois.

Il vous restera à régler la question qui tue: « Les élèves sont-ils intéressés à devenir ce que vous êtes ? »

Être ce que l’on enseigne! (cache)

Lorsque tu as découvert l’air libre, j’ai envoyé un message à la famille proche : « Alexandre est né » et l’on m’a reproché d’avoir été trop bref. Je pense au contraire avoir été trop long. « Alexandre est » aurait amplement suffit. Et pourtant je ne saurais dater précisément ta naissance qui a eue lieue bien avant cette libération. Si la vie est un état, la mise au monde est davantage un processus qu’une date, et celui-ci est toujours en cours.

Vivant

Un adulte créatif est un enfant qui a survécu.

Ursula K. Le Guin

Trois ans et tu es toujours vivant. J’aime ta vitalité et j’essaye d’interférer le moins possible avec ta créativité et tes expériences car je considère que ce sont des instants très importants. J’aime voir l’étincelle dans cet œil qui préfigure de nouvelles connexions neuronales. J’aime que tu t’essayes à l’humour. J’aime ta capacité de concentration quand tu souhaites comprendre quelque chose. Ou quand tu t’enfermes dans ta chambre pour dessiner un cachalot.

Tu as vu très peu d’écrans pour l’instant. Ton imaginaire s’alimente beaucoup dans les livres dont la sélection s’avère être de plus en plus compliquée pour éviter la violence sans pour autant tomber dans le moralisateur. Tu n’as pas été sur beaucoup d’écrans non plus, ton existence numérique semble tellement futile en regard de la richesse d’autres interactions.

(Non)Violence

Enfance sans confiance n’est que ruine de l’Humanité.

C’est la principale raison pour laquelle nous sommes allés au Québec. L’envie de trouver un cadre différent, avec moins de violence à la fois physique et psychologique. L’humain est ainsi fait qu’il a besoin de boucs-émissaires, les régions inhospitalières ont cet avantage de moins s’en prendre aux minorités qu’au climat. Ce choix fut particulièrement difficile car il impliquait une mise à distance vis-à-vis de la famille.

En te faisant confiance, je n’ai pas besoin de violence. En limitant les stress, je réduis les sources de tensions. C’est un luxe qui demande de l’espace et du temps. Et de la volonté. Le résultat est pour l’instant bien au-delà de mes espérances et je me demande ce que cela va produire par la suite.

Mimétisme

Grandir c’est se spécialiser. L’adulte n’est pas moins intelligent, il est spécialisé : spécialisé dans sa langue, dans sa culture, dans sa pensée, dans ses comportements sociaux, etc. Et vivre avec l’enfant, c’est participer à sa spécialisation. Nos façons de parler, de réagir, ce que nous faisons avec lui ou devant lui, va littéralement participer au câblage de son cerveau.

Les lois naturelles de l’enfant (cache)

Je constate chaque jour à quel point l’inné est mince face à l’acquis. La co-évolution culture-génome théorique me semble être clairement déséquilibrée en pratique et ce déséquilibre tend à s’accentuer. Cela donne une incroyable responsabilité à l’accompagnant qui en vient à guider quasi malgré lui. Partager ses expériences sans orienter est un vrai challenge. Faire s’épanouir un libre arbitre et un esprit critique qui ne soient pas les nôtres.

Je ne cherche pas pour autant à me mettre en spectateur comme pourrait le faire un photographe. Je préfère égoïstement partager avec toi sans penser aux likes des proches. J’aime participer à cet apprentissage et j’essaye autant que possible d’avoir des moments explicites d’échanges qui ne soient pas encombrés de flatulences numériques. La seule chose que je puisse et veuille t’offrir c’est de l’attention.

Alimentation

Tu manges ce que tu veux et presque quand tu veux. Tu manges souvent froid. On mange souvent devant un spectacle bien plus enthousiasmant que la télévision. Je finis beaucoup de plats (froids aussi). Aucun repas n’est équilibré. Aucune semaine ne semble déséquilibrée pour autant. Tes goûts évoluent d’un jour sur l’autre et me font reconsidérer cette notion.

Il y a des moments où le parasitisme devient symbiose et cela me met en joie. Je réalise que l’accompagnement est réciproque, ce qui garantit sa pérennité. En plus du savoir-faire et du savoir-être, il y aurait un savoir-échanger à développer ensemble, la famille étant ce pot commun dont nous sortons tous grandis.

Instruction

Je me suis renseigné sur de nombreuses formes d’instructions. On a visité des écoles plus ou moins traditionnelles. Difficile de trouver un lieu qui soit en accord avec nos valeurs. Peut-être que l’instruction en famille sera finalement choisie au prix d’une certaine marginalisation. Si c’est l’option retenue, il faudra absolument que l’on trouve d’autres sources de connaissances et d’émotions que tes parents, aussi incroyables (et modestes !) soient-ils :p.

De multiples inspirations pour une expérience forcément unique. Et en même temps avoir la volonté de partir d’une page blanche pour apprendre à l’écrire ensemble, d’expériences en réajustements. Chaque déséquilibre motivant le prochain pas, vaincre la peur récurrente du vide en se faisant confiance mutuellement.

Tabous

Appartenance, fierté, amour, chantage, beauté. Il y a des jugements que je me refuse à ton égard car je ne les trouve pas sains. Je ne veux pas que tu aies besoin de mon regard pour te trouver beau. Je ne souhaite pas introduire de chantage entre nous, encore moins affectif, c’est trop facile. Il ne peut y avoir d’amour dans une relation imposée comme celle d’un lien de filiation. C’est autre chose. Dans la fierté réside un espoir initial égoïste, une projection que l’on atteint enfin.

Ces termes ne sont pas tabous pour autant et nous aurons l’occasion d’échanger beaucoup plus longuement sur ces sujets. Et plein d’autres. Tu m’auras vraisemblablement fait changer d’ici là.

Conclusion

Il n’y a pas de conclusion. La futilité du quotidien reprend son droit. La beauté de l’éphémère et du moment présent. La conscience de vivre ensemble pleinement. L’inconscience de savoir que ça ne pourra durer éternellement. L’intime croyance qu’un lien se tisse durablement entre deux hommes qui se transforment.

Aujourd’hui c’était une chouette journée. Hier pas mal non plus. Et demain ? On verra bien. Ensemble ? Avec plaisir !

November 27, 2016 11:00 AM

November 20, 2016

David Larlet

★ Tools and teams

Use the right tool for the job.

I had been guilty for so many years failing to apply that simple old saying. Until I realised that if your job is not well designed you cannot find the right tool. Until I realised that you cannot know every existing tools. Until I realised that knowing your tools is sometimes more effective than picking the perfect one. Until I learnt the hard way that in an evolving context you have to adapt your tool across time. Today I’m more inclined to say: “Use the right toolset for the team at a given moment.”

It might be counter-intuitive at first but after all our job is to solve pretty basic technical problems: display that data, allow interactions with this one, make sure everything is smooth for everybody, secure as much as you can. Nothing more.

We’re not paid to write code, we’re paid to add value (or reduce cost) to the business. Yet I often see people measuring their worth in code, in systems, in tools—all of the output that’s easy to measure. I see it come at the expense of attending meetings. I see it at the expense of supporting other teams. I see it at the expense of cross-training and personal/professional development. It’s like full-bore coding has become the norm and we’ve given up everything else.

You Are Not Paid to Write Code (cache)

The problem arises when we introduce layers to solve these basic needs, even worse when they are not resilient enough to guarantee their accessibility toward as much people as we can. Frameworks are popular today — bashing them too. We are often forgetting that framework starts with frame. This is the frame within which the author of the framework have (or worse, has?) its own job. When you choose a framework you are betting that your job will stay within its frame. Otherwise it’s a nightmare because breaking the frame will dismantle the consistency you were looking for at first with that solution. When all you have is a framework, everything you achieve looks like a patchwork.

A micro-framework tends to extend that frame and to turn it into something more loose that you will strengthen yourself for a given domain in order to accomplish the initial job. The result is still a frame but your current job hopefully is at the center with more room to evolve and find its audience. The trade-off is that you will have to write more code and your team must be concept-competent, not framework-competent.

When your team acquires experience about a given tool it is a short-term advantage over your competitors, you will be able to iterate quickly. When your team acquires knowledge on a given concept it is a long-term goal for your product, you will be able to pivot faster. The balance on the business side is to still be alive when it happens. The goal on the developers side is to still be competent when the framework and/or the product fades.

November 20, 2016 11:00 AM

November 19, 2016

Gautier Poupeau

Comment mettre la donnée au coeur du SI ?

J’ai eu l’honneur et le plaisir de participer le 17 novembre à la conférence annuelle de Talend, le Talend Connect 2016, pour présenter comment, à l’Ina, nous avons mis la donnée au coeur de la refonte de notre système d’information.

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Voilà une bonne occasion pour lever le voile sur ce projet qui m’occupe depuis deux ans et dont je parlais dans mon billet de bilan, au passage de respecter la promesse de le présenter plus longuement et de continuer à alimenter ce blog…

Voici le diaporama qui accompagnait ma présentation :

Contexte du projet

Quatre raisons principales nous ont amenés à mener cette réflexion :

  • l’urbanisation du SI.
    Comme tous les SI, celui de l’Ina s’est créé par couches successives selon les besoins métiers. De fait, il est composé de différents silos étanches répondant chacun à un besoin métier spécifique. Telle une myriade d’orchestre de chambres voire de solistes, les solutions de stockage et d’interrogation des données sont disséminées à travers l’ensemble du SI : différents SGBDR, instances de moteurs de recherche avec pour certains des index très proches, des scripts de traitement de données (export, import, calcul) un peu partout souvent pas ou peu supervisés dans des technos différentes et dont la maintenance s’avère fastidieuse. Suivant les différents axes de notre schéma directeur (robustesse, rationalisation et alignement stratégique), nous voulions transformer ces myriades de petits orchestres en une formation unique : un orchestre symphonique, plus facile à maîtriser, à diriger et à faire évoluer.
  • La refonte de notre SI métier
    Il existe historiquement deux collections à l’Ina (le dépôt légal et les archives dites professionnelles qui font l’objet d’une valorisation commerciale) qui, jusqu’à peu, étaient gérées par deux directions différentes avec deux SI différents. Regroupé depuis 3 ans au sein d’une direction unique, le métier souhaite maintenant disposer d’un SI unique. Il faut donc envisager la migration de sept instances de bases de données Oracle avec des structure et des logiques de données qui semblent identiques de loin mais qui s’avèrent bien différentes. En effet, les pratiques de travail sont différentes : l’objectif du dépôt légal est de documenter le flux pour en assurer la mémoire alors que les archives professionnelles sont documentées en vue de leur valorisation commerciale ou à destination du grand public. Bref, il faut tout revoir, tout refaire des systèmes de collecte des données au modèle de données en passant par le système de production.
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  • Les nouvelles pratiques à prendre en compte en particulier la montée en puissance et l’importance aujourd’hui de l’indexation et la recherche plein texte qui a révolutionné les pratiques documentaires et l’augmentation de la disponibilité de données externes qui peuvent enrichir nos propres fonds ce qui est essentiel pour nous aider dans notre tâche.
  • Les nouvelles technologies telles que les systèmes de génération automatique de données (Speech to text, Extraction d’entités nommés…), les technologies ouvertes par le Big Data tant dans le stockage qui supporte des montées en charge importantes que dans le traitement des données (machine learning) que les technologies qui tournent autour de la notion de graphe popularisé par le Knowledge graph de Google.

Questions stratégiques

L'ensemble de nos interrogations dans la phase de cadrage du projet peut être résumé en quatre questions :

  • Comment mener la trajectoire de transformations ?
    Comme d’habitude dans la construction d'un SI en passant par la modélisation des processus métiers et des fonctionnalités attendues par les utilisateurs ou en adoptant une démarche plus originale en séparant la donnée de l’usage et en s’occupant d’abord de la donnée ? Comme dans la musique, nous avons d’abord privilégié la musique, la donnée au processus, les répétitions et c’est logique dans la mesure où l’essentiel des verrous se situent là. Nous avons donc commencé par mettre au point un nouveau modèle de données avec le métier puis nous effectuons la migration des données, en mettant en place des systèmes d'alimentation différentiels depuis les systèmes actuels qui sont maintenus en production. Une fois les données migrées et les systèmes d'alimentation en place, nous allons construire le nouveau système. Nous décomissionnerons les anciens systèmes et les systèmes d'alimentation différentiels uniquement lorsque le métier considérera que le nouveau système est suffisamment mature, ce qui va en réalité se faire en plusieurs étapes.
  • Comment stocker et requêter des données ? Une base de données ou plusieurs bases de données ?
    Voilà une question sur laquelle j'ai beaucoup évolué au cours des années. J'ai longtemps pensé, d'une part, qu'il était essentiel de limiter la dissémination des données entre différents modèles et entre différents types de bases de données et d'autre part, qu'on pouvait se passer des bases de données relationnelles qui me semblent cruellement manquer de souplesse. Ainsi, j'ai vu dans le couple base de données RDF et moteur de recherche, au cœur de la vision du Linked Enterprise Data que nous avions promu chez Antidot, le moyen de répondre à la fois au besoin de réconcilier les données de tous les silos du SI et au besoin de les mettre efficacement à disposition. Mais, comme j'ai commencé à l'expliquer dans mon précédent billet, ces technologies présentent certaines limites (sur lesquelles il faudrait que je revienne plus longuement) qui nous empêchent d'en faire le centre de notre système. Par ailleurs, on aurait aussi pu se diriger vers des technologies basées sur Hadoop comme le font la grande majorité des projets de lac de données. Mais, dans ce cas, le lac de données ne remplace pas les silos existants, il n'est qu'un nouveau silo de plus, entrepôt intermédiaire de toutes les données du SI, genre de data warehouse foure-tout, en vue de leur traitement qui se limite dans la très grande majorité des cas à l'analytics. Il s'agit donc d'une base secondaire, alors que nous avions aussi besoin de gérer des bases de données primaires. Ainsi, pour répondre à tous les usages (production, traitement, recherche et analytics) et à l’hétérogénéité des données (structurées, semi-structurées et non structurées), nous étions convaincu de l’importance de disposer de différentes bases familles de bases de données pour profiter des avantages de chaque nature de bases de données.
  • Comment maîtriser les données ? Décentralisation ou centralisation ?
    Sept instances de bases de données relationnelles Oracle pour le cœur des données métiers, quatre instances différentes de moteurs de recherches pour les mêmes données réparties sur deux logiciels différents, des myriades de bases de données pour les autres données (commerciales, juridiques…), l’impossibilité de disposer à un instant T d’une idée de la nature et de la répartition de nos données. Il paraissait évident que la centralisation des données était un moyen de résoudre la complexité de traitement, de supervision et de maintenance…
  • Comment assurer la souplesse tout en gardant la maîtrise des données ?
    Comme je l'ai déjà rappelé ci-dessus, nous avons repris à zéro notre modèle de données métiers, tâche sur laquelle nous avons travaillé pendant 18 mois avec le métier. Mais plutôt qu’une stricte structure, nous avons préféré mettre en place un cadre conceptuel logique qui se traduit dans un modèle physique dans la base de données relationnelles, mais éventuellement différentes sérialisations dans une base de données orientée document ou le moteur de recherche en fonction des différents besoins. Bref, on sépare le voire les modèles de production des modèles d’usage et de valorisation et on assume complètement le fait de maintenir différents modèles de données physiques, l'interopérabilité étant assuré par le respect plus ou moins strict du cadre.

Les acteurs du projet

Comment sommes-nous organisés pour mener à bien ce chantier ? Une équipe dont le cœur est composé de 3 personnes :

  • Le chef de projet, notre chorégraphe, qui organise le travail, met au point et s'assure du respect des plannings et, point essentiel, il s'occupe des rapports avec les prestataires et avec les autres composantes de la DSI, en particulier avec les chefs de projets des applications métiers qui s'appuient sur l'infrastructure de stockage.
  • L’architecte des données, le compositeur, qui s’occupe de la structure logique de la donnée, de l’adéquation des systèmes de stockage avec les besoins des utilisateurs, de la migration des données vers la nouvelle infrastructure de stockage de données et de l’exposition des données sous sa forme logique.
  • Le devOps qui assure aussi le rôle de DBA, notre ingénieur du son, rouage essentiel, qui a en charge le fonctionnement de l’infrastructure, maintient le système en condition opérationnelle, les mécanismes d’intégration continue et de déploiement continu, le stockage physique des données et vérifie en rapport avec l’architecte de données que les développements respectent les SLA et répondent aux besoins métiers.
  • Les développeurs, les musiciens (et peut-être bientôt des solistes en la personne de data scientist) qui développent tous les mécanismes d’import, d’export, d’exposition, de synchronisation et de traitement des données.

Nous avons donc séparé le travail sur les données, leur stockage et leur traitement des usages qui en sont faits dans les applications métiers. Nous voudrions ainsi aboutir à un état où les MOE des applications métiers se concentrent uniquement sur la réponse aux besoins métiers et ne perdent plus de temps sur le stockage des données dont ils ont besoin. La couche de données est alors à l'image de la couche d'infrastructure mutualisée entre tous les projets.

La solution technique

Comme expliqué ci-dessus, nous avons fait le choix de déployer plusieurs systèmes de stockage de données pour répondre aux différents cas d'usage et à l'hétérogénéité des données, par ordre de choix :

  • Un moteur de recherche en l'occurrence ElasticSearch pour non seulement répondre de manière efficiente aux requêtes des utilisateurs et aussi pour offrir une vue consolidée de données issues de différents silos en vue d'accélérer les interrogations croisées (par exemple, entre nos données documentaires, juridiques et commerciales) et de promouvoir un usage transverse des données par les applications métiers.
  • la base de données orientée document, MongoDB, qui sert à la fois de base de données secondaires pour les données provenant de silos externes à l'infrastructure centralisée de stockage (en particulier pour les progiciels qui garderont leur base native ou les applications qu'il n'est pas prévu de migrer pour le moment) et de base de données primaires pour les différents systèmes de génération automatique de métadonnées (speech to text, extraction d'entités nommées, reconnaissance d'entités visuelles ou sonores...).
  • la base de données graphes (et en particulier RDF), OpenLink Virtuoso, qui permet de stocker les données nativement en RDF issues de certains projets de recherche de l'Ina ou de données externes, d'effectuer des calculs s'appuyant sur les particularités du graphe (traversée de graphe, raisonnement, inférence) et peut-être à terme d'offrir une vue facilement requêtable de l'ensemble de nos données (si les problèmes de scalabilité de ces technos sautent...). Nous avons hésité avec Blazegraph qui, tout en étant fait à la base pour stocker du RDF, commence à s'ouvrir au property graph en proposant une implémentation de l'API Tinkerpop et donne des résultats intéressants en tant que sparql endpoint de Wikidata. Malheureusement, la faiblesse de l'implémentation de l'API Sesame, le manque de documentation et de retour concret de projet en production dans la communauté nous ont fait reculer pour le moment. Mais, je ne désespère pas de voir émerger bientôt une solution (celle-là ou une autre comme Stardog ?) qui implémente à la fois RDF et son langage de requêtes, SPARQL et les property graph et leurs langages de requête, Gremlin.
  • la base de données relationnelles. Nous nous sommes longtemps demandés si nous pouvions nous passer d'un SGBDR. Mais, il a fallu nous rendre à l'évidence : ces technologies offrent aujourd'hui des performances inégalées, lorsqu'il s'agit de stocker des données fortement reliées comme le sont nos données documentaires tout en assurant une intégrité des transactions. Bref, pour résumer la situation, nous avions besoin de respecter les principes de l'ACID et à ce jeu-là les BDR restent encore la bonne solution. A signaler que nous n'avons pas fait encore de choix de solutions à ce niveau, il devrait être fait dans les prochains mois.

Deux points méritent d'être notés 

  • comme base de données secondaire des silos externes, nous aurions pu choisir, à la place de MongoDB et comme beaucoup d'autres, de déverser l'ensemble de ces données dans des fichiers au format Parquet au sein d'un système HDFS. Mais, outre que nous manquions alors de maturité sur ces solutions, je ne suis pas sûr au regard de la volumétrie que cela se justifie, de plus MongoDb offre un langage de requêtes natif qui simplifie largement l'exploitation de ces données tout en offrant des perspectives de scalabilité.
  • Nous n'avons pas encore fait le choix de la (ou des) technologies que nous allons utiliser pour construire nos data warehouse en vue des traitements d'informatique décisionnelle. A priori, nous allons nous appuyer sur les bases que nous avons déjà déployées, mais nous pouvons aussi pour ce genre d'usage avoir besoin de déployer des bases de données orientées colonnes. A suivre...

Une fois qu'on prend acte dans l'architecture des systèmes de stockage de la coexistence de plusieurs familles de bases de données et a fortiori de plusieurs modèles de données, il faut déployer une brique de traitement capable de s'assurer de la cohérence des données et donc de la synchronisation entre les différentes bases, de l'abstraction des différents systèmes de stockage, donc du routage vers la bonne base de données des requêtes externes à l'infrastructure et, last but not least, de la centralisation de l'ensemble de ces traitements. Bref, il nous fallait un chef d'orchestre et à bien y réfléchir, c'est cette brique qui constitue le cœur de notre infrastructure, qui en détient les clés et l'intelligence.

Pour relever ce rôle aussi important, nous avons choisi les solutions de la société Talend. Pourquoi ? Car ils offrent une suite complète, cohérente et intégrée : de l'environnement de développement avec le studio qui permet de développer graphiquement des chaînes de la traitement (appelés Job) de la donnée homogènes, car elles s'appuient non seulement sur des composants de traitement unitaire natifs à la solution (plusieurs centaines dont les connecteurs à toutes les bases de données les plus connues du marché) mais aussi sur la possibilité de visualiser voire récupérer tout ou partie de jobs existants jusqu'à l'environnement d'exécution qui permet de déployer le job sur une infrastructure basée sur Karaf et de le superviser depuis une interface Web, le Talend Administration Center. Il est ainsi très facile dans un environnement intégré comme celui-ci de répondre très rapidement à un nouveau besoin.

Finalement, une troisième brique, le module de gestion et de suivi, construite en java permet d'exposer les interfaces qui sont de deux types : REST pour les requêtes synchrones à travers laquelle nous exposons des vues logiques et métiers de la donnée et NFS pour les requêtes asynchrones, de s'assurer d'une stricte abstraction entre les utilisateurs et les différents systèmes de stockage, de configurer les nouvelles ressources à exposer, de proposer un annuaire des ressources exposées et de suivre le fonctionnement de l'ensemble de la plateforme.

Ainsi, l'architecture, notre orchestre, suit les principes du patron MVC : les bases de données sont les modèles, le module de traitement avec Talend joue le rôle de contrôleur et le module de suivi et de gestion expose la vue.

Les bénéfices attendus

Il est encore trop tôt pour parler de bénéfices puisque nous sommes en cours de déploiement de notre infrastructure, les développements de la première version ayant abouti à la fin de l’été. Mais, si on parle de bénéfices attendus. Ils sont au nombre de quatre :

  • casser les silos de données pour offrir une vision transverse et cohérente de nos données et permettre l’apparition d’usages transverses de nos données ;
  • souplesse pour faciliter l’innovation et simplifier l’émergence de nouveaux usages ;
  • une infrastructure centralisée pour améliorer la supervision et accélérer simplifier son évolution ;
  • maîtriser les données pour être capable de déployer une gouvernance de données et ainsi être plus efficace et confiant dans la réponse aux besoins métiers ou aux nouvelles demandes de nos utilisateurs finaux.

Merci à Talend de m'avoir offert l'opportunité de présenter notre projet à côté d'entreprises mondialement connues ! Merci à Nicolas Bogucki de m'avoir fait confiance et de m'avoir accompagné pour faire émerger ce projet... Bonne continuation pour la suite de tes aventures ! Merci à mes si précieux collègues : Julien, le chef de projet sans qui j'aurais déjà baissé les bras depuis longtemps en face de la complexité d'un tel projet, en particulier dans les interactions qu'ils demandent et à Stanislas, le devOps/DBA, sans qui ce projet ne serait pas ce qu'il est et qui, chaque jour, me fait découvrir les complexités de la couche physique de stockage et de traitement de la donnée et à tous ceux qui participent à ce projet si stimulant !

by got at November 19, 2016 08:39 AM

November 07, 2016

David Larlet

★ Si c’est gratuit…

Si c’est gratuit, c’est toi le produit.

Martelé. Jusqu’à l’écœurement. Cette idée d’être consommé pour ce qui nous est propre. Nos données personnelles. Nos déplacements personnels. Nos envies personnelles. Nos possessions personnelles. Pour un graphe impersonnel.

Si c’est gratuit, c’est toi qui produis.

On passe de la consommation à la production. Micro-tâches. Agrégation de travail non rémunéré. Annotations collectives. Liens multiples. Masse critique. Prolétarisation.

Si c’est gratuit, c’est toi qui enseigne.

Sujets d’apprentissage pour intelligences artificielles. Addiction volontaire. Ludification généralisée. Infantilisation éhontée. Transmettre sans comprendre. Déshumanisation de l’autre. De la confiance à la preuve (cache).

Si c’est gratuit, c’est nous qui échangeons.

Réciprocité. Gain mutuel. Le bien commun n’étant plus une production de la société civile mais de l’Homme et de la Machine. Jusqu’à ce que la symbiose soit évaluée comme un parasitisme. Auquel cas, cela pourrait finir par nous coûter cher.

November 07, 2016 11:00 AM

October 17, 2016

David Larlet

★ Senior developer

Defining “senior” is an ongoing and surprisingly difficult process, but we do it because it’s business-critical for us. Without a clear definition of “senior developer", we have no clear path for our own employees to get there. We have no concrete way to evaluate people joining the team, no way to hold ourselves accountable, and no way of improving the process.

The Conjoined Triangles of Senior-Level Development (cache)

There is a moment in your developer career when you wonder if you’re senior enough to depict yourself as a senior developer. This is not at all a matter of how old you are (cache), neither how much you’re being paid. This is more related to how many and diverse experiments you made, how many different peers you helped onboarding a project, how easy it becomes to transmit your knowledge, how much confidence you accumulated and how fast you can admit you’re totally wrong. Actually, this is all about the fluidity you can have with a team within an evolving complex context. That is the moment you realize you are more valuable than the code you produce.

You’re here to speed up the learning process but not too much, otherwise your fellow companions are totally missing the potential failures and are pursuing without accumulating knowledge. Going fast is useful only if everybody within the boat is aware of what has been tried before and what was wrong (and right!) for that particular journey. It can only be achieved with a ton of communication.

When you’re lucky enough to be part of a team of highly skilled developers, you know that everybody will still progress technically because it’s part of the team’s DNA. Besides some long-running trolls, you know that the hard part will not be about technical capabilities anymore, the team is confident enough on that side to learn quickly if necessary. The hard part will be to consider the team — present and future — as a whole. It requires a tremendous amount of empathy to make the right social decisions.

Senior team members should be expected to spend half their time mentoring and helping others on the team get better. Their job isn’t just to be the code hero bottleneck.

Want to be an Engineering Manager? (cache)

Here the important word is bottleneck and I think that better than trying to reach the senior label individually, it has to be gained as a team. It’s way more challenging to be part of something bigger than yourself. You can mesure how “senior” a team is by how good it is at reducing bottlenecks and sharing responsibilities.

Finally, it also creates social problems as well. Bugs that span multiple services and require many changes can languish as multiple teams need to coordinate and synchronize their efforts on fixing things. It can also breed a situation where people don’t feel responsible, and will push as many of the issues onto other teams as possible. When engineers work together in the same codebase, their knowledge of each other and the system itself grows in kind. They’re more willing and capable when working together to tackle problems, as opposed to being the kings and queens of isolated little fiefdoms.

Microservices - Please, don’t (cache)

Choosing carefully which trends you’re following is key. Some are particularly destructive for the social interactions. I already talked about GraphQL, I think that microservices are even worse. This is a particular case when there is so much tensions within the team that you need to separate people and their products to still be able to deliver some value. A senior developer has to be inclusive in his productions and reactions, sometimes at the expense of speed or relevance.

The last step is to write about it. This could be a blog post, a book, or a conference talk. When I write about a topic, I explore the edges of what I know, the edges outside of what I needed to initially implement the idea.

How do I learn? (cache)

One part of becoming a senior developer is to be able to go just a bit deeper than the average developer and be able to share it. That’s a tiny advantage that makes all the difference. Sharing can take many forms, from blogging to giving a presentation or pushing some code on a repository. The end-result is not the most important (except for ego maybe). The moment you dig into the concrete issue and spend some time on it, the process of acquiring that knowledge and being capable of transmitting it. That’s the key point.

We are knowledgeable and productive, yes, but we also understand that we may actually know fewer (useful) things than we did at a prior point in our career. A non-trivial amount of our knowledge has decayed, and we may not have had the time to accumulate enough new knowledge to compensate.

[…]

We realize that it’ll require real effort to just maintain our level proficiency - and without that effort, we could be worse at our jobs in 5 years than we are today.

Reflections of an "Old" Programmer (cache)

The combination of our knowledge decay being extremely fast and our knowledge accumulation rate being quite slow leads to burnouts and endless questioning. Both being quite destructive on the long term. Senior developers are survivors. The ones finding a steady pace in their learning and a clear balance between theory and practice on a day-to-day basis. The ones taking the time to transmit their experience and to be kind enough (cache) to reduce the pain for newcomers. The ones avoiding depression and dead-ends like management and entrepreneurship. The ones escaping the craftsmanship and perfection rabbit holes. The ones considering themselves not senior enough to push the limits of its definitions. What is your one?

October 17, 2016 11:00 AM

October 16, 2016

Gautier Poupeau

De la responsabilité humaine des algorithmes

Comme Nicolas, je dois bien avouer que je suis fatigué par ces articles de journaux, sujets télévisés et autres discussions de comptoirs qui conçoivent l’algorithme comme une entité en soi dont la création et l’exécution seraient immanentes. L’algorithme est devenu peu à peu l’expression d’une peur alimentée par la place grandissante du numérique dans nos vies et de l’incompréhension de beaucoup, en particulier des médias, face aux principes de l’informatique. Mais cela pose un problème de taille : penser ainsi l’algorithme, c’est nier la responsabilité des créateurs et des exécutants de l’algorithme qui sont des humains. Un algorithme n’a pas une vie propre, il n’est que la colonne vertébrale d’un code source écrit et pensé par un humain et dont l’objectif est fini. La responsabilité de la création de l’algorithme en revient donc à son programmeur et de son exécution à la personne ou l’organisation qui en assure l’exploitation au sein de son application et non à l’algorithme lui-même. Il n’existe donc pas une éthique de l’algorithme mais de l’organisation qui le met en oeuvre. Il est alors nécessaire d’appréhender le fonctionnement et les conséquences d’utilisation d’un algorithme pour voir s’il est en adéquation avec la stratégie et/ou l’éthique de l’organisation.

Pour illustrer mon propos, prenons l’exemple de la recommandation de contenus. L’objectif de tous ces algorithmes est grosso modo le même : augmenter la sérendipité pour faire en sorte que l’utilisateur poursuive sa navigation dans le site Web et que l’achat soit converti dans le cas des sites de E-commerce.

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Il existe deux stratégies :

  • analyse du comportement (clics, historique de navigation, avis…) de l’utilisateur et comparaison statistique avec le comportement des autres utilisateurs du site, c’est ainsi que fonctionnent les systèmes de recommandation dits « sociaux » qui ont fait la réputation des sites comme Amazon ou Netflix ;
  • analyse des contenus et comparaison entre les contenus pour proposer un contenu proche comme le propose par exemple YouTube.

Techniquement, les premiers s’appuient, selon les principes du machine learning, sur un modèle mis au point à partir de motifs récurrents, auquel sont soumises les nouvelles données, tandis que les seconds s’appuient, en particulier, sur une comparaison de la répartition et la fréquence des mots.

Au delà des aspects techniques, la principale différence entre ces deux stratégies réside dans leurs conséquences. Les premiers qu’on qualifie de “prédictifs” privilégient les contenus qui ont déjà été consultés et a fortiori ceux qui sont le plus consulté. Ils se traduisent par la mise en place d’un effet de longue traîne : seule une petite partie des contenus sont les plus vus, tous les autres sont assez peu voire jamais consultés. Dans le cas où vous disposez d’un corpus où le nombre de ressources est très important, vous allez vous retrouver avec de très nombreux contenus qui ne proposeront pas de recommandations, car ils n’ont jamais été consulté ou alors si peu que la distribution statistique ne se révèle pas pertinente. Les seconds reposent uniquement sur l’analyse du contenu lui-même ou plutôt de ses métadonnées. Tous les contenus disposent de rebonds, sauf cas très exceptionnel et, de plus, il ne va pas privilégier les contenus en fonction des statistiques de consultation. C’est pourquoi je qualifierais ces algorithmes de “prescriptifs”.

Alors, prédictifs ou prescriptifs ? Faut-il privilégier la diversité et la masse avec les algorithmes prescriptifs ou ne valoriser que le contenu consommé par le plus grand nombre avec les algorithmes prédictifs ? Il n’est pas question de juger si un type d’algorithme est meilleur ou plus éthique que l’autre. Il s’agit d’avoir conscience des différences et du fait que le choix de l’algorithme devient le reflet de la stratégie d’une organisation. Il s'agit donc bien d'une question éthique qui engage sa responsabilité. A titre personnel, j’avoue me poser cette question avec d’autant plus d’acuité que je travaille pour une institution publique à vocation patrimoniale. Ce choix est alors tout sauf innocent….

En guise de conclusion, je vous propose un extrait de l'épisode 11 de la saison 2 de Mr Robot dans lequel un des personnages secondaires dialogue avec son assistant personnel intelligent type Siri et montre bien que les intelligences artificielles ne répondent qu'aux questions pour lesquelles elles ont été programmées... (Vu la nature de la vidéo, il est fort probable qu'elle ne fasse pas long feu sur DailyMotion, désolé, si elle n'apparaît plus...)


Mr Robot - S02E11

by got at October 16, 2016 05:11 PM

October 12, 2016

Gautier Poupeau

Bilan de 15 ans de réflexion sur la gestion des données numériques

Cela fait maintenant deux ans que j’ai rejoint l’Institut national de l’audiovisuel. Deux années qui m’ont permis de donner une nouvelle impulsion à ma réflexion sur la gestion des données numériques. Deux années passionnantes et qui se concrétisent depuis plus de six mois par le développement d’une infrastructure de traitement et de stockage des données, aboutissement (forcément provisoire) d’une vision de l’architecture du système d’information où la donnée occupe une place centrale, à l’inverse de l’approche traditionnelle par le processus. Deux années dont les résultats font en partie l’objet d’un article pour le prochain livre d’Emmanuelle sur l’avenir des catalogues, à paraître aux éditions du Cercle de la librairie et dont l’écriture m’a donné envie de faire revivre un peu cet espace de partage que j’ai laissé en friche ces dernières années.

Mais avant de partager ces nouveaux éléments, il me semble intéressant de dresser un bilan de ces 15 dernières années afin de tracer la ligne directrice et de brosser aussi les réussites, les échecs et les erreurs. La lecture de quelques (excellents) mémoires du master « Technologies numériques appliquées à l’histoire » de l’Ecole nationale des chartes m’ont aussi motivé à préciser (ou repréciser) certaines approximations que j’ai pu rencontrer ici ou là.

Alors, voilà, avant de passer à la suite, un bilan de 15 ans de réflexion sur la gestion des données numériques, forcément subjectif et en aucun cas exhaustif. Il se découpe en quatre phases, qui correspondent à des moments de mon parcours professionnel et, ça va de pair, avec les sujets principaux qui ont été au cœur de ma réflexion. Elles sont les suivantes :

  • l’édition électronique ;
  • la conservation sur le long terme de l’information numérique ;
  • le traitement des données structurées et semi-structurées ;
  • l’architecture de données à l’ère du Big data.
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L’édition électronique (2001-2006)

Le « temps de l’innocence » me paraît résumer parfaitement cette première période. A l’aube de ce nouveau siècle, tout est à inventer sur le Web dont la promesse est de rendre accessible à tous, gratuitement et en un clic de souris, toutes les connaissances du monde. Au niveau technologique, c’est l’heure du balbutiement : HTML, Javascript, Front page et Dreamweaver sont les outils de cette nouvelle révolution de l’informatique.

Au sein de l’équipe embauchée par l’Ecole nationale des chartes pour mettre au point son site Web, il apparaît rapidement qu’on peut aller plus loin qu’un simple site institutionnel et que les positions de thèse, numérisation de fac-similés, actes de colloque et autres éditions critiques qui traînent sur des disquettes et autres cédéroms trouveraient parfaitement leur place sur le Web. Pour atteindre cet objectif, il faudra ajouter au panel d’outils du départ bien d’autres technologies : PHP, MySQL, CSS, XML, XSLT, Cocoon, eXist et réfléchir tant au niveau scientifique, politique et économique qu’aux conséquences de ce basculement

Faire du Web ne se limite bientôt plus à coder quelques pages HTML à la main ou dans un éditeur WYSIWYG. Le temps du bidouillage laisse peu à peu la place à des plateformes qui permettent un premier niveau d’industrialisation ; les premiers CMS apparaissent dont LODEL, orienté précisément pour les besoins de l’édition électronique scientifique en SHS, pionnier mis au point par Revues.org et au développement duquel j’ai eu la chance de participer.

Après un détour en partie raté par la recherche dans le domaine des IHMs (on parlerait aujourd’hui d’architecture de l’information ou d’UX/UI design…), la grande découverte de cette phase est XML. En séparant la forme du fond, XML laisse entrevoir la possibilité à la fois de valoriser sur le Web les éditions critiques de sources historiques et de les exploiter informatiquement avec des problématiques scientifiques (lexicométrie, analyses de balises, statistiques diverses...) tout en s’assurant d’une indépendance à l’égard des langages et logiciels. Dans ce cadre, XML est indissociable de la TEI, Text Encoding Initiative, framework composé de plus de 400 éléments (à l’époque… J’imagine que ça a évolué depuis ?) et qui permet, en fonction du texte à encoder, de construire un schéma XML répondant aux objectifs d’encodage. En réfléchissant à la modélisation des éditions critiques en XML, c’est leur nature même qu’on a interrogé, leur structure, leur logique, leur objectif. Entre autres, avec XML, le vieux débat entre critique génétique d’un côté et édition critique de l’autre s’épuise de lui-même, car il est possible d’encoder l’un ou l’autre ou les deux aspects en fonction de la problématique du chercheur et/ou des objectifs de valorisation. Et si l’encodage en lui-même n’est pas l’exercice scientifique le plus passionnant, la mise au point des principes d’encodages est clairement un travail scientifique.

Si XML convient parfaitement à l’encodage des différentes parties d’un document, il ne sert en revanche pas à encoder le message véhiculé par le document et qui existe en dehors même de celui-ci. Or, c’est précisément le rôle du RDF, modèle de base des technologies du Web sémantique. C’est pourquoi, dès 2005, je vais commencer à m’intéresser au Web sémantique et à l’articulation entre XML et RDF que, grâce au CCH du King’s college, je vais avoir l’occasion de tester pour la première fois.

Je garde un regret pour cette période : en insistant à ce point sur l’édition électronique, même si le travail effectué était indispensable, il me semble que nous avons profondément marqué et orienté dans ce sens l’utilisation de l’outil numérique en SHS, oubliant qu’il ne se limitait pas à la valorisation des résultats de la recherche mais pouvait aussi être utilisé pour effectuer cette recherche. Même si aujourd’hui les choses ont évolué, cela a certainement été une erreur. Or, c’est le second regret, il aurait été, par exemple, intéressant dès cette époque de trouver le moyen de lier les travaux autour de l’exploitation statistique du texte (surtout au regard de l’importance prise par la statistique dans l’exploitation actuelle des données) et ceux autour de l’encodage. Ils n’étaient pas incompatibles, comme le démontre par exemple le travail de Jean-Baptiste Camps.

Même si, à l’issue de cette période, je me suis orienté vers les problématiques de « back office », l’infrastructure interne, au détriment du « front office », les applications en lien direct avec les utilisateurs, cette première expérience dans le Web me permet de ne jamais oublier qu’une modélisation ou un système quel que soit sa complexité est au service d’un objectif et qu’ils ne se suffisent pas à eux-mêmes…

La conservation sur le long terme de l’information numérique (2006-2010)

La recherche scientifique s’appuie sur des sources/expériences/études (etc… rayez la mention inutile en fonction de votre discipline…) et les autres travaux scientifiques. Le fait de pouvoir non seulement citer mais aussi garantir l’accès aux éléments cités est donc essentiel dans le processus de la recherche. La crédibilité de l’édition en ligne scientifique passe par le fait d’en garantir l’accès sur le long terme. Cette question est rapidement devenue cruciale, d’autant plus lorsque les éditions en question sont des éditions critiques de sources historiques dont la validité scientifique peut largement dépasser le siècle, ce qui diffère de la valorisation des recherches en sciences dures par exemple.

Or, si l’utilisation de XML dans ce contexte paraît à différents niveaux appropriée, elle ne suffit pas à garantir la pérennisation de l’information numérique. La norme OAIS va dès lors devenir mon livre de chevet pour les quatre années suivantes, et les métadonnées sous toutes leurs formes une obsession. C’est d’abord à une échelle très modeste que je vais essayer de mettre en pratique les bonnes pratiques de la gestion de l’information numérique, avec la mise en place de l’infrastructure technique du centre de ressource numérique TELMA, en collaboration avec les collègues de l’IRHT. Outre le fait que ce développement m’a donné l’opportunité de réfléchir aux différentes informations nécessaires pour garantir la description des fichiers numériques (METS, PREMIS…), il m’a aussi permis de faire mes premier pas dans l’architecture des systèmes d’information. Or, si cette architecture garantissait une stricte séparation entre les documents (éditions critiques, actes de colloque, bases de données…), leurs métadonnées et l’infrastructure de valorisation en ligne, elle présentait de nombreux défauts en termes de stabilité, de performance et surtout de complexité d’appropriation. Bref, elle démontrait un manque flagrant de connaissance et de maturité dans la construction d’un SI.

Mon arrivée chez Unilog Management en mars 2007 va être justement l’occasion de commencer à combler ces lacunes. Bien décidé à appliquer, depuis une structure privée, mes idées à d’autres organisations publiques, j’ai d’abord eu l’occasion, pour les besoins d’une étude pour un client, d’aller au bout des principes qui sont au cœur de l’OAIS pour forger le concept de « logique informationnelle », première tentative pour placer la donnée au cœur de l’architecture du système d’information. Mais comme le notait alors un contributeur à un billet de ce blog, « vous décrivez là, non pas "le SI de demain", mais du surlendemain ». C’était bien vu puisqu’il faudra attendre neuf ans pour voir ces idées se populariser.

Après ce rapide (mais fondateur…) détour, le développement du projet SPAR (Système de préservation et d’archivage réparti) à la BnF va constituer un terrain d’expérimentation et d’apprentissage extraordinaire. Résumer le projet est simple : il s’agissait de déployer une infrastructure qui suive à la lettre le modèle OAIS. La mise en œuvre, par contre, s’avérera beaucoup plus compliqué. Si l’étude de préfiguration menée par la BnF avait permis de défricher le terrain, de nombreux verrous technologiques non identifiables au préalable sont rapidement apparus et sont venus complexifier le projet.

Le cas d’usage qui a servi de base à toute la conception du système est le suivant : à partir de la lecture des seules bandes LTO contenant l’ensemble des fichiers à conserver, l’organisation doit être capable dans 10, 50, 100 ans de reconstruire l’ensemble du système et de posséder une vue exhaustive et complète du contenu intégral de la collection afin de l’exploiter au mieux. Pour y parvenir, deux points sont fondamentaux : une stricte indépendance entre les fichiers à conserver et le système qui en permet la conservation et une parfaite maîtrise de la collection de fichiers numériques aussi bien au niveau du train de bits que dans la nature et le contenu du fichier lui-même.

La maîtrise de la collection numérique passe non seulement par le fait de disposer de métadonnées fiables et complètes mais aussi par leur exploitation. Or, en la matière, difficile de prévoir les requêtes nécessaires au bon fonctionnement du système quand ce dernier est censé évoluer et fonctionner des décennies. Au regard des technologies alors à notre disposition (nous sommes en 2008 et le NoSQL n’en est qu’à ses balbutiements…), les technologies du Web sémantique, RDF et SPARQL en particulier, paraissent alors le meilleur moyen pour garantir souplesse des données, évolutivité de la structure, richesse d’interrogation et facilité de mise en relation des informations à conserver, qu’il s’agisse des données de référence ou des métadonnées des fichiers eux-mêmes. Même si nous avons été confrontés à des limites de performance, elles étaient acceptables au regard de ce qui était attendu. Bref, si c’était à refaire aujourd’hui, je pense que je referais le même choix, même si je complèterais le dispositif d’exploitation et de recherche des métadonnées par d’autres technologies afin de mieux répondre à certains cas d’usage pour lesquels RDF et SPARQL ne constituent pas la meilleure solution.

A l’issue du développement de SPAR, un constat s’impose : SPAR n’est ni plus ni moins qu’un magasin « virtuel » de fichiers, avec son catalogue de métadonnées qui en décrit précisément chacun des composants. La pérennisation de l’information numérique mobilise des compétences traditionnelles pour un support nouveau dans le but d’assurer l’intégrité, l’authenticité et la communicabilité des informations numériques. Cette conclusion explique aussi bien les difficultés rencontrées avec la plateforme de TELMA que l’un des verrous technologiques de SPAR : le système qui assure la pérennisation sur le long terme des informations numériques ne peut être branché directement avec le système qui assure à un instant T la valorisation de ces mêmes informations auprès des utilisateurs, car le temps de la pérennisation n’est pas le même que le temps de la valorisation et de l’accessibilité. C’est d’autant plus vrai avec l’information numérique, que l’utilisateur s’attend à trouver à tout instant d’un simple clic de souris.

Commencé en mars 2008, SPAR passe en production au printemps 2010 et il est alors temps pour moi de clore ce sujet et de me consacrer à plein temps à mettre en pratique les promesses du Web sémantique

Le traitement des données structurées et semi-structurées (2010-2014)

« Moteur de recherche et Web sémantique » aurait pu aussi être le titre ou le sous-titre de cette phase qui correspond grosso modo à la période où j’ai travaillé pour la société Antidot, éditeur logiciel spécialisé dans la recherche et le traitement de l’information. Les objectifs sont clairs au début de cette période : découvrir et maîtriser les technologies de traitement automatique des données (ETL, moteur de recherche, annotation automatique, catégorisation automatique entre autres) et réfléchir à l’apport et à la place des technologies du Web sémantique dans ce domaine.

Le début de cette période se concrétise par l’aboutissement d’un projet essentiel dans mon parcours professionnel et ma réflexion : le moteur de recherche ISIDORE. Celui-ci constitue alors une parfaite synthèse et un aboutissement. En effet, dans mon esprit, il vise trois objectifs :

Grâce à l’infatigable travail de Stéphane Pouyllau et de son équipe, les deux premiers objectifs sont largement atteints, au-delà même de mes espérances. Cependant, force est de constater que, malgré les efforts d’Huma-num, le troisième reste encore largement à explorer. Comme nous allons le voir, ce constat est en phase avec le bilan de cette période.

Mais, n’anticipons pas… Le succès d’Isidore, le travail déjà effectué par Antidot avant mon arrivée, ainsi que mon expérience de l’utilisation des technologies du Web sémantique avec le projet SPAR, conduisent alors à l’idée de proposer aux organisations publiques ou privées d’exploiter au mieux leur patrimoine informationnel en l’extrayant des silos existants pour mieux le valoriser à travers de nouveaux usages en le reliant et en l’augmentant via des inférences ou des extraction des « connaissances » dans les données non structurées : c’est le Linked Enterprise Data. Cette vision s’appuie sur deux éléments clés :

  • les technologies du Web sémantique offrent par le modèle du triplet un niveau d’interopérabilité jamais atteint jusque-là et par le modèle de graphe la possibilité de relier des données hétérogènes ;
  • le moteur de recherche constitue le moyen idéal pour accéder rapidement, simplement et efficacement aux données ainsi reformatées pour répondre à tous les usages qu’on pourrait imaginer.

La montée en puissance du Big Data et de l’Open Data semblait donner raison à cette stratégie qui s’est d’ailleurs concrétisée par de jolis projets de démonstration et chez des clients. Mais, globalement, le résultat fut mitigé. Les raisons sont multiples :

  • au niveau technique, mis à part certaines limites des solutions d’Antidot qui ne sont pas le propos de ce billet, nous nous sommes surtout heurtés aux limites d’implémentation des technologies du Web sémantique : scalabilité et performance. Il a fallu trouver des contournements pour limiter leur utilisation à ce qu’elles savent faire de mieux, ce qui a largement complexifié le système ;
  • le modèle mis au point demande non seulement l’extraction des données des silos existants mais aussi leur traitement avec les technologies du Web sémantique. Or, cette étape s’est avérée éminemment complexe car spécifique à chaque système d’information, donc coûteux à mettre en place pour les clients, d’autant que les compétences dans ce domaine sont rares, ce qui pose par ailleurs un problème de maintenance ;
  • contrairement à notre idée initiale, le Big Data ne s’est pas traduit à l’époque par un intérêt des organisations pour l’exploitation de la donnée, de sa structure et de sa logique, mais, outre un très grand buzz marketing, essentiellement par un recyclage des éléments de la Business Intelligence ;
  • il en va de même pour l’Open Data qui se caractérise par le désintérêt des producteurs et des réutilisateurs des données ouvertes pour les problématiques d’interopérabilité et de structuration de la donnée malgré les tentatives de Tim Berners-Lee lui-même ;
  • les DSI dans les organisations se posant comme une « fonction support » répondant aux besoins et usages des « directions métiers », elles pensent qu’elles ne disposent pas de la légitimité qui serait nécessaire pour porter une vision transverse à l’ensemble des « directions métiers » par la gestion des données numériques. Elles ne souhaitent pas justifier la mise en place d’un projet dont l’apport pour le métier ne semble pas le propos initial (ce qui est faux…) et n’est apparemment pas garanti. De plus, il nous était complexe de proposer alors des éléments concrets de retour sur investissement (ah ! le fameux ROI…). Ce problème n’est pas nouveau : si l’approche est différente, les projets de master data management rencontrent les mêmes difficultés.

Antidot a pris acte de ce constat en spécialisant cette vision autour de la problématique de la documentation technique avec le produit Fluid Topics. A titre personnel, ce constat a été particulièrement amer, car il remettait en cause deux éléments qui avaient alors traversé mon parcours : le Web sémantique et la notion d’interopérabilité.

Il a fallu me rendre à l’évidence : mis à part dans quelques communautés qui possèdent déjà la culture de la normalisation (le patrimoine, certains domaines de la recherche scientifique par exemple…), l’interopérabilité n’est finalement pas une préoccupation des organisations, que ce soit dans leurs rapports avec les autres organisations ou en interne. Est-elle si inaccessible qu’elle n’est même plus au cœur des préoccupations des DSI ? Ceux-ci semblent en effet aujourd’hui trouver plus simple d’implémenter de multiples programmes de conversion, tant dans l’acquisition que dans l’exposition des données, que de rechercher le partage et le compromis entre les communautés.

A partir du moment où la notion d’interopérabilité est remise en cause, c’est une partie non négligeable du modèle RDF qui perd de son intérêt. C’est d’autant plus vrai que, même si je reste convaincu que celui-ci reste, pour le moment, le meilleur moyen pour exposer, échanger et relier des données structurées, il faut reconnaître que la faible maîtrise de cette technologie par la communauté des développeurs la disqualifie au moment de faire certains choix d’implémentation. Quant à ce qui fait son second intérêt à savoir le graphe, l’apparition de nouvelles solutions vient confirmer l’énorme intérêt de ce modèle pour le stockage et le traitement des données structurées, mais force est de constater que les solutions qui ont le vent en poupe en la matière ne se basent pas sur le modèle RDF mais sur le modèle du Property graph qui répond à la problématique de la réification, une des faiblesses du modèle RDF. En la matière, RDF 1.1 fut, à mon avis, un rendez-vous manqué par le W3C….

L’architecture de données à l’ère du Big data (2014-….)

C’est donc ébranlé dans ce qui constituait les bases mon travail, sans idée en tête et sans projet en cours que commence cette dernière phase. Le début du travail sur la refonte du système d’information documentaire de l’Ina et sur le déploiement des « solutions Big Data » au sein du SI vont alors me donner l’opportunité de :

A partir de ces différents points, nous avons pu commencer à élaborer une « stratégie orientée données » pour la refonte du SI de l’Ina, mais ceci est une autre histoire qui devrait être le sujet des prochains billets… Enfin, j’espère si mes bonnes résolutions ne se perdent pas dans les méandres de mes données…..

PS : j’en profite pour remercier tous ceux qui, à moment ou un autre de mon parcours, ont croisé mon chemin et qui ont bien voulu partager avec moi leurs connaissances, leurs idées, leurs désaccords, leur bienveillance, leur confiance, leur temps, leur passion, leur travail, leur amitié… Ce serait trop long de tous vous citer et je risque d’en oublier, mais j’ai pensé énormément à vous tous pendant la rédaction de ce texte, sans vous, cela n’aurait pas été possible… MERCI !!

by got at October 12, 2016 09:08 PM

October 04, 2016

David Larlet

★ Slow Data

In our search for answers to a problem which appears if not intractable then complex, is the speed of the media’s technology – and the politicians’ willing participation in the 24/7 news cycle – obscuring rather than illuminating the issues?

Are we simplifying the arguments if only by default, by not investigating them fully, or by appealing to an emotional response rather than an explanatory one?

[…]

But it does not mean we are covering the news more deeply or more analytically. We may be generating heat. But are we really delivering light?

[…]

We may think we are absorbing more information. In fact we are simply giving in to the temptation of the easy over the hard, the quick over the slow.

BBC Radio Director Helen Boaden resigns, criticising state of journalism (cache)

The idea of slow journalism is not new (see The Slow Media Manifesto (cache)) and I recently discovered that it can be applied to data too (cache). For quite a long time actually:

Data is growing in volume, as it always has, but only a small amount of it is useful. Data is being generating and transmitted at an increasing velocity, but the race is not necessarily for the swift; slow and steady will win the information race. Data is branching out in ever-greater variety, but only a few of these new choices are sure. Small, slow, and sure should be our focus if we want to use data more effectively to create a better world.

The Slow Data Movement: My Hope for 2013 (cache)

As a member of a team building an OpenData portal, these are questions we’re discussing on a regular basis. I wondered what would happened if I had to build something new from scratch. A few months ago, I made that experiment using Riot and Falcon (eventually not published because I don’t want to maintain it). The goal was to play with technical concepts from these frameworks and to deal with the complexity to serve data from various sources and qualities. My budget was quite constrained with less than ten evenings. After a while, I realized how hard the task was. Not (only) on a User eXperience point of view but because current data are so messy that you can’t easily pick up — even manually — some datasets and make them shine.

Maybe what we need the most is a Chief Data Editor, not a Chief Data Officer. Someone in charge of refining, storytelling and finally caring about the data. And when I say someone, this is actually a whole team that is needed given how ambitious the task is. Indexing data submissions is only the stage 1 of what could be achieved with OpenData and we experienced how limited it is in its externalities. Raw data yesterday, curated data tomorrow?

What if hackathons were not gigantic buzzword bingo sprints. Maybe we can turn these events into marathons. Put together a team for a week that focuses on a unique dataset, not necessarily full-time. The goal is to deliver a usable version at the end of the week and to celebrate what has been accomplished. Turn the shiny investor/mentor crap demo into a useful explanation of dead-ends and tools in use for the clean up that can be useful to the whole community. Curathons, really?!

Another option is to improve data directly at the source. Data is somehow a static API and as such a conversation too! Both producers and consumers of the data would benefit from more communication on how they actually (re)use it, why they are blocked, which are technical/political challenges to provide a better version and so on. The OpenData cannot succeed with the current one-shot approach, it has to be a continuous process.

It takes way more time to understand the actual issues in the lack of reutilizations and maybe it would lead to less datasets released at the end of the day. But hopefully of better quality. And quality matters to lower barriers to (re)adoption. Giving thousands of datasets to a couple of geeks does not produce the same results as giving a hundred of reusable datasets to millions of citizens. Don’t get me wrong, we desperately need geeks to make them reusable in the first place…

October 04, 2016 11:00 AM

October 02, 2016

Christian Fauré

Ainsi parlait vraiment Zarathoustra

Retour sur la figure de Zarathoustra lors de l’Académie d’été 2016 d’Ars Industrialis :

Signaler sur Twitter

by Christian at October 02, 2016 06:20 AM

September 28, 2016

David Larlet

★ Inclusive communities

It’s extremely hard to build inclusive communities. Communities where a stranger can come and take part of the discussion without feeling like a weirdo or an impostor. Communities where members do not feel ashamed of not welcoming newcomers too! From my experience these last weeks — I attended a few technical meetups in Montreal — I can say that it’s always hard to be the one not knowing anybody :-).

A few things I’d give a try as a community:

  • have a dedicated group of very inclusive people at the entrance that targets new people and give some directions, the group can rotate during the event but should be labeled as it one way or another.
  • have a way to identify newcomers, stickers, funny hats, whatever. The community should know that these people will feel lonely for their first time.
  • have a place to introduce yourself as a newcomer before the event for everybody else to know why you’re here and what’s your background.
  • have some kind of “icebreaker” that attributes a voluntary mentor for each new people. Even if that’s symbolic, it’s good to know that there is a person that you can bother during the event.

With these propositions, you will definitely feel more vulnerable as a newcomer. But hopefully, the fact to be explicitly recognized as a new member of the community will drive more care and attention toward you from all the other members. And I hope there are more people willing to include you than to bully you. Otherwise that’s probably not the community you’re looking for anyway.

September 28, 2016 11:00 AM

September 25, 2016

David Larlet

★ Passion et définition

Following your passion is a very “me”-centered view of the world. When you go through life, what you’ll find is what you take out of the world over time — be it money, cars, stuff, accolades — is much less important than what you’ve put into the world. So my recommendation would be follow your contribution. Find the thing that you’re great at, put that into the world, contribute to others, help the world be better and that is the thing to follow.

Don’t Follow Your Passion: Career Advice for Recent Graduates (cache)

J’ai toujours tourné autour de la passion pour me définir numériquement « passionné par le Web », « mon métier est une passion », etc. Je trouve la passion de plus en plus dangereuse et inexacte dans mon cas. J’essaye justement de résoudre des problèmes de manière dépassionnée pour être en mesure d’écouter ceux que je vais tenter d’aider. De la même manière, se passionner pour le Web ou pour un outil est relativement stérile, c’est ce que l’on arrive à en faire qui est exaltant.

Se définir est un exercice extrêmement difficile, j’ai du mal à m’en tenir à une définition technique (cache) ou simpliste (cache) car mon rôle ne se limite pas à résoudre des problèmes mais de manière plus large à en prendre conscience et à avoir l’empathie suffisante pour être pertinent. Quitte à m’y reprendre plusieurs fois. Quitte à ne jamais y arriver. Quitte à devoir le raconter pour pouvoir m’en souvenir. Quitte à faire le deuil de la performance pour bénéficier des externalités de la collaboration. Ces différentes étapes de lâcher-prise sont loin d’être techniques.

La quête de la perfection rend immobile, me dit-il. L’immobilisme est une pulsion de mort. Le bricolage, imparfait, est l’expression du désir. Le geste de jeter au monde une création imparfaite, une idée en développement, un outil plus ou moins bancal. Tout cela. C’est l’expression de la vie, a-t-il dit. Une pulsion de survie.

Hack is life ! (cache)

Cette friction qui existe dans l’imperfection est une piste intéressante. Peut-être est-ce ma pulsion de survie : Générer des imperfections qui tendent vers un monde singulier. Un espace-temps dans lequel chacun aurait le luxe d’expérimenter, de s’accomplir et de rencontrer. Sans forcément juger les expériences des autres (cache), ni poursuivre les mêmes accomplissements. En s’inspirant des imperfections d’autrui pour se remettre en question et pourquoi pas faire un bout de chemin ensemble. Le temps de s’augmenter l’un et l’autre.

On stigmatise les gens qui « ne font rien », en oubliant les gens qui font et « qui ne sont rien », dont l’identité est totalement broyée par leur travail, et qui représentent une part bien plus importante de la société que les premiers nommés. Évidemment qu’il existe un équilibre. Le rechercher passe par des phases d’explorations alternées du faire et de l’être, pour ensuite pouvoir faire en étant, et être en faisant, dans la joie.

[…]

Qui es-tu, quand tu ne fais rien ?

Je suis un fainéant. Ou pas. (cache)

Peut-être que le changement débute par son rapport à l’autre ; auquel on ne commence pas par demander ce qu’il fait dans la vie mais ce qu’il est dans la vie. Très personnel, assez brutal, à tenter :-).

September 25, 2016 11:00 AM

September 22, 2016

Eric van der Vlist

Mon intervention lors de l’inauguration du Retour à la Terre les Champs

Ceci est le texte du discours que j’avais préparé pour mon intervention lors de l’inauguration du Retour à la Terre les Champs. Si les paroles que j’ai prononcé sont sensiblement différentes, les idées sont les mêmes! 18 septembre 2008, 18 janvier 2012, 21 septembre 2016 : huit ans, trois inaugurations, un magasin tous les quatre … Continue reading Mon intervention lors de l’inauguration du Retour à la Terre les Champs

by Eric van der Vlist at September 22, 2016 01:00 AM

September 20, 2016

David Larlet

★ Delivery and value(s)

Edelman said that people tend to trust businesses more than governments, in part because “business gets stuff done” while government is seen as “incapable.” People trust technology companies in particular because “they deliver value.”

Trust in Government Is Collapsing Around the World (cache)

I’m working with the French government for more than a year now in a small team where delivery prevails upon meetings and infinite validations. I clearly understand the motivations to push forward what can be achieved by a government. To be inspired by the startup “culture” might be seen as highly positive. At least at first.

The maintenance remains a problem though. Where startups are delivering value as fast as possible in order to be bought or to raise more money, a government doesn’t have these escape plans. A startup joining the dead pool is acceptable, when you remove or neglect a service from a government it will have a direct impact on citizens. Not quite the same responsibility here. You still have the right and duty to kill a product if it doesn’t find its audience but the measurement is harder to define because it’s not purely based on profit.

The more I work on data.gouv.fr, the more I realize that my goal is not (only) to deliver but to challenge the previous processes and cultures. To show that there are other ways to do some things, another angle to see that particular problem and to communicate on its resolutions. New things to experiment both as a team and an international community.

The goal of a group is not only to deliver value but to challenge current values.

The level of trust within governments should be related to their abilities to question their actions, listen to feedback and adapt. This is way more than to deliver punctually or even continuously value. This is about where we are going. Together.

Optimists explain good things as being personal, general, and permanent, and explain away bad things as being impersonal, specific, and temporary. And if you point out the contradiction in their explanations, they see no contradiction. To them, the bad stuff really isn’t about them, it’s just that one thing that one time.

Optimism (cache)

Maybe turning a culture from pessimism to optimism is “just” a matter of making people aware of a new level of consciousness. A level that is not only personal but includes others for heading towards a new vision for this world. Mocking governments for their incapacity is easy, trying to be part of the long-term solution is way more challenging.

Never forget that a nation is a cooperative that scaled.

Trust is clearly broken these days for many reasons but it cannot be restored without a positive attitude and an incredible amount of energy. Working with a government was (and still is!) quite enlightening to me. If you want to change the world and have a big impact (not my ambition but that’s the top reasons given by my peers), think twice before starting/joining a tax-optimized company with no other goal than being bought by a big one. There is a solution probably closer and healthier for everybody.

September 20, 2016 11:00 AM

★ Delivery and challenge

Edelman said that people tend to trust businesses more than governments, in part because “business gets stuff done” while government is seen as “incapable.” People trust technology companies in particular because “they deliver value.”

Trust in Government Is Collapsing Around the World (cache)

I’m working with the French government for more than a year now in a small team where delivery prevails upon meetings and infinite validations. I clearly understand the motivations to push forward what can be achieved by a government. To be inspired by the startup culture might be seen as highly positive. At least at first.

The maintenance remains a problem though. Where startups are delivering value as fast as possible in order to be bought or to raise more money, a government doesn’t have these escape plans. A startup joining the dead pool is acceptable, when you remove or neglect a service from a government it will have a direct impact on citizens. Not quite the same responsibility here.

The more I work on that project, the more I realize that my goal is not (only) to deliver but to challenge the previous processes and cultures. To show that there is another way to do some things, another angle to see that problem and to communicate on its resolutions.

The goal of a community is not only to deliver value but to challenge current values.

The trust within governments should be related to their abilities to question their actions, listen to feedback and adapt. This is way more than to deliver punctually or even continuously value. This is about where we are going. Together.

Optimists explain good things as being personal, general, and permanent, and explain away bad things as being impersonal, specific, and temporary. And if you point out the contradiction in their explanations, they see no contradiction. To them, the bad stuff really isn’t about them, it’s just that one thing that one time.

Optimism (cache)

Maybe turning a culture from pessimism to optimism is “just” a matter of making people aware of a new level of consciousness. A level that is not only personal but includes others for heading towards a new vision for this world. Mocking governments for their incapacity is easy, trying to be part of the long-term solution is way more challenging.

Never forget that a nation is a cooperative that scaled.

Trust is clearly broken these days for many reasons but it cannot be restored without a positive attitude and an incredible amount of energy. Working with a government is quite enlightening to me. If you want to change the world and have a big impact, think twice before starting a tax-optimized company with no other ambition than being bought by a big one. There is a solution probably closer and healthier for everybody.

September 20, 2016 11:00 AM

September 18, 2016

David Larlet

★ Collaboration debt

There is an old proverb (with many variants) that said:

If you buy quality, you only cry once.

I want to make an analogy with development. Let me rephrase it:

If you collaborate, you only lose time once.

Collaboration is clearly time consuming. You have to explain what you did and why you did it that way to at least another person in the team. Everything is questioned. Pairing is even harder given that you are doing this in real-time. So much time lost “just” by communicating you might think at first. It appears that by sharing your knowledge from the beginning, there are now two developers who are able to transmit that information to other collaborators. Event better, the potential of that transmission is exponential, no more single point of human failure (a.k.a. bus factor). Additionally, the quality of your product increases given that everybody is giving his insights.

Don’t get me wrong, sometimes you have to be fast and/or your resources are highly constrained. The thing you have to remember is that you create collaboration debt that will hit you one way or another. You have to be careful not to go too deep in that coding loneliness if you plan to keep that service for a few years. There are two keys for the success of a product: adoption and evolution. If you favor too much the first at the price of the second you’re doomed. Restarting from scratch is rarely a good option and splitting an unmaintainable monolith is incredibly time consuming and will slow down the evolution way too much to be competitive enough.

A product is the cumulated experience of a team that will be confident enough to make more experiments. And these experimentations are the only way to continue to innovate and stay ahead of copies of your product. I can hardly name a single project in my whole career (solo or not) where I was truly confident on the code base. Today, I let go about that and I focus on the confidence within the team to be able to tackle legacy parts which are core features of the product. Chop them down, remove the clutter, transmit the knowledge and iterate. If a team care about itself and communicate enough, the resulting code will hopefully be more maintainable, aesthetic and pertinent.

September 18, 2016 11:00 AM

September 17, 2016

David Larlet

★ Communities and leadership

I am a member of a community of thinkers.

I believe that communities exist as homes for professionals to learn, teach, and reflect on their work.

I challenge each community in the software industry to:

  • reflect and honor the practitioners who make its existence possible;
  • provide an excellent experience for its members;
  • support the excellent experience its members provide for their clients and colleagues in all aspects of their professional interactions;
  • exemplify, as a body, the professional and humane behavior of its members;
  • engage and collaborate within and across communities through respectful exploration of diverse and divergent insights;
  • embrace newcomers to the community openly and to celebrate ongoing journeys; and,
  • thrive on the sustained health of the community and its members through continual reflection and improvement.

I believe that leaders in each community have a responsibility to exhibit these behaviors, and that people who exhibit these behaviors will become leaders.

I am a member of a community of thinkers. If I should happen to be a catalyst more than others, I consider that a tribute to those who have inspired me.

A Community of Thinkers (cache)

I was re-reading that old declaration lately and the two last sentences bugged me. It seems that I’m not the only one in that case given the extract of the reaction I found on InfoQ (sadly the complete original article vanished since then):

Unlike those who inspired me, I am a practitioner. Agile/Lean/Kanban is secondary to me. My job is to delivery business value and these communities provided tools that helped me do it. As a practitioner I discovered problem that I need to solve. I feed these solutions back to the communities. I AM NOT A LEADER AND I RESIST THE NOTION OF BEING ONE. I would like to think I am a member of ”a community of thinkers”. AND I would like to be respected for the contribution I make to those communities. I would like that community to respect me enough to keep giving me new ideas rather than insist I subscribe to an orthodoxy.

[…]

So what is the difference between Leaders and Leadership?

A leader feels like a commitment (something we only like if we have to):

  • “Do it this way if you want to be part of my club.”,
  • “My way or the highway”,
  • “You’re either with us or against us”

Leadership feels like an option (this is what we like as it allows freedom of choice):

  • “Here is a way you can do it, it worked for me in a certain context.”,
  • “You might want to check out X it seems related to what you’re doing.”

A Community of Thinkers (cache)

I really like that definition of leadership, it reflects my thoughts on mentoring and teaching new things. I wonder how much mentalities have changed during these last 6 years and if the same kind of statement would be different today regarding the evolution of the reflexion about the role of leaders vs. leadership. Maybe we’re heading toward more inclusive and horizontal communities or maybe I’m just a victim of the bubble effect showing me only what I want to agree with.

Because of that personal nature, we wanted to avoid putting our statement up as some kind of manifesto that people can sign. If you feel strongly enough about this statement that you would want to sign up, copy it. Post it on your own site. Attribute it to wherever you got your copy from – the act of sharing is more important to us than the act of creation – and feel free to change it so that it reflects your own values. I don’t think that any statement like this can ever be perfect, nor will we perfectly live up to it.

Ibid., emphase is mine.

Given that the original initiative encourages re-appropriation, here is my personal take on the end of the statement:

I believe that people in each community have a responsibility to exhibit these behaviors, and that people who exhibit these behaviors will create resilient and friendly communities.

I am a member of a community of thinkers. If I should happen to be a catalyst more than others, I consider that a threat for other participants and I would step down. Healthy communities are acentered graphs, not pyramids or silos.

Now I feel like I can be part of a community of thinkers that doesn’t promote leaders as an achievement to look for but as something to fear and be extremely cautious with. From my experience, free thinking is at that price.

September 17, 2016 11:00 AM

September 15, 2016

David Larlet

★ Specifications and APIs

One does simply not generate specifications from code.

Darrell Miller, OpenAPI 3.0 - The evolution of a success story (I cannot remember the exact sentence so I meme-ize it, sorry)

OpenAPI 3.0 is the new rebranded, improved and community-driven Swagger specification, a way to interface an HTTP API. It was interesting to get an overview of what’s new and currently discussed on the specification itself but a question from the audience had all my attention because I felt highly concerned with the work we’re doing at data.gouv.fr using Swagger for the API. The case described — generating the Swa^WOpenAPI file directly from (Python) code — is exactly our process to document the API and even consume it on the JS side.

That was the moment Darrell made a break and explained that you have to take care of your specification/contract; it has to be hand-written, not generated. That’s what killed SOAP with the complexity added by automated generators (and consumers). That made me think about the ascendant relation of an API with the server taking all responsibilities and clients which are accepting constraints. It doesn’t have to be that way. When you write the documentation of your API you take the time to think about the necessity of a given resource or verb. You can define an API based on actual needs from clients. You take the time to check your analytics to deprecate unused resources and so on.

To me an API is a discussion between involved parties. They should share responsibilities and constraints over time like in any relation. There is no such thing as engraved endpoints and we should be better at versioning these relations to lead towards the best paths for both sides. We can avoid performing many requests (cache) for a given action, this is adaptation to a given context but it has to be discussed and constantly challenged. The other way around is something as generalist and unoptimized as GraphQL. Everybody is enthusiast about that shiny-new-Facebook technology because they lack communication skills and they hope that it will avoid that necessary conversation between developers on both ends. It will just add an extra layer of complexity.

That being said, I’ve been a long-time advocate of REST/hypermedia which is another way to avoid that discussion too. Today I’m more inclined to focus on a few pertinent scenarios. Maybe is it related to a change in my personality with more empathy for my peers? :-)

You don’t pay engineers to write code, you pay them to understand subtleties and edges of the problem. The code is incidental.

Ted Dziuba

September 15, 2016 11:00 AM

August 31, 2016

David Larlet

★ Expatriation choisie

si la Terre est ronde, c’est afin que personne ne reste dans son coin. Aussi, personne ne devrait se sentir exotique nulle part. Et pourtant, pour tout immigrant quelconque, c’est bien le sentiment d’étrangeté qui prédomine. L’autre est toujours étrange ; mais quand on s’installe ailleurs, c’est soi qui devient l’autre.

Vivre le Québec libre, Hubert Mansion

Il est difficile de quitter son pays. Autant pour les aspects sociaux et culturels qu’identitaires. Le plus dur n’est pas tant de vider sa maison que de laisser la place pour d’autres relations, d’autres références et d’autres capacités d’adaptation et donc de redéfinition de soi. Arpenter sans dénaturer. Comparer sans juger. Échanger sans convaincre. Explorer sans se perdre.

En contrepartie de cela, les faits divers quotidiens me confortent dans mon choix et ce même en maintenant une diète d’information assez stricte. Le fait de continuer à lire Twitter malgré tout n’aide pas, peut-être une étape de plus à franchir prochainement dans ma déconnexion avec la France.

Il y a une certaine lâcheté à quitter le navire au moment où chaque action semble faire osciller la balance. Cependant, je souhaite profondément accompagner un enfant dans des conditions où ne prédominent pas la haine et la violence à l’égard de la différence. Un lieu qui soit bienveillant sans être aseptisé pour autant. L’équation est complexe.

Demain l’avion décolle vers un inconnu plein de vitalité, de nouvelles rencontres et d’expériences hasardeuses. Avec trois valises (et un vélo) pour tout bagage. L’occasion de réacquérir une certaine légèreté et de reconsidérer l’approche minimaliste.

August 31, 2016 11:00 AM

July 28, 2016

David Larlet

★ L’illusion sociale

Semblables à ces chrétiens qui parlent indéfiniment de Dieu, du christianisme et de leur foi, parce que s’ils s’arrêtaient de parler, ils se trouveraient devant un vide immense, nous parlons sans fin de politique pour couvrir inconsciemment le vide de la situation. […] Le progrès, c’est recevoir cette extrême puissance, cette part mythique d’une souveraineté théorique qui consiste à se déposséder de ses décisions au profit de quelqu’un qui les prendra à votre place. Le progrès, c’est lire le journal.

[…]

Celui qui dans notre société se tient sur la réserve, ne participe pas aux élections, tient les débats politiques et les changements de constitution pour superficiels et sans véritable prise sur les véritables problèmes de l’homme, celui qui sait bien que la guerre d’Algérie l’atteint dans sa chair ou celle de ses enfants, mais ne croit pas que déclarations, motions et votes y changeront quoi que ce soit, celui-là sera jugé le plus sévèrement par tous. C’est le véritable hérétique de nos jours. Et la société l’excommunie comme l’Église médiévale le sorcier. Il est un pessimiste, un stupide (car il ne voit pas les relations très profondes et secrètes du jeu politique), un défaitiste qui se courbe devant la fatalité, un mauvais citoyen : assurément si tout va mal, c’est à cause de lui, car s’il faisait preuve de civisme, le votre serait valorisé (il ne suffit pas de 80 % de votants, non, il faut 100 % !) et la démocratie serait effective ! Les jugements pleuvent sur lui, autant jugements d’efficacité, que jugements moraux, et même psychologiques (car l’apolitique est forcément un paranoïaque ou schizophrène). Enfin, condamnation dernière en notre temps ; ce ne peut être qu’un réactionnaire.

L’illusion politique par Jacques Ellul.

Là où la religion avait une portée internationale, la politique se restreignait déjà au niveau national et le social réduit encore davantage les ambitions humaines en se limitant à un groupe local faussement distribué par les réseaux sociaux. On ne lit plus les journaux pour faire de la politique, on dépile ses timelines pour interagir socialement.

Des réseaux entre privilégiés qui conspuent d’autres privilégiés, qui s’apitoient sur la misère du monde avec des milliers de like et de retweets en la piétinant par ailleurs. Ivre d’un effet de masse sans aucune incidence si ce n’est celui d’avoir créé une nouvelle profession, celle de community manager.

Très superficiellement l’homme moderne désire être informé de la dernière actualité parce qu’elle est une source de prestige incontestable dans un groupe. Pouvoir annoncer aux autres ce qu’ils ignorent, entrer dans ce personnage légendaire du porteur de nouvelles, être celui qui a la supériorité d’être mieux informé, et plus encore celui qui détient un secret, qu’il va transmettre à d’autres, attendant leur réaction, attendant leur surprise, avec cette distance possible de celui qui sait, et qui par là même peut mettre en question ceux qui ne savent pas encore. Quelle affirmation de maîtrise ! Dans un monde avide de nouvelles comme le nôtre, être celui qui sait et qui transmet est une participation aux forces souveraines, c’est pourquoi l’homme actuel cherche à être le premier informé.

L’illusion politique par Jacques Ellul.

Ce que Jacques Ellul décrivait en 1965 n’a finalement fait l’objet que d’une amplification liée à la mise en réseau à une échelle plus large permise par le Web. Une gigantesque captation d’attention en guise d’intelligence collective, chacun essayant d’être le porteur de nouvelles de ses communautés. C’est l’une des raisons pour laquelle j’ai arrêté de publier quotidiennement cette année.

Quelles faiblesses veut-on cacher via cette recherche de supériorité ? Quel manque social nous pousse à en chercher ailleurs ? Quel lien familial brisé souhaite-t-on remplacer ?

Il y a peut-être abus à parler de « transmission horizontale » pour parler de cette puissante force de socialisation des jeunes qui semble aujourd’hui faire obstacle à la transmission : la socialisation par les pairs ou par les moyens de communication de masse. Il faudra en revanche aborder la véritable nature de cet obstacle supposé, car il est partie prenante du sentiment de « crise de la transmission ». Peut-on dire, comme cela se répète à l’envi dans les travaux contemporains, que nous sommes passés de la transmission verticale à la transmission horizontale, autrement dit « des pères aux pairs » ? L’importance accordée à la socialisation par les pairs contribue à maintenir dans l’ombre le rôle de la transmission familiale.

Transmettre, apprendre par Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet et Dominique Ottavi.

Ces deux formes — pair-à-pair vs. (p|m)ère-à-fil(s|le) — sont-elles vraiment complémentaires alors que l’attention est limitée par le temps ? Les membres de la famille deviennent-ils des pairs comme les autres ?

Après avoir monétisé l’attention, on s’en prend aujourd’hui à l’occupation. Pokémon GO n’est que le début d’une perte de l’être avec vers celle du faire avec. L’intermédiaire social est loin d’être neutre dans cette relation guidée par une main invisible qui a des impacts bien réels.

J’ai déjà parlé de l’épuisement des colibris, en monétisant l’occupation on passe un cap dans notre incapacitation à agir ensemble à des fins bien supérieures à celles du profit. En jouant sur les affects joyeux intrinsèques (cache) chers à Frédéric Lordon, on n’enrôle plus seulement la force de travail des salariés mais celle de toute la population ce qui représente une main — qui soutient un smartphone — d’œuvre gratuite bien plus conséquente.

Ce manque de bien commun tangible conduit à des super-structures violentes et sans âme. L’État est une SCOP qui a mal tournée. C’est le passage à l’échelle de ce qui ne peut passer à cette échelle auquel cas le lien social s’en trouve rompu.

Confondre communication et relation serait extrêmement préjudiciable à la reconquête d’un temps réel, convivial et solidaire, dont des êtres de plus en plus nombreux ressentent la nécessité vitale. Un lien social tangible dans la sphère de vie de chacune et de chacun de nous ne peut être aboli sans un immense préjudice. Les outils de la communication, de la commande à distance et de l’information auront toujours une grande mémoire, mais jamais de souvenirs. Renforcent-ils les liens sociaux, ou ne font-ils que connecter des solitudes ?

Vers la sobriété heureuse, Pierre Rabhi

Je me pose de plus en plus la question. Le nuage se remplit chaque jour un peu plus de nos relations sans pour autant nous faire profiter de la pluie de souvenirs associés. Les échanges deviennent aussi éphémères que les réflexions qui en découlent.

Observez vos dernières notifications (ou flatulences numériques comme j’aime les nommer maintenant tant elles sont dérangeantes pour l’entourage), combien se rapportent à un individu, combien se rapportent à une entreprise, combien enfin décrivent une action ou une réflexion collective ? Le lien social numérique n’est qu’une suite de micro-interactions décousues qui ne peut mener au vivre ensemble. Un réseau social ne peut survivre sans des échanges longs.

Le lien social existe toujours, voire même davantage avec l’arrivée du numérique, qui permet des rencontres inattendues. Les algorithmes font des suggestions, qui peuvent être pertinentes et intéressantes, mais que l’on n’est pas obligé de suivre. Il n’y a aucune obligation à être sur Facebook, et encore moins à en faire sa principale porte d’entrée sur le web (je le déconseille même fortement). La construction de la pensée ne s’y fait pas, même si c’est un canal de diffusion non négligeable.

Pour penser la "disruption" numérique, il faut y plonger (cache)

Qu’est-ce qu’un lien social si ce n’est co-construire de la pensée ? Est-ce que le divertissement suffit vraiment à certaines personnes ? Quelles addictions viennent combler ce vide de sens ? C’est ce qui me semble être une illusion sociale bien orchestrée.

En refusant ces services, je me marginalise. De manière militante et volontaire même si cela m’affecte de ne plus participer à certaines discussions. Je me retire d’un espace de vie qui est passé du PMU aux Galeries Lafayette. Et je ne parle même pas de la surveillance associée (cache).

L’émergence de ce qu’on appelle le web 2.0 fut à la fois une idéologie et une stratégie d’accumulation du capital : il a promis de nouveaux profits énormes, ce qui a permis d’attirer de nouveaux investisseurs financiers. Il a promis un Internet participatif de « prosommateurs », une publicité de plus en plus ciblée et une exploitation du travail numérique accrue à travers le crowdsourcing, qui a vu son heure de gloire dans le soi-disant « nouveau réseau (new web) ». Google et Facebook ne sont pas des entreprises de communication mais les plus grandes agences publicitaires du monde. Les « réseaux sociaux », c’est de la publicité ciblée.

Internet et lutte des classes (cache)

Le problème n’est pas tant que les fins soient lucratives mais ce que les personnes en capacité de décider sont prêtes à faire pour augmenter cette rentabilité. L’opinion publique semble être très facile à manipuler lorsqu’on a une telle force de frappe. Peut-être l’avons-nous déjà été à notre insu sous couvert d’un bug dans une mise à jour algorithmique.

As one colleague in tech explained it to me recently, for most people working on such projects, the goal is basically to provide for themselves everything that their mothers no longer do.

Solving All the Wrong Problems (cache)

Peut-être qu’un jour les trentenaires en manque d’affection et d’attention n’essayeront plus de recréer leur Mother-as-a-Service. Peut-être que les entrepreneurs qui ne rêvent que d’impact et d’échelle se rendront compte que l’on peut diversifier les impacts en restant à petite échelle et en liant les externalités positives générées. Peut-être que les citoyens prendront conscience qu’un faire commun n’est pas une urne. Peut-être qu’il faut dépasser la relation sociale pour aller vers une relation locale multi-directionnelle.

July 28, 2016 11:00 AM